7h37

La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.

  • Aux racines du racisme systémique de la police

    Comparer les polices américaine et française, c’est questionner les angles morts de notre mémoire nationale, car les origines du racisme policier en France sont anciennes et liées aux Antilles tout autant qu’à l’Afrique.

    Melanine.org style @melanine

    https://www.liberation.fr/debats/2020/06/15/aux-racines-du-racisme-systemique-de-la-police_1791267

    Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un « ennemi intérieur » potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines. Les racines historiques du racisme policier sont cependant encore plus anciennes, et liées aux Antilles tout autant qu’à l’Afrique. A l’heure où Arte et StreetPress révèlent des conversations entre policiers dont la teneur évoque le suprémacisme blanc qui pollue les Etats-Unis, comparer les polices américaine et française, c’est aussi questionner les angles morts de la mémoire nationale française. Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux. Si l’on veut sincèrement une France solidaire, il va bien falloir avoir le courage de regarder en face l’histoire de tous les Français.

    https://seenthis.net/messages/861116 via Supergéante


  • Au terme de 5 ans de bataille administrative, le Conseil d’État vient d’accorder de façon définitive l’ouverture anticipée des archives de l’Élysée sur le Rwanda au chercheur François Graner, membre de l’association Survie, et co-auteur du Dossier noir “L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda”.

    Le Conseil d’État ordonne l’ouverture immédiate des archives de l’Élysée sur le Rwanda - Survie
    https://survie.org/themes/genocide-des-tutsis-au-rwanda/article/le-conseil-d-etat-ordonne-l-ouverture-immediate-des-archives-de-l-elysee-sur
    https://survie.org/local/cache-vignettes/L500xH333/arton5754-3504f.jpg?1591976162

    C’est une décision historique qui met fin à 5 années de procédures administratives contre le secret d’État. Jusqu’à cette décision, le Code du patrimoine permettait en effet à la mandataire privée de François Mitterrand, l’ancienne ministre Dominique Bertinotti, de décider arbitrairement qui pouvait ou non, consulter toutes les archives des conseillers présidentiels de l’époque, pas ou plus couvertes par le Secret Défense. Cette disposition valable un quart de siècle après la mort de l’ancien président constituait un des nombreux freins à la manifestation de la vérité sur le rôle de la France au Rwanda avant, pendant et après le génocide des Tutsis, ce que le Conseil a jugé contraire notamment aux droits de l’Homme et au droit européen.

    https://seenthis.net/messages/861054 via unagi


  • À quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron – très attendue notamment sur le thème des violences policières et du racisme –, nous publions ici la lettre ouverte au président de la République du sociologue Éric Fassin.

    TRIBUNE. Le régime de la peur - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-le-regime-de-la-peur
    http://www.regards.fr/IMG/jpg/befunky-collage-256.jpg

    Alors que, partout dans le monde, les mobilisations se multiplient contre le racisme et les violences policières, vous tenez à dire qu’en France « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. » Vous désignez des coupables, mais vous n’avez pas l’honnêteté de les nommer, ni le courage d’assumer vos propos, tenus « en privé »… pour être publiés dans Le Monde.

    Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre. Mais qu’importe votre ignorance ? Votre mépris du travail universitaire, il nous est familier – à l’heure où vous jugez urgent de relancer la LPPR qui s’emploie à démanteler la recherche par une politique du court terme.

    LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
    >> LPPR : le monde universitaire se mobilise contre la « privatisation progressive de la recherche »

    Ce qui est inquiétant, c’est que vous reprenez la rhétorique d’extrême droite, relayée par des médias comme Le Point qui a cru bon, par exemple, d’accoler mon nom à ceux d’Éric Zemmour et Alain Soral en tête de « ces idéologues qui poussent à la guerre civile » (sic). L’anti-intellectualisme n’est-il pas au cœur du projet néofasciste aujourd’hui incarné par Jair Bolsonaro au Brésil et Donald Trump aux États-Unis ?

    https://seenthis.net/messages/860903 via unagi


  • Le site Internet Archive mis en danger par des poids lourds de l’édition
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110620/le-site-internet-archive-mis-en-danger-par-des-poids-lourds-de-l-edition

    Sous la pression d’une plainte déposée devant un tribunal new-yorkais par quatre poids lourds de l’édition aux États-Unis, le site Internet Archive a décidé d’avancer de 15 jours la fermeture de sa bibliothèque d’urgence, créée en réponse à l’épidémie de coronavirus. Une infraction « massive et délibérée » au droit de reproduction. C’est ce que quatre éditeurs, dont la filiale américaine du groupe Hachette, reprochent au site Internet Archive, connu notamment pour son archivage du web mondial, la Wayback Machine, (...)

    #Hachette #copyright #COVID-19 #santé #InternetArchive

    ##santé
    https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2020/06/10/cdlmain.jpg

    https://seenthis.net/messages/860332 via etraces



  • L’indéboulonnable connerie raciste à la française, donc. C’est aussi émouvant que du Manuel Valls en train de te mansplainer son féminisme. Ou les César qui justifient 12 nominations à Polanski avant de lui filer le « Meilleur réalisateur ».
    https://www.lemonde.fr/politique/live/2020/06/14/en-direct-suivez-l-allocution-d-emmanuel-macron-sur-le-deconfinement-et-l-ap

    « Mais ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé. Ce combat est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes, a-t-il toutefois souligné. Je vous le dis très clairement ce soir, mes chers compatriotes, la République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier pour bâtir un présent et un avenir possible d’une rive, l’autre de la Méditerranée, avec une volonté de vérité et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes. » 

    M. Macron a également salué les forces de l’ordre, piliers de l’« ordre républicain ». « Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom. C’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation », a-t-il déclaré.

