7h37

La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.



  • La république en vrac | Agnès Maillard
    https://blog.monolecte.fr/2018/11/14/la-republique-en-vrac

    S’il y a bien une chose que nous apprend l’appel au blocage du 17 novembre, c’est que les fractures sociales évoquées depuis plus de 20 ans par les politiques de tous bords sont à présent bien consommées. La question n’est pas tant de savoir ce qu’il faut faire ce samedi-là que de découvrir ce que cela fait ressortir comme fantasmes et représentations sociales de part et d’autre, des failles à présent béantes qui ont atomisé notre tissu social, qui nous empêche à présent totalement de faire société. Source : Le Monolecte

    https://seenthis.net/messages/735696 via Rezo


  • Tempête médiatique sur les pesticides : le “Printemps Silencieux” de Rachel Carson [1/5] | Alexandra d’Imperio
    https://troisiemebaobab.com/temp%C3%AAte-m%C3%A9diatique-sur-les-pesticides-le-printemps-silenc

    En 1962, Rachel Carson choque les Américains en leur faisant découvrir la dangerosité des pesticides chimiques dans son livre “Printemps Silencieux”. Un demi-siècle plus tard, cette vieille polémique permet d’éclairer les controverses environnementales actuelles… Source : Le Troisième Baobab

    https://seenthis.net/messages/735212 via Rezo


  • La Gueule Ouverte première revue écologiste : Tous les numéros disponibles en ligne :
    Sommaires de la Gueule Ouverte : Années 1972-1974 - [Fragments d’Histoire de la gauche radicale]
    http://archivesautonomies.org/spip.php?article2742&lang=fr
    https://i.ebayimg.com/images/g/J5IAAOSw32lYoWzG/s-l300.jpg

    La Gueule Ouverte N°23 - Septembre 1974

    Éditorial - Isabelle
    A propos de sécurité... - J.P. Lambert
    Sauver la montagne basque, c’est sauver le pays basque - Piarrech
    Le Mercantour non plus... - Matéo Magarinos
    Une petite indienne tellement féminine - Laeticia Blars
    Une société sans blouse blanche - Danielle
    Chronique de la mort radieuse. Nous sommes tous des schizophrènes ! - E.P.
    Chronique de la mort radieuse. Seule l’expérience... - R.J.
    Chronique de la mort radieuse. Les points sur les i - E.P.
    Chronique de l’énergie solaire - Reiser
    Coquefredouille - Danielle
    Chronique du terrain vague. La pale gueule - Bernard Charbonneau
    La révolte commence au potager - B.
    Bretagne. Ca s’agite sous les casquettes et les coiffes - L.B.
    Vaccin, pub et mysticisme - Michel
    Livres promenades - Claude Lamounaque
    La minute de bon sens du professeur Mollo-Mollo. La preuve par l’oeuf - M.M. 
    La gueule ouverte va plus loin avec l’agent E12- - Laurent
    Swing et quotidiennerie - Dédé Brun
    Je suis un mec - Yann
    Une existence en miettes - Lambert
    Orientations... sur le terrain
    Le congrès s’amuse - Cabu

    http://img.over-blog-kiwi.com/0/94/72/48/20160815/ob_af4a62_cc-118555.jpg
    #écologie #nucléaire #la_gueule_ouverte

    https://seenthis.net/messages/735531 via vazy


  • https://puzzlemontage.crevado.com/puzzle-montage-by-tim-klein

    Jigsaw #puzzle companies tend to use the same cut patterns for multiple puzzles. This makes the pieces interchangeable, and I sometimes find that I can combine portions from two or more puzzles to make a surreal picture that the publisher never imagined. I take great pleasure in “discovering” such bizarre images lying latent, sometimes for decades, within the pieces of ordinary mass-produced puzzles.

    https://divjy4ye5sj3p.cloudfront.net/artists/203477/artwork/2432556_xl-1.jpg

    https://seenthis.net/messages/735434 via James


  • Israel Sabotages Ceasefire Talks, Assassinating Hamas Commander, IDF Senior Commander Also Killed - Tikun Olam תיקון עולם

    https://www.richardsilverstein.com/2018/11/12/israel-sabotages-ceasefire-talks-assassinating-hamas-commander-i

    Today, IDF commandos invaded Gaza in a night-time raid and murdered seven Hamas operatives, including the commander responsible for the tunnel defense system maintained by the Islamist rulers of the enclave. According to various media sources, the raid was exposed and Palestinian militants fought back fiercely. In order to free the IDF forces, the Israelis had to lay down a massive drone and air attack which permitted them to withdraw back to Israel.

    Israeli senior IDF officer killed Gaza
    The Israeli military censor has prohibited domestic media naming the Israeli commando who was killed. But an Israeli source has informed me he is Lt. Col. Mahmoud Kheireddine from the Druze village of Hurfeish. Another officer who was wounded is from Isfiya. They both served in Sayeret Matkal, Israel’s equivalent of the Navy SEALs. Kheireddine was deputy commander of the unit. Given the death of so high-ranking an IDF officer, something went terribly wrong on this mission.

    In response, Hamas has launched missiles into southern Israel and driven hundreds of thousands into air raid shelters. Once again, just as both sides thought they might be close to a ceasefire and/or a prisoner exchange, Israel rescued defeat from the jaws and victory and almost guaranteed a new escalation, if not war, against Gaza.

    A former IDF general has suggested that the raid was not an assassination attempt, but an attempt to capture the Hamas commander:

    Maj. Gen. (res.) Tal Russo, a former commander of the IDF Southern Command, indicated that the operation was likely an intelligence-gathering mission gone wrong, rather than an assassination.

    https://seenthis.net/messages/735372 via Nouvelles d’Orient


  • France 3 Paris Ile-de-France - Police, illégitime violence
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/emissions/la-france-en-docs/police-illegitime-violence-1572254.html

    Police, illégitime violence

    Un film de Marc Ball (52’)
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/sites/regions_france3/files/styles/asset_list_medium/public/assets/images/2018/11/09/vlcsnap-2018-10-02-23h46m43s671_2-3935860.jpg?itok=qiJLCaqt
    Une affaire est emblématique de cette impasse. Pour la première fois en France, des adolescents ont porté plainte collectivement pour violences volontaires contre une brigade de police du 12ème arrondissement de Paris. Au cours de ce procès, c’est la mission-même de la police qui sera mise en accusation.

    Citoyens, éducateurs, avocats ou encore policiers, cherchent une issue et dénoncent le recours systématique à une violence qu’ils considèrent comme illégitime. En suivant leur combat, ce film lève le voile sur les mécanismes de cette violence et les silences qui l’entourent.

    Un film écrit et réalisé par Marc Ball - 52 minutes
    Une coproduction Talweg Production – France Télévisions France 3 Paris Ile de France
    Avec la participation de Public Sénat
    Avec le soutien du CNC, du fonds Images de la Diversité,
    De la Procirep Angoa et de la fondation Un Monde par Tous

    https://seenthis.net/messages/735363 via mad meg


  • LesInrocks - De l’hindi à l’argot français, l’étonnante histoire de la langue rom

    https://www.lesinrocks.com/2013/04/02/actualite/hindi-argot-francais-etonnante-histoire-langue-rom-11380026
    https://statics.lesinrocks.com/content/thumbs/uploads/2013/04/width-1200-height-630/gitans604.jpg

    Par Eva Bester

    Parlée par des millions de Roms à travers le monde et ayant donné ses lettres de noblesses à l’argot français, la langue rromani n’en reste pas moins méconnue.

