Mona Chollet

Cheffe d’édition au « Monde diplomatique »

  • « Tous mes symptômes auraient dû alerter les médecins » : quand le cancer du sein est mal diagnostiqué chez les jeunes patientes
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    La jeune femme qui habite à Rennes à l’époque se rend encore deux ou trois fois chez son généraliste, se plaignant toujours des mêmes symptômes. Celui-ci lui prescrit, pour la rassurer, une échographie et une ponction, autrement dit, un prélèvement d’un échantillon de la masse en question pour l’analyser. Mais ce dernier examen ne sera pas pratiqué. Selon Solène, le radiologue lui refuse. « Je m’en souviens comme si c’était hier, il m’a répondu : ’De toute façon, on ne fait pas une ponction à 25 ans’ », raconte-t-elle.

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  • Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal »
    https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/06/21/roberto-saviano-le-nouveau-gouvernement-italien-a-deja-cause-trop-de
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    Un texte fabuleux, à lire en entier.

    L’écrivain spécialiste de la Mafia et auteur de « Gomorra » s’insurge, dans un texte exclusif transmis au « Monde », contre la politique migratoire du ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, et invite les autres pays européens à réexaminer la leur.

    Roberto Saviano

    L’écrivain et journaliste Roberto Saviano est né à Naples (Campanie) en 1979. En 2006, ses enquêtes sur la mafia ­napolitaine, la Camorra, lui valent des menaces de mort et une mise sous protection policière. Son livre le plus connu, Gomorra (Gallimard, 2007), a été un succès planétaire, aujourd’hui adapté en série télévisée. Mais la criminalité n’est pas son seul domaine d’intervention. Il a publié d’autres ouvrages, et il prend souvent part aux débats politiques et ­sociétaux qui agitent son pays. Il interviendra lors du prochain Monde Festival, dimanche ­7 octobre, à Paris, quelques jours après la sortie, le 4 octobre, de son premier roman, Piranhas, chez Gallimard.
    L’écrivain italien Roberto Saviano au Salon du livre de Göteborg (Suède), en septembre 2017.

    Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Personne en Europe ne peut le faire. Personne en Europe n’a la conscience assez propre pour se permettre d’indiquer aux autres le chemin à suivre pour résoudre la tragédie des migrants qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe. Personne ne peut le faire, parce que l’Europe a non seulement laissé l’Italie porter seule le poids d’une responsabilité qu’elle n’était manifestement pas en mesure de porter, mais aussi parce qu’elle a commis les mêmes erreurs de communication qui, en Italie, ont conduit au pouvoir des forces de droite, xénophobes et incapables d’assurer la cohésion sociale.

    L’Italie est en campagne électorale depuis 2013. Savez-vous ce que cela signifie ? Que tout est communication politique – et la communication politique est une chose très différente de la politique elle-même : c’est de la communication, de la vulgarisation, de la simplification. Cela signifie que les Italiens sont entourés, assiégés, écrasés sous le poids d’une politique qui, loin d’être réelle, se fait dans les talk-shows et sur les réseaux sociaux. Cela signifie que pour rester sur le marché, la presse et la télévision accordent de la place à quiconque, d’une manière plus ou moins provocatrice, parle aux citoyens furieux qui, dévastés par des décennies de berlusconisme, d’antiberlusconisme et de récession, estiment que le monde leur doit quelque chose, que l’Europe leur doit quelque chose.

    Cela signifie que ceux qui parlent des migrants comme d’un fléau à éradiquer obtiennent aussitôt de la visibilité, surtout s’ils ont gagné en crédibilité dans des milieux dits « de gauche ». Cela signifie que ceux qui parlent de l’Europe comme d’une utopie faillie et d’un système perfide sont considérés comme réalistes, au contraire de ceux qui parlent de l’Europe comme d’un projet commun à façonner et à améliorer.

    On ne compte plus les journalistes et les faiseurs d’opinion qui, à l’aube du nouveau gouvernement, mais aussi au crépuscule du précédent, adoptent déjà des positions xénophobes à peine voilées. Matteo Salvini est en train de mettre en œuvre la « méthode Minniti », la doctrine de ce penseur politique [membre du Parti démocrate, ancien ministre de l’intérieur] qui entendait – je ne sais par quel miracle – éloigner le spectre d’un gouvernement jaune-vert (ainsi appelle-t-on en Italie, avec une pointe d’ironie, le ramassis formé par la Ligue et le M5S) en proposant une ligne politique proto-léguiste.
    Infinie amertume

    C’est Marco Minniti qui, l’année passée, fut le premier à déclarer : « Nous fermerons les ports aux ONG. » C’est lui qui obligea, au moyen d’une politique médiatique sans précédent, les ONG à signer un code de conduite parfaitement arbitraire, dont l’effet immédiat a été de diviser un front humanitaire qui doit rester uni pour pouvoir défendre ceux qui viennent en aide aux plus faibles. C’est encore Minniti qui expliqua aux Italiens à peu près ceci : même si les chiffres des cambriolages sont en baisse, nous, nous ne nous intéressons ni aux faits ni aux statistiques, mais à vos sentiments et, si vous vous sentez en insécurité, nous étudierons les moyens de vous laisser davantage de marge de manœuvre pour que vous puissiez vous défendre seuls. Tout cela a préparé le terrain à ce qui est en train de se produire aujourd’hui – pas de stupeur donc, rien qu’une infinie amertume.

    Lire aussi : Un navire des garde-côtes italiens accoste avec plus de 500 migrants en Sicile

    Et pendant que tout cela se passe en Italie, que fait l’Europe exactement ? Où est l’Europe solidaire ? Quelqu’un a dit – à juste titre – que l’Italie, d’abord avec Berlusconi, puis avec Renzi, a accepté d’accueillir les migrants en échange d’une certaine souplesse économique. Mais est-ce possible que l’Europe ne se rende pas compte que cela ne pouvait pas fonctionner ? Est-ce possible que les chefs d’Etat européens mésestiment à ce point les effets de leurs politiques inefficaces, si ce n’est criminelles ?

    L’accord entre l’Allemagne et la Turquie pour fermer la route des Balkans a ouvert la voie à l’accord entre l’Italie et la Libye : des milliards d’euros ont été versés à des gouvernements antidémocratiques pour créer de véritables camps où la torture et les mauvais traitements sont avérés. En 2016, la Turquie a conclu avec l’Europe un pacte des plus juteux : 6 milliards d’euros sur trois ans ; l’an passé, la Libye a demandé à l’Italie 800 millions d’euros pour bloquer les flux migratoires. Ces fonds auraient pu servir à l’aide et à l’accueil. Mais, semble-t-il, nous préférons payer des tortionnaires pour tenir les problèmes loin de nos yeux plutôt que de chercher de réelles solutions.

    Et la France dans tout cela ? Elle a criminalisé la solidarité, exactement comme l’a fait le gouvernement Gentiloni et exactement comme est en train de le faire le gouvernement Salvini-Di Maio. Prenez le cas de ce guide de montagne, Benoît Ducos, interpellé par la police française pour avoir porté secours à une migrante enceinte à la frontière franco-italienne. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais un exemple criant qui nous dit ce qui se fait couramment, et nous raconte comment les gouvernements ont décidé de contrer les extrémistes de droite en cherchant à les battre sur leur propre terrain.

    En Italie, nous avons vu à quel point cette stratégie est un échec – espérons que les autres pays tireront les leçons de notre débâcle. Parce que, au cas où ce ne serait pas encore clair, voilà l’Europe idéale de Salvini, qui, comme parlementaire européen, est connu pour son absentéisme à Bruxelles et qui, comme ministre de l’intérieur, passera à la postérité pour sa campagne de communication contre les migrants.
    Racisme grossier

    Matteo Salvini s’installe au Viminal [siège du ministère de l’intérieur] et il en oublie que, dans son mandat, parmi ses priorités, il doit garantir la sécurité des Italiens, la vraie sécurité, menacée quotidiennement par les organisations criminelles – le contrat entre la Ligue et le M5S n’en parle pas, si ce n’est de façon tout à fait marginale. Matteo Salvini ignore ce que sont et comment opèrent les organisations criminelles. Matteo Salvini l’ignore et pour le dissimuler, il parle des immigrés. Pour le dissimuler, il fait de la communication sur les réseaux sociaux, des déclarations à propos desquelles, dans quelques années, les nouvelles générations nous demanderont de rendre des comptes. Concrètement : une bombe a explosé il y a quelques jours dans le centre historique de Naples. Comment le ministre de l’intérieur a -t-il réagi à ces graves problèmes d’ordre public et de criminalité organisée ? En s’occupant « D’abord des Italiens », pour reprendre un slogan habituel de la Ligue ?

    On en arrive à se demander quels sont les Italiens qui passent d’abord, étant donné que ceux du sud, où Salvini a pourtant été élu sénateur (dans la circonscription de Rosarno, en Calabre), sont victimes, plus que d’autres, de la violence des organisations criminelles mais ne rentrent pas dans son champ de vision myope, qui ne perçoit aujourd’hui que les immigrés qui servent à transformer en soutien électoral le racisme le plus grossier.

    A peine nommé, le ministre de l’intérieur déclare : « Pour les migrants, la fête est finie. » Quelle fête de naître en Afrique, de tout sacrifier et de s’endetter pour tenter de construire un avenir meilleur, dans l’espoir de pouvoir changer la donne et d’aider sa famille qui, en attendant, reste là-bas, parce qu’elle est trop nombreuse, parce qu’elle compte des femmes, des personnes âgées et des enfants qui ne supporteraient pas les souffrances d’un voyage long et éprouvant. Quelle fête de traverser le continent, de voyager entassé dans un véhicule conçu pour dix personnes qui en transporte cinquante. Quelle fête d’aller sans nourriture et presque sans eau, d’être dans la fleur de l’âge et pourtant si fatigué, épuisé, à bout et d’avoir, malgré tout, encore de l’espoir.

    Quelle fête d’arriver en Libye, de faire l’impossible pour ne pas rester prisonnier dans un camp de réfugiés, de chercher à ne pas devenir une monnaie d’échange entre des ravisseurs assoiffés d’argent et la famille restée au pays qui, pour aider celui qui s’enfuit en Europe, contracte des dettes qu’elle remboursera avec des années de labeur – un emprunt pour la liberté, un crédit pour acheter l’espoir.

    Quelle fête de payer sa place sur un Zodiac et d’être, peut-être, celui qui sera chargé de le diriger et qui se trouvera de fait considéré comme « passeur » au cas où les choses tourneraient mal. Quelle fête de passer des heures et des heures en mer. En mer calme, en mer agitée. En mer chaude et éblouissante le jour, froide et noire la nuit. Quelle fête d’être écrasé, entassé avec plus de cent personnes sur une embarcation qui prend l’eau de toutes parts, et de se trouver au centre, là où l’air manque, puis d’être assis au bord, les jambes ballantes, engourdies, glacées. Quelle fête d’être enfant et de vivre cet enfer, d’être mère, père, et de se sentir responsable d’avoir emmené ce que l’on a de plus précieux au monde dans une situation de danger extrême. Quelle fête quand le Zodiac ne tient plus le coup, qu’il prend l’eau et que la peur de couler vous tenaille.

