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    glossaire néo-libéral
    Voici la sixième édition de ce glossaire, enrichie de nouvelles contributions (comme celles de Paul Laurendeau et Mathieu Gauthier, du Canada, de Bernard Berthelot, de Saint-Quentin, dans l’Aisne, de Christian Paroissin, de Paris, de David Krieff, de New York, de Robert Libiszewski (que j’invite à me préciser le sens de Performance), de Maisons-Lafitte, et d’un lecteur – auteur de Rebondir – dont j’ai malheureusement perdu le nom et que j’invite à me recontacter). Je vous signale aussi la nouvelle adresse électronique de Gérard Leduc, à l’origine de cette initiative : yg.leduc@wanadoo.fr Pour rendre le texte plus visible, j’en ai aussi changé le titre.

    Le glossaire ci-après, avec l’introduction de Gérard Leduc (Ami du Diplo de Tours), constitue un travail de fond des Amis du Diplo de Tours. L’idée qui a présidé à sa naissance est que le maître des mots est maître des idées et celui-ci maître des esprits. En ce sens, il se situe dans le droit fil des préoccupations du Diplo, qui avait établi, il y a plusieurs années, que le communisme (entendu au sens courant) avait perdu la bataille des mots – donc la bataille des idées – bien avant de s’écrouler, à Berlin, le 9 novembre 1989. Ce glossaire est destiné à s’enrichir au fil des séances, au gré de l’imagination de chacun de nous. Il a pour dessein d’inciter le lecteur à débusquer, derrière des termes innocents, les perversions du langage provoquées par la doxa néo-libérale. Il s’agit donc, en décapant chaque mot, de repousser l’emprise du vocabulaire des nouveaux chiens de garde. Il n’est pas nécessaire d’éliminer les mots en question, il suffit de supprimer leur halo. Je m’explique : chaque mot ne se termine pas lorsqu’on a fini de l’énoncer. Le sens qu’il porte, comme la couleur d’un objet, irradie les termes environnants (ex. : le bleu ou le rouge n’apparaissent pas semblables selon qu’ils reposent sur une surface jaune, blanche ou noire). Il en est ainsi des mots qui, judicieusement disposés dans un discours, « colorent » ce discours d’une façon particulière. Leur influence est d’autant plus grande – et plus pernicieuse – qu’il s’agit de mots a priori « neutres ». Si nous les identifions, non seulement nous supprimons leur halo mais nous en éliminons l’influence, puisque leur force est précisément d’être invisibles. C’est le « test de Dracula » : exposés à la lumière, ils meurent.

    Albanais : modèle social paranoïaque, autarcique et bunkérisé de feu Enver Hodja auquel les zozos altermondalistes veulent délibérément ramener notre pays alors que celui-ci doit s’engager plus que jamais sur la voie de la repentance et du rattrapage économique par le truchement de sa douloureuse mais nécessaire modernisation. (Définition aimablement proposée par Jean-Luc Perrin).

    Archaïque (archaïsme) : traction hippomobile, lampe à pétrole, moulin à eau, impôt, salaire minimum, congés payés, grève, conventions collectives, retraite par répartition, refus de la Bourse. Les Français, non contents de garder leurs habitudes archaïques, s’y vautrent. Ainsi en est-il de leur regrettable réticence à l’égard de la Bourse, de leur attachement lamentable à des pratiques incompréhensibles, telle la réduction du temps de travail, que les pays étrangers (voir ce nom) considèrent avec la condescendance qui sied à ce genre de fantaisie. Superlatif : paléolithique (voir ce mot).

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