NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Mais quelle mascarade !
    Le comble de la désinformation, c’est ce soir sur France 2
    En clair, Assad, c’est le diable à éliminer ! Il aurait assassiné le père Hariri. Ils essayent de nous convaincre
    Ça parle de Poutine et d’armes chimiques... Du déjà vu pour la guerre d’Irak.
    Ce que le documentaire ne nous dira pas, c’ést que cet assassinat survient après l’accord d’association Aoun-Hizboullah.
    Mais alors, qui y a intérêt ? Assad ou Israël ? Il nous explique aussi que le meilleur allié d’Israël, le plus sioniste des français, Sarkozy cherchait à renouer avec Assad...
    Faites confiance à Claude Guéant et à Fabius, vous saurez toute la vérité rien que la vérité !
    France 2 nous a menti sur l’Irak, pourquoi ça serait autrement pour la Syrie ? NRobin

    https://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/regardez-lemission-speciale-la-syrie-de-bachar-el-assad-sur-france-2_25

    • Ça « tape » évidemment sur l’Iran et le Quatar. Et le plus drôle dans le documentaire, c’est d’affirmer que la coalition anti-daesh, c’ést les EU et la France !
      Lol !


  • https://www.foreignpolicyjournal.com/2016/01/06/new-hillary-emails-reveal-true-motive-for-libya-intervention
    https://www.foreignpolicyjournal.com/wp-content/uploads/2016/01/Muammar-al-Gaddafi-1200x640.jpg
    La Question d’Orient
    Sur les "Raisons" des Prédateurs Occidentaux d’intervenir en Libye pour changer le régime et mettre la main sur les ressources du pays !

    Des courriels récemment révélés montrent que le plan de la Libye de créer une monnaie adossée à l’or pour concurrencer l’euro et le dollar était un motif pour l’intervention de l’OTAN.

    La sortie du Nouvel An de plus de 3 000 nouveaux courriels Hillary Clinton du Département d’Etat a fait grincer CNN sur les messages texte Gossipy, le processus de sélection "qui a à faire avec Hillary" mis en place par son personnel, et comment une photo "mignonne" Hillary sur Facebook.

    Mais les historiens de la guerre de l’OTAN en Libye en 2011 ne manqueront pas de remarquer quelques-unes des confirmations vraiment explosives contenues dans les nouveaux courriels : admissions de crimes de guerre rebelles, entraîneurs d’opérations spéciales en Libye depuis le début des manifestations, Al-Qaïda L’opposition soutenue par les Etats-Unis, les nations occidentales se disputant l’accès au pétrole libyen, les origines néfastes de l’absurde Viagra, revendication de viol, et les inquiétudes sur les réserves d’or et d’argent de Kadhafi qui menacent la monnaie européenne.
    Les escadrons de la mort d’Hillary

    Un dossier du renseignement du 27 mars 2011 sur la Libye, envoyé par un proche conseiller des Clinton et Sidney Blumenthal, rassembleur officieux de renseignements d’Hillary, contient des preuves claires de crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par l’OTAN. Citant une source du commandant rebelle "parlant dans la plus stricte confidentialité" Blumenthal rapporte à Hillary [soulignement le mien] :

    Sous l’attaque des forces aériennes et navales alliées, les troupes de l’armée libyenne ont commencé à déserter de plus en plus vers les rebelles. Les rebelles font un effort pour accueillir ces troupes en tant que Libyens, dans le but d’encourager d’autres défections.

    (Source : Parlant dans la plus stricte confidentialité, un commandant rebelle a déclaré que ses troupes continuent d’exécuter sommairement tous les mercenaires étrangers capturés dans les combats ...).

    Bien que l’illégalité des exécutions extrajudiciaires soit facile à reconnaître (les groupes engagés dans ce type d’escouade sont classées dans la catégorie des « escadrons de la mort »), la réalité sinistre derrière la référence aux « mercenaires étrangers » pourrait ne pas être aussi évidente.

    Alors qu’au cours des décennies, Kadhafi était connu pour faire appel à des entrepreneurs européens et internationaux dans le domaine de la sécurité et de l’infrastructure, rien n’indique que ceux-ci aient été pris pour cible par les rebelles libyens.

    Les journalistes, les universitaires et les groupes de défense des droits de l’homme ont toutefois abondamment documenté que des civils libyens noirs et des travailleurs contractuels subsahariens, une population favorisée par Kadhafi dans ses politiques pro-africaines, étaient la cible de "nettoyage racial" par les rebelles. qui voyait les Libyens noirs étroitement liés au régime [1].

    Les Libyens noirs étaient souvent qualifiés de « mercenaires étrangers » par l’opposition rebelle pour leur loyauté générale perçue envers Kadhafi en tant que communauté et soumise à la torture, aux exécutions et à la « libération » de leurs villes par le nettoyage ethnique. Cela est démontré dans l’exemple le mieux documenté de Tawergha, une ville entière de 30 000 Libyens noirs et « à la peau foncée » qui a disparu en août 2011 après sa prise de contrôle par les brigades Misratan du NTC soutenues par l’OTAN.

    Ces attaques étaient bien connues en 2012 et souvent filmées, comme le confirme ce rapport du Telegraph :

    Après la mort de Mouammar Kadhafi, des centaines de travailleurs migrants des États voisins ont été emprisonnés par des combattants alliés aux nouvelles autorités intérimaires. Ils accusent les Africains noirs d’avoir été des mercenaires pour le défunt dirigeant. Des milliers d’Africains subsahariens ont été raflés depuis la chute de Kadhafi en août.

    Il semble que Clinton était personnellement informée des crimes de guerre de ses combattants bien-aimés contre Kadhafi, bien avant que certains des pires de ces crimes génocidaires aient lieu.
    Al-Qaïda et les forces spéciales occidentales à l’intérieur de la Libye

    Le même courriel de Sydney Blumenthal confirme également ce qui est devenu un thème bien connu des insurrections soutenues par l’Occident au Moyen-Orient : la contradiction entre les forces spéciales entraînant des milices suspectées d’être liées à Al-Qaïda.

    Blumenthal raconte qu’une « source extrêmement sensible » a confirmé que des unités d’opérations spéciales britanniques, françaises et égyptiennes entraînaient des militants libyens le long de la frontière égypto-libyenne, ainsi que dans les banlieues de Benghazi.

    Alors que les analystes ont longtemps spéculé sur le "quand et où" de la présence des troupes au sol occidentales dans la guerre libyenne, ce courriel sert de preuve définitive que les forces spéciales étaient sur le terrain seulement dans un mois des premières manifestations qui ont éclaté au milieu à la fin de Février 2011 à Benghazi.

    Le 27 mars, selon un supposé simple « soulèvement populaire », des agents spéciaux externes « supervisaient déjà le transfert d’armes et de fournitures aux rebelles », y compris « un approvisionnement apparemment sans fin de fusils d’assaut AK47 et de munitions ».

    Pourtant, quelques paragraphes seulement après cet aveu, la prudence est de mise contre les milices que ces forces spéciales occidentales entraînaient parce qu’elles craignaient que « des groupes radicaux / terroristes tels que les groupes de combat libyens et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) infiltrent le NLC et son commandement militaire. "


  • Les pourparlers de l’axe de paix (Russie, Syrie, Iran, Turquie) à Genève, boudés par le 20h des chaînes françaises, est-ce vraiment une désillusion ?

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/06/31002-20171206ARTFIG00145-syrie-la-desillusion-des-pourparlers-de-paix-a-ge

    Syrie : « Les négociations de Genève sont une comédie »
    Par une journaliste du Figaro Eugénie Bastié 06/12/2017

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Les pourparlers de Genève sur la Syrie, sous l’égide de l’ONU, ont commencé. Alors que l’engagement des Occidentaux recule dans la région, la Russie de Poutine occupe le premier plan des négociations diplomatiques. Le décryptage de Frédéric Pichon.

    Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d’une thèse de doctorat sur la Syrie et

    chercheur associé à l’Université de Tours, il a publié Syrie : Pourquoi l’Occident s’est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014) et Syrie, une guerre pour rien (éditions du Cerf, 2017)
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    FIGARO/VOX.- Les pourparlers de Genève ont commencé. Quel est l’objectif de ces négociations ? L’opposition syrienne a-t-elle encore du poids et de la crédibilité ? Le départ d’Assad est-il encore une priorité ?
    Frédéric PICHON.- Les négociations de Genève sont une comédie et pas seulement depuis cette session. D’un côté, les émissaires de Damas font du « tourisme politique » car ils savent que l’opposition est fragmentée, impuissante et n’a pas d’articulation militaire décisive sur le terrain. D’autre part, l’opposition continue de réclamer comme préalable le départ d’Assad. En 2012, on pouvait à la rigueur le comprendre. Mais en 2017, c’est un manque de réalisme confondant. Comment voulez-vous que cela aboutisse à quelque chose ? En réalité, tout cela s’est déjà joué en partie à Astana en décembre 2016 et à Sotchi en novembre 2017. Quand Poutine invite par surprise Assad à l’ouverture de sa rencontre avec les Présidents turcs et iraniens, le message est pourtant très clair : il fait partie de l’équation, qu’on le veuille ou non. Et tout le monde le sait, y compris en Arabie Saoudite et à Paris. C’est d’autant plus cruel et pathétique pour les opposants qui sont vraiment les acteurs d’une tragi-comédie.
    Nous actionnons les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad, tandis qu’il se promène entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.
    C’est d’un accord entre la Turquie, la Russie, l’Iran et la Syrie que sortira un cadre que l’on peut deviner à peu près : pas de départ d’Assad avant au moins 2021, date de la fin de son mandat (qu’il pourra renouveler théoriquement jusqu’en 2028) ; organisation d’élections incluant des listes d’ « opposants » (plus ou moins proches de Moscou) et promulgation d’une nouvelle constitution faisant davantage de place à une forme de décentralisation. Tout le reste n’est que spéculations destinées à combler par de l’activisme diplomatique l’impuissance totale des chancelleries occidentales. Nous voilà réduits à actionner les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad via Arte et Le Monde, tandis qu’il se promène tranquillement entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.
    Quelle est la situation sur le terrain en Syrie ? Le pays est-il en train de devenir un protectorat russe ou bien est-il de plus sous influence iranienne ?
    Si l’on regarde en termes de troupes et de matériels au sol, ce sont les Iraniens (Pasdarans) et leurs supplétifs (milices chiites irakiennes ou Hazaras afghans) qui sont les plus nombreux. Mais il n’y a pas -officiellement- de bases iraniennes en Syrie. Or les Russes ont la base navale de Tartous, celle de Mheimim et implantent une base d’écoute supplémentaire dans le désert syrien (en plus de celle de Kassab) : ils sont là pour un demi-siècle. Ils ont été les seuls à déployer leur aviation et leurs systèmes anti-aériens en Syrie. Politiquement, ils sont plus influents que l’Iran en Syrie, comme le reconnaissent certains responsables syriens qui s’en félicitent d’ailleurs. Je ne crois pas à un « grand remplacement » iranien ou chiite en Syrie comme le brandissent certains illuminés. Les Syriens restent nationalistes et ce ne sont pas les quelque 400 000 chiites syriens qui risquent de submerger la démographie syrienne, majoritairement sunnite. Cela dit, plus que jamais, la Syrie est un élément de continuité territoriale dans le dispositif iranien qui se déploie vers la Méditerranée. Téhéran cherche à en faire un élément de plus en plus imbriqué, y compris au niveau économique et énergétique.
    Autrefois, les guerres se décidaient à Washington, Paris ou Londres, les paix se signaient à Genève ou Camp David. Astana et Sotchi viennent d’entrer dans les annales diplomatiques.
    Les Occidentaux ont-ils défini perdu la main en Russie ?
    L’Occident est mort en Syrie. Si nous ne l’avons pas encore compris, les mois qui viennent vont se charger de nous l’apprendre. Nous n’avons su poser ni les mots ni les actes sur ce conflit inédit. Autrefois, les guerres se décidaient à Washington, Paris ou Londres, les paix se signaient à Genève ou Camp David. Astana et Sotchi viennent d’entrer dans les annales diplomatiques. Et pour longtemps.
    Les Etats-Unis sont-ils en train d’abandonner la région ?
    L’administration américaine a beaucoup reculé sur le dossier syrien depuis 2013. Les programmes d’aide aux rebelles ont été supprimés. Les Kurdes des Syrian Democratic Forces, armés et entraînés par Washington vont faire les frais de ce désengagement. Actuellement, Washington veut encore rester dans le Nord Est, jusqu’en 2021 au moins, pour être sûr qu’Assad partira bien et que la reconstruction n’aura pas lieu avec lui. Mais il peut arriver plein de choses d’ici là : on sait comment faire partir les petits contingents étrangers dans la région. Et puis Trump n’est pas à l’abri d’un départ précipité de la Maison Blanche… Quant à la France, elle ne pèse plus grand-chose faute de Realpolitik.
    La France a-t’elle encore une partition à jouer dans l’après-conflit et la reconstruction ou bien est-elle définitivement hors-jeu ?
    Le Président Macron a semblé montrer une forme de rupture avec ses prédécesseurs. Il n’a de cesse depuis son élection que de rappeler l’irresponsabilité des politiques néoconservatrices et le manque de prudence dans les dossiers libyen et syrien. Emmanuel Macron a utilisé des mots très forts comme par exemple lorsqu’il a déclaré : « On ne m’a pas encore présenté le successeur légitime de Bachar el Assad ». Mais ce ne sont que des mots.
    Via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie.
    Sur le dossier syrien, de toute façon la France n’a quasiment aucun levier direct. En revanche, il semble que la politique française dans le Golfe soit en train d’évoluer et que cela pourrait avoir un impact sur la Syrie : via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie qui après avoir détruit le Yémen et « kidnappé » le Premier ministre libanais, a terriblement perdu son crédit. Quant aux contrats d’armements français, peu ont été honorés et ce que Manuel Valls présentait comme mirifique s’avère très congru, depuis que Washington a tout raflé au printemps dernier.
    Des millions de réfugiés sont encore à l’extérieur de la Syrie, notamment au Liban. Leur retour en Syrie est-il envisageable ? Sous quelles conditions ?
    Beaucoup de Syriens commencent à revenir de Turquie et de Jordanie notamment. Au Liban, près d’1,5 millions attendent que la stabilité revienne. Mais ne nous faisons pas d’illusions : beaucoup ne sont pas les bienvenus et ne reviendront jamais. Même chez les loyalistes, la question du service militaire empêche encore des milliers de jeunes gens de revenir. La paix et la réconciliation ne sont pas pour demain. En tous les cas, il est évident que les Européens sont face à un dilemme : la position française officielle est d’empêcher que l’aide à la reconstruction ne transite par les organes du gouvernement syrien, afin de ne pas légitimer Bachar el Assad. Mais alors, c’est prendre le risque de ralentir le retour des réfugiés et même, par le biais du regroupement familial, c’est prendre le risque d’augmenter encore leurs effectifs en Europe. Or Federica Mogherini, encouragée par certains pays d’Europe centrale comme ceux du « groupe de Visegrad » ne tient à ce que la situation ne pourrisse. Les prochaines semaines seront déterminantes.


