7h37

La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.

  • Telegraph

    http://telegra.ph/Karta-Rossii-kak-metrokarta-02-12

    C’est @radva alias Jean Radvanyi qui me signale cette contribution avec des visualisations intéressantes (des visions, donc) sur la perception de l’espace russe.

    EN plus cette vision du monde assez chouette où tous ls pays sont égaux ! (le rêve) :

    https://scontent-frt3-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/1452270_10201417295212474_594150384_n.jpg?oh=72e9605aeb1009b4058c51a0f66e8ce0&oe=59387342

    Par Catherine Reeves, Equinational projection, 1994.

    Для нашей страны нет реальных карт. Есть топографические карты, но нет карт реального обитаемого пространства. Это не та ситуация, что карты лежат в столах, и их некому напечатать. Нет, они не разработаны. Зияющая дыра. В очень узком кругу географов известна замечательная работа Е.Е.Лейзеровича (1927-2014), который выделил для России 423 (только 423!) района , потому что это делал один человек, хотя и сорок лет. Ничего большего нет. Вся региональная (пространствоведческая) социология или экономика базируется непонятно на каких основаниях. Налицо невероятная гордость и сакрализация размера России (17 млн.км²), а с другой стороны, нет даже сколько-нибудь подробного географического или комплексного описания России. Нет ни одного хорошего учебника географии! В этом отношении наша страна не изучена.

    https://seenthis.net/messages/570972 via Reka



  • « L’école apprend à nos enfants à avoir honte de leurs mamans, honte de ce qu’ils sont »
    http://contre-attaques.org/magazine/article/l-ecole-381

    À qui et à quoi sert vraiment l’école ? Dans cette tribune, Fatima Ouassak et Diaratou Kebe interrogent les manières dont l’institution scolaire est utilisée par les Blancs pour maintenir et transmettre leurs privilèges. Elles dressent aussi d’intéressantes perspectives pour mettre hors d’état de nuire les rouages de ce système raciste. La société française est hiérarchisée racialement, les Blancs font en sorte d’être privilégiés dans l’accès à la propriété, au pouvoir, aux soins, à la reconnaissance ou au (...)

    #Magazine

    / #carousel, #Tribunes, #École, #Racisme

    https://seenthis.net/messages/570688 via Contre-attaques


  • Le régime de l’#arbitraire | Le Monolecte
    http://blog.monolecte.fr/post/2017/02/17/le-regime-de-larbitraire
    http://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2017/02/DSC5768D-1024x683.jpg

    Je dois voir la #police entre 20 et 30 fois… par an. Et quand je dis voir, je devrais dire croiser. Parce que l’essentiel du temps, je suis dans ma voiture, en train de m’acheminer du point A au point B et la maréchaussée est dans son propre véhicule, se déplaçant d’une planque routière à une autre. Je ne croise quasiment jamais les forces de l’ordre quand je suis à pied, ou alors seulement les très rares fois où je me rends dans une métropole régionale. D’ailleurs, pour être précise, je ne croise pas la Police, mais seulement la Gendarmerie, parce que je vis au cul des vaches et qu’en cambrousse, on n’a pas la police, seulement la gendarmerie.

    #confiscation_démocratique, #inégalités, #société, #violence

    https://seenthis.net/messages/570889 via Agnès Maillard


  • Paye ta Bulle
    http://bdegalite.org/temoignages

    Le 10/02/2017 est paru sur Konbini l’article "La place des femmes dans la BD : pour en finir avec le syndrome de la Schtroumpfette", dans lequel intervenait notamment Christophe Blain : « Il n’y a aucun machisme dans la bande dessinée, aucun ! »
    Le Collectif, quelque peu fatigué de toujours prendre la voie de la pédagogie, celle qui explique pourquoi le sexisme existe bel et bien dans la BD, chiffres des EGBD et paroles des concernées à l’appui, se contentera cette fois de renvoyer l’intéressé (et tous ceux qui pensent comme lui) à la page de BdÉgalite.org recensant les témoignages de femmes dans le milieu de la bande dessinée. Et lui demandera de ne pas nier purement et simplement leur réalité, surtout quand on est, comme lui, une personne dont la parole porte loin dans son milieu.

    Il nous semble quand même utile de rappeler à tous ceux qui souhaitent parler du machisme dans la BD, son existence ou son inexistence, de se renseigner avant de parler, d’aller lire les témoignages, les expériences et les enquêtes réalisées sur ce sujet. Parler sans savoir, sans être concerné, de sujets que l’on ne maîtrise pas, ne grandit personne, au contraire.

    #sexisme #bd #deni #domination_masculine

    https://seenthis.net/messages/570579 via mad meg


  • Le collectif des créatrices de BD contre le sexisme rassemble des témoignages | Livres Hebdo

    http://www.livreshebdo.fr/article/le-collectif-des-creatrices-de-bd-contre-le-sexisme-rassemble-des-temoig

    http://images1.livreshebdo.fr/sites/default/files/styles/facebook_sharing_image/public/assets/images/bdegalite.jpg?itok=CNjVMKxX

    Le collectif créé en septembre 2015 a adapté son site internet pour relayer les expériences d’auteures de bande dessinée victimes de remarques sexistes, voire de harcèlement.

    https://seenthis.net/messages/570746 via Reka


  • #Paris : des #bénévoles empêchés de nourrir des #migrants près du centre de La Chapelle
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170216.OBS5413/paris-des-benevoles-empeches-de-nourrir-des-migrants-pres-du-ce

    « #Honteux ». Un collectif de bénévoles raconte avoir été empêché de distribuer un petit déjeuner à des migrants ce jeudi matin devant le centre #humanitaire de la Chapelle (Paris 18e) par des #policiers. « Après les retraits de couvertures, après les dispersions, après les pierres, on passe à l’étape suivante : les migrants sont empêchés de manger », raconte le collectif « #Solidarité Migrants Wilson » dans un post Facebook.

    https://seenthis.net/messages/570708 via Kassem


  • Le gouvernement veut pouvoir ouvrir des mines dans les forêts de protection
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-veut-pouvoir-ouvrir-des-mines-dans-les-forets-de-protect

    Un projet de décret soumis à consultation publique propose de rendre possible les fouilles archéologiques et l’extraction minière dans ces forêts protégées. Aucune mine française n’est encore en activité, mais les nouveaux projets d’extraction se multiplient, comme dans le Pays basque. C’est dans ce contexte que le ministère de l’agriculture soumet à la consultation publique un projet de décret qui permettrait, s’il était adopté, de mener des fouilles archéologiques, de l’extraction minière ou d’installer (...)