    Toujours cette façon de détourner le sujet : les gens manifestent pour dénoncer, avant tout, la violence de la police. La violence en général, et les violences racistes en particulier de la police. Et le racisme banalisé qui s’exprime en permanence avec les contrôles au faciès, le tutoiement, etc. Et le gars digresse sur son attachement à « notre histoire », les statues, les œuvres, histoire de donner du grain à moudre aux éditorialistes. Les manœuvres de ces gens sont d’une bassesse et d’une saleté proprement inimaginables.

    https://seenthis.net/messages/860904 via ARNO*


  • Très anecdotique, mais il y a eu un tour de passe-passe discret : les gens ont, assez clairement, manifesté contre le racisme, les violences en général, et les violences-au-faciès de la part de la police. Mais le 8 juin le gouvernement a très rapidement déployé un argumentaire à base de « racisme et antisémitisme ». Dans le discours de Castaner, c’était très notable :
    https://www.interieur.gouv.fr/fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/Conference-de-presse-au-sujet-de-la-question-du-racisme-et-de-la-mise

    On y trouve aussi, hélas, certains des maux qui nous rongent : le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie.

    […]

    Nous avons beaucoup agi en ce sens ces derniers temps. Nous nous sommes engagés dès le début du mandat et avons permis que chaque policier et gendarme, sans exception, reçoive une formation à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations au cours lors de ses années d’écoles.

    […]

    Nous avons renforcé notre réponse à toutes les atteintes racistes et antisémites : en expérimentant des réseaux d’enquêteurs spécialisés et en désignant des référents dans chaque brigade et commissariat.

    […]

    Nous allons accentuer et améliorer notre formation initiale et continue. Nous travaillerons en partenariat avec la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT et avec les associations, en particulier la LICRA.

    Beaucoup de choses sont déjà faites et de nombreuses associations interviennent d’ores et déjà devant nos forces de l’ordre. Je pense aux formations au mémorial de la Shoah ou à Drancy, pour rappeler à chacun ce que signifie réellement la haine.

    Très étonnant tout de même d’ajouter l’accusation d’antisémitisme dans la police de la part du ministre, alors qu’à ma connaissance, ça n’est pas une revendication des manifestations.

    Et dès le lendemain, quand les syndicats de flics ont commencé à remuer, le thème de l’antisémitisme a été totalement escamoté dans les médias (qui pourtant reprennent d’ordinaire avec une bonne volonté admirable les éléments de langage officiels), et je n’ai pas l’impression que le gouvernement y revienne.

    https://seenthis.net/messages/860635 via ARNO*


  • « Les policiers sont dressés à différencier les proies dont ils peuvent abîmer les corps » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Les-policiers-sont-dresses-a

    La férocité policière ne découle pas d’une perte de contrôle de l’État sur sa police, qui serait, comme on l’entend souvent, “lâchée en roue libre”. La gestion de la police dans le capitalisme sécuritaire continue d’évoluer par retours d’expériences. Les mises en pratique réelles des régimes de police sont toujours très éloignées des fantasmes de contrôle total qui les animent en amont. La police se trompe souvent, elle se plante parfois magistralement, elle n’arrive jamais à soumettre durablement les opprimé•es, mais sa violence est globalement gérée, administrée, instituée par les classes dominantes. »

    #police #violences_policières

    https://seenthis.net/messages/860659 via Agnès Maillard



  • La police est-elle structurellement raciste ? - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/la-police-est-elle-structurellement-raciste

    Environ 70% des policiers votent pour l’extrême droite (67% selon le CEVIPOF, 2016 & 2017). Les 30% restant votent pour leur immense majorité François Fillon.

    Ce chiffre est d’ailleurs souvent minoré, notamment parce-que les médias y ajoutent les militaires et les policiers à la retraite, qui votent beaucoup moins pour le Rassemblement national (RN), faisant tomber le chiffre aux alentours de 50-55% – ce qui reste colossal et ne change pas fondamentalement les conclusions que l’on peut en tirer.

    C’est la définition même d’un effet de structure : le comportement politique de la police, contrairement au reste de la population, est majoritairement d’extrême droite. Elle vote trois fois plus pour le RN que la moyenne nationale. Et ces enquêtes sont bien faites : elles ne se limitent pas au simple choix du bulletin glissé dans l’urne mais aussi aux thématiques privilégiées, ce qui témoigne de la vision du monde dont ces votes procèdent. Et on découvre, pour ceux qui ont la mauvaise foi d’en douter (et il y en a) : non, les policiers ne votent pas RN par souci de souveraineté monétaire…

    Dire comme le font beaucoup qu’il n’y a pas plus de personnes d’extrême droite dans la police, ou que cette dernière est à l’image de la société est donc scientifiquement faux.

    Il faut donc bien en prendre la mesure car c’est assez vertigineux : la grande majorité du seul corps habilité à user de la violence, à être armé, et en contact très régulier avec des personnes racisées, des militants politiques et des syndicalistes est massivement d’extrême droite.

    #racisme #police #fascisme

    https://seenthis.net/messages/860656 via Agnès Maillard


  • La Suède perd son pari du non-confinement
    https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Suede-perd-pari-non-confinement-2020-06-09-1201098384

    Avec sa stratégie de gestion souple de l’épidémie, le royaume scandinave se classe au 5e rang mondial des pays à la plus forte mortalité, avec quatre fois plus de décès que l’ensemble de ses voisins nordiques. Et la santé économique du pays ne s’en porte pas mieux.

    https://seenthis.net/messages/860640 via ARNO*




  • IGPN : plongée dans la fabrique de l’impunité | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/igpn-plongee-dans-la-fabrique-de-l-impunite
    https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2020/06/11/capture-d-ecran-2020-06-11-a-23-03-17.png

    Pendant six mois, nous avons donc épluché des milliers de pages d’« enquêtes » pour tenter notamment de comprendre quel type de matériau et quelles conclusions étaient transmis aux procureurs.

    Aux classements sans suite, nous avons voulu en donner une. Fût-elle seulement journalistique.

    Allô IGPN est en ce sens la première plongée en profondeur jamais réalisée dans les arcanes de l’institution. À travers 65 enquêtes IGPN (et IGGN), dont toutes avaient fait l’objet d’un signalement d’Allô Place Beauvau, nous avons ainsi pu déceler des permanences dans les méthodes visant à blanchir les policiers, vu apparaître des constantes, des modes opératoires.

    Nous proposons également un certain nombre de témoignages de victimes qui ont finalement refusé de porter l’affaire en justice. Leurs raisons sont éloquentes.

    Mais ce n’est pas tout. Allô IGPN analyse également les rapports annuels émis par l’institution, pour y déceler une évidence : entre les indicateurs dont la méthodologie est modifiée d’une édition à l’autre, ceux qui sont créés au fil du temps et ceux qui disparaissent, tout semble concourir à nuire à une lecture claire de l’activité de cette institution publique.

