Mona Chollet

Cheffe d’édition au « Monde diplomatique »

  • La petite mafia de la certification « bio »
    http://paindalain.blog4ever.com/communique-de-presse-appel-au-rassemblement-le-12-mai-a-8h30-d
    http://static.blog4ever.com/2016/04/817007/big_artfichier_817007_5667012_201605040939534.jpg

    Ce qui leur est reproché par l’administration c’est que, « Les boulangers ou distributeurs ne peuvent pas commercialiser impunément des « pains à la farine biologique » en lieu et place de « pain bio » croyant par ce biais pouvoir éviter le contrôle de la panification finale par un organisme agréé ». *Ce procès d’intention, Françoise et Alain Bourgeois ne le comprennent pas.

    Travaillant à petite échelle (200 kg de pain vendu par semaine), en lien direct avec les consommateurs, ils n’ont pas vu d’intérêt à être certifié par un organisme agréé mais ont préféré mettre en avant la mention « Nature & Progres » dont le cahier des charges, bien que plus contraignant, se rapprochait plus de leur manière de panifier.

    Par souci de transparence et par fierté de travailler avec un agriculteur proche de chez eux ils précisent le type de farine utilisé et collent l’étiquette de cet agriculteur sur leur panneau.. ce qui leur est reproché. *D’ailleurs, le contrôleur n’a pas pris la peine de vérifier si la farine utilisée était bien de la farine biologique.

    http://seenthis.net/messages/488023 via Agnès Maillard


  • A Canadian City Once Eliminated Poverty And Nearly Everyone Forgot About It
    http://www.huffingtonpost.ca/2014/12/23/mincome-in-dauphin-manitoba_n_6335682.html

    http://i.huffpost.com/gen/2399362/original.jpg

    [old]

    One woman called to say she remembered the Mincome project. In the early 1970s, she was a single mother raising two girls on welfare – then called Mothers’ Allowance. She said she had always been treated respectfully, but there was one thing case workers said that bothered her.

    “She said she wanted to get some job training. They told her to go home and take care of her kids and they would take care of her,” explained Forget.

    When the opportunity to transfer from Mothers’ Allowance to Mincome came along, the woman took it. With no restrictions on how she could spend the money she was given, she signed up for training and got a part-time job at the local library which eventually became a full-time career.

    “So when I talked to her, she was incredibly proud of having modelled a different kind of life for her daughters,” Forget said. The retired librarian invited Forget to visit her home. Inside, she was shown pictures from her two girls’ graduations, mother beaming with pride.

    #revenu_de_base #rdb #Canada

    http://seenthis.net/messages/485772 via Mona


  • « Mon père, #intermittent du spectacle et #handicapé, s’est immolé par le feu devant la caisse de retraite »
    http://www.revolutionpermanente.fr/Mon-pere-intermittent-du-spectacle-et-handicape-s-est-immole-pa

    Mon père est quelqu’un qui a manifesté toute sa vie. Malgré son handicap, il a participé aux dernières #manifs ce mois-ci sur Marseille, à chaque fois, il m’envoyait des photos. Il me disait qu’il s’était pris des lacrymos dans la figure et que son corps ne le supportait plus, qu’il avait trop de mal à s’en remettre. Il disait qu’il n’avait plus 20 ans, mais il a quand même eu la force d’aller s’asperger d’alcool à brûler, donc c’est bien que là, c’est allé trop loin.

    On me parle de dépression, on me demande s’il était dépressif. Ils ont eu son médecin au téléphone qui leur a dit que non, qu’il n’avait jamais pris d’antidépresseurs. A un moment, il faut reconnaitre que la #société tourne mal, et que les gens deviennent fous. Ce n’est pas parce qu’il était dépressif, c’est parce que ça l’a rendu fou.

    #suicide #immolation #lutte

    http://seenthis.net/messages/484876 via Agnès Maillard


  • Destruction de la ruralité et guerre aux pauvres
    http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules/2016/01/28/mais-quest-ce-quils-lui-ont-fait-wauquiez-les-bouseux-235200
    Un billet assez lucide d’un rural.

    Jusque là, on sentait que les hommes politiques de tous bords soignaient tendrement la ruralité. Même mal à l’aise. Ils en parlaient. La flattaient. L’accompagnaient. En vantaient – même sans y croire – les potentiels et les ressources. On voyait périodiquement apparaître des dispositifs idoines, encourageant l’installation, l’innovation et le développement.

    La Datar avait créé ses Pôles d’excellence rurale http://poles-excellence-rurale.datar.gouv.fr – vite abandonnés malgré un succès foudroyant. Les conseils généraux du Cher, de la Creuse, de le Nièvre et de l’Allier avaient conjointement écrit leur manifeste pour les nouvelles ruralités http://www.lagazettedescommunes.com/telechargements/manifeste-ruralite.pdf Et le gouvernement avait même annoncé des assises de la ruralité.

    Et puis, d’un seul coup : exit la ruralité. Exit l’aménagement harmonieux du territoire. Place aux lois pragmatiques et urbano-centrées. A l’application bigote et dogmatique de la #métropolisation européenne. Le culte béat et doctrinaire de la grande banane bleue https://fr.wikipedia.org/wiki/Mégalopole_européenne.

    Place à NOTRe http://www.action-publique.gouv.fr/notrefrance. Une loi écrite par des urbains, pour des urbains, avec de vrais bouts de commisération dedans.

    Les assises de la #ruralité ont bien eu lieu, en décembre 2014. Mais si tu lis le compte-rendu http://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2014-12-17/les-conclusions-des-assises-de-la-ruralite , tu ricanes. Il n’est question que de regrouper les écoles et d’augmenter la couverture réseau de ces pauvres bouseux tout les aidant à aller plus facilement en #ville.

    Rien sur l’accompagnement des entrepreneurs en milieu rural. Rien sur les dispositifs de travail à distance. Rien de contraignant sur l’encouragement des filières de proximité, si ce n’est le maigre satisfecit donné à la plateforme Agrilocal.fr http://agrilocal.fr

    Rien sur les valeurs intrinsèques du monde rural : le foncier à portée de ta bourse, la proximité avec les fournisseurs, une demande tonitruante de biens et de services, et surtout un cadre de vie et de travail apaisé. Tranquillisé. Débarrassé des tombereaux de contraintes qu’imposent les villes à leurs usagers : les terribles trajets quotidiens, les empilements des charges, les heures d’attentes aux guichets des administrations, les filières saturées...

    Les assises de la ruralité ? In fine, une visite du gouvernement à sa vieille tata malade. Quelques mots de réconfort. Un œil sur la courbe des températures. Jusqu’à la prochaine visite.
    [...]

    Tu survoles la carte des nouvelles capitales de région, et déjà t’as tout compris. Au broyeur Clermont-Ferrand, Limoges ou Poitiers. A la trappe, Metz, Chalons ou Besançon. La loi NOTRe a dressé un grand filet de mailles étroites à la périphérie des départements ruraux. Un rempart solide contre la diagonale du vide.
    http://latribune-static.fr/495779/carte-des-france-des-prefectures-des-capitales-de-regions.jpg

    Alors nous, dans le bocage bourbonnais, en plein centre de la France, plongés à la frontière de trois nouvelles méga-régions, plaqués par la force centrifuge à des années-lumière de la nouvelle capitale, t’imagines à quel point on nous a rompu les amarres ?
    [...]

    Ça me rappelle cette dame que j’avais croisée à la gare de Vallon-en-Sully. Elle était assez âgée pour dire « tout de même », mais pas assez pour être retraitée. Elle était donc au #chômage – elle disait « au réssa ». Et elle était venue acheter un billet de train pour la première fois depuis des années.

