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  • Le Devoir de philo : doutons de l’intelligence de l’intelligence artificielle | Le Devoir
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    Tout commence avec une antichambre chinoise. Cela se passe en 1950 à Oxford, Angleterre. Allan Turing, le père de l’informatique, publie un article fondateur pour la recherche en intelligence artificielle. La question qu’il se pose : comment savoir si une machine est intelligente ? Et sa réponse tient à l’élaboration d’un test simple. Si, dans des conditions prédéfinies, une machine réussit à se faire passer pour un interlocuteur humain, alors on peut la qualifier d’intelligente.

    Nous touchons là aux sciences cognitives, ce champ de recherche qui étudie de façon conjointe les cerveaux et les ordinateurs. Il s’agit d’expliquer et de modéliser des phénomènes comme la perception, le raisonnement, la conscience ou l’intelligence. Bien évidemment, cela n’est pas sans soulever d’autres interrogations : qu’est-ce qui, dans le fond, distingue les machines et les gens ? comment définir l’intelligence ?

    Le test de Turing offre au moins une réponse négative : l’intelligence n’est pas définie par son « support ». Elle peut dès lors être aussi bien naturelle qu’artificielle. Elle peut sortir des neurones d’un cerveau tout autant que des circuits en silicium d’un processeur. Dans le test, c’est l’« effet » de l’intelligence sur des créatures intelligentes (nous) qui compte, pas sa nature physique. Turing adopte par là le « fonctionnalisme », une approche en philosophie de l’esprit qui soutient que les états mentaux sont définis par leur fonction, c’est-à-dire par leur rôle causal. Dans cette perspective, les cerveaux et les ordinateurs ne sont en définitive que deux systèmes de traitement de l’information. Ils suivent un programme qui produit des sorties (output) après avoir appliqué des règles de transformation sur des entrées (inputs).

    À la fin des années 1970, plusieurs chercheurs estimaient que des programmes informatiques pouvaient passer le test de Turing ou, du moins, en étaient assez proches. C’est pour répondre à l’un d’entre eux, Roger Schank, que Searle a développé son argument. Il s’agit pour lui de montrer que les fonctionnalistes se trompent et que le test de Turing n’est pas un bon critère pour évaluer l’intelligence ou la conscience d’un ordinateur.

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