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  • Le renseignement militaire et les « petits pédés » de 4chan

    par Jean-Marc Manach

    http://www.slate.fr/story/140342/le-renseignement-militaire-4chan

    Qualifié de « poubelle du web », le forum 4chan est également connu pour être le plus prolixe générateur de mèmes mais aussi pour ses « fake news ». L’une d’entre elles, délirante et conspirationniste, a pourtant été reprise, au premier degré, par le service de renseignement militaire français en charge du contre-espionnage et l’un des experts « cyber » de la gendarmerie nationale.

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/dsezpdeepweb.png

    Comment appréhender tout ce qu’il se passe sur internet ? La direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD, ex-DPSD), le service de renseignement et de « contre-ingérence » du ministère de la Défense, est chargée de « s’opposer à toute menace pouvant prendre la forme d’activités de terrorisme, d’espionnage, de subversion, de sabotage ou de crime organisé ». Pour se faire, en décembre dernier, la lettre d’information de sa direction de la Sécurité Économique à Paris (DSEZP) –chargée de conseiller les industriels de la défense en matière de « protection physique ou informatique »– décidait donc de préciser ce qu’est « le cyberespace, terme polymorphe qui mérite (...) un éclaircissement pour mieux permettre d’en cerner les enjeux ».

    Ni la DRSD ni la revue de la gendarmerie nationale ne mentionnaient la source de leur approche particulièrement anxiogène du Web. Pour autant, une recherche sur leur liste des « sites "underground" mais toujours indexés » révèle qu’ils l’ont tous deux copiés-collés d’un billet intitulé « Le Marianas Web et les autres niveaux du Darknet / web profond », publié en 2014 par un étudiant en informatique marocain de 19 ans sur son blog parlonsgeek.com afin, notamment, d’y promouvoir PotooVPN, le tunnel sécurisé censé protéger la vie privée de ses utilisateurs et dont il est par ailleurs le « co-fondateur et CEO », lit-on sur son profil Facebook.

    La revue de la gendarmerie nationale omettait de même de préciser que ledit blogueur définissait aussi l’informatique quantique comme « quelque chose dont le nom est « falcighol dérivation polymère » (resic), ou encore qu’il existe, et au-delà dudit « Marianas Web », trois autres « couches (6, 7, 8) : les niveaux 6 et 7 ne sont que des conneries. Le huitième, et le dernier niveau, est celui qui intéresse la plupart des gens », et pour cause :

    « Le niveau 8 du web est censé contrôler l’ensemble d’Internet. C’est apparemment une anomalie découverte dans les années 2000. Il est complètement insensible, mais envoi des signaux directement dans les ordinateurs du monde entier, ce qui lui permet de contrôler Internet, mais cela dépend du hasard. Personne ne semble avoir le contrôle. D’après ce qu’on dit, une organisation / gouvernement secret détient le contrôle sur ce niveau, mais on ne sait pas. Apparemment, vous devez résoudre un simple puzzle… verrouillage des fonctions de niveau 17 niveau quantique TR001. Il s’agit essentiellement de l’informatique quantique le plus avancé, totalement impossible à résoudre avec nos ordinateurs. Vous avez besoin d’une technologie profonde que personne ne possède. »

    Aussi improbable que cela puisse être, au vu de l’énormité de tels propos, ce passage figure, mot pour mot (.pdf), dans l’une des trois conférences où Jean-Paul Pinte, l’auteur de l’article de la revue de la gendarmerie nationale, a évoqué le « Marianas Web » –sans que jamais il ne mentionne sa source.

    https://seenthis.net/messages/579922 via enuncombatdouteux

    http://web.archive.org/web/20170208185405/http://www.association-aristote.fr/lib/exe/fetch.php/pres_pinte.pdf