    Quelle fête quand Malte, l’Italie et le reste de l’Europe tentent de se débarrasser de la patate chaude et de l’envoyer le plus loin possible. Quelle fête quand les ONG – ces « taxis de la mer » (copyright Luigi Di Maio), ces « vice-trafiquants » (copyright Matteo Salvini) – sont empêchées de porter secours à des êtres humains, mais que l’on donne le feu vert à la garde côtière libyenne, à elle oui, elle qui est de mèche avec les trafiquants (source : ONU). Quelle fête lorsque l’on transmet à la télévision des vidéos des opérations de sauvetage de cette même garde libyenne et que l’on coupe les longues minutes pendant lesquelles les militaires frappent les migrants, tirent en direction des embarcations et menacent le personnel des ONG.
    Impossible de me taire

    Quelle fête quand personne ne vient à votre secours et quand votre embarcation est en train de sombrer, emportant avec elle les corps à présent sans force de ceux qui ont supporté la séparation d’avec leur famille, le voyage à travers le désert, la faim, les coups, les tortures dans les camps libyens, les viols et violences de tout type. Pensons-y, merde, quelle fête ! Quand, dans cent ans, on sondera les fonds de ce petit bout de Méditerranée et qu’on y trouvera des centaines de corps humains, on se demandera quelle guerre s’est jouée là.
    L’Italie réitère l’interdiction aux ONG d’accéder à ses ports

    Rome persiste et signe : Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur et nouvel homme fort de la politique italienne, a réitéré, samedi 16 juin, l’interdiction aux ONG d’accéder aux ports de la péninsule, au risque d’envenimer encore les tensions européennes autour de la crise migratoire.

    Il s’est exprimé sur son compte Facebook : « Alors que le navire Aquarius navigue vers l’Espagne [arrivée prévue dimanche] deux autres navires d’ONG battant pavillon des Pays-Bas [Lifeline et Seefuchs] sont arrivés au large des côtes libyennes, en attente de leur cargaison d’être humains abandonnés par les passeurs. Que ces messieurs sachent que l’Italie ne veut plus être complice du business de l’immigration clandestine, et ils devront donc chercher d’autres ports (non italiens) vers lesquels se diriger. En ministre et en père, je le fais pour le bien de tous », a-t-il ajouté.

    Quelle fête quand les choses vont mieux, quand la marine militaire italienne donne son autorisation et que les « taxis de la mer » peuvent enfin commencer les opérations de sauvetage. Et quelle fête, ensuite, une fois monté à bord de ces « taxis », de savoir, ou d’avoir la nette intuition, que ces heures de navigation seront les seules au cours desquelles il sera possible, peut-être, de souffler un peu. Peut-être de dormir. Peut-être d’espérer que ces douloureuses plaies aux pieds, nus, qui, au sec, se sont ouvertes après être restées tout ce temps dans l’eau, sont le pire qui puisse arriver.

    Mais le pire, ce ne sont pas les pieds blessés, ce n’est pas la faim, ce n’est pas le manque de sommeil ni les pensées pour ces compagnons de voyage morts ou disparus. Le pire, c’est en Italie qu’il se produira, si les ports sont ouverts. Ou ailleurs si, comme ces jours-ci, le duo Salvini-Toninelli [ministre des infrastructures et des transports] ferme les ports aux « passagers » de ces délectables « croisières ».

    La « fête », pour quelqu’un qui a débarqué de nuit en Italie et obtenu un permis de séjour, peut avoir lieu de nuit, un samedi soir, alors qu’il aide des compagnons à se procurer de la tôle pour construire un refuge résistant aux flammes. La fête est soudaine. La fête est une balle tirée dans la tête. Soumaila Sacko est mort ainsi, en Calabre, à quelques kilomètres de Rosarno, la petite commune où Salvini a été élu sénateur. Soumaila avait un permis de séjour en règle. Je n’ose imaginer quelle est la fête pour celui qui n’a pas de papiers.

    Ce que je sais avec certitude, c’est que nous ne pouvons accorder de répit à ce gouvernement, qui procède à coups de déclarations, et que nous devons lui faire regretter le jour où, par égoïsme, intérêt et méchanceté, il a décidé – car, oui, il l’a décidé – que pour exister, il fallait devenir raciste. Voilà pourquoi, en ces heures comme jamais, il m’est impossible de me taire. En ces jours comme jamais, je me sens, et heureusement je ne suis pas le seul, comme un fleuve en crue qui doit expliquer pourquoi on ne peut laisser du temps au nouveau gouvernement qui, alors qu’il ne s’est pas encore mis sérieusement au travail, a déjà causé trop de mal. Un mal irréparable.
    Guerre fratricide

    Comment est-ce possible, me demanderez-vous, s’il est en place depuis si peu de temps ? C’est possible parce qu’il a été précédé par la longue et exténuante campagne électorale de la Ligue (Forza Italia n’a été qu’une béquille, le dindon de la farce) et du M5S qui ont, sans aucun scrupule ni limites, joué avec le point faible de ce pays dont le lien de confiance avec la politique était déjà définitivement rompu. Et pourquoi, me demanderez-vous, fait-il à présent confiance à deux mouvements politiques comme la Ligue et le M5S qui, aux yeux de beaucoup – dont je fais partie – sont aussi peu fiables que le Parti démocrate (PD) et Forza Italia (FI) ?

    D’abord, parce que ces partis savent communiquer sur les réseaux sociaux, ensuite, parce qu’ils entretiennent des rapports réels (et pas seulement virtuels) avec les électeurs, des rapports que FI et le PD n’ont plus depuis longtemps, mais surtout, parce que, même s’ils l’ont fait de la plus mauvaise façon qui soit, ils sont parvenus à faire passer ce message : « Chers Italiens, nous vous comprenons, nous sommes de votre côté. Vos peurs ? Elles sont justifiées. Votre rancœur ? Justifiée aussi. » Mais la Ligue et le M5S sont allés encore plus loin. En diffusant des informations et des chiffres faux, ils ont donné à beaucoup d’Italiens ce qu’ils voulaient : des ennemis en chair et en os.

    Une guerre vient d’éclater en Italie, une guerre longtemps restée silencieuse, et elle se mène sur deux fronts. Le premier est celui où s’opposent ce gouvernement et ceux qui tentent de dire qu’il n’offre pas de solutions réelles aux problèmes économiques et au mal-être du pays. Le second est un front où les victimes sont nombreuses et réelles, parce que c’est une guerre fratricide entre personnes qui souffrent. Une guerre dont dépend le destin de l’Italie et de l’Europe. Les migrants africains qui arrivent ici sont au centre de cette guerre, mais en apparence seulement ; en réalité, ce qui est en jeu, c’est le genre d’avenir que nous voulons construire, un avenir fait d’engagement et de travail, ou bien un avenir de terreur et de pauvreté. Nos actions d’aujourd’hui conditionneront davantage que ce que l’on peut prévoir (ou plus que ce que l’on veut bien voir) notre monde de demain.

    La guerre qui se joue n’est pas, comme les apparences pourraient le laisser croire, une guerre pour la fermeture des frontières ou la réduction du flux de migrants qui arrivent en Italie ; si c’était le cas, il conviendrait de rediscuter les accords signés avec l’Europe, et non d’armer les Italiens contre d’autres êtres humains.

    De ce point de vue, l’Aquarius a été un piège dans lequel nous sommes tous tombés et qui a servi à diviser l’opinion publique, à stimuler les passions et à étouffer toute réflexion. D’un côté, il y a ceux qui, malgré les 630 êtres humains en mer, estiment juste de donner une leçon à l’Europe et, de l’autre, ceux qui jugent insensé d’instrumentaliser 630 âmes pour obtenir des négociations. Reste que nous avons tous perdu de vue le cadre d’ensemble. Qui est plus ou moins le suivant.
    La propagande et les faits

    L’objectif du « zéro débarquement » en Méditerranée n’est que de la propagande criminelle. Cela n’arrivera pas du jour au lendemain – cela n’arrivera de toute façon jamais. Matteo Salvini – c’est la ligne partagée par la Ligue et le M5S et c’est ce que nous souhaitons tous – dit vouloir empêcher d’autres tragédies en mer et soustraire les migrants à la voracité des trafiquants d’êtres humains de Libye et à celle des organisations criminelles d’Italie, mais la propagande est une chose, les faits en sont une autre. Le « zéro débarquement », tous les prédécesseurs de Salvini ont essayé d’y parvenir avant lui, avec les mêmes recettes et le même fiasco (construire des camps en Libye ne marche pas ; ce qui marche, c’est respecter les droits de tous les êtres humains). Salvini est juste plus ostensiblement mauvais et il a des alliés au gouvernement qui le soutiennent.

    Au fil des ans, nous avons accordé des fonds à des pays instables, nous avons arrosé trafiquants et criminels avec l’argent des Italiens et des Européens sans rien résoudre, parce que tant qu’il y aura des personnes pour vouloir quitter l’Afrique et venir en Europe, en l’absence de moyens légaux de le faire, il y aura des personnes pour prendre leur argent et les y conduire.

    Pour les Africains, les portes de l’Europe sont closes et l’unique voie est celle de la clandestinité – et il se trouve que ce sont les mafias libyennes qui les font passer (en moyenne 100 000 par an). Il existe une demande mais aucune offre légale pour la satisfaire. Qu’importent les méthodes brutales de Matteo Salvini et les discours mielleux de Luigi Di Maio, c’est la loi du marché la plus élémentaire : quand il y a une demande, il y a une offre, légale ou non.

    Pouvons-nous accueillir tout le monde ? Non. Mais la part assumée par l’Italie n’est pas telle que l’on pourrait dire : « Là, c’est bon, ça suffit ! » Je me demande souvent quelle est la solution, comme s’il existait une solution qui pourrait résoudre le phénomène de la migration. Il n’existe pas une solution définitive, mais plusieurs pas à accomplir.

    Premièrement : régulariser tous les immigrés clandestins qui se trouvent aujourd’hui en Italie : en 2002, Roberto Maroni l’a fait en donnant des papiers à 700 000 immigrés qui se sont aussitôt transformés en 700 000 contribuables ; l’actuel gouvernement peut et doit aussi le faire.
    Consicence endormie

    Deuxièmement : plancher sur la réglementation sur les visas et cesser de donner de l’argent aux mafias libyennes, parce que ce sont des geôliers que nous payons. Ces fonds pèsent sur notre budget mais surtout sur nos consciences, même si, après tant d’années de campagne électorale au ras des pâquerettes, bien des Italiens ont la conscience endormie.

    Troisièmement : passer des accords avec les pays européens pour que les permis délivrés en Italie permettent de circuler et de travailler dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce qui signifie faire de la politique et arrêter de bavasser. Sans cela, il est facile de prédire ce que nous vivrons dans les prochains mois et les prochaines années.

