NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Avec un peu de retard...
    L’excellent discours de Lavrov à l’ONU.
    Sergueï Lavrov est à la tribune lors de la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU
    https://www.youtube.com/watch?v=mqHpC6cKSEg&feature=youtu.be


    NRobin

    https://francais.rt.com/international/54267-lavrov-onu-il-faut-aider-syriens-sans-appliquer-politique-deux-po
    Lavrov à l’ONU : « Il faut aider les Syriens sans appliquer la politique du deux poids deux mesures »

    28 sept. 2018, 20:14

    Devant la 73e Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a notamment évoqué la situation en Syrie, en Ukraine et en Palestine.
    https://youtu.be/mqHpC6cKSEg

    Devant la 73e Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué la situation en Syrie. Il a notamment appelé à se concentrer sur la reconstruction syrienne : « L’idée aujourd’hui est de rétablir les infrastructures et de reconstruire le pays afin de permettre le retour des millions de réfugiés qui ont fui la Syrie. C’est ce qui devrait être la priorité des efforts internationaux. » « Il faut aider les Syriens sans appliquer la politique du deux poids deux mesures », a-t-il ajouté.

    Le chef de la diplomatie russe est également revenu sur les frappes aériennes occidentales menées en Syrie le 14 avril dernier, justifiées selon lui par « un prétexte totalement absurde », dressant un parallèle avec les « faux prétextes qui ont permis de recourir à la force » en Yougoslavie, en 1999, en Irak, en 2003, ou encore en Libye, en 2011. Et de poursuivre : « Le conflit en Syrie dure depuis sept ans. On a essayé de renverser un régime légitime en s’appuyant sur des extrémistes ce qui a presque conduit à l’émergence d’un califat terroriste dans ce pays. » Il a ensuite loué les mesures prises dans le cadre du processus d’Astana, affirmant qu’elles avaient empêché « la réalisation d’un tel scénario destructeur ».
    https://youtu.be/Shovtte3_YU
    « Kiev semble vouloir imposer des solutions militaires »

    Sergueï Lavrov s’est par ailleurs inquiété de constater qu’en Ukraine « le radicalisme, le nationalisme, ainsi que le néo-fascisme connaissent un essor ».

    « Des criminels de guerre sont proclamés héros alors qu’ils avaient combattu sous la bannière SS et c’est là l’un des facteurs de la perpétuation de ce conflit ukrainien », a-t-il jugé.

    « La seule façon de sortir de ce conflit est de réaliser pleinement les mesures du processus de Minsk [...] mais au lieu de mettre en œuvre ces accords, au lieu de dialoguer avec Donetsk et Lougansk, Kiev semble vouloir imposer des solutions militaires et se berce d’illusions », a-t-il déploré. « Ceux qui souhaitent appuyer les autorités de Kiev doivent les obliger à cesser le blocus du Donbass et la discrimination qui pèse sur les minorités dans ce pays sur le territoire entier de l’Ukraine », a-t-il ajouté.
    « Garantir une paix pérenne tant pour Israël que pour la Palestine »

    Abordant la question palestinienne, Sergueï Lavrov a considéré « qu’il fallait trouver des solutions mutuellement acceptables entre les parties [...] pour garantir une paix pérenne tant pour Israël que pour la Palestine ».

    « La primauté du droit semble aujourd’hui supplantée [...] par l’ordre mondial fondé sur des règles [...] qui sont élaborées dans le cadre d’un opportunisme politique évident, manifeste », a encore regretté le chef de la diplomatie russe d’une façon plus générale. « Des accusations sans fondement sont proférées contre tel ou tel pays, on essaie d’ébranler, de renverser, des gouvernements démocratiquement élus », a-t-il dénoncé. « D’autres pays sont menacés de représailles lorsqu’ils choisissent leurs propres partenaires alliés », a-t-il encore souligné.

    Le ministre russe des Affaires étrangères a aussi jugé que « les agressions [étaient] également de plus en plus nombreuses contre les institutions internationales ». « On essaie de privatiser leur structure administrative en leur donnant des droits ou des prérogatives qui normalement relèvent des organes inter-gouvernementaux », a-t-il ajouté.

    Lire aussi : La 73e assemblée générale de l’ONU se poursuit à New-York
    https://francais.rt.com/international/54133-73eme-assemblee-generale-onu-debute-new-york


  • La police depuis Sarkosy est-elle encore républicaine ? NRobin

    Police ; la peur va changer de camp ?
    https://www.youtube.com/watch?v=rNg5nBvkONA&list=TLGGjek1OUW8uzUxMjExMjAxOA


    RT France
    Frédéric Taddeï reçoit Sebastian Roché, Directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la police, Rocco Contento, Secrétaire départemental Paris du Syndicat Unité SGP Police, Assa Traoré, membre du Comité Adama et Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste


  • Constituer une armée européenne parce que la Russie est une menace selon Macron : LOL !
    En réalité, la Russie n’est une menace que pour l’IDEOLOGIE ATLANTISTE DE MACRON allié des émirs saoudiens de Trump et d’Israël ! NRobin

    RT France
    Entretien du 6/11/2018 avec Karine Bechet-Golovko, professeur à l’Université d’Etat de Moscou. Elle était invitée à commenter les déclarations d’Emmanuel Macron du 5 novembre proposant une « vraie armée européenne » pour faire face à une Russie jugée « menaçante ».
    « Ces déclarations d’Emmanuel Macron semblent être une fuite en avant »"
    https://youtu.be/Wh9VxkDiSnE


  • Pourquoi Pierre Rabhi est-il malmené ?
    Pierre RABHI répond à Jean-Baptiste Malet
    Retour sur « Le système Pierre Rabhi » de Jean-Baptiste Malet
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981
    NRobin

    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/A/59203
    Le Monde diplomatique
    > Novembre 2018, page 2, en kiosques

    Droit de réponse
    Pierre Rabhi

    À la suite de l’article de Jean-Baptiste Malet « Le système Pierre Rabhi » (août), M. Rabhi a souhaité apporter les précisions suivantes.

    À propos du « système » et du « marketing »

    Laisser entendre que j’aurais organisé à mon profit un « système » lucratif en faisant du « marketing », deux notions qui me sont complètement étrangères, est un curieux procédé. Je n’ai aucun rôle dans les associations ou structures que j’ai inspirées et elles n’ont pas de liens entre elles. Leur indépendance financière est la preuve même qu’il n’y a ni système ni marketing. Lieux de formation ou de transformation, elles n’ont jamais prétendu être des fermes modèles « autosuffisantes ».

    Je suis blessé qu’on puisse ainsi tenter d’atteindre l’agroécologie et les actions que je mène par de simples insinuations ou spéculations sans fondement, et je m’interroge sur la finalité de cet article.

    Ma posture générale n’est pas narcissique, elle relève du témoignage et de la protestation, car j’entends surtout inviter les êtres à s’insurger contre la dépendance, voire l’aliénation, dans laquelle la société marchande les enferme, et les convier à faire chacun leur part dans le changement de la société tout en s’exonérant des colifichets ou des illusions du progrès.
    À propos de mes supposés mentors de droite

    Ma vie n’est faite que de rencontres, mais on attribue à certaines d’entre elles une dimension démesurée. Et c’est ainsi que l’on veut faire de moi un homme influencé par des idées réactionnaires que l’on m’aurait inoculées dans les années 1960. Je trouve choquant qu’on ravale le docteur Pierre Richard au rang de « vichysso-ardéchois » au simple prétexte que, dans son jeune âge, il a encadré un chantier de jeunesse et qu’il défendait des idées de « retour à la terre ». Ce qualificatif est indigne en ce qu’il gomme le fait qu’il a été résistant. Initiateur du Parc national des Cévennes, infatigable médecin de campagne féru d’ethnologie, il courait par tous les temps avec sa 2CV, au point de mettre sa vie en danger. À mes débuts en Ardèche, il m’hébergea, favorisa mon installation agricole, fut mon témoin de mariage, mais à aucun moment il n’a cherché à me transmettre une quelconque idéologie. Seule la passion des écosystèmes, des paysages et des hommes nous réunissait.

    Il en va de même de mes rencontres avec Gustave Thibon, écrivain catholique de souche paysanne et révélateur de Simone Weil. Le portrait qu’en trace M. Malet est caricatural. Les échanges que nous avions portaient essentiellement sur la spiritualité. Nous avions trente-cinq ans d’écart et j’étais impressionné par son immense culture, ses dons linguistiques ou sa mémoire.

    J’ai le souvenir que, alors que nous étions financièrement exsangues, il nous a aidés, mais on ne peut pas considérer que je sois son disciple ou qu’il fut mon modèle. Hormis notre attachement commun, à l’époque, au catholicisme, nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêt ni la même culture. Nous n’étions pas au même niveau et je lui devais la révérence qu’on doit à un ancien. Nous ne nous voyions que de loin en loin — quatre ou cinq fois en tout — et nos échanges se sont vite taris. J’étais à l’âge où l’on n’est pas soi-même confirmé et où l’on picore à droite et à gauche pour se constituer, mais il est dépourvu de sens de faire de lui un de mes mentors alors même que je ne le cite jamais.
    À propos de ma compétence et de René Dumont

    Je dois revenir sur mon expérience au Burkina Faso, que l’auteur de l’article tourne en dérision. Curieusement, lorsqu’il est venu avec Maurice Freund, il ne m’a pas du tout interrogé à ce sujet et son récit comporte d’ailleurs de nombreuses inexactitudes.

    En 1984, j’opérais déjà au Burkina depuis quatre ans. Joseph Rocher, du Centre de relations internationales entre agriculteurs pour le développement, m’avait invité à y transmettre mon expérience. Un jour, Maurice Freund, accompagné de Philippe Dominiak, est venu chez moi. Je ne le connaissais pas, mais j’avais entendu parler de lui et j’utilisais [la compagnie de vols charters fondée par M. Freund] Point Mulhouse. Après qu’il m’eut exposé son problème de campement hôtelier, j’acceptai de m’investir à ses côtés. J’organisai à Gorom-Gorom, où sévissait la faim, des formations à l’agroécologie pour des paysans et des stagiaires sans pour autant faire appel, comme il est dit, à la biodynamie ou aux rythmes lunaires. Je préférais expliquer comment réaliser des composts, y compris avec du purin et du fumier, ou utiliser des techniques agroécologiques. L’urgence était de libérer les paysans de la dépendance aux engrais chimiques. Dans L’Offrande au crépuscule (1988), nous avons expliqué, schémas et analyses à l’appui, comment nous avons procédé au Sahel. Ce livre a reçu un prix du ministère de l’agriculture et j’ai été amené à participer à des colloques internationaux.

    Ce n’est pas Maurice Freund, mais Thomas Sankara qui a mandaté René Dumont pour « expertiser » mon travail. Je ne crois pas que Dumont ait été « épouvanté », car, au départ, nous allions bras dessus, bras dessous. Il ne jurait malheureusement que par les engrais chimiques, dont il disait qu’ils étaient la clé du progrès agricole, comme on peut déjà le lire dans L’Utopie ou la mort ! (1973). Le personnage était très autoritaire. Je ne disais pas du tout que le compost est une solution miracle (cf. L’Offrande…, édition 2001, page 194), mais Dumont entreprit de saper ma crédibilité et Sankara me convoqua. Au sortir de la réunion, il trancha en ma faveur. D’où l’amertume récurrente de Dumont. Comme peut en témoigner Guy Delbrel, ami de Sankara, celui-ci avait opté pour l’indépendance économique à l’égard de l’industrie des engrais. Sankara envisagea même de me nommer secrétaire d’État au développement rural, mais il fut assassiné.

    Contrairement à ce qui est dit, je ne fus nullement contraint de « quitter précipitamment » le Burkina, car j’ai appris son assassinat à la radio alors que j’étais en Ardèche. Preuve de sa fécondité et de son adéquation aux conditions du Sahel, l’agroécologie continue aujourd’hui son chemin au Burkina, où des milliers de personnes y ont été formées, et l’agronome Marc Dufumier, tout aussi titré et expérimenté que Dumont, affirme que les humains pourront tous se nourrir demain grâce à l’agriculture bio.
    À propos des patrons et des politiques

    Je ne suis nullement responsable des récupérations des uns ou des autres. On prétend que je passe beaucoup de temps avec des dirigeants de multinationale ; c’est une fable. Au fil des ans, je n’ai eu que quelques entrevues — à leur demande et sans aucune conséquence — avec une poignée d’entre eux. Pour moi, l’hospitalité est sacrée, et je les reçois comme j’ai reçu M. Malet.

    Celui-ci note que j’ai rencontré Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Un déjeuner avait été organisé par un ami commun à la condition qu’il n’en soit fait aucune publicité, car il n’était pas question d’un ralliement. Ce fut respecté à la lettre. Maurice Freund et Bernard Chevilliat, qui m’accompagnaient, peuvent témoigner que nous avons parlé de perturbateurs endocriniens, de glyphosate, de l’enseignement de l’écologie en classes primaires, du Sahel et de la tragédie de Sophie Pétronin, qui venait d’être enlevée au Mali.

    La réponse de M. Pierre Rabhi suggère, entre autres choses, que l’agroécologie serait mise en accusation par notre enquête. De nombreux articles témoignent au contraire de l’intérêt porté de longue date par Le Monde diplomatique aux questions environnementales, et à l’agriculture biologique en particulier.

    L’influence intellectuelle de M. Rabhi est importante. Elle méritait donc que l’on s’attache à en comprendre les ressorts, en mettant au jour les éléments constitutifs d’une écologie apolitique.

    Tout récemment distingué par le prix Albert-Londres du livre, Jean-Baptiste Malet répond par ailleurs sur notre site, de manière détaillée, aux allégations de M. Rabhi relatives au passé de résistant du docteur Pierre Richard. Il revient sur la nature des rapports entre M. Rabhi et Gustave Thibon et, plus généralement, sur l’enquête que nous avons publiée.

    • Lire donc « Le système Pierre Rabhi » par Jean-Baptiste Malet

      https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981

      Le Monde diplomatique

      > Août 2018, pages 1, 22 et 23

      Frugalité et marketing
      Le système Pierre Rabhi

      La panne des grandes espérances politiques remet au goût du jour une vieille idée : pour changer le monde, il suffirait de se changer soi-même et de renouer avec la nature des liens détruits par la modernité. Portée par des personnalités charismatiques, comme le paysan ardéchois Pierre Rabhi, cette « insurrection des consciences » qui appelle chacun à « faire sa part » connaît un succès grandissant.
      par Jean-Baptiste Malet

      Concetto Pozzati. – « Mutabilità della terra » (Transformation de la terre), 1960-1980
      © ADAGP, Paris, 2018 - Photographie : archives Alinari, Florence - RMN-Grand Palais - Fratelli Alinari

      Dans le grand auditorium du palais des congrès de Montpellier, un homme se tient tapi en bordure de la scène tandis qu’un millier de spectateurs fixent l’écran. Portées par une bande-son inquiétante, les images se succèdent : embouteillages, épandages phytosanitaires, plage souillée, usine fumante, supermarché grouillant, ours blanc à l’agonie. « Allons-nous enfin ouvrir nos consciences ? », interroge un carton. Le film terminé, la modératrice annonce l’intervenant que tout le monde attend : « Vous le connaissez tous... C’est un vrai paysan. »

      Les projecteurs révèlent les attributs du personnage : une barbichette, une chemise à carreaux, un pantalon de velours côtelé, des bretelles. « Je ne suis pas venu pour faire une conférence au sens classique du terme, explique Pierre Rabhi, vedette de la journée « Une espérance pour la santé de l’homme et de la Terre », organisée ce 17 juin 2018. Mais pour partager avec vous, à travers une vie qui est singulière et qui est la mienne, une expérience. »

      Des librairies aux salons bio, il est difficile d’échapper au doux regard de ce messager de la nature, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont les ventes cumulées s’élèvent à 1,16 million d’exemplaires (1). Chaussé de sandales en toute saison, Rabhi offre l’image de l’ascète inspiré. « La source du problème est en nous. Si nous ne changeons pas notre être, la société ne peut pas changer », affirme le conférencier.

      Passé la soixantième minute, il narre le fabliau du colibri qui a fait son succès : lors d’un incendie de forêt, alors que les animaux terrifiés contemplent le désastre, impuissants, le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour conjurer les flammes. « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu éteindras le feu ! », lui dit le tatou. « Je le sais, mais je fais ma part », répond le volatile. Rabhi invite chacun à imiter le colibri et à « faire sa part ».

      La salle se lève et salue le propos par une longue ovation. « Cela doit faire dix fois que je viens écouter Pierre Rabhi ; il dit toujours la même chose, mais je ne m’en lasse pas », confie une spectatrice. « Heureusement qu’il est là !, ajoute sa voisine sans détacher les yeux de la scène. Avec Pierre, on n’est jamais déçu. » L’enthousiasme se répercute dans le hall adjacent, où, derrière leurs étals, des camelots vendent des machines « de redynamisation et restructuration de l’eau par vortex », des gélules « de protection et de réparation de l’ADN » (cures de trois à six mois) ou le dernier modèle d’une « machine médicale à ondes scalaires » commercialisée 8 000 euros.

