Mona Chollet

Cheffe d’édition au « Monde diplomatique »

  • L’excommunication qui choque le Brésil - 2009
    http://www.liberation.fr/planete/2009/03/11/l-excommunication-qui-choque-le-bresil_544161

    Le docteur Rivaldo Mendes de Albuquerque ne parvient pas à cacher sa « tristesse ». Ce fervent catholique, qui a coutume d’aller à la messe tous les dimanches, est l’un des médecins qui ont été excommuniés jeudi dernier par l’archevêque de Recife (Etat de Pernambouc, dans le nord-est du Brésil), Mgr José Cardoso Sobrinho, pour avoir fait avorter une fillette de 9 ans violée par son beau-père. Une affaire qui révolte et abasourdit les Brésiliens. « J’ai pitié de notre archevêque parce qu’il n’a pas réussi à avoir de la miséricorde face à la souffrance de cette enfant », a déclaré le médecin. Frêle - 1, 33 mètre pour 36 kilos -, mal nourrie et anémique, la victime, dont l’identité n’a pas été révélée, portait des jumeaux. L’équipe médicale qui a procédé à l’IVG a expliqué que celle-ci était d’autant plus inévitable que la fillette risquait de succomber à la grossesse, entrée dans sa quinzième semaine. En voyant son ventre protubérant, sa mère, qui ignorait tout du comportement de son époux, a d’abord cru à un abcès vermineux…

    Verrous. Mère et fille ont quitté leur ville d’Alagoinhas, dans l’arrière-pays de Recife, et vivent dans un lieu maintenu secret.

    Le beau-père, un ouvrier agricole de 23 ans, est lui sous les verrous après avoir avoué qu’il abusait de l’enfant depuis qu’elle a 6 ans, ainsi que de sa sœur aînée de 14 ans, de surcroît handicapée. La famille est issue d’un milieu pauvre où l’avortement est particulièrement mal vu. Aidée par des activistes, sa mère a fait face aux pressions de son entourage et notamment du père biologique de la gamine, un évangéliste, qui ne voulait pas entendre parler d’IVG. Pour avoir autorisé la démarche, elle a également été excommuniée. L’IVG est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. L’avortement était donc parfaitement légal.

    « La loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes et la fin ne justifie pas les moyens : deux innocents sont morts », martèle Mgr Sobrinho, un ultra-conservateur qui avait tenté, l’an dernier, de faire interdire la distribution par le gouvernement de la pilule du lendemain dans le Pernambouc. L’ecclésiastique persiste et signe. Quand on lui a demandé pourquoi il n’a pas puni le beau-père, il a déclaré : « Le viol est un péché moins grave que l’avortement » … Et il a enjoint au président Lula de réviser la doctrine de l’Eglise après que ce dernier a affirmé qu’« il n’était pas possible de permettre qu’une gamine violée garde [ses enfants] d’autant qu’elle risquait de mourir ». Comme Lula, de nombreux catholiques brésiliens dénoncent l’« obscurantisme » et la « cruauté » de l’Eglise. D’autant que le Vatican, par la voix du cardinal Giovanni Battista Re, président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, a défendu cette excommunication collective au nom du « droit à la vie ».« C’est un cas triste mais le vrai problème, c’est que les jumeaux conçus […] ne pouvaient être éliminés », a déclaré le cardinal au quotidien italien La Stampa.

    Hommage.« A partir d’aujourd’hui, je cesse d’être catholique ! » écrit une lectrice de la Folha de São Paulo, qui se dit « écœurée et indignée ». Une autre se demande pourquoi les prêtres pédophiles, eux, n’ont pas été excommuniés… La Folha accuse l’Eglise d’exercer une « pression indue alors que le domaine de l’avortement est du ressort exclusif de l’Etat ». Pour le principal journal du Brésil, qui rappelle que plus de 3 000 IVG ont été légalement réalisées dans les hôpitaux publics l’an dernier, c’est surtout la médiatisation de cet incroyable fait divers qui a poussé Mgr Sobrinho à une décision aussi radicale. « Il a encore aggravé la violence subie par la victime alors que des prêtres brésiliens pardonnent l’avortement aux femmes qui viennent le confesser », renchérit Yury Puello Orozco, de l’ONG Femmes catholiques pour le droit de décider, favorable à l’IVG. L’opinion est d’autant plus choquée que ce cas est loin d’être isolé. Selon une étude menée l’an dernier dans un hôpital de São Paulo, 76 % des victimes de sévices sexuels avaient moins de 17 ans et près de la moitié, moins de 12 ans… Ces sévices sont généralement commis par quelqu’un de leur entourage : beau-père, père, grand-père, oncle ou voisin… « Souvent, les victimes ne savent même pas que la loi autorise l’avortement en cas de viol et bien des médecins se gardent de leur en parler, par conviction ou par crainte de représailles », dénonce Orozco.

    Olimpio Moraes, le chef de l’équipe qui a procédé à l’IVG, en sait quelque chose. C’est la deuxième fois que Mgr Sobrinho l’excommunie : le prélat ne lui avait pas pardonné non plus sa défense de la pilule du lendemain. « Je ne donne pas mon avis sur la religion et je m’attends à ce que les religieux ne donnent pas non plus le leur sur la médecine », a lancé le Dr Moraes, après avoir été chaudement applaudi à Brasília, avant-hier. Le ministre de la Santé, José Gomes Temporão, a rendu hommage à son équipe qui a « sauvé la vie d’une enfant ». L’affaire devrait permettre de « faire mûrir dans la société l’idée que l’avortement est une question de santé publique », a espéré Temporão. Le ministre est favorable à la dépénalisation totale de l’IVG, contrairement à l’écrasante majorité de ses compatriotes, encore très imprégnés des préceptes de la religion. Au Brésil, les IVG clandestines - près d’un million par an - sont la quatrième cause de mortalité maternelle.

    Ca date de 2009 mais c’est pour rappeler le sort que l’eglise catho réserve aux enfants et femmes victime de viol alors que le pape ne cesse de faire de grandes déclarations creuses.
    #catholicisme #IVG #culture_du_viol #pedoviol

    https://seenthis.net/messages/716315 via mad meg


  • Jeremy Corbyn, les Palestiniens et l’antisémitisme
    Orient XXI > Alain Gresh > 16 août 2018
    https://orientxxi.info/magazine/jeremy-corbyn-les-palestiniens-et-l-antisemitisme,2585
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/f1849c77f11919113744ff75bb2c35-b14e9.jpg?1534405608

    Depuis des mois, Jeremy Corbyn est l’objet d’une campagne orchestrée par le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avec l’appui de la droite de son propre parti (le Parti travailliste) et du Parti conservateur. Il est accusé régulièrement d’antisémitisme. Celui qui est ainsi visé est l’un des dirigeants politiques européens à avoir dénoncé constamment et sans fléchir, malgré tous les chantages, l’occupation israélienne, les assassinats à Gaza, la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

    Le dernier épisode de ces polémiques remonte à quelques jours et est rapporté, en termes assez étranges, par le quotidien Le Monde : (...)

    https://seenthis.net/messages/715022
    https://seenthis.net/messages/715078
    https://seenthis.net/messages/715335

    https://seenthis.net/messages/715399 via Loutre


  • Antisémitisme. Offensive orchestrée contre Jeremy Corbyn au Royaume-Uni
    https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-offensive-orchestree-contre-jeremy-corbyn-au-royaume-uni,2

    Depuis des mois, une campagne vise à déstabiliser le leader du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, accusé d’antisémitisme. La droite du parti, héritière de Tony Blair, et les milieux favorables à Israël visent à la fois la ligne de gauche adoptée par Corbyn et son soutien au peuple palestinien. Le chef de l’opposition britannique Jeremy Corbyn a du pain sur la planche. Il doit demander des comptes sur une foule de questions de première importance à un gouvernement conservateur minoritaire. (...)

    #Magazine

    / #Enquête

    « https://www.theguardian.com/world/2018/apr/17/jeremy-corbyn-accused-of-lacking-moral-clarity-on-antisemitism »
    « https://publications.parliament.uk/pa/cm201617/cmselect/cmhaff/136/136.pdf »
    « http://www.bbc.com/news/uk-politics-36177333 »
    « https://www.theguardian.com/politics/2016/jun/14/ken-livingstone-i-didnt-say-hitler-was-a-zionist »
    « https://labour.org.uk/wp-content/uploads/2017/10/Chakrabarti-Inquiry-Report-30June16.pdf »
    « https://www.aljazeera.com/investigations/thelobby »
    « https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/sep/27/labour-denial-antisemitism-party-dark-place »
    « https://www.newstatesman.com/politics/uk/2018/03/combat-left-anti-semitism-corbynism-must-change-way-it-sees-world »


  • Tous dans le book bloc : avec le roman, contre la théorie du complot ! - Humaginaire.net
    http://www.humaginaire.net/post/Tous-dans-le-book-bloc-%3A-avec-le-roman-contre-la-th%C3%A9orie-du-comp

    http://www.humaginaire.net/public/.BookBlocQ__m.jpg

    "C’est à la fois un personnage virtuel (« Q ») et la théorie du complot (QAnon) qui a le vent en poupe dans les milieux trumpistes fanatiques. L’intox démarre à l’automne dernier quand, sur les sites de la sphère conspirationniste, de premiers messages signés « Q » apparaissent. D’après la légende, l’émetteur - individu ou collectif - a choisi cette lettre pour exprimer son degré d’accréditation aux secrets d’Etat, une manière de prouver, selon ses adeptes, qu’il se trouve dans le premier cercle du pouvoir à la Maison Blanche. Ses partisans publient des photos censées attester de sa présence aux côtés de Donald Trump dans l’avion présidentiel Air Force One.

