Mona Chollet

Cheffe d’édition au « Monde diplomatique »

  • Les parents de Yann (@lazuly) ont retrouvé chez lui un dossier de textes. Certains sans doute inédits.

    Par exemple, celui-ci, sur la solitude. Apparemment sans titre et sans date.

    Jeudi soir, je suis allé au cinéma. Seul, comme à mon habitude. Les gens ne comprennent jamais que l’on aille au cinéma seul. Ils vous regardent d’un air compatissant et vous expliquent que c’est triste, de sortir seul. Je pense que si je leur racontais que j’étais resté tranquillement chez moi devant ma télé, ils trouveraient ça tout-à-fait normal. Au lieu de quoi, je persiste à prendre ma voiture trois soirs par semaine, à traîner dans le crachin sur des routes de campagne pour assister dans des salles quasi-désertes à des projections confidentielles. C’est vrai, je n’en ai pas pour autant plus de rapports sociaux, mais il reste cette illusion, ces visages entrevus qui ont manifestement quelques points communs avec moi. C’est déjà ça. Il m’arrive souvent de revoir plusieurs fois le même film. Ca non plus, les gens ne le comprennent pas. Eux qui tous les soirs de l’année regardent la même émission, ils ne comprennent pas.

    Je n’ai pas la télévision. Ca aide à se sentir seul. Je n’avais pas bien compris, au début, l’importance de ce choix. Il s’agissait d’un simple exercice de vie, l’obligation de répondre chaque jour à la lancinante question « Que faire ce soir ? » en ayant au préalable interdit les six réponses les plus simples. L’été, c’est amusant. L’hiver, un peu moins. Il est plus difficile de s’enfuir.

    Je vous conseille l’exercice du disjoncteur : essayez, ne serait-ce qu’une soirée, de vous priver d’électricité. Si vous craignez pour le contenu de votre congélateur, trichez et accordez-lui quelques ampères.

    Restez dans votre fauteuil, plongé dans le noir et abandonnez l’ambiance sonore à vos seuls voisins. Vous entendez un vague bruit de fond : c’est leur télévision. Autorisez-vous quelques bougies si vous souhaitez lire. Goûtez ce calme. Goûtez à présent l’angoisse qui vous étreint. Votre vie devient douloureusement tangible. Vous n’êtes plus relié au monde. Vous êtes libre et vous avez mal.

    D’habitude, le samedi soir, je reste seul. Je ne trouve plus le courage de me joindre aux bruyants troupeaux de jeunes gens satisfaits qui hantent les bars ce soir-là et font la fête, comme ils disent, pour oublier la vacuité de leur semaine. Ils ont de la chance. Je n’arrive plus à oublier la vacuité de mes semaines. J’en conclus, à l’aide d’un raisonnement assez simple et d’un principe de récurrence, à la vacuité de mon existence. C’est assez déprimant. Heureusement que peu de gens y pensent.

    Le week-end, mes amis n’échappent pas à la règle. Ils font la fête et je n’enfuis. C’est en quelque sorte mon leitmotiv : le week-end, je ne suis pas là.

    Samedi dernier, Christine m’a téléphoné. En quelque sorte, elle s’était enfuie, elle aussi. Nous convenons d’un rendez-vous devant une pizzéria qui, paraît-il, mérite le détour. J’aime assez nos tête- à-tête entre fuyards. J’attends le soir.

    Il doit être environ 20h30 et Christine, je m’en doute, sera en retard. Je déambule un peu sur la place Saint-Gervais et m’arrête devant la vitrine d’un magasin navrant. Je crois que l’on appelle ça un magasin de cadeaux, mais on y trouve aussi toute sorte de farces et attrapes. Généralement, les articles oscillent entre le romantisme niaiseux des tee-shirts « Sans toi, je suis tout seul » et le mauvais goût le plus sûr.

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  • Quand le sexisme de la psychanalyse devient dangereux pour les patient·e·s - ChEEk Magazine
    http://cheekmagazine.fr/societe/sexisme-psychanalyse

    “Il y a deux ans j’ai entamé une psychanalyse pour me remettre d’une lourde dépression. La thérapie a fait presque plus de dégâts que la dépression.” Lorsqu’elle a commencé sa thérapie en juin 2017, Anna pensait, comme son entourage, qu’une telle démarche ne pouvait que lui faire du bien. C’était sans compter sur le sexisme de son psychanalyste. “Dès que la discussion abordait ma vie amoureuse ou sexuelle, je sentais son sexisme suinter, se remémore-t-elle. Il avait tendance à me prêter des intentions ou des inconscients que je n’éprouvais absolument pas. Souvent, cela sous-entendait une recherche d’autorité paternelle, une soumission volontaire face aux hommes.” Anna dit s’être remise en question suite à ces séances, jusqu’à, selon elle, intégrer certains stéréotypes genrés. “Je me suis mise, par exemple, à sérieusement songer avoir des enfants, alors même que je n’en avais jamais voulu, et que je n’en veux toujours pas.”

    Un sexisme inhérent à la discipline

    Une intrusion du sexisme jusque sur les divans que dénonce la réalisatrice Sophie Robert dans Le Phallus et le néant. Un documentaire sorti en 2018 -très décrié- dont le nom fait référence à la théorie sexuelle de Freud, développée dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle publiés en 1905. Freud y détaille comment la femme ne se caractérise que par son manque de phallus, et comment elle cherche toute sa vie à combler ce vide, ce creux, à travers la sexualité ou la maternité, l’enfant devenant un substitut du pénis manquant. Lacan, autre psychanalyste phare, écrira quant à lui dans les années 70 sur l’absence de signifiant du sexe féminin qui ne serait qu’un trou, à l’opposé du phallus, symbolique du désir et de la libido. Des théories sexistes qui, selon l’autrice, sont le fondement de la psychanalyse moderne : “La théorie sexuelle sert de base à toute la psychanalyse. Avant d’être une thérapie psychique la psychanalyse est une thérapie sexuelle, assure Sophie Robert. L’adhérence à cette théorie qui diabolise les femmes et leur sexualité est systémique chez les professionnel·le·s de la discipline”, déclare celle qui dit avoir été alertée de ces dérives par des psychanalystes alarmé·e·s.

    “Selon les analystes, ce désir d’inceste est même structurant chez la femme, la petite fille ne peut se construire qu’à travers une relation sexuée avec son père.”

    Dans le cadre de son documentaire, la réalisatrice a interrogé une cinquantaine de psychanalystes et psychologues, toutes et tous en exercice, certain·e·s enseignant·e·s à l’université. Selon elle, tous et toutes ont intégré ces théories et en font aujourd’hui un usage problématique : “Ils et elles prêtent des désirs incestueux, à prendre au premier degré, aux enfants. Selon les analystes, ce désir d’inceste est même structurant chez la femme, la petite fille ne peut se construire qu’à travers une relation sexuée avec son père.” Des théories qui pousseraient certain·e·s psychanalystes à minimiser l’inceste, assure Sophie Robert à qui une psychologue déclare dans le documentaire : “L’inceste paternel ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles.” Si de tels propos scandalisent, à juste titre, Vincent Bourseul, psychanalyste spécialisé dans les questions de genre, auteur notamment de Le Sexe réinventé par le genre, il soutient cependant dans ses travaux qu’une lecture machiste de l’intégralité des écrits des penseurs de la psychanalyse, en particulier Lacan et Freud, serait une erreur. Il rappelle ainsi que, si les deux auteurs se sont épanchés sur la sexualité, ils n’ont jamais défini les “sexes”, au sens d’essence identificatrice. Freud affirme même que chaque être est bisexuel. La bisexualité n’est pas ici une orientation sexuelle mais le ressenti d’une libido non sexuée, sous entendu qui ne peut être qualifiée de féminine ou de masculine. Certaines rares analystes femmes, à l’image de Karen Horney se sont également opposées à la théorie sexuelle freudienne, sans grand succès.

    Un entre-soi nocif

    Aujourd’hui, la majorité des psychanalystes se basent sur les travaux de Freud et de Lacan et une réflexion autour de ces discours stéréotypés est indispensable. Mais rares sont les analystes à s’interroger sur des normes intégrées depuis des décennies. Dans son documentaire, Sophie Robert évoque ainsi un “formatage”, qui ne souffre d’aucune contre-pensée. Une “omerta” qui empêcherait quiconque de remettre en cause la théorie sexuelle sous peine de se voir refuser l’accès à certaines places dans les institutions psychiatriques, certains postes prestigieux, ou même aux maisons d’édition. Une véritable “excommunication”.

    Pour Giulia Pozzi, psychanalyste et psychologue en exercice à Paris, “les analystes ayant une véritable réflexion critique sur ces questions sont encore rares en France, mais il y en a. Je pense qu’il y en aura de plus en plus au sein des prochaines générations d’analystes, ou bien la psychanalyse mourra”, affirme-t-elle. Évoquant quelques professeur·e·s sensibles à ces enjeux dans certaines facultés universitaires, elle évoque “le choix éthique de quelques individus qui, par ailleurs, prennent des risques pour leur carrière” et l’absence “d’une réelle volonté collective et académique”. Sans réflexion ou débat, difficile pourtant de s’interroger sur des idées datées, fruits de leur époque, à l’image du concept d’hystérie féminine.

    Perpétuer la domination masculine

    L’hystérie, du grec hysteros, signifiant utérus, était considérée par les penseurs antiques, Platon en tête, comme une maladie exclusivement féminine. Travaillé par le désir maternel, l’utérus des femmes se déplacerait à l’envi dans le corps de ces dernières, bloquant successivement les voies respiratoires ou celles de la circulation sanguine, causant ainsi crises de démences ou de larmes. Du Moyen Âge, où l’hystérie était l’apanage des sorcières, au XIXème siècle où le médecin anglais Joseph Mortimer Granville imagina le premier vibromasseur dans le but de soigner les femmes hystériques, cette “névrose” est considérée comme une plaie féminine.

    “Hystérique” reste une insulte profondément misogyne adressée quasi exclusivement aux femmes, notamment aux féministes.

