Mona Chollet

Cheffe d’édition au « Monde diplomatique »


  • « Tout ne s’explique pas par la grille anti-impérialiste et décoloniale », par les réd-chefs de la Revue du crieur
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/10/05/islamisme-il-y-a-une-place-pour-la-comprehension-fine-de-ce-qui-advient-aujo

    « Contre l’#islamisme, ni Causeur ni Crieur » est le titre d’une tribune parue dans Le Monde du dimanche 2-3 octobre appelant à sortir de « l’alternative entre les républicains patriotes et les islamo-gauchistes » qu’elle s’évertue elle-même à construire. Le titre et la proposition font beaucoup d’honneur à la Revue du crieur, présentée comme incarnant une gauche « amie des musulmans » refusant de « considérer ce qu’il y a de neuf dans la séquence historique » ouverte par le terrorisme islamiste.

    [tribune citée ici : https://seenthis.net/messages/529943]

    Cette tribune pose au fond très mal des questions très importantes qui travaillent et divisent la gauche. Nous avons besoin d’une plus grande intelligence du présent que ce genre de polarités factices qui ne recouvrent pas l’état réel du rapport de force intellectuel et politique en France, marqué aujourd’hui par l’hégémonie du discours identitaire réactionnaire. A celui-ci, une partie de la gauche, drapée de républicanisme autoritaire, contribue tous les jours à donner des gages de respectabilité, tandis que tout autre discours peine à se faire entendre.

    Ce n’est pourtant pas faire preuve de complaisance avec le djihadisme que de tenter de comprendre pourquoi de jeunes Français musulmans se retrouvent à faire le choix du terrorisme. Ce n’est pas minorer la dérive violente de ceux qui utilisent la religion musulmane à des fins criminelles que de ne pas tomber dans l’amalgame consistant à tracer une continuité entre l’islam, l’islamisme, le salafisme et le fondamentalisme meurtrier de Daech.

    Entre le rien à voir avec l’islam et le tout à voir avec la religion, il y a une place pour une compréhension fine de ce qui advient aujourd’hui, surtout lorsqu’on mesure combien un discours réducteur sur l’islam peut avoir des conséquences politiques concrètes dévastatrices.

    Ce n’est pas, non plus, épouser à tout prix la cause des damnés de la terre que d’observer que les partisans d’une laïcité agressive alimentent une islamophobie politique, médiatique et populaire, à moins de considérer que tous ceux qui s’en démarquent, tels le pape François ou Emmanuel Macron, appartiennent aussi au camp des dangereux « islamo-gauchistes », une catégorie d’analyse aussi floue qu’indigente. Ce n’est pas être de naïfs « amis des musulmans » que d’insister sur la nécessité de lutter contre le danger terroriste sans pour autant céder à l’invention récurrente d’ennemis imaginaires ayant les traits de ces jeunes filles voilées à l’université ou de ces mères de famille en burkini sur la plage.

    Certes, et c’est compréhensible dans ce contexte de stigmatisation des populations de croyance et/ou de culture musulmanes dans lequel nous baignons, une partie de la gauche radicale a choisi de faire de la question « raciale » une cause prioritaire. De même, une fraction du camp indigéniste s’est engagée dans un raidissement identitaire explicable face au rouleau compresseur réactionnaire. Ce choix, nous pouvons le lui reprocher car il engage un type de combat qui la condamne à une impasse stratégique en ce qu’il force ses défenseurs à demeurer plus que minoritaires et inaudibles dans l’opinion.

    Le risque, à terme, est l’enfermement dans un entre-soi ou dans un #gauchisme de campus bien connu des universités nord-américaines, qui alimente sans fin l’autoflagellation et le narcissisme des petites différences à coups d’argumentaires abscons. Une telle position, détachée de toute base sociale, prend le risque de légitimer les sarcasmes des pseudo-républicains ultralaïques prenant pour cible les multiculturalistes angéliques.

    Un minimum d’honnêteté intellectuelle est suffisant pour entendre que tout ne s’explique pas par la grille anti-impérialiste et décoloniale : le Moyen-Orient est aujourd’hui plongé dans une guerre civile et religieuse qui n’est réductible ni aux effets de nos guerres passées et présentes ni à la question des enjeux pétroliers. Et il existe, par ailleurs, suffisamment d’articulations réelles entre question sociale et question « raciale » pour que nous n’ayons pas à choisir entre la défense des ouvriers blancs et celle des « Arabes » musulmans.

    Mais la lucidité, aujourd’hui, ne consiste pas en la recherche d’un équilibre bancal, à la manière de l’hypocrite « identité heureuse » promue par Alain Juppé, des coups de menton suivis de piteuses reculades d’un Manuel Valls, ou d’un François Hollande tentant toujours de ménager la chèvre et le chou jusqu’à l’absurde, comme lorsqu’il proposa que Léonarda, adolescente kosovare expulsée à la descente de son car scolaire, obtienne le droit de revenir en France, « mais sans sa famille ». Sortir de l’impasse où nous sommes tous suppose une réflexion plus profonde que cette pensée tiède et mauvaise qui fait reculer le débat plus que tout autre chose.

    Renvoyer dos-à-dos, au prix d’un exercice d’équilibriste de ce type, la fièvre identitaire d’une droite et d’une gauche durcies par l’échéance électorale prochaine, et les crispations d’une fraction de la gauche radicale et du camp décolonial, c’est d’abord mal mesurer l’écart de puissance et d’influence, incommensurable, qui les sépare, et faire ainsi le jeu de la première. C’est aussi avaliser la posture d’une gauche prétendument tempérée qui refuse de prendre sa responsabilité dans le marasme qui nous est imposé. La raison n’est pas du bord de ceux qui font semblant de chercher une voie moyenne, plus juste, plus raisonnable, en réalité seulement plus frileuse et plus sotte.