    (...)

    Comme toujours, avec les théories du complot, tout apporte de l’eau au moulin à paroles plus délirantes les unes que les autres. Mais cette fois, un grain de sable est peut-être en train de se glisser dans les rouages. Avec sa publicité désormais mondiale - les adeptes commencent à être recrutés au Canada et sans doute en Europe -, « Q » a attiré l’attention, hors de son terrain de chasse. Quelques lecteurs ont désormais repéré les emprunts - à fronts renversés, certes, mais tout de même - à une œuvre romanesque parue à la fin des années 1990 en Italie, tout comme aux pratiques de détournement et de guérilla communicationnelle conduites par ses auteurs. Pour les Wu Ming, auteurs de Q, sous le pseudonyme de Luther Blissett, les analogies ne sont pas toutes des coïncidences, évidemment : l’émetteur des messages porte le même nom ; dans QAnon, tout renvoie à des réseaux pédophiles ou satanistes, alors que les Italiens ont, eux, tourné en dérision les emballements médiatiques sur le sujet en organisant des canulars extrêmement sophistiqués il y a une vingtaine d’années. Tout en récusant l’idée d’une farce qu’ils auraient eux-mêmes fomentée aujourd’hui, ils sont déterminés à venir répandre, contre le venin de QAnon, le contre-poison d’une littérature autrement plus riche et stimulante."

    #complotisme #littérature #altermondialisme #Italie #Etats-Unis

    https://seenthis.net/messages/715058 via Mona


  • LesInrocks - Comment les talk-shows ont fait grimper l’extrême droite
    https://www.lesinrocks.com/2018/07/12/actualite/comment-les-talk-shows-ont-fait-grimper-lextreme-droite-111104098

    « Ce qui se passe en Italie aujourd’hui, c’est représentatif de ce qui se passe partout ailleurs », commente sans ambages la journaliste italienne Anaïs Ginori en faisant référence aux plateaux télévisés qui de plus en plus servent de tremplin aux idées populistes. Le phénomène ne connait pas de frontières : en France, la chaîne CNews est par exemple épinglée pour sa ressemblance de plus en plus saisissante avec la chaîne américaine Fox News, proche de Trump, tristement célèbre pour ses fake news construites de toutes pièces et reposant la plupart du temps sur les préjugés de ses téléspectateurs. Un phénomène qui commence à être pointé du doigt, notamment par le célèbre auteur de Gomorra, Roberto Saviano. L’écrivain et journaliste napolitain a ainsi affirmé avec virulence dans les pages du Monde que les talk-shows assiégeaient les citoyens par « une politique [populiste, du gouvernement Di Maio-Salvini] qui, loin d’être réelle, se fait dans les talk-shows et sur les réseaux sociaux » et « parle aux citoyens furieux ».

    « Il est vrai que la télévision pèche parce qu’elle est superficielle et spectaculaire, elle simplifie tout pour s’adresser à tous », reconnaît Karsten Kurowski. Le journaliste allemand qui a longtemps travaillé pour la chaîne Arte fait référence au « framing ». Bien-aimée des plateaux télévisés, cette technique consiste à formuler des questions de manière schématique et subjective, comme par exemple : « Criminalité : est-il vraiment possible d’intégrer les migrants ? ». Le journaliste et professeur à l’Institut d’études journalistiques de Bordeaux souligne néanmoins la déontologie des journalistes des talk-shows, qui « n’ont plus jamais invité le président de l’AFD Alexander Gauland après que ce dernier a déclaré que le IIIe Reich n’était qu’une fiente d’oiseau » dans l’histoire allemande, à la manière de Jean-Marie Le Pen déclarant que « les chambres à gaz n’étaient qu’un détail de l’histoire ».

    Cependant, Karsten Kurowski concède que les talk-shows « font le commerce » de l’extrême droite dans leur forme actuelle, qui pourrait s’approcher « du podium » si les plateaux allemands « restent comme ils sont aujourd’hui, différenciés et racoleurs, alors ils font le jeu de l’extrême droite ». « D’ailleurs, la technique du framing avec l’association de préjugés et d’amalgames marche sur le moment, ça fait le buzz, mais après c’est fini, on oublie », tance le journaliste, qui estime que les plateaux télévisés actuels sont « tabloïds et vendeurs ». C’est de la « dramaturgie, on invite l’émotion là où il devrait y avoir de la réflexion », condamne Karsten Kurowski, qui réitère que « le format des talk-shows pourrait ne pas être si stérile si les invités des émissions offraient un argumentaire tranquille et posé ».

    Être au gouvernement sans gouverner

    « Pourquoi pas, finalement, avoir recours au framing, si on s’impose des limites ? Il faut absolument apporter une réflexion, au risque de seulement nourrir et encourager les préjugés », met en garde Anaïs Ginori, correspondante du journal italien La Repubblica. Et de regretter que le paysage télévisuel italien n’apporte pas de réponses constructives aux enjeux politiques : « la spécificité italienne, c’est la ’politica spectacolo’, la politique du spectacle, c’est ce à quoi se réfère Roberto Saviano en disant que les talk-shows politiques reposent sur la vulgarisation et la provocation ». Il s’agit de chercher le clash à tout prix. « C’est vieux comme le monde, poursuit-elle. Mais aujourd’hui, ce qui est extrêmement dangereux, c’est que le système de l’information est démultiplié par les réseaux sociaux et les médias audiovisuels, une info trash circule beaucoup plus vite. » L’écueil des talk-shows est de trop « courir après les combats de pugilat pour assurer leur taux d’audience ».

    Anaïs Ginori est absolument certaine que Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur du gouvernement italien actuel, populiste et d’extrême droite, « est une pure créature de la télé, il s’est construit lui-même et sa carrière politique grâce aux talk-shows ». Cet homme de pouvoir transalpin est un véritable professionnel de communication politique. L’homme fort de la Ligue du Nord a gravi les échelons du pouvoir au moyen de son sens de la rhétorique, particulièrement éloquente devant la caméra. S’il a pu tenir un rythme haletant en participant à une dizaine de talk-shows par jour, ses sujets de prédilection restent restreints : Salvini n’a de cesse d’alpaguer son audience au sujet de l’immigration et du danger que représentent les réfugiés.

    Matteo Salvini, pur produit des plateaux télévisés

    C’est d’ailleurs là « où le rôle du bon journalisme intervient : quand Salvini détourne l’attention d’autres problèmes de fond en déblatérant sur les méfaits de l’immigration, le journaliste doit axer le débat sur les vrais enjeux », sans quoi « un emballement du reste des médias est à craindre » puisque ceux-ci ont tendance à traiter l’information comme elle a d’abord été présentée sur les plateaux télévisés. Pour la journaliste, « Matteo Salvini et Berlusconi avant lui ont lancé, par la politique du spectaculaire qui se déroule sur les talk-shows, la mode d’être au gouvernement sans gouverner ».

    Pour Christopher Lauer, membre du parti social démocrate allemand, les talk-shows « servent juste à entériner des idées reçues, comme celle que les étrangers représentent un danger pour les citoyens allemands ». Pour cet homme politique allemand de 33 ans, « les talk-shows ont totalement provoqué l’ascension de l’extrême droite allemande, cela ne fait pas l’ombre d’un doute ».

    Le journalisme est véritablement « dans la merde »

    Amer, il souligne que les journalistes de talk-shows « se disent : ’on a un très grand public, on atteint plein de gens, il faut continuer à faire grandir notre audience en choisissant des thèmes racoleurs’ », alors qu’ils « devraient justement ne pas faire ça puisqu’ils ont un impact extrêmement fort sur la manière dont vont penser le commun des Allemands ». Ainsi, le parti populiste AFD a fait une entrée remarquée au Bundestag, avec des scores jamais vus depuis la Seconde guerre mondiale.

    « Associer de manière négative des idées reçues sur les migrants n’est pas la bonne manière de mener un débat », s’indigne Christopher Lauer. Quand les journalistes de talk-shows se justifient en disant qu’ils traitent des sujets qui « occupent le peuple », c’est « exactement comme du fascisme, idéologie qui repose sur le fait de vouloir ‘parler au peuple ‘ ». Et de conclure que sur ce point, « le journalisme télévisuel est globalement dans la merde ».

    https://seenthis.net/messages/714497 via mad meg


  • Hildegarde de Bingen, rêves de Rhin
    http://next.liberation.fr/livres/2018/08/08/hildegarde-de-bingen-reves-de-rhin_1671597

    Cette moniale bénédictine morte à 81 ans en 1179 est une figure médiévale lumineuse, une des quatre femmes (contre 32 hommes) à être docteure de l’Eglise avec Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne et Thérèse de Lisieux. Elle a sa première vision à 3 ans. A 8 ans, avec deux amies, elle entre au couvent de Disibodenberg, où elle sera élue abbesse à 38 ans. En 1147, elle décide de faire sécession avec celles des nonnes qui la suivent pour bâtir l’abbaye de Rupertsberg, à flanc de colline entre rivière et vignoble. C’est la première fois qu’une femme fonde un couvent sans le voisinage d’hommes. Cette prophétesse, botaniste, compositrice, canonisée en 2012 après un procès qui durait depuis le XIVe siècle, a régulièrement des retours en grâce. Ainsi, ces vingt dernières années, par sa musique et ses conseils sur les plantes médicinales et l’alimentation. A 43 ans, Hildegarde a commencé à consigner les visions qu’elle avait depuis l’enfance dans le Scivias, puis enchaînera sur d’autres ouvrages en supervisant l’édition de son vivant.

    https://seenthis.net/messages/713831 via mad meg


  • Une réaction en chaîne irréversible pourrait transformer la Terre en étuve
    https://www.20minutes.fr/planete/2318199-20180807-reaction-chaine-irreversible-pourrait-transformer-terre-e

    Notre planète fonce vers un point de rupture qui déboucherait sur un scénario catastrophe irréversible. C’est l’avertissement lancé par des chercheurs internationaux dans une nouvelle étude sur le climat, publiée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PDF). Selon eux, un effet domino pourrait transformer la Terre en étuve d’ici quelques décennies, même si l’humanité parvient à limiter la hausse des températures à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels – l’objectif fixé par l’Accord de Paris.

    Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d’être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va franchir un point de rupture, concluent des chercheurs de l’université de Copenhague, de l’Université nationale australienne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

    Une réaction en chaîne en trois temps

    Les chercheurs ont identifié une dizaine de facteurs de risques interconnectés qui pourraient provoquer une réaction en chaîne en trois temps. Avec des puits de carbone affaiblis, des forêts qui rétrécissent et une hausse des températures comprises entre 1 et 3°C, la calotte glaciaire recouvrant la terre de l’Antarctique ouest et du Groenland, les glaciers des Alpes et la Grande barrière de corail seraient les premiers menacés.

    « Quand un seuil critique est atteint, le processus de réactions s’auto-entretient », note l’étude. La machine s’emballerait alors jusqu’à une hausse des températures de 5°C, menaçant l’Antarctique Est et le méthane et le CO2 emprisonnés dans le permafrost, sol censé être gelé en permanence en Russie ou au Canada, correspond à environ 15 années d’émissions humaines.

    Une hausse du niveau de la mer de 25 mètres

    Les conséquences seraient dévastatrices. La fonte des glaces de l’Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. La calotte de l’Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu’estimé précédemment, représente 12 mètres potentiels supplémentaires. Deux-tiers des mégalopoles sont installées moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme les plaines agricoles qui les nourrissent.

    #climat #capitalocène #submersion

    https://seenthis.net/messages/713380 via colporteur


  • Documenting Trump’s Abuse of Women | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2016/10/24/documenting-trumps-abuse-of-women

    https://media.newyorker.com/photos/59097ae7019dfc3494ea35cf/16:9/w_1200,h_630,c_limit/161024_r28905web.jpg

    Aussi signalé par @mona je crois

    When the news broke that Donald Trump had been caught on video in 2005 boasting that, as a celebrity, he feels free to “grab” women “by the pussy,” Harry Hurt III experienced a sense of vindication. In 1993, Hurt published “Lost Tycoon: The Many Lives of Donald J. Trump,” an unauthorized biography that has long been out of print. The day the tape surfaced, he was hitting golf balls at a driving range in Sagaponack, New York, when a text message arrived from a friend: “Donald is done!”

    After Hurt watched the tape, he said, “I thought, Finally, this behavior is coming out.” But he doubted that the revelation would do any real damage to Trump’s campaign. Researching his book, in the early nineties, Hurt discovered and documented more serious instances of Trump’s mistreatment of women, yet most news outlets had declined to report on them. Even during the current campaign, Hurt said, “I’ve been a voice in the wilderness.”

    #trump #culture_du_viol

    https://seenthis.net/messages/713382 via Reka


  • L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » ! Jean Gadrey, Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/jean-gadrey/lassistanat-riches-coute-un-pognon-de-dingue/00085130

    L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

    Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

    Le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales Twitter

    On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches :

    Niches fiscales et niches sociales
    Une fiscalité de plus en plus douce
    Fraude et évasion fiscale, 100 à 150 milliards par an

    #inégalités #riches #assistanat

    https://seenthis.net/messages/713106 via colporteur


  • Rhône | Des étudiants d’EM Lyon fichaient les filles de leur école
    https://www.leprogres.fr/rhone-69/2018/08/02/des-etudiants-d-em-lyon-fichaient-les-filles-de-leur-ecole

    Sur le mur d’un groupe #Facebook privé animé par des #étudiants de l’#EM_Lyon, environ 120 étudiantes de la même école de #commerce sont jugées, #évaluées et même #notées (de 2 à 17) sur leur apparence physique. Les yeux, les sourcils, la bouche et le reste… Dans de nombreux cas, il est également précisé si les filles sont “maquées” ou non.

    Le groupe, créé en juin 2017, ouvert par des étudiants à leurs camarades (#mâles) sur invitation, s’appelle “Mur pipos 2k17”. Le mot pipos faisant ici plus sûrement référence en argot à la verge masculine qu’aux étudiants de Polytechnique ou de Sciences politiques.

    Les étudiants de la sélective école de commerce, basée à Ecully, s’ennuieraient-ils entre leurs cours ? Sans aucun doute, il a fallu du temps pour construire et remplir ce tableau partagé aux “pipos” (les membres). Il s’agit d’« un véritable processus d’enquête, trop sérieux pour rester du domaine de la plaisanterie », comme le relève un étudiant de l’EM sous couvert d’anonymat. Au total, figurent les noms de plus de 450 jeunes femmes de 17 à 23 ans. La date de naissance étant indiquée pour la moitié d’entre elles. 

    C’est une autre colonne, titrée “#stalking ” qui contient le lien vers le profil Facebook de nombreuses étudiantes. Pour rappel, le terme peut se traduire par harcèlement ou traque furtive. La colonne des adresses courriel, remplie pour l’ensemble des jeunes femmes porte aussi un intitulé évocateur : “send nudes” à savoir l’envoi de photographies dénudées.

    On ne connaît pas le nombre des futurs entrepreneurs et manageurs se livrant à ce “benchmarking” à l’égard de leurs camarades, traitées comme des produits à comparer. S’agit-il de quelques individus isolés, comme l’assure une étudiante qui s’inquiète de la réputation de son école ? Ou bien, sont-ils bien plus nombreux ? Ce qu’affirme le même étudiant choqué de ce fichier sexiste et selon lequel la pratique « fait partie des #traditions estudiantines de l’école ». « Chaque promotion crée son groupe et son tableau Excel », ajoute celui-ci.

    Selon une étudiante, le fichier a fait l’objet d’une communication aux associations en début d’année, mais le groupe ne serait plus actif. Pourtant, c’est bien ces dernières semaines qu’il est (ré)apparu. Quelques étudiants vraisemblablement impliqués n’ont pas répondu à nos sollicitations. Deux autres jeunes gens actifs dans la vie associative de l’école semblent pour leur part très gênés lorsqu’on les sollicite sur ce sujet. L’un d’eux se fend même d’un message aux présidents des associations pour leur recommander la discrétion face aux questions « de la journaliste ».

    Quant au directeur de l’EM Lyon, Bernard Belletante, assure « ne pas être au courant de ce fichier ». « Si cela avait été le cas, nous aurions immédiatement réagi te cela aurait conduit à un conseil de discipline » poursuit vigoureusement le directeur, qui regrette, si les faits sont avérés, que les associations étudiantes n’aient pas informé l’administration.

    #fichage #balancetonporc

    https://seenthis.net/messages/712511 via celine.a




  • Sorcières - Mona CHOLLET - Éditions La Découverte
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Sorci__res-9782355221224.html
    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P3/9782355221224.jpg

    Sorcières
    La puissance invaincue des femmes
    Mona CHOLLET
    Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
    Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

    Version papier : 18 €

    Vivement la rentré !

    https://seenthis.net/messages/709730 via mad meg


  • Après la révélation de son passé d’agresseur sexuel, le fondateur de la marque Feminist Apparel vire toute son équipe

    Feminist Apparel CEO Fires Entire Staff After They Learn He’s An Admitted Sexual Abuser
    https://www.refinery29.com/2018/07/203982/feminist-apparel-ceo-alan-martofel-fires-staff

    https://s1.r29static.com//bin/entry/430/340x408,80/1993402/image.jpg

    The response echos something many of the former employees have pointed out: Martofel’s ignorance about what it means to be an ally. Many claim that he centered the company’s feminist pursuits around himself, often putting his opinions first and ignoring the requests and advice of people of color, queer people, and survivors, including in campaigns geared towards those groups.
    “I feel like with many brands of allyship, there is an enormous miscommunication over who should be given voice. Alan seemed to feel that his voice should come first,” says Claire Quigley, who was a graphic designer at the company until the firing.“The strongest way to be an ally would be to NOT profit from feminism or survivors of sexual assault,” says Grogan.

    #masculinité_toxique

    https://seenthis.net/messages/707777 via Mona


  • Libération est-il un allié contre le sexisme ? – alicecoffin
    https://alicecoffin.wordpress.com/2016/05/28/liberation-est-il-un-allie-contre-le-sexisme-2

    Sur la dernière chronique, il n’y a pas eu de réactions publiques des journalistes. Il a été demandé de ne rien dire à ce sujet ?

    Non, pas du tout. Par ailleurs, je crois que ce que voulait dire Luc dans sa chronique, c’est que comme il y a eu l’affaire Cantat en 2003, l’affaire DSK en 2011, il y a l’affaire Beaupin. Ce sont trois moments symboliques dans la société française qui vont faire que les hommes prennent conscience que les choses changent, que les accusations extrêmement graves contre Denis Baupin vont amener une remise en cause de la domination. Pour moi, cela n’a pas été compris. Ensuite, il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Notamment ce qui tourne autour de la question de la vengeance. En plus, et c’est le problème des éditorialistes, quand on ne maîtrise pas assez un sujet, on se laisse déborder non par l’émotion mais par un sentiment personnel, qui va être soit mal perçu, soit mal compris, soit mal interprété. Mais il ne faut pas voir Luc comme quelqu’un de raciste ou sexiste. Il a un côté très provocateur.

