• Ethique partout, débat nulle part.
    http://www.telerama.fr/idees/ethique-partout-debat-nulle-part-halte-a-la-douce-tyrannie-de-nos-modes-de-

    Ethique des affaires, de la médecine, de l’environnement, du travail... Les règles morales — ce que j’appelle la « petite éthique » — pullulent dans notre société, et l’on pourrait croire qu’elles remettent en cause le système dans lequel nous vivons. Or, je pense qu’elles font tout le contraire : loin d’interroger nos modes de vie et le système qui nous les impose, elles les renforcent et les légitiment. Je dirais même : la petite éthique est faite pour que le système puisse se reproduire sans frein.

    La réponse individuelle, le « retrait du monde », n’a aucun effet sur le système. Au contraire, ces désengagements du monde lui permettent d’autant plus de prospérer. Voyez les Etats-Unis : les Amish ici, les réserves indiennes là... chacun dans son coin, comme au zoo ! Seule une institution peut organiser un agir commun. Ce Parlement virtuel, Internet — fleuron de notre mode de vie contemporain — pourrait nous aider à le construire. Cela n’a rien d’utopique. D’une part, certaines institutions existent déjà sur ce modèle — comme le Comité de bioéthique. Même s’il n’est que consultatif, peu de lois sur la santé ont été passées contre son avis. Surtout, l’idée est à l’origine de tous les systèmes bicaméraux adoptés par nos démocraties, et qui reposaient sur le sentiment que la seconde chambre devait être représentative de la société dans ses modes de vie.