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علمني ابي رحمه الله ان الطمع يفسد الطبع

  • CES BOUFFONS QUI NOUS GOUVERNENT … – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/07/ces-bouffons-qui-nous-gouvernent
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    « Il faut rappeler à tous les Algériens et Algériennes que, suivant les orientations du président de la République et conformément à son programme complémentaire dans tous les secteurs, que les abus dont ont été victimes dans les années 1990 les cadres de l’État, font partie du passé et ne peuvent en aucun cas se reproduire. »

    C’est ce qu’a déclaré récemment Tayeb Louh à son auditoire, en visant son premier ministre, comme si on ne le savait pas et comme s’il se sentait en dehors du système auquel il appartient. Ce nième règlement de compte au sommet de l’Etat cache mal le désarroi du Pouvoir. Et il est difficile de penser que la charge du ministre de la justice contre Ouyahia soit spontanée. A la veille du prochain scrutin présidentiel, les clans s’organisent et avancent leurs pions. En plus d’un malade qui nous gouverne, nous avons des clowns dans certains ministères et à la tête du principal parti politique algérien qui aura réussi à occuper la scène médiatique par ses ridicules déclarations qui font rire un temps certes, mais qui finissent par agacer n’importe quel citoyen soucieux du bien être de son pays.

    L’arrestation et la libération des cinq généraux, la guignolesque éviction de Bouhadja, ex Président de l’APN, non parachevée puisque les banques algériennes le considèrent encore aujourd’hui , d’après la presse, comme le Président légitime, et son remplacement par Mouadh Bouchareb, autre serviteur du Pouvoir, l’arrestation et l’emprisonnement des journalistes et artistes dénotent d’une effervescence au sommet de l’Etat aggravée par un mutisme d’El Mouradia qui en dit long sur sa capacité à gérer le pays.Et pourtant six mois nous séparent de la prochaine élection présidentielle ! C’est peu six mois ! Normalement, une campagne présidentielle aurait du commencer avec des présidentiables, des partis politiques en lice fussent ils présidentiels, des programmes, des alternatives au Pouvoir actuel etc. Rien de tout cela. Le pays semble figer à la décision que tout le monde attend : la candidature ou non de l’actuel Président, âgé, souffrant, inaudible et dont la dernière apparition publique a suscité autant d’émotions que de révolte.

    L’opposition officielle, très divisée et affaiblie reste muette et attend son heure. Les divisions internes des partis ont fini par décourager plus d’un ! Même les partis présidentiels sont tiraillés de l’intérieur, leur seul consensus commun est la fidélité au Président en place. En revanche, fait unique au monde, on peut signaler l’opportuniste alliance du principal syndicat du pays, du patronat et du FLN en faveur du Président !

    L’opposition officielle ou informelle est donc affaiblie. D’abord, les partis politiques traditionnels y compris le FFS et le RCD font face à de profondes divisions internes. La fameuse alliance qui rassemblait des partis opposés au 4eme mandat n’est qu’un souvenir ! Même Benflis aurait jeté l’éponge dernièrement !

    La TV officielle ne cesse de nous rappeler les réalisations du Chef de l’Etat actuel : la paix sociale c’est lui, les logements c’est lui, les barrages c’est lui, l’organisation des grandes manifestations culturelles ou artistiques c’est lui, le soutien des prix des produits de première nécessité c’est encore lui. Il est omniprésent tout en étant absent. Presque aucun ministre ne prend la parole dans les gros médias sans citer les orientations du Président de la République. Du jamais vu ! Difficile de croire qu’il n y a pas eu une instruction dans ce sens…

    Et face à cette TV officielle, le Pouvoir se sert de certaines TV poubelles privées pour mettre en avant les règlements de compte entre clans et occuper le peuple par des informations sorties de nulle part, de faux débats sur des sujets se rapportant à notre culture, notre société ou notre histoire. Et ça marche, du moins dans les réseaux sociaux…

    Devant ce vide partisan sidéral, des mouvements de la société civile, sous contrôle, tentent vainement de se positionner sur le terrain politique avec un semblant de programme mais dont l’assise populaire reste faible.

    Six mois donc nous séparent de ce rendez-vous populaire qualifié par le pantin Sidi Said de « simple formalité », sans que sa déclaration ne choque. Comme si les algériens étaient résignés à ce triste sort d’un immense pays, riche, avec d’énormes potentiels de développement, et gouverné par un incroyable conglomérat d’opportunistes.

    Si ce Pouvoir a tenu jusque là c’est parce qu’il a réussi à faire perdurer la paix sociale par une politique de distribution d’une partie de la rente énergétique.

    L’APS nous a annoncé le mois dernier que les réserves de change de l’Algérie ont subi une baisse atteignant les 88,6 milliards de dollars à la fin juin 2018 contre 97,3 milliards de dollars à la fin décembre 2017. Le ministre des Finances, avait indiqué que ces réserves de change devraient s’établir à 85,2 milliards $ à fin 2018 et à 79,7 milliards $ en 2019 (18,4 mois d’importations) avant d’atteindre 76,2 milliards $ en 2020.

    On est loin des 194 milliards de $ accumulés en 1993 qui donnaient plus de crédibilité à la politique gouvernementale.

    A cette baisse des réserves de change, il faut rajouter celle de l’augmentation du chômage, notamment chez les jeunes diplômés ou non, une inflation qui ne dit pas son nom, une dépréciation du dinar dont les conséquences se font sentir tous les jours, des « libertés publiques » sous contrôle et un mécontentement social larvé qui n’attend que son heure pour s’exprimer.

    A l’approche des élections, le Pouvoir semble ouvrir toutes les vannes budgétaires pour satisfaire les besoins d’une population désarçonnée dans l’espoir de la voir se mobiliser en faveur du système actuel en avril prochain. Cette politique du court terme a ses limites. Et la marge de manœuvre en matière de manipulation de l’opinion publique sera, si la tendance actuelle d’appauvrissement du pays se poursuit, très étroite.

    Il est peu probable que l’actuelle politique généreuse de l’Etat en faveur des nécessiteux soit poursuivie après avril 2019. Parce qu’elle sera rattrapée par les impitoyables chiffres économiques qui ne plaident pas en sa faveur en ce moment.

    L’espoir viendrait t-il de la « société civile » ? La lecture de l’article de Louisa Dris-Aït Hamadouche, « La société civile vue à l’aune de la résilience du système politique algérien », paru l’an dernier dans la revue « Année du Maghreb, laisse des interrogations légitimes.

    « La vision sans l’action est un rêve éveillé. L’action sans la vision est un cauchemar » dit un dicton japonais !                                                                Par YOUCEF L’ASNAMI                                                                                                             http://lequotidienalgerie.org/2018/11/07/ces-bouffons-qui-nous-gouvernent


  • Quand un colonialisme en cache un autre – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/07/quand-un-colonialisme-en-cache-un-autre
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    Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ?

    La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas nouvelle. Propre sur lui, le démocrate occidental voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre qui loge dans le sien. De droite, de gauche ou du centre, il vit dans un monde idéal, un univers heureux où il a toujours la conscience de son côté. Sarkozy a détruit la Libye, Hollande la Syrie, Macron le Yémen, mais il n’y aura jamais de tribunal international pour les juger. Mesurés à l’aune de notre belle démocratie, ces massacres ne sont que des broutilles. Un égarement passager, à la rigueur, mais l’intention était bonne. Comment des démocraties pourraient-elles vouloir autre chose que le bonheur de tous ? Surtout destiné à l’électeur moyen, le discours officiel des Occidentaux traduit toujours l’assurance inébranlable d’appartenir au camp du bien. ’Vous souffrez de l’oppression, de la dictature, de l’obscurantisme ? Ne vous inquiétez pas, on vous envoie les bombardiers !’.

    Il arrive toutefois qu’au détour d’une phrase, dans le secret des négociations internationales, un coin de voile soit levé, subrepticement. On assiste alors à une forme d’aveu, et voilà qu’un margoulin confesse le crime en esquissant un sourire narquois. En 2013, au moment où la France intervient au Sahel, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, appelle son homologue russe pour obtenir l’appui de la Russie à l’ONU. Lavrov s’étonne alors de cette initiative française contre des djihadistes que Paris avait soutenus lors de l’intervention en Libye, en 2011 : ’C’est la vie !’, lui rétorque le ministre français. Semer la terreur pour abattre un Etat souverain ? C’est ’la vie’ selon Fabius. Mais que ce criminel se rassure : aucun juge ne lui demandera des comptes. La Cour pénale internationale (CPI) est une Cour pour les indigènes : c’est réservé aux Africains. Les gens comme Fabius ont l’art de passer entre les gouttes.

    Abreuvés d’un discours qui leur dit que leur pays est toujours du bon côté, les Français semblent à des années-lumière du chaos que contribuent à bâtir leurs propres dirigeants. Les problèmes du monde ne les affectent que lorsque des hordes de miséreux se pressent aux portes, et ils sont nombreux à accorder leurs suffrages – comme beaucoup d’Européens – à ceux qui prétendent leur épargner cette invasion. Bien entendu, cette défense d’un ’chez soi’ devrait logiquement s’accompagner du refus de l’ingérence chez les autres : que vaudrait un patriotisme qui autoriserait le fort à s’ingérer dans les affaires du faible ? Or l’expérience montre que ces ’patriotes’ sont rarement à la pointe du combat pour l’indépendance nationale en dehors du monde prétendument civilisé. Quels partis de droite européens, par exemple, soutiennent le droit des Palestiniens à l’autodétermination nationale ? Manifestement, ils ne se précipitent pas pour honorer leurs propres principes.

    Mais ce n’est pas tout. On peut même se demander si ces prétendus patriotes le sont vraiment pour eux-mêmes : combien d’entre eux, en effet, sont-ils favorables à la sortie de leur propre pays de l’OTAN, cette machine à embrigader les nations européennes ? Comme pour la question précédente, la réponse est claire : aucun. Ces ’nationalistes’ font le procès de l’Union européenne pour sa politique migratoire, mais c’est le seul morceau de leur répertoire patriotique, véritable disque rayé aux accents monocordes. Ils gonflent les muscles face aux migrants, mais ils sont beaucoup moins virils face aux USA, aux banques et aux multinationales. S’ils prenaient leur souveraineté au sérieux, ils s’interrogeraient sur leur appartenance au ’camp occidental’ et au ’monde libre’. Mais c’est sans doute beaucoup leur demander.

    Dans cette incohérence généralisée, la France est un véritable cas d’école. Une certaine droite – ou extrême-droite, comme on voudra – y critique volontiers les interventions à l’étranger, mais de manière sélective. Le Rassemblement national, par exemple, dénonce l’ingérence française en Syrie, mais il approuve la répression israélienne contre les Palestiniens. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes serait-il à géométrie variable ? En fait, ce parti fait exactement l’inverse de ce que fait une prétendue gauche, qui soutient les Palestiniens – en paroles – et approuve l’intervention occidentale contre Damas, trouvant même qu’on n’en fait pas assez et qu’il faudrait bombarder ce pays plus sévèrement. Le drame, c’est que ces deux incohérences jumelles – et en miroir – aveuglent le peuple français. On mesure cet aveuglement au résultat, lorsqu’on voit des gauchistes souhaiter le renversement d’un Etat laïc par des mercenaires de la CIA (au nom de la démocratie et des droits de l’homme), et des nationalistes soutenir l’occupation et la répression sionistes en Palestine (au nom de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical).

    Il est vrai que ce chassé-croisé entre pseudo-patriotes et pseudo-progressistes a aussi une dimension historique. Il charrie à sa façon l’héritage empoisonné des temps coloniaux. Ainsi la droite nationaliste critique le néocolonialisme occidental en Syrie, mais elle trouve insupportable qu’on évoque les crimes coloniaux commis par la France dans le passé en Indochine, en Algérie ou à Madagascar. On suppose que ce n’est pas volontaire, mais la gauche universaliste contemporaine – au nom des droits de l’homme – fait exactement l’inverse : elle fait le procès du vieux colonialisme façon « Algérie française » mais elle approuve l’intervention néocoloniale en Syrie contre un Etat souverain qui a arraché son indépendance à l’occupant français en 1946. Bref, la droite aime follement le colonialisme au passé, la gauche l’aime passionnément au présent. La boucle est bouclée, et en définitive tout le monde est d’accord. Principale victime : la lucidité collective.

    La France est l’un des rares pays où un colonialisme en cache un autre, le vieux, celui qui plonge ses racines dans l’idéologie pseudo-civilisatrice de l’homme blanc, se trouvant comme régénéré par le sang neuf du bellicisme droit-de-l’hommiste. Ce néocolonialisme, à son tour, est un peu comme l’ancien colonialisme ’mis à la portée des caniches’, pour paraphraser Céline. Il veut nous faire pleurer avant de lancer les missiles. En tout cas, la connivence implicite entre les colonialistes de tous poils – les vieux et les jeunes, les archéo et les néo – est l’une des raisons de l’errance française sur la scène internationale depuis qu’elle a rompu avec une double tradition, gaulliste et communiste, qui lui a souvent permis – non sans errements – de balayer devant sa porte : la première par conviction anticolonialiste, la seconde par intelligence politique. Un jour viendra sans doute où on dira, pour faire la synthèse, que si la France a semé le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen, au fond, c’était pour « partager sa culture », comme l’a affirmé François Fillon à propos de la colonisation française des siècles passés. Au pays des droits de l’homme, tout est possible, et même prendre des vessies pour des lanternes.

    Bruno GUIGUE

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  • Othmane Belouizdad : « Je suis ‘‘enterré’’ au cimetière de Maghnia » – Salimsellami’s Blog
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    A l’instar de son compagnon d’armes et son associé en affaires, lui aussi membre du groupe des 22, le regretté Zoubir
    Bouadjadj, Othmane Belouizdad est un homme silencieux. Tellement silencieux que beaucoup arrivent à peine à croire que cet homme de 88 ans, toujours alerte, que Dieu lui prête vie, continue à vaquer à ses occupations dans le tumulte et le vacarme de la vie. Surtout n’évoquez pas avec lui la politique, sujet qu’il abhorre depuis qu’il a mis un trait dessus après l’avoir pratiquée dans le tourbillon de la guerre.

    Celle-ci terminée, Othmane s’est retiré chez lui avec le profond sentiment du devoir accompli. Depuis, il stigmatise la politique et surtout la manière dont elle est pratiquée avec ses mensonges, ses chausses-trappes et ses hypocrisies. C’est pourquoi lorsqu’il constate aujourd’hui ses méfaits il en est outré.

     

    Préférant le réalisme à l’optimisme, Si Othmane a préféré le silence, d’autres on ne sait pour quelle raison ont choisi pour lui le silence des cimetières, principalement celui de Maghnia où son nom agrémenté de sa photo est immortalisé pour la postérité sur la liste des chouhada. Cette histoire d’outre-tombe de mauvais goût le fait sourire. « Il y a quelques années, nous sommes partis, Ahmed El Caba, Hadj Slimane, le Dr Benadouda, Moumdji et moi à Tlemcen pour assister à un colloque. Nous voulions au terme de cette rencontre faire un peu de tourisme. Nous sommes partis à Maghnia où on s’est arrêtés au cimetière des chouhada.

    Là, nous découvrîmes une stèle dédiée aux chouhada où je figure avec ma photo. Le Dr Benadouda s’est empressé de me prendre en photo dans cette posture insolite. Je ne savais pas que j’avais quitté ce bas monde. Alors, pour rire, j’ai suggéré à mes amis d’aller vite à la mairie pour réclamer la pension de chahid. » Cet épisode extravagant le fait rire encore. Mais plus sérieusement, on décèle à travers ce fait la haute idée que le pouvoir se fait de la préservation des symboles de la lutte contre le joug colonial.

    Othmane raconte qu’au cours d’une rencontre avec Ben Bella, il lui a fait part de cette « bourde » commise dans son patelin ; il en resté bouche bée. Méditerranéen jovial, Othmane n’a pas dérogé à la tradition chaleureuse qui sied aux gens de cet espace géographique. Des passionnés qui savent opposer à la tragédie un humour sarcastique sûrement salvateur. Quand on naît dans un quartier populaire comme celui de Belcourt, de surcroît révolutionnaire, fils d’un homme qui croit aux vertus du travail, imprégné tout jeune d’un code de l’honneur familial, patriote et militant, on apprend vite les subtilités et les exigences de la vie.