    Je l’ai trouvée dehors, visiblement énervée, en train de fumer. Elle venait de se prendre la tête avec le guichetier : « Tout de même », elle disait. « Tout de même. »

    « Il m’a dit que le seul moyen de rejoindre Vierzon, c’était le bus. Le seul ! Ça veut dire que moi, maintenant, si je veux aller à Paris, je dois aller à la Société Nationale des Chemins de Fer pour acheter quoi… un ticket de bus !

    Tu vas à la gare, tu vas au guichet qui est là, juste à côté de deux rails. Ces deux rails que, si tu les suis, ils te mènent tout droit à Vierzon... Et eux ils te disent qu’il faut que tu sortes de la gare, que tu montes dans un bus où t’as les genoux plantés dans le nez, un bus qui pollue de l’air, qui prend des accidents et des bouchons, qui fait des tas de détours, qui te donne mal au cœur, et tout ça pour quoi ? Pour aller juste un peu plus lentement à Vierzon !

    Et le pire c’est qu’ils m’engueulent, moi, de dire que je trouve pas ça normal ! Mais c’est tout de même pas normal, non ? Faut tout de même pas nous prendre pour des imbéciles, non ? »

    J’en suis venu à lui apprendre que c’était le cas depuis trois ans. Et que c’était bien pire sur les autres axes. Si tu veux aller à Lyon depuis Montluçon, t’as plus vite fait de réparer ton 103. Terminé les directs. Terminé les transits rapides à Saint-Germain-des-Fossés. C’est – au mieux – un bus jusqu’à Vichy puis tortillard jusqu’à Part-Dieu. Tout ça pour la modique somme d’un dixième de son réssa.

    Face à son désarroi grandissant, j’ai entrepris de lui parler de Blablacar, qui est par la force des choses devenu notre principal moyen de sortir du bocage. Mais elle m’a interrompu tout suite.

    « Monsieur, je ne vois tout de même pas pourquoi – alors que j’ai payé la #SNCF avec mes impôts de quand je travaillais – je paierais une entreprise privée pour voyager maintenant que je suis au réssa. Je suis désolé mais ça, je peux pas. »

    « Et puis votre truc, là, je connais par cœur. Ils me bassinent avec ça à Pôle emploi. Ils me disent que ça m’aiderait à trouver du boulot. Mais vous savez ce que ça veut dire, pour moi ? Ça veut dire qu’il faut que j’achète un ordinateur et puis un téléphone machin-chose, là, qu’il me faudra racheter au bout de deux ans parce qu’il sera dépassé.

    Puis après, c’est pas tout d’avoir les bazars, il faut prendre les abonnements et tout... Et avec quel argent tout ça ? Ils me font rire, à #Pôle_emploi. Ils disent qu’ils t’aident à trouver du #travail, alors qu’en vrai ils t’aident juste à dépenser ton réssa. »

    Elle était furax.

    « Parce que du travail, de toute façon, y en a pas. En tous cas pas ici. Ou pas pour moi. »

    Et se rallumait des cigarettes les unes sur les autres

    « Et puis chez moi y’a pas de réseau... »

    C’était incontestable. Et cette dame me l’avait brandi devant les yeux : si tu suis les règles du jeu 2016, t’as que de mauvaises raisons de rester par ici. Petits salaires – ou pas de salaires. Peu de commerces. Peu d’infrastructures. Toutes les mesures censées « désenclaver le #territoire » n’ont pas fait le poids face aux impératifs économiques des #services_publics. Une grande partie de la sous-préfecture de Montluçon vient de déménager à Moulins.

    Et vu qu’il n’y a presque plus de #transports publics, tu dois désormais faire deux heures de bagnole, ou payer des boites privées, pour effectuer tes démarches administratives.

    Tu pourrais certes passer par #Internet, mais le temps qu’ils installent le haut débit dans le département, la norme était déjà passée au 4G. Et le temps qu’ils installent le 4, la norme passera au 7.

    Alors, de fait, peut-être qu’il a raison, notre président de région. Peut être que c’est vraiment de solidarité qu’a besoin d’Auvergne. Un bon vieux plan Orsec. Un grand dispositif d’évacuation de ces zones inutiles et désorganisées, sans #emploi ni avenir. Un grand processus de réunification ville-campagne, avec des quotas réservées aux ressortissants ruraux.

    Au moins les choses seraient claires. Pas de double jeu. Pas d’aménagement à deux vitesses. Les campagnes, vidées de leurs actifs qui y vivaient sous perfusion, redeviendraient des parcs pour les touristes urbains. Des lieux de villégiatures scénographiés pour rappeler à l’estivant les bonnes vieilles valeurs du bon vieux temps. Quand les gens s’appelaient Glaude et se disaient boudiou en remuant la paille.

    Ne resteraient pour de bon que quelques indociles. Ceux qui se planquent ou veulent avoir la paix. Qui se caguent de l’offre, et satisfont à leur demande. Ceux qui savent profondément que l’avenir de l’homme passe par sa déconcentration.

    Qui se retrouveraient seuls, au milieu de grandes terres vides.

    L’avenir est fait d’hypercentres cossus pour minorité blindée (aux deux sens du terme) connectés par aéroports, LGVs et autoroutes, et entourés de #banlieue_totale plus ou moins lointaine et plus ou moins abandonnée, où on laissera survivre puis mourir les pauvres sans aucun service public, dans des logements #containers qui servent aujourd’hui aux réfugiés (provisoire durable), et avec un #revenu_de_base version libérale de 400 euros par mois se substituant à tous les autres #minimas_sociaux.
    Les #périphéries lointaines sont un laboratoire social, le #déménagement_du_territoire et le délabrement volontaire qui y sont faits aujourd’hui seront faits à d’autres territoires demain.
    Les pauvres sont de même un laboratoire social, la #guerre_aux_pauvres qui leur est faite aujourd’hui sera faite à la majorité demain. C’est un tort de ne pas y prêter plus d’attention.

    http://seenthis.net/messages/485253 via koldobika


  • Eboueur et fier de l’être
    http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/05/01/eboueur-et-fier-de-l-etre_4911592_4497916.html

    http://s2.lemde.fr/image/2016/05/01/534x0/4911591_6_b932_christophe-clerfeuille-est-devenu-eboueur_4fae15c207d23d3389e82b64f96d584d.jpg

    « Sur l’échelle sociale, on est tout en bas. Le regard des gens change dès que tu parles de ton métier. Tu descends d’un étage. L’éboueur qui vous dit qu’il n’a jamais ressenti le mépris, il ment. Il faudrait qu’un directeur de banque vienne à notre place, qu’il sente ce qu’on ressent. C’est indescriptible. J’ai un collègue, Charles, qui a défilé comme soldat sur les Champs-Elysées. Dans les rues, l’année d’après, avec la tenue jaune, je peux vous dire que plus personne ne l’applaudissait…

    Il y a tellement d’a priori sur nous  : on fait grève, on est des fainéants, des privilégiés, des bons à rien, bons qu’à un métier de merde. Quand on leur ­demande ce qu’ils font, certains collègues répondent «  agent technique à Bordeaux Métropole  ». Mais si on n’assume pas, on ne changera pas les mentalités  ! On voit des gens se boucher le nez avec leur écharpe quand ils passent à côté du camion, même quand c’est la collecte des papiers et que ça ne sent rien. On a de beaux camions, des tenues nickel, mais c’est une histoire de perception.

    #travail

    http://seenthis.net/messages/484831 via Mona



  • « Excepté dans les fantasmes des politiciens de droite, le "bobo" ne vit pas dans un loft luxueux à Paris mais souvent en banlieue, il vient plutôt d’un milieu modeste et exerce une profession (graphiste, illustrateur, musicien…) dont il semble acquis qu’elle n’appelle pas de rémunération – ou alors, symbolique. »

    http://www.liberation.fr/debats/2016/04/25/et-si-on-fichait-la-paix-aux-bobos_1448566

    #bobos #Front_de_Libération_des_Bobos

    http://seenthis.net/messages/483531 via Stéphane Bortzmeyer


  • Une grosse majorité des contenus Facebook vous sont cachés

    http://www.numerama.com/magazine/30297-une-grosse-majorite-des-contenus-facebook-vous-sont-caches.html

    Fin 2013, Facebook a ainsi annoncé le déploiement d’un nouvel algorithme de tri des fils d’actualités, officiellement pour donner la priorité aux « contenus de grande qualité » (officieusement pour vendre des « promotion des publications » à prix d’or), se permettant de fait de manipuler l’information que les internautes partagent avec le réseau social.

