7h37

La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.




  • Retour sur le questionnaire et les témoignages : l’identification de violences sexuelles encore mal connues, les interactions sexuelles à coercition graduelle – Sexisme et Sciences humaines – Féminisme
    https://antisexisme.net/2017/10/27/coercition-graduelle

    Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai lancé un appel à témoignages intitulé : « actes de domination non consentis durant des interactions sexuelles désirées et consenties ». Il a eu un succès retentissant, puisqu’en moins de 24h, j’avais collecté plus de 200 témoignages.

    A l’heure où j’écris ces lignes, c’est plus de 300 réponses que j’ai reçues à mon questionnaire.

    Je commence cet article en adressant un chaleureux merci à toutes les personnes qui l’ont complété. J’apporte également tout mon soutien à celles qui y ont exprimé leur souffrance, car beaucoup de témoignages sont vraiment très durs. Si vous pensez avoir été victime de viol ou d’agression sexuelle, vous pouvez appeler la ligne d’écoute gratuite et anonyme dédiée à cela : 0 800 05 95 95. Je rappelle au passage que, selon la loi française, les fellations et les pénétrations de l’anus et du vagin par des doigts, le pénis ou des objets, constituent des viols si elles sont commises par violence, contrainte, menace ou surprise.

    Pour l’instant, je n’ai eu le temps d’analyser précisément que 100 témoignages, en particulier parce que beaucoup sont très détaillés et relatent de multiples expériences. Je pense néanmoins que cela est suffisant pour vous faire un premier retour de ce qui ressort de ce questionnaire. Bien entendu, je compte lire et analyser l’ensemble des témoignages ultérieurement.

    #domination_masculine #violences_sexuelle #viol #agressions_sexuelles #hétérosexualité

    https://seenthis.net/messages/640664 via mad meg



  • Pharmaceutical Founder Arrested In Alleged Nationwide Opioid Scheme : The Two-Way : NPR
    http://www.npr.org/sections/thetwo-way/2017/10/26/560263997/pharmaceutical-founder-arrested-in-alleged-nationwide-opioid-scheme

    Subsys, as the drug is known, transmits the extremely powerful narcotic fentanyl in spray form, allowing it to be placed beneath the tongue for fast, potent pain relief. It is meant only for treating cancer patients suffering from severe pain.

    But according to prosecutors, Kapoor and several other former high-ranking executives at the company conspired to bribe doctors to write “large numbers of prescriptions for the patients, most of whom were not diagnosed with cancer.” They also allegedly “conspired to mislead and defraud health insurance providers who were reluctant to approve payment for the drug when it was prescribed for non-cancer patients.”

    #pharma #corruption #médecins

    https://seenthis.net/messages/640572 via Kassem


  • La nouvelle loi Travail enfonce les victimes de harcèlement sexuel
    https://reporterre.net/La-nouvelle-loi-Travail-enfonce-les-victimes-de-harcelement-sexuel

    Depuis le scandale Harvey Weinstein, les femmes victimes de harcèlement sexuel au travail témoignent de ce calvaire sur les réseaux sociaux. Mais entre la disparition des CHSCT, l’assouplissement des licenciements et le plafonnement des indemnités prud’homales, les ordonnances sur la loi travail vont les fragiliser davantage « J’ai seize ans, je fais la plonge, mon boss trouve drôle de dénouer mon dos-nu devant mes collègues hilares », raconte Louise ; « Entretien d’embauche : “T’aurais le job si (...)

    #Info

    / #Luttes, #Emploi_et_travail

    « https://twitter.com/LouiseLagouche/status/920590451459141632 »
    « https://twitter.com/MayaSHCJ/status/919358993264513025 »
    « https://twitter.com/AnaisDenet/status/919266309828902912 »
    « https://twitter.com/search?vertical=news&q=%23balancetonporc&src=typd »
    « https://twitter.com/search?q=%23MeeToo&src=typd »
    « https://twitter.com/search?q=%23moiaussi&src=typd »
    « https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_etu_20140301_harcelement_sexuel_enquete_accessible_0.pdf »
    « https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIART »
    « http://www.leparisien.fr/societe/egalite-hommes-femmes-le-budget-de-schiappa-pourrait-bien-baisser-de-25-2 »
    « http://travail-emploi.gouv.fr/sante-au-travail/acteurs/comite-d-hygiene-de-securite-et-des-conditions-de-travail/qu-est-ce-qu-un-chsct/article/le-comite-d-hygiene-de-securite-et-des-conditions-de-travail-chs »
    « http://www.avft.org »
    « http://www.souffrance-et-travail.com »


  • LIGHTS ON | LIGHTS OUT
    https://storymaps.esri.com/stories/2017/Lights-On-Lights-Out/index.html

    At their core, night lights are a generally human phenomenon. As such, they are tempting proxies for things like standard of living and economic activity. An illuminated place, sufficient to be detected by an orbiting satellite, represents the substantial influence we have on pushing back the darkness of the nighttime sky.

    https://www.arcgis.com/sharing/rest/content/items/0268cd4fd6b34136b1d25fce09fa1d1c/resources/Detail_India__1492625480783.jpg

    #les_lumières_de_la_ville déjà ici je pense mais bon #cartographie

    https://seenthis.net/messages/640586 via odilon


  • TV News Has an Ugly Role in the Pharma Epidemic That Has Killed 200,000 Americans | Alternet
    https://www.alternet.org/drugs/tv-news-have-remained-silent-about-big-pharma-role-opioid-crisis

    https://www.alternet.org/sites/default/files/story_images/oxycontin.jpg

    When they do report on drugs, TV news media spend more time on Prince and celebrity deaths than on drug policy that affects millions. More time on state marijuana laws than far more deadly federal opioid-prescription legislation. More time discussing how El Chapo escaped from prison than how to put devious prescription distributors and pharmaceutical drug-dealers behind bars. More time on how to clean up the mess than on how to stop the flow. And with drug commercials a mainstay of TV broadcast and cable news programming, it is easy to understand why the topic rarely surfaces.