    Notre travail ne s’arrête pas là. À l’avenir, nous continuerons à signaler les interventions policières suspectes les plus symboliques dans les manifestations, mais aussi et c’est nouveau, hors manifestations, Allô IGPN permettra de savoir quelques mois plus tard comment la police des polices a traité ces cas de violences dans ses rangs. Mais d’ores et déjà, une typologie se dégage.

    L’identification laborieuse des policiers auteurs de violences

    La non-identification de policiers à l’origine de violences est l’un des motifs fréquents des classements sans suite.

    « L’IGPN ne se donne pas réellement les moyens d’identifier les policiers qui ont commis des violences ayant entraîné des blessures ou des mutilations », déplore l’avocate rouennaise Chloé Chalot, qui depuis l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes travaille sur les violences policières.

    « Les enquêteurs se contentent des déclarations des policiers sans aller plus loin. Il n’y a pas d’investigations complémentaires pour les vérifier », poursuit-elle.

    Chloé Chalot revient sur l’affaire de Sébastien M., blessé à la tête lors d’une manifestation de gilets jaunes, le 12 janvier 2019 à Paris par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), lui occasionnant 30 jours d’interruption totale de travail.

    À partir de vidéos de témoins, une brigade d’une vingtaine de policiers en civil est identifiée. Il s’agit des Détachements d’action rapide (les DAR renommés depuis les BRAV-M), des binômes à moto, résurgence des « voltigeurs » interdits depuis la mort de Malik Oussekine en 1986. Trois détenteurs de LBD sont identifiés. Auditionné par l’IGPN, le lieutenant commandant la brigade confirme les tirs, mais explique ne pas être en mesure « de donner le nombre de cartouches ».

    Et pour cause, les fiches dites TSUA, qui permettent de suivre l’usage des armes avec l’heure, le lieu et l’auteur n’ont pas été rédigées « sur instruction de la hiérarchie », selon le lieutenant , car « il y avait trop de tirs et il était inutile de faire un écrit ».

    On apprend que « les consignes initiales au début des manifestations des gilets jaunes étaient de ne pas rédiger » de fiches. « Les détenteurs de LBD donnaient le nombre de munitions tirées et l’officier faisait une synthèse. »

    C’est ainsi que la non-traçabilité des tirs des policiers était organisée par la hiérarchie, ordres contraires au règlement. Les trois policiers porteurs de LBD ont, au cours de leur audition, nié être les auteurs de tirs. L’un d’entre eux affirme « ne pas se souvenir avoir fait usage du LBD ».

    Malgré ce dispositif illégal décidé par les autorités chargées des opérations, malgré l’identification de trois suspects, l’IGPN se contente des déclarations des policiers et conclut que « les différentes investigations ne permettent pas d’identifier le policier ayant fait usage d’un lanceur de balles de défense ». Le 19 février 2020, la vice-procureure de la République de Paris, Claire Vuillet, suit les conclusions de l’IGPN et classe sans suite.

    Visage dissimulé, absence de brassard, de matricule, dans de nombreux dossiers que nous avons analysés, ces entorses au règlement (règlement général d’emploi) permettent de ne pas retrouver les auteurs des violences. Et ne sont pas retenues par l’IGPN à l’encontre des forces de l’ordre.

    https://seenthis.net/messages/860552 via Davduf


  • Allô IGPN ? Que fait (vraiment) la police des polices ? - davduf.net
    http://www.davduf.net/allo-igpn-que-fait-vraiment-la-police-des-polices
    http://www.davduf.net/local/cache-vignettes/L991xH520/56a0b8e05748a96b1d84c8e15c3b7e-f1507.png

    Comment l’IGPN travaille-t-elle concrètement ? Quelles sont ses conclusions d’enquête ? Ses motifs, ou non, de classer une plainte ? Auditionne-t-elle toujours les victimes et les policiers mis en cause ? Cette compilation d’études de cas, régulièrement mise à jour et fondée sur nos signalements Allô Place Beauvau, constitue la première plongée jamais effectuée en profondeur dans les arcanes de l’institution. Allô #IGPN met au jour ce que certains appellent une « énigme » : sa capacité de (sous-)traiter les affaires liées aux accusations de violences policières.

    Plus de 65 plaintes suivies.

    Six mois d’enquête.

    Une collection proposée par @davduf, Etamin Studio, WeDoData, @fil et l’équipe de Mediapart.

    https://seenthis.net/messages/860554 via Davduf


  • Cluster dans les Bouches-du-Rhône : comment des saisonniers latinos-américains ont-ils pu venir en France pendant la crise sanitaire ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/06/12/cluster-dans-les-bouches-du-rhone-comment-des-saisonniers-latinos-america
    https://medias.liberation.fr/photo/1317913-000_1q5107-checknews-cluster-saisonniers.jpg?modified_at=1591976884&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=1080

    Plus de cent travailleurs agricoles ont été testés positifs au Covid-19 dans les Bouches-du-Rhône. Parmi eux, on retrouve de nombreux saisonniers agricoles venus d’Amérique latine, recrutés par une société d’intérim espagnole.

    #Covid-19#migrant#migration#france#cluster#saisonnier#ameriquelatine#economie#test

    https://seenthis.net/messages/860502 via CEPED_MIGRINTER_ICMigrations_santé


  • « Il faut impliquer les personnes touchées dans la réponse à cette maladie », Peter Piot
    L’accroche en une « Nous devons vivre avec le Covid-19, comme nous vivons avec le VIH ».
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/11/peter-piot-il-faut-impliquer-les-personnes-touchees-dans-la-reponse-a-cette-

    Directeur de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, le médecin et microbiologiste belge Peter Piot a été nommé conseiller de la présidente de la Commission européenne pour la recherche sur le Covid-19. Propos recueillis par Paul Benkimoun

    Entretien. Directeur de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, le médecin et microbiologiste belge Peter Piot fut l’un des codécouvreurs du virus Ebola, avant d’être à la tête de l’Onusida (Programme commun des Nations unies sur le VIH-sida), de 1995 à 2008. Récemment nommé conseiller de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour la recherche sur le nouveau coronavirus, il a été lui-même sévèrement touché par le Covid-19.