    Un journaliste du Washington Post a passé son temps à comparer le nombre de publications apparaisant dans son fil d’actualité, au contenu publié par ses amis et pages qu’il aime. Résultat : seulement 29% de tout ce contenu figure dans son fil.

    Facebook fait le tri pour vous concernant ce qui peut vous intéresser.

    Mais le risque pour chaque utilisateur est alors de s’enfermer dans ses propres convictions, centres d’intérêts et opinions, partagées par les seuls pairs qui ont sensiblement les mêmes. C’est l’absence de dissonance cognitive faite reine, avec un risque effroyable d’appauvrissement intellectuel et de radicalisations mutuelles. Ne communiqueront ensemble que ceux qui partagent les mêmes vues et publient de quoi remettre de l’eau au moulin. Tout opinion dissidente, parce que peu partagée par son cercle d’amis, restera invisible.

    Et maintenant cela devient pire : Le temps de lecture est pris en compte et Facebook compte fouiller dans le contenu disponible pour diversifier vos lectures.

    Facebook renforce la personnalisation de votre fil d’actualité

    http://www.numerama.com/tech/165617-facebook-renforce-la-personnalisation-de-votre-fil-dactualite.html

    Après avoir compilé des données sur chaque utilisateur, Facebook adaptera le fil d’actualité en fonction, avec des contenus susceptibles de l’intéresser au maximum en intégrant de nouveaux éléments. En premier lieu, le temps passé sur une publication est dorénavant considéré comme un indicateur d’interêt. C’est une donnée largement utilisée par les producteurs de contenu.

    Facebook appelle cela son Feed Quality Program

    http://newsroom.fb.com/news/2016/04/news-feed-fyi-more-articles-you-want-to-spend-time-viewing

    Faites confiance à Facebook et outsourcez-lui votre cognition.

    #Facebook_manipulation
    #consonance_positive #positive_consonance

    http://seenthis.net/messages/482736 via schrödinger


  • A la Nuit debout, les réunions non mixtes des féministes font débat
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/04/21/a-la-nuit-debout-les-reunions-non-mixtes-des-feministes-font-debat_4905848_3

    « Non, messieurs s’il vous plaît, cette réunion-là est non mixte. Pour la réunion féministe mixte, vous pouvez revenir à 20 heures, vous serez les bienvenus », s’époumone à plusieurs reprises Matt, 23 ans, l’une des participantes de la commission « Féminismes » du mouvement Nuit debout, place de la République à Paris. L’étudiante désigne la grande pancarte qui préside le cercle : « Réunion non mixte : meufs et minorités de genre ». Rien à faire : malgré les écriteaux pédagogiques expliquant ce choix, malgré les cordes tendues entre les arbres pour délimiter l’espace du cercle de discussion, des hommes campent autour pour écouter.

    « Vous vous comportez comme des oppresseurs en ne respectant pas notre choix ! », s’énerve une participante en s’adressant à un quinquagénaire décidé à rester. Lui s’emporte : « Je n’accepte pas, sur une place publique, d’être dépossédé du débat et d’être choisi comme cible ! Si vous rentrez dans une logique d’exclusion et de séparation, c’est plus Nuit debout mais Mort debout ! »

    #féminisme #non-mixité

    http://seenthis.net/messages/482595 via Aude V

    • Je crois qu’il faut y voir la conséquence inéluctable du retour du débat théorique, qui avait disparu depuis des décennies. Il faut donc plutôt se réjouir de voir le raisonnement faire un come back plutôt inespéré. N’oublions pas que le féminisme des années 70 était tout aussi fanatique, tandis que, côté politique, les trotskistes affrontaient les pro chinois. Une démarche intelligente, à base de remises en question, et de déductions purement théoriques, ne conduit que rarement à des conclusions intelligentes. Mais l’ensemble de la réflexion a malgré tout à terme un effet positif, une fois éliminées les dérives les plus caricaturales de la pensée. Le culte de Mao et de son accablant Petit Livre Rouge en est un bon exemple.
      Je me souviens aussi du fait que, dans les années post 68, le MLF était surtout animé par des lesbiennes aigries. Cela conférait au mouvement une coloration un peu étrange.
      Il n’empêche : Le MLF a largement contribué à faire avancer la cause des femmes, et changer les mentalités machistes.
      Il faut se souvenir de ce qui existait avant...


  • Le témoignage de la compagne d’Adil Taychi, mort d’un ulcère en prison
    https://blogs.mediapart.fr/observatoire-international-des-prisons-section-francaise/blog/200416/le-temoignage-de-la-compagne-dadil-taychi-mort-dun-ulc

    Adil Taychi, détenu à la prison de Sequedin, était en proie à de vives douleurs depuis plusieurs mois et ne parvenait plus à s’alimenter. Il a perdu 23 kg. Malgré des demandes insistantes, il n’a pu bénéficier à temps de soins ni d’examens approfondis pour déterminer la nature de son mal. Il est décédé dans sa cellule le vendredi 12 février 2016 d’un ulcère perforé, comme le révèlera l’autopsie. Source : Dedans-dehors

    http://seenthis.net/messages/482388 via Rezo


  • "Le Vol de l’Histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde", de Jack Goody : l’exception occidentale

    http://a.decitre.di-static.com/img/200x303/jack-goody-le-vol-de-l-histoire/9782070122387FS.gif

    Que s’est-il passé ? Depuis une dizaine d’années, la question du destin de l’Occident intéresse à nouveau les historiens, sur fond de « conflit des civilisations » et de montée des puissances asiatiques. Quels facteurs expliquent le développement exceptionnel de l’Europe au XVIe siècle ? Ces facteurs permettent-ils de prévoir un maintien de sa suprématie au moment où elle est contestée ?
    A l’instar de Bernard Lewis, qui a fait de cette question le titre d’un de ses ouvrages sur l’islam (Gallimard, 2002), les historiens montrent souvent que l’Europe possède quelque chose qui manque aux autres civilisations : la démocratie, l’individualisme, l’amour courtois. Ces valeurs éparses peuvent être réunies dans un ensemble cohérent, une « mentalité européenne », et liées au développement du capitalisme, dont l’esprit d’entreprise détache l’individu des liens traditionnels, comme l’ont illustré les travaux classiques de Max Weber, Karl Polanyi ou Fernand Braudel.
    En réaction à cette tendance, d’autres affirment que la supériorité de l’Occident est une invention qui a permis à l’Europe de justifier ses conquêtes. Ainsi de Martin Bernal rappelant les racines afro-asiatiques de la culture classique. Ou de Dipesh Chakrabarty, un des auteurs phares des études postcoloniales.
    L’anthropologue britannique Jack Goody renvoie dos à dos ces deux attitudes. S’il dénonce la justification de la guerre en Irak par l’introduction de la démocratie, il critique également les excès littéraires du postcolonialisme. Selon lui, la « supériorité » de l’Occident ne tient ni à une « mentalité européenne » qui résisterait à la contingence des événements, ni à un discours colonial que la globalisation effacerait comme une époque révolue. Elle tient plutôt à un ensemble de « technologies de l’intellect » que l’Europe a empruntées aux autres civilisations, et dont elle a fait un usage particulièrement retors : listes, catalogues, livres de comptes...