  • Seance déprogrammée. Merci Johnny !
    France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    En rappel
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-t-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Une coïncidence qui fait réagir.
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    Même le Monde se prête au jeu !
    Le contraire m’aurait d’ailleurs étonné ! Le Monde fidèle à lui-même. Sa kouchnerisation toujours d’actualité ! Je me souviens de ses positions extrêmes durant la guerre d’Irak. Une calamité ! Même posture en ce qui concerne la guerre en Syrie ! Let’s have a look.

    http://mobile.lemonde.fr/syrie/article/2017/12/05/en-syrie-le-viol-etait-le-maitre-mot_5224603_1618247.html

    Publié Le 05.12.2017 à 06h30
    « En Syrie, le viol était le maître mot »
    Avant la diffusion sur France 2 d’un documentaire sur les violences sexuelles perpétrées pendant la guerre civile syrienne, « Le Monde » publie le témoignage de Hasna Al-Hariri, 54 ans, victime de la folie du régime de Bachar Al-Assad.
    Par ANNICK COJEAN
    Temps de lecture : 11 min
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    EXTRAIT

    La prison centrale de la ville d’Alep (Syrie). SYRIAN PERSPECTIVE AD NETWORK
    C’est un crime silencieux. Un crime massif, fondé sur l’un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne. Un crime perpétré depuis les premiers mois de la révolution, au printemps 2011, et qui se perpétue dans les nombreux centres de détention gérés par le régime de Bachar Al-Assad : le viol, une arme de guerre. Le Monde avait publié, le 6 mars 2014, une enquête d’Annick Cojean, titrée « Le viol, arme de destruction massive », pour laquelle la journaliste avait collecté et croisé de nombreux témoignages de femmes ayant subi des sévices sexuels dans les geôles syriennes et s’exprimant pour la première fois.

    Cette fois, c’est un film, Syrie, le cri étouffé, réalisé par Manon Loizeau et coécrit avec Annick Cojean, avec l’aide de Souad Wheidi, diffusé en décembre sur France 2 dans le cadre d’une soirée consacrée à la Syrie, qui donne la parole à ces femmes doublement victimes : du régime, donc, mais aussi de leurs propres familles, prêtes à les bannir, voire à les tuer, lorsqu’elles sortent de détention. La culture et la tradition patriarcales sont implacables : le viol déshonore l’ensemble de la famille, voire le clan, le quartier, toute une communauté. L’injustice est ainsi à son comble : la femme est coupable d’être victime, ou supposée victime, puisque la simple détention dans un centre de « renseignement » équivaut aujourd’hui à une présomption de viol.

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  • http://orientxxi.info/magazine/yemen-fin-de-partie-reportee-pour-ali-abdallah-saleh,1979

    Yémen. Fin de partie reportée pour Ali Abdallah Saleh

    ORIENT XXI > MAGAZINE > LAURENT BONNEFOY> 1ER SEPTEMBRE 2017
    Démis de la présidence de la République en février 2012 suite aux mobilisations du « printemps yéménite » après 33 années de règne, Ali Abdallah Saleh reste un acteur central de la guerre qui secoue son pays. Tous les belligérants en ont fait leur ennemi intime. Les tensions croissantes entre lui et son allié houthiste laissent entrevoir un tournant du conflit. Et dans ce basculement, il apparaît autant fragilisé que maître du jeu.

    Sanaa, 24 août 2017. Manifestation pro-Saleh à l’occasion du 35e anniversaire de la création du CPG.
    Newzulu/Alamy Stock Photo.
    Le 24 août 2017, à l’occasion du 35e anniversaire de la création du Congrès populaire général (CPG), parti créé et dirigé par Ali Abdallah Saleh1, ses partisans organisaient une manifestation à Sanaa. Celle-ci rassemblait plusieurs centaines de milliers de personnes sur la place Saba‘in, condamnant « l’agression (idwan) américano-saoudienne » contre le Yémen et affirmant leur soutien à Saleh, « le leader » (za‘im) né en 1942. Face à cette démonstration de force, les houthistes organisaient un rassemblement concurrent ailleurs dans la capitale, mobilisant un cortège moins impressionnant. Le camp politique « rebelle » visé par la campagne militaire Tempête décisive depuis mars 2015 semblait bel et bien se fissurer. Un retournement guetté de longue date par les parties en conflit ainsi que les observateurs.

    DES TENSIONS CROISSANTES

    Quelques jours avant la manifestation, dans une interview, Saleh avait qualifié les houthistes de « miliciens », les renvoyant à une forme d’illégitimité politique quand eux aspirent pleinement à incarner l’État. C’est en effet l’un de leurs partisans, Saleh Al-Samad, qui assure la présidence du Conseil politique suprême, organe créé à la tête d’institutions censées concurrencer celles reconnues par la communauté internationale et dirigé par Abd Rabbo Mansour Hadi. De leur côté, les houthistes avaient aussi fait monter la pression, qualifiant de « traîtres » ceux qui négociaient avec l’ennemi, au moment où des rumeurs affirmaient que des contacts étaient établis entre les Saoudiens et l’entourage de Saleh pour trouver une issue à la guerre.

    Si les deux manifestations concurrentes se sont déroulées dans un calme relatif, l’escalade s’est plus tard poursuivie avec des échauffourées entre partisans des deux camps, conduisant au décès d’un cadre du CPG, Khaled Al-Radhi. Dans un contexte très tendu, certains responsables houthistes annonçaient le surlendemain la proclamation de l’état d’urgence avant qu’une rumeur circule concernant le placement de Saleh sous résidence surveillée. L’information était rapidement démentie et mardi 29 août les dirigeants des deux mouvements se réunissaient pour une photo de famille, affirmant avoir trouvé un accord. Le lendemain, Saleh Al-Samad et Mohammed Al-Houthi, dignitaire du mouvement qui porte le nom de son clan, rendaient visite à la famille Al-Radhi, comme pour solder symboliquement le différend. Les deux parties semblaient donner une nouvelle fois — et sans doute momentanément — tort à ceux qui annonçaient la dissolution de leur coalition.

    UNE ALLIANCE ENTRETENUE PAR L’ÉTAT DE GUERRE

    L’alliance entre Saleh et les houthistes, c’est-à-dire entre deux anciens ennemis qui se sont combattus pendant la décennie 2000 a dès le départ été perçue comme fragile et pour partie contre nature. Au cours du soulèvement révolutionnaire de 2011, les houthistes ont mis tout leur poids dans la balance pour entraîner la chute de Saleh. Mais tous deux se sont retrouvés dans leur hostilité partagée à l’égard du parti Al-Islah, branche yéménite des Frères musulmans qui contrôlait le processus de transition entamé sous la présidence de Hadi. Rendue manifeste courant 2014, l’alliance a conduit à la chute de Sanaa aux mains des houthistes puis à leur descente vers les terres du sud, jusqu’à Taez et Aden. Elle offrait aux deux parties une revanche sur leurs ennemis en même temps que les ressources militaires, humaines et symboliques pour écarter Hadi et ses soutiens du pouvoir. Bien que de façon non explicite, elle s’appuyait aussi sur une dimension identitaire, liée à l’origine zaydite (une branche du chiisme) partagée contre un bloc parfois conçu comme sunnite formé par les sudistes, les Frères musulmans et les salafistes et soutenu par les monarchies du Golfe.

    De par sa nature militaire, l’alliance entre les houthistes et le clan Saleh reste souvent perçue comme le verrou qui a, depuis deux ans et demi, tenu en échec la coalition emmenée par l’Arabie saoudite. C’est ainsi que les pays du Golfe ont à plusieurs reprises tenté de la rompre, jouant une partie contre l’autre, entamant des discussions avec les uns pour mieux signaler l’infréquentabilité des autres. Mi-2016 déjà, des signes de tensions avaient été surinterprétés lorsque deux rassemblements concurrents s’étaient tenus à Sanaa et que des négociations avec les tribus prohouthistes avaient été menées dans la zone frontalière avec l’Arabie saoudite par l’armée du royaume. Mais l’alliance semble toujours tenir, se maintenant dans le contexte des bombardements qui de toute évidence soude les forces politiques hostiles à l’Arabie saoudite. Ainsi, le bombardement, le 23 août, d’un hôtel au nord de Sanaa au cours duquel plusieurs dizaines de civils sont décédés puis, le lendemain, celui du quartier de Faj Attan qui a causé la mort de quatorze personnes ont eu une indéniable dimension contreproductive.

    RESSOURCES COMPARÉES

    Entre les houthistes et le clan Saleh, difficile de savoir qui a le plus à perdre d’une rupture et d’une confrontation armée. Aucun des deux camps n’est dépourvu de fonds. Les houthistes ont certes pu assoir leur pouvoir en investissant les institutions étatiques, gérant les ministères, captant aussi des ressources liées à la corruption et à l’économie de guerre2. Les réseaux de Saleh restent néanmoins puissants, en particulier via le CPG qui a démontré une impressionnante capacité de mobilisation dans la rue et une résilience réelle, notamment logistique et financière[Fernando Carvajal, “Resilience in Time of Revolution : Saleh’s instruments of survival in Yemen (2011–2015)”, Arabian Humanities, 4|2015.]]. De toute évidence, les sanctions onusiennesvisant à geler les avoirs d’Ali Abdallah Saleh n’ont pas eu l’effet escompté et il peut encore jouir de sa fortune, qu’un rapport officiel de l’ONU a évaluée entre 32 et 60 milliards de dollars américains, ce qui est probablement exagéré.

    Alors que le différend entre le pouvoir saoudien et les houthistes a une forte dimension idéologique, fondé sur la proximité de ces derniers avec l’Iran3, le conflit avec Saleh semble plutôt de nature personnelle, lié à la trahison par Saleh de « l’initiative du Golfe » (al-mubadara al-khalijiyya) signée en novembre 2011 et qui avait encadré son départ de la présidence en échange de son immunité. De plus Saleh, grièvement blessé en juin 2011 par le bombardement de son camp résidentiel a été soigné à Riyad, puis forcé par les Saoudiens de se mettre en retrait de la vie politique, tout en étant autorisé à rentrer au Yémen où il est de fait resté actif. Cette composante « affective » de la relation entre les Al-Saoud et Saleh pouvait paraître un temps insurmontable. Elle pourrait bien l’être de moins en moins.

    LA CARTE AHMED ALI

    Les Émirats arabes unis ont, depuis le début de la guerre, cultivé un joker : Ahmed Ali Saleh, le fils de l’ex-président que celui-ci a longtemps envisagé de voir lui succéder. Ahmed Ali, né en 1972, a été en 2013 limogé de son poste de commandement de la garde républicaine par Hadi qui l’avait, en compensation nommé ambassadeur à Abou Dhabi. De là il était parvenu à entretenir ses réseaux politiques et militaires et en avait développé de nouveaux dans les pays du Golfe. Il a tenté, début 2015, d’intervenir auprès des Saoudiens pour s’ériger en alternative tant aux houthistes qu’à Hadi et empêcher la guerre, sans succès. Une fois l’opérationTempête décisive déclenchée, il a conservé le silence depuis les Émirats, laissant son père et ses cousins critiquer l’opération militaire, mais gardant tout de même le droit de rencontrer discrètement des responsables politiques yéménites, avec l’assentiment probable des services émiratis.

    La carte Ahmed Ali a pu générer des tensions au sein de la coalition quand les dirigeants des Émirats ont semblé vouloir lâcher Hadi début 2017, contre l’avis des Saoudiens. Mais l’ostracisation du Qatar par les pouvoirs de Riyad et d’Abou Dhabi au cours de l’été 2017 a eu pour effet de produire un rapprochement des stratégies et objectifs dans le dossier yéménite. Le retour d’Ahmed Ali dans le champ politique gagne dès lors en probabilité et il est indéniable qu’il n’arriverait pas sans ressources dans les hautes terres septentrionales. Il pourrait alors compter sur l’appui de biens de technocrates qui avaient servi son père et sur un appareil partisan largement entretenu. Mais avec lui, la question sudiste resterait entière et son accession au pouvoir impliquerait d’achever la marginalisation du parti Al-Islah souhaitée par les Émirats.

    Outre le formidable renoncement que représenterait le retour à la présidence d’un Saleh, effaçant une révolution qui avait généré tant d’espoirs, il est peu probable qu’une telle stratégie mette un terme à la violence et à la terrible crise humanitaire qui en découle.

    LAURENT BONNEFOY


  • Macron en Algérie 6/12/17 pour une visite éclair ! Elle aurait été prévue pour 2 jours !!! Silence radio...