    Des mots comme surin (couteau), bouillave (forniquer) et chourer (de chourave, voler) font parti des nombreux emprunts du français au rromani qui vous permettent de traiter quelqu’un de narvalo (idiot), de plaisanter sur le nombre de berges (années) d’un vieillard, ou encore de menacer un ami cher, de le poukave (dénoncer) ou de le marave (cogner, frapper, tuer).

    Si le français se concentre surtout sur des termes canailles, le rromani reste une langue poétique, chantante et millénaire qui n’a vu l’officialisation de sa forme écrite qu’en 1990. Comme les Roms (normalement orthographié Rroms), elle est originaire de la ville de Kannauj, capitale de l’Inde, il y a plus de 1000 ans. Elle s’est constituée sur la base d’anciens parlers indiens populaires, dont la forme savante était le sanskrit.

    #roms #langues #chansons #musique

    https://seenthis.net/messages/735334 via Reka


  • Jean-Christophe Bailly, « Le versant animal. » N°864 | Radio Univers | Radio Univers
    http://www.radio-univers.com/jean-christophe-bailly-le-versant-animal-n864-3
    http://www.radio-univers.com/wp-content/uploads/2018/11/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2018-11-03-%C3%A0-23.46.22.png

    Puisque l’animal partage avec nous le privilège du regard : il voit et nous voit. Et dans ce regard, Bailly perçoit une pensivité proche de ce que nous ressentons quand nous disons ne penser « à rien ».

    C’est-à-dire « un peu comme si en deçà des particularités développées par les espèces et les individus existait une sorte de nappe phréatique du sensible, une sorte de réserve lointaine et indivise, incertaine, où chacun puiserait mais dont la plupart des hommes ont appris à se couper totalement. »

    Pour lui, l’animal, comme l’homme, donne sens à ce qui l’entoure : « il n’y a pas d’exclusivité humaine du sens. » (...)

    il faut « qu’on sorte de l’exclusivité humaine, qu’on en finisse avec ce credo sempiternellement recommencé de l’homme, sommet de la création et unique avenir de l’homme ».

    Si Jean-Christophe Bailly le dit ainsi c’est pour affirmer que la disparition des espèces « se configure en deuil, en absolu du deuil. » « Que serait le monde sans eux ? Ciel sans oiseaux, mer et rivières sans poissons, terre sans tigres et sans loups, banquises fondues avec plus bas des hommes, rien que des hommes se battant autour des points d’eau. Est-ce qu’on peut vraiment vouloir cela ? »

    https://seenthis.net/messages/734098 via vazy


  • Podcast : une rencontre avec #Louise_Michel chez elle en 1895 | Retronews - Le site de presse de la BnF

    https://www.retronews.fr/audio/podcast-une-rencontre-avec-louise-michel-chez-elle-en-1895

    (Paywall)

    https://www.retronews.fr/sites/default/files/louise_michel_home.jpg

    895, un journaliste du Temps rend visite à Louise Michel chez elle. La « grande citoyenne » a vieilli ; à 65 ans, elle évoque « avec beaucoup de tranquillité et une impeccable correction » ses projets à venir et ses souvenirs, son retour d’exil ovationné, son regard sur la présidence de la République...

    https://seenthis.net/messages/735325 via Reka


  • Pour la première fois, un livreur à vélo de Deliveroo est reconnu comme salarié
    https://www.bastamag.net/Pour-la-premiere-fois-un-livreur-a-velo-de-Deliveroo-est-reconnu-comme-sal

    Est-ce le début de la fin de l’exploitation des livreurs à vélo par les plateformes de livraison de plats cuisinés ? En Espagne, Deliveroo vient de reconnaître le récent jugement d’un tribunal de Valence qui a estimé qu’un livreur enregistré sur la plateforme bénéficiait de fait du statut de salarié. De son côté, l’entreprise considérait, comme elle le fait dans tous les pays, que le livreur était un auto-entrepreneur. Deliveroo a d’abord fait appel du jugement, avant, finalement, de l’accepter. Elle devra (...)

    En bref

    / Indignés de tous les pays..., #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Travailler_autrement, #Europe, Quel avenir pour nos protections sociales ?, Conditions de (...)

    #Indignés_de_tous_les_pays... #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ? #Conditions_de_travail

    https://seenthis.net/messages/734395 via Basta !


  • L’assistante sociale dont les signalements ne mènent à rien
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20181107.OBS5034/l-assistante-sociale-dont-les-signalements-ne-menent-a-rien.html
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16664265.jpg

    ""Les #pauvres, tout le monde s’en fout. Contrairement à ce qui se passe dans les hôpitaux, ils ne menacent pas notre système de santé.""

    Elle dit que si les travailleurs sociaux sont sacrifiés, c’est que leur travail touche à l’essence même de ce qui terrifie la plupart des gens de la classe moyenne : la dégringolade brutale, la mise au ban sociale, le déclassement.

    #guerre_aux_pauvres #surnuméraires

    https://seenthis.net/messages/735162 via Agnès Maillard



  • Anne Sylvestre : « “Là où j’ai peur, j’irai !”, cette devise m’a guidée », entretien avec Annick Cojean
    https://www.lemonde.fr/la-matinale/article/2018/11/11/anne-sylvestre-la-ou-j-ai-peur-j-irai-cette-devise-m-a-guidee_5381944_486676

    https://www.youtube.com/watch?v=pXIKl35aEdQ

    Je ne serais pas arrivée là si... « Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, l’auteure-interpète confie toutes les remarques et humiliations qu’un nez jugé trop prononcé lui attira. Mais aussi toute la force que ces critiques lui donnèrent.

    Ses Fabulettes ont marqué des générations d’enfants. Mais la chanteuse, auteure et compositrice Anne Sylvestre, qui a fêté en 2017 ses 60 ans de scène et écrit, pour les grands, plus de 400 chansons poétiques et subtiles, est assurément l’une des figures les plus marquantes de la chanson française. Elle continue d’écrire et de chanter les préoccupations de notre époque.

    Je ne serais pas arrivée là si…

    Si je n’avais pas eu ce nez !

    Ce nez ? Je ne l’avais pas remarqué. Qu’a-t-il de particulier ?

    Il n’est pas petit, comme la mode l’exigeait à l’époque où j’ai commencé à chanter, il y a soixante ans. Il était alors interdit d’avoir un grand nez et vous n’avez pas idée du nombre de fois où l’on m’a conseillé de le faire refaire, sans même penser que cela aurait pu altérer ma voix en modifiant les résonateurs. « Vous seriez tellement plus mignonne ! Pour faire des photos, ce serait tellement mieux ! » Ah lala ! ce que j’ai pu entendre ! Je débarquais dans ce milieu sans rien savoir. Juste l’envie de chanter avec ma guitare. Et c’est ce nez qui, de façon inouïe, devenait un obstacle.

    Et vous vous êtes cabrée !

    Bien sûr ! J’ai réagi. Arrêtez de me parler de mon nez ! Ça suffit ! Qu’est-ce qu’il a ? Je ne vais pas le changer ! Pas question de me modeler ! Alors on a dit que j’avais un sale caractère. Que j’étais insolente. Simplement parce que je savais ce que je voulais… et ne voulais pas. Je me souviens de deux attachés de presse dans ma première maison de disque qui ne savaient que faire de cette grande fille à cheveux longs, nez fort et jupe plissée. J’aurais préféré chanter en pantalon, mais on m’avait dit que cela ferait mauvais genre. Ils ont fait passer l’idée aux journalistes que j’avais décidément très mauvais caractère. Quand on ne rentre pas dans le cadre…

    Vous l’avez ressenti comme une humiliation ?