    Andrew Tyndall, who tracks ABC, NBC and CBS Evening News programs on Tyndall Reports.com, kindly provided search results for his narcotics category and returned 149 stories on the three networks from Feb. 1, 2014, to May 1, 2016.

    Many stories each on Bill Cosby, El Chapo, Philip Seymour Hoffman and Prince; many gut-wrenching tales of addicts, families, first responders, communities, courts and police battling the epidemic. And a whole bunch of stories on medical marijuana and pot legalization. But not one story on pharmaceutical drug policies or laws enacted at the root of the opioid crisis.

    Except one—ironically, a Feb. 27, 2014, NBC News story on FDA approval of a new painkiller, Zohydro ER, which is five to 10 times more powerful than hydrocodone. Senior-level FDA officials during the Obama administration approved the painkiller over the FDA’s Advisory Board recommendations, which are normally followed.

    TV news continues to focus on the heartbreaking individual stories of addiction, the damage opioids have wreaked on our communities, and how doctors, clinics, courts, police and first responders are dealing with the crisis. While well-intentioned, their failure to confront the root causes—Big Pharma, its lobbyists and the laws that enable them—will doom us to a continuing cycle of misery. We need Big News to step up and do more. It’s the crisis in our backyards. There will be no solution until we curtail and rethink the pharmaceutical pipeline.

    #Opioids #Médias #Big_Pharma

    https://seenthis.net/messages/640567 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Réquisition sur Mamot.fr : LQDN s’en tient aux droits fondamentaux
    https://www.laquadrature.net/fr/requisition_mamot

    https://www.laquadrature.net/files/mamot.png

    Paris le 27 octobre 2017 - La Quadrature du Net a fait l’objet d’une réquisition judiciaire pour transmettre « toutes les données entre [notre] possession » permettant d’identifier un utilisateur d’un compte hébergé sur Mamot, l’instance de Mastodon que nous tenons. Nous avons remis à la Justice l’unique information que nous conservions : l’adresse email d’inscription. Dans le respect du droit de l’Union européenne, nous ne conservons aucune autre donnée sur nos utilisateurs au-delà de 14 jours. Au début du mois d’octobre, dans la cadre d’une instruction pénale, la police judiciaire a demandé à La Quadrature du Net de lui remettre toutes les informations qu’elle détenait sur un utilisateur de son instance Mastodon, Mamot.fr. Cet utilisateur (...)

    #Surveillance
    https://www.laquadrature.net/files/mamot.png

    https://seenthis.net/messages/640341 via La Quadrature du Net


  • Des marins britanniques positifs à la cocaïne dans un sous-marin nucléaire
    http://www.rts.ch/info/monde/9037421-des-marins-britanniques-positifs-a-la-cocaine-dans-un-sous-marin-nucleai

    Des tests effectués sur le sous-marin nucléaire lanceur d’engins, le HMS Vigilant, ont révélé neuf résultats positifs, conduisant au renvoi des marins concernés.
    http://www.rts.ch/2017/10/28/14/30/9037474.image?w=900&h=506.jpg
    Selon le Daily Mail, ils ont été testés positifs à la cocaïne. « Nous ne pouvons pas tolérer » cet usage de drogues par le personnel, a réagi le porte-parole de la Royal Navy. « Ceux qui ne sont pas à la hauteur de nos critères élevés s’exposent à être renvoyés. »
    . . . . . . .

    https://seenthis.net/messages/640580 via BCE 106,6 Mhz


  • Le « cancer » de l’assistanat : origine d’un préjugé

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/26/les-procureurs-de-l-assistanat_5206354_3232.html

    Quelque 71 % des Français estiment que la lutte contre l’« assistanat » est une priorité. Comment cette peur du « profiteur » a-t-elle envahi l’esprit des politiques et des citoyens ?

    http://img.lemde.fr/2017/10/24/0/0/4195/4911/534/0/60/0/3663ee7_6830-4kfp92.kvmanvobt9.jpg

    Deux petites lettres ont suffi pour ­jeter l’opprobre sur le monde fragile des déshérités. En préférant le néologisme « assistanat » au mot traditionnel d’« assistance », Laurent Wauquiez, qui brigue la présidence des Républicains (LR), ­remet en cause la légitimité des politiques ­sociales qui viennent en aide depuis plus d’un siècle aux démunis. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes instruit jour après jour le procès de la solidarité nationale : il dénonce inlassablement les « dérives », voire le « cancer » de l’assistanat.

    Au fil des ans, le mot s’est imposé dans le discours d’autres élus de droite – Nicolas Sarkozy juge la République « incompatible avec l’assistanat » et l’ancien député LR Hervé Mariton regrette que la France plébiscite « la culture de l’assistanat ». Avec un indéniable succès : selon une enquête Ipsos Sopra-Steria réalisée en mars, 71 % des Français estiment que la lutte contre l’« assistanat » est une priorité. Inusité il y a une vingtaine d’années, le terme semble désormais banal, évident, presque incontournable.

    Parasites sociaux

    Né au début des années 2000, le mot assistanat appartient pourtant au registre du vocabulaire politique de combat. « Au XIXe siècle et jusqu’en 1953, l’assistance était un terme juridique neutre, utilisé pour désigner l’aide sociale, rappelle Axelle Brodiez-Dolino, chargée de recherche CNRS en histoire au Centre Norbert-Elias, à Marseille. S’il a pu être valorisé au XXe siècle, il est devenu un peu vieillot après les années 1950 mais n’avait pas de connotation péjorative. Ce n’est pas le cas du mot assistanat, un terme un peu nauséabond et répréhensible. »

    Nul besoin de faire parler longtemps les pourfendeurs de l’assistanat pour comprendre en effet que ce mot n’est pas le synonyme, mais le dévoiement de l’assistance. Leurs discours évoquent plus ou moins explicitement une cohorte de parasites sociaux qui vivent indûment de la solidarité nationale alors que d’autres s’échinent à travailler. Ces propos ne visent pas uniquement les fraudeurs : bien qu’ils vivent dans le dénuement – pour une personne seule, le RSA s’élève à 545 euros par mois –, tous les allocataires des minima ­sociaux sont, à leurs yeux, des privilégiés qui profitent du système.