    #Info

    / #Mines_et_Gaz_de_schiste, #Forêt

    « http://agriculture.gouv.fr/consultation-du-public-sur-un-projet-de-decret-en-conseil-detat-rel »
    « http://flore54.org »
    « http://flore54.org/node/107 »
    « https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:For%C3%AAt_de_la_Coubre_030.jpg »


  • Corps sonores (2/4) : De la torture au maintien de l’ordre : la répression acoustique
    https://www.franceculture.fr/emissions/culturesmonde/corps-sonores-24-de-la-torture-au-maintien-de-lordre-la-repression
    https://www.franceculture.fr/s3/cruiser-production/2017/02/988b064c-e1a4-4afb-9ac2-c6730ed48f75/600x337_063_534344778hdf768_1.jpg

    Du Vietnam à Falloujah, les dernières décennies ont vu se développer une fonction militaire et répressive du son. Contrôle des foules, alarmes, bombardements sonores : quel usage fait-on du #son durant les conflits ? Comment le son est-il devenu une #arme à part entière ?

    @intempestive

    https://seenthis.net/messages/569836 via Aude


  • Un très intéressant article de Fedor Loukianov, un des analystes russes les plus balancés, à propos de Trump et de la politique américaine. Dans un journal proche du pouvoir Rossiiskaia Gazeta. Selon Loukianov, Trump aura besoin toute cette année des situations de conflit qu’il sème et dans son pays et avec ses partenaires étrangers. Cela fait partie de sa tactique et c’est cela, face à des élites américaines globalement hostiles, qui peut non seulement conforter, mais élargir sa base électorale. Et F. Loukianov en conclue que ce n’est guère rassurant...
    Лукьянов : Трампу нужен высокий уровень конфликтности для успешной работы — Российская газета
    https://rg.ru/2017/02/14/lukianov-trampu-nuzhen-vysokij-uroven-konfliktnosti-dlia-uspeshnoj-raboty.html
    https://cdnimg.rg.ru/img/content/136/78/20/19_a33042a5_t_650x433.jpg
    #Russie, #Trump, #USA

    https://seenthis.net/messages/570350 via Radva


  • https://labyrinthes.wordpress.com/2017/02/15/nous-appartenons-a-un-gang

    « Nous appartenons à un gang quoiqu’il arrive nous sommes solidaires » (un policier anonyme, Le Parisien)1.
    Le passage à tabac et le viol à coup de matraque de #Théo Luhaka par des policiers a suscité des gestes de solidarité qui ne surprendront que ceux dont la mémoire sait se faire sélective. Lorsqu’un banal harcèlement policier « dégénère » en une violente agression, la corporation, choquée, organise une collecte d’argent « pour venir en aide aux familles des policiers suspendus ». Un policier, ému par la tragédie, s’inquiète : « ça va être dur pour les familles ». Et s’indigne : « c’est toute la corporation qui va manger. » Nous ne saurons pas s’il s’agit du même policier qui, sans ambages, présentait fièrement sa corporation à la manière d’une bande organisée de voyou, un « gang », à la solidarité inébranlable.

    Sans surprise, cette solidarité avec les agresseurs se manifestera avec conviction par les gradés et représentants syndicaux de la profession. Alors que le secrétaire général de l’Unité SGP #Police – FO exige le respect de la présomption d’innocence, un représentant d’Alliance ne se contente pas de présumer : « nous ne pouvons pas imaginer que des policiers se soient livrés volontairement à un acte aussi abject et nous continuons à leur apporter notre soutien ». L’enquête de la police des polices, l’#IGPN, dont la solidarité peut s’exprimer bien plus concrètement, s’empressera de trancher : il n’y a pas eu #viol, car il n’y a pas eu intention de violer. Il s’agit donc d’un « accident ».

    Le législateur n’avait pas envisagé le cas de figure : « l’acte de pénétration » qui caractérise légalement le viol, il n’avait pas songé à le qualifier « d’intentionnel », afin que la justice puisse distinguer, parmi les actes de pénétrations forcées, ceux qui relèvent du viol de ceux qui relèvent de « l’accident ».

    Anticipant craintivement qu’une aussi macabre solidarité n’amplifie la rage des habitants et le risque d’émeutes, l’ex-flic B. Beschizza, devenu maire de la commune d’Aulnay – et qui à ce titre a largement participé à amplifier la présence policière dans ses quartiers, – ne manqua pas de surprendre en adoptant, les premiers jours, une position qui choquera certains parlementaires : la requalification en « violences » du viol subit par Théo Luhaka « est vécue comme un détournement de vérité ». Qu’à cela ne tienne, ce détournement de la vérité, au profit des violeurs, fait depuis longtemps système : l’écrasante majorité des affaires de viol sont requalifiées en « agression sexuelle », et sont donc jugées en correctionnelle plutôt qu’aux assises.2 Dans le cas présent, l’enjeu ne se réduit certes pas à « désengorger » les tribunaux, mais consiste bel et bien à éluder tout caractère sexuel à une pénétration forcée. Mais après tout, ce ne serait pas une première.

