7h37

La sélection de Seenthis, maison-mère du Zinc. Une minute plus tard.

  • Chalet suisse, villa californienne... Johnny Hallyday, 40 ans de démêlés avec le fisc
    https://tempsreel.nouvelobs.com/culture/johnny-hallyday/20171206.OBS8799/chalet-suisse-villa-californienne-johnny-hallyday-40-ans-de-dem
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16344311.jpg

    1975 : Johnny Hallyday n’a que 32 ans et déjà des démêlés avec le fisc, qui lui réclame des millions en arriérés d’impôts.

    10 février 2017 : Après plusieurs années de procédures, Johnny Hallyday est définitivement condamné pour avoir dissimulé des revenus au fisc. Les dividendes de la société Pimiento Music SAS, qui gère les droits de ses chansons, étaient envoyés dans un paradis fiscal, via le Luxembourg. Le chanteur doit verser 139.000 euros, beaucoup moins que les 9 millions d’abord réclamés.

    https://seenthis.net/messages/650552 via touti



  • La lanceuse d’alerte qui avait dénoncé des maltraitances envers des enfants porte plainte - 04/12/2017 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/04/2697682-ime-moussaron-a-condom-une-plainte-pour-harcelement-moral.html
    https://static.ladepeche.fr/content/media/image/zoom/2017/12/04/20171204145345401-0.jpg
    Comme dirait l’autre, « elle a du clito ! »

    Soutenue par un avocat du barreau de Toulouse, la lanceuse d’alerte Céline Boussié, 38 ans, domiciliée à Agen, n’a pas attendu d’être relaxée par le tribunal correctionnel de la ville pour contre-attaquer. En janvier 2017, elle a porté plainte pour harcèlement moral avec constitution de partie civile contre sept membres de la Maison des enfants de Moussaron (Gers) dont la déléguée syndicale Force Ouvrière. La plainte a été déposée auprès d’un juge d’instruction d’Auch.

    C’est d’ailleurs à Auch que le procureur de la République a classé sans suite neuf des dix plaintes déposées par les familles d’enfants admis dans cet établissement épinglé par l’Inspection générale IGAS et par un rapport de l’agence régionale de santé (ARS) de Midi-Pyrénées en 2013 et 2014.

    Le 21 novembre dernier, Céline Boussié a été relaxée du chef de diffamation par ledit tribunal correctionnel, après deux ans de procédure. Sur Europe 1 et LCI, cette lanceuse d’alerte proche de la France Insoumise avait décrit une « maltraitance institutionnelle » au sein de l’institut médico-éducatif.

    https://seenthis.net/messages/650347 via Agnès Maillard


  • Le Crif a une idée qu’elle est bonne : Le Crif appelle Macron à reconnaître à son tour Jérusalem comme capitale d’Israël
    http://fr.timesofisrael.com/le-crif-appelle-macron-a-reconnaitre-a-son-tour-jerusalem-comme-ca

    « Le Crif salue la décision historique du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et le transfert prochain de l’ambassade des États-Unis », écrit dans un communiqué l’organe de représentation politique de la première communauté juive d’Europe.

    Il « appelle le président Emmanuel Macron à engager notre pays dans la même démarche courageuse ». Au même moment, le chef de l’Etat français, qui s’exprimait à Alger, a qualifié de « regrettable » la décision que venait d’annoncer Donald Trump.

    https://seenthis.net/messages/650243 via Nidal


  • Géographie du #sexisme
    Christine Delphy et Sylvie Tissot, Les Mots Sont Importants, 24 mars 2009
    http://lmsi.net/Geographie-du-sexisme

    Des discours autorisés sur la violence faite aux femmes au pays de #Johnny Hallyday

    En 1976, Johnny Hallyday, notre chanteur 100% national, ne chantait-il pas : « Je l’aimais tant que pour la garder je l’ai tuée » ?

    https://www.youtube.com/watch?v=fCTCPD1itEg

    En 1966, déjà, « Les coups »
    https://www.youtube.com/watch?v=KFPblZCH0q8

    #lourd_comme_un_cheval_mort

    https://seenthis.net/messages/650283 via Dror@sinehebdo


  • Enseignement public, 10 millions virés au privé
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/12/07122017Article636482283536652671.aspx

    Un décret publié au J.O. du 7 décembre prélève 20 millions sur les crédits du second degré pour les répartir entre enseignement scolaire et supérieur. Si 5 millions passent d’une caisse à l’autre de l’éducation nationale et 5 millions de l’éducation nationale vers l’enseignement supérieur, 10 millions sont prélevés sur les crédits de l’enseignement secondaire public et versés à l’enseignement privé.