    L’histoire est ingrate

    Tantôt énergique, tantôt mélancolique, fonceur ou désabusé, ce vieux monsieur à l’air digne et courtois nous explique comment parfois l’histoire ingrate maltraite son peuple. De Belcourt de sa naissance, il garde des souvenirs vivaces. D’abord, c’est qui Belcourt ? « Je pense, selon mes informations, que le nom est dû à un maréchal-ferrant. Il s’appelait Belcourt et pratiquait l’art de forger et d’adapter aux sabots des chevaux des semelles et des contours protecteurs qu’il fabriquait lui-même.

    Il était très connu, d’autant qu’on venait de tous les coins, notamment les cavaliers attirés par la foire qui jouxtait son atelier et où se pratiquaient des exhibitions. C’était un passage obligé et tout le quartier tient son nom de ce patronyme ». Révolutionnaire, le quartier de Belcourt l’était avec les Belouizdad, Bouda, Mahsas, El Caba, Moumdji, Tazir, Bouadjadj et bien d’autres. Le Dr Benadouda raconte : « Quand son père qui travaillait dans les pièces détachées chez Chereau & Cie a été arrêté en mai 1945, Othmane avait 16 ans. Il est parti à sa recherche au commissariat.

    Un homme complètement défiguré par la torture en est sorti. Othmane s’est approché de lui pour qu’il lui donne des informations sur son père. Il ne l’avait pas reconnu, c’était son paternel. Un sentiment diffus de colère et de haine contre l’occupant s’est emparé du jeune mineur. » C’est sans doute à partir de là que Othmane, très jeune, rejoindra la résistance.

    Benguesmia, compagnon de lutte et ami témoigne : « Othmane, on le voyait petit par la taille mais grand dans le sacrifice. Toute la famille
    Belouizdad s’est engagée fermement dans la résistance et n’a pas arrêté de militer, à commencer par Mohamed, très jeune leader dans l’Organisation spéciale (OS), hélas mort très tôt à la fleur de l’âge, 24 ans, après avoir montré des qualités insoupçonnables de guide et de leader. » Othmane parle peu, mais il est des silences parlants où on en vient presque à lire ouvertement sur le visage les non-dits qui en disent long. L’homme est à la fois douloureux, entier et anxieux.

    L’OS et le groupe des 22

    Jeune, il a eu un scolarité normale près de chez lui à la rue Causemille. Il est né le 25 juillet 1929, non loin des magasins qu’il gère toujours. Lorsque la Deuxième Guerre éclata en 1939, tout est parti en l’air. « Je me débrouillais en vendant des sardines, des figues et parfois des armes. Tout ce qui est bricolage m’intéressait et le marché noir instauré de facto après le débarquement des Alliés en 1942, encourageait tout trafic. On achetait des armes chez les Américains surtout car les Anglais étaient moins coopératifs.

    Mon père Ahmed tenait un bureau de tabac à Belcourt. Le 8 novembre 1942, ils ont débarqué du côté du Hamma après les Halles. Je suis descendu dans le tunnel. Je m’attendais à des cow-boys sur des chevaux. J’ai trouvé des sacs de sable et des hommes lourdement armés. Ils m’avaient donné un pain que je distribuais en bribes en cours de route. Avant d’arriver à la maison, il ne restait qu’un bout que j’ai offert à ma mère. Quant au chewing-gum qu’ils m’ont offert, je l’ai avalé, pensant que c’était un bonbon. » C’étaient les années noires, les maladies, la misère et la mort. Face à cela, il n’y avait que la solidarité.

    Sur son frère aîné Mohamed, Othmane avoue qu’il ne l’a pas bien connu dès lors que très jeune il avait des responsabilités dans le parti : « Je sais qu’il vivait dans des conditions précaires à Constantine où le parti l’a muté à la fin des années quarante. » El Caba, qui l’avait rejoint pour une courte période dans la capitale de l’Est, témoigne que « le partage était notre credo. Au déjeuner, on se disait : moi ‘‘chorba’’ et toi ‘‘chtitha’’ et on partage. C’est dire le sentiment d’entraide qui nous animait. » A travers le discours de Othmane se dégage toute une philosophie, à savoir que cette trempe d’hommes avaient réellement plus d’ambition pour leur pays que pour leur personne.

    A Belcourt, les noms de Merzougui, Tounsi, Bouadjadj, Belouizdad, Mahsas, El Caba, Merakchi, Bouguerra et les autres claquent comme des balles de mitraillettes. « Othmane a beaucoup fait pour la lutte. Il n’en parle pas », témoigne M. Benguesmia, autre résistant qui l’a bien connu. « Merzougui nous avait programmé une réunion au Clos Salembier. Othmane est venu avec la 4 CV de son frère Mustapha, médecin, et nous a transportés. En cours de route, un inconnu est monté dans la voiture.

    Merzougui nous a dit que l’arrivant était le responsable. Il était jeune. Ils l’appelaient ‘‘Le p’tit’’. C’était Didouche Mourad. Il a commencé son discours par des anecdotes, puis est passé aux choses sérieuses, il nous a subjugués. Il nous paraissait tellement grand au fur et à mesure de son discours. Dans la crise qui a secoué le parti, on n’était ni pour l’un ni pour l’autre camps, on était des ‘‘neutralistes’’. Bouguerra avait approuvé notre position. » Tous se rappellent ces phrases de Didouche : « On a toujours prétendu que ce peuple est un baril de poudre. Si c’est le cas, nous sommes l’étincelle et il explosera.

    On aura fait notre devoir vis-à-vis du peuple ». Othmane, qui préfère rester au stade de la cordialité et de la réserve, consent quand même à livrer quelques confidences. « J’étais avec Didouche et Ben M’hidi près du Pont des suicidés à Hydra. Je ne connaissais pas Larbi. On a entamé la discussion et on regardait alentour les belles villas occupées par les colons : ‘‘Tu vois ces belles bâtisses, demain à l’indépendance on y logera les familles de chouhada et leurs enfants’’, avais-je suggéré.

    Didouche m’avait répondu : ‘‘J’ai bien peur des lendemains de la libération. Ce sont ceux qui sont actuellement contre l’indépendance qui seront aux commandes’’ ». Fatidique prédiction. Othmane, habile organisateur, était prêt dès le déclenchement de la Révolution, mais il sera arrêté quelques semaines après et emprisonné dans les prisons algériennes et en France jusqu’en 1962. « Après l’arrestation de Othmane, on est restés sans contact. On n’avait pas d’expérience et Bitat qui est rentré à Alger on ne le connaissait pas », témoigne Belguesmia.

    Othmane, qui préfère parler des autres, évoque « Tounsi, enfant de Belcourt devenu un des lieutenants de Abane Ramdane, cet architecte de la Révolution qui a une grande part dans l’indépendance. » Il évoque aussi Lakhdar Rebbah qui s’est dépensé sans compter plus que tous. Il évoque Bouda Ahmed, « grand par la taille et par l’esprit. Il était sincère jusqu’à la naïveté et désintéressé. C’était un orateur qui savait haranguer les foules. Nous étions jeunes, pas trop portés sur les discours politiques.

    Quand il donnait un conférence, on savait quand il commençait, mais jamais quand il terminait. On était jeunes et il s’adressait plutôt aux adultes. A l’indépendance, un journaliste syrien est venu me voir pour connaître mon sentiment vis-à-vis des pays frères qui ont aidé l’Algérie dans sa lutte et notamment ceux qui y ont mis plus de conviction. A sa grande surprise, j’ai répondu : ‘‘Les colons’’. Interloqué, il eut la force de me répliquer. ‘‘Mais ils étaient contre vous, c’étaient vos ennemis’’. C’est leur haine, leur oppression et leur mépris à notre encontre qui nous ont incités à nous révolter », lui ai-je répondu.

    Le souvenir d’arezki kehal

    Othmane parlera aussi du premier martyr, Arezki Kehal, mort en 1939 : « Quand j’étais en prison dans l’isolement à Rouen, mes pensées allaient vers ce résistant, ce qui m’encourageait en répétant le poème que lui a dédié Ahmed Bouda ». A l’indépendance, Khider est venu lui proposer un fauteuil à l’Assemblée comme député. « Je l’ai remercié et décliné son offre. Moi, j’ai toujours travaillé dans la mécanique et puis, dans mon esprit, je n’ai pas combattu pour le pouvoir mais pour les générations à venir. Nous, notre mission pour l’indépendance était terminée.

    A l’Assemblée, mon nom a été avancé sans me consulter. J’ai exigé qu’on le retire de la liste. » Les anciens  ? « Souvent, on ne se rencontre que dans les cimetières où un des nôtres nous quitte pour un monde meilleur car celui que nous vivons est infesté de maux. » L’écriture de l’histoire ? « Ce n’est pas l’histoire, mais des histoires et chacun l’écrit à sa façon ». Mais ce qui le chagrine le plus, ce sont ces nostalgiques de la colonisation. « Je crois que la Poste de Belouizdad n’a pas encore reçu le message, puisque ses cachets et ses tampons sont toujours estampillés avec la mention Belcourt. »

    A la question de savoir pourquoi le FLN historique a été squatté, la réponse fuse tel un boulet : « Le pays entier est squatté. Que voulez-vous ? que pèse le FLN devant tout le pays ? Je crois qu’on détourne l’attention vers des futilités pour faire oublier les problèmes essentiels. » Belouizdad, un quartier emblématique plein de gloire. Et si Hocine Aït Ahmed a décidé d’y effectuer son dernier voyage vers l’au-delà, cela n’est sûrement pas le fait du hasard…

    PARCOURS
    Naissance le 25 juillet 1929 à Belcourt. Issu d’une famille composée de 5 frères et 2 sœurs, son père Ahmed tenait un bureau « tabac » dans le même quartier. Son frère Sahnoun est mort sous la torture à la prison d’El Harrach.

    Son frère Mohamed, dirigeant de l’OS, est décédé suite à une maladie à l’âge de 27 ans ; son frère Mustapha est l’un des premiers médecins algériens. Othmane a milité très jeune pour la cause nationale, a été dans le noyau du groupe des 22 avec Didouche, Krim, Bitat, Merzougui, Bouadjadj, Benboulaid, Ben M’hidi et Boudiaf…

    Arrêté quelques semaines après le déclenchement de la Révolution, il a été emprisonné en Algérie et en France ; libéré en 1962. Marié, 3 enfants, 2 garçons et 1 fille. Toujours en activité dans son entreprise à Belouizdad.

    URL courte : http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=68308


  • Le sourire de Ben M’hidi, le regard d’Ali la Pointe, et la déchéance de Bouteflika et sa clique « Algérie Résistance
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    Aujourd’hui, 1er Novembre, mes pensées vont aux jeunes révolutionnaires qui se sacrifiés pour une idée de liberté et de dignité. Ce sont des Immortels. J’ai toujours eu de l’admiration pour les gens qui sont morts pour une idée et un mépris sans limite pour ceux qui s’accrochent au pouvoir et les larbins qui les vénèrent. Pauvre Algérie ! Quand on pense à ces jeunes hommes qui ont donné leur vie pour l’indépendance du pays et qui ont écrit leur nom dans le marbre de l’Histoire, cette jeunesse fauchée à la fleur de l’âge qui a voulu rêver d’une nation libre et fière, débarrassée de l’esclavagisme colonisateur, et que l’on voit ce pays qui a vécu une épopée prodigieuse dirigé aujourd’hui par un vieillard léthargique corseté dans une chaise roulante, c’est triste à en pleurer. Ces Braves disparus trop tôt nous manquent terriblement, eux les phares et les repères de notre nation. Nous sommes tous des orphelins en ces heures sombres que traverse l’Algérie ravagée par une cohorte de hyènes qui la dépècent jour après jour. Qu’avez-vous fait de l’Algérie de Novembre, bande de pilleurs, bande de chacals ? Comment fêter un 1er Novembre quand on sait l’avenir de l’Algérie cadenassé comme le Parlement, car oui ! ils ont osé cadenasser le Parlement parce que des « députés » de la chkara, des begarra, ont cru que le siège du Parlement est une boutique appartenant à leurs parents ! Il n’y a plus d’honneur, plus de fierté, ils ont tout saccagé. Comme nous sommes loin des rivages des enfants de Novembre… Comment regarder les portraits de Ben M’hidi, d’Ali la Pointe, de Ben Boulaïd, et tous les autres martyrs, comment penser à ces anonymes si nombreux, sans avoir les larmes aux yeux devant la situation désastreuse dans laquelle se trouve aujourd’hui notre cher pays ? Ils nous ont donné une patrie. Qu’en ont fait ces chacals ? Ils l’ont souillée, malmenée, pillée, violée, trahie, et ils osent parler de bilan et d’un cinquième mandat pour leur président momifié. Quel bilan ? Celui d’un président dans une charrette poussée par une horde sauvage avec, à leur tête, le chef d’orchestre Saïd Bouteflika, le frère cadet ? Tels des pharaons, ils refusent de croire à la mort et traînent leurs carcasses d’année en année. Ils se prennent pour des dieux alors qu’ils ne sont que des cloportes, des vieux débris et des épaves dont même la mort ne veut pas. Devons-nous encore assister au lent délabrement de notre Algérie entre les mains d’une cohorte de malfrats qui appellent en chorale à la continuité de la rapine et des détournements alors qu’ils ont tous échoué ? Car l’Algérie ne produit rien et est absente de la scène internationale par la faute d’une clique d’usurpateurs sans foi ni loi. Les martyrs ont signé l’acte de naissance de l’Algérie avec leur sang et un gang de mafieux est en train d’effacer le nom de notre patrie de l’histoire de l’humanité.

    Regardez comment Saïd Bouteflika, ce gnome, joue avec un si beau pays à l’histoire millénaire. Je ne le répèterai jamais assez, si vous considérez l’Algérie comme votre propriété privée, montrez-nous l’acte de propriété. Si non, on vous résistera par la légitimité du sang de nos martyrs et de nos ancêtres. Pour nous, l’Algérie est la terre de nos ancêtres, elle coule dans nos veines. Pour vous, l’Algérie est un compte en banque et des biens immobiliers. Vous êtes coupables de haute trahison, coupables d’avoir sali ce pays, d’avoir bradé ses richesses, d’avoir fait de nous la risée du monde, vous n’avez rien produit, ni valeur ajoutée, ni économie forte, vous n’avez ni institutions, ni état de droit, rien. Que produisez-vous à part vendre les richesses du sous-sol que le bon dieu nous a données ? Vous n’avez rien produit, pas même un clou. Vous êtes des misérables. Vous n’avez ni respect, ni limite, ni honneur. Vous régnez par l’anarchie et le chaos. Je vous défie de montrer votre bilan. Où est-il ? Dans le scandale de l’autoroute Est-Ouest, dans le scandale de Sonatrach, dans le scandale de la grande mosquée ? Et j’en passe. Non, je ne vais pas ressasser ce que j’ai écrit dans mes nombreux articles depuis des années, j’ai toujours dit que vous nous ramèneriez droit dans le mur. Nous y allons à la vitesse de la chaise roulante d’un vieillard à moitié mort, lentement mais inéluctablement. Vous avez échoué politiquement, économiquement, socialement, et au lieu de vous retirer discrètement, vous avez l’effronterie de vous montrer et de vanter des mérites que votre président n’a pas et n’a jamais eu, de vous incruster et de revenir encore et encore nous saouler avec vos turpitudes et vos ruses dont personne n’est dupe. Vous n’avez aucune honte, aucune gêne. Et vous nous assommez avec vos « Monsieur le Président a écrit », « Monsieur le Président a décidé », Monsieur le Président a signé », etc. en vous prosternant devant un portrait dont la vue nous donne la nausée. Ramenez votre cadavre ambulant avec lequel vous dirigez le pays et faites-lui prononcer une seule phrase devant le peuple algérien ! La Terre entière sait que la momie qui vous sert d’alibi dans votre œuvre destructrice des valeurs de la nation algérienne est incapable de parler depuis des années, et si ce n’était que ça ! On va bientôt citer le règne de Bouteflika comme étant un cas d’espèce, il sera désigné comme le président dont le frère cadet dirige le pays par procuration. L’Algérie va entrer dans le Guinness Book par votre forfaiture comme étant le seul pays au monde dont le président ne parle pas, ne voyage pas, ne représente son pays nulle part et qui, par son handicap et son inaptitude à gouverner, a éclipsé l’Algérie de la scène internationale. Vos effets sur la société sont néfastes, vous avez détruit ce qui faisait la beauté de notre nation. Tout est devenu noir sous votre règne, il n’y a plus ni famille, ni respect, la religion est instrumentalisée et utilisée à des fins politiques, tout est mensonge, vous avez élevé une génération de mutants qui sont à votre image et à celle de votre progéniture. N’avez-vous pas assez pris dans nos caisses, dans nos rêves, dans nos larmes ? Et vous continuez, jamais rassasiés. Quelle image donnez-vous du pays avec votre président avachi dans sa charrette ? Que vous êtes des nouveaux colons, des pilleurs, des malfrats, des corrompus. Les jeunes générations se jettent à l’eau pour vous fuir, sachant qu’elles n’ont aucun avenir dans le pays qui les a vus naître. La planète entière se rit de nous, mais vous voulez quand même un cinquième mandat pour ce qui vous tient lieu de président. Je m’interdis de respecter votre cadavre ambulant. Foutez-la paix à la terre de mes ancêtres, vous êtes une balafre dans le soleil algérien, une plaie dans la terre algérienne, une calamité pour ce pays qui n’a jamais eu de chance, ce pauvre pays qui n’en peut plus de vous. Soyez maudits, vous et votre descendance, pour tout le mal que vous nous faites. Votre place est dans les égouts de l’histoire et, si Dieu le veut, j’irai cracher sur vos tombes maudites. En attendant de vous voir tous crever, je continue à rêver du regard d’Ali La Pointe, du sourire de Ben M’hidi et de notre beau drapeau. Nos martyrs sont morts jeunes, beaux et fiers. Dieu les a aimés. Que c’est beau un martyr, que c’est laid un vieux despote.