    Quel regard portez-vous sur la manière dont le monde a réagi face au Covid-19 ?

    Ce que le Covid-19 nous a montré, c’est l’importance d’un leadership et d’avoir un bon système de santé publique préexistant. A part Singapour, Taïwan et Hongkong, tout le monde a sous-estimé l’ampleur et la vitesse avec lesquelles le virus pouvait se répandre. Les nations asiatiques avaient conservé le mauvais souvenir de l’épidémie de SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] en 2003 et étaient plus sensibilisées. Ils ont réagi en conséquence. Les pays qui ont immédiatement mis en place des dispositifs de dépistage ont eu le moins de décès. L’Allemagne a montré le chemin. Dès la fin janvier, elle disposait d’un test diagnostique et n’a pas attendu d’avoir beaucoup de cas pour l’utiliser à grande échelle.

    A l’autre extrême, le Royaume-Uni a réagi tardivement et a commencé à parler de mise en quarantaine pour les voyageurs quand le nombre de cas était en diminution. C’était trop et trop tard. En France comme de l’autre côté de la Manche, les stocks de masques constitués après la pandémie grippale [A(H1N1)] de 2009-2010 ont disparu des budgets. Et il y a eu un sous-investissement dans la santé publique.

    Vous évoquiez le reflux de la pandémie. Pourrions-nous en être bientôt débarrassés ?

    Nous ne sommes qu’au début de l’épidémie. Il n’y a aucune raison qu’après avoir atteint cette ampleur, elle disparaisse spontanément. Nous n’avons pas encore une immunité de groupe, même en Suède, où la stratégie qui misait là-dessus a échoué. Ce n’est que dans un an ou deux ans que nous pourrons faire le bilan de la riposte qui aura été la plus efficace.

    La situation dans le monde, mais aussi à l’intérieur des frontières nationales est hétérogène…

    Cette pandémie est un ensemble de nombreuses épidémies locales. Toutes les régions d’un pays ne sont pas touchées uniformément. L’action doit donc être locale ou régionale. La majorité des pays relâchent les mesures de distanciation physique. Des flambées épidémiques sont probables, mais pas de grande ampleur dans l’immédiat. Nous ne devons pas adopter une approche « bulldozer » et fermer tous les pays, mais cela suppose un niveau d’information en temps réel, très précis et très local, sur l’épidémie, afin de la maîtriser.

    Donc, cela implique de vivre avec le Covid-19…

    Oui, nous devons vivre avec le Covid-19, comme nous vivons avec le VIH. Nous devons admettre que l’éradication de ce virus n’est pas réalisable actuellement. La seule maladie infectieuse qui ait été éradiquée est la variole, et nous n’en sommes pas très loin avec la polio. Mais c’est tout.
    Si nous ne contrôlons pas le Covid-19, le système de santé ne peut fonctionner normalement. Il nous faut donc une approche de réduction des risques en minimisant l’impact de cette maladie et en réfléchissant à ce que nos sociétés sont prêtes à accepter pour cela.

    Il n’est pas possible de revenir au même confinement, pas tous les deux mois… Il a des effets secondaires énormes et des répercussions sur les autres pathologies : une surmortalité par infarctus du myocarde, AVC, cancer, faute d’accès aux soins essentiels ; il y a un fort retentissement sur la santé mentale. Sans parler des problèmes économiques. Vivre avec le Covid-19, cela signifie trouver des compromis entre la protection de la population et ne pas aggraver les problèmes. Il est nécessaire de modifier les comportements à grande échelle sur le port du masque, le lavage des mains et la distanciation physique. Dans beaucoup de pays, l’épidémie a surtout touché les maisons de retraite, les hôpitaux, les foyers des travailleurs du secteur de la santé et les prisons. Nous devons concentrer nos efforts sur ces lieux.

    Comment le continent africain va-t-il faire face à la pandémie ?

    Les épidémies voyagent. Il n’y a pas de raison que celle-ci évite l’Afrique. Le Covid-19 s’est pas mal implanté, notamment en Afrique du Sud, dans la région du Cap, mais ce n’est pas aussi spectaculaire qu’en Europe ou dans les Amériques. Est-ce une simple question de temps ? Le fait d’avoir une population plus jeune, en moyenne, que celle du Vieux Continent pourrait jouer. Des facteurs climatiques pourraient-ils atténuer le risque ? Nous l’ignorons. Reste que les mesures de distanciation physique ne sont pas applicables dans les grands townships, comme Khayelitsha, en Afrique du Sud, Kibera, au Kenya, ou dans les grandes villes africaines surpeuplées.
    C’est le même problème en Inde. A Bombay, les cas explosent, certains hôpitaux placent deux malades par lit… Hongkong a une densité de population très élevée, mais ses habitants vont plus loin que les recommandations des autorités.

    Que vous inspire la mobilisation internationale pour mettre au point un vaccin contre le Covid-19 ?

    Ce qui a déjà été accompli en cinq mois est impressionnant. Des laboratoires universitaires ou commerciaux, et non des moindres, ont commencé à travailler dès janvier. Lors du Forum de Davos [21-24 janvier], la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies a accordé des financements à quatre projets de recherche sur les vaccins. Il existe plus d’une centaine d’initatives. Une dizaine d’entre elles, peut-être, aboutiront.

    Qu’attend-on d’un vaccin contre le Covid-19 ?

    Son cahier des charges comprend quatre conditions. Le vaccin doit démontrer qu’il protège contre l’infection ou, au moins, atténue les effets de la maladie et réduit le nombre des décès. Cela implique des essais cliniques dans une population où l’incidence du Covid-19 soit suffisante. Elle diminue en Europe. Peut-être au Brésil… D’une manière générale, peu de vaccins sont efficaces sur les maladies respiratoires, en dehors de celui contre le pneumocoque. Le vaccin doit aussi ne pas avoir d’effets secondaires. Avec une administration à très grande échelle, des effets indésirables rares toucheraient un nombre important de personnes. Une fois ces deux premières conditions remplies, il ne faut pas espérer une autorisation de mise sur le marché avant 2021.