    Décret n° 2017-1661 du 6 décembre 2017 portant virement de crédits
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036156310&dateTexte=&categorieLie
    NOR : CPAB1734056D
    ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/12/6/CPAB1734056D/jo/texte
    Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/12/6/2017-1661/jo/texte

    Le Premier ministre,
    Sur le rapport du ministre de l’action et des comptes publics,
    Vu l’article 12-I de la loi n° 2001-692 du 1er août 2001 portant loi organique relative aux lois de finances ;
    Vu la loi de finances et les textes portant ouverture et annulation de crédits pour 2017,
    Décrète :

    Article 1

    Sont annulés, pour 2017, des crédits d’un montant de 20 000 000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables au programme du budget général mentionné dans le tableau 1 annexé au présent décret.

    Article 2

    Sont ouverts, pour 2017, des crédits d’un montant de 20 000 000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 2 annexé au présent décret.

    Article 3

    Le ministre de l’action et des comptes publics est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

    https://seenthis.net/messages/650345 via unagi



  • Gros effort contre l’écriture inclusive, aujourd’hui…

    – Harcèlement : les "briseurs de silence" désignés "personnalité de l’année" par "Time magazine"
    https://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20171206.OBS8812/harcelement-les-briseurs-de-silence-designes-personnalite-de-l-

    – Harcèlement : Merkel salue les "Briseurs de silence" récompensés par le magazine Time
    http://www.bfmtv.com/international/harcelement-merkel-salue-les-briseurs-de-silence-recompenses-par-le-magazine-

    – Celles qui ont « brisé le silence » désignées « personnalité de l’année » par le « Time »
    http://www.lepoint.fr/monde/time-designe-les-briseurs-de-silence-comme-personnalite-de-l-annee-06-12-201

    « Pour avoir donné une voix à des secrets de Polichinelle, pour être passés du réseau des chuchotements aux réseaux sociaux, pour nous avoir tous poussés à arrêter d’accepter l’inacceptable, les briseurs de silence sont personnalité de l’année », a-t-il ajouté, cité dans un communiqué du magazine.

    – Les "briseurs de silence", "personnalité de l’année" 2017 selon "Time Magazine"
    http://www.ozap.com/actu/les-briseurs-de-silence-personnalite-de-l-annee-2017-selon-time-magazine/544532

    Et comme ça sur des dizaines de (gros) supports…

    C’est d’autant plus crétin que le Time a ostensiblement rebaptisé le titre « Man of Year »/« Woman of the Year » en « Person of the Year » depuis… 1999.

    https://seenthis.net/messages/650247 via Nidal


  • Jean d’Ormesson : sa face obscure et négationniste. | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/051217/jean-dormesson-sa-face-obscure-et-negationniste

    e confesse que je n’ai pas lu les livres du « héros national » Jean d’Ormesson. A chaque fois que j’ai feuilleté un, il m’est tombé des mains. De plus ses minauderies télévisuelles et sa roublardise m’ont dissuadé de persister. Il sera donc ici question de ses positions dans des domaines aussi tragiques que les génocides : celui des Tutsi au Rwanda en 1994 et celui des Arméniens.