    Mohsen Abdelmoumen


  • TOUCHEZ PAS AUX PRIVILÈGES !! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/30/touchez-pas-aux-privileges
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    Les troublantes décisions du nouveau président de l’APN : L’Assemblée otage du système des privilèges

    A peine plébiscité par l’alliance présidentielle FLN-RND-TAJ-MPA et indépendants, Mouad Bouchareb, successeur de Saïd Bouhadja à la tête de l’Assemblée populaire nationale (APN), s’est installé au bureau de ce dernier, situé au 5e étage, sans passation de consignes.

    Une autre violation de la loi, sachant que Bouhadja n’a toujours pas démissionné et, de ce fait, il reste, au vu de la loi, le président légitime. Par cette situation de « fait accompli », le nouveau président de l’Assemblée n’a pas attendu pour « rétablir » ce que Bouhadja avait « osé » changer dans la gestion administrative de cette « boîte de Pandore » qu’est l’Assemblée.

    Quelques heures seulement après son « intronisation », il reçoit l’ex-secrétaire général Bachir Slimani, pour lui réitérer sa promesse de le réintégrer à son poste. Sitôt promis, sitôt fait. Mouad Bouchareb annule la mise de fin de fonctions de Slimani, signée par Bouhadja, et appose, pour la première fois, sa signature en tant que président de l’Apn sur la décision de sa réintégration à son poste de secrétaire général.

    En fait, Bouhadja ne savait certainement pas que son secrétaire général est un personnage « extrêmement important » au sein de l’institution qu’il préside. Il est au cœur même du système des privilèges et du partage de la rente, mais aussi sa boîte noire. Un statut qui le rend intouchable, et ce, depuis des années.

    En intellectuel assez prudent, Mohamed Larbi Ould Khelifa, le prédécesseur de Bouhadja, l’avait licencié en 2014, et désigné chef de cabinet, comme intérimaire. Le même groupe, qui a mené la fronde durant les trois dernières semaines, a exigé sa réintégration sous prétexte que c’est la Présidence qui l’a décidé. Mesurant le degré des alliances d’intérêt au sein de l’Assemblée et à l’extérieur, Ould Khelifa a préféré céder en réintégrant Slimani.

    Ce dernier prend de l’assurance, mais aussi de la puissance. « Par sa connaissance de tous les fonctionnements de l’administration, les points forts et les points faibles des uns et des autres et leurs secrets, il est devenu intouchable », nous dit-on. Mais Saïd Bouhadja – avec toute son expérience dans les « magouilles politiques » et les « mouvements de redressement » en tant qu’ancien mouhafedh (commissaire du parti du FLN) – n’a pas mesuré la « puissance » des « réseaux » du secrétaire général et leurs ramifications à l’extérieur de l’Assemblée.

    Il avait engagé une opération d’assainissement de la gestion de l’Apn, ce « panier à crabes », qu’aucun des présidents qui l’ont précédé n’a pu faire. Son erreur, révèlent certains députés bien informés, est de ne pas avoir changé le personnel administratif, comme le lui confère le règlement intérieur.

    Bouhadja a « franchi la ligne rouge » en demandant à son secrétaire général l’état des lieux du personnel, du parc automobile, du budget de la pièce détachée, de la consommation de carburant, des frais de missions, etc. En bref, il venait de mettre le pied dans le guêpier des privilèges.

    « Depuis des années, les vice- présidents, les présidents des commissions, les chefs des groupes parlementaires mais aussi de simples députés aux puissantes connaissances s’octroient des avantages hallucinants », nous dit-on, précisant : « Certains s’offrent de longues listes de recrues, dont plusieurs ne viennent même pas à l’Assemblée. Le cas de Bahaeddine Tliba est révélateur.

    En tant que vice-président, il a fait recruter 87 personnes, d’autres comme lui circulent avec 2, 3 voire 5 véhicules de l’Assemblée, sans compter leurs collègues qui passent leur temps à voyager d’un pays à un autre avec des frais de mission dépassant l’entendement. »

    Ce n’est là que la partie visible de l’iceberg et le premier responsable qui gère toute cette rente n’est autre que le secrétaire général. Il concentre toute l’information à son niveau. Les états demandés par Bouhadja ne lui parviennent pas. Il se débrouille pour en avoir une partie d’ailleurs. La situation est « catastrophique », dit-il lors de ses nombreuses sorties médiatiques. C’est alors qu’il commence à sévir.

    Il exige la récupération des nombreux véhicules affectés à des personnalités extra-Assemblée, mais aussi à l’annulation des conventions avec plusieurs ateliers de mécanique qui assurent l’approvisionnement en pièces détachées (qui a coûté, en 2017, pas moins de 120 millions de dinars) et l’entretien des véhicules du parc.

    Bouhadja, une menace pour les intérêts et les privilèges

    Rien ne va plus entre le président et le secrétaire général. L’opposition de ce dernier à l’augmentation des frais de mission du chef du protocole devant accompagner Bouhadja à l’étranger est considérée comme un affront. Du coup, Bouhadja, usant de son pouvoir que lui confère la loi, met fin aux fonctions de Slimani. Le même groupe de députés, qui a réintégré ce dernier en 2014, revient à la rescousse.

    Il exige de Bouhadja sa réintégration sur la base du message de la Présidence qu’il dit détenir. Mais Bouhadja surprend tous ses détracteurs en disant que la décision était déjà prise et que la Présidence n’avait pas besoin d’intermédiaire pour prendre attache avec lui. La réaction était imprévisible. Elle suscite des réactions violentes, surtout qu’elle intervenait quelques jours seulement après la décision de récupérer les deux véhicules avec chauffeur qui étaient mis à disposition du secrétaire général du FLN.

    La gestion de Bouhadja commence à menacer les intérêts et les privilèges aussi bien des députés du FLN que du RND et des petites formations politiques qui vivotent autour d’eux. Du coup, Bouhadja était devenu l’homme à abattre et tous les moyens, aussi vils soient-ils, étaient permis.

    Retrait de confiance qui n’existe nulle part dans la loi, gel des activités parlementaires créant une situation de vacance, fermeture des accès de l’Assemblée avec chaînes et cadenas pour empêcher Bouhadja de rejoindre son bureau, convocation illégale du bureau de l’Apn pour déclarer la vacance du poste de président, validée par la commission juridique, sans aucun habillage légal, et arriver à la fin de ce parcours à une plénière qui entérine toutes les violations et plébiscite un successeur, Mouad Bouchareb, la figure de proue de l’opposition à Bouhadja.

    Ses premières décisions prises quelques heures seulement après son intronisation lèvent le voile sur les véritables raisons qui ont mis la troisième institution du pays au centre d’une crise politique très grave. La première a été l’annulation de la décision de licenciement du secrétaire général de l’Assemblée, Bachir Slimani, et sa réintégration à son poste.

    La deuxième décision de Mouad Bouchareb a été d’annuler l’ordre de Saïd Bouhadja, qui consistait à récupérer les deux véhicules (C5 et Passat) avec deux chauffeurs (rémunérés par l’Apn) affectés à Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN. Ce dernier ne bénéficiait pas uniquement des voitures et des chauffeurs du parc de l’Assemblée, mais aussi du carburant et de toutes les prestations liées à la maintenance des deux véhicules.

    Une telle décision démontre à quel point la séparation des pouvoirs en Algérie est utopique. La crise que la troisième institution républicaine a vécue a le mérite de dévoiler l’hégémonie que les partis de la majorité ont fini par avoir sur elle, dans le seul but de continuer à bénéficier d’indus privilèges au moment où le peuple a du mal à supporter les taxes et la hausse des prix induites par la crise financière que traverse le pays

     SALIMA TLEMCANI
    El Watan 28 OCTOBRE 2018


  • Les risques majeurs - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/10/les-risques-majeurs.html
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    Encore l’illusion dans un événement. Les caprices de la nature, ses retournements, ses passions et ses débordements font maintenant des haltes dans des symposiums dits de haut niveau. Pourtant la météo n’est pas destinée à des bureaux situés dans l’altitude des cerveaux. Elle est là, chez le cantonnier que l’on devait former par le comment faire le curage, l’élagage et autres tâches de désencombrement de l’hygiène urbaine. Les technologies nouvelles de l’administration des cités ne doivent pas rester dans des data-shows à présenter en cercle fermé pour en tirer une autosatisfaction, croyant de la sorte avoir déjà en main la maîtrise des catastrophes. Tiens, mais ou est donc passée la phase pratique de cette intelligence que l’on voudrait copier pour la faire coller dans le cœur de la ville ? Demain nous passerons à la ville écolométrique, après la commune électronique, le guichet informatique, les documents biométriques et la démocratie spécifique. Voyez-vous, les mots emphatiques et les slogans déclamatoires sont si simples que l’on oublie vite l’acte matériel et son taux de réalisation. On ira peut-être crescendo dans la capacité de placer un robinet d’arrêt dans le ciel, un autre dans le rivage et un goulot d’étranglement dans tout lit d’oued. Le tout, nous dira-t-on un jour, sera dirigé distantiellement. D’un clic on l’ouvre, d’un autre clic on le ferme. A l’humeur du chef. Ce n’est plus « le jour qui a peur du soleil », mais le wali qui a peur de la pluie.

    Le climat a dépassé sa définition de phénomène naturel pour s’ériger en un épouvantail effrayant chez les gouverneurs. Il leur fait peur, en faisant grossir la crainte et la boule au ventre. Alors l’on se concerte de surcroît à l’orée d’un hiver déjà entamé pour circonscrire tous ses périls majeurs.

    A vrai dire, tous les risques dits majeurs ne sont pas dans les inondations ou dans les veines des caniveaux qui ne peuvent plus les absorber. Ils sont tout aussi loin d’être majeurs dans les échelles sismiques ou dans les affaissements de terrain. C’est dire que ça ne sert à rien d’agrandir le diamètre des buses destinées à avaler les torrents pluviaux alors qu’il suffit de faire apprendre ce petit geste de ne rien jeter au hasard et de faire tout en bonne et due forme. En étude et en prévision. Il suffit aussi de faire savoir aux déposants de déchets solides, aux acquéreurs de nouveaux logements à refaire, aux marchands, passants, épiciers, manufacturiers, promoteurs, enfin à la société citoyenne que n’importe quelle circonférence d’égout ne peut admettre une carcasse de cuisinière, un vieux matelas ou des tonnes de bouteilles et bidons plastiques. Cette mission est plus difficile que de faire une sécurisation de périmètre de zone inondable ou de détournement de l’aval ou de l’amont d’un flux naturel. Cette mission qui n’est nullement l’exclusivité du ministère de l’Intérieur et personne n’a le droit de s’en attribuer les supériorités, est aussi celle des médias, de l’école, de la mosquée et de la famille.

    C’est à la délégation créée à ce propos donc qu’échoit la responsabilité non pas de gérer intuitu-personae mais de mobiliser, sensibiliser, superviser, piloter tous les acteurs et facteurs induits dans le circuit des risques majeurs. Rien n’empêche d’instituer des piquets d’alerte et de surveillance, des modules réducteurs de vulnérabilité à mettre en œuvre là où la catastrophe ou le désastre présente des menaces de survenance. La commune. La nature a horreur du bricolage. Elle n’aime pas le précaire ou le ravalement du parterre. Malléable et flexible, elle s’apprivoise doucereusement et avec ses propres moyens. Avec une connaissance parfaite des événements fâcheux qu’elle ne cache pas et qui sont susceptibles de se produire ; la nature montre clairement ses aléas. Provoquée, elle se défend comme un animal et s’en fout éperdument des réunions du ministre ou des walis pour décrocher sinistrement ses droits au sol.

    Alors, il faut bien prendre soi-même le risque d’être un responsable entier, de dire non à un permis de construire contre nature, de ne pas se complaire dans un marché impudique, d’apprécier la bruine et d’accepter la critique. Et ce sont ceux-ci les gros risques majeurs qu’il faudrait savoir prendre.                                        Publié par El-Yazid DIB                                                                                                      http://www.lequotidien-oran.com/?news=5268139


  • Assassinat de Khashoggi : Le pire est à venir (RT) – Salimsellami’s Blog
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    Assassinat de Khashoggi : Le pire est à venir (RT)
    octobre 28, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    La nouvelle* que des « parties défigurées du visage et du corps » de Khashoggi auraient été retrouvées dans le jardin du consulat saoudien à Istanbul, sonne la fin de la récréation pour les collaborateurs occidentaux de la dictature tyrannique arabe.

    Après Khashoggi lui-même, le principal perdant du meurtre le plus répugnant d’Istanbul est le président américain Donald Trump – comme je l’avais prédit ici il y a des semaines. Sa déclaration selon laquelle la couverture saoudienne était « crédible » a suscité les moqueries du reste du monde par son côté « Lady MacBeth », et l’a ridiculisé. Le comportement de son propre « prince héritier » – son gendre Jared Kushner – a été plus vénal que digne d’un opéra-comique.

    Comme je l’avais prédit, bien que la famille Clinton ait largement profité des largesses saoudiennes, les démocrates et leurs vastes soutiens médiatiques ont fait de l’assassinat de Khashoggi leur nouveau casus belli, en lieu et place du « Russiagate » en perte de vitesse (en fait les mêmes personnes qui, ces deux dernières années, ont inondé les ondes américaines de haine russophobe ont levé les mains au ciel, horrifiés, quand Trump – le pantin de Poutine, rappelez-vous – a annoncé une course aux armes nucléaires contre la Russie).

    D’Uber à Facebook, de JP Morgan à Virgin, des dizaines de sociétés et personnalités ont renoncé à aller au « Davos du désert » et le royaume « est en crise » comme vient de le reconnaître publiquement le ministre saoudien de l’énergie.

    Tout cela va de soi et on peut facilement prédire la fin du règne aussi court que brutal et meurtrier du Caligula saoudien qui a tué des milliers de personnes au Yémen, en Syrie, et même en Arabie saoudite.

    En Occident, c’est comme si on allumait tout à coup la lumière et qu’on voyait les cafards s’enfuir à toutes vitesses. Nulle part ce spectacle n’est aussi abject qu’au Royaume-Uni.

    Dans les années 1980, j’ai été envoyé en mission parlementaire en Arabie saoudite, sous la direction de Sir Francis Pym, qui a ensuite reçu le titre de Lord, un grand Tory qui fût ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, avant que cette fonction ne se dégrade du fait de la médiocrité et du manque évident de classe de ses occupants. Il y avait des tensions entre les Britanniques et les Saoudiens qui menaçaient de perturber le contrat d’armes extrêmement lucratif et très crapuleux d’Al Yamamamah.

    « De la pommade, mon cher, de la pommade », voilà notre mission, m’a dit Sir Francis. Nous devons les couvrir de pommade. « Il n’est pas question de s’excuser…. je ne m’excuserai pas « , a-t-il ajouté (je le répète, à l’époque, c’était la grande classe), les enduire d’une bonne couche de pommade, voilà notre feuille de route.

    Nous avons rencontré le roi saoudien de l’époque et la plupart des princes importants ; Sir Francis était un maître dans sa partie. Il ne s’est jamais excusé, mais il leur a mis beaucoup, beaucoup de pommade. Cela a marché, et le sale business de traire les vieux idiots au pouvoir à Riyad a repris.