      À Paris aussi, Rabhi ne laisse pas indifférent. Le premier ministre Édouard Philippe le cite lorsqu’il présente son « plan antigaspillage » (23 avril 2018). « Cet homme est arrivé comme une véritable lumière dans ma vie », affirme son ancienne éditrice, désormais ministre de la culture, Mme Françoise Nyssen (2). « Pierre a permis à ma conscience de s’épanouir et de se préciser. Il l’a instruite et il l’a nourrie. Quelque part, il a été son révélateur », ajoute M. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire (3).

      En se répétant presque mot pour mot d’une apparition à une autre, Rabhi cisèle depuis plus d’un demi-siècle le récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960, celui d’un « retour à la terre » dans le respect des valeurs de simplicité, d’humilité, de sincérité et de vertu. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parle continuellement de lui-même incarne aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites. Rues, parcs, centres sociaux, hameaux portent le nom de ce saint laïque, promu en 2017 chevalier de la Légion d’honneur. Dans les médias, l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) jouit d’une popularité telle que France Inter peut transformer sa matinale en édition spéciale en direct de son domicile (13 mars 2014) et France 2 consacrer trente-cinq minutes, à l’heure du déjeuner, le 7 octobre 2017, à louanger ce « paysan, penseur, écrivain, philosophe et poète » qui « propose une révolution ».
      Tradition, authenticité et spiritualité

      L’icône Rabhi tire sa popularité d’une figure mythique : celle du grand-père paysan, vieux sage enraciné dans sa communauté villageoise brisée par le capitalisme, mais dont le savoir ancestral s’avère irremplaçable quand se lève la tempête. Dans un contexte de catastrophes environnementales et d’incitations permanentes à la consommation, ses appels en faveur d’une économie frugale et ses critiques de l’agriculture productiviste font écho au sentiment collectif d’une modernité hors de contrôle. En réaction, l’inspirateur des « colibris » prône une « insurrection des consciences », une régénération spirituelle, l’harmonie avec la nature et le cosmos, un contre-modèle local d’agriculture biologique non mécanisée. Ces idées ruissellent dans les médias, charmés par ce « bon client », mais aussi à travers les activités du mouvement Colibris, fondé en 2006 par Rabhi et dirigé jusqu’en 2013 par le romancier et réalisateur Cyril Dion. Directeur de collection chez Actes Sud, fondateur en 2012 du magazine Kaizen, partenaire des Colibris, Dion a réalisé en 2015 avec l’actrice Mélanie Laurent le film Demain, qui met en scène le credo du mouvement et qui a attiré plus d’un million de spectateurs en salles.

      Le succès du personnage et de son discours reflète et révèle une tendance de fond des sociétés occidentales : désabusée par un capitalisme destructeur et sans âme, mais tout autant rétive à la modernité politique et au rationalisme qui structura le mouvement ouvrier au siècle passé, une partie de la population place ses espoirs dans une troisième voie faite de tradition, d’authenticité, de quête spirituelle et de rapport vrai à la nature.

      « Ma propre insurrection, qui date d’une quarantaine d’années, est politique, mais n’a jamais emprunté les chemins de la politique au sens conventionnel du terme, explique Rabhi sur un tract de sa campagne présidentielle de 2002. Mon premier objectif a été de mettre en conformité ma propre existence (impliquant ma famille) avec les valeurs écologistes et humanistes » — il n’obtint que 184 parrainages d’élu sur les 500 requis. Le visage caressé d’une lumière or, le candidat présenté comme un « expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification » se tient parmi les blés. De l’Afrique du Nord aux Cévennes, en passant par le Burkina Faso, la trajectoire de Rabhi illustre les succès autant que les vicissitudes d’une écologie apolitique.

      Né le 29 mai 1938 à Kenadsa (région de Saoura), en Algérie, Rabah Rabhi perd sa mère vers l’âge de 4 ans et se retrouve dans une famille d’adoption, un couple de colons formé d’une institutrice et d’un ingénieur qui lui donne une éducation occidentale, bourgeoise, catholique. L’adolescent d’Oran adore « écouter La Flûte enchantée, Othello ou bien un soliste de renom » à l’opéra (4) ; il aime la littérature française et les costumes impeccablement coupés qui lui donnent l’allure d’une « gravure de mode ». Fervent catholique, il adopte à 17 ans son nom de baptême, Pierre. « Je me sentais coupable non pas de renier la foi de mes ancêtres [l’islam], mais de ne point aller propager parmi eux celle du fils de Dieu. » Pendant la guerre d’Algérie, raconte-t-il, « me voici brandissant mon petit drapeau par la fenêtre de la voiture qui processionne dans la ville en donnant de l’avertisseur : “Al-gé-rie-fran-çai-se” ».

      Il gagne Paris à la fin des années 1950 et travaille chez un constructeur de machines agricoles à Puteaux (Hauts-de-Seine) en tant que magasinier, précise-t-il lors de l’entretien qu’il nous accorde, et non en tant qu’ouvrier à la chaîne, comme on peut le lire dans Pierre Rabhi, l’enfant du désert (Plume de carotte, 2017), un ouvrage de littérature jeunesse vendu à plus de 21 000 exemplaires. C’est dans cette entreprise que le jeune homme rencontre en 1960 sa future épouse. La même année, il expédie une lettre qui changera sa vie. « Monsieur, écrit-il au docteur Pierre Richard, nous avons eu votre adresse par le père Dalmais, qui nous a appris que vous vous préoccupiez de la protection de la nature, que vous avez activement participé à la création du parc de la Vanoise, et que vous essayez d’obtenir la création de celui des Cévennes. Nous sommes sensibles à toutes ces questions et voudrions prendre une part active en retournant à cette nature que vous défendez. »

      Étudiant en médecine avant-guerre, Richard devient, en 1940, instructeur d’un chantier de la jeunesse près des mines de Villemagne (Gard), sur le mont Aigoual (5). Cette expérience hygiéniste, nationaliste et paramilitaire l’influence durablement. En décembre 1945, il soutient une thèse de médecine qui assume un « parti pris évident » : « La santé de l’homme est atteinte, et celle du paysan en particulier, et, par-delà, celle du pays, de la nation, écrit Richard — santé intégrale du corps, de l’esprit, des biens matériels, de l’âme (6). » Quatorze ans plus tard, en 1959, le docteur Richard joue son propre rôle de médecin de campagne dans un film de propagande ruraliste intitulé Nuit blanche, où il fustige l’urbanisation, l’État centralisateur, les boîtes de conserve et la politique de recrutement des entreprises publiques qui arrache les paysans à leurs « racines ».

      Sur une photographie du mariage célébré en avril 1961, le docteur Richard offre son bras à la mariée, Michèle Rabhi, tandis que Pierre Rabhi donne le sien à l’épouse du médecin de campagne. « Pierre et Anne-Marie Richard sont les parents que le magicien nous a destinés », écrit Rabhi dans son autobiographie (7). « À mon arrivée en Ardèche, c’est lui qui m’a pris sous son aile. C’était mon initiateur », complète-t-il.
      « L’homme providentiel »

      Peu après, l’apprenti paysan rencontre l’écrivain ardéchois Gustave Thibon. Acclamé par Charles Maurras dans L’Action française en juin 1942 comme « le plus brillant, le plus neuf, le plus inattendu, le plus désiré et le plus cordialement salué de nos jeunes soleils », Thibon fut l’une des sources intellectuelles de l’idéologie ruraliste de Vichy. « Ce n’est pas mon père qui était pétainiste, c’est Pétain qui était thibonien », affirmera sa fille (8). Bien que ses thuriféraires n’omettent jamais de rappeler que Thibon hébergea la philosophe Simone Weil en 1941, ce monarchiste, catholique intransigeant, antigaulliste viscéral et, plus tard, défenseur de l’Algérie française fit régulièrement cause commune avec l’extrême droite.

      Entre le jeune néorural et le penseur conservateur se noue une relation qui durera jusqu’aux années 1990. « On voyait chez lui une grande polarisation terrestre et cosmique, relate le premier. (...) J’étais alors très heureux de rencontrer un tel philosophe chrétien et j’ai adhéré à ce qu’il disait (9). » Dans le paysage éditorial français, Thibon a précédé Rabhi en tant que figure tutélaire du paysan-écrivain « enraciné » poursuivant une quête spirituelle au contact de la nature (10). Dans le hameau de Saint-Marcel-d’Ardèche où vécut Thibon, Mme Françoise Chauvin, qui fut sa secrétaire, se souvient : « Pierre Rabhi doit beaucoup à Gustave Thibon. Quand il venait ici, son attitude était celle d’un disciple visitant son maître. »

      « J’ai fait 68 en 1958 ! », s’amuse, soixante ans plus tard, l’élève devenu maître, lorsqu’il évoque son « retour à la terre ». Le paysage intellectuel des années 1960 et 1970 ne l’enchantait guère. Quand on lui cite l’œuvre du philosophe André Gorz, auteur des textes fondateurs Écologie et politique (1975) et Écologie et liberté (1977), il s’agace : « J’ai toujours détesté les philosophes existentialistes, nous dit-il. Dans les années 1960, il y en avait énormément, des gens qui ne pensaient qu’à partir des mécanismes sociaux, en évacuant le “pourquoi nous sommes sur Terre”. Mais moi, je sentais que la réalité n’était pas faite que de matière tangible et qu’il y avait autre chose. » L’homme ne s’en cache pas : « J’ai un contentieux très fort avec la modernité. »

      Sa vision du monde tranche avec la néoruralité libertaire de l’après-Mai. « Je considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde », explique-t-il dans le livre d’entretiens Pierre Rabhi, semeur d’espoirs (Actes Sud, 2013). Sur les rapports entre les hommes et les femmes, son opinion est celle-ci : « Il ne faudrait pas exalter l’égalité. Je plaide plutôt pour une complémentarité : que la femme soit la femme, que l’homme soit l’homme et que l’amour les réunisse (11). »

      En plus de ses fréquentations vichysso-ardéchoises, Rabhi compte parmi ses influences intellectuelles Rudolf Steiner (1861-1925), fondateur de la Société anthroposophique universelle (12). « Un jour, le docteur Richard est venu chez moi, triomphant, et il m’a mis entre les mains le livre Fécondité de la terre, de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer, un disciple de Steiner, raconte-t-il. J’ai adhéré aux idées de Steiner, ainsi qu’aux principes de l’anthroposophie, et notamment à la biodynamie. Lorsqu’il a fallu faire de l’agriculture, Rudolf Steiner proposait des choses très intéressantes. J’ai donc commandé des préparats biodynamiques en Suisse et commencé mes expérimentations agricoles. »

      À son arrivée en Ardèche, après une année de formation dans une maison familiale rurale, Rabhi fait des travaux de maçonnerie, travaille comme ouvrier agricole, écrit de la poésie, ébauche des romans, s’adonne à la sculpture. Sa découverte de l’agriculture biodynamique le stimule au point qu’il anime, à partir des années 1970, causeries et formations à ce sujet. Il se forge alors une conviction qui ne le quittera plus : la spiritualité et la prise en compte du divin sont indissociables d’un modèle agricole viable, lequel se place dès lors au centre de ses préoccupations. Une nouvelle fois, un courrier et la rencontre avec un personnage haut en couleur vont infléchir le cours de son histoire.

      Fondateur de la compagnie de vols charters Point Mulhouse, bien connue des baroudeurs des années 1970 et 1980, l’entrepreneur Maurice Freund inaugure en décembre 1983 un campement touristique à Gorom-Gorom, dans l’extrême nord du Burkina Faso. Grâce à cette « réplique du village traditionnel avec ses murs d’enceinte qui entourent les cours (13) », Freund compte faire de cette localité un lieu de « tourisme solidaire ». Las ! Quelques semaines plus tard, il découvre que le restaurant « traditionnel » sert du foie gras et du champagne car « des coopérants, mais aussi des ambassadeurs, viennent se détendre dans ce havre de paix ».

      Au même moment arrive une lettre de Rabhi l’invitant à visiter sa demeure en Ardèche. Devant l’insistance de celui qu’il prend d’abord pour un quémandeur, Freund se rend à la ferme. « Avant même d’échanger une parole, en plongeant mon regard dans le sien, je comprends que Pierre Rabhi est l’homme providentiel », écrit Freund. « S’inspirant des travaux de l’anthroposophe Rudolf Steiner, Pierre Rabhi a mis au point une méthode d’engrais organiques (...) qu’il a adaptée aux conditions du Sahel. Il ramasse les branches, plumes d’oiseaux, excréments de chameau, tiges de mil... Il récupère ces détritus, en fait du compost, le met en terre », s’émerveille-t-il. Il place aussitôt Rabhi à la tête de Gorom-Gorom II, une annexe du campement hôtelier où l’autodidacte initie des paysans du Sahel au calendrier lunaire de la biodynamie.

      Le 6 mai 1986, la chaîne publique Antenne 2 diffuse le premier reportage télévisé consacré à Rabhi (14). « Il y a un vice fondamental, explique le Français à Gorom-Gorom, sur fond de musique psychédélique. On s’est toujours préoccupé d’une planification matérielle, mais on ne s’est jamais préoccupé fondamentalement de la promotion humaine. C’est la conscience, c’est la conscience qui réalise. » Images de paysans au travail, gros plans sur les costumes traditionnels, paysages sublimes : le reportage fait dans le lyrisme. « Je crois que le Nord et le Sud n’ont pas fini de se disputer ma personne », conclut Rabhi. Aucune précision technique sur les méthodes agronomiques n’est en revanche donnée.

      Quelques mois plus tard, fin 1986, l’association Point Mulhouse, fondée par Freund, demande à l’agronome René Dumont, bon connaisseur des questions agricoles de la région du Sahel (15), d’expertiser le centre dirigé par Rabhi. Le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974 est épouvanté par ce qu’il découvre. S’il approuve la pratique du compost, il dénonce un manque de connaissances scientifiques et condamne l’approche d’ensemble : « Pierre Rabhi a présenté le compost comme une sorte de “potion magique” et jeté l’anathème sur les engrais chimiques, et même sur les fumiers et purins. Il enseignait encore que les vibrations des astres et les phases de la Lune jouaient un rôle essentiel en agriculture et propageait les thèses antiscientifiques de Steiner, tout en condamnant [Louis] Pasteur. »

      Pour Dumont, ces postulats ésotériques comportent une forme de mépris pour les paysans. « Comme, de surcroît, il avait adopté une attitude discutable à l’égard des Africains, nous avons été amenés à dire ce que nous en pensions, tant à la direction du Point Mulhouse qu’aux autorités du Burkina Faso » (16). Deux conceptions s’opposent ici, car Dumont ne dissocie pas combat internationaliste, écologie politique et application de la science agronomique. Rabhi s’en amuse aujourd’hui : « René Dumont est allé dire au président Thomas Sankara que j’étais un sorcier. » Dumont conseillera même d’interrompre au plus vite ces formations. En pure perte, car Rabhi bénéficie de l’appui de Freund, lui-même proche du président burkinabé. Mais l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, prive Freund de ses appuis politiques. Rabhi et lui quittent précipitamment le Burkina Faso.

      Cet épisode éclaire une facette importante d’un personnage parfois présenté comme un « expert international » des questions agricoles, préfacier du Manuel des jardins agroécologiques (Actes Sud, 2012), mais qui n’a jamais publié d’ouvrage d’agronomie ni d’article scientifique. Et pour cause. « Avec l’affirmation de la raison, nous sommes parvenus au règne de la rationalité des prétendues Lumières, qui ont instauré un nouvel obscurantisme, un obscurantisme moderne, accuse-t-il, assis dans la véranda de sa demeure de Lablachère, en Ardèche. Les Lumières, c’est l’évacuation de tout le passé, considéré comme obscurantiste. L’insurrection des consciences à laquelle j’invite, c’est contre ce paradigme global. »

      Rabhi ne se contente pas d’exalter la beauté de la nature comme le ferait un artiste dans son œuvre. Il mobilise la nature, le travail de la terre et l’évocation de la paysannerie comme les instruments d’une revanche contre la modernité. Cette bataille illustre bien le malentendu sur lequel prospèrent certains courants idéologiques qui dénoncent les « excès de la finance », la « marchandisation du vivant », l’opulence des puissants ou les ravages des technosciences, mais qui ne prônent comme solution qu’un retrait du monde, une ascèse intime, et se gardent de mettre en cause les structures de pouvoir.

      « Que nous soyons riche ou pauvre, affirme Rabhi, nous sommes totalement dépendants de la nature. La référence à la nature régule la vie. Elle est gardienne des cadences justes (17). » Dans Le Recours à la terre (Terre du ciel, 1995), il fait d’ailleurs l’éloge de la pauvreté, « le contraire de la misère » ; il la présente dans les années 1990, lors de ses formations, comme une « valeur de bien-être ». Quelques années plus tard, ce parti pris se muera sémantiquement en une exaltation de la « sobriété heureuse (18) », expression bien faite pour cacher un projet où même la protection sociale semble un luxe répréhensible : « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social, nous explique Rabhi. Mais, pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’assumer longtemps ? » Pareille conception des rapports sociaux explique peut-être le fonctionnement des organisations inspirées ou fondées par le sobre barbichu, ainsi que son indulgence envers les entreprises multinationales et leurs patrons.