    #négationisme #nationalisme #racisme

    https://seenthis.net/messages/650146 via Reka


  • Jean d’Ormesson au Rwanda, un touriste ravi
    http://kagatama.blogspot.fr/2008/10/jean-dormesson-au-rwanda-un-touriste.html?m=1

    Pourtant, chaque fois que je tombe sur lui, je me sens mal, et je n’ai pas envie de chanter que « la vie est belle ». Un jour un ami surpris me demanda pourquoi je ne le supportais pas, pour lui il n’était qu’un inoffensif vieil homme cabotin et narcissique. Peu de Français le savent mais Jean d’Ormesson est plus que cela. Il est un pionnier. A l’heure où les premiers touristes de l’espace cherchent des sponsors pour se payer leur rêve, Jean d’Ormesson a été il y a quatorze ans, le premier touriste à aller voir un génocide de ses propres yeux. Source : Le Blog de Kagatama, octobre 2008

    https://seenthis.net/messages/650065 via Rezo


  • Follow that stork! How animals move through cities – mapped | Cities | The Guardian
    https://www.theguardian.com/cities/gallery/2017/dec/06/mapping-how-animals-interact-with-cities?CMP=share_btn_tw

    New technology allows us to map the movements of #animals in stunning detail. These seven #maps from Where the Animals Go offer a glimpse into the lives of animals trying to make their way in our increasingly #urbanised world

    https://i.guim.co.uk/img/media/516cf98acc7bbe2c469a6bc151a7bc4dffc4b2ea/0_0_1920_1280/master/1920.jpg?w=1010&q=55&auto=format&usm=12&fit=max&s=0dda4a89343f19686bbefb23032fd041

    The #gulls who crave crisps
    Gulls are well-known for scavenging on our leftovers, and it turns out they’re happy to fly long distances to do this. Many gulls from a Belgian breeding colony took excursions to cities in the UK, but researchers spotted that they also headed south to Mouscron, a city on the French border 65 kilometres away where the birds were bingeing on discarded potatoes at the Roger & Roger crisp factory. Orange lines are from a gull named Eric, red are Roxanne and purple Harry. All other gulls are blue. Source: Lifewatch INBO

    https://seenthis.net/messages/650143 via celine.a


  • On dit numérique et pas digital (bordel) ! – 24 jours de web
    https://www.24joursdeweb.fr/2017/on-dit-numerique-et-pas-digital-bordel

    Notre jargon est souvent utilisé comme des formules magiques. Utiliser un terme à consonance anglophone est trop souvent un moyen d’oublier ce qu’il veut dire pour y attacher un sens semi-mystique. Les connotations que nous y apportons nous sont propres et n’aident même pas à faciliter les échanges

    #jardon #digital #anglicismes

    https://seenthis.net/messages/649832 via tetue


  • Prehistoric Females Were Strong As Hell - D-brief
    http://blogs.discovermagazine.com/d-brief/2017/11/29/ancient-prehistoric-women-farming-strong
    http://blogs.discovermagazine.com/d-brief/files/2017/11/shutterstock_715062724.jpg

    Compared to hunting and gathering, farming can seem like pretty easy work. But the skeletons of Central European women who lived during agriculture’s earliest days would like to tell you otherwise.

    An analysis of prehistoric women’s upper arm bones shows they took on formidable tasks of manual labor, likely during the course of tilling, harvesting and otherwise managing farm fields.

    And the hard work left them pretty beasty — it was enough to make them stronger even than modern female competitive athletes today, researchers say.
    Bad to the Bone

    Cambridge archaeologist Alison Macintosh led a team of scientists who published a study Wednesday in Science Advances comparing the bone structure of modern female athletes to female farmers in the Neolithic period and Bronze and Iron Ages.

    Not only is this the first study to compare the bones of ancient women to those of women today, but the research is also notable for not using male skeletons as a comparison point.

    Previous bioarchaeological studies of prehistoric behavior compared the skeletons of women directly to the skeletons of men. Because men’s bones bulk up more noticeably in response to strain, these studies made it appear as though women weren’t doing a lot of the heavy lifting — both literally and figuratively.

    The researchers say these unequal male-to-female skeletal comparisons have resulted in an underestimation of the physical tasks women took on in ancient times. It’s also obscured some of the differences in how men and women worked.

    https://seenthis.net/messages/649558 via unagi




  • #Claire_Potter : Harvey Weinstein et la question des complices
    https://tradfem.wordpress.com/2017/12/04/claire-potter-harvey-weinstein-et-la-question-des-complices

    https://tradfem.files.wordpress.com/2017/12/imrs.jpg Moi, j’aimerais savoir ce qu’aurait dit Andrea Dworkin à propos de Harvey Weinstein.