    Selon le philosophe Frédéric Worms, cette « idéologie » repose sur un double soupçon : celui de la passivité et celui de la ruse. « L’assisté est conçu soit comme un être entièrement passif, soit comme un être instrumentalisant l’assistance, expliquait-il en 2012. C’est une ­ambivalence aussi ancienne que la philosophie du soin, du secours ou même de l’éducation. Si vous ouvrez l’Emile, de Jean-Jacques Rousseau [1762], vous comprenez que le nourrisson est à la fois un être passif qui ne peut rien faire et un être qui peut, dès la naissance, devenir un tyran en abusant du pouvoir paradoxal que lui ­donnent sa faiblesse et le dévouement de ceux qui le secourent. »

    Accents moraux

    Dans la France de 2017, le discours politique sur l’assistanat se caractérise avant tout par ses accents moraux : au lieu d’analyser les ­mécanismes économiques et sociaux qui précipitent certains dans la pauvreté, il emprunte le vocabulaire de l’opprobre et de l’infamie pour montrer du doigt les paresseux. S’il les condamne, c’est au nom de l’amour du labeur, du sens de l’effort, du devoir de la volonté. « Le discours sur l’assistanat néglige les questions qui touchent au droit, à la citoyenneté et à l’égalité », résume le sociologue Nicolas Duvoux, professeur de sociologie à l’université Paris-VIII-Saint-Denis.

    Parce qu’ils s’inscrivent dans ce registre moral, les procureurs de l’assistanat distinguent volontiers les « bons pauvres » des « mauvais pauvres ». Les premiers sont les personnes âgées ou handicapées victimes de l’âge ou de la maladie ; les seconds, les chômeurs qui pourraient travailler s’ils s’en donnaient la peine. Les premiers ne sont pas responsables de leur mauvaise fortune ; les seconds doivent leur malheur à eux-mêmes. Les premiers reçoivent légitimement le minimum vieillesse ou l’allocation handicapé ; les seconds profitent indûment du RSA. Les premiers méritent notre compassion, les seconds, nos reproches.

    Ces discours puisent dans une imagerie très ancienne. Depuis plus de sept cents ans, la ­figure du mauvais pauvre traverse en effet l’histoire de France – et c’est sans doute pour cette raison qu’elle est parvenue, dans les ­années 2000, à s’imposer aussi rapidement dans le débat public. « L’idée du “mauvais ­pauvre” est ancrée au plus profond de notre histoire politique, religieuse et économique, analyse l’historienne Axelle Brodiez-Dolino. Elle repose sur des préjugés concernant la ­sédentarité et le labeur qui se sont installés dans nos mentalités au Moyen Age. »

    Les bons et les mauvais pauvres

    La première pierre de cet édifice est posée dès la fin du XIIIe siècle, à une époque où la croissance démographique, les disettes, les guerres et les épidémies jettent sur les routes des ruraux à la recherche de travail. « Redoutant ces errances, les autorités prennent peur et instaurent une dichotomie entre les bons et les mauvais pauvres », raconte Axelle Brodiez-Dolino. Les bons pauvres sont les « gens contre­faits, aveugles, impotents et autres misérables personnes » qui méritent l’aumône, estime le roi de France, Jean II le Bon, dans une ordonnance de 1351. Les mauvais sont les « gens sains de corps et de membres qui puissent besogne faire dont ils puissent gagner leur vie », proclame-t-il.

    Face à la pauvreté, le monde médiéval ­oscille entre la potence et la pitié, analyse l’historien Bronislaw Geremek : les vieillards, les veuves, les malades et les femmes en ­couches bénéficient de la charité chrétienne alors que les vagabonds sont durement persécutés. « On les marque au fer rouge, on les cloue au pilori, on les envoie aux galères et, surtout, on les enferme, comme l’ont notamment montré les travaux de Michel Foucault, raconte Axelle Brodiez-Dolino. Nous sommes les héritiers de cette violence qui imprègne ­depuis des siècles les mentalités et le droit : il a fallu attendre 1994 pour que la France abroge le délit de vagabondage ! »

    A la faveur de la Révolution française, la ­figure du mauvais pauvre, cependant, se transforme. Pour lutter contre le dénuement, les hommes de 1789 préfèrent l’arme du droit au geste de la charité chrétienne : en 1790, le Comité de mendicité proclame que tout homme a droit aux secours de la société et, en 1793, la Constitution affirme que l’aide publique constitue une « dette sacrée ». L’émergence du droit ne fait pas pour autant disparaître la figure du « mauvais pauvre » : si la société doit porter secours aux miséreux, l’oisiveté reste sévèrement condamnée. « Le droit individuel de protection trouve son symétrique dans le devoir de travailler », résume, en 2012, Colette Bec, professeure à l’université Paris-Descartes.

    « Pauvrophobie »

    Cette figure du mauvais pauvre change de ­visage un siècle plus tard, au début de la IIIe République, au moment où apparaît une politique d’assistance envers les déshérités. Sous l’influence de la doctrine solidariste du député radical Léon Bourgeois, qui plaide en faveur de la mutualisation des risques dans son ouvrage Solidarité (1896), les républicains de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ­instaurent l’assistance médicale gratuite, le placement des orphelins, l’aide aux vieillards, aux infirmes et aux incurables, les secours aux femmes en couches sans ressources et l’aide aux familles nombreuses nécessiteuses.

    Dans ce paysage politique radicalement nouveau, le visage du mauvais pauvre évolue : il n’est plus un citoyen oisif qui refuse de travailler, mais un profiteur qui abuse ­indûment de la solidarité nationale. « Avec l’instauration du droit arrive la terreur de la corruption et du détournement, explique ­Nicolas Duvoux. C’est une forme de pessimisme anthropologique : on craint que les ­parasites ne jouent pas le jeu de la solidarité qui est au fondement de l’assistance, et qu’ils bénéficient sans contribuer. »

    Aujourd’hui, cette peur du profiteur semble plus vivante que jamais. Multiplication des arrêtés anti-mendicité, mobilier urbain anti-sans-abris, discours politiques stigmatisant le « piège » de l’assistanat, selon la formule de François Fillon lors de la campagne prési­dentielle : certaines associations caritatives dénoncent, dans la France de 2017, une « pauvrophobie » qui s’exprime sans détours dans les sondages d’opinion – en juin 2016, 36 % des personnes interrogées considéraient que les personnes pauvres « ne faisaient pas ­d’effort pour s’en sortir ».