    « D’un coup, j’ai senti un truc dans mes fesses. J’ai hurlé, je me suis allongé sur la banquette et j’ai pleuré ». Le témoignage et la plainte d’Alexendre T. suite à son interpellation le 29 octobre 2015, au cours de laquelle un policier l’a, lui aussi, violé avec sa matraque, mettrons longtemps à l’attention de quelques médias. Eux qui d’habitude sont si prompts à rappeler les « faits similaires qui se sont déjà produits » – ceux-là qui en effet permettent de mettre en perspective un événement qui autrement peut paraître exceptionnel – savent parfois rester discrets. Il faut dire qu’à l’époque, déjà, l’affaire n’avait pas fait grand bruit. Une semaine après le viol de Théo, seuls les sites de l’Humanité et de… LCI semblent estimer important de rappeler cette précédente « agression », pourtant largement d’actualité : jugé le 16 janvier, le verdict tombera le 20 février. Si l’on peut supposer que d’ici là, et à la suite de nombreux blogs et #médias alternatifs qui ont déjà jugé pertinent de corréler ces deux « faits divers », d’autres journaux « relayeront » enfin l’information, cette amnésie temporaire est clairement révélatrice d’un phénomène qui n’a rien d’anodin : ce ne sont pas seulement les policiers qui sont solidaires entre-eux lorsqu’il y a « bavure », mais aussi, de manière plus ou moins lucide, une très large part du discours médiatique. D’autant que le point commun entre ces deux événements ne se réduit pas à l’effroyable « coup de matraque horizontal » dans « les fesses ». Là aussi, l’inculpation pour « viol en réunion » à été requalifier par le parquet en « violence aggravées ». Mais cette fois-ci, seul le policier qui a « involontairement » sodomisé sa victime, dont le pantalon, comme de coutume, « a glissé tout seul », est poursuivie pour violence.

    En taisant cette autre affaire, ce que taise les médias, c’est aussi la « sévérité » de la #justice en pareilles occasions : le parquet a requis à l’encontre du violeur de l’agresseur 6 mois de prisons avec sursis, et une suspension d’un an…

    Si la clémence de la Justice envers les policiers qui violent et assassinent éclaire la manière dont les juges et procureurs apportent eux aussi leur soutien aux policiers inculpés, la solidarité sournoise des médias ne saurait être trop soulignée. Car au-delà de la qualification juridique, celle du discours journalistique n’est en rien innocente quant à l’impunité quasi-systématique des violences et crimes policiers. Face à la gravité de la situation, de nombreux articles ont certes parlé « d’agression violente ». Le réflexe bien ancré dans la profession d’euphémiser la violence des pratiques policières a cependant largement imbibé le traitement de « l’affaire Théo » : Le Parisien, France Soir, BFMTv, LCI et l’Express, ont notamment eu la délicatesse de parler « d’interpellation musclée ». Pour les journalistes comme pour les politiques, lorsqu’il y a « dérapage » de la part de la police, les passages à tabac, la torture et les meurtres sont qualifier de « bavures ». Les viols, eux, sont des « accusations » de la part des victimes, et exceptionnellement, un chef d’inculpation. Lorsque le mot est prononcé, ce sera donc très souvent entre guillemet. Et la présomption d’innocence d’être scrupuleusement respectée, jusqu’à l’absurde : ce sera « selon la victime » ou son avocat qu’il y aura eu viol, et aucun rapport médical, aussi accablant soit-il, ne saurait remettre en question la prudence des journalistes. Car sur l‘embarrassant « débat juridique » concernant la nécessité d’une « intentionnalité » du viol pour le qualifier de viol, les médias ont pour la plupart choisi leur camps, celui de l’IGPN : une pénétration forcée non intentionnelle n’est pas un viol.

    Police française, police tortionnaire

    #Torture. Le mot fut lâché par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), très peu d’articles le mentionneront. Le témoignage de Théo Luhaka a pourtant été retranscrit par tous : « ils m’ont mis plein de coups, des patates, m’ont matraqué les parties intimes, m’ont craché dessus. ». Mais parler de torture, au sujet de policiers français, reviendrait très certainement à outrepasser la savante neutralité du journaliste. Cela obligerait aussi à prendre au sérieux la parole d’un « bamboula », alors même qu’elle contredit la version policière. Et surtout, cela obligerait probablement à rappeler d’autres faits, et ainsi à « mettre en contexte » ce qu’il convient de présenter comme un fait divers. Informer, là encore, sur les « précédents de l’affaire Théo », et prendre le risque de donner aux violences policières les plus infamantes la dimension d’un phénomène de société.

    La torture et le viol (à l’aide d’une matraque) d’Ahmed Selmouni pendant sa garde à vue en novembre 1991 avait finalement abouti à une condamnation de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (#CEDH) en 1999. Deux ans auparavant, soit six ans après les faits, cinq policiers avaient été mis en examen, et condamnés à des « peines exemplaires » de 2 à 4 ans de prison ferme. Mais la corporation, exaspérée, avait largement manifesté sa solidarité, et finalement, les tortionnaires bénéficièrent en appel d’une mansuétude forcenée de la part du tribunal : trois mois ferme pour le commandant, du sursis pour les autres.
    Ce fut la première condamnation de la France par la CEDH pour des actes de tortures. Ce ne sera pas la dernière : en 2004, la CEDH condamnera la France à deux reprises pour « traitement inhumains et dégradants » au sujet de violences policières. Puis en 2010, suite à la torture de Yassine Darraj (16 ans) pendant un « interrogatoire » en 2001, dont il ressortit avec des « contusions du globe oculaire droit, du poignet et du dos, de multiples érosions cutanées du visage et du cou, de multiples hématomes du cuir chevelu [ainsi qu’] une fracture du testicule droit avec contusions et hématomes ».