    Cela fait un demi-siècle que #Dworkin – participante controversée à la première génération de féministes radicales à réfléchir aux violences sexuelles – et ses consœurs de la deuxième vague du féminisme ont amorcé la conversation contemporaine à propos de ces violences, et j’ai parfois l’impression que cette conversation piétine. Voyez par exemple le fait que les agressions sexuelles répétées de #Weinstein contre les femmes étaient un secret de polichinelle dans le monde du cinéma, du journalisme et de la politique depuis au moins 30 ans. C’est dire que des centaines de personnes ont conspiré pour dissimuler son comportement de prédateur.

    Oui, conspiré. C’est cette conspiration, ainsi que la façon dont elle a pris fin, qui m’amène à me demander ce que Dworkin elle-même aurait pu écrire dans ce contexte. Féministe souvent rejetée et vilipendée par les féministes libérales, Dworkin comprenait que les collègues et les camarades de travail, les amis et les membres de la famille des prédateurs jouent un rôle clé pour permettre et dissimuler la #violence_sexuelle. Mais elle croyait aussi que le son de la voix des femmes était un puissant antidote contre ce qu’elle reconnaissait comme une forme d’oppression omniprésente.

    Dworkin aurait sans doute trouvé dans l’affaire Weinstein une certaine confirmation de son analyse.

    C’est notamment vrai parce que la conspiration entourant Weinstein s’est effondrée lorsque les femmes se sont mises à parler.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.washingtonpost.com/news/made-by-history/wp/2017/10/20/harvey-weinstein-and-the-problem-of-collaborators

    Claire Potter est professeur d’histoire et rédactrice en chef de la revue Public Seminar à la New School.
    #meetoo

    https://seenthis.net/messages/649501 via Tradfem


  • Sécurité nucléaire : le grand mensonge
    https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge
    https://static-cdn.arte.tv/resize/EmhP0DMk3PIxHLMibs3f-laedsI=/1920x1080/smart/filters:strip_icc()/apios/Img_data/4/067856-000-A_2235578.jpg
    visible à partir de demain

    Classée secret défense, la #sécurité #nucléaire reste aujourd’hui la zone opaque d’une industrie exposée au risque terroriste. Captivante autant qu’alarmante, cette enquête internationale révèle d’énormes failles en la matière.
    Alors que les accidents de Tchernobyl ou de Fukushima ont alerté sur la sûreté nucléaire, la sécurité des installations, classée secret défense, reste encore entourée d’un épais mystère. Pourtant, au-delà de la vulnérabilité des sites mise en lumière par les opérations de militants écologistes, l’enquête sur les attentats de Bruxelles de mars 2016 a révélé que le nucléaire belge constituait bien une cible potentielle pour des terroristes en quête d’armes de destruction massive. De l’attentat-suicide et la chute d’un avion de ligne sur un réacteur aux cyberattaques en passant par les drones, les actes de sabotage ou la fabrication artisanale de bombes sales – un mélange d’explosifs et de matières radioactives –, les menaces, reconnues par les experts, sont réelles. Dès lors, comment nos installations sont-elles protégées pour affronter ces risques multiples et comment la communauté internationale s’organise-t-elle pour sécuriser les matières et éviter les trafics ?

    https://seenthis.net/messages/649575 via odilon



  • Content, pas content | Titiou Lecoq ((Girls and geeks)
    http://www.girlsandgeeks.com/2017/12/05/content-pas-content