    Troisième condition, des milliards de doses d’un vaccin contre le Covid-19 devront être produites. Une capacité de production qui n’existe pas à l’heure actuelle. Il faut investir pour acquérir et construire des unités de production répondant aux normes d’hygiène et de sécurité, avant de savoir si le candidat vaccin va marcher. Enfin, il faut tout faire pour que tous ceux qui ont besoin du vaccin y aient accès. La collaboration internationale ACT souligne la nécessité d’un accès équitable. C’est très important au moment où l’on voit apparaître un nationalisme vaccinal.

    Donald Trump affirme que les vaccins produits aux Etats-Unis seront réservés aux Etats-Unis. Il faut à tout prix éviter cela. Néanmoins, il faudra faire des choix sur les priorités pour la vaccination. Cela donnera lieu à des débats très durs, tant qu’il y aura une pénurie de vaccins.

    Vous avez été atteint du Covid-19. Comment avez-vous vécu votre maladie ?

    C’est une sale maladie, avec des aspects chroniques chez beaucoup de ceux qui l’ont eue. Ironiquement, j’ai passé la plus grande partie de ma vie d’adulte à combattre les virus, à leur mener la vie dure. Là, un virus a pris sa revanche sur moi ! C’est quand même différent quand on en fait l’expérience personnelle : je deviens − pour reprendre une expression néerlandaise − un « expert d’expérience ». Comme cela est devenu habituel dans la lutte contre le sida, il faut impliquer les personnes touchées dans la réponse à cette maladie.

    #Maladie_chronique

    https://seenthis.net/messages/860327 via colporteur



  • Sept ans de #rapports #IGPN analysés : « Une absence de sincérité dans la recherche de la #transparence » - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/sept-ans-de-rapports-igpn-analyses-une-absence-de-sincerite-dans-la-recher ?
    #violences_policieres

    À partir de 2015, les données concernant les #violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique sont publiées en pourcentage et non plus en chiffres bruts. Que nous dit ce changement de #méthode ?

    Sebastian Roché : Ce n’est pas un changement de méthode mais de présentation. Le manque de transparence du ministère de l’intérieur est une autre faiblesse manifeste et qui, si elle ne s’aggrave pas, progresse de manière très faible et lente. Lorsqu’on peut lire des rapports réguliers, on peut noter les insuffisances. Lorsqu’il n’y en avait pas, on ne pouvait même pas le faire. C’est le côté positif. Le côté sombre, c’est l’absence de sincérité dans la recherche de la transparence vis-à-vis du public, qui se traduit par la pauvreté et la partialité des informations communiquées au public. Cela s’explique par le fait que ni le ministre de l’intérieur, ni le premier ministre, ni le président, ni l’Assemblée nationale n’exigent de l’IGPN et de sa sœur l’IGGN [Inspection générale de la gendarmerie nationale] de progresser.

    [...]

    Sebastian Roché : Le nombre de sanctions diminue pour une activité de police inchangée. Il faudrait le rapporter aux effectifs, mais ils n’ont pas baissé depuis 2012, donc on peut abandonner cette piste. Une bonne partie de la baisse, ce sont les blâmes : « c’est pas bien » et on n’en parle plus. Le reste est stable, donc je dirais : business as usual. Il faut savoir que depuis 2009-2010, le contrôleur anglais de l’Independent Office for Police Conduct (IOPC) enregistre plus de 30 000 plaintes par an, soit au moins trois fois plus de signalements qu’en France (en tenant compte du fait qu’une partie des plaintes passent pas l’Inspection générale de la gendarmerie nationale). On voit bien, par comparaison, l’insensibilité aux doléances des citoyens de la part de l’IGPN. Le système français décourage de diverses manières (qui ne sont pas étudiées) le dépôt de plainte : déclaration de la directrice qui montre l’absence d’indépendance, déclarations du ministre, et anticipation corrélative de l’inefficacité de la plainte, sanctions rares et très lointaines des policiers, etc. Et l’État n’a pas de vision d’ensemble des plaintes par un système consolidé de toutes les polices.

    https://seenthis.net/messages/860416 via ant1



  • Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
    https://www.tahiti-pacifique.com/Essais-nucleaires-le-mepris-detonant-de-l-etat_a1644.html
    https://www.tahiti-pacifique.com/photo/art/grande/46683582-37208525.jpg?v=1590780722

    Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “#Centre_de_mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la #Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des #essais_nucléaires en #Polynésie_française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de #Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

    https://seenthis.net/messages/860116 via odilon


  • Plus on est pauvre, moins on a de chances d’obtenir un logement social
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/11/plus-on-est-pauvre-moins-on-a-de-chances-d-obtenir-un-logement-social_604250

    Une enquête menée par six associations humanitaires met au jour les discriminations dont sont victimes les demandeurs de HLM les plus modestes. Par Isabelle Rey-Lefebvre

    Il s’agit là d’un paradoxe. Alors que la vocation première du logement social est d’accueillir les ménages les plus modestes, plus on est pauvre, moins on a de chances d’en obtenir un. C’est la cinglante conclusion à laquelle aboutit l’enquête, publiée jeudi 11 juin, menée par six associations à partir des données extraites du système national d’enregistrement de la demande de logement social, de l’analyse des dossiers de 96 ménages, en principe prioritaires, mais victimes de cette logique de refus et d’entretiens avec des travailleurs sociaux.
    « Après avoir été broyées par le mécanisme opaque et sélectif d’attribution, les familles pauvres qui pensent avoir enfin franchi la dernière étape sont bloquées par la cherté des loyers qui, bien que sociaux, sont encore trop élevés pour elles » , analyse Michel Platzer, vice-président de ATD Quart Monde, partenaire, pour cette enquête, du Secours catholique, de Solidarités nouvelles pour le logement, de la Fondation Abbé Pierre, d’Habitat et humanisme et de Solidarité DALO.

    Depuis 1973, le nombre de demandeurs d’un logement social n’a pas cessé d’augmenter – la barre des deux millions a été franchie en 2018 –, tandis que leur situation financière s’est dégradée : 51 % des candidats appartiennent au quart de la population aux revenus les plus bas, contre 25 % en 1978.

