• Grèce : ne laissons pas M. Tsipras braquer les banques !, Editos & Analyses
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    La Grèce n’est pas écrasée par sa dette mais par sa politique économique. Lui céder sur l’ampleur de ses réformes serait encourager les stratégies d’extorsion d’autres Etats.

    Le FMI met en oeuvre la solidarité des nations, et même les plus pauvres y contribuent. Il est rarissime de ne pas y honorer ses engagements. Un membre de l’Union européenne, la Grèce, a pourtant rejoint la Zambie comme pays ayant retardé ses échéances ; et elle rejoindra peut être demain le Zimbabwe au ban des nations ayant fait défaut à la solidarité internationale. Cela mérite commentaire, en particulier pour corriger les fables que font circuler les spin doctors de la gauche radicale.

    Non, l’euro n’a pas « asservi » les Grecs. Il leur a au contraire donné les moyens de la souveraineté, et leur a permis pendant 15 ans d’endetter à des taux aussi bas que les Allemands un Etat qui avait déjà fait défaut quatre fois en deux siècles. Mais ils ont gaspillé cette chance. Plutôt que de moderniser leur économie pour la rendre compétitive et d’investir dans l’infrastructure d’un Etat, ils ont distribué prébendes et revenus, sans que la productivité ne s’améliore ni que la croissance vienne d’autre chose que de la consommation. Cela a entrainé des déficits budgétaires et des paiements inconnus dans l’histoire en temps de paix : à la veille de la crise, jusqu’à 10% du PIB de déficit budgétaire primaire, hors charge de la dette, jusqu’à 15% de déficit budgétaire total, et de 10 à 20% de déficit des paiements courants.

    Les marchés financiers ont commis la faute de financer trop longtemps ces déficits. Leur perte n’a pas été couverte entièrement par les contribuables puisqu’ils ont dû revendre leurs créances au secteur public avec 40 à 50% de décote lors de la restructuration de 2011. On peut débattre de savoir si c’était assez, mais ce n’est pas rien.

    Les contribuables européens ne sont pas intervenus seulement pour sauver leurs banques. Si l’argent de la troïka n’avait été utilisé que pour racheter les créances passées, les Grecs, qui n’avaient plus accès au crédit, auraient dû réduire leur déficit primaire de 10% du PIB à zéro non pas en quatre ans, mais en une semaine. La troïka a aussi apporté de l’argent frais pour financer les déficits grecs le temps qu’ils repassent sous contrôle. C’est un effort considérable, de plusieurs dizaines de points de PIB grec, que nous avons fait en sus des aides structurelles, pas pour nos banques, mais pour les Grecs. Et c’est un prêt qui doit être remboursé.

    Certes, l’ajustement a été brutal. Pour qu’il le fût moins, il aurait fallu que le contribuable européen apporte encore plus d’argent frais. Et même s’il a ramené dix ans en arrière le revenu grec, il n’a fait que remettre en ligne les dépenses avec les recettes, les salaires avec la productivité, c’est à dire le niveau de vie avec le niveau de développement, sous réserve des aides structurelles consenties par l’Union.

    Les comptes étaient en train de s’équilibrer et la croissance de repartir, quand les Grecs ont approuvé le mandat que le gouvernement rouge-brun de M.Tsipras se faisait fort de mener à bien : augmenter les revenus, revenir aux déficits primaires, avant même charge de la dette, et les faire payer par une extorsion d’argent frais européen, par la menace et le chantage. Pour que ce mandat soit clair, les Grecs ont d’ailleurs depuis arrêté de payer leurs impôts, y compris sur le capital, et retiré leur argent des banques, ce qui force la Banque Centrale Européenne à envoyer des liquidités tous les jours. Quant au gouvernement, il ne règle plus aucune facture que les salaires et les retraites, ce qui bloque son économie. Et il attend que les Européens cèdent…

    On dit la Grèce écrasée par sa dette. C’est faux. Sa dette est d’un montant nominal très élevé en proportion du PIB, mais elle est restructurée à des taux proches de zéro, et l’essentiel n’est pas dû avant des décennies. Elle n’a payé l’an dernier, en proportion de son PIB, qu’autant que la France et moins que l’Italie. Les créanciers publics ne lui demandent pas de s’acquitter de sa vieille dette, celle de 2011, dont ils savent bien qu’elle ne sera pour l’essentiel pas remboursée de nos vivants. Ils ne lui demandent que de dégager un peu d’excédent pour rendre peu à peu la « new money » ajoutée depuis 2011, en commençant par le FMI, qui est aussi l’argent du Sénégal et du Bengladesh. Ce qui écrase la Grèce, ce n’est pas sa dette, c’est sa politique économique, ses déficits, son économie de rente, l’incapacité de l’Etat à y lever l’impôt.

    Ce que veut la Grèce, c’est une « union de transfert » où le montant des transferts n’est décidé ni par le Parlement européen, ni par les Parlements des pays contributeurs, mais par le Parlement grec qui enverrait sa facture tous les ans en fonction de ses besoins. Malgré toute la contribution que les Grecs ont eu à l’invention de la démocratie, ce n’est pas ainsi que marche un système démocratique. Une « union de transfert » ne peut pas être fondée sur le chantage ; et même si elle était organisée, elle ne serait pas dans l’intérêt des pays dont le revenu par tête est supérieur à la moyenne, comme la France.

    Pour parvenir à ce résultat, l’arme de la Grèce est simple : menacer ses partenaires européens de provoquer une déflagration financière contagieuse qui menace toute l’union monétaire et toute l’économie européenne. C’est là qu’elle surestime sa main. Certes, le maintien de la Grèce en Europe a une valeur stratégique, en particulier dans le contexte de la politique russe actuelle. Certes, la sortie d’un membre de la zone euro, même d’un membre qui n’aurait jamais dû y entrer, serait un mauvais précédent à moyen terme, qui devra nous inciter à renforcer la gouvernance de la zone et la solidarité avec les pays du Sud vertueux. Mais nous ne sommes plus en 2011, et la contagion n’aura pas lieu : les autres pays du Sud vont beaucoup mieux, la BCE achète massivement leurs obligations, ce qui prévient une spéculation sur leur dette. Et la dette grecque n’est plus connectée au secteur privé, de sorte qu’elle ne peut pas être le Lehman Brothers de la prochaine crise.

    Les Européens sont face à un dilemme. Ils ne peuvent pas céder, juste retarder encore un peu le remboursement de la « new money » de 2011 en réduisant les objectifs d’excédent primaire. Mais ils ne vont pas apporter de l’argent frais pour maintenir un déficit primaire de l’Etat grec et soutenir un système de retraite plus généreux en proportion des revenus que celui de tous les autres pays européens. Car le risque de contagion grec n’est plus financier. Il est politique. Le projet Syriza est celui de tous les populistes : c’est celui de Podemos, du mouvement 5 étoiles comme du Front National. La lâcheté, qui peut s’habiller de géopolitique, peut inciter à céder à la Grèce, qui est petite, un PIB inférieur à la quinzième ville chinoise. Mais céder à la Grèce encouragerait des Etats plus importants à élire des gens qui proposent les mêmes stratégies d’extorsion. Cela cela mettrait en danger tout ce que l’Europe a construit depuis 50 ans. On n’obtiendra pas du salarié slovaque qu’il cotise pour que le retraité grec gagne plus que le retraité slovaque…

    D’où la tragédie qui se déroule sous nos yeux : M.Tsipras est un braqueur de banque qui menace de tout faire sauter -lui et son peuple avec- sans réaliser que ses otages- les autres pays du Sud - ont été déjà exfiltrés. Bien sur, on négocie avec lui, on lui dit des mots polis, on essaie de le ramener à la raison. Mais il est hors de question qu’il parte avec la caisse. Et c’est tant mieux.

    Ne pas céder sera douloureux. Syriza aura le choix entre renier son mandat, ce que cette majorité aura du mal à assumer, ou entraîner son pays dans une spirale mortifère. D’abord, il faudra fermer les banques, comme à Chypre, puisque la faillite de l’Etat grec les rendra insolvables, ce qui privera les pauvres de leurs économies -les autres les ont déjà retirées-, et ramènera l’économie à l’âge du troc. Puis il faudra, tout en laissant circuler les euros, payer fonctionnaires et retraités avec des assignats qui s’échangeront 50% en dessous de leur valeur en euros, ce qui plaira aux théoriciens de la « monnaie commune », mais réduira les revenus des intéressés bien au delà de ce que demande le FMI, pendant que le secteur privé continuera à être payé en euros.

    Ou bien on appellera ces assignats « drachmes » et on les fera émettre par une banque centrale à la botte : là, la Grèce sortira vraiment de l’euro. Mais la contrainte se reportera alors de l’équilibre budgétaire sur l’équilibre extérieur. Qui voudra être payé en drachmes ? Et où les Grecs trouveront-ils des devises pour payer les importations puisqu’ils exportent peu, que leur défaut les privera de crédit et que leurs actifs publics à l’étranger seront saisis ( comme par exemple les avions d’Olympic airways) ? Au bout de cette route, la Grèce devra aussi quitter l’Union, sans doute en échange d’un pourboire humanitaire. Pas seulement parce que c’est ce que disent les Traités. Mais surtout parce que ses voisins auront du mal à tolérer la liberté de circulation des personnes avec un Etat failli, incapable de contrôler ses frontières extérieures ; ni celle des marchandises avec une monnaie en dévaluation sauvage.

    Cette dégringolade, où qu’elle s’arrête- et il faut espérer que ce soit le plus tôt possible -coûtera bien plus cher à la Grèce que ce que demande le FMI. Son seul intérêt sera de montrer aux peuples ce que donnent les recettes populistes, et ce n’est pas à l’avantage des Grecs, car une fois la spirale engagée, ce ne sera plus l’intérêt des autres pays européens d’amortir la chute. On peut former le souhait que le peuple grec réagira quand il touchera du doigt la catastrophe. Il demandera alors des comptes aux rouges-bruns. Ce jour là, mais ce jour là seulement, il faudra que l’Europe sache être généreuse.

    Les #Gracques sont un groupe informel d’anciens hauts fonctionnaires socialiste

    #PS

    • a folie s’est emparée des responsables européens ces dernières 48 heures. Rarement il a été donné d’assister au spectacle d’autorités monétaires, chargées en temps normal de veiller et d’assurer la stabilité financière du système, organisant la panique et le chaos. C’est pourtant ce à quoi nous assistons depuis l’échec du sommet de l’Eurogroupe, le 18 juin. Une stratégie de la terreur a été mise en place pour faire plier le gouvernement grec et l’obliger à capituler et à signer ce qu’il refuse depuis cinq mois. Pour y parvenir, les autorités monétaires ont accepté de prendre le risque délibéré et irresponsable d’accélérer la crise financière de la Grèce, voire d’entraîner la contagion dans toute la zone euro.