    Sur le moment, j’ai été très meurtrie. Vous imaginez ? Un soir, dans un cabaret où je me produisais, un homme a dit très fort à sa compagne, entre deux de mes chansons : « Avec un nez comme ça, elle pourrait jouer Cyrano. » J’ai fondu en larmes. Ce n’est qu’une anecdote. J’avais déjà un caractère assez bien trempé. Mais mon premier directeur artistique, Jacques Canetti, qui m’a donné la grande liberté de chanter ce que je voulais, m’avait lui-même dit, à l’audition : « Vous faites de belles chansons, mais vous ne serez jamais interprète. » Ce à quoi j’avais répondu : « C’est ce qu’on verra ! »

    Au lieu d’être un frein, ce nez s’est donc révélé un moteur ?

    Eh bien oui. « Ah ! vous n’aimez pas mon nez ? Eh bien, vous allez voir ! Et vous n’allez pas m’empêcher d’avancer ! » Mais ce nez est sans doute le symbole d’autre chose. D’une différence, sans doute. D’une détermination à toute épreuve. Et d’une belle insolence. Car c’en était une d’oser monter sur scène si jeune, sans se ranger aux directives des producteurs et maisons de disques, en prétendant chanter ses propres chansons. Il y avait très peu de femmes auteures-interprètes, vous savez.

    Sur scène, dans vos premiers cabarets, étiez-vous à l’aise ?

    Oh non ! J’étais terrifiée. Mes genoux flageolaient. Défendre ses propres textes, c’est exposer aux autres ses tripes et son cœur. Et, les premiers soirs, je pleurais après avoir chanté mes trois chansons en début de spectacle. Je courais m’enfermer aux toilettes, désespérée à l’idée de n’être pas à la hauteur de ceux qui chantaient après moi. Je me promettais de ne plus revenir. Et le lendemain j’étais pourtant là.

    D’où venait la flamme ?

    J’avais envie.

    De quoi ?

    De chanter devant les gens. J’avais trouvé le mode d’expression qui me convenait : l’écriture de chansons. Je ne voyais pas ce que j’aurais pu faire d’autre. Prof de latin et de littérature, puisque j’avais étudié les lettres ? Non, impossible. Ecrire des chansons était ce qui me plaisait, malgré la terreur d’affronter le public. J’ai retrouvé sur un de mes cahiers de l’époque cette phrase qui pourrait être une devise : « Là où j’ai peur, j’irai. » Tout est dit. Mais il y a eu un long décalage entre mon engagement dans ce métier et l’acceptation de l’idée que des gens puissent apprécier mes textes et m’aimer. Il m’a fallu des années pour l’admettre. Je n’y croyais pas.

    Mais vous persistiez !

    Oui. Et en 1973, alors que je chantais depuis quinze ans, que j’avais eu bien des ennuis avec des maisons de disques et que j’étais devenue productrice indépendante, j’ai écrit la chanson Me v’là. « Pour avoir mon âme et ma peau/Fallait messieurs-dames, se lever tôt/Oui j’ai la peau dure, je vais mon allure/Parfois je me hâte, mais jamais à quatre pattes/Me v’là, me v’là, me v’là. » Cela voulait dire : il va falloir compter avec moi ! Sur scène, j’en avais même durci les paroles : « Ils voulaient mon âme et ma peau, ils n’ont pas eu ma flamme les salauds… » J’avançais, malgré l’adversité. D’ailleurs j’avais une revanche à prendre.
    https://www.youtube.com/watch?v=WcMUAeTYUUY

    Sur cette enfance si singulière ?

    Oui. Ma petite enfance fut heureuse et protégée. Mais après…

    Votre père, Albert Beugras, un des bras droits de Jacques Doriot, fut un collaborationniste qui s’est enfui en Allemagne en 1944 avant d’être arrêté en 1946. Que saviez-vous pendant la guerre ?

    J’avais 6 ans en 1940, 10 ans à la libération. C’est bien jeune ! Je savais que papa partait souvent le soir, et que maman pleurait. Mais un enfant ne cherche pas à explorer là où il se doute que ça fait mal. Et j’avais eu le temps d’aimer mon père avant qu’il ne disparaisse… Quand il est parti en Allemagne, une nuit, il a emmené mon frère Jean, qui avait 18 ans, parce qu’il avait peur qu’il paye pour lui. Nous, c’est-à-dire ma mère, ma petite sœur, mon autre frère, Paul, et moi, on est allés se cacher à Suresnes, dans le petit appartement de ma tante, abandonnant le nôtre et tout ce qu’il y avait dedans. Et puis on a appris que mon frère était mort dans un bombardement allié et que mon père était arrêté et emprisonné à Fresnes.

    Qu’avez-vous su de son procès, en 1948 ?

    Maman a voulu que j’y assiste. Et j’ai vu quelqu’un pointer mon père du doigt en disant : « Cet homme mérite la mort. Cent fois la mort. » A l’école, les élèves m’ont mise en quarantaine. Leurs parents leur ont interdit de me fréquenter. Alors, voyez-vous, dans cette histoire de nez – que j’ai d’ailleurs hérité de mon père – et cette volonté de revanche, il y a une résurgence de ce que j’ai pu éprouver à l’époque : « O.K., mon père est un traître. Mais je vous emmerde et je serai Prix d’excellence. » Et j’ai été Prix d’excellence.

    Mais que compreniez-vous, à l’époque, de la situation ?

    Je suis allée voir mon père en prison chaque semaine, pendant dix ans. Il écrivait des lettres. Mais je ne lui ai pas posé la moindre question. C’était déjà assez difficile… Je me souviens qu’un jour tous les enfants de notre quartier, à Suresnes, sont descendus au bois de Boulogne voir les soldats américains qui y avaient établi leur campement. Ils ont emmené la petite que j’étais alors. Tous les gosses étaient excités parce que les Américains distribuaient bonbons, chewing-gums, chocolats. Mais moi, j’ai refusé.

    Pourquoi ?

    Je n’y avais pas droit.

    Vous aviez de vous-même intégré cette idée ?

    Oui. J’avais grandi du mauvais côté. Et même le chagrin que j’éprouvais pour la perte de mon frère aîné, qui était mon dieu, semblait illégitime. Mais j’ai eu la chance d’être protégée de façon magnifique par des gens du quartier, comme par la directrice de mon école de dominicaines, qui était une sœur du Colonel Rémy, grand résistant, et qui elle-même avait été déportée.

    Lorsque votre père est rentré, avez-vous pu avoir de vraies conversations ?

    Non. Je n’ai pas davantage posé de questions. Je n’ai pas osé. Je commençais déjà à chanter et il est très vite venu me voir et me soutenir. D’ailleurs, un soir, au cabaret La Colombe, où m’avait introduite un copain de l’école de voile des Glénans, il a tout de suite bondi lorsque quelqu’un a fait une énième réflexion sur mon nez : « Il ne vous plaît pas, le nez de ma fille ? »

    Mais dans le métier vous gardiez le secret de votre identité ?

    Oui. C’était mon secret honteux. Et je vivais dans la crainte d’être démasquée. Quelle panique lorsque ma jeune sœur, Marie Chaix, a sorti un livre racontant son histoire en 1974 ! « Surtout ne dis pas que nous sommes sœurs », l’ai-je suppliée. Mais ça n’a bien sûr tenu qu’un temps. Et le moment de la révélation fut très très dur à encaisser. Ceux qui m’ont le plus soutenue furent mes amis juifs.

    En 1994, c’est pourtant vous qui prenez la plume pour évoquer l’amour impossible entre « Roméo et Judith », séparés par l’histoire opposée de leurs familles, l’une bourreau et l’autre persécutée.