    Écouter le débat France Culture avec Akram Belkaïd du Diplo , Kader Abderrahahim de l’IRIS et Jean-Louis Levet en début de soirée. NRobin

    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/france-algerie-qui-a-le-plus-besoin-de-lautre

    Du Grain à moudre par Hervé Gardette
    du lundi au vendredi de 18h20 à 19h
    Réécouter France / Algérie : qui a le plus besoin de l’autre ?
    40min

    Depuis la fin de la Guerre d’Algérie, les relations entre les deux pays ont été marquées par des évolutions contrastées. Partenaires sur le plan humain, économique, politique et diplomatique, la relation d’interdépendance entre la France et l’Algérie est-elle équilibrée ?

    France/Algérie : qui a le plus besoin de l’autre ?

    Demain le président Emmanuel Macron se rend à Alger pour sa première visite en tant que chef d’Etat. Une visite attendue qui n’en sera pas moins éclair. Dans la presse algérienne, et notamment le quotidien El Watan, on attend le Président de la République sur la question de la mémoire.

    Mais en quelques heures à peine de visite, dont une courte entrevue avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, on peut imaginer que certains dossiers n’aient même pas l’occasion d’être ouverts. Outre cette question non réglée de la mémoire, l’actualité de ces relations franco algérienne est économique avec la signature, il y 3 semaines, d’un accord qui donnera lieu à l’implantation d’un usine Peugeot en Algérie. Il y a aussi la question sécuritaire qui animent les deux pays, dans la volonté de lutter contre la menace terroriste.

    Mais il y a ce contexte particulier, côté français, un chef de l’Etat qui n’est pas enclin à faire de l’Algérie son seul partenaire dans la région du Maghreb. Et côté algérien, un président qui maintient l’opacité sur la question de sa succession et sur sa politique en général. Il y a donc ces incompréhensions et ces blocages à surmonter, mais comment ? Avec quels acteurs ? Quelles décisions ?

    Et il y surtout cette question : "France/Algérie qui a le plus besoin de l’autre ?"

    Akram Belkaïd anime le blog « Lignes quotidiennes » qui reprend notamment ses « Chroniques du blédard », publiées dans Le Quotidien d’Oran.

    Bibliographie
    France Algérie : le grand malentendu
    Jean-Louis Levet et Mourad Preure
    Archipel, 2012

    Daech : histoire, enjeux et pratiques de l’organisation Etat islamique
    Kader Abderrahim
    Eyrolles, 2016

    Intervenants

    Kader Abderrahim
    Chercheur à l’IRIS et maître de conférence à Sciences Po, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, également membre du Global Finder Experts des Nations Unies

    Akram Belkaïd
    journaliste au Monde diplomatique

    Jean-Louis Levet
    économiste spécialiste des questions liées au développement technologique et industriel, Haut Responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne


  • Un thème que développe avec brio
    Raphaël Liogier dans son livre La guerre des civilisations n’aura pas lieu, repris par le journaliste du Monde diplomatique Akram Belkaïd. NRobin

    https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said
    Le Club de Mediapart
    4 DÉC. 2017
    « Le mythe du Choc des Civilisations » - par Edward W. Saïd
    18 FÉVR. 2015 PAR SEGESTA3756
    Traduction, extrait et adaptation de la conférence prononcée par Edward W. Saïd à l’Université de Columbia en 1997. Responsable de la transcription en espagnol : Challenging. Producteur exécutif et directeur : Sut Jhally (University of Massachusetts-Amherst). Editeur : Sanjay Talreja. Production : Education.
    Vidéo de la conférence d’Edward W. Saïd " The Myth of ’The Clash of Civilisations’ "
    https://www.youtube.com/watch?v=qkK4pApcwMc

    Je parlerai en premier lieu d’un essai et d’un livre écrit par Samuel Huntington, intitulé Le Choc des Civilisations. Lorsqu’il fut publié pour la première fois en 1993, dans la revue Foreign Affairs, le titre apparaissait avec un signe d’interrogation et dans sa première phrase il annonçait que la politique mondiale entrait dans une nouvelle phase. Trois années plus tard, Huntington élargit l’essai - certains diront qu’il l’a « gonflé »- jusqu’à le convertir en un livre publié l’année dernière [1996] avec pour titre Le Choc des Civilisations et la refondation de l’ordre mondial, cette fois-ci sans signe d’interrogation. Mon hypothèse est que l’essai est meilleur que le livre, c’est-à-dire, que les ajouts ont dégradé le texte original. C’est pourquoi je centrerai mon attention sur l’essai, bien que faisant quelques commentaires sur le livre suivant notre avancée.

    Or, ce que Huntington voulait dire lorsqu’il affirma que la politique mondiale était en train d’entrer dans une nouvelle phase c’est que, en considérant que les récents conflits mondiaux ont été entre camps idéologiques, regroupant le premier, le second et le Tiers Monde dans des entités opposées, le nouveau style politique qu’il pressent impliquerait des conflits entre différentes civilisations, vraisemblablement opposées. Je cite l’auteur : « les grandes divisions entre l’humanité et la principale source de conflits seront culturelles. Le choc des civilisations dominera la politique mondiale ». Plus loin il explique que le conflit principal opposera la civilisation occidentale et les civilisations non-occidentales, mais il consacre presque tout son temps à deux d’entre elles, traitant les désaccords possibles ou réels, entre ce que lui appelle Occident, d’une part, et les civilisations islamique et confucéenne, d’autre part. En bref, il consacre beaucoup plus d’attention -une attention hostile- à l’Islam qu’à n’importe qu’elle autre civilisation, en incluant la civilisation occidentale. Je pense qu’une grande partie de l’intérêt prêté ultérieurement à l’essai de Huntington dérive du moment durant lequel il l’a écrit et non exclusivement de ce qu’il a écrit.

    Comme il le signale lui-même, plusieurs tentatives intellectuelles et politiques se sont essayées à la fin de la Guerre Froide à tracer une carte de la situation mondiale qui surgissait, parmi lesquelles s’insère la thèse de Fukuyama sur la fin de l’histoire, dont personne ne parle, de telle sorte que ceci est la véritable fin de Fukuyama (rires). Et la thèse défendue lors des derniers jours de l’administration Bush [il parle de Bush père], la théorie du « Nouvel Ordre Mondial ». Mais il y a eu des tentatives plus sérieuses d’analyse du prochain millénaire comme les travaux de Paul Kennedy ou d’Eric Hobsbawm, moins intéressants et plus fanatiques comme ceux de Conor Cruise O’Brien, Robert Kaplan, et un livre de Benjamin Barber intitulé « Jihad vs. McWorld » qui apparemment circula dans les campus universitaires. Tous ces livres ont examiné avec grand soin les causes des conflits futurs dans le millénaire à venir, lesquelles ont été pour tous, et je crois avec raison, un motif d’alerte.

    Le noyau de la thèse de Huntington, laquelle n’est pas vraiment sienne, est un affrontement incessant, une idée de conflit qui jusqu’à un certain point se glisse sans effort dans l’espace vacant au travers de la guerre permanente d’idées et de valeurs incarnée dans la Guerre Froide, que l’on ne regrette pas, de laquelle Huntington fut sans aucun doute un grand théoricien. Je ne pense pas, par conséquent, qu’il soit inexact de suggérer que ce que Hungtinton offre dans son travail -surtout parce qu’il est dirigé spécialement aux faiseurs d’opinion et aux responsables politiques- c’est en fait une version révisée de la thèse de la guerre froide, selon laquelle les conflits dans le monde actuel et futur ne seront plus économiques ou sociaux, mais principalement idéologiques.

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    https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said


  • Inédit ! Film à voir : La bombe et nous
    Ce film n’évoque cependant pas la bombe H, la rencontre De Gaulle et JFK pour s’opposer au programme nucléaire Israélien juste avant l’assassinat de JFK.
    Israël, seulement 80 ogives nucléaires ?
    En attendant, ce sont les USA qui ont appuyé sur le bouton...
    En attendant, après cela, ce sont les bombes classiques et les armes conventionnelles ou pas qui tuent l’humanité !
    Ceci dit, sans De Gaulle et sa bombe nucléaire, la France serait devenue un protectorat américain ou aurait été dévastée par des petits pays sur-armés et hégémoniques. NRobin

    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/301117/la-bombe-et-nous

    3 DÉC. 2017 ÉDITION DU MATIN
    LE JOURNAL LE STUDIO LE CLUB
    « La Bombe et nous »
    30 NOV. 2017 PAR YVES FAUCOUP BLOG : SOCIAL EN QUESTION
    Alors que la situation internationale est au bord du précipice avec une Corée du Nord qui revendique la bombe et des puissances nucléaires qui le lui contestent, un film récent fait le point sur l’état de l’armement nucléaire en France et dans le monde. Présentation du film, boycotté dans les médias, recueil des propos du producteur, et explications de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès.
    Le film :
    Massacre contre l’humanité
    http://fr.web.img6.acsta.net/c_215_290/pictures/17/09/18/11/34/1921739.jpg
    Ce film est le résultat de trois ans de réflexion : interviennent des militaires, des scientifiques, des historiens, des militants, des hommes politiques. Le réalisateur Xavier-Marie Bonnot explique qu’avec Jean-Claude Bauduret, le producteur, ils ont « choisi de dépasser les pensées toutes faites, le prêt-à-porter intellectuel de ceux qui sont pour le désarmement, les formules lapidaires des ’contre’. Nous voulons proposer du sens, rendre le complexe intelligible pour nous tous. Envisager des solutions et des pistes de réflexions ».

    C’est ainsi que des généraux favorables au nucléaire sont interrogés. Hubert Védrine, également, l’infatigable commentateur des années Mitterrand, gardien du temple. Le général Forget stigmatise la population française qui est inconsciente de la responsabilité qui pèse sur les épaules du Président de la République. On ne se demande même pas si le Président a la force morale pour faire face une telle situation. Le film rappelle que Giscard d’Estaing a reconnu, après coup, qu’il n’aurait pas eu la force morale pour appuyer sur le bouton.

    La suite sur ce lien :
    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/301117/la-bombe-et-nous


  • https://mobile2.tdg.ch/articles/5a172800ab5c37686c000001

    Jeudi 23 Novembre 2017 20:51
    Guy Mettan sommé d’annuler une conférence
    Genève RSF demande au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques blancs.
    https://files.newsnetz.ch/story/1/4/0/14091151/14/teaserbreit.jpg

    Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les « rebelles syriens ». Sous le titre « They don’t care about us » (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.
    Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-contre), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait « atteinte à l’image du Club suisse de la presse ». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de « la propagande russe ».
    RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-contre). « Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse. »
    Guy Mettan, qui a souvent été « attaqué » pour ses engagements « prorusse », assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. « D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes. »


  • Ce que nos médias ne partageront pas !
    Même scénario en Syrie ? NRobin

    Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »
    https://www.les-crises.fr/no-news-temoignage-des-snipers-du-massacre-du-maidan-les-ordres-venaient-de-l-opposition/#comment-482490

    Les Crises - Des images pour comprendre
    Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »
    http://www.dailymotion.com/video/x6a1gxp

    Je vous propose aujourd’hui la traduction que nous avons réalisée ce week-end (merci aux volontaires – surtout à Clément, ainsi qu’ à JMB) d’un incroyable reportage passé le 15/11 dans l’émission Matrix de la chaîne de télévision italienne Canale 5 – sorte d’Envoyé spécial sur une des grandes chaînes de télévision italiennes – qui indique avoir retrouvé des snipers qui ont tiré sur les gens à Maïdan, et qui déclarent que c’était à la demande de l’opposition pour semer le chaos.

    Nous resterons relativement prudents à ce stade, ceci restant au conditionnel, mais ceci nécessiterait du coup un enquête urgente et approfondie de la Justice et des grands médias – du moins s’ils ne veulent pas alimenter le “complotisme”, d’autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n’a repris ces informations, à l’exception du grand journal italien Il Giornale, dans un texte que nous avons aussi traduit (voir ci-après).

    Rappelons aussi que nous parlons ici du massacre du 20 février (82 morts ce jour là). Les forces de l’ordre ont aussi tiré à d’autres moment sur des émeutiers armés, généralement quand eux-même leur tiraient dessus.

    Bel exemple du vrai problème qui nous frappe régulièrement : non pas des Fake news, mais des No news des grands médias, qui empêchent de bien comprendre les problèmes.

    J’aimerais la traduire en russe et ukrainien au plus vite, ainsi qu’en anglais et allemand. Nous avons besoin de volontaires pour ces quatre langues. Merci de nous contacter ici.

    Voici donc ce reportage diffusé le 15/11/17 surCanale 5 :

    (voir sur Dailymotion)

    Verbatim du reportage précédent de Canale 5 (si vous n’avez pas vu la vidéo) :
    Suite sur ce lien :
    https://www.les-crises.fr/no-news-temoignage-des-snipers-du-massacre-du-maidan-les-ordres-venaient-de-l-opposition/#comment-482490


  • Le califat dans les imaginaires de l’Islam sunnite 1/2
    BY ROGER NABA’A • DÉCEMBRE 1, 2017
    http://www.madaniya.info/2017/12/01/le-califat-dans-les-imaginaires-de-l-islam-sunnite-1-2

    IMAGINAIRES DE L’ISLAM SUNNITE 1/2
    http://www.islamiclandmarks.com/wp-content/uploads/2015/11/Umayyad-Mosque-exterior.jpg
    EN 30 ANS, DEUX CALIFES ASSASSINÉS, QUATRE GUERRES CIVILES SCELLENT L’ÉCLATEMENT DE L’ISLAM EN TROIS ISLAMS : SUNNITE, CHIITE, KHARIJITE.

    Note de la rédaction www.madaniya.info

    Le califat est une notion exclusivement sunnite. Contrairement aux analyses des islamologues et autres islamophilistes, le califat universel n’existe pas. Le califat n’est pas universel, mais une notion exclusivement sunnite, et l’on ne comprendra rien au califat si on le décontextualise, c’est-à-dire si on en dé-sunnise l’histoire.

