• La taxe sur les transactions financières dans les filets de la com’ gouvernementale

    http://www.dessousdebruxell.es/spip.php?article227

    Le 10 septembre dernier, François Hollande se montrait volontaire quant à l’adoption de la taxe sur les transactions financières (TTF). « La France sera de nouveau à l’initiative pour que la TTF soit prête le moment venu, c’est-à-dire au moment de la COP21 » affirmait-il à l’occasion de la présentation à l’Elysée de la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP21).

    La France, enthousiaste pour la TTF ? Il n’en a pas toujours été ainsi, loin de là. Mais l’opportunité est trop belle, avec la tenue de la COP21 en décembre à Paris, de tirer les marrons du feu en annonçant une taxe qui abondera le fonds vert pour le climat. D’autant que la conférence mondiale sur le climat s’annonce d’ores et déjà décevante quant aux engagements des Etats… Faut-il se réjouir de ce revirement opportuniste ?

    Il y a de quoi être circonspect. On savait que la France et Bercy avait joué, en 2014, dans le camp du lobby bancaire, en bloquant les négociations et en exigeant l’exonération des produits dérivés. Des produits financiers pourtant particulièrement spéculatifs dont les banques françaises se sont faites spécialistes… Début 2015, alors que de nombreuses voix s’élevaient pour dénoncer le comportement du gouvernement, François Hollande annonçait un changement de stratégie : la France accepterait désormais une « assiette large » pour la taxe, incluant les dérivés… mais assortie de taux bas.

    Depuis, peu de progrès ont été réalisés. Un temps précieux a été perdu par les blocages français, et des nuages se profilent à l’horizon : de nombreux pays demandent désormais des exemptions pour protéger leurs champions nationaux ; l’opposition ferme de la Grande-Bretagne demeure, or celle-ci dispose de la menace d’un possible « Brexit » pour jouer le rapport de force ; enfin la nouvelle Commission Juncker souhaite désormais bloquer les réformes financières dans le cadre de la future « Union des marchés de capitaux ».

    Avec la perspective de la COP21, une fenêtre d’opportunité est ouverte pour un accord sur la TTF. Mais dans ce contexte, la tentation sera grande pour le gouvernement de faire passer l’adoption d’une taxe, même insignifiante, pour une victoire politique. Une taxe au rabais serait une victoire, certes… pour les lobbies financiers.


  • "Extrême droite en Grèce : « Il ne faut plus avoir peur de dire qu’on est fascistes »"
    Par Maria Malagardis - Libération

    http://www.liberation.fr/monde/2015/09/22/extreme-droite-en-grece-il-ne-faut-plus-avoir-peur-de-dire-qu-on-est-fasc

    -Pour Adonis Georgiadis, de Nouvelle Démocratie : « Il ne faut plus avoir peur de dire qu’on est d’extrême droite ou fasciste ! »

    –"Giorgiadis est un éditeur adepte du télé-achat devenu célèbre pour avoir publié en 2006 un livre antisémite Les Juifs : toute la vérité, écrit par le fondateur du national-socialisme à la sauce hellène, Constantin Plevris, dont le fils Thanos est également député de Nouvelle Démocratie. Voridis a longtemps dirigé un mouvement de jeunesse fasciste, à la tête duquel il succédait à Nikos Michaloliákos, leader actuel et fondateur du mouvement neonazi Aube dorée. Voridis avait ensuite lui-même fondé le Front hellénique qui se voulait le cousin grec du Front national, mais qui n’a jamais réussi à percer."

    –"Pourtant c’est l’alliance d’Aléxis Tsípras avec ce petit parti de droite souverainiste (et surtout anti-austérité) que Martin Schultz a cru bon de dénoncer lundi sur France inter. Des propos largement répercutés et commentés en Grèce, où certains s’indignent de cette nouvelle ingérence dans les affaires internes du pays. Alors que d’autres se demandent si le président du Parlement européen suit avec autant d’inquiétude les évolutions internes au sein de Nouvelle Démocratie. Personne en tout cas ne se rappelle l’avoir entendu protester en 2012, lorsque Samarás avait accueilli dans ses rangs deux antisémites notoires, proches du national-socialisme grec et du Front national."

    –"Voridis et Georgiadis sont devenus membres de Nouvelle Démocratie en 2012 après un passage au Laos (l’Alerte populaire orthodoxe), parti d’extrême droite, aujourd’hui disparu, qui avait été le seul avec les socialistes du Pasok à voter en faveur des premières mesures d’austérité en 2010. "

    #Grèce #UE


  • http://rue89.nouvelobs.com/2015/09/20/numerique-peut-servir-a-mettre-a-bas-modele-social-261263

    La transformation #numérique risque de poser un problème d’une grande acuité s’agissant de l’accès à l’emploi des #femmes. Elle détruit des emplois en marketing, ressources humaines, communication, des fonctions souvent très féminisées et, à l’inverse, elle en crée massivement dans des secteurs techniques et technologiques très masculins. Les stéréotypes font qu’aujourd’hui, les jeunes filles ne s’orientent pas vers ces métiers techniques. Il y a donc un risque terrible de réexclure « la moitié de notre humanité », les femmes, du segment dynamique du marché du travail.

    #Uberisation


  • #Grèce : le stupéfiant aveu de la #BCE
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-stupefiant-aveu-de-la-bce-505811.html par Romaric Godin via @olivier_nahas

    http://static.latribune.fr/full_width/502382/la-bce-laisse-ses-taux-inchanges.jpg

    Dans une interview accordée à Reuters ce 16 septembre, le vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, affirme, sans sourciller, que la menace d’expulsion de la Grèce de la zone euro, le fameux « Grexit », « n’a jamais été lancée pour de vrai parce que ce ne serait pas légal. »

    Une pierre dans le jardin d’#Alexis_Tsipras

    Cette déclaration de Vitor Constâncio induit trois conséquences. La première concerne Alexis Tsipras. L’aveu du Portugais détruit le storytelling de l’ancien premier ministre grec selon lequel il « n’avait pas le choix » et que s’il refusait de signer l’accord du 13 juillet, la #Grèce était exclue de la #zone_euro. En réalité, on peut désormais affirmer que si Alexis Tsipras n’avait pas cédé, que s’il avait introduit un projet de monnaie parallèle, la balance des peurs auraient changé de camp. Si les créanciers craignaient réellement le #Grexit, il aurait alors pu espérer obtenir un compromis plus favorable, sur la base de ses propositions du 22 juin. Alexis Tsipras s’est donc bien trop empressé de croire un Wolfgang Schäuble qui n’avait pas les moyens de ses menaces. C’est une mauvaise nouvelle pour le leader de Syriza à quatre jours de l’élection de dimanche.