      La rumeur d’une panique bancaire en Grèce est minutieusement entretenue. C’est désormais jour par jour que sont donnés les chiffres des retraits bancaires. Le phénomène n’est en soi pas nouveau : c’est à une lente mais constante hémorragie des dépôts à laquelle sont confrontées les banques depuis décembre, depuis l’annonce des élections anticipées. Mais de panique, point ! En tout cas pas encore. Au grand regret de certains, semble-t-il.
      © Reuters

      Car l’idée trotte depuis un moment dans la tête de certains dirigeants. Dès février, la Banque centrale européenne (BCE) avait lancé un coup d’État financier, en coupant les banques grecques des outils traditionnels de financement (voir le coup d’Etat financier de la BCE). La BCE dispose désormais de l’arme nucléaire sur la Grèce, d’un droit de vie et de mort : le système bancaire grec, en quasi-faillite, ne vit plus désormais que sous l’assistance respiratoire des fonds d’urgence de liquidité (Emergency liquidity assistance, ELA). Mais cela n’a pas suffi pour amener Syriza à résipiscence, contrairement à certaines attentes.

      Les pressions sont montées d’un cran cette semaine. Sortant de ses prérogatives, la Banque centrale de Grèce a dès mercredi averti de la menace « d’une situation incontrôlable ». La Banque centrale européenne a pris le relais. Jeudi, elle laissait fuiter la conversation d’un de ses membres, Benoît Coeuré, lors de l’Eurogroupe, annonçant que les banques grecques ne pourraient peut-être pas rouvrir lundi. Le lendemain, à l’issue d’une réunion d’urgence, l’institution monétaire annonçait qu’elle augmentait les fonds d’urgence de liquidités de 1,8 milliard d’euros. « Juste de quoi tenir deux jours ouvrés », s’est empressé de commenter, dans le confort de l’anonymat, un responsable européen.

      Si la remarque n’est pas faite dans l’intention de provoquer une prise d’assaut des guichets des déposants grecs lundi, au moment où les Européens doivent tenir une énième réunion de la dernière chance avec le gouvernement de Syriza, quel est le but recherché de ce propos ? Pour renforcer la menace, des responsables européens parlent d’une fermeture des banques grecques dès mardi, en cas de besoin, et de l’instauration d’un contrôle des capitaux. Cette volonté de semer l’inquiétude ressemble tant au scénario de Goldman Sachs, établi dès décembre, où s’enchaînaient panique bancaire, fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle économique et nouvelles élections, que cela en devient troublant. Un scénario de la stratégie du choc, si bien décrite par Naomi Klein.

      Ce n’est pas la première fois que la BCE sort de son mandat, tord le bras à des gouvernements élus, piétine le suffrage des électeurs, pour obliger les pays à se soumettre à ses volontés. Elle a déjà au moins trois coups de force, voire coups d’État, à son actif.

      En novembre 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, avait écrit personnellement au ministre des finances irlandais, Brian Lenihan, pour le forcer à ce que l’État prenne en charge le sauvetage des banques irlandaises afin d’épargner les créanciers – essentiellement des banques allemandes et françaises. Ce sauvetage a coûté quatre années de crise et d’austérité à l’Irlande, une chute de 20 % de son PIB et un endettement de plus 114 % du PIB. Encore le gouvernement irlandais a-t-il réussi à renégocier sa dette, en menant un coup de force contre la BCE. Sinon, la dette serait à plus de 130 % du PIB.

      En août 2011, Trichet est à nouveau sorti de son mandat en envoyant des lettres aux gouvernements espagnol et italien, pour leur dicter les mesures qu’ils devaient prendre. Le terme de « réformes structurelles » n’avait pas encore fait son apparition dans le jargon européen. Mais tout y était. Sans mandat, le président de la BCE y imposait la réduction des dépenses publiques, des salaires, des retraites, des réformes institutionnelles, des réformes du Code du travail.

      Le premier ministre italien d’alors, Silvio Berlusconi, l’envoya balader. La BCE répliqua en laissant la spéculation se déchaîner sur les taux italiens, sans donner le moindre signe de soutien. Le bras de fer se termina lors du sommet du G20 de novembre 2011 à Cannes, où Angela Merkel et Nicolas Sarkozy mirent la dernière main au coup d’État, en réussissant à renverser Berlusconi (lire à ce propos les stupéfiantes enquêtes du Financial Times).

      Lors de ce même sommet cannois, les mêmes responsables européens menèrent un autre coup d’État contre le premier ministre grec, George Papandreou, qui avait eu le culot de vouloir soumettre le plan de sauvetage, imposé par la Troïka, à un référendum (voir la Grèce rappelle à l’Europe ce que démocratie signifie). Là encore, l’affaire fut rondement menée. En quelques jours, le référendum était enterré et George Papandreou écarté. Le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, était parachuté à la tête d’un gouvernement technique et le plan de la Troïka était adopté sans débat. Avec le succès que l’on sait.
      Le mépris de Christine Lagarde

      L’échec des plans de sauvetage imposés à la Grèce n’est plus à démontrer. Pas un économiste – quelle que soit son obédience – n’arrive à justifier le traitement de choc imposé à Athènes. Un économiste, Gabriel Sterne, d’Oxford Economics, a repris les 137 crises traitées par le FMI depuis sa création. D’après ses calculs, la dépression de la Grèce est plus sévère que dans 95 % des autres cas. « Le PIB de la Grèce aura décliné d’au moins 42 % entre 2008 et 2015 », écrit-il. « La chute du PIB grec a des précédents, mais seulement en cas de guerre, d’effondrement des prix des matières premières et en Argentine », note-t-il. Qu’est-ce qui justifie que la Grèce connaisse un sort identique à celui du Ghana, de l’Ukraine ou du Congo pendant la guerre civile ?

      Un seul graphique suffit pour se rendre compte des dramatiques erreurs d’appréciation de la Troïka. La Grèce devait, selon ses calculs, rebondir dès la fin 2012. Son endettement devait se stabiliser autour de 140 % pour revenir à 120 % dès 2017. Il atteint aujourd’hui 180 % du PIB.

      A-t-on entendu les membres de la BCE, du FMI, les responsables européens, reconnaître qu’ils s’étaient magistralement trompés ? Les a-t-on vus présenter des excuses ou au moins suggérer des aménagements ? Pas une seule fois. Au mépris des faits et des chiffres, qu’ils disent pourtant avoir comme seuls guides, ils n’ont comme seul programme que de poursuivre dans le chemin de la faillite, de perpétuer leurs erreurs, de s’en tenir aux saintes écritures (voir retour sur six années de politique européenne calamiteuse).

      Cet entêtement devient particulièrement troublant en ce qui concerne le FMI. Les études internes de l’organisation internationale ont pourtant acté, dès 2013, dans un rapport sans concession, les erreurs que le FMI avait commises et en premier d’avoir accepté de ne pas restructurer la dette grecque, afin d’épargner les banques européennes. Depuis, plusieurs représentants au FMI, comme celui du Brésil, ont raconté comment ils s’étaient opposés non seulement au fait que le FMI intervienne dans la zone euro, mais aussi au plan proposé. Sans restructuration de la dette, sans dévaluation monétaire, celui-ci ne pouvait mener qu’à la faillite, avaient-ils alerté, sans obtenir la moindre attention. Pour avoir été soumis au régime FMI, certains savaient pourtant de quoi il retournait.

      Balayant d’un revers de main les recommandations de ses propres services, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a décidé de cautionner un plan n’apportant ni restructuration de la dette, ni aménagement fiscal et budgétaire, ni soutien à une relance de l’économie, ni aide à l’investissement. Les leçons du plan Brady, mis en place en 1989 pour sauver le Mexique de la spirale du surendettement et de la faillite, ont bien été oubliées. La position défendue par Christine Lagarde tient de celle d’un vil usurier, voulant revoir son argent à tout prix, prêt à se payer sur la bête pour y parvenir, soutenant des privatisations qui n’ont surtout servi qu’à renforcer les oligarchies intérieures qui détruisent ce pays depuis cinquante ans.

      S’il y avait encore des doutes sur le fait que Christine Lagarde n’est plus la représentante d’une organisation internationale mais celle d’une politique au service exclusif d’une technostructure européenne, ils se sont dissipés jeudi. Bien que les statuts du FMI accordent un délai de paiement en cas de défaillance, celle-ci a décidé de n’en accorder aucun à la Grèce.

      Au 30 juin, Athènes doit avoir payé toutes ses échéances du mois – 1,6 milliard d’euros. Mais comment justifier une telle position alors que dans le même temps, le FMI s’est rangé aux côtés du gouvernement ukrainien, qui réclame une restructuration de sa dette et est décidé à faire défaut, sans concertation avec ses créanciers, s’il le faut ? Y aurait-il désormais deux mesures : des pays qui peuvent renégocier leurs dettes et d’autres qui ne le peuvent pas ?
      © Reuters

      Ajoutant le mépris à l’arrogance, Christine Lagarde a déclaré, à l’issue de la réunion du 18 juin, qu’elle voulait discuter avec des « adultes ». Mais en quoi la position grecque n’est-elle pas adulte ? Pas une seule fois, les responsables de la Troïka n’ont pris le temps d’examiner sur le fond les propositions grecques. Est-ce vraiment déraisonnable de vouloir procéder à un échange sur la dette grecque et de subordonner le remboursement au taux de croissance de l’économie ? Est-il enfantin de travailler avec l’OCDE pour mettre en place un programme de réformes, permettant moderniser le pays, de lui donner des vraies structures administratives, de changer nombre de lois, y compris sur le marché du travail, pour en finir avec le clientélisme, la corruption, le système oligarchique qui gangrènent ce pays ? Est-ce vraiment beaucoup plus irresponsable que de tenir réunion pendant des heures pour savoir si l’excédent budgétaire primaire de la Grèce doit être de 1 % , 2 % ou 4 % ?

      Le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, a raconté samedi une histoire édifiante sur la dernière réunion de l’Eurogroupe de jeudi. Il y rapporte l’étonnement du ministre irlandais, Michael Noonan, qui protestait de n’avoir pas eu les dernières propositions grecques avant de participer à la discussion. Yanis Varoufakis explique alors qu’il n’a pas le droit de transmettre les documents à ses homologues : tout doit passer par le filtre de la Commission européenne.

