• « Les femmes ont pour injonction de ne pas prendre trop de place »
    http://jefklak.org/?p=3373

    Entretien avec Mona Chollet Propos recueillis par Claire Féasson La question de l’émancipation des femmes est loin d’être résolue. Mona Chollet est de celles qui s’attachent à décrypter les mécanismes persistants d’infériorisation des femmes. Dans Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation (...) — Textes, Entretien, Féminisme

    https://seenthis.net/messages/552033 via Solitudemaisdishuitsansde


  • Portrait du policier en donut
    http://jefklak.org/?p=3351

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/11/VignetteDonut.jpg Que font les mains d’un policier sur notre corps ? Quand il nous frappe, nous immobilise ou se contente de nous mettre une main sur l’épaule ? Que fait son regard ? Comment nous déplaçons-nous dans la rue quand un uniforme est là pour nous voir, et être vu ? À partir de subtiles observations sur la présence ordinaire des policiers dans notre quotidien, Mark Grief reconsidère avec ironie les fonctions élémentaires de la police : la majorité des prétendus « gardiens de la paix » ne mène aucune enquête pour arrêter de dangereux criminels, mais se contente d’être là, au milieu de nous, pour réguler nos gestes et les petites déviances. Plus que la paix, c’est donc un certain ordre qui est recherché. Parfois ils menacent ou frappent, parfois ils mangent un beignet ou avalent un soda – souvent, ils ne font rien. La question « Que fait la police ? » peut-elle répondre à cette autre : « À quoi sert la police ? »

    https://seenthis.net/messages/545590 via marielle


  • Migrants : Hongrie : une « clôture intelligente » avec la Serbie - Monde - tdg.ch
    http://www.tdg.ch/monde/hongrie-cloture-intelligente-serbie/story/26819140

    Hongrie : une « clôture intelligente » avec la Serbie
    Dotée de capteurs de chaleur, elle est censée lutter contre l’entrée illégale de migrants.

    La Hongrie a entamé la construction d’une deuxième « clôture intelligente » face à la Serbie, dotée de capteurs de chaleur et de caméras nocturnes, destinée à surveiller d’éventuelles tentatives de migrants d’entrer dans le pays, a annoncé lundi la télévision publique.

    Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, avait annoncé en août dernier la construction de cette clôture pour renforcer celle déjà existante et achevée l’année dernière, longue de 175 kilomètres.

    Les médias locaux ont qualifié cette deuxième clôture, dont la première partie vient d’être achevée, d’« intelligente » en raison de la technologie de pointe utilisée, telle que des capteurs de chaleur et de mouvements, ou encore de caméras nocturnes. Elle a trois mètres de hauteur et cette première partie s’étend sur 10,3 kilomètres.

    400’000 migrants

    La possibilité que l’accord conclu au début de l’année entre l’Union européenne et la Turquie, visant à réduire le nombre de migrants, vole en éclats contraint la Hongrie à renforcer la protection de ses frontières, a expliqué Viktor Orban.

    Selon M1, la télévision publique, cette clôture permettra de réduire le nombre de soldats et de policiers nécessaires au contrôle de la frontière. Le gouvernement décidera par la suite quand le reste de la clôture sera construit.

    Plus de 400.000 migrants ont traversé en 2015 la Hongrie, pays de l’espace Schengen de libre-circulation des personnes, en route vers l’Europe du nord.

    A la suite de la construction de la première clôture en septembre de l’année dernière et, un mois plus tard, d’une autre face à la frontière croate, le nombre des migrants entrant en Hongrie s’est réduit à un simple filet.

    (afp/nxp)

    #mur #frontières #balkans

    https://seenthis.net/messages/545081 via isskein


  • « La police tire au flash-ball pour punir et terroriser »

    Histoire en cinq actes du procès des forces de l’ordre
    Montreuil : 8 juillet 2009 – 21 novembre 2016

    Propos recueillis par Ferdinand Cazalis
    Avec le concours de Claire Feasson et Alexane Brochard

    http://jefklak.org/?p=3336

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/11/Une_8juilletOK.jpg

    Le 8 juillet 2009, à Montreuil (93), ville en pleine gentrification où perdurent des pratiques de solidarité (notamment avec les sans-papiers), les forces armées de la police expulsent au petit matin « la Clinique », un immeuble occupé en plein centre, qui accueille des activités collectives ouvertes sur la ville.

