• La solidarité | Aurélie Lanctôt | Le Devoir

    Récemment, un ami passait par hasard à vélo dans la rue pendant que nous lisions au soleil sur le balcon. Il s’est arrêté et s’est assis dans les escaliers, à plus de deux mètres bien sûr ; pour l’hygiène, mais aussi parce qu’il faut, semble-t-il, se méfier de ses voisins par les temps qui courent.

    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/577629/la-solidarite
    https://media1.ledevoir.com/documents/image/collaborateurs/large/aurelie-lanctot.jpg

    #politique #Québec #Lanctôt

    • Bien sûr, les gestes d’altruisme et de générosité se multiplient. On a du temps, beaucoup de bonne volonté, de l’empathie. Mais la solidarité ne peut pas se résumer au fait d’aller porter un pot de biscuits à un voisin seul ou d’afficher un arc-en-ciel dans sa fenêtre. La gentillesse et l’entraide élémentaires ne disent rien de notre capacité à penser collectivement cette crise. Les sociétés néolibérales s’accommodent d’ailleurs aisément des gestes de bienveillance individuelle, elles en dépendent, même, car il est bien commode de pouvoir compter sur les efforts déployés par des individus au bon cœur pour éviter d’interroger la responsabilité des institutions. On laisse au citoyen la charge de rendre sa vie et celle des siens plus supportable, pendant qu’on laisse se dissoudre les formes de solidarité organisées. Chacun est ainsi appelé à se prendre en charge.

      Aurélie Lanctôt | Le Devoir