    Retour sur cette séquence historique, sanglante que constitue le califat, « la plus grande source de discorde au sein de la Umma », selon l’expression du théologien Al Ashari.

    Trois ans (2014-2017 : Telle aura été la durée du magistère du Calife Ibrahim, alias Abou Bakr Al Baghdadi, le plus court dans l’histoire du califat islamique.

    Salué par la foultitude des djihadologues en herbe comme l’aube d’une nouvelle renaissance pan islamique, entraînant rupture du partage du Moyen orient selon le schéma Sykes Picot, le 5e califat de l’histoire musulmane est apparu au vu de sa pratique et de ses résultats comme l’expression d’une pathologie passéiste, d’une nostalgie de grandeur révolue.

    Un délai ultra court au regard de l’histoire, mais qui aura opéré un bouleversement majeur des données de la guerre de Syrie et d’Irak. Parallèlement au travail de sape de la coalition occidentale en appui aux opérations au sol de ses supplétifs kurdes, la reconquête de l’Irak sur injonction de l’Ayatollah Ali Hussayni Al Sistani a mis en relief la contribution majeure des milices chiites irakiennes « Al Hached Al Chaabi » (La mobilisation Populaire) et des ses parrains iraniens dans la défaite de l’hydre djihadiste sunnite. A tout le moins en Irak.

    Pour aller plus loin sur le thème

    http://www.madaniya.info/2017/06/22/l-elimination-d-abou-bakr-al-baghdadi-signe-l-eradication-complete-du-cer
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-age-d-or-du-califat-140229

    Suite de l’article sur ce lien
    http://www.madaniya.info/2017/12/01/le-califat-dans-les-imaginaires-de-l-islam-sunnite-1-2


  • France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    Primo, pour info :
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-reprise-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Secundo, le documentaire de Manon Loizeau "Syrie : le cri étouffé" annoncé pour le 7/12/17
    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    Tertio, une coïncidence qui fait réagir.
    Le Grand soir publie une réplique argumentée à la hauteur des enjeux de l’événement.
    Le grand soir
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    à propos des 50 000 syriennes emprisonnées et violées dans “Syrie, le cri étouffé” (FRANCE2 jeudi 7 déc. 2017 23H00)
    IL Y A 4 HEURES · PUBLIC

    PREMIERE REMARQUE : Les conditions de diffusion de ce documentaire-choc déjà primé à Genève montrent que ce documentaire est utilisé à des fins de propagande pour torpiller la conférence de Genève en cours entre coalition victorieuse (Syrie - Russie - Iran - Liban) et coalition vaincue (USA - UE - OTAN - Golfe - Israél). Avec au milieu du gué Turquie, Caucase, Italie et Grèce (en filigranes car confrontées aux migrants), Chine et BRICS. Cette heure et date de diffusion permettra aux diplomates en négociation à Genève, de voir le film le soir dans leurs hôtels. Il influera donc directement sur l’atmosphère des jours suivants à la table des négociations. Cela s’apparente à la fiole d’anthrax brandie par Colin Powell à l’ONU (5 février 2003), ou à la jeune fille en pleurs qui racontait à la tribune d’une commission de l’ONU aussi (10 octobre 1990), que des bébés avaient été jetés hors de leurs couveuses dans un hôpital koweïtien par des soldats irakiens. Pour ces 2 guerres du Golfe, en fait la fiole contenait de la “poudre de perlimpinpin” et il n’y avait pas d’ADM en Irak, et la jeune fille était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, et avait reçu une formation spéciale pour pleurer et faire pleurer l’audience. Il n’y a jamais eu d’hopital détruit par Saddam Hussein. De la basse propagande donc. Sauf que cette fois, c’est la France qui s’en charge, et qu’elle inonde la Suisse au passage, pays neutre, dans un contexte de neutralité internationale battu en brèche par des méthodes de mafieux des ondes.
    DEUXIEME REMARQUE : l’armée d’Assad est une armée de conscription, dont beaucoup d’appelés ne veulent pas aller faire la guerre. Ils sont mal payés et 100 000 sont morts au front. Mais ils sont en majorité SUNNITES, donc de même faction religieuse que les "rebelles" très grassement payés par les Monarchies du Golfe. Pourquoi ne pas envisager que certains d’entre eux aient été "retournés" pour opérer des abominations sous uniforme de l’armée syrienne ? Il est avéré qu’une pluie de dollars a inondé la Syrie au début de la campagne de déstabilisation. De nombreux officiers de l’armée régulière syrienne ont alors déserté. La loi martiale a été appliquée et les fidèles au gouvernement Assad ont été sérieusement encadrés et contraints sous menace de mort, de rester fidèles. Dès le début de cette sale guerre, un attentat a liquidé TOUTE la tête du Renseignement syrien devant leur Ministère ( 6 morts). La Syrie a répliqué en blessant gravement le chef du renseignement saoudien à Riyad (attentat iranien ?). Aujourd’hui il survit retiré de toute vie politique (Prince Bandar Ben Sultan). Dans ces conditions, pensez-vous que le Gouvernement syrien contrôle efficacement la totalité de son armée ? Lire SUN ZU "L’Art de la Guerre" ( écrit en - 400 avant Jésus Christ)
    TROISIEME REMARQUE : de toute façon, si ces faits sont avérés et commis par des "membres du régime syrien", alors leur nombre est fortement exagéré. C’est TOUJOURS le cas dans les médias de pays à la fois juges et partis. On en a un bon exemple avec l’affaire de la tentative d’établir un califat à Hama en Syrie, en février 82 (déjà). TOUS nos journaux ont parlé d’une répression ayant fait 30 000 morts... sauf qu’en décembre 82, la DIA américaine a conclu à 3000 morts, dont 1000 civils égorgés en place publique devant femmes et enfants chaque jour à midi pendant 2 semaines, par des Moudjahidines (jihadistes Frères Musulmans) venus d’Egypte. Hafeez Al Assad a alors envoyé son frère Rifaat Al Assad mater ce massacre. Je me demande ce que Sarkozy ou Hollande aurait fait à sa place... Voilà un exemple concret d’EXAGERATION dans la proportion de 10 (médias les plus propagandistes dont bien sûr Le Monde) pour 1 (réalité la plus probable). A l’époque, cela n’avait pas effrayé TF1 qui jugeait Hafeez Al Assad à la pointe du progressisme au Moyen Orient... Vous me direz "ça fait encore 5000 cas"... certes. Mais lors d’actes de guerre, tout est à recouper par une institution dans laquelle aucun pays n’est lié à l’un des 2 bords... vous comprenez la complexité de la démarche judiciaire dont France2 ne vous parlera pas ?
    QUATRIEME REMARQUE qui rebondit sur la troisième : Il y a eu au début de la guerre une vague de terreur dans les campagnes suite à une autre vague d’attentats dans les grandes villes qui "ne prenait pas" et dont nos médias ont peu parlé car elle pointe vers l’origine maffieuse (OTAN-Golfe) du soulèvement lorsque celui-ci a pris les armes et s’est fondu aux manifestants (comme en Ukraine et en Libye...). Des villages entiers ont été décimés par des écorcheurs égorgeurs violeurs. Les journalistes qui voulaient enquêter sur ces actes ont été menacés, ou sont morts, toujours à cause des pseudos rebelles qui les pourchassaient ou les attiraient dans des zones de tirs de l’armée syrienne (témoignage de Alex Thomson, Channel 4)... cette situation n’a pas permis à aujourd’hui de savoir QUI a commis ces atrocités.... mais à votre avis... QUI est soupçonnable ?
    CINQUIEME REMARQUE : Rappelons qu’a contrario nous avons aidé depuis le début de cette campagne de déstabilisation une constellation effarante de bataillons et katibas rebelles aux doux noms exotiques impossibles à retenir, tous poreux, tous plus ou moins inféodés aux égorgeurs, car sur le terrain c’est toujours la loi du plus fort qui prévaut entre tribus de mercenaires n’appartenant pas à une armée régulière. Nous avons financé des armées moyenâgeuses, volatiles et peu fiables, car cupides et toutes en concurrence pour faire main basse sur la manne des pétrodollars saoudiens, qataris ou OTAN. Et pour se faire bien voir de nous (au propre comme au figuré), leurs monstruosités ont été tellement atroces, notamment auprès des femmes, que même nos médias furent obligés d’admettre qu’ils étaient absolument coupables de dizaines de milliers d’assassinats, tortures, viols, et même des évicérations, dans des conditions toutes plus sordides les unes que les autres. D’où ma question ici ; Sommes-nous en droit de donner des leçons au “camp d’en face” ? La vraie communauté internationale comprend 192 pays je crois. Que vont penser les 170 autres pays non impliqués dans cette campagne de déstabilisation ?
    SIXIEME REMARQUE : Tout "géopolitologue amateur" peut observer les mêmes schémas d’opérations paramilitaires qui s’appuient sur des formes variées de fascisme sanguinaire, lors de la mise en oeuvre de campagne de déstabilisation d’un gouvernement ou d’un pays entier par la CIA ou comme en Syrie, par une troïka multinationaliste. Ainsi les mêmes schémas s’appliquent parfaitement au coup d’état contre Allende au Chili, contre Mossadec en Iran, contre Najibulah en Afghanistan, contre Zelaya au Salvador, contre Chavez puis Maduro au Vénézuéla, contre Kadhafi en Libye, et depuis Assad, contre Ianoukovitch en Ukraine, et j’en oublie une dizaine d’autres. Dans ces schémas, on retrouve toujours parmi les éléments de diabolisation de l’ennemi, le sort réservé aux femmes... (sort dont le camp du bien USA - UE - OTAN - Golfe - Israél ne se préoccupe pas ou peu ou mal en Palestine, en Arabie Saoudite et dans le Golfe, en Afrique francophone, ou dans l’ancien Commonwealth...). Dans le discours des diaboliseurs, les femmes sont toujours victimes d’atrocités et mettent en pleurs les chaumières occidentales. Pourquoi diable voudriez-vous qu’en Syrie il en aille différemment ?
    SEPTIEME ET ULTIME REMARQUE : Elle est récurrente et procède de l’évidence même. "Cui bono ?" Tout chef d’état dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l’OTAN sait qu’il va aussi être la cible d’attaques sans relâche des médias "occidentaux", de loin les plus puissants en termes de diffusion satellitaire tout autant que sur le web où opérent la chasse aux fake-news du "camp d’en face", le triage via des algorythmes affutés, et l’injection désormais massive de "contenus" à charge. Dans ces conditions, pour quelles raisons Bachar Al Assad et son gouvernement iraient-ils se compromettre sur des dossiers aussi sensibles que la ligne rouge de l’usage d’armes chimiques, ou la maltraitance des minorités comme les Kurdes, ou la maltraitance des femmes, des enfants et des déshérités ? C’est parfaitement absurde. Et d’ailleurs il me vient ce souvenir tout aussi absurde qui a concerné Muammar Kadhafi : Les journaux occidentaux ont dit qu’il avait importé un cargo de préservatifs et d’excitants sexuels pour son armée... voilà qui rappelle le captagon saoudien dont les femmes syriennes se souviennent sans doute aussi... et mon propos n’est pas d’en rire. Il est de comprendre la machine "en marche". Alors "Cui bono ?" Il est absolument évident que "le camp d’en face", celui qui négocie sa reddition à Genève, a lui toutes les bonnes raisons de se frotter les mains d’un tel timing médiatique.
    Je ne dis pas que les faits sont faux ni ne veut sous-estimer leur gravité bien sûr. Je dis : Retenons les leçons de l’Histoire, de Sun Zu (-400) à aujourd’hui. Extrême prudence devant des témoignages et des productions venant de tiers à la fois juges et partis. La sincérité peut cacher des mensonges malgré elle. Exagération, distorsion des faits, camouflage des identités, manipulation et instrumentalisation des témoins, des médias et de l’opinion publique, récurrence de schémas narratifs agissent pour détruire la vérité, toujours dans le sens des maitres.



  • https://www.monde-diplomatique.fr/2017/11/ALAOUI/58084
    Très bon article. NRobin

    Le Monde diplomatique
    Novembre 2017, pages 22 et 23, en kiosques
    URGENCE ÉCONOMIQUE, IMPASSE IDÉOLOGIQUE
    L’espérance toujours vivante d’une unité arabe par Hicham Alaoui

    Sans chercher à faire revivre le projet panarabe, les États du Machrek et du Maghreb peuvent surmonter leurs divisions politiques en pariant sur plus de coopération économique et sociale. Un tel rapprochement, qui dépend d’une plus grande démocratisation des régimes en place, contribuerait à renforcer le dynamisme d’une région encore en proie à d’importants problèmes de développement.
    par Hicham Alaoui aperçu
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    Hisham El Zeiny. — « Al-Masri Al_Youn » (L’Égyptien d’aujourd’hui), 2015
    www.mashrabiagallery.com - Mashrabia Gallery, Le Caire
    L’unité arabe est-elle toujours concevable à une époque et dans un espace marqués par une fragmentation et une conflictualité sans précédent ? Né sous sa forme moderne au début du XXe siècle, l’idéal d’une même nation peut paraître plus chimérique que jamais. Il continue pourtant d’alimenter de nombreux efforts pour resserrer la coopération entre les États de la région. Si le vieux rêve du panarabisme s’est envolé, réussir une meilleure intégration économique et politique demeure un objectif décisif pour tous les peuples de la région, arabes ou non.

    La plupart des pays concernés ne pourront en effet surmonter leur faiblesse structurelle qu’en renforçant leurs liens de voisinage. Les différences entre eux sont énormes. Sur le plan démographique, une nation comme l’Égypte, avec ses près de cent millions d’habitants, écrase un petit royaume comme Bahreïn, qui en compte cent fois moins. Certains États (Arabie saoudite, Algérie…) regorgent d’hydrocarbures, quand d’autres (Tunisie, Jordanie…) possèdent très peu de ressources naturelles. Les uns manquent d’écoles et de volonté politique pour alphabétiser leurs populations ; d’autres sont aux prises avec une masse de citoyens instruits qui ne trouvent pas d’emploi. Ici, on a construit un système agricole qui permet d’exporter de la nourriture dans le monde entier ; là, on dépend encore des importations pour survivre.