    Je m’exprimais par la voix de Roméo : « J’ai souffert du mauvais côté/dans mon enfance dévastée (…) Sur moi la honte s’accumule/Le sang que je porte me brûle/Je ne peux me l’ôter du corps. » Bien sûr que l’histoire de ce père collabo me poursuit. Le sentiment de culpabilité ne s’efface pas ainsi. Un soir, lors d’un dîner, des amis juifs ont évoqué devant moi le grenier où ils s’étaient cachés, enfants, pendant l’Occupation. Je me suis sentie oppressée. Je suis vite rentrée chez moi. Il fallait que j’en parle. Je n’avais pas le choix. Et j’ai écrit Le P’tit Grenier. « Vous y grimpiez par une échelle/qu’on installait dans l’escalier/finis tous vos jeux de marelle/et vos parties de chat perché… » Le refrain était : « Moi, j’ai le cœur tout barbouillé quand vous parlez du p’tit grenier. » Vous n’imaginez pas la tension et l’émotion lorsque je l’ai chantée sur scène. C’était fou.

    https://www.youtube.com/watch?v=lojY3aUSX7g

    https://www.youtube.com/watch?v=IpvAlgP7hTU

    Vous avez écrit plus de 400 chansons, abordé tous les thèmes, raconté des dizaines d’histoires. Quels étaient vos sujets principaux d’inspiration ?

    La vie, les gens, l’amour, la maternité si essentielle pour moi, les tempêtes du cœur, la déshumanisation de la société, un mari parti à la guerre en Algérie, l’histoire d’amour tragique de Gabrielle Russier, les enfants qui nous pompent l’énergie, le désastre de l’Amoco-Cadiz, la beauté des cathédrales… J’ai beaucoup parlé de la situation des femmes parce que je connaissais bien le sujet. Et il y avait une sorte de désert puisque les paroliers étaient quasiment tous des hommes. J’ai eu l’instinct de combler le manque. Et puis cela me rendait furieuse de voir des vieux birbes parler par exemple du ventre des femmes ! C’est ainsi que j’ai écrit la chanson Non, tu n’as pas de nom sur le libre choix d’avorter ou pas.
    https://www.youtube.com/watch?v=e2cN4Us0GVk

    C’était audacieux. L’avortement était alors interdit.

    Je n’ai jamais été inquiétée, ni même interrompue. Je la chantais sur scène les yeux fermés. Mais, bien sûr, la chanson ne passait pas à la radio. Gisèle Halimi, plus tard, demandera à ce qu’on la diffuse lorsqu’elle était interviewée sur le sujet.

    Les mouvements féministes vous soutenaient-ils ?

    Il y avait beaucoup de sympathie, mais je n’ai jamais fait partie de groupes ou de mouvements. Je n’aime pas les défilés ni les manifestations. Ce n’est pas pour moi. En Mai 68, je suis partie à la campagne avec mes filles. Mon histoire personnelle faisait que je ne me sentais aucun droit de m’engager politiquement. Encore aujourd’hui je ressens un malaise lorsqu’on me demande de signer une pétition. J’avais compris, enfant, que la politique signifiait brûlure et je faisais un blocage. J’étais donc isolée, écrivant des chansons engagées et féministes comme Monsieur Jourdain écrivait de la prose. Sans le savoir. Mais s’il est une étiquette que je ne renierai jamais, c’est pourtant bien celle-là, même si elle m’a nui dans les médias, où le fait d’être taxée de « féministe de service », c’est-à-dire d’emmerdeuse, vous barrait les antennes.

    Le mouvement #metoo n’a-t-il pas inversé la situation ?

    Le flambeau a bien été repris. Il a sauté une génération. Mais comme cela a pris du temps ! Vous souvenez-vous de cette chanson que j’avais écrite après l’affaire DSK en réaction au fameux « Y a pas mort d’homme » de Jack Lang ? Elle s’appelait Juste une femme et fustigeait ce « petit monsieur, petit costard, petite bedaine, petite saleté dans le regard » qui ne voyait pas ce qu’il y avait de mal à « saloper » ou à « bafouer » une femme.

    https://www.youtube.com/watch?v=axgfSiobqn4

    A quoi sert une chanson ?

    Principalement à consoler les gens. A leur dire : vous n’êtes pas tout seuls. Je suis une sorte d’écrivain public. A moi de trouver les mots pour exprimer les troubles, peurs, douleurs, bonheurs, sentiments des autres. Mais comme c’est dur d’écrire !

    « Ecrire pour ne pas mourir », n’est-ce pas le titre d’une de vos plus belles chansons ?

    Figurez-vous qu’un jour, alors que je la chantais à La Cigale, j’ai eu un trou de mémoire extraordinaire. La phrase commençait par : « Que j’aie pris ma revanche ou bien trouvé refuge/Dans mes chansons, j’ai toujours voulu… » Et je me suis arrêtée net. J’ai voulu quoi, déjà ? Je n’en avais aucune idée. La salle a ri. Et, dans le public, quelqu’un m’a soufflé : « Exister ! » Oui, c’était bien cela. J’ai toujours voulu exister.

    https://www.youtube.com/watch?v=w7lHXwW2zOc

    #chanson #féminisme

    https://seenthis.net/messages/734871 via colporteur


  • Je suis furax. #Thinkerview a invité #Laurent_Obertone... et lui permet de dérouler sa pensée (qu’ilprésente gentiment comme libertarienne) avec très, trop peu de contradiction. Le nombre d’assertions fausses et des approximations est énorme, les glissements et sous entendus aussi. Le #factchecking de #CaptainFact n’y suffira pas et bien peu iront voir la vidéo sur ce support : https://captainfact.io/videos/gKE3
    La plupart du public est sur https://youtu.be/FF3TIps24es

    et le côté gentil débat montre un mec sympa qui papote tranquillement avec un autre mec qui lui pose autant de questions gentilles (parler de son boulot, de ses précédents bouquins) que de questions neutres et bien peu de contradictions.
    Selon sa présentation, Thinkerview a pour objectifs :
    – Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.
    (bah c’est loupé)
    – Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.
    (peu médiatisé, c’est vite dit vu l’activité de la faschospère sur le web)
    – Appréhender toute la complexité des enjeux actuels et futurs de notre monde.
    (mouai...)
    C’était la deuxième interview fleuve de l’après-midi, le journaliste est fatigué, il fait même une pause pipi en pleine interview (et pose ensuite, enfin, un peu plus de questions).
    C’est une cata.... Ouaip, je suis furax !
    #migration #immigration #nationalisme #protectionnisme #souverainisme #racisme

    https://seenthis.net/messages/734139 via ¿’ ValK.


  • https://66.media.tumblr.com/ed8b6f4a91b612c53a55463fc89aa945/tumblr_pgb0lvfQC51txdeaio1_500.jpg

    Vichy France a fortement défendu l’idée traditionnelle de la famille. Les femmes mariées n’étaient pas autorisées à travailler. Il est devenu plus difficile d’obtenir un divorce et le fait d’abandonner leur famille était une infraction pénale. L’avortement était considéré comme un crime contre la sécurité de l’État. L’État a également mis en place des mesures financières pour encourager la maternité, telles que des prestations pour les mères et des rations supplémentaires de lait.

    http://historium.tumblr.com/post/179957686672/a-housewife-will-save-you-money-vichy-france
    #travail_famille_patrie #tumblr

    https://seenthis.net/messages/734744 via Vanderling




  • N’oublions pas la Révolution allemande
    https://dl.dropbox.com/s/sjaxqoxdt8b5ukk/Ernst_Toller_-_Schwadron.jpg?dl=0
    cc : National Library of Israel, Schwadron collection