    Je crois, moi, que ces chroniques ont été très bien comprises car, encore une fois, elles reproduisent un discours très courant, et aisément identifiable par celles et ceux qui le subissent. Parler de provocation sur ces sujets est compliqué. Je me pose plutôt la question du profit que Libération tire des nombreuses réactions provoqués par ces textes-là. Faire du buzz, du marketing sur le dos du féminisme, est devenu très prisé par les médias, les publicitaires, les politiques.

    Par rapport à ce que j’ai mis en gras, c’est pour souligné l’optimise bien pratique de ce monsieur. Un optimise que je rencontre souvent chez les hommes et qui sert à se débarassé des questions féministes sans avoir à se remettre en cause. L’affaire Baupin renforce la domination masculine (l’avocat de Baupin utilise des arguments sexistes), comme l’a fait l’affaire DSK (il n’a pas été condamné et continu de trafiqué dans la politique et l’économie), et en fait Cantat trouve toujours de puissants réseaux de fraternité (une des inrocks)... Et puis l’affaire Weinstein n’a rien changé pour la France et lui même n’a pas tant de peintes contre lui par rapport aux 150 femmes qui ont reconnu avoir subis ses agressions. MeToo en France a premi à des hommes de s’approprier et déformé les idées féministes pour vendre des livres sur la séduction. T Ramadan est le seul qui a de réels problèmes avec la justice, pour des raisons racistes à mon avis. Hulot, Darmanin, Sapin ont de leur coté pas trop à s’inquiété. Du coté législatif, Macron essaye de correctionnalisé les viols pour faire des économie, saborde les associations (AVFT).

    –---

    Pour commencer, un point de précision. Quels sont les statuts des chroniques de Luc Le Vaillant. Vous ne les découvrez pas après publication ?

    Non. Elles sont volontairement placées dans la rubrique Idées, relues par la cheffe de ce service, Cécile Daumas, puis par la direction de la rédaction. Il y a des journalistes de la rédaction qui ont une chronique hebdomadaire : Luc Le Vaillant, Laurent Joffrin, Mathieu Lindon.

    Trois hommes…

    Effectivement.

    ...

    Il me semble que le sexisme et le racisme ne sont pas des sujets sur lesquels il est besoin de voter. Libération publie d’ailleurs régulièrement des enquêtes, des reportages, des témoignages qui attestent que le viol, le harcèlement sexiste, la domination masculine en général, est un système aux conséquences gravissimes. Quelle cohérence y-a-t-il à héberger dans le même temps des textes qui tendent à moquer ces conséquences, quand ils ne font pas directement preuve de sexisme. Comment à la fois dénoncer et contribuer à la perpétuation de systèmes de domination ?

    Parce que, de façon générale, il est important que les pages Idées reflètent des opinions extrêmement diverses. On peut y croiser Alain Duhamel, Laurent Joffrin et pourquoi pas Alain Finkielkraut.

    Pourquoi pas Finkencrotte, sur la place des femmes il est assez Le Vaillant compatible. J’aurais plutot pensé à « Pourquoi pas des femmes ? » mais Libé à une éditorialiste .... Marcella Iacub qui est aussi misogyne que Levaillant, Joffrin et Finky réunis.

    –----
    Cet entretiens date de 2016, j’ai l’impression tout de même que Libé à changé un peu sur ces sujets en 2017 et 2018. Je sais pas si Le Vaillant publie toujours, mais Iacub est devenu assez rare et il y a eu des reportages de fond sur le harcelement misogyne à St Cry, féminicides .. Le Bondy blog fait du bon travail aussi.

    https://seenthis.net/messages/707313 via mad meg


  • Ces #femmes dites « difficiles » parce qu’elles n’ont pas voulu se conformer aux #stéréotypes | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/photographie/ces-femmes-dites-difficiles-parce-quelles-nont-pas-voulu-se-confo
    https://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/desktop/public/Jack_Klugman_Bobby_Riggs_Billie_Jean_King_Odd_Couple.jpg?itok=FZmHjZ6T

    Le titre du livre ne mentionne pas les sous-entendus qui entourent le terme « difficile ». Les femmes fortes, passionnées et déterminées ne se pavanent pas en disant « Regardez, je suis difficile ». Elles ne font que vivre leur vie. Ce terme « difficile » est utilisé par les autres pour décrire ces femmes. Si vous vous moquez de ce que les gens pensent, vous serez considérée comme une femme difficile parce que vous ne faites pas ce que l’on attend de vous. Une femme difficile est donc une femme qui ne fait pas ce qu’elle devrait faire, une femme qui dérange ou une femme qui estime que ses propres besoins, objectifs et désirs sont aussi importants que ceux des autres. L’une des premières critiques du livre m’a dit que la barre était bien basse. Je l’ai remercié d’avoir souligné ce point pour moi. Il ne faut pas grand chose pour être perçue comme une femme difficile. C’est pour cela que nous sommes si nombreuses [rires].

    #sexisme

    https://seenthis.net/messages/707220 via Agnès Maillard


  • Une femme de 92 ans tue son fils qui voulait la mettre en maison de retraite
    https://www.lci.fr/international/une-femme-de-92-ans-tue-son-fils-qui-voulait-la-mettre-en-maison-de-retraite-209

    Les policiers de l’Arizona ont arrêté une nonagénaire qui venait de tuer son fils, lui-même âgé de 72 ans. Ce dernier aurait eu l’intention de placer sa mère en maison de retraite, ce que celle-ci n’aurait pas supporté.

    Je sais qu’il n’y a pas trop de faits divers sur @seenthis mais celui là m’intéresse. #vieillir #retraite #infanticide

    https://photos.lci.fr/images/1024/576/anna-mae-blessing-a-tue-son-fils-0b546c-0@1x.jpeg

    https://seenthis.net/messages/706583 via mad meg


  • Nouvelle livraison de Patriarches. Les Misandrogynes.

    Patriarche n°1 - Le Paterfamilias
    http://www.madmeg.org/p1
    http://www.madmeg.org/p1/vignette-1200x630.jpg
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    Patriarche n°3 - L’Architecte
    http://www.madmeg.org/p3
    http://www.madmeg.org/p3/vignette-1200x630.jpg

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    Patriarche n°5 - L’Analyste
    http://www.madmeg.org/p5
    http://www.madmeg.org/p5/vignette-1200x630.jpg

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    Patriarche n°15 - Le Nouveau Père
    http://www.madmeg.org/p15
    http://www.madmeg.org/p15/vignette-1200x630.jpg

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    Patriarche n°22 - L’Escamoteur
    http://www.madmeg.org/p22
    http://www.madmeg.org/p22/vignette-1200x630.jpg

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    Patriarche n°37 - Le Cyborg
    http://www.madmeg.org/p37
    http://www.madmeg.org/p37/vignette-1200x630.jpg

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    Merci à toi @fil pour ces webapps parfaites pour explorer mes dessins.

    #mad_meg #shamless_autopromo #patriarches

    https://seenthis.net/messages/706378 via mad meg


  • Violences gynéco : des étriers à l’épisio, un rapport douloureux - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/28/violences-gyneco-des-etriers-a-l-episio-un-rapport-douloureux_1662694

    Une enquête du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, publiée ce vendredi, met en lumière le sexisme dans le suivi gynécologique et obstétrical. Des cabinets d’examen aux plus hautes instances, les dysfonctionnements persistent.

    Présentez un spéculum vaginal à un homme. Demandez-lui de le toucher, puis de dire ce qu’il ressent. « C’est primitif, effrayant, froid », s’exclame l’air médusé l’un d’entre eux dans le documentaire Paye (pas) ton gynéco, réalisé par Nina Faure (1). L’objectif du court-métrage : mieux faire entendre la voix des femmes victimes de violences gynécologiques et demander des explications aux représentants de la profession. Et là, on n’est pas déçu, quand un ponte affirme que « non, un toucher vaginal n’est pas invasif » ou lorsqu’un gynéco après une auscultation prend la tension (plutôt basse) de la patiente en s’exclamant : « Hé ben, je vous excite pas des masses. » Tellement délicat. Tellement vrai ? Ce docu, disponible depuis le 27 juin, tombe à pic alors que le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (#HCE) saisi par la secrétaire d’Etat à l’Egalité publie ce vendredi un rapport intitulé : « Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme ». Compilant des remarques faites à des parturientes - c’est-à-dire des femmes en train d’accoucher - ou patientes (du style « Vous avez mal pendant les rapports ? Mettez-y un peu du vôtre »), les 170 pages de cet état des lieux assorti de préconisations sont le fruit de neuf mois d’une enquête très attendue après la polémique qui monte depuis près de cinq ans.

    Lancé sur Twitter en 2014, le hashtag #PayeTonUtérus a fait affleurer plus de 7 000 témoignages de femmes en vingt-quatre heures. Dans la foulée, en 2015, le blog « Je n’ai pas consenti » recense une centaine de témoignages de patientes ayant subi des actes non consentis dans un cadre médical.

    Scandale, toujours cette année-là : des documents de la faculté de médecine de l’université Lyon-Sud révèlent qu’il est attendu, dans le cadre de leur formation, que les étudiants pratiquent des touchers vaginaux sur des patientes « endormies », sans leur consentement donc. Depuis, les témoignages n’ont cessé de se multiplier sur ces violences qui méritent d’être reconnues pour mieux être combattues. L’an passé, le Tumblr et la page Facebook « Paye ton gynéco » se sont créés simultanément, recensant des « témoignages de sexisme et/ou de violences gynécologiques/obstétricales ». Un pic est atteint l’été dernier lorsque la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène #Schiappa, s’insurge contre le taux exorbitant (et en fait surévalué par la secrétaire d’Etat) d’#épisiotomies pratiquées lors des accouchements : tempête sur les réseaux sociaux.