    Ces derniers jours, les migrants de l’Aquarius ont été retenus en mer pendant deux jours, alors que ceux qui étaient à bord du Diciotti [navire de la garde côtière italienne] ont pu débarquer à Catane. Y aurait-il des migrants de classe A et d’autres de classe B ? Sur l’Aquarius, il y avait des gens provenant d’opérations de sauvetage de la garde côtière italienne ; la prochaine fois, j’imagine qu’aucun ne voudra quitter le navire des « secours » officiels pour aller sur celui d’une ONG pour qui, vraisemblablement, les ports resteront fermés dieu sait combien d’heures ou de journées.

    Mais les conséquences de tout cela, nous les vivons en Italie, où la guerre qui est en train de se jouer est une guerre fratricide entre des Italiens qui le sont depuis des générations et des migrants qui, en situation régulière ou irrégulière, vivent désormais dans ce pays et y travaillent souvent pour une misère, dans des conditions proches de l’esclavage.

    Paradoxalement, quand on se concentre sur ceux qui doivent encore arriver dans ce pays, on en perd de vue les droits de ceux qui s’y trouvent déjà : des droits qui appartiennent à tout être humain, en possession ou non d’un permis de séjour. Mais – et voilà le mal principal – la vague de haine que certains alimentent envers les Africains qui n’ont pas encore posé le pied en Italie se déverse sur les immigrés qui y vivent déjà. Nous assistons à une régression du lien social, à la montée d’une vague nationaliste et raciste envers tout ce qui est perçu comme un corps étranger.

    Et l’Europe dans tout cela ?

    Mais la triste vérité, c’est que, malgré tout, ce gouvernement plaît – et ses soutiens se multiplient – parce qu’il indique des cibles, des ennemis à lapider, des catégories de personnes contre lesquelles se battre. Que cela plaise ou non aux Italiens de se l’entendre dire, c’est comme cela. Or l’énorme masse des Italiens « d’origine contrôlée » qui vivent dans la souffrance et l’intolérance n’amélioreront en rien leur propre condition en s’armant contre les migrants, avec ou sans permis de séjour. Bien au contraire, quand les droits sont garantis même aux minorités, la communauté entière en bénéficie. Les retombées sur la société et la sécurité sont immédiates.

    Il a fallu des dizaines d’années à des communautés entières pour s’intégrer, et il en suffit de quelques-unes pour que tout s’effondre comme un château de cartes sous les coups portés par ce nationalisme qui est en train de tous nous faire devenir les ennemis de tous. Une fois encore, je pose la question : et l’Europe dans tout cela ? L’Europe s’est déjà faite à l’idée que l’Italie était perdue. Comment interpréter autrement les jugements d’Emmanuel Macron et de son entourage à propos de Matteo Salvini ? Si un écrivain, un intellectuel, un journaliste de quelque nationalité que ce soit disait que la stratégie de celui-ci est « à vomir », il ne ferait qu’exercer son droit à la critique, qui est légitime. Mais quand c’est l’équipe d’un chef d’Etat qui le dit, c’est la preuve que l’Italie est déjà sortie de l’Europe.

    Si l’Europe faillit à sa mission d’accueil et d’intégration, il est du devoir de l’Italie de se faire la chef de file d’un mouvement pour un changement vertueux, et non de sombrer dans le nationalisme le plus abject. Et les responsables européens qui ne sont pas à la hauteur de la situation feraient mieux de se taire plutôt que de lancer des insultes par calcul, parce que des vies humaines sont en jeu, et que quand des vies humaines sont en jeu, le calcul politique n’est que cruel cynisme.

    Traduit de l’italien par Valentine Morizot

    #Migrants #Italie #Europe #Humanisme

    https://seenthis.net/messages/703546 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Adieu, mes trompes « RETARD → Magazine
    http://retard-magazine.com/adieutrompes

    Se faire retirer les implants est un véritable parcours du combattant. Il faut déjà trouver un.e chirurgien.ne qui soit convaincu.e des effets indésirables du dispositif, et donc enclin.e à les enlever. Beaucoup ne souhaitent pas risquer l’explantation sous prétexte que les effets secondaires seraient « dans la tête » des patientes. Bah oui, les femmes sont des petites natures névrosées qui s’inventent des problèmes, c’est bien connu. Ensuite, il faut trouver celui ou celle ayant déjà plusieurs expériences de retrait (rappelons qu’il s’agit pour l’instant d’une opération peu pratiquée ne bénéficiant d’aucune directive officielle) dont la technique de chirurgie semble sûre. C’est limite s’il n’est pas plus simple de trouver un nain de jardin bleu dans son frigo.

    J’ai rencontré plusieurs chirurgiens. Les discours paternalistes et culpabilisateurs de ces messieurs m’ont mise plus bas que terre à un moment de ma vie où j’avais désespérément besoin d’être soutenue. Je me suis sentie abandonnée par le corps médical et j’ai subi de plein fouet la misogynie crasse de la médecine :

     »Mais voyons Madame, une stérilisation à 29 ans, c’était de toute façon inconscient ! »

    #Essure

    https://seenthis.net/messages/703966 via Mona


  • En mathématiques, les filles restent des inconnues - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/06/21/en-mathematiques-les-filles-restent-des-inconnues_1660876

    C’est ensuite que tout se complique. Lola se voit reléguée tout au fond la classe  : 35e, 35e, 36e aux trois premiers contrôles. En janvier, elle doit choisir entre faire autre chose ou s’accrocher. A la maison, son père ne cesse de lui répéter que les filles sont meilleures que les garçons. Le stéréotype qui veut que les mathématiques ne sont pas faites pour les filles tourne dans l’autre sens. « J’ai repris les bases, repassé les programmes de 1ère et de TS, quand le professeur était déjà passé au programme de math sup. » C’est à ce moment qu’elle découvre le sexisme très ordinaire qui traîne dans les couloirs d’un grand lycée parisien. « On pardonne très facilement aux garçons de ne faire que des maths. Ils peuvent s’enfermer dans le travail, ne faire que bosser, passer de l’internat aux salles de cours en peignoir, en survêtement ou même en pyjama. C’est presque normal. On dira  : “C’est un bosseur”. Des filles, on attend autre chose. Il faut qu’elles soient sympathiques, qu’elles préparent le buffet pour les fêtes, qu’elles s’investissent dans la vie de la classe. Elles doivent “jouer les princesses” et passer du temps à se préparer. On perd un temps fou, et pendant ce temps, les garçons bossent et passent devant. Moi, je descendais comme j’étais, et tant pis si ça provoquait des remarques », s’agace Lola qui refuse la division surhommes et princesses, nouvelle version du « Sois belle et tais toi  ! ».

    #sciences #sexisme #beauté_fatale

    https://seenthis.net/messages/703974 via Mona


  • http://www.le-terrier.net/polis/archivesjournaux/cqfd/02_19.jpg

    Qu’est-ce qu’un riche ?, dessin de L.L. de Mars

    Je voudrais revenir sur cette idée de la violence.

    La violence j’ai toujours été contre. Et je comprends aujourd’hui à quel point cela fait de moi un bon bourgeois. J’ai enfin compris. Il m’a fallu le temps. Et pourtant cela faisait des années que je remâchais sans cesse une citation de Jean-Luc Godard à propos du cadrage, mais à vrai dire j’ai tellement de mal, chaque fois que je veux la produire, d’en retrouver l’originale, au point même de douter de l’avoir jamais lue ― sans parler que chaque fois que je la cherche sur Internet, je retrouve des traces de mes citations précédentes, je crois que je devrais m’interroger à propos de cette citation dont Godard n’est peut-être pas l’auteur véritable pas plus que de Vent d’Ouest, passons ―, c’est une citation à propos du cadrage, mais dont l’exportation dans tant de champs est possible. À propos du cadrage donc, Godard aurait dit, pensé ou écrit, que l’on parle souvent de la violence des crues et nettement moins souvent de celle des berges qui enchâssent le fleuve dans son lit le reste de l’année. Et il me semble qu’avant même de parler de cadrage cette citation de Godard parle surtout de violence.

    Or la violence des berges n’a jamais été aussi violente, féroce même.

    Mais, la violence des berges est invisible, par définition, en grande partie parce qu’elle est quoti-dienne. Mais ce n’est pas parce qu’une chose est invisible qu’elle n’existe pas, a fortiori si elle est quotidienne.

    Je donne un exemple. Le premier mai, le cortège de tête aurait été violent. C’est possible. On doit pouvoir chiffrer la chose avec la comptabilité de quelques factures de vitrier, c’est-à-dire pas grand-chose, je ne sais même pas si on peut parler d’une crue, une vaguelette est passée au-dessus des berges. Or, au même moment ― et il y a une certaine violence dans ce au même moment ― les berges, elles, ont été d’une violence inouïe (et je ne parle pas, même pas de la violence policière ce jour-là, qui, nul doute, a sans doute été le déluge habituel), non : Macron a annoncé sa volonté de supprimer l’exit-tax, dispositif fiscal qui lutte contre l’évasion fiscale, veillant à poursuivre celles et ceux qui s’en rendent coupables, d’une part, mais aussi de leur faire payer leurs éventuelle velléités de relocaliser leurs capitaux échappés ― au motif, sans doute, qu’on ne peut pas se contenter de dépenser tout ce bel argent dans les pays pour lesquels l’argent n’a pas d’odeur, ou dit autrement, on peut seulement manger autant de chocolat et avoir autant de montres à ses poignet, pour les voitures de courses, on est coincé, le pays hôte ne semble pas en fabriquer. Il m’arrive de demander ce qu’il se passe dans la tête des adeptes de la grande théorie du ruissellement, se pourrait-il qu’ils et elles en soient convaincues elles-mêmes ? Des fois il est étonnant de voir comment tous ces penseuses et penseurs de droite parviennent surtout à se convaincre eux-mêmes. Passons. Dans le cas de l’annulation future de l’exit-tax, ce n’est plus une facture, voire des factures, de vitriers, ce sont carrément des millions, possiblement des milliards que l’on dérobe à des personnes qui en ont besoin, nous tous et toutes, certaines parmi nous, qui en ont crucialement besoin pour être logées, nourries soignées, autant dire des besoins tout ce qu’il y a de fondamentaux, et l’argent de ce rapt des berges est ensuite dirigé vers des organismes, des corps et des institutions qui d’une part n’en ont pas vraiment besoin, mais qui en plus n’en feront rien de bien, rien d’utile, rien de nourrissant, sauf pour eux-mêmes, mais plus j’y pense et plus je me demande qui sont-ils et elles celles et ceux qui effectivement y ont intérêt. En fait c’est toujours devant ce seuil infranchissable que ma compréhension des raisonnements économiques cesse, parce que cela devient littéralement abstrait, ce que j’en perçois c’est que cela relève du systémique, que le système profite au système, lequel ruisselle, en fait, le moins possible et dans des écuelles parfaitement désignées qui sont celles de celles et ceux les seuls vraiment affairés à travailler à cette limitation du ruissellement tout en expliquant à quel point il est vital. Bref pour singer Edouard Levé dans Autoportrait, je comprends le début de la fin et la fin du début, le début du début de la fin et la fin du de la fin du début, ou encore la fin du début de la fin et le début du début de la fin, c’est après que je ne comprends plus.