    L’oubli d’une dette

    D’où lui vient cette singularité ? La réponse de Goody peut s’énoncer ainsi : c’est parce qu’elle est intervenue au moment où l’Europe était en train de s’effondrer que la redécouverte des textes classiques a produit une « renaissance » ; cette effervescence a conduit à forger l’image d’une Antiquité idéale en occultant la conservation de ces mêmes textes en Orient.
    La Renaissance ne marque donc ni l’apparition d’une nouvelle mentalité ni l’invention d’un nouveau discours, mais un usage singulièrement intense des technologies d’information et d’échange. « Pourquoi ne pas reformuler la discussion sur l’avantage pris par l’Occident à l’époque moderne en des termes autres - ceux d’une intensification de l’activité économique et d’autres activités au sein d’un cadre à long terme qui serait celui du développement des villes et des activités de production et d’échange ? », demande-t-il. C’est ce que Goody appelle le « vol de l’Histoire », qui ne suppose pas une mauvaise intention mais plutôt l’oubli d’une dette.
    Cette méthode conduit l’anthropologue à regarder la « grande divergence » entre l’Orient et l’Occident - pour reprendre la formule de l’Américain Kenneth Pomeranz - depuis son expérience de terrain en Afrique. Au moment de l’indépendance du Ghana, Goody a pu observer l’effervescence qui accompagne l’appropriation des textes classiques. Il note que « lorsqu’en 1947 une université fut créée au Ghana - c’est-à-dire dans celui des Etats coloniaux africains qui sera le premier à accéder à l’indépendance - le premier département à employer un personnel entièrement africain fut celui des lettres classiques ».
    Une telle méthode doit beaucoup à l’héritage de Marx. Goody se réclame ici de deux historiens marxistes : Gordon Childe (1892- 1957), archéologue de « l’âge de bronze », et Perry Anderson, historien du féodalisme. Dans une telle optique, le « vol de l’Histoire » n’est ni le décollage d’une civilisation ni l’usurpation d’un pouvoir : c’est une série d’emprunts et de reprises dont l’issue reste imprévisible. Goody donne là une surprenante actualité à la phrase de Marx selon laquelle les hommes font l’histoire sans savoir qu’ils la font.

    Frédéric Keck

    http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/10/14/le-vol-de-l-histoire-comment-l-europe-a-impose-le-recit-de-son-passe-au-rest

    http://seenthis.net/messages/481782 via Le Bougnoulosophe

    • La supériorité de l’occident ne serait-elle pas exclusivement militaire ? Car au niveau politique, le pouvoir est détenu par des multinationales éparpillées et pas forcément solidaires, sauf quand elle défendent des intérêts communs.
      On a d’ailleurs peut être tort de confondre ce pouvoir avec les fameux « intérêts américains ».


  • Southwest Offers Arabic Select® Upgrade: Speak Arabic Without Getting Kicked Off Plane
    http://www.nationalprofiler.com/southwest-offers-arabic-select

    Southwest Airlines announced a new premium upgrade available for all passengers starting May 2016. Arabic Select® allows Arabic-speaking and Muslim passengers to comfortably speak the Arabic language without having to worry about getting kicked off the plane.

    The Southwest website describes the upgrade benefits in detail:

    “Introducing our new premium offering. For just $45, upgrade to our exclusive Arabic Select® seats. Now you can fly with confidence knowing that your language choices won’t arouse suspicion that you’re a terrorist.”

    http://seenthis.net/messages/481607 via Nidal


  • « La laïcité française nourrit-elle le djihadisme ? » Un débat qui monte, qui monte… | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/115985/laicite-djihadisme

    Deux chercheurs américains soulignent dans une étude que « quatre des cinq pays enregistrant les plus forts taux de radicalisation dans le monde sont francophones ». Ils accusent la « culture politique française » et la conception de la laïcité de « virulence ». Une critique déjà soulevée ces derniers mois par de nombreux intellectuels français.

    « Il y a une polémique qui naît avec des déclarations de chercheurs aux Etats-Unis, sur la conception française de la laïcité qui pourrait nourrir le djihadisme, vous êtes d’accord avec cela ? », demandait ce dimanche 27 mars à son interlocuteur, le député Meyer Habib, notre contributeur Claude Askolovitch. « Je ne suis absolument pas d’accord avec cette théorie », répond le député, qui balaie d’un revers de main la question, explosive et dérangeante. Elle implique rien de moins que la remise en cause de notre conception actuelle des liens entre l’Etat et les religions, et des nombreuses « lois sur le voile » édictées depuis 2004.
    Les chercheurs en question sont Will McCants et Chris Meserole, ils appartiennent à la Brookings Institution, un institut de recherche réputé aux Etats-Unis. Ils ont écrit, dans un article publié jeudi dans la revue Foreign Affairs, intitulé « The French Connection » et résumé par l’AFP, que les valeurs politiques et culturelles françaises jouent un rôle clé dans la radicalisation islamiste. Tout part d’un constat qui interpelle : « Aussi bizarre que cela puisse paraître, quatre des cinq pays enregistrant les plus forts taux de radicalisation dans le monde sont francophones, dont les deux premiers en Europe », écrivent-ils.
    « L’approche française de la laïcité est plus incisive que, disons, l’approche britannique. La France et la Belgique, par exemple, sont les deux seuls pays européens à bannir le voile intégral dans les écoles publiques », notent McCants et Meserole. « Par habitant musulman, la Belgique produit nettement plus de combattants étrangers que le Royaume-Uni ou l’Arabie Saoudite ».

    http://seenthis.net/messages/481101 via Nouvelles d’Orient

    • La Tunisie fait-elle partie de ces pays francophones qui suscitent le jihadisme ? Tenter de se libérer du joug des Frères constituerait donc une provocation, expliquant, à défaut de justifier, le basculement des intégristes vers la violence ?
      Probablement.
      Reste à savoir si il faut rétablir le crime de blasphème, condamner l’avortement et l’homosexualité, et substituer aux règles démocratiques la loi religieuse.
      Aux EU, cette option gagne du terrain. L’avortement, par exemple, est désormais virtuellement interdit (99% des cliniques spécialisées ont fermé).
      L’expression « Laïcité à la française » ne serait-elle pas une nouvelle déclinaison du péjoratif « Laïcisme », qui qualifie en général la dénonciation de l’intégrisme religieux ?
      Où est passée la laïcité, la vraie, en Angleterre, quand des tribunaux religieux sont autorisés à trancher des conflits privés ?
      J’ai bien peur que « Laïcité à la française » ne qualifie en fait que « Laïcité tout court », à savoir séparation étanche entre l’église et l’état. La distance est bien faible entre les concessions et la renonciation au droit républicain.
      A part ça, d’accord avec vous pour foutre la paix aux musulmans, et tolérer le voile. Mais de là à laisser les familles l’imposer aux jeunes filles contre leur gré, il y a un pas à ne pas franchir....Entre autres.

    • L’hôpital qui se moque de la charité ?

      Pour la même question, nous pouvons aussi remplacer « laïcité » par « communautarisme » ou encore mieux par « guerre » et « française » par « américain(e) ». C’était encore vrai il y a quelques années de cela.

      La question devient :
      La guerre américaine nourrit-elle le djihadisme ? Cela vaut pour les guerres de Hollande et de Sarkozy aujourd’hui.

      N Robin.