    « Lassitude compassionnelle »

    Si la hantise du mauvais pauvre semble si forte, c’est parce que la France est atteinte, ­depuis le début des années 2000, d’une forme de « lassitude compassionnelle », analyse Julien Damon, professeur associé à Sciences Po. « A la fin des années 1980, au ­moment de la création du revenu minimum d’insertion (RMI), les deux tiers des Français estimaient que la pauvreté n’était pas liée au comportement individuel des gens mais aux défaillances du marché du travail. Dans les ­années 1990 et surtout 2000, ils se sont cependant montrés de plus en plus critiques envers les allocataires du RMI, puis du revenu de solidarité active, le RSA. »

    Nulle surprise, dans ce climat, à ce que les discours sur l’assistanat s’imposent avec tant de facilité dans le débat public. Quand ­Laurent Wauquiez somme les allocataires du RSA de faire « des efforts », il convoque l’antique ­figure du mauvais pauvre qui se complaît dans l’oisiveté au lieu de retrousser ses manches. Ce plaidoyer, qui semble convaincre nombre de Français, colle pourtant mal aux réalités : tous ceux qui côtoient le monde des déshérités savent qu’il ne suffit pas de faire des efforts pour s’extraire de la misère.

    Dans une société qui compte 3,7 millions de chômeurs, la pauvreté n’a en effet pas grand-chose à voir avec l’absence de courage ou la faiblesse de la volonté. « Quand on a commencé à réfléchir au RSA, dans les années 2005-2007, le marché du travail était beaucoup moins dégradé qu’aujourd’hui, raconte Julien Damon, qui était à l’époque chef du ­département Questions sociales au Centre d’analyse stratégique. Notre ambition d’aider les allocataires à retrouver le chemin de l’emploi paraissait donc réaliste. Mais la crise de 2008 a fait brutalement remonter le chômage. Cet effet de conjoncture a rendu la politique de retour à l’emploi extrêmement difficile. »

    Si la détermination ne permet pas, à elle seule, de quitter le monde de la pauvreté, c’est aussi parce qu’elle est le fruit d’une longue liste de handicaps – absence de formation et de qualification, problèmes de logement, ­difficultés de transport, conséquences d’un divorce, rareté des modes de garde, fréquence des maladies… « Même l’entrée sur le marché du travail n’est plus une garantie de sortir de la précarité, pourraient témoigner un million de travailleurs pauvres », constatait, en mars, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).

    Si les allocataires du RSA étaient vraiment les profiteurs que décrivent les discours sur l’assistanat, ils vivraient en outre leur oisiveté avec légèreté – ce qui n’est pas le cas. « Les études montrent qu’il y a une immense souffrance et un énorme déni de dignité à vivre des minima sociaux, souligne Axelle Brodiez-Dolino. La pauvreté est une source de stigmatisation et d’isolement extraordinaire : on survit plus qu’on ne vit. » Depuis des siècles, la pauvreté est – parfois volontairement – associée à l’indignité : pour l’économiste britannique Thomas Malthus (1766-1834), l’assistance doit toujours s’accompagner d’« un peu de honte ».

    Contrairement à ce que disent les procureurs de l’assistanat, l’aide sociale, encore aujour­­d’hui, est une épreuve, dont l’importance du taux de non-recours est devenu le symbole. Ce terme quelque peu abscons désigne la part des citoyens qui ne touchent pas le RSA alors qu’ils y ont droit. Et il est incroyablement élevé : selon une enquête quantitative de la Dares, le service des études du ministère du travail, menée en 2011, il atteint 35 % pour le RSA-socle et 68 % pour le RSA-activité. Nombreux sont donc les citoyens qui, loin de leur image de profiteurs, renoncent à toucher les prestations d’assistance qui leur sont pourtant destinées.

    « Etiquette infamante »

    Certains sont mal informés, d’autres se découragent à l’idée de remplir d’épais dossiers aux guichets de l’aide sociale, mais plus d’un quart d’entre eux disent ne pas avoir envie « de dépendre de l’aide sociale, de devoir ­quelque chose à l’Etat ». Deux grandes idées ressortent de l’examen de ce non-recours, ­estimait en 2010 Pierre Mazet, ingénieur d’études au laboratoire Pacte-CNRS-Sciences Po Grenoble, dans un article du magazine La Vie des idées : les individus précaires sont capables de choix et d’autonomie ; la non-demande montre ce qu’il en coûte de requérir des protections et d’être protégé.

    De la même manière, certains allocataires du RSA choisissent de reprendre le travail alors qu’ils y perdent financièrement. « Le RSA équivaut, grosso modo, à un demi-smic, souligne Julien Damon. Sur le papier, beaucoup d’allocataires du RSA n’ont aucun intérêt à travailler à mi-temps – d’autant que le travail engendre parfois des coûts de garde d’enfants ou de transports. Pourtant, beaucoup le font parce que le travail leur est essentiel. Cela concerne une proportion substantielle des allocataires du RSA. Ils veulent se défaire de cette étiquette infamante et subvenir à leurs besoins. »

    Dans un article publié en 2002 dans la Revue française de sociologie, François Dubet et ­Antoine Vérétout décryptaient cette perte – apparente – de la « rationalité » en écoutant la voix de RMIstes qui avaient repris le travail. « Même s’ils se sentent exploités et fatigués le soir, c’est une autre fatigue que celle de l’inactivité qui les clouait dans l’apathie et la solitude. (…) Ils parlent beaucoup moins de l’activité proprement dite que de la sociabilité du travail, des collègues, de la fierté retrouvée, de ce que l’on appelait l’éthique du travail, celle qui ­permet de “se regarder en face” parce que les autres vous regardent “en face”, enfants, ­famille, voisins, collègues. »