    Mais mieux vaut ne pas trop remuer la merde. Comment, sinon, interpréterions-nous les propos de ce policier d’Alliance, qui « ne peut pas imaginer que des policiers se soient livrés volontairement à un acte aussi abject » ? Mieux vaut ne pas remettre sur le tapis les multiples rapports d’Amnesty International (2005, 2009, 2010, 2011, 20143…) sur l’ampleur des violences de la police française, et l’#impunité effarante dont elle bénéficie. Ne pas rappeler les 10 à 15 morts annuels dont est responsable la police. Ni le fait que parmi ces morts, un certain nombre sont victimes de la technique d’immobilisation dite « clé d’étranglement », dont le Comité Européen pour la prévention de la Torture (CPT) réclamait l’interdiction en 2002, avant d’être l’occasion d’une nouvelle condamnation de la France par la CEDH en 2007… Dur métier que celui de journalistes, qui d’ailleurs considèrent plus important de souligner les « conditions difficiles dans lesquelles s’exerce » le métier de policier.

    Le viol, « manquement à la déontologie » ou « tragique accident » ?

    Ils ne sont pas seuls, heureusement, à devoir manier habillement la langue française lorsque survient un tel « fait divers ». Et ce n’est peut-être pas tant envers les policiers qu’envers les politiciens que s’expriment leur solidarité sournoise. Alors même que le rapport médical établit sans aucune ambiguïté la gravité des blessures de Théo, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, n’a pas peur de parler de « sanctions », « s’il était avéré (sic) que les règles déontologiques, éthiques et de droit (re-sic) n’ont pas été scrupuleusement respectés »... Sous des airs de fermeté, c’est le doute qui avant tout s’affirme, et, au lieu de viol et de violences, de crimes, c’est de déontologie dont il serait question. C’est d’ailleurs sur le même registre que B. #Cazeneuve s’exprimera cinq jours après les faits : lorsqu’il réclamera la « plus grande fermeté », ce sera à propos de « manquements graves à la déontologie ». Plus tard, B. Le Roux parlera d’un « tragique accident ». La « plus grande fermeté », les « sanctions » et l’appel à ce que « justice soit rendue » ne signifient pas, on le comprend bien, l’exigence que soit appliquée la peine maximale encourue en cas de viol par « personne dépositaire de l’autorité publique », pas plus que celles prévues pour violences aggravées. Là encore, et contrairement à leurs habitudes, la presse restera globalement muette sur ce que (ne) risque (pas) les policiers.

    L’indignation elle-même sonne étrangement : c’est que Théo n’avait « rien à se reprocher », que c’est « un garçon exemplaire », « sans histoire »… Sous les masques de la compassion, se laissent déduire une logique effrayante : la pire des violences policières, lorsqu’elle s’abat sur un « jeune délinquant », serait relativement acceptable. Et elle est, de fait, globalement acceptée.

    « Tentatives d’apaisement »

    Derrière les éléments de langage politico-médiatiques, transparaît la recherche d’un équilibre impossible : ménager la police, ne pas attiser la colère. Et le rôle des médias est ici central. En ont-ils pleinement conscience ? L’homogénéité du traitement médiatique de ce genre « d’affaires » ne trahit pas seulement la part de stratégie qui y est consciemment mise en œuvre. C’est une position de classe qui s’exprime ici, et oriente l’analyse des journalistes. Et, plus encore, une position raciale. Blancs, et socialement « intégrés », l’expérience qu’ils ont de la police les persuadent qu’elle est, avant tout, au « service du citoyen et de sa protection ». C’est sous ce prisme qu’à leurs yeux le caractère scandaleux des « bavures » surgit : non pas comme une politique de domination, un système d’oppression visant des populations spécifiques, mais comme des actes isolés, des manquements circonstanciés ou exceptionnels à la « déontologie ». Ainsi, les lecteurs qui jouissent des mêmes privilèges verront leurs perspectives renforcées, plutôt que questionnées.

    Mais questionner, dans pareilles occasions, c’est prendre le risque d’attiser la colère. Comprendre que l’on envoie sciemment des policiers racistes et violents harceler une population noire ou arabe, dévoiler l’impunité systématique que la Justice orchestre lorsqu’une plainte dénonce des agressions ou des crimes policiers, révéler la banalité des insultes, des coups, des humiliations et attouchements qui sont cautionnés par l’État dans ces « zones de non-droit », c’est commencer à exposer le grotesque des « appels au calme » qui jugent « la colère légitime mais la violence inacceptable ».

    Pour autant, l’alternative n’est pas moins risquée : se taire, c’est se faire complice. C’est aussi donner l’exemple édifiant de ce qui est dénoncé lorsque l’on parle de racisme institutionnel et structurel.

    #Racisme_institutionnel

    Si la violence extrême d’un coup de matraque « porté horizontalement », qui pénètre et déchire « accidentellement » l’anus de la victime sur une dizaine de centimètres ne décourage en rien l’esprit de corps du « gang » des policiers, il faudrait être naïf pour s’étonner que le chargé de communication du syndicat Unité SGP Police Luc Poignant puisse manifester sa solidarité à la banalité du racisme dont on accuse la profession – n’est-elle pas majoritairement acquise au Front Nationnal4 ? Alors que le témoignage de Théo indique sans ambiguïté le caractère négrophobe de la violence des policiers – ce que la justice, elle aussi, considère théoriquement comme une circonstance aggravante – en rapportant les insultes qui ont accompagné son agression et son viol (« négro », « #bamboula »), c’est décomplexé que Luc Poignant affirme sur un plateau télé : « bamboula, ça reste à peu près convenable ». L’incitation à la haine racial de la part d’un « gardien de la paix » sur un média à large audience (circonstance aggravante…) ne sera probablement pas condamnée comme telle. Le plus terrible n’est pas là. Le plus terrible, c’est que l’illustration la plus flagrante de la banalité du racisme au sein de la police ne sera probablement même pas perçu comme telle. Qui oserait parier que la dimension négrophobe de l’agression soit reconnue lors du procès ? Ce que ce policier confirme aux yeux de tous, c’est que l’insulte « bamboula » fait parti du registre plutôt modéré de la haine raciale qui s’exprime ordinairement, de la part de la police, envers les personnes noires. Et ce racisme ordinaire n’est, bien entendu, pas le propre de la police : l’ancien magistrat Philippe Bilger affirmera quelques jours plus tard qu’il s’agit là d’un terme « presque affectueux »5.