      Mais à quoi alors servent ces Eurogroupes ? Comment les ministres des finances peuvent-ils se prononcer sans avoir eu le temps d’examiner la moindre proposition ? Comment peuvent-ils accepter de renoncer à leur droit politique pour se transformer en simple chambre d’enregistrement, s’en remettant à des experts ? Qui sont-ils d’ailleurs ? À qui rendent-ils des comptes ? On comprend mieux, en tout cas, à la lumière de cette anecdote, la novlangue utilisée par tous les ministres des finances, à l’issue de chaque réunion, répétant que « les propositions sont insuffisantes », que « l’accord n’y est pas » et que « le temps presse ». Ils n’ont tout simplement pas travaillé le dossier.

      Tout cela confirme ce que les uns et les autres pressentent depuis des mois. Nous assistons bien aujourd’hui à une action concertée de la technostructure européenne contre un gouvernement élu. Pour les tenants de cette position dure, il s’agit de faire de la Grèce un exemple afin de dissuader tous les autres peuples de prendre des chemins de traverse, de forcer tous les autres à rentrer dans le rang et à se soumettre. « La question grecque ne concerne pas exclusivement la Grèce, mais se trouve au centre d’un conflit entre deux stratégies opposées sur l’avenir de l’intégration européenne », prévenait le premier ministre grec, Alexis Tsipras, dans une tribune au Monde, soulignant que la question démocratique même était désormais en jeu.

      Les responsables européens pensent-ils sérieusement que cette stratégie de la terreur va dissuader les électeurs espagnols de voter pour Podemos, les Italiens de remettre en question leur adhésion à l’euro ou, malheureusement, le FN de gagner encore des points supplémentaires en France ? Depuis des années, les peuples européens assistent, impuissants, à l’effondrement du rêve européen auquel ils croyaient. Les entorses faites au projet européen n’ont cessé de se multiplier, mettant à mal les bases sociales et sociétales des pays européens. Mais depuis quelques semaines, ce sont les principes mêmes de l’Europe qui sont remis en cause. Des drames des migrants en Méditerranée à la volonté de faire capituler la Grèce, nous assistons à l’attaque des fondements de la démocratie, des droits de l’homme, de tout ce qui fait la culture européenne. Et cette Europe-là nous fait honte. [Source Mediapart]


  • Plus les riches sont riches et moins la #croissance est forte
    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html?
    http://s1.lemde.fr/image/2015/06/15/600x315/4654545_3_327f_lorsque-la-part-de-gateau-des-20-les-plus_3f1eeded035a74ca2f0fda5bd003f5c3.jpg

    Les tenants de la théorie du « ruissellement » ou « #trickle_down », selon laquelle les revenus des plus riches contribueraient à la croissance, ont du souci à se faire : des économistes du Fonds monétaire international (#FMI) contestent ouvertement cette approche. Dans une étude sur les causes et les conséquences des #inégalités, présentée lundi 15 juin, ils établissent au contraire que, plus la fortune des riches s’accroît, moins forte est la croissance.

    Lorsque la part de gâteau des 20 % les plus aisés augmente de 1 %, le produit intérieur brut (PIB) progresse moins (– 0,08 point) dans les cinq ans qui suivent. Autrement dit, les avantages des plus riches ne ruissellent pas vers le bas, contrairement aux convictions des économistes néolibéraux qui défendirent les politiques de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan et les #baisses d’#impôt pour les hauts et très hauts #revenus.

    En revanche, une augmentation de même importance (+ 1 %) de la part des revenus détenue par les 20 % les plus pauvres est associée à une croissance plus forte de 0,38 point.

    #Fiscalité


  • La Troïka fomente un coup d’Etat silencieux contre la #Grèce
    http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/steglios-kouloglou-la-troika.html
    http://www.solidariteetprogres.org/local/cache-vignettes/L292xH380/stelios-5fc48.jpg

    Depuis son élection en janvier, le gouvernement grec doit affronter un #coup_d'Etat qui se déroule en silence. Le but en est de renverser le nouveau gouvernement. De le remplacer par un gouvernement docile aux créanciers et en même temps de décourager les électeurs « rêveurs » de l’Espagne ou d’autres pays, qui croient encore à la possibilité de gouvernements opposés au dogme germanique de l’#austérité. On tue un gouvernement, on assassine l’espoir.

    La situation rappelle le #Chili du début des années ’70, lorsque le président américain Richard Nixon s’employa à renverser Salvador Allende pour empêcher des débordements similaires ailleurs dans l’arrière-cour américaine. « Faites hurler l’économie ! » fut l’ordre du président américain à la CIA et à ses autres services, avant que les chars du général Augusto Pinochet ne prennent la relève...

    En 1970, les banques américaines ont arrêté les crédits vers les banques chiliennes. Une semaine après les élections du janvier 2015, M. Draghi président de la Banque centrale européenne, a coupé, sans la moindre justification, la principale source de financement des banques grecques, remplacée par l’Emergency Liquidity Assistance (ELA), un dispositif plus coûteux devant être renouvelé chaque semaine. Comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des dirigeants grecs.

    Et après l’épée de Damoclès il y a aussi la drogue.

    Plus de 90 % des versements de nos créanciers leur reviennent pourtant directement -parfois dès le lendemain ! - puisqu’ils sont affectés au remboursement de la dette.

    Mais, comme le non-remboursement de la dette équivaut à un « événement de crédit », à savoir une sorte de banqueroute, le déblocage de la dose est une arme très puissante dans les mains des créanciers, un moyen de chantage politique permanent.

    Pendant cette guerre non déclarée, d’autres armes économiques sont aussi utilisées, comme les agences de notation. C’est un coup d’Etat moderne, comme on dit en anglais : not with the tanks, but with the banks.

    Les médias ont aussi été utilisés pour attaquer le gouvernement, pour évoquer le spectre du Grexit (sortie de la Grèce de la zone euro) ou provoquer la panique. A la tête de l’offensive, on retrouve le journal Bild qui, en 2010, avait inauguré les « Unes » fracassantes dénonçant la « paresse » et la « corruption » des Grecs, invités à vendre des îles pour se désendetter. Ce même Bild publiait un pseudo reportage sur une panique bancaire à Athènes, n’hésitant pas à utiliser une photo banale où des retraités font la queue devant une banque pour toucher leur retraite.

    De plus, les médias ont diffusé la théorie du sauvetage de la Grèce, tandis qu’en réalité, par les prêts accordés en Grèce en 2010, ce sont plutôt les banques françaises et allemandes qui ont été sauvées. Ces prêts avec, au début, un taux d’intérêt trop élevé, ont été présentés à l’opinion publique internationale et allemande comme une aide gratuite offerte aux « paresseux » et « corrompus ».

    Voyez ce qui se passe en réalité. D’après Libération, depuis 2010, la France a peut-être gagné jusqu’à 2 milliards d’euros grâce à ces intérêts. Même l’Autriche, avec sa faible participation, a gagné 100 millions d’euros jusqu’à maintenant, d’après son gouvernement.

    Pourtant, l’opinion publique allemande joue l’innocence. Il n’y a que quelques émissions humoristiques. C’est la façon par laquelle ils osent dire la vérité.

    On nous accuse de ne pas vouloir faire passer de réformes. Mais, c’est nous qui, plus que personne, voulons faire passer des réformes. De vraies réformes, pas du chaos.

    Ce qu’on exige de la Grèce, c’est l’application de la recette néolibérale. Chacun avec son obsession : les « idéologues » du FMI demandent la dérégulation du marché du travail ainsi que la légalisation des licenciements de masse, qu’ils ont promises aux oligarques grecs, propriétaires des banques.

    La Commission européenne, autrement dit Berlin, réclame la poursuite des privatisations susceptibles d’intéresser les entreprises allemandes (et cela, au moindre coût). Dans la liste interminable des ventes scandaleuses, se distingue celle effectuée par l’Etat grec en 2013, de vingt-huit bâtiments qu’il continue d’utiliser. Pendant les vingt années qui viennent, Athènes devra payer 600 millions d’euros de loyer, presque le triple de la somme qu’on a touchée grâce à la vente (et qui est directement revenue aux créanciers) !

    Le gouvernement d’Athènes continue à jouir d’une grande popularité, malgré ses concessions : ne pas arrêter, comme promis, les privatisations décidées par le gouvernement précédent, ajourner l’augmentation du SMIC, augmenter la TVA.

    Mais, en fin de compte, la question qui se pose est plutôt politique. Les élections ont-elles donc du sens, si un pays respectant l’essentiel de ses engagements n’a pas le droit de modifier sa politique ?

    La tragédie grecque met en avant le besoin d’un cadre nouveau pour les relations internationales. Un cadre respectant la démocratie, la souveraineté et la dignité nationales de chaque pays, tout en favorisant les relations et les accords économiques qui ne feront pas allusion à la colonisation. Un cadre profitable à tous les acteurs concernés. Récemment, le gouvernement grec a annoncé qu’il solliciterait la participation de la Grèce à la nouvelle Banque des BRICS et que cette demande a déjà été acceptée positivement de la part de la Russie. Dans ce climat surchargé de menaces et d’ultimatums, c’est vraiment une bouffée de soulagement et d’optimisme pour l’opinion publique grecque.

    En position d’infériorité, le gouvernement athénien, abandonné par les forces au soutien desquelles il aspirait, telles que le gouvernement français, ne peut revendiquer la solution du problème majeur auquel le pays est confronté : une dette intolérable. La proposition d’organiser une Conférence internationale, comme celle de 1953 qui soulagea l’Allemagne de la plus grande partie des réparations de guerre, ouvrant la route au miracle économique, a été noyée dans une mer de menaces et d’ultimatums.

    Les créanciers veulent qu’il ne reste que deux options au gouvernement de M. Tsipras : se laisser étrangler financièrement s’il persiste à vouloir appliquer son programme ou renier ses promesses et tomber, abandonné par ses électeurs.

    Je peux vous assurer que nous résisterons. On ne va pas être soumis.

    Je ne sais pas ce qui va se passer, mais un excellent article récent de Serge Halimi, paru dans Le Monde diplomatique, nous a fait penser à l’avenir et à la dimension historique de la bataille. Halimi écrivait alors, à propos de la Grèce :

    « Et l’avenir fait penser à ce qu’écrivait la philosophe Simone Weil à propos des grèves ouvrières de juin 1936 en France : "Nul ne sait comment les choses tourneront. (…) Mais aucune crainte n’efface la joie de voir ceux qui toujours, par définition, courbent la tête la redresser. (…) Ils ont enfin fait sentir à leurs maîtres qu’ils existent. (…) Quoi qu’il puisse arriver par la suite, on aura toujours eu ça. Enfin, pour la première fois, et pour toujours, il flottera autour de ces lourdes machines d’autres souvenirs que le silence, la contrainte, la soumission." Le combat des Grecs est universel. Il ne suffit plus que nos vœux l’accompagnent. La solidarité qu’il mérite doit être exprimée par des actes. Le temps est limité. »


  • Le splendide isolement de la #Turquie, par Wendy Kristianasen (Le Monde diplomatique, janvier 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/01/KRISTIANASEN/51975

    M. #Erdogan n’est pas étranger aux polémiques médiatiques. Son franc-parler, en particulier en faveur des Palestiniens, lui a valu une grande popularité dans le monde arabe. Avec le Proche-Orient dans la tourmente, celle-ci a peut-être diminué, même si le charme opère toujours : il a été élu président dès le premier tour, avec 51,7% des voix, le 10 août dernier. M. Erdogan espère une victoire suffisamment large aux législatives de juin 2015 pour imposer un changement constitutionnel et un véritable système présidentiel.