    C’est dire s’il était temps qu’une enquête au-dessus de tout soupçon fasse le point. Mette au jour toutes ces fois « où les femmes ne sont pas considérées comme des êtres pensants et vivants mais seulement comme des corps » par le monde médical, comme l’explique Margaux Collet, corapporteure de ce travail qui recommande au gouvernement de réaliser la première enquête de santé publique dédiée au suivi gynécologique. Il souligne aussi la nécessité de renforcer la formation initiale et continue des professions médicales et paramédicales en matière de bientraitrance, de respect du consentement et de dépistage des violences sexistes et sexuelles ou encore de faciliter et améliorer les procédures de signalements lorsque violence il y a eu.

    En attendant, zoom sur quelques points de ce rapport.

    Accouchement : episio, c’est toujours trop

    Le chiffre évoqué l’été dernier par Marlène Schiappa avait fait l’effet d’une bombe : 75% de taux d’épisiotomies en France ? « Foutaises ! » avaient scandé les organisations représentatives des gynécologues-obstétriciens. Selon le dernier rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médiale (Inserm), cette intervention clinique - une incision du périnée sur quelques centimètres effectuée pour agrandir la taille de l’orifice vulvaire et faciliter l’expulsion du bébé - concerne 20% des accouchements par voie basse. Ce taux atteint 34,9% pour les primipares (premier accouchement) et descend à 9,8% pour les multipares. Oui mais problème : c’est encore beaucoup trop. Car cette « routine » dite « préventive » ne diminuerait en rien les possibilités de déchirures graves et entraîne des complications non négligeables (pertes importantes de sang, infection). En 2005, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français avait même confirmé l’absence de bénéfices de cette pratique. Certaines maternités ont réduit drastiquement la pratique. C’est le cas du centre hospitalier de Besançon et son fameux 0,3% de taux d’épisiotomies, malgré sa spécialisation dans « l’accueil de grossesses pathologiques et à grands risques ». D’autres en revanche frôlent encore les 45%. Et surtout, sans prévenir en amont les premières concernées. Selon le HCE, une femme sur deux « déplore un manque (16%) ou l’absence totale d’explication (31%) sur le motif de l’épisiotomie ».

    Absence de consentement : violences ordinaires

    Refuser de poser un stérilet à une nullipare (qui n’a jamais eu d’enfant) en bonne santé. Introduire un spéculum sans informer la patiente en amont. Palper les seins sans demander l’autorisation. Imposer la position du décubitus dorsal (allongée sur le dos, les pieds dans les étriers) pour un examen gynécologique sans même proposer la position latérale (qui existe). Réaliser un frottis sur des femmes jeunes, au premier rendez-vous, sans nécessité médicale. Pratiquer une épisiotomie sans l’accord explicite de la femme qui accouche. Puis la recoudre légèrement plus serrée, de manière à rendre plus étroit le canal vaginal (le fameux « point du mari »)…

    Les témoignages recueillis par le Haut Conseil à l’égalité recouvrent une multitude de pratiques mais soulèvent une unique problématique : celle des violences ordinaires. Celle du mépris pour le consentement, aussi. Il y a bien la fameuse loi Kouchner de 2002, qui formule « qu’aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé » du patient. Mais dans les faits, la parole des femmes est trop souvent bafouée par les professionnels de santé. Mais comment leur apprendre à entendre une patiente dire « non, je ne veux pas » ? La question se pose quand on sait que, en moyenne, une femme va avoir 50 consultations gynécologiques et obstétricales au cours de sa vie (#frottis réguliers, renouvellement de #contraception, #IVG…).

    Instances : que d’hommes, que d’hommes

    Bien sûr, si les témoignages de #femmes mal traitées, mal respectées ou mal informées affluent, nul ne songerait à jeter l’opprobre sur celles et ceux qui accompagnent les patientes et parturientes. Un monde d’ailleurs largement féminin.

    Les hommes ne représentent que 2,6% des sages-femmes. Les femmes sont majoritaires (94%) au sein de la gynécologie médicale. Et depuis peu, la #gynécologie-obstétrique est exercée à 51% par des femmes. La parité est donc enfin atteinte.

    Mais c’est au-dessus, là où les impulsions doivent être données ou les sanctions prononcées (lire ci-dessous) que cela se gâte. Près de 90% des membres du Conseil national de l’Ordre des médecins sont des hommes ; ils représentent également 89% des doyens des facultés de médecine ; 74% des membres du bureau du Collège national des #gynécologues et #obstétriciens français et 100% des membres du bureau, du conseil d’administration, des présidents de comité, des présidents et secrétaires des commissions de l’Académie nationale de médecine.

    Autre fait préoccupant, en dépit de l’augmentation importante de la part des femmes dans le secteur médical, les relations entre les deux sexes demeurent empreintes de sexisme : 86% des internes de médecine (95% des femmes et 68% des hommes) déclarent avoir été exposés à du sexisme et près d’un interne sur dix déclare avoir été victime de harcèlement sexuel.

    Avertissements, suspensions, radiations : des plaintes qui se perdent

    C’est peut-être le constat le plus fâcheux relevé par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes : les violences sexistes (remarques sexistes et/ou à connotation sexuelle, harcèlements, agressions, viols) dans le suivi gynécologique et obstétrical font encore trop peu l’objet de signalements et aboutissent rarement à des sanctions ou condamnations. Qui peut s’en étonner ? L’institution a étudié les 104 plaintes portées devant la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins de 2007 à 2016. Sur l’ensemble des poursuites, seules 29% ont conduit à une radiation du professionnel de santé. Pour le reste, on parle d’avertissement, d’interdiction temporaire d’exercer (d’un mois à trois ans), voire d’absence totale de condamnation (22 %). Des chiffres qui concernent uniquement les femmes qui ont osé porter plainte.

    Et toutes les autres ? Celles qui se sont murées dans le silence ? Qui méconnaissent leur droit ? Qui redoutent l’expertise judiciaire car elle comprend un examen gynécologique ?

    Difficile d’évaluer leur nombre. Mais le HCE est clair sur un point : tant que l’Ordre des médecins et des sages-femmes organisera des réunions de conciliation entre les victimes et leur agresseur, « un nombre conséquent de plaintes ne verront jamais le jour ». Pour rappel : ce mode de médiation est formellement interdit par la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Que la France a ratifiée en 2014.

    Le petit documentaire :
    https://www.youtube.com/watch?v=fsRZ59Urc2I


    Et au détour des commentaires on apprend que Nisand donne des conférences sur la sexualité dans les collèges !!!! À l’aide !

    #santé_publique #sexisme #violences_obstétricales #violences_médicales

    https://seenthis.net/messages/705378 via ninachani


  • Le jeûne, une nouvelle thérapie ? - ARTE Boutique
    https://boutique.arte.tv/detail/jeune_nouvelle_therapie

    Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d’hypertension, d’obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s’il existait une autre voie thérapeutique ? Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne. Réputé pour sa source d’eau chaude, le sanatorium de Goriachinsk, dans la plaine sibérienne, est aussi connu pour son centre de jeûne, créé en 1995. Atteints d’asthme, de diabète, de rhumatisme, d’allergie… les patients, très encadrés, n’ingurgitent rien à part de l’eau durant douze jours en moyenne mais la cure se prolonge parfois trois semaines. Après la douloureuse crise d’acidose des débuts, ils se sentent plus en forme et les deux tiers voient leurs symptômes disparaître après une ou plusieurs cures. Remboursé, ce traitement s’appuie sur quarante ans d’études scientifiques, malheureusement non traduites, qui ont démarré sous l’ère soviétique. Bien qu’elles soient inconnues hors de Russie, des médecins et chercheurs occidentaux creusent aussi ce sillon, même si, aux pays du médicament-roi, ils bénéficient de peu de subventions.

    Pour édifier @fil qui pense que j’ai rejoint une secte parce que j’ai jeûné une semaine :p

    #jeûne #santé

    https://seenthis.net/messages/704617 via Mona


  • Tout sur ma mère - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2018/06/25/tout-sur-ma-mere
    https://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2018/06/Poster-13-Todo-Sobre-Mi-Madre.jpg

    La dernière fois que j’ai parlé de ma mère, j’avais été convoquée au bureau de la psychologue de l’université et je pensais qu’il s’agissait là d’une procédure standard. Cela faisait déjà un bon bout de temps que j’avais rangé la question de mon enfance sous le boisseau et que je m’accommodais bien mieux de ce vide que de toute forme de sollicitude écrasante, pour ne pas dire de pitié.

    Après quelques questions d’usage, la psychologue avait embrayé sur ma mère et j’avais été à la fois fascinée et horrifiée de voir cette femme — somme toute parfaitement amène et probablement compétente — déclencher à ce moment un authentique réflexe de Pavlov. Elle s’est mise à saliver avec tellement de force et d’avidité qu’elle devait sans cesse aspirer ses mots avec de petits bruits de succion face auxquels je ne savais plus si je devais exploser de rire ou m’enfuir en hurlant. Je savais déjà que j’étais un cas, je mesurais à ce moment à quel point il pouvait littéralement mettre en appétit un professionnel de la #santé mentale.