    Si, par la suite, Freud et ses compères démontrèrent -timidement- que les hommes pouvaient eux aussi en être atteints, “hystérique” reste une insulte profondément misogyne adressée quasi exclusivement aux femmes, notamment aux féministes. On notera qu’en plus d’être sociale, la domination fut également physique puisque les lobotomies, destinées à “soigner” les troubles mentaux comme la schizophrénie ou l’épilepsie en sectionnant à coups de pics à glace ou de décharge électrique les fibres nerveuses reliant un lobe cérébral aux autres régions du cerveau, furent pratiquées à plus de 80% sur des femmes, et ce jusque dans les années cinquante.

    Des conséquences dévastatrices pour les patient·e·s

    Si aujourd’hui la lobotomie n’est plus pratiquée en France, les préjugés sexistes, eux, font toujours autant de dégâts. “On entend dire que dans le cadre thérapeutique s’exerce une ‘neutralité bienveillante’, note Giulia Pozzi. Je pense personnellement que cette idée est un leurre, issu de la plus pure tradition rationaliste et cartésienne. On n’écoute jamais ses semblables ‘ex nihilo’, mais toujours ‘ex materia’, c’est-à-dire à partir d’un support psychique singulièrement situé et qui ne saurait être exempt d’idées préconçues, d’intériorisations symboliques, de préjugés refoulés”, détaille-t-elle en précisant qu’une partie du travail de l’analyste est justement de s’interroger sur ses propres préjugés pour veiller à ce qu’ils ne polluent pas l’espace thérapeutique. Pourtant, les préjugés s’invitent souvent dans les cabinets feutrés, mettant ainsi en péril toute une thérapie et l’équilibre mental des patient·e·s.

    “Dans le pire des cas, on risque alors de se mettre soi-même en question, voire d’adhérer au sexisme analytique pour ne pas décevoir ou perdre son analyste.”

    “Dans le meilleur des cas, on peut reconnaître le sexisme de l’analyste, et mettre fin aux séances. On risque alors de perdre pour longtemps le goût de l’analyse, ce qui peut représenter une considérable perte personnelle, à laquelle s’ajoute le dommage économique, explique Giulia Pozzi. Dans le pire des cas, et je pense surtout aux patient·e·s les plus jeunes ou les plus fragiles, on peut avoir besoin de préserver psychiquement son analyste et ne pas parvenir à le/la discréditer. On risque alors de se mettre soi-même en question, voire d’adhérer au sexisme analytique pour ne pas décevoir ou perdre son analyste.” C’est ce qui est arrivé à Louise, 20 ans, suivie pour troubles alimentaires dans son adolescence : “Je ne pensais presque plus par moi-même, je passais la moindre de mes réflexions au tamis, je me demandais ce que mon psy en penserait, ce qu’il me conseillerait de faire dans telle ou telle situation…”, se remémore la jeune femme. Une mainmise psychique qui n’étonne pas Sophie Robert selon qui “il y a dans la psychothérapie une verticalité qui favorise la toute-puissance de l’analyste et les mécanismes d’emprise”.

    Une autre psychanalyse est possible

    Bien sûr, la psychanalyse n’est pas une science figée, et lentement, certain·e·s professionnel·le·s s’appliquent à déconstruire les dogmes pour proposer une oreille plus bienveillante et inclusive à leur patientèle. Une liste des psychanalystes “safe” est ainsi disponible en ligne. Comme c’est également le cas pour les médecins ou les gynécologues, cette liste recense les praticien·ne·s sensibilisé·e·s aux questions de genre. Une bouffée d’air frais pour des patient·e·s parfois traumatisé·e·s par des séances passées, comme Louise. “J’ai arrêté ma psychanalyse il y a deux ans, je ne me sentais pas bien avec mon ancien psy. Mais je ressentais tout de même un besoin d’être suivie. Il y a quelque temps, un ami a mentionné cette liste de psys safe et après quelques hésitations j’ai décidé de tenter le coup”, raconte la jeune femme pour qui la thérapie reste “indispensable”. “Pour l’instant je cherche celui ou celle qui me conviendra le mieux mais après deux consultations avec deux professionnel·le·s différent·e·s, je peux déjà dire que c’est le jour et la nuit par rapport à mon ancien psy. Je recommence à avoir envie de parler.”

    Audrey Renault

    https://seenthis.net/messages/771218 via mad meg


  • Les eaux glacées du calcul égoïste — Adieu à Pierre Lazuly
    http://www.eauxglacees.com/Adieu-a-Pierre-Lazuly

    Un ami s’en est allé. Il y a longtemps que nous ne l’avions vu, ne lui avions écrit, ne l’avions appelé. Et nous nous en voulons. Comme Bartleby, son premier élan c’était toujours “I would prefer not”. Pourtant, pour le meilleur, il a changé la vie de centaines d’entre nous. So long my friend.

    https://seenthis.net/messages/770725 via ARNO*


  • Le Web français en deuil
    https://nota-bene.org/Le-Web-francais-en-deuil

    On y croyait, au Web libertaire, à l’espace de démocratie, au non-marchand. Pierre Lazuly n’était pas pour rien dans cette dynamique, lui qui prenait le temps d’écrire, de penser, de partager. Je ne connais pas son vrai nom, ni son adresse. Si vous me lisez, embrassez ses proches et surtout, dites-leur qu’il est une inspiration. Il n’a pas écrit sur les Chroniques depuis 2005 et j’ai continué, tous les ans, à en parler depuis. Le Web français est en deuil, mais la plupart des gens ne le sauront sans doute même pas. C’est triste mais c’est comme ça. Merci, Monsieur Pierre Lazuly. Je t’embrasse respectueusement. Source : (...)

    https://seenthis.net/messages/769903 via Rezo


  • La France, phare mondial de l’islamophobie – ACTA
    https://acta.zone/la-france-phare-mondial-islamophobie

    Car ce n’est pas l’extrême-droite qui était à l’initiative de la loi sur le voile de 2004. Loi qui sous prétexte d’émanciper les jeunes filles qui portaient le foulard (le blanc a souvent la prétention d’émanciper le non blanc, et plus particulièrement les non blanches) a en réalité privé d’une scolarité normale des centaines de jeunes filles et n’a fait qu’aggraver leur exclusion du monde du travail, accroissant ainsi leur dépendance vis-à-vis des hommes de leur foyers. 
    Année après année, c’est l’ensemble du champ politique français qui s’est engouffré dans l’islamophobie la plus crasse, que ce soit par la promulgation de lois et de mesures d’exception réglementant la visibilité religieuse des français.es musulman.e.s dans l’espace public ou par des campagnes racistes infâmes. Tout y est passé, de la manière de se vêtir aux habitudes alimentaires, des pratiques rituelles aux débats ignobles sur la légitimité d’une jeune femme voilée à chanter dans une émission de télévision.
    Dans chacune de ces « affaires », on retrouve des représentants de tous bords, dont les médias bourgeois se font les relais serviles. Manuel Valls, Caroline Fourest, Jean-François Copé, Éric Zemmour, BHL, Finkielkraut, Onfray etc., ont bien plus contribué à l’émergence et la banalisation des discours islamophobes que ne l’ont fait Génération Identitaire ou le GUD. Rappelons qu’Anders Breivik, qui avait également eu la charmante idée de justifier son massacre dans un texte immonde, citait plusieurs fois Finkielkraut, adepte lui aussi de la thèse du grand remplacement. En France, Finkielkraut est producteur sur France culture et académicien.

    Nos élites se targuent souvent du rayonnement intellectuel de la France, force est de constater que celui-ci tient aujourd’hui pour une large part aux élaborations islamophobes de ses « penseurs ». Partout sur les plateaux de télévision et dans les journaux, on déroule le tapis rouge aux discours anti-musulmans sans que cela ne semble jamais choquer personne. Au lendemain des attentats en Nouvelle-Zélande, David Pujadas invite Robert Ménard, raciste notoire et défenseur de la thèse du grand remplacement pour analyser le massacre. Y voir du cynisme serait une erreur. David Pujadas est tout simplement un relai du racisme ambiant : un raciste qui en invite d’autres pour parler d’un acte raciste. L’immense majorité des médias français sont sinon des acteurs, du moins des complices de cette campagne abjecte, qui a été parallèlement menée au sein de l’appareil d’État et de ses appareils idéologiques, progressivement acquis aux discours et pratiques islamophobes.

    https://seenthis.net/messages/768732 via colporteur


  • Encore un qui a lu nos grands intellectuels:
    https://actu.orange.fr/monde/un-extremiste-de-droite-tire-dans-deux-mosquees-neo-zeolandaises-49-mort

    Avant de passer à l’action, l’homme, qui se présente comme un blanc de la classe ouvrière aux bas revenus, a publié sur Twitter un « manifeste » raciste de 74 pages intitulé « Le grand remplacement », en référence à une théorie née en France et populaire dans les milieux d’extrême droite selon laquelle les "peuples européens" seraient « remplacés » par des populations non-européennes immigrées.

    https://seenthis.net/messages/767384 via ARNO*


  • Je dois avouer que je suis un peu surpris par l’indécence crasse des éditorialistes venant défendre la légitimité de la théorie du grand remplacement au lendemain du massacre de Christchurch. Non pas le fait qu’il y ait des islamophobes en roue libre dans nos médias (ça, dirais-je, on a l’habitude), mais le fait qu’au lendemain d’un massacre aussi horrible, ils viennent se lâcher aussi ouvertement dans leurs émissions et sur leurs flux Twitter, sans même faire semblant d’attendre ne serait-ce qu’une petite période symbolique de respect pour les victimes. Le fait qu’il ne semble y avoir aucune vague d’indignation vertueuse de l’intérieur du système après un tel niveau de dégueulasserie fait partie, également, de l’aspect insupportable de ces interventions (on se souvient, à l’inverse, des interminables commentaires indignés quand tout le monde n’était pas au garde-à-vous après le massacre de Charlie Hebdo) – l’idée qu’on vienne défendre ouvertement la théorie du « Grand remplacement » au lendemain même d’un massacre que l’assassin justifie lui-même par la théorie du « Grand remplacement », ça n’a pas l’air de provoquer une large indignation médiatique.

    Pour le coup, je suis sidéré par cette attitude aussi ouvertement et immédiatement dégueulasse et irrespectueuse.