    Le bailleur social a le dernier mot

    Dans son rapport, publié en 2017, la Cour des comptes constatait que le taux d’attributions d’un logement social aux familles disposant de moins de 500 euros par mois et par unité de consommation n’était, en 2015, que de 19 %, contre 26 % pour l’ensemble des ménages demandeurs, sept points d’écart qui constituent une forme de discrimination finement analysée par cette enquête.

    Les auteurs estiment à 224 000 le nombre de familles bloquées pendant des années sur la liste d’attente sans qu’aucune proposition leur ait été faite ou, pire, ayant été refusées à la toute dernière étape du long parcours d’attribution par le bailleur social, qui a, de droit, le dernier mot.

    Moussa (le prénom a été changé), 32 ans, français d’origine malienne, est intérimaire dans les travaux publics, notamment pour Eurovia, filiale de Vinci spécialisée dans les chantiers routiers. Il gagne bien sa vie, entre 2 300 et 2 600 euros par mois. Depuis 2016, il habite le 14e arrondissement de Paris, dans une sous-pente de 2,5 mètres carrés déclarée « impropre à l’habitation » par arrêté préfectoral.

    Prioritaire par définition pour accéder à un logement social, solidement soutenu par la Fondation Abbé Pierre, il a déjà essuyé quatre refus en commission d’attribution, à Nanterre, Courbevoie et Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), alors que son dossier était classé deuxième des trois candidats sélectionnés. « Franchement, je ne comprends pas, témoigne-t-il. Il manque toujours un papier, on oublie de me téléphoner, on m’invente une dette locative… C’est décourageant, car, à chaque fois, j’ai l’espoir, mais rien ne se passe. »

    Après quatre ans et demi d’hébergement, à cinq (grands-parents, parents et fils) dans une chambre d’hôtel, la famille A., arrivée d’Arménie en Bretagne en 2012, avait réussi à réunir toutes les conditions exigées pour accéder à un logement social – titres de séjour, bourse d’études pour le fils –, mais s’est vu refuser un appartement par le bailleur social qui a jugé trop incertaines les ressources de la mère, en CDD comme femme de ménage dans des bureaux.

    « Cette attitude nous a déconcertés, car les ressources couvraient largement le loyer et, surtout, il y avait des appartements vides disponibles » , se souvient Marie-Annonciade Petit, chargée des relations publiques pour Habitat et humanisme. Pour rassurer le bailleur, l’association a signé le bail et la famille a pu emménager en 2018.

    Ne pas prendre de risque d’impayé

    La réticence des bailleurs sociaux s’explique par leur souci de ne pas prendre de risque d’impayé de loyer. Alors, dès qu’ils sentent que les finances sont fragiles, qu’une dette de loyer a pu être contractée auparavant, ils referment la porte. Par ailleurs, la présence d’enfants proches de la majorité, qui fera bientôt chuter le montant des allocations familiales et des aides au logement, ou la précarité des emplois les rendent frileux.

    Le risque financier n’est pourtant pas un critère légal de prise en compte du dossier, et il cache parfois des motifs moins avouables, comme l’origine des demandeurs : « J’ai entendu des phrases comme : “Avec un Comorien, c’est toute la famille qui arrive.” » , raconte Mme Petit. Un candidat qui ose refuser le logement qu’on lui propose prend, lui, le risque de voir son dossier enterré.

    Le législateur a bien tenté, et ce à plusieurs reprises, de forcer l’ouverture des portes des HLM aux cas les plus difficiles. La loi sur le droit au logement opposable (DALO, du 5 mars 2007), un statut accordé au demandeur qui oblige l’Etat à le reloger dans les six mois, laisse toujours 54 360 « ménages DALO » sans solution.

    « Nous avons bien un accord départemental avec les bailleurs sociaux de l’Ile-de-France pour qu’ils mettent à la disposition des associations et des personnes hébergées 2 000 logements par an, mais ils n’en proposent que 1 000 et beaucoup d’entre eux ne jouent pas le jeu et refusent nos candidats », dit Odile Pécout, travailleuse sociale pour Solidarités nouvelles pour le logement.

    En 2009, la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion oblige Action Logement (ex-1 % logement des entreprises) à réserver un quart de ses attributions aux publics prioritaires, ce qui n’a jamais été fait. Plus récemment, la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté, du 27 janvier 2017, a, elle, instauré l’obligation faite aux bailleurs de réserver, hors quartiers prioritaires de la ville, 25 % des attributions aux 25 % des demandeurs les plus modestes ; 18,7 % des demandeurs en ont profité sur le plan national, mais seulement 15 % à Nice ou 11 % en Ile-de-France.

    Un obstacle majeur est le loyer trop élevé des logements sociaux qui se libèrent. Leur montant est tout à fait déconnecté de la situation des demandeurs, ainsi victimes, selon les termes du rapport, « d’exclusion économique » . Les six associations à l’origine de l’enquête demandent, entre autres, la revalorisation de l’aide personnalisée au logement et une nouvelle politique des loyers sociaux, à ajuster aux ressources des candidats pour parvenir à une « quittance adaptée » . Une possibilité déjà envisagée par les lois ELAN (du 23 novembre 2018) et « égalité et citoyenneté », mais très peu usitée, sauf à Rennes.

    Les étapes dans l’attribution d’un logement social

    Le candidat doit d’abord s’inscrire auprès du site demande-logement-social.gouv.fr, en indiquant ses, au plus, sept communes de prédilection, le type d’appartement demandé et, après avoir joint les pièces justificatives (toujours plus nombreuses), obtenir un numéro d’enregistrement. La demande doit être renouvelée tous les ans.
    Il soumet ensuite son dossier à différents guichets : celui de la préfecture, s’il est prioritaire ; celui d’Action Logement, s’il est salarié d’une entreprise cotisante ; celui de la mairie, s’il habite la commune ; ou directement auprès d’un bailleur social.
    Chacun de ces acteurs dispose d’un contingent de réservations : 30 % pour le préfet (dont 5 % pour les fonctionnaires et 25 % pour les prioritaires), le plus souvent 20 % pour la collectivité locale, 20 % pour Action Logement et le solde pour le bailleur social.
    Lorsqu’un logement est libéré sur son contingent, le réservataire doit présenter trois dossiers en commission d’attribution (composée de représentants des locataires, de la collectivité locale et du bailleur). Mais tout se joue avant, lors du choix de ces trois dossiers, dans une opacité totale.