  • Après la révolution, qui ramassera les poubelles ? - Vacarme
    http://www.vacarme.org/article2085.html
    http://www.feldmangallery.com/media/ukeles/touch-sanitation-01.jpg

    En 1991, la critique d’art américaine Lucy R. Lippard avait nommé Mierle Laderman Ukeles matriarche des Garbage Girls, mouvement réunissant des artistes fascinées par les déchets et les décharges. Elle est en effet une référence incontestée mais reste trop peu connue malgré quarante ans de pratique artistique militante dans le domaine du féminisme et de l’écologie. Deux entretiens conduits en 2006 et 2007, l’un à propos de son approche féministe et l’autre à propos de l’efficience de son art, ont confirmé la nécessité d’interroger ses œuvres à l’aune de leur responsabilité sociale, écologique et politique.

    http://www.abladeofgrass.org/wp-content/uploads/2013/11/ukeles-touch-sanitation-performance-1977-801.jpg

    http://whitney.org/image_columns/0047/4723/ukeles-touch-sanitation-1978-80_1140.jpg?1369922013

    http://smackmellon.org/files/6612/7766/6077/CondSoc8.jpg

    #éboueur #performance

    http://seenthis.net/messages/480355 via mad meg


  • Pour les femmes #astronomes, le #harcèlement_sexuel est un cauchemar permanent | VICE | France
    http://www.vice.com/fr/read/femmes-astronomes-harcelement
    https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/04/13/femmes-astronomes-harcelement-1460561447.jpg?resize=*:*&output-quality=75

    Fascinée depuis toujours par les grands mystères de l’univers, Mia*, qui a eu une scolarité exemplaire, a pu prétendre à une place dans l’une des meilleures universités du monde, avant de démarrer une carrière en #astrophysique. Aujourd’hui âgée de 30 ans, elle est l’une des plus grandes spécialistes dans le domaine des trous noirs.

    Peu de gens savent ce qu’elle a dû endurer pour en arriver là. Pour une femme, il est incroyablement difficile de faire carrière dans l’astronomie ou dans la physique, à cause du harcèlement, de la #misogynie et de l’intimidation qui rongent ce secteur.

    http://seenthis.net/messages/480262 via baroug


  • « Un projet colonial aujourd’hui repensé, en France, comme une défense des valeurs laïques »

    Dans Chassés de la lumière (Stock, 1972), l’écrivain américain James Baldwin raconte que peu après son installation en France en 1948, il a vu « des policiers tabasser en pleine rue un vieux vendeur de cacahuètes arabe, par ailleurs manchot, et observé les regards indifférents des Français attablés aux terrasses des cafés et les visages congestionnés des Arabes ». Avec un « généreux sourire », les amis de Baldwin l’avaient rassuré en lui expliquant qu’il était différent des Arabes : « Le Noir américain est très évolué, voyons ! » Alors que les Arabes, selon eux, « ne voulaient pas être civilisés ».

    A part les anciens combattants vieillissants de la guerre d’Algérie, plus personne en France ne parle d’« Arabes ». Aujourd’hui on parle de « musulmans ». Or les musulmans français sont les descendants du vendeur de cacahuètes évoqué plus haut, et, trop souvent, sont la cible de la même intolérance raciste. Comme le racisme que Baldwin décelait chez ses amis parisiens, celui-ci porte souvent un masque noble : antiterroriste, laïc, féministe.

    Le récent éditorial de Charlie Hebdo, « Qu’est-ce que je fous là ? », en est un exemple. Les attaques terroristes de Paris et Bruxelles « ne sont que la partie émergée d’un gros iceberg », écrit le dessinateur Laurent Sourisseau (« Riss »). Les parties non visibles de l’« iceberg » comprennent entre autres le penseur suisse Tariq Ramadan, qui a été accusé de pratiquer un « double langage », faisant mine d’être un modéré tout en œuvrant secrètement à l’instauration de la charia en Europe.

    Le musulman « dissimule toujours quelque chose »

    Certes, plaisante Riss, « il ne prendra jamais une kalachnikov pour tirer sur des journalistes dans leur salle de rédaction » mais « d’autres le feront à sa place ». Et n’oublions pas la « femme voilée » dans la rue, ou le boulanger de quartier qui a cessé de proposer des sandwiches au jambon. Aucune attaque terroriste « ne pourrait avoir lieu sans le concours de tous ».

    Comme l’Arabe à l’époque de Baldwin – ou le juif à une époque antérieure – le musulman d’aujourd’hui « dissimule toujours quelque chose », soit un complot terroriste, soit un complot pour islamiser la France, soit les deux. Il profite de la crainte des bien-pensants « d’être traités d’islamophobes ou de racistes ».

    L’idée selon laquelle la tolérance et le relativisme culturel feraient le lit de l’islamisation de la France est un vieil argument qui remonte aux débuts de l’Algérie française. Celui qui la reprend le plus clairement aujourd’hui est le philosophe Alain Finkielkraut. L’antiracisme, explique-t-il, « sera au XXIe siècle ce que le communisme a été aux années 1920 », et sa forme la plus pernicieuse est celle de l’anti-islamophobie.

    L’été dernier, à côté de celle de Nicolas Sarkozy, il a ajouté sa signature à une pétition publiée dans Valeurs actuelles pour protester contre la proposition de convertir en mosquées certaines églises désaffectées : la défense de la Iaïcité passe désormais par la sauvegarde des églises.

    Expression d’émancipation

    De telles opinions ne sont guère surprenantes à droite. Mais les positions de Finkielkraut ont été reprises par un certain nombre de figures éminentes de la gauche socialiste, parmi lesquelles le premier ministre Manuel Valls pour qui l’islamophobie est le « cheval de Troie du salafisme ».

    Plus récemment la philosophe féministe Elisabeth Badinter, qui avait autrefois comparé l’autorisation du hidjab dans les écoles françaises à l’accord de Munich, a appelé au boycott des marques proposant des foulards et autres vêtements islamiques. L’accusation d’islamophobie, a récemment déclaré Mme Badinter au Monde (4 avril), est « une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes ».

    Selon cette opinion, non seulement s’en prendre à l’islam n’est pas du racisme, mais c’est défendre les valeurs françaises, au premier rang desquelles la laïcité et la protection des droits des femmes. C’est une expression non pas d’oppression, mais d’émancipation : la libération de tous les citoyens français, dont les femmes musulmanes qui subissent la tyrannie de leurs pères, frères et voisins dans les banlieues.

    Il y a une certaine logique dans cet argument. Le terme « islamophobie » est imprécis et peut rendre difficile la distinction entre critique de la religion – telle que l’expriment des intellectuels arabes comme Adonis et Kamel Daoud – et discrédit général à l’égard de toute personne pratiquant l’islam ou née dans une famille d’origine musulmane. Les défenseurs d’un islam traditionaliste ont intérêt à brouiller la distinction. Tout comme l’Etat islamique, qui cherche des recrues parmi les jeunes musulmans européens qui se sentent perdus ou rejetés.
    La loi de 1905 n’a pas seulement privé l’Eglise catholique de son pouvoir, elle a aussi permis aux juifs et aux protestants d’exercer plus librement leur foi.

    Ceux qui affirment seulement critiquer l’islam, tout en s’employant en permanence à insulter les musulmans en général, contribuent fortement à cet amalgame entre islam et citoyens de confession ou d’origine musulmane. Ils pratiquent la même ambiguïté tactique que ceux qui déploraient l’influence du judaïsme dans la vie française à la fin du XIXe siècle et accusaient ceux qui dénonçaient l’antisémitisme de vouloir supprimer la liberté d’expression – le magazine antisémite d’Edouard Drumont, fondé en 1892, s’intitulait La Libre Parole. Très peu d’entre eux expriment un racisme « biologique » à l’ancienne ; leur « racisme culturel » représente les musulmans comme une irrémissible cinquième colonne djihadiste.

    Le cas d’Elisabeth Badinter est plus complexe. Elle formule ses positions dans le langage apparemment progressiste du féminisme laïque et de l’universalisme républicain. Elle ne voit pas dans chaque musulmane voilée le soldat potentiel d’une invasion islamique. Et pourtant elle ne peut concevoir qu’une femme puisse choisir de porter le voile ; elle ne voit en elle qu’une femme soumise que l’on doit contraindre à se libérer, comme ces « nègres » partisans de l’esclavage américain évoqués par Laurence Rossignol (que Mme Badinter a soutenue).