    Je vais te dire : j’y vois un marqueur de suprématisme blanc, cette façon de cracher à la gueule des « autres » en affichant sciemment son mépris raciste. Une signe des temps typiquement MAGA. Je veux dire que l’affichage du mépris raciste n’est pas un élément secondaire de leur comportement raciste, mais c’est l’élément central de leur communication. Il ne s’agit pas simplement de dire une saloperie raciste (ce qui se fait déjà très bien depuis longtemps dans notre culture), il s’agit désormais de le faire ostensiblement, avec la « fierté blanche » d’un facho bas du front.

    Dans le racisme ambiant usuel, on passe à la télé 7 jour sur 7 pour balancer les phrases codées du genre : « non mais on a bien le droit de critiquer l’islam ». Dans le suprématisme blanc en voie de banalisation, on passe spécifiquement à la télévision au lendemain du massacre d’une cinquantaine de fidèles dans une mosquée pour commenter l’évènement sous l’angle « ça ne doit pas nous interdire de critiquer l’islam et le grand remplacisme ».

    https://seenthis.net/messages/767879 via Nidal



  • Le #Syngof (le 1er syndicat des #gynécologues obstétriciens avec plus de 4000 membres) appelle à la grève de l’#IVG !

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10215182554337813&set=a.1631126818667&type=3&permPage=1

    Voici le courrier envoyé à leurs membres hier.

    https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/53577763_10215182554417815_8600924640216350720_o.jpg?_nc_cat=104&_nc_ht=scontent-cdt1-1.xx&oh=52ff9adcce6c327fe2f624a21cf34be0&oe=5D220249

    Il s’agit d’un appel au #délit d’entrave à l’IVG et au non respect de la #loi sur l’IVG.

    Il est inadmissible que des gynécologues obstétriciens exercent un #chantage aux droits des #femmes et une menace de plus à l’accès à l’IVG, pour défendre des positions corporatrices.

    Le SYNGOF est habitué aux prises de positions hostiles à l’IVG, comme je le détaillais ici : http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2018/09/13/quand-les-representants-des-gynecologues-sont-hostiles-

    Quand l’Ordre des Médecins et la Ministre de la #Santé agiront pour radier de la profession ces gynécologues manifestement hostiles aux femmes ? Quand virera-t-on les #anti-IVG de la profession de gynécologue obstétricien, notamment en abrogeant la clause de conscience spécifique à l’IVG dont ils abusent ?

    https://twitter.com/Marianntoinette/status/1105563859094511616

    https://seenthis.net/messages/766863 via Agnès Maillard


  • LA SOUS REMUNERATION DES FEMMES PARMI LES ARTISTES-AUTEURS AFFILIES EST GENERALE ET ENCORE PIRE QUE CELLE OBSERVEE CHEZ LES SALARIES - CAAP
    http://caap.asso.fr/spip.php?article335

    A la base, il y a autant d’hommes que de femmes parmi les artistes-auteurs

    Si l’on considère l’ensemble des artistes-auteurs (affiliés ou non), on constate qu’il y a à peu près autant de femmes que d’hommes (47% de femmes en 2011 et 48,7% en 2013, source MDA-SS). Parmi les affiliés, globalement la proportion de femmes chute à 40%. (« affiliés » c’est-à-dire uniquement les artistes-auteurs ayant des revenus supérieurs au seuil d’affiliation ou ayant été affiliés à titre dérogatoire par la commission professionnelle ad hoc).

    • Dans tous les domaines de la création, les femmes ont des revenus très fortement inférieurs à ceux des hommes.

    Les graphes rouges ci-dessous sont extraits d’un document de l’IRCEC fondé sur les statistiques fournies par la MDA-sécurité sociale et l’AGESSA portant sur les revenus 2011 des artistes-auteurs affiliés.

    Les chiffres présentés seraient évidemment très différents s’ils concernaient l’ensemble des artistes-auteurs et non uniquement ceux qui ont les revenus les plus hauts. Il est donc important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une sous-population (les affiliés) et non de la population totale des artistes-auteurs.

    Pour autant, le constat est affligeant, quelle que soit leur proportion dans la population d’affiliés observée, les femmes ont systématiquement un revenu moyen très inférieur à celui des hommes.

    #inégalités #salaires #revenus #femmes #art #artistes-auteurices (svp) #visualisation

    https://seenthis.net/messages/766362 via odilon


  • Lettre à Alain Finkielkraut, par Dominique EDDE (L’Orient-Le Jour), via @mona
    https://www.lorientlejour.com/article/1160808/lettre-a-alain-finkielkraut.html
    https://s.olj.me/storage/attachments/1161/142115_353126_large.jpg

    Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

    https://seenthis.net/messages/765923 via Agnès Maillard


  • À la radio et à la télé, les femmes parlent deux fois moins que les hommes | InaGlobal
    https://www.inaglobal.fr/television/article/la-radio-et-la-tele-les-femmes-parlent-deux-fois-moins-que-les-hommes-1031
    https://www.inaglobal.fr/sites/default/files/images/vidberg_martin_illustration_texte_david_doukhan_13_fevrier_2019.jpg

    Pour la première fois, une intelligence artificielle a mesuré le temps de parole des #femmes et des hommes dans les #médias français. Réalisée sur 700 000 heures de programmes, soit le plus gros volume de données jamais analysé au monde, cette étude dresse un état des lieux, chaîne par chaîne, depuis 2001.

    #invisibilité #inaudibilité #visualisation #IA #sexisme

    https://seenthis.net/messages/764502 via odilon


  • #Suisse, #grève_féministe 14.6.2019

    Parce que nous en avons assez des #inégalités_salariales et des #discriminations dans le monde du #travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le #travail_domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le #temps_de_travail.

    Parce que le #travail_éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la #liberté de nos #choix en matière de #sexualité et d’#identité_de_genre. Parce que notre #corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la #violence_sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp. Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le #droit_d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’#éducation_sexuelle qui parlent de notre corps, du #plaisir et de la #diversité_sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de #respect réciproque. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de « la femme ». Parce que nous sommes solidaires avec les #femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans #racisme, sans #sexisme, sans homophobie et sans #transphobie. Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le14 juin 2019 !

    https://frauenstreik2019.files.wordpress.com/2019/02/belles-celles-qui-luttent.jpg
    https://frauenstreik2019.ch
    #respect #homophobie #patriarcat #résistance #stéréotypes #solidarité #féminisme #14_juin_2019

    https://i.imgur.com/tggSxfz.jpg

    https://seenthis.net/messages/764236 via CDB_77


  • L’antisionisme est une opinion, pas un crime - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/28/l-antisionisme-est-une-opinion-pas-un-crime_1712216
    https://statics.liberation.fr/newsite/images/social-placeholder.jpg

    Tribune. Monsieur le Président, vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Nétanyahou, juste avant de vous rendre au dîner du Crif.
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    Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que la Constitution de la République énonce en son article 4 que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions. » Or, l’antisionisme est une opinion, un courant de pensée né parmi les juifs européens au moment où le nationalisme juif prenait son essor. Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël.

    L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants qu’un « peuple sans terre » serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Les antisionistes étaient, et sont toujours, des anticolonialistes. Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme, est absurde.

    Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France, qu’ils s’y sentent en sécurité, et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité. L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un Etat français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux. Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation, et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis. Mais nous ne voulons certainement pas que vous livriez les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne, comme vous le faites en affichant ostensiblement votre proximité avec le sinistre « Bibi » et ses amis français.

    C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels. Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens. Beaucoup de ces militants se disent antisionistes car le sionisme a prouvé que lorsque sa logique colonisatrice est poussée à l’extrême, comme c’est le cas aujourd’hui, il n’est bon ni pour les juifs du monde, ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens.

    Monsieur le Président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité. Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher.

    Premiers signataires : Gilbert Achcar universitaire Gil Anidjar professeur Ariella Azoulay universitaire Taysir Batniji artiste plasticien Sophie Bessis historienne Jean-Jacques Birgé compositeur Simone Bitton cinéaste Laurent Bloch informaticien Rony Brauman médecin François Burgat politologue Jean-Louis Comolli cinéaste Sonia Dayan-Herzbrun sociologue Ivar Ekeland universitaire Mireille Fanon-Mendès France ex-experte ONU Naomi Fink professeure agrégée d’hébreu Jean-Michel Frodon critique et enseignant Jean-Luc Godard cinéaste Alain Gresh journaliste Eric Hazan éditeur Christiane Hessel militante et veuve de Stéphane Hessel Nancy Huston écrivaine Abdellatif Laâbi écrivain Farouk Mardam-Bey éditeur Gustave Massiah économiste Anne-Marie Miéville cinéaste Marie- José Mondzain philosophe Ernest Pignon-Ernest artiste plasticien Elias Sanbar écrivain, diplomate Michèle Sibony enseignante retraitée Eyal Sivan cinéaste Elia Suleiman cinéaste Françoise Vergès politologue.

    Liste complète des signataires disponible sur : https://bit.ly/2BTE43k

    https://seenthis.net/messages/763787 via Nouvelles d’Orient


  • Old Palestinian photos & films hidden in IDF archive show different history than Israeli claims
    https://i1.wp.com/israelpalestinenews.org/wp-content/uploads/2017/07/LootedFilms.png?resize=728%2C410&ssl=1#.jpg

    Palestinian photos and films seized by Israeli troops have been gathering dust in the army and Defense Ministry archives until Dr. Rona Sela, a curator and art historian, exposed them. The material presents an alternative to the Zionist history that denied the Palestinians’ existence here, she says.

    The initial reaction is one of incredulity: Why is this material stored in the Israel Defense Forces and Defense Ministry Archive? The first item is labeled, in Hebrew, “The History of Palestine from 1919,” the second, “Paintings by Children Who Go to School and Live in a Refugee Camp and Aspire to Return to Palestine.” The third is, “Depiction of the IDF’s Treatment and Harsh Handling of Palestinians in the Territories.”

    Of all places, these three reels of 16-mm film are housed in the central archive that documents Israel’s military-security activities. It’s situated in Tel Hashomer, near the army’s National Induction Center, outside Tel Aviv.