    La crédibilité de la BCE en question

    Deuxième conséquence : la crédibilité de la BCE devrait être fortement atteinte par cet aveu. Voilà une banque centrale, une des trois ou quatre plus puissantes du monde, qui s’amuse à lancer des menaces sur l’avenir et la structure de sa propre monnaie « pour de faux » ! Son vice-président peut, sans rire, affirmer tranquillement qu’il a menti en pleine crise. Il y a là de quoi s’interroger sur la gestion de l’euro et sur l’indépendance de la BCE. L’institution de Francfort a donc bel et bien joué les supplétifs de la stratégie de Wolfgang Schäuble et de l’objectif politique des #créanciers. Vitor Constâncio confirme que la BCE n’est pas une puissance indépendante dans la zone euro. Ceci permet sans doute mieux d’apprécier ses prises de décision. Si la menace du Grexit n’était pas pour de vrai, alors le mythe selon lequel les décisions de la BCE sur la liquidité d’urgence ou sur l’acceptation des bons grecs à son guichet était également une #farce.



  • Un monde sans islam
    http://orientxxi.info/magazine/un-monde-sans-islam,1001
    http://orientxxi.info/IMG/arton1001.jpg?1440694670

    Et si l’islam n’avait pas existé ? Certains pourraient trouver l’hypothèse plaisante : pas de choc des civilisations, pas de guerres saintes, pas de terrorisme, pas de 11-Septembre ? Le Proche-Orient ferait-il figure de phare de la démocratie ? En réalité, sans l’islam, le monde en serait arrivé à peu près au même point qu’aujourd’hui en termes politiques et géopolitiques.


  • Vers une démocratie sans intermédiaire ? Entretien avec Laurent Chemla - Next INpact

    http://www.nextinpact.com/news/96360-vers-democratie-sans-intermediaire-entretien-avec-laurent-chemla.h

    http://cdn.nextinpact.com/images/bd/wide-linked-media/7935.jpg

    Jérémie Nestel, président de Libre Accès, s’est entretenu avec Laurent Chemla sur les questions actuelles posées par le numérique. On retrouvera ci-dessous la retranscription de cet échange, diffusé sous LAL (Licence Art Libre).
    Que penses-tu de « cette mode » qui vise à implanter partout en France « des pôles numériques » avec l’idée à terme de se substituer « aux veilles industries » qui ont disparu ?

    Difficile de critiquer l’idée de mettre des moyens à disposition des jeunes pousses en région, sur le principe. Ce qui me semble idiot, c’est de penser que ce type de développement pourra remplacer une industrie disparue.

    #numérique #internet #laurent_chemla
    Le numérique ne remplace rien : il transcende l’intégralité du tissu social et économique et diminue le besoin de travail humain (et donc nécessairement des millions d’emplois), et même si ici ou là, il peut permettre de recréer quelques services ce n’est pas ça qui « remplacera » le travail de masse. Il y a dans cette vision, une preuve supplémentaire de ce que j’appelle la « fracture temporelle » entre une vision passéiste d’un pouvoir qui cherche à revenir à un statu quo ante illusoire et un besoin pour la population d’un futur d’espoir plutôt que de peur. Pendant que les pouvoirs en place essaient de défendre des structures verticales moribondes, des rentes remontant au 19e siècle, des moyens de transport inadaptés au monde de l’après-pétrole... les citoyens, eux, changent de modes de consommation, préfèrent l’économie collaborative, le partage, et rêvent d’une politique qui donne envie plutôt que nostalgie. La fracture est énorme. La fin des industries ne signifie pas qu’une société crée moins de richesse, elle signifie seulement que cette richesse se crée avec moins d’efforts pour la population. La seule vraie question est celle de la répartition de cette richesse.

    http://seenthis.net/messages/404481 via Reka


  • Saudi Arabia: Rampant executions fuelled by justice system ’riddled with holes’ | Amnesty International
    https://www.amnesty.org/en/latest/news/2015/08/saudi-arabia-rampant-executions-fuelled-by-justice-system-riddled-with-hole

    – Death sentences imposed after unfair trials lacking basic safeguards
    – At least 102 executed in first six months of 2015 compared to 90 in all of 2014
    – Average of one person executed every two days, most by beheading [note pour Claudia Bandion-Ortner]
    – Almost half of executions in recent years are for non-lethal crimes [+ 28% for drugs, including haschich]
    – At least 2,208 people executed between January 1985 and June 2015
    – Nearly half of those executed since 1985 were foreign nationals
    – Juvenile offenders, people with mental disabilities among those executed

    #peine_de_mort #justice #arabie_saoudite #drogues #rapport

    https://www.amnesty.org/en/documents/mde23/2092/2015/en

    http://seenthis.net/messages/401369 via Fil


  • « La #Tourmente_grecque » : mortalité infantile + 43 %
    http://blogs.mediapart.fr/blog/yves-faucoup/310715/la-tourmente-grecque-mortalite-infantile-43

    Le taux de mortalité infantile a progressé en Grèce, depuis le début de la crise, de 43 %. C’est à ce taux que l’on reconnaît le niveau de développement d’un pays. La Tourmente grecque, film de Philippe Menut, rappelle cette triste réalité, et bien d’autres, qui montrent que la Grèce sert de « cobaye » aux spéculateurs.

    Le réalisateur, Philippe Menut, a été journaliste à France 2 et à France 3. Ce film, débuté en 2012, est régulièrement actualisé. Il décrit la crise humanitaire, véritable « guerre économique et sociale » : 30 000 sans-abri à Athènes, retraites réduites de 25 %, budget de la santé amputé du tiers, chômage multiplié par 3, services publics sinistrés. Alors que les prix sont ceux de Paris ou de Londres, les salaires sont ceux de Bulgarie. Le salaire minimum est à 480 €, 40 % des Athéniens ont passé le dernier hiver sans chauffage.