    Bien sûr, les profits britanniques n’avaient rien de comparables avec le butin des Etats-Unis, et la différence entre les deux n’a fait que croître pendant les trente années suivantes. L’autre différence est que, maintenant, ce ne sont plus seulement les fusils, mais le beurre, la technologie, les médias, les films, les loisirs (qui savait que Disneyland était un parc de jeux saoudien ?) et le tourisme.

    En réalité, des milliers de médias occidentaux et leurs petites mains ont été corrompus par l’or saoudien. Toutes sortes de think-tanks, d’ »instituts », et même le Musée d’histoire naturelle de Grande-Bretagne, recevaient de l’argent de la Maison des Saoud. La malchance a voulu que, la nuit même où la musique s’est arrêtée avec le meurtre d’un chroniqueur du Washington Post et le démembrement de son corps, l’ambassade saoudienne organisait une soirée dans l’une des augustes salles de ce Musée.

    L’ironie du fait que le Royaume Créationniste** choisisse de siroter des cocktails sans alcool dans la maison que Charles Darwin a construite, n’a pas échappée à grand monde. Les journaux et les magazines qui s’étaient engraissés ouvertement et secrètement grâce au sponsoring saoudien, à coup de revenus publicitaires et autres arrangements entre amis sont maintenant choqués ! Choqués ! Comme le chef de la police de Vichy corrompu qui « découvre » qu’il y a des tables de jeux au Rick’s Café de Humphrey Bogart dans le film « Casablanca ».

    Personne n’a retourné sa veste aussi vite que le chef des relations publiques du Prince héritier saoudien en occident, Thomas Friedman du New York Times.

    Lors de son apparition avec Christiane Amanpour de CNN, Friedman a semblé au bord de la dépression nerveuse. Avoir gaspillé des dizaines de milliers de mots pour un criminel comme Mohammed bin Salman ! Il ne faut rien regretter Tom, tu as été bien payé pendant tout le temps que ça a duré !

    Comme Oscar Wilde l’a dit à propos de la scène de lit de mort dans « Little Nell » de Charles Dickens – « il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas rire. »

    Mais le plus dévastateur a été la corruption dans la classe politique elle-même, et on en entendra bientôt parler.

    Lorsque le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a déposé une motion plus tôt dans l’année pour faire cesser les ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite en attendant une enquête sur l’utilisation de ces armes dans la guerre sanglante contre le Yémen, la motion aurait très bien pu passer, si plus de 100 députés travaillistes de son propre camp ne s’étaient pas rendus coupables de trahison. Des députés travaillistes gays se sont rangés dans le camp de ceux qui jettent les gays du haut des immeubles. Des députés travaillistes féministes se sont rangés dans le camp de ceux qui ne reconnaissent aucun droit aux femmes. Tous ces démocrates ont soutenu l’absence désertique de liberté et de démocratie. Je n’ai pas compris et je me suis posé des questions sur l’ampleur du soutien saoudien au sein des députés du Parti travailliste. Je pense que tout s’éclairera bientôt.

    Car cette histoire n’a pas fini de faire des vagues.

    Pour l’heure, les « Gardiens des Deux Saintes Mosquées », pour donner aux rois saoudiens leur titre du vendredi***, sont occupés à effacer le visage de Jamal Khashoggi, un homme qui a peut-être légèrement critiqué la politique saoudienne, mais qui a soutenu l’armée de coupeurs de têtes financée par les Saoudiens en Syrie, jusqu’au l’instant même où sa propre tête a été arrachée de ses épaule. Cet homme qui a écrit un éditorial du Washington Post intitulé « Il est temps de diviser la Syrie » a lui-même été divisé en plusieurs parties par les instigateurs de la division avortée de la Syrie.

    Même Shakespeare n’aurait pas pu écrire une pareille histoire.

    George Galloway

    George Galloway a été membre du Parlement britannique pendant presque 30 ans. Il anime des émissions de TV and de radio (y-compris sur RT). Il est cinéaste, écrivain et un orateur renommé.

    Traduction : Dominique Muselet

    Notes :

    Maintenant démentie

    * Le créationnisme est la croyance religieuse selon laquelle une création divine est responsable de la vie et de l’univers, s’opposant généralement au consensus scientifique qui soutient une origine naturelle au moyen de l’évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle (Wikipedia).

    * Jour de la prière dans l’Islam

     » » https://www.rt.com/op-ed/442048-khashoggi-uk-west-murder
    URL de cet article 33993
    https://www.legrandsoir.info/assassinat-de-khashoggi-le-pire-est-a-venir-rt.html


  • Génocide au Yémen sous l’égide des États-Unis (Medium) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/28/genocide-au-yemen-sous-legide-des-etats-unis-medium
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    ’Seul Dieu peut sauver nos enfants’, disent les pères et les mères yéménites obligés de regarder leurs enfants mourir, sans rien pouvoir faire d’autre que de les réconforter dans leurs derniers instants et prier Dieu de les épargner. Les pères et les mères prient et consolent pendant que, l’un après l’autre, leurs enfants meurent du choléra, de déshydratation et de faim.

    Où est Dieu ? Il ne peut pas traverser le blocus total imposé par les États-Unis au Yémen pour sauver ses enfants. Une épidémie de choléra n’est pas une catastrophe naturelle, c’est une œuvre humaine. Depuis 2015, l’épidémie de choléra est la conséquence de la guerre biologique contre le Yémen. Les bombes américaines larguées par des pilotes saoudiens ont détruit les systèmes d’eau et d’égouts du Yémen. Les pièces détachées, les produits chimiques et le carburant nécessaires au fonctionnement des stations d’épuration des eaux usées du Yémen sont interdits d’entrée. L’eau potable, le vaccin contre le choléra et même les comprimés individuels de purification de l’eau ne peuvent pas non plus entrer. L’épidémie de choléra qui en a résulté était prévisible.

    Les eaux usées des usines de traitement hors d’usage débordent dans les cours d’eau qui irriguent les terres agricoles, contaminant ainsi les légumes avant leur mise sur le marché. Les eaux usées se déversent dans les villes, les zones résidentielles et les camps de réfugiés. Les mouches pullulent au-dessus des eaux usées et répandent le choléra partout. Le Comité international de la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge et Médecins sans frontières, les hôpitaux, les cliniques, les organisations de secours et les défenseurs des droits humains ont été ciblés par des bombardements.

    Les Nations-Unies, contrôlées par les États-Unis, donnent un semblant de légalité au blocus et à l’embargo sur les armes qui cible unilatéralement le Yémen. Cela ne sert à rien de se demander pourquoi l’ONU n’a pas aussi interdit la livraison d’armes à l’Arabie saoudite. On connait la réponse.

    L’ONU se désole de la crise humanitaire et de la pire épidémie de choléra de l’histoire de l’humanité. Mais l’ONU ne fait rien pour arrêter le génocide saoudien conduit par les États-Unis ni la destruction du Yémen, et elle publie des chiffres sciemment faux et sous-évalués sur le nombre de morts civiles.

    L’ancienne ambassadrice des États-Unis auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, s’est mise en colère lorsque l’ONU a osé critiquer timidement les États-Unis, pour avoir déplacé leur ambassade à Jérusalem. Elle a parlé du ’manque de respect’ de l’ONU à l’égard des Etats-Unis et a menacé de représailles financières l’ONU et les pays dont les votes n’étaient pas conformes aux souhaits des Etats-Unis. L’ONU n’est pas un médiateur honnête, car elle est dominée pas les Etats-Unis et elle a peur de les contrarier.

    Le président Donald Trump a réduit le financement des agences humanitaires de l’ONU, il n’a pas essayé d’empêcher Israël d’assassiner des milliers de Palestiniens non armés, il a sorti les États-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et il se moque de la Cour internationale de justice des Nations-Unies. Le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que les États-Unis prévoyaient de se retirer d’un plus grand nombre de traités qui constituent le fondement du droit international.

    En d’autres termes, Bolton confirme que les États-Unis sont un État voyou ; ils ridiculisent les Nations-Unies. Dès le début de la guerre contre le terrorisme de l’ère Bush, les États-Unis ont fait preuve du plus grand mépris pour les Conventions de Genève. Obama a également violé le droit international coutumier en toute impunité. Obama a assassiné des citoyens américains, bombardé au drone des mariages et des funérailles en Afghanistan, et détruit la Libye. Il a envahi la Syrie dans une guerre d’agression illégale. Obama était un expert en tueries. Il paraît qu’il s’en est même vanté.

    Causer délibérément une épidémie de choléra, revient à mener une guerre biologique. Le Yémen n’est pas le premier pays contre lequel les États-Unis utilisent des armes biologiques et chimiques. Pendant la guerre de Corée des années 1950, les Etats-Unis ont été accusés de manière convaincante de guerre biologique. Pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis ont pulvérisé des millions de gallons d’agent Orange, qui ont empoisonné le sol, les rivières et les gens. L’agent Orange, 50 ans plus tard, ’provoque encore des fausses couches, des maladies de peau, des cancers et des malformations congénitales’.

    Les États-Unis ont contaminé la Bosnie, l’Afghanistan et le Moyen-Orient avec de l’uranium dit appauvri. L’uranium appauvri peut causer le cancer, des malformations congénitales et probablement beaucoup d’autres problèmes de santé. Les États-Unis le savent. Les vétérans américains de la guerre en Irak ont reçu un avertissement sanitaire.

    En 1995, Madeleine Albright est interviewée par Lesley Stahl dans l’émission ’60 Minutes’. Cette interviewdevrait avoir la place d’honneur au musée de l’Infamie pour l’éternité. Stahl a demandé à Albright si la mort de plus de 500 000 enfants irakiens causée par les sanctions américaines ’valait la peine’. La réponse d’Albright a été : ’Je pense que c’est un choix très difficile, mais le résultat… nous pensons que le résultat en valait la peine.’ (Albright ne nous a pas dit qui était ce ’nous’.) On sait maintenant que ’nous’ avons délibérément utilisé la guerre biologique pour tuer ces 500 000 enfants irakiens.

    Combien d’autres enfants, Albright, l’administration Bill Clinton et ’nous’ avons-nous tué dans le monde parce que ’nous’ pensions que cela en ’valait la peine’ ? Des centaines de milliers, selon une étude du document partiellement déclassifié de la Defense Intelligence Agency ’IRAQ WATER TREATMMENT VULNERABILITIES’ [souligné dans l’original]. Le document partiellement déclassifié a été découvert en 1998 sur un site Web officiel du Système de santé militaire. En 2001, l’Association pour les élèves victimes de génocide a publié l’étude susmentionnée : Le rôle des ’vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak’ dans l’arrêt d’un génocide et la prévention d’autres génocides.

    Pendant la première guerre du Golfe de 1991, les États-Unis ont délibérément pris pour cible toutes les usines de purification de l’eau et tous les travaux d’assainissement en Irak, ce qui constitue en soi un crime de guerre. Le document ’Iraq Water Treatment Vulnerabilities’ (Vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak) produit par le ministère américain de la Défense et mis en œuvre en 1991, a continué d’être appliqué sous le Président Bill Clinton. Même après qu’Albright a admis à l’émission ’60 Minutes’ que le régime de sanctions américain avait tué 500 000 enfants irakiens, ’nous’ avons continué l’embargo draconien sur le matériel de purification de l’eau.

    Le ministère de la Défense et le ’nous’ de Madeleine Albright savaient que sans eau potable, les maladies véhiculées par l’eau, comme le choléra, affecteraient et tueraient des centaines de milliers d’Irakiens. Priver une population entière des produits de premières nécessités est un génocide, et c’est une violation des Conventions de Genève. Détruire l’approvisionnement en eau potable pour causer sciemment des épidémies comme le choléra, c’est une guerre biologique.

    Les sanctions économiques et les embargos commerciaux sont une guerre de siège barbare contre des populations civiles. Il n’y a aucun moyen de les blanchir grâce à des éléments de langage comme cibles chirurgicales ou intervention humanitaire. Accordez maintenant une pensée aux millions d’habitants de Cuba, d’Iran, du Venezuela, de la Syrie, de la Birmanie et de la Côte d’Ivoire qui subissent aujourd’hui un embargo américain.

    Le document ’Iraq Water Treatment Vulnerabilities’ révèle l’intention diabolique qui peut présider aux sanctions, même quand elles sont autorisées par l’ONU. C’est pour ces raisons, entre autres, que le Comité international de la Croix-Rouge a souvent exprimé ses inquiétudes sur l’usage de ces sanctions, même quand l’ONU les autorisait. L’ONU n’a pas plus le droit qu’un autre de violer les Conventions de Genève, et l’ONU outrepasse son autorité lorsqu’elle le fait.

    Les Etats-Unis ont également outrepassé l’autorisation de l’ONU en imposant un blocus total au Yémen. Comme on pouvait s’y attendre, des enfants meurent du choléra au Yémen, tout comme en Irak. Des dizaines de milliers de civils sont morts de faim, de maladie et de manque de médicaments. Et vingt millions d’êtres humains meurent en ce moment de faim dans une famine provoquée par les États-Unis et leur mandataire, la coalition dite saoudienne.

    Depuis trois ans, à commencer par l’administration Obama, les États-Unis livrent à l’Arabie saoudite les bombes, les munitions, le carburant. Pire encore, l’armée américaine est au centre du commandement et du contrôle de la guerre au Yémen. D’autres pays qui profitent de la guerre, comme le Royaume-Uni, les pays de l’UE et le Canada, ont aussi les mains couvertes du sang et des excréments infectés par le choléra des enfants yéménites.

    Les forces spéciales américaines, la Seal Team 6 et la CIA effectuent des raids nocturnes et des missions, comme celle qui a tué Nora, une fillette de 8 ans, qu’on voit ci-dessus. C’était une citoyenne américaine qui vivait avec ses grands-parents dans un village yéménite.

    Nora était la fille d’Anwar al-Awlaki, qui fut le premier citoyen américain connu pour avoir été exécuté par les États-Unis hors de toute procédure régulière. Une semaine plus tard, son fils de 16 ans, Abdulrahman al-Awlaki, a été lui aussi assassiné par un drone américain. Barack Obama a commis ces meurtres en 2011.

    C’est également Obama qui a planifié le raid au cours duquel Nora a été tuée sur ordre de Trump, le 29 janvier 2017. Lorsqu’on a demandé au secrétaire de presse d’Obama, Robert Gibb, pourquoi Abdurahman, 16 ans, avait été tué, il a répondu que son crime était qu’il ’aurait dû avoir un père plus responsable’. C’était aussi le ’crime’ de Nora ?

    La guerre contre le Yémen est une guerre sale tout comme celles d’Irak, de Libye et de Syrie. Il s’agit de la destruction d’un pays et du massacre de ses civils, qui constitue un véritable génocide même si ça n’est pas officiellement reconnu comme tel. Le Royaume d’Arabie saoudite et sa soi-disant coalition sont des mandataires américains qui paient les bombes et les larguent. Ce sont les États-Unis qui choisissent les cibles, depuis le centre de commandement et de contrôle.

    Au sol au Yémen se bat une armée de terroristes salafistes parrainés par les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les moudjahidin, Al-Qaïda, les Frères musulmans et Blackwater (rebaptisés Academi), des mercenaires étasuniens, somaliens et sud-américains. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite attaquent dans le nord, tandis que les Émirats arabes unis soutiennent des attaques terroristes dans le sud. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite combattent des terroristes des Émirats arabes unis. L’Arabie saoudite impose un blocus au Qatar, suite à un différend sur le Yémen.

    Le gouvernement de facto du Yémen est la direction du Mouvement Houthi, du nom de son fondateur charismatique Hussein Badreddin al-Houthi. Le Mouvement Houthi est soutenu par les unités militaires du Yémen, les forces de sécurité et une large base du peuple yéménite, dont de nombreux sunnites. Cela ne veut pas dire que les Yéménites sont tous pareils. Ils ne le sont pas, mais lorsque leur intérêt commun est en jeu, ils s’unissent, malgré leurs différences.

    Certains groupes internes s’opposent au mouvement Houthi et collaborent avec les groupes terroristes saoudiens et émiriens, mais il ne s’agit pas d’une guerre sunnites contre chiites. La guerre n’est pas non plus une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran, comme le monopole médiatique mainstream voudrait le faire croire au public américain.