    Qu’importe l’institutionnalisation de la violence et du racisme, le discours politico-médiatique tient bon : rien ne saurait justifier l’émeute. Pas de quoi, non plus, relayer les exigences d’associations aux méthodes citoyennes mais manifestement inaudibles : démantèlement de la BAC et autres brigades de « terrains », désarmement de la police, rénovation urbaine... A peine parlera-t-on de la promesse de Hollande d’instaurer la remise d’un récépissé lors des contrôles d’identité. Fallait-il seulement espérer qu’un débat s’installe sur le renforcement continu de l’arsenal policier ? Ou sur l’assouplissement des conditions de « légitime défense » des policiers voté au même moment ?6 Lorsque des policiers organisent des manifs sauvages, cagoulés, avec leurs armes et véhicules de services, politiciens et médias savent faire preuve de bienveillance, et, compréhensifs, les élus ne se contentent plus d’accroître une énième fois les moyens et les armes des forces de l’ordre : ils promulguent des lois pour garantir l’impunité.

    Les événements s’enchaînent, et jours après jours, l’exercice d’euphémisation et d’occultation de la part des médias se fait plus périlleuse. La journaliste de l’Humanité7 avoue son « trouble » lorsqu’elle divulgue que « l’actuel commissaire divisionnaire, qui règne aussi sur tout le district nord-est de la Seine-Saint-Denis, a déjà été mis en cause dans un scandale de #violences_policières ». Février 2004 : « Finalement extrait de l’habitacle et tabassé, il finit sur le goudron, pantalon et slip baissés, un cerceau d’enjoliveur entre les fesses. Bilan : un nez cassé, sept jours d’ITT. Les policiers, accuse-t-il, l’ont « menacé de sodomie ». La scène a bien été filmée, mais l’inspection générale des services (IGS), immédiatement saisie, ne parvient pas à mettre la main sur les images, détruites. » Comme toujours, la Justice fait preuve de fermeté : « Le gardien de la paix qui a reconnu, à l’audience, avoir placé l’enjoliveur « entre les cuisses » du conducteur interpellé est condamné à un an de prison avec sursis et trois ans d’interdiction professionnelle. Le capitaine reconnu coupable de « destruction de documents pour faire obstacle à la manifestation de la vérité » prend dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis et trois ans d’interdiction professionnelle. Le commissaire Vincent Lafon [actuel responsable des policiers aujourd’hui incriminés], écope, lui, d’un an de prison avec sursis et d’un an d’interdiction professionnelle pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit ». Parallèlement, Mohamed K. porte plainte contre des policiers ayant participé à l’agression de Théo : une semaine auparavant, lui aussi fut tabassé par ces gardiens de la paix. Faut-il préciser que les insultes racistes accompagnaient les coups ?

    La période de campagne présidentielle n’y fait rien : ce qui « s’invitent dans la campagne », ce ne sont pas les violences policières, mais celles des manifestants qui réclament justice8. Des centaines d’arrestations, des condamnations de manifestants qui sont d’ores et déjà prononcées, dont certaines pour « embuscade »9. Imagine-t-on l’émoi que cela aurait provoqué si, lors des manifestations contre la loi travail, la police avait tiré à balles réelles10 ? Le caractère particulièrement déchaîné de la répression contre les manifestants d’alors – majoritairement blancs – avait laissé entrevoir quelques brèches au sein du discours médiatique : certains journalistes entreprirent de mettre des guillemets au terme de « #casseurs », des « intellectuels » signaient une tribunes pour dénoncer son instrumentalisation11 tandis que d’autres appelaient la « jeunesse » à « se permett[re] tout ce qu’il lui semblera nécessaire d’expérimenter »12. Libération proposait un entretien avec un « casseur et une casseuse » qui participait à déconstruire la figure fantasmatique habituellement véhiculée par le discours idéologique dominant13... Force est de constater que les émeutiers des quartiers ne suscitent pas chez les journalistes et intellectuels les mêmes réflexions. Qu’importe qu’ils subissent de manière bien plus systématique l’oppression policière, c’est en tant que non-blancs qu’ils sont victimes. Leur révolte, et la répression qu’elle endure, n’éveille donc pas les mêmes sympathies.

    Pas de justice, pas de paix

    Des prises de positions de la part de ceux qui disposent d’une certaine audience tentent d’infléchir la situation – suffiront-elles ? L’appel des artistes contre l’impunité des violences policières affirme : « Nous refusons que les habitants des quartiers populaires qui sont quotidiennement frappés par la violence économique et la violence raciste soient également abandonnés à l’insécurité, aux mensonges, à une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre et au jeu dangereux des politiques qui tentent de monter les citoyens les uns contre les autres. »14. Le syndicat Solidaire 93 ne se résout pas , lui non plus, à la timidité coupable des journalistes et politiques : « Les tergiversations des policiers, de l’IGPN et des médias sont tout simplement inadmissibles et banalisent l’acte de viol, or ce qui a eu lieu ne peut trouver aucune excuse quelle que soit la situation et la personne victime. »15

    L’enjeu d’une solidarité forte, en parole et en acte, de tous ceux qui ne subissent pas la violence policière dans sa dimension raciste et coloniale, mais qui pour autant partage la colère et la rage des racisé·e·s qui y font face, est un enjeu dont l’urgence et la gravité appelle une détermination sans faille. Les nombreuses manifestations de soutiens et la diversité des participants au rassemblement de Bobigny semblent indiquer que nous sommes déjà un certain nombre à prendre la mesure de cet enjeu. Faisons en sorte d’être de plus en plus nombreux.