      Fondée en 1994 sous l’appellation Les Amis de Pierre Rabhi, l’association Terre et humanisme, dont un tiers du budget provient de dons tirés des produits financiers Agir du Crédit coopératif (plus de 450 000 euros par an), poursuit l’œuvre entamée par Rabhi au Burkina Faso en animant des formations au Mali, au Sénégal, au Togo, ainsi qu’en France, sur une parcelle d’un hectare cultivée en biodynamie, le Mas de Beaulieu, à Lablachère. Entre 2004 et 2016 s’y sont succédé 2 350 bénévoles, les « volonterres », qui travaillent plusieurs semaines en échange de repas et d’un hébergement sous la tente.

      Aux Amanins (La Roche-sur-Grane, Drôme), l’infrastructure d’agrotourisme née en 2003 de la rencontre entre Rabhi et l’entrepreneur Michel Valentin (disparu en 2012), lequel a consacré au projet 4,5 millions d’euros de sa fortune, s’étend sur cinquante-cinq hectares. Elle accueille des séminaires d’entreprise, des vacanciers, mais aussi des personnes désireuses de se former au maraîchage. La production de légumes repose sur deux salariés à temps partiel (vingt-huit heures hebdomadaires chacun) qu’épaule un escadron de volontaires du service civique ou de travailleurs bénévoles, les wwoofers (mot composé à partir de l’acronyme de World-Wide Opportunities on Organic Farms, « accueil dans des fermes biologiques du monde entier ») : « En échange du gîte et du couvert, les wwoofers travaillent ici cinq heures par jour, explique la direction des Amanins. Nous ne payons pas de cotisations sociales, et c’est légal. »

      Son exercice de méditation terminé, l’un des quatre travailleurs bénévoles présents lors de notre visite gratifie son repas bio d’une parole de louange et confie : « En fait, on travaille plus que cinq heures par jour, mais le logement est très confortable. Être ici, ça ramène à l’essentiel. » Malgré la taille du site et la main-d’œuvre abondante, les Amanins déclarent ne pas atteindre l’autosuffisance alimentaire et achètent 20 % de leurs légumes. « J’ai vu des gens partir en claquant la porte, en se plaignant d’être exploités, témoigne Mme Ariane Lespect, qui a travaillé bénévolement au Mas de Beaulieu, géré par Terre et humanisme, ainsi qu’aux Amanins. Mais je crois qu’ils n’ont pas compris le message de Pierre Rabhi. Sortir du système, retrouver un échange humain, c’est accepter de travailler pour autre chose qu’un salaire, et de donner. »

      Le prophète-paysan ne tire aucun profit monétaire de ces engagements bénévoles. Mais ces apprentis jardiniers sans grande expérience ni connaissances agronomiques qui bêchent le sol des « fermes Potemkine » donnent du « contre-modèle » Rabhi une image télégénique d’exploitation biologique économiquement viable — alors que ces fermes réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires en facturant des formations.

      Le mouvement Colibris ne supervise aucune exploitation agricole. Toutefois, son actuel directeur, M. Mathieu Labonne, coordonne GreenFriends, le réseau européen des projets environnementaux de l’organisation Embracing the World (ETW), fondée par la gourou Mata Amritanandamayi, plus connue sous le nom d’Amma (19). Sa tâche consiste à développer des « écosites modèles » dans les ashrams français d’Amma : la Ferme du Plessis (Pontgouin, Eure-et-Loir) et Lou Paradou (Tourves, Var). Dans ses comptes annuels de 2017, l’association ETW France, sise à la Ferme du Plessis (six hectares), déclare avoir bénéficié de l’équivalent de 843 710 euros de travail bénévole (20), toutes activités confondues. Et l’association MAM, qui gère Lou Paradou (trois hectares), de 16 346 heures (21) de seva, « l’une des pratiques spirituelles qu’Amma nous conseille particulièrement, le travail désintéressé en conscience, appelé aussi méditation en action, explique le site Internet de l’ashram. Cuisine, travail au jardin, ménage, travaux, couture... les tâches sont variées ». Les réseaux Amma et Colibris se croisent régulièrement, que ce soit lors des venues annuelles de la gourou en France, dans les fermes d’ETW, ou dans la presse des Colibris — Amma a fait la « une » du magazine Kaizen en mars 2015.
      L’enthousiasme des patrons colibris

      À partir de 2009, année marquée par la participation de Rabhi à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le fondateur des Colibris rencontre des dirigeants de grandes entreprises, comme Veolia, HSBC, General Electric, Clarins, Yves Rocher ou Weleda, afin de les « sensibiliser ». Les rapports d’activité de l’association Colibris évoquent à cette époque la création d’un « laboratoire des entrepreneurs Colibris » chargé « de mobiliser et de relier les entrepreneurs en recherche de sens et de cohérence ». « On peut réunir un PDG, un associatif, une mère de famille, un agriculteur, un élu, un artiste, et ils s’organisent pour trouver des solutions qu’ils n’auraient jamais imaginées seuls », lit-on.

      Désireux de stimuler cette imagination, Rabhi a également reçu chez lui, ces dernières années, le milliardaire Jacques-Antoine Granjon, le directeur général du groupe Danone Emmanuel Faber, ainsi que M. Jean-Pierre Petit, plus haut dirigeant français de McDonald’s et membre de l’équipe de direction de la multinationale. « J’admire Pierre Rabhi (...), je vais à toutes ses conférences », clame M. Christopher Guérin, directeur général du fabricant de câbles Nexans Europe (26 000 salariés), qui se flatte dans le même souffle d’avoir « multiplié par trois la rentabilité opérationnelle des usines européennes en deux ans » (Le Figaro, 4 juin 2018). Rabhi a également déjeuné avec M. Emmanuel Macron durant sa campagne pour l’élection présidentielle. « Macron, le pauvre, il fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas simple, nous déclare-t-il. Il est de bonne volonté, mais la complexité du système fait qu’il n’a pas les mains libres. »

      À force de persévérance, les consciences s’éveillent. Le 8 mai 2018, à Milan, dans le cadre du salon de l’agroalimentaire Seeds & Chips, M. Stéphane Coum, directeur des opérations de Carrefour Italie, disserte devant un parterre de journalistes et d’industriels. Trois mois à peine après que M. Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, a annoncé 2 milliards d’euros d’économie, la fermeture de 273 magasins et la suppression de 2 400 emplois, le dirigeant de la succursale italienne fait défiler une présentation. Soudain, une citation appelant à l’avènement d’un « humanisme planétaire » apparaît à l’écran, accompagnée d’un visage au sourire rassurant. « Il y a six ans, j’ai commencé à lire Pierre Rabhi, déclare ce patron colibri. Pour que nous parvenions au changement, il faut que chacun “fasse sa part”. Nombreux sont aujourd’hui ceux qui veulent changer le monde, et c’est aussi la volonté de Carrefour. » Réconcilier grande distribution et sollicitude environnementale, grandes fortunes et spiritualité ascétique : la sobriété heureuse est décidément une notion élastique.

      Jean-Baptiste Malet
      Journaliste, auteur de L’Empire de l’or rouge. Enquête mondiale sur la tomate d’industrie, Fayard, Paris, 2017.

      (1) Résultats GfK, juin 2018.

      (2) Entretien avec Mme Nyssen, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », Kaizen, hors-série spécial anniversaire, Paris, mars 2018.

      (3) Entretien avec M. Hulot, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », op. cit.

      (4) Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes ou la Reconquête du songe, Albin Michel, Paris, 1995 (1re éd. : 1983). Les trois citations suivantes en sont tirées.

      (5) Karine-Larissa Basset, « Richard Pierre (1918-1968) », Histoire de la protection de la nature et de l’environnement, octobre 2010.

      (6) Pierre-Claude-Roger Richard, « Considérations sur le rôle social du médecin de campagne », thèse de doctorat en médecine soutenue le 13 décembre 1945.

      (7) Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes…, op. cit.

      (8) Correspondance de l’auteur avec Philippe Barthelet, coordinateur de Gustave Thibon, L’Âge d’homme, coll. « Les dossiers H », Lausanne, 2012.

      (9) Entretien avec Pierre Rabhi, Ultreïa !, n° 1, Éditions Hozhoni, La Chapelle-sous-Aubenas, automne 2014.

      (10) Lire Evelyne Pieiller, « Le terroir ne ment pas », Le Monde diplomatique, juin 2018.

      (11) « Pierre Rabhi : “Le féminin est au cœur du changement” », Kaizen, 28 mai 2018.

      (12) Lire « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », Le Monde diplomatique, juillet 2018.

      (13) Maurice Freund, Charters interdits. Quinze ans d’aventures pour la liberté du ciel, Bueb & Reumaux, Strasbourg, 1987.

      (14) « Aujourd’hui la vie », émission spéciale Afrique, Antenne 2, 6 mai 1986.

      (15) Lire René Dumont, « L’agriculture voltaïque dans le piège de la dépendance », Le Monde diplomatique, mars 1978.

      (16) René Dumont, Un monde intolérable. Le libéralisme en question, Seuil, coll. « L’histoire immédiate », Paris, 1988.

      (17) Pierre Rabhi et Juliette Duquesne, Les Excès de la finance ou l’Art de la prédation légalisée, Presses du Châtelet, coll. « Carnets d’alerte », Paris, 2017.

      (18) Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, Arles, 2010, dont plus de 400 000 exemplaires ont été vendus tous formats confondus.

      (19) Lire Jean-Baptiste Malet, « Amma, l’empire du câlin », Le Monde diplomatique, novembre 2016.

      (20) « Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos le 31 décembre 2017 » (PDF), Embracing the World - PKF Audit Conseil, Journal officiel, 22 juin 2018.

      (21) « Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos le 31 décembre 2017 » (PDF), MAM - PKF Audit Conseil, 16 mai 2018.

      Voir le courrier des lecteurs dans notre édition de septembre 2018.


  • « Capharnaüm » (chaos). Un film à voir.
    Deux réalités libanaises : la misère des ghettos et celle des camps de migrants
    Un film passionnant, des scènes émouvantes, effroyable, dur ! Une histoire vraie, réalisé par la libanaise Nadine Labaki ;
    Le personnage principal, un gamin de 11 ans, Zein (qui veut dire « beau » en arabe), joue l’histoire de sa propre vie de SDF...
    NRobin

    https://culture.francetvinfo.fr/cinema/critiques/capharnaum-la-realisatrice-nadine-labaki-inspiree-dans-l-enfer-

    « Capharnaüm » : la réalisatrice Nadine Labaki inspirée dans l’enfer libanais
    Par Jacky Bornet @Culturebox
    https://culturebox.francetvinfo.fr/sites/default/files/styles/article_view_full_main_image/public/filefield_paths/capharnaum_a.jpg?itok=JFgtbNyy
    Zain Alrafeea dans « Capharnaüm » de Nadine Labaki © Gaumont Distribution
    http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/utopia/public/films-annonces/2018/Capharnaum.jpg
    https://media1.woopic.com/api/v1/images/661%2Ffrancetv-actu-articles%2Fbca%2Fed8%2F09f79108f4ac768bb5b0ec04f5%2Fcapharnaum-le-film-qui-a-change-la-vie-d-un-enfant-syrien%7C15970303.jpg?format=980x450&facedetect=1&quality=85

    Très remarquée à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs en 2007 avec « Caramel », Mention spéciale du Jury Œcuménique en 2011avec « Et maintenant, on va où ? », Nadine Labaki a remporté cette année le Prix du Jury sur la Croisette avec « Capharnaüm ». Un petit garçon d’une famille pauvre y fugue dans un Beyrouth chaotique, puis intente un procès à ses parents pour mauvais traitements.

    Beyrouth au quotidien
    Zain ne connaît pas son âge mais aurait une douzaine d’années. Il ne supporte pas que ses parents livrent à un adulte sa jeune sœur préférée de 11 ans. Quand elle meurt en fausse couche, il quitte le foyer pour faire sa vie dans la grande ville, s’occupe du bébé abandonné par une jeune réfugiée, est emprisonné, puis intente un procès à ses parents pour mauvais traitements. Le périple de Zain est prétexte à exposer le quotidien à Beyrouth, en proie au chaos et à la corruption, après une guerre interminable, toujours prête à reprendre. Nadine Labaki filme au niveau des trottoirs et des enfants comme pour un reportage, mais avec de vrais personnages construits, ce qui donne une énergie folle à son film.

    Reportage : N. Lemarignier / S. Gorny / D. Da Meda, G. Orain / A-C. Bequet

    Zain Alrafeea, qui interprète ce petit garçon et dont le prénom a été gardé pour son personnage, est incroyable de véracité. D’une maturité étonnante, d’aucuns l’auraient bien vu remporter le prix d’interprétation du 71e festival cannois. C’était peut-être aller un peu vite en besogne, mais il est vrai que son assurance, le ton dont il use dans ses répliques pas toujours faciles, sa gestuelle, étonnent à chaque instant.

    Poule pondeuse
    À l’encontre d’autres films de la compétition officielle cannoise, qui ont fait également le choix d’une mise en scène reprenant les codes du reportage, comme « En guerre » ou « Ayka » (caméra portée, cadrages et lumière variables, travellings instables…), « Capharnaüm » restitue l’énergie de la rue dans laquelle se fond son jeune héros. Il fait corps avec elle, et devient un vecteur pour Nadine Labaki, lui donnant accès à l’âme d’une ville et de ses habitants.

    « Capharnaüm » de Nadine Labaki © Mooz Films
    La cinéaste traduit un drame humain, un drame de l’enfance et à travers lui, celui d’une famille. Zain a compris le petit manège de ses parents. Sa mère est pratiquement devenue une poule pondeuse qui négocie ses filles avec les meilleurs partis, pour survivre. En leur intendant un procès, Zain veut obtenir du tribunal son interdiction d’enfanter à nouveau, afin de prévenir de futures vies massacrées. Beau sujet, dans lequel s’engouffrent la condition féminine, la misère, les mœurs d’une société libanaise déphasée et un message humaniste dans les paroles et le regard d’un enfant devenu adulte avant l’âge. Puissant.

    LA FICHE
    Genre : Drame
    Réalisateur : Nadine Labaki
    Pays : Liban / France
    Acteurs : Zain Alrafeea, Yordanos Shifera, Boluwatife Treasure Bankole, Nadine Labaki
    Durée : 2h03
    Sortie : 17 octobre 2018
    Synopsis : À l’intérieur d’un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? », Zain lui répond : « Pour m’avoir donné la vie ! ». Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer.


  • Yémen

    https://fr.sputniknews.com/presse/201808081037579725-yemen-al-qaida-usa-allies-guerre

    La coalition conduite par l’Arabie saoudite, qui mène au Yémen des opérations militaires contre les rebelles chiites Houthis, aurait conclu un accord avec l’organisation terroriste Al-Qaïda* dans la péninsule arabique.

    La coalition arabe verse de l’argent aux combattants pour que les terroristes abandonnent les villes occupées, ce qui est ensuite présenté comme une victoire de la coalition des pays alliés des USA. La coalition menée par l’Arabie saoudite, activement soutenue par les États-Unis, a passé un accord avec l’organisation terroriste Al-Qaïda* dans la péninsule arabique (AQPA*, branche d’Al-Qaïda*). C’est ce que rapporte l’agence Associated Press se référant à des représentants officiels du Yémen, notamment des officiers des services de sécurité, des chefs de milice, des représentants de tribus qui jouent le rôle d’intermédiaires et des membres d’Al-Qaïda eux-mêmes, écrit le quotidien Gazeta.ru.

    Selon AP, les groupes de milice arabiques agissant avec le soutien de Riyad et de ses alliés acceptent dans leurs rangs d’anciens membres d’AQPA*.

    Des maisons détruites au Yémen par les frappes de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite
    https://cdnfr1.img.sputniknews.com/images/103694/94/1036949426.jpg
    © Sputnik . Stringuer
    Les États-Unis seraient alliés à Al-Qaïda au Yémen, selon Associated Press
    De tels accords et compromis permettent à la branche yéménite d’Al-Qaïda* de maintenir son opérationnalité, estime AP.

    D’après l’agence de presse, les renseignements et les militaires américains sont au courant de ces accords officieux.

    La guerre fait rage au Yémen depuis août 2014 entre les forces gouvernementales et les rebelles Houthis. Le conflit armé s’est significativement aggravé quand les troupes de la coalition menée par l’Arabie saoudite sont entrées au Yémen en mars 2015. Depuis, les forces de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et des EAU participent aux combats contre les Houthis. Par la suite, elles ont été rejointes par l’Égypte, la Jordanie, le Maroc, le Pakistan et le Soudan.