    Les chiites zaydites, qui représentent environ 42% de la population du Yémen, sont plus proches de l’islam sunnite qu’ils ne le sont de la branche chiite de l’Islam iranien. Le mouvement Houthi, dirigé par Zaidi, ’n’a pas appelé à la restauration de l’imamat au Yémen, et les griefs religieux n’ont pas été un facteur majeur dans la guerre’, selon Al Jazeera. Au contraire, le Mouvement Houthi est surtout de nature économique, politique et régionale.

    Il existe un mouvement séparatiste dans ce qui était autrefois le Yémen du Sud, qui était jusqu’en 1990 un pays communiste distinct : la République démocratique du Yémen. Avant l’unification, le Yémen du Nord était la République arabe du Yémen. Dans la lutte pour le pouvoir qui a suivi l’unification, le Sud a perdu le pouvoir et le contrôle. Les Émirats arabes unis soutiennent un groupe séparatiste du sud, le Conseil de transition du sud, qui s’oppose également à Hadi et à l’Arabie saoudite. Comme nous l’avons dit, les terroristes soutenus par l’Arabie saoudite luttent contre les terroristes soutenus par les Émirats arabes unis.

    Les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU tentent de faire passer Abdrabbuh Mansour Hadi pour le ’gouvernement légitime internationalement reconnu du Yémen’. Hadi a été président d’un gouvernement intérimaire du Yémen de 2012 à 2014. Hadi s’est frauduleusement maintenu en place après la fin de son mandat en 2014.

    Hadi a été destitué de force par le Mouvement Houthi et un large soulèvement de la base du peuple yéménite. Hadi a démissionné de son poste et s’est enfui en Arabie saoudite. Les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU utilisent Hadi comme figure de proue pour donner un semblant de légalité à la guerre d’agression illégale menée par les Etats-Unis contre le Yémen.

    Il y a peu ou pas de preuves que l’Iran fournisse au Mouvement Houthi des armes, du matériel ou des combattants. Regardez la carte. Même s’il le voulait, comment l’Iran pourrait-il livrer massivement des armes avec le blocus total imposé par les États-Unis ? L’Iran a déjà beaucoup à faire avec le soutien (juridique) qu’il apporte à son allié syrien. L’Iran doit aussi gérer sa propre crise économique causée par les sanctions économiques illégales des États-Unis, réimposées par l’administration Trump.

    Lorsque les États-Unis ont dû fournir des preuves tangibles de l’implication de l’Iran au Yémen, l’ancienne ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, n’a pu présenter que des morceaux de missile. L’ONU les a rejetés au motif qu’Haley n’apportait ’aucune preuve quant à l’identité du courtier ou du fournisseur’. L’Iran a nié toute implication au Yémen et rejeté les affirmations des États-Unis comme non fondées, et il a ajouté :

    ’Ces accusations visent également à couvrir les crimes de guerre saoudiens commis au Yémen avec la complicité des Etats-Unis, et à détourner l’attention de la guerre d’agression contre les Yéménites qui s’enlise.’

    Les Yéménites, quelle que soit leur religion, leur région ou leur tribu, sont farouchement nationalistes et ils ne sont à la solde de personne. Ils n’apprécient pas que des envahisseurs étrangers veuillent les dominer. Le Yémen, comme l’Afghanistan, est un cimetière où les empires viennent mourir. Les Britanniques et les Égyptiens l’ont appris dans les années 1960 et maintenant les Saoudiens et les Émirats arabes unis l’apprennent à leurs dépens.

    Les Etats-Unis ressemblent à un empire zombie. Confronté à l’humiliation et à la défaite, ils laminent leurs adversaires depuis le ciel, comme en Irak, Libye et Syrie. Les Etats-Unis n’ont aucune pitié pour la population civile. Les Etats-Unis détruisent les infrastructures civiles, bloquent la nourriture, l’eau et les médicaments. Ils larguent des bombes à fragmentation et du phosphore blanc sur les populations, et ils empoisonnent l’eau, le sol et l’air avec des armes biologiques, chimiques et radioactives.

    Pas plus que l’Irak, la Libye, la Syrie et tant d’autres petits pays que les États-Unis ont qualifiés d’ennemis, le Yémen ne constitue une menace pour la sécurité nationale américaine. Pourquoi les États-Unis détruisent-ils tous ces petits pays et pourquoi les États-Unis détruisent-ils le Yémen ?

    Dans les années 1990, après l’effondrement de l’URSS, les États-Unis ont entrepris de construire un empire pour dominer le monde, et ils n’en ont pas fait mystère. Le projet américain de domination du monde a pris différents noms, comme la Doctrine Wolfowitz, le Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC), Full Spectrum Dominance, the Indispensable Nation, American Exceptionalism, New World Order et, plus subtilement, le rôle du leadership mondial américain.

    Quel que soit le nom que l’on donne à la domination du monde par les Etats-Unis, c’est toujours la même chose. Les Etats-Unis se considèrent au-dessus du droit international, du comportement moral coutumier et estiment qu’ils sont les seuls à avoir le droit d’agir en fonction de ce qu’ils croient être leur intérêt politique, militaire et financier. Si les États-Unis étaient une personne, ils seraient diagnostiqués comme psychopathe, sans conscience, sans empathie et sans remords ; agressif, narcissique et tueur en série.

    Le Yémen est souvent décrit par les médias grand public comme ’le pays le plus pauvre du Moyen-Orient’, comme s’il n’avait aucune richesse qu’on pourrait vouloir s’approprier. La population du Yémen est pauvre, mais le Yémen a du pétrole, des pipelines, de l’or, des minéraux, de l’agriculture, de la pêche, des entreprises publiques, des biens immobiliers enviables, de l’argent et un grand potentiel touristique du fait de sa géographie.

    Les 30 millions d’habitants du Yémen sont à la fois une source potentielle de main-d’œuvre bon marché et un marché potentiel pour les produits des entreprises mondiales américaines. Le Yémen est stratégiquement situé dans le détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel passent 1,4 milliard de barils de pétrole chaque jour. Pendant des millénaires, le Yémen a été un pôle commercial.

    Les Etats-Unis convoitent la richesse du Yémen et sa position stratégique dans le cadre du nouvel ordre mondial néolibéral. La vision américaine du Nouvel Ordre Mondial est un monde dominé par les multinationales américaines, les institutions financières américaines et les riches dynasties familiales américaines.

    La politique étrangère des États-Unis est façonnée par des intérêts particuliers, des monopoles et leurs comités d’action politique (PACS), comme les fabricants d’armes, les multinationales financières, pharmaceutiques et agroalimentaires. Des pays étrangers comme Israël et l’Arabie saoudite ont également des lobbies puissants qui peuvent manipuler la politique étrangère américaine à leur avantage. La politique étrangère américaine n’a pas grand-chose à voir avec les intérêts du citoyen américain moyen.

    Le Yémen est le voisin méridional du Royaume d’Arabie saoudite, et les Saoudiens veulent un gouvernement corrompu, complaisant et docile au Yémen. Le Royaume a élargi sa frontière pour empiéter sur les frontières septentrionales du Yémen, berceau du mouvement Houthi. La dynastie saoudienne craint également l’influence d’un peuple yéménite indépendant sur le peuple opprimé par la dynastie saoudienne. Le Royaume est un baril de poudre, au moindre soulèvement populaire il va exploser.

    L’Arabie saoudite utilise l’islam wahhabite extrémiste comme subterfuge politique pour recruter des djihadistes et des terroristes et pour étendre son influence en Asie occidentale, en Afrique et au-delà. Le terrorisme international est une initiative conjointe des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’autres États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Tous les états du CCG : Arabie saoudite, EAU, Bahreïn, Oman et Koweït sont des monarchies théocratiques. Cela en dit long sur les valeurs américaines en matière de démocratie et de droits humains.

    Les États-Unis convoitent depuis longtemps les richesses du Yémen. Au milieu des années 1980, la famille Bush et ses amis pétroliers texans de Hunt Oil ont investi dans le bassin pétrolifère de Marib Shabwa au Yémen. Bush a obtenu pour Hunt Oil les droits d’exploration future. L’ancien directeur de la CIA, puis vice-président Bush, s’est arrangé en douce pour que Saddam Hussein, le président de l’Irak, finance les investissements de Bush-Hunt au Yémen. Quelques années plus tard, Bush a ’remboursé’ le prêt de Saddam avec l’opération militaire Shock and Awe.

    La guerre qui a débuté en 2015 a pour but de protéger les investissements américains dans les entreprises internationales, le néolibéralisme et le projet de nouvel ordre mondial. Le peuple yéménite a été un farouche opposant du néolibéralisme, et il aime son vieil ordre mondial. Ils se sont rebellés contre les 33 années de règne d’Ali Abdullah Saleh parce qu’il avait vendu le Yémen au néolibéralisme, puis le peuple s’est rebellé contre le gouvernement intérimaire de Hadi qui complotait de vendre au rabais leurs biens publics à l’empire néolibéral.

    Les Etasuniens qui profitent du néolibéralisme n’ont pas apprécié que leur bienfaiteur Hadi ait été renversé par le mouvement Houthi. Et l’Arabie saoudite, qui essaie d’exploiter le Yémen depuis des décennies, n’a pas apprécié non plus. Les vautours des autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) encerclent le Yémen dans l’espoir de se repaître aussi de son cadavre.

    Les Etats-Unis fournissent aux pays du CCG le dispositif ’Shock and Awe’ pour tuer la proie, et ils se moquent pas mal de tuer 22 millions de personnes dans le processus de pillage du Yémen. Ce sont les États-Unis qui fournissent les bombes. La coalition des pays du Golfe dirigée par l’Arabie saoudite ne fait que les larguer

    En résumé, il n’y a pas de guerre civile au Yémen. L’Iran est le bouc émissaire d’une guerre d’agression illégale menée par les États-Unis. L’Arabie saoudite et sa coalition d’États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont leur siège à Riyad, en Arabie saoudite. Les États membres du CCG sont l’Arabie saoudite, le Bahreïn, Oman et les Émirats arabes unis. Ce sont toutes des monarchies. Les Etats-Unis espèrent remporter les plus gros lots au Yémen, et l’Arabie saoudite, les EAU et le Qatar s’affrontent pour les miettes. La vie de 22 millions de Yéménites ne tient qu’à un fil, à cause du blocus américain de nourriture, d’eau et de médicaments. Les États-Unis sont responsables de la pire épidémie de choléra de l’histoire. C’est une guerre biologique et un génocide.

    Jeremy Salt

    Traduction : Dominique Muselet

     » » https://medium.com/@JeremySalt/by-jeremy-salt-20d660618e79
    URL de cet article 33989
    https://www.legrandsoir.info/genocide-au-yemen-sous-l-egide-des-etats-unis-medium.html


  • Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/28/palestine-israel-lineluctable-effondrement-des-accords-doslo
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/fa89adbe4950b369d8effb1870207c55.jpg?1538655943

    Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo
    octobre 28, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    Il existe désormais une unanimité parmi les Palestiniens pour estimer que les accords d’Oslo de septembre 1993 ont échoué. Ce processus dont on avait espéré qu’il aboutirait à la création d’un État palestinien indépendant après cinq ans d’autonomie limitée aura en réalité engendré de nouveaux mécanismes de domination à l’intérieur des territoires palestiniens occupés. Pourquoi ?

    Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat à la Maison Blanche, 13 septembre 1993.
    (Photo Vince Musi/La Maison Blanche)
    L’échec du processus engagé à Oslo en 1993 est patent. Il peut être attribué à quatre facteurs principaux, que l’on peut citer par ordre d’importance et que l’on va examiner :

    ➞ l’absence de toute volonté de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien de la part des gouvernements israéliens successifs ;

    ➞ la partialité du médiateur américain dans les négociations ;

    ➞ la faiblesse du mouvement national palestinien ;

    ➞ la récente multiplication de tragédies dans le monde arabe, faisant reculer le caractère central de la question palestinienne.

    LA VISION ISRAÉLIENNE D’UN CONFLIT SANS ISSUE
    Pour Israël le conflit avec les Palestiniens est existentiel et sans issue. Il aura réussi, grâce aux accords d’Oslo, à résoudre un problème inextricable auquel il a été confronté par sa victoire de 1967 : se retrouver avec les populations palestiniennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, en plus des Palestiniens de 1948 compromettait gravement son caractère « juif ». Une réflexion a alors été entamée dès 1967 avec le projet de Yigal Allon, alors vice-premier ministre, de création d’une entité palestinienne formée de petits cantons isolés avec des fonctions politiques limitées, Israël déclinant ainsi la responsabilité de gérer les habitants palestiniens.

    Yitzhak Rabin et Shimon Peres ont retenu ce choix et décidé de négocier avec la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Sortie affaiblie de la crise engendrée par l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, l’organisation faisait face à un boycott politique et financier. Sa popularité dans les territoires lui permettait toutefois de faire accepter les accords d’Oslo. La direction palestinienne avait fait le pari que ces accords allaient, pour la première fois dans l’histoire, consacrer la réalité de la nation palestinienne sur le territoire de la patrie. Elle a considéré que les facteurs de souveraineté seraient peu à peu réunis et que les accords d’autonomie pourraient ensuite évoluer, après la phase transitoire de cinq ans, vers un État indépendant.

    L’Autorité palestinienne (AP) n’ignorait certainement pas les difficultés des négociations qui s’annonçaient quant aux questions du statut final : Jérusalem, les réfugiés, les colonies, les frontières, les ressources en eau, mais elle a estimé que l’acceptation par Israël de mettre ces questions à l’ordre du jour (après avoir longtemps insisté pour un ordre du jour laissé libre à chaque partie sans engagement préalable) valait d’une part engagement des Israéliens, et préfigurait d’autre part les grandes lignes du statut final1.

    Mais toutes les concessions faites par le leadership de l’OLP — y compris la suppression, lors de la 21e session du Conseil national palestinien (CNP) tenue à Gaza du 22 au 25 avril 1996, des articles de la Charte nationale qui étaient en contradiction avec les lettres échangées entre l’OLP et le gouvernement israélien les 9 et 10 septembre 19932 — n’auront pas réussi à préparer la voie à un retrait israélien de tous les territoires occupés ni à une transformation de la jeune entité nationale palestinienne en un véritable État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. Le refus par Israël de s’acquitter de ses engagements et les nouvelles réalités imposées sur le terrain par ses gouvernements successifs, notamment la poursuite de la colonisation, ont créé les conditions d’une seconde intifada. Celle-ci va commencer fin septembre 2000, après l’impossibilité pour Yasser Arafat et Ehoud Barak de parvenir, lors des négociations de Camp David en juillet 2000, à une solution sur le statut final.

    UNE LUTTE POUR LA SURVIE
    Depuis le début du troisième millénaire est apparu en Israël un « néo-sionisme » à caractère nationaliste et religieux, répandant l’idée que le conflit avec les Palestiniens est une lutte pour la survie sans autre solution que la totale reddition du peuple palestinien, arguant que la société israélienne devait initier de nouveau la jeune génération à « l’esprit combatif de 1948 » et renforcer « l’unanimité nationale ». Ce néo-sionisme s’est accompagné d’un recul de tous les signes de dissension que la société israélienne avait pu connaître dans les années 1990, comme le phénomène des « nouveaux historiens », celui des « sociologues critiques » ou encore du « post-sionisme ». Il s’est doublé d’une déliquescence du mouvement de la paix, mais aussi d’un recul de la démocratie et de ses institutions, avec une importance accrue donnée au caractère juif de l’État,comme en témoigne le projet de loi fondamentale « Israël est l’État national du peuple juif » que le Parlement a commencé à discuter, et qui considère que le droit à l’autodétermination ne concerne que ce peuple, et tend à marginaliser le statut des Arabes palestiniens en Israël et à légaliser la discrimination raciale exercée contre eux3.

    Non contents de faire fi des conditions d’une paix juste avec les Palestiniens, les dirigeants israéliens ont lancé à la faveur de ce néo-sionisme quatre guerres contre la Cisjordanie et Gaza, la dernière à l’été 2014, mus en cela par une conviction bien ancrée selon laquelle le conflit avec les Palestiniens était une lutte existentielle qui ne pouvait avoir d’autre solution qu’une reddition totale et forcée du peuple palestinien. C’est ce qu’a déclaré sans ambages Benyamin Nétanyahou en 2014 dans un entretien exclusif avec des écrivains israéliens organisé par le journal Haaretz. À la question posée par l’écrivain et cinéaste Etgar Keret sur la solution imaginée par le premier ministre pour le conflit du Proche-Orient, celui-ci s’est lancé dans un interminable exposé sur la menace nucléaire iranienne et l’instabilité que plusieurs régimes de la région devaient affronter. Face à l’insistance de l’écrivain pour obtenir une réponse claire, Nétanyahou reconnaissait, selon les termes de Keret, « qu’il ne ferait rien pour résoudre ce conflit, car c’était un conflit insoluble »4.