    #administration #retraite #famille #EHPAD

    https://seenthis.net/messages/704481 via Agnès Maillard


  • « Tous mes symptômes auraient dû alerter les médecins » : quand le cancer du sein est mal diagnostiqué chez les jeunes patientes
    https://www.francetvinfo.fr/sante/hopital/tous-mes-symptomes-auraient-du-alerter-les-medecins-quand-le-cancer-du-
    https://www.francetvinfo.fr/image/75iud0cm2-a8d9/1500/843/15200799.jpg

    La jeune femme qui habite à Rennes à l’époque se rend encore deux ou trois fois chez son généraliste, se plaignant toujours des mêmes symptômes. Celui-ci lui prescrit, pour la rassurer, une échographie et une ponction, autrement dit, un prélèvement d’un échantillon de la masse en question pour l’analyser. Mais ce dernier examen ne sera pas pratiqué. Selon Solène, le radiologue lui refuse. « Je m’en souviens comme si c’était hier, il m’a répondu : ’De toute façon, on ne fait pas une ponction à 25 ans’ », raconte-t-elle.

    https://seenthis.net/messages/701371 via vraiment


  • Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal »
    https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/06/21/roberto-saviano-le-nouveau-gouvernement-italien-a-deja-cause-trop-de
    https://img.lemde.fr/2018/06/20/1856/0/3712/1856/644/322/60/0/8818269_12649-f5iq0m.gwoo5.jpg

    Un texte fabuleux, à lire en entier.

    L’écrivain spécialiste de la Mafia et auteur de « Gomorra » s’insurge, dans un texte exclusif transmis au « Monde », contre la politique migratoire du ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, et invite les autres pays européens à réexaminer la leur.

    Roberto Saviano

    L’écrivain et journaliste Roberto Saviano est né à Naples (Campanie) en 1979. En 2006, ses enquêtes sur la mafia ­napolitaine, la Camorra, lui valent des menaces de mort et une mise sous protection policière. Son livre le plus connu, Gomorra (Gallimard, 2007), a été un succès planétaire, aujourd’hui adapté en série télévisée. Mais la criminalité n’est pas son seul domaine d’intervention. Il a publié d’autres ouvrages, et il prend souvent part aux débats politiques et ­sociétaux qui agitent son pays. Il interviendra lors du prochain Monde Festival, dimanche ­7 octobre, à Paris, quelques jours après la sortie, le 4 octobre, de son premier roman, Piranhas, chez Gallimard.
    L’écrivain italien Roberto Saviano au Salon du livre de Göteborg (Suède), en septembre 2017.

    Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Personne en Europe ne peut le faire. Personne en Europe n’a la conscience assez propre pour se permettre d’indiquer aux autres le chemin à suivre pour résoudre la tragédie des migrants qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe. Personne ne peut le faire, parce que l’Europe a non seulement laissé l’Italie porter seule le poids d’une responsabilité qu’elle n’était manifestement pas en mesure de porter, mais aussi parce qu’elle a commis les mêmes erreurs de communication qui, en Italie, ont conduit au pouvoir des forces de droite, xénophobes et incapables d’assurer la cohésion sociale.

    L’Italie est en campagne électorale depuis 2013. Savez-vous ce que cela signifie ? Que tout est communication politique – et la communication politique est une chose très différente de la politique elle-même : c’est de la communication, de la vulgarisation, de la simplification. Cela signifie que les Italiens sont entourés, assiégés, écrasés sous le poids d’une politique qui, loin d’être réelle, se fait dans les talk-shows et sur les réseaux sociaux. Cela signifie que pour rester sur le marché, la presse et la télévision accordent de la place à quiconque, d’une manière plus ou moins provocatrice, parle aux citoyens furieux qui, dévastés par des décennies de berlusconisme, d’antiberlusconisme et de récession, estiment que le monde leur doit quelque chose, que l’Europe leur doit quelque chose.

    Cela signifie que ceux qui parlent des migrants comme d’un fléau à éradiquer obtiennent aussitôt de la visibilité, surtout s’ils ont gagné en crédibilité dans des milieux dits « de gauche ». Cela signifie que ceux qui parlent de l’Europe comme d’une utopie faillie et d’un système perfide sont considérés comme réalistes, au contraire de ceux qui parlent de l’Europe comme d’un projet commun à façonner et à améliorer.

    On ne compte plus les journalistes et les faiseurs d’opinion qui, à l’aube du nouveau gouvernement, mais aussi au crépuscule du précédent, adoptent déjà des positions xénophobes à peine voilées. Matteo Salvini est en train de mettre en œuvre la « méthode Minniti », la doctrine de ce penseur politique [membre du Parti démocrate, ancien ministre de l’intérieur] qui entendait – je ne sais par quel miracle – éloigner le spectre d’un gouvernement jaune-vert (ainsi appelle-t-on en Italie, avec une pointe d’ironie, le ramassis formé par la Ligue et le M5S) en proposant une ligne politique proto-léguiste.
    Infinie amertume

    C’est Marco Minniti qui, l’année passée, fut le premier à déclarer : « Nous fermerons les ports aux ONG. » C’est lui qui obligea, au moyen d’une politique médiatique sans précédent, les ONG à signer un code de conduite parfaitement arbitraire, dont l’effet immédiat a été de diviser un front humanitaire qui doit rester uni pour pouvoir défendre ceux qui viennent en aide aux plus faibles. C’est encore Minniti qui expliqua aux Italiens à peu près ceci : même si les chiffres des cambriolages sont en baisse, nous, nous ne nous intéressons ni aux faits ni aux statistiques, mais à vos sentiments et, si vous vous sentez en insécurité, nous étudierons les moyens de vous laisser davantage de marge de manœuvre pour que vous puissiez vous défendre seuls. Tout cela a préparé le terrain à ce qui est en train de se produire aujourd’hui – pas de stupeur donc, rien qu’une infinie amertume.

    Lire aussi : Un navire des garde-côtes italiens accoste avec plus de 500 migrants en Sicile

    Et pendant que tout cela se passe en Italie, que fait l’Europe exactement ? Où est l’Europe solidaire ? Quelqu’un a dit – à juste titre – que l’Italie, d’abord avec Berlusconi, puis avec Renzi, a accepté d’accueillir les migrants en échange d’une certaine souplesse économique. Mais est-ce possible que l’Europe ne se rende pas compte que cela ne pouvait pas fonctionner ? Est-ce possible que les chefs d’Etat européens mésestiment à ce point les effets de leurs politiques inefficaces, si ce n’est criminelles ?

    L’accord entre l’Allemagne et la Turquie pour fermer la route des Balkans a ouvert la voie à l’accord entre l’Italie et la Libye : des milliards d’euros ont été versés à des gouvernements antidémocratiques pour créer de véritables camps où la torture et les mauvais traitements sont avérés. En 2016, la Turquie a conclu avec l’Europe un pacte des plus juteux : 6 milliards d’euros sur trois ans ; l’an passé, la Libye a demandé à l’Italie 800 millions d’euros pour bloquer les flux migratoires. Ces fonds auraient pu servir à l’aide et à l’accueil. Mais, semble-t-il, nous préférons payer des tortionnaires pour tenir les problèmes loin de nos yeux plutôt que de chercher de réelles solutions.

    Et la France dans tout cela ? Elle a criminalisé la solidarité, exactement comme l’a fait le gouvernement Gentiloni et exactement comme est en train de le faire le gouvernement Salvini-Di Maio. Prenez le cas de ce guide de montagne, Benoît Ducos, interpellé par la police française pour avoir porté secours à une migrante enceinte à la frontière franco-italienne. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais un exemple criant qui nous dit ce qui se fait couramment, et nous raconte comment les gouvernements ont décidé de contrer les extrémistes de droite en cherchant à les battre sur leur propre terrain.

    En Italie, nous avons vu à quel point cette stratégie est un échec – espérons que les autres pays tireront les leçons de notre débâcle. Parce que, au cas où ce ne serait pas encore clair, voilà l’Europe idéale de Salvini, qui, comme parlementaire européen, est connu pour son absentéisme à Bruxelles et qui, comme ministre de l’intérieur, passera à la postérité pour sa campagne de communication contre les migrants.
    Racisme grossier

    Matteo Salvini s’installe au Viminal [siège du ministère de l’intérieur] et il en oublie que, dans son mandat, parmi ses priorités, il doit garantir la sécurité des Italiens, la vraie sécurité, menacée quotidiennement par les organisations criminelles – le contrat entre la Ligue et le M5S n’en parle pas, si ce n’est de façon tout à fait marginale. Matteo Salvini ignore ce que sont et comment opèrent les organisations criminelles. Matteo Salvini l’ignore et pour le dissimuler, il parle des immigrés. Pour le dissimuler, il fait de la communication sur les réseaux sociaux, des déclarations à propos desquelles, dans quelques années, les nouvelles générations nous demanderont de rendre des comptes. Concrètement : une bombe a explosé il y a quelques jours dans le centre historique de Naples. Comment le ministre de l’intérieur a -t-il réagi à ces graves problèmes d’ordre public et de criminalité organisée ? En s’occupant « D’abord des Italiens », pour reprendre un slogan habituel de la Ligue ?

    On en arrive à se demander quels sont les Italiens qui passent d’abord, étant donné que ceux du sud, où Salvini a pourtant été élu sénateur (dans la circonscription de Rosarno, en Calabre), sont victimes, plus que d’autres, de la violence des organisations criminelles mais ne rentrent pas dans son champ de vision myope, qui ne perçoit aujourd’hui que les immigrés qui servent à transformer en soutien électoral le racisme le plus grossier.