    Le « succès » n’est pas le bon mot

    « En dépit d’une coalition aussi représentative, il n’y a eu aucun succès ou victoire sur le champ de bataille dans le combat contre les Houthis », explique Alexandre Khramtchikhine, directeur adjoint de l’Institut d’analyse politique et militaire.

    D’après ce dernier, le fait même que cette guerre dure depuis trois ans et demi signifie que le terme « succès » ne peut pas être employé vis-à-vis de l’armée de l’Arabie saoudite et de la coalition qu’elle dirige.

    L’artillerie saoudienne participe à l’opération militaire au Yémen
    © AP Photo / Hasan Jamali
    Les USA ne cherchent-ils pas un prétexte pour une guerre contre l’Iran ?
    Selon l’expert, dans ce conflit Riyad dominait complètement au départ en termes d’effectifs et de moyens sur tous les paramètres possibles. L’Arabie saoudite était largement supérieure aux Houthis en matière d’effectifs, d’armement et de matériel, mais la guerre dure malgré tout depuis plus de trois ans — et on n’en voit pas la fin.

    L’expert souligne qu’on assiste au Yémen non pas à une guerre antiguérilla, mais à une guerre classique d’armée contre armée. Et jusqu’à présent, la coalition saoudienne n’a fait que légèrement repousser les unités des Houthis.

    « Je ne sais même pas qui et quand, dans l’histoire des guerres, a montré une telle inconsistance militaire et s’il existe un analogue d’actions aussi inefficaces », déclare Alexandre Khramtchikhine.

    Par ailleurs, le spécialiste rappelle que l’Arabie saoudite dispose d’une immense quantité d’armes de pointe, et fait face à des combattants équipés d’armes soviétiques obsolètes en nombre limité. Pourtant, les dépenses militaires de l’Arabie saoudite ces dernières années dépassaient le budget de défense de la Russie, précise l’expert. Riyad occupe la 4-5e place mondiale en matière de dépenses pour la défense.

    « Or quand on n’arrive à rien sur les champs de bataille, il ne reste qu’une chose : soudoyer, puis faire passer par un battage médiatique ces opérations financières pour ses propres victoires militaires », conclut l’expert.

    Les liens ne sont pas à exclure

    « Al-Qaïda* représente une grave menace pour l’Arabie saoudite », estime Elena Souponina, conseillère du directeur de l’Institut russe des recherches stratégiques.

    Pour Téhéran, Londres est responsable des crimes de guerre au Yémen
    Selon la spécialiste, il ne peut y avoir de liens directs entre cette organisation terroriste et la famille royale. Des attentats ont eu lieu à plusieurs reprises sur le territoire du royaume, qui ont été revendiqués par ce groupe terroriste précis.

    En revanche, poursuit l’interlocutrice, les Saoudiens flirtent souvent avec d’autres organisations radicales agissant notamment en Syrie.

    Et là, Riyad s’engage dans une zone à risque parce qu’il est parfois très difficile de séparer les radicaux des autres, c’est-à-dire les opposants dits modérés des terroristes notoires. Et, souvent, les armes passent d’une main à l’autre.

    Enfin, rappelle Elena Souponina, Al-Qaïda* a été créée en tant qu’organisation par les efforts de plusieurs services secrets, notamment saoudiens, américains et britanniques pour combattre la présence soviétique en Afghanistan.

    « Il ne faut donc pas exclure complètement des liens indirects », conclut la spécialiste.

    « Je trouve que de telles actions de l’Arabie saoudite et de sa coalition ne mènent qu’à une chose : la multiplication du nombre de terroristes agissant dans cette région », déclare le général Valeri Zaparenko, ancien commandant adjoint de la Direction générale des opérations de l’état-major des armées.

    Selon lui, les unités des terroristes doivent être détruites par des actions déterminées avec tous les types de forces armées et de coalitions, au lieu de s’engager avec elles dans des ententes financières douteuses. Seule la défaite rapide d’Al-Qaïda* au sud de la péninsule arabique est susceptible de stabiliser la situation et de rapprocher le Yémen de la paix, affirme le général.

    « Il n’existe aucune autre solution à ce problème », conclut-il.


  • Ce Soir où Jamais est de retour. Enfin ! Merci Poutine ! NRobin

    Interdit d’interdire Culture : numéro 12 — RT en français

    Dans l’émission de Frédéric Taddéï sur Russia Today, du 8 nov. 2018, 19h
    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/55226-interdit-dinterdire-culture-numero-12

    Découvrez le livre d’ Ingrid Riocreux, sur les médias-mensonges et totalitaires

    A lire : « Les Marchands de nouvelles » par Ingrid Riocreux

    Frédéric Taddeï reçoit Kamel Dafri, Edgar Sekloka, Ingrid Riocreux, Noëlle Chabert et Frédéric Sojcher.

    Frédéric Taddeï reçoit le directeur du Festival Ville des Musiques du Monde, Kamel Dafri pour le 2ème prix des musiques d’ici, l’auteur, compositeur et interprète Edgar Sekloka, le professeur de Lettres moderne Ingrid Riocreux pour son livre « Les Marchands de nouvelles » aux éditions de l’Artilleur, la directrice du Musée Zadkine, Noëlle Chabert pour l’exposition « Ossip Zadkine – L’instinct de la matière » ainsi que le cinéaste et professeur à la Sorbonne Frédéric Sojcher pour son livre « Ecrire un film » aux éditions Les Impressions Nouvelles.

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/55226-interdit-dinterdire-culture-numero-12

    https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000439553&titre_livre=Les_
    https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/image.html?app=NE&idImage=340971&maxlargeur=374&maxhauteur=4

    Les Marchands de nouvelles : Médias, le temps du soupçon

    Ingrid Riocreux

    Éditeur : L’Artilleur

    Prix de vente au public (TTC) : 22 €

    528 pages ; 22 x 14 cm ; broché

    Résumé : Les citoyens français, les sondages l’indiquent avec toujours plus de netteté, accordent de moins en moins de crédit aux médias. Ils les soupçonnent de mille maux : déformation des faits, oublis volontaires, choix éditoriaux contestables. D’où vient cette méfiance ? Les nouvelles technologies et l’irruption du web sous toutes ses formes, y sont-elles pour quelque chose ?
    Ou bien les médias eux-mêmes ont-ils effectivement des comportements et des façons de donner à voir le réel parfois étranges ?
    Spécialiste du langage mais aussi chroniqueuse régulière pour la magazine Causeur, Ingrid Riocreux tente dans ce livre de comprendre les origines du trouble et de savoir comment l’information va évoluer.

    Ingrid Riocreux est agrégée de grammaire et chercheur associé à l’Université Paris-Sorbonne.
    Elle est l’auteur, en 2016, d’un essai très remarqué, La Langue des medias


  • EXCELLENT ! NRobin

    Quand un colonialisme en cache un autre
    Bruno GUIGUE

    Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ?

    La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas nouvelle. Propre sur lui, le démocrate occidental voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre qui loge dans le sien. De droite, de gauche ou du centre, il vit dans un monde idéal, un univers heureux où il a toujours la conscience de son côté. Sarkozy a détruit la Libye, Hollande la Syrie, Macron le Yémen, mais il n’y aura jamais de tribunal international pour les juger. Mesurés à l’aune de notre belle démocratie, ces massacres ne sont que des broutilles. Un égarement passager, à la rigueur, mais l’intention était bonne. Comment des démocraties pourraient-elles vouloir autre chose que le bonheur de tous ? Surtout destiné à l’électeur moyen, le discours officiel des Occidentaux traduit toujours l’assurance inébranlable d’appartenir au camp du bien. ’Vous souffrez de l’oppression, de la dictature, de l’obscurantisme ? Ne vous inquiétez pas, on vous envoie les bombardiers !’.

    Il arrive toutefois qu’au détour d’une phrase, dans le secret des négociations internationales, un coin de voile soit levé, subrepticement. On assiste alors à une forme d’aveu, et voilà qu’un margoulin confesse le crime en esquissant un sourire narquois. En 2013, au moment où la France intervient au Sahel, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, appelle son homologue russe pour obtenir l’appui de la Russie à l’ONU. Lavrov s’étonne alors de cette initiative française contre des djihadistes que Paris avait soutenus lors de l’intervention en Libye, en 2011 : ’C’est la vie !’, lui rétorque le ministre français. Semer la terreur pour abattre un Etat souverain ? C’est ’la vie’ selon Fabius. Mais que ce criminel se rassure : aucun juge ne lui demandera des comptes. La Cour pénale internationale (CPI) est une Cour pour les indigènes : c’est réservé aux Africains. Les gens comme Fabius ont l’art de passer entre les gouttes.

    Abreuvés d’un discours qui leur dit que leur pays est toujours du bon côté, les Français semblent à des années-lumière du chaos que contribuent à bâtir leurs propres dirigeants. Les problèmes du monde ne les affectent que lorsque des hordes de miséreux se pressent aux portes, et ils sont nombreux à accorder leurs suffrages - comme beaucoup d’Européens - à ceux qui prétendent leur épargner cette invasion. Bien entendu, cette défense d’un ’chez soi’ devrait logiquement s’accompagner du refus de l’ingérence chez les autres : que vaudrait un patriotisme qui autoriserait le fort à s’ingérer dans les affaires du faible ? Or l’expérience montre que ces ’patriotes’ sont rarement à la pointe du combat pour l’indépendance nationale en dehors du monde prétendument civilisé. Quels partis de droite européens, par exemple, soutiennent le droit des Palestiniens à l’autodétermination nationale ? Manifestement, ils ne se précipitent pas pour honorer leurs propres principes.

    Mais ce n’est pas tout. On peut même se demander si ces prétendus patriotes le sont vraiment pour eux-mêmes : combien d’entre eux, en effet, sont-ils favorables à la sortie de leur propre pays de l’OTAN, cette machine à embrigader les nations européennes ? Comme pour la question précédente, la réponse est claire : aucun. Ces ’nationalistes’ font le procès de l’Union européenne pour sa politique migratoire, mais c’est le seul morceau de leur répertoire patriotique, véritable disque rayé aux accents monocordes. Ils gonflent les muscles face aux migrants, mais ils sont beaucoup moins virils face aux USA, aux banques et aux multinationales. S’ils prenaient leur souveraineté au sérieux, ils s’interrogeraient sur leur appartenance au ’camp occidental’ et au ’monde libre’. Mais c’est sans doute beaucoup leur demander.

    Dans cette incohérence généralisée, la France est un véritable cas d’école. Une certaine droite - ou extrême-droite, comme on voudra - y critique volontiers les interventions à l’étranger, mais de manière sélective. Le Rassemblement national, par exemple, dénonce l’ingérence française en Syrie, mais il approuve la répression israélienne contre les Palestiniens. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes serait-il à géométrie variable ? En fait, ce parti fait exactement l’inverse de ce que fait une prétendue gauche, qui soutient les Palestiniens - en paroles - et approuve l’intervention occidentale contre Damas, trouvant même qu’on n’en fait pas assez et qu’il faudrait bombarder ce pays plus sévèrement. Le drame, c’est que ces deux incohérences jumelles - et en miroir - aveuglent le peuple français. On mesure cet aveuglement au résultat, lorsqu’on voit des gauchistes souhaiter le renversement d’un Etat laïc par des mercenaires de la CIA (au nom de la démocratie et des droits de l’homme), et des nationalistes soutenir l’occupation et la répression sionistes en Palestine (au nom de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical).

    Il est vrai que ce chassé-croisé entre pseudo-patriotes et pseudo-progressistes a aussi une dimension historique. Il charrie à sa façon l’héritage empoisonné des temps coloniaux. Ainsi la droite nationaliste critique le néocolonialisme occidental en Syrie, mais elle trouve insupportable qu’on évoque les crimes coloniaux commis par la France dans le passé en Indochine, en Algérie ou à Madagascar. On suppose que ce n’est pas volontaire, mais la gauche universaliste contemporaine - au nom des droits de l’homme - fait exactement l’inverse : elle fait le procès du vieux colonialisme façon « Algérie française » mais elle approuve l’intervention néocoloniale en Syrie contre un Etat souverain qui a arraché son indépendance à l’occupant français en 1946. Bref, la droite aime follement le colonialisme au passé, la gauche l’aime passionnément au présent. La boucle est bouclée, et en définitive tout le monde est d’accord. Principale victime : la lucidité collective.

    La France est l’un des rares pays où un colonialisme en cache un autre, le vieux, celui qui plonge ses racines dans l’idéologie pseudo-civilisatrice de l’homme blanc, se trouvant comme régénéré par le sang neuf du bellicisme droit-de-l’hommiste. Ce néocolonialisme, à son tour, est un peu comme l’ancien colonialisme ’mis à la portée des caniches’, pour paraphraser Céline. Il veut nous faire pleurer avant de lancer les missiles. En tout cas, la connivence implicite entre les colonialistes de tous poils - les vieux et les jeunes, les archéo et les néo - est l’une des raisons de l’errance française sur la scène internationale depuis qu’elle a rompu avec une double tradition, gaulliste et communiste, qui lui a souvent permis - non sans errements - de balayer devant sa porte : la première par conviction anticolonialiste, la seconde par intelligence politique. Un jour viendra sans doute où on dira, pour faire la synthèse, que si la France a semé le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen, au fond, c’était pour « partager sa culture », comme l’a affirmé François Fillon à propos de la colonisation française des siècles passés. Au pays des droits de l’homme, tout est possible, et même prendre des vessies pour des lanternes.

    Bruno GUIGUE
    URL de cet article 34046
    https://www.legrandsoir.info/quand-un-colonialisme-en-cache-un-autre.html



    • Quelle politique Trump mène-t-il dans le monde arabe ? Michel Collon répond
      https://www.youtube.com/watch?v=B7fYG_JPulk


      Investig’Action - Michel Collon
      Ajoutée le 18 juil. 2017
      La politique du nouveau président US est-elle aussi illisible qu’on le dit ? Comment expliquer les contradictions entre ce qu’il dit et ce qu’il fait ? Pourquoi Trump diabolise-t-il les musulmans aux Etats-Unis en prétendant lutter contre le terrorisme d’une part et roucoule avec les Saoud d’autre part ? Qatar sur la touche, conflit israélo-palestinien, accord sur le nucléaire iranien, lutte contre Daesh… Quelle est la politique de Trump au Moyen-Orient ? Michel Collon répond au micro de Lila Lefebvre pour Al Hiwar TV.


  • Tsahal censure un article sur l’armement par l’armée israélienne de groupes rebelles en Syrie/ 6 sept. 2018
    https://francais.rt.com/international/53739-tsahal-censure-article-annoncant-que-armee-israelienne-arme-group

    Le directeur de la publication du Jerusalem Post confirme que l’armée israélienne a exigé et obtenu, pour « des raisons évidentes de sécurité », la dépublication d’un article relatant l’aide militaire fournie par Tsahal à des rebelles en Syrie.

    L’armée israélienne a bel et bien demandé au Jerusalem Post de retirer de son site internet une information pour le moins explosive : selon le quotidien israélien, Tsahal aurait fourni des armes à des rebelles syriens.

    Lire aussi
    Un avion de combat israélien F15 en exercice, novembre 2017
    https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8fa12809fac2e57b8b4567.jpg
    L’armée israélienne reconnaît avoir mené plus de 200 frappes en Syrie en deux ans
    https://francais.rt.com/international/53728-armee-israelienne-admet-mene-plus-200-frappes-syrie-deux-ans

    Interrogé par RT, l’un des responsables éditoriaux du journal israélien a confirmé que l’armée était intervenue. « Le censeur militaire de l’armée nous a demandé de retirer cette partie de l’histoire », explique David Brinn, directeur de la publication du Jerusalem Post. L’article en question, toujours accessible par le cache des moteurs de recherche quelques heures après sa dépublication avant d’être entièrement supprimé, s’intitulait : « L’armée israélienne confirme : Israël a fourni des armes légères a des rebelles syriens. »

    David Brinn invoque « des raisons évidentes de sécurité » pour justifier sa dépublication. Quant à l’armée israélienne, elle se refuse pour l’heure à tout commentaire.

    Cet article, quelque peu gênant pour l’Etat hébreux, affirme que l’armée israélienne a procédé à des transferts d’argent, d’armes et de munitions à des combattants syriens basés près de la frontière syro-israélienne. Ces aides auraient été décidées dans le cadre de l’opération « Bon voisin », officiellement présentée comme une « opération d’aide humanitaire massive à la Syrie » par le gouvernement israélien et de nombreux médias.

    Au total, pas moins de sept groupes rebelles auraient reçu de l’aide militaire israélienne. L’article affirme que les militaires israéliens considéraient cette opération comme une « décision appropriée » afin d’endiguer l’influence du Hezbollah et de l’Iran dans la région, notamment en les maintenant à distance du plateau du Golan.

    Ces révélations ont eu lieu quelques jours après une autre annonce fracassante : lors d’une conférence de presse, le 4 septembre, l’armée israélienne avait annoncé qu’elle avait frappé à 202 reprises le territoire syrien depuis 2017. Selon cette déclaration, ces frappes avaient pour cibles des positions iraniennes. De l’aveu même de Tsahal, un total de 792 missiles et bombes auraient été larguées en Syrie.