    Le soir-même, des habitant.e.s et personnes solidaires descendent dans la rue pour dénoncer publiquement cette expulsion. Ils organisent un repas de rue qui se termine en déambulation jusqu’au bâtiment expulsé. La police réprime sauvagement ce sursaut de résistance en tirant au flash-ball dans la foule. Des tirs au-dessus des épaules, contrairement à l’obligation légale censée encadrer l’utilisation de cette arme. Bilan : six blessés, dont une personne éborgnée. Quatre des blessés portent plainte auprès de la police des polices.

    Depuis, le collectif 8 juillet (https://collectif8juillet.wordpress.com) s’est créé pour préparer le procès qui aura lieu du 21 au 25 novembre 2016, soit sept ans plus tard, au Tribunal correctionnel de Bobigny. Fait rarissime, trois policiers seront dans le box des accusés. Pour comprendre les enjeux de cette affaire, Jef Klak revient sur le contexte qui a précédé les faits en demandant à cinq participant.e.s du collectif 8 juillet de raconter leur histoire commune et les perspectives de résistance à la police. En cinq actes.

    *

    1. Le contexte montreuillois : chasse aux sans-papiers, rencontres et assemblées (2002-2008)

    2. La Clinique, un lieu ouvert sur la ville (2009)

    3. L’expulsion de la Clinique et la charge policière (8 juillet 2009)

    4. La procédure au long cours et le collectif 8 juillet (2009-2016)

    5. Le procès contre la police (21-25 novembre 2016)

    https://seenthis.net/messages/543085 via Jef Klak



  • Rapport sur la destruction des villes par le tourisme
    Lisbonne tremble encore

    par Ferdinand Cazalis & Mickael Correia
    paru dans CQFD n°147 (octobre 2016)
    http://cqfd-journal.org/Lisbonne-tremble-encore

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-71.jpg

    Territoire reculé de la péninsule ibérique, auparavant à l’écart des affres du tourisme de masse, Lisbonne a désormais le vent en poupe. Charme suranné des ruelles pavées, façades décrépites et faible coût de la vie, le lifestyle lisboète attire un nombre croissant – 10% de plus en moyenne par an – de touristes. L’an dernier, le Portugal a encore battu son record, avec 19 millions de visiteurs, soit deux fois plus que le nombre d’habitants du pays. Selon la Banque du Portugal, les touristes étrangers auraient dépensé près de 12 milliards d’euros en 2015, et l’État portugais s’accroche avec avidité à cette bouée de sauvetage, dans un pays noyé par la crise économique depuis 2011.

    #Touristification #Lisbonne #Tourisme #Destruction_des_villes

    https://seenthis.net/messages/538041 via CQFD


  • Ces élèves qui fustigent l’école de la réussite (Raymond Millot, Politis)
    http://www.politis.fr/articles/2016/10/ces-eleves-qui-fustigent-lecole-de-la-reussite-35629

    Des lycéens d’un établissement de Seine-Saint-Denis réunis par le Conseil économique social et environnemental tordent le cou à l’école néolibérale où la compétition nuit au savoir, à l’égalité et au plaisir d’apprendre.

    http://www.dailymotion.com/video/x2ibppm_17-02-2015-table-ronde-autour-d-une-ecole-de-la-reussite-pour-t

    Voir aussi :
    http://www.lecese.fr/travaux-publies/une-cole-de-la-r-ussite-pour-tous
    http://www.lecese.fr/content/17-02-2015-table-ronde-autour-dune-cole-de-la-r-ussite-pour-tous

    #éducation #témoignages #lycée #réussite_scolaire

    https://seenthis.net/messages/536135 via Heautontimoroumenos


  • La guerrière et la mort
    par Bruno Le Dantec
    paru dans CQFD n°147 (octobre 2016)
    http://cqfd-journal.org/La-guerriere-et-la-mort