    #Politique


  • #HSBC paye cher pour s’épargner un procès en Suisse
    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/06/05/hsbc-paye-cher-pour-s-epargner-un-proces-en-suisse_4648069_3234.html
    http://s1.lemde.fr/image/2015/06/05/600x315/4648066_3_315a_cet-accord-fait-suite-a-des-poursuites_c08df6825c064f29516ae496182182d0.jpg

    Quarante millions de francs suisses (38 millions d’euros) pour solde de tout compte. Au terme de trois mois et demi d’enquête, la justice genevoise a décidé de clore, en échange d’un gros chèque, la procédure ouverte pour « #blanchiment_aggravé » à l’encontre de la banque HSBC en Suisse, dans la vaste affaire de fraude fiscale #SwissLeaks. Le procès est donc évité.

    Les poursuites contre HSBC avaient été lancées le 19 février, après que des médias internationaux, dont Le Monde, eurent révélé un vaste scandale de #fraude_fiscale organisée, depuis la filiale suisse du géant bancaire britannique (HSBC Private Bank Suisse), tout au long des années 2000, pour le compte d’une clientèle d’étrangers fortunés, de diamantaires, de trafiquants de drogue et de financiers d’Al-Qaida.

    #justice #entreprises #banques


  • The Kindle Finally Gets Typography That Doesn’t Suck | Co.Design | business + design
    http://www.fastcodesign.com/3046678/the-kindle-finally-gets-typography-that-doesnt-suck

    http://h.fastcompany.net/multisite_files/fastcompany/imagecache/inline-large/inline/2015/05/3046678-inline-3046678-slide-s-5-the-kindle-finally-gets-some-typography-that-doesnt-suck.png

    Amazon is making a big step towards better typography on the Kindle. Not only are they unveiling Bookerly, the first typeface designed for the Kindle for scratch, but they’re finally solving the Kindle’s typesetting problems with an all-new layout engine that introduces better text justification, kerning, drop caps, image positioning, and more.

    #typo

    http://seenthis.net/messages/374948 via baroug



  • Les #multinationales vont-elles enfin payer leur juste part d’#impôts ?
    http://www.alternatives-economiques.fr/les-multinationales-vont-elles-enfi_fr_art_1361_72397.html

    Nouveau plan d’action européen prévu en juin, propositions de l’OCDE…, la guerre est déclarée à l’optimisation fiscale des Google, Apple, Ikea et autres McDo. Qui sont loin d’avoir déposé les armes.

    L’Europe sera-t-elle à la hauteur ?
    En tant que Commissaire chargé de la fiscalité, Pierre Moscovici a promis de présenter en juin un nouveau plan d’action contre la fraude et l’évasion fiscales.
    On pourra alors mesurer ce que l’Union européenne entend faire sur ce sujet crucial qui lui coûte chaque année 1 000 milliards de recettes fiscales perdues, selon la Commission, l’équivalent des dépenses de santé de la zone.
    Au coeur de ces fuites, il y a les comportements fiscaux douteux des entreprises.
    Si l’on se fie aux estimations françaises, elles seraient responsables des deux tiers des pertes de recettes fiscales, contre un tiers pour les particuliers.

    #évasion_fiscale #europe

    http://seenthis.net/messages/371473 via BoOz


  • Pour une des dernières émissions de Rétrosphère avant la fermeture de la webradio #Synopslive, l’invité est la légende de la #sagasphère : le Québecois #François_Pérusse
    http://synopslive.net/emission/retrosphere

    Pour cette émission exceptionnelle, l’équipe de Rétrosphère s’est attaquée à l’interview d’un inspirateur de nombreux créateurs de saga mp3. Le génial créateur des « Deux minutes du Peuple » nous a accordé 1h10 pour répondre à une interview sans concession. Et vos animateurs favoris vous parleront ensuite de l’héritage de François dans les sagas mp3.

    http://synopslive.net/public/emissions/Retrosphere24.mp3

    Si tu ne connais pas les « Deux minutes du peuple », pas mal en écoute ici
    http://www.les2minutesdupeuple.fr

    #audio #humour

    http://seenthis.net/messages/371120 via intempestive


  • Que ce passe-t-il quand un quartier décide de bannir la #voiture pendant un mois - FastCoExist
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/119173529821

    https://41.media.tumblr.com/6e1de2aa89fbbe45559cdaf59d6ed038/tumblr_inline_no95nvFniR1qz6b8d_540.jpg

    Il y a 2 ans, un quartier de Suwon, une grande #ville de Corée du Sud, s’est lancé dans une expérience sans voiture d’un mois, rapporte FastCoExist. L’initiative - baptisée le festival de l’écomobilité - lancée par Konrad Otto-Zimmermann, directeur créatif du cabinet l’idée urbaine, permet aux citoyens de mieux envisager ce que serait leur ville sans voiture, en le vivant concrètement. Le processus de production de l’événement a pris lui-même 2 ans. En septembre 2013, 1500 voitures ont été déplacées et garées en dehors du quartier. 400 vélo ont été livrés et des navettes très régulières ont été mises en place pour aider les gens à rejoindre les parkings. Le quartier a été transformé avec des sièges et des bancs, les bars et restaurants ont élargis leurs terrasses… La durée de l’expérience avait pour but de casser les (...)

    http://seenthis.net/messages/371044 via hubertguillaud



  • Cécile Allegra : le « drame épouvantable » des émigrants érythréens - RFI
    http://www.rfi.fr/emission/20141018-erythree-cecile-allegra-delphine-deloge-bourreaux-sinai-torture-afework

    C’est un trafic d’êtres humains d’une ampleur considérable : depuis 2009, environ 50 000 Erythréens ont été torturés dans le désert du Sinaï. Fuyant la dictature, ils sont enlevés à la sortie de leur pays puis déportés à 3000 kilomètres dans ce désert coincé entre l’Egypte et Israël.

    http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/dynimagecache/0/151/2592/1464/1024/578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/3photo+3_0.JPG

    http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/modules/actu/201410/INVITE_AFRIQUE_CECILE_ALLEGRA_SINAI_pour_Internet.mp3

    Où va l’argent qui est ainsi extorqué à ces Erythréens ?

    C’est une très bonne question et c’est une grande question. Pour l’instant, on n’a que des hypothèses de travail. D’abord il est utilisé à des fins d’enrichissement personnel par les tortionnaires. Et pour le reste, ce sont des hypothèses. Certains experts de la région mettent en évidence un lien direct avec les cellules jihadistes qui opèrent dans le #Sinaï. Enfin la dernière hypothèse la plus importante qui a été soulevée il y a un an par l’ONU, c’est que l’état-major du #dictateur #Issayas_Afeworki a des parts directes dans le #trafic d’Erythréens. Cela serait quelque chose d’historique, puisque si cette hypothèse était vérifiée et c’est ce à quoi s’emploient les enquêteurs de l’ONU, les enquêteurs de l’Union européenne dans les années à venir, ça serait le premier cas de tortures hors les murs organisées par un dictateur lui-même. Donc une superbe trouvaille puisque ça lui permettrait de torturer les fuyards, mais pas sur son propre sol, donc en évitant les observateurs internationaux, et ça lui permettrait par la même occasion de faire revenir de l’argent à l’intérieur des frontières de l’Erythrée. Et c’est cette hypothèse-là qui en ce moment fait l’objet de toutes les attentions de la communauté internationale.

    Donc ils sous-traiteraient la torture à l’étranger et c’est son chef d’état-major qui serait à l’origine de ce trafic, c’est-à-dire qu’il laisserait volontairement passer les Erythréens ; il les laisserait volontairement fuir leur pays ?

    C’est bien pire que cela : il y a eu des cas avérés où la police et l’armée sont allées chercher des #Erythréens et les ont eux-mêmes déportés et remis entre les mains des trafiquants d’êtres humains. C’est une mécanique qui commence à aller très loin.

    Ce trafic commence à se développer dans d’autres pays de la région dans quelles proportions ?

    Dans des proportions absolument tragiques. Vous avez des dizaines, des dizaines de #maisons_de_torture en #Libye déjà ; il y en a plusieurs dizaines également au #Soudan, le #Yémen commence à s’y mettre. Partout où vous avez des migrants de la Corne de l’Afrique qui affluent. Les gens ont compris : vous les parquez, vous les séquestrez, vous les torturez terriblement, et ils finissent par « cracher » un peu d’argent. Donc forcément ça fait des émules.

    #torture #traite #Erythrée #Israël #Egypte #mafia #rançon #ONU

    Voir aussi :
    – Voyage en barbarie, sur la piste des réfugiés du Sinaï - Cécile Allegra / Delphine Deloget (Le Caire et Al-Arish, Egypte)
    http://www.lemonde.fr/afrique/visuel/2014/10/13/voyage-en-barbarie-dans-le-desert-du-sinai_4501271_3212.html

    – La Torture au bout du fil - Documentaire de Keren Shayo (Suisse/Israël, 2014)
    http://television.telerama.fr/television/la-torture-au-bout-du-fil-documentaire-de-keren-shayo-suisse-isr

    http://seenthis.net/messages/370589 via BoOz


  • Todd : « L’optimisme de Valls est l’optimisme du maréchal Pétain… »
    http://www.crashdebug.fr/index.php/actualites-france/10566-todd-l-optimisme-de-valls-est-l-optimisme-du-marechal-petain

    http://www.crashdebug.fr/images/stories/addons/images/Images+globales/2015/mai/todd_09_05_2015.jpg

    L’intellectuel de gauche répond à une tribune publiée par le Premier ministre dans le "Monde", qui s’en était pris aux "impostures" de l’historien.

    Emmanuel Todd, en guerre contre la gauche version Hollande BALTEL/SIPA

    Le ton est monté d’un cran vendredi 8 mai dans le débat entre Manuel Valls et Emmanuel Todd. L’intellectuel de gauche accuse, tout simplement, le Premier ministre de "pétainisme", le jour anniversaire de la capitulation des forces nazies.

    Dans une France où "le taux de chômage est à 10%, où l’islamophobie se répand, l’antisémitisme se répand, l’optimisme de Manuel Valls est l’optimisme de la révolution nationale et du maréchal Pétain", déclare sur RMC-BFM Emmanuel Todd.