    De même qu’une gauche d’antan soi-disant « responsable » avait voulu, hier, disqualifier la #gauche altermondialiste – jugée par elle naïve, archaïque et tiers-mondiste – sans parvenir pour autant à endiguer la dynamique néolibérale responsable de tant d’inégalités et de violences –, une gauche d’aujourd’hui qui se présente comme « réaliste » cherche à se démarquer d’une autre gauche, celle-là émancipatrice, qui condamne la construction récurrente d’un pseudo-problème musulman en guise de dernier masque posé sur les échecs profonds d’une société politique, toutes tendances confondues. Ce sont ces échecs qui constituent la plus grande menace pour la cohésion de notre société.

    #décolonisation #idées cc @mona @baroug

    https://seenthis.net/messages/532971 via tbn


  • Perturbateurs endocriniens : un poids énorme sur l’économie américaine

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/18/le-poids-enorme-des-perturbateurs-endocriniens-sur-l-economie-americaine_501

    Environ 340 milliards de dollars (308 milliards d’euros) par an : le chiffre est si faramineux qu’il soulève nécessairement le scepticisme. Pourtant, à en croire l’analyse conduite par des chercheurs américains et publiée mardi 18 octobre dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology, il ne s’agit pas d’une exagération mais plutôt d’une sous-estimation du coût économique annuel, aux Etats-Unis, des dégâts sanitaires (obésité, diabète, troubles de la fertilité, troubles neuro-comportementaux, etc.) attribuables aux perturbateurs endocriniens (PE).

    http://s1.lemde.fr/image/2016/10/18/644x322/5015391_3_4abb_certains-recipients-alimentaires-contiennent_71813fb4c73539a407291aab377717de.jpg

    Quels sont les maladies et les troubles en jeu ? Obésité et diabète (5 milliards de dollars annuels attribuables aux PE), troubles de l’appareil reproducteur et infertilité (45 milliards de dollars) ou, surtout, les effets neurologiques et neuro-comportementaux qui se taillent la part du lion, avec un coût de plus de 280 milliards de dollars par an. Une grande part de ce fardeau étant dû à l’érosion des capacités intellectuelles, calculées en points de quotient intellectuel (QI), des enfants exposés in utero à des PE ayant des effets nocifs sur le neuro-développement.

    Comment évaluer le poids économique de cette perte d’intelligence collective ? « La littérature scientifique documentant avec rigueur la perte de productivité économique provoquée par la perte de QI est substantielle, répond M. Trasande. Nous savons qu’à chaque point de QI perdu correspond une perte moyenne de 2 % de productivité économique sur l’ensemble d’une vie. A l’échelle d’une population, c’est très important. »

    Il est tentant de rapporter le coût de 340 milliards de dollars mis en évidence en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) américain – soit 2,3 % en l’occurrence. Cela peut être trompeur. « Attention : ce genre d’externalités négatives ne se traduit pas automatiquement par une baisse de même ampleur du PIB, prévient l’économiste Alain Grandjean. Evaluer les effets réels de ces coûts cachés sur le PIB relève d’un autre exercice, très compliqué. »

    En substance, si certains des coûts mis au jour peuvent conduire à une baisse du PIB, d’autres peuvent se traduire, de manière paradoxale, par une hausse de l’activité. Derrière un « coût » peuvent en effet se cacher des phénomènes disparates, comme une baisse de productivité économique, le développement de médicaments ou les frais de prise en charge médicale, etc. « Ce genre d’interrogation a au moins un avantage collatéral, conclut M. Grandjean. Cela montre clairement que le PIB n’est pas un indicateur de bien-être. »

    https://seenthis.net/messages/534351 via enuncombatdouteux


  • On va voir défiler des photos de bâteaux, j’en ai aussi, mais celle-ci, avec Catherine Lord résume @volt dans toute sa splendeur.

    Frontale, physique, américaine et marseillaise, hâbleuse, séductrice, butch as hell en toute décontraction.

    Goodbye my dear friend, Nathalie, qu’on appelait tous simplement Magnan. Et merci pour tout.

    http://one.usc.edu/wp-content/uploads/Nancy-Rosenblum-Catherine-Lord-and-Nathalie-Magnan-1984.jpg

    https://seenthis.net/messages/533502 via Supergéante


  • “Muslim Girl” Author Explains How Millennials Are Shaking The Country Up—In a Good Way | Bitch Media
    https://bitchmedia.org/article/woke-generation/muslim-girl-book-author-explains-how-millennials-are-shaking-country-goo

    https://bitchmedia.org/sites/default/files/muslimgirl.jpg

    I felt lost growing up. That’s an experience that’s really understated, because it’s hard to identify, but that absence of having figures who look like you, who you’re able to identify [with] in pop culture—I think it really does something to you when you’re missing from that picture. I recently did an interview with Zareen Jaffery, who’s an editor at Simon & Schuster. She’s the editor of this new imprint they have called Salaam Reads, which is for books with Muslim characters as their central theme. She said that one of the ways you rob people of their humanity and make them feel like they’re monsters is by not allowing them a reflection of themselves. I think that really speaks to the experience of Muslim kids, especially after 9/11 happened. Not only did we [not] have much representation, but the representation that we did have was entirely negative and antagonistic. I think that has a tremendous impact on how we view ourselves in relation to our society as we grow up.