    Ce désir de libérer les femmes musulmanes s’insère dans la longue histoire des « hommes blancs sauvant les femmes brunes des hommes bruns » (selon la formule de la critique littéraire indienne Gayatri Spivak) : un projet colonial qui est aujourd’hui repensé, en France, comme une défense des valeurs laïques dans les « territoires perdus de la République ».

    Les valeurs de la France risquent d’être perverties par une ligne de défense aussi ambitieuse. La loi de 1905 qui a instauré la laïcité était fondée sur la neutralité de l’Etat à l’égard des institutions religieuses ; elle n’a pas seulement privé l’Eglise catholique de son pouvoir, elle a aussi permis aux juifs et aux protestants d’exercer plus librement leur foi.

    Les défenseurs actuels de la laïcité, aussi bien à droite qu’au centre gauche, ont abandonné tout semblant de neutralité. Il n’est guère étonnant que pour nombre de musulmans en France, y compris la majorité silencieuse qui ne met que rarement, sinon jamais, les pieds dans une mosquée, le « gros iceberg » de Charlie Hebdo n’apparaisse que comme un terme codé leur enjoignant de rester à leur place.

    Adam Shatz (Traduit de l’anglais par Gilles Berton)

    Cet article est d’abord paru dans la « London Review of Book

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/12/un-projet-colonial-aujourd-hui-repense-en-france-comme-une-defense-des-valeu

    http://seenthis.net/messages/479275 via Le Bougnoulosophe


  • Apprenez les bases de l’informatique avec un livre pop-up de… 1985
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/apprenez-les-bases-de-l-informatique-avec-un-livre-pop-up-de-1985/64460

    https://cdn.actualitte.com/images/actualites/images/illustration/Livre%20Pop-Up%20.png

    L’apparition des livres animés est loin d’être récente : les premiers livres « sculptures » auraient été inventés au Moyen-Âge, avant de connaître leur âge d’or en Angleterre au XVIIIe siècle. Pourtant, ces manuscrits en 3D ont toujours rencontré un succès fou, y compris aujourd’hui. The Digital Reader a remis la main sur le livre de Sharon Gallagher, Inside the personal computer, publié en 1985, et partage sa trouvaille sur le web avec les internautes.

    #informatique

    http://seenthis.net/messages/479491 via Mona


  • Un député irlandais très en colère et le dit directement en session et en réponse à une question posée par l’ambassadeur d’Israël à Dublin : " à quelle solution constructive pouvons nous penser maintenant ?" demande l’ambassadeur d’Israël.

    Réponse du député irlandais :

    https://www.facebook.com/lilia.ghanem/posts/10154117541612248

    Traduction très rapide à l’arrache (n’hésitez pas à reprendre et corriger si nécessaire) :

    Cher monsieur, je suis de ceux qui pensent que vous devriez être expulsé de ce pays, ça n’a rien à voir avec vous personnellement, mais plutôt avec les politiques menées par votre pays. Comme dit Desmon Tutu, le moment est venu de ne plus vous traiter comme un état normal, simplement parce que vous ne vous comportez pas comme un état normal. Et je voudrai vous poser une question, vraiment, en relation avec le conflit, et dans mon cas, je veux vous assurer (pour le compte rendu de cette session) que ça n’a rien à voir avec de l’antisémitisme, et que ce n’est pas une tentative tout à fait honteuse de remettre en cause l’existence l’holocauste comme l’a fait par exemple David Irving, j’ai invité dans cette ville des délégations de survivants d’Auschwitz pour des rencontres des conférences et des émissions de télévision, justement pour rappeler aux irlandais l’existence de l’Holocauste, et je le referai sans hésiter si quiconque essayer de nier à nouveau les horreurs qu’on a fait subir au peuple juif. Et c’est précisément parce que je suis fermement opposé au racisme, que je suis opposé à ce que votre État [israélien] fait aujourd’hui. Alors laissez-moi vous poser quelques questions (mais je dois aussi ajouter que j’ai vécu dans un village près de la Mer Morte, en 1987, deux semaines avant que la première Intifada ne démarre. Ma première question donc : vous avez essayé de couvrir les responsables du massacre [de civils innocents] à Gaza, la confiscation de terres palestiniennes… en attaquant le Hamas. Mais pourquoi n’admettez vous pas que le Hamas n’existait pas quand à commencé la première Intifada. Les palestiniens n’avait pas crée de branche armée jusqu’au début des années 1990, et à cette époque, l’OLP exilé à Tunis n’était pas présente sur le terrain palestinien, mais ce sont les palestiniens ordinaires qui se sont soulevés, parce que vous, les israéliens, leur ont refusé les droits humains fondamentaux. J’ai vécu là-bas. Le racisme y était endémique, la situation était pourri, j’étais absolument horrifié de voir comment vous traitiez les Palestiniens. ET n’est-il pas vrai que les lois fondamentales de l’État d’Israël sont fondamentalement des lois racistes puisqu’elle donnent aux Juifs des droits qu’elles refusent totalement aux Palestiniens. Par exemple, si j’étais Juif, je pourrai sans problème prétendre à la nationalité israélienne demain… mais 6 millions de personnes qui sont originaires et vivent dans ce que vous appelez aujourd’hui Israël, qui en ont été expulsé en 1947 et 1948 n’ont pas ce droit. N’est-ce pas là une des raisons pour lesquelles les Palestiniens sont en conflit avec les Israéliens ? Parce que vous leur refusez le droits de revenir dans leurs foyers, d’où ils ont été chassés, dans leurs terres et dans leurs villages. Et en plus, leur revendication est complètement légitime selon le droit international ! et vous leur refusez ce droit ! Pourquoi leur refusez-vous ce droit ? Et pourquoi donnez-vous ce droit à des gens qui n’ont aucune connexion quelle qu’elle soient avec cette terre que l’appeliez Israël ou Palestine ? Pourquoi continuez vous à confisquer des terres [palestiniennes] si vraiment vous prétendez sérieusement croire dans les accords d’Oslo et la solution à deux États ? Pourquoi continuez-vous à confisquer des terres si, selon les accords d’Oslo, ces terres sont destinées [dans l’accord final] à être palestiniennes ? 500 000 personnes vivent dans des colonies sur ces terres confisquées depuis la signature des accords d’Oslo ? Comment pouvez-vous permettre cela alors que vous avez signé ces accords ? Comment pouvez-vous laisser faire cela [la colonisation] si, dans les accords d’Oslo que vous avez signé, il était prévu que ces terres [confisquées] soient palestiniennes ? C’est quand même incroyable ! Et vraiment, Monsieur l’ambassadeur, vous nous prenez pour des imbéciles : vous nous dites, en nous regardant droit dans les yeux « nous voulons sincèrement faire la paix, mais nous continuons à confisquer vos terres ! » Et vous vous attendez à ce que les Palestiniens reculent et acceptent cela. Mais le Monde pense que cela est une manière tout à fait inacceptable de se comporter. Et un peu plus tôt aujourd’hui, vous nous avez demandé : « À quoi pourrions nous penser comme solution constructive ». Mais vous savez ce que les Palestiniens demandent ? Enfin, ce que certains demanderaient, parce que moi je pense que c’est le système d’apartheid entier qu’il faudrait détruire. Mais les Palestiniens demandent la levée du siège de Gaza. Laissez les avoir un aéroport ! Laissez-les avoir un port [de commerce] ! ne les punissez pas pour avoir un gouvernement pour lequel ils n’ont même pas voté ! En envahissant leur territoire, en décidant si oui ou non ils ont le droit d’avoir de l’électricité, de l’eau potable, des médicaments ! Qu’est-ce qui vous fait croire que vous, qui êtes sur-armés, qui êtes la quatrième armée la plus puissante du monde, que vous avez le droit de détruire Gaza et sa population ? Alors qu’ils n’ont aucun droit de se défendre ? Alors qu’ils n’ont pas de territoire ? comment pouvez vous justifier cela ? Comment pouvez-vous justifier ce « double-sandard » ? En enfin, Monsieur l’ambassadeur, des personnalités comme Nelson Mandela et Desmond Tutu ont qualifié votre État d’État d’apartheid, avec des lois adaptées aux gens selon leur « origine » ou leur religion. Reconnaissez-vous que cela est la réalité ? Par exemple, à un checkpoint, pour aller en Cisjordanie : il y a une ligne pour les Israéliens et les Européens, et il y a une autre ligne pou si vous êtes Arabe. Juste parce que vous êtes Arabe ! Mais Monsieur l’ambassadeur, si vous arriviez à l’aéroport de Dublin et qu’on vous demandais si vous êtes juif : si vous dites oui, on vous répondrait « oh pardon monsieur, vous ne pouvez pas passer par les mêmes contrôles que ceux prévus pour les citoyens irlandais ou européens. Vous appelleriez cela du racisme et de l’apartheid. ET vous, vous pratiquez cela avec vos checkpoints et votre mur de séparation. Comment pouvez-vous justifier cela ?