    Et jusqu’à maintenant, je me tenais hésitant sur ce seuil, puisque ma compréhension ne parvenait pas à aller plus loin quelle était ma légitimité à me joindre à celles et ceux qui elles et eux ont compris depuis longtemps, d’une part qu’il y a duperie, c’est entendu, un ruissellement vers l’amont et non vers l’aval n’est pas un ruissellement mais une captation, mais d’autre part aussi que pour rétablir le cours naturel du ruissellement, il n’y avait qu’une seule solution, le renversement, et étant donné la taille du plateau, cela ne se ferait sans doute pas sans violence.

    Et il aura fallu un dessin de mon ami L.L. de Mars pour que je comprenne qu’il n’y avait justement plus rien à comprendre. Ce dessin c’est celui que j’ai mis en tête de cet article. C’est ce dessin, comme aucun graphique, aucune courbe, aucun fait, qui décrit, avec précision, la violence des berges qui est normalement invisible, transparente.

    Un dessin vaut parfois de longs discours.

    #pendant_qu’il_est_trop_tard

    https://seenthis.net/messages/698451 via Philippe De Jonckheere


  • Ce milliard d’euros que Pôle emploi réclame aux chômeurs
    https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-17-mars-2018

    Pôle emploi a versé à tort près d’un milliard d’euros. C’est ce qu’on appelle des « trop-perçus ». Pour les demandeurs d’emploi qui doivent rembourser cet argent, c’est une véritable épreuve. Enquête.

    #radio #audio #chomage #guerre_aux_pauvres

    voire aussi :
    Rembourser Pôle emploi, le casse-tête de milliers de chômeurs
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/290518/rembourser-pole-emploi-le-casse-tete-de-milliers-de-chomeurs

    Les personnes concernées ne font que rarement partie des 3,4 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi dans la « catégorie A », objets de tous les débats publics, qui cherchent un poste et n’ont pas du tout travaillé durant le mois. Ceux qui sont le plus touchés par les trop-perçus sont parmi les 2,1 millions d’inscrits des
    « catégories B et C », parce qu’ils cherchent un emploi mais travaillent un peu – moins de 78 heures dans le dernier mois pour les
    « catégorie B », et plus de 78 heures pour les « catégorie C » (lire ici le portrait de certains d’entre eux fait par Mediapart).

    Ces travailleurs à temps partiel subi (en « activité réduite » selon la terminologie officielle), très largement absents de la conversation nationale, sont en constante augmentation : 162 000 de plus en un an, et 419 000 en trois ans ! Tous peuvent cumuler le montant de leurs petits salaires avec une partie de leurs allocations chômage, s’ils y ont droit, dans la limite d’un plafond calculé pour chacun. Dans la pratique, ils sont environ 800 000 à avoir recours à ce cumul chaque trimestre.

    Ce sont ces « cumulards » qui se voient réclamer, à plus de 80 %, les trop-perçus versés par Pôle emploi. L’Unédic, l’association qui gère les ressources financières dévolues à l’assurance-chômage, s’est émue l’an dernier de ces « indus ». Entre août 2016 et juillet 2017, elle a dénombré 2,2 millions d’indus mensuels, pour un total d’un milliard d’euros (alors qu’environ 30 milliards d’euros d’allocations ont été versées en 2017). Les montants en jeu ont explosé, avec une hausse de 36 % entre janvier 2015 et décembre 2017, et cela ne devrait pas s’améliorer tant qu’augmente le nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite.

    https://seenthis.net/messages/698217 via mad meg


  • À Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique
    https://reporterre.net/A-Vittel-Nestle-privatise-la-nappe-phreatique
    https://reporterre.net/IMG/arton14784.jpg

    À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters et les habitants pompent la même eau. La ressource se réduisant de façon préoccupante, les autorités locales veulent la faire venir des environs pour abreuver la population. La multinationale, elle, pourra continuer de puiser dans le sous-sol.

    Ce différend me remet en mémoire le documentaire
    « Bottled life – Nestlé et le business de l’eau en bouteille » de Res Gehriger et Urs Schnell
    Ce film dévoile les coulisses peu reluisantes de ce marché et dont Nestlé est un des géants. Il pose aussi et surtout la question cruciale du statut de l’eau : bien commun ou propriété lucrative de certains ?


  • L’homme qui a utilisé l’art moderne pour torturer des détenus | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/161005/histoire-guerre-espagne-alphonse-laurencic-checas-torture-art-moderne

    Pour bien cerner cette histoire, il faut tout d’abord rappeler le contexte de cette période sombre qui a marqué l’Espagne. En 1936, après le coup d’État de l’armée, deux camps s’affrontent : les nationalistes et les républicains du Front populaire.

    Dans le second, le Service d’information militaire (SIM), un service de contre-espionnage, est créé à l’été 1937 pour débusquer les espions infiltrés ou les ennemis présumés. Parmi ces derniers, des nationalistes, mais aussi des anarchistes et des communistes libertaires anti-staliniens.

    Pour les faire parler, des cellules appelées « checas » sont créées. À l’intérieur de ces gêoles basées principalement dans trois villes –Madrid, Valence et Barcelone– et inspirées par celles de l’Union soviétique (« Tchéka » étant le nom de la police politique combattant les ennemis du bolchevisme), plus de 8.500 personnes ont été tuées.

    Si le SIM n’a pas attendu Laurencic pour construire ces cellules, c’est bien le Français qui a imaginé les plus perverses.
    Armoires diaboliques
    http://www.slate.fr/sites/default/files/Celdas%20psicot%C3%A9cnicas%206..jpg
    À la demande des chefs du SIM, Laurencic a d’abord dessiné des pièces dans lesquelles les détenus étaient placés dans des armoires d’une hauteur variant de 1m40 à 1m60, de cinquante centimètres de largeur et quarante de profondeur. Les hommes y étaient enfermés pendant des heures, évidemment incapables de se tenir droit.

    Dessin des « cellules armoires » | DR

    Ils pouvaient s’asseoir, mais le siège était incliné, de façon à ce qu’ils soient toujours sur la pointe des pieds. L’espace était tellement étroit que le détenu ne pouvait changer de position, de même qu’il lui était impossible de se protéger les pupilles de l’ampoule électrique constamment allumée au niveau de leur visage.

    « Urduena [l’un des bourreaux, ndlr] pensait que le fait de rester cinq à dix minutes dans cette position saurait calmer les plus récalcitrants », expliquait Laurencic lors de son procès.
    http://www.slate.fr/sites/default/files/2%20dibujos%20de%20checas.jpg
    Dessins qui rendent fou

    Laurencic a également utilisé les couleurs pour faire craquer les détenus dans quatre « cellules psychotechniques », en privilégiant des vitraux verts.

    C’est Santiago Garces, le chef du SIM, qui lui a conseillé cette couleur « triste, lugubre, comme un jour de pluie, qui prédispose à la mélancolie et à la tristesse ».

    Carnet de dessins des cellules d’Alphonse Laurencic | DR

    Ces pièces construites dans l’ancien jardin du couvent de Santa Maria Magdalena Madres Agustinas, situé dans la rue Vallmajor de Barcelone, étaient toutes goudronnées –à l’intérieur comme à l’extérieur– et orientées vers le sud, de telle sorte qu’elles étaient quasiment constamment baignées par la lumière du soleil.

    On imagine sans mal la peine que les détenus avaient pour respirer, en raison de la chaleur étouffante et de l’odeur.
    http://www.slate.fr/sites/default/files/Celdas%20psicot%C3%A9cnicas%203..jpg
    Dessin d’une « cellule psychotechnique » | DR

    Autre ignominie, le « lit ». Mesurant 1m50 de long et soixante centimètres de large, il était incliné de vingt degrés, pour éviter que le détenu puisse se reposer : quand ce dernier s’endormait, son corps s’affaissait.

    Il était également impossible de marcher dans la cellule, puisque des briques étaient apposées sur le sol. Pour déstabiliser encore davantage les prisonniers, une horloge était quotidiennement avancée de quatre heures, sans qu’ils ne puissent s’en apercevoir.

    Pour couronner le tout, les murs étaient incurvés et couverts de motifs géométriques –cubes, dés, damiers, spirales, points, cercles, lignes horizontales– de différentes couleurs, ainsi que d’œuvres abstraites et surréalistes inspirées notamment par l’école du Bauhaus et ses figures majeures : Kandinsky, Moholy-Nagy, Itten...

    « Laurencic avait travaillé dans le Berlin de la République de Weimar en tant que musicien et décorateur. Il s’est imprégné de toutes les sources de l’école du Bauhaus, très à la mode dans les années où il y a vécu, entre 1926 et 1933 », explique Susana Frouchtmann, auteure de l’ouvrage qui lui est consacré et qui a découvert par hasard leur « lien de parenté ».

    https://seenthis.net/messages/697553 via mad meg


  • IMPORTANT : Ma collaboration avec Orient XXI a pris fin.
    Il y a 5 ans, je rejoignais un beau projet qui n’était alors qu’une idée. J’y ai mis toute mon énergie, mes compétences et mon coeur. Je m’y suis entièrement consacrée, le plus souvent dans l’ombre. Aujourd’hui cette aventure se termine pour moi. Je tiens à remercier tou-te-s les personnes qui m’ont soutenue et ont soutenu ce média, par amitié pour moi, par intérêt pour mon travail et pour le Journalisme.
    Je n’aurais pas fait tout ça sans vous et si ce n’était pour vous. J’espère avoir prochainement des annonces à vous faire mais n’ai rien de concret pour le moment. Je reste joignable par mail wardamdjournaliste@gmail.com.
    Encore merci à chacun-e de vous. Avec toute mon amitié.

    https://seenthis.net/messages/697620 via Warda Mohamed



  • Parchemin Ma4 - Admirabile idoneos transfertur ad matrem vulpes corvum -

    C’est un sort pour renforcer les mères célibataires. Il sera écrit par @touti - Merci à toi @touti je suis ravie de cette collaboration avec toi.
    La partie texte est en cours d’écriture mais je commence à stocker mes images d’inspiration, images source et divers documents et idées.

    Ce Sort comportera de l’allemand et des corbeaux en référence à l’insulte allemande misogyne : mère-corbeau. Il prendra la forme d’une Mitre qu’on faisait porter aux sorcières sur le bûcher.