    C’est parti pour un post sur les enfants (ceux que ça emmerde, excusez-moi mais j’ai trouvé la solution à l’inégalité femmes/hommes, il est un peu de mon devoir de ne pas en priver le monde et Jean-Michel Blanquer). D’abord, sachez que pendant un certain temps j’ai cru que mes efforts pour intégrer une éducation non genrée chez mes enfants s’étaient soldés par un échec retentissant. Têtard, qui est en grande section de maternelle, a déjà intégré tous les comportements d’un rugbyman dans les vestiaires. Parler fort, faire l’hélicoptère avec son zguègue, bousculer les autres, les attraper, mimer des confrontations physiques qui sont clairement d’ordre sexuel. Source : Relevé sur le (...)

    https://seenthis.net/messages/649856 via Rezo


  • Une affaire d’État : l’acharnement continue contre la famille Traoré | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/011217/une-affaire-d-etat-l-acharnement-continue-contre-la-famille-traore
    https://www.mediapart.fr/images/social/800/club.png

    Face à la multiplication des « affaires », et au maintien en détention de Bagui et Yacouba Traoré (Cheikne pourrait les rejoindre après son procès prévu au printemps), des intellectuels, syndicalistes, politiques, et des collectifs ont rédigé un texte de soutien à la famille Traoré dans lequel ils dénoncent une « affaire d’Etat ».


  • Durant 50 ans, 84 % des lobotomies furent réalisées sur des femmes, en France, Belgique et Suisse | Lynda Zerouk
    http://information.tv5monde.com/terriennes/durant-50-ans-84-des-lobotomies-furent-realisees-sur-des-femme

    Une étude, menée par trois neurochirurgiens français, révèle que sur 1129 patients lobotomisés entre 1935 et 1985 en Belgique, en France et en Suisse, 84% des sujets étaient des femmes. Un chiffre qui montre combien les discriminations et les préjugés liés au genre influencent les pratiques médicales et comment la psychiatrie s’insère dans les rapports de domination. Source : Terriennes

    https://seenthis.net/messages/649780 via Rezo


  • Elles ont déclenché la révolution Le Courrier - Lundi 04 décembre 2017 - Dominique Hartmann
    https://www.lecourrier.ch/154798/elles_ont_declenche_la_revolution

    L’un des rares historiens à s’être penché sur la question montre le rôle des femmes russes dans l’essor de la révolution de 1917. Entretien avec Jean-Jacques Marie.

    https://www.lecourrier.ch/sites/default/files/courrier/imagecache/article_full/images/articles/egalite_0412.jpg

    C’est à l’occasion de la Journée internationale des femmes, en 1917, que des ouvrières du textile russes se mettent en grève, initiant une série de mouvements de protestation connexes, jusqu’au déclenchement de la Révolution de 1917.

    Exploitant un riche tissu d’archives, l’historien du communisme Jean-Jacques Marie documente l’irruption des femmes sur la scène politique, et les changements sociaux spectaculaires qui en découlent, dont certains ne résisteront pas à l’arrivée au pouvoir de Staline. Les Femmes dans la révolution russe (éditions du Seuil) trace le portrait de quelques figures de femmes révolutionnaires et d’héroïnes populaires de ces années de bouleversements. Son auteur sera présent à Genève vendredi 8 décembre, à l’invitation du parti Solidarités. Entretien.

    Comment les femmes ont-elles influé sur le déclenchement de la révolution russe ?
    Jean-Jacques Marie : Les revendications féminines datent de bien avant 1917. Il faut remonter aux années révolutionnaires de 1905 et 1906. Comme le note la militante féministe Alexandra Kollontaï, qui participa à l’Internationale socialiste des femmes dès 1907 et deviendra aussi la première femme au monde membre d’un gouvernement, « en 1905, il n’eut pas un seul endroit où l’on n’entendait pas la voix d’une femme qui parlait de sa vie et revendiquait de nouveaux droits. » La plupart des grèves d’ouvrières avancent des revendications sociales spécifiques : un congé maternité de dix semaines, un salaire égal à travail égal1 ou l’installation de crèches dans les usines. Le reflux de la révolution interdira la satisfaction de ces revendications.