    Lire aussi : Tempête diplomatique : l’ambassade du Paraguay en Israël retrouve Tel-Aviv


  • Je le trouve sympathique, sincère et courageux ! NRobin

    Pierre Le Corf : « je suis fatigué et dégoûté des mensonges sur ce qui se passe en Syrie »
    https://www.youtube.com/watch?v=sZ8ETcBcco0

    J’ai adoré celle-ci :
    https://www.youtube.com/watch?v=odFSV2i9s9o


    ALERTE SYRIE sur IDLIB & les armes chimiques ! LA PROPAGANDE EN MARCHE !

    Qui est Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep ?

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/qui-est-pierre-corf-humanitaire-breton-base-alep-110283
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/2016/10/11/14484868_10154723553639925_5726627149365248311_n.jpg?itok=uWlZW5Qj
    Pierre Le Corf a 27 ans, originaire du Morbihan, il a tout quitté il y a deux ans et demi pour mener un tour du monde solidaire. Depuis huit mois, il est installé à Alep et vit au quotidien avec ses habitants. Il essaie d’apporter son soutien, une mission non sans risque.
    Par Emilie Colin Publié le 11/10/2016
    Cela fait huit mois qu’il est installé à Alep (zone ouest) en Syrie et qu’il veut apporter son aide à la population. Pierre Le Corf a 27 ans, il serait le seul français établi sur place depuis aussi longtemps. Fils d’ostréiculteurs et originaire du Morbihan, il a tout quitté, tout vendu il y a 3 ans, pour fonder son association We are superheroes et se lancer dans un tour du monde solidaire. Joint par téléphone lundi, il explique son parcours, et son envie de rester en Syrie, tant qu’il pourra.

    Alep, « l’une des plus grandes communautés marginalisées du monde, des fantômes qui essaient de survivre et de croire en demain »

    « J’y suis arrivé il y a 8 mois à travers une autre ONG (SOS Chrétiens d’Orient) qui était touchée par les actions que je menais dans d’autres pays. Au départ, mon projet (We are superheroes) c’était de donner du sens à l’histoire des gens et de transmettre leur savoir, en tant qu’expérience de vie. Au fur et à mesure le programme s’est mis en place sur des zones de génocide, de gangs. Cela a touché beaucoup de gens. Cette ONG a voulu encourager le travail que je faisais et m’a proposé de venir en Syrie pour continuer.
    Je ne pensais pas rester trop longtemps. Je suis arrivé en passant par Damas. En arrivant à Alep, j’ai découvert des gens extraordinaires, une situation qui dépassait de très très loin ce que les médias racontaient à son propos et j’ai eu envie de rester. Du coup c’est ce que j’ai fait pour à la fois transmettre ce qui se passe ici, et aussi créer des programmes qui puissent véritablement aider les gens. »

    Agir au quotidien
    Pierre Le Corf s’est fixé plusieurs missions notamment celle de pouvoir fournir des trousses de premiers soins. Il finance lui même ces projets, « une grosse responsabilité » qui l’amène désormais à lancer des collectes de fond pour pouvoir continuer. Il raconte son quotidien.

    « Il n’y a pas de journée type ici parce que la guerre change tout tout le temps. Il y a des jours où des gens que vous aimez se font tuer par une roquette, donc vous allez voir où c’est tombé, vous allez rencontrer la famille à l’hôpital, vous allez essayer de trouver des solutions pour l’aider. »
    Rester ?

    « Beaucoup de gens sont inquiets autour de moi. Je ne prends jamais de risques immodérés, après évidemment les roquettes et les mortiers tombent là où ils tombent. Ne pas porter de gilet pare-balles ? C’est une vrai volonté, il n’y pas d’intérêt à porter un gilet pare-balles dans un endroit où les gens n’en ont pas. Pourquoi moi j’aurais le droit d’en porter un et pas eux ? »

    We are superheros : partir et donner à voir les autres
    « We are superheroes c’était il y a deux ans et demi. Je devais être au plus près de la réalité. Je viens d’une famille très modeste, sans vraiment beaucoup de moyens. Je suis parti très tôt de chez moi. J’ai grandi dans un environnement compliqué. Au fur et à mesure des années, j’ai fini par plus ou moins réussir, par vivre correctement même, en montant des projets d’entreprise. Mais au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus vraiment. Ayant grandi dans ces environnements-là, j’ai toujours été auprès de gens qui avaient besoin d’aide. J’ai moi-même grandi avec des gens qui ont été capables de me tendre la main. Du coup j’ai décidé de me reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir ceux dont on parlait le moins. J’ai eu envie d’arriver à découvrir le monde non pas comme on me le racontait mais comme il l’était réellement et ne pas me limiter à la France sur ma perception de l’être humain. »

    https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-sur-les-reseaux/20161215.RUE6000/dans-sa-nouvelle-vie-pierre-le-corf-defend-le-regime-syrien-sur-facebook.


  • FIS/GIA même combat, pourquoi ça serait différent pour les "rebelles" jihadistes et mercenaires en Syrie ? NRobin
    https://francais.rt.com/international/53701-rebelles-armee-syrienne-libre-nexistent-plus-idleb-front-al-nosra
    « Les rebelles de l’Armée syrienne libre n’existent plus. A Idleb, c’est le Front al-Nosra » (VIDEO)
    3 sept. 2018, 21:29
    https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8d7a00488c7b89378b4567.jpg
    IllustratiOn : djihadistes du Hayat Tahrir al-Cham, émanation du Front al-Nosra
    Alors qu’une offensive d’envergure semble se préparer dans le nord de la Syrie, le reporter de guerre Pierre Piccinin rappelle que les « rebelles » syriens sont en réalité un conglomérat de rebelles emmenés par Fatah al-Cham, alias le Front al-Nosra.

    La tension monte à Idleb alors qu’une offensive des forces gouvernementales semble se préparer contre les djihadistes retranchés dans la ville. Pierre Piccinin, reporter de guerre et écrivain, est revenu sur le plateau de RT France sur les craintes d’une attaque chimique.

    « Jusqu’à présent, il n’a pas été possible d’identifier l’origine des attaques. Le gouvernement [de Damas] de son côté n’a pas vraiment intérêt à mener des attaques chimiques », a-t-il souligné. Et de poursuivre : « Ce serait tout simplement mettre ses alliés en difficulté au Conseil de l’ONU [...] D’un autre côté, je pense que les rebelles ont bien compris qu’une attaque chimique n’entraîne plus de ripostes de l’Occident, ou alors des ripostes très symboliques », référence référence aux frappes occidentales contre la Syrie d’avril 2018.

    Le 22 août, le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, avait brandi la menace d’une frappe américaine, prévoyant déjà une utilisation supposée d’armes chimiques par Damas dans le cadre d’opérations militaires à Idleb. Le 30 août, l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’était, lui aussi, inquiété d’un possible usage d’armes chimiques par l’armée syrienne, ainsi que par les combattants rebelles. Moscou, enfin, avait également mis en garde contre une possible mise en scène d’attaque chimique par les rebelles, qui servirait à pointer du doigt la culpabilité du gouvernement syrien et à provoquer une intervention militaire américaine.
    https://youtu.be/GGsKAUkPRtI

    Pierre Piccinin a en outre rappelé ce que recouvrait le terme de « rebelles » dans le conflit syrien, et plus précisément dans la région d’Idleb. Ça fait très longtemps que la révolution syrienne est terminée, que les rebelles de l’Armée syrienne libre n’existent plus [...] à Idleb, c’est le Front al-Nosra », a-t-il précisé. Après avoir changé de nom pour Fatah al-Cham, le Front al-Nosra a fusionné avec d’autres groupes armés islamistes pour former le Hayat Tahrir al-Cham, qui tient actuellement Idleb.

    Damas a expliqué son intention de libérer la ville d’Idleb et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que le gouvernement syrien était fondé à combattre et éliminer les groupes terroristes. « Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idleb », avait-t-il souligné le 31 août.

    Lire aussi : Syrie : formé par al-Qaïda, un groupe djihadiste recrute des étrangers et sévit en ce moment à Idleb


  • Oumma
    https://oumma.com/trump-ou-le-syndrome-de-la-balle-dans-le-pied
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied
    par Bruno Guigue 1 juillet 2018
    https://s3-eu-west-2.amazonaws.com/oumma.com/app/uploads/2018/06/Donald_J._Trump_at_Marriott_Marquis_NYC_September_7th_2016_04-758x505.jpg
    Les Etats-Unis qui jettent le « multilatéralisme » aux orties, le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, la guerre commerciale qui pointe à l’horizon, le G7 qui tourne à la foire d’empoigne, l’Union européenne réduite à l’impuissance : ce qui pourrait passer superficiellement pour une série de mini-crises est révélateur de tendances profondes. C’est comme un foisonnement de signes cliniques. Il y a ce que l’on voit – de simples péripéties, dirait-on -, et puis, sous cette apparence, comme un délitement souterrain des structures.

    Pour brosser le portrait d’un monde occidental à la dérive, il faut naturellement partir d’une analyse de ce qui se joue aux USA. D’abord parce que le poisson pourrit toujours par la tête, et ensuite parce que Trump contribue à ce pourrissement en s’ingéniant précisément à le conjurer. Le système politique américain étant ce qu’il est, la nouvelle administration, en effet, a les mêmes objectifs que les précédentes. Héritière d’un empire surdimensionné, elle s’efforce d’en maintenir l’hégémonie en pratiquant le déni de réalité.

    Son premier cheval de bataille, celui sur lequel Trump joue sa crédibilité, c’est la lutte contre le déclin industriel. Il doit son succès électoral du 8 novembre 2016 au ralliement des cols bleus ruinés par le libre-échange. La guerre commerciale entamée avec la Chine, l’UE et le Canada n’est pas une lubie : elle accomplit une promesse de campagne. Les USA sont le premier importateur mondial, et leur déficit avec la Chine dépassait en 2017 les 345 milliards de dollars. Il faut donc enrayer l’effondrement progressif des capacités productives américaines.

    Mais pour y parvenir, l’administration Trump est confrontée à un choix de méthode. Les USA ont connu une prospérité sans précédent en misant sur une mondialisation dont ils tiraient profit. Ce règne des multinationales est loin d’être achevé, mais elles produisent de moins en moins sur le sol américain. Pour conserver sa position dominante, le capitalisme américain, en réalité, a sacrifié sa propre classe ouvrière. Remplacée par des Chinois ou des robots, elle vient grossir les rangs des miséreux qui campent dans les faubourgs des grandes villes.

    A l’autre bout de l’échelle sociale, en revanche, tout va pour le mieux. Tandis que les pauvres sont de plus en plus nombreux, les riches sont de plus en plus riches. Contrairement aux emplois, qui sont délocalisés, les bénéfices réalisés à l’étranger sont rapatriés. Aggravée par une financiarisation débridée, cette distorsion entre la richesse et l’emploi ruine le consensus social américain. L’intelligence de Trump est de l’avoir compris et d’en avoir fait un argument électoral. La limite de cette intelligence, c’est qu’il s’y prend très mal pour résoudre le problème.

    Lorsque les règles du jeu deviennent défavorables à celui qui les a inventées, il a la tentation de vouloir les changer. Manifestement, c’est ce que fait Trump. Le libre-échange réduisant au chômage les ouvriers de la « Rust Belt », il veut instaurer des protections qui font fi des accords commerciaux internationaux. Or cette démarche représente la quadrature du cercle pour un pays comme les Etats-Unis. Ayant mondialisé son économie sous la pression des multinationales, il leur fera payer cher le moindre retour en arrière. En clair, le protectionnisme est à double tranchant, et c’est ce qu’ont montré les réactions chinoises, européennes et canadiennes.

    A supposer qu’elle ait lieu – ce qui n’est pas sûr – , la guerre commerciale sera au pire un désastre, au mieux un jeu à somme nulle. Trump le sait, et c’est pourquoi sa politique néo-impériale se contentera sans doute dans ce domaine de proclamations inoffensives. Il n’entend pas passer à la postérité comme celui qui a ruiné les fondements de la puissance américaine. Il préfère nettement ouvrir d’autres fronts où il pense pouvoir obtenir l’avantage. Et l’incohérence – ou l’imprévisibilité – qu’on lui prête souvent ici n’est probablement qu’apparente.

    Le meilleur exemple est celui de sa politique en matière nucléaire. En pratiquant le grand écart entre l’Iran et la Corée du Nord, Trump montre que le nucléaire, précisément, n’a aucune importance. D’abord parce que la nucléarisation de la Corée du Nord est un fait accompli – et irréversible – et qu’il n’y a rien d’autre à obtenir de ce pays – du point de vue américain – qu’un réchauffement diplomatique destiné à rassurer Séoul dans le but d’alléger la charge du parapluie militaire US. Ensuite, parce que l’Iran au contraire, bien qu’il n’ait aucune arme nucléaire, est un adversaire systémique des Etats-Unis et qu’il s’agit bel et bien de l’affaiblir par tous les moyens.

    De la Syrie au Yémen en passant par l’Irak, le Liban et la Palestine, Téhéran est une épine colossale dans le pied de Washington. Chef de file de l’axe de la résistance, il est la bête noire d’Israël, Etat-colon expansionniste auquel Trump s’est empressé de faire allégeance en remerciement de la neutralisation du lobby pro-israélien durant la campagne présidentielle. En isolant l’Iran, Trump fait coup double : il satisfait Tel Aviv – et Ryiad – tout en provoquant l’étranglement économique dont il attend un « regime change » par inanition, à défaut d’un soulèvement armé piloté de l’étranger sur le modèle syrien.

    Mais la partie n’est pas gagnée. Car en coupant ce grand pays des circuits économiques et financiers occidentaux, il l’ouvre à d’autres influences. Ce n’est pas un hasard si l’Iran vient d’adhérer à l’Organisation de coopération de Shangaï au côté de la Russie, de l’Inde et de la Chine, cette organisation représentant désormais 40 % de la population et 25 % du PIB mondial. Le retrait américain de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, de plus, génère une série de dommages collatéraux. Il provoquera le départ de ce pays de nombreuses entreprises européennes, et notamment de Total, première capitalisation boursière du CAC40.

    Entreprise multinationale dont 30% du capital est détenu par des actionnaires américains, Total devait participer à l’exploitation du gisement gazier offshore « South Pars », le plus grand au monde, situé dans le golfe Persique et les eaux territoriales iraniennes. C’est fini. Le projet passe dans d’autres mains, et pas n’importe lesquelles. Poussé au départ par Washington, Total cédera la place au géant chinois des hydrocarbures CNPC, ravi d’emporter le morceau. En voulant punir Téhéran, Trump a fait un cadeau de choix à la Chine, principal concurrent des USA à la tête de l’économie mondiale et premier responsable du déficit commercial américain. C’est un comble.

    A l’entendre, Trump rêve de restaurer « la grandeur de l’Amérique ». Il a porté le budget militaire US à des sommets inégalés (700 milliards de dollars) et poursuivi une confrontation avec la Russie dont le seul intérêt – à courte vue – est de couper la Russie de ses partenaires européens, ce qui explique le rôle actif du Royaume-Uni, voltigeur de l’empire US, dans la diabolisation de Moscou. Il n’est pas néoconservateur à la façon de George W. Bush ni interventionniste à la sauce humanitaire comme l’étaient les démocrates. Mais comme il s’est fait élire pour conjurer les affres du déclin, il entretient le mythe d’une Amérique renaissante qui croit qu’il suffit d’aligner des porte-avions pour dominer le monde.

    Heureusement, cette ambition démesurée rencontre le principe de réalité sur tous les fronts. Le Moyen-Orient est l’épicentre d’une confrontation où Moscou s’est placé au centre du jeu, condamnant Washington à faire tapisserie pendant que les Russes mènent la danse. En dents de scie, la politique américaine en Syrie est vouée à l’échec. L’armée syrienne reconquiert le territoire national, et le dernier carré des supplétifs lobotomisés va rendre les armes. Tandis que Moscou et Damas célébreront les 50 ans d’une alliance désormais adossée au géant chinois, le mariage de Washington avec Riyad et Tel Aviv apparaîtra peut-être un jour comme une erreur de casting.

    En matière géopolitique, les apparences sont trompeuses. L’excès de puissance ne transfuse pas nécessairement en intelligence stratégique. Les Américains dépensent 2187 dollars par an et par habitant pour leur défense, contre 154 dollars pour les Chinois. On n’observe pas la même proportion dans les résultats. Les menaces proférées simultanément contre Moscou et Pékin sont à l’opposé de la stratégie – payante à l’époque de Kissinger – qui consistait à trianguler la Russie et la Chine afin de diviser les puissances continentales. Trump, lui, semble vouloir en découdre avec tout le monde (Chine, Russie, Iran, Syrie, Corée du Nord, Cuba, Vénézuéla) et – fort heureusement – il n’affronte personne pour de bon.