    L’intellectuel répond à une (...)

    http://seenthis.net/messages/368784 via folamour


  • Le monde selon #Bernard_Guetta : la carte de ses 500 chroniques | Dans mon labo
    http://dansmonlabo.com/2015/05/07/le-monde-vu-par-bernard-guetta-la-carte-de-ses-500-chroniques-678
    http://rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2015/05/capture_decran_2015-05-08_a_16.55.08_0.png
    #rigolo

    Le monde selon Bernard Guetta : la carte de ses 500 chroniques

    Les pays dont Bernard Guetta ne parle jamais (si j’ai bien compté il y en a 87 mais je n’ai pas compté le nb d’habitants)

    Les personnes les plus citées par Bernard Guetta
    Il adore Poutine :)

    #caricature

    http://seenthis.net/messages/370184 via odilon


  • Projet #Textométrie
    http://textometrie.ens-lyon.fr

    La textométrie, née en France dans les années 80, a développé des techniques puissantes et originales pour l’analyse de grands corpus de textes. Reprenant les acquis de la lexicométrie et de la statistique textuelle, elle propose des outils et des méthodes éprouvés dans de multiples branches des SHS et statistiquement solidement fondés.

    Le projet Textométrie fédère les développements logiciels académiques du domaine pour mettre en place une plateforme modulaire et open-source appelée TXM. Il s’agit à la fois d’une opération patrimoniale au rayonnement international et du lancement d’une nouvelle génération de recherche textométrique, en synergie avec les technologies de corpus actuelles (Unicode, XML, TEI, outils de TAL, CQP, R).

    http://seenthis.net/messages/370212 via BoOz


  • Tiens, le premier ministre qui fait une tribune dans le journal, pour répondre à un intellectuel critique, en regrettant qu’il n’y ait pas d’autres intellectuels moins critiques.

    #Manuel_Valls : « Non, la France du #11_janvier n’est pas une imposture »
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2015/05/07/manuel-valls-nous-devons-resister-au-pessimisme-ambiant_4629245_3224
    http://s1.lemde.fr/image/2015/05/07/600x315/4629244_3_f3f6_manuel-valls-le-29-avril_d406749e278d4dbf3fc139ced34ba74d.jpg

    Le premier ministre français, Manuel Valls, défend « la France du 11 janvier », en réponse au livre d’#Emmanuel_Todd sorti jeudi 7 mai, Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse.

    Lire aussi : Emmanuel Todd contre les illusions de la France du 11 janvier

    « Certains voudraient tirer un trait sur le 11 janvier, le remiser, minimiser la portée d’une mobilisation sans précédent, d’un gigantesque élan de fraternité. Il a fait marcher ensemble, dans nos rues, plus de quatre millions de personnes. Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, ce fut bien un mouvement spontané, populaire, venu des citoyens eux-mêmes. Le peuple français, dès le 7 janvier au soir, s’est dressé.

    Bien sûr, il faut se garder de toute idéalisation de l’événement. De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part. D’autres ne se sont pas sentis concernés, non par opposition au mouvement, mais simplement parce que les difficultés quotidiennes – le réel – les empêchent, trop souvent, de croire à cet idéal rappelé avec force par les slogans et les pancartes : la citoyenneté, la cohésion, la solidarité. Que des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart doit évidemment nous interroger, et nous commande d’agir. Le 11 janvier, je l’ai déjà dit, était d’abord une exigence adressée aux responsables politiques de tous bords.

    Pour autant, faut-il noircir le tableau, céder à l’autoflagellation ? C’est un fait : notre nation, chahutée par les bouleversements du monde, connaît une forme de dépression, elle-même alimentée par les diagnostics réguliers d’intellectuels. Ceux-ci, bien que venus d’horizons différents, se retrouvent dans un même constat : celui du déclin. Un constat devenu une véritable idéologie, un leitmotiv. Trop souvent, notre nation ne sait plus s’émerveiller d’elle-même. Le devoir des responsables politiques est alors, aussi, de descendre dans l’arène des idées, de répondre, de combattre les faux-semblants.
    Refus des amalgames

    L’historien et démographe Emmanuel Todd publie un ouvrage dans lequel il entend dénoncer « l’imposture » du 11 janvier [Qui est Charlie ?, Seuil, 252 pages, 18 euros]. D’autres l’ont précédé sur cette voie, et d’autres le suivront sans doute, mais je veux répondre à son analyse en pointant, pour reprendre sa terminologie, quatre impostures.

    Lire la critique : Emmanuel Todd, homme de tumulte

    La première, c’est de vouloir faire croire que le 11 janvier était une attaque contre une religion, contre l’islam. « Piétiner Mahomet » ? A aucun moment ! Cette manifestation fut un cri lancé, avec dignité, pour la tolérance et pour la laïcité, condition de cette tolérance. Elle fut également un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens. Elle fut, enfin, un refus des amalgames. Il fallait entendre cette Marseillaise chantée spontanément dans tous les cortèges pour saisir cet attachement viscéral aux valeurs qui nous unissent, au-delà de nos désaccords politiques, de nos appartenances culturelles ; un attachement à ce qui fait la nation républicaine, son caractère profondément consensuel et contractuel qu’Ernest Renan a si bien démontré. Est-ce que cela veut dire qu’il n’existe pas en France une tentative de stigmatiser les musulmans sous couvert de « laïcité » ? Bien sûr que non. Ces faits existent. On ne peut pas les accepter.

    La deuxième imposture tient à la définition de la liberté d’expression. Sur ce point, face aux confusions dangereuses, notamment au sein de notre jeunesse, les intellectuels ont une responsabilité éminente : éclairer et non pas tout mélanger. Dans notre pays, la caricature a toujours eu un rôle essentiel dans la construction de l’opinion publique. Elle est ce mode d’expression si singulier qui permet la dénonciation de l’injustice, la contestation des abus, la critique des « puissants ». Elle est le plus souvent, n’en déplaise à Emmanuel Todd, du côté des « faibles » et des « discriminés ». En l’espèce, la caricature de Mahomet est du côté de ceux subissant le poids des fondamentalismes, la violence des fanatiques qui détruisent, terrorisent, assassinent. Il y a là une inversion des valeurs, une perversion des idées qui consiste à penser que ceux qui tuent sont les faibles. Ce genre de justification provoque des conséquences désastreuses, car il séduit tant d’individus, tant de jeunes qui pensent que ce sont les assassins les victimes.

    La troisième imposture, c’est cette théorisation d’une néo-République, concept pour le moins brumeux. Emmanuel Todd veut voir dans le 11 janvier une confiscation idéologique par certaines catégories sociales supérieures, coupables par essence. L’historien ne prend alors plus aucune prudence avec sa discipline, au point de devenir inquiétant : c’est la France antidreyfusarde, catholique, vichyste ! N’en jetez plus !
    Relever l’étendard de l’optimisme

    La vérité, c’est que, dans les cortèges, chaque citoyen comptait à égalité, quelles que soient ses croyances, ses origines, sa couleur de peau, sa classe sociale. Propager l’idée que la République serait aux mains de certains et agirait au détriment d’autres, c’est jouer un jeu dangereux : celui des populismes, des extrêmes qui, eux, nous conduiraient vers la ruine. Dans cette crise d’identité que traverse la France, plus que jamais nous devons défendre la République, car elle est protectrice des citoyens et émancipatrice des individus. La République est notre meilleur atout.

    Enfin, quatrième imposture : la définition donnée de la gauche. Une définition qui reflète la tentation populiste en vogue, qui voit dans les « élites » un groupe fondamentalement méprisant, « mondialiste », dont la seule motivation serait de trahir le peuple. La définition de la gauche que donne Emmanuel Todd traduit en fait les passions personnelles de l’auteur : lorsqu’elle est pro-européenne, la gauche est forcément synonyme de « traîtrise », de « soumission » à un supposé diktat. Tout est noir ou blanc, aucune place n’est laissée à la nuance. La gauche de gouvernement est présumée coupable et même condamnée avant d’avoir été jugée sur son action. Au fond, pour l’historien-démographe, devenu gardien du temple, la gauche ne vivrait bien que dans la contestation, le mythe révolutionnaire.

    Je réponds, ici, à Emmanuel Todd, mais je ne réponds pas qu’à lui. Le plus inquiétant dans ses thèses, c’est qu’elles participent d’un cynisme ambiant, d’un renoncement en règle, d’un abandon en rase campagne de la part d’intellectuels qui ne croient plus en la France. J’aimerais que plus de voix s’élèvent pour défendre notre pays, pour mieux en penser les défis, pour relever l’étendard de l’optimisme.

    Ce qui n’interdit en rien la lucidité. Je l’ai moi-même rappelé à la tribune de l’Assemblée nationale, dès le 13 janvier : pour beaucoup de nos concitoyens, la promesse républicaine est devenue un mirage. L’accès à l’éducation, à l’emploi, à un logement, à la santé, à la culture se heurte trop souvent à la réalité des faits. Mais c’est au nom de cette lucidité, et parce que je ne conçois pas la politique autrement que comme un combat, que je souhaite participer au débat sur le 11 janvier, pour entretenir ce mouvement, cette énergie. Elle est vitale pour notre pays. Le 11 janvier, la France s’est retrouvée, forte et fière. Ce souffle ne doit pas s’éteindre.

    C’est à chaque citoyen de l’entretenir, de lui donner sens, sans prétendre le confisquer. Et à la place qui est la mienne, je mesure combien ce sursaut comporte d’exigences. Exigence d’agir, de s’élever à la hauteur des enjeux, de faire vivre nos valeurs. La lucidité n’empêche pas l’espoir, et la difficulté de ce combat républicain ne doit jamais nous faire oublier combien il est noble. »

    http://seenthis.net/messages/370151 via BoOz


  • #Laurent_Joffrin directeur de Libération, plutôt d’accord avec #Manuel_Valls, VS #Emmanuel_Todd.