    #Grèce #austérité

    http://seenthis.net/messages/395267 via odilon



  • Grèce : la mort par la dette !
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/grece-la-mort-par-la-dette-496128.html
    http://static.latribune.fr/full_width/318233/michel-santi.jpg

    Les créanciers de la Grèce reproduisent les même erreurs que dans le passé, en refusant de reconnaître que la charge d’une dette peut pousser une nation dans l’abîme. A moins que ce soit précisément ce que veut l’Allemagne... Par Michel Santi, macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales.



  • Michel Tarin, en 2008, expliquait les raisons de s’opposer à l’aéroport de Notre Dame des Landes
    http://www.reporterre.net/Michel-Tarin-en-2008-expliquait-les-raisons-de-s-opposer-a-l-aeroport-de

    Michel Tarin a quitté Notre Dame des Landes et cette terre vendredi 31 août 2015. C’était un militant infatigable de nombreuses luttes, dont celle contre le projet d’aéroport. Seule la maladie a eu raison de lui. Il avait souvent rencontré des journalistes de Reporterre. La première rencontre avec Michel Tarin avait eu lieu en février 2008. Le sujet de Notre Dame des Landes était alors peu connu, et, dans sa maison de Treillères, il nous avait expliqué ce que signifiait ce projet. Voici l’entretien (...)

    #Info

    / #Notre-Dame-des-Landes


  • Apple préfère s’endetter pour rémunérer les actionnaires plutôt que d’utiliser sa trésorerie abondante, et payer ses impôts.

    Pourquoi #Apple continue de s’endetter | Silicon 2.0
    http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2015/02/03/mais-pourquoi-apple-continue-de-sendetter
    https://farm4.staticflickr.com/3110/2833430255_2943e5f897.jpg

    RÉMUNÉRER LES ACTIONNAIRES

    Ces émissions d’obligations s’inscrivent dans le cadre d’un vaste plan de rémunération des actionnaires, annoncé en avril 2013 pour satisfaire des investisseurs de plus en plus mécontents des performances de l’action de la société - son cours avait chuté de plus de 45% au cours des six mois précédents. Tim Cook avait alors promis de leur reverser 100 milliards de dollars d’ici fin 2015. D’abord, en rétablissant le paiement d’un dividende, suspendu depuis des années, puis en rachetant ses propres actions.

    En avril 2014, cet objectif avait été porté à 130 milliards de dollars. Apple s’est depuis exécuté. L’an dernier, la firme de Cupertino a ainsi versé 11 milliards de dollars de dividendes à ses actionnaires, soit 28% de ses profits annuels. Elle a également acquis pour 45 milliards de dollars de ses propres actions - une opération qui permet de soutenir le cours boursier. Il s’agit d’un niveau record dans son histoire. En 2013, Apple avait déjà racheté pour 26 milliards de dollars d’actions.

    CAPITAUX BLOQUÉS À L’ÉTRANGER

    Au moment des promesses de M. Cook, la #trésorerie d’Apple s’élevait à 145 milliards de dollars. A priori suffisant pour absorber leurs coûts, d’autant plus que ces derniers devaient être répartis sur deux années et demi. Mais dans les faits, la plus grande majorité de cette trésorerie ne pouvait pas être utilisée : elle est bloquée sur des comptes à l’étranger. Pour rapatrier ces capitaux, le groupe devrait payer jusqu’à 35% d’#impôts. Une grosse somme qu’il refuse de débourser, comme beaucoup d’autres #multinationales américaines.

    Fin mars 2013, Apple ne disposait ainsi que de 42,4 milliards de dollars de trésorerie aux Etats-Unis (102,3 milliards étaient à l’étranger). Cela signifie que l’entreprise devait trouver 60 milliards de dollars afin de financer ses programmes destinés aux actionnaires. En l’absence de changement de réglementation - certains parlementaires américains souhaitent une amnistie temporaire -, cette situation s’est depuis accentuée : sur les 178 milliards de dollars de trésorerie d’Apple, seulement 20,2 milliards se trouvent sur le territoire américain.



  • Proche ou Moyen-Orient ? Géohistoire de la notion de Middle East - Cairn.info
    http://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2008-3-page-225.htm

    Faut-il parler de Proche ou de Moyen-Orient ? La question n’est pas seulement révélatrice d’une certaine confusion, elle pourrait aussi être considérée comme le signe d’un enjeu impérialiste entre puissances rivales… ou plus simplement comme celui d’une crispation française face à l’hégémonie américaine. Reste que les deux notions ne sont pas synonymes. On pressent plus ou moins qu’il existe une distinction entre elles, sans que l’on sache vraiment s’il s’agit d’une question d’usage, de sens ou de point de vue. C’est pour préciser ce flou géographique que nous avons tâché de reprendre la géohistoire de ces deux notions, et surtout celle de Middle East dans la mesure où c’est elle qui paraît cristalliser les tensions et que les notions françaises de Proche et de Moyen-Orient ont été empruntées au monde anglophone.


  • #Evasion_fiscale : l’#OCDE traque les #multinationales - Europe - RFI
    http://www.rfi.fr/europe/20140917-evasion-fiscale-ocde-traque-multinationales
    http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/ocde-france_0.jpg

    L’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques a présenté le 16 septembre une première série de mesures contre l’évasion fiscale et l’optimisation à outrance. Le but est d’obliger des géants comme Google et Amazon de payer les taxes sur les bénéfices là où ils sont réalisés. Ces deux multinationales sont devenues les champions de ce que l’on appelle « l’optimisation fiscale », profitant de différences de réglementations, parfois au sein même de l’Union européenne.

    Les mesures de l’OCDE pourraient être un choc pour les multinationales. L’Organisation met à la disposition des Etats une batterie d’instruments pour lutter contre les stratégies d’optimisation fiscale trop agressives des entreprises pour échapper à l’impôt fiscal. Le but est de les empêcher de localiser leurs profits dans des paradis fiscaux à travers des schémas juridiques complexes qui ne correspondent à aucune activité réelle.