    –---------------
    Sur les mères-corbeau :
    https://seenthis.net/messages/503908

    Sur les mères célibataires :
    https://seenthis.net/messages/454458
    https://seenthis.net/messages/419415
    https://seenthis.net/messages/499629

    Sur le traitement que les catholiques réservent aux mères célibataires et à leurs enfants :
    https://seenthis.net/messages/263833

    Sur le traitement des mères célibataires au Maroc (je le met pour la documentation mais je m’en servirai pas car il faudrait que je travaille avec une soeurcière marocaine pour aborder cette problèmatique avec elle) :
    https://seenthis.net/messages/178245

    –-------

    Quelques mitres :

    Mitre d’infamie :

    Mitre d’une sorcière trans
    http://www.stejeannedarc.net/images/vetements/bande_mitre.jpg
    http://www.montjoye.net/images/personnages/jeanne-darc/rouen-vieux-marche/jeanne-darc-mitre-rouen-brulee-adrien-harmand.JPG
    http://a397.idata.over-blog.com/0/56/96/93/Tch--coslovaquie-----CCSH---Jan-Hus-sur-le-bucher.gif

    Mitre d’un sorcier de l’évasion fiscal :
    https://1.bp.blogspot.com/-1t0LBcOAv88/WNdffwqTEtI/AAAAAAAAGe0/AMUeRUqPdhQLbN8caXM3AJ0K3D7gF6z9gCLcB/s1600/Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2017-03-26%2Ba%25CC%2580%2B08.27.07.png

    Mitre vaticane pour les sorciers pédophiles et persécuteurs de mères célibataires :
    https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/49/3c/37/493c37afd0848997adbe48c9f3866e69.jpg
    http://jean-claude.bologne.pagesperso-orange.fr/vocabulaire/tiare.jpg

    Mitre espagnole accompagne le Sambenito ici vu par Goya :
    http://users.skynet.be/litterature/lecture/goya_inqu3.jpg
    Une version avec les niveau divers d’infamie des "San Benito"
    http://quhist.com/wp-content/uploads/2010/02/sambenitos.jpeg.jpg
    Détail d’une gravure d’origine inconnu,
    http://3.bp.blogspot.com/-qctwocZsDPQ/UnRPfgnMAuI/AAAAAAAAD_s/93meJuoIrYY/s1600/Sambenito1.gif

    Il s’agissait au départ d’un sac de laine béni par un curé, d’où son nom de saco bendito (sac bénit en espagnol) ensuite transformé en sambenito en raison de la proximité phonétique de ce mot avec San Benito (Saint Benoît en espagnol).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sambenito

    –-----

    Autour des corbeaux

    Malphas - président des enfers -

    Malphas est un démon issu des croyances de la goétie, science occulte de l’invocation d’entités démoniaques.

    Le Lemegeton le mentionne en 39e position de sa liste de démons. Selon l’ouvrage, Malphas est un grand président des Enfers. Il apparaît sous la forme d’un corbeau mais peut prendre forme humaine. Le son de sa voix est rauque. Il bâtit des citadelles et des tours inexpugnables, renverse les remparts ennemis, et permet de trouver de bons serviteurs. 40 légions infernales lui obéissent.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Malphas

    http://www.iza-voyance.com/demonlogie_demon/images/malphas.jpg
    Pentacle de Malphas :
    http://www.iza-voyance.com/demonlogie_demon/pentacle_demons/malphas.jpg
    Il existe un groupe de Death metal mélodique qui à un jolie sigle inspiré du sceau de Malphas
    http://www.metal-archives.com/images/3/5/4/0/3540365275_logo.png?2736
    http://www.metal-archives.com/bands/Malphas/3540365275
    –----
    http://www.cepi.asso.fr/images/corbeau.jpg

    L’arme à feu « corbeau de feu volant » créée sous la dynastie Ming est faite de cette façon : de fines lamelles de bambou étaient reliées avec du papier de soie et le coller en forme de corbeau, qui est ensuite rempli de poudre et propulsé par quatre fusées. Le « corbeau » est très puissant dès l’explosion et peut brûler d’un feu violent, suffisamment fort pour incendier le camp ennemi sur terre ou les bateaux sur l’eau.

    https://chine.in/amp/0/2974

    –----
    Même si je m’en servirait pas j’en profite pour mettre quelques uns des dessins de Manet pour le Corbeau d’E.A.Poe
    http://my.yoolib.com/bubljdlec/wordpress/wp-content/uploads/2014/03/derniere-planche.png
    http://www.artnet.com/WebServices/images/ll00543lldpo0GFgnabR3CfDrCWvaHBOcZvtD/%C3%A9douard-manet-le-corbeau-(sur-la-buste-de-pallas).jpg
    http://www.temporel.fr/IMG/jpg/edouard-manet-le-corbeau-the-raven-1875-n-1344687-0.jpg

    –----

    Costume de medecin d’inspiration coracoïdienne
    http://images.slideplayer.fr/3/1214671/slides/slide_7.jpg
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7b/Plague_Doctor_%28The_Mirror_of_literature%2C_1841%29.png/220px-Plague_Doctor_%28The_Mirror_of_literature%2C_1841%29.png

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    Apophyse Coracoïde (à cause de son joli nom, en forme de corbeau)
    http://cf.termwiki.com/thumb1.php?f=coracoide-1373716720.jpg&width=245&height=160&nocache=1
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    http://astronomie.blogs.charentelibre.fr/media/01/01/2318523331.JPG
    Le corbeau d’Apollon

    Dans la mythologie grecque tous les dieux avaient un oiseau favori. Zeus, le Dieu des dieux, avait choisi l’Aigle, Héra, sa femme possédait un paon et Athéna, la déesse de la Guerre, une chouette quan tà Apollon, le dieu de la Musique et de la Culture, il ne se séparait jamais de son corbeau blanc.

    En effet, en ces temps reculés, non seulement les corbeaux étaient blancs, mais ils avaient un bec effilé et sifflaient divinement. Que s’est-il donc passé pour qu’ils aient un plumage de deuil, un énorme bec disgracieux et qu’ ils coassent si désagréablement, emplissant champs et forêts de leurs sinistres et lugubres appels ?

    http://astronomie.blogs.charentelibre.fr/archive/2012/05/17/le-corbeau-d-apollon-n-3.html
    (La constellation m’intéresse mais je ne voudrais pas me servir du corbeau blanc en opposition au corbeau noir.)
    –-----
    Quelques ressources audio sur les corbeaux par Michel Pastoureau :
    Maître corbeau, oiseau de malheur
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-animaux-ont-aussi-leur-histoire/maitre-corbeau-oiseau-de-malheur
    L’homme et le corbeau, une étrange proximité
    https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/l-homme-et-le-corbeau-une-etrange-proximite

    –-----
    Corbeaux héraldiques
    http://3.bp.blogspot.com/-PTETmgsqV60/TgzrM588cYI/AAAAAAAAANY/X24caFguFIQ/s1600/Korwin-+Slepowron-pologne.png
    Cimier de corbeau
    http://lunoveleup.e-monsite.com/medias/images/blason-cimiers.jpg
    http://users.skynet.be/am035431/pages/5%20Les%20Premiers%20Seigneurs%20dApremont/images2/Blason%209.png
    http://dechav.free.fr/png/Boutigny_Machault.png

    au passage j’ai trouvé celui ci venu du Canada
    http://reg.gg.ca/heraldry/pub-reg/ProjectPics/iv018_19990072_ub910_milita.jpg
    "Les éclairs représentent la haute technologie. Le corbeau, cet oiseau d’une vive intelligence, symbolise la capacité d’utiliser cette technologie à des fins défensives et offensives.
    Devise : MENS ET MEMORIA - Cette sentence latine signifie « Intellect et mémoire »."
    http://reg.gg.ca/heraldry/pub-reg/project-pic.asp?lang=f&ProjectID=121&ProjectElementID=468

    –----
    Le roi des corbeaux
    https://i2.wp.com/canalculturaabierta.com/wp-content/uploads/2016/03/arabischer_maler_um_1210_001.jpg
    ci dessous une version gasconne de l’histoire : http://bourseauxsequences.free.fr/s%E9quences/s%E9quences_de_sixi%E8me/le%20conte/supports/le%20roi%20des%20corbeaux.htm
    mais l’illustration que j’ai trouvé n’as pas l’aire de venir de cette région et il doit y avoir d’autres version de l’histoire.
    –---

    Morphologie d’une aile :
    http://tpe-vol-oiseaux.e-monsite.com/medias/images/aile.jpg
    Les corbeaux ont aussi une apophyse coracoïde.

    –----

    Divers images de corbeaux
    http://www.kustomtattoo.com/wp-content/uploads/2012/12/corbeau1.jpg

    https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/14/d5/00/14d5009153585f662dde5d7b3259691a.jpg

    https://galerie.alittlemarket.com/galerie/product/1561013/10499083-baphomet-pentagramme-brode-dos-p-b0ce6_570x0.jpg

    https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/9c/b8/45/9cb8450c7ac86872e5f35d90c4f306bb.jpg

    https://pbs.twimg.com/media/CjCLb_NVAAAFDTO.jpg

    https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/03/5b/62/035b621e1c8507c105d41d528a8a111f.jpg

    #mitre #workinprogress #mad_meg #mégèrisme #corbeau #radio #femmes

    https://seenthis.net/messages/582382 via mad meg


  • Les obsessions de Franz-Olivier Giesbert - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Les-obsessions-de-Franz-Olivier
    Avec de vrais morceaux de @mona dedans !!

    Natacha Polony, Eric Zemmour, Jacques Julliard, Brice Couturier, Elisabeth Lévy, Franz-Olivier Giesbert, Valérie Toranian, Arnaud Leparmentier, Jean Quatremer, mais aussi le dessinateur Plantu : tels sont les nouveaux héros du #livre de Sébastien #Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran et Laurence De Cock, Les #éditocrates 2. Le cauchemar continue, qui parait aux éditions La Découverte. Parce que, plus que jamais, il nous parait utile, et même vital, de rire des cuistres et de mettre à nu les fabricants de consensus réactionnaire, sécuritaire et raciste, nous ne pouvons qu’en recommander la lecture. Après l’introduction, en voici un nouvel extrait.

    #média

    https://seenthis.net/messages/695230 via Agnès Maillard



  • À Paris, le restaurant L’Avenue ne veut ni Arabes ni femmes voilées
    https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/a-paris-le-resto-des-stars-ne-veut-ni-arabes-ni-femmes
    https://img.buzzfeed.com/buzzfeed-static/static/2018-05/17/5/enhanced/buzzfeed-prod-web-03/original-26148-1526550049-2.jpg?crop=1600:838;0,0
    C’est marrant, quand même : généralement le #racisme et le #sexisme vont souvent très bien ensemble…

    Pour vérifier ce point, nous avons tenté de faire une réservation depuis le Qatar au nom de « Ahmed ». Nous voulions réserver une table pour 4 personnes le mardi 1er mai à 12 h 30. « Malheureusement, mardi, c’est déjà complet, mais j’ai 22 h 30 », nous a répondu l’hôtesse. Nous avons alors demandé s’il était possible de réserver pour le déjeuner le lendemain. Impossible selon l’hôtesse, le restaurant étant complet. Nous avons donc demandé de réserver pour le déjeuner du jeudi 3 mai. Même réponse. L’hôtesse a prétexté des réservations effectuées par « de gros clients de New York ». Mais, lorsque nous avons rappelé un peu plus tard depuis Paris, au nom cette fois de « Yann », miracle : la réservation pour 4 personnes du mardi 1er mai a immédiatement été acceptée. Après vérification, le restaurant n’était absolument pas complet lors des créneaux sollicités.

