• « Je lui dis des secrets et il les garde en lui »

    Quatre enfants, dix mille doudous

    Par Jef Klak

    Objet transitionnel pour la psychanalyse ou nid à bactéries pour la médecine, peu importe. La parole est aux enfants. Hugo, Anna, Sara et Meïmouna nous racontent leurs doudous : tour à tour ami·e d’aventures imaginaires, confident·e des nuits parallèles et plus mieux encore…

    Propos recueillis par Mathieu Rivat, Émilie Lebarbier, Noémi Aubry, Hélène Pujol, Bruno Thomé et Julia Zortea

    http://jefklak.org/?p=5546

    Qui a des souvenirs de doudou  ?

    Sara  : Moi, j’ai deux doudous. Un, c’est un animal. Mais c’est Meïmouna qui me l’avait prêté, donc je l’avais volé, en fait. Il s’appelait…

    Meïmouna  : Soussou.

    Sara  : Parce que c’était une souris. Et puis l’autre, sa tête était comme une poupée, et son corps comme un doudou. Elle s’appelait Bibika.

    Et maintenant, tu n’as plus ce doudou  ?

    Sara  : Ben si. Mais je l’ai perdu. Enfin, je l’ai vu il y a cinq jours. Je ne le trouve plus.

    Est-ce que tu as déjà vraiment perdu un doudou  ?

    Sara  : Oui, j’étais triste au début, mais ensuite je me suis habituée. L’année dernière, je l’avais aussi perdu pendant longtemps. En fait, je le perds, et ensuite je le retrouve.

    Et quand tu le retrouves, tu en fais quoi  ?

    Sara  : Ben, je le prends. Pour dormir avec.

    C’est que pour dormir  ?

    Sara  : Oui. Quand j’ai peur. Mais maintenant, j’ai moins peur.

    Tu avais peur de quoi  ?

    Sara  : J’avais peur que la maison s’écroule. Et j’aime pas rester toute seule des fois. Et aussi, j’avais peur qu’il y ait le feu à la maison. Avec le doudou, j’avais moins peur. J’étais pas trop toute seule. [ Baissant la voix ] Parce que moi je pensais que le doudou, il était vivant. Et comme j’en avais deux, eh ben des fois, quand je faisais un câlin au premier, je croyais que l’autre il était jaloux.

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