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    Conférence de Christian Cauvin le 12 janvier à la Bourse du Travail de Toulouse

    Très agréable surprise quand nous avons rejoint la salle de conférence, une foule compacte attendait à l’entrée et il a fallu se faufiler entre tout ce monde puis déplacer la table du conférencier pour faire de l’espace et constater que la salle était bondée avec une majorité de jeunes debout ou assis par terre. Sans doute plus de 300 personnes ! Même si l’Université Populaire de Toulouse et Attac étaient partenaires de cette rencontre, les réseaux sociaux ont manifestement bien fonctionné.

    Après une brève introduction de notre ami François Schalchli qui a introduit le conférencier et son dernier ouvrage, Christian Cauvin a présenté les trois parties de son intervention sur « La fin du capitalisme et la nécessaire invention d’un monde nouveau » :
    Tout d’abord il a précisé sa fonction de professeur émérite de gestion au Groupe HEC où il enseigne la stratégie financière (il a par ailleurs longtemps accompagné les salariés, membres des comités d’entreprises et des sections syndicales dans l’examen des comptes et des stratégies économiques et financières de leurs entreprises). Ses prises de position anti-capitaliste le mettent régulièrement en porte-à-faux par rapport à l’institution dans laquelle il exerce mais c’est pour lui la meilleure manière de continuer à y faire entendre une autre pensée économique.
    Il a ensuite développé l’argumentaire concernant le capitalisme en tant que système globalisant qui s’est répandu sur notre planète depuis la fin du 18ème siècle sur la base du contrôle de la production et des profits qui en résultent. Système dont l’absence totale de sens moral conduit aujourd’hui à des impasses du fait de son expansion exponentielle liée à sa nécessité de croissance et à son illimitation. D’où des dégâts environnementaux et sociaux dont l’ampleur devient de plus en plus évidente et irréparable.
    Dans un troisième volet, le plus important, il s’agissait d’introduire cinq chantiers sur lesquels il faut travailler et qui, selon lui, sont à mettre en œuvre prioritairement pour un nouveau contrat social :
    - la lutte contre le consumérisme parce que le système se nourrit de notre propre soif de consommation ; il s’agit pour l’essentiel de pratiquer une certaine exigence de sobriété en boycottant par exemple des produits moralement attaquables (Ex. Outspan à l’époque de l’apartheid)
    - la nécessité de repenser le travail dans la mesure où les capacités productives dopées par les techniques numériques ont réduit les besoins en emploi et amènent donc à se pencher à la fois sur le principe du revenu de base et du revenu maximum.
    - le besoin d’une fiscalité équitable qui taxe en particulier le patrimoine de manière à éviter les phénomènes d’accumulation (Ex. les cinq plus grandes fortunes de France sont passées de 100 à 130 milliards d’euros entre 2014 et 2015 !)
    - le contrôle du système bancaire qui ne cesse de développer des bulles spéculatives mettant en péril tout le système financier en reprenant en particulier le principe de séparation des banques de dépôt de celles d’investissement.
    - la mise en place d’une nouvelle monnaie permettant les échanges qui s’affranchirait à la fois de la domination du dollar et des mécanismes de l’euro dont les effets pervers au sein de l’Europe ne sont plus à démontrer (cf. les crises en Grèce, Espagne ou Portugal)

    Après cette intervention très dense, d’environ une heure, l’orateur s’est soumis au jeu des questions-réponses avec les participants jusqu’à ce que la salle commence à se vider.
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    Conférence à écouter sur : http://www.universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article594
    Et pour en savoir plus lire son ouvrage : « La fin du capitalisme et la nécessaire invention d’un monde nouveau » (L’Harmattan - 2014)