    La transparence

    Pour y arriver, #Pascal_Saint-Amans, directeur de l’administration fiscale de l’OCDE recommande la transparence : « On va empêcher les entreprises de localiser leurs profits dans des paradis fiscaux. Cela se traduit par des règles en prix de transfert ou en traités fiscaux. On va obliger les entreprises à déclarer dans tous les pays où elles ont des opérations, où sont localisées leurs ventes, leurs profits et leurs employés. Là on pourra voir s’il y a des écarts. Si tous les profits sont aux Bermudes, les employés en France, et les actifs déployés aux Etats-Unis, on verra bien qu’il y a un problème. »

    Hémorragie financière

    Ce phénomène a pris de l’ampleur. Des centaines de milliards d’euros échappent chaque année aux Etats à cause de l’évasion fiscale des multinationales vers les paradis fiscaux. Pascal Saint Amans dénonce ces pratiques. Selon le directeur de l’administration fiscale de l’OCDE, « les Iles Vierges britanniques - 30 000 habitants dans les Caraïbes - représentent 10 % de l’investissement direct en Russie. EIles sont parmi les cinq premiers investisseurs en Chine. Cela pose un problème. Plus du quart de l’investissement direct en Inde vient de l’Ile Maurice. Ce n’est pas de l’argent mauricien. »

    Quarante-quatre pays, dont tous les membres de l’OCDE, ont donné leur accord sur ces mesures pour traquer l’évasion fiscale et l’optimisation à outrance, soit 80 % de l’économie mondiale. L’Organisation espère que ces règles seront entérinées par les ministres des Finances du G20 à la fin de la semaine. Parmi ces vingt pays, il y a aussi des émergents comme la Chine ou l’Inde qui ne font pas partie de l’OCDE.


  • Pascal Saint-Amans - Il fait trembler les #paradis_fiscaux
    http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Il-fait-trembler-les-paradis-fiscaux-Pascal-Saint-Amans-704328
    http://resize-parismatch.ladmedia.fr/r/940,628/l/logo/w/2MsRc1gtnyG_fbky3GTQ2zpMQ0QvY200RHFlQT0=/img/var/news/storage/images/paris-match/actu/economie/il-fait-trembler-les-paradis-fiscaux-pascal-saint-amans-704328/7312972-1-fre-FR/Il-fait-trembler-les-paradis-fiscaux.jpg

    La fin du secret bancaire en Suisse pour 2018, c’est son œuvre : Pascal Saint-Amans. Fiscaliste pur et dur à l’OCDE, révolté par la crise financière de 2008, il a réussi à bousculer les mentalités des pays les plus puissants. D’ici à la fin de l’année sera adoptée sa nouvelle #fiscalité des #multinationales qui, jusqu’ici, ne paient presque pas d’impôts.

    Des entreprises comme Google, Amazon, Facebook, Starbucks pratiquent, elles, l’#optimisation_fiscale et échappent à l’impôt !
    Oui, de nombreuses multinationales, et pas seulement américaines, peuvent avoir des taux d’imposition très bas (parfois en dessous de 5 %), et leurs techniques d’optimisation sont légales ! Par exemple elles transfèrent leurs bénéfices aux Bermudes et par le jeu de contrats internes, elles vont vider leur base taxable dans les pays où elles réalisent leurs activités. Cela est légalement possible en jouant sur des règles de fiscalité internationale aujourd’hui dépassées. C’est en effet un système qui date de la Société des Nations – 1928 ! –, et qui visait à éviter la double imposition mais pas à faciliter ce qu’on pourrait appeler les doubles non-impositions !

    Et quid de la finance qui n’a toujours pas fait son mea culpa ? Pourquoi la taxe Robin des bois de 0,05 % sur les transactions boursières n’est-elle pas acceptée ? Ça semble si dérisoire et ça n’empêche pas les profits !
    Ça fait vingt ans qu’on en parle. Le but étant de tuer la spéculation la plus nocive. Plus de la moitié des Etats de l’OCDE sont contre, donc je n’essaie même pas de commencer. La finance n’en veut pas. L’Union européenne y travaille néanmoins. Onze pays se sont mis d’accord. Mais je ne suis pas optimiste.

    http://www.oecd.org/fr/ctp/beps.htm

    #Pascal_Saint-Amans


  • L’exemple islandais : « How Iceland Emerged From Its Deep Freeze »
    http://www.nytimes.com/2015/07/05/business/international/how-iceland-emerged-from-its-deep-freeze.html
    http://static01.nyt.com/images/2015/07/05/business/5-KRONA/5-KRONA-facebookJumbo.jpg

    Unemployment is 4 percent, the International Monetary Fund is predicting 4.1 percent G.D.P. growth for 2015, and tourism is booming.

    #Islande

    http://seenthis.net/messages/387368 via tbn


  • 1953, le tournant qui a permis à l’Allemagne de rebondir - LeTemps.ch
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8d9e8f32-d815-11e1-b6c7-87316167502b/1953_le_tournant_qui_a_permis_%C3%A0_lAllemagne_de_rebondir
    http://www.letemps.ch/rw/Le_Temps/Quotidien/2012/07/28/Eclairages/ImagesWeb/web_Allemagne--469x239.jpg

    L’Accord de Londres, signé le 27 février, a permis à la République fédérale d’effacer la moitié de sa dette d’avant et d’après-guerre. Le « miracle économique » allemand est lancé


  • Migrants : et si ouvrir les frontières générait de la richesse ? Idées

    Imaginez que tous les pays ouvrent en même temps leurs frontières et autorisent la libre circulation des individus sur leur territoire. Que se passerait-il dans l’immédiat ? Au bout de vingt-cinq ans ? Hier considérée comme une utopie, cette question est devenue un véritable objet d’étude. Et les scientifiques commencent à y apporter des réponses, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les timides mesures prises face à la crise migratoire au sujet de laquelle l’Europe se déchire. Le sujet, pourtant, reste dans le secret des laboratoires. Il en sera ainsi tant que les gouvernants construiront leur ­politique dans ce domaine en se laissant guider par l’opinion publique plutôt que par les résultats scientifiques.