    IDF archive contains 2.7 million photos, 38,000 films

    The three items are barely a drop in an ocean of some 38,000 films, 2.7 million photographs, 96,000 audio recordings and 46,000 maps and aerial photos that have been gathered into the IDF Archive since 1948, by order of Israel’s first prime minister and defense minister, David Ben-Gurion. However, a closer perusal shows that this particular “drop in the ocean” is subversive, exceptional and highly significant.

    The footage in question is part of a collection – whose exact size and full details remain unknown – of “war booty films” seized by the IDF from Palestinian archives in raids over the years, though primarily in the 1982 Lebanon War.

    Recently, however, following a persistent, protracted legal battle, the films confiscated in Lebanon, which had been gathering dust for decades – instead of being screened in cinematheques or other venues in Israel – have been rescued from oblivion, along with numerous still photos. The individual responsible for this development is Dr. Rona Sela, a curator and researcher of visual history at Tel Aviv University.

    For nearly 20 years, Sela has been exploring Zionist and Palestinian visual memory. She has a number of important revelations and discoveries to her credit, which she has published in the form of books, catalogs and articles. Among the Hebrew-language titles are “Photography in Palestine/Eretz-Israel in the ‘30s and ‘40s” (2000) and “Made Public: Palestinian Photographs in Military Archives in Israel” (2009). In March, she published an article in the English-language periodical Social Semiotics on, “The Genealogy of Colonial Plunder and Erasure – Israel’s Control over Palestinian Archives.”

    Now Sela has made her first film, “Looted and Hidden: Palestinian Archives in Israel,” an English-language documentary that surveys the fate of Palestinian photographs and films that were “captured” and deposited in Israeli archives. It includes heretofore unseen segments from films seized by the IDF from Palestinian archives in Beirut. These documentary records, Sela says, “were erased from consciousness and history” for decades.

    Sela begins journey in 1998

    Getting access to the films was not easy, Sela explains. Her archival journey began in 1998, when she was researching Zionist propaganda films and photos that sought to portray the “new Jew” – muscular, proudly tilling the soil – in contradistinction, according to the Zionist perception, to the supposedly degenerate and loutish Palestinian Arab.

    “After spending a few years in the Central Zionist Archive in Jerusalem and in other Zionist archives, researching the history of Zionist photography and the construction of a visual propaganda apparatus supporting the Zionist idea, I started to look for Palestinian visual representation as well, in order to learn about the Palestinian narrative and trace its origins and influence,” she says.

    That task was far more complicated than anyone could have imagined. In some of the Zionist films and photos, Sela was able to discern, often incidentally, episodes from Palestinian history that had “infiltrated” them, as she puts it. For example, in Carmel Newsreels (weekly news footage screened at local cinemas) from 1951, showing the settlement of Jews in Jaffa, demolished and abandoned Arab homes are clearly visible.

    Subsequently, Sela spotted traces and remnants of a genuine Palestinian visual archive occasionally cropping up in Israeli archives. Those traces were not immediately apparent, more like an elusive treasure concealed here and there beneath layers of restrictions, erasures and revisions.

    Khalil Rassass, father of Palestinian photojournalism

    Thus, one day she noticed in the archive of the pre-state Haganah militia, stills bearing the stamp “Photo Rissas.” Digging deeper, she discovered the story of Chalil Rissas (Khalil Rassass, 1926-1974), one of the fathers of Palestinian photojournalism. He’s unknown to the general public, whether Palestinian or Israel, but according to Sela, he was a “daring, groundbreaking photographer” who, motivated by a sense of national consciousness, documented the pre-1948 Palestinian struggle.

    Subsequently she found hundreds of his photographs, accompanied by captions written by soldiers or Israeli archive staff who had tried to foist a Zionist narrative on them and disconnect them from their original context. The source of the photographs was a Jewish youth who received them from his father, an IDF officer who brought them back with him from the War of Independence as booty.

    The discovery was unprecedented. In contrast to the Zionist propaganda images that exalted the heroism of the Jewish troops and barely referred to the Palestinians, Rissas’ photographs were mainly of Palestinian fighters. Embodying a proud Palestinian stance, they focused on the national and military struggle and its outcome, including the Palestinians’ military training and deployment for battle.

    “I realized that I’d come across something significant, that I’d found a huge cache of works by one of the fathers of Palestinian photography, who had been the first to give visual expression to the Palestinian struggle,” Sela recalls. “But when I tried to learn more about Chalil Rissas, I understood that he was a forgotten photographer, that no one knew the first thing about him, either in Israel or elsewhere.”

    Sela thereupon decided to study the subject herself. In 1999, she tracked down Rissas’ brother, Wahib, who was working as a photographer of tourists on the Temple Mount / Haram a-Sharif in Jerusalem’s Old City. He told her the story of Chalil’s life. It turned out that he had accompanied Palestinian troops and leaders, visually documenting the battles fought by residents of the Jerusalem area during the 1948 War of Independence. “He was a young man who chose the camera as an instrument for changing people’s consciousness,” Sela says.

    Ali Za’arur, forgotten Palestinian photographer

    Around 2007, she discovered the archive of another forgotten Palestinian photographer, Ali Za’arur (1900-1972), from Azzariyeh, a village east of Jerusalem. About 400 of his photos were preserved in four albums. They also depicted scenes from the 1948 war, in which Za’arur accompanied the forces of Jordan’s Arab Legion and documented the battle for the Old City of Jerusalem. He photographed the dead, the ruins, the captives, the refugees and the events of the cease-fire.

    In the Six-Day War of 1967, Za’arur fled from his home for a short time. When he returned, he discovered that the photo albums had disappeared. A relative, it emerged, had given them to Jerusalem Mayor Teddy Kollek as a gift. Afterward, the Jerusalem Foundation donated them to the IDF Archive. In 2008, in an unprecedented act, the archive returned the albums to Za’arur’s family. The reason, Sela surmises, is that the albums were captured by the army in battle. In any event, this was, as far as is known, a unique case.

    Sela took heart from the discoveries she’d made, realizing that “with systematic work, it would be possible to uncover more Palestinian archives that ended up in Israeli hands.”

    That work was three-pronged: doing archival research to locate Palestinian photographs and films that had been incorporated into Israeli archives; holding meetings with the Palestinian photographers themselves, or members of their families; and tracking down Israeli soldiers who had taken part in “seizing these visual spoils” and in bringing them to Israel.

    In the course of her research Sela met some fascinating individuals, among them Khadijeh Habashneh, a Jordan-based Palestinian filmmaker who headed the archive and cinematheque of the Palestinian Cinema Institute. That institution, which existed from the end of the 1960s until the early ‘80s, initially in Jordan and afterward in Lebanon, was founded by three pioneering Palestinian filmmakers – Sulafa Jadallah, Hani Jawhariyyeh and Mustafa Abu Ali (Habashneh’s husband) – who sought to document their people’s way of life and national struggle. Following the events of Black September in 1970, when the Jordanian army and the Palestine Liberation Organization fought a bloody internecine war, the filmmakers moved to Lebanon and reestablished the PCI in Beirut.

    Meeting with Habashneh in Amman in 2013, Sela heard the story of the Palestinian archives that disappeared, a story she included in her new documentary. “Where to begin, when so much material was destroyed, when a life project falls apart?” Habashneh said to Sela. “I can still see these young people, pioneers, bold, imbued with ideals, revolutionaries, who created pictures and films and documented the Palestinian revolution that the world doesn’t want to see. They refused to be faceless and to be without an identity.”

    The archive established by Habashneh contained forgotten works that documented the Palestinians’ suffering in refugee camps, the resistance to Israel and battles against the IDF, as well as everyday life. The archive contained the films and the raw materials of the PCI filmmakers, but also collected other early Palestinian films, from both before and after 1948.

    Spirit of liberation

    This activity reflects “a spirit of liberation and revolt and the days of the revolution,” Habashneh says in Sela’s film, referring to the early years of the Palestinian national movement. That spirit was captured in underground photographs and with a minimal budget, on film that was developed in people’s kitchens, screened in tents in refugee camps and distributed abroad. Women, children, fighters, intellectuals and cultural figures, and events of historic importance were documented, Habashneh related. “As far as is known, this was the first official Palestinian visual archive,” Sela notes.

    In her conversation with Sela, Habashneh nostalgically recalled other, better times, when the Palestinian films were screened in a Beirut cinematheque, alongside other works with a “revolutionary spirit,” from Cuba, Chile, Vietnam and elsewhere. “We were in contact with filmmakers from other countries, who saw the camera as an instrument in the hands of the revolution and the people’s struggle,” she recalled.

    “Interesting cultural cooperation developed there, centering around revolutionary cinema,” Sela points out, adding, “Beirut was alive with an unprecedented, groundbreaking cultural flowering that was absolutely astonishing in terms of its visual significance.”

    IDF confiscates film archive

    But in 1982, after the IDF entered Beirut, that archive disappeared and was never seen again. The same fate befell two films made by Habashneh herself, one about children, the other about women. In Sela’s documentary, Habashneh wonders aloud about the circumstances in which the amazing collection disappeared. “Is our fate to live a life without a past? Without a visual history?” she asks. Since then, she has managed to reconstruct a small part of the archive. Some of the films turned up in the United States, where they had been sent to be developed. Copies of a few others remained in movie theaters in various countries where they were screened. Now in her seventies, Habashneh continues to pursue her mission, even though, as she told Sela during an early conversation, “the fate of the archive remains a puzzle.”

    What Habashneh wasn’t able to accomplish beginning in 1982 as part of a worldwide quest, Sela managed to do over the course of a few years of research in Israel. She began by locating a former IDF soldier who told her about the day on which several trucks arrived at the building in Beirut that housed a number of Palestinian archives and began to empty it out. That testimony, supported by a photograph, was crucial for Sela, as it corroborated the rumors and stories about the Palestinian archives having been taken to Israel.

    The same soldier added that he had been gripped by fear when he saw, among the photos that were confiscated from the archive, some that documented Israeli soldiers in the territories. He himself appeared in one of them. “They marked us,” he said to Sela.

    Soldiers loot Nashashibi photos & possessions, take photo from corpse

    Another former soldier told Sela about an unusual photo album that was taken (or looted, depending on one’s point of view) from the home of the prominent Nashashibi family in Jerusalem, in 1948. The soldier added that his father, who had served as an IDF officer in the War of Independence, entered a photography studio and made off with its archive, while other soldiers were busy looting pianos and other expensive objects from the Nashashibis. Another ex-soldier testified to having taken a photo from the corpse of an Arab. Over time, all these images found their way to archives in Israel, in particular the IDF Archive.