    #logement #logement_social #discrimination #racisme #pauvres

    https://seenthis.net/messages/860281 via colporteur


  • On vient de livrer, avec Diala, le site Fabre dans mon canapé :
    https://fabre.montpellier3m.fr

    https://i.imgur.com/oY1YJPo.jpg

    On est particulièrement enthousiastes, parce que c’est un beau bébé, un concept qu’on trouve intéressant (une plateforme de musée hors-les-murs), et on espère que ça va marquer notre installation professionnelle dans la région, puisque c’est un site pour le musée de Montpellier (et qu’on a fondé notre boîte, https://23forward.com, à Montpellier… #shameless_autopromo)

    L’idée est née, évidemment, pendant le confinement, quand les musées ont tenté de continuer à faire vivre leurs collections sur le Web, mais avec des solutions très décevantes : soit des trucs balancés sur Facebook, soit en refilant leurs collections à Google Arts & Culture.

    Comme l’a fait remarquer Diala, le British Museum a un énorme site sous Drupal, parce que Drupal-c’est-bon-mangez-en, mais pour valoriser leurs collections, ils t’envoient sur Google Arts & Culture. De « notre » côté (#SPIP), notre client du Musées des Arts décoratifs (désormais nommé MAD Paris) a pu valoriser des visites virtuelles, beaucoup de contenus, pendant le confinement, – et vous savez pourquoi ? – parce que tout est sous SPIP et que depuis des années ils ont énormément de choses sympas pour présenter leurs collections dans leur site.

    Alors j’ai eu l’idée de monter une démonstration d’une plateforme, sous SPIP, qui permettrait de valoriser des contenus en ligne, rapide à déployer, et qui évidemment constituerait toujours un excellent support à la fin du confinement.

    J’ai donc monté une démonstration, que j’ai fait circuler, basée essentiellement sur trois formats :

    1. des « accrochages virtuels », qui respectent les dimensions relatives des œuvres, et même leurs emplacements dans les salles :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Galerie-des-Colonnes-103

    https://i.imgur.com/R5mnlOq.jpg

    Notez le petit personnage (qui change à chaque chargement) qui permet d’indiquer l’échelle des tableaux dans la salle. (Il y a quelques easter eggs cachés, là…)

    C’est un outil très pratique, parce qu’il permet de créer un « accrochage » rapidement, sans nécessiter des outils lourds à mettre en place. Il suffit d’avoir les cartels des œuvres, idéalement avec leurs dimensions, pour que ça se fabrique automatiquement.

    2. mes fameux “longforms”, qui permettent de créer des présentations évoquant les magazines papier, qui donnent vraiment envie de lire des textes longs, et qui s’adaptent à plein de types de contenus différents, et mêmes à des ambiances graphiques différentes :

    https://fabre.montpellier3m.fr/L-histoire-de-la-collection-italienne
    https://fabre.montpellier3m.fr/Art-et-anatomie
    https://fabre.montpellier3m.fr/Soulages-a-Montpellier
    https://fabre.montpellier3m.fr/Le-Realisme

    https://i.imgur.com/e2oRtUk.jpg

    Ça permet même de reproduire des fiches pédagogiques autour des paysages et des émotions, avec des maquettes assez particulières :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Paysage-etat-d-ame

    3. des vidéos, présentées en plein écran pour que ce soit un peu spectaculaire :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Vincent-Bioules

    Le dernier concept de l’outil étant de tout rendre accessible sur une unique longue page d’accueil, parce qu’on ne prévoyait pas de faire un monstre en une ou deux semaines…

    –----

    Avec cette démo, j’ai commencé à montrer ça à différents contacts. Tout le monde très enthousiaste, mais tout le monde avait trop d’incertitudes (est-ce que le confinement va durer ? est-ce que la priorité c’est de mettre des sous dans l’internet alors qu’on n’a même pas de masques…). Vous voyez l’idée…

    Et finalement c’est le Musée Fabre, avec qui on a déjà un excellent contact (tu penses bien, mes enfants sont les vedettes des lieux, ils squattent l’endroit dès qu’il pleut), qui a décidé de monter un site sur ce modèle. Et entretemps, le musée a rouvert.

    Du coup, j’ai encore enrichi la plateforme par rapport à ce qu’on fait prévu initialement.

    1. des audioguides. Comme j’ai réussi à aspirer l’intégralité de la base de données du musée, j’ai récupéré les fichiers MP3 des audioguides associés aux œuvres. On a donc décidé de faciliter l’utilisation du nouveau site comme support alternatif aux audioguides prêtés par le musée. Les gens qui craindraient d’emprunter du matériel pour raison sanitaire peuvent ainsi utiliser leur smartphone pour visiter le musée. On a du coup monté une page dédiée, qui ne présente que les éléments qui servent de support de visite en salle :
    https://fabre.montpellier3m.fr/audioguide

    2. tout… Comme j’ai tout aspiré, du coup ça n’était pas (tellement) plus compliqué de proposer l’intégralité des salles du musée. Une cinquantaine de salles, plus de 800 œuvres…

    Et voilà, finalement, c’est un peu un monstre quand même…

    3. une frise chronologique. Puisqu’on a toutes les œuvres, et qu’elles sont datées, pourquoi ne pas faire une belle frise chronologique ?
    https://i.imgur.com/DcPwef9.jpg

    Et donc c’est du SPIP, et ce qui est marrant, c’est que la maquette est en pur CSS. Le scroll horizontal passe par Javascript, mais la maquette compliquée des petites cases est calculée côté serveur, et l’affichage se fait sans une ligne de JS.