    #migration #asile #réfugiés #richesse #libre_circulation #ouverture_des_frontières
    http://www.lemonde.fr/festival/article/2015/06/25/et-si-on-ouvrait-les-frontieres_4661969_4415198.html

    http://seenthis.net/messages/384909 via CDB_77


  • PayPal, iTunes et l’AppStore bloqués en #Grèce
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/07/04/paypal-itunes-lappstore-bloques-grece-260110

    En raison du contrôle des capitaux, les Grecs n’ont plus accès aux services en ligne qui nécessitent un paiement à une entreprise étrangère. Cela signifie par exemple qu’ils ne peuvent plus acheter d’apps sur l’AppStore ni de chansons sur iTunes et que leur compte iCloud se retrouve bloqué. PayPal ne fonctionne plus non plus. Vous me direz, c’est sans doute le cadet des soucis d’une grande partie de la population. Mais pour nombre d’entreprises locales de nouvelles technologies, pour les développeurs grecs, c’est une difficulté supplémentaire. Et ils s’en plaignent sur les...




  • Grèce : ne laissons pas M. Tsipras braquer les banques !, Editos & Analyses
    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021137279879-grece-ne-laissons-pas-m-tsipras-braquer-les-banques-1128409.ph
    http://www.lesechos.fr/medias/2015/06/15/1128409_grece-ne-laissons-pas-m-tsipras-braquer-les-banques-web-tete-021137257025.jpg

    La Grèce n’est pas écrasée par sa dette mais par sa politique économique. Lui céder sur l’ampleur de ses réformes serait encourager les stratégies d’extorsion d’autres Etats.

    Le FMI met en oeuvre la solidarité des nations, et même les plus pauvres y contribuent. Il est rarissime de ne pas y honorer ses engagements. Un membre de l’Union européenne, la Grèce, a pourtant rejoint la Zambie comme pays ayant retardé ses échéances ; et elle rejoindra peut être demain le Zimbabwe au ban des nations ayant fait défaut à la solidarité internationale. Cela mérite commentaire, en particulier pour corriger les fables que font circuler les spin doctors de la gauche radicale.

    Non, l’euro n’a pas « asservi » les Grecs. Il leur a au contraire donné les moyens de la souveraineté, et leur a permis pendant 15 ans d’endetter à des taux aussi bas que les Allemands un Etat qui avait déjà fait défaut quatre fois en deux siècles. Mais ils ont gaspillé cette chance. Plutôt que de moderniser leur économie pour la rendre compétitive et d’investir dans l’infrastructure d’un Etat, ils ont distribué prébendes et revenus, sans que la productivité ne s’améliore ni que la croissance vienne d’autre chose que de la consommation. Cela a entrainé des déficits budgétaires et des paiements inconnus dans l’histoire en temps de paix : à la veille de la crise, jusqu’à 10% du PIB de déficit budgétaire primaire, hors charge de la dette, jusqu’à 15% de déficit budgétaire total, et de 10 à 20% de déficit des paiements courants.

    Les marchés financiers ont commis la faute de financer trop longtemps ces déficits. Leur perte n’a pas été couverte entièrement par les contribuables puisqu’ils ont dû revendre leurs créances au secteur public avec 40 à 50% de décote lors de la restructuration de 2011. On peut débattre de savoir si c’était assez, mais ce n’est pas rien.

    Les contribuables européens ne sont pas intervenus seulement pour sauver leurs banques. Si l’argent de la troïka n’avait été utilisé que pour racheter les créances passées, les Grecs, qui n’avaient plus accès au crédit, auraient dû réduire leur déficit primaire de 10% du PIB à zéro non pas en quatre ans, mais en une semaine. La troïka a aussi apporté de l’argent frais pour financer les déficits grecs le temps qu’ils repassent sous contrôle. C’est un effort considérable, de plusieurs dizaines de points de PIB grec, que nous avons fait en sus des aides structurelles, pas pour nos banques, mais pour les Grecs. Et c’est un prêt qui doit être remboursé.

    Certes, l’ajustement a été brutal. Pour qu’il le fût moins, il aurait fallu que le contribuable européen apporte encore plus d’argent frais. Et même s’il a ramené dix ans en arrière le revenu grec, il n’a fait que remettre en ligne les dépenses avec les recettes, les salaires avec la productivité, c’est à dire le niveau de vie avec le niveau de développement, sous réserve des aides structurelles consenties par l’Union.

    Les comptes étaient en train de s’équilibrer et la croissance de repartir, quand les Grecs ont approuvé le mandat que le gouvernement rouge-brun de M.Tsipras se faisait fort de mener à bien : augmenter les revenus, revenir aux déficits primaires, avant même charge de la dette, et les faire payer par une extorsion d’argent frais européen, par la menace et le chantage. Pour que ce mandat soit clair, les Grecs ont d’ailleurs depuis arrêté de payer leurs impôts, y compris sur le capital, et retiré leur argent des banques, ce qui force la Banque Centrale Européenne à envoyer des liquidités tous les jours. Quant au gouvernement, il ne règle plus aucune facture que les salaires et les retraites, ce qui bloque son économie. Et il attend que les Européens cèdent…

    On dit la Grèce écrasée par sa dette. C’est faux. Sa dette est d’un montant nominal très élevé en proportion du PIB, mais elle est restructurée à des taux proches de zéro, et l’essentiel n’est pas dû avant des décennies. Elle n’a payé l’an dernier, en proportion de son PIB, qu’autant que la France et moins que l’Italie. Les créanciers publics ne lui demandent pas de s’acquitter de sa vieille dette, celle de 2011, dont ils savent bien qu’elle ne sera pour l’essentiel pas remboursée de nos vivants. Ils ne lui demandent que de dégager un peu d’excédent pour rendre peu à peu la « new money » ajoutée depuis 2011, en commençant par le FMI, qui est aussi l’argent du Sénégal et du Bengladesh. Ce qui écrase la Grèce, ce n’est pas sa dette, c’est sa politique économique, ses déficits, son économie de rente, l’incapacité de l’Etat à y lever l’impôt.

    Ce que veut la Grèce, c’est une « union de transfert » où le montant des transferts n’est décidé ni par le Parlement européen, ni par les Parlements des pays contributeurs, mais par le Parlement grec qui enverrait sa facture tous les ans en fonction de ses besoins. Malgré toute la contribution que les Grecs ont eu à l’invention de la démocratie, ce n’est pas ainsi que marche un système démocratique. Une « union de transfert » ne peut pas être fondée sur le chantage ; et même si elle était organisée, elle ne serait pas dans l’intérêt des pays dont le revenu par tête est supérieur à la moyenne, comme la France.