    Selon Kollontaï encore, les paysannes ne sont pas à la traîne : « Au cours des derniers mois de 1904 et tout au long de l’année 1905, les paysannes menaçaient les troupes armées et la police et, fréquemment, frappaient ceux qui venaient réquisitionner des produits. » Elles étaient armées de râteaux, de fourchettes et de balais. De leur côté, des intellectuelles lancent le projet d’une Union des femmes privilégiant les revendications politiques spécifiques aux femmes, telles le droit de vote. L’Union se développe rapidement, à mesure que la vague révolutionnaire enfle. Mi-décembre 1908, son congrès souligne pourtant l’ampleur des divergences entre les intellectuelles (les trois-quarts sont épouses de hauts fonctionnaires, chefs d’entreprises, marchands, etc) et les ouvrières, employées et servantes. Alexandra Kollontaï explique : « Pour les féministes, la question des femmes est une question de droits et de justice. Pour les prolétaires, celle d’un ‘bout de pain pour manger’ ».

    C’est ce bout de pain qui va déclencher la révolution, dites-vous.
    Le 23 février 1917, à l’occasion de la journée internationale des femmes (ndlr : selon le calendrier julien), des ouvrières du textile de l’arrondissement de Vyborg, lasses de faire la queue dans le froid dès le milieu de la nuit pour tenter d’obtenir un pain de plus en plus cher, se mettent en grève malgré l’opposition du responsable bolchevik de l’arrondissement, entraînent avec elles les ouvriers de l’usine métallurgique Erikson voisine et déclenchent ainsi la révolution qui, en moins de huit jours, balaye le régime. Cette grève marque le début de l’irruption des femmes dans la révolution et d’un mouvement vers leur émancipation politique et sociale. Les femmes sont aussi présentes sur le front de la lutte politique. Le 20 mars 1917, à l’initiative de l’Union des femmes pour l’égalité près de 40 000 ouvrières, lycéennes, étudiantes, veuves de guerre, employées, institutrices, paysannes, défilent jusqu’à la Douma, flanquées d’une milice de femmes à cheval, pour exiger le droit de vote des femmes. Trois jours plus tard, la Ligue des femmes pour l’égalité des droits et une organisation d’étudiantes organisent un meeting à Moscou pour avancer la même revendication. Le vote des femmes sera promulgué en juin 1917.

    En toile de fond de ces revendications, quelle est la place des femmes dans la société russe du début du XXe siècle ?
    A la campagne, les femmes, régulièrement battues par leur mari, n’ont aucun droit. A partir des années 1880, dans les villes, elles forment la moitié du corps des domestiques, avec des journées de travail de 15 heures en moyenne, sans repos dominical et traitées comme des esclaves. Les ouvrières, nombreuses entre autre dans le textile, n’ont elles non plus aucun droit et des conditions de travail déplorables – il suffit de penser au nombre de victimes d’empoisonnement. Elles sont logées dans des conditions dignes du Bangladesh aujourd’hui. Enceinte, une ouvrière doit travailler jusqu’à l’apparition des premières douleurs et reprendre son poste dès le lendemain de l’accouchement sous peine de licenciement. Et ce, alors même qu’il n’y a aucune structure pour s’occuper de son enfant. Elles se heurtent enfin au mépris des ouvriers masculins que les bolcheviks Nicolas Boukharine et Evgueni Preobrajensky dénonceront en 1920 : « Encore à l’heure actuelle les ouvriers considèrent les femmes comme des êtres inférieurs : dans les villages, on rit encore des femmes qui veulent participer aux affaires publiques. »

