• Résister à l’uberisation du monde, par Evgeny Morozov (Le Monde diplomatique, septembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/09/MOROZOV/53676

    -"Comme les entreprises de technologie ont accaparé l’une des plus précieuses ressources actuelles, les données, elles ont pris l’ascendant sur des municipalités aussi dénuées d’argent que d’imagination, et peuvent se poser en sauveurs bienveillants des ternes bureaucrates peuplant les administrations."

    –"Le problème est que les villes qui font ami-ami avec Uber risquent de développer une dépendance excessive à ses flux de données."

    –"C’est malheureusement ce qui pourrait arriver à cause de la baisse des investissements dans les infrastructures publiques. La solution serait de les rétablir et, pour cela, de combattre les politiques de coupes budgétaires."

    Joyeuse colonisation numérique, par Marie Bénilde (Le Monde diplomatique, novembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/BENILDE/54179
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4352

    Les démocrates américains envoûtés par la Silicon Valley, par Thomas Frank (Le Monde diplomatique, mars 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/FRANK/54926

    "Sous tous ses autres aspects, cependant, elle relève d’un modèle d’exploitation de la main-d’œuvre parmi les plus nocifs et asymétriques de ces dernières décennies. Dans le cas d’Uber, les coûts et les risques associés à cette activité — obligation de souscrire une assurance, de posséder un véhicule, d’envisager l’éventualité d’un arrêt-maladie ou la perspective de la retraite, etc. — sont tous à la charge du travailleur, tandis que l’« innovateur » californien qui a conçu le logiciel prélève la part du lion sur les gains ainsi dégagés. C’est le chacun pour soi érigé au rang de stratégie nationale pour l’emploi.

    Le PDG d’une compagnie de financement participatif baptisée Crowd Flower expose en ces termes la recette miracle : « Avant Internet, il aurait été difficile de trouver quelqu’un qui bosserait pour vous pendant dix minutes, puis de le virer au terme de ces dix minutes. Mais, grâce à la technologie, vous pouvez réellement trouver cette personne, lui verser une petite somme et ensuite vous en débarrasser quand vous n’en avez plus besoin (8). » On ne s’étonnera pas que le PDG qui a prononcé ces paroles — un jeune gentleman du nom de Lukas Biewald — soit un donateur de M. Obama.

    Si aucune des innovations évoquées ci-dessus n’est particulièrement digne d’éloges, il convient d’ajouter qu’aucune non plus n’était inévitable. Le gouvernement aurait pu facilement prévenir, ou du moins atténuer, la façon dont chacune d’entre elles a évolué. Tout s’est fait avec l’accord du pouvoir politique fédéral ou des Etats, voire en leur sein même. Et quand le ministère de la justice a découvert en 2010 un plan concerté visant à limiter les salaires des travailleurs des nouvelles technologies, il a réagi à peu près de la même façon qu’en 2008 face aux banquiers « trop gros pour être jetés en prison » : il a engagé des poursuites au civil, avant d’arracher aux sociétés concernées… la promesse de ne pas recommencer dans un délai de cinq ans (9)."

    #GAFA #Etats-Unis