    Afin d’imposer cette reddition au peuple palestinien, les gouvernements israéliens successifs se sont évertués à briser sa volonté de résistance, et à l’empêcher de poursuivre sa lutte pour ses droits nationaux. Cet objectif a été clairement affiché lors de l’invasion israélienne des villes de Cisjordanie en mars 2002, dans le cadre de l’opération nommée « Bouclier défensif ». Au cours de cette offensive, le chef d’état-major israélien de l’époque, le général Moshe Yaalon avait déclaré qu’il s’agissait de « marquer au fer rouge la conscience palestinienne » afin que « les Palestiniens comprennent au plus profond d’eux-mêmes qu’ils étaient un peuple vaincu ». Et cette expression « marquer au fer rouge » est devenue dans la propagande israélienne synonyme de faire plier les Palestiniens et leur infliger une défaite morale permanente en diffusant parmi eux une culture de la terreur et de l’effroi, en leur insufflant un esprit de perpétuelle impuissance.

    Yehuda Shaul, ex-officier dans l’armée israélienne qui a participé à l’opération « Bouclier défensif » rappelle les propos de Moshe Yaalon qu’il commente dans un article paru dans Le Monde sous le titre « Prétendant se défendre Israël attaque » : « Moshe Yaalon, le chef d’état-major de l’époque devenu aujourd’hui ministre de la défense nous exhortait à « brûler la conscience palestinienne ». Pour répondre à cet appel, on nous envoyait intimider et punir une communauté tout entière. Ces opérations étaient fondées sur la conviction que les civils s’abstiendraient de se révolter si on les brutalisait, si on les opprimait et si on les effrayait. Autrement dit, une « conscience brûlée était une conscience effrayée ». Yehuda Shaul poursuit : « Dans le cadre de cette “prévention”, mes amis et moi avons appris à considérer tout Palestinien comme un ennemi et, en tant que tel, comme une cible légitime à attaquer. Lorsque nous partions en opération pour “montrer notre présence”, notre but était d’effrayer et de désorienter la population civile afin de lui faire comprendre qu’elle était sous notre contrôle. D’autres fois, nous “prévenions” le terrorisme en imposant une punition collective à des Palestiniens innocents. »5

    LA PARTIALITÉ DES ÉTATS-UNIS
    Les États-Unis portent une lourde responsabilité dans l’impasse de la paix au Proche-Orient. Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en janvier 2017, ce pays sera clairement passé d’une simple gestion de la crise à une véritable démarche de liquidation des éléments clés de la question palestinienne, à savoir la question de Jérusalem et celle des réfugiés. Au cours des quelques mois qui se sont écoulés, l’administration a reconnu Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et décidé le transfert dans cette ville de son ambassade à Tel-Aviv. De même, elle a décidé la réduction du montant de sa contribution financière à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit des services à plus de 5 millions de réfugiés palestiniens. Elle se montre désormais en phase avec les appels israéliens à liquider cette agence des Nations unies pour préparer la voie à l’exclusion définitive de la question des réfugiés de toute négociation. De même a-t-elle commencé à menacer d’arrêter sa contribution au financement de l’Autorité palestinienne tant que les Palestiniens ne reprendraient pas le chemin des négociations aux conditions israéliennes.

    À dire vrai, cette démarche de liquidation avait été déjà entamée par Georges W. Bush. Son administration avait, avec la fin de ses opérations militaires en Irak le 30 avril 2003, présenté une « feuille de route » dans le but de parvenir à « une solution pour le conflit israélo-palestinien sur la base de deux États »6. Alors que la direction de l’OLP avait donné son accord à cette feuille de route, le gouvernement Likoud d’Ariel Sharon lui avait opposé quatorze points de réserve et s’était évertué à la faire avorter.

    Plutôt que de dénoncer cette attitude, l’administration américaine avait préféré récompenser l’extrême droite israélienne par une lettre de garanties présentée par Georges W. Bush le 14 avril 2004 à Ariel Sharon, et qui représentait une régression par rapport à toutes les positions adoptées par les administrations successives depuis 1967, sur les réfugiés, les frontières et les colonies. Après avoir favorablement accueilli, dans cette lettre, le projet de « désengagement » israélien de la bande de Gaza que Sharon avait l’intention de réaliser, et avoir renouvelé son engagement vis-à-vis de la sécurité d’Israël, le président américain avait considéré qu’une solution juste et honnête de la question des réfugiés palestiniens se ferait à travers la création d’un État palestinien qui accueillerait les réfugiés plutôt que de les voir s’installer en Israël. Et que les frontières sûres et reconnues pour Israël devraient tenir compte des réalités nouvelles sur le terrain, y compris les grands blocs de colonies, considérant irréaliste « l’idée que le résultat des négociations finales puisse consister en un retour complet aux lignes de l’armistice de 1949 ».7

    Après trois années de gel total de tout effort de paix, l’administration de Georges W. Bush fit mine de relancer le processus à travers une dernière initiative de pure forme à Annapolis le 27 novembre 2007, lors d’un sommet international dont l’objectif affirmé était de jeter « les bases d’un nouvel État, un État palestinien démocratique vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël ». Le moyen proposé était le lancement de négociations bilatérales immédiates destinées à parvenir à un accord de paix et à une solution de toutes les questions en suspens, y compris les questions essentielles.8. Sauf que le processus de paix qui avait été relancé à Annapolis était condamné à l’échec, non seulement faute d’une réelle volonté américaine et de préparatifs sérieux, mais aussi parce qu’Israël n’avait nullement l’intention de régler les « questions essentielles » de ce conflit. Et l’administration américaine était rétive à l’exercice de la moindre pression effective sur le gouvernement du premier ministre israélien Ehud Olmert, qui avait annoncé la construction de milliers d’unités de logements, dans le cadre de nouvelles colonies, quelques jours seulement après la tenue de ce sommet9

    Après l’élection du candidat démocrate Barack Obama à la présidence américaine en novembre 2008, nombreux étaient ceux qui, dans la région et dans le monde s’étaient bercés d’illusions sur l’imminence d’une solution au conflit israélo-arabe, notamment à la lumière des positions « positives » adoptées par son administration. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait annoncé l’engagement américain à œuvrer en vue d’une « solution à deux Etats ». Le président lui-même était allé au-delà de cette perspective dans son célèbre discours du Caire en juin 2009, dans lequel il avait déclaré que les États-Unis d’Amérique ne tourneraient pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens « à la dignité et à l’édification de leur propre État », alors qu’ils avaient enduré les « souffrances du déracinement pendant plus de 60 ans », assurant que son pays « n’acceptait pas la légitimation d’une poursuite de la construction de colonies israéliennes », et que « ces constructions violaient les accords passés et sapaient les efforts de paix », affirmant que « Jérusalem verrait cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens (…) pacifiquement ».10

    Quelques mois à peine après ce discours, l’administration américaine faisait marche arrière face au nouveau premier ministre du Likoud Benyamin Nétanyahou quant à l’exigence d’un arrêt total des colonies destiné à préparer la voie à une reprise des pourparlers avec les Palestiniens. Au lieu de cela, Washington se livrait à des pressions sur le président Mahmoud Abbas, afin qu’il accepte de reprendre le chemin des négociations « sans conditions ». Ainsi n’avait-elle guère tardé à suivre la voie des précédentes administrations, à savoir privilégier la forme sur le fond : l’essentiel étant de maintenir sous perfusion « le processus de paix » et non pas de garantir les conditions réelles de son succès pour parvenir à une paix juste et durable.

    Les derniers pas sur cette voie furent « l’initiative » avortée présentée par le secrétaire d’État John Kerry en juillet 2013 pour une reprise des négociations israélo-palestiniennes dans le but de parvenir à un accord de paix final en neuf mois, après la visite d’Obama au Proche-Orient au mois de mars de la même année11

    LA FAIBLESSE DU MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN
    Après l’éclatement de la deuxième intifada et la disparition de Yasser Arafat dans des circonstances troubles, alors qu’il représentait un « liant » préservant la cohésion du mouvement national palestinien, les rapports de forces internes sur la scène politique ont commencé à connaître une transformation. Avec le temps, notamment après le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005, une dichotomie du pouvoir allait s’installer.

    Dans le cadre de sa politique visant à annexer le maximum de territoires palestiniens et à en éloigner le maximum de Palestiniens, le gouvernement d’Ariel Sharon avait alors élaboré un plan de « désengagement » unilatéral de la bande de Gaza, territoire qui comprenait près d’un million et demi de Palestiniens et seulement 7 000 colons, répartis sur 21 colonies dont le coût militaire et financier devenait trop lourd pour le gouvernement israélien. Le plan en question visait, selon le directeur de cabinet du premier ministre, « à empêcher l’émergence d’un processus politique véritable avec les Palestiniens », d’entraver « l’édification d’un État palestinien » et d’annuler à la base « le besoin de démanteler des colonies (en Cisjordanie) ».12

    À vrai dire le « désengagement » d’Israël de la bande de Gaza a été l’une des raisons majeures qui avaient incité la direction du Hamas à reconsidérer sa position de non-participation aux élections se déroulant dans le cadre des accords d’Oslo. À la veille des législatives de janvier 1996 destinées à l’élection du Conseil législatif palestinien, le Hamas avait déclaré boycotter les élections, parce qu’elles se déroulaient « sous le toit des accords d’Oslo », niant le droit au vote de 4 millions de réfugiés palestiniens de la diaspora, réduisant ce droit aux habitants de Cisjordanie et de Gaza. Il en soulignait les répercussions sur les prérogatives d’un conseil élu qui « ne pouvait que rester otage de l’occupation »13 La déclaration par le gouvernement d’Ariel Sharon intervenue après la disparition de Yasser Arafat quant à sa détermination à se retirer unilatéralement de la bande de Gaza a alors encouragé les dirigeants du Hamas à participer aux élections législatives de janvier 2006. Comme le souligne Ali Jarbaoui, professeur de sciences politiques à l’université de Bir Zeit, le Hamas en gagnant les élections, se voyait soudain obligé de diriger le système politique sans être passé par une phase de préparation14.

    Les élections ont abouti à une bipolarisation sur la scène palestinienne qui réduisait encore davantage l’espace de la gauche : celle-ci s’est trouvée incapable de former un troisième pôle, pour des raisons à la fois conjoncturelles et structurelles, principalement son incompréhension des changements qui avaient affecté la société avec la création de l’AP, imprimé à l’économie un caractère rentier, et conduit à des recrutements pléthoriques dans les appareils de l’autorité administrative et sécuritaire, tout cela conjugué à la baisse du travail salarié en Israël après la deuxième Intifada. La gauche n’a pas su analyser non plus le phénomène d’affaiblissement des corps intermédiaires qui encadraient traditionnellement le militantisme de masse, comme les syndicats de travailleurs, les organisations estudiantines, les fédérations féminines, parallèlement à la montée en puissance des associations et des ONG qui ont su capter de leur côté de nombreux cadres de la gauche. La gauche n’aura pas réussi en outre à dépasser ses contradictions internes et secondaires pour unifier ses rangs, ce qui a favorisé son alignement sur les deux pôles principaux, soit le Fatah, soit le Hamas.

    En raison du refus par le gouvernement israélien de discuter des détails du « désengagement » avec l’AP, le retrait de l’armée israélienne de Gaza en septembre 2005 a été suivi d’une situation d’insécurité générale et de désordre armé, avec de multiples tentatives de tirs des roquettes en direction d’Israël auxquels l’armée israélienne a riposté par de vastes offensives dans la bande de Gaza. Le Hamas de son côté appelait à de nombreuses marches armées et à des parades militaires, provoquant à répétition des affrontements avec les forces de police palestiniennes, qui ont dérapé en conflit généralisé, lequel s’est achevé à la mi-juin 2007 par un coup de force militaire du Hamas sur toute la bande de Gaza. Une division à la fois géographique et politique entre la Cisjordanie et Gaza s’en est suivie. Elle menaçait l’unité du peuple palestinien et affaiblissait sa lutte nationale pour la libération, laissant le champ libre à Israël pour consolider son occupation15.

    Avec l’impasse politique résultant de l’échec du processus d’Oslo et du coup de force du Hamas, échouaient à leur tour les efforts de réformer l’AP et d’y instiller des pratiques plus démocratiques, comme l’avait promis son nouveau président Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005 et dont le programme de réforme avait rallié 63 % des suffrages des électeurs. Même impasse pour les efforts de reconstruction de l’OLP sur de nouvelles bases susceptibles de permettre l’intégration du Hamas et du Djihad islamique, et la recomposition du Conseil national palestinien de façon à ce qu’il puisse jouer pleinement son rôle en matière de contrôle et de législation, et de renouvellement du comité exécutif de l’OLP.

    L’affaiblissement de l’OLP comme « parapluie politique unifié » s’est accompagné d’un approfondissement des scissions apparues entre les trois composantes du peuple palestinien, à savoir la population de la diaspora, celle des territoires occupés en 1967 et celle des territoires occupés en 1948. On observait notamment chez les réfugiés de la diaspora un net recul de leur rôle politique accompagné d’une vague de frustration et de désespoir, et le sentiment d’avoir été abandonnés par un mouvement national qui aurait fait bon marché de leurs droits et de leur lutte. De ce fait, de nombreux réfugiés se détournèrent des organisations palestiniennes et de l’action politique. Avec la réduction des services de l’UNRWApour raison financière, le mouvement d’émigration des camps palestiniens vers les pays européens s’est intensifié.

    LES DÉBÂCLES DU MONDE ARABE
    Les Palestiniens pensaient qu’avec l’émergence des mouvements populaires dans certains pays arabes, à partir de fin 2010, la cause palestinienne allait retrouver son caractère panarabe. Ils avaient même l’impression de se trouver à l’aube d’une nouvelle ère qui porterait les germes, voire les bourgeons, d’un vrai changement dans les rapports de force et annoncerait de nouvelles conjonctures, dont la cause palestinienne serait la grande gagnante, une fois que les peuples arabes auraient pris en mains leurs destinées. Mais il est très vite apparu que la question palestinienne — à l’exception de cas isolés où l’on a vu brandir le drapeau palestinien dans des manifestations populaires — était absente du discours de ces mouvements, qui étaient le plus souvent spontanés, échappant à tout encadrement de partis politiques panarabes ou de gauche. Ils ont d’ailleurs manqué de programmes politiques clairs, se contentant de mots d’ordre très généraux relatifs à la liberté, la justice et la dignité. La question palestinienne s’en trouvait éclipsée dans les médias arabes, trop occupés à couvrir les mouvements de contestation.

    Ces mouvements n’ont pas apporté de changement radical sur le plan économique, social ou politique, prenant davantage une tournure confessionnelle, religieuse ou ethnique de nature à provoquer des conflits sanglants et à mettre en péril le tissu social de nombreux pays arabes, menaçant leur cohésion et leurs structures, secouant un ordre officiel arabe déjà traversé de fractures, en proie au pire affaissement de son histoire, transformant finalement toute la région en champ d’affrontement entre puissances régionales et internationales ayant pour alibi la « guerre contre le terrorisme ».

    Il était logique que les dirigeants israéliens exploitent cette désastreuse débandade du monde arabe pour aller plus loin dans leurs projets visant à liquider définitivement la question palestinienne et à vanter une solution « régionale » qui foule aux pieds les droits nationaux palestiniens, profitant du fait qu’il n’y avait plus d’unanimité quant au véritable danger qui menaçait la sécurité du monde arabe, à savoir Israël et sa politique d’agression et d’occupation. Avec l’extension de l’influence iranienne dans la région, certains pays arabes, notamment du Golfe, voyaient plutôt dans le voisin perse le « principal danger » qui les menaçait. Ils se voyaient de ce fait disposés, le plus souvent secrètement, mais parfois ouvertement, à faire alliance avec Israël, à s’engager dans la voie de la normalisation avec cet État, afin de faire face à l’expansion iranienne16.