    #discrimination

    https://seenthis.net/messages/695057 via Agnès Maillard


  • 3 assistants payés 1 an à ne rien faire pour 200 000 € par le gars qui a lancé le « RSA bénévolat » pour faire économiser de l’argent au département : Drôme, Patrick Labaune sera jugé pour détournement de fonds publics
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/drome-patrick-labaune-sera-juge-pour-detournement-de-fonds-publics-152650
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/05/24d4ed22-3e00-4ea9-a6b8-40ed56f9462a/870x489_870x489_da-j8koxyaa3o6t.jpg_large.jpg

    C’est l’ancien président du conseil départemental de la Drôme qui l’a annoncé lui-même ce mercredi : il est convoqué en correctionnelle pour détournement de fonds publics. C’est la suite des anomalies relevées par la chambre régionale des comptes.

    Patrick Labaune a préféré prendre les devants. Ce mercredi, il a annoncé qu’il avait reçu sa convocation devant le tribunal correctionnel pour le 11 septembre prochain. Il sera jugé pour détournement de fonds publics. L’enquête est donc bouclée sans saisie d’un juge d’instruction et l’ancien président du conseil départemental de la Drôme échappe au symbole que représenterait une mise en examen. 

    200.000 euros indûment dépensés

    Il n’y a pas d’enrichissement personnel dans cette affaire mais de l’argent public indûment dépensé. C’est la chambre régionale des comptes qui a relevé des anomalies dans son rapport dévoilé à l’automne dernier. Trois collaborateurs de l’ancienne majorité auraient tardé à être licenciés, pour un préjudice estimé par les magistrats à près de 200.000 euros.

    Détournement de fonds publics au département de la Drôme ? Octobre 2017
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/detournement-de-fonds-publics-au-departement-de-la-drome-1508149201

    Salaire, voiture de fonction, avantages... sans travailler

    C’est pour le directeur général des services que la situation est la plus surprenante. En juillet 2015, son départ est annoncé devant l’Assemblée départementale. Pourtant, grâce un accord confidentiel, il reste en place encore pendant un an, comme directeur général adjoint. Il touche son salaire de 6.800 euros net par mois, conserve sa voiture de fonction, son essence tout comme les forfaits de son portable et de sa tablette sont payés.

    Pendant ce temps-là, il ne travaille pas. D’abord il liquide ses congés, puis le Département lui paye une formation de coaching. Rien que pour lui, le préjudice pour le Conseil départemental dépasserait les 100.000 euros d’après la Cour des comptes.

    Dans son rapport, la chambre régionale des comptes, affirme que le directeur général des services n’aurait pas dû « bénéficier de conditions de départs avantageuses qui se sont avérées illégales et coûteuses ».

    Patrick Labaune (qui a démissionné de la présidence du Département, entre temps) assure qu’il a été conseillé par des avocats dans cette affaire, et qu’il ignorait que le directeur des services avait conservé tous ses avantages.
    Une enquête a été ouverte par le parquet de l’Isère (l’affaire est délocalisée). L’ex-président du Conseil départemental a été entendu à la brigade financière à Lyon.

    https://seenthis.net/messages/694912 via colporteur



  • Atrophies crâniennes et virus Zika : suspicion autour d’un produit chimique

    http://www.parismatch.com/Actu/International/Des-medecins-suspectent-un-produit-chimique-de-Monsanto-912875#CS1-6
    http://resize-parismatch.ladmedia.fr/r/940,628/l/logo/w/eTM-V0cDYiVm7-

    Des médecins argentins et brésiliens écartent le virus Zika dans l’apparition de graves malformations crâniennes chez les nouveaux-nés au Brésil. Et mettent en cause l’utilisation d’un insecticide fabriqué par un partenaire de Monsanto censé protéger de la dengue.

    http://cdn-parismatch.ladmedia.fr/var/news/storage/images/paris-match/actu/international/des-medecins-suspectent-un-produit-chimique-de-monsanto-912875/13035401-1-fre-FR/Des-medecins-suspectent-un-produit-chimique-de-Monsanto_article_landscape_pm_v8.jpg

    Le virus Zika ne serait pas à l’origine de la dramatique augmentation d’atrophies crâniennes et cérébrales des nouveaux-nés en Amérique du Sud. C’est ce qu’avance un groupe de chercheurs argentins, dans un rapport coordonné par le Dr Avila Vazquez, pédiatre spécialisé en néonatalogie, le 3 février dernier. Pourtant, avec 1,5 million de personnes infectées en quelques mois, le Brésil avait lancé l’alerte en novembre dernier, incriminant le virus transmis par les moustiques dans l’apparition de graves malformations congénitales et de troubles neurologiques.

    « La détection de milliers de cas de malformations congénitales chez des enfants dont les mères, enceintes, habitent dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l’eau potable, ne relève pas d’une coïncidence, bien que le ministère de la Santé mette en cause le virus Zika dans ces dommages », commentent les médecins. Le pyriproxyfene est un inhibiteur de croissance des larves de moustique, dont l’emploi est recommandé par l’OMS pour lutter contre la prolifération de la dengue. Les moustiques contaminés par l’insecticide disséminent eux-mêmes le poison qui, en provoquant chez eux des aberrations morphologiques ou fonctionnelles (malformations), les tue ou les rend stériles. Soit une technique d’autodissémination.

    via https://twitter.com/monachollet?lang=fr

    http://seenthis.net/messages/460492 via enuncombatdouteux


  • L’axe du mâle, mon dernier dessin est sur l’armée, le nucléaire et le fascistes phallique.
    https://2.bp.blogspot.com/-hKFOSu6w07M/WvIIgqmrw3I/AAAAAAAAGpQ/LhHqrf6q5bokRlelJk3x0LnlSFLAObA_ACLcBGAs/s1600/IMG_1487.jpg
    Il est fait pour etre imprimé en poster pliable en 8 parties. Quant il est replié d’une certaine manière voila ce que ca devrais donné.
    https://4.bp.blogspot.com/-BW6ZlrkDaW4/WvIId1GhQkI/AAAAAAAAGpM/lKUbuVnmDZUvbMqqPE47SYeBmKJs8DvRgCLcBGAs/s1600/IMG_1487%2B-%2Bcopie.jpg
    Les photos sont moches désolé, c’est pas mon fort mais la webapp de @fil viendra bientot avec une qualité optimum.
    #mad_meg

    https://seenthis.net/messages/692754 via mad meg


  • La #Méditerranée va-t-elle passer l’été ? | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/075834-000-A/la-mediterranee-va-t-elle-passer-l-ete
    https://static-cdn.arte.tv/resize/1vDVPhoSsU7MafUcbh953rS6WSw=/1920x1080/smart/filters:strip_icc()/apios/Img_data/29/075834-000-A_2364665.jpg

    La Méditerranée va-t-elle bientôt devenir la plus grande mer morte du monde ? Alors qu’elle abrite 10 % de la biodiversité de la planète, de nombreux signaux attestent que cette mer semi-fermée se trouve au bord de l’épuisement. Cette enquête accablante recense les dommages engendrés par la course au profit sur l’écosystème de la Méditerranée.

    La Méditerranée va-t-elle bientôt devenir la plus grande mer morte du monde ? Alors qu’elle abrite 10 % de la biodiversité de la planète, de nombreux signaux attestent que cette mer semi-fermée se trouve au bord du burn out. La pression démographique accrue, le tourisme de masse et l’intensification du trafic des paquebots de croisière, le bétonnage et les installations industrielles affectent la qualité de ses eaux, qui mettent au moins dix ans à se régénérer. Les riverains accumulent les maladies et les conséquences sociales se révèlent aussi dramatiques : tandis que promoteurs, agents touristiques ou édiles s’enrichissent en exploitant ses ressources ou en s’emparant du littoral, d’autres s’appauvrissent, à l’instar des artisans pêcheurs confrontés à une baisse inquiétante de leur activité. Quant à la faune marine, elle disparaît peu à peu des côtes et certaines espèces souffrent plus que d’autres, comme les sardines qui ont perdu un tiers de leur poids et de leur taille ces dernières années.

    https://seenthis.net/messages/692561 via Reka


  • Sur la manière dont on fabrique un #grand_homme - Pierre Rissient
    Je découvre Pierre Rissient, beaucoup d’articles font son éloge funèbre en insistant sur le fait qu’il a co-produit le seul film réalisé par une femme et doté d’une demi palme d’or à Cannes.
    On apprend que cet homme etait pote avec Tarantino et Scorces et on parle du festival de cannes post-weinstein. Du coup je me demande quelles relations avait ce Pierre Rissant avec Weinstein le serial-violeur. Au passage je rappel que le tag #balancetonporc à été crée car le porc était le nom que les actrices donnaient à Weinstein à Cannes.

    C’est impossible que ce Pierre Rissient ignore ce que faisait Weinstein. En cherchant des infos sur les liens entre Rissant et Weinstein je trouve ceci daté de 2008 (ca donne un indication sur le lien entre les porcs et weinstein au passage) :

    Il y a trois ans, ils claquaient la porte de Disney, lui laissant leur société Miramax - et son extravagant catalogue de films. Depuis, les frères Weinstein n’étaient plus réapparus à la lumière. Mais leur dernier film, Zack and Miri Make a Porno, vient de faire un tabac au festival de Toronto. Les Weinstein, producteurs mythiques du cinéma américain des années 1990, sont peut-être de retour.

    Nés en 1952 et 1954, Harvey et Bob font leur entrée dans le septième art en 1979, à l’aube de l’ère des blockbusters. Le nom de leur société - Miramax - est un hommage à leur mère Miriam et à leur père Max, un tailleur de diamants qui avait combattu en Egypte pendant la seconde guerre mondiale avant de soutenir la cause sioniste.

    Elevés dans le Queens dans des conditions modestes, les deux frères ont grandi dans le culte de la famille Kennedy, mais aussi de la fratrie. Malgré des disputes parfois violentes, ils ont toujours travaillé main dans la main. Véritable cinéphile, doté d’une agressivité très hollywoodienne, Harvey, le plus grand (et le plus gros) des deux, le plus extraverti aussi, s’occupe directement des films.

    Il est aussi le plus redouté - notamment pour sa violence légendaire. Une réputation qui lui vaut d’être caricaturé par Tom Cruise dans Tropic Thunder, le film de Ben Stiller dont la sortie française est prévue le 15 octobre.

    Certains cinéastes le détestent. Sa tendance assumée à couper dans les films lui vaut le doux surnom d’"Harvey Scissorhands", référence au film Edouard aux mains d’argent, dans lequel Johnny Depp porte une paire de ciseaux en guise de mains.