    Avec ces regards, on est loin, très loin, des ­discours de tous ceux qui, en dénonçant l’assistanat, renvoient les déshérités à une forme d’inutilité sociale – une notion qui déplaît profondément au philosophe Patrick Savidan. « On accuse les pauvres d’être des parasites mais, au fond, comment mesurer la contribution de chacun à la coopération ? Un pauvre qui s’investit dans une association ou qui s’occupe d’une personne âgée a une utilité sociale, même si elle n’est pas mesurée en termes ­économiques. Les perspectives utilitaristes mal comprises nous rendent aveugles à la contri­bution de ceux qui ne sont pas inscrits dans le marché du travail. »

    Patrick Savidan va plus loin. « Les vrais assistés ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Si l’on mesurait la part des budgets publics qui va aux pauvres et celle qui va aux privilégiés, on aurait sans doute des surprises. Les citoyens les plus riches mobilisent une part importante des subsides de l’Etat : ils vivent dans des quartiers bien entretenus, ils profitent presque exclusivement de certains investissements publics et leurs enfants suivent des études longues, en grande partie financées par l’Etat, ce qui n’est pas le cas des pauvres. » Laurent Wauquiez n’apprécierait sans doute pas ce renversement de perspective, qui fait du pourfendeur de l’assistanat… un assisté qui s’ignore.

    https://seenthis.net/messages/640204 via enuncombatdouteux


  • Jeanne Favret-Saada, l’irréligieuse

    http://www.lemonde.fr/livres/article/2017/10/26/jeanne-favret-saada-l-irreligieuse_5206072_3260.html

    L’anthropologue a signé en 1977 un grand livre sur la sorcellerie en Mayenne. Elle s’intéresse désormais aux questions de blasphème et aux «  cabales dévotes  » dans le monde contemporain. Son nouvel essai en témoigne

    http://img.lemde.fr/2017/10/24/576/0/4252/2121/644/322/60/0/abbff30_19567-1u7ue0n.j63r57y14i.jpg

    Une jeune agrégée de philosophie vite passée du côté des sciences sociales (qu’elle enseigna au début des années 1960 à l’université d’Alger, où elle succédait à Pierre Bourdieu) : le parcours de Jeanne Favret-Saada aurait pu être parfaitement rectiligne. Quand on s’étonne qu’elle n’ait pas soutenu de thèse et n’ait pas cherché dans quelque territoire inconnu l’initiation attendue de tout anthropologue, elle répond en souriant qu’en Mai 68, elle avait fait sa propre révolution.

    Nommée à Nanterre, la voici qui décide de choisir pour terrain d’exploration… la France : « Il fallait être là… » L’un de ses étudiants, pion dans un lycée de Laval, lui parle de l’atmosphère de violence qui régnait alors dans le bocage mayennais. En 1969, elle décide d’y mener une enquête sur la sorcellerie : « J’ai toujours abordé le social par sa mise en crise, confie-t-elle. Je suis arrivée sur place le jour de la Toussaint, et j’ai été saisie par l’atmosphère qui y régnait : toute une région célébrait la mort. »

    D’emblée, elle se heurte au silence : la sorcellerie, comme n’importe quelle superstition, ce sont les autres qui en sont victimes… Pour cette ethnographe formée à une stricte neutralité, impossible toutefois de s’en tenir à un rôle d’observatrice. C’est que, en sorcellerie, la parole ne se limite jamais à informer : elle est directement action, et action violente, devant entraîner la mort. Une fascinante révolution méthodologique survient alors, à la faveur d’un quiproquo : un jour, des paysans prennent la chercheuse pour une désensorceleuse ; la voici embarquée dans un incroyable « procès de parole », dont elle tirera Les Mots, la mort, les sorts (Gallimard, 1977), devenu un classique de l’anthropologie.

    Ces émotions individuelles ou collectives, un terrain d’études privilégié

    Affronter la part de violence qu’impliquent les rapports sociaux, c’est bien ce qui définit l’approche de Favret-Saada, dont la présence est pourtant faite d’écoute, de douceur, de retenue. Pour elle, qui a également exercé en tant que psychanalyste pendant près de vingt ans, ces émotions individuelles ou collectives que nous ignorons, parce que nous n’y voyons que superstitions ou bigoterie, sont un terrain privilégié.

    Rien d’étonnant donc à ce que, en 1989, Jeanne Favret-Saada ait choisi de consacrer un séminaire aux accusations de blasphème, premier jalon de l’essai qu’elle publie aujourd’hui : Les Sensibilités religieuses blessées. Longtemps, ses collègues jugeront son nouvel objet de recherche aux marges de la discipline, comme si les cabales religieuses récentes provenaient d’un monde encore plus éloigné que celui de la sorcellerie.

    « En octobre 1988, je logeais au-dessus du cinéma Espace Saint-Michel, à Paris, auquel des intégristes ont mis le feu pour protester contre La Dernière Tentation du Christ, de Scorsese. Très peu après, à Londres, c’était l’affaire Rushdie. J’ai immédiatement pensé : “Ces crises sont notre avenir pour longtemps.” J’ai donc enquêté sur ces deux affaires, à Paris et à Londres puis, en 2005, au Danemark, sur les visages de Mahomet publiés dans Jyllands-Posten. » Mais l’essai qu’elle en tire deux ans plus tard (Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins, Les Prairies ordinaires, 2007 ; rééd. Fayard, 2015) ne rencontre pas l’écho mérité. Idem pour Jeux d’ombres sur la scène de l’ONU ­ (L’Olivier, 2010), où elle détaille les manœuvres par lesquelles, à la fin des années 1990, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) a opposé l’idée de « diffamation des religions » à la déclaration des droits de l’homme.

    Jeanne Favret-Saada se heurte alors à un déni paradoxal : la sorcellerie paraissait assez « exotique » pour éveiller notre curiosité ; mais sur l’activisme de groupes dévots que nous côtoyons sans les voir, nous préférons les discours sensationnalistes. « C’est pourtant une tâche de l’anthropologie : montrer des catégories de gens que nos préjugés nous ont rendus invisibles. Il existe parmi nous des croyants révulsés par le pluralisme des sociétés sécularisées, et certains parmi eux sont prêts à se mobiliser. Or nous les traitons comme des fantômes du Moyen Age. »

    Cabales chrétiennes

    Croyait-on, en effet, que le blasphème relevait des livres d’histoire ? Jeanne Favret-Saada montre qu’il n’en est rien. Son enquête a pour point d’arrivée les crises spectaculaires survenues dans le monde musulman depuis la parution, en 1988, des Versets sataniques, de Salman Rushdie (Christian Bourgois, 1989).

    Mais l’essentiel de sa démonstration porte sur une série de cabales chrétiennes que l’on croyait déjà bien connaître, de La Religieuse, de Jacques Rivette (1966), jusqu’à La Dernière Tentation du Christ, de Martin Scorsese. « Les musulmans ont hérité d’une stratégie mise en place depuis plus de vingt ans par des activistes chrétiens afin d’adapter l’accusation de blasphème à nos sociétés pluralistes, dit-elle. Car les dévots ont peu à peu compris qu’il ne fallait plus se présenter comme la majorité morale, mais au contraire comme une minorité discriminée, autrement dit retourner les droits de l’homme et l’antiracisme (qu’ils exècrent) à leur profit en se présentant comme des victimes, heurtées dans leur sensibilité religieuse. »

    Les attaques lancées contre Je vous salue Marie (version moderne de l’histoire de la Vierge, par Jean-Luc Godard), en 1985, en offrent un exemple. Comme Mgr Lefebvre peu de temps avant lui, Bernard Antony, figure du Front national, avait fustigé un « racisme antifrançais et antichrétien », et exploité la loi Pleven de 1972 qui sanctionnait l’hostilité envers un individu ou un groupe en raison de ses origines religieuses, ethniques ou raciales.

    Mais la réception du film de ­Godard montra également que les lignes commençaient à bouger : si les intégristes fustigèrent le film, le public catholique, lui, s’enthousiasma, et l’épiscopat se montra prudemment favorable. Ironie supplémentaire : c’est la presse de gauche qui éreinta Je vous salue Marie, que le cinéaste finit par retirer des écrans italiens lorsque Jean Paul II déclara que le film blessait les « sentiments religieux des croyants ». Ultime victoire des « croisés » : si le président du tribunal de grande instance de Paris, Pierre Drai, rejeta la demande d’interdiction du film, il introduisit néanmoins un droit au « respect des croyances », véritable cheval de Troie des cabales dévotes.

    Ce que notre « modernité » nous cache

    « Dans le christianisme, note Favret-Saada, le blasphème comme “traitement indu” infligé à une entité sacrée relève du juge religieux. Aujourd’hui, c’est un dévot (ou un groupe de dévots) qui porte ce jugement, mais devant l’opinion publique et une justice démocratique. Là encore, il existe une scène de parole, qui déclenche un dispositif contraignant tous les autres acteurs sociaux à prendre position, souvent malgré eux. » En particulier la hiérarchie catholique, adroitement mobilisée lors de l’affaire de La Religieuse mais beaucoup plus réticente par la suite, sous l’effet de l’aggiornamento post-Vatican II. Toute l’ironie de telles affaires est qu’aucun des cinéastes attaqués n’entendait tenir un propos antichrétien ou même anticlérical.

    De la sorcellerie aux dévots contemporains, Jeanne Favret-Saada est allée toujours plus loin dans son implication. Discrète comme elle, son œuvre est essentielle parce qu’elle fait apparaître ce que notre « modernité » nous cache. L’anthropologie n’y est plus simple observation, mais intervention. « Les Sensibilités religieuses blessées est un livre politique, oui, c’est vrai, conclut-elle, mais en tant que tout chercheur est engagé dans le parti de la liberté d’expression. »

    Si l’accusation de blasphème est devenue incompatible avec la liberté d’expression, les coalitions dévotes, chrétiennes depuis les années 1960, puis musulmanes à partir de la fin des années 1980, n’en sont pas moins parvenues à imposer l’idée que certaines œuvres blessaient les « sensibilités religieuses ».

    Il y a plus de vingt ans de cela, Jeanne Favret-Saada avait consacré un séminaire à la plus célèbre histoire de censure au cinéma : celle qui concerna le film que Jacques Rivette avait tiré, en 1966, de La ­Religieuse, de Diderot (1796). A l’époque toutefois, elle était guidée par l’historien Emile Poulat. Lequel (aveuglement ou respect d’une sorte d’omerta ?) avait formellement écarté l’hypothèse d’un complot décidé au plus haut niveau. Depuis, l’accès à plusieurs fonds d’archives a prouvé que, sans l’intervention secrète du cardinal Feltin auprès du président de Gaulle, jamais les quelques « croisés » à la manœuvre ne seraient parvenus à faire interdire un film – au demeurant fort respectueux – avant même son tournage…

    L’essai de Jeanne Favret-Saada prend lui-même une dimension épique lorsqu’il est question des mobilisations – dont l’ampleur stupéfie – contre La Dernière Tentation du Christ, de Martin Scorcese, de 1983 jusqu’à la sortie du film en France en 1988. Trois univers s’y heurtent violemment : les dévots, dont l’image rétrograde masque l’extrême détermination ; les autorités ecclésiastiques, prises entre l’activisme de ces minorités et l’adaptation au monde contemporain ; enfin le monde de la culture, à des années-lumière de religieux qui lui paraissent, à chaque affaire, venir droit du Moyen Age, et dont il sous-estime dès lors l’influence.

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  • Insectes : l’hécatombe invisible

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/28/insectes-l-hecatombe-invisible_5207102_3244.html

    Dans sa chronique, Audrey Garric, journaliste au service Planète, rappelle que la préservation de ces êtres à six pattes devrait être une priorité absolue. Il n’en est rien.

    http://img.lemde.fr/2017/10/28/393/0/3432/1716/644/322/60/0/aaf83a1_22676-20ealk.lu2em6lxr.jpg

    Un « Armageddon écologique », une « hécatombe », un « déclin terrifiant ». Aucun superlatif n’est de trop dans la presse pour qualifier l’étude sur l’extinction des insectes, parue dans la revue PloS One le 18 octobre. Il y a de quoi s’alarmer. Imaginez donc : en moins de trois décennies, les populations volantes ont chuté de près de 80 % en Allemagne, et probablement autant dans toute l’Europe.