    En ces temps de commémorations impudiques et morbides, il peut être sain de se rappeler les pièces du dramaturge allemand Ernst Toller (1893-1939). A son retour du front, en 1917, Toller s’insurge contre ces pères qui envoient leurs enfants à la mort, eux qui : « […] n’ont jamais été couchés dans les tranchées, n’ont jamais entendu les cris désespérés des mourants, n’ont jamais entendu la plainte des forêts bombardées, n’ont jamais vu les yeux inconsolables des paysans qu’on chasse ». (Eine Jugend in Deutschland, 1933)
    Plutôt que de commémorer, dénonçons l’horreur de la guerre. Et commémorons plutôt la Révolution allemande (novembre 1918-avril 1919), celle de ces jeunes qui ont cru un instant, à l’instar de celles et de ceux de la Commune, que le peuple prendrait enfin le pouvoir. Toller s’est battu jusqu’au bout dans la révolution de Munich et a passé cinq ans en prison. Exilé aux États-Unis, il se suicidera en 1939. A propos de cette Révolution allemande confisquée, il a dit : « Qui veut comprendre la faillite de 1933 doit connaître les évènements des années 1918 et 1919 en Allemagne ».
    En 1930, il avertissait déjà : « La montre indique une minute avant minuit. »
    (pour les germanophones) :
    Die Wandlung (1919) : http://ds.ub.uni-bielefeld.de/viewer/image/519220/1/#topDocAnchor
    Masse Mensch (1920) : http://gutenberg.spiegel.de/buch/masse-mensch-3537/1
    Son autobiographie, Eine Jugend in Deutschland (1933) : http://gutenberg.spiegel.de/buch/eine-jugend-in-deutschland-3538/1
    #Ernst_Toller #Révolution_allemande

    https://seenthis.net/messages/734644 via Nepthys


  • La légitime défense, une « arme au service des dominants »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/071118/la-legitime-defense-une-arme-au-service-des-dominants

    Dans Légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières (CNRS éditions, septembre 2018), Vanessa Codaccioni retrace l’évolution de cette notion, montrant comment l’État français a réussi, par une politique volontariste, à faire diminuer depuis les années 1990 ces homicides en légitime défense. L’historienne met également en garde contre la tentation, sur le modèle du Canada, d’étendre cette notion aux femmes battues qui tuent leur compagnon. Entretien.

    Vous décrivez un véritable Far West français dans les années 1980-1990. Comment expliquer cette multiplication des homicides présentés en légitime défense ?

    Vanessa Codaccioni : Il y a plusieurs raisons. La politisation de l’insécurité par le gouvernement, les médias ainsi que le marché de l’autodéfense va se conjuguer à la hausse des atteintes aux biens, qui débute dans les années 1950. Dans les années 1970, on atteint un pic de vols et cambriolages. De cette utilisation des chiffres du crime et de la peur du crime résulte une augmentation du sentiment d’insécurité de la population.

    Il y a une popularisation de la notion de légitime défense, qui était tombée en désuétude. Dans les archives du magistrat Étienne Bloch, fondateur du Syndicat de la magistrature, j’ai trouvé une petite note qui disait : « On ne parlait plus de la légitime défense et aujourd’hui on ne parle que de ça. » En 1978, une association nommée Légitime défense va médiatiser ce sujet, en appelant les citoyens à s’armer contre les délinquants, les voleurs, à leur tirer dessus, en leur promettant l’acquittement. Cette association fait croire qu’existe un droit à la légitime défense, ce qui est faux, et qu’en plus, il y a une impunité à tuer un supposé cambrioleur.

    Pourquoi la légitime défense n’est-elle pas un droit ?

    Historiquement, elle a toujours été considérée comme un droit. Si vous êtes attaqué, vous vous défendez, vous pouvez même tuer pour protéger votre vie. C’est un droit à l’autoconservation. Mais au Moyen Âge, une rupture se produit : on considère que ces actes de légitime défense sont assimilables à une forme de justice privée. Or la construction de l’État et d’une justice publique suppose l’éradication de cette justice privée. Les actes de légitime défense deviennent un crime excusé. Les juges vont vérifier qu’il y a bien eu légitime défense.

    C’est aussi un moyen pour le roi de disciplinariser les nobles. À partir du XVIe siècle, si un noble tue et se déclare en état de légitime défense, il doit demander le pardon du roi et des juges dans une cérémonie où il se met à genoux. On passe ainsi d’un droit à un crime excusable. Dans le premier code pénal de 1810, la légitime défense devient une cause d’irresponsabilité pénale, comme la folie. Si vous êtes reconnu en état de légitime défense, vous n’êtes pas jugé, vous êtes libre et n’allez même pas en prison.

    Un personnage relie votre précédent travail sur la justice d’exception et ce livre sur la légitime défense : François Romerio, ex-président de la Cour de sûreté de l’État et créateur de l’association Légitime défense.

    C’est un personnage incroyable. François Romerio est un juge de l’exception : un juge qui a toujours exercé des fonctions d’exception ou qui a toujours recherché la proximité avec les politiques. Cet ancien juge colonial a exercé en Indochine, où il mettait en œuvre une justice coloniale. Il était donc déjà habitué à des pratiques arbitraires. Il a été président des assises, puis de la Cour de sûreté de l’État de 1965 à 1975. Pendant dix ans, il a jugé les ennemis politiques : l’OAS [Organisation armée secrète], les manifestants de mai 1968, les maos de la Gauche prolétarienne, les premiers indépendantistes corses, basques, bretons. Et dans ses mémoires, François Romerio fait une distinction très claire entre les ennemis politiques et les droits-communs, pour lesquels il a une véritable aversion. Ce qui va se manifester dans la création de l’association Légitime défense, clairement dirigée contre ce qu’il appelle la « racaille » et la « vermine ».

    À la Cour de sûreté de l’État, avait-il une pratique aussi sévère ?

    Non, au contraire, il avait presque une forme d’admiration pour les ennemis politiques déférés devant ce tribunal d’exception [créé en 1963 et dissous en 1981 – ndlr]. Par exemple, il leur permettait de parler pendant des heures. Il acceptait que des militants du FLNC fassent de longues déclarations politiques. Les journalistes n’avaient jamais vu ça. En revanche, après son départ à la retraite, son discours devient extrêmement répressif. Il diffuse une idéologie sécuritaire très conservatrice. Il a un discours d’animalisation du délinquant : c’est un loup, c’est un chien, une bête sauvage. Et si c’est une bête, ce n’est donc pas un homme, on peut le tuer. Son discours est presque d’eugénisme : le délinquant ronge la société française. Il faut assainir la société, presque dans une perspective évolutionniste.

    Et, chose importante, François Romerio considérait que le délinquant n’est pas récupérable. Pour la droite et l’extrême droite, la criminalité ne peut s’expliquer par des facteurs sociaux – enfance difficile, parcours scolaire difficile, précarité – mais uniquement par l’égoïsme. C’est pour cela qu’il existe toujours un lien entre la légitime défense et la peine de mort. Vu que les délinquants ne sont pas récupérables, il faut les tuer par la peine de mort ou par la légitime défense. Quand on a commencé à évoquer l’abolition de la peine de mort, à la fin des années 1970, François Romerio a prévenu qu’il resterait la légitime défense, perçue comme un palliatif à cette abolition.

    Comment ce Far West se traduit-il dans les faits ?

    Entre 1978 et 1980, uniquement en termes de crimes sécuritaires, il y a 41 cambrioleurs ou voleurs supposés qui périssent dans le cadre de la légitime défense en France. La plupart sont des faux cas de légitime défense.

    Outre ces crimes sécuritaires, parmi les nombreux cas présentés comme des « affaires de légitime défense » par la presse, beaucoup sont en réalité, selon vous, des bavures policières et des « crimes racistes ». Comment l’expliquez-vous ?