    L’Amérique de Trump croit qu’elle peut pratiquer la politique de celui qui retire l’échelle après l’avoir utilisée pour grimper au sommet. Mais la réalité, c’est qu’elle n’est plus vraiment au sommet. La politique néo-impériale de Donald Trump enrichira comme jamais les marchands d’armes et les magnats de la finance. Le paradoxe, c’est qu’elle contribuera aussi à l’hégémonie mondiale de ceux qui, loin des Etats-Unis, investissent dans les infrastructures et non dans les industries de l’armement, et qui combattent la pauvreté au lieu de l’entretenir. Inutile de préciser qui détient les clés du futur. La politique de Trump, pour l’Amérique, c’est le syndrome de la balle dans le pied.


  • Dès que vous lisez " affaire Skripal", attendez-vous à lire "Armes chimiques du régime d’Assad" dans les heures qui suivent ! Deux affaires bizarrement liées ! La 1ère n’annonce rien de bon pour Damas ! NRobin
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-affaire-skripal-nouvelle-usine-a-202806
    https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH200/7792635053_theresa-may-et-vladimir-poutine-f47e3.jpg
    Il faut avouer que la passion de la propagande occidentale pour les gaz toxiques a quelque chose de fascinant. Des attaques chimiques imaginaires du gouvernement syrien au double empoisonnement de Salisbury, la thématique accusatoire brille par sa répétition, et la mauvaise foi otanienne s’illustre par sa constance. Dans “l’affaire Skripal”, on veut donc nous faire croire que Moscou a tenté d’assassiner un ex-espion russe et sa fille sur le sol britannique. Des preuves ? Pas le moindre commencement. Rien ne prouve que le gaz “Novitchok” ait été utilisé pour commettre cette tentative d’homicide. La meilleure façon de le savoir serait de transmettre un échantillon à l’Office international des armes chimiques (OIAC), mais Londres s’est bien gardé de le faire.

    De même, les Russes ont immédiatement dit qu’ils étaient prêts à participer à une enquête internationale, mais les Britanniques n’en veulent pas. Pourquoi ? Inutile de se le demander. Faute de preuves matérielles, le dossier de l’accusation a l’épaisseur d’un papier à cigarettes. Une semaine à peine après les faits, au terme d’une pseudo-enquête, le gouvernement britannique a déclaré que la Russie était coupable. Une telle précipitation ferait rougir de honte n’importe quel service d’investigation judiciaire normalement constitué. Et elle est d’autant plus suspecte que la charge anti-russe a été orchestrée en Occident avec un acharnement qui fleure la préméditation. Il fallait traîner la Russie dans la boue. On l’a fait, avec une grossièreté sans précédent.

    Ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Serguei Skripal a été trouvé inconscient sur un banc, ainsi que sa fille, aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Curieux procédé pour des services secrets ! L’amateurisme du “modus operandi” devrait au moins faire douter de leur implication. Et puis, qui est Skripal, au juste ? Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995, il est condamné à 13 ans de prison pour trahison en 2004 par la Russie. Au terme d’un échange d’agents de renseignement russo-américain, il obtient l’asile au Royaume-Uni en 2010. Pour quelle raison Moscou aurait supprimé ce paisible retraité ? Exilé depuis huit ans, rien ne dit qu’il ait conservé des secrets compromettants, ni qu’il ait représenté le moindre danger pour la Russie.

    Ajoutée à l’inexistence de preuves matérielles, cette absence désespérante de mobile ridiculise l’accusation occidentale. Mais rien n’y fait. Pour les Occidentaux, hurler à l’assassin vaut démonstration de culpabilité. Le problème, c’est que cette arrogance dissimule difficilement l’essentiel : Theresa May et ses collègues mentent comme des arracheurs de dents. Qui peut croire que le pouvoir russe a fait exécuter un de ses ex-agents sur le sol d’un pays-clé de l’OTAN, alors que règne un climat de tension sans précédent avec cette organisation ? Qui peut croire que cette décision, déjà invraisemblable quant à ses motifs et grossière quant à son “modus operandi”, a été prise quinze jours avant l’élection présidentielle russe ? Qui peut penser, enfin, que Moscou s’est tiré une balle dans le pied sur la scène internationale à la veille d’un succès majeur - et prévisible - de politique intérieure ?

    Véritable château de cartes, cette accusation ne tient pas une seconde. Pour en comprendre les motifs, il faut appliquer la preuve par les effets. On quitte alors le domaine des procès fumeux pour rejoindre le terrain des réalités. Malgré l’encerclement militaire dont elle fait l’objet, la Russie a conservé son sang-froid, et certains pays européens sont prêts à reprendre le dialogue avec Moscou. La provocation de Salisbury vise précisément à doucher ces velléités, à couper la Russie de l’Europe en accusant Moscou de tous les maux. La Russie mène le bal au Moyen-Orient au grand dam d’Israël et des USA. Elle n’a rien cédé sur la Crimée, définitivement retournée dans le giron de la Mère-Patrie. Les néocons qui ont investi le pouvoir à Washington entendent lui faire payer ce double affront. En diabolisant Moscou par Londres interposé, ils soudent leurs vassaux face à l’ennemi moscovite, clairement désigné dans la “Nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis” de Donald Trump.

    C’est pourquoi le réquisitoire britannique a été repris en chœur par des dirigeants occidentaux empressés de s’acquitter d’une solidarité pavlovienne avec le camp du Bien. Hormis l’Autriche et une poignée de petits Etats-membres, l’Union européenne s’est mise au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon. Cette Europe vassalisée par les USA, mais qui se prétend ”menacée” par la Russie, a surtout montré, une fois de plus, qu’elle est un nain politique. Obéissant à l’injonction anti-russe, elle s’est rangée comme un seul homme derrière le leadership anglo-saxon. A croire que rien de positif ne sortira jamais de ce grand corps mou, où une France jadis écoutée a commis la faute, sous la direction des “Young Leaders” qui la dirigent au profit d’intérêts qui ne sont pas les siens, de se fondre dans la masse.

    Pour les Occidentaux, l’heure est donc à l’affrontement symbolique - pour l’instant - avec une Russie dont Vladimir Poutine a restauré la fierté. L’affaire Skripal est la nouvelle usine à gaz occidentale. Comme les couveuses de Koweit-City, la fiole chimique de Colin Powell ou les pseudo-gazages de l’armée syrienne, le coup monté de Salisbury est aussi un coup de clairon. Ses auteurs entendent perpétuer la confrontation politique et la surenchère militaire avec Moscou. Ils veulent justifier le durcissement de sanctions économiques destinées à entraver le redémarrage de la Russie et la montée d’un monde multipolaire. En faisant tourner les rotatives de la propagande, ils comptent diviser le monde en deux blocs, comme si le monde était encore celui de la guerre froide et n’avait pas entamé - de manière inexorable - son déport vers l’Est. Ce n’est pas un hasard si ce coup fourré intervient au moment où Trump défie Moscou dans l’Est syrien, déclenche une guerre commerciale avec la Chine et nomme ce fou furieux de John R. Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

    • L’escroquerie continue en GB ! NRobin
      https://francais.rt.com/international/53724-skripal-police-britannique-lance-mandat-arret-deux-ressortissants
      Skripal : les noms des « suspects russes » publiés par Londres sont inconnus de Moscou
      5 sept. 2018
      https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8fb2a509fac21c078b4567.jpg
      Les enquêteurs britanniques chargés de l’affaire Skripal ont émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre de deux suspects, Alexander Petrov et Ruslan Boshiro. Moscou dit n’avoir pas connaissance de ces deux noms et appelle à la coopération.

      Ce 5 septembre, les autorités britanniques accusent Alexander Petrov et Ruslan Boshiro, deux ressortissants russes selon Londres, d’avoir commis trois tentatives de meurtre dans l’affaire Skripal à l’encontre de l’ex-agent double Sergueï Skripal, sa fille Ioulia et un agent de police britannique.

      Selon les déclarations de la police britannique, qui a émis un mandat d’arrêt européen contre les deux suspects, ceux-ci voyageaient avec d’authentiques passeports russes et étaient arrivés au Royaume-Uni quelques jours avant l’empoisonnement des Skripal qui a eu lieu en mars.
      Moscou appelle à cesser la « manipulation de l’information »
      Lire aussi
      Drapeaux russe et américain Skripal : 5 mois plus tard, l’absence de preuves contre Moscou n’arrête toujours pas les accusations

      « Les noms et les photographies qui ont été publiés dans les médias ne nous disent rien », a réagi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, citée par l’agence de presse publique TASS.

      Elle a ensuite ajouté : « Une nouvelle fois, nous appelons les Britanniques à cesser les accusations publiques et la manipulation de l’information. » Moscou a en outre regretté être tenu à l’écart de l’enquête, estimant que celle-ci nécessiterait une analyse minutieuse ainsi qu’une « coopération pragmatique » entre Londres et Moscou.
      Londres dit avoir « suffisamment de preuves »

      De son côté, la police britannique affirme avoir « suffisamment de preuves » pour inculper les deux suspects. Neil Basu, chef de l’antiterrorisme britannique, a affirmé : « Des tests ont été menés dans la chambre d’hôtel où les suspects ont résidé. Deux prélèvements montrent une contamination au [produit neurotoxique] Novitchok. »

      Interrogé sur le fait de savoir si les deux suspects étaient des « agents russes », Neil Basu a botté en touche, lançant un appel : « Nous aimerions entendre toute personne qui les connais. »

      Néanmoins, le Premier ministre britannique Theresa May, cité par l’AFP, a déclaré que l’attaque chimique avait été organisée par le renseignement militaire russe. « Le gouvernement a conclu que ces deux individus [...] sont des officiers des services de renseignement militaires russes, le GRU », a-t-elle dit devant les députés britanniques.

      Les autorités ont déclaré qu’elles n’allaient pas remplir de demande d’extradition pour ces deux suspects pour le moment. Cependant, un mandat d’arrêt européen a été émis et si les suspects étaient interpellés en Europe, ils seraient déférés à la justice britannique.

      Pour mémoire, l’affaire Skripal a débuté au mois de mars 2018 lorsqu’un ex-agent double et sa fille ont été empoisonnés dans la ville de Salisbury au Royaume-Uni. Le dossier a connu un retentissement international lorsque le gouvernement britannique a dénoncé l’implication supposée de Moscou. La fédération russe a quant à elle toujours nié toute implication dans cette affaire.

      Lire aussi : Skripal : Washington accuse Moscou d’être responsable de l’empoisonnement et annonce des sanctions


  • Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge
    par Bruno Guigue
    dimanche 10 juin 2018
    a propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.
    https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH232/thEOYRPWSH-e2905.jpg

    Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

    Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

    Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

    Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

    Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’Etat donne les moyens d’éliminer la concurrence.

    Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/loi-sur-les-fake-news-du-monopole-205056


  • Syrie : un menteur nommé Macron
    par Bruno Guigue
    mercredi 11 juillet 2018
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-un-menteur-nomme-macron-205922
    C’est devenu une habitude : le godelureau de l’Elysée fait le paon au château de Versailles. Brasseur d’air inusable, le freluquet fait des phrases, il pérore dans le vide. Comme un télévangéliste, il brandit de grands mots tout en agitant ses petits bras. Une presse servile l’a tellement encensé qu’il a sans doute fini par croire à son destin planétaire. “Macron sauve le monde”, titrait Challenges en mai 2017 au sujet d’un sommet européen que son insignifiance a condamné à l’oubli. Mais ce n’était que le hors d’œuvre. On eut droit, par la suite, à un véritable morceau d’anthologie. “Macron : naissance d’un chef de guerre”, osait Le Point à propos du bombardement punitif de l’armée syrienne perpétré par les forces aéronavales françaises le 14 avril 2018.

    Cet audacieux hebdomadaire oubliait de préciser, au passage, que la moitié des missiles français avaient raté leur envol et que les autres avaient manqué leur cible. Quant au prétexte de cette agression militaire contre un Etat souverain, on sait désormais ce qu’il vaut. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) vient de publier son premier rapport consacré à l’attaque chimique présumée contre la Ghouta orientale du 7 avril 2018. Résumant le résultat de plusieurs mois d’investigations, ce document constate “l’absence de gaz à effet innervant” et la “présence possible de chlorine” sur les sites concernés. Pas de gaz sarin, donc, et peut-être un peu de chlorine. Bref, la montagne a accouché d’une souris.

    Ajouté aux 17 témoignages oculaires présentés par la diplomatie russe lors d’une conférence de presse boycottée par les pays bellicistes, ce rapport, implicitement, tord le cou aux accusations occidentales proférées contre Damas. A sa façon, il accrédite la thèse d’une grossière manipulation organisée par les White Helmets, ces petites mains si promptes à exécuter les basses besognes de l’ingérence occidentale. La chlorine est une substance que l’on peut trouver à peu près partout, et il a suffi d’en arroser les patients de l’hôpital de Douma pour faire croire à une monstrueuse “attaque chimique”. C’est cette supercherie que relatent, très précisément, ces nombreux témoins - syriens - que les dirigeants occidentaux n’ont pas voulu entendre.

    Que les experts de l’OIAC eux-mêmes aient refusé de rencontrer ces témoins en dit long sur les efforts de leurs parrains occidentaux pour amener ces experts aux conclusions voulues. Mais on ne peut pas toujours nier les faits, et l’opération a fait chou blanc. Occulté par les médias aux ordres du monde libre, cet effondrement de la thèse occidentale sur les événements de la Ghouta est un événement capital. Les Français ont la mémoire courte, mais ils se souviennent d’un président qui affirmait détenir les preuves irréfutables d’une attaque chimique perpétrée par l’armée syrienne contre les civils de Douma. Alors, si ces preuves existent, où sont-elles ? Si l’OIAC - dûment chapitrée - n’a pas su les trouver, c’est qu’il n’y en a pas. M. Macron ayant affirmé qu’il avait de telles preuves en sa possession, il n’y a qu’une conclusion possible : M. Macron est un menteur.

    En clair, la France de Macron a bombardé la Syrie en prétextant une attaque chimique fabriquée pour les besoins de la cause. Son gouvernement a sciemment violé le droit international. Il s’est rendu coupable d’un crime que même Hollande n’avait pas commis. A vouloir calquer la politique française sur l’agenda américain, le Young Leader élyséen a fait pire que son prédécesseur. Macron est une sorte de Bush au petit pied : il fait de gros mensonges pour justifier ses crimes. Satrape de l’empire, il est fier de recevoir les honneurs d’une presse larbinisée qui le proclame “chef de guerre”. Ce qu’on retiendra de ce vaniteux décidé à briller en faisant le malheur des autres ? Qu’il aura combattu deux peuples courageux - le peuple syrien et le peuple yéménite - au côté des criminels wahhabites, fourriers de l’impérialisme et banquiers du terrorisme.


  • La Ghouta et les idiots utiles du « regime change »
    par Bruno Guigue
    mardi 6 mars 2018
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-ghouta-et-les-idiots-utiles-du-202121
    Quel est le point commun entre Macron, le NPA, Syria Charity, Israël, Le Monde, les Frères musulmans, le Parti socialiste, BHL, Alain Juppé, Alexis Corbière, la droite, la gauche, Noël Mamère, les écolo-bobos, les atlantistes, les droits-de-l’hommistes et les gauchistes ? On devine la réponse. Tout ce beau monde aime le peuple syrien ! Il pleure sur ses malheurs, il veut le sauver (“SaveGhouta”), il condamne ses “tortionnaires” et ses “bourreaux”, il proclame sa solidarité sans faille, héroïquement, depuis les salles de rédaction et les plateaux télé.

    Qui se réjouit des malheurs répandus par cette guerre absurde ? Personne. Qui a livré des armes au conglomérat terroriste ? On le sait. Qui est responsable de la poursuite du massacre, alors que les jeux sont faits ? On le sait aussi. Mais en décrétant qu’il y a des “bons” (les “rebelles démocrates”) et des “méchants” (“Assad-le bourreau” et ses alliés), les consciences borgnes du monde occidental peuvent pleurer à bon compte. Elles peuvent s’acheter une virginité, se draper dans un humanisme de pacotille. Dopées à la moraline, elles accréditent inlassablement, depuis sept ans, un véritable conte de fées.

    Cette théâtralisation du conflit syrien, depuis l’origine, est l’envers de son instrumentalisation impérialiste. Elle arrose de daube humanitaire le carnage perpétré par la meute wahhabite made in USA. Démasquée par Vanessa Beeley, la gueule enfarinée des “Casques Blancs” qui ripolinent leurs propres scènes de crime est comme la métaphore de cette imposture. Trousse de maquillage à la main, se filmant eux-mêmes dans leurs basses œuvres, ils s’acharnent à produire les effets spéciaux qui orchestrent la compassion sélective indispensable au “regime change”.

    Au fond, la guerre des “gentils rebelles” chers à l’Occident n’est qu’une sorte d’Halloween. C’est un concours de déguisements, un bal masqué pour coupeurs de têtes qu’on habille en secouristes pour les besoins de la cause. Avatar de la “société du spectacle”, la séquence est toujours la même : l’image trafiquée provoque l’indignation sélective qui justifie l’ingérence étrangère. Après Alep, la Ghouta est devenue le lieu emblématique de cette supercherie, où les tours de passe-passe de la propagande font prendre des vessies pour des lanternes, et des terroristes sanguinaires pour des “rebelles modérés”.