    Pour les chercheurs, la principale cause de cet effondrement réside dans l’intensification des pratiques agricoles, et en premier lieu dans le recours accru aux pesticides chimiques. Le traitement par enrobage des semences, systématique et préventif, est le principal suspect. Il fait en effet appel aux fameux insecticides néonicotinoïdes, surnommés les « tueurs d’abeilles », qui agissent sur le système nerveux des insectes.

    Les conséquences sont dramatiques pour l’ensemble des écosystèmes, tant l’entomofaune est un socle de la chaîne alimentaire. La disparition de ces petites bestioles ne signifierait rien de moins que mettre en péril la pollinisation de 80 % des plantes sauvages et la source de nourriture de 60 % des oiseaux – sans compter celle des mammifères et des amphibiens.

    Les services écosystémiques fournis par les insectes sauvages ont été estimés à 57 milliards de dollars (49 milliards d’euros) par an aux Etats-Unis. De toute évidence, la préservation de l’abondance et de la diversité de ces êtres à six pattes devrait être une priorité absolue en matière de conservation de la biodiversité. Il n’en est rien.

    Avertissements réitérés

    Pourtant, les signaux d’alerte ne datent pas d’hier. En 2014, déjà, des chercheurs avaient fait un constat sans appel : les néonicotinoïdes sont les principaux responsables du déclin généralisé des arthropodes partout dans le monde. En 2005, une étude publiée dans Conservation Biology décrivait elle aussi les extinctions qui frappent les insectes, qualifiés de « majorité négligée ». Dès 1992, un ouvrage intitulé Insect Conservation Biology, publié par Michael Samways, pointait les menaces qui pèsent sur eux : la fragmentation des habitats et les pollutions.

    Mais ces avertissements n’ont eu que très peu d’écho. A une seule exception près : pour les abeilles. Les mises en garde des scientifiques, relayées par une large campagne médiatique des apiculteurs, ont fini par payer. Les Français, comme les citoyens d’autres pays, se sont émus du sort des butineuses, dont le catastrophique syndrome d’effondrement des colonies est démontré depuis la fin des années 1990.

    La France n’est pas restée inactive face à ce péril. En 1999, puis en 2004, les ministres de l’agriculture Jean Glavany et Hervé Gaymard ont décidé de suspendre l’usage du Gaucho – sur certaines cultures – et du fipronil, deux insecticides. En 2016, au terme d’une rude bataille, les députés ont fini par interdire la totalité des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018 sur l’ensemble des cultures – avec des dérogations jusqu’en 2020.

    Voilà qui est positif, mais insuffisant. En témoigne l’échec actuel du plan Ecophyto 2, qui vise à diviser par deux le recours aux produits phytosanitaires d’ici à 2025 dans l’Hexagone. C’est peu dire que l’objectif est loin d’être atteint : en sept ans, l’emploi de ces produits chimiques a progressé de 20 % pour les usages agricoles.

    La ferme France n’a pas amorcé son sevrage

    Pourquoi ? Parce que l’industrie agrochimique manipule certaines des données scientifiques, dans un contexte de crise de l’évaluation réglementaire. Parce que les représentants du monde agricole ne veulent pas changer de modèle. Parce que les coopératives qui leur donnent des conseils sont les mêmes qui leur vendent les pesticides et les engrais. Parce que faire primer le court sur le long terme fait perdre de vue l’essentiel : loin de sécuriser la production alimentaire, l’utilisation des pesticides met en péril la biodiversité qui la rend possible.

    Las ! Non seulement, la ferme France n’a pas amorcé son sevrage, mais de surcroît de nouvelles molécules, toujours plus toxiques, sont mises sur le marché. En témoigne la toute récente autorisation d’un nouveau néonicotinoïde qui ne dit pas son nom, le sulfoxaflor, par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Après l’émoi et la colère – légitimes – suscités par cette affaire, le gouvernement a demandé à l’Anses d’« examiner de façon prioritaire des données complémentaires relatives aux risques du sulfoxaflor », tandis que l’ONG Générations futures a déposé deux recours en justice.

    Il faudra aller bien plus loin. Changer de mode de production, mais aussi de regard sur les insectes, ces êtres que l’on ignore ou que l’on méprise alors qu’ils représentent les deux tiers de toutes les espèces du monde. Des biais qui se retrouvent jusque dans la recherche : la grande majorité des études concerne les vertébrés, pourtant beaucoup moins nombreux que les invertébrés. Ces derniers, perçus comme moins « sexy », engrangent moins de financements. Ce qui signifie moins de spécialistes, moins de connaissances, et donc moins de protection.

    Faire des choix politiques et sociétaux forts

    Une étude à paraître dans la revue Biological Conservation de novembre a procédé à une analyse amusante : elle s’est penchée sur les 123 espèces d’insectes protégées en Europe, soit 0,12 % des 105 000 répertoriées sur le Vieux Continent…

    Les résultats sont nets : les insectes protégés sont les plus gros, ceux qui présentent le plus de contrastes (couleurs surtout bleues et vertes, rayures, etc.) et un corps lisse. Certains groupes sont surreprésentés (les papillons, les libellules ou les sauterelles), tandis que d’autres ne figurent même pas sur les listes (les mouches, les moustiques, les bourdons, etc.). En gros, les insectes considérés comme les plus moches ou les plus nuisibles par les humains n’ont pas droit de cité. Et ce, en dépit de leur rôle dans les écosystèmes.

