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La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.

  • 100 000 livres sur l’histoire de l’art disponibles en téléchargement gratuit
    https://www.presse-citron.net/100-000-livres-sur-lhistoire-de-lart-disponibles-en-telechargement-gr
    https://www.presse-citron.net/wordpress_prod/wp-content/uploads/2017/12/Paul-Klee.jpg

    La plateforme Getty Research Portal offre son cadeau de Noël à tous les amateurs d’histoire de l’art et d’ouvrages anciens.

    Les passionnés d’art vont être gâtés pour Noël. Pour fêter la quatrième bougie de sa plateforme, Getty Research Portal met à disposition, et ce de manière totalement gratuite, 100 000 livres dédiés à l’histoire de l’art.
    Une immense collection de livres rares disponibles sur Getty Research Portal

    Parmi les nombreux ouvrages proposés, on retrouve des écrits rares qui ne sont présents que dans quelques institutions réparties dans le monde. On retrouve ainsi des collections issues, entre autres, de l’Art Institute of Chicago, du Guggenheim Museum Library à New York ou encore du Warburg Institute Library à Londres.

    Hormis la collection d’œuvres issue de ces musées américains, le Getty Research Institute cherche également à élargir sa bibliothèque virtuelle avec d’autres écrits venus directement d’Inde, du Japon ou d’Iran.

    Comme l’explique Annie Rana, la responsable de ce projet, Getty Reseach Portal « aspire à offrir une collection plus vaste que n’importe quelle autre bibliothèque. Avec ces documents téléchargeables, les chercheurs et universitaires peuvent désormais être en possession de copies de livres rares et d’autres titres sans avoir à voyager dans des endroits reculés ».

    #Bibliothèques #Domaine_public

    https://seenthis.net/messages/655947 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • – « Le porno est un enjeu de gauche | «
    https://ressourcesprostitution.wordpress.com/2017/12/30/le-porno-est-un-enjeu-de-gauche

    En plus des insultes, nous sommes constamment confrontées à une question : Pourquoi perdons-nous notre temps sur la question de la pornographie ? Puisque que nous sommes des anticapitalistes, des gauchistes anti-impérialisme, ainsi que des féministes, ne devrions-nous pas mettre l’accent sur les nombreuses crises politiques, économiques et écologiques (la guerre, la pauvreté, le réchauffement climatique, etc.) ? Pourquoi avoir dépensé une partie de notre énergie intellectuelle et capacités d’organisation au cours des deux dernières décennies à la poursuite de la critique féministe de la pornographie et de l’industrie du sexe ?

    La réponse est simple : nous sommes contre la pornographie précisément parce que nous sommes de gauche, ainsi que féministes.

    En tant que gauchistes, nous rejetons le sexisme et le racisme qui saturent le marché de masse de la pornographie contemporaine. En tant que gauchistes, nous rejetons la réification capitaliste de l’un des aspects les plus fondamentaux de notre humanité. En tant que gauchistes, nous rejetons la domination par les grandes entreprises des médias et de la culture. Les féministes antiporno ne demandent pas à la gauche d’accepter une nouvelle façon de voir le monde, mais plaident plutôt pour la cohérence dans son analyse et dans l’application de ses principes.

    #porno #pornographie #féminisme #anticapitalisme

    https://seenthis.net/messages/656078 via alimielle


  • « Nos vies se déploient au-delà de notre peau » - La méridienne
    http://www.la-meridienne.info/Nos-vies-se-deploient-au-dela-de-notre-peau

    http://www.la-meridienne.info/local/cache-vignettes/L300xH436/reclaim-couv-13421.gif?1514717756

    En supposant que toutes nos pulsions soient égo-générées, les thérapeutes ont tendance à considérer les sentiments de désespoir à l’égard de notre planète comme des manifestations de quelque névrose privée. Une fois, alors que j’avais confié à une psychothérapeute mon indignation concernant la destruction de forêts anciennes, elle m’expliqua que les bulldozers représentaient ma libido et que ma détresse jaillissait de la peur de ma propre sexualité. Un professeur m’a écrit ceci : “Même dans mon groupe de thérapie, j’ai arrêté de mentionner mes craintes de contamination par la décharge toxique située près de notre ville. Les autres ne cessaient de me dire : “Que cherchez-vous à fuir dans votre vie en vous créant ces soucis ?”” (...)

    #écologie #individualisme #écoféminisme

    https://seenthis.net/messages/656065 via Mona



  • « L’#Europe a construit sa #domination en écrivant l’#histoire des autres »
    https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20171222.OBS9679/l-europe-a-construit-sa-domination-en-ecrivant-l-histoire-des-au
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16370374.jpg

    Les Espagnols ont fait entrer les Indiens dans une chronologie qui est celle du calendrier chrétien, avec un passé qui commence en l’an 0, et une conception du temps qui se découpe entre passé-présent-futur. Les Européens ont obligé les Indiens à penser leur monde à travers leurs « lunettes », ils ont marginalisé les modes d’#expression indigènes, ils ont domestiqué leurs #imaginaires. L’un des piliers de ce processus d’#occidentalisation du monde est la cristallisation de la parole sous la forme du #livre. La #suprématie de l’#écrit a bouleversé l’#imaginaire jusque-là prédominant.