    Sela discovers IDF archive

    In 2000, Sela, buoyed by her early finds, requested permission from that archive to examine the visual materials that had been seized by the army in the 1980s. The initial response was denial: The material was not in Israel’s hands, she was told.

    “But I knew what I was looking for, because I had soldiers’ testimonies,” she says now, adding that when she persisted in her request, she encountered “difficulties, various restrictions and the torpedoing of the possibility of perusing the material.”

    The breakthrough came when she enlisted the aid of attorneys Michael Sfard and Shlomi Zacharia, in 2008. To begin with, they received word, confirmed by the Defense Ministry’s legal adviser, that various spoils taken in Beirut were now part of the IDF Archive. However, Sela was subsequently informed that “the PLO’s photography archive,” as the Defense Ministry referred in general to photographic materials taken from the Palestinians, is “archival material on matters of foreign affairs and security, and as such is ‘restricted material’ as defined in Par. 7(a) of the Archives Regulations.”

    Then, one day in 2010, Sela received a fax informing her that Palestinian films had been found in the IDF Archive, without elaboration, and inviting her to view them. “There were a few dozen segments from films, and I was astonished by what I saw,” she says. “At first I was shown only a very limited amount of footage, but it was indicative of the whole. On the basis of my experience, I understood that there was more.”

    A few more years of what Sela terms “endless nagging, conversations and correspondence” passed, which resulted in her being permitted to view dozens of segments of additional films, including some that apparently came from Habashneh’s archive. Sela also discovered another Palestinian archive that had been seized by the IDF. Established under the aegis of the PLO’s Cultural Arts Section, its director in the 1970s was the Lod-born painter and historian Ismail Shammout (1930-2006).

    One of the works in that collection is Shammout’s own film “The Urgent Call,” whose theme song was written and performed by the Palestinian singer Zainab Shathat in English, accompanying herself on the guitar. “The film was thought to be lost until I found it in the IDF Archive,” says Sela, who describes “The Urgent Call” as “a cry about the condition of Palestine, its sons and its daughters.”

    Viewing it takes one back in time to the late 1960s and early ‘70s, when the cinema of the Palestinian struggle briefly connected with other international revolutionary film movements.

    Legendary French filmmaker Jean-Luc Godard

    For example, in 1969 and 1970 Jean-Luc Godard, the legendary filmmaker of the French New Wave in cinema, visited Jordan and Lebanon several times with the Dziga Vertov Group of French filmmakers (named after the Soviet pioneer documentarian of the 1920s and ‘30s), who included filmmaker Jean-Pierre Gorin, who worked with Godard in his “radical” period. They came to shoot footage in refugee camps and in fedayeen bases for Godard’s film “Until Victory.” Habashneh told Sela that she and others had met Godard, assisted him and were of course influenced by his work. [Ed. note: Godard’s work on Palestine caused him to be accused of antisemitism by the Washington Post’s Richard Cohen and others. “In Hollywood there is no greater sin,” the Guardian reported.]

    Along with “The Urgent Call” – excerpts from which are included in her “Looted and Hidden” documentary – Sela also found another Shammout work in the IDF Archive. Titled “Memories and Fire,” it chronicles 20th-century Palestinian history, “from the days depicting the idyllic life in Palestine, via the documentation of refugeehood, to the documentation of the organizing and the resistance. To use the terms of the Palestinian cinema scholar and filmmaker George Khleifi, the aggressive fighter took the place of the ill-fated refugee,” she adds.

    Sela also found footage by the Iraqi director Kais al-Zubaidi, who worked for a time in the PLO’s Cultural Arts Section. His films from that period include “Away from Home” (1969) and “The Visit” (1970); in 2006 he published an anthology, “Palestine in the Cinema,” a history of the subject, which mentions some 800 films that deal with Palestine or the Palestinian people. [Ed. note: unfortunately it appears this book has never been translated into English.]

    IDF seals the archive for decades

    Some of the Palestinian movies in the IDF Archive bear their original titles. However, in many other cases this archival material was re-cataloged to suit the Israeli perspective, so that Palestinian “fighters” became “gangs” or “terrorists,” for example. In one case, a film of Palestinians undergoing arms training is listed as “Terrorist camp in Kuwait: Distribution of uniforms, girls crawling with weapons, terrorists marching with weapons in the hills, instruction in laying mines and in arms.”

    Sela: “These films and stills, though not made by Jewish/Israeli filmmakers or military units – which is the central criterion for depositing materials in the Israeli army archive – were transferred to the IDF Archive and subordinated to the rules of the State of Israel. The archive immediately sealed them for many decades and cataloged them according to its terminology – which is Zionist, Jewish and Israeli – and not according to the original Palestinian terminology. I saw places where the word ‘terrorists’ was written on photographs taken by Palestinians. But after all, they do not call themselves as such. It’s part of terminological camouflaging, which subordinated their creative work to the colonial process in which the occupier controls the material that’s captured.”

    Hidden Palestinian history

    Sela’s discoveries, which are of international importance, are not only a research, documentation and academic achievement: They also constitute a breakthrough in regard to the chronicling of Palestinian history. “Palestinian visual historiography lacks many chapters,” she observes. “Many photographs and archives were destroyed, were lost, taken as spoils or plundered in the various wars and in the course of the Israeli-Palestinian conflict.”

    From her point of view, the systematic collecting of Palestinian visual materials in the IDF Archive “makes it possible to write an alternative history that counteracts the content created by the army and the military archive, which is impelled by ideological and political considerations.” In the material she found in the army archive, she sees “images that depict the history of the Palestinian people and its long-term ties to this soil and this place, which present an alternative to the Zionist history that denied the Palestinians’ existence here, as well as their culture and history and the protracted tragedy they endured and their national struggle of many years.”

    The result is an intriguing paradox, such as one often finds by digging deep into an archive. The extensive information that Sela found in the IDF Archive makes it possible to reconstruct elements of the pre-1948 existence of the Palestinians and to help fill in the holes of the Palestinian narrative up until the 1980s. In other words, even if Israel’s intention was to hide these items and to control the Palestinians’ historical treasures, its actions actually abet the process of preservation, and will go on doing so in the future.

    Earlier groundbreaking discovery – confiscated Palestinians books & libraries

    Sela’s research on visual archival materials was preceded by another groundbreaking study – dealing with the written word – conducted by Dr. Gish Amit, an expert on the cultural aspects of Zionism at Ben-Gurion University of the Negev. Amit chronicled the fate of Palestinian books and libraries that, like the photographs and films Sela found, ended up in Israeli archives – including in the National Library in Jerusalem.

    In his 2014 book, “Ex-Libris: Chronicles of Theft, Preservation, and Appropriating at the Jewish National Library” (Hebrew), Amit trenchantly analyzes the foredoomed failure of any attempt to conceal and control the history of others. According to him, “an archive remembers its forgettings and erasures,” “documents injustice, and thus makes it possible to trace its paths” and “paves a way for forgotten histories which may, one day, convict the owners” of the documents.

    However, Amit also sees the complexity of this story and presents another side of it. Describing the operation in which the Palestinian books were collected by Israeli soldiers and National Library personnel during the War of Independence, he raises the possibility that this was actually an act involving rescue, preservation and accessibility: “On the one hand, the books were collected and not burned or left in the abandoned houses in the Arab neighborhoods that had been emptied of their inhabitants. Had they not been collected their fate would have been sealed — not a trace of them would remain,” he writes, adding, that the National Library “protected the books from the war, the looting and the destruction, and from illegal trade in manuscripts.”

    According to the National Library, it is holding about 6,500 Palestinian books and manuscripts, which were taken from private homes whose owners left in 1948. The entire collection is cataloged and accessible to the general public, but is held under the responsibility of the Custodian of Absentees’ Property in the Finance Ministry. Accordingly, there is no intention, in the near future, of trying to locate the owners and returning the items.

    Israeli control over history

    Sela views the existence of these spoils of war in Israel as a direct expression of the occupation, which she defines, beyond Israel’s physical presence in the territories, as “the control of history, the writing of culture and the shaping of identity.” In her view, “Israel’s rule over the Palestinians is not only geographic but extends also to culture and consciousness. Israel wants to erase this history from the public consciousness, but it is not being successful, because the force of the resistance is stronger. Furthermore, its attempts to erase Palestinian history adversely affect Israel itself in the end.”

    At this point, Sela resorts to a charged comparison, to illustrate how visual materials contribute to the creation of personal and collective identity. “As the daughter of Holocaust survivors,” she says, “I grew up in a home without photographic historical memory. Nothing. My history starts only with the meeting of my parents, in 1953. It’s only from then that we have photos. Before that – nothing.

    “I know what it feels like when you have no idea what your grandmother or grandfather looked like, or your father’s childhood,” she continues. “This is all the more true of the history of a whole people. The construction of identity by means of visual materials is very meaningful. Many researchers have addressed this topic. The fact is that Zionist bodies made and are continuing to make extensive and rational use of [such materials too] over a period that spans decades.”

    Sela admits that there is still much to be done, but as far as she’s concerned, once a crack appeared in the wall, there was no turning back. “There is a great deal of material, including hundreds of films, that I haven’t yet got to,” she notes. “This is an amazing treasure, which contains information about the cultural, educational, rural and urban life of the Palestinian people throughout the 20th century – an erased narrative that needs to be restored to the history books,” she adds.

    Asked what she thinks should be done with the material, she asserts, “Of course it has to be returned. Just as Israel is constantly fighting to retrieve what the Nazis looted from Jews in the Holocaust. The historical story is different, but by the same criterion, practice what you preach. These are cultural and historical materials of the Palestinian people.”

    The fact that these items are being held by Israel “creates a large hole in Palestinian research and knowledge,” Sela avers. “It’s a hole for which Israel is responsible. This material does not belong to us. It has to be returned to its owners. Afterward, if we view it intelligently, we too can come to know and understand highly meaningful chapters in Palestinian history and in our own history. I think that the first and basic stage in the process of conciliation is to know the history of the Other and also your own history of controlling the Other.”