    4. automatiser les scrolls infinis. J’en ai profité pour me développer un javascript personnel qui fabrique et gère tout automatiquement les scrolls horizontaux infinis, éventuellement avec des flèches de navigation gauche/droite, et une barre de scroll en dessous, que j’utilise à de nombreux endroits du site (dont les accrochages virtuels et la frise chronologique). Dans mon code, il suffit que j’attribue la classe .loop_auto à un élément pour qu’il se transforme en scroll infini.

    https://i.imgur.com/K44KhjL.jpg

    5. Et cerise sur le gâteau : des visites virtuelles avec des panoramiques 360, avec des cartels interactifs, une navigation de salle en salle, directement dans SPIP :
    https://fabre.montpellier3m.fr/Salle-1-2

    https://i.imgur.com/XNQT1we.jpg

    qui se gère dans l’espace privé de SPIP (avec des glisser-déposer pour définir les zones) :
    https://i.imgur.com/eDFCVBp.jpg

    6. Vignette automatique pour les PDF. Les fichiers PDF insérés dans les articles ont leur vignette calculée automatiquement par le serveur (et c’est bien pratique…).

    https://i.imgur.com/6hrLFou.jpg

    7. Easter egg en page d’accueil. L’image du haut de page, qui illustre « Fabre dans mon canapé », ce n’est pas qu’une image : les tableaux sont choisis aléatoirement toutes les cinq minutes, ils sont cliquables, et c’est même un scroll horizontal infini…

    https://i.imgur.com/o2ay0Br.jpg

    8. Easter egg : la page d’erreur 404. Jarnicoton ! Elle est trop cool… Le fond est un tableau différent à chaque fois, choisi aléatoirement dans les collections du musée. Et à chaque rechargement de page, tu auras droit à un juron différent… (Du coup je me demande si ce n’est pas ma page préférée du site…)
    https://fabre.montpellier3m.fr/dfgdfg

    https://i.imgur.com/vHw3VOA.png

    https://seenthis.net/messages/860290 via ARNO*


  • “Êtes-vous prêt à baisser votre salaire pour ne pas être viré (tout de suite) ?”, ou la folie des accords de performance collective
    https://www.frustrationmagazine.fr/etes-vous-pret-a-baisser-votre-salaire-pour-ne-pas-etre-vire-tou

    “Êtes-vous prêts à baisser votre salaire pour sauver votre entreprise ?”. Drôle de question que se mettent à nous poser nos grands médias, à commencer par les “Grandes gueules” de RMC qui le demandaient le 2 juin dernier. Pourquoi nous demander une chose pareille ? Parce que plusieurs entreprises commencent à la soumettre à leurs salariés, pour affronter la terrible crise sanitaire qui ravage le pays… on connaît la chanson, puisque nous avions déjà pu bénéficier d’une répétition générale en 2008. C’est ainsi que Derichebourg Aeronautics Services, l’un des plus gros sous-traitants d’Airbus, ou encore la compagnie aérienne Ryanair, ont demandé à leurs syndicats de bien vouloir signer un “accord de performance collective”.
    L’accord de soumission collective, une innovation signée PS et LREM

    Le principe est simple. Si votre employeur souhaite “préserver” ou “développer” l’emploi (autant dire qu’il a l’occasion d’utiliser ce joker à tout moment), il peut demander la signature d’un accord dit “de performance collective”, dont le vrai nom devrait être “de soumission collective”, pour engager tous les salariés à travailler plus ou gagner moins, voire les deux : tout est globalement permis. C’est ainsi que le journal l’Equipe propose à ses salariés “l’accord” suivant : six jours de RTT au lieu de vingt-deux, une baisse de salaire légèrement supérieure à 10 % et gel des augmentations collectives (mais pas individuelles)… 100 balles et un mars, aussi ?

    On doit l’invention de cette machine de guerre patronale aux “socialistes”, oui, les mêmes qui viennent réclamer aujourd’hui “l’union de la gauche”. C’est la Loi de Sécurisation de l’Emploi de 2013 qui a créé le principe de ces accords, appelé à l’époque “accord de maintien dans l’emploi”, reprenant ainsi une idée que Nicolas Sarkozy avait échoué à mettre en œuvre. La loi Macron de 2015, la loi El Khomri de 2016 et les ordonnances Macron de 2017 ont ensuite progressivement assoupli le dispositif pour qu’il soit applicable sans motifs économiques et que les travailleurs n’aient plus du tout leur mot à dire : le salarié qui refuse l’application de l’accord est licencié en ne bénéficiant plus des droits prévus en cas de licenciements économiques (reclassement notamment). Il ne pourra plus contester son licenciement, car ce qui en constitue la cause réelle et sérieuse, c’est le refus d’application de l’accord, ce qui est incontestable en justice.

    https://seenthis.net/messages/860139 via Agnès Maillard


  • Tout le monde peut se passer de la police | jef klak
    https://www.jefklak.org/tout-le-monde-peut-se-passer-de-la-police
    https://www.jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/12/Vignette-Chicago.jpg

    Quand on m’a parlé du concept d’abolition, j’ai d’abord pensé que c’était absurde, dit Page May, cofondatrice d’Assata’s Daughters, qui en entendit pour la première fois parler lors d’une conférence de Kaba. Mais j’étais prête à m’impliquer dans chaque projet impulsé par Mariame. Tout le monde la connaissait et la respectait, même ceux qui n’étaient pas d’accord avec ses prises de position politiques. Et si ton travail avait quelque chose à voir avec la police ou la prison, tu la connaissais forcément.

    Kaba a résumé ses positions dans une récente interview diffusée sur le podcast AirGo :

    Pour moi, l’abolition de la police recoupe deux principes. D’abord, le démantèlement complet et absolu de la prison, de la police et de la surveillance telles qu’elles existent actuellement dans notre culture. Et également la mise en place de nouvelles manières d’interagir, de développer nos relations les uns aux autres.

    Quand Kaba a déménagé à Chicago, « il n’y avait pas d’organisation abolitionniste dans la ville », dit-elle. Mais au début des années 2000, Incite ! a commencé à organiser des conférences nationales mettant en contact militants de terrain et intellectuels – incluant Davis et de nombreuses autres aînées du mouvement –, dans le but de réfléchir à la mise en pratique des idées abolitionnistes. Kaba commença également à travailler avec des jeunes membres de gangs aux prises avec le système judiciaire à Rogers Park. En 2009, elle fonda Project Nia, un collectif cherchant à mettre un terme à l’emprisonnement des jeunes. « Je voulais tenter de créer une organisation explicitement abolitionniste permettant de tester cette idée dans un cadre communautaire », résume-t-elle.

    Récemment revenue à New York après plus de 25 ans à Chicago, elle tient à insister sur un point : l’abolition n’est pas synonyme de destruction ou de chaos, mais est au contraire fondée sur la recherche d’alternatives.

    https://seenthis.net/messages/857916 via unagi