    Il est urgent de faire des choix politiques et sociétaux forts pour enrayer le déclin de la biodiversité. Ne plus choisir telle ou telle espèce, mais les préserver toutes, avec leurs interactions et leur habitat. Qui se trouve également être le nôtre.

    https://seenthis.net/messages/640526 via enuncombatdouteux


  • CARTE EXCLUSIVE - Un tiers du parc nucléaire français en panne ou à l’arrêt
    https://reporterre.net/CARTE-EXCLUSIVE-Un-tiers-du-parc-nucleaire-francais-en-panne-ou-a-l-arre
    https://reporterre.net/IMG/arton13300.png

    À ce jour, 20 réacteurs sur les 58 du parc nucléaire français sont à l’arrêt. Beaucoup devraient redémarrer d’ici à fin novembre, mais leur vieillissement et leur état général sont inquiétants. Reporterre fait le point avec une carte détaillant la situation de chaque centrale.

    Une belle carte de Reporterre sur nos centrales nucléaires. Propre. La légende des couleurs est particulière (jaune tous les réacteurs sont en activité, orange certains sont coupés, rouges tous coupés).

    Lien direct :
    https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/carte-des-centrales-nucleaires-francaises_169148

    #nucléaire #carte

    https://seenthis.net/messages/640418 via marcimat




  • La #justice française n’est pas juste
    https://www.inegalites.fr/La-justice-francaise-n-est-pas-juste
    https://www.inegalites.fr/IMG/arton2405.jpg

    Toutes choses égales par ailleurs donc, les personnes privées d’emploi ont 1,5 fois plus de risque d’être condamnées à de la #prison ferme que celles qui ont un emploi et 1,8 fois plus d’être placées en comparution immédiate [4]. Les prévenus dont le revenu est inférieur à 300 euros mensuels sont 3,2 fois plus souvent condamnés à de la prison ferme que ceux dont le revenu mensuel est supérieur à 1 500 euros mensuels. Même sévérité accrue pour les étrangers qui sont trois fois plus souvent orientés en comparution immédiate et 4,8 fois plus souvent placés en détention provisoire pour une même infraction que les personnes nées en France. Cela signifie qu’ils iront plus souvent en prison, même si, à caractéristiques socio-démographiques et procédure équivalente, ils ne sont pas plus souvent condamnés à de la prison ferme.

    #inégalités

    https://seenthis.net/messages/640498 via Agnès Maillard




  • Le Test The Rock : une astuce pour les hommes qui ne veulent pas être accusés d’harcèlement sexuel – Vous n’êtes pas ici
    https://abompard.wordpress.com/2017/10/20/le-test-the-rock-une-astuce-pour-les-hommes-qui-ne-veulent-pas-e
    https://abompard.files.wordpress.com/2017/10/the_rock_1.png

    Êtes vous un homme qui a des doutes sur la façon de traiter les femmes avec qui vous travaillez ? Avez-vous l’impression que si vous ne pouvez pas tout dire ou faire, alors vous ne pouvez rien dire ou faire ? Fini le stress ! Avec cette astuce de vie, vous allez en un rien de temps commencer à traiter les femmes comme des personnes.

    De Harvey Weinstein à à peu près tout Uber, il semble que chaque jour un homme riche et puissant tombe à cause d’accusations de harcèlement ou d’agression sexuelle. Et aujourd’hui, le New York Times rapporte que les hommes ont de plus en plus peur d’encadrer des femmes :

    « Un grand frisson a traversé la Silicon Valley à la suite de ces histoires, les gens sont hyper-attentifs et ont peur de mal se comporter, donc je pense qu’ils mettent en place toutes sortes de mesures, » a dit un investisseur qui s’est exprimé anonymement pour la même raison.

    Certains évitent les réunions en tête-à-tête avec des femmes entrepreneures, de potentielles recrues, et celles qui demandent un rendez-vous informel ou de réseautage. »

    Bien que la gestion des relations professionnelles puisse souvent nécessiter cette terrifiante chose appelée « du travail », il y a un espoir. Vous voyez, en suivant cette simple et unique règle, vous aussi pourrez interagir avec les femmes en tant que personnes.

    C’est aussi simple que ça : traitez toutes les femmes comme vous traiteriez Dwayne « The Rock » Johnson.

    Je sais, ça peut sembler étrange, mais croyez-moi, c’est un exercice de visualisation qui fera des merveilles dans vos interactions avec les femmes sur le lieu de travail. Quand une femme vient vous voir, remplacez-la simplement dans votre esprit par The Rock. Et ensuite, agissez en conséquence.

    Toujours perplexe ? Faisons quelques essais.

    https://seenthis.net/messages/640287 via mad meg


  • De la nécessité d’une éducation au corps et à la sexualité dès le plus jeune âge – Feminazgul en colère
    https://feminazgulencolere.wordpress.com/2017/10/11/de-la-necessite-dune-education-au-corps-et-a-la-sexual

    Petite mise au point parce que ça commence à bien me saouler tout ça.

    La France a encore un gros problème avec tout ce qui concerne la sexualité. Tabou un jour, tabou toujours ?

    plein de ressources à la fin de l’article
    #éducation

    https://seenthis.net/messages/640273 via mad meg




  • Trump Administration Proposes Largest Oil and Gas Lease Sale in U.S. History – gCaptain
    https://gcaptain.com/trump-administration-proposes-largest-oil-and-gas-lease-sale-in-u-s-histor

    https://dl.dropbox.com/s/czmxwelfz9die6k/Sale-250-PNOS-Stipulations.jpg

    The U.S. Department of Interior has proposed the largest oil and gas lease sale ever held in the United States, which will offer up over 79.9 million acres in federal waters in the Gulf of Mexico, offshore Texas, Louisiana, Mississippi, Alabama and Florida, to oil and gas exploration and development.

    The proposed region-wide lease sale covers an area about equivalent to the size of New Mexico and includes all available unleased areas on the Gulf’s Outer Continental Shelf. The sale is scheduled for March 2018.

    Proposed Notice of Sale 250 Package
    https://www.boem.gov/Proposed-Notice-of-Sale-250-Package

    détail des zones (avec diverses contraintes ou exclues de l’appel d’offres) (pdf plutôt lourd 5,3 Mo…)
    https://www.boem.gov/Sale-250-PNOS-Stipulations

    https://seenthis.net/messages/640033 via Simplicissimus