    Pour parvenir à ce résultat, l’arme de la Grèce est simple : menacer ses partenaires européens de provoquer une déflagration financière contagieuse qui menace toute l’union monétaire et toute l’économie européenne. C’est là qu’elle surestime sa main. Certes, le maintien de la Grèce en Europe a une valeur stratégique, en particulier dans le contexte de la politique russe actuelle. Certes, la sortie d’un membre de la zone euro, même d’un membre qui n’aurait jamais dû y entrer, serait un mauvais précédent à moyen terme, qui devra nous inciter à renforcer la gouvernance de la zone et la solidarité avec les pays du Sud vertueux. Mais nous ne sommes plus en 2011, et la contagion n’aura pas lieu : les autres pays du Sud vont beaucoup mieux, la BCE achète massivement leurs obligations, ce qui prévient une spéculation sur leur dette. Et la dette grecque n’est plus connectée au secteur privé, de sorte qu’elle ne peut pas être le Lehman Brothers de la prochaine crise.

    Les Européens sont face à un dilemme. Ils ne peuvent pas céder, juste retarder encore un peu le remboursement de la « new money » de 2011 en réduisant les objectifs d’excédent primaire. Mais ils ne vont pas apporter de l’argent frais pour maintenir un déficit primaire de l’Etat grec et soutenir un système de retraite plus généreux en proportion des revenus que celui de tous les autres pays européens. Car le risque de contagion grec n’est plus financier. Il est politique. Le projet Syriza est celui de tous les populistes : c’est celui de Podemos, du mouvement 5 étoiles comme du Front National. La lâcheté, qui peut s’habiller de géopolitique, peut inciter à céder à la Grèce, qui est petite, un PIB inférieur à la quinzième ville chinoise. Mais céder à la Grèce encouragerait des Etats plus importants à élire des gens qui proposent les mêmes stratégies d’extorsion. Cela cela mettrait en danger tout ce que l’Europe a construit depuis 50 ans. On n’obtiendra pas du salarié slovaque qu’il cotise pour que le retraité grec gagne plus que le retraité slovaque…

    D’où la tragédie qui se déroule sous nos yeux : M.Tsipras est un braqueur de banque qui menace de tout faire sauter -lui et son peuple avec- sans réaliser que ses otages- les autres pays du Sud - ont été déjà exfiltrés. Bien sur, on négocie avec lui, on lui dit des mots polis, on essaie de le ramener à la raison. Mais il est hors de question qu’il parte avec la caisse. Et c’est tant mieux.

    Ne pas céder sera douloureux. Syriza aura le choix entre renier son mandat, ce que cette majorité aura du mal à assumer, ou entraîner son pays dans une spirale mortifère. D’abord, il faudra fermer les banques, comme à Chypre, puisque la faillite de l’Etat grec les rendra insolvables, ce qui privera les pauvres de leurs économies -les autres les ont déjà retirées-, et ramènera l’économie à l’âge du troc. Puis il faudra, tout en laissant circuler les euros, payer fonctionnaires et retraités avec des assignats qui s’échangeront 50% en dessous de leur valeur en euros, ce qui plaira aux théoriciens de la « monnaie commune », mais réduira les revenus des intéressés bien au delà de ce que demande le FMI, pendant que le secteur privé continuera à être payé en euros.

    Ou bien on appellera ces assignats « drachmes » et on les fera émettre par une banque centrale à la botte : là, la Grèce sortira vraiment de l’euro. Mais la contrainte se reportera alors de l’équilibre budgétaire sur l’équilibre extérieur. Qui voudra être payé en drachmes ? Et où les Grecs trouveront-ils des devises pour payer les importations puisqu’ils exportent peu, que leur défaut les privera de crédit et que leurs actifs publics à l’étranger seront saisis ( comme par exemple les avions d’Olympic airways) ? Au bout de cette route, la Grèce devra aussi quitter l’Union, sans doute en échange d’un pourboire humanitaire. Pas seulement parce que c’est ce que disent les Traités. Mais surtout parce que ses voisins auront du mal à tolérer la liberté de circulation des personnes avec un Etat failli, incapable de contrôler ses frontières extérieures ; ni celle des marchandises avec une monnaie en dévaluation sauvage.

    Cette dégringolade, où qu’elle s’arrête- et il faut espérer que ce soit le plus tôt possible -coûtera bien plus cher à la Grèce que ce que demande le FMI. Son seul intérêt sera de montrer aux peuples ce que donnent les recettes populistes, et ce n’est pas à l’avantage des Grecs, car une fois la spirale engagée, ce ne sera plus l’intérêt des autres pays européens d’amortir la chute. On peut former le souhait que le peuple grec réagira quand il touchera du doigt la catastrophe. Il demandera alors des comptes aux rouges-bruns. Ce jour là, mais ce jour là seulement, il faudra que l’Europe sache être généreuse.

    Les #Gracques sont un groupe informel d’anciens hauts fonctionnaires socialiste

    #PS

    • a folie s’est emparée des responsables européens ces dernières 48 heures. Rarement il a été donné d’assister au spectacle d’autorités monétaires, chargées en temps normal de veiller et d’assurer la stabilité financière du système, organisant la panique et le chaos. C’est pourtant ce à quoi nous assistons depuis l’échec du sommet de l’Eurogroupe, le 18 juin. Une stratégie de la terreur a été mise en place pour faire plier le gouvernement grec et l’obliger à capituler et à signer ce qu’il refuse depuis cinq mois. Pour y parvenir, les autorités monétaires ont accepté de prendre le risque délibéré et irresponsable d’accélérer la crise financière de la Grèce, voire d’entraîner la contagion dans toute la zone euro.