    Defense Ministry response

    A spokesperson for the Defense Ministry, which was asked to comment on the holdings in the IDF Archive, the archive contains 642 “war booty films,” most of which deal with refugees and were produced by the UNRWA (the United Nations refugee relief agency) in the 1960s and 1970s. The ministry also noted that 158 films that were seized by the IDF in the 1982 Lebanon War are listed in orderly fashion in the reading-room catalog and are available for perusal by the general public, including Arab citizens and Palestinians.

    As for the Palestinian photographs that were confiscated, the Defense Ministry stated that there is no orderly record of them. There are 127 files of photographs and negatives in the archive, each of which contains dozens of photographs, probably taken between the 1960s and the 1980s, on a variety of subjects, including visits of foreign delegations to PLO personnel, tours of PLO delegations abroad, Palestinian art and heritage, art objects, traditional attire and Palestinian folklore, factories and workshops, demonstrations, mass parades and rallies held by the PLO, portraits of Arab personalities and PLO symbols.

    The statement adds that a few months ago, crates were located that were stamped by their original owners, “PLO/Department of Information and National Guidance and Department of Information and Culture,” during the evacuation of the archive’s storerooms in the Tzrifin base.

    https://israelpalestinenews.org/old-palestinian-photos-films-hidden-idf-archive-show-different-
    #historicisation #Israël #Palestine #photographie #films #archive #histoire #Khalil_Rassass #Ali_Za’arur
    ping @reka @sinehebdo @albertocampiphoto

    https://seenthis.net/messages/762792 via CDB_77


  • Contrôle des chômeurs : les agences Pôle emploi sous tension - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/economie/controle-des-chomeurs-les-agences-pole-emploi-sous-tension-25-02-2019-801

    Le renforcement des contrôles et des sanctions vis-à-vis des chômeurs crée des crispations dans les agences. Plusieurs ont été la cible des mouvements de colère.

    Des ordinateurs endommagés, des téléphones inutilisables… et plus de 3 000 euros de dégâts. Le 15 février dernier, l’intrusion d’un petit groupe d’une quarantaine de personnes dans les locaux de la plate-forme de Pôle emploi spécialisée dans les contrôles des chômeurs à Chantepie, près de Rennes (Ille-et-Villaine) a laissé des traces.

    Fin janvier, à Saint-Étienne, des chômeurs et des militants associatifs et syndicaux ont débarqué dans une agence quand vendredi dernier, ce sont des sites de Pôle emploi à Paris (dans le XVIIIe arrondissement), Toulouse (Haute-Garonne), Ussel (Corrèze), Lyon (Rhône-Alpes), Besançon (Franche-Comté) ou Nantes (Loire-Atlantique) qui ont été ciblés par des groupes de trente à soixante personnes.

    Des « envahissements » où l’on retrouve pêle-mêle des militants d’extrême gauche, d’associations historiques de défense des chômeurs comme Agir ensemble contre le chômage (AC !), mais aussi de la CGT, de Sud solidaires et même quelques Gilets jaunes. Comme le constate Pôle emploi, ces opérations se passent la plupart du temps de manière pacifique mais reflètent un contexte de crispations grandissantes tant du côté des chômeurs que des salariés.

    #chômeurs #sanctions #radiations #allocation #droit_au_chômage #Pôle_emploi #occupation

    https://seenthis.net/messages/762891 via colporteur


  • Hier j’ai présenté Égologie pour la 32 ou 33e fois mais ça faisait quelques mois que je ne m’y étais pas collée et je n’étais pas en super forme. J’ai causé 30 minutes au lieu de 45 ou 50, cherché mes mots, fait une digression dès le départ et vu pas mal de monde quitter la salle, probablement pour aller écouter des conférencier.es plus pros que moi. Le seul départ qui m’a fait chier, c’est celui d’un Gilet jaune qui a quitté la salle en gueulant qu’on n’avait rien compris à leur colère alors qu’il y avait possibilité de s’entendre et qu’il nous avait présenté des nouvelles de son rond-point où l’écologie est très présente.

    Suite à ça, dans la soirée, une jeune femme du groupe qui m’invitait, pensant que « Aude qui a fait la conf » signifiait que j’avais été bénévole pour l’encadrer, me demande si c’était la conf merdique (je cite de mémoire). Big ugly post-teen mouth. Son pote rattrape le coup, me dit qu’il ne s’est pas exprimé en ces termes et qu’il souhaitait de toute façon me faire son retour, pas très élogieux mais pas injuste. Et me dit qu’on lui a acheté le bouquin en disant espérer qu’il soit mieux structuré. :-/

    Les auteurs et autrices, ça écrit. On l’a oublié. Et moi qui ne cause pas bien, ben je vous invite plutôt à me lire.

    Cc @mona

    https://seenthis.net/messages/762468 via aude_v





  • Voici le nouveau « Netflix » : gratuit, écolo et engagé
    https://www.wedemain.fr/Voici-le-nouveau-Netflix-gratuit-ecolo-et-engage_a3832.html
    https://www.wedemain.fr/photo/art/grande/29228914-28399167.jpg?v=1545825701

    Le site ImagoTV mis en ligne en décembre 2018 regroupe des podcasts, documentaires et vidéos YouTube écolos et engagés. Une vidéothèque gratuite et participative.

    http://imagotv.fr/php/homepage.php

    Accessible en ligne depuis le 18 décembre, la plateforme IMAGO sélectionne et répertorie les chaînes Youtube, courts-métrages et émissions web axés autour des problématiques de développement durable et de transformation sociale.

    Le catalogue compte déjà près de 2 000 vidéos regroupées en 8 grandes thématiques (économie, alternatives, conscience, société, esprit critique, santé, écologie, connaissance). Parmi cette sélection, quelques titres familiers et de belles trouvailles, le tout sans avoir à fouiller dans les méandres d’Internet

    #Net_TV #Ecologie #Vidéo #PeerTube

    https://seenthis.net/messages/754367 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier



  • (20+) Jack l’Eventreur, viscéralement misogyne - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2016/08/19/jack-l-eventreur-visceralement-misogyne_1473479

    En 2015, de nombreux habitants de l’East End ont très mal vécu l’érection d’un musée entièrement consacré à l’œuvre de Jack l’Eventreur - en l’occurrence le massacre, à l’automne 1888, de cinq prostituées et le vol de certains de leurs organes. Surtout qu’à l’origine, l’homme derrière le projet, Mark Palmer-Edgecumbe, ancien chef de la diversité chez Google, avait promis qu’on érigerait là « le premier musée dédié aux femmes » du Royaume-Uni - ce qui devait théoriquement inclure l’histoire des premières suffragettes. Cela doit être de l’humour anglais : en lieu et place de cartels sur des militantes féministes, les Londoniens se sont retrouvés avec des mannequins ensanglantés sur le sol, un large couteau, de l’hémoglobine factice, des ambiances brumeuses qui rappellent le fog local, ainsi que des répliques de missives écrites à l’encre rouge sang, alors même que la majorité des lettres attribuées à Jack l’Eventreur sont, rappelons-le, de notoires fumisteries écrites par des rigolos pathologiques en mal d’attention médiatique (déjà). Bref, le tout ressemble à un mauvais épisode de Faites entrer l’accusé, mais sans Christophe Hondelatte qui relève son col de manteau à la fin. Résumons ainsi cette mascarade ironico-sexiste : à un musée célébrant les femmes et leurs combats politiques, on a préféré ouvrir un lieu mettant en scène les forfaits d’un meurtrier en série, qui les tuait précisément parce qu’elles étaient des femmes.
    Un « folklore » macabre et navrant

    Cette grotesque histoire démontre une fois de plus que Jack l’Eventreur est, depuis son apparition sur les registres de Scotland Yard, l’objet d’une inépuisable fascination macabre en Angleterre - en témoignent les objets qu’on peut acquérir à la boutique de souvenirs du « musée » : tee-shirt blanc avec silhouette en haut-de-forme et traces de sang, sifflet estampillé « Jack the Ripper » (pour prévenir la police ?). Imaginerait-on, en France, l’ouverture d’un musée « Emile Louis », avec une réplique grandeur nature de son car de ramassage scolaire ?

    Les crimes de Jack l’Eventreur étaient-ils misogynes ? Indéniablement. C’est même l’une des seules choses dont on soit à peu près sûr. Les cinq victimes canoniques sont des femmes, toutes des prostituées ; certains de leurs organes sexuels, comme l’utérus ou le vagin, ont été prélevés par le tueur. C’est pourtant l’élément qui est le moins mis en avant dans la foultitude de publications qu’experts en criminologie et autre « ripperologues » autoproclamés publient chaque année dans toutes les maisons d’édition de la planète. On préfère se concentrer sur « l’enquête », pourtant lacunaire, mais surtout sur les théories autour de l’identité du meurtrier, alimentant ainsi la machine à fantasmes. Ne serait-il pas un barbier juif de Whitechapel (suspect idéal : Aaron Kosminski, qu’un Anglais richissime du nom de Russell Edwards a cru récemment confondre à l’aide de son ADN, ayant acheté pour une somme faramineuse un châle censément attribué à l’une de ses victimes) ? Le prince Albert Victor de Galles, petit-fils de la reine Victoria ? Le chef du département d’enquêtes criminelles de Scotland Yard ? Ou, mieux, le peintre impressionniste Walter Sickert, qui - attention, preuve à l’horizon - peignait des prostituées dans leur chambre, qui tiraient la gueule ? La polardeuse Patricia Cornwell a passé des années à zigzaguer sur cette piste, déboursant 6 millions de dollars (soit 5,3 millions d’euros) en achats de toiles et analyses ADN, et en a tiré en 2002 un pavé de 800 pages aussi indigeste qu’une tourte à la viande (tant qu’on y est, pourquoi ne pas accuser Egon Schiele ou Otto Dix ?). Lewis Carroll a été, lui aussi, suspecté un temps, par deux ou trois zozos pressés de pouvoir clamer « J’ai trouvé ».