    (Encore une fois, reconnaissance éternelle pour Bitch Media, @aude_v )

    #islam #islamophobie #racisme #USA

    https://seenthis.net/messages/533382 via Mona


  • Mon bureau est à 50 mètres d’une station de tramway et bien j’en ai marrrrrreee, et voila pourquoi. Depuis 3 mois, tout les quarts d’heure du matin au soir, se déclenche un haut parleur qui hurle distinctement ce message :

    Votre attention s’il vous plait, par précaution ne laissez pas vos bagages et objets personnels sans surveillance, prévenez le personnel Tisséo en cas de découverte d’un objet abandonné ou suspect. Merci de votre concours.

    Cette bande préenregistrée avec un bon gars du pays à l’accent toulousain nous change des messages lus par des robots suaves. Sauf qu’avec une journée de 10 heures, je l’entends 40 fois par jour, 250 fois par semaine, 1000 fois par mois, ça fait 3001 fois que je l’entends ce message, j’ai des boules quiès pour bosser, mais ça résonne encore dans mon crâne comme une publicité, ça me dévore le cerveau comme la mère Denis une copine parti en retraite dans le fin fond de la THaïlande résonnait encore dans la jungle deux ans après. Mais qu’est-ce que j’y peux ? qu’est-ce que j’y peux si Dassault vend des avions pour bombarder des gens ? Je vais pas aller prévenir le personnel Tisséo que c’est pas à nous qu’il faut demander de l’aide. Et puis, leur #%$ !! de haut-parleur hyper moderne pourquoi il est pas dirigé vers le quai, pourquoi il faut qu’il gueule son machin anxiogène à tout va ? Y’ pas quelqu’un pour leur dire ? Les gens ont si peur maintenant, il faut les comprendre, ils ne veulent pas être tout seuls à s’angoisser sur l’étranger paquet, ils se font un concours Tisséo pour savoir le meilleur voisin vigilant qui attrapera le gros lot de la frousse. Alors ils vivent avec ça, avant d’aller regarder pino qui alimente leurs orifices déjà malmenés. Et puis, si le monsieur du tramway il est devenu fou à répéter la même chose, lui, on peut pas l’enfermer, alors pourquoi les langues de #§ !°/%*## ne se délieraient pas dans la quartier ? Hein, c’est vrai, vous avez remarqué, on n’est plus chez nous, y’a plus de boulangeries ni de poissonniers. Oui, c’est vrai, ce sont les supermarchés qui se construisent sur les espaces verts en périphérie qui les ont coulés. Ah mais non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Taisez vous, vous me faites peur.

    https://seenthis.net/messages/531312 via touti


  • VieDeMère | Avoir une carrière, c’est toute une histoire
    http://vdmere.fr
    http://vdmere.fr/wp-content/themes/vdmere/img/partagefb.jpg

    Pour nombre d’entre nous, être #mère et faire #carrière est mission impossible dans une société où le monde du travail fonctionne sur le modèle du #présentéisme et où nous assumons toujours la majorité des tâches domestiques. Résultat : nous tentons de tout mener de front sans toujours parvenir à trouver un équilibre satisfaisant et en subissant une double peine, sur le plan familial et sur le plan professionnel.

    Cette réalité se traduit au quotidien par des remarques plus ou moins explicites, intrusives et violentes. Elles expriment une #discrimination qui pèse sur nous toutes, suspectées d’être avant tout des mères ou de futures mères et donc aujourd’hui ou demain moins engagées dans le travail. Nous nous heurtons ainsi au fameux « plafond de verre », barrière invisible qui bloque notre évolution salariale et professionnelle. Aujourd’hui nous voulons faire voler en éclats ce « plafond de mère » pour que #VieDeMère puisse vraiment rimer avec carrière.

    https://seenthis.net/messages/530257 via Agnès Maillard



  • Les communistes arabes et la lutte contre le fascisme et le nazisme | Aggiornamento hist-geo
    https://aggiornamento.hypotheses.org/3497

    Dès l’entrée en scène du fascisme, puis du nazisme, en Europe, les partis communistes des pays arabes prirent une position nette vis-à-vis d’eux, mettant en garde contre leurs ambitions et leurs politiques agressives. Cette prise de position plaça les communistes arabes à contre-courant de certains secteurs de l’opinion publique arabe, influencés par la propagande du fascisme et du nazisme et qui voyaient dans l’Italie et l’Allemagne des alliés potentiels dans leur lutte contre la Grande-Bretagne et la France, puissances coloniales dans la majorité des pays arabes.

    C’est peu dire que cette Historie est mal connue. Quant à imaginer qu’il y avait encore, il y a moins d’un demi-siècle, pléthore de puissants mouvements communistes dans le monde arabe, on a du mal à le faire...

    https://seenthis.net/messages/529721 via gonzo


  • « N’est-ce pas pour ce rôle qu’elles ont été parquées, réprimées ? » | La fille à la fenêtre
    http://lalocale.ckdevelop.org/news/news.php?id=1271