    #israël #palestine #occupation #démolition #colonisation #gaza

    http://seenthis.net/messages/478502 via Reka


  • Laurent Joffrin, chien de garde de l’« antiracisme à papa » | Etat d’Exception

    http://www.etatdexception.net/laurent-joffrin-chien-de-garde-de-l-antiracisme-a-papa

    « Ces visages contestés de l’antiracisme ». C’est le titre du journal Libération du 04 avril 2016, qui consacre un dossier spécial à ce que le quotidien appelle « le nouvel antiracisme ». Un dossier qui s’accompagne évidemment d’un éditorial de son rédacteur en chef, Laurent Joffrin, qui met en garde ses lectrices et ses lecteurs contre un « Piège grossier ».

    « Le « nouvel antiracisme » que nous décrivons pose plusieurs questions. D’abord parce qu’il est délibérément communautaire. »

    Voilà le souci premier de Joffrin, le communautarisme sous couvert d’antiracisme. Lutter contre la négrophobie en tant que Noir-e-s, mais quelle idée absurde ! Ces militant-e-s brisent le pacte républicain colorblind qui veut que nous soyons tou-te-s des citoyens libres et égaux en droit, mais isolés, atomisés, et sans autres attaches qu’une vague identité de citoyens.

    Et effectivement, la situation avait déjà été décrite par un certain Jean-Paul Sartre, qui à ses heures perdues avait fondé avec des ami-e-s au début des années 1970 un quotidien appelé… Libération :

    « L’antisémite reproche au Juif d’être Juif ; le démocrate lui reprocherait volontiers de se considérer comme Juif ». (Réflexions sur la question juive, p.69)

    En quelle année ces lignes ont-elles été écrites ? 1946 ? Ah ouais, quand même. Bon, poursuivons.

    « Les musulmans défendent les musulmans, les Noirs défendent les Noirs. Ainsi chacun s’occupe de sa paroisse, de son clocher, de son origine. Au nom d’une légitime autodéfense ? Certes.
    Encore faut-il le faire aussi au nom de valeurs communes, et non de simples réflexes communautaires. »

    Voilà comment des luttes collectives, des initiatives pensées et réfléchies, qui se matérialisent sur le terrain pratique et théorique, sont totalement dépolitisées et ramenées à de simples « réflexes communautaires », opposés aux valeurs communes. Communes à qui d’ailleurs ? Faut-il emprunter aux valeurs de l’hégémonie bourgeoise-blanche pour lutter contre l’hégémonie bourgeoise-blanche ?

    http://seenthis.net/messages/476538 via Nouvelles d’Orient


  • Une réaction à l’édito de Riss publié en anglais: How did we end up here?
    https://charliehebdo.fr/en/edito/how-did-we-end-up-here

    Take the local baker, who has just bought the nearby bakery and replaced the old, recently-retired guy, he makes good croissants. He’s likeable and always has a ready smile for all his customers. He’s completely integrated into the neighbourhood already. Neither his long beard nor the little prayer-bruise on his forehead (indicative of his great piety) bother his clientele. They are too busy lapping up his lunchtime sandwiches. Those he sells are fabulous, though from now on there’s no more ham nor bacon. Which is no big deal because there are plenty of other options on offer - tuna, chicken and all the trimmings. So, it would be silly to grumble or kick up a fuss in that much-loved boulangerie. We’ll get used to it easily enough. As Tariq Ramadan helpfully instructs us, we’ll adapt. And thus the baker’s role is done.

    Teju Cole - Charlie Hebdo was given last year’s PEN/James and Toni...
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=10153616146902199&id=200401352198&fref=nf&pnref=s

    Historical analogy can be tiresome and too easy, but sometimes it’s the sharpest thinking tool around. Reading this extraordinary editorial by Charlie, it’s hard not to recall the vicious development of “the Jewish question” in Europe and the horrifying persecution it resulted in. Charlie’s logic is frighteningly similar: that there are no innocent Muslims, that “something must be done” about these people, regardless of their likeability, their peacefulness, or their personal repudiation of violence. Such categorization of an entire community as an insidious poison is a move we have seen before.

    Read the piece yourself—don’t just react. Read the piece and think through who you wish to be in relation to the kinds of arguments it presents. If I hadn’t carefully scrutinized the url (and thus confirmed that it really is legit), I’d have thought someone was doing a cruel parody of laïcité. The fact that the essay itself is written in English also indicates very clearly that Charlie is aware of its global audience now, of the bigotry that is increasingly popular here in the US, disguised and undisguised.

    Meanwhile, you might remember that SOS Racisme, a French “anti-racist” organization, was brought to New York last year to defend Charlie from accusations of racism. One of the founders of SOS Racisme was Laurence Rossignol, the current French minister for women’s rights. This same Rossignol said last week that women who wear the hijab are like the “nègres américains” (American negroes/ American niggers) who accepted slavery.

    So, SOS Racisme gets on stage and, on behalf of PEN, gives an award to Charlie Hebdo, and everybody applauds and congratulates themselves for their fine understanding of satire. The same Charlie, in this new editorial, writes: “From the bakery that forbids you to eat what you like, to the woman who forbids you to admit that you are troubled by her veil, we are submerged in guilt for permitting ourselves such thoughts.”

    What thoughts? The wish to discriminate freely against Muslims without having to be called out on it. The freedom to draw everyone who is Muslim, or comes from a Muslim family, or is connected to North Africa, or “looks” Arab, into one big universal blood guilt that makes them literally responsible for the horrors perpetrated by a few maniacs. The desire to have this hatefulness lauded as courage.

    (On en est où du débat «Mais non Charlie ils sont pas islamophobes»?)

    (via Angry Arab)

    http://seenthis.net/messages/476084 via Nidal


  • Jamais tant de personnes n’ont acclamé un assassin aussi méprisable par Gideon Levy
    Publié le 31 mars 2016 sur Haaretz
    Traduction : Jean-Marie Flémal
    http://www.pourlapalestine.be/jamais-tant-de-personnes-nont-acclame-un-assassin-aussi-meprisable

    (...) Cette fois, tout cela a été remonté d’un cran, ou peut-être baissé. À tout ce qui précède, nous pouvons maintenant ajouter ouvertement la soif de sang – pure et simple, sans mélange, sans inhibition et sans déguisement.

    Cette combinaison de racisme et de soif de sang n’est pas seulement répugnante, elle est également volatile et dangereuse. Il y a du racisme dans bien des sociétés : il est généralement caché et marginal. En Israël, il est devenu la norme, il représente peut-être le niveau du politiquement correct actuel et le combattre est perçu comme une trahison.(...)