    Pas de justice, pas de paix.

    #JusticepourThéo #JusticepourTous

    https://seenthis.net/messages/570330 via Ghald


  • Pour @philippe_de_jonckheere et toutes celles et ceux que cela peut intéresser, la revue de presse hebdomadaire de #Tristan_Nitot sur la #vie_privée, la #surveillance, les #libertés_civiles et la #culture_numérique
    http://standblog.org/blog/post/2017/02/12/En-vrac-du-dimanche

    Avec dans cette dernière édition des belles trouvailles en miroir, comme « How to Avoid Being Psychologically Destroyed by Your Newsfeed »
    http://www.anndouglas.net/blog/2017/1/30/how-to-avoid-being-psychologically-destroyed-by-your-newsfeed

    et « What The Fuck Just Happened Today ? », sous-titré « Logging the daily shock and awe. » (lancé après l’intronisation de Trump)
    https://whatthefuckjusthappenedtoday.com

    https://seenthis.net/messages/570278 via intempestive



  • Le Haut-Rhin a décidé d’assortir la distribution du #RSA à une peine de #bénévolat ! - La cgt
    http://www.cgt.fr/Le-Haut-Rhin-a-decide-d-assortir.html

    Faisant fi de tous les principes liés à l’aide sociale et déjà retoqué par le tribunal administratif de Strasbourg en 2016, le conseil départemental n’en démord pas : les bénéficiaires du RSA seraient responsables de la situation d’inactivité dans laquelle ils se trouvent. Il ne faudrait pas qu’ils s’y complaisent. C’est pourquoi un contrat d’engagement réciproque (CER) va leur être proposé assorti d’action(s) de bénévolat ; les manquements pouvant conduire à #sanctions : suspension de l’allocation voire radiation du dispositif.

    La protection des personnes vulnérables est un droit constitutionnel. Les personnes inscrites dans la grande #pauvreté le sont souvent pour des facteurs multiples : ruptures dans leur vie personnelle, sociale, avec le monde du travail, les enfermant dans un processus d’#exclusion les marginalisant un peu plus. Le contrat du RSA est avant tout conçu comme un support au service de l’insertion socio-professionnelle du bénéficiaire.

    Dévoyant le principe même du bénévolat basé sur le don et le contre-don, voilà un dispositif qui va à nouveau permettre d’utiliser des travailleurs gratuitement. L’#esclavage n’est pas mort, il s’est juste modernisé sous les oripeaux d’une conception de l’intérêt général fondée sur une #politique de la #discrimination.

    Le bénévolat conclu dans le CER constitue l’étape ultime à l’ubérisation du travail, sans compter évidemment l’occupation de postes de #travail en substitution des salariés et un effet domino possible sur le #chômage. Le patronat en rêvait, le conseil départemental du Haut-Rhin l’a réalisée : la #gratuité du travail.

    #exploitation #guerre_aux_pauvres @aude_v

    https://seenthis.net/messages/570295 via Agnès Maillard



  • The United States Used Depleted Uranium in Syria | Foreign Policy
    http://foreignpolicy.com/2017/02/14/the-united-states-used-depleted-uranium-in-syria

    Officials have confirmed that the U.S. military, despite vowing not to use depleted uranium weapons on the battlefield in Iraq and Syria, fired thousands of rounds of the munitions during two high-profile raids on oil trucks in Islamic State-controlled Syria in late 2015. The air assaults mark the first confirmed use of this armament since the 2003 Iraq invasion, when it was used hundreds of thousands of times, setting off outrage among local communities, which alleged that its toxic material caused cancer and birth defects.

    U.S. Central Command (CENTCOM) spokesman Maj. Josh Jacques told Airwars and Foreign Policy that 5,265 armor-piercing 30 mm rounds containing depleted uranium (DU) were shot from Air Force A-10 fixed-wing aircraft on Nov. 16 and Nov. 22, 2015, destroying about 350 vehicles* in the country’s eastern desert.

    #uranium_appauvri #armement #Syrie #États-Unis

    https://seenthis.net/messages/570267 via odilon


  • De la confiture aux cochons : l’envers du décor de l’#aquaculture - Bloom Association
    http://www.bloomassociation.org/dossier-peche-minotiere
    http://www.bloomassociation.org/wp-content/uploads/2017/02/BLOOM-Couv-Pe%CC%82che-minotie%CC%80re-115x161.jpg

    Comment la pêche industrielle réduit des poissons parfaitement comestibles en farines pour les élevages de poissons, de porcs et de volailles.

    BLOOM a plongé dans le monde opaque de la « pêche minotière » qui capture les poissons situés en bas de la chaîne alimentaire — comme les sardines et les anchois — afin de les réduire en farines et en huile pour alimenter les poissons d’élevage, les porcs et les volailles, bien que 90% des poissons ciblés soient parfaitement comestibles par les humains.

    #pêche_minotière #alimentation

    https://seenthis.net/messages/570125 via vazi


  • Les langues se délient et les organes de presse « décodex-compatibles » s’en font les relais (comme si avant cela n’existait pas).

    Mohamed K., ami de Théo, raconte son passage à tabac par le même policier - L’Obs
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170213.OBS5270/aulnay-sous-bois-mohamed-k-ami-de-theo-raconte-son-passage-a-ta

    Une semaine avant Théo, pénétré par une matraque téléscopique, son ami, sorti acheté une baguette de pain, dit avoir été roué de coups sans motif par la Brigade spécialisée de terrain. Récit.

    https://seenthis.net/messages/569719 via Sombre Hermano


  • Choisir ses occupants - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Choisir-ses-occupants.html
    http://www.metropolitiques.eu/IMG/arton1047.jpg?1483718576
    Quand le #squat artistique valorise un quartier en perte de vitesse : ou comment le #capitalisme #foncier se refait la pomme sur le dos de ses contestataires.