    Mais Harvey est un séducteur sans pareil. Doublée d’une grande intelligence et d’un sens aigu de la communication, son agressivité devient un atout quand il s’agit de défendre un film. « La première fois que je l’ai rencontré, se souvient Vincent Maraval, patron des ventes internationales chez Wild Bunch, il voulait nous acheter Delicatessen. On ne le connaissait pas et on n’avait aucune intention de le lui vendre. Pour nous prouver sa motivation, il est parti puis est revenu déguisé en boucher, avec une tête de cochon sous le bras ! On a fini par lui laisser le film... »

    Quant à ses interventions sur la table de montage, elles relèvent, pour certains, d’un instinct très sûr. Pierre Rissient, qui fut membre du comité de sélection du Festival de Cannes et travailla avec Harvey sur La Leçon de Piano, de Jane Campion, et Little Buddha, de Bernardo Bertolucci, témoigne : « Quoi qu’on pense de Little Buddha, le film se tenait mieux après ses suggestions. Dans sa génération, Harvey est un des seuls à être compétent. »

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/09/13/les-freres-weinstein-refont-leur-cinema_1094856_3476.html#KjWTXQQgzcvdDbW0.9

    Du coup le « féminisme » de Rissient me semble assez particulier car si d’un coté il a co-produit le seul film réalisé par une femme (et du coup je me demande si cette co-palme est pas finalement un cadeau fait à Rissient par ses potes quetards de cannes), Bertolucci est notoirement connu pour le viol de Maria Sheinder
    https://www.lesinrocks.com/2016/12/04/cinema/dernier-tango-a-paris-bertolucci-reconnait-organise-viol-de-comedienne-m
    Et j’ai pas vu Lillte Bouddha mais le pitch fleur un peu le supremacisme blanc, le sauveur blanc et le colonialisme.

    Alors on a des articles élogieux pour un mec totalement inconnu du publique et on efface son amitié avec Weinstein, Tarantino (qui agresse aussi ses actrices en les étranglant jusqu’à l’évaouissement), Bertolucci... pour en faire un pseudo féministe à demi-mots

    Weinstein a co-produit la lecon de piano (un film très douteux du point de vue féministe soit dit en passant, ca m’étonne pas que Weinstein ai produit cet érotisation du chantage sexuel).

    L’institut lumière qui fait la comm pour l’hagiographie de cet inconnu mentionne le nom de son épouse Yung Hee et là j’aimerais bien savoir quelle est la différence d’age entre ce Pierre Rissient et son épouse. J’ai pas trouvé d’infos à ce sujet mais j’ai comme l’impression qu’elle n’a pas 81 ans.

    Bref hier au détour d’un article sur la vieillesse chez les 68tards je tombe sur un exemple de la manière dont la mémoire d’une féministe est faite en 2018 :

    https://seenthis.net/messages/692095
    « Le féminisme radical de Thérèse, sa vision très politique, un peu mégalo et autocratique, n’ont pas toujours facilité les choses, créant des conflits incessants non seulement avec la mairie, mais aussi avec les femmes du projet (un premier groupe a d’ailleurs explosé dès 2011). »

    Au passage je relève l’absence de sororité de cette journaliste qui installe une image très négative de Thérèse Clerc tandis que les hagiographes de Pierre Rissient sont des hommes. C’est peut être un hasard mais cette absence de sororité est un problème pour l’historicisation des femmes et la mémoire en particulier des féministes (qui vont toujours trop loin)

    Les inrock révèlent un peu plus qui est ce Rissient, un gros masculiniste aux tendances extrème droitières : https://www.lesinrocks.com/2018/05/06/cinema/pierre-rissient-disparition-dun-activiste-cinephile-111080076

    Dans ce cinéma, ils avaient établi un fameux carré d’as : Raoul Walsh, Otto Preminger, Fritz Lang et Joseph Losey. Des cinéastes qui ne faisaient pas dans le sentimentalisme ni n’abusaient d’ornementations stylistiques gratuites, menant leurs récits de manière sèche, autoritaire, dans un style sobre qui ne prenait jamais le pas sur le récit et l’action. Des cinéastes également portés vers la masculinité, dans leurs thèmes ou leur esthétique, point sur lequel insistaient les macmahoniens ce qui leur valut des soupçons de sympathies droitières, voire pire.

    Les inrock disent que bien sur c’etait pas un vrai, mais les inrock adorent faire la pub de Cantat et Orselan du coup si les inrock disent que c’est pas un fasciste masculiniste c’est que c’en est un. Il était peut être pas fascite sur tous les plans, mais il y beaucoup d’élément pour dire qu’est c’était un facho de la bite, un mussolinien du zob, un pinochien de la pine, c’est à dire un masculiniste.

    Du coup ca explique le si faible nombre de réalisatrices selectionnées à cannes puisque c’est ce type affreux qui fait des films « éxotico-érotique aux phillipines » (erk !) qui choisissait les films de ce festival misogyne.

    Et du coup cette année, pour la première session de cannes post-weinsteins le festival est dédié à cet homme qui faisait l’éloge de Weinstein.

    #legende_noire #legende_blanche #historicisation #fraternité #fratriarcat #féminisme #cannes #culture_du_viol #mémoire #amnesie #weinstein #balancetonporc #masculinisme

    https://seenthis.net/messages/692265 via mad meg


  • Les jeunes avocates, harcelées et sans recours | Libertés surveillées
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2018/05/04/les-jeunes-avocates-harcelees-et-sans-recours

    A mesure qu’elle raconte son harcèlement, elle hésite, s’essouffle, puis reprend avec peine son récit. A., comme la plupart des avocates, tient à l’anonymat pour avoir une chance de garder une place dans la profession. Jeune collaboratrice dans un grand cabinet d’affaires, elle est rapidement devenue la cible d’un associé du patron. D’abord sur le ton de la plaisanterie, puis les remarques se sont faites plus dégradantes, les gestes plus pesants. Il est allé jusqu’à se déshabiller devant elle alors qu’ils étaient seuls au bureau, sous prétexte de changer de tenue. Le harcèlement sexuel est devenu moral lorsque l’associé a compris qu’elle ne céderait pas.

    Cernée, Me A pouvait difficilement se tourner vers les autorités : « Les ressources humaines ont été prévenues de certains dérapages, mais personne n’intervient parce que l’associé « fait du chiffre » ». Fin manipulateur, « il a détruit ma confiance en moi. Il a tout fait pour m’isoler et bloquer mes perspectives d’évolution. Il m’a tendu un piège pour tenter de saboter mon avenir professionnel ». Comme elle, Me B. décrit le « contexte libidineux » de sa première collaboration. Elle n’y est restée qu’un mois à mi-temps, tant la situation devenait insupportable. Elle avait « la boule au ventre en allant au cabinet. C’était un climat oppressant, dégueulasse ». Un jour, la jeune femme cherchait accroupie quelque chose dans son sac et a entendu un associé lui lancer, « ce n’est pas la peine de te mettre à genoux ; je l’ai déjà signé ton contrat ».
    Le ténor sûr de lui et dominateur

    Si la féminisation de la profession ne cesse d’augmenter avec 55,4% de femmes avocates en 2017 contre 49,7% il y a dix ans, elle se heurte à la figure bien ancrée du ténor sûr de lui et dominateur, particulièrement au pénal. Le pénaliste reste « la rock star du barreau avec ses groupies », indique Me Elise Arfi. L’image de « l’homme à femmes, libertin en duo avec une collaboratrice sexy en jupe » participe de cette dépréciation de l’avocate. Me Solène Debarre remarque que « lors du ‘‘procès Jawad’’, vous avez retenu quel avocat ? Xavier Nogueras, alors qu’il avait aussi une avocate, Marie-Pompei Cullin ». Cette schizophrénie de la profession n’étonne personne. Pourtant, qui de mieux qu’une avocate connaît le système judiciaire et les recours possibles ? Il n’y en a en réalité fort peu : dénoncer un confrère, c’est tirer une croix sur sa carrière. « Dénoncer un harcèlement est souvent un suicide professionnel, explique Me D., on est définitivement grillé dans la profession. Personne ne nous acceptera dans un cabinet puisque tout le monde se connaît ».

    Les critères physiques des jeunes avocates sont d’ailleurs parfois davantage retenus que leurs compétences. Me Adèle Vidal-Giraud raconte son quotidien de remarques sexistes sur sa tenue, sa coiffure ou sa démarche lorsqu’elle était collaboratrice. Elle ne pouvait faire aucun commentaire sur un dossier sans qu’on lui réponde avec violence, « et toi, habillée comme tu es, si tu vas en prison, les gars pourront se branler sur toi comme ils se branlent sur une actrice porno. Il n’y aura aucune différence ». La collaboratrice est en effet devenue un faire-valoir, un objet de prestige : « c’est la première fois que je me paye une collaboratrice ! » se vantait le patron de Me B. Mais le harcèlement sexuel peut également venir d’un client, parfois couvert par le patron. Me C. a ainsi fait les frais des désirs d’un client qui n’hésitait pas à lui caresser le cou pendant la signature du contrat ou à lui réclamer sans cesse un déjeuner en tête à tête. Lorsqu’elle s’en est plainte, son patron a balayé l’accusation : « ma petite, il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités ».

    « Plaider, c’est bander »

    Les jeunes collaboratrices sont d’ailleurs souvent considérées au pénal comme incapables de porter la robe d’avocat, qui passe curieusement pour un attribut masculin : « Plaider, c’est bander ; convaincre, c’est jouir », n’a pas craint de déclarer au Point Me Dupond-Moretti, en reprenant la vieille formule d’Henri Torrès. Me Julia Katlama s’en est vite rendue compte. Alors qu’elle était désignée dans une affaire d’homicide entre bandes rivales, un confrère commis par l’Ordre s’est présenté à sa place le jour des assises et a fait un incident à l’audience. L’accusé a confirmé vouloir garder Me Katlama, mais son confrère, humilié, a quitté la salle en lui glissant à l’oreille « t’as raison de faire la pute, ça rapporte plus ». Abasourdie, l’avocate n’a pas réagi et n’a pas poursuivi son confrère, ce qu’elle regrette aujourd’hui. Mais sa carrière venait de commencer. Elle reconnaît que « cette remarque en dit long sur le sexisme de la profession. Comme si au pénal, une femme ne pouvait pas avoir de gros dossiers sans coucher ».