    Les femmes semblent être les grandes absentes de cette histoire, qui les concerne pourtant au premier chef. Sophie Herfort est une « ripperologue » française. Elle a publié un ouvrage sur le sujet, Jack l’Eventreur démasqué, où elle dévoile « son » suspect : un policier de Scotland Yard du nom de Melville Macnaghten. Elle explique avoir peu abordé la question de la misogynie du tueur dans son livre, notamment parce que l’éditeur « préférait que je me concentre sur l’enquête ». Elle reconnaît pourtant que le contexte, dans cette affaire, est loin d’être une simple toile de fond : en 1888, les mutilations féminines étaient courantes à Londres. Les hystérectomies étaient un moyen de contrôler les naissances. Et on pratiquait volontiers l’excision, pour prévenir les femmes de cette maladie censément féminine qu’était l’hystérie ou pour les « soulager » de règles douloureuses. Dépression ? Langueur ? Appétit sexuel jugé démesuré ? Une seule réponse : l’ablation du clitoris.
    L’effrayante sexualité des femmes

    Sophie Herfort évoque le cas du docteur Isaac Baker Brown. Cofondateur du prestigieux Saint Mary’s Hospital (où les journalistes ont récemment fait le pied de grue lors des naissances de George et de Charlotte de Cambridge), ce chirurgien opérait à tour de bras les femmes de la haute bourgeoisie dans sa clinique privée, la London Surgical Home. Il y pratiquait avec enthousiasme l’ablation des ovaires, ainsi que l’hystérectomie. En 1866, il publie un livre où il prône la pratique de l’excision « préventive », afin de lutter contre les dangers de la masturbation. Il y explique avoir excisé une femme « malade » (en vérité, elle avait demandé le divorce à son mari, la loi l’y autorisant depuis 1857). Il décrit : « Il y avait la preuve d’une excitation périphérique [entendre masturbation, ndlr]. J’ai pratiqué mon opération comme à l’accoutumée et ma patiente s’est bien remise. Elle est devenue ensuite à tous égards une bonne épouse. » Il a également pratiqué l’ablation du clitoris sur une jeune femme de 20 ans car « elle ne répondait pas aux aspirations de sa mère, envoyait des cartes de visite à des hommes, et passait beaucoup de temps à lire ». Notons qu’en France, en 1882, le docteur Démétrius Zambaco, chef de clinique à la faculté de médecine de Paris, venait de décrire avec force détails, dans la revue scientifique l’Encéphale, comment il avait brûlé au fer rouge le clitoris de deux petites filles de 6 et 10 ans pour leur passer l’envie de se masturber.

    La sexualité des femmes terrorisait l’Albion de la reine Victoria, où l’on conseillait aux jeunes épouses effrayées par les futurs assauts du mari de « fermer les yeux et penser à l’Angleterre ». Les héroïnes de fiction du XIXe siècle avec un passé sexuel, celles des romans de Dickens par exemple, comme Nancy la prostituée d’Oliver Twist, mouraient immanquablement dans d’atroces souffrances. Tout cela n’empêchait pas (au contraire) Londres d’être un lupanar géant, propice aux trafics en tout genre : en 1885, un journaliste de la Pall Mall Gazette dévoila, dans un impressionnant reportage, un monumental trafic d’enfants, dans lequel les élites victoriennes étaient impliquées, ce qui poussa le législateur à relever l’âge de la majorité sexuelle à 16 ans (elle était fixée auparavant à 13). Londres était surnommé « the whoreshop of the world » (« le bordel du monde ») : en 1888, dans le simple quartier de Whitechapel, qui ne compte que quelques rues, Scotland Yard avait évalué le nombre de prostituées à 1 200. Les victimes furent faciles à trouver pour le tueur : elles étaient pauvres, alcooliques, sans famille, sans toit, à la merci des hommes qui sollicitaient leurs faveurs pour quelques shillings, vivant la nuit dans des quartiers mal famés et sans éclairage public.
    Un retour de bâton patriarcal

    Et pourtant, aussi, à l’époque de Jack l’Eventreur, l’on réforme - timidement - le divorce (en 1857) ; le médecin anglais Joseph Mortimer Granville invente le vibromasseur (en 1883) ; l’on pose enfin la question de l’égalité entre garçons et filles dans l’accès à l’éducation (en 1870) ; et puis celle de leur droit de vote (en 1867, avec John Stuart Mill). Dans son livre The Age of Sexcrime, l’historienne Jane Caputi interprète les meurtres de l’Eventreur comme une sorte de « backlash » misogyne, un retour de bâton anti-femmes, une résurgence de l’ordre patriarcal face à une condition féminine qui, très lentement, avance vers le chemin de l’émancipation. Les victimes massacrées sont les boucs émissaires, dit-elle, d’une société en train de changer, inéluctablement. D’où l’intense médiatisation des crimes, aussi atroces que spectaculaires. Le corps de la prostituée, considéré de son vivant comme un simple bien de consommation et désormais réduit en charpie, est, à sa mort, exposé au regard forcément horrifié du public. D’abord le cadavre est trouvé dans la rue. Puis il est photographié, et ces images sont abondamment diffusées par la presse - qui se délecte d’informer ses lecteurs de certains détails insoutenables, comme les intestins de Mary Jane Kelly, la cinquième victime de l’Eventreur, déposés par le tueur sur sa table de nuit. On peut encore contempler aujourd’hui, en un simple clic sur Wikipédia, les clichés mortuaires de Mary Jane Kelly, Annie Chapman, Catherine Eddowes, Elizabeth Stride, Mary Ann Nichols. On frissonne, on s’inquiète, on s’affole, et puis les crimes s’arrêtent, la vie reprend.

    Dans leur ouvrage Sex Crimes in History (1963), les historiens Robert E. L. Masters et Eduard Lea avaient évoqué une « infestation », entre 1885 et 1895, de ce type de criminels s’attaquant à des femmes dans le monde entier, avec sensiblement le même mode opératoire. L’Encyclopédie des serial killers, de Michael Newton (1999), en recense plusieurs : l’Eventreur de Moscou (1885), une affaire jamais élucidée, où plusieurs prostituées ont été éventrées ; l’Eventreur du Texas (1885, lire ci-contre) qui, lui, tuait des prostituées noires ; l’Eventreur du Nicaragua (1889) ; « Jack the Strangler » qui tuait des prostituées à Denver, dans le Colorado, en 1894 ; et en France, Joseph Vacher (« l’Eventreur du Sud-Est ») qui a sévi de 1894 à 1897, au gré de ses mortels vagabondages, non pas sur des prostituées, mais sur des jeunes femmes et des bergers isolés.

    Jack l’Eventreur est peut-être le premier serial killer « moderne », utilisant la presse à grand tirage pour médiatiser ses actes, se riant de la population effrayée, jouant à cache-cache avec Scotland Yard ; mais, avant tout, et c’est l’irréfutable point commun qu’on peut lui trouver avec la liste des tueurs énoncée plus haut : il haïssait les femmes, dont l’émancipation était pourtant, bien malgré lui, en marche.

    Bibliographie :

    The Age of Sexcrime, de Jane Caputi, UW Press (2000).

    Jack l’Eventreur démasqué, l’enquête définitive, de Sophie Herfort, éd. Points (2008), 320 pp., 7 €.

    Jack l’Eventreur démasqué, de Russell Edwards, éd. de l’Archipel (2016), 21 €.

    A Comparison of 19th Century and Current Attitudes to Female Sexuality, de John Studd, paru dans la revue Gynecological Endocrinology (2007).

    Pucelles à vendre, Londres 1885, de William Thomas Stead, éd. Alma (2013), 292 pp., 16 €.

    Vacher l’Eventreur , de Régis Descott, Grasset (2016), 288 pp., 19 €.

    #historicisation #excision #violence_masculine #misogynie #backlash #féminicide #violence_médicale #hystérie

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  • « La gratuité est plus économe que le système actuel »
    https://usbeketrica.com/article/paul-aries-gratuite-decroissance-transports
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    Entretien avec le politologue Paul Ariès, partisan d’une décroissance fondée sur le désir et la gratuité, notamment celle des transports en commun.

    « La #gratuité dans les #transports franciliens, la belle utopie que voilà ! », déclarait en octobre dernier la présidente du conseil général d’Ile-de-France, Valérie Pécresse. En effet, après sa mise en place à Dunkerque, Paris est en train d’étudier la gratuité des transports dans la capitale. Tandis que certains critiquent une mesure trop coûteuse, d’autres voix s’élèvent pour défendre la gratuité comme un modèle de société d’avenir, remettant en question la marchandisation et permettant de renouer avec le politique. Parmi ces voix, celle du politologue Paul Ariès, proche du réseau international des villes lentes, directeur de l’Observatoire de la gratuité et auteur de plusieurs ouvrages, dont Gratuité vs Capitalisme (Larousse, 2018).

    #mobilité #circulation #déplacements

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  • Le revenu universel est-il féministe ?

    Ce fut l’une des propositions inattendues et insolites de la campagne présidentielle de 2017, le revenu universel. Mais quels en sont les effets pour les femmes ? Cette question est souvent balayée d’un revers de main, quand elle n’est pas tout simplement occultée. A l’occasion d’un numéro consacré à cette séquence électorale, la revue Travail, Genre et Sociétés revient sur cette mesure et ses implications pour les femmes. Un état des lieux éclairant proposé par des philosophes, des économistes et des sociologues, dans une perspective féministe. De quoi rappeler que cet axe d’analyse devrait être incontournable et pris au sérieux dans toute discussion sur le sujet.

    En finir avec une vision viriliste du travail La parole est à la défense. « Parce qu’il est utopique et polémique à la fois, [le revenu universel] ouvre une série de débats sur le prix du travail, la qualité des emplois… et de façon plus décisive encore sur les frontières du travail (ce qui en est, ce qui n’en est pas) ». Voilà un argument régulièrement mis en avant par les tenants du revenu universel et que reprennent la philosophe Sandra Laugier et la psychologue Pascale Molinier, qui y sont favorables.

    De manière plus originale – et féministe –, les deux universitaires invitent à « intégrer le care dans la réflexion sur le revenu universel ». Car le travail tel que nous l’entendons aujourd’hui (en réalité, bien souvent l’emploi) est construit sur « la valorisation des tâches réalisées par les hommes et l’exclusion des tâches réalisées par les femmes. Cette valorisation du travail masculin a reposé sur une héroïsation du travail comme activité virile (où l’homme prouve qu’il en est un), associée à un déni de réalité non seulement du travail des femmes, mais des conditions d’exploitation des hommes », soulignent-elles.