    L’association Légitime défense naît d’un comité de soutien au brigadier de police Marchaudon qui, en 1977, a vidé son chargeur sur un jeune Algérien de 21 ans, Mustapha Boukhezer, qui rôdait autour d’un bureau de poste. En 1974, ce brigadier avait déjà tué un jeune Algérien de trois balles dans le dos, au métro Anvers. C’est un récidiviste.

    À partir des années 1970, les affaires de bavure policière sont beaucoup plus médiatisées. Les policiers ont toujours beaucoup tué, mais on parlait finalement peu de ces homicides. Pensez au silence qui a entouré le 17 octobre 1961. Mon hypothèse est qu’on en parle davantage parce que ces affaires sont dites « en légitime défense », qui est alors un sujet d’actualité.

    L’un des cas les plus connus est celui, en 1972, de Mohamed Diab, un chauffeur de poids lourd algérien tué d’une rafale de pistolet-mitrailleur par un sous-brigadier, au prétexte qu’il se serait rebellé dans le commissariat. Sauf que le sous-brigadier a dit, avant de le mitrailler : « Oui, je te tue, sale race, je te tue. » Le sous-brigadier ne sera jamais jugé, il bénéficiera d’une ordonnance de non-lieu. Il y a quelques rares procès de policiers, qui sont pour la plupart acquittés.

    Puis, parmi les homicides dits en légitime défense, il y a ce que j’appelle les homicides querelleurs. Ce sont des hommes qui se disputent, le beau-père et son ex-beau-fils, deux personnes en conflit dans une petite ville, et ça finit mal. Enfin, il y a énormément de crimes racistes qui sont justifiés par la légitime défense à partir de la fin des années 1970.

    Pour comprendre la légitime défense, vous vous intéressez au profil tant des auteurs que des victimes. Quel est-il ?

    Ceux qui tuent en état de légitime défense sont toujours des hommes. De 1978 au milieu des années 1990, il n’y a qu’un seul cas de femme, c’est l’affaire de la boulangère de Reims qui, en 1989, tue d’une balle dans la tête Ali Rafa parce qu’il aurait voulu voler des pains au chocolat. Le phénomène des femmes battues qui retournent la violence contre leur conjoint, à l’image de Jacqueline Sauvage, est extrêmement récent.

    Mon point de départ est de vouloir déconstruire cette idée selon laquelle la légitime défense est une arme pour les plus faibles. C’est le discours tenu historiquement par les juristes, les hommes politiques, les criminologues. Or, quand on regarde qui tue et qui est tué, on voit très bien que c’est l’inverse. La légitime défense est une arme au service des dominants, c’est-à-dire ceux qui ont toujours monopolisé la violence. Ce n’est qu’une disposition de plus qui permet aux détenteurs du monopole de la violence de tuer presque en impunité : des hommes qui ont des armes, des chasseurs, des policiers, des vigiles.

    Toujours des hommes d’âge mûr, blancs, qui exercent des professions qui peuvent leur attirer de la sympathie – commerçants, artisans, garagistes – ou dites respectables comme les policiers, les vigiles. Ce profil d’honnêtes gens leur sert au moment du procès. Ces hommes n’étaient pas prédestinés à tuer. Alors, s’ils sont des honnêtes gens, ce sont les personnes en face qui n’étaient pas des gens respectables. Cela joue en miroir contre ceux qui sont tués.

    Qui sont-ils ?

    Ce sont plutôt des jeunes en situation d’exclusion sociale, soit au chômage, soit exerçant des petits boulots précaires, souvent vivant en banlieue et souvent racisés, noirs ou arabes. Dans la période 1978-1990 sur laquelle j’ai travaillé, ce sont souvent des jeunes de banlieue issus de l’immigration maghrébine. La moyenne d’âge est de 22 ans. Certains sont très jeunes. Ce sont des « délinquants », des « racailles », donc, dans cette façon de penser, ils sont tuables, quel que soit leur âge. Il y a presque deux idéotypes opposés : les honnêtes gens ou les bons flics, et la racaille. Souvent, les personnes tuées avaient un passé de délinquance, étaient connues des services de police ou avaient un casier judiciaire. Et ça va justifier leur mort.

    De façon étonnante, vous racontez que l’association Légitime défense va militer pour faire passer ces procès du tribunal correctionnel aux assises.

    Les affaires de légitime défense sont des procès qui vont toujours être politisés. Il y a toujours un enjeu politique derrière : le droit de posséder des armes, de défendre sa vie, ses biens, son commerce, etc. Les affaires de légitime défense ont toujours été jugées au tribunal correctionnel, qu’il s’agisse de policiers ou de citoyens. Mais ce n’est pas la bonne juridiction pour politiser la légitime défense, car c’est un petit tribunal, qui ne permet pas de faire des grandes plaidoiries politiques, des grands défilés de témoins. Et les magistrats professionnels du tribunal correctionnel sont plutôt sévères envers les auteurs de légitime défense. Ils condamnent souvent symboliquement à du sursis ou à une peine d’amende pour signifier qu’il y a eu mort d’homme.

    Or le fait qu’un auteur d’homicide dit défensif soit condamné, même à du sursis, est inacceptable pour les avocats de Légitime défense. Ils vont demander que leurs clients soient passibles des assises, ce qui est du jamais-vu : des avocats qui demandent à aggraver la situation pénale de leurs clients. Ils disent : ce n’est pas un homicide involontaire puisque mon client avait vraiment l’intention de tirer sur cette personne. C’est très risqué, car les peines en cour d’assises peuvent être beaucoup plus lourdes. Mais c’est une stratégie payante : les jurys vont acquitter très majoritairement les tireurs.

    Au début des années 1980, l’État veut être de plus en plus sévère contre les auteurs de légitime défense en les traduisant devant les cours d’assises. Deux camps opposés, qui réclament l’un la limitation de la légitime défense, l’autre son extension, vont se retrouver sur la juridiction où les tireurs doivent être jugés, la cour d’assises.

    Comment les cours d’assises traitent-elles ces homicides ?

    Ma thèse est que la légitime défense impose aux jurés d’assises une problématique particulière. On passe de la question habituelle : « L’accusé est-il coupable ou innocent ? », à une autre question : « L’accusé a-t-il tiré en état de légitime défense ? ». Ce qui modifie complètement les questions des juges, la plaidoirie des avocats, la perception des jurés.

    Le juré d’assises va toujours s’identifier avec celui qui a tiré parce qu’il y a des proximités en termes de classe sociale et de vision du monde. Les jurés d’assises ont toujours été très sévères envers les atteintes aux biens. Dans une société où on martèle qu’il y a de l’insécurité, les jurés ont tendance à acquitter celui qui a tiré sur un voleur supposé, aperçu sur un toit, en train de s’enfuir dans leur jardin.

    Il y a cette croyance qu’on peut défendre ses biens par les armes, alors qu’en France l’atteinte aux biens a toujours été exclue des crimes de sang. On peut être excusé si on tue en état de légitime défense, quand on protège sa vie, mais pas quand on protège un bien, sauf si on entre chez vous la nuit ou qu’on essaie de vous voler avec une extrême violence.

    Le profil de la victime semble également déterminant. Qu’attend-on d’une bonne victime ?

    Les jurys d’assises ne jugent pas tant celui qui a tiré que celui qui a été tué. C’est le mort qui est en procès : avait-il une bonne vie ? Était-il un délinquant ? Était-il en train de commettre un crime ou un délit ? Dans ces procès, on assiste à une criminalisation post mortem de la personne tuée. Cela débouche souvent sur deux affirmations : soit « il l’a bien mérité », soit « il est responsable de son propre décès », s’il commettait un délit au moment où il a été tué. Par exemple, quand un voleur est tué, les avocats du tireur diront que ce sont les risques du métier.

    Les bonnes victimes de la légitime défense sont très rares. Il n’y a que trois configurations où les tireurs sont condamnés et où la famille de la victime peut obtenir justice. Premier cas, les jurés ne peuvent vraiment pas croire que la personne était en état de légitime défense parce qu’elle a inventé une menace ou a maquillé la scène du crime. Les jurés ne peuvent alors pas croire à sa peur.

    Deuxième cas, lorsque le tireur a un rapport problématique aux armes, est un fanatique des armes. C’est le cas du gardien de supermarché qui a tué Moussa Mezzogh, qui venait de dérober des blousons. Il a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. La police avait trouvé chez lui un arsenal.

    Le troisième cas, c’est lorsque le racisme est reconnu comme le mobile unique. Dans les crimes racistes, pour que la question du racisme apparaisse lors des audiences, il faut qu’il n’existe aucune autre possibilité. Pour que la thématique du racisme apparaisse, il faut que la personne tuée soit « blanche comme neige », si je peux me permettre l’expression : qu’elle n’ait aucun passé délinquant et ne fasse absolument rien au moment où elle est tuée.

    Les médias ont un rôle très important, car ils participent à l’idéologie de l’insécurité en mettant l’accent sur les faits divers. Et ils ont tendance à participer à la criminalisation post mortem de la victime. Soit ils ne parlent pas de la personne tuée, qui est invisibilisée, soit ils insistent sur sa mauvaise conduite.

    Aujourd’hui, hors quelques cas médiatisés comme celui du bijoutier de Nice, en 2013, les homicides en légitime défense ont diminué. Comment l’expliquer ?

    Il y a effectivement de moins en moins de cas de légitime défense mortels. Entre 2015 et 2017, il y a eu une cinquantaine de cas où l’argument de la légitime défense est avancé au procès, dont moins d’une dizaine mortels. Donc, moins de dix cas mortels en deux ans contre quarante cas mortels juste pour des cambriolages ou des vols en 1978 et 1980.

    Cela rentre dans un processus plus général de pacification des mœurs, mais aussi dans une politique volontariste de l’État français pour réduire la légitime défense. Il limite les ventes d’armes d’autodéfense les plus utilisées, notamment la carabine 22 long rifle. Dans les années 1980, on achetait ces armes à la FNAC, au BHV, sur catalogue à La Redoute, etc.

    Mais l’État ne pourra jamais limiter l’une des principales armes de légitime défense : le fusil de chasse. Les cas récents montrent que c’est ce fusil de chasse qui est utilisé dans les affaires mortelles dites de légitime défense.

    À partir de 1994, il inclut dans le code pénal des critères, issus de la jurisprudence, qui encadrent la légitime défense : l’immédiateté, la simultanéité, la proportionnalité et la nécessité d’avoir une menace réelle et non imaginaire. Et l’État impose ce qu’est une bonne autodéfense : appeler la police, ne pas garder d’argent chez soi, s’assurer contre le vol, ne pas ouvrir quand on frappe, être très méfiant. L’État français construit un sujet résilient, acteur de sa propre sécurité, qui développe des sentiments de suspicion envers autrui mais qui a confiance envers la police.

    Reste l’exception policière : les policiers ont eux, au contraire, connu ces deux dernières années une extension du champ de la légitime défense, au nom de la menace terroriste.

    La légitime défense policière s’analyse comme un dispositif d’exception qui, après les attentats du 13 novembre 2015 et après l’état d’urgence, est devenu permanent. J’ai découvert que la France avait déjà étendu la légitime défense pour les policiers à deux reprises, sous Vichy et pendant la guerre d’Algérie, en leur permettant d’utiliser plus facilement leurs armes. Ce sont les moments les plus répressifs de notre histoire récente, où on a inventé le plus de dispositifs d’exception et dans lesquels on va puiser des mesures aujourd’hui, dans le cadre de la lutte antiterroriste.
    Sous Vichy et pendant la guerre d’Algérie, on avait déjà aligné la légitime défense policière sur les règles d’ouverture du feu militaires, dans un cas, pour abattre plus facilement des résistants, dans l’autre, pour abattre des indépendantistes ou leurs soutiens. Mais après Vichy et après la guerre d’Algérie, on avait refermé cette parenthèse. La légitime défense policière était redevenue ordinaire.

    Après les attentats, au contraire, on a étendu par deux lois, en 2016 et 2017, la possibilité pour les policiers de tirer. C’était une très vieille revendication, à la fois des syndicats de policiers et de la droite et de l’extrême droite, au moins depuis le début des années 1980. Et tous les chefs d’État, gouvernements, tous les ministres de l’intérieur s’y étaient toujours opposés. Même Charles Pasqua, connu pour avoir couvert de graves bavures policières, était contre, car il disait que c’était trop dangereux. En 2015, dans le contexte traumatique post 13-Novembre et de l’état d’urgence où l’État a beaucoup demandé aux policiers, il a accédé à leurs revendications.

    Cela a-t-il eu un impact sur le nombre de personnes tuées par la police ?

    Je ne crois pas. Il y a eu 14 morts l’an dernier, or on sait que la police a tué plus de 450 personnes en 40 ans [de juillet 2017 à mai 2018, 14 personnes ont été tuées lors d’opérations policières, selon un recensement inédit de l’IGPN, qui ne comptabilisait pas ces morts auparavant – ndlr]. En revanche, il y a une augmentation exponentielle du nombre de tirs policiers. En 2017, la police a tiré 394 fois, soit une augmentation de 54,5 % par rapport à 2016. Il va falloir observer les effets de ces lois sur le temps long.

    Après les attentats à Londres de 2005, les officiers de Scotland Yard ont adopté la théorie du shooting to kill, qui vise à abattre le plus rapidement possible un potentiel terroriste avant qu’il ne déclenche une possible ceinture d’explosifs. Quelques semaines après l’adoption de cette doctrine, en juillet 2005, un électricien brésilien, Jean Charles de Menezes, a été tué de sept balles dans la tête, dans le métro londonien, par deux policiers qui l’avaient pris pour un suspect pakistanais. Cela a été considéré comme une affaire de légitime défense.

    Une nouvelle problématique s’est mise en place, qui est celle du « faire mourir le terrorisme ». Michel Foucault parlait des techniques du « faire mourir » et du « laisser vivre ». Aujourd’hui, il me semble que nous sommes dans une réflexion sur le « faire mourir les terroristes ». Comment les tuer ? À quel moment ? Cela répond à la militarisation de la police, qui fait suite à cette expression entendue partout après le 11 septembre 2001 : « On est en guerre. » Si nous sommes en guerre, alors la police doit pouvoir tuer, comme l’armée, et avoir une possibilité de tir plus étendue sans être inquiétée par la justice.

    Et chez nos voisins européens, comment cette législation sur la légitime défense évolue-t-elle ?

    C’est assez inquiétant. Nos voisins européens sont dans une démarche totalement différente de la nôtre sur la légitime défense citoyenne. Au début des années 2000, le Royaume-Uni a par exemple entamé une réflexion sur la possibilité d’étendre la légitime défense pour les particuliers, notamment quand il s’agit de cambriolage. En 2008, une loi a mis en place la légitime défense subjective, qui a toujours été refusée en France. C’est considérer que quelqu’un qui croyait honnêtement être en légitime défense ne sera pas inquiété par la justice. Celle-ci s’applique aussi aux policiers.

    Le pire à venir est en Italie. La Ligue du Nord a fait de la légitime défense un enjeu central de ses campagnes en politisant les affaires de vols, de cambriolages. En 2015, elle a réussi à la faire étendre. Et le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, qui porte des tee-shirts en faveur de la légitime défense [comme ici, en mai 2017 – ndlr], défend des propositions de loi pour aller plus loin. Ce qui est très préoccupant, car il y a énormément d’armes en circulation en Italie, avec un fort lobby des armes. Et ce n’est pas un hasard si, depuis quelques mois, on assiste à une multiplication des fusillades racistes visant des Noirs.

    Sans parler de la République tchèque, qui dit qu’il faut s’armer contre les terroristes islamistes. Avec notre État centralisé très fort qui veut centraliser la violence, nous sommes un peu une exception par rapport à nos voisins.

    Aujourd’hui, certaines féministes revendiquent une extension de la légitime défense aux femmes battues, comme c’est déjà le cas au Canada, au vu notamment du cas de Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari. Cela vous semble-t-il souhaitable ?

    En France, les femmes battues ne sont jamais reconnues en état de légitime défense, car deux critères leur font défaut quand elles tirent. Celui de la simultanéité : il faut que la femme tue son compagnon violent au moment même où elle est battue, ce qui est extrêmement rare. C’était le cas d’Alexandra Lange qui, en 2009, a poignardé son mari au moment où il l’étranglait. Elle a été acquittée en avril 2012. Mais souvent, les femmes les tuent après la séquence de violence conjugale, soit d’une balle dans le dos, soit dans leur sommeil. Et il y a celui de la proportionnalité : peut-on tirer sur quelqu’un qui vous a donné une gifle ?

    Le cas le plus ahurissant est celui de Fatiha Taoui, condamnée en mars 2018 à cinq ans de réclusion criminelle, dont trois ferme, aux assises de la Haute-Vienne. Elle a été battue pendant plusieurs années, son mari avait été condamné trois fois pour violences conjugales et harcèlement, il avait des injonctions à ne pas s’approcher du domicile. Il défonçait sa porte à coups de hache, il la menaçait de mort, elle et ses enfants. Un soir, il est arrivé avec un fusil de chasse chez elle et elle l’a tué. Les juges ont trouvé son discours incohérent, car elle a affirmé l’avoir abattu dans un corps à corps, alors qu’elle a utilisé un fusil long. C’est représentatif, car les femmes qui tuent leur conjoint ne sont quasiment jamais reconnues en état de légitime défense.

    Au Canada, en 1990, une législation a créé la légitime défense différée. Elle supprime ce critère de simultanéité. Un expert décide si la femme qui a tué est atteinte d’un syndrome de la femme battue (SFB). Ce qui est une manière aussi de pathologiser ces femmes, mais cela leur permet de pouvoir mobiliser la légitime défense comme les hommes. On considère qu’elles ont tellement été battues qu’elles ne sont plus en état de décider si c’est bien ou mal au moment où elles tirent.

    Est-ce transposable en France ?

    Je suis réservée parce que la légitime défense a été faite pour les hommes, ceux qui disposent des armes, qui monopolisent la violence, qui vont à la chasse, qui sont inscrits dans un club de sport de tir. Ne faut-il pas laisser la légitime défense aux hommes et imaginer autre chose ?

    En tout cas, il faut être extrêmement prudent dès qu’on parle d’extension de la légitime défense, pour deux raisons. En Angleterre, on a étendu la légitime défense citoyenne. Immédiatement, ça s’est appliqué aux policiers. En 2014, Christian Estrosi (LR) et Éric Ciotti (LR) avaient déposé une proposition de loi pour étendre la légitime défense pour les commerçants. Ils ont justifié cette extension en prenant l’exemple des femmes battues au Canada ! C’est-à-dire que les causes féministes peuvent être utilisées pour justifier la légitime défense des dominants et des hommes.

    https://seenthis.net/messages/734537 via Lyco


  • Regardez le documentaire interdit et explosif sur le lobby pro-israélien aux Etats-Unis - Télévision - Télérama.fr

    https://www.telerama.fr/television/regardez-le-documentaire-interdit-et-explosif-sur-le-lobby-pro-israelien-au

    Attention, matière inflammable ! Le site d’information sur le Proche-Orient et le Maghreb Orient XXI met en ligne les deux premiers épisodes d’une série documentaire en quatre volets : une enquête spectaculaire sur le lobby israélien aux Etats-Unis. Prévue début 2018, la diffusion de ce reportage mené par la cellule d’investigation de la chaîne qatarie Al-Jazira a été gelée par Doha qui, en plein contentieux avec ses voisins saoudiens et émiratis, n’a pas voulu s’aliéner l’administration Trump, infaillible appui d’Israël. Orient XXI précise sur son site qu’un accord est intervenu entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Dans Le Monde diplomatique, Alain Gresh, le directeur d’Orient XXI, rapporte qu’en avril 2018 le site de l’Organisation sioniste américaine (ZOA) publiait un communiqué se réjouissant que « le Qatar [ait] accepté de ne pas diffuser le documentaire vicieusement antisémite d’Al-Jazira réalisé par un infiltré sur le soi-disant lobby juif américain ».
    Nous avons visionné La Guerre secrète et Orienter les élites, les deux épisodes visibles sur le site d’Orient XXI. Premier constat : il s’agit d’un travail journalistique sérieux, précis et documenté qui fait intervenir de nombreuses personnalités, politiques, universitaires, essayistes, étudiants. L’expression « lobby juif », pour le moins tendancieuse, n’est jamais prononcée et il est expliqué à plusieurs reprises que les responsables des organisations incriminées dans le reportage ont été sollicitées, en vain, par ses auteurs. L’antisémitisme y est dénoncé sans équivoque. Nulle théorie du complot en vue, les adeptes des élucubrations antisémites type Protocoles des Sages de Sion peuvent donc s’abstenir.

    https://seenthis.net/messages/734620 via Nouvelles d’Orient



  • Une très intéressante étude sur les conséquences du mode de scrutin pour l’élection présidentielle en France en 2017 https://vote.imag.fr/results/online

    On y voit que la plupart des modes « alternatifs » auraient fait élire Mélenchon. (Évidemment, comme toutes les études de ce genre, cela dépend de comment les voteurs auraient réellement voté si le mode de scrutin avait été différent : les électeurs font de la tactique et on ne peut pas être sûr de ce qu’aurait été leur vote avec un autre mode des scrutin.)

    Par contre, aucun mode de scrutin n’aurait pu faire gagner Asselineau :-)

    #mode_de_scrutin #vote #démocratie

    https://seenthis.net/messages/734449 via Stéphane Bortzmeyer


  • Brésil en sol mineur
    http://www.zite.fr/amapa

    Le 30 octobre 2018, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême-droite, accédait à la présidence du Brésil. Vécu sur le mode de la surprise, cette poussée d’autoritarisme paraît en réalité plus profonde et plus prévisible quand elle est vue depuis l’Amazonie. En effet, l’économie d’exportation de matières premières, fondée sur le maintien des oligarchies régionales et la corruption généralisée, n’est pas sans rapport avec les désillusions démocratiques.

    Texte : Théo Jacob et Noémie Wojtowicz Photos : Noémie Wojtowicz

    Cet article est directement inspiré du film documentaire No meio do mundo (« Au milieu du monde »), tourné en 2015 par Noémie Wojtowicz et Théo Jacob. Calé entre la Guyane française et l’estuaire de l’Amazone, le petit État brésilien de l’Amapá s’apprête, nous dit-on, à vivre des jours paisibles. Sur le port (...)

    #Article_à_la_Une #reportage-analyse #Z12

    https://seenthis.net/messages/734332 via Revue Z