    Les femmes ont-elles accédé facilement aux nouvelles structures politiques ? Et quel rôle y ont-elles joué ?
    A la première de ces questions, on peut répondre à la fois oui et non. Oui, dans la mesure où certaines femmes ont occupé une place ou des fonctions politiques très importantes, marquant ainsi un changement de statut des femmes. Et pourtant non, car seules quelques dizaines d’entre elles y sont parvenues. En 1917, Alexandra Kollontaï et Maria Spiridonova sont deux des orateurs les plus populaires de Petrograd et resteront deux des agitatrices les plus célèbres de leur parti (communiste pour la première, socialiste-révolutionnaire de gauche pour la seconde, figure de proue de ce parti). Eva Broïdo est membre du comité central des menchéviks, dont elle sera même secrétaire un moment. En avril 1917, Alexandra Kollontaï est la première femme élue au comité exécutif du soviet de Petrograd, puis au comité exécutif panrusse des soviets ; un temps membre du comité central du parti bolchevik, elle est nommée commissaire du peuple à l’Assistance publique dans le premier gouvernement bolchevique. Durant la guerre civile, certaines femmes sont commissaire aux armées (Evguenia Bosch, Rosa Zalkind-Zemliatchk) ou à la marine (Larissa Reisner), d’autres prolongent la tradition terroriste des socialistes-révolutionnaires (avec Dora Kaplan, qui tente de tuer Lénine, par exemple), ou de cheffes de bandes insurgées. Mais rien dans tout cela n’évoque un partage du pouvoir fondé sur la distinction des sexes. La question ne se pose pas pour les révolutionnaires russes.

    L’accession à certains nouveaux droits (tels l’avortement ou le divorce) a-t-elle aussi alimenté l’opposition à la révolution ?
    Ces nouveaux droits ont suscité ou nourri l’opposition de l’Eglise orthodoxe au régime soviétique naissant. Le 2 décembre 1917, le patriarcat présente ainsi au nouveau gouvernement la bagatelle de vingt-quatre exigences. Deux d’entre elles concernent le mariage religieux qui doit être « considéré comme la forme légale du mariage », l’Eglise entendant conserver ses prérogatives dans les affaires de divorce par exemple. Le gouvernement bolchevik n’accorde aucune des 24 revendications. Dans une déclaration publique du 19 janvier 1918, le patriarche Tikhon qualifie les nouveaux gouvernants « d’esprits insensés » engagés dans une « entreprise réellement satanique » et interdit à tous les fidèles, sous peine d’excommunication, « d’entretenir une quelconque relation avec ces rebuts du genre humain ».

    Ces avancées ont-elles modifié durablement les conditions d’existence des femmes ?
    Là encore, on peut répondre à la fois oui et non. Oui, car elles ont modifié la place des femmes dans la société, les libérant de la domination absolue du père puis du mari, leur donnant une certaine liberté de choix. Par l’invitation à s’engager dans le combat politique et par le droit à l’avortement, les femmes sont libérées de leur esclavage domestique. Mais la guerre civile, la soumission de toute la vie sociale à ses besoins, la ruine effroyable qu’elle a engendrée, ont sérieusement limité dans les faits la portée de ces mesures. Un symbole : la question de l’avortement qui doit se pratiquer en hôpital par un médecin. Sauf qu’en ville, les hôpitaux, misérables, manquent de moyens et en particulier d’analgésiques ; le curetage se fait donc à vif. De plus, la majorité des médecins étaient du côté des Russes blancs et beaucoup ont émigré. Pire encore, il n’y a pas d’hôpitaux à la campagne et les paysannes ne peuvent donc se faire avorter que par des faiseuses d’ange aux méthodes archaïques, et des centaines d’entre elles en meurent.

    Le Jenotdel (département du parti chargé des affaires féminines), créé en 1919 par Alexandra Kollontaï et Inès Armand, visait à « éduquer les femmes dans l’esprit du socialisme et les impliquer dans la direction de l’économie et de l’Etat ». Ce but a-t-il été atteint ?
    Non, ce qui ne signifie pas que cet organe n’ait pas eu d’impact. Mais il ne peut guère être question d’ « esprit du socialisme » dans une Russie soviétique dominée par une pénurie permanente puis bientôt soumise au régime totalitaire de la domination bureaucratique qui liquide d’ailleurs le Jenotdel en 1930.
    Que sont devenus ces droits sous Staline ?
    Sous Staline, la femme doit être à la fois bonne épouse, bonne mère et travailleuse ou productrice, car l’industrialisation massive qui commence en 1929 exige une main d’œuvre nouvelle. Comme le réseau des crèches et des jardins d’enfants se développe lentement, cette triple fonction est difficile à réaliser et l’interdiction de l’avortement2 promulguée en juin 1936 par Staline va encore aggraver sa situation. Le droit au divorce se heurte aux conditions dramatiques de logement ; il arrive assez souvent que les époux divorcés soient contraints de continuer à vivre ensemble voire dormir dans le même lit des années durant dans la pièce unique qu’ils peuvent occuper. L’émancipation sociale de la femme se mue en une image d’Epinal (la toujours joyeuse kolkhozienne modèle enivrée par les joies de la collectivisation forcée), qui dissimule mal une existence dominée pour la grande masse des femmes par les banals et très lourds soucis de la vie quotidienne. Un décret du 4 juin 1947 enverra d’ailleurs au goulag des dizaines de milliers de femmes, souvent veuves de guerre, qui chapardent un peu de lait, de sucre ou de pommes de terre pour nourrir leurs enfants, pendant que les membres du bureau politique se pavanent dans des voitures américaines...

