• *La protection sociale à l’épreuve de l’égalité entre les femmes et les hommes*

    Notre système de protection sociale a été mis en place au sortir de la Seconde guerre mondiale. Il répondait à l’objectif d’assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans les cas où ils se trouvent dans l’incapacité de travailler. Les causes d’incapacité concernées étaient la maladie, l’invalidité, l’accident du travail, la vieillesse et la maternité ; le chômage, qui n’était pas une préoccupation à l’époque, n’a été intégré que plus tard. Ce système s’est construit sur le statut de travailleur (plus restrictif donc que celui de citoyen) et sur la base du modèle de famille patriarcale, avec l’homme « gagne-pain » et la femme qui assure la gestion de la famille. L’ordonnance qui instaure la Sécurité sociale parle ainsi des travailleurs et de leurs familles. L’homme, travailleur, émancipé, a des « droits propres », directs, à la protection sociale. La femme bénéficie de « droits dérivés » ouverts par le statut d’épouse et/ou de mère. C’est une logique de dépendance. Elle aboutit aujourd’hui à ce que de nombreuses femmes séparées ou divorcées, qui n’ont pas acquis de droits propres, se retrouvent sans couverture sociale adéquate, sans retraite hors du minimum vieillesse, et passent de la dépendance envers leur mari à celle envers les minimas sociaux. Même si le système de protection sociale a évolué au fil du temps, il reste inadapté, de diverses manières, au regard des mutations de la société, en particulier des modes de vie. Il doit se transformer de manière à associer étroitement les principes de solidarité et d’égalité entre les femmes et les hommes.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/10/03/la-protection-sociale-a-lepreuve-de-legalite-e

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