    La fille à la fenêtre est une émission féministe sur la littérature écrite par des femmes. Aujourd’hui on parle de la création du modèle de la femme au foyer des débuts de la révolution industrielle jusqu’au XIXe siècle. Et on lit « Toute Passion abolie » de Vita Sackville-West. Durée : 1h05. Source : La Locale

    http://lalocale.ckdevelop.org/upload/La%20fille%20%c3%a0%20la%20fen%c3%aatre/lafillealafenetre-05.mp3

    https://seenthis.net/messages/528887 via Rezo


  • Fight Club - le blog du Courant Anarcho-Droitier : Qu’est-ce qu’on était cons !
    http://fightclubnpa.blogspot.fr/2016/09/quest-ce-quon-etait-cons.html
    https://3.bp.blogspot.com/-WyLTDWy5KS4/V-wKF-LBUFI/AAAAAAAABG4/el-HDC7nFrwTmdHeyDSJnF9g3KKVJx96wCEw/w1200-h630-p-nu/ob_43d95b_51-1iwth-6l-sx315-bo1-204-203-200.jpg
    Vécu et validé : me faire chier dans les bottes parce que je ne suis pas une vraie militante, tout ça parce que je trouve improductif de passer son samedi matin a distribuer des tracts au marché où ne vont plus que les vieux et les bourgeois, alors que personne ne va jamais au CCAS, aux HLM, sur les parking du discounter… Et m’entendre dire à chaque fois, qu’Internet, ça ne sert à rien, c’est juste un truc de faignasses qui se tirent la nouille entre elles…

    « Nous n’avons rien à craindre d’eux -en parlant de groupuscules facho- ils se sont réfugiés sur #internet » est une phrase que j’ai certainement prononcée à cette époque. De toute façon, les fachos on ne les croisait pas et on ne les combattait pas. Nous étions bien trop occupés à nous affronter entre groupuscules gauchistes ou à harceler les organisations dites « sociale-traîtres ». Si certains bureaucrates méritaient effectivement de se faire mettre le nez dans leurs magouilles, nous ne faisions aucun discernement dans leurs rangs. Combien de jeunes sincèrement de gauche qui, pour avoir voulu un jour rendre service en distribuant un tract des MJS ou de l’Unef, avons-nous définitivement écœuré de la #politique en les traitant comme des moins que rien ? Nous urinions sur leurs locaux, nous y balancions à l’intérieur du melon pourri (et même une fois un crâne de chèvre). Quels résultats espérions-nous ? Combien également de jeunes de notre bord, qui ne partageaient pas nos délires, se sont éclipsés sur la pointe des pieds ? « Ce ne sont pas des #militants de terrain » décrétions-nous. Qu’est-ce qu’on était cons !

    https://seenthis.net/messages/528856 via Agnès Maillard


  • hypathie - Blog féministe et anti-spéciste : Le #divorce : continuité du #mariage
    http://hypathie.blogspot.fr/2016/09/le-divorce-continuite-du-mariage.html
    https://3.bp.blogspot.com/-y4cR0MRjxb8/V-WdJkMO6II/AAAAAAAAEd8/J_hypnKCb-A98eubsEl9kYIWRK0A6OvlwCLcB/w1200-h630-p-nu/DELPHY%2B1.jpeg

    La charge des #enfants est l’aspect de l’état de divorce qui éclaire le plus le mariage et en même temps confirme la continuation du mariage après le divorce. Cette charge assumée par la femme, confirme l’hypothèse de l’#appropriation du #travail de la #femme par le mari, mais de plus elle fait entrevoir ce qui est moins évident : que cette appropriation, caractéristique du mariage, persiste après que celui-ci est rompu. Ce qui nous permet d’avancer que le divorce n’est pas le contraire du mariage, ni sa fin, mais un avatar, une transformation du mariage. 

    [au nom officiel de « l’intérêt de l’enfant »]

    Officieusement (action négative) la garde des enfants est considérée comme un privilège et même une compensation pour les femmes, mal loties par ailleurs. Toute une mise en scène a pour but de dresser les conjoints l’un contre l’autre, de faire peser des incertitudes quand à l’issue du combat, et d’ériger la garde des enfants en enjeu de ce combat, mise en scène au terme de laquelle, celle (celui) qui obtient la garde des enfants considère avoir remporté une victoire. Bien entendu, il n’est jamais question de leur entretien -de leur charge- mais seulement de leur « garde » -notion juridique qui dénote officiellement la responsabilité civile, et officieusement le droit d’en jouir comme d’une propriété. Officiellement encore la charge est répartie entre les deux parents. Dans les faits les femmes ont toujours la garde des enfants jeunes. Leur #revenu après le divorce est toujours très inférieur à celui de leur mari. Les pensions fixées par le tribunal sont toujours dérisoires. La contribution financière de la femme est nécessairement supérieure en valeur absolue à celle du mari, ce qui, compte tenu de son revenu inférieur, représente une valeur et un sacrifice relatif beaucoup plus grand pour elle. De toutes façons, les pensions ne sont jamais versées. Mais même en restant dans le cadre officiel -dans l’hypothèse où elles sont versées- les pensions ne prennent jamais en compte l’entretien matériel : le temps et le travail de la femme.

    https://seenthis.net/messages/527459 via Agnès Maillard


  • Les femmes qui regrettent d’être mères, le symptôme d’une société qui va mal | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/123687/pourquoi-femmes-enfants-dos
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/mommyok.jpg

    Si le débat est si vif en Allemagne, c’est bien sûr parce qu’avec un taux de #fécondité extrêmement bas (1,47 enfant par femme) et un déclin démographique annoncé comme une véritable menace méritant mines inquiètes et grandes manoeuvres, le pays ne s’attendait certainement pas à entendre de ses citoyens que « les enfants, non merci ». « Plus jamais ». « Un cauchemar ». « Beurk ». Mais aussi parce qu’il fait directement écho à la politique familiale archi défaillante de la république fédérale, et surtout, à une idéologie imposée aux #femmes allemandes et qui repose totalement sur l’image de la figure maternelle sacrificielle et guérisseuse par opposition à celle de la femme nullipare, ou pire, mère indigne qui ne consacre pas l’entièreté de son temps à la progéniture.

    #maternité

    https://seenthis.net/messages/526496 via Agnès Maillard



  • Pourquoi les pauvres votent-ils contre leur intérêt ?
    http://2ccr.unblog.fr/2016/08/30/pourquoi-les-pauvres-votent-contre-leurs-interets
    http://2ccr.c.2.f.unblog.fr/files/2014/04/50.jpg

    Dans une autre expérience, où chacun devait choisir de donner un dollar soit à celui qui le précédait (un peu plus riche) ou le suivait (un peu plus pauvre), les « avant derniers » préféraient systématiquement enrichir leur « supérieur » direct plutôt que de voir leur suivant atteindre leur rang. Autrement dit, l’important pour l’électeur américain ne serait pas d’être pauvre, en valeur absolue, mais bien de ne l’être pas trop, en valeur relative.

    https://seenthis.net/messages/519905 via Agnès Maillard


  • « Scandal » ou le progressisme bunkérisé - La méridienne
    http://www.la-meridienne.info/Scandal-ou-le-progressisme-bunkerise

    http://www.la-meridienne.info/local/cache-vignettes/L672xH379/shonda_rhimes-4251a.jpg?1474369286

    Spectatrice avide de Grey’s Anatomy depuis la saison 1 (la saison 13 commence cette semaine), j’ai récemment voulu rattraper mon retard et j’ai regardé Scandal. Ou du moins les trois premières saisons, parce qu’ensuite, mes forces m’ont abandonnée. Je dois bien l’avouer : je ne m’y attendais pas, mais je déteste Scandal. Je trouve cette série abjecte. Cela fait un peu le même effet que lorsqu’on croit s’entendre à merveille avec quelqu’un et qu’on se découvre soudain, à un détour de la conversation, un désaccord majeur.

    #séries #politique #storytelling #féminisme #racisme

    https://seenthis.net/messages/526216 via Mona


  • Le revenu garanti et ses faux amis, par Mona Chollet (Le Monde diplomatique, juillet 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/CHOLLET/55965
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton55965.jpg

    “Qui pense que la liberté est une valeur centrale ?” Tout le monde a levé la main. J’ai ajouté : “Maintenant, qui pense qu’elle devrait être réservée aux riches ?”

    @mona #RdB

    https://seenthis.net/messages/525962 via Agnès Maillard


  • ’The defiant femininity of Israel’s female soldiers’ — you’re kidding, right?
    http://mondoweiss.net/2016/09/femininity-soldiers-kidding

    http://mondoweiss.net/wp-content/uploads/2016/08/the-everyday-lives-of-young-female-israeli-soldiers-mayan-toledano-v23n5-726-1470059153-size_1000-389x580.jpg

    Vice, a publication that has done some excellent work reporting on the occupation, has gone in for Jim Crow journalism: a series of intimate portraits of Israeli female soldiers taken by a former Israeli soldier under the self-parodying headline, “The Defiant Femininity of Israel’s Female Soldiers.” The story appeared two days ago on Vice’s photo pages, along with this text, aiming to justify the pictures as a form of protest.

    https://seenthis.net/messages/522443 via Mona


  • Des Burkinis et des hommes - Les Chroniques de Paige Palmer
    http://paigepalmer.neowp.fr/2016/08/25/des-burkinis-et-des-hommes

    Des Burkinis et des hommes
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    La France d’avant

    Avant, quand la France était encore un pays où l’air y était presque respirable, l’été pouvait se passer sans qu’une polémique inutile et de mauvais goût ne s’invite à toutes les tables. Les plus chanceux voyageaient, ramenant des anecdotes et des récits d’aventures rocambolesques pour divertir ceux qui n’avaient pas été autant privilégiés. Dans l’ensemble, bien avant notre époque de paranoïa identitaire et d’automatismes racistes décomplexés, on allait bien. On avait que faire de débats de bouts de table, de futilités diverses et de polémiques gratuites auxquels on ne réservait même pas un encadré dans un mensuel. Tout allait bien…

    Aujourd’hui, tout va mal. Les caisses sont vides, la rage est en pleine croissance, ce secteur d’avenir qui recrute partout y compris là où l’on se croit antiraciste. Un an après la fausse affaire du maillot de Reims qui aurait du nous servir à tous de leçon, nous voilà repartis pour un tour sur le cheval excité de l’islamophobie. Un an après bien des drames, bien des morts et bien des pistes de réflexion à explorer, nous revoilà retombés dans les bas fonds de la haine et sans même s’empêcher, sans même avoir tenté de se retenir de tomber dans le précipice.

    https://seenthis.net/messages/519362 via Nouvelles d’Orient

    • Non Monsieur Plenel, le burkini n’est pas un vêtement comme un autre ! | Fatiha Daoudi

      http://www.huffingtonpost.fr/fatiha-daoudi/non-monsieur-plenel-le-burkini-nest-pas-un-vetement-comme-les-autres_

      A vous entendre pérorer sur la liberté vestimentaire des femmes musulmanes, confortablement installé dans une démocratie centenaire dont les institutions sont solidement ancrées et où les libertés individuelles sont sacralisées, je sens mes cheveux se dresser sur ma tête non voilée et la colère m’envahir.

      Vous dites que le burkini est un vêtement comme un autre alors que le terme lui-même est un carcan pour les femmes puisqu’il veut dire un mélange entre la burqa (voile total) et le bikini, vêtement de plage. Il ressemble à s’y méprendre à une combinaison de plongée sous-marine avec en plus une capuche qui couvre la tête. Imaginez ce qu’éprouve une femme ainsi couverte, sous le soleil !

      Non Monsieur Plenel, le burkini n’est pas un vêtement comme un autre et je sais de quoi je parle puisque je suis une femme de culture musulmane et vivant dans un pays, le Maroc, où l’islam est religion d’Etat. Pays où les droits des femmes ont évolué vers plus de liberté grâce aux femmes qui se sont battues becs et ongles pour que leur voix soit entendue et leur place dans l’espace public reconnue et qui continuent leur lutte encouragées par une volonté politique même si le gouvernement actuel est à majorité islamiste.

      Cependant, leurs droits ne sont pas à l’abri d’une régression par ces temps où la pratique de l’islam est plus une ostentation qu’une dévotion.

      Quand, Monsieur Plenel, vous comparez le burkini à la soutane en parlant de la sacro-sainte liberté individuelle, vous oubliez une chose importante c’est que la soutane est un habit porté par des personnes qui font de la religion une profession et bien entendu ne doivent aucunement être discriminés même lors de la séparation de l’Église et de l’Etat.

      A l’opposé, le burkini n’est pas un vêtement professionnel mais une suite logique du voile et de la burqa. C’est un carcan sophistiqué dans lequel on enferme les femmes sur les plages qui sont sensés être des lieux de villégiature et de détente. Par ce genre de vêtement, le corps des femmes est entravé afin, parait-il, de ne pas mettre sans dessus dessous la libido masculine !

    • Vu d’Espagne. Le burkini et les grandes contradictions des féministes de gauche | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/article/vu-despagne-le-burkini-et-les-grandes-contradictions-des-femi

      Cette politologue espagnole dénonce ces “idées d’extrême gauche” qui infiltrent le féminisme au point d’aveugler les esprits sur ce qu’est le burkini – ni plus, ni moins qu’un symbole de l’oppression des femmes, autant qu’une insulte à la liberté et à l’égalité.

      C’est la plus grande contradiction du féminisme de gauche : celle qui conduit à relativiser les symboles de discrimination quand ils concernent les femmes musulmanes. Le burkini est assimilé à un simple vêtement, une sorte de maillot de bain au même titre que le bikini. Autrement dit, un choix propre à chaque femme et que l’on doit respecter.

      #burkini


  • De l’outrage au lynchage à Châteauneuf sur Charente. : Antoine.F aux commandes
    http://pauseforcoke.blogs.charentelibre.fr/apps/m/archive/2016/08/25/de-l-outrage-au-lynchage-a-chateauneuf-205413.html

    Et lui, qui comme eux, lui reproche son indécence...Il lui arrache sa culotte. Il la dénude à la vue de tous. On l’attrape par les cheveux, on la traîne à terre. Femmes et hommes lui donnent des coups de pieds dans le dos, au ventre, dans les jambes. Cette foule furieuse lui crie sa haine. Je lève les bras pour signifier qu’il faut cesser cet affrontement, j’essaye vainement de ramener vers moi cette femme nue et me placer entre elle et eux, je crie « Vous êtes fous ! Vous êtes fous ! ». Par derrière, on me ceinture, on me jette à terre. La mère saigne, blessée au nez, ils en finissent avec ce pugilat. Le lynchage à semi-complet, elle se rhabille, fière, et retourne se jeter à l’eau, où ses enfants se blottissent contre elle. Les agresseurs se dispersent, conseillent au mari de « mettre une laisse à sa chienne ».

    https://seenthis.net/messages/519251 via Agnès Maillard


  • « La haine ne porte pas toujours de hidjab . Ni de burkini. Un article au vitriol du Daily Mirror | « Mounadil al Djazaïri
    https://mounadil.wordpress.com/2016/08/25/la-haine-ne-porte-pas-toujours-de-hidjab-ni-de-burkini-un-articl
    https://mounadil.files.wordpress.com/2016/08/auguste-rodin.jpg
    Chère France : s’il te plaît, arrête de fabriquer de nouveaux terroristes en arrachant les foulards des femmes

    The Daily Mirror (UK) 24 août 2016 traduit de l’anglais par @mounadil Djazaïri

    (...) Une des meilleures méthodes pour amener quelqu’un à ressentir l’humiliation totale est de lui ordonner de se déshabiller devant d’autres personnes.

    Les Nazis procédaient ainsi avec leurs prisonniers dans les camps de concentration. Les Khmers Rouges faisaient ainsi avec les gens qui portaient des lunettes [réputés être des intellectuels, NdT]. Daesh le fait avec ses otages.

    C’est mal [en français dans le texte], d’accord ?

    Et c’est pourquoi, mes petites chums [amies en parler du Québec] françaises, c’est incroyablement stupide de dire aux personnes dont vous pensez qu’elles sont des terroristes potentielles d’être plus dénudées qu’elle ne le veulent..

    C’est encore plus stupide quand vous considérez le fait que les dames en question :

    Ne sont pas des terroristes
    Ne cachent pas d’armes dans leurs manches [l’auteur fait un jeu de mot intraduisible qui joue sur le fait qu’en anglais le mot « arm » a le sens de bras ou d’arme selon le contexte].
    Et qu’à la base, porter un chapeau, un T-shirt et des leggings qui sont, d’après ce que j’ai pu constater moi-même la dernière fois, sont exactement le genre de vêtements que portent aussi vos agents de police, les habitants de votre pays et les touristes quand ils sont à la plage. (...)

    https://seenthis.net/messages/518835 via Loutre


  • Rhône | Oullins : surpris en pleins ébats dans la rue
    http://www.leprogres.fr/rhone/2016/08/23/oullins-surpris-en-pleins-ebats-dans-la-rue

    Le couple avait passé la soirée ensemble. Lui, 52 ans demeurant à Brignais, a expliqué qu’il avait eu envie de faire l’amour. Elle, a déclaré qu’elle n’était pas franchement consentante mais n’a pas souhaité porter plainte. En situation irrégulière, elle a été confiée à la Police aux frontières.