    • 1. Les salaires des ouvrières sont inférieurs de 30 à 50% à ceux, déjà fort bas, des ouvriers masculins

    • 2. Il fut dépénalisé en novembre 1920
     

    Jean-Jacques Marie, Les Femmes dans la révolution russe, éditions du Seuil, 2017.

    Conférence-débat, vendredi 8 décembre, 19h, Café Gavroche, 4, bd James- Fazy, Genève.

    #Femmes #Russie #1917 #Luttes #Histoire #Féminisme #travail #inégalité #Alexandra-Kollontaï

    https://seenthis.net/messages/649465 via BCE 106,6 Mhz



  • Le néo-luddisme, maladie infantile de la critique des technologies ?
    http://www.makery.info/2017/11/28/le-neo-luddisme-maladie-infantile-de-la-critique-des-technologies
    Casser la machine. Lutter contre la technologie. Les auteurs de l’incendie de la Casemate à Grenoble se réclament d’un antitechnologisme radical. Rappel de précédents historiques.

    cf. https://seenthis.net/messages/649522
    #incendies #fablab #grenoble

    https://seenthis.net/messages/649580 via Supergéante


  • https://www.actualitte.com/images/actualites/images/delitoon%20bis/mcdonald-montreuil-litte%CC%81rature-jeunesse.jpg

    https://www.actualitte.com/article/evenement/mcdonald-s-au-salon-du-livre-de-montreuil-engage-dans-la-litterature-jeunesse/85978

    Vous étiez au courant de cette saloperie ?

    Le culture-washing, on connait tous déjà, ça permet déjà depuis bien des années de détruire des quartiers vivants et d’en chasser les pauvres en utilisant les centres d’art comme éperons du Bien avant que toute gentrification fasse son carnage urbain ; hé bien voilà que le CNL accompagne McDo pour que son poison alimentaire et social soit auréolé à son tour du Bien, le Grand Bien Culturel et ses fétiches (le livre en tête).
    On chasse par la porte cette saloperie de clown mortifère des programmes scolaires (qui fait des ravages dans pas mal de pays moins regardant), et revoilà ce fourbisseur de graisses et de sucres rentrant par une fenêtre que Vincent Monadé lui tient ouverte en souriant... Magique !
    Pisque c’est pour les enfants qu’on vous dit, c’est pas merveilleux de les ouvrir à la lecture, les enfants, avec un sac de frites dans le clapoir et des problèmes cardio vasculaires jusqu’à la mort de leur cul obèse ? T’auras du temps pour lire à l’hosto, bonhomme !

    Mais qui oserait se plaindre du CNL, n’est-ce pas ? Aucun éditeur qui lui doit sa survie. Aucun auteur, trop lâches qu’ils sont pour mettre en péril la perspective d’une petite résidence ou d’une aide à la création.

    « Le Centre national du livre se réjouit de son partenariat avec McDonald’s initié en 2017. L’enseigne contribue par son action à la promotion de la lecture chez les enfants, un engagement fort que nous partageons et qui s’est traduit, cette année, par la participation de l’enseigne à l’opération Partir en livre » assure pour sa part Vincent Monadé, Président du Centre national du livre.

    Pauvre type.

    https://seenthis.net/messages/649638 via L.L. de Mars