    Ce qui se joue est symboliquement et intellectuellement très violent. En imposant un cadre de #pensée, les Européens ont colonisé ces populations définitivement. Ils ont aboli leur monde. Dès lors, ces autres peuples ne pouvaient plus se regarder que dans le miroir de l’#Occident : ils ont été sommés d’imiter le #modèle européen.

    https://seenthis.net/messages/656033 via Kassem



  • #TaVoisineAussi, par Ta voisine est féministe (#La_locale)
    http://lalocale.ckdevelop.org/news/news.php?id=1556

    Dans cette émission, Ta Voisine revient sur la sortie du silence massive de #femmes célèbres ou anonymes sur les violences sexuelles qu’elles ont subi. On décortique aussi le discours du président, les réactions des médias et de la sphère internet. On tente aussi d’apporter un éclairage sur ce qui enferme les femmes victimes de #violences_sexuelles dans le silence. Et on propose des conseils sur la façon de réagir quand une femme de notre entourage nous confie en avoir subi. Il y a aussi des lectures : des déclarations de #Tarana_Burke la blackfeminist à l’origine du #MeToo, un témoignage du site balancetonporc.com, un extrait de texte d’#Andrea_Dworkin « Je veux une trêve de 24h durant laquelle il n’y a pas de viol » et un texte tiré du site féministe Crêpe Georgette.

    http://www.mediafire.com/file/2s9fsn8moxt9snp/tavoisinedecembre2017metoo_v3.mp3

    #féminisme #audio #radio

    https://seenthis.net/messages/655933 via intempestive



  • Faim damnée
    https://blog.monolecte.fr/2017/12/30/faim-damnee
    https://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2017/12/DSC6652D.jpg

    Je n’ai jamais si bien ressenti l’essence même de Noël que sur cette colline battue par le vent où deux malheureux containers à emballages recyclables dégueulaient leurs entrailles de cartons éventrés. C’est bien là tout ce qui reste de la fameuse magie de Noël et de son consumérisme forcené et vain. Deux jours après l’avalanche de cadeaux, plus une seule benne jaune disponible à des kilomètres à la ronde où nous pouvons à notre tour déposer notre offrande de vacuité.

    #consommation #gaspillage #écologie #exploitation #surnuméraires

    https://seenthis.net/messages/655946 via Agnès Maillard


  • « Les faux aliments ont colonisé jusqu’à 50% de nos supermarchés »
    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20171227.OBS9840/les-faux-aliments-ont-colonise-jusqu-a-50-de-nos-supermarches.ht
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16375169.jpg

    Ingénieur agronome, spécialiste de la science des aliments et de la nutrition, Anthony Fardet, qui se dit « chercheur dans l’âme », estime que la Recherche publique doit être « au service de l’humain » : « Après tout, je suis payé par les impôts des Français, il est normal qu’ils aient un retour sur investissement », écrit-il en préambule de l’ouvrage brillant qu’il publie aux éditions Thierry Souccar. Dans « Halte aux aliments ultra-transformés », il démontre que les produits industriels déversés depuis les années 1980 dans les petites et grandes surfaces sont responsables des épidémies contemporaines comme le diabète ou l’obésité. Et il explique très clairement pourquoi.

    Depuis quelque temps, ce scientifique était gêné par l’idée qu’en dépit de 150 ans de sciences en #alimentation, les Occidentaux sont de plus en plus malades et leur espérance de vie en bonne #santé de plus en plus basse. On vit plus vieux, mais moins bien. Vingt-et-un ans de santé dégradée, puis ultra-dégradée : c’est le destin désormais classique du Français passé les 60 ans. Est-ce une fatalité ? Non. Alors il a écrit un livre pour le dire. Un grand livre sur la #nutrition. Entretien.

    #agro-alimentaire

    https://seenthis.net/messages/655935 via odilon


  • Élysée. La presse et Macron : la légende plutôt que la réalité
    https://www.humanite.fr/elysee-la-presse-et-macron-la-legende-plutot-que-la-realite-647893
    https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/54556.HR.jpg?itok=_pwpNCIf

    Dans la Fabrique de l’opinion. Une histoire sociale des sondages , Loïc Blondiaux s’interrogeait : « Comment en est-on venu à accepter l’équivalence entre opinion publique et résultats de sondages ? » La « fabrique de l’opinion » a vu ses ateliers diversifiés, depuis qu’il écrivit le livre en 1998, et huit mois après l’accession à l’Élysée d’Emmanuel Macron, un retour sur le traitement médiatique du président dans les grands médias, entre les mains de grandes fortunes, montre le produit fini. Toujours en mouvement, agissant, complexe et « en même temps » chaleureux, charmeur, bourreau de travail diurne et nocturne, bon maître pour son chien, époux modèle… Emmanuel Macron y est dépeint dans des termes qui, pris isolément, confinent au ridicule. Avec l’entretien-déambulation dans les couloirs de l’Élysée la semaine dernière, le contenant a effacé la vacuité du contenu...

    https://seenthis.net/messages/655895 via marielle


  • Une révolte des femmes qui vise bien plus que les abus sexuels | Chris Hedges
    https://www.les-crises.fr/une-revolte-des-femmes-qui-vise-bien-plus-que-les-abus-sexuels-par-chris-
    https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2017/12/1-22-590x473.jpg