    D’un autre côté ces mouvements populaires et leur retombées auront directement pesé sur la situation des réfugiés palestiniens, notamment en Syrie. Après une période de stabilité qui avait duré près de 65 ans, les camps ont connu un bouleversement total avec l’été 2012. Tous les discours de neutralité prononcés par l’OLP pour protéger ces réfugiés n’auront servi à rien depuis que des factions « takfiristes » ont investi les camps de réfugiés, notamment celui de Yarmouk. Les violentes batailles qui y ont éclaté ont fait, jusqu’à 2014, plus de 1 500 morts et provoqué l’exode de près de 15 % de l’ensemble des Palestiniens de Syrie, alors qu’une proportion semblable demeurait dans les camps et que tous les autres se retrouvaient déplacés vers d’autres régions de Syrie, notamment Damas. Un recensement non officiel révèle l’entrée au Liban fin janvier 2013 de 53 715 réfugiés palestiniens venant des camps de Syrie, la plupart accueillis par des membres de leur famille dans les camps du Liban, tout particulièrement dans le camp d’Ain El-Heloué, dans la région de Saïda, ou chez des familles libanaises qui leur avaient ouvert leurs maisons ou encore dans des centres d’accueil provisoires. Ce flux s’est arrêté en mai 2014 lorsque les autorités libanaises adoptèrent des mesures très strictes pour interdire l’accès du territoire Libanais aux Palestiniens venant de Syrie. Quelques milliers d’entre eux parvenaient alors à entrer en Jordanie malgré les mesures draconiennes prises par les autorités pour les en empêcher. Certains s’étaient installés dans le camp de Zaatari prévu pour l’accueil de réfugiés syriens, en dissimulant leurs identités palestiniennes.

    Par ailleurs un certain nombre de réfugiés palestiniens ont pu bénéficier de la décision prise par les autorités égyptiennes au tout début de la crise syrienne, d’accueillir provisoirement des réfugiés palestiniens venant de Syrie et munis de papiers, avant que l’Égypte ne revienne sur sa décision, rendant impossible pour un Palestinien de prendre l’avion à l’aéroport de Beyrouth, sur ordre du Caire. Les chiffres indiquent aussi l’arrivée à Gaza en provenance d’Égypte de 250 familles de réfugiés palestiniens originaires de Syrie. D’autres familles se sont aventurées dans les embarcations de la mort en Méditerranée, ou sur les routes terrestres vers d’autres frontières. Certaines d’entre elles ont réussi à obtenir l’asile dans des pays européens, notamment scandinaves, cependant que leurs proches étaient engloutis par les eaux17.

                                                                                                                                          Traduit de l’arabe par Nada Yafi.                                                                                                                                                                                                                                               MAHER AL-CHARIF
    Historien palestinien, Chef du département des recherches à l’Institut des études palestiniennes (Beyrouth).

    https://orientxxi.info/magazine/palestine-israel-l-ineluctable-effondrement-des-accords-d-oslo,2469


  • Presse : liberté et devoir – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/25/presse-liberte-et-devoir
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    Quel mal aurait commis ce journaliste qui nous fait lire une actualité que chacun l’en veut à sa façon ? Le mal serait dans l’acte rapporté par l’information et non pas dans le contraire.

    A quel moment le talent d’un chroniqueur devient-il à propos agaçant, et déplaisant ? Des qu’il franchit la ligne rouge. Mais en fait cette ligne, qui la connaît avant de savoir qui est habileté à tracer ses contours ? Dire que la légalité est bafouée, le pouvoir d‘achat s’est dégringolé, les walis sont devenus des quelconques, le discours ministériel est une comédie, n’a rien de mauvais tant que le constat ainsi dressé est généralisé et consensuel. Il écrit ce que tout le monde converse et dit. Il essaye d’apprivoiser son surligneur par tout style utile au discernement de la déveine qui se réveille la nuit ou l’angoisse qui s’excite à la pointe de chaque aurore.

    Confirmer la volonté de l’Etat de loger la presse nationale et le secteur de l’information dans la place privilégiée qui lui sied ne doit pas se limiter uniquement à un discours circonstanciel. En la dotant de garanties, la constitution et les textes subséquents , oblige par la règle de droit l’ensemble des segments des pouvoirs publics de lui assurer les différentes formes de soutien et de facilitation à même de lui permettre de s’acquitter de ses honorables missions. C’est en l’absence de cette couverture légale, de ce défaut d’approvisionnement qu’apparaissent parfois et c’est selon, ou des frasques, des dérives ou des empêchements de dévoiler l’un ou l’autre coté d’une vérité.

    C’est par une chronique de presse que l’on défraie les chroniques du temps. C’est par un déni de chronique que l’on risque de rendre ainsi le malaise chronique et incurable. Le chroniqueur c’est cette rubrique qui arrive en pleine placidité de l’actualité. Quotidienne ou hebdomadaire, elle se greffe telle un tubercule au goût amer mais utile et entretenant. On le case, ce scribouillard dans les épithètes les plus infimes. Toujours de bon aloi mais refusant les attache-mains ce chroniqueur, quand il n’est pas cogné de front, est sérié comme un terroriste des règles syntaxiques, canoniques. Le journaliste sous toutes ses formes d’expression n’est pas un opposant à la nation, s’il manifeste son droit à ne pas partager la même vision que celle d’un régime, d’une gouvernance centrale ou d’une gestion locale. Il est toujours en droit de transmettre ce qui se passe, à charge pour l’acteur du fait le plus souvent répréhensible de ne pas user de haine ou de réprimandes.

    Si un constat est debout, le chroniqueur le glose. Il n’a rien à justifier, sauf sa liberté. C’est un peu comme un art photographique, il y a une prise, il y a un commentaire. Sa simulation à lui se dessine, pour certains dans l’usage du pléonasme, de la métaphore et de l’idée dérisoire et indirecte. Pour d’autres, le dessin est clair, le mot tranchant, direct et franc. C’est dans le dépècement de la réalité que l’exalté de la presse en général rencontre la bonne et mauvaise humeur. Il l’expurge pour en faire un fait saillant. Le suspendre, le blâmer c’est faisable, figer son sens ou l’abattre est peine égarée. Laissez-le dans ses joies illusoires.

    Je me suis tout le temps dis que la liberté d’expression et le devoir de vérité doivent être, comme un couple uni ; au diapason de la symbiose qu’exige une société moderne, ouverte et transparente. L’un ne s’oppose pas à l’autre. C’est en s’assemblant dans une complémentarité objective que l’information utile et efficace produira tous ses effets. Je dirai également en étant tout convaincu que seul le professionnalisme est apte à consolider davantage les multiples et importants acquis obtenus par l’ensemble de la corporation. Comme dans tout corps, la biologie, la mauvaise envie de survie, l’avidité ou l’enténèbrement peuvent provoquer des scories, des altérations et mêmes des travestissements. La presse s’interdit les caprices et les prises de gueules. Ses vertus ne sont qu’un rapport liant un fait à une information, au plus à un commentaire. En faire un poclain à détruire les uns ou un tremplin à faire hisser les autres c’est sortir de toutes les lignes morales et profaner ainsi la sacralité d’une noblesse. Cette presse, symbole de liberté d’expression et de démocratie n’a pas cessé durant son existence à s’inscrire avec toutes les souffrances dans le propre noyau du métier qu’elle exerce. Si le métier était dans le cœur, le talent dans la plume, le brio dans le son et l’art dans l’image, la presse n’en serait plus là où certains tentent de l’accrocher. La production journalistique n’est donc qu’une réaction à une action. Elle diffère selon l’intensité et le degré. Elle fait le mal et le bien, elle attribue des louanges et des réprobations. C’est le fait du jour, la nature des choses et le factuel qui une fois intériorisés tentent par petits mots à s’extérioriser au moyen d’une graphie totalement désarmée.

    Forte et munie de son expérience, de son combat et de ses luttes contre l’obscurantisme et les velléités anti-démocratiques, la presse nationale a traversé avec honneur et gloire des moments tantôt exaltants, tantôt complexes. En conséquence de quoi elle se fait et se rend nécessaire de jour en jour. Les grands acquis ont été le fruit de longs combats menés contre les forces occultes et des sacrifices ainsi consentis par celles et ceux qui ont choisi cette voie, celle du plus difficile et contraignant métier. C’est à la mémoire de ces gens là, que nous devons savoir rendre les dignes hommages et ne pas se taire sur les tares d’ici et d’ailleurs. Alors ; excusez-nous Messieurs d’en haut, si l’on parle encore et encore de vous, de vos chinoiseries, de vos parodies et aussi de nos désillusions et nos déterminations.
    par El Yazid Dib  

                                                             

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5268123&fbclid=IwAR0F_MLSC73a8u96-ocV7_bSKlUf6UGZPR4Op3a22dM


  • Presse : liberté et devoir - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
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    Presse : liberté et devoir
    Publié le 25 octobre 2018 par S. Sellami

    Quel mal aurait commis ce journaliste qui nous fait lire une actualité que chacun l’en veut à sa façon ? Le mal serait dans l’acte rapporté par l’information et non pas dans le contraire. 

    A quel moment le talent d’un chroniqueur devient-il à propos agaçant, et déplaisant ? Des qu’il franchit la ligne rouge. Mais en fait cette ligne, qui la connaît avant de savoir qui est habileté à tracer ses contours ? Dire que la légalité est bafouée, le pouvoir d‘achat s’est dégringolé, les walis sont devenus des quelconques, le discours ministériel est une comédie, n’a rien de mauvais tant que le constat ainsi dressé est généralisé et consensuel. Il écrit ce que tout le monde converse et dit. Il essaye d’apprivoiser son surligneur par tout style utile au discernement de la déveine qui se réveille la nuit ou l’angoisse qui s’excite à la pointe de chaque aurore. 

    Confirmer la volonté de l’Etat de loger la presse nationale et le secteur de l’information dans la place privilégiée qui lui sied ne doit pas se limiter uniquement à un discours circonstanciel. En la dotant de garanties, la constitution et les textes subséquents , oblige par la règle de droit l’ensemble des segments des pouvoirs publics de lui assurer les différentes formes de soutien et de facilitation à même de lui permettre de s’acquitter de ses honorables missions. C’est en l’absence de cette couverture légale, de ce défaut d’approvisionnement qu’apparaissent parfois et c’est selon, ou des frasques, des dérives ou des empêchements de dévoiler l’un ou l’autre coté d’une vérité. 

    C’est par une chronique de presse que l’on défraie les chroniques du temps. C’est par un déni de chronique que l’on risque de rendre ainsi le malaise chronique et incurable. Le chroniqueur c’est cette rubrique qui arrive en pleine placidité de l’actualité. Quotidienne ou hebdomadaire, elle se greffe telle un tubercule au goût amer mais utile et entretenant. On le case, ce scribouillard dans les épithètes les plus infimes. Toujours de bon aloi mais refusant les attache-mains ce chroniqueur, quand il n’est pas cogné de front, est sérié comme un terroriste des règles syntaxiques, canoniques. Le journaliste sous toutes ses formes d’expression n’est pas un opposant à la nation, s’il manifeste son droit à ne pas partager la même vision que celle d’un régime, d’une gouvernance centrale ou d’une gestion locale. Il est toujours en droit de transmettre ce qui se passe, à charge pour l’acteur du fait le plus souvent répréhensible de ne pas user de haine ou de réprimandes. 

    Si un constat est debout, le chroniqueur le glose. Il n’a rien à justifier, sauf sa liberté. C’est un peu comme un art photographique, il y a une prise, il y a un commentaire. Sa simulation à lui se dessine, pour certains dans l’usage du pléonasme, de la métaphore et de l’idée dérisoire et indirecte. Pour d’autres, le dessin est clair, le mot tranchant, direct et franc. C’est dans le dépècement de la réalité que l’exalté de la presse en général rencontre la bonne et mauvaise humeur. Il l’expurge pour en faire un fait saillant. Le suspendre, le blâmer c’est faisable, figer son sens ou l’abattre est peine égarée. Laissez-le dans ses joies illusoires. 

    Je me suis tout le temps dis que la liberté d’expression et le devoir de vérité doivent être, comme un couple uni ; au diapason de la symbiose qu’exige une société moderne, ouverte et transparente. L’un ne s’oppose pas à l’autre. C’est en s’assemblant dans une complémentarité objective que l’information utile et efficace produira tous ses effets. Je dirai également en étant tout convaincu que seul le professionnalisme est apte à consolider davantage les multiples et importants acquis obtenus par l’ensemble de la corporation. Comme dans tout corps, la biologie, la mauvaise envie de survie, l’avidité ou l’enténèbrement peuvent provoquer des scories, des altérations et mêmes des travestissements. La presse s’interdit les caprices et les prises de gueules. Ses vertus ne sont qu’un rapport liant un fait à une information, au plus à un commentaire. En faire un poclain à détruire les uns ou un tremplin à faire hisser les autres c’est sortir de toutes les lignes morales et profaner ainsi la sacralité d’une noblesse. Cette presse, symbole de liberté d’expression et de démocratie n’a pas cessé durant son existence à s’inscrire avec toutes les souffrances dans le propre noyau du métier qu’elle exerce. Si le métier était dans le cœur, le talent dans la plume, le brio dans le son et l’art dans l’image, la presse n’en serait plus là où certains tentent de l’accrocher. La production journalistique n’est donc qu’une réaction à une action. Elle diffère selon l’intensité et le degré. Elle fait le mal et le bien, elle attribue des louanges et des réprobations. C’est le fait du jour, la nature des choses et le factuel qui une fois intériorisés tentent par petits mots à s’extérioriser au moyen d’une graphie totalement désarmée. 

    Forte et munie de son expérience, de son combat et de ses luttes contre l’obscurantisme et les velléités anti-démocratiques, la presse nationale a traversé avec honneur et gloire des moments tantôt exaltants, tantôt complexes. En conséquence de quoi elle se fait et se rend nécessaire de jour en jour. Les grands acquis ont été le fruit de longs combats menés contre les forces occultes et des sacrifices ainsi consentis par celles et ceux qui ont choisi cette voie, celle du plus difficile et contraignant métier. C’est à la mémoire de ces gens là, que nous devons savoir rendre les dignes hommages et ne pas se taire sur les tares d’ici et d’ailleurs. Alors ; excusez-nous Messieurs d’en haut, si l’on parle encore et encore de vous, de vos chinoiseries, de vos parodies et aussi de nos désillusions et nos déterminations. 
                                                 par El Yazid Dib                                                          

                                                             

     

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5268123&fbclid=IwAR0F_MLSC73a8u96-ocV7_bSKlUf6UGZPR4Op3a22dM


  • SAÏD BOUHADJA, PRÉSIDENT DE L’APN, À “LIBERTÉ” : “Cette affaire ira très loin” – Salimsellami’s Blog
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    SAÏD BOUHADJA, PRÉSIDENT DE L’APN, À “LIBERTÉ”
    “Cette affaire ira très loin”

    La majorité parlementaire s’apprête à élire aujourd’hui un nouveau président de l’APN. Saïd Bouhadja, qui demeure convaincu qu’il reste “le président légal et légitime de l’Assemblée”, affirme, dans cet entretien, que cette affaire “ne sera pas sans conséquence”.

    Liberté : Le FLN a proposé un candidat à votre succession à la tête de l’APN. Le RND le soutient. Quel commentaire en faites-vous ?
    Saïd Bouhadja : Ma position est claire. Toutes les décisions émanant du bureau de l’Assemblée sont illégales. La séance plénière de demain mercredi est illégale et donc le nouveau président forcément illégitime. Et quoi qu’il arrive, ils n’auront pas ma démission. Je reste et je demeure le président légal et légitime de l’APN. Parce qu’il s’agit là de la politique du fait accompli dans l’État de droit. Leur démarche prouve leur incapacité à régler un problème avec le président d’une Assemblée élue. Leur recours d’ailleurs à la “baltaguia” pour un objectif illégal démontre clairement qu’ils sont en panne de solutions.

    Vous avez déjà eu à déclarer que ce conflit dépasse la personne de Saïd Bouhadja. Selon vous, quel est le véritable enjeu ? 
    Je ne sais pas quels sont leurs objectifs, mais je crois que la question dépasse la personne de Saïd Bouhadja et l’Assemblée. Comme ils ont déclaré l’incapacité et la vacance du poste de président de l’APN, alors que je suis présent et en bonne santé, je suis en droit de penser qu’ils ont d’autres visées.

    Lesquelles ? Pouvez-vous être plus précis ?
    Je préfère m’astreindre à cela.

    Certains vous reprochent de ne pas avoir agi. Vous auriez pu déposer plainte ou alors réquisitionner la police lorsqu’il a été procédé au verrouillage de l’accès à l’APN, mais aussi à votre bureau…  
    D’expérience, il est établi que le recours à la justice ne mène à aucun résultat. Tout comme je ne peux pas réquisitionner la police alors que même ma garde rapprochée m’a été retirée. Il faut comprendre que des décisions graves ont été prises alors que j’étais encore dans mon bureau.