    La théorie de la rente foncière suggère que l’occupation temporaire peut augmenter la valeur d’un bien, à travers la conversion de la valeur d’usage créée par le #collectif occupant en une valeur d’échange au moment de la vente du bien. Les collectifs disposent, en effet, des compétences pour mettre en visibilité un lieu. Même un hangar standardisé comme la halle Papin à Pantin ou une structure hospitalière comme Saint-Vincent-de-Paul deviennent singuliers, attractifs, valorisés, grâce aux savoir-faire et au travail de décoration et d’animation des associations SoukMachines et Plateau urbain [6]. En créant des événements (ateliers, soirées, expositions), ces collectifs captent des populations extérieures aux quartiers concernés et qui, autrement, ne les fréquenteraient pas [7]. Ce travail revient à la production de « goodwill » (Veblen 1908), c’est-à-dire à la création de perspectives positives sur un actif matériel. Au moment de la vente du bien, ce goodwill permet une « création de richesses matérielles à partir d’actifs immatériels » accumulés lors de l’occupation (Veblen 1908, p. 120 ; traduction de l’auteur).

    Cette valorisation ne se limite pas au périmètre du site occupé, mais à des effets (supposés, au moins) sur son environnement. Dans le cas du 6b, la structure et son animation sont maintenues, alors que Brémond, propriétaire du bâtiment, vend les appartements qu’il construit sur les terrains alentours. Ce dernier met en avant « un nouvel art de vivre » dans « un patrimoine valorisé par la présence d’artistes » [8]. Cette utilisation des artistes à des fins de #gentrification est, de fait, employée de façon assez systématique par les promoteurs immobiliers à New York [9]. Il renvoie à l’internalisation de la « critique #artiste » par les entreprises (Boltanski et Chiapello 1999), ici pour faire des profits au moyen de la rente foncière.

    https://seenthis.net/messages/570156 via Agnès Maillard


  • De Trump à Léophane : d’une débâcle journalistique à une victoire désinformationnelle ? | Sciences communes
    http://scoms.hypotheses.org/775

    On est ainsi face à la création délibérée de fausses informations et le vandalisme de diverses ressources sur l’encyclopédie en ligne. Si l’on y regarde de plus près, une telle démarche est irrespectueuse quant au travail entièrement bénévole des modérateurs, administrateurs et contributeurs de Wikipédia. Ceux-là ont ainsi raison de se sentir dénigrés et pris pour des “rats de laboratoire”. La démarche de P. Barthélémy est d’autant plus incompréhensible qu’elle émane d’un compte utilisateur “jetable” (Pomlk2) et de plusieurs adresses IP : toutes les éditions sont donc faites anonymement, même s’il est très facile d’identifier à quelle institution appartient l’adresse. Si un tel anonymat peut être évoqué pour mimer une prétendue démarche de “fausseur”, on ne comprend pas pourquoi l’équipe de modération Wikipédia n’est pas informée. Par conséquent, l’une des adresses IP utilisées par P. Barthélémy, appartenant aux adresses du Monde, est bloquée pour neuf mois pour vandalisme. Bel exploit.

    Il y a un abus de confiance de la communauté des contributeurs Wikipédia. P. Barthélémy s’est longuement entretenu avec deux des administrateurs de Wikipédia en français et, malgré l’assurance de ses bonnes intentions, les actes en disent autrement. Ainsi, initialement P. Barthélémy parlait d’“une expérience […] sur la vérifiabilité des infos sur Internet à l’heure des fake news” ; lors de son échange avec Jules, admin Wikipédia : “[l]e but (« avoué ») de l’expérience était de mettre en lumière les limites de l’encyclopédie”. Finalement, avec la publication de l’article de P. Barthélémy, on lit un appel de “mise en quarantaine” a priori des contributions.

    Cette transformation pose de nombreux problèmes : il s’agit de création avouée et élaborée de fausses informations et de vandalisme de pages pré-existantes mais aussi de non-prise en compte de l’historique de ce genre de débats. Cette mise en quarantaine a déjà fait débat et ce de nombreuses fois… depuis 2007 : sa mise en œuvre sur la Wikipédia Germanophone débouche sur des délais d’attentes considérables (deux semaines pour approuver une contribution) et a probablement contribué au déclin significatif de la participation depuis son activation en 2008. Un sondage proposant la mise en place d’un système similaire sur la Wikipédia francophone avait été très largement rejeté en 2009 (78% d’opposition), notamment sur la base de ces résultats empiriques. Par ailleurs, les réponses au tweet de P. Barthélémy sur la question sont sans exception en opposition.

    Il n’y a qu’à remonter les tweets outragés de nombreux professionnels de la recherche pour se rendre également compte de l’image qu’une revendication de la part de P. Barthélémy donne de la pratique de la science : il suffit d’avoir une idée dans l’air du temps et d’aller vandaliser quelques pages web pour être chercheur donc ? Dans un pays où les chercheurs sont dévalorisés, leurs moyens financiers inexistants et où la médiation et la communication scientifiques sont en voie de disparition, avons-nous vraiment besoin d’une telle démarche de la part du “Passeur de Sciences” du Monde ?

    Et si l’on transposait cette même démarche ?

    “Vous êtes journaliste au Monde. Avez-vous tenté de faire des erreurs volontaires dans un sujet obscur destiné au journal papier  ? sur le journal en ligne  ? Avez-vous même tenté de faire un faux sur votre blog et voir s’il serait détecté  ?

    Je doute que ce soit bien vu. Il s’en trouvera pour dire que ça montre les failles d’un journal qui se veut sérieux, ou que vous transformez après coup le contenu erroné en fausse expérience, ou qu’à tout le moins ils ne pourront pas se fier au contenu à l’avenir faute de savoir si c’est une nouvelle expérience. Ne parlons même pas du risque d’un mauvais buzz où les gens n’entendent parler que de l’erreur mais pas de l’explication qui suit.”