    La presse, qui claironne les détails sordides et salaces des accusations d’agression sexuelle portées contre des hommes puissants, a raté la véritable histoire – la révolte populaire généralisée menée par les femmes, dont beaucoup se sont levées, malgré les attaques vicieuses et les exigences des accords de non-divulgation juridiquement contraignants, pour dénoncer les privilèges des élites corporatives et politiques. Cette révolte des femmes n’est pas seulement une révolte contre la violence sexuelle. Elle consiste à combattre une structure de pouvoir corporatif qui institutionnalise et favorise la misogynie, le racisme et la bigoterie. Il s’agit de rejeter la croyance que la richesse et le pouvoir donnent aux élites le droit de s’engager dans le sadisme économique, politique, social et sexuel. Il défie les principes tordus selon lesquels ceux qui sont écrasés et humiliés par les riches, les célèbres et les puissants n’ont ni droits ni voix. Espérons que ce soit le début, pas la fin

    https://seenthis.net/messages/655464 via marielle


  • Comment les géants de la malbouffe ont sapé (et continuent à saper) l’étiquetage nutritionnel
    http://multinationales.org/Comment-les-geants-de-la-malbouffe-ont-sape-et-continuent-a-saper-l

    La France a finalement adopté, après une bataille de lobbying aux multiples rebondissements, un système officiel d’étiquetage nutritionnel des aliments, le NutriScore, avec pour objectif de commencer à lutter contre la malbouffe et ses impacts sanitaires. Mais les géants de l’agroalimentaire comme (...)

    #Économie


  • hypathie - Blog féministe et anti-spéciste: Noël iconoclaste : de la #maternité
    http://hypathie.blogspot.fr/2017/12/noel-iconoclaste-de-la-maternite.html
    https://4.bp.blogspot.com/-aDC6XWh_23Q/Wj62lsJfJWI/AAAAAAAAFJQ/XHdKyfwF0-cJkACG4-yv5fjFQ9XrXshowCLcBGAs/w1200-h630-p-k-no-nu/La%2Bvierge%2Bau%2Bbuisson%2Bde%2Broses.jpg

    Voilà, c’est Noël encore une fois, cette fête de famille où on finit par s’engueuler en fin de repas, après un long trajet dans les embouteillages ou dans des trains bondés, puisque tout le monde part en même temps, après avoir dévalisé les magasins, tout ça pour fêter la naissance d’un garçon -je sais on nous le vend comme la naissance d’un enfant, sauf que si une fille était née, on n’en parlerait pas. Et bien sûr, tout bénéfice, c’est de la propagande patriarcale pour la maternité.

    https://seenthis.net/messages/655848 via Agnès Maillard


  • Serge Paugam : « Le regard des riches sur les pauvres signale un danger pour nos sociétés » | L’Humanité
    https://humanite.fr/serge-paugam-le-regard-des-riches-sur-les-pauvres-signale-un-danger-pour-no
    https://humanite.fr/sites/default/files/images/idee_s_paugam-20090728-_dsc.jpg

    Cela les amène au besoin de justifier leurs privilèges, qui passe par la justification du sort des autres, et donc de ces écarts. On remarque alors deux tendances. Les pauvres sont perçus comme n’ayant d’autre destin du fait de différences d’aptitudes, quasi génétiques, et ce ne sont pas des programmes sociaux qui pourront changer leur sort. C’est la naturalisation de la pauvreté et des inégalités, qui est une évidence pour les interviewés de Delhi : les classes inférieures constituent une humanité différente.

    En France, les riches tiennent compte de l’imprégnation des principes républicains, de ce qu’ont pu apporter la société salariale et les programmes sociaux au bien-être de la population. Mais s’ils reconnaissent des déterminismes sociaux, ils recourent, en la dévoyant, à l’idée du mérite comme justification des privilèges : les riches sont riches parce qu’ils ont… plus de mérites que les autres, faisant fi de ce qui relève largement d’inégalités sociales. Le terme « injustice » n’est jamais prononcé.

    Nous approchons du moment où la réduction des #surnuméraires sera clairement envisagée comme solution à tous les problèmes…

    https://seenthis.net/messages/655776 via Agnès Maillard


  • #RSA et Taxation #épargne : Ce que dit la #circulaire #CAF | Social, économie et politique
    http://www.actuchomage.org/2017122927143/Social-economie-et-politique/rsa-et-taxation-epargne-la-circulaire-caf.html

    Le taux forfaitaire de 3% n’est plus applicable à l’ensemble des livrets d’épargne (Livret A, Livret B, Livret d’épargne populaire, Livret de développement durable, Livret jeune, etc…). Par conséquent, pour la détermination des droits au Rsa, seul le montant réel des intérêts perçus doit être pris en compte, à charge pour les bénéficiaires de les déclarer dans la déclaration trimestrielle au titre du trimestre de perception. En effet, les intérêts produits par les livrets d’épargne étant automatiquement crédités sur les comptes concernés, leurs titulaires peuvent donc en disposer à tout moment.

    Conformément à la jurisprudence, il y a lieu de considérer qu’ils ont bien été perçus donc la reconstitution des revenus via le taux forfaitaire de 3% n’a pas lieu d’être mise en oeuvre. Les montants réels des intérêts perçus doivent être codifiés comme « autres ressources » (041). Ils seront pris en compte une fois par an, sur le trimestre concerné sachant que l’information sur les intérêts versés est généralement transmise par la banque en janvier de chaque année.