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-70.jpg

    Ne pas avoir peur de dire « je ». Ne pas non plus en devenir prisonnier. En l’articulant clairement comme un jeu se jouant à plusieurs. Nous. Voilà l’une des leçons de ce petit livre. Combien il est aisé de s’oublier, de se perdre dans les boursouflures du moi, dans le triste nombril de l’aliénation moderne. « Là était ma vie, dans cette reconnaissance de ma mort. Je suis devenue guerrière. Je ne me débattais plus, je me battais. […] La menace précise, concrète, des flics m’avait permis de me ressaisir face à une menace diffuse, incompréhensible, en redonnant une dimension sociale à ma maladie. » Au-delà de son combat contre (puis avec) le cancer, Andréa nous parle de ça : du sens réel de la communication, du partage des plaisirs et de la révolte contre un monde devenu invivable – mais portant toujours en lui la possibilité d’autres mondes.

    https://seenthis.net/messages/536104 via CQFD


  • « La tarantolata ne danse pas seule »

    Possession et dépossession dans l’ex-royaume de Naples

    Entretien avec Alèssi Dell’Umbria
    Propos recueillis par Damien Almar et Ferdinand Cazalis

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/10/VignetteTaranta-1002x700.jpg

    http://jefklak.org/?p=3152

    (Entretien publié dans le numéro 1 de la revue Jef Klak, « Marabout », 2014.)

    Chaque été pendant des siècles dans le sud de l’Italie, le rituel de la taranta faisait danser des communautés entières. Cinéaste, musicien, auteur d’une monumentale histoire de Marseille et d’un essai détonant sur les révoltes de banlieue, Alèssi Dell’Umbria a vécu en Italie, où il a beaucoup appris sur l’histoire de ce système magico-rituel.

    En ce mois d’octobre 2016, il vient de publier Tarantella ! aux éditions de L’Œil d’or, une somme qui retrace l’histoire d’une danse et d’une transe, prises entre la dépossession qu’ont subie les paysans avec l’arrivée du progrès technologique et les tentatives de récupération marchande venues des nouvelles politiques culturelles.

    https://seenthis.net/messages/532422 via Jef Klak


  • greek crisis : De la #guerre
    http://www.greekcrisis.fr/2016/10/Fr0531.html

    Les chiffres tombent, c’est-à-dire les habitants de ce beau pays. On apprend ainsi que 35,7% de la population est en danger de pauvreté, 21,4% de cette même population vit déjà sous le seuil de pauvreté (9.475€/an pour une famille de deux adultes et de leurs deux enfants) et 44% des retraités survivent sous le seuil de pauvreté (665€) suite aux 13 diminutions successives de leurs pensions depuis 2010 (dont la plus récente date du 1er octobre 2016), perte allant de 20 à 50%, tandis que 52% des foyers modestes n’ont en réalité comme revenu pour s’y accrocher... que celui des parents (et des grands-parents) retraités, (Statistiques de Grèce-ELSTAT, quotidiens “Kathimeriní”, 23/06/2016 et “Imerisía” du 28/09/2016).

    Et pour ce qui est de la dette envers l’État et envers son fisc dirigé directement par les “techniciens” de la Troïka élargie, alors plus de 50% des Grecs (4 millions de personnes), s’agissant de ceux qui ont l’obligation de déposer leur déclaration des revenus, lui sont ainsi redevables (retards - impayés) pour un montant global atteignant les 100 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2016, (1,3 milliards d’euros d’impôts et taxes non versés en Août 2016, près de 9 milliards depuis le début de 2016 - presse économique “Imerisía” du 27/09/2016). L’effondrement à prévoir ?

    https://seenthis.net/messages/530124 via Agnès Maillard


  • Turquie : Le « cadeau du ciel » à Erdogan
    paru dans CQFD n°146 (septembre 2016)
    Propos recueillis par Mathieu Léonard
    http://cqfd-journal.org/Turquie-Le-cadeau-du-ciel-a

    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-58-74835.jpg

    Le 15 juillet dernier, une tentative de coup d’état a capoté en quelques heures et a permis, par sa répression, au président Recep Tayyip Erdogan de renforcer son pouvoir sans partage. Étienne Copeaux [1], historien du nationalisme turc, revient sur l’arrière-plan politique de ces tragiques querelles byzantines.

    https://seenthis.net/messages/529878 via CQFD


  • Fermer des bibliothèques, sauver le high-tech ?

    L’annonce a fait grand bruit : pour essayer de faire 14 millions d’euros d’économies dans les prochaines années, la mairie de Grenoble va sabrer dans ses dépenses sociales, en rognant sur les dépenses de santé scolaire et en fermant trois bibliothèques. Au total, les gestionnaires verts & rouges veulent supprimer cent postes d’ici 2018. Derrière l’avalanche des réactions indignées de la part des oppositions, cette politique d’austérité révèle des grands choix de société : préfère-t-on donner de l’argent au high-tech ou aux bibliothèques ?

    La suite sur :
    http://www.lepostillon.org/Fermer-des-bibliotheques-sauver-le-high-tech.html

    #Piolle #Grenoble #Alternativeouaiouais #Antiaustéritéouahaha

    https://seenthis.net/messages/529905 via Le Postillon


  • Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde | L’Actualité des Luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=1171

    http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH113/arton228767-4efa3.png

    Le 25 mai 2016 se tenait à la Parole errante à Montreuil une rencontre avec le philosophe Jacques Rancière. Le lieu de la Parole errante est menacé de fermeture, mais une association est prête à prendre le relais : la Parole demain. Dans ce contexte et dans le cadre du mouvement contre la loi travail, la discussion avait pour thème « Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde ». Voici un montage de cette rencontre. Durée : 1h. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2016/09/160930.mp3

    https://seenthis.net/messages/529890 via Rezo


  • Un manifestant mis en examen pour port illégal… d’une Croix Rouge

    Par Tomas Statius

    http://www.streetpress.com/sujet/1475147999-manifestant-proces-port-illegal-croix-rouge

    https://pbs.twimg.com/media/CthX7riXYAAk7ZD.jpg

    La justice invoque la convention de Genève

    Mi-septembre, Sébastien est à nouveau convoqué au commissariat. Un brigadier lui remet une citation à comparaître. Désormais, on lui reproche d’avoir utilisé un casque sur lequel figurent quatre croix rouges, « l’un des signes distinctif prévus par la convention de Genève ». Un ensemble de textes qui régule les relations entre adversaires sur le champ de bataille, repris dans le droit français. Bien loin de Nantes et de ses rues paisibles. « Son cas traduit la volonté du parquet d’effrayer les médics » juge son avocat Maître Hurier :

    « Quand il s’agit de réprimer le mouvement social, le parquet de Nantes est toujours à la pointe de l’imagination. »

    Il dénonce un détournement de l’esprit de loi :

    « Ce texte vise à empêcher les belligérants d’un conflit d’utiliser l’emblème de la Croix Rouge pour tromper leur ennemi. Rien à voir avec quelqu’un qui aide les gens en manif’. »

    https://seenthis.net/messages/528969 via Jef Klak



  • Des bêtes à la barre
    Les animaux ont-ils droit à un avocat ?

    Par Raphaël Kempf

    http://jefklak.org/?p=3228

    Dernièrement, des députés français se sont demandé si les bêtes étaient en droit des « biens meubles » comme les autres, pour finalement leur accorder le statut enviable d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Un juge de San Francisco a, quant à lui, considéré que la loi sur les droits d’auteur ne pouvait s’appliquer à un macaque qui s’était pris en photo avec un appareil volé. Jef Klak – dont le dernier numéro papier disponible en librairies, « Selle de ch’val » interroge notre relation aux animaux non humains – revient ici sur les exemples historiques de procès d’insectes nuisibles et autres animaux criminels, quand la justice des hommes considérait les bêtes sujets de droit.

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/09/Une_Proces2-768x358.jpg

    https://seenthis.net/messages/525434 via Jef Klak


  • Nicolas Duvoux : « Aux Etats-Unis, chaque pauvre doit être entrepreneur de lui-même » - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2015/08/27/nicolas-duvoux-aux-etats-unis-chaque-pauvre-doit-etre-entrepreneur-de-lui
    http://md1.libe.com/photo/802432-karampal-kaur-teaches-a-yoga-class-in-the-englewood-neighborhood-of-chicago.jpg?modified_at=1440693381&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600
    In fine, cela individualise la #pauvreté et fait que chaque pauvre se sent coupable de son statut social, ce qui dédouane totalement le fonctionnement de la #société et des #inégalités de toute #responsabilité.
    C’est le stade ultime de la #méritocratie : tu as la place que tu mérites !

    Ce qu’il faut surtout souligner, c’est qu’aux Etats-Unis, la fonction sociale de l’Etat est extrêmement mal vue. On ne parle pas d’#assistanat, comme en France, mais de « #dépendance » - la coloration péjorative est la même. Dépendre de l’Etat est une catastrophe morale, économique et sociale. Je l’ai constaté pendant l’enquête, même des gens très pauvres qui vivent dans des ghettos peuvent être extrêmement critiques à l’égard de l’aide sociale d’Etat. Chacun doit être l’entrepreneur de lui-même. Personne ne veut être assimilé à un pauvre. C’est de plus en plus valable en France également. Le ressort fondamental de ce rejet me semble être une demande de dignité et de respectabilité. C’est aussi l’effet de plus de trois décennies de #néolibéralisme.

    https://seenthis.net/messages/519620 via Agnès Maillard


  • Comment relancer l’économie de l’informatique par l’école
    Allons, z’enfants du numérique !

    http://cqfd-journal.org/Allons-z-enfants-du-numerique

    paru dans CQFD n°142 (avril 2016),
    par Ferdinand Cazalis, illustré par Etienne Savoye

    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH477/-47-de8d5.jpg

    Comment réformer l’école de la République ? En formant mieux les enseignants ? En limitant le nombre d’élèves par classe ? En accompagnant les enfants vers la liberté, l’égalité et la fraternité ? Pas du tout. Pour le gouvernement, un seul plan de bataille : le tout numérique !

    « Nous avons besoin d’un plan ambitieux dans le domaine du numérique. Il n’est pas dans l’habitude de la France de passer à côté des révolutions. Nous ne raterons pas celle-ci. »

    Najat Vallaud-Belkacem. Salon international du numérique éducatif, 21 janvier 2016.

    On était prévenus : en manque d’idées pour l’éducation, François Hollande avait – dès 2009 – tout misé sur l’innovation technique. Après avoir distribué des ordinateurs portables, il prit la décision d’équiper collèges et lycées de sa région de Corrèze en tablettes numériques. Sitôt pensé, sitôt acheté, une commande de 13 000 iPads fut passée en 2010 pour 1,5 million d’euros aux frais du contribuable. À défaut de changer quoi que ce soit aux conditions de travail des enseignants et faute de donner de la consistance aux enseignements, une telle action avait au moins le mérite de relancer l’économie et de se la jouer moderne. Un an après les effets d’annonce, une enquête de l’Inspection générale de l’éducation nationale faisait le tour des classes de Corrèze pour constater les dégâts : « 
    Il est clair que la grande majorité des enseignants, d’une part ne recourt que rarement aux ordinateurs portables, affirmant préférer se servir des postes fixes, plus fiables, et d’autre part n’utilise presque pas la tablette numérique, voire, pour certains, la rejettent.
    [1] »

    Créer un marché du numérique éducatif

    Peu importe, dès son arrivée aux manettes suprêmes en 2012, le moi-président annonça son plan pour l’éducation : le passage au numérique pour toutes et tous. On allait débourser un milliard d’euros et équiper tous les bahuts en WiFi, avec des cours de code informatique, des tablettes, des ordis, des tableaux blancs interactifs. Deux ans après, en 2014, seuls quelques dizaines d’établissements en avaient bénéficié, et 5% des enseignants utilisaient le numérique dans leurs cours. Mais qui n’avance pas recule : Hollande annonça donc un « grand » plan numérique. Il s’agissait de créer « un marché du numérique éducatif », disait-on alors au ministère de l’Éducation [2]. C’est donc surtout à Bercy qu’on sabra le champagne : imaginez les 12 millions d’élèves français transformés en clients subventionnés pour relancer les ventes en gadgets électroniques...

    https://seenthis.net/messages/519646 via CQFD



  • A propos du projet d’#éoliennes en mer au large du #Tréport et de #Mers-les-bains, un #documentaire : Du vent dans la thune
    http://www.librairie-tropiques.fr/2016/08/du-vent-dans-la-thune.html

    Appelé par les populations locales, confrontées à l’arbitraire de la classe dirigeante qui les menace de ses inepties techno-bureaucratiques, désatreuses, ruineuses, affairistes et désormais coutumières, le comité translucide a réalisé, avec les courageux bénévoles du Tréport-Mers les bains, un petite reportage d’éducation populaire bien en rapport avec cette période estivale :

    https://www.youtube.com/watch?v=4_FOnjRbQeY

    Grâce cette édifiante enquête on découvre qu’avec les #énergies_renouvelables, il s’agit essentiellement de renouveler le compte en banque de quelques-uns et les sinécures bureaucratiques des autres, aux frais du contribuable, naturellement... et aux dépens du #paysage, de l’#environnement et des équilibres naturels et sociaux positifs qui permettaient encore d’espérer autre chose qu’un monde de zombies smartfonisés et d’asservissement précarisé au capital mondialisé... bref échapper au monde merveilleux de la « sobriété heureuse » dans l’intermittence généralisée, avec l’énergie qui va bien !

    Avec du #Jean-Pierre_Garnier dedans, portant un beau tshirt de @cqfd.

    #vidéo

    https://seenthis.net/messages/519570 via intempestive


  • David Graeber : Occupy Saturne par le philosophe Renaud Garcia

    http://cqfd-journal.org/David-Graeber-Occupy-Saturne

    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH493/-46-87a07.jpg

    Lecteur attentif de Graeber depuis assez longtemps maintenant, dès sa période « underground », pourrais-je dire, il m’a fallu revenir plusieurs fois sur ce livre, constitué principalement de trois articles datés de 2012, pour me rendre à cette fâcheuse évidence : notre « anthropologue-anarchiste » peut désormais tout se permettre, y compris exhumer ses fonds de tiroir de façon éhontée. Entendons-nous bien cependant : Bureaucratie contient dans son premier article des développements intéressants qui manient le paradoxe avec goût. On pense d’ordinaire une opposition entre l’État et le marché ? Il n’en est rien : la rationalité marchande se coule parfaitement dans le principe d’efficacité de la bureaucratie. Efficacité seulement prétendue, car dans une société entièrement régie par des contrats (un rêve libertarien !), la nécessité de recourir à des rapports bureaucratiques serait multipliée et non limitée, segmentant les relations collectives entre dépôt de projets et réponse à des contrôles. Voilà des éléments indéniablement intéressants et bien tournés. Ils ne doivent pas pour autant occulter l’inanité du deuxième article reproduit dans ce recueil, « Des voitures volantes et de la baisse du taux de profit », qui ne s’est guère attiré de commentaires critiques alors qu’il enchaîne énormités sur énormités.

    https://seenthis.net/messages/518167#message518170via RastaPopoulos

    Sur le point de me laisser embarquer par cet optimisme technologique sans faille, une malheureuse citation est revenue doucher ma naissante euphorie : « Durant un siècle, l’humanité s’est livrée à une expérience fondée sur l’hypothèse suivante : l’outil peut remplacer l’esclave. Or, il est manifeste qu’employé à de tels desseins, c’est l’outil qui de l’homme fait son esclave. La dictature du prolétariat et la civilisation des loisirs sont deux variantes politiques de la même domination par un outillage industriel en constante expansion. » Ces lignes d’Ivan Illich, dans La Convivialité, datent de 1973, lorsque le jeune Graeber devait dévorer tout Asimov en rêvant de laisser un androïde sur Mars. Or, des réflexions de cet acabit n’existent tout bonnement pas dans la galaxie de notre anthropologue-anarchiste. À ses yeux, il est au contraire étonnant que nous n’ayons pas déjà perçu à quel point le capitalisme freine l’innovation, au lieu de favoriser précisément sa constante expansion. L’iPhone, objet révéré de notre époque, ne serait ainsi qu’une « modeste amélioration » conçue pour amuser la galerie. Qu’il soit utile, incidemment, pour tracer, géolocaliser, conserver le salarié sous pression perpétuelle et exploiter par consentement les dynamiques auto-entrepreneurs de la nouvelle économie : de tout cela, pas un mot.

    #David_Graeber #Renaud_Garcia #critique_techno #progressime #techno-béat


  • « Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs »
    Entretien avec Stéphane Mercurio et Chantal Vasnier sur les familles de détenus

    Propos recueillis par Clémence Durand et Ferdinand Cazalis

    Pendant que Stéphane Mercurio tournait son documentaire À côté (2007) sur les familles de détenus, elle a rencontré Chantal Vasnier, qui a passé 34 ans de sa vie à aller voir en prison Georges Courtois, son ex-mari. Entretien croisé.

    http://jefklak.org/?p=3209

    Il y a des moments assez forts dans le film, avec certaines femmes qui craquent, et qui sont soutenues par les autres présentes…

    Stéphane : Certaines femmes qui viennent au parloir ont leur vie suspendue à la prison, comme si tout ce qui se passait à l’extérieur n’était qu’une parenthèse.

    Chantal : Je pense que j’ai tenu aussi longtemps parce que j’ai refusé de rentrer dans ce schéma. Mais quelqu’un comme Séverine dit aussi dans le film qu’en une heure et demie de parloir, elle a une relation d’amour plus forte que la plupart des gens qui vivent tous les jours dans la même maison. Dans À coté, il y a une dame, en larmes, qui dit : « On est punies d’aimer quelqu’un qui a fait une connerie. » Moi aussi, je le dis. Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs pendant aussi longtemps, seuls les sentiments permettent de résister à tout ça. J’aurais pu me dire au bout d’un moment « ça suffit », mais c’est une question de lien entre lui et moi. Les détenus deviennent vite égocentriques. Ils s’imaginent que ce sont eux les victimes, c’est-à-dire que ce sont eux qui sont à plaindre, et ils ne se rendent pas compte de ce que les familles vivent. Moi, je n’ai pas vécu ça. Il ne m’a jamais imposé de venir à tel rythme, jamais reproché de ne pas être venue pendant trois semaines… J’ai fait mes choix et n’ai pas eu besoin de les réaffirmer durant toutes ses années de détention : si j’ai décidé de ne pas couper les ponts, autant aller jusqu’au bout. Cela dit, il ne faut pas s’obliger à y aller toutes les semaines.

    Stéphane : Je pense quand même qu’il y a une part très importante d’imaginaire dans ces relations. Parfois, elles viennent de rencontrer leur homme au moment où il est incarcéré, du coup, il y a une soif de vivre plus. Et une relation fantasmée.

    Chantal : Quand deux personnes se voient tous les jours, elles s’engueulent parfois, mais elles se réconcilient deux heures plus tard en général. Au parloir, si tu commences à t’engueuler, c’est fini, tu repars avec ça, et au parloir suivant, t’es toujours sur l’engueulade. D’un parloir à l’autre, la relation est suspendue. En même temps, un parloir, c’est un endroit où les familles ne vont pas raconter les ennuis qu’elles ont à la maison : le détenu ne peut rien y faire, il n’a pas besoin de s’inquiéter pour rien. En gros, il y a deux sortes de détenus : ceux qui racontent les problèmes qu’ils ont à l’intérieur, et ceux, comme Georges, qui ne se plaignent jamais de leurs conditions de détention devant leurs proches.

    Stéphane : Mais ce silence crée du fantasme aussi… Il y a beaucoup d’angoisse sur ce qui peut arriver à l’intérieur. Quand je me suis rendue à Rennes pour tourner la première fois, j’avais entendu parler de l’histoire de Georges Courtois, et je savais que Chantal allait dans la maison Ti Tomm. Je me disais qu’elle connaissait trop bien la prison, et que je préférais rencontrer des femmes qui découvraient cet univers, pour que le spectateur le découvre avec elles. Mais la première fois que j’ai filmé Chantal, Georges n’était pas là, elle n’avait pas pu le voir, et je l’ai vue littéralement nouée par l’angoisse, en train de se demander ce qu’il avait pu arriver, s’il était ci ou ça, s’il était chez le juge… Je me suis dit « Au bout de tant d’années, elle est toujours prise par cette angoisse ! » Je trouvais ça incroyable : qu’on ne s’habitue pas. Toutes les familles vivent dans la peur. Je me souviens d’une maman qui se demandait à chaque fois si elle allait retrouver son fils entier. Elle ne disait pas clairement ce qu’elle craignait, mais j’imagine qu’elle avait peur des suicides, des bagarres, des viols, de tout ce qu’on pense sur la prison…

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  • Nouvelle-Calédonie : Mémoires de colonisés

    par Xavier Bonnefond

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    En avril 1917, des Kanak du nord de la Grande-Terre se lancent dans une guerre contre les colons et les autorités françaises douze mois durant. Vaincus, c’est par la parole et l’écriture qu’ils prirent le soin de garder mémoire de cet événement essentiel dans l’affirmation de l’identité kanak. Depuis les années 1970, l’anthropologue français Alban Bensa s’attache à recueillir des récits, en langue paicî décrivant et interprétant la guerre de 1917 – dont des ténô, longs poèmes de tradition orale et écrite. Les textes polyphoniques qui composent le livre bilingue Les Sanglots de l’aigle-pêcheur (Anacharsis, 2015) donnent la voix aux récits des colonisés. Entretien avec Alban Bensa.

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  • « Il faut avoir créé un désert agricole
    pour bâtir un cimetière du nucléaire »

    Discussion croisée avec des opposant.e.s au nucléaire et au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

    Propos recueillis par Émilien Bernard et Ferdinand Cazalis

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    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/08/Bure-17.jpg

    Pourquoi s’installer ici en particulier ?

    Nicolas : Cigéo est avant tout un laboratoire politique, qui se fonde sur une domination de classe : ils sont venus ici car il y a peu de gens, plutôt pauvres, peu organisés et de plus en plus âgés. Même au niveau agricole, il y avait très peu de syndicalisme, avec une population vieillissante. Enfin, le lieu choisi est loin des grands axes de circulation et situé aux frontières de trois départements, donc avec des classes politiques divisées.

    Au début de son histoire, l’industrie nucléaire était sous la houlette du ministère de l’Industrie. Elle est finalement passée sous celle du ministère de l’Environnement, ce qui dit beaucoup en matière de discours. En arrivant ici, les nucléocrates se sont empressés de construire une « Écothèque », de promouvoir des actions pour l’environnement : l’Andra accueille notamment les établissements scolaires pour des sorties pédagogiques sur la forêt. Il s’agit d’un plan pensé sur plusieurs générations.

    Heureusement, on a vu de notre côté aussi plusieurs générations de militant.e.s se passer le relais sans jamais abandonner la résistance. C’est un début de victoire.

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  • Langues et culture | Presse Libérée
    http://www.radiogalere.org/node/9132

    Table-ronde à propos :

    du dossier autour des langues dans le CQFD de cet été : glottophobie, kabyle, breton, kanak, langue des Sourds, langue vulgaire, babil, etc.

    et du dossier du Ravi sur la culture en crise. Durée : 1h30. Source : Radio Galère

    http://www.radiogalere.org/audio/download/9132/2016-07-12-Emission-Presse-Lib%C3%A9r%C3%A9e.mp3

    https://seenthis.net/messages/511188 via Rezo