    #Emmanuel_Todd : « Le #11_janvier est un tour de passe-passe » - Libération
    http://www.liberation.fr/politiques/2015/05/03/le-11-janvier-est-un-tour-de-passe-passe_1287114

    http://md1.libe.com/photo/761778-societe-terrorisme-hommage.jpg?modified_at=1430679071&width=750

    Libération : Après le 11 janvier, Libération titre « Nous sommes un peuple », et Laurent Joffrin son édito « Un élan magnifique »…

    Emmanuel Todd : C’est contre ça que mon livre a été écrit. J’ai vécu ce moment d’unanimité apparent, relayé par les médias, comme un flash totalitaire. C’est le seul moment de ma vie où j’ai eu l’impression que ce n’était pas possible de parler en France. C’était paradoxal puisque tout le monde était en train de se gargariser du mot « liberté », et pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur de m’exprimer. C’est vrai que la situation était compliquée. C’était une énorme manifestation. Impossible de ne pas prendre au sérieux 4 millions de personnes dans la rue, des gens qui avaient de bonnes têtes, qui étaient sympas, qui formellement ne disaient rien d’horrible. Je me suis dit que la seule façon de démonter cette image d’unanimité, c’était de faire un véritable travail d’enquête sociologique. J’ai calculé des intensités de manifestations par ville. J’ai fait des cartes. J’ai rapporté cela à d’autres variables, notamment la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures et aussi la carte des empreintes et pratiques religieuses. Ce que je constate, ce jour-là, c’est une surmobilisation des catégories moyennes et supérieures de la société, et en particulier de la partie de la France qui est de tradition catholique. Les régions qui étaient censées se battre pour le respect de la liberté de conscience, de la liberté d’expression et de la laïcité, sont les régions qui, dans toute l’histoire de France, ont combattu la laïcité. Pour moi, il y a une escroquerie fondamentale dans ce qui s’est passé le 11 janvier, un tour de passe-passe, qui n’était pas conscient chez les acteurs. La simple exclusion du Front national de la manifestation allait signer l’absence des ouvriers. Ce que j’ai constaté, c’est le contraire de l’unanimité.

    Laurent Joffrin : Si l’on excepte le chapitre sur l’immigration, je suis en désaccord avec tout le livre d’Emmanuel Todd. Le 11 janvier est la plus grande manifestation qu’on ait connue en France. Bien sûr, tout le monde n’y était pas ; on l’a dit, on l’a écrit. Certains l’ont dit eux-mêmes, comme Le Pen : « Je suis Charlie Martel » ; c’est une formule. Une partie des jeunes de banlieue ne sont pas venus non plus. Ils étaient choqués par le fait qu’on attaque le Prophète, ce qui est légitime et compréhensible. Mais 3 ou 4 millions, cela fait quand même beaucoup de monde. J’en ai déduit que la culture républicaine, en tout cas s’il s’agit de la liberté d’expression, était largement majoritaire en France ; qu’elle est précieuse à tout le monde, presque tout le monde, quelle que soit l’origine religieuse, politique, etc. C’est rassurant. Ensuite, l’unanimité s’est faite autour de la liberté d’expression, qui est le contraire de l’unanimisme. Tout le monde était d’accord pour dire qu’on a le droit de ne pas être d’accord. La plupart des gens qui sont venus manifester ne lisaient pas Charlie Hebdo, la plupart des gens qui sont venus manifester pouvaient être choqués par tel ou tel aspect de ce qu’il y avait dans Charlie Hebdo, y compris des musulmans, des catholiques ou d’anciens catholiques. On a été unanimes pour dire : « On a le droit de ne pas être unanime. »

    Deuxièmement, la manifestation a été tout sauf antimusulmane. Au contraire, elle était fraternelle. Son message était clair : « On fait tous partie (même si c’est en partie faux) de la même communauté nationale, qui est républicaine » et « ce sont les valeurs républicaines qui nous tiennent ensemble », et non pas telle ou telle opinion politique, telle ou telle croyance. C’est la république qui est le cœur de l’affaire.

    E.T. : On démarre dans un débat qui tourne en rond, parce que ce que Laurent a réexposé toute l’autosatisfaction des gens qui ont manifesté, l’unanimité de la classe médiatique. Il ne suffit pas, pour un sociologue et un statisticien, de répéter comme avec un moulin à prières tibétain « nous étions 4 millions ». Les Français sont 65 millions. Je fais une analyse statistique…

    L.J. : C’est la critique fondamentale que je porte à votre livre : je ne pense pas que les structures anciennes de la religion ou de la famille déterminent à ce point les comportements. Elles jouent un rôle, bien sûr, elles ont une influence diffuse. Mais elles ne déterminent pas mécaniquement la vie politique. Il y a bien d’autres facteurs : le taux de chômage, le taux d’immigration, la composition sociologique. Et les mythes politiques qui ont une autonomie, qui influent par eux-mêmes sur les comportements. Vous faites une sociologie purement déterministe. Je n’y crois pas.

    E.T. : Ce que vous dites ne présente rigoureusement aucun intérêt, parce que tout le monde l’a dit mille fois. Je ne suis pas un idéologue, je suis un chercheur empiriste et je dis : 4 millions, ce n’est pas tout le monde. Quand on entre dans le détail, on trouve tout à fait autre chose. Je m’excuse, mais lorsque vous dites un truc du genre : « Cela ne tient pas debout, l’analyse anthropologique et ces trucs sur la sphère familiale », vous êtes un facho, là !

    L.J. : Parce que je conteste la causalité simpliste que vous décrivez…

    E.T. : Alors démontrez que les cartes sont fausses ! Démontrez que les coefficients de corrélation sont pourris !

    L.J. : Ils me paraissent bizarres, oui. Je conteste la méthode.
    Quelle république ?
    Pourquoi, Emmanuel Todd, parlez-vous d’une « néo-république » à propos du 11 janvier, alors que Laurent Joffrin y voit tout simplement la république ?

    E.T. : La république au sens où on l’entendait, c’était un système censé être pour tout le monde. C’était associé à l’idée de suffrage universel, d’une gestion en tout cas, pour la république sociale d’après-guerre, de l’économie dans l’intérêt de l’ensemble de la population. C’était une république à laquelle les ouvriers et les paysans participaient. Maintenant, ce que j’appelle la néo-république, c’est l’appropriation de tout ce bagage historique prodigieux de la France par une moitié de la société seulement, c’est-à-dire les classes moyennes et supérieures. Ce que la manifestation du 11 janvier, dans sa structure, exprimait, c’était en fait une république d’exclusion. Les milieux populaires n’étaient pas là. Les gosses des banlieues, les gosses d’origine immigrée n’étaient pas là. Laurent Joffrin nous dit : « Nous défendions la liberté, c’était merveilleux. » Mais qu’on ne me raconte pas que blasphémer sur la religion d’un groupe dominé est super classe, parce que la vérité, c’est que les musulmans en France, c’est 5% des gens, principalement en bas de la société !

    L.J. : C’est faux. Charlie Hebdo n’est pas du tout antimusulman. Ils sont antireligieux, ce n’est pas la même chose. Dans Charlie, le nombre de couvertures ou de dessins dirigés contre la religion catholique est au moins égal, sinon supérieur, au nombre de caricatures et de couvertures dirigées contre l’islam. Elles sont d’ailleurs dirigées contre les terroristes et contre les intégristes, ce qui n’est pas la même chose. Du coup, les gens qui manifestent pour Charlie Hebdo ne peuvent pas être assimilés à des gens qui, même par contagion, seraient antimusulmans. Ils sont pour une cohabitation aussi harmonieuse que possible, en tout cas pacifique, entre les différentes religions. On ne peut pas les accuser d’être, même inconsciemment, même s’ils sont influencés par des structures subreptices, hostiles aux musulmans. Au contraire, ce sont des gens peut-être plus éduqués que la moyenne des Français, c’est possible - c’est peut-être aussi pour cela qu’ils ont une culture républicaine historique supérieure - qui savent ce que c’est qu’une intolérance ethnique ou raciale ou religieuse. Donc ils disent : « Plus jamais cela. »
    Quelle gauche ?
    Dans votre dénonciation de l’hostilité à l’islam, vous accusez carrément le PS d’être un parti xénophobe…

    E.T. : J’ai soutenu François Hollande. J’ai toujours été un électeur de gauche, mais plutôt dans la tradition communiste. Le comportement objectif du PS, ce sont ses choix de politiques économiques depuis 1983 : c’est la politique du franc fort, c’est l’alignement sur des modes de gestion de type allemand inadaptés pour la société française qui fait un tiers d’enfants de plus, c’est la monnaie unique, c’est l’acceptation d’un taux de chômage de 10%. C’est la promotion, la perpétuation et l’obstination dans des politiques économiques qui vont détruire la classe ouvrière française en général. N’oublions pas les Français de souche des milieux populaires, mais aussi, spécifiquement, les plus faibles, les derniers arrivés, ceux qui sont le moins protégés par leurs réseaux familiaux et de parenté : ce sont les enfants d’immigrés. Ce que j’appelle « xénophobie objective », c’est une xénophobie qui n’a pas conscience d’elle-même.

    Evidemment, les socialistes pensent être du bon côté ; que les méchants, ce sont Estrosi, Copé, le FN, etc. Mais la vérité, c’est que leur attachement à une politique économique qui échoue et qui n’en finit pas d’échouer trahit leurs valeurs latentes. L’idéal d’égalité des hommes, la protection authentique des gosses d’immigrés dans les banlieues, comme des ouvriers français, est non-sincère, et la valeur qui domine dans leur tréfonds subconscient et inconscient est une valeur d’inégalité. En fait, ce qui s’est passé depuis trente ans, c’est que le catholicisme ou, plutôt, les valeurs sociales latentes du catholicisme (les valeurs d’autorité, d’inégalité, de différenciation humaine), ce que j’appelle dans le livre le « catholicisme zombie », ont conquis la gauche.

    Une fois qu’on a compris ça, on peut commencer à réfléchir utilement au Front national et à comprendre qu’il n’est qu’un effet de ce mouvement d’ensemble, et pourquoi le FN, ce parti xénophobe et arabophobe, se retrouve de plus en plus implanté dans les vieilles régions libérales égalitaires françaises.

    L.J. : Ce n’est pas le Parti socialiste qui a créé l’inégalité, c’est la mondialisation et l’économie de marché mondialisée. On peut reprocher aux socialistes ou aux sociaux-démocrates de ne pas avoir lutté avec suffisamment d’énergie contre l’inégalité, mais ce n’est pas eux qui l’ont créée. C’est purement polémique de dire cela. Les socialistes pensent, peut-être à tort, que le fait de passer un compromis avec le patronat permettra de relancer l’économie et de réduire le chômage. Cela marche mal pour l’instant, ou pas du tout, en France. Cela a marché dans d’autres pays. Tout cela n’a rien à voir avec leur origine catholique supposée. Quant à imputer la crise à Maastricht et à la monnaie unique, c’est d’un simplisme confondant. On peut le dire pour certains pays qui sont en position de faiblesse, mais c’est faux pour d’autres. Certains pays qui sont dans la zone euro ont un taux de chômage très faible. Prenez aussi le Danemark et la Suède, pays proches à tous égards… L’un est dans l’euro et l’autre non. Comment expliquer qu’ils ont à peu près le même taux de chômage et un système social extrêmement protecteur tous les deux ?