    Pourquoi ce silence ? L’opacité sert parfois à contourner les situations de harcèlement.
    Solenne Brugère, membre du conseil de l’Ordre parisien, remarque que jusqu’à présent certaines plaintes se soldaient par des « conciliations à l’amiable », sans poursuites disciplinaires ou judiciaires. « Cette ère devrait être révolue. Nous qui sommes les premiers à monter au front pour défendre les intérêts des justiciables, et nous sommes déterminés pour ne plus laisser passer de tels actes », affirme l’avocate. Pourtant, saisir le bâtonnier de l’Ordre s’avère parfois inutile. « J’ai travaillé dans cinq cabinets en trois ans et demi, tant ça s’est mal passé, raconte Me Adèle Vidal-Giraud. J’ai vécu dans une ambiance immonde ». Harcelée et impayée lors d’une collaboration chez un pénaliste, elle s’est tournée vers l’Ordre. Après deux longues années de procédure, sa demande n’a débouché sur rien de significatif.
    Serrer les dents

    Dans le cas du harcèlement, « on en revient souvent au problème majeur : c’est parole contre parole », résume Me Avi Bitton. Cette parole se fait d’autant plus fragile qu’elle est menacée par la précarité : « Les collaborateurs relèvent du statut de profession libérale, donc ils ne bénéficient pas du code du travail. En conséquence, la rupture de leur contrat peut se faire sans motif, du jour au lendemain ». Isolées, les collaboratrices maltraitées se sentent coupables, humiliées et souvent ne réagissent pas. « Lorsque j’avais 26 ans et que j’ai subi un harcèlement sexuel, j’étais pétrie de culpabilité. Je n’osais même pas en parler à mon compagnon, se souvient Me Céline Giraud. C’est ce qui est pernicieux dans ce système de harcèlement. Aujourd’hui, avec la maturité, ce serait différent. Non, ce n’est pas une honte d’avoir été harcelée. Cela ne fait pas de moi une coupable ».

    La précarité du statut assoit la domination des harceleurs qui jouent du rapport de force. Une jeune stagiaire sans carnet d’adresses qui veut obtenir un stage de fin d’étude ne peut qu’accepter ce qu’on lui propose. Me C. a ainsi poussé la porte du bureau des stages à l’EFB (l’Ecole de formation du barreau), dans les années 1990 : « l’homme qui m’a reçu m’a regardé de la tête aux pieds et m’a lancé , ah, vous ! Je sais où je vais vous envoyer ». Chez un grand avocat, spécialiste en droit des affaires dont la réputation de coureur de jeunes jupons était bien connue de l’EFB. « J’ai d’abord refusé mais on m’a répondu que je n’avais pas le choix. » L’homme n’a cessé de la harceler pendant ses six longs mois de stage. Il a même prétexté un entretien avec un juge pour coincer sa stagiaire dans un coin du tribunal et « se jeter » sur elle. Il est revenu à la charge quelques semaines plus tard dans son bureau. Excédée, la jeune femme a voulu quitter le cabinet, mais la validation de son diplôme était en jeu et le harceleur « était haut placé à l’EFB ». L’élève-avocate n’a d’autre choix que de « serrer les dents » jusqu’à la fin du stage. « J’ai été jetée dans la gueule du loup alors que j’avais dit non. Cet homme s’est servi de son pouvoir pour me piéger. »
    L’Ordre est d’un faible secours

    L’amorce d’une libération de la parole incite dorénavant les institutions à réagir. Marie-Aimée Peyron, nouveau bâtonnier de Paris, a fait de la discrimination des femmes l’un des piliers de son mandat avec des mesures annoncées le 8 mars pour lutter contre « les violences, le sexisme et les inégalités ». A lui seul, le barreau de Paris représente 42% des avocats, mais il n’est évidemment pas le seul concerné. Lyon a mis en place une ligne d’écoute anonyme et indépendante, Bordeaux un « pôle confraternel ». Pour autant, beaucoup de victimes ne saisissent pas l’Ordre. Le dernier sondage du syndicat Avocats Conseils d’Entreprises en mai 2017 révèle en effet que sur 2 242 réponses, seules 28,2% des avocates affirment avoir subi un harcèlement, dont moins de 5% uniquement sexuel. Me Solenne Brugère juge ces chiffres sous-estimés, d’autant que peu de consœurs ont répondu : « Cela témoigne d’une vraie difficulté à en parler. N’oublions pas que c’est la première fois que cette question a été posée dans la profession, et l’omerta semble encore très forte, le sujet reste tabou ».

    Il n’est pas plus simple de saisir un procureur qui pourrait envoyer les gendarmes au cabinet. Ainsi, dans une grande solitude, des avocates harcelées tentent de trouver des parades sans recourir à la loi. Me C. explique comment elle s’est enlaidie pour repousser son harceleur pendant son stage de fin d’étude : « Je ne pouvais pas me plaindre, donc j’ai mis en place une stratégie. Je mettais tous les jours mes lunettes à double foyers, pas de maquillage, pas de talons, pas de jupes et que des pantalons histoire d’être la moins féminine possible ». D’autres décident de claquer la porte et de se mettre à leur compte, comme Me Céline Giraud qui « ne veut plus dépendre d’un rapport de force », son indépendance étant « trop précieuse », mais l’opération est risquée et il n’est pas facile de trouver une clientèle.

    La vague #metoo a posé un nouveau regard sur les rapports homme-femme, et jusque chez les avocats. La vision foncièrement conservatrice du métier est aujourd’hui remise en cause : « ce sont souvent ces avocats anciens qui utilisent leurs contacts et leur puissance pour faire taire toute contestation, affirme Me D. Nous, on représente une nouvelle génération qui bouleverse les codes de la profession ». Et la présidente de la commission Egalité-Diversité du Conseil national des barreaux, Me Valérie Duez-Ruff, se souvient de « la douche froide au Conseil de l’Ordre de Paris » lorsqu’elle a proposé une modification du règlement intérieur sur le harcèlement.

    #sexisme #discrimination #misogynie #injustice #harcèlement #culture_du_viol

    https://seenthis.net/messages/692011 via mad meg


  • Henri Curiel ou le droit à la mémoire - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/04/29/henri-curiel-ou-le-droit-a-la-memoire_1646692

    L’exécution au colt 45 eut lieu, finalement, le 4 mai 1978, voici quarante ans. Elle avait été précédée par une campagne de diffamation menée par quelques niais utiles. La première fois qu’Henri Curiel risqua une mort prématurée, c’était à l’automne 1942 alors que l’Afrikakorps de Rommel arrivait aux portes du Caire avec le soutien d’officiers égyptiens qui lui étaient favorables (Anouar el-Sadate échappa de justesse au peloton d’exécution britannique). Henri Curiel avait pris le parti inverse. Sans doute la police l’arrêta-t-il par souci d’équilibre. Ses codétenus pronazis décidèrent de l’étrangler au lacet, vieille méthode ottomane. Il fut sauvé par la victoire d’El Alamein.

    https://seenthis.net/messages/690705 via Nouvelles d’Orient


  • Réaction de #Nicole_Lapierre au #Manifeste_contre_le nouvel_antisémitisme

    En tant que juive

    Or, ce manifeste est pernicieux.

    D’une part, parce qu’il enrôle le combat contre l’#antisémitisme dans une revendication nationaliste et une captation identitaire dont il n’a que faire. Et d’autre part, parce qu’il agite la vieille et dangereuse thématique de la « #concurrence_des_victimes », en opposant deux populations, au nom d’une hiérarchie des #préjudices. D’un côté la lutte contre l’#antisémitisme, juste, nécessaire, dans l’ombre portée de la #Shoah. De l’autre la dénonciation, jugée exagérée, voire injustifiée, de l’#islamophobie, qui « dissimule les #chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. »

    Las, « la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif. » Selon cette comptabilité, cela pourrait empirer, d’où cet « avertissement solennel » selon lequel « La #France sans les Juifs, [ne serait] plus la France ». Et son envers subliminal, mais explicite chez quelques signataires de ce manifeste : la France submergée par le « #grand_remplacement » musulman, ne serait plus la France. Les uns enrichissent le pays, son histoire et sa culture, ce qui est indéniable et a été longtemps nié. Les autres l’envahissent, et cette symétrie inversée est infâme, niant qu’à leur tour ils l’enrichissent.

    Si le poids des chiffres ne suffit pas, on y ajoute le poids des #mots : il s’agit « d’une #épuration_ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau ». Bref, il y a de #vraies_victimes, juives, et de #fausses_victimes, musulmanes, parmi lesquelles se recrutent les bourreaux. Ce face à face mortifère ne peut qu’attiser les peurs et les haines en prétendant les combattre. Le #péril est là.

    https://blogs.mediapart.fr/nicole-lapierre/blog/240418/en-tant-que-juive
    #nationalisme #islam #judaïsme #manifeste

    https://seenthis.net/messages/689666 via CDB_77


  • Assassinat d’Henri Curiel : vérités évidentes, justice empêchée
    Sylvie Braibant

    | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/sylvie-braibant/blog/240418/assassinat-d-henri-curiel-verites-evidentes-justice-empechee

    Il faisait chaud ce week-end de juin 1976. La sécheresse grignotait petit à petit toute la France. Paris était gagné par la torpeur. Dans la voiture de mon père, je m’étais à moitié endormie. Jusqu’à ce que je l’entende dire de sa voix douce « mais qu’est ce que c’est que ça ? ». Au feu rouge du croisement des boulevards Saint Michel et Saint Germain, il restait en arrêt devant un kiosque à journaux dont l’immense affiche apposée à son dos, proclamait fièrement le dernier scoop du Point : « Henri Curiel, le patron des réseaux d’aide aux terroristes ». Et de son ton toujours aussi calme, mais angoissé cette fois, il me dit : « Henri va être assassiné. »

    Deux ans et une nouvelle campagne de presse plus tard, toujours dans Le Point, puis le Speigel allemand, Henri était assassiné, une journée chaude encore, le 4 mai 1978, jeudi de l’ascension. Nous étions encore ensemble, dans la même voiture, la radio allumée, un flash nous annonça la nouvelle, et je me souviendrai toujours du visage soudain gris de mon père, lui qui manifestait si peu d’émotion.

    C’était en 1976, 1977, 1978, assassinats en Afrique du Sud – mise au ban des Nations Unies pour son régime d’apartheid -, assassinats en France, présidée par un homme moderne, ancien partisan de l’Algérie française. Des meurtres nombreux – des Algériens, des Palestiniens, des Basques -, parfois précédés d’articles de journaux comme ceux du Point, non signés, de faux scoops apportés sur un plateau d’’argent à Georges Suffert qui ne voyait rien de mal à l’apartheid ou aux dictatures d’Amérique latine, mais vomissait tout ceux qui se rapprochait de près ou de loin du communisme. Comme Henri Curiel. Plus tard, Georges Suffert reconnaîtra avoir été « un peu léger » sur ce coup là.

    https://seenthis.net/messages/689739 via Nouvelles d’Orient


  • l’An 2000 - Qui sont les « Incels », dont se revendique l’auteur présumé de la tuerie de Toronto ? - Libération.fr
    http://an-2000.blogs.liberation.fr/2018/04/25/incels

    http://m0.libe.com/blogs/cache/1d/76/1d760408ffd03fedbe0e9b3d50edb9f9.jpg

    Jusqu’à présent, les « Incels » étaient restés confinés à la sous-culture web. Ils sont tragiquement apparus dans l’actualité ce 23 avril, avec ce message posté sur Facebook par Alek Minassian, l’auteur présumé de l’attaque à la voiture-bélier à Toronto, quelques heures avant le drame.

    #masculinisme #misogynie #terrorisme

    https://seenthis.net/messages/689702 via Mona