      La rumeur d’une panique bancaire en Grèce est minutieusement entretenue. C’est désormais jour par jour que sont donnés les chiffres des retraits bancaires. Le phénomène n’est en soi pas nouveau : c’est à une lente mais constante hémorragie des dépôts à laquelle sont confrontées les banques depuis décembre, depuis l’annonce des élections anticipées. Mais de panique, point ! En tout cas pas encore. Au grand regret de certains, semble-t-il.
      © Reuters

      Car l’idée trotte depuis un moment dans la tête de certains dirigeants. Dès février, la Banque centrale européenne (BCE) avait lancé un coup d’État financier, en coupant les banques grecques des outils traditionnels de financement (voir le coup d’Etat financier de la BCE). La BCE dispose désormais de l’arme nucléaire sur la Grèce, d’un droit de vie et de mort : le système bancaire grec, en quasi-faillite, ne vit plus désormais que sous l’assistance respiratoire des fonds d’urgence de liquidité (Emergency liquidity assistance, ELA). Mais cela n’a pas suffi pour amener Syriza à résipiscence, contrairement à certaines attentes.

      Les pressions sont montées d’un cran cette semaine. Sortant de ses prérogatives, la Banque centrale de Grèce a dès mercredi averti de la menace « d’une situation incontrôlable ». La Banque centrale européenne a pris le relais. Jeudi, elle laissait fuiter la conversation d’un de ses membres, Benoît Coeuré, lors de l’Eurogroupe, annonçant que les banques grecques ne pourraient peut-être pas rouvrir lundi. Le lendemain, à l’issue d’une réunion d’urgence, l’institution monétaire annonçait qu’elle augmentait les fonds d’urgence de liquidités de 1,8 milliard d’euros. « Juste de quoi tenir deux jours ouvrés », s’est empressé de commenter, dans le confort de l’anonymat, un responsable européen.

      Si la remarque n’est pas faite dans l’intention de provoquer une prise d’assaut des guichets des déposants grecs lundi, au moment où les Européens doivent tenir une énième réunion de la dernière chance avec le gouvernement de Syriza, quel est le but recherché de ce propos ? Pour renforcer la menace, des responsables européens parlent d’une fermeture des banques grecques dès mardi, en cas de besoin, et de l’instauration d’un contrôle des capitaux. Cette volonté de semer l’inquiétude ressemble tant au scénario de Goldman Sachs, établi dès décembre, où s’enchaînaient panique bancaire, fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle économique et nouvelles élections, que cela en devient troublant. Un scénario de la stratégie du choc, si bien décrite par Naomi Klein.

      Ce n’est pas la première fois que la BCE sort de son mandat, tord le bras à des gouvernements élus, piétine le suffrage des électeurs, pour obliger les pays à se soumettre à ses volontés. Elle a déjà au moins trois coups de force, voire coups d’État, à son actif.

      En novembre 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, avait écrit personnellement au ministre des finances irlandais, Brian Lenihan, pour le forcer à ce que l’État prenne en charge le sauvetage des banques irlandaises afin d’épargner les créanciers – essentiellement des banques allemandes et françaises. Ce sauvetage a coûté quatre années de crise et d’austérité à l’Irlande, une chute de 20 % de son PIB et un endettement de plus 114 % du PIB. Encore le gouvernement irlandais a-t-il réussi à renégocier sa dette, en menant un coup de force contre la BCE. Sinon, la dette serait à plus de 130 % du PIB.

      En août 2011, Trichet est à nouveau sorti de son mandat en envoyant des lettres aux gouvernements espagnol et italien, pour leur dicter les mesures qu’ils devaient prendre. Le terme de « réformes structurelles » n’avait pas encore fait son apparition dans le jargon européen. Mais tout y était. Sans mandat, le président de la BCE y imposait la réduction des dépenses publiques, des salaires, des retraites, des réformes institutionnelles, des réformes du Code du travail.

      Le premier ministre italien d’alors, Silvio Berlusconi, l’envoya balader. La BCE répliqua en laissant la spéculation se déchaîner sur les taux italiens, sans donner le moindre signe de soutien. Le bras de fer se termina lors du sommet du G20 de novembre 2011 à Cannes, où Angela Merkel et Nicolas Sarkozy mirent la dernière main au coup d’État, en réussissant à renverser Berlusconi (lire à ce propos les stupéfiantes enquêtes du Financial Times).

      Lors de ce même sommet cannois, les mêmes responsables européens menèrent un autre coup d’État contre le premier ministre grec, George Papandreou, qui avait eu le culot de vouloir soumettre le plan de sauvetage, imposé par la Troïka, à un référendum (voir la Grèce rappelle à l’Europe ce que démocratie signifie). Là encore, l’affaire fut rondement menée. En quelques jours, le référendum était enterré et George Papandreou écarté. Le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, était parachuté à la tête d’un gouvernement technique et le plan de la Troïka était adopté sans débat. Avec le succès que l’on sait.
      Le mépris de Christine Lagarde

      L’échec des plans de sauvetage imposés à la Grèce n’est plus à démontrer. Pas un économiste – quelle que soit son obédience – n’arrive à justifier le traitement de choc imposé à Athènes. Un économiste, Gabriel Sterne, d’Oxford Economics, a repris les 137 crises traitées par le FMI depuis sa création. D’après ses calculs, la dépression de la Grèce est plus sévère que dans 95 % des autres cas. « Le PIB de la Grèce aura décliné d’au moins 42 % entre 2008 et 2015 », écrit-il. « La chute du PIB grec a des précédents, mais seulement en cas de guerre, d’effondrement des prix des matières premières et en Argentine », note-t-il. Qu’est-ce qui justifie que la Grèce connaisse un sort identique à celui du Ghana, de l’Ukraine ou du Congo pendant la guerre civile ?

      Un seul graphique suffit pour se rendre compte des dramatiques erreurs d’appréciation de la Troïka. La Grèce devait, selon ses calculs, rebondir dès la fin 2012. Son endettement devait se stabiliser autour de 140 % pour revenir à 120 % dès 2017. Il atteint aujourd’hui 180 % du PIB.

      A-t-on entendu les membres de la BCE, du FMI, les responsables européens, reconnaître qu’ils s’étaient magistralement trompés ? Les a-t-on vus présenter des excuses ou au moins suggérer des aménagements ? Pas une seule fois. Au mépris des faits et des chiffres, qu’ils disent pourtant avoir comme seuls guides, ils n’ont comme seul programme que de poursuivre dans le chemin de la faillite, de perpétuer leurs erreurs, de s’en tenir aux saintes écritures (voir retour sur six années de politique européenne calamiteuse).