    #wikipedia #vandalisme #éthique #communs

    https://seenthis.net/messages/570027 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • CIA director gives medal to top Saudi royal
    http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2017/Feb-12/393277-cia-director-gives-medal-to-top-saudi-royal.ashx

    The heir to Saudi Arabia’s throne has been awarded a medal by the new director of the U.S. Central Intelligence Agency, who honored his counterterrorism work.

    Mike Pompeo, making his first overseas tour since being confirmed as spy agency chief in late January, made the presentation to Crown Prince Mohammed bin Nayef at a weekend ceremony, the official Saudi Press Agency (SPA) said.

    https://seenthis.net/messages/569077 via Nidal


  • La fausse spontanéité des meetings de Macron dévoilée par une vidéo RTS - Marc Renfer - 14 Février 2017
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/8387956-la-fausse-spontaneite-des-meetings-de-macron-devoilee-par-une-video.html

    Angles minutieusement choisis lors de la diffusion, militants téléguidés en direct via un service de messagerie : une vidéo publiée sur internet décortique l’envers du décor des meetings du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron.

    https://www.youtube.com/watch?v=E9t08A3TylA


    « Lâchez des ’bravos’, des ’il a raison’, du spontané ! » "Je veux du ’Macron Président !’ et du ’On va gagner !’" Ces injonctions ont été reçues via la messagerie Telegram par les membres de la « Team ambiance » du mouvement politique d’Emmanuel Macron, et ce en plein meeting du candidat à la présidentielle française à Lyon le 4 février dernier.
    http://www.rts.ch/2017/02/14/17/15/8388002.image?w=900&h=645.jpg
    Les mots d’ordre reçus et repris par la « Team Ambiance » durant le discours d’Emmanuel Macron. [DR] 

    Cette « Team ambiance » - équipe constituée de militants dédiés à assurer un climat d’enthousiasme lors des rassemblements politiques - a été infiltrée par Christophe Geoffroy. https://twitter.com/Topper_Fr Ce Français de 38 ans a expliqué à la RTS avoir été « étonné par l’ambiance terriblement artificielle » qui se dégageait des meetings d’Emmanuel Macron, en particulier celui tenu à Lille à la mi-janvier.
    Après une rapide inscription sur la plateforme du mouvement « Les jeunes avec Macron », le « simple développeur informatique » comme il se définit lui-même, dit avoir été intégré à un groupe de discussion dédié au meeting de Lyon d’Emmanuel Macron.
    De son expérience en immersion, il a produit une vidéo publiée sur YouTube lundi, qui dévoile la façon dont les mots d’ordre reçus sur les smartphones sont repris religieusement par les militants au moment opportun.
    Les captures d’écran de la totalité des échanges ont été mises en ligne https://drive.google.com/drive/folders/0B-SDFn0qJMZsM0l6T2lyYVN1LWs par Christophe Geoffroy, où l’on découvre que les organisateurs, très satisfaits de la performance, annoncent que la « Team ambiance » est invitée à une soirée en boîte de nuit.
    S’il affiche son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, il assure avoir produit ce document pour dénoncer « des pratiques fortement discutables », et pas directement pour favoriser le candidat de la France insoumise.
    Contacté par e-mail, le mouvement En Marche ! n’a pas encore donné suite aux questions de la RTS au sujet de la vidéo et de ces pratiques.
    http://www.rts.ch/2017/02/14/17/13/8388565.image?w=900&h=506.jpg

    BONUS
    https://www.youtube.com/watch?v=jlGbjnctazQ

    #macron #emmanuel_macron #en_vedette #loi_macron #trucage #propagande #France #PS #Banquiers # truqueur (comme les autres)

    https://seenthis.net/messages/570065 via BCE 106,6 Mhz



  • « Marre de se faire ubériser » : des livreurs à vélo organisent la course Syndi’cat
    https://rebellyon.info/Marre-de-se-faire-uberiser-des-livreurs-a-17469

    Ils livrent des repas aux quatre coins de Lyon. Certains ont décidé de s’organiser contre les grosses plateformes de livraison, Deliveroo, Foodora, Uber Eats, Stuart… Ils ont créé un club, ouvert un local et sont en train d’inventer leur forme de syndicalisme. Le 4 février, pour fédérer d’autres coursiers, ils organisaient à Lyon la Syndi’Cat, une course d’orientation. Des contributeurs de Rebellyon les ont rencontrés à cette occasion.

    #Infos_locales

    / #Salariat_-_précariat, #Manchette, #Syndicalisme-mouvement_ouvrier

    https://seenthis.net/messages/569854 via Rebellyon


  • Espaces vécus de la cour de récréation et inégalités de genre — Géoconfluences

    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/espaces-vecus-de-la-cour-de-recreation-et-inegalites-de-genr

    Espaces vécus de la cour de récréation et inégalités de genre
    Publié le 14/02/2017

    Matilda est une plate-forme consacrée à l’égalité filles-garçons, qui propose plus de 80 vidéos, accompagnées de ressources pédagogiques, sur les thématiques de l’égalité entre les sexes, dans tous les domaines. Le projet est né le 1er février 2017 avec le soutien du Département du développement et de la diffusion des ressources numériques ainsi que par la Direction générale de l’enseignement scolaire du ministère de l’Éducation nationale, du ministère de la Culture, et du ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

    Voir La cour de récréation, avec Édith Maruéjouls, géographe. Séquence vidéo de 6 minutes avec document d’accompagnement et ressources pour la classe. La géographe fait réfléchir les élèves à leurs pratiques spatiales de la cour de récréation, et aux présupposés de genre leur permettent de s’approprier ou non les espaces dans lesquels ils transitent ou stationnent. C’est également l’occasion de travailler avec eux à l’élaboration d’une carte mentale et de réfléchir au rôle des sciences sociales.

    Autre vidéo de cette plate-forme avec la même chercheuse : Géographie sociale, géographie du genre.

    https://seenthis.net/messages/569879 via Reka