    – L’application du taux forfaitaire de 3% aux placements en assurance-vie et aux plans d’épargne logement (PEL)

    Les placements en assurance-vie ou sous forme de PEL ( plans d’épargne logement) continuent à se voir appliquer le taux forfaitaire de 3%. En effet, les intérêts sont capitalisés et le titulaire de ce type de contrat peut disposer de son épargne au plus tôt au terme du contrat. Ces produits doivent être codifiés comme « argent placé » (044).

    #important

    https://seenthis.net/messages/655871 via Agnès Maillard


  • À quel niveau de vie est-on « riche » ?
    https://www.inegalites.fr/A-quel-niveau-de-vie-est-on-riche
    https://www.inegalites.fr/IMG/arton2421.jpg

    À quel niveau devient-on riche ? En utilisant différentes méthodes, nous aboutissons à un chiffre compris entre 3 000 et 4 000 euros mensuels après impôts. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

    #richesse #inégalités

    https://seenthis.net/messages/655856 via Agnès Maillard


  • Les Etats Généraux de l’#Alimentation : vite fait, mal fait ?
    http://lvsl.fr/etats-generaux-de-lalimentation-vite-fait-mal-fait
    http://lvsl.fr/wp-content/uploads/2017/12/vache-1.jpg

    Les Etats généraux de l’alimentation se terminent, déjà. L’occasion de dresser un premier bilan sur le fond mais surtout sur la forme prise par une consultation voulue par Emmanuel Macron et par le ministre de l’agriculture Stéphane Travert. Alors qu’on aurait dû assister à un véritable moment de démocratie alimentaire, les délais serrés et l’opacité de la consultation citoyenne n’ont pas permis d’inclure véritablement les citoyens dans le débat. En revanche, les défenseurs d’une #agriculture industrielle et les représentants de la grande distribution se sont taillés la part du lion.

    https://seenthis.net/messages/655850 via Agnès Maillard


  • « Made in Egypt » ? Le programme discret sur le textile qui rapporte des millions à Israël
    Paul Cochrane | 28 décembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/made-egypt-le-programme-discret-sur-le-textile-qui-rapporte-des-milli

    LE CAIRE – Disney et d’autres marques figurent dans le collimateur d’activistes du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) en raison de leurs liens avec un programme controversé qui permet aux fabricants égyptiens d’exporter des vêtements vers les États-Unis sans payer de taxes à condition toutefois d’utiliser des matériaux israéliens.

    Ce programme promu discrètement, connu sous le nom de « Qualifying Industrial Zones » (QIZ), a été promulgué par le Congrès américain en 1996 dans le but de « normaliser » les relations entre Israël, l’Égypte et la Jordanie à travers une coopération économique.

    Grâce aux QIZ, les fabricants israéliens fournissent au moins 10,5 % des matériaux utilisés dans un vêtement. Ensuite, les ouvriers égyptiens dans 705 usines certifiées QIZ cousent le produit final qui est exporté aux États-Unis et exonéré de taxes à hauteur de 5 à 40 %, mais généralement de 15 % en moyenne.

    Quand un consommateur achète des vêtements de marques comme Gap, Levi’s et Ralph Lauren, selon le Conseil égyptien pour l’exportation de vêtements prêts-à-porter (ERGEC), il n’y a aucune mention de la composante israélienne sur les étiquettes des vêtements, qui indiquent seulement « Made in Egypt ».

    https://seenthis.net/messages/655650 via Loutre


  • Ma fille, ce sont des larmes de lutte
    29 décembre | Bassem Tamimi pour Haaretz |Traduction JPP pour l’AURDIP
    http://www.aurdip.fr/ma-fille-ce-sont-des-larmes-de.html
    https://www.haaretz.com/polopoly_fs/1.831877.1514502604!/image/175221503.jpg_gen/derivatives/headline_1200x630/175221503.jpg

    (...) Il y a plusieurs mois, lors d’un voyage en Afrique du Sud, nous avons projeté en public une vidéo documentant la lutte de notre village, Nabi Saleh, contre la domination d’Israël qui nous est imposée. Quand la lumière est revenue, Ahed s’est levée pour remercier les gens de leur soutien. Après avoir remarqué que certains dans l’assistance avaient les larmes aux yeux, elle leur a dit ceci : « Nous sommes peut-être victimes du régime israélien, mais nous sommes aussi fiers de notre choix de lutter pour notre cause, malgré le coût que l’on sait. Nous savions où ce chemin nous conduirait, mais notre identité, en tant que peuple et en tant que personnes, est ancrée dans la lutte, et elle en tire son inspiration. Au-delà de la souffrance et de l’oppression quotidiennes des prisonniers, des blessés et des tués, nous connaissons aussi le pouvoir immense qui nous vient de notre appartenance à un mouvement de résistance ; le dévouement, l’amour, les petits moments sublimes qui viennent de notre choix de briser les murs invisibles de la passivité.

    « Je ne veux pas être perçue comme une victime, et je n’accorderai pas à leurs actions le pouvoir de définir qui je suis, et ce que je serai. J’ai choisi de décider par moi-même comment vous me verrez. Nous ne voulons pas que vous nous souteniez à cause de quelques larmes photogéniques, mais parce que nous avons fait le choix de la lutte et que notre lutte est juste. C’est la seule façon de pouvoir arrêter de pleurer un jour ».(...)