    A peine nommé, le ministre de l’intérieur déclare : « Pour les migrants, la fête est finie. » Quelle fête de naître en Afrique, de tout sacrifier et de s’endetter pour tenter de construire un avenir meilleur, dans l’espoir de pouvoir changer la donne et d’aider sa famille qui, en attendant, reste là-bas, parce qu’elle est trop nombreuse, parce qu’elle compte des femmes, des personnes âgées et des enfants qui ne supporteraient pas les souffrances d’un voyage long et éprouvant. Quelle fête de traverser le continent, de voyager entassé dans un véhicule conçu pour dix personnes qui en transporte cinquante. Quelle fête d’aller sans nourriture et presque sans eau, d’être dans la fleur de l’âge et pourtant si fatigué, épuisé, à bout et d’avoir, malgré tout, encore de l’espoir.

    Quelle fête d’arriver en Libye, de faire l’impossible pour ne pas rester prisonnier dans un camp de réfugiés, de chercher à ne pas devenir une monnaie d’échange entre des ravisseurs assoiffés d’argent et la famille restée au pays qui, pour aider celui qui s’enfuit en Europe, contracte des dettes qu’elle remboursera avec des années de labeur – un emprunt pour la liberté, un crédit pour acheter l’espoir.

    Quelle fête de payer sa place sur un Zodiac et d’être, peut-être, celui qui sera chargé de le diriger et qui se trouvera de fait considéré comme « passeur » au cas où les choses tourneraient mal. Quelle fête de passer des heures et des heures en mer. En mer calme, en mer agitée. En mer chaude et éblouissante le jour, froide et noire la nuit. Quelle fête d’être écrasé, entassé avec plus de cent personnes sur une embarcation qui prend l’eau de toutes parts, et de se trouver au centre, là où l’air manque, puis d’être assis au bord, les jambes ballantes, engourdies, glacées. Quelle fête d’être enfant et de vivre cet enfer, d’être mère, père, et de se sentir responsable d’avoir emmené ce que l’on a de plus précieux au monde dans une situation de danger extrême. Quelle fête quand le Zodiac ne tient plus le coup, qu’il prend l’eau et que la peur de couler vous tenaille.

    Quelle fête quand Malte, l’Italie et le reste de l’Europe tentent de se débarrasser de la patate chaude et de l’envoyer le plus loin possible. Quelle fête quand les ONG – ces « taxis de la mer » (copyright Luigi Di Maio), ces « vice-trafiquants » (copyright Matteo Salvini) – sont empêchées de porter secours à des êtres humains, mais que l’on donne le feu vert à la garde côtière libyenne, à elle oui, elle qui est de mèche avec les trafiquants (source : ONU). Quelle fête lorsque l’on transmet à la télévision des vidéos des opérations de sauvetage de cette même garde libyenne et que l’on coupe les longues minutes pendant lesquelles les militaires frappent les migrants, tirent en direction des embarcations et menacent le personnel des ONG.
    Impossible de me taire

    Quelle fête quand personne ne vient à votre secours et quand votre embarcation est en train de sombrer, emportant avec elle les corps à présent sans force de ceux qui ont supporté la séparation d’avec leur famille, le voyage à travers le désert, la faim, les coups, les tortures dans les camps libyens, les viols et violences de tout type. Pensons-y, merde, quelle fête ! Quand, dans cent ans, on sondera les fonds de ce petit bout de Méditerranée et qu’on y trouvera des centaines de corps humains, on se demandera quelle guerre s’est jouée là.
    L’Italie réitère l’interdiction aux ONG d’accéder à ses ports

    Rome persiste et signe : Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur et nouvel homme fort de la politique italienne, a réitéré, samedi 16 juin, l’interdiction aux ONG d’accéder aux ports de la péninsule, au risque d’envenimer encore les tensions européennes autour de la crise migratoire.

    Il s’est exprimé sur son compte Facebook : « Alors que le navire Aquarius navigue vers l’Espagne [arrivée prévue dimanche] deux autres navires d’ONG battant pavillon des Pays-Bas [Lifeline et Seefuchs] sont arrivés au large des côtes libyennes, en attente de leur cargaison d’être humains abandonnés par les passeurs. Que ces messieurs sachent que l’Italie ne veut plus être complice du business de l’immigration clandestine, et ils devront donc chercher d’autres ports (non italiens) vers lesquels se diriger. En ministre et en père, je le fais pour le bien de tous », a-t-il ajouté.

    Quelle fête quand les choses vont mieux, quand la marine militaire italienne donne son autorisation et que les « taxis de la mer » peuvent enfin commencer les opérations de sauvetage. Et quelle fête, ensuite, une fois monté à bord de ces « taxis », de savoir, ou d’avoir la nette intuition, que ces heures de navigation seront les seules au cours desquelles il sera possible, peut-être, de souffler un peu. Peut-être de dormir. Peut-être d’espérer que ces douloureuses plaies aux pieds, nus, qui, au sec, se sont ouvertes après être restées tout ce temps dans l’eau, sont le pire qui puisse arriver.

    Mais le pire, ce ne sont pas les pieds blessés, ce n’est pas la faim, ce n’est pas le manque de sommeil ni les pensées pour ces compagnons de voyage morts ou disparus. Le pire, c’est en Italie qu’il se produira, si les ports sont ouverts. Ou ailleurs si, comme ces jours-ci, le duo Salvini-Toninelli [ministre des infrastructures et des transports] ferme les ports aux « passagers » de ces délectables « croisières ».

    La « fête », pour quelqu’un qui a débarqué de nuit en Italie et obtenu un permis de séjour, peut avoir lieu de nuit, un samedi soir, alors qu’il aide des compagnons à se procurer de la tôle pour construire un refuge résistant aux flammes. La fête est soudaine. La fête est une balle tirée dans la tête. Soumaila Sacko est mort ainsi, en Calabre, à quelques kilomètres de Rosarno, la petite commune où Salvini a été élu sénateur. Soumaila avait un permis de séjour en règle. Je n’ose imaginer quelle est la fête pour celui qui n’a pas de papiers.

    Ce que je sais avec certitude, c’est que nous ne pouvons accorder de répit à ce gouvernement, qui procède à coups de déclarations, et que nous devons lui faire regretter le jour où, par égoïsme, intérêt et méchanceté, il a décidé – car, oui, il l’a décidé – que pour exister, il fallait devenir raciste. Voilà pourquoi, en ces heures comme jamais, il m’est impossible de me taire. En ces jours comme jamais, je me sens, et heureusement je ne suis pas le seul, comme un fleuve en crue qui doit expliquer pourquoi on ne peut laisser du temps au nouveau gouvernement qui, alors qu’il ne s’est pas encore mis sérieusement au travail, a déjà causé trop de mal. Un mal irréparable.
    Guerre fratricide

    Comment est-ce possible, me demanderez-vous, s’il est en place depuis si peu de temps ? C’est possible parce qu’il a été précédé par la longue et exténuante campagne électorale de la Ligue (Forza Italia n’a été qu’une béquille, le dindon de la farce) et du M5S qui ont, sans aucun scrupule ni limites, joué avec le point faible de ce pays dont le lien de confiance avec la politique était déjà définitivement rompu. Et pourquoi, me demanderez-vous, fait-il à présent confiance à deux mouvements politiques comme la Ligue et le M5S qui, aux yeux de beaucoup – dont je fais partie – sont aussi peu fiables que le Parti démocrate (PD) et Forza Italia (FI) ?

    D’abord, parce que ces partis savent communiquer sur les réseaux sociaux, ensuite, parce qu’ils entretiennent des rapports réels (et pas seulement virtuels) avec les électeurs, des rapports que FI et le PD n’ont plus depuis longtemps, mais surtout, parce que, même s’ils l’ont fait de la plus mauvaise façon qui soit, ils sont parvenus à faire passer ce message : « Chers Italiens, nous vous comprenons, nous sommes de votre côté. Vos peurs ? Elles sont justifiées. Votre rancœur ? Justifiée aussi. » Mais la Ligue et le M5S sont allés encore plus loin. En diffusant des informations et des chiffres faux, ils ont donné à beaucoup d’Italiens ce qu’ils voulaient : des ennemis en chair et en os.

    Une guerre vient d’éclater en Italie, une guerre longtemps restée silencieuse, et elle se mène sur deux fronts. Le premier est celui où s’opposent ce gouvernement et ceux qui tentent de dire qu’il n’offre pas de solutions réelles aux problèmes économiques et au mal-être du pays. Le second est un front où les victimes sont nombreuses et réelles, parce que c’est une guerre fratricide entre personnes qui souffrent. Une guerre dont dépend le destin de l’Italie et de l’Europe. Les migrants africains qui arrivent ici sont au centre de cette guerre, mais en apparence seulement ; en réalité, ce qui est en jeu, c’est le genre d’avenir que nous voulons construire, un avenir fait d’engagement et de travail, ou bien un avenir de terreur et de pauvreté. Nos actions d’aujourd’hui conditionneront davantage que ce que l’on peut prévoir (ou plus que ce que l’on veut bien voir) notre monde de demain.

    La guerre qui se joue n’est pas, comme les apparences pourraient le laisser croire, une guerre pour la fermeture des frontières ou la réduction du flux de migrants qui arrivent en Italie ; si c’était le cas, il conviendrait de rediscuter les accords signés avec l’Europe, et non d’armer les Italiens contre d’autres êtres humains.