      Cet entêtement devient particulièrement troublant en ce qui concerne le FMI. Les études internes de l’organisation internationale ont pourtant acté, dès 2013, dans un rapport sans concession, les erreurs que le FMI avait commises et en premier d’avoir accepté de ne pas restructurer la dette grecque, afin d’épargner les banques européennes. Depuis, plusieurs représentants au FMI, comme celui du Brésil, ont raconté comment ils s’étaient opposés non seulement au fait que le FMI intervienne dans la zone euro, mais aussi au plan proposé. Sans restructuration de la dette, sans dévaluation monétaire, celui-ci ne pouvait mener qu’à la faillite, avaient-ils alerté, sans obtenir la moindre attention. Pour avoir été soumis au régime FMI, certains savaient pourtant de quoi il retournait.

      Balayant d’un revers de main les recommandations de ses propres services, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a décidé de cautionner un plan n’apportant ni restructuration de la dette, ni aménagement fiscal et budgétaire, ni soutien à une relance de l’économie, ni aide à l’investissement. Les leçons du plan Brady, mis en place en 1989 pour sauver le Mexique de la spirale du surendettement et de la faillite, ont bien été oubliées. La position défendue par Christine Lagarde tient de celle d’un vil usurier, voulant revoir son argent à tout prix, prêt à se payer sur la bête pour y parvenir, soutenant des privatisations qui n’ont surtout servi qu’à renforcer les oligarchies intérieures qui détruisent ce pays depuis cinquante ans.

      S’il y avait encore des doutes sur le fait que Christine Lagarde n’est plus la représentante d’une organisation internationale mais celle d’une politique au service exclusif d’une technostructure européenne, ils se sont dissipés jeudi. Bien que les statuts du FMI accordent un délai de paiement en cas de défaillance, celle-ci a décidé de n’en accorder aucun à la Grèce.

      Au 30 juin, Athènes doit avoir payé toutes ses échéances du mois – 1,6 milliard d’euros. Mais comment justifier une telle position alors que dans le même temps, le FMI s’est rangé aux côtés du gouvernement ukrainien, qui réclame une restructuration de sa dette et est décidé à faire défaut, sans concertation avec ses créanciers, s’il le faut ? Y aurait-il désormais deux mesures : des pays qui peuvent renégocier leurs dettes et d’autres qui ne le peuvent pas ?
      © Reuters

      Ajoutant le mépris à l’arrogance, Christine Lagarde a déclaré, à l’issue de la réunion du 18 juin, qu’elle voulait discuter avec des « adultes ». Mais en quoi la position grecque n’est-elle pas adulte ? Pas une seule fois, les responsables de la Troïka n’ont pris le temps d’examiner sur le fond les propositions grecques. Est-ce vraiment déraisonnable de vouloir procéder à un échange sur la dette grecque et de subordonner le remboursement au taux de croissance de l’économie ? Est-il enfantin de travailler avec l’OCDE pour mettre en place un programme de réformes, permettant moderniser le pays, de lui donner des vraies structures administratives, de changer nombre de lois, y compris sur le marché du travail, pour en finir avec le clientélisme, la corruption, le système oligarchique qui gangrènent ce pays ? Est-ce vraiment beaucoup plus irresponsable que de tenir réunion pendant des heures pour savoir si l’excédent budgétaire primaire de la Grèce doit être de 1 % , 2 % ou 4 % ?

      Le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, a raconté samedi une histoire édifiante sur la dernière réunion de l’Eurogroupe de jeudi. Il y rapporte l’étonnement du ministre irlandais, Michael Noonan, qui protestait de n’avoir pas eu les dernières propositions grecques avant de participer à la discussion. Yanis Varoufakis explique alors qu’il n’a pas le droit de transmettre les documents à ses homologues : tout doit passer par le filtre de la Commission européenne.

      Mais à quoi alors servent ces Eurogroupes ? Comment les ministres des finances peuvent-ils se prononcer sans avoir eu le temps d’examiner la moindre proposition ? Comment peuvent-ils accepter de renoncer à leur droit politique pour se transformer en simple chambre d’enregistrement, s’en remettant à des experts ? Qui sont-ils d’ailleurs ? À qui rendent-ils des comptes ? On comprend mieux, en tout cas, à la lumière de cette anecdote, la novlangue utilisée par tous les ministres des finances, à l’issue de chaque réunion, répétant que « les propositions sont insuffisantes », que « l’accord n’y est pas » et que « le temps presse ». Ils n’ont tout simplement pas travaillé le dossier.

      Tout cela confirme ce que les uns et les autres pressentent depuis des mois. Nous assistons bien aujourd’hui à une action concertée de la technostructure européenne contre un gouvernement élu. Pour les tenants de cette position dure, il s’agit de faire de la Grèce un exemple afin de dissuader tous les autres peuples de prendre des chemins de traverse, de forcer tous les autres à rentrer dans le rang et à se soumettre. « La question grecque ne concerne pas exclusivement la Grèce, mais se trouve au centre d’un conflit entre deux stratégies opposées sur l’avenir de l’intégration européenne », prévenait le premier ministre grec, Alexis Tsipras, dans une tribune au Monde, soulignant que la question démocratique même était désormais en jeu.

      Les responsables européens pensent-ils sérieusement que cette stratégie de la terreur va dissuader les électeurs espagnols de voter pour Podemos, les Italiens de remettre en question leur adhésion à l’euro ou, malheureusement, le FN de gagner encore des points supplémentaires en France ? Depuis des années, les peuples européens assistent, impuissants, à l’effondrement du rêve européen auquel ils croyaient. Les entorses faites au projet européen n’ont cessé de se multiplier, mettant à mal les bases sociales et sociétales des pays européens. Mais depuis quelques semaines, ce sont les principes mêmes de l’Europe qui sont remis en cause. Des drames des migrants en Méditerranée à la volonté de faire capituler la Grèce, nous assistons à l’attaque des fondements de la démocratie, des droits de l’homme, de tout ce qui fait la culture européenne. Et cette Europe-là nous fait honte. [Source Mediapart]