    Que l’on sache, c’est l’armée syrienne qui installe des couloirs d’évacuation pour la population de la Ghouta prise au piège. Et ce sont les “gentils rebelles” qui prennent pour cibles les civils qui osent tenter de fuir ce nid de scorpions. Mais peu importe ! Les bonnes consciences occidentales ne voient que les victimes qui les intéressent. Comme jadis les habitants d’Alep-Ouest, les citadins damascènes bombardés par “l’Armée de l’islam” sont le menu fretin d’une victimologie sélective. Qu’ils meurent, si c’est pour les beaux yeux de cette “révolution” qui brandit l’étendard de la “charia” avec la bénédiction laïque du gouvernement français !

    Comme disait Laurent Fabius, après tout, nos amis du Front Al-Nosra “font du bon boulot”. Pour les hémiplégiques de la pleurniche, de toutes façons, un mort n’est pas un mort. Dans un cas, on le condamne à l’insignifiance, dans l’autre on le voue à l’hyperbole. D’un côté, les chiffres invérifiables fournis par l’officine de Coventry (OSDH), de l’autre, des victimes “prorégime” qui passent sous les écrans-radars. On n’accorde de réalité à la souffrance que si les suppliciés en valent la peine. Ils n’existent, en fait, que s’ils corroborent la narration servie en boucle aux téléspectateurs occidentaux.

    Nos humanistes à géométrie variable prétendent aimer la Syrie, mais ils veulent la voir dépecée, en lambeaux. S’en doutent-ils seulement ? En triant les victimes, ils se font les idiots utiles d’un “regime change” qui a échoué. Cette compassion sur commande devait servir la destruction de l’Etat syrien, mais cette politique est un fiasco. Comme Alep, Palmyre ou Deir Ezzor, la Ghouta sera bientôt libérée par une armée de conscrits, l’armée arabe syrienne. Ils voulaient parler à la place du peuple syrien. En battant les terroristes qui infestent le verger oriental de Damas, le peuple syrien leur répond qu’il est assez grand pour décider de son avenir.


  • Sortir du dolar et vite ! NRobin

    https://francais.rt.com/economie/53680-iran-irak-se-debarassent-dollar-americain-%C3%A9changes-commercia
    https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8bff5e09fac216768b4567.jpg
    Déplorant l’exclusion des systèmes bancaires iranien et irakien lors des transactions effectuées en dollars entre les deux pays, le chef de la Chambre de commerce irano-irakienne a annoncé renoncer à la devise américaine pour les échanges bilatéraux.

    Selon Yahya Ale-Es’haq, ancien ministre iranien du Commerce et actuel président de la Chambre de commerce irano-irakienne, dont les propos ont été rapportés le 1er septembre par l’agence de presse iranienne Mehr News, Téhéran et Bagdad ont décidé d’abandonner la devise américaine pour leurs transactions financières bilatérales.

    « Le dollar américain a été retiré de la liste des monnaies utilisées par l’Iran et l’Irak dans leurs transactions commerciales », a-t-il annoncé avant de préciser que les deux pays utiliseraient dorénavant à sa plac « le rial iranien, l’euro et le dinar irakien ».

    Yahya Ale-Es’haq a notamment expliqué cette décision par le fait que, jusqu’alors, seule une petite partie des échanges commerciaux effectués entre les deux pays (qui correspondent à un volume minimum de huit milliards de dollars annuels) était réalisée via les institutions bancaires iraniennes et irakiennes.

    Il a par ailleurs fait savoir que les entreprises des deux pays conserveraient le système d’échange existant leur permettant de troquer des marchandises contre des produits de base. Cette décision intervient un peu plus de trois mois après l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien.

    Le porte-parole du gouvernement irakien, selon des propos rapportés par le quotidien Tehran Times, avait de son côté annoncé début août que son pays cherchait activement « un nouveau mécanisme » afin de soutenir ses relations commerciales avec l’Iran.

    Grâce à l’utilisation du dollar américain lors des transactions financières à l’international, les Etats-Unis peuvent engager des poursuites hors de leur territoire. La simple utilisation du dollar permet à Washington de poursuivre toute partie à une transaction libellée en dollars qui contreviendrait à la législation américaine. Les Etats-Unis ont par exemple utilisé cet argument pour attaquer en justice plusieurs entreprises françaises (dont Alstom, qui a finalement été rachetée par General Electric au terme de longues procédures judiciaires) sur certaines de leurs transactions réalisées en dollars, bien qu’effectuées en dehors des Etats-Unis.

    Lire aussi : L’Europe en attente d’un système inter-bancaire et financier indépendant du dollar

    • Pour la Russie, le temps est venu de se débarrasser du dollar américain
      25 août 2018
      https://francais.rt.com/economie/53536-sanctions-russie-temps-est-venu-abandonner-dollar-americain
      https://cdni.rt.com/french/images/2018.08/article/5b81900909fac23e318b4567.jpg
      En réponse aux nouvelles sanctions venues des Etats-Unis, Moscou a fait part de sa volonté de redoubler d’efforts pour abandonner la monnaie américaine dans ses transactions commerciales. Un souhait qui ne s’arrête pas aux frontières de la Russie.

      Visé par une liste grandissante de sanctions américaines, Moscou est prêt à contre-attaquer. « Le temps est venu de passer des mots aux actions, et de se débarrasser du dollar comme moyen de règlements mutuels et de rechercher d’autres alternatives », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov dans un entretien avec le magazine russe International Affairs publié le 23 août.

      Lire aussi : Moscou considérera de nouvelles sanctions américaines comme une « déclaration de guerre économique »

      « Dieu merci, c’est ce qui se produit et nous allons accélérer ce processus », a ajouté le vice-ministre, expliquant qu’il s’ajouterait à d’autres « mesure de représailles » contre les sanctions prises par Washington.
      Plus tôt, en avril, le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak avait fait remarquer qu’un nombre grandissant de pays réfléchissaient à remplacer le dollar comme monnaie de référence du commerce mondial.

      « Il est communément admis que nous devons nous diriger vers l’utilisation de monnaies nationales pour nos règlements », avait-il déclaré. « Nous réfléchissons à une option de paiement en monnaie nationale avec [l’Iran et la Turquie] », avait-il encore affirmé, précisant : « Cela nécessite certains ajustements dans les secteurs financier, économique et banquier. »

      Le Kremlin a notamment fait savoir qu’il était intéressé par l’utilisation du rouble et de la livre turque pour ses échanges avec Ankara. De son côté, l’Inde, se penche sur la possibilité de payer une partie de ses achats de pétrole iranien en roupies. La Chine, seconde économie mondiale, a elle lancé en mars dernier ses premiers contrats à terme sur le pétrole, cotés en yuans.

    • Bonne nouvelle ! NRobin
      La Russie et la Chine renforcent leur coopération monétaire contre le dollar
      31 oct. 2017
      https://francais.rt.com/economie/45167-russie-chine-renforcent-leur-cooperation-monetaire-contre-dollar
      https://cdni.rt.com/french/images/2017.10/article/59f8b28009fac2162a8b4567.jpg
      Au moment où Dmitri Medvedev se rend à Pékin pour une visite officielle de deux jours, le vice-Premier ministre russe Sergueï Prikhodko annonce plusieurs initiatives, pour remplacer le dollar par le yuan et le rouble dans leurs échanges commerciaux.

      « En ce moment, les autorités financières des deux pays [la Chine et la Russie] travaillent à la prolongation pour trois ans de l’accord bilatéral d’échange de devises », a déclaré le 31 octobre Sergueï Prikhodko, vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, au moment où le Premier ministre Dmitri Medvedev s’envolait pour une visite officielle de deux jours en Chine.

      En 2014, la Russie et la Chine avaient conclu un premier accord d’échange de devises pour une durée de trois ans et pour un montant équivalent à 25 milliards de dollars (21,5 milliards d’euros). Cette opération qui revient à créer une chambre de compensation yuan/rouble, permet aux deux pays de libeller les montants de leurs échanges de biens et services en monnaies nationales, rouble et yuan, sans passer par le dollar ou l’euro. Selon les informations données par Sergueï Prikhodko, la part des échanges commerciaux de la Russie libellée en roubles augmente de manière continue. Ainsi, de 2016 à 2017, elle serait passée de 13% à 16% pour les importations, et de 16% à 18% pour les exportations.
      Des échanges commerciaux en hausse et passant de moins en moins par le dollar.
      La Chine et la Russie, dont les échanges économiques croissent à un rythme soutenu, cherchent à multiplier les initiatives pour faciliter les paiements en rouble et en yuan dans l’espace eurasiatique. Ainsi, selon le vice-Premier ministre russe, plusieurs banques russes ont déjà rejoint le China International Payment System (CIPS), un système de paiement interbancaire international en yuan garanti par la Banque populaire de Chine, (la banque centrale chinoise). Par ailleurs les deux systèmes nationaux de paiement par cartes bancaires russe NSPK et chinois Union Pay, se sont rapprochés pour permettre le paiement d’achats en Russie avec des cartes bancaires chinoises.

      En 2016 les échanges commerciaux entre la Chine et la Russie ont atteint l’équivalent d’environ 70 milliards de dollars. Mais les deux pays se sont fixés pour but de porter ces échanges à 80 milliards dès 2018 et 200 milliards d’ici 2020. Cité par le portail web chinois en plusieurs langues le Quotidien du peuple, le premier vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov, a laissé entendre que ce résultat pourrait être atteint en intégrant l’initiative chinoise de développement stratégique Une ceinture, Une route avec l’Union économique eurasiatique (UEE).

    • Réussir là où Kadhafi a échoué : un expert soutient que le yuan peut mettre fin au pétrodollar
      31 mars 2018

      https://francais.rt.com/economie/49339-reussir-la-ou-kadhafi-a-echoue-expert-soutient-yuan-fin-petrodoll
      Alors que la Chine pourrait commencer à acheter du pétrole en yuan dès 2018, un expert interrogé par RT juge que Pékin a toutes les cartes en main pour réussir à briser le monopole du pétrodollar, ce qu’avait tenté en vain Mouammar Kadhafi.

      « L’idée d’acheter du pétrole avec d’autres monnaies que le dollar n’est pas nouvelle » : Alexandre Egorov, stratégiste chez Teletrade, a fait part à RT de son analyse sur un changement économique majeur en gestation, à savoir l’émergence du pétroyuan.
      Le stratégiste souligne que cette idée de se passer du dollar pour régler ses factures énergétiques a toujours été combattue avec force par les Etats-Unis. « Un exemple est Mouammar Kadhafi, qui a proposé d’émettre le dinar-or, une monnaie régionale basée sur le métal précieux et qui avait vocation à être utilisée pour acheter du pétrole », rappelle-t-il ainsi.

      Mais la tentative chinoise de se passer du pétrodollar pourrait bien a contrario être couronnée de succès, Pékin disposant de nombreux atouts de plus que l’ancien dirigeant libyen. « Avec le rôle chinois dans l’économie mondiale et l’intérêt croissant pour le yuan, la Chine est protégée par un "bouclier nucléaire" », analyse Alexandre Egorov, qui estime que Pékin peut se permettre d’essayer de briser le monopole du pétrodollar, et que cela donnerait « encore plus de poids au yuan ».

      « De plus, la Chine est le plus grand consommateur de pétrole au monde et, par conséquent, tous les producteurs mondiaux de matières premières devront compter avec la stratégie des autorités chinoises », fait-il encore valoir. Alexandre Egorov juge en outre le timing du lancement du pétroyuan comme étant parfait, des exportateurs clés de pétrole tels que l’Iran, le Venezuela ou encore la Russie subissant actuellement la pression des sanctions américaines.

      Le stratégiste reconnaît cependant qu’il faudra beaucoup de temps avant que le pétroyuan ne devienne une véritable menace pour le pétrodollar, et que pour cela, il sera nécessaire de recueillir le soutien des plus gros producteurs comme la Russie, mais aussi l’Arabie saoudite.

      Selon plusieurs sources citées par Reuters le 30 mars, la Chine pourrait lancer un programme pilote visant à payer son pétrole en yuan dès la seconde moitié de 2018. Une action qui s’inscrit dans une véritable dynamique de fond : dès 2012, l’Iran a commencé à accepter de vendre son gaz et son pétrole en yuan, suivi par la Russie en 2015. En réponse aux sanctions financières décrétées par Washington contre Caracas, le Venezuela a fait de même le 15 septembre dernier.

      Lire aussi : La Russie et la Chine renforcent leur coopération monétaire contre le dollar


  • Je recommande :
    La République des censeurs Broché – 5 février 2014
    de Jean Bricmont (Auteur)
    https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51eWKVHdYIL._SX281_BO1,204,203,200_.jpg
    II n’y a rien d’extrême à défendre les principes fondamentaux de toutes les constitutions démocratiques et à proclamer, comme le stipule l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) que : « La libre communication des pensées et des opinions est l’un des droits les plus précieux de l’homme ». La Cour européenne des droits de l’homme quant à elle considère que la liberté d’expression vaut aussi pour les opinions « qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction de la population ». Pour le Comité des droits de l’homme de l’ONU : « Les lois qui criminalisent l’expression d’opinions concernant des faits historiques sont incompatibles avec les obligations que le Pacte impose aux Etats parties en ce qui concerne le respect de la liberté d’opinion et de la liberté d’expression ».


  • 11-Septembre : Taddéï défend la liberté d’expression face aux censeurs

    https://www.youtube.com/watch?v=x_cMsQlTFcA

    reopen911
    Ajoutée le 11 févr. 2010
    L’émission Pif Paf du 23 janvier 2010 animé par Philippe Vandel sur paris Première a donné lieu à de vifs échanges entre le rédacteur en chef de lExpress Renaud Revel et Frédéric Taddéi, le premier reproche au second davoir laissé sans le contredire Matthieu Kassovitz exprimer ses doutes sur le 11-Septembre dans lémission Ce Soir ou Jamais du 15 septembre 2009. Rappelons quà lépoque, Renaud Revel avait osé diffamer Mathieu Kassovitz en le traitant de négationniste ou de « Faurisson du 11 septembre ».

    Alors que M. Revel soutenu par dautres chroniqueurs sur le plateau - considère qu’il est intolérable de pouvoir questionner la version officielle du 11 Septembre en toute impunité, Taddeï défend lui la liberté d’expression : seul contre tous, il fait preuve de courage devant ladversité.

    N’en déplaise à Pascal Froissart, enseignant-chercheur à Paris VIII et spécialiste des rumeurs, selon qui « Le doute est sain. Le débat doit exister », on se demande combien de temps encore nous aurons le droit en France de parler de ce sujet. La liberté d’expression est bien malade !

    Pour voir ou revoir les propos quavait tenu Matthieu Kassovitz dans lemission Ce soir ou Jamais du du 15 septembre 2009, cest ici : http://www.dailymotion.com/video/xai4

    ...

    PLUS D’INFO sur http://www.REOPEN911.info
    Le site français sur les attentats du 11 Septembre


  • Interdit d’interdire !
    Vivement Taddéï et le débat contradictoire ! NRobin

    http://www.ozap.com/actu/frederic-taddei-rt-france-est-la-seule-chaine-qui-m-ait-donne-carte-blanche/563372
    Frédéric Taddéi : « RT France est la seule chaîne qui m’ait donné carte blanche »
    http://static1.ozap.com/articles/2/56/33/72/@/4597456-frederic-taddei-article_media_image-2.jpg
    publié par Christophe Gazzano
    Jeudi 19 Juillet 2018

    Le journaliste est interrogé dans « Le Parisien » sur la future émission qu’il animera sur la chaîne financée par le Kremlin.

    Il est prêt à monter au front. Alors qu’il débarquera à la rentrée prochaine sur la très controversée chaîne financée et contrôlée par le pouvoir russe, RT France, pour y animer un talk-show culturel, Frédéric Taddeï a réservé sa première prise de parole au « Parisien ». Conscient de l’étonnement suscité par son arrivée, le journaliste estime que « les gens qui (lui) reprochent d’aller animer des débats sur RT sont ceux qui aimeraient bien qu’il n’y ait plus de débats du tout ». Le ton de l’interview est donné.
    « Une vraie émission culturelle avec de vrais débats »

    « C’est la seule chaîne qui m’ait donné carte blanche pour faire ce que je préfère à la télévision : une vraie émission culturelle avec de vrais débats », affirme-t-il. Il revendique une « totale liberté » sur sa nouvelle chaîne et en profite pour donner une petite leçon à ses confrères en affirmant que « le jour où il y aura un débat sur la Russie, (il) invitera des pro-Poutine, ce qu’(il a) toujours fait et que (ses) confrères ne font pas et, bien entendu, des anti-Poutine ». Un peu plus loin, il compare même le refus de l’Elysée d’accréditer les journalistes de sa chaîne à celui du Rassemblement national (ex-Front national), « qui faisait la même chose avec ’Le Petit journal’ de Yann Barthès ».

    Le fait de travailler pour un média financé par le pouvoir russe ne l’effraie pas outre-mesure. « J’ai animé ’Ce soir (ou jamais)’ pendant dix ans sur une chaîne d’Etat. Je n’ai pas fait la propagande du gouvernement pour autant », ironise-t-il. Frédéric Taddeï rappelle d’ailleurs qu’il n’est pas le premier à franchir le rubicon. « Larry King, l’ex-intervieweur vedette de CNN, est sur RT America depuis cinq ans. De célèbres journalistes américains de gauche y animent des talk-shows », souligne-t-il. Le journaliste assure même avoir la confiance d’Europe 1, radio sur laquelle il animera une émission hebdomadaire chaque dimanche à la rentrée prochaine. « Je suis l’un des plus anciens sur Europe 1. Ils m’ont toujours soutenu », déclare-t-il.
    « RT France est très observée »

    Le mois dernier, RT France avait été mise en demeure par le Conseil supérieur de l’audiovisuel suite à un sujet sur la Syrie diffusé dans le journal du 13 avril, un sujet que les Sages ont jugé mensonger, ce qui a valu à la chaîne russe d’être épinglée pour manquements à l’honnêteté, à la rigueur de l’information et à la diversité des points de vue. Les responsables de la chaîne avaient plaidé l’erreur technique et nié toute volonté de diffuser de fausses informations, tout en déposant un recours devant le Conseil d’état. La mise en garde du CSA n’effraie pas pour autant Frédéric Taddeï. « Toutes les chaînes françaises ont été un jour ou l’autre mises en demeure par le CSA, constate-t-il. On en parle davantage parce que RT France est très ’observée’ ».

    La nouvelle émission de l’ancien animateur du service public ne manquera pas d’être observée à son tour. Son titre n’est pas encore connu, mais elle sera programmée du lundi au jeudi à 19h sur RT France et durera une heure. En référence à son ancienne émission sur le service public, « Ce soir (ou jamais) », Frédéric Taddeï rappelle que cela lui a valu « beaucoup d’éloges, mais aussi pas mal d’injures ». Et de prédire : « Ce sera pareil sur RT ».

    • Interview par l’hystérique Elizabeth Levy. NRobin

      Frédéric Taddéï : « Je me fous d’être payé par Poutine ! »
      Entretien avec le nouvel animateur de RT France (1/2)
      par Elisabeth Lévy et Daoud Boughezala et Gil Mihaely
      https://www.causeur.fr/frederic-taddei-russia-today-poutine-154210
      https://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2018/09/frederic-taddei-poutine-russia-today-1200x726.jpg
      A partir de la rentrée, pour suivre la nouvelle émission de débats de Frédéric Taddéï « Interdire d’interdire », il vous faudra zapper sur Russia Today (RT France). Si les bons esprits se sont étranglés à l’annonce de ce transfert, passer de France télévisions à une chaîne publique russe pro-Poutine ne pose pas de problème déontologique à l’ex-animateur de « Ce soir ou jamais » : peu importe qui sert la soupe du moment qu’on peut cracher dedans…

      Causeur. Au moment de signer à Russia Today (RT France), où vous animerez du lundi au jeudi l’émission « Interdit d’interdire », vous êtes-vous demandé si ça vous gênait d’être payé par Poutine ?

      Frédéric Taddeï. Je me fiche complètement de qui me paye du moment qu’on me laisse libre de faire ce que je veux, d’inviter qui je veux et de parler de ce que je veux. Vous savez ce que disait Pierre Lazareff à ses journalistes ? « Acceptez tous les cadeaux et crachez dans la soupe. »

      Vous vous apprêtez donc à cracher dans la soupe…

      À ma manière, oui. Quand je ferai un débat sur la Russie, j’inviterai des pro-Poutine, ce que je faisais déjà dans « Ce soir (ou jamais !) » et sur Europe 1, et que mes collègues ne font pas, et des anti-Poutine, qui auront donc tout loisir de s’exprimer librement sur RT.

      N’empêche, vous faites partie du plan com de Poutine…

      Moi, j’ai plutôt l’impression que c’est l’unanimisme de façade qui règne chez nous qui fait partie du plan de com de Poutine, et pas seulement en France. RT America est de plus en plus regardée aux États-Unis. Larry King, l’ex-intervieweur vedette de CNN, y travaille depuis cinq ans. De célèbres journalistes américains de gauche y animent des talk-shows, comme Chris Hedges,
      Article réservé aux abonnés

      Elisabeth Lévy est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.
      Daoud Boughezala est directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef de Causeur.
      Gil Mihaely est historien et directeur de la publication de Causeur. Né en Israël en 1965, Gil Mihaely a fait des études d’histoire et de Philosophie à l’Université de Tel-Aviv. Docteur de l’EHESS où il a soutenu en 2004 une thèse d’histoire, il vit en France depuis 1999. En 2007 il a créé, avec Élisabeth Lévy ...


  • Ce n’est pas sérieux tout ça !!! NRobin

    Le spectre d’une attaque chimique plane sur Idlib par Bruno GUIGUE

    Vidéo Syrie : le spectre d’une attaque chimique plane sur Idlib par Bruno GUIGUE
    30-08-2018
    http://www.w41k.com/145075
    https://www.youtube.com/watch?v=tP83lxWkx-g

    Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, estime qu’une fausse attaque chimique pourrait prochainement avoir lieu en Syrie. L’objectif de ses auteurs : entraver l’élimination des combattants djihadistes du Front al-Nosra. Invité du JT de RT France, Bruno Guigue, analyste géopolitique, fait le point sur la situation.

    https://www.agoravox.tv/actualites/international/article/syrie-le-spectre-d-une-nouvelle-78348
    La Syrie se prépare à une nouvelle attaque chimique à Idlib, dernier bastion des terroristes.
    https://youtu.be/K3D0iCMaNAY

    L’ONU s’inquiète de la situation à Idlib, en Syrie, où 800 000 civils pourraient être déplacés. Les forces gouvernementales syriennes entendent reprendre la dernière zone aux mains des djihadistes, que Moscou suspecte de fomenter une attaque au chlore.

    Invité du JT de RT France, Bruno Guigue, analyste géopolitique, fait le point sur la situation :

    Le ministère de la Défense russe s’inquiète de la possibilité d’une attaque chimique préparée par les djihadistes du groupe Ayat Tarir al-Cham contre des civils dans la région d’Idlib. L’objectif de l’opération viserait à faire accuser Damas et à l’exposer à une riposte des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France.
    https://youtu.be/I42BuzzGj3E

    Pour Macron, le régime de Damas « menace de créer une nouvelle tragédie humanitaire » :

    Lors de la conférence annuelle des ambassadeurs français, Emmanuel Macron a parlé du cas syrien. Et comme le craignait Moscou, le président a évoqué la possibilité d’une nouvelle tragédie humanitaire qu’il attribue par avance à Damas.
    https://youtu.be/Ct2D14Tl2E8


  • Bruno Guigue toujours excellent ! NRobin

    https://m.facebook.com/notes/bruno-guigue/isra%C3%ABl-veut-la-guerre-mais-ses-adversaires-la-lui-refusent/1366656186813166

    Israël veut la guerre, mais ses adversaires la lui refusent

    Israël bombarde à nouveau la Syrie, Israël simplifie sa procédure d’engagement militaire, Israël accuse l’Iran de détenir l’arme atomique ... Pas de doute, voyons : Israël, c’est la paix, l’amour entre les peuples et la lumière des nations. Entité métaphysique investie de prérogatives hors du commun, elle a le droit de bombarder qui elle veut quand elle veut ! Pour obtenir cette impunité, il est vrai que l’Etat-colon a colonisé tout le monde : Washington, Paris, Londres et même l’ONU. En attendant, ce fauteur de guerre bombarde la Syrie, quitte à provoquer une escalade dévastatrice. C’est hallucinant, mais le tir de missiles du 30 avril est la centième opération israélienne contre la Syrie depuis 2013. Lorsqu’ils visent des installations militaires syriennes, pourtant, les dirigeants sionistes se doutent bien que Damas et Téhéran (également visé) finiront par répliquer. Il ne leur a pas échappé qu’un avion israélien (deux, si l’on en croit certaines sources) a été abattu en février, ni que la DCA syrienne a repoussé la majorité des missiles lancés le 14 avril par le trio néocolonial (USA, France, GB).

    Mais c’est un fait : aucune action de représailles n’a été engagée contre Israël pour ces agressions, ni contre les pays occidentaux pour celle du 14 avril. Directement visés par des actes de guerre, l’Iran et la Syrie observent une retenue qui nourrit la perplexité de nombreux observateurs. Cette patience calculée, pourtant, l’agresseur aurait tort de la prendre pour un aveu de faiblesse. En matière stratégique, faire preuve de sang-froid n’est pas un défaut, mais une qualité. Le provocateur cherche toujours à imposer son agenda. Lui répliquer sans attendre revient à accepter ses conditions. Il en va de même des provocations verbales, et on a vu avec quelle ironie Téhéran a répondu aux dernières accusations sur son prétendu programme clandestin. Ces « allégations éculées », a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, ne sont que le « bluff ressassé » digne d’un « garçon qui crie au loup ». Lorsqu’un Etat qui détient 300 têtes nucléaires soustraites à tout contrôle international fait la leçon à un Etat dépourvu d’arme nucléaire et soumis à un strict contrôle de l’AIEA, en effet, on se dit que la réalité dépasse la fiction.

    Mais si l’Iran et la Syrie ne renvoient pas à l’agresseur la monnaie de sa pièce (du moins pas tout de suite) et se contentent d’une attitude défensive, c’est pour la simple raison qu’ils ne veulent pas d’une confrontation militaire avec un adversaire dont ils connaissent la folie meurtrière. Fruit d’une guerre coloniale, l’entité sioniste ne prospère qu’en rendant cette guerre perpétuelle, car elle justifie la violence structurelle exercée sur les Palestiniens - qu’Israël a spoliés - et sur tous ceux qui lui résistent dans la région. A l’opposé, l’Iran et la Syrie n’exercent aucune domination coloniale et n’agressent aucun Etat étranger. Loin de souhaiter la guerre, ces deux pays redoutent au contraire un embrasement général qui s’abattrait comme un fléau sur les peuples de la région. Victimes de la guerre et de l’embargo, la Syrie et l’Iran n’aspirent qu’à la reconstruction et au développement. S’ils s’abstiennent de répliquer aux agressions étrangères, c’est parce qu’ils ont d’autres priorités, et que le jeu, pour l’instant, n’en vaut pas la chandelle.

    L’avenir dira s’ils ont eu raison, mais ces deux Etats privilégient à l’heure actuelle une stratégie défensive qui a fait ses preuves lors de l’agression tripartite du 14 avril. 70 % des missiles ennemis ont été neutralisés, et la défense antiaérienne syrienne dissuade désormais les aéronefs hostiles de s’aventurer dans l’espace aérien syrien. A propos de l’attaque israélienne du 30 avril, certaines sources évoquent l’emploi de missiles de moyenne portée dernier cri lancés depuis l’espace aérien jordanien. Ces missiles seraient capables, dans les conditions actuelles, de déjouer les radars de la DCA. Si cette information est exacte, c’est un nouveau défi lancé à l’armée syrienne et à ses alliés, notamment russes, qui ont déclaré qu’ils livreraient prochainement des S-300 à la Syrie. Quoi qu’il en soit, Moscou ne tient pas plus que Damas et Téhéran à ce que la confrontation actuelle dégénère en guerre ouverte. Son intervention militaire en Syrie a fait la preuve de son efficacité depuis octobre 2015. Mais il est clair que la Russie ne se laissera pas entraîner dans un conflit majeur sur un théâtre d’opérations éloigné du sol national.
    On lit parfois que Moscou aurait passé un accord avec Israël l’autorisant à frapper le Hezbollah et l’Iran en échange de sa neutralité dans le conflit syrien. Aucune preuve n’a jamais été fournie d’un tel accord, et il est invraisemblable. La coordination opérationnelle entre les forces syriennes et alliées sur le terrain, de facto, interdirait ce double jeu. La Russie s’est engagée dans un conflit qui oppose l’État syrien et un terrorisme d’importation. Dans ce domaine, on ne peut pas dire qu’elle ait fait défaut à ses alliés : Daech est quasiment éradiqué, et ses multiples avatars sont mal en point. Mais Moscou évite soigneusement toute escalade avec les Etats de la région. La Turquie approuve les bombardements occidentaux sur la Syrie, mais cela n’empêche pas la Russie d’associer la Turquie aux négociations d’Astana. L’enchevêtrement des conflits dans la région brouille les pistes, c’est vrai. Mais nous sommes dans le monde réel. La force des choses conduit les uns et les autres à faire des compromis, et seul le résultat compte. Qu’auraient à gagner la Syrie et l’Iran à une guerre totale avec Israël et les USA ? C’est bien parce qu’ils n’en veulent pas qu’ils ne répondent pas aux provocations. Ils se réservent le droit de le faire à leur manière et au bon moment, celui qu’ils auront choisi. La victoire est une longue patience.


  • Les Géopolitiques de Nantes 2018

    La Russie, la Syrie et le Yemen, les grands absents du débat !!! NRobin

    http://www.lelieuunique.com/evenement/les-geopolitiques-de-nantes-7
    7° édition
    Du 28 septembre 2018 au 29 septembre 2018

    Le lieu unique et l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), avec le soutien de Nantes Métropole, organisent depuis 6 ans les Géopolitiques de Nantes : rendez-vous annuel proposant une quinzaine de tables rondes en présence d’une soixantaine de conférenciers, pour décrypter les défis stratégiques auxquels le monde est confronté. Faire comprendre, donner des perspectives, multiplier les échanges entre les spécialistes et le public, tels sont les objectifsde ce festival. Cette année, c’est la scientifique et femme politique française Claudie Haigneré qui ouvrira l’événement.

    vendredi 28 septembre 2018

    14h : Ouverture par Johanna Rolland & remise du prix du Livre des Géopolitiques

    14h30 : Leçon inaugurale : Les enjeux de l’Espace en Europe : une lecture personnelle
    Par Claudie Haigneré

    15h15-16h45 : Trump menace-t-il la paix mondiale ?
    Avec Pascal Boniface, François Clemenceau, Marie-Cécile Naves et Thomas Snégaroff / Présentée par Marie-France Chatin

    15h15-16h45 : L’Afrique est-elle entrée dans la mondialisation ?
    Avec Jimmy Adjovi-Boco, Gérard Grizbec, Didier Le Bret et Anne-Cécile Robert / Présentée par Esther Schneider

    15h15-16h45 : À l’ère Trump, l’avenir de la lutte contre le changement climatique se joue-t-il hors des COP ?
    Avec Blandine Barreau, François Gemenne, Julie Laernoes et Alexandra Sombsthay / Présentée par Bastien Alex

    17h-18h30 : Un duel Arabie saoudite-Iran ?
    Avec Thierry Coville, Fatiha Dazi-Héni, Jean-Pierre Filiu et Georges Malbrunot / Présentée par Didier Billion

    17h-18h30 : Corées : guerre ou paix.
    Avec Antoine Bondaz, Barthélémy Courmont et Agnès Gaudu / Présentée par Charles Thibout

    17h-18h30 : Les nouvelles technologies sont-elles au service de la démocratie ? Quel usage pour les villes en Europe ?
    Avec Martine Delannoy, Chantal Enguehard et Fabrice Roussel
    Conférence interprétée en LSF

    samedi 29 septembre 2018

    9h30-11h : Fake news, complotisme et désinformation.
    Avec Pierre Haski, François-Bernard Huyghe, Aude Lancelin et Olivier Ravanello / Présentée par Pascal Boniface

    9h30-11h : Les nouvelles routes de la Soie.
    Avec Jean-Joseph Boillot, Alain Frachon, Emmanuel Hache et Angélique Palle / Présentée par Samuel Carcanague

    9h30-11h : Comment comprendre la crise des Rohingyas ?
    Avec Frédéric Debomy, William Lebedel, Jacques Leider et Chris Lewa / Présentée par Alice Baillat

    11h15-12h45 : Géopolitique des religions.
    Avec Jean-Éric Branaa, Geneviève Garrigos, Joseph Maïla et Jean-Christophe Ploquin / Présentée par Christophe Ventura

    11h15-12h45 : Vers un monde de plus en plus inégal ?
    Avec Manon Aubry, Jean-Marc Daniel, Thomas Guénolé et Bénédicte Hermelin / Présentée par Sylvie Matelly
    Conférence interprétée en LSF

    11h15-12h45 : Blanchiment d’argent, corruption et évasion fiscale.
    Avec William Bourdon, Michel Hunault, Éric Vernier et Richard Werly / Présentée par Carole Gomez

    Programme détaillé : ici.
    https://issuu.com/lieuunique/docs/progge_opolitiques18_web

    Toutes les conférences seront disponibles sur la chaîne soundcloud du lieu unique après l’événement.