    Que comptez-vous faire maintenant ?
    J’ai un enregistrement dans lequel ces mêmes membres du bureau de l’Assemblée, qui ont déclaré l’incapacité et la vacance du poste de président, font l’éloge de ma personne. Et il s’agit d’un enregistrement officiel, puisque mes réunions avec le bureau de l’Assemblée sont enregistrées. Dans cet enregistrement donc, que je rendrai public le moment venu, ils reconnaissent les réalisations que j’ai accomplies et louent ma façon de diriger les séances plénières. Ils reconnaissent le fait que c’est la première fois dans l’histoire de l’Assemblée que 19 projets de loi ont été votés en l’espace d’une année. Aussi, que j’ai pu faire apaiser les esprits à l’Assemblée, et faire régner une atmosphère de débat paisible.

    Y a-t-il d’autres actions plus concrètes ?
    Il y a une mobilisation des troupes en ce moment. La famille révolutionnaire, dans son ensemble, est de mon côté. De larges pans de la société civile, aussi. Ce qu’ils ont fait est immoral et incivique, et il faut savoir que les Algériens ont atteint un degré de maturité qui leur permet de faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises intentions. Et ils ne vont pas se taire. Je ne pense pas qu’une telle démarche illégale restera sans conséquence.

    Vous avez écrit à Abdelaziz Bouteflika, tout comme vous avez déclaré que la présidence de la République était du côté de la légalité. Pourquoi n’y a-t-il aucune réaction ?
    J’ai écrit au président de la République, et je ne suis pas pressé. Nous avons le souffle long. Parce qu’une entité d’un parti politique ne peut pas s’exprimer à la place du président du même parti, qui est le président de la République. Cette affaire ira très loin, et la guerre durera longtemps. Nous n’avons pas l’intention de nous arrêter là. Cette affaire intéresse en premier lieu le président Abdelaziz Bouteflika parce qu’il s’agit, dans ce cas de figure, de porter atteinte aux acquis et aux réalisations qui ont été accomplis pendant son règne. Et je parle là de la consécration de l’État de droit, de la séparation des pouvoirs et du respect des institutions de la République.

    LIBERTE
    Entretien réalisé par : Mehdi Mehenni                                                                                                                                                                  https://lakoom-info.com/said-bouhadja-president-de-lapn-a-liberte-cette-affaire-ira-tres-loin/?fbclid=IwAR2KT8kLVV7zoKYfeSojo4z0DvmPT


  • Syrie : Dessine-moi un complot par Michel Raimbaud – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/24/syrie-dessine-moi-un-complot-par-michel-raimbaud
    http://www.zejournal.mobi/media/images/post/2018/10//SyrieDessineMoiUnComplot3.jpg

    Incrusté dans l’actualité depuis mars 2011, pris en main par des médias de révérence, des intellectuels peu courageux et des dirigeants souvent ignares, le conflit de Syrie s’est vu classé illico presto à la rubrique des sujets qui fâchent et des nerfs qui lâchent. On connaît la doxa qui a pu s’imposer à la faveur de cette conjonction des médiocrités, qui ne fait pas honneur à notre vieille France éternelle.

    A défaut de provoquer un séisme cérébral ou un remue-méninge, la tournure des évènements depuis la libération d’Alep en décembre 2016 a fini peut-être par bousculer quelques certitudes, mais il serait exagéré de dire, deux ans plus tard, que l’électricité a été totalement rétablie dans la patrie des lumières. On perçoit seulement, au compte-goutte et au microscope, des lueurs fugaces perçant l’obscure clarté qui tombe des étoiles de notre intelligentzia.

    Curieusement, beaucoup d’ennemis « déclarés » de la Syrie font preuve de plus de clairvoyance que les cerveaux paresseux de notre microcosme. Ils se rendent compte et admettent que les avancées de la reconquête du territoire syrien par l’armée nationale, allant de pair avec les accords de réconciliation en série, ont créé une dynamique qui semble irréversible et leur interdit tout espoir de rétablissement stratégique.

    Pourtant, en ces mois d’automne, marqués pêle-mêle par l’Assemblée Générale des Nations-Unies, la campagne américaine de mi-mandat, des bruits de bottes autour de l’Iran, des passages orageux entre la Russie et ses « partenaires » d’Ankara ou de Tel-Aviv, voire de ténébreux épisodes comme l’affaire Khashoggi, la Syrie n’a pas été épargnée : gesticulations verbales des Occidentaux et autres agresseurs, frappes et menaces de frappes, grandes manœuvres de petits comploteurs, sans compter le suspense sur Idlib et le nord-est syrien. Des mises au point sont venues, à un rythme inhabituel. On en conviendra, les dirigeants de Damas n’ont jamais transigé sur l’essentiel.

    La souveraineté de la Syrie, l’indépendance de son peuple et l’unité de son territoire s’imposent comme des principes incontournables. Toutes les forces étrangères présentes en Syrie sans consentement du gouvernement, y compris les forces américaines, françaises et turques, sont des forces d’occupation et doivent se retirer immédiatement et sans condition. L’Etat syrien est déterminé à reconquérir chaque pouce du territoire national : c’est son devoir et un droit non négociable. Qui le contestera, à part les pharisiens professionnels ?

    Le peuple syrien est le seul à pouvoir décider de l’avenir de son pays. Il en va ainsi de la constitution. La Conférence de Sotchi, qui a débouché sur la création d’un comité et non pas sur un texte nouveau, est donc bien perçue. Qui oserait dire que Damas a tort, sinon les obsédés de l’ingérence ?

    La lutte contre le terrorisme s’achève. « Celui qui s’est battu contre le terrorisme à votre place ne cèdera pas aux menaces d’une coalition internationale illégale dirigée par les États-Unis ». Qui pourra soutenir de bonne foi que cette coalition est bien placée pour donner des leçons ?

    La Syrie insiste en toute occasion sur la concertation et la coordination avec la Russie, pays ami. L’accord sur Idleb, conclu à Sotchi le 17 septembre avec Ankara et préparé par des consultations intensives entre Damas et Moscou est bien accueilli, mais le régime d’Erdogan qui continue de louvoyer ne l’est pas. Les amis de nos amis sont-ils nécessairement nos amis ?

    La communauté internationale doit obliger Israël à appliquer les résolutions de l’ONU, qu’il s’agisse du Golan occupé, que la Syrie est déterminée à récupérer, ou des droits imprescriptibles des Palestiniens : un État indépendant avec Jérusalem pour capitale, le droit au retour des réfugiés. Mais ne faudrait-il pas changer de « communauté internationale » ?

    Ecrivant « le dernier chapitre de la crise », les Syriens sont déterminés à unir leurs forces pour effacer les effets de la guerre par la réconciliation, le retour des réfugiés, la reconstruction. L’aide des amis sera bienvenue. Mais pourquoi déroulerait-on le tapis rouge aux agresseurs qui ont détruit le pays ?

    Malgré cette détermination inébranlable, la soif de revanche des ci-devant-révolutionnaires et des « amis du peuple syrien » est telle que leur verbe reste haut perché et leur vindicte intacte. Le 11 janvier 2018 (on se souviendra peut-être de l’affaire Syrieleaks), un « petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Jordanie, Arabie Saoudite) se réunit secrètement à Washington pour étudier « la stratégie occidentale », déclinée en quatre objectifs nets et sans bavures : la partition du pays, le torpillage du processus « russe » de Sotchi, le recadrage » de la Turquie, la feuille de route de Steffan de Mistura, envoyé du Secrétaire Général des Nations-Unies.

    Parlant le 17 janvier à l’Université de Stanford, en compagnie de Condoleeza Rice, l’ex-Secrétaire d’Etat Tillerson précisera que l’Amérique veut rester dans le nord syrien pour empêcher le retour de Da’esh (sic), y endiguer l’influence de l’Iran et empêcher Assad de rétablir son contrôle sur les zones évacuées par Da’esh.

    Six jours plus tard, notre aréopage comploteur, rebaptisé à cette occasion « Groupe de Washington », se retrouve à Paris, mettant à profit l’escale dans la ville-lumière pour confirmer ses sombres desseins. Présenté comme la seule voie « légitime », le « retour à Genève » vise à élaborer une solution sous la tutelle des Nations-Unies, mais échappant à Damas : la préférence « fédéraliste » a d’ailleurs un fort fumet de partition. L’objectif est bien de marginaliser ou d’ignorer le « dialogue national » entamé à Sotchi sous le patronage russe (CQFD). L’adhésion de l’Egypte, de l’Allemagne et de la Turquie est envisagée.

    Michel Raimbaud

    Après avoir disparu quelque temps, le groupe prédateur refera surface à la fin de septembre dans un nouveau format, ayant absorbé l’Egypte et l’Allemagne (mais la Turquie est absente, ce qui peut alimenter les spéculations). Le communiqué final exige une « véritable transition » pilotée par l’ONU sous couvert de la résolution 2254, dans un délai d’un mois. Le but de cet ultimatum, dont on sait qu’il restera lettre morte, est de justifier par avance auprès des élites pensantes de l’Empire atlantique une guerre « de basse intensité », seule alternative concevable dans l’évangile selon Saint Donald.

    Bien qu’il soit illusoire dans ce contexte d’attendre de nos intellectuels ou de nos médias un sursaut d’indépendance que Sœur Anne elle-même ne voit pas venir, on tentera pourtant de ne vexer personne. De nos dirigeants qui, évincés du dossier syrien, vendangent les raisins de la colère qu’ils ont semée, lâchons donc la grappe. Convolons vers l’Amérique « indispensable », où nous trouvons James Jeffrey, l’un des dinosaures du néo-conservatisme, un John Bolton en moins renfrogné. Bien coiffé, bien rasé, bien cravaté, l’ambassadeur Jeffrey a un casier diplomatique chargé : il a servi et sévi depuis 2004 en Irak et/ou sur le dossier irakien, sous les ordres de George Debeliou Bush et Condoleeza Rice, avant d’être nommé par Obama ambassadeur à Bagdad en 2010. Donald Trump en a fait l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Syrie. On peut supposer qu’il participe aux réunions du « petit groupe de Washington ». Et c’est donc sans surprise que l’on retrouve, le 9 octobre dernier, notre Jeffrey expédié en Arabie pour prêcher la bonne parole, dans le droit fil des cogitations du « petit groupe » : « La Russie, l’Iran et Assad n’ont pas gagné ». Le Président syrien est « à la tête d’un Etat mort ». La solution ne sera pas militaire, mais politique, via un Comité constitutionnel et des élections. Il faut rebattre les cartes en Syrie, et ne pas laisser la solution aux mains de la Russie, de l’Iran et de La Turquie, en revenant à la logique de Genève (de 2012).

    Jeffrey n’est que l’un des porte-parole de la secte qui – de Debeliou à Trump en passant par Obama – guide l’Amérique et les peuples élus sur les sentiers de la guerre, itinéraires de prédilection des neocons, cette internationale des tontons flingueurs de notre temps. Le terme, produit de la novlangue qui tel un ouragan fait fureur sur nos rivages atlantiques, est certes cocasse pour des oreilles francophones. Mais on ne plaisante pas avec les concepts venus d’Outre-Atlantique, qui auraient paraît-il vingt ans d’avance sur les misérables créations du reste de l’humanité. Bien qu’ils n’appellent jamais par son nom la doctrine qui les inspire et se réfèrent rarement à cette appartenance qui commande leurs faits et gestes, on les reconnaît à ce qu’ils osent tout : en témoignent leurs ravages, leurs comportements de malfrats, leurs menaces insolentes, leurs théories cyniques, proposant aux « ennemis » de l’Amérique ou d’Israël l’apocalypse pour tout horizon. La technique est efficace puisqu’ils ont pu incendier la planète tout en accusant les victimes d’y avoir mis le feu. Ils ont même trouvé parmi les arabes et les musulmans, têtes de turcs de la « communauté internationale », des admirateurs et/ou des complices qui leur trouvent des mérites puisqu’ils n’hésitent pas à s’allier avec ces « croisés ».

    Dans l’Empire Atlantique qui a du mal à envisager la fin de son hégémonie, les neocons semblent incarner la possibilité d’un sursis. Dans ce contexte d’outrances, les formules grossières de la rhétorique donaldienne ne choquent plus : « C’est à d’autres pays, ceux du Golfe notamment, et non pas à l’Amérique, de payer pour la reconstruction de la Syrie », dit Trump qui se trompe énormément. Comme si cette Syrie, qui entrevoit le bout du tunnel et appartient (ô combien) au camp des vainqueurs, comptait sur ceux qui l’ont détruite pour se reconstruire. Il n’est pas inutile d’ôter leurs illusions aux dirigeants fanfarons qui revendiquent des victoires qu’ils n’ont pas remportées, aux diplomates oublieux et aux penseurs déconnectés qui refusent de voir que leur monde n’est plus. Comme le martèle Bachar Al Jaafari, le représentant syrien à l’ONU, « La langue des menaces n’est pas digne du Conseil de Sécurité, la mission des diplomates consistant à empêcher les guerres. Certains membres permanents sont devenus inaptes politiquement, moralement et légalement à défendre la paix et la sécurité internationales ».

    Au milieu du désordre international actuel, la Syrie apporte une lueur d’espoir. Bien qu’elle ne nous ait jamais quittés, elle est pour ainsi dire de retour. Il suffit de voir les Arabes revenant vers Damas (le Bahrein, le Koweit, la Jordanie, l’Irak, sans doute l’Egypte), sans même parler des Etats qui ne l’ont jamais abandonnée : la Syrie reprend peu à peu sa place de « cœur battant de l’arabisme ». Il suffit d’écouter des responsables d’habitude peu enclins à peindre en rose les ciels gris évoquer désormais la « phase finale de la guerre ». Comme le souligne le chef de la diplomatie syrienne devant le Conseil de Sécurité le 4 octobre 2018 : « Il est temps pour certains de sortir de leur déni de la réalité, d’abandonner leurs dernières illusions (…) et de réaliser qu’ils n’obtiendront pas par la politique ce qu’ils n’ont pu obtenir par la guerre. ». « Celui qui s’est lancé dans cette guerre contre le terrorisme international, à la place de vos peuples et de vos gouvernements, ne se soumettra pas au chantage politique ou aux menaces d’une agression militaire ».

    Ceux qu’interpelle ainsi le ministre auront-ils saisi le message ? Plombé par sa feuille de route, Steffan De Mistura a rendu son tablier. Le « groupe de Washington », partisan de la guerre asymétrique et spécialiste du chaos, ne renoncera pas si facilement. Ceci est une autre histoire, une histoire de demain…

    L’auteur, Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan, en Zimbabwe et en Mauritanie, est l’un des grands spécialistes du Moyen-Orient et de la géopolitique post-guerre froide. Nous vous renvoyons vers son excellent livre Tempête sur le Grand Moyen-Orient

    Ecrivant « le dernier chapitre de la crise », les Syriens sont déterminés à unir leurs forces pour effacer les effets de la guerre par la réconciliation, le retour des réfugiés, la reconstruction. L’aide des amis sera bienvenue. Mais pourquoi déroulerait-on le tapis rouge aux agresseurs qui ont détruit le pays ?

    – Source : Comité Valmy                                                             http://www.zejournal.mobi/index.php/news/show_detail/16120


  • PERIL EN LA DEMEURE – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/23/peril-en-la-demeure
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    Qui peut dire quand nos premiers ressorts se sont cassés ?

    Qui peut dire aussi quand s’arrêtera notre descente aux enfers et surtout par quels moyens nous arriverons à infléchir notre tragique et incompréhensible tendance à l’autodestruction ?

    Comment expliquer qu’un peuple qui disait que la propreté était partie intrinsèque de la foi, soit devenu si peu regardant à tout ce qui pollue son pays alors qu’il fait si obséquieusement preuve de bigoterie ?

    Comment comprendre qu’un peuple qui considérait le pain comme sacré, puisse aujourd’hui le donner au bétail par chargements entiers de semi-remorques ou le jeter sans état d’âme, parmi les couches bébés, les arêtes de sardine et les coquilles d’œufs dans les poubelles ?

    Souvenons-nous… Il n’y a pourtant pas si longtemps, quand on laissait tomber par inadvertance un crouton de pain ou un morceau de galette, comment on les ramassait avec délicatesse et comment on les embrassait pour leur demander pardon d’avoir été peu attentionnés envers eux, avant de les manger ou de les déposer dans un lieu propre pour qu’ils servent de nourriture aux chats ou aux oiseaux et regardons cette régression très peu féconde qui nