• « Pour en finir avec la rhétorique bancaire »
    Par Romaric Godin
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-en-finir-avec-la-rhetorique-bancaire-505473.html
    http://static.latribune.fr/full_width/505526/2011-07-01t120200z-01-apae7600xfd00-rtroptp-3-ofrbs-lehman-liquidation-20110701-jpg.jpg

    -"Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps. Il y a tout juste sept ans, Lehman Brothers faisait faillite, plongeant le monde dans une crise dont nous ne sommes pas encore sortis. Dans les semaines qui ont suivi, les politiques de tous bords, à commencer par le président de la République française Nicolas Sarkozy, promettaient qu’ils allaient en finir avec les excès de la finances et « moraliser le capitalisme. »"

    –Depuis, "(...)le sujet semble avoir été soigneusement mis de côté dans le débat public et rien ne pouvait davantage satisfaire les milieux bancaires, bien heureux de pouvoir gérer directement et en toute discrétion ces questions avec les pouvoirs en place. L’enjeu, aujourd’hui, est bien de remettre cette question de la maîtrise de la finance et de la nature de l’activité bancaire au centre du débat"

    –"Les trois effets négatifs mis en avant, selon Hirschman, par les Réactionnaires : l’effet pervers (« perversity »), l’effet d’inanité (« Futility ») et l’effet de mise en péril (« Jeopardy ») sont exactement les ressorts utilisés par le lobby bancaire pour tenter d’échapper au couperet du régulateur."

    –"A travers l’usage de la méthode Hirschman, l’auteur met donc à jour le caractère proprement réactionnaire du lobby bancaire qui repose sur la croyance d’une forme de transcendance du marché qu’il serait dangereux de contester. « Un peu comme si le secteur bancaire et financier était devenu dans l’inconscient collectif le nouveau totem de nos sociétés. Gare à celui qui ne se prosterne pas devant lui comme il se doit, qui n’accepte pas d’y déposer silencieusement l’offrande, qui pénètre le domaine interdit et entend en modifier le fonctionnement ! » Derrière les arguments scientifiques et les expertises qui viennent à l’appui des arguments bancaires, il y a dans ces derniers un élément clairement religieux qui en fait sa force "

    #Novlangue #Médias #Finance

    • Imposture du capitalisme moral, par Yvon Quiniou (Le Monde diplomatique, juillet 2010)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2010/07/QUINIOU/19392

      -"Ne serait-il pas temps de moraliser le capitalisme ? Au plus fort de la crise, l’interrogation a été formulée par nos dirigeants, M. Nicolas Sarkozy en tête, c’est-à-dire par ceux-là mêmes qui se livraient auparavant à une apologie inconsidérée du libéralisme censé représenter la « fin (heureuse) de l’histoire »."

      –"Cette thèse a trouvé une nouvelle jeunesse récemment grâce à André Comte-Sponville dans son livre Le Capitalisme est-il moral ? (4), dont le succès médiatique, même si son contenu a été pris à revers par la crise, traduit bien la prégnance de l’idéologie libérale. Distinguant, au sein de la vie sociale, l’ordre scientifico-technique, l’ordre juridico-politique, l’ordre moral et l’ordre éthique (qu’il définit par l’amour), il place l’économie dans le premier : « La morale est sans pertinence aucune pour décrire ou expliquer quelque processus que ce soit qui se déroule dans ce premier ordre. Cela vaut en particulier pour l’économie qui [en] fait partie », affirme-t-il "

      –" Cette dérive intellectuelle porte un nom : l’économisme. Ce dernier consiste non seulement à ériger l’activité économique en valeur primordiale subordonnant à elle toutes les autres, mais à considérer qu’elle est faite de processus soustraits à la responsabilité de la politique pour l’essentiel."