    E.T. : La France est le seul des pays très avancés historiquement qui accepte de vivre avec 10% de chômage. C’est très spécifique de la France. C’est la promotion, la perpétuation et l’obstination dans des politiques économiques qui vont détruire la classe ouvrière française en général. Alors faites une pétition pour sortir de l’euro ! Cessez d’être résigné ! Libérez-nous !

    L.J. : Donc, selon vous, c’est l’euro qui crée le chômage ?

    E.T. : Le taux de chômage de la France à 10%, oui.

    L.J. : Sortir de l’euro ne résoudra rien.

    E.T. : Si vous le dites… C’est votre religion.
    Crise existentielle
    Selon vous, Emmanuel Todd, la France traverse une crise existentielle, une espèce de grande dépression spirituelle du fait du retrait du catholicisme, et ce vide est notamment comblé par la recherche d’un bouc émissaire, en l’occurrence l’islam…

    L.J. : Je ne pense pas que la fin de la religion crée un vide existentiel. Je ne pense pas que la religion soit la seule manière de remplir le vide existentiel. Je pense que les citoyens se réfèrent à des valeurs non religieuses, républicaines, laïques et que cela remplit leur vide « existentiel ». On dit qu’il y a un vide depuis 1789, depuis qu’on a répudié les traditions et qu’on a rompu avec certains aspects de l’Eglise catholique ou avec la hiérarchie catholique. On nous explique que les gens ne savent plus où ils habitent, qu’ils n’ont plus de valeurs, qu’ils ne croient plus à rien, etc. C’est complètement faux. La manifestation du 11 janvier l’a montré, comme toute l’histoire du XIXe siècle et du XXe siècle. La démocratie est un système imparfait. Il est donc en crise par définition. On n’a jamais vu de démocratie qui ne soit pas en crise. Mais, contrairement à ce que vous affirmez, les sociétés individualistes gardent des valeurs collectives. Elles se sont manifesté le 11 janvier.

    E.T. : Je suis personnellement un sceptique religieux, je n’ai pas de problème avec la religion. J’essaie de démontrer dans le bouquin que dans les trente dernières années, on a vécu l’effondrement de ce catholicisme de résistance qui structurait une partie de la société. On vient enfin d’atteindre une situation de vide religieux complet ! Cela n’a jamais existé dans l’histoire de France. Je dis de façon répétitive : « Il faut prendre la religion au sérieux, surtout quand elle disparaît. » Lorsque la religion disparaît, il y a des phénomènes de vide, des problèmes de substitution, des phénomènes de violence. On en est là ! Comme par hasard, c’est le moment où plus personne ne croit et où tout le monde devient obsédé par la religion. On est obsédé par l’islam… Finalement, il y a une sorte d’inconscient collectif qui cherche dans l’islam un substitut du catholicisme qui ne peut plus servir. Mais c’est complètement fantasmé, car les indicateurs de pratique religieuse du monde musulman, difficiles à mesurer, sont beaucoup plus faibles que ce qui existait dans les provinces catholiques d’autrefois.
    Pour vous, c’est l’islamophobie qui renforce l’antisémitisme ?

    E.T. : Si je cherche dans mon irrationnel profond ce qui me rend vraiment inquiet sur le sort du pays, c’est la renaissance de l’antisémitisme, parce que cela me renvoie à l’histoire de ma famille, et je ne pensais pas que c’était possible. J’accepte maintenant l’antisémitisme de pas mal de gosses arabes des banlieues comme un fait sociologique dont il faut tenir compte. Cela a été difficile pour moi. Mais c’est logique : la montée d’une passion religieuse islamophobe, dirigée contre une minorité, ne peut que raviver, inévitablement, toutes les passions religieuses et finalement cibler la religion des autres minorités, conduire donc à l’antisémitisme. C’est ce qui se passe.

    Mais il existe plusieurs types d’antisémitisme. Le vieil antisémitisme, catholique, bourgeois, différentialiste, ciblait des juifs assimilés auxquels on reprochait d’être différents, malgré les apparences. Il y a aussi un antisémitisme que j’appelle égalitaire, universaliste, qui fonctionne selon une logique complètement inverse. Là, ce qui est reproché aux juifs, ce n’est pas de vouloir devenir comme vous, c’est de vouloir rester différents. C’est celui que subissent les juifs pratiquants dans les banlieues, et il est peut-être aussi typique de la France du Bassin parisien que de l’islam. La France est formidable avec ce concept d’homme universel. Mais être universaliste, pour un anthropologue, c’est penser que les gens sont les mêmes partout. Si les immigrés qui arrivent sont raisonnablement les mêmes, super, on se mélange tout de suite, et on a les sociétés les plus ouvertes qui existent. La France, c’est cela, pour une bonne part. Dans mon village du Midi, quand j’étais enfant, je n’avais même pas compris qu’il y avait des gosses d’origine italienne et des gosses d’origine provençale, parce que c’est le même système culturel. Mais si vous voyez arriver des hommes qui ont visiblement un système de mœurs différent, votre système a priori va être mis sous tension tant qu’ils ne seront pas complètement assimilés, et vous avez la possibilité, théorique et pratique, d’un autre type de xénophobie, que j’appelle xénophobie universaliste. Je crois que c’est très important pour comprendre une chose comme le Front national. Il faut essayer de comprendre que ce qu’on appelle le racisme ou la xénophobie des prolos du Front national, ou même des petits commerçants du Midi, n’est pas la même chose que le racisme, l’antisémitisme ou la xénophobie de la bourgeoisie catholique.

    L.J. : La distinction que vous faites me paraît oiseuse. L’universalisme ne veut pas dire que les hommes sont tous pareils. Ils sont très différents mais quelque chose les relie. Ils ont des cultures, coutumes et croyances différentes. Mais leur humanité les réunit. C’est pour cela que Jaurès a appelé son journal l’Humanité.

    E.T. : Ce sont les cultures qui sont différentes, pas les gens. Je suis un universaliste, ce qui n’est pas votre cas, vous êtes un différentialiste.

    L.J. : En aucune manière ! Pour un universaliste comme moi, les hommes sont différents mais égaux en droit. Pour un différentialiste, les hommes sont trop différents pour avoir les mêmes droits. C’est la base même de la xénophobie ou du racisme. Donc dire qu’un universaliste est un xénophobe est un oxymore complet. C’est un paradoxe mirobolant, qui n’a pas de sens.

    E.T. : En fait, vous n’aimez pas les progrès de la science… Vous avez une attitude antiscientifique. Je ne suis pas le seul à penser que cela existe.

    L.J. : Vous êtes plusieurs à vous tromper, voilà tout. Ce concept n’a rien de scientifique. Il a une fonction purement polémique. Il consiste à dire que les antiracistes sont en fait racistes. C’est ridicule.
    Emmanuel Todd, qu’est-ce qui vous rend particulièrement pessimiste pour l’avenir de notre pays ?

    E.T. : Il y a une forme d’hégémonie d’un bloc socioculturel qu’incarne de façon assez magnifique Laurent Joffrin. Ce que dit ce bouquin, c’est qu’il y a une structure de pouvoirs très puissante à l’œuvre dans la société française. Et comme je suis un scientifique plutôt qu’un idéologue ou un politique, je n’arrive pas à me raconter que cela va changer d’un seul coup. Il n’empêche, mon livre plaide pour une réconciliation des Français. Que Français d’extrême droite et Français musulmans comprennent les problèmes qu’ils partagent et contribuent à la refondation d’une république. Sortons de l’euro et retrouvons nous entre Français de toutes origines pour sortir le pays du bourbier !

    L’autre vérité, c’est que le vieillissement de la population française risque d’aggraver les choses. L’âge médian du corps électoral, qui est déjà de 50 ans, augmente de 0,2 à 0,3 an chaque année. On est dans une société non seulement crispée sur ses concepts, non seulement frissonnante d’angoisses religieuses accumulées, mais qui, en plus, continue de vieillir. En 2017, on va devoir encore choisir entre François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen : trois grands politiques français qui ont tout foiré et qui ne proposent rien. Seule une société gâteuse peut avoir un système politique comme ça. C’est angoissant et c’est pour ça que je suis pessimiste.

    L.J. : Contrairement à ce qu’on dit, l’économie française n’est pas en capilotade. Le drame, c’est le chômage. Ce n’est pas l’économie en général, qui est la sixième du monde, qui est ouverte sur la mondialisation, avec une productivité forte et une main-d’œuvre très qualifiée. Je rejoins Todd sur un point : l’Europe a fait une mauvaise politique, qui a étouffé la croissance. Elle vient d’en changer, mieux vaut tard que jamais. Comme je suis un optimiste, je pense que le redressement viendra à la suite de ce changement de politique.

    S’agissant des rapports avec les minorités, c’est le seul chapitre de votre livre avec lequel je suis d’accord : l’intégration est beaucoup plus forte qu’on ne le croit, l’intégration et la fusion des minorités, notamment la minorité musulmane, qui n’est pas du tout un bloc mais très différente selon les catégories socioprofessionnelles ou les pays d’origine. Les citoyens de culture musulmane sont maintenant à 80% intégrés dans la société. Cette idée selon laquelle on va vers une guerre civile contre l’hégémonie musulmane est une idée folle, mais je constate que cette idée folle est légitimée par un certain nombre d’intellectuels qui vivent dans un monde qu’ils ne connaissent pas, qui reprochent à la classe moyenne de ne pas connaître la société, alors que ce sont eux qui la méconnaissent.

    Et si on élargit le raisonnement, on constatera que l’idée démocratique, sur le moyen terme, est à l’offensive dans le monde, et que l’intégrisme est une réaction contre l’influence croissante des idées de liberté. C’est ce qui me rend optimiste : les hommes préfèrent finalement décider de leur vie par eux-mêmes plutôt que se soumettre à la tradition, l’Etat, ou je ne sais quel prêtre ou dictateur. Je pense que, in fine, même si c’est un vertige métaphysique, les gens préfèrent être libres. Donc, à terme, à travers toute sorte de convulsions, de reculs et d’avancées, la liberté finira par l’emporter.

    E.T. : Dire cela dans un pays qui vient de redécouvrir des phénomènes de xénophobie et d’antisémitisme, cela me laisse sans voix. Votre optimisme n’apaise pas du tout mon inquiétude !

    L.J. : C’est typique. Dès que l’on dit : « Vous savez, il y a des éléments positifs », on vous répond « Donc vous pensez que tout va bien ».

    E.T. :Si j’étais psychiatre, je dirais que vous avez une nature optimiste qui vous fait croire que la liberté progresse. C’est juste l’inverse !

    L.J. : Je peux le démontrer par les statistiques.