    #Abdul_Fatah_al-Sharef

    http://seenthis.net/messages/475277 via Loutre


  • « Formes de l’action poétique » : Darwich à l’agrégation. – langues de feu
    http://languesdefeu.hypotheses.org/946

    Le programme de l’agrégation pour l’année 2017 est maintenant officiel : en littérature comparée, les candidats étudieront, autour du magnifique thème « Formes de l’action poétique » trois recueils de poèmes, de Char, Darwich et Lorca. Le programme intégral est disponible ici. De Char, les étudiants liront Fureur et mystère ; de Darwich, l’anthologie La Terre nous est étroite et autres poèmes traduite par Elias Sanbar, et de Lorca, les Complaintes gitanes – autrement dit le Romancero gitano, traduites par Line Amselem chez Alia.

    C’est peu dire que je me réjouis. Pour de multiples raisons.

    Pendant deux ans, les futurs enseignants de lettres étudieront Char, Darwich et Lorca.

    Des futurs enseignants qui deviendront enseignants et qui sauront que Char, Darwich et Lorca existent. (Cette phrase n’est d’une condescendance que très relative : j’ai appris l’existence de Darwich à l’ensemble d’une promotion de L3 cette année, qui n’en avaient jamais entendu parler)

    Qui j’espère feront ensuite lire à leurs élèves Char, Darwich et Lorca.

    Une année de programme d’agreg sans allemand ni anglais, pour changer. Non que je n’aime pas la littérature allemande et anglaise, c’est de là que je viens. Mais justement, c’est de là que bien des enseignants de comparée viennent, et un peu de décentrement ne fait pas de mal.

    Les enseignants et les étudiants étudieront de la poésie en traduction, pour deux des trois œuvres. Ce qui les obligera à penser à ce que c’est que traduire. Ce qui obligera les enseignants à le problématiser explicitement en cours.

    Dont un recueil traduit de l’arabe, langue qu’ils ne connaissent pour la plupart pas.

    Des futurs enseignants liront de la poésie arabe.

    Des comparatistes feront cours sur de la poésie arabe.

    Des élèves auront des enseignants qui auront étudié de la poésie arabe.

    Bref. Il est poétiquement important, et politiquement important, que Char, Darwich et Lorca soient au programme de l’agrégation.

    http://seenthis.net/messages/475423 via gonzo

    • C’est pas grave !
      De toutes façons, après avoir décrypté un poème, on en a tout compris, sauf le poème. Idem pour les romans. Et idem pour l’analyse de œuvres artistiques en général. J’ai toujours préféré la musique à la musicologie, et l’écriture au démontage des bouquins d’autrui.
      S’agissant d’un éventuel apprentissage de la littérature, le plus simple n’est-il pas de lire, en se laissant porter par la musique des mots ?
      Car il n’y a rien à comprendre, et tout à ressentir.
      A part ça, il me semble en effet inepte de commenter des traductions, pris en compte le lien indissoluble entre le forme et le fond, de manière générale, et surtout en poésie, où le fond peut ne pas exister du tout. Du coup, le véritable auteur devient le traducteur.
      Mais, encore une fois : Ca n’est pas grave. Le rôle des enseignants d’aujourd’hui étant confiné à la limitation à trois fautes par ligne dans les devoirs des élèves du Supérieur, aucune formation spécifique n’est vraiment requise.(Hors, peut-être, quelques bases grammaticales)...
      Enfin, juste pour mémoire, j’ignore qui est Darwich. Et je crois que je m’en remettrai. Mais ce décalage saisissant entre les nobles ambitions de l’EN et la réalité des « Bac +6 » a de quoi surprendre un peu. J’entends par : « Bac+6 », le bac, et 6 fautes par ligne. J’ignore ce qu’il en est pour les agrégés en Lettres Modernes promo 2015.


  • Si vous voulez courir pour elles, pourrir pour elles, allez donc mourir pour Sophie Moreau
    http://fuckmycancer.fr/seriously/si-vous-voulez-mourir-pour-elles-pourrir-pour-elles-allez-donc-courir-p
    http://fuckmycancer.fr/wp-content/uploads/2015/03/lymphome.jpg

    Je ne pourrais être mise en examen et jugée à titre posthume, la Cour jugera cela un peu fort de café. La Cour jugera-t-elle votre action abusive ? Je l’espère. Un journaliste un jour s’occupera de votre cas et de ceux de vos semblables qui prennent les femmes pour des gogos dancers. N’avez vous pas crée aussi danser pour elles ?

    Tout ce bruit pour des propos que vous me reprochez et qui ne sont que vérités. Chère Sophie Moreau, la date de la course arrive. Du fond de mon cercueil ou de mon urne j’espère que quelqu’un vous transmettra tout le mépris que j’ai pour votre action. Affichez vos buts réels, c’est une #association qui n’en a que le nom, vous utilisez de la main d’oeuvre gratuite, vous surfez sur la peur des femmes , vous ponctionnez des finances publiques qui pourraient êtres dévolues à des actions sanitaires et sociales sans transiter par vos comptes et faire vivre votre petit business de rose habillé.

    #profitation #bizness #cancer #charité #censure #diffamation

    http://seenthis.net/messages/475193 via Agnès Maillard


  • 4 Cases En Plus : Quoi De Plus Normal Qu’infliger La Vie ? L’interview D’#Oriane_Lassus | MaXoE
    http://www.maxoe.com/rama/culture-dossiers/focus-livres/4-cases-en-plus-quoi-de-plus-normal-quinfliger-la-vie-linterview-doriane-lass

    http://www.maxoe.com/img/uploads/2016/03/Quoi-de-plus-normal-13.jpg

    Dans cette longue interview Oriane Lassus nous explique les différentes étapes qui ont conduit à la réalisation de « Quoi de plus normal qu’infliger la vie ? ». Le premier jet de ce travail, réalisé au cours de sa dernière année aux Beaux-Arts, puis le développement du sujet suite à l’intérêt de son éditrice qui a amené la dessinatrice à se nourrir de rencontres avec d’autres jeunes femmes, engagées dans la même direction, pour comprendre et retranscrire des tranches de vie. De cela découle une plus grande maturation de la pensée chez la jeune femme qui a conduit à « accoucher » de cette version finale qui se veut aussi puissante dans le fond, dans ce qu’elle amène comme matière, comme substrat à la réflexion, que dans la forme, totalement décomplexée qui se joue de certains des codes de la BD pour repenser la séquentialité et la manière de faire avancer le récit.

    #bande_dessinée @mona

    http://seenthis.net/messages/474353 via baroug


  • Living Color. The Biological and Social Meaning of Skin Color - Nina G. Jablonski - Paperback - University of California Press
    http://www.ucpress.edu/book.php?isbn=9780520283862

    http://images.ucpress.edu/covers/110/10770.110.jpg

    Living Color is the first book to investigate the social history of skin color from prehistory to the present, showing how our body’s most visible feature influences our social interactions in profound and complex ways. Nina Jablonski begins this fascinating and wide-ranging work with an explanation of the biology and evolution of skin pigmentation, tracing how skin color changed as humans moved around the globe, exploring the relationship between melanin and sunlight, and examining the consequences of mismatches between our skin color and our environment due to rapid migrations, vacations, and other life-style choices.

    Aided by plentiful illustrations, this book also explains why skin color has become a biological trait with great social meaning—a product of evolution perceived differently by different cultures. It considers how we form impressions of others, how we create and use stereotypes, and how prejudices about dark skin developed and have played out through history—including as justification for the transatlantic slave trade. Offering examples of how attitudes toward skin color differ in the United States, Brazil, India, and South Africa, Jablonski suggests that a knowledge of the evolution and social importance of skin color can help eliminate color-based discrimination and racism.

    Il est sorti en 2014 et ça a l’air super intéressant, quelqu’un l’a lu?

    #seenthis_sait_tout #peau #racisme

    http://seenthis.net/messages/473037 via Mona