    Et une terroriste de moins !

    https://seenthis.net/messages/518404 via BigGrizzly


  • The Angry Arab News Service/وكالة أنباء العربي الغاضب: By foremost cartoonist of the Arab world
    https://angryarab.blogspot.fr/2016/08/by-foremost-cartoonist-of-arab-world.html
    https://1.bp.blogspot.com/-D7DAvz81Iy0/V72QwRaFwSI/AAAAAAAAHxQ/lQD5dC7bIBglu6Hhm_tn2VqioFLD3SUzwCLcB/s320/14125709_1476060055743850_7312299065858386610_o.jpg

    Sur le même sujet, lire cet autre post : https://angryarab.blogspot.fr/2016/08/repressive-secularism-or-day-that-will.html

    There is no picture that captures the crux of Western Islamopohobia like this image from the French beach of Nice. It is the illustration of Colonial feminism. It has not generated much uproar in Western societies but it has stirred quite an uproar this morning on Arab social media. The immediate comparison is being made to the Saudi religious police (the Mutawa`ah): Saudi regime has a religious police and France has a secular police and both apparatuses of the state are being used against Muslim women: either to dress them or to undress them. Both impose a strict order and dress code on women: either in the name of religious virtue or in the name of liberal secular virtue, but both see the female body as a threat to the moral and political order. (...)

    Et une très belle illustration ici : https://angryarab.blogspot.fr/2016/08/in-1925-french-police-made-sure-that.html
    https://1.bp.blogspot.com/-RbxjtwU8J0o/V72WTdaa2zI/AAAAAAAAHx0/9tWfExRqghgaxRpQ0bb_CzbF3BQK_CzFwCLcB/s320/CqnKtgDWcAEVknm.jpg

    #clichés_arabes

    https://seenthis.net/messages/518492 via gonzo


  • Nostalgie de la magie - La méridienne
    http://www.la-meridienne.info/Nostalgie-de-la-magie

    J’ai un nouveau blog :)

    Grâce à @baroug

    http://www.la-meridienne.info/local/cache-vignettes/L672xH538/1_untitled06t-2f574.jpg?1462398799

    Je tâtonne en attendant l’illumination (« Je sais ! Je veux écrire sur la culture des patates ! »). Différentes pistes se présentent. Je les suis, au cas où elles mèneraient quelque part, mais, la plupart du temps, je les abandonne assez vite. Parfois, j’y crois sincèrement. C’est la période où mon entourage me traite avec la diplomatie et la patience gentille qu’on témoigne aux grands mythomanes (« La culture des patates ? Mais oui, pourquoi pas ? Oh, tu as déjà écrit quatre pages et demie ? C’est très impressionnant, Mona »). Alors je lis des livres sur l’écriture, comme je feuilletterais des guides de voyage sur un pays que j’aurais adoré visiter mais où je serais dans l’impossibilité de retourner pour le moment. Un peu par hasard, je suis tombée sur ceux de deux auteurs dont on pourrait croire qu’ils n’ont pas grand-chose en commun, à part peut-être qu’ils appartiennent tous deux à des sous-genres méprisés (quoique à des degrés divers), respectivement le roman à l’eau de rose et le roman d’épouvante : Comme par magie d’Elizabeth Gilbert (2015) et Écriture de Stephen King (2000) [1].

    #écriture #travail #shameless_autopromo

    https://seenthis.net/messages/512585 via Mona


  • Embarras autour d’un rapport explosif sur la nocivité des pesticides

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/27/embarras-autour-d-un-rapport-explosif-sur-la-nocivite-des-pesticides_4975131

    Ni communiqué ni conférence de presse. C’est pourtant un rapport singulièrement explosif que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié, lundi 25 juillet au soir, sur son site.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/07/27/534x0/4975303_6_f2c0_2016-07-27-0d7f634-4182-46pzsf_b0db3373a445cfa8016493b0b05ff8ae.jpg

    En sept volumes et près de 1 000 pages, il rassemble les connaissances disponibles sur l’exposition des travailleurs agricoles aux pesticides et montre notamment que les risques encourus par cette population de plus d’un million de personnes sont insuffisamment documentés et pris en compte dans le processus d’autorisation des insecticides, fongicides et autres herbicides. « Il est plausible que les informations colligées dans le texte permettent à des victimes d’attaquer l’Etat pour carence », dit un familier du dossier.

    Les modalités de la publication ne sont donc pas allées de soi. Elles ont même suscité de vives tensions entre la direction de l’Anses et les experts mandatés pour établir le rapport, au point que l’arbitrage du Comité de déontologie de l’agence a été nécessaire. Courant juin, même si les grandes lignes du rapport avaient fuité (Le Monde du 23 juin), les organisations non gouvernementales (ONG) redoutaient que le texte ne soit jamais publié.

    « L’Anses se lançait un défi à elle-même »

    Que s’est-il passé ? En 2011, l’Anses s’autosaisit de la question brûlante de l’exposition des travailleurs agricoles aux pesticides. Ce faisant, décrypte un fin connaisseur de l’agence de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), « l’Anses se lançait un défi à elle-même, car il était clair que se pencher sur ce sujet conduirait inévitablement à interroger la manière dont les propres experts de l’Anses évaluent les risques de ces produits, avant qu’ils soient mis sur le marché ».