    E.T. : C’est clair que vous êtres plus heureux de vivre que moi, c’est une évidence.

    http://seenthis.net/messages/370154 via BoOz


  • Identifier les personnes et personnalités dans une chaîne de caractère : une application simple | Captain DataScience
    http://www.captaindatascience.com/identifier-personnes-personnalites-chaine-de-caractere-11
    http://www.captaindatascience.com/media/k2/items/cache/c82cc4e14a1d2c8c8ffff9840d24b558_L.jpg

    La reconnaissance d’entité nommée fonctionne relativement bien pour les textes en anglais, mais est tout de même moins efficace en français. Plutôt que d’utiliser cela, le Captain’ a fait une hypothèse toute simple : une personne est en fait un minimum de deux mots commençant par une majuscule à la suite. Bien que cette hypothèse ne soit pas adaptée à n’importe quel texte, cela fonctionne assez bien pour analyser les articles de presse. En effet, si je vous donne la phrase suivante en portugais, et même si vous ne comprenez rien au texte, votre cerveau aura tendance (et il aura raison) à identifier « Cavaco Silva » comme une personne en voyant deux mots ressemblant à un prénom et à un nom, car commençant par une majuscule, à la suite.

    #entites_nommées #simple

    http://seenthis.net/messages/369707 via BoOz


  • Statistiques de fact checking appliqué à Fox News : seulement 11% des déclarations de la chaîne sont « vraies », 12% « essentiellement vraies », 19% « à moitié vraies ». 60% des déclarations de Fox News sont « surtout fausses », « fausses », « délirantes »
    http://www.politifact.com/punditfact/tv/fox

    La liste des déclarations classées « Pants on Fire ! » est une sorte de pur moment de bonheur (et puis on peut y revenir pour glâner une petite gourmandise) :
    http://www.politifact.com/punditfact/tv/fox/pants-fire

    http://seenthis.net/messages/369134 via Nidal


  • Aujourd’hui, (re-)découverte quelques outils sympas pour traiter du texte :

    #tika

    TIKA est un logiciel libre écrit en Java, qui est capable de convertir à peu près n’importe quoi en HTML (ou texte). S’intègre facilement dans #DotSPIP.

    L’installation avec brew (brew install tika) a l’avantage de fournir aussi un raccourci pour la ligne de commande :

    tika -h file.pdf  # conversion html
    tika -t file.pdf  # conversion texte

    http://tika.apache.org

    #tesseract

    Un système libre d’#OCR, qui s’intègre facilement à tika.
    brew install tesseract --all-languages

    tesseract -l fra file.jpg tmp && cat tmp.txt  # OCR, fra = langue française
    tika -t file.jpg   # via tika

    https://code.google.com/p/tesseract-ocr

    #alchemyAPI

    Outil de #NLP (natural language processing), qui permet de faire, comme OpenCalais, de l’extraction de termes, lieux, de la détection de langue, etc. C’est un système propriétaire (IBM). L’API en PHP n’est pas difficile à utiliser. Il y a moyen d’avoir des clés gratuitement pour une utilisation réduite (1000 appels/j) si on s’engage à indiquer qu’on utilise ce système. Il existe un plugin pour Drupal (mais pas pour #SPIP).

    https://github.com/AlchemyAPI
    http://www.alchemyapi.com/products/demo/alchemylanguage

    #sumy

    création automatique de résumés de textes.
    pip install sumy

    Utilisation (avec l’algo edmundson) :

    sumy edmundson --url=http://www.monde-diplomatique.fr/1996/02/BRIE/5224
    tika -t http://www.obsarm.org/publications/damocles/versionpdf/Damocles%2085.pdf | sumy lsa --length=3

    (le dernier exemple : je demande à tika de télécharger le PDF de la revue Damoclès et d’en extraire le contenu, puis je passe le résultat à sumy qui en extrait trois lignes pertinentes)
    https://github.com/miso-belica/sumy

    http://seenthis.net/messages/369110 via Fil


  • Comment Elon Musk veut transformer deux industries (et le XXIe siècle)
    http://www.paristechreview.com/2015/04/30/elon-musk-deux-industries

    En février, Elon Musk prédisait que Tesla Motors allait réaliser ce qu’aucun constructeur automobile n’avait jamais fait, en atteignant une capitalisation boursière de 700 milliards de dollars en 2025. Pour mettre cela en perspective, Apple est devenue la société la plus cotée de l’histoire lorsqu’elle a atteint une valeur de marché de 700 milliards en novembre 2014. Et si l’on se réfère à l’industrie automobile, cette somme peut être comparée à la valeur des cinq plus grands constructeurs mondiaux. Ensemble, Volkswagen, BMW, Ford, Toyota et Honda ne pèsent que 522 milliards.

    [...]

    Cet été, Tesla fera sa première incursion sérieuse du côté des voitures sans conducteur. L’entreprise envisage de mettre à niveau son logiciel dans l’ensemble du parc de modèle S : toutes les Tesla, y compris celles vendues il y a deux ans, seront capables de se conduire presque toutes seules sur l’autoroute. Bientôt votre modèle S de 2013 vous conduira de la Silicon Valley à LA sans que vous ayez à toucher le volant, l’accélérateur ou la pédale de frein — sauf si vous décidez de quitter l’autoroute pour aller manger un morceau ou vous dégourdir les jambes.

    Article bien peu critique et sans doute bien trop enthousiaste. Même si je reconnais que l’idée est là. Et que ça ouvre quand même la voie à la réalisation d’une smart grid P2P de distribution électrique, ce qui serait quand même fort bienvenu.

    Mais là encore, c’est à la puissance publique de se confronter rapidement à ces questions, de construire une vision d’avenir exigeante et au moins aussi ambitieuse, de proposer des alternatives (technologiques, politiques, sociales) et de s’assurer de sa souveraineté technologique et énergétique.
    Sans ça, elle en sera bientôt réduite à pleurnicher en dénonçant l’hégémonie d’un géant américain à coup de « communications de griefs » et à consacrer le reste de son action à maintenir en vie artificielle ses grands groupes industriels déliquescents et leurs emplois.

    Et pour ça, c’est à nous de l’y aider. En commençant peut-être par éviter de reproduire nous aussi les mêmes erreurs : celle de l’émerveillement béat devant des solutions clef en main, séduisantes, économiques, ambitieuses. Et dont cet article est un parfait exemple. Ce coup-ci, n’attendons peut-être pas 2025 pour écrire, amer, des « lettres ouvertes à Tesla ».

    #Automobile #Elon_Musk #Pair_à_pair #Smart_grid #Tesla_Energy #Tesla_Motors #Voiture_électrique #Énergie_renouvelable #Énergie_électrique

    http://seenthis.net/messages/366483 via Hoʍlett


  • Une batterie pour « se passer des réseaux électriques »
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/05/01/une-nouvelle-batterie-permettant-de-se-passer-des-reseaux-electriques_462602

    Le fabricant de véhicules électriques Tesla a dévoilé, jeudi 30 avril, une « batterie pour #domicile » destinée, selon son fondateur Elon Musk, à changer « la totalité de l’infrastructure énergétique dans le monde ».

    Cette batterie, baptisée Tesla « Powerwall », peut stocker l’#électricité fournie par des panneaux solaires ou par le réseau électrique au moment où celui-ci fournit de l’électricité bon marché, notamment pendant les heures de nuit, a précisé la société. La batterie peut également servir en cas de coupure de courant.

    La #batterie rechargeable lithium-ion, destinée à être fixée sur le mur d’une maison ou dans un garage, pourrait rendre les habitations équipées de panneaux photovoltaïques totalement indépendantes des réseaux électriques traditionnels.

    #publireportage

    http://seenthis.net/messages/366335 via colporteur


  • Vers une société sans emploi ? | Meta-media | La révolution de l’information
    http://meta-media.fr/2015/05/01/vers-une-societe-sans-emploi.html

    http://meta-media.fr/files/2015/04/robot_overlords.jpg

    Les #innovations numériques vont certes permettre l’émergence de nouveaux secteurs et la création de nouveaux emplois, mais qui seront moins bien payés que ceux qui vont disparaître, et ce pour plusieurs raisons :

    – une mécanisation et une émergence des robots qui entrent en compétition avec les compétences humaines ;
    – un manque d’éducation au numérique et une fracture des usages ;
    – une dissociation entre la recherche et le développement et innovation (beaucoup de technologies ne sont pas intégrées dans la société car elles ne répondent/collent pas à des usages) ;
    – un manque d’investissement dans les moyens de production, c’est-à-dire une difficulté de passer du prototype à la masse.

    http://meta-media.fr/files/2015/04/courbe-travail-productivit-300x261.png

    2. La deuxième proposition de Stanislas Jourdan (co-fondateur et coordinateur du Mouvement Français pour un Revenu de Base) concerne la création d’un #revenu_universel et inaliénable pour tous les individus. Le revenu de base inconditionnel (RBI) serait un revenu attribué sans condition, sur le principe de droit fondamental. Celui-ci serait déconnecté de l’emploi et serait perçu par chaque individu de la société peu importe son âge, son statut socio-professionnel.
    Ce revenu de base serait financé par un capital collectif, celui du travail gratuit qui contribue à la création de bien commun. Selon Stanislas Jourdan, le revenu de base serait compris entre 500 et 800 euros par mois et par personne. Il permettrait une accélération économique plus collaborative et aux salariés de renégocier avec leur entreprise leur condition de travail. Le revenu de base permettrait de libérer le temps des individus.

    http://meta-media.fr/files/2015/04/revenu-de-base-inconditionnel-intgr-dans-le-revenu-global-735x548-600x447.png

    Comment serait financé ce revenu ? Selon le rapport Colin et Collin sur la fiscalité du numérique, le revenu de base pourrait puiser ses ressources dans la création d’une taxe sur l’exploitation des données personnelles qui financerait la protection sociale et le revenu de base. D’autre part, cela encouragerait les entreprises à avoir un comportement plus éthique concernant l’utilisation et à la protection des données personnelles.

    3. La dernière proposition, émise par le consultant Frédéric Fonsalas, part d’un questionnement sur la disparition du travail. Actuellement, une croissance de 3% serait nécessaire pour nous assurer du travail ; cette équation ne serait effective que si l’on parle du #travail_salarié. De ce fait, Frédéric Fonsalas propose une nouvelle définition du #travail, à savoir “toute action transformante impliquant un effort”. Dans un second temps, il soutient le fait que la possession est de l’ordre de l’inné, tandis que le don requiert une éducation. Il faut donc changer le système éducatif et fonder le nouveau sur cinq piliers équivalents en poids : la culture ; le corps et ses soins ; la structure de l’esprit qui doit être verticale ; la formation à l’entrepreneuriat et l’art et l’artisanat.
    Il s’agit enfin de repenser le rapport à l’argent comme rémunération et de créer des nouveaux modes de rétribution, développer une économie sociale et solidaire.

    http://seenthis.net/messages/366325 via BoOz