    Pourtant, les pays du monde arabe constituent des espaces imbriqués qui peuvent échanger les uns avec les autres et interagir. Une meilleure intégration régionale générerait ainsi des retombées profitables à tous ces peuples. Une union économique rééquilibrerait le rapport de forces avec le reste du monde en matière de commerce et d’investissements. Elle serait aussi un facteur de paix, dans la mesure où elle inciterait les gouvernements à davantage de diplomatie et à un moindre recours à la violence. Elle faciliterait enfin la coopération pour affronter des défis tels que l’approvisionnement en eau, les problèmes d’environnement ou l’accueil des (...)

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  • Idée Cinéma. Un film émouvant, terrifiant.
    À aucun moment le réalisateur ne cite le pays ! NRobin
    Incendies
    de Denis Villeneuve
    https://media.giphy.com/media/tChIOJQZF4plS/giphy.gif
    Jeanne et Simon Marwan sillonnent le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue....
    France/Canada, fiction, 2010, 130’

    Scénario : Denis Villeneuve, d’après la pièce de Wajdi Mouawad
    Image : André Turpin
    Son : Jean Umansky
    Montage : Monique Dartonne
    Costumes : Sophie Lefebvre
    Musique : Grégoire Hetzel
    Interprètes : Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette, Rémy Girard, Abdelghafour Elaaziz, Mohamed Majd, Allen Altman

    À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

    Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien…
    Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue.

    Denis Villeneuve, sa Biographie :

    Né à Gentilly, près de Trois-Rivières, au Québec, Denis Villeneuve étudie les sciences au Cégep et le cinéma à l’Université du Québec à Montréal. En 1994, il réalise son premier court métrage, Rew FFWD. En 1998, il réalise son premier long métrage, Un 32 août sur terre, et en 2000, son deuxième long métrage, Maelström.
    En 2008, son court métrage Next Floor, remporte le prix du meilleur court métrage à la Semaine de la Critique à Cannes.


  • Paris, le 20 novembre 2017
    PASCAL BONIFACE LANCE SON BLOG
    Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’IRIS, lance son blog.
    http://www.pascalboniface.com
    http://www.pascalboniface.com/wp-content/uploads/2017/08/cropped-cropped-Pascal-BONIFACE-Portrait-horizontal-2-1.jpg
    Ce nouveau support permet de suivre au plus près ses activités mais également d’avoir son éclairage sur l’actualité internationale. Mis à jour régulièrement, le blog propose plusieurs rubriques permettant à l’utilisateur d’avoir une navigation fluide et efficace : éditos, vidéos, ouvrages, articles, évènements...
    On y retrouve également le podcast « Comprendre le monde » qu’il anime depuis la rentrée et qui décrypte chaque semaine, à travers un entretien ou un débat, un thème géopolitique. Hubert Védrine, Jean-Luc Domenach, Didier Le Bret, Geneviève Garrigos, sont, entre autres, les premiers invités à être venus débattre avec le directeur de l’IRIS. Le podcast “Comprendre le monde” est également disponible sur Soundcloud, l’application Podcast, I-Tunes, YouTube et le site internet de l’IRIS.
    À très vite sur pascalboniface.com !


  • L’abominable Christine Angot
    Pitié pour nos médias ! NRobin

    https://www.ouest-france.fr/medias/france-2/onpc-une-petition-pour-des-excuses-publiques-la-deputee-sandrine-rousse

    ONPC. Une pétition pour des excuses publiques à l’ex-députée Sandrine Rousseau

    L’écrivaine Christine Angot et l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau d’« On n’est pas couché ».

    L’écrivaine Christine Angot et l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau d’« On n’est pas couché ».
    Ouest France Modifié le 03/10/2017 Nouvel épisode qui a opposé les chroniqueurs Christine Angot et Yann Moix et l’ex-députée écologiste Sandrine Rousseau dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché ».

    Dans une pétition, l’écrivaine Valentine Goby exige qu’ONPC fasse des excuses publiques à la femme politique, après ce qu’elle appelle « une séance de mise à mort ».

    L’échange tendu entre l’écrivaine Christine Angotet l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau de l’émission de France 2 « On n’est pas couché » connait une suite ce lundi.

    Dans un post sur son compte Facebook, l’écrivaine Valentine Goby, auteur de Kinderzimmer, prix des libraires 2013, a vivement réagi à la séquence, dénonçant « une séance de mise à mort de l’autre par l’une qui (lui) a dégoupillé le cœur ». Elle a ouvert une pétition sur le site Change.org, réclamant que l’émission fasse des excuses publiques à Sandrine Rousseau.

    Briser « la loi du silence ».

    La femme politique était invitée dans l’émission pour présenter son livre Parler (Flammarion), défendant la parole des femmes victimes d’agressions. L’ancienne élue EELV y évoque l’agression sexuelle dont elle dit avoir été victime de la part de l’ancien député écologiste Denis Beaupin et qui l’a conduite à quitter le parti écologiste. Elle y invite les femmes victimes de violences sexuelles à briser « la loi du silence ».

    Sandrine Rousseau a été violemment prise à partie par la nouvelle chroniqueuse de l’émission, l’écrivaine Christine Angot qui lui a reproché de discourir dans le vide sur ces questions. Furieuse, Christine Angot avait quitté le plateau de l’émission, lors de son enregistrement, séquence qui n’a pas été diffusée lors du passage de l’émission ce samedi soir.

    « C’est un blabla »

    Dans le passage diffusé samedi soir on la voit toutefois s’adresser à Sandrine Rousseau sans ménagement.

    « Je ne peux pas entendre ça », a lancé Christine Angot qui estime que la question des agressions sexuelles ne peut pas se régler au sein d’un parti politique. « C’est un blabla » a-t-elle ajouté. « Il n’y a personne qui peut entendre [la parole des victimes d’agressions sexuelles]. On se débrouille », a poursuivi celle qui a été victime d’inceste au cours de son enfance. Un traumatisme qui traverse son œuvre littéraire, notamment dans l’Inceste (Stock) et Une semaine de vacances (Flammarion). Christine Angot avait pour sa part essuyé des rires lors de la présentation de L’Inceste, en 1999, sur le plateau de Tout le monde en parle, l’émission, présentée alors par Thierry Ardisson, rappelle Slate.fr

    « Ce livre parle d’un problème sociétal grave et tout le débat c’est doit-on, peut-on, sur ce genre de propos tenir des discours ou plutôt livrer une parole ? », a ensuite enchaîné l’écrivain Yann Moix. « Les écrivains sont dans la parole parce qu’ils regardent les choses en face […] et il est vrai que les hommes politiques dont vous faire en quelque sorte partie sont dans un autre cosmos, un autre univers qui est celui du discours »

    Des mots qui semblent blesser profondément Sandrine Rousseau, en larmes. « Je l’ai écrit, c’est mon histoire ». « Je ne peux pas entendre que j’ai un discours là-dessus. […] Vous n’imaginez pas la violence de ce que vous dites. C’est l’histoire que j’ai vécue que je raconte », se justifie l’ancienne élue.

    Voir la version complète
    « L’audace pornographique de Christine Angot »

    Une scène effarante pour l’écrivaine Valentine Goby, qui dénonce la surdité des deux chroniqueurs devant « la phénoménale détresse de cette femme et de toutes les femmes victimes de violence ».

    « Yann Moix est d’une lâcheté navrante de n’avoir pas un instant tenté de clouer le bec à sa collègue et amie, Ruquier ne vaut pas mieux, et tous les bobos hommes et femmes désolants qui se taisaient autour de cette table, fascinés par l’audace pornographique de Christine Angot et sourds à la douleur de Sandrine Rousseau, d’une dignité magnifique et insupportable », explique-t-elle.

    « Payer une redevance télé pour écouter pareille ordures est inacceptable. Nous demandons que des excuses publiques soient formulées à l’égard de Sandrine Rousseau. »

    Voir la version complète

    Ce lundi, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a interpellé le CSA au sujet de l’incident entre les deux femmes.


  • Pas mal cette lettre à Macron ! NRobin

    https://libnanews.com/palestine-lettre-a-m-macron
    Libnanews

    Et la Palestine ? Lettre à M. Macron

    8 MAI 2017 BY CAMILLE NAJM

    A présent que votre élection semble assurée, j’aimerai m’adresser au futur président de la République française et non plus au candidat soumis aux impératifs de la campagne électorale.

    Permettez-moi de vous interpeller sur une question de politique étrangère, domaine où vous êtes encore novice et sur lequel vous avez été, fort heureusement pour vous, peu sollicité. J’aimerai plus particulièrement insister sur la question de la Palestine, grande laissée pour compte de la campagne et m’étendre sur vos déclarations dont certaines sont presque passées inaperçues, ou du moins ont été très peu débattues et commentées.

    On s’en est considérablement pris à M. Mélenchon, à raison, quant à ses déclarations – pour le moins contestables et simplistes – sur la Syrie et qui lui ont d’ailleurs valu le désaveu de nombreux militants de gauche. Mais qu’en est-il de vos positions concernant le conflit israélo-palestinien ?

    Contrairement à M. Mélenchon, à M. Fillon ou à Madame Le Pen, vos prises de position ont bénéficié d’une indulgence hors normes même si à leur instar vous faites aussi preuve d’une indignation sélective. Mais revenons, si vous le permettez, sur le contenu de vos déclarations ainsi que sur le diagnostic et les solutions, usitées et réchauffées, que vous proposez.

    Vous déplorez, à raison, le recul de la France, de sa présence et de son rôle au Moyen Orient. Un constat lucide, amer et indiscutable que l’on pourrait imputer essentiellement à une série de choix hasardeux, incohérents et imprudents qui remontent au mandat du président Sarkozy et qui furent maintenus en partie par le président Hollande. Une ligne sinueuse maintes fois désavouée tant par les faits et les résultats que par les alliés même de la France. Autant sur la Syrie que sur l’Iran, la France s’est retrouvé isolée, marginalisée et sur la touche. Du reste, il est inutile de revenir sur les conséquences désastreuses de l’intervention en Libye, sur le silence assourdissant autour du Yémen ou sur les relations indécentes avec l’Arabie Saoudite et le Qatar.

    Mais revenons-en à la Palestine objet de notre désaccord dont le point de départ remonte à votre déplacement à Beyrouth, symbole de la résistance arabe à Israël, capitale d’un pays toujours sous occupation, qui paye encore le prix fort de la cause palestinienne, de la guerre en Syrie, du terrorisme et de la montée des mouvements djihadistes.

    C’est ici même que vous avez eu l’arrogance et l’irrévérence de vous déclarer contre le mouvement de boycott des produits israéliens en provenance des territoires palestiniens occupés, reconnus comme tels par la justice internationale et les résolutions des Nations Unis. Vous avez également refusé de vous exprimer sur l’idée d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine, alors qu’elle fait désormais l’objet d’un large consensus et qu’elle est déjà intervenue dans les faits et dans le droit. Vous vous êtes aussi prononcé contre les pressions exercées à l’encontre d’Israël.

    En substance vous avez inconsidérément tenu les propos suivants :

    « Le boycott d’Israël a été condamné par la France et il n’est pas question de revenir là-dessus » avez vous déclaré lors d’une conférence à l’Ecole supérieure des affaires, en référence à un arrêt de la Cour de cassation, en 2015, qui a rendu ce mot d’ordre illégal.

    Alors que tous avaient encore en mémoire les polémiques autour de la Conférence de Paix qui s’était tenue une semaine auparavant à Paris – une réunion dont Israël a critiqué la volonté de vouloir imposer de l’extérieur une solution au conflit, allant jusqu’à faire le parallèle odieux avec l’affaire Dreyfus – vous avez réaffirmé, toujours depuis le Liban, votre soutien à une solution à deux États, et votre refus d’orienter la politique israélienne en exerçant une pression diplomatique ou économique. Une manière selon vous de faire entendre une autre voix mais une approche usitée qui s’apparente toujours à la langue de bois et dont l’inefficacité est avérée.

    Alors ministre de l’Économie, vous avez même affirmé lors d’une visite en Israël votre volonté d’intensifier les relations commerciales franco-israéliennes notamment dans le secteur de l’énergie : « J’ai fait part de notre volonté, au travers des entreprises françaises, de participer à l’ouverture du marché du gaz en Israël ».

    Plus tôt en 2016, un signal, volontaire ou non, avait été envoyé aux partisans du BDS. Lors de protestations faisant suite à la Loi Travail, un homme portant un maillot arborant le slogan « Free Palestine » vous avait abordé et vous lui aviez alors répondu : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre T-Shirt ! ».

    Dans votre optique il s’agit donc de « laisser faire, laisser aller », de ne rien faire et surtout de n’exercer ni pression ni contrainte sur Israël… Une stratégie inefficace dont le seul résultat a toujours été le sabordage du processus de paix. En aucun cas il ne faudrait bousculer et indisposer Israël ; il suffit donc de compter sur la bonne foi et la bonne volonté de ses dirigeants et leur soif de paix. On conviendra, au demeurant, qu’il soit plus aisé et moins périlleux de mettre la pression sur les plus faibles, les Palestiniens en l’occurrence.

    Des propos irrecevables, irréalistes et déplorables qui traduisent soit une inquiétante naïveté, soit une regrettable méconnaissance des faits, du droit international et de l’histoire, soit une insoutenable mauvaise foi de votre part. Votre position est désastreuse pour la France, pour les Français de confession juive ou musulmane, pour l’ensemble du monde arabe, pour le peuple palestinien, ses droits et sa dignité, et enfin pour l’avenir d’Israël, sa démocratie et sa sécurité. Pour un candidat qui respire la modernité, qui se veut progressiste, humaniste et démocrate et qui s’érige en rempart au F.N., on aurait osé espérer mieux.

    Cette position est d’autant plus incompréhensible et paradoxale que vous avez décrété d’Alger que le colonialisme était « un crime contre l’humanité » ! Vous voici pourtant bien indulgent et timoré à l’égard du dernier Etat colonialiste de la planète.

    Certes, il est bien plus facile, et moins couteux, de s’en prendre aux expéditions coloniales du XIXème siècle et de s’exprimer avec le recul que de dénoncer ceux qui sont toujours en cours. Hormis quelques voix indignées émanant de l’extrême droite ou de la droite républicaine dure, de nostalgiques du « temps béni » des colonies et d’anciens de la Coloniale, vous ne risquez pas grand chose ou si peu. Des mécontents qui ne sont pas en mesure de peser sur l’élection ni de vous porter préjudice ; bien au contraire il est de bon ton de les avoir à dos et l’on sait d’avance où iront leurs voix.

    Pourtant le colonialisme auquel s’adonne Israël est le pire de tous, ne fut-ce que parce qu’il est encore d’actualité au XXIème siècle et qu’il se poursuit de manière éhontée, en toute illégalité et impunité. Les colonies et leur extension ont pourtant été clairement condamnées par la France, par l’Europe et par l’ensemble de la communauté internationale. La colonisation a été définie pour ce qu’elle est : du racisme et de l’apartheid. Elle a même fait l’objet, pas plus tard qu’en décembre 2016, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unis à laquelle même les Etats Unis se sont abstenus d’apposer leur véto.

    Effectivement, le colonialisme peut être défini comme un crime contre l’humanité, a fortiori celui de l’Etat d’Israël. La politique coloniale suivie par le mouvement sioniste n’essaye même pas d’entretenir l’illusion de vouloir véhiculer le « progrès » et « la civilisation » et de faire avancer la cause des peuples colonisés. Elle ne cherche pas à coloniser les êtres mais uniquement leurs terres qu’elle tente de s’approprier pour en éradiquer les propriétaires et leur culture. Une annihilation pure et simple, une volonté de rayer de la carte un peuple et une nation. Elle ne prétend apporter aucun « bienfait » ; elle ne vise à établir ni statut organique, ni infrastructures, ni services publics ni bien être économique ni Etat ; elle n’entend pas exporter des principes et des valeurs. En cela elle présente de nombreuses similitudes avec la conquête de l’Ouest menée par les colons américains et avec le sort qui fut réservé aux indiens. Pour ce faire, Israël a nié l’existence même de tout un peuple, de sa mémoire, de ses droits historiques et nationaux et bafoué le droit international. Des actes, vous en conviendrez, peu recommandables et pour le moins répréhensibles au regard du démocrate républicain que vous êtes et du futur Président de la République française.

    Vous considérez le boycott illégal au regard du droit français mais qu’en est-il alors de la colonisation ? Ignorez-vous qu’en vertu du droit international les colonies israéliennes, sauvages ou non, sont illégales ? Elles le sont tout autant selon le droit israélien. L’Etat d’Israël est ainsi dans l’illégalité la plus absolue au regard du droit international mais aussi en porte-à-faux avec toutes les valeurs portées par la France… Est-il besoin de vous rappeler que l’Assemblée Nationale, qui représente le peuple souverain, a recommandé au gouvernement de reconnaitre l’Etat de Palestine ? Que la France par la voix de M. Fabius – alors ministre des Affaires étrangères d’un gouvernement dans lequel vous étiez ministre – puis par celle de M. Ayrault, avait exprimé son intention de reconnaître la Palestine en cas d’échec de la Conférence de Paris. Une initiative diplomatique française par ailleurs snobée par Israël à l’instar de toutes les autres conférences et propositions de paix passées et à venir.

    Vous vous prononcez contre une reconnaissance « unilatérale » de la Palestine, alors que la colonisation est l’essence même de l’acte unilatéral. Il est vrai que seul Israël a le droit de s’adonner à des actes unilatéraux et illégaux. Vous revenez ainsi sur les engagements de la France et sur ses responsabilités internationales.

    Toutes ces considérations s’effacent-elles donc en raison du caractère illégal du boycott ? Une décision qui plus est constitue une atteinte flagrante à la liberté d’expression et d’association.

    Vous qui êtes en résistance contre le fascisme, qui en bon républicain lui opposez la liberté, l’égalité, la diversité, vous n’êtes pourtant pas en mesure d’exprimer la moindre solidarité pour la cause du peuple palestinien victime de l’occupation, de l’oppression, du racisme et de la ségrégation. Vous rejetez d’un revers de la main toute possibilité de résistance même sous sa forme la plus pacifique, légitime et citoyenne et condamnez sans appel un mouvement mondial de solidarité.

    Qu’en est-il de vos engagements envers la défense des valeurs des Lumières, de l’humanisme, de la République et de celles de l’Europe ? Qu’en est-il de vos plaidoyers en faveur de l’ouverture, du multiculturalisme, de la coexistence, de l’égalité, de la diversité et de la laïcité ? S’arrêtent-ils aux frontières de la France et de l’Europe ?

    Le 10 avril, tout en prétendant comme il se doit défendre la solution des deux Etats, vous avez persisté dans l’erreur en vous aventurant encore plus loin, vous prononçant sans équivoque contre les efforts visant à faire reconnaître l’Etat palestinien. Vous avez déclaré – contrairement à Benoît Hamon, Laurent Fabius, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon – qu’une telle reconnaissance était “anticipée”, « provoquerait de l’instabilité », ne “servait à rien” et qu’elle provoquerait des “déséquilibres”. Vous exprimant sur Radio J, vous avez ouvertement rompu avec la politique consacrée par le gouvernement et affirmé que la reconnaissance de l’Etat de Palestine « ne servirait les intérêts de personne » et ne ferait que générer plus « d’instabilité » encore. « La clé, c’est de reconnaître des Etats vivant dans ce même secteur, par un travail de rééquilibrage en vue de bâtir la paix. Si la France s’engage dans une reconnaissance unilatérale d’un Etat Palestinien, nous contribuons alors à une perte d’équilibre et nous affaiblissons la capacité de la France à jouer un rôle dans la stabilité régionale et dans ce conflit ».

    Vous semblez être né de la dernière pluie ou débarquer de Mars.

    Une reconnaissance « anticipée » et « unilatérale » ??

    En effet, la résolution de partage de la Palestine ne date que de 1947, la résolution 242 du Conseil de sécurité remonte seulement de 1967 et 24 petites années se sont écoulées depuis les accords d’Oslo… Alors que la Palestine a accédé à l’UNESCO en 2011 et a été reconnue comme Etat observateur par l’Assemblée générale des Nations Unis le 29 novembre 2012 par 138 voix pour et 9 contre, vous considérez qu’une reconnaissance par la France serait unilatérale. Vous affichez ainsi un mépris flagrant pour les résolutions des Nations Unis, pour les recommandations du quartet ainsi que pour la solution des deux Etats soutenue officiellement par la France, par l’Union Européenne par les Etats Unis et par l’ensemble de la communauté internationale.

    Pour un partisan convaincu d’une Europe forte et solidaire, vous adoptez une attitude en contradiction avec celle de nombreux pays européens mais aussi avec celle de la Représentante européenne pour la politique étrangère ainsi qu’avec celle du Parlement européen qui appelle depuis 2014 à la reconnaissance de la Palestine.

    Une reconnaissance « déséquilibrée » et génératrice « d’instabilité » ??

    La situation actuelle et l’équilibre des forces en présence vous semblent-ils équilibrés ? A vous entendre, le Moyen-Orient serait un havre de paix et de stabilité et l’absence d’un Etat palestinien n’est en aucun cas une cause d’instabilité et d’insécurité ; le chaos et le désordre qui règnent au Moyen-Orient depuis un siècle n’auraient aucun lien avec la question palestinienne qui ne suscite ni injustice, ni guerre, ni violence, ni terrorisme.

    Quel équilibre est-il possible entre les Palestiniens et l’armée la plus puissante du Moyen-Orient qui possède l’arme nucléaire et bénéficie du soutien de la plus grande puissance mondiale ?

    Entre les Israéliens et les Palestiniens, que ce soit dans la guerre ou lors des négociations, il n’existe aucun équilibre, ni des rapports de forces, ni des moyens et, certainement pas un équilibre de la terreur.

    Si telle est votre conception du déséquilibre, permettez-moi alors de m’interroger sur celle de l’équilibre qui est la vôtre. Si vous comptez suivre la même approche pour le dialogue social, pour les négociations au sein des entreprises, pour l’égalité des chances et la répartition des richesses, il y a de quoi avoir de sérieuses inquiétudes. Vos propos reflètent la même conception biaisée et irréaliste que vous avez des rapports de forces économiques et sociaux. Vous préconisez les mêmes disparités que celles qui président aux rapports sociaux notamment dans le cadre des négociations au sein de l’entreprise où l’employé et le salarié se retrouvent en position de faiblesse et ne font pas le poids face aux pressions du patron. Un face à face perdant et mortifère tout comme celui qui a lieu entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre de négociations qui marginalisent le droit international et où les Palestiniens sont laissés à eux même.

    Après le déséquilibre en faveur du patronat, des actionnaires, de la finance, de la dérégulation et de la déréglementation du travail, voici le déséquilibre appliqué à la politique étrangère, le même deux poids deux mesures qui a discrédité l’Occident et affaiblit la diplomatie française.

    Vous semblez aussi peu concerné par la justice internationale que vous ne l’êtes par la justice sociale. Après la dérégulation financière et la dérèglementation du travail, voici la dérégulation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la dérèglementation du droit international. Une transposition aux relations internationales des règles de la finance, des disparités et des déséquilibres qui en découlent. Un remake de la loi de la jungle où le plus fort avale le plus faible.

    « Une reconnaissance qui ne servirait les intérêts de personne » ?

    Il s’agirait plutôt de l’inverse. Bien au contraire elle servirait les intérêts de tous – de l’ensemble de la région et du monde entier – hormis bien sûr celui de l’extrême droite israélienne dont vous vous faites, inconsciemment ou non, le porte-parole alors même que vous êtes engagés dans une lutte contre l’extrême droite en France. Elle sert en premier lieu l’intérêt du peuple Israélien, l’avenir de l’Etat d’Israël, de sa démocratie et de la paix. Elle sert la justice internationale et la crédibilité des Nations Unis fort mises à mal par les violations constantes et répétées d’Israël. Le droit international est-il uniquement, par ailleurs, une question d’intérêt ? La justice n’a-t-elle de valeur que si elle sert des intérêts, et ceux de qui ?

    Allez demander aux Palestiniens à quoi cela servirait de reconnaître leur Etat, et à quoi cela a servi jusqu’à présent de ne pas le faire… Le statu quo actuel a servi à renforcer le fait accompli, à maintenir l’occupation, à favoriser l’expansion des colonies, à anéantir le processus de paix, à alimenter la violence, la guerre, la montée des intégrismes et du terrorisme que vous affirmez vouloir combattre sans merci afin de protéger la France.

    Toujours lors de votre visite au Liban, vous avez revendiqué une filiation « gaullo-mitterrandienne » de votre vision géopolitique : « La présence de la France a globalement reculé au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique, son continent frère. (…) La parole de la France porte moins. (…) Sa place dans la résolution des crises est moins centrale (…). Le rôle de la France est de mener une politique d’indépendance et d’équilibre qui permet de parler à tous, et d’assurer la construction de la paix ».

    Est-ce ainsi que vous comptez rétablir le rôle de la France, sa place, son aura, le respect qui fut le sien dans le monde arabe, son rayonnement comme patrie des droits de l’homme et du droit international ?

    Nos valeurs, Monsieur Macron, sont ce que nous en faisons et le moins que l’on puisse dire c’est que votre position est peu compatible avec les idéaux dont vous vous revendiquez. Sur la Palestine vous avez fait preuve d’un manque d’humanisme, de discernement et de vision.

    Cher M. Macron, moi aussi je vous ai malheureusement compris et j’ai perçu toute l’étendue et l’ampleur de votre duplicité et de votre hypocrisie. Décidément, le doute et l’ambiguïté vous vont beaucoup mieux que la clarté, à tout le moins ils vous attribuaient jusqu’alors le bénéfice du doute.


  • https://libnanews.com/arrivee-de-saad-hariri-a-paris-a-linvitation-demmanuel-macron
    Libnanews

    Arrivée de Saad Hariri à Paris à l’invitation d’Emmanuel Macron
    18 NOVEMBRE 2017
    BY REDACTION LIBNANEWS
    https://libnanews.com/wp-content/uploads/2017/10/President-Emmanuel-Macron-meets-Pr-Minister-Saad-Hariri-90.jpg

    Le Premier Ministre Libanais est arrivé ce matin du 18 novembre 2017 à Paris, à l’invitation du Président Français Emmanuel Macron qui signe là son premier coup d’éclat diplomatique au Moyen-Orient.

    Le premier ministre se reposerait actuellement à son domicile parisien avant de se rendre à un déjeuner avec le président français. Il sera rejoint par son conseillé Nader Hariri et par le Ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk qui se sont envolés tôt ce matin.

    Il aurait rencontré le prince Mohammed Ben Salmane, peu avant son départ vers Minuit de Riyad pour évoquer avec lui les dossiers en cours.

    Reçu comme Premier Ministre du Liban et non comme Premier Ministre démissionnaire puisque cette dernière n’aurait pas été présenté conformément aux procédures constitutionnelles, soulignent les observateurs, Saad Hariri quitte finalement l’Arabie Saoudite alors que beaucoup accusaient le Prince Héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) de le détenir. Cependant, 2 de ses enfants, les plus jeunes, seraient toujours présents à Riyad, faisant craindre qu’ils aient été retenus en otage.

    Le 15 novembre 2017, le Président Français, Emmanuel Macron, a formellement invité le Premier Ministre Libanais Saad Hariri en France avec sa famille pour tenter de mettre fin à la crise entre le Liban et l’Arabie Saoudite. Le Pays des Cèdres accuse le Royaume de détenir son Premier Ministre et de l’avoir poussé à la démission le 4 novembre dernier, dans un discours diffusé par la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya.

    Depuis les relations entre les 2 pays ont continué à se dégrader, le Ministre Saoudien en charge des relations avec les Pays Arabes accusant l’Iran et le Hezbollah présent au sein du gouvernement libanais d’être à l’origine d’un tir de missile des rebelles houthis sur la capitale saoudienne et le Liban d’être en guerre contre le royaume. Le Président de la République Libanaise, le Général Michel Aoun, a de sa part accusé l’Arabie saoudite de détenir en résidence surveillée son Premier Ministre.

    En route pour la capitale française, Saad Hariri a répondu aux propos du Ministre des Affaires Etrangères Allemand Sigmar Gabriel qui appelait les Pays Arabes à arrêter de s’ingérer dans les affaires libanaises domestiques, démentant être retenu en détention dans le Royaume Saoudien. Pour sa part, le Royaume a rappelé son Ambassadeur présent à Berlin.


  • Je ne savais pas qu’Hariri était saoudien !
    Dénoncer L’Iran sous la contrainte saoudienne, c’est franchement ridicule ! NRobin

    Arabie Saoudite : Le comportement typique d’un État voyou. Saad Hariri : Un héros malgré lui, grâce au Hezbollah son ennemi intime.
    BY RENÉ NABA • NOVEMBRE 17, 2017
    TRIBUNE LIBRE DANS L’HUMANITÉ DIMANCHE

    Par René Naba, directeur du site www.madaniya.info

    La purge drastique opérée samedi 5 novembre à Riyad par l’impétueux prince héritier Mohamad Ben Salmane représente un comportement typique d’un État Voyou, dont le point culminant a été la démission forcée du premier ministre Libanais Saad Hariri sur injonction saoudienne, et sa mise en résidence surveillée à Riyad ; un fait sans précédent dans les annales internationales.

    Si l’incarcération, sans autre forme de procès, d’une vingtaine de princes et ministres saoudiens de même que la saisine de 1.700 comptes bancaires relèvent d’un acte de pur arbitraire dont le Royaume est coutumier, la prise en otage de Saad Hariri, de nationalité saoudienne certes, mais néanmoins premier ministre d’un état souverain constitue un acte en violation flagrante de la convention de Vienne sur les immunités diplomatiques.

    Le coup de filet du pouvoir wahhabite s’est fait au nom de la lutte contre la corruption, alors que la prévarication, érigée en système de gouvernement a gangrené tout le Royaume par ses rétro-commissions sur les transactions d’armes et le hideux système de la « Kafala » (parrainage), la ponction des entreprises étrangères au profit de la strate parisitaire saoudienne.

    Dûment investi par les électeurs les Beyrouthins et confirmé dans ses responsabilités gouvernementales par le parlement libanais, la réclusion de Saad Hariri à Riyad va devoir poser un sérieux problème aux protecteurs occidentaux de la dynastie wahhabite, d’autant plus aiguë que cette séquestration s’est accompagnée d’un blocus contre le Yémen, objet d’une agression caractérisée des pétromonarchies du Golfe.

    Compagnon festif du fils du roi Fahd d’Arabie, rien ne prédestinait Saad Hariri à la direction d’un pays aussi singulier que le Liban, la poudrière par excellence du Moyen orient. Pas plus ses balises que ses protecteurs, que sa fortune, ne seront d’un grand secours à l’héritier Hariri aux heures décisives, propulsé à l’épicentre du pouvoir d’un pays névralgique sans la moindre préparation.

    Ambitieux sans substrat intellectuel, celui qui passe être le moins futé des héritiers Hariri a été préféré à son frère aîné Baha pour succéder à son père assassiné, au mépris des règles de la primogéniture, en raison de sa proximité avec le prince Aziz Ben Fahd, son ancien commensal et désormais son compagnon d’incarcération au Ritz Riyad.

    Ce natif de Riyad, en 1970, binational libano saoudien plus saoudien que libanais a considéré sa mandature gouvernementale comme un ancrage saoudien dans le jeu politique libanais, la délocalisation du wahhabisme monolithique vers le Liban pluraliste.

    Se présentant comme l’alternative à l’extrémisme sunnite croissant au Moyen orient, son amateurisme dans la gestion des groupes islamistes « Fatah al Islam », Nord-Liban, et le salafiste Ahmad al Assir (Sud-Liban) a failli le carboniser avec l’ensemble de la configuration dont il était l’émanation.

    Dans le projet multidimensionnel mis en œuvre par l’Arabie saoudite et les États Unis, les groupes intégristes sunnites devaient servir de contre pouvoir à l’effet de contrebalancer idéologiquement et militairement la milice chiite du Hezbollah et conduire à l’implantation des Palestiniens au Liban en vue de renforcer démographiquement les sunnites, la troisième plus grande communauté libanaise après les chrétiens 42% (toutes communautés confondues) et les chiites 30%.

    La dynastie Wahhabite a porté la guerre au Liban pour compenser ses échecs retentissants sur tous les fronts du Moyen Orient : Syrie, Irak et Yémen. Si la vénalité de la classe politique libanaise est de notoriété publique, le Liban offre, en contrechamps, un peuple parmi les plus frondeurs de la zone.

    Beyrouth, qui s’est offerte en victime sacrificielle de la défaillance arabe, à deux reprises durant le dernier quart de siècle, en 1982 Beyrouth-Ouest) et en 2006 (Beyrouth Sud), exerce depuis lors une fonction traumatique à l’égard d’Israël.
    A n’y prendre garde, la capitale libanaise pourrait bien constituer le cimetière de la morgue saoudienne.

    Et le Hezbollah que Saad Hariri s’est appliqué à criminaliser auprès du Congrès américain, via le Hezbollah Accountability Act (HATA), et auprès de l’Union Européenne, -par la fermeté qu’il a affiché à exiger le respect du Droit constitutionnel libanais, en tandem avec le Président Michel Aoun-, pourrait bien être l’artisan de la réhabilitation nationale de l’héritier failli pour en faire un « héros malgré lui ». Grâce au Hezbollah, son ennemi intime.

    La biologie comme mode d’accession au pouvoir, le Liban, ses combats, son Histoire, tout comme l’Islam sunnite méritent mieux que cela. Les lois de l’hérédité permettent une accélération de carrière. Elles n’ont pas vocation à doter son bénéficiaire d’une compétence innée, ni de le prémunir forcément de toute médiocrité.

    Humanité Dimanche 16 – 22 Novembre 2017

    POUR ALLER PLUS LOIN

    http://www.renenaba.com/livres/larabie-saoudite-un-royaume-des-tenebres
    http://www.renenaba.com/livres/hariri-de-pere-en-fils-hommes-daffaires-et-premiers-ministres



  • ...nous sommes dans l’affrontement de deux blocs géopolitiques : celui de l’OTAN d’un côté et l’axe contestataire de la suprématie américaine du monde, soit celui de la Chine, de la Russie et de l’Iran, de l’autre. La Syrie et aujourd’hui le Yémen ont été victimes de cet affrontement ; le Liban avec son premier ministre kidnappé pour son manque d’activisme anti-iranien en souffre lui aussi...

    Je pousserais l’analyse plus loin, je ne pense pas qu’Assad soit l’assassin du père Hariri. Quel intérêt ?

    C’est par ici !
    NRobin

    https://www.investigaction.net/fr/corm-seuls-les-naifs-pensent-quil-sagit-dun-conflit-entre-sunnites-e

    INVESTIG’ACTION

    Corm : « Seuls les naïfs pensent qu’il s’agit d’un conflit entre sunnites et chiites »
    13 Nov 2017 ALEX ANFRUNS
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/11/cri.png

    Les événements au Proche-Orient s’accélèrent comme jamais. Saad Hariri, le premier ministre du Liban, vient d’annoncer sa démission de façon insolite, depuis l’Arabie saoudite où se déroule une « révolution de palais ». En Syrie, d’importantes victoires ont été remportées par l’armée et annoncent la fin d’un conflit meurtrier. Quelle sera l’issue de cette crise politique ? Pour approfondir ces questions, nous avons interrogé l’historien et ex-ministre des finances libanais Georges Corm, auteur du livre Le Liban contemporain.

    Il y a un an, les élections présidentielles permettaient au Liban de sortir d’une longue période d’instabilité institutionnelle. Comment expliquer ce coup de théâtre ?

    Le contexte libanais était effectivement très stable. Le gouvernement constitué par Saad Hariri en décembre comprenait tous les grands partis politiques, à l’exception du parti phalangiste qui s’est érigé en parti d’opposition. Il incluait donc aussi le Hezbollah et les choses semblaient bien se passer : loi électorale et budget adoptés, en particulier. Le ton de Saad Hariri restait très modéré pour ce qui concerne la politique iranienne et celle du Hezbollah, partie à son gouvernement.

    Son rappel en Arabie saoudite trois jours après une visite qu’il y avait fait effectuée et son départ précipité sans que personne de son entourage ou des ministres libanais ne l’accompagne montre qu’il s’est agi d’une démission forcée faite en Arabie saoudite, comme tout le prouve, dans un contexte du coup d’État qui se déroule dans ce pays.

    Cette démission s’est produite en Arabie Saoudite, où une crise inédite vient d’avoir lieu, avec la mise à l’écart d’une partie du gouvernement.

    Le prince héritier, encouragé par le président américain, est en train de changer le régime de cette royauté vermoulue. Il liquide de très nombreux membres de la famille royale, intimide les grands hommes d’affaires du pays et change en fait le régime politique en devenant le dictateur unique du royaume, alors que la règle principale de la famille royale jusqu’ici était une direction de type collégial et un consensus entre les aînés des différentes branches de la famille.

    Les changements qui se déroulent visent aussi à mener une « dé-wahhabisation » et une dé-radicalisation religieuse du royaume ; ainsi la permission accordée aux femmes de conduire une voiture, le rétablissement des loisirs en public, notamment, mais aussi l’abolition des consultations avec les cheikhs de l’establishment religieux.
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/11/demission-300x152.png
    Que révèle selon vous le fait que Hariri ait démissionné depuis un pays étranger et y soit resté à ce jour ?

    Il ne fait plus aucun doute que le premier ministre est en résidence forcée en Arabie saoudite. La prestation télévisée faite hier soir avec une journaliste libanaise travaillant à la station de télévision de son parti a confirmé aux téléspectateurs avertis son statut de séquestré (phrases mécaniques et répétitives, visage émacié et plein de tristesse, son besoin de verres d’eau toutes les quelques minutes).

    Peut-on établir un lien entre ce qui s’est passé et le dénouement de la guerre en Syrie qui se profile à l’horizon ?

    Oui, cela n’est pas à exclure, la situation en Syrie ayant nettement tourné au profit du gouvernement légal de la Syrie. Il peut s’agir d’une forme de représailles de la part de l’Arabie saoudite qui a été avec le Qatar le principal financeur des mouvements terroristes en Syrie.

    Il faut aussi rappeler le boycott de l’émirat du Qatar par l’Arabie saoudite et les membres du Conseil de coopération du Golfe, qui ne fait aucun sens, sinon celui de se défausser sur le petit émirat de l’échec de la politique en Syrie.

    Quelles ont été les premières réactions des différentes forces politiques qui composaient le gouvernement Hariri ?

    En dehors de quelques voix extrémistes issues du Courant du futur, parti de M. Hariri, la grande majorité des partis politiques libanais, y compris celui de M. Hariri, réclament avec force le retour du premier ministre.

    L’un des ténors du Courant du futur, le ministre de l’intérieur, a fait des déclarations très fortes disant à l’Arabie saoudite qu’au Liban les choses ne se passaient pas comme en Arabie saoudite et que les Libanais ne sont pas un troupeau de moutons.

    Quel effet pourrait avoir lieu dans la société libanaise l’appel au retour par l’Arabie de ses ressortissants ?

    Aucun, car depuis 2011 ou 2012, ils ont été rappelés et il a été demandé aux Saoudiens de ne plus se rendre au Liban. Cela n’a dû concerner que quelques centaines d’individus. Plus grave pour le Liban serait l’expulsion des 250 000 ressortissants libanais travaillant en Arabie saoudite.

    Mais une telle mesure causerait de graves dommages à l’économie saoudienne car la communauté libanaise dans ce pays y joue un grand rôle économique ; il ne s’agit pas de travailleurs pauvres, mais d’hommes d’affaires et de techniciens et cadres de haut niveau. Leur départ contribuerait à paralyser encore plus l’économie saoudienne, mise à mal par la chute des prix du pétrole et les événements intérieurs actuels.
    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/media/2017/05/21/file6v0hfj31y51qv5r9sc.jpg
    Depuis notamment l’invasion de l’Irak par les USA en 2003, le Proche-Orient est le théâtre de nouvelles ingérences par des puissances étrangères et régionales, que les médias présentent souvent sous la forme de rivalités interconfessionnelles. Dans votre récent ouvrage « Pensée et politique dans le monde arabe » vous dénoncez la notion de « choc des civilisations » comme étant contraire à la réalité pluriconfessionnelle du monde arabe. Quelle influence a la grille de lecture fabriquée par les pétromonarchies dans votre pays ?

    En réalité la grille de lecture des pétromonarchies est la même que celle des États-Unis et des milieux de l’OTAN. Tout s’expliquerait par un conflit entre « bons » sunnites et « méchants » chiites que l’Iran manipulerait à sa guise (soit un conflit de type civilisationnel). Depuis l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis, la démonisation de l’Iran a pris des proportions hystériques. Le gouvernement américain estime que la source du terrorisme islamique dans le monde est l’Iran (et non point ses alliés des pétromonarchies), ce qui est évidemment contradictoire aux faits actuels sur le terrain.

    La politique saoudienne, devenue elle aussi hystérique, ne fait que refléter la politique américaine actuelle. Ce sont aussi à mon avis les Etats-Unis qui exigent aujourd’hui la « dé-wahhabisation » de l’Arabie saoudite. Pour le Liban, le biais anti-chiite de l’Arabie saoudite n’est pas nouveau. Il s’était déjà exprimé en 2006 lors de l’attaque israélienne sauvage contre le Liban où le royaume avait blâmé le Hezbollah pour son aventurisme et non l’État d’Israël qui, du fait d’un incident de frontière, avait déclenché une attaque de très grande envergure contre le Liban.

    Aujourd’hui, l’Arabie saoudite sous prétexte de lutter contre l’influence chiite et l’Iran détruit le Yémen avec des bombardements continus depuis 2015, un siège de ses ports, une épidémie redoutable de choléra qui en a résulté, dans un silence assourdissant de la communauté internationale. La justification de cette guerre intolérable par la nécessité de combattre l’influence d’un « triangle chiite » subversif au Moyen-Orient est une feuille de vigne idéologique pour justifier la politique saoudo-américaine dans la région. J’aime à rappeler ici que c’est l’Irak sous influence des pétromonarchies et des États-Unis qui a tenté en 1980 d’envahir l’Iran et lui a déclaré la guerre et non l’inverse.

    On pourrait pour être plus proche des réalités du terrain, résumer la situation en disant que nous sommes dans l’affrontement de deux blocs géopolitiques : celui de l’OTAN d’un côté et l’axe contestataire de la suprématie américaine du monde, soit celui de la Chine, de la Russie et de l’Iran, de l’autre. La Syrie et aujourd’hui le Yémen ont été victimes de cet affrontement ; le Liban avec son premier ministre kidnappé pour son manque d’activisme anti-iranien en souffre lui aussi.

    Seuls les naïfs, victimes des grands médias occidentaux et arabes sous influence occidentale, peuvent penser qu’il s’agit d’une lutte entre « sunnites » et » chiites ».

    Source : Investig’Action

    Nouveau livre de Georges Corm
    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P3/9782707193759.jpg


  • Un formidable espoir ! NRobin

    https://theconversation.com/le-forum-social-mondial-reinvente-la-force-dune-idee-87135

    Le Forum social mondial réinventé : la force d’une idée
    16 novembre 2017
    Francine Mestrum

    Le Forum de Tunis, en 2015. Habib M’henni/Wikimedia
    C’est en 2001 que le premier Forum social mondial (FSM) fut organisé à Porto Alegre, au Brésil, ville symbole du budget participatif, administrée par le Parti des Travailleurs (PT) du futur Président Lula. Il y avait alors l’espoir qu’un « autre monde » soit possible et cette croyance fut adoptée comme slogan par le Forum.

    Il n’y avait pas trop de monde à cette première rencontre, mais avoir réussi en si peu de temps à rassembler près de 15 000 personnes, témoignait de l’optimisme de l’époque. Les initiateurs rassemblaient des Brésiliens du Parti des Travailleurs, des intellectuels du monde entier (tel François Houtart), des Français du Monde Diplomatique… La formule était un succès et une année plus tard, c’étaient près de 50 000 personnes qui faisaient le voyage au Brésil, avec plus de 1 000 journalistes ! Le FSM se présentait alors comme le contrepoids du Forum économique mondial de Davos et voulait offrir des alternatives à la mondialisation néolibérale.

    Un « conseil international » fut créé dans la foulée pour accompagner le processus et une « charte de principes » fut rédigée avec les règles à respecter.

    Parmi ces principes, relevons le fait que personne n’a le droit de parler « au nom » du FSM, les participants peuvent défendre les positions de leur organisation, seul ou avec d’autres, mais jamais en tant que Forum. Les groupes qui défendent la lutte armée ne sont pas les bienvenus. Le Forum se présente comme un « espace ouvert » – ce qui devrait être une garantie d’horizontalité (pas de hiérarchie), d’autogouvernance et de participation démocratique de toutes et tous.

    À l’origine, le conseil international était un club fermé d’intellectuels qui gardaient jalousement leur petit privilège, préservaient la bonne marche des forums et discutaient de la conjoncture politique du monde. Aujourd’hui, une littérature extensive existe sur le processus des FSM. Parmi ces ouvrages, on mentionnera notamment Another World Is Possible : Popular Alternatives to Globalization and the World Social Forum, Globalizing Resistance et Alter-Globalization : Becoming Actors in the Global Age.

    Au temps de la grande foule

    Après trois forums très réussis, le FSM déménagea vers l’Inde, où le succès fut tout aussi grand. Mais l’édifice commença alors à montrer ses premières failles. Les anticapitalistes qui ne peuvent envisager des compromis avaient organisé leur propre forum anti-impérialiste, en parallèle avec le FSM.

    Après, il y eut un forum « polycentrique », organisé simultanément à Caracas au Venezuela, à Bamako au Mali et à Karachi au Pakistan. Le forum suivant, en 2007, s’est déroulé à Nairobi, au Kenya, caractérisé par une organisation défaillante et un manque de ressources. Nous sommes ensuite retournés au Brésil, à Belém, où un forum gigantesque de près de 150 000 personnes a eu lieu en 2009. L’accent y était mis sur la région amazonienne et les peuples indigènes.

    Par la suite, une fois de plus, nous avons essayé l’Afrique, à Dakar, au Sénégal, mais une fois de plus aussi, l’organisation échoua. En outre, les formules garantissant l’horizontalité et la démocratie se révélaient de moins en moins solides. À chaque réunion du conseil international – deux fois par an – une nouvelle commission, un nouveau groupe de travail ou un autre comité de liaison était nécessaire pour essayer de colmater les brèches.

    Les problèmes furent résolus, mais les brèches réémergeaient et étaient chaque fois plus importantes. La gauche mondiale n’était pas beaucoup plus stable qu’aux niveaux nationaux : chamailleries, egos, philosophies divergentes…

    Après le 11 septembre 2001, la croyance en la possibilité d’un « autre monde » a été sérieusement ébranlée et la crise financière de 2007-2008 l’a presque tuée. Le FSM a survécu, sans grande dynamique. Les intellectuels l’abandonnaient, car le conseil international n’était plus le lieu des grands débats politiques. La commission « stratégie » oublia que chaque stratégie doit répondre à un objectif bien précis.

    Le printemps arabe constitua un nouvel espoir. Nous avons ainsi vécu un excellent forum à Tunis en 2013 et un autre en 2015.

    Le Forum de Montréal en 2016 ne fut pas un forum de mouvements ou d’organisations, mais, conformément à la philosophie de beaucoup de jeunes, d’individus sans grande vision sur le monde.

    Des fissures éclatent au grand jour

    Les Brésiliens étaient sur le point de tout abandonner. Ils n’avaient plus envie de réunir le conseil international qui n’avait plus rien à dire, il y avait des doutes sur l’utilité du FSM. Plusieurs fois, de réels conflits ont éclaté et il fallait être expert pour comprendre ce qui se disait aux réunions, chaque déclaration étant couverte de plusieurs chapes de novlangue et de mots creux.

    On a souvent dit que le FSM souffrait d’une opposition entre ONG et mouvements sociaux, comme si les ONG étaient les réformistes sans contact avec leur base et les mouvements sociaux les vrais représentants populaires. Il y a bien des ONG qui sont réellement révolutionnaires tandis que plusieurs mouvements savent comment contrôler leurs membres. Les vrais problèmes du FSM se trouvent ailleurs.

    Premièrement, il n’y a jamais eu de bonne définition de « l’espace ouvert » et de « l’horizontalité ». Ces principes sont très attrayants à condition de traduire quelque chose de bien concret. Partout où des individus se réunissent, en grand ou en petit nombre, se créent des relations de pouvoir qui doivent, si possible, être démocratiquement régulées et limitées. Si « l’horizontalité » signifie que les hiérarchies réellement existantes se cachent derrière un principe creux, des problèmes de responsabilités et de transparence se poseront. Si les structures sont si complexes que personne ne sait qui doit faire quoi, des malentendus se multiplient et la confiance fera défaut. Un petit groupe au sein du conseil international a plaidé pour des structures légères, mais transparentes, mais ceux qui ont le pouvoir sans que celui-ci soit visible, refusent tout changement.

    Deuxième problème, la peur des initiateurs brésiliens de toute politisation du Forum (pour mieux comprendre les origines du FSM, voir Milcíades Pena, A. et Davies, T.R., Globalisation from Above ? Corporate Social Responsibility, the Workers’ Party and the Origins of the World Social Forum). La politique fait peur. L’absurdité d’une telle attitude dans un forum qui veut « changer le monde » saute aux yeux. Néanmoins, cela constitue une opposition permanente entre la vieille garde du Forum et des participants plus jeunes et plus dynamiques au conseil international. Les premiers ne veulent plus de forums polyvalents et rêvent d’un grand nombre de forums thématiques, sur l’eau, les migrations, le nucléaire, etc. Ils continuent d’insister sur la diversité et tremblent dès qu’on parle convergence.

    Un troisième problème est purement d’ordre matériel : le manque de ressources. L’organisation d’une réunion du conseil international coûte facilement 100 000 euros, sauf si chacun paie son titre de voyage. Le budget pour le FSM de Salvador, prévu en mars 2018, s’élève ainsi à 2,5 millions d’euros, un montant très modeste. Or, à l’époque où le conseil international payait les billets d’avion de ses membres, les alliances étaient faciles à faire. Maintenant que cela n’est plus possible, certains membres ne viennent plus et ceux qui restent sont plus autonomes et peuvent mettre en minorité la vieille garde. Les contraintes budgétaires, partout dans le monde, sont un frein réel au déplacement des représentants des mouvements sociaux. C’est ainsi que les derniers forums n’étaient plus réellement mondiaux. La participation des mouvements africains a fortement diminué, celle des organisations asiatiques devenue quasi nulle.

    Le soutien prometteur de l’Université de Bahia

    Le conseil international de Porto Alegre, en janvier 2017, a été un premier tournant. Pendant deux jours et demi, les discussions ont été calmes et sérieuses, tout le monde craignant la résurgence des clashes de Montréal en 2016, où, malgré l’existence d’un consensus, aucune condamnation du « coup » au Brésil contre Dilma Roussef ne fut possible. La dernière demi-journée, cependant, les oppositions se sont à nouveau manifestées, la vieille garde s’opposant à l’organisation d’un Forum à Salvador au printemps 2018. Un vote l’a mise en minorité.

    Un élément extrêmement prometteur pour le prochain forum à Salvador est la collaboration avec l’Université fédérale de Bahia, un établissement public qui compte plus de 200 000 étudiants. Nous y avons tenu, après la réunion du conseil international, une conférence avec des activistes et des membres du corps professoral – une formule très intéressante. Pour le recteur de l’université, il est très important de construire et de renforcer des ponts entre son établissement et la société.

    Il est évident que dans la période difficile que vit le Brésil actuellement, la mémoire de la dictature militaire reste présente à l’esprit. De plus, ici comme ailleurs, une lutte s’organise contre l’austérité budgétaire, notamment en matière d’éducation et de recherche.

    Le collectif de Salvador a réussi à enthousiasmer des milliers d’organisations au Brésil pour le Forum, les syndicats y seront massivement présents. Le slogan sera « La résistance c’est créer, la résistance c’est transformer » (resistencia e criar, resistencia e transformar). Comme nous avons pu, dans le passé, écouter directement des hommes politiques comme Chavez, Lula, Correa et Morales, on propose désormais d’inviter Jeremy Corbyn et Bernie Sanders.

    Local et mondial, main dans la main

    Le FSM n’est pas le seul Forum mondial. Depuis les années 1990, un bon nombre de réseaux thématiques ont été créés et continuent de faire un excellent travail. Mais le FSM est le seul Forum transversal où ces groupes thématiques peuvent se rencontrer afin de discuter de leurs objectifs, leurs stratégies et leurs campagnes. Tous commencent à se rendre compte que la justice climatique n’est pas possible sans justice sociale, que la paix n’est pas non plus possible sans justice climatique et sans justice sociale, et que dans tous ces secteurs les médias jouent un rôle important.

    Aujourd’hui, trop d’organisations et de mouvements se sont retirés au niveau local et ont oublié que le local ne s’oppose pas au mondial, bien au contraire. Ils doivent aller la main dans la main. De plus, en Europe de plus en plus de nouvelles frontières sont dressées, tandis que c’est exactement le contraire qu’il nous faut. Le FSM peut contribuer à un mouvement allant dans ce sens.

    Dès lors, on ne peut qu’espérer que le Forum social mondial de Salvador, en mars 2018, sera un réel succès. Le travail intéressant qui est fait ici au niveau local ne peut gagner qu’en le mettant en rapport avec le travail local fait là-bas, à Delhi ou à Bamako. Toutes ces initiatives se renforcent et aident à combattre un système injuste et insoutenable. Si le FSM réussit à donner une voix à tous ces mouvements, à leur permettre de rechercher ce qu’ils ont en commun, tout en respectant la diversité, il aura donné un nouveau souffle au mouvement alter-globaliste.

    Au Brésil, tout comme en Europe, les mouvements sociaux font face à une lutte difficile pour défendre la démocratie. Les différences sont moins importantes qu’on ne le croit souvent. En nous donnant la main, nous nous renforçons et nous pouvons gagner. Nous n’avons pas besoin de nouvelles frontières, mais nous devons construire des ponts.

    Le FSM est une idée plus forte que ceux qui l’ont créée.


  • A voir : Documentaire de pierre PEZERAT, fils d’henri Pézerat, physico-chimiste de l’université de Jussieu .
    https://www.les-sentinelles. org/

    A lire : Livre de paul FRANCOIS
    http://www.fayard.fr/un- paysan-contre-monsanto- 9782213704944

    https://www.les-sentinelles.org
    LES SENTINELLES
    DOCUMENTAIRE 1H31MN
    DE PIERRE PEZERAT

    Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
    Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.

    Ils ont rencontré Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.

    Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.

    Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides."

    AFFICHE, BANDE ANNONCE ET DOSSIER DE PRESSE à télécharger
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