    De ce point de vue, l’Aquarius a été un piège dans lequel nous sommes tous tombés et qui a servi à diviser l’opinion publique, à stimuler les passions et à étouffer toute réflexion. D’un côté, il y a ceux qui, malgré les 630 êtres humains en mer, estiment juste de donner une leçon à l’Europe et, de l’autre, ceux qui jugent insensé d’instrumentaliser 630 âmes pour obtenir des négociations. Reste que nous avons tous perdu de vue le cadre d’ensemble. Qui est plus ou moins le suivant.
    La propagande et les faits

    L’objectif du « zéro débarquement » en Méditerranée n’est que de la propagande criminelle. Cela n’arrivera pas du jour au lendemain – cela n’arrivera de toute façon jamais. Matteo Salvini – c’est la ligne partagée par la Ligue et le M5S et c’est ce que nous souhaitons tous – dit vouloir empêcher d’autres tragédies en mer et soustraire les migrants à la voracité des trafiquants d’êtres humains de Libye et à celle des organisations criminelles d’Italie, mais la propagande est une chose, les faits en sont une autre. Le « zéro débarquement », tous les prédécesseurs de Salvini ont essayé d’y parvenir avant lui, avec les mêmes recettes et le même fiasco (construire des camps en Libye ne marche pas ; ce qui marche, c’est respecter les droits de tous les êtres humains). Salvini est juste plus ostensiblement mauvais et il a des alliés au gouvernement qui le soutiennent.

    Au fil des ans, nous avons accordé des fonds à des pays instables, nous avons arrosé trafiquants et criminels avec l’argent des Italiens et des Européens sans rien résoudre, parce que tant qu’il y aura des personnes pour vouloir quitter l’Afrique et venir en Europe, en l’absence de moyens légaux de le faire, il y aura des personnes pour prendre leur argent et les y conduire.

    Pour les Africains, les portes de l’Europe sont closes et l’unique voie est celle de la clandestinité – et il se trouve que ce sont les mafias libyennes qui les font passer (en moyenne 100 000 par an). Il existe une demande mais aucune offre légale pour la satisfaire. Qu’importent les méthodes brutales de Matteo Salvini et les discours mielleux de Luigi Di Maio, c’est la loi du marché la plus élémentaire : quand il y a une demande, il y a une offre, légale ou non.

    Pouvons-nous accueillir tout le monde ? Non. Mais la part assumée par l’Italie n’est pas telle que l’on pourrait dire : « Là, c’est bon, ça suffit ! » Je me demande souvent quelle est la solution, comme s’il existait une solution qui pourrait résoudre le phénomène de la migration. Il n’existe pas une solution définitive, mais plusieurs pas à accomplir.

    Premièrement : régulariser tous les immigrés clandestins qui se trouvent aujourd’hui en Italie : en 2002, Roberto Maroni l’a fait en donnant des papiers à 700 000 immigrés qui se sont aussitôt transformés en 700 000 contribuables ; l’actuel gouvernement peut et doit aussi le faire.
    Consicence endormie

    Deuxièmement : plancher sur la réglementation sur les visas et cesser de donner de l’argent aux mafias libyennes, parce que ce sont des geôliers que nous payons. Ces fonds pèsent sur notre budget mais surtout sur nos consciences, même si, après tant d’années de campagne électorale au ras des pâquerettes, bien des Italiens ont la conscience endormie.

    Troisièmement : passer des accords avec les pays européens pour que les permis délivrés en Italie permettent de circuler et de travailler dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce qui signifie faire de la politique et arrêter de bavasser. Sans cela, il est facile de prédire ce que nous vivrons dans les prochains mois et les prochaines années.

    Ces derniers jours, les migrants de l’Aquarius ont été retenus en mer pendant deux jours, alors que ceux qui étaient à bord du Diciotti [navire de la garde côtière italienne] ont pu débarquer à Catane. Y aurait-il des migrants de classe A et d’autres de classe B ? Sur l’Aquarius, il y avait des gens provenant d’opérations de sauvetage de la garde côtière italienne ; la prochaine fois, j’imagine qu’aucun ne voudra quitter le navire des « secours » officiels pour aller sur celui d’une ONG pour qui, vraisemblablement, les ports resteront fermés dieu sait combien d’heures ou de journées.

    Mais les conséquences de tout cela, nous les vivons en Italie, où la guerre qui est en train de se jouer est une guerre fratricide entre des Italiens qui le sont depuis des générations et des migrants qui, en situation régulière ou irrégulière, vivent désormais dans ce pays et y travaillent souvent pour une misère, dans des conditions proches de l’esclavage.

    Paradoxalement, quand on se concentre sur ceux qui doivent encore arriver dans ce pays, on en perd de vue les droits de ceux qui s’y trouvent déjà : des droits qui appartiennent à tout être humain, en possession ou non d’un permis de séjour. Mais – et voilà le mal principal – la vague de haine que certains alimentent envers les Africains qui n’ont pas encore posé le pied en Italie se déverse sur les immigrés qui y vivent déjà. Nous assistons à une régression du lien social, à la montée d’une vague nationaliste et raciste envers tout ce qui est perçu comme un corps étranger.

    Et l’Europe dans tout cela ?

    Mais la triste vérité, c’est que, malgré tout, ce gouvernement plaît – et ses soutiens se multiplient – parce qu’il indique des cibles, des ennemis à lapider, des catégories de personnes contre lesquelles se battre. Que cela plaise ou non aux Italiens de se l’entendre dire, c’est comme cela. Or l’énorme masse des Italiens « d’origine contrôlée » qui vivent dans la souffrance et l’intolérance n’amélioreront en rien leur propre condition en s’armant contre les migrants, avec ou sans permis de séjour. Bien au contraire, quand les droits sont garantis même aux minorités, la communauté entière en bénéficie. Les retombées sur la société et la sécurité sont immédiates.

    Il a fallu des dizaines d’années à des communautés entières pour s’intégrer, et il en suffit de quelques-unes pour que tout s’effondre comme un château de cartes sous les coups portés par ce nationalisme qui est en train de tous nous faire devenir les ennemis de tous. Une fois encore, je pose la question : et l’Europe dans tout cela ? L’Europe s’est déjà faite à l’idée que l’Italie était perdue. Comment interpréter autrement les jugements d’Emmanuel Macron et de son entourage à propos de Matteo Salvini ? Si un écrivain, un intellectuel, un journaliste de quelque nationalité que ce soit disait que la stratégie de celui-ci est « à vomir », il ne ferait qu’exercer son droit à la critique, qui est légitime. Mais quand c’est l’équipe d’un chef d’Etat qui le dit, c’est la preuve que l’Italie est déjà sortie de l’Europe.

    Si l’Europe faillit à sa mission d’accueil et d’intégration, il est du devoir de l’Italie de se faire la chef de file d’un mouvement pour un changement vertueux, et non de sombrer dans le nationalisme le plus abject. Et les responsables européens qui ne sont pas à la hauteur de la situation feraient mieux de se taire plutôt que de lancer des insultes par calcul, parce que des vies humaines sont en jeu, et que quand des vies humaines sont en jeu, le calcul politique n’est que cruel cynisme.

    Traduit de l’italien par Valentine Morizot

    #Migrants #Italie #Europe #Humanisme

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  • Adieu, mes trompes « RETARD → Magazine
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    Se faire retirer les implants est un véritable parcours du combattant. Il faut déjà trouver un.e chirurgien.ne qui soit convaincu.e des effets indésirables du dispositif, et donc enclin.e à les enlever. Beaucoup ne souhaitent pas risquer l’explantation sous prétexte que les effets secondaires seraient « dans la tête » des patientes. Bah oui, les femmes sont des petites natures névrosées qui s’inventent des problèmes, c’est bien connu. Ensuite, il faut trouver celui ou celle ayant déjà plusieurs expériences de retrait (rappelons qu’il s’agit pour l’instant d’une opération peu pratiquée ne bénéficiant d’aucune directive officielle) dont la technique de chirurgie semble sûre. C’est limite s’il n’est pas plus simple de trouver un nain de jardin bleu dans son frigo.

    J’ai rencontré plusieurs chirurgiens. Les discours paternalistes et culpabilisateurs de ces messieurs m’ont mise plus bas que terre à un moment de ma vie où j’avais désespérément besoin d’être soutenue. Je me suis sentie abandonnée par le corps médical et j’ai subi de plein fouet la misogynie crasse de la médecine :

     »Mais voyons Madame, une stérilisation à 29 ans, c’était de toute façon inconscient ! »

    #Essure

    https://seenthis.net/messages/703966 via Mona


  • En mathématiques, les filles restent des inconnues - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/06/21/en-mathematiques-les-filles-restent-des-inconnues_1660876

    C’est ensuite que tout se complique. Lola se voit reléguée tout au fond la classe  : 35e, 35e, 36e aux trois premiers contrôles. En janvier, elle doit choisir entre faire autre chose ou s’accrocher. A la maison, son père ne cesse de lui répéter que les filles sont meilleures que les garçons. Le stéréotype qui veut que les mathématiques ne sont pas faites pour les filles tourne dans l’autre sens. « J’ai repris les bases, repassé les programmes de 1ère et de TS, quand le professeur était déjà passé au programme de math sup. » C’est à ce moment qu’elle découvre le sexisme très ordinaire qui traîne dans les couloirs d’un grand lycée parisien. « On pardonne très facilement aux garçons de ne faire que des maths. Ils peuvent s’enfermer dans le travail, ne faire que bosser, passer de l’internat aux salles de cours en peignoir, en survêtement ou même en pyjama. C’est presque normal. On dira  : “C’est un bosseur”. Des filles, on attend autre chose. Il faut qu’elles soient sympathiques, qu’elles préparent le buffet pour les fêtes, qu’elles s’investissent dans la vie de la classe. Elles doivent “jouer les princesses” et passer du temps à se préparer. On perd un temps fou, et pendant ce temps, les garçons bossent et passent devant. Moi, je descendais comme j’étais, et tant pis si ça provoquait des remarques », s’agace Lola qui refuse la division surhommes et princesses, nouvelle version du « Sois belle et tais toi  ! ».

    #sciences #sexisme #beauté_fatale

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