    La proposition d’un revenu universel est donc un moyen de « dévoiler la tromperie d’une “valeur travail” construite sur un déni de la masse des invisibles, relégués dans les coulisses d’un monde du travail qui veut les ignorer ». Prendre au sérieux le care dans toutes ses dimensions, c’est « transformer notre vision du travail aussi en faisant apparaître des tâches, et des personnes, comme indispensables au fonctionnement ordinaire du monde ». Et, concrètement, mettre au centre de la réflexion des phénomènes comme la féminisation des migrations transnationales pour prendre en charge les personnes âgées ou dépendantes.

    Les auteures ne sont pas dupes pour autant : oui, le revenu universel peut se transformer en salaire maternel ou rendre encore plus invisibilise le travail du care au lieu de le valoriser.

    Se battre sur le terrain de l’emploi C’est ici que des approches plus empiriques surgissent pour nuancer l’enthousiasme initial. L’économiste Rachel Silvera, qui avait déjà cosigné en 2000 une analyse des écueils du revenu universel pour les femmes, reprend les principaux points d’achoppement. Ces arguments sont aussi portés par le collectif des Economistes atterrés.

    Pour commencer, le diagnostic de départ (fin de l’emploi et fin du travail), qui semble hâtif. Plutôt qu’à une disparition de l’emploi sous l’effet de la révolution numérique, nous assistons à sa mutation (développement d’emplois dans l’informatique mais aussi dans le soin à la personne). Ici, la réponse consiste à améliorer les formations tout au long de la vie, plutôt qu’à mettre en place un revenu de base.

    Quant à la fin du travail, à sa perte de sens, la réalité paraît plus ambivalente notamment pour les femmes : le travail est pour nous à la fois facteur d’aliénation et d’émancipation, rappelle l’économiste. Ce qui n’empêche pas de chercher à remettre en cause la centralité du travail rémunéré ni chercher un meilleur équilibre des temps sociaux. Mais « d’un point de vue féministe, le travail demeure la clé de l’égalité », tranche-t-elle.

    Deuxième argument : le revenu universel redonne un pouvoir de négociation individuel aux précaires, face à l’employeur. Comme je suis assurée de toucher un revenu, je peux plus facilement refuser un emploi que je juge dégradant. Les femmes occupant de fait les emplois les plus précaires (temps partiel et temps de travail morcelé), cela revient à encourager le temps partiel des femmes, pointe la chercheuse. Conclusion là encore : la bataille doit se situer au sein de l’emploi, pour de meilleures conditions de travail et une meilleure reconnaissance des emplois dévalorisés (dont ceux du care).

    Troisième argument : le revenu universel est un moyen de rééquilibrer les temps sociaux, entre emploi et loisir. Mais quid des tâches domestiques et familiales dans les ménages ? Elles échoient très largement aux femmes. Même s’il est individuel et universel, le risque est que le revenu universel renforce les inégalités au sein des couples hétérosexuels. Mais aussi les inégalités sociales entre les femmes : entre celles qui auront un emploi valorisé et celles pour qui il sera plus intéressant de rester chez soi à réaliser un travail domestique rémunéré par le revenu universel.

    Enfin, dernier argument, le revenu universel, parce qu’il est individuel, permettra aux femmes de sortir du statut d’ayant-droits. Le modèle français d’Etat providence est en effet mixte avec des droits sociaux propres pour l’emploi et le chômage (je touche une allocation chômage en fonction de mes cotisations), et des droits dits familialisés pour les minima sociaux : le montant du RSA dépend ainsi de la composition du foyer. Là encore, Rachel Silvera est d’accord sur le diagnostic : un modèle familialisé pénalise les femmes. Mais elle défend une autre solution : individualiser les minima sociaux et supprimer (ou du moins limiter fortement) l’imposition fiscale conjointe.

    Pour changer la vision viriliste du travail, répond-elle donc à Sandra Laugier et Pascale Molinier, il faut changer l’emploi lui-même (revaloriser les « sales boulots », favoriser une mixité des métiers, développer la formation) et partager le travail en amont, par une réduction du temps de travail plutôt que d’accepter le partage du temps de travail tel qu’il existe actuellement et qui pénalise les femmes.

    L’engagement associatif a bon dos Emploi ou loisir ? Mais que recouvre exactement le « loisir » et qu’est-ce que ce loisir si valorisé qu’est l’engagement associatif ? C’est l’objet du troisième article de ce dossier, signé par la sociologue Maud Simonet, spécialiste du travail gratuit et semi-gratuit (type service civique, « indemnisé » à hauteur de 580 euros par mois et sans cotisation chômage) et auteure d’une livre récent, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ?.

    Il n’y a pas un « bon » travail gratuit, porteur d’émancipation, dans la sphère associative et un « mauvais » travail gratuit, aliénant, lui, qui serait le travail domestique. « Loin d’échapper aux rapports sociaux de sexe et aux processus d’assignation au féminin, l’espace associatif les reproduit », souligne-t-elle.

    Dans les associations aussi la division du travail est sexuée : aux hommes les postes de pouvoir, aux femmes, le travail invisible et ingrat (préparer le repas et la table pour le repas associatif, nettoyer le centre social après son utilisation par l’association, etc.). A ce plafond de verre du monde associatif s’ajoute un « mur de verre » selon les termes de la chercheuse Sophie Rétif. Au sein du monde associatif, les femmes ont moins accès aux partis et syndicats que les hommes, « dont les carrières militantes sont marquées par une circulation entre ces différents types d’organisations et un pluri-engagement ».

    Bref, « “au nom de l’engagement”, s’opère ainsi dans les associations un “déni de travail”, qui n’est pas sans rappeler celui qui s’opère, “au nom de l’amour”, dans la maison ».

    Autre angle mort du débat qu’elle relève : le rôle de l’Etat dans l’organisation de ce travail gratuit. Il est vital « de saisir combien le bénévolat est aujourd’hui à la fois objet et instrument de politiques publiques, qu’il est en partie financé, construit et orienté par l’État, vers certains secteurs et pour certaines populations. Dans un contexte de rigueur budgétaire et de baisse des dépenses publiques, la mise au travail gratuit, ou indemnisé, de citoyens, qui sont bien souvent des citoyennes, dans les services publics, est l’une des conséquences – et sans doute en partie l’un des objectifs – de ces politiques qui valorisent et soutiennent l’“engagement citoyen” », analyse Maud Simonet. Concrètement, il s’agit du recours au bénévolat dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires ou l’entrée des services civiques dans les services publics, à l’hôpital, dans l’Education nationale ou à Pôle emploi. Cette « “bénévolisation” du travail dans les services publics, si elle nous concerne tous comme citoyens, concerne au premier chef les femmes comme travailleuses ».

    Face à cela, il faudrait « expliquer en quoi et comment » le revenu universel permettrait enfin de reconnaître et de rendre visible le travail gratuit des femmes, demande-t-elle aux partisans de la mesure.

    D’autant plus que l’opposition entre travail domestique aliénant et engagement associatif émancipateur reproduit en réalité un rapport de classe. Comme le rappelle Bell Hooks à propos des mouvements féministes étasuniens des années 1970, « tandis que les féministes blanches “lasses d’être isolées dans [leurs] foyers” voulaient “être libérées de tout ça pour entrer dans le monde du travail”, les femmes noires qui avaient toujours travaillé en dehors du foyer mais aussi les femmes blanches des classes ouvrières désiraient, elles, “passer plus de temps avec leur famille” et “quitter le monde du travail aliéné” ».

    Devenir des sorcières Les deux dernières contributions nous emmènent au Japon et en Finlande.

    L’économiste Kaori Katada y voit le moyen de « devenir des sorcières », c’est-à-dire de refuser, pour les femmes, l’assignation au travail reproductif et productif, qu’il soit gratuit (travail domestique) ou rémunéré (emploi). Dans la société japonaise actuelle, les femmes sont, d’une part, encouragées à faire des enfants dans un contexte de faible taux de natalité et sans qu’il y ait de véritables dispositifs d’accompagnement (la part du PIB consacrée aux politiques familiales type allocations familiales est de moitié inférieure à ce qu’elle est en France ou en Suède). Et, d’autre part, incitées à travailler pour pallier la pénurie de main d’œuvre. Les mères célibataires sont particulièrement touchées par les bas salaires et la pauvreté, bien loin de l’image de la working girl parvenue à un poste de pouvoir d’une prestigieuse entreprise.

    Si elle prend au sérieux les objections faites au revenu universel (voir ci-dessus), elle répond, comme beaucoup de ses partisans, que son rôle n’est pas de venir à bout de la division sexuée du travail. Et que celui-ci doit donc s’accompagner d’autres mesures (partage ou réduction du temps de travail, congé parental substantiel, équité salariale, formation…).

    Enfin, le journaliste Alain Lefebvre revient sur l’expérimentation d’un revenu de base en Finlande. Imposée par un gouvernement pro-austérité dirigé par un ancien homme d’affaires, cette expérimentation n’avait en fait rien d’universelle puisqu’elle a porté sur des chômeurs de longue durée. Elle a de plus totalement fait l’impasse sur les questions de genre. Il y avait pourtant matière à y réfléchir dans un pays où les inégalités entre femmes et hommes restent conséquentes : l’écart de rémunération horaire entre femmes et hommes était par exemple de 17 % en Finlande en 2015, contre 16 % en France (et 13 % en Suède). « S’il y a une conclusion à tirer de cette expérimentation malheureuse, c’est qu’il faut se donner le temps de préparer sérieusement la mise en place d’un tel dispositif, et se poser la question de ses objectifs […]. En parallèle, une attention particulière doit être portée à la manière dont ce type de dispositif est susceptible d’atténuer, ou au contraire, de renforcer les inégalités », conclut le journaliste. Un message pour les 19 départements qui ont décidé de se lancer.

    https://www.alternatives-economiques.fr/revenu-universel-feministe/00087292

    #revenu #féminisme @revenu_universel #revenu_garanti

    https://seenthis.net/messages/746357 via kaparia