    Quinze chercheurs de plusieurs disciplines (toxicologues, médecins, sociologues…), presque tous extérieurs à l’agence, sont alors sélectionnés. Et ils planchent, quatre années durant, sur le sujet.
    Le rapport est finalisé début 2016 et officiellement présenté le 15 avril aux ministères de tutelles – santé, environnement, agriculture – de l’Anses, la publication officielle étant prévue pour le 1er juin. Jusqu’ici, tout va bien. Mais, quelques jours avant la date dite, les parties prenantes (ONG, industriels, etc.) sont informées que la restitution n’aura pas lieu et qu’elle est remise au 22 du même mois. Mais là encore, la réunion est annulée au dernier moment.

    En cause, la brusque désolidarisation de deux des quinze experts du groupe. Le 13 juin, un bref texte d’une page, exprimant une opinion divergente, est adressé par Sonia Grimbuhler (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, Irstea) et Guy Milhaud (Ecole vétérinaire d’Alfort) à la direction de l’Anses.

    Volte-face

    Trait particulier des deux sécessionnistes : tous deux sont membres du comité d’experts spécialisé (CES) de l’Anses chargé d’évaluer les risques des pesticides préalablement à leur homologation… dont la pratique est précisément interrogée par le groupe d’experts.

    La volte-face des deux scientifiques choque leurs pairs. « Tous les membres du groupe ont eu une totale liberté d’expression au cours des discussions et chacun a eu la possibilité d’exprimer d’éventuelles positions divergentes, témoigne Onil Samuel, toxicologue à l’Institut national de santé publique du Québec et seul membre du groupe à avoir accepté de s’exprimer. J’ai été très surpris, comme d’autres, de voir une opinion divergente surgir après la finalisation du rapport. » L’événement est inédit.

    La direction de l’Anses envisage alors d’annexer la fameuse opinion minoritaire au document le plus important du processus d’expertise : l’avis de l’agence, texte d’une vingtaine de pages synthétisant le volumineux rapport.
    Mais la présidente du groupe, Catherine Laurent (Institut national de la recherche agronomique, INRA), et la vice-présidente, Isabelle Baldi (université Bordeaux-II), s’y opposent et saisissent le comité de déontologie de l’agence. L’Anses fait de même, sollicitant à son tour le même comité… dont l’avis est publié au côté de celui de l’agence et du rapport proprement dit.

    L’efficacité des équipements remise en cause

    Les déontologues notent en substance que Mme Grimbuhler et M. Milhaud ont pu se sentir ostracisés au sein du collectif, mais ils valident les protestations du reste du groupe. « Nous estimons qu’annexer la position divergente à l’avis de l’agence lui aurait donné trop d’importance, dit le philosophe Pierre Le Coz, président du comité d’éthique de l’Anses. En revanche, sans juger de sa pertinence scientifique, nous estimons important qu’il en soit tenu compte, en l’annexant au rapport lui-même. On a vu dans le passé des scandales sanitaires rendus possibles par le fait que des avis minoritaires ne pouvaient pas s’exprimer au sein de collectifs d’experts : il faut donc trouver le moyen de les faire exister. »

    Ce n’est pas tout : Mme Grimbuhler n’a pas consigné dans sa déclaration d’intérêts tous ses liens avec l’industrie des pesticides. L’une de ses collaborations avec l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) y est bel et bien mentionnée, mais, contactée par Le Monde, la chercheuse reconnaît avoir « omis d’indiquer le projet pédagogique Educ’risk », un logiciel développé en collaboration avec la société agrochimique BASF Agro, réalisé « dans le cadre de [s]es fonctions à l’Irstea ». Mardi 26 juillet, Mme Grimbuhler disait avoir rectifié sa déclaration d’intérêts, mais que celle-ci « ne sera disponible que dans quelques jours ».

    Non missionné pour éplucher les déclarations d’intérêts, le comité de déontologie ne s’est pas précisément exprimé sur ce point. « Mais si cette omission est avérée, cela pose la question de la participation de l’experte au groupe de travail », dit M. Le Coz.

    La question se pose d’autant plus que le fameux rapport et l’avis associé ne sont pas seuls en cause. Car pour compliquer encore l’affaire, l’Anses publiait le 13 juin, soit le jour même de l’envoi de l’opinion divergente, un autre avis sur le port d’équipements de protection lors de la « réentrée » des travailleurs agricoles dans les vignobles ou les vergers. Précisément l’un des aspects les plus embarrassants du rapport, qui remet en cause l’efficacité de ces équipements…

    ONG en colère

    Or cet avis du 13 juin, commandé en février par le ministère de l’agriculture, a été en partie rédigé par le comité ad hoc de l’Anses, dont sont membres Mme Grimbuhler et M. Milhaud, les deux scientifiques ayant soumis l’opinion divergente qui a retardé la publication du rapport.

    L’avis précise aussi qu’« aucun lien ou conflit d’intérêts n’a été mis en évidence » parmi les experts : l’affirmation est démentie par la déclaration d’intérêts, même incomplète, de Mme Grimbuhler.

    L’affaire n’est donc pas finie et certaines ONG parties prenantes sont furieuses. « Nous avons été invités le 1er septembre par l’Anses à une “réunion d’information” sur son avis et non à une restitution du rapport en présence des auteurs, fulmine Nadine Lauverjat, de l’association Générations futures. Or l’avis nous semble refléter assez mal certains points cruciaux du rapport… Tout cela, et ce qui a précédé, semble indiquer une volonté d’enterrer coûte que coûte ce texte. »

    https://seenthis.net/messages/512287 via enuncombatdouteux