    #Ahed_Tamimi

    https://seenthis.net/messages/655697 via Loutre


  • La laïcité à l’école bradée pour dix millions d’euros (Cercle des enseignant-es laïques)
    https://blogs.mediapart.fr/edition/ecole-et-laicite/article/261217/la-laicite-lecole-bradee-pour-dix-millions-deuros

    Le 7 décembre dernier, un arrêté, signé par le premier ministre Édouard Philippe et le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin, annonce un virement de crédits. Vingt millions d’euros d’engagement sont annulés sur la dotation de l’enseignement public du second degré. Sur cette somme, dix millions sont reversés à l’enseignement privé du premier et du second degré.

    #éducation #budget #laïcité #enseignement_confessionnel

    https://seenthis.net/messages/655733 via Pierre Coutil


  • Americans are dying younger than people in other rich nations - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/news/wonk/wp/2017/12/27/americans-are-dying-younger-than-people-in-other-rich-nations
    https://img.washingtonpost.com/blogs/wonkblog/files/2017/12/life_expectancy.png

    by 2015 that gap had flipped. The average American born that year could expect to live a little less than 79 years, while the typical baby born in an OECD country had an expected life span of nearly 81 years.

    #visualisation #espérance_de_vie #santé #États-Unis

    https://seenthis.net/messages/655495 via Fil


  • US nuclear tests killed American civilians on a scale comparable to Hiroshima and Nagasaki — Quartz
    https://qz.com/1163140/us-nuclear-tests-killed-american-civilians-on-a-scale-comparable-to-hiroshima-an
    https://qzprod.files.wordpress.com/2017/12/us-nuclear-test-fallout-radiation-poison-iodine-nevada-test-site.jpg?quality=80&strip=all&w=1600

    New research suggests that the hidden cost of developing nuclear weapons were far larger than previous estimates, with radioactive fallout responsible for 340,000 to 690,000 American deaths from 1951 to 1973.

    100 à 200 fois le nombre de victimes du 11-Septembre (et ce, pour les USA uniquement)

    #armement #nucléaire #États-Unis

    https://seenthis.net/messages/655696 via Fil


  • Sur la route mortelle des opioïdes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/06/25/sur-la-route-mortelle-des-opioides_1579449
    http://md1.libe.com/photo/1033702-french-freelance-logan-huntington-sdo-20170413.jpg?modified_at=1498414938&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Aux Etats-Unis, l’addiction aux psychotropes de synthèse fait des ravages, avec la complicité de labos et médecins sans scrupules. Reportage en Virginie-Occidentale.

    La première chose qui frappe, ce sont ses yeux. Vert foncé, surmontés de fard à paupière rose. Pétillants et espiègles sans doute à l’adolescence, mais aujourd’hui empreints d’une profonde lassitude. Comme recouverts d’un voile cotonneux. A lui seul, le regard de Tiffany Vincent trahit une vie d’excès. Son épais maquillage ne gomme pas la dureté des traits de cette femme de 33 ans passée par toutes les drogues ou presque. Et brisée à la fois par l’addiction et le deuil. A l’étage de la modeste maison où elle nous reçoit, dans la petite ville morose de Madison, en Virginie-Occidentale, Tiffany a retrouvé le corps sans vie de sa mère, Mary Kathryn, décédée d’une overdose à l’âge de 50 ans. C’était le 23 décembre 2015, deux jours avant un Noël qui devait être le premier en famille depuis trois ans. « Elle avait acheté des cadeaux pour tout le monde. Elle était si excitée, si heureuse, comme une enfant », se souvient Tiffany, les larmes aux yeux.

    L’addiction de Mary Kathryn a débuté en 1997. Un violent accident de voiture. De lancinantes douleurs au dos. Et un médecin qui lui prescrit de l’Oxycontin, puissant analgésique dérivé de l’opium. Un an plus tôt, ce médicament a été introduit aux Etats-Unis par le laboratoire Purdue Pharma, qui en assure une promotion marketing agressive auprès des docteurs et pharmaciens. Les arguments sont rodés : l’Oxycontin serait un opiacé sûr, capable de soulager des douleurs sévères sans générer d’addiction. La réalité se révèle bien différente. Le cercle infernal est enclenché : on estime qu’au moins 2 millions d’Américains sont accrocs aux opiacés, qui ont tué plus de 300 000 personnes en quinze ans.

    « En quelques mois, Mary Kathryn est devenue dépendante », résume Kay Mullins, la mère de la défunte, et grand-mère de Tiffany. Pendant près de deux décennies, cette mère courage qui, à 70 ans, travaille encore chez un fleuriste de Madison pour faire vivre la famille - Tiffany et ses deux fillettes habitent chez elle - a tenté d’aider sa fille à s’en sortir. A plusieurs reprises, elle l’a envoyée dans de rares et coûteuses cliniques de désintoxication. Sans succès. Pour se procurer les pilules dont elle avait besoin, Mary Kathryn a écumé les cabinets médicaux et pharmacies sans scrupules de la région, roulant parfois près de deux heures pour se procurer ici une ordonnance, là une boîte de médicaments. « Le dernier docteur qui l’a reçue était néphrologue ! Il lui a prescrit du Xanax et de l’oxycodone, deux médicaments que vous n’êtes pas censé associer car cela peut vous tuer. Elle l’a vu le lundi. Le mercredi, elle était partie », se désole Kay.

    Ordonnances

    Après les funérailles de sa fille, la septuagénaire à la voix douce et au regard affable a décroché son téléphone pour appeler le cabinet du néphrologue. A la secrétaire, elle se souvient simplement d’avoir dit que Mary Kathryn ne reviendrait pas pour son prochain rendez-vous, prévu quelques jours plus tard. Si le médecin en question n’a pas été inquiété, d’autres ont en revanche été contraints de fermer boutique. Certains ont été poursuivis en justice. A l’image de Michael Kostenko, qui délivrait des ordonnances à la chaîne dans une clinique au milieu de la forêt, où il animait officiellement des groupes de parole fondés sur la spiritualité. Tiffany, qui y a accompagné sa mère, se souvient : « Les gens passaient la nuit devant le bâtiment pour pouvoir entrer. Il y avait 40 personnes dans une salle. Le docteur te disait que Dieu était le seul à pouvoir soulager ta douleur. Puis il te donnait ta prescription. »

    L’an dernier, le docteur Kostenko a été arrêté et inculpé pour avoir fourni de l’oxycodone sans raisons médicales à de nombreux patients, dont au moins deux ont succombé à une overdose. Le dossier constitué par le procureur donne le tournis. En une seule journée, en décembre 2013, ce médecin aurait par exemple signé 375 ordonnances pour 271 patients, sans en avoir vu un seul. Soit plus de 22 000 pilules d’oxycodone prescrites en échange de plus de 20 000 dollars (18 000 euros) en espèces.

    Le 25 avril, Michael Kostenko a plaidé coupable devant un tribunal fédéral. Il encourt jusqu’à vingt ans de prison et un million de dollars d’amende. Sa peine sera prononcée le 23 août. Certains de ses patients ont déjà écopé, bien malgré eux, de la peine capitale. Mi-juin, pas moins de 47 personnes ont été arrêtées dans l’Etat pour avoir écoulé illicitement de l’oxycodone.

    A une cinquantaine de kilomètres au sud de Madison, Logan symbolise le déclin économique de la Virginie-Occidentale, berceau sinistré de l’industrie du charbon. Dans cette région reculée, à l’ombre des Appalaches, des milliers d’emplois ont disparu dans les mines. Laissant derrière eux une génération de chômeurs en proie à des douleurs physiques et des traumatismes mentaux. Un terreau parfait pour l’épidémie d’opiacés qui, contrairement à celle de crack dans les années 80, touche davantage l’Amérique blanche et rurale.

    Si les experts notent une corrélation entre chômage et consommation de drogue, le fléau n’épargne aucun milieu social. Chelsea Carter peut en témoigner. « J’ai grandi dans une belle maison. Mon père était le maire. Nous allions à l’église deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi », raconte cette femme de 30 ans, blonde aux yeux bleus et à la taille de guêpe. Quand on l’entend raconter son passé de « gymnaste et pom-pom girl au collège », on ne peut s’empêcher de penser à l’adolescente qui fait tourner la tête de Kevin Spacey dans American Beauty. A 12 ans pourtant, l’ado modèle déraille au contact de l’une de ses amies qui lui raconte comment, le week-end, elle « se défonce » avec son père dealer. Chelsea essaie l’alcool puis l’herbe. Suivront pilules antidouleur, cocaïne, méthamphétamine et ecstasy. Le tout avant l’âge de 15 ans.

    « Les opiacés étaient vraiment ma drogue préférée », se souvient-elle. La mort rapprochée de sa grand-mère et d’un ami (d’une overdose) la font basculer. Sa rencontre, à 19 ans, avec un dealer de deux fois son âge l’entraîne vers le fond. Ils entament une relation « drug fueled » (« alimentée par la drogue ») : « A l’époque, je consommais jusqu’à 10 pilules d’oxycodone par jour. Chacune coûtait 100 dollars au marché noir. Je faisais à mon dealer tout ce qu’il voulait et en échange, j’obtenais la drogue dont j’avais besoin. » Chelsea finit par rompre cette relation toxique. Mais pour financer sa consommation, elle monte une bande de cambrioleurs. L’arrestation du gang fait la une du journal local. Condamnée, elle échappe à la prison en échange d’une cure de désintoxication et de contrôles réguliers. Elle replonge presque aussitôt. « J’ai échoué à un test antidrogue. Ils m’ont mis les menottes, une combinaison orange et m’ont conduite en prison. Il n’y a pas d’endroit plus humiliant sur Terre », dit-elle d’un accent traînant.

    « Un fléau familial »

    C’était le 29 septembre 2008. Pour ne jamais oublier cette date, Chelsea l’a fait tatouer récemment sur l’intérieur de son poignet gauche. Précédé de ces quelques mots : « I once was lost » (« Jadis, j’étais perdue »). Depuis ce jour, elle n’a jamais retouché à la drogue. « Cela fait neuf ans que je suis sobre et cela se passe bien. Je ne dis pas que je n’ai pas pensé par moments à replonger. Vous savez, les drogués recherchent la satisfaction immédiate. Se désintoxiquer n’apporte pas de satisfaction immédiate. C’est beaucoup de travail », confie-t-elle. Un travail qui est devenu le sien : après des études de psychologie et de travail social, Chelsea est aujourd’hui thérapeute dans un centre de traitement des addictions à Logan.

    Dans son bureau épuré, la trentenaire à la longue chevelure soignée a accroché quelques cadres « feel good » : « Dreams come true », « Love is all you need », « Follow your heart ». Il y a aussi, dans un coin, une copie de son mugshot - la photo méconnaissable prise par la police le jour de son arrestation - et quelques coupures de presse sur son parcours. Rare exemple de désintoxication et de reconversion réussie, Chelsea tâche de transmettre un message d’espoir aux centaines de toxicomanes qu’elle suit. Tout en constatant à la fois l’ampleur de la crise et le manque de moyens : « Tous les jours, je reçois des gens dont la mère, le fils, le père sont aussi suivis ici. C’est un fléau familial. Nous avons besoin de plus de centres de traitement. Nous avons besoin d’aide. Notre Etat traverse une crise profonde, et nous voyons mourir devant nos yeux des générations entières. »

    « Heroin babies »

    Une étudiante de 21 ans au volant de sa voiture accidentée. Un père de 47 ans et son fils de 26 ans sur le sol de leur salle de bain. Trois amies de 23, 27 et 32 ans dans un jardin. Un homme de 59 ans dans un buisson. Un couple de quadragénaires dans les toilettes d’une station-essence. Le 15 août 2016, ces neuf personnes - et près d’une vingtaine d’autres - ont fait une overdose à Huntington, deuxième ville de Virginie-Occidentale. Vingt-six overdoses en à peine quatre heures. Un traumatisme pour la ville et ses services de secours. « C’est comme si l’enfer s’était déchaîné », dira plus tard Steve Williams, le maire de Huntington, 50 000 habitants. Comme un miracle au milieu de cet enfer, toutes les victimes ont pu être sauvées, la plupart grâce au Narcan, médicament antidote à base de naloxone, administré par intraveineuse ou par voie nasale et qui annule les effets des opiacés.

    Ce jour-là, toutes les victimes avaient consommé la même héroïne frelatée. Face aux contrôles accrus imposés aux médecins et aux pharmaciens, se procurer des opiacés sur ordonnance s’avère de plus en plus complexe. Les toxicomanes se tournent alors vers des médicaments contrefaits ou, de plus en plus fréquemment, vers l’héroïne, bien moins chère mais aussi beaucoup plus dangereuse. Entre 2014 et 2015, les overdoses mortelles d’héroïne ont ainsi bondi de plus de 20 % aux Etats-Unis. Car la drogue, principalement importée par les cartels mexicains, est souvent mélangée avec d’autres molécules, dont le fentanyl. Trois grains de sable de cet opiacé synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, constituent une dose mortelle.

    Selon les statistiques du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus de 33 000 Américains ont succombé à une overdose d’opiacés en 2015, quatre fois plus qu’en 1999. Avec un taux d’overdoses mortelles de 41,5 pour 100 000 habitants, la Virginie-Occidentale était de loin l’Etat le plus touché, devant le New Hampshire et le Kentucky. Une enquête récente du journal local, le Charleston Gazette-Mail, récompensé au printemps d’un prix Pulitzer, a montré que 780 millions de pilules d’opiacés (oxycodone et hydrocodone) ont été écoulées en Virginie-Occidentale entre 2007 et 2012. Et les chiffres de 2016 indiquent qu’en dépit de la prise de conscience, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. L’an dernier, 818 personnes sont mortes d’une overdose en Virginie-Occidentale - 13 % de plus qu’en 2015.

    Au milieu de cette marée de statistiques, un chiffre stupéfie plus que tout autre : un bébé sur cinq né l’an dernier dans le principal hôpital d’Huntington a été exposé à la drogue au cours de la grossesse. La moitié d’entre eux, soit environ 9 % des nouveaux-nés, ont hérité de l’addiction de leur mère aux opiacés. On les appelle familièrement les « heroin babies », victimes les plus jeunes - et les plus vulnérables - de cette épidémie ravageuse. « Ils souffrent de tremblements très rapides et incontrôlés, d’un sommeil très agité, de crampes, de diarrhées. Ils pleurent de manière effrénée, ont du mal à s’alimenter et à réguler leur température », décrit le néonatalogiste Sean Loudin.

    Outre une unité spécialisée au sein de la maternité, une structure externe baptisée Lily’s Place a ouvert fin 2014 pour accueillir ces nourrissons qui souffrent du syndrome d’abstinence néonatale (SAN). La clinique compte douze chambres et chaque bébé bénéficie d’un traitement médical personnalisé. Du type de drogue et de la quantité consommée par la mère dépend la durée du sevrage. Quelques semaines le plus souvent, plusieurs mois parfois. Les parents, privés de la garde de leur enfant dès que de la drogue est détectée dans son organisme, sont autorisés à venir s’en occuper la journée, sous la supervision des infirmières. « Certains sont présents tous les jours, du matin au soir. D’autres ne viennent quasiment jamais et disparaissent parfois pendant plusieurs semaines », raconte Rhonda Edmunds, l’une des deux fondatrices de Lily’s Place.

    Infirmière depuis trente ans, elle a assisté à l’explosion du nombre de bébés atteints de SAN. « En 2011, nous sommes allés visiter le seul endroit aux Etats-Unis qui s’occupait de ces bébés, dans l’Etat de Washington [nord-ouest du pays, ndlr]. En vingt ans d’existence, ils avaient acquis beaucoup d’expérience. On a compris qu’on ne faisait pas les choses de la bonne manière. » A leur retour, Rhonda et sa collègue infirmière adaptent donc leurs méthodes. A l’hôpital d’abord, puis au sein de Lily’s Place. Finies les lumières vives, place à un éclairage tamisé. Les bercements de haut en bas sont remplacés par des mouvements latéraux, mieux tolérés par les nourrissons.

    Bataille

    Malgré l’ampleur du phénomène - plus de 27 000 bébés américains nés avec le SAN en 2013, dix fois plus qu’en 2000 -, cette expérience acquise par l’équipe de Lily’s Place reste peu connue. Et peu partagée. La recherche sur le sujet demeure embryonnaire et les structures quasi inexistantes. Pour le néonatalogiste Sean Loudin, directeur médical de Lily’s Place, le fait que des milliers de bébés à travers le pays ne reçoivent aucun traitement approprié pour leur addiction s’apparente à de la torture. « Un bébé en manque qui n’est pas traité traverse d’énormes souffrances. Tout le monde serait choqué si, dans un hôpital, on laissait partir sans traitement un adulte dépendant aux opiacés en sevrage. Cet adulte serait en train de hurler, de vomir, il aurait la diarrhée. Si quelqu’un voyait cet être humain, il dirait que c’est une injustice. Et pour les bébés alors ? » s’emporte-t-il.

    Retour à Madison. Devant la maison familiale, Tiffany Vincent s’amuse avec ses deux filles de 7 et 11 ans. Après deux heures d’interview douloureuse, entrecoupée de longs silences et de sanglots, c’est la première fois qu’on la voit sourire. Adossée au porche écaillé, sa grand-mère, Kay, observe la scène. Dans son regard avenant, on perçoit tantôt la joie, celle de voir ses arrières petites-filles heureuses. Tantôt l’angoisse morbide de celle qui en a trop vu et se demande si Tiffany sera encore vivante dans trois, cinq ou dix ans. Car Tiffany, comme sa mère décédée, combat depuis longtemps les démons de l’addiction. Opiacés, speed, héroïne, méthamphétamines : elle a beaucoup testé. Et beaucoup consommé.

    Lors de notre rencontre, elle assurait être sobre depuis six mois environ. Mais sa grand-mère ne semblait guère convaincue. En pleurs, Tiffany s’est confessée sur ses peurs. Et mis des mots déchirants sur sa bataille : « Je peux être sobre pendant plusieurs mois. Mais quelque chose va m’arriver, le sol va se dérober sous mes pieds et je vais aller me défoncer. Et je ne pourrai rien y faire. J’aime mes filles plus que tout. Mais quand je suis défoncée, mon addiction prend le dessus et je commence à aimer la drogue plus que j’aime mes enfants. Ce truc, c’est comme le diable. C’est le diable. Je peux courir pour lui échapper. Je peux ne pas le vouloir. Je peux me cacher. Mais il trouvera toujours son chemin jusqu’à moi. »
    Frédéric Autran Envoyé spécial en Virginie-Occidentale

    #drogue #opiacés #héroïne #Virginie #addiction #overdose #big_pharma
    Très bon article.
    Drogues légales, drogues illégales, dealer en blouse blanche ou dealer de la rue, au final le même résultat, la dépendance dans toute sa cruauté. On notera que comme tout phénomène social, les rapports de classe jouent leur rôle puisque celle qui s’en sort dans l’article est celle qui vient d’un milieu friqué, fille du maire.

    https://seenthis.net/messages/655568 via ninachani


  • Aux Etats-Unis, l’épidémie d’overdoses atteint un nouveau pic
    http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2017/12/29/aux-etats-unis-l-epidemie-d-overdoses-atteint-un-nouveau-pic_5235517
    http://img.lemde.fr/2017/12/29/269/0/3499/1748/644/322/60/0/7e15b5a_29113-fxz7y5.dwhis.jpg

    Ainsi, en 2016, une personne est morte toutes les huit minutes d’une surdose de drogues. Sur les 63 600 victimes, plus de 42 000 ont succombé à une overdose d’opioïdes, en grande partie obtenus sur prescription médicale, ce qui représente une hausse de 28 % par rapport à l’année précédente.

    Et 2017 s’annonce tout aussi sombre. Au point que les autorités sanitaires américaines lient désormais ces décès à l’une des statistiques les plus préoccupantes de ces dernières décennies : l’espérance de vie des Américains a baissé pour la deuxième année consécutive, un phénomène inédit depuis le début des années 1960. Deux autres raisons contribuent à expliquer cette tendance : la maladie d’Alzheimer et les suicides.

    Cette évolution correspondrait à la consommation de plus en plus fréquente du puissant fentanyl (+ 88 % entre 2013 et 2016), une drogue de synthèse délivrée sur ordonnance, mais également accessible sur Internet ou dans la rue. Ses effets dévastateurs sont accentués par la mise sur le marché de cachets contrefaits, fabriqués en Chine ou au Mexique. Une nouvelle tendance que les autorités peinent à circonscrire, en dépit des promesses de Donald Trump de mettre fin à « l’inondation » du marché américain par le fentanyl venu de Chine.

    En attendant, le décompte macabre annuel a provoqué une prise de conscience dans l’opinion publique et chez les professionnels de santé. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, tout le monde ou presque connaît de près ou de loin une personne dépendante aux antidouleurs.

    Selon les estimations officielles, 97 millions de personnes ont pris des opiacés en 2015. Parmi elles, 12 millions en ont consommé sans avis ni prescription d’un médecin. Et près de 2 millions souffrent de troubles qui y sont liés. Aussi, 76 % des Américains considèrent les prescriptions excessives d’antidouleur comme un problème de santé publique « grave ou très grave », selon le Pew Research Center ; ils étaient 63 % en 2013.

    #Opioides #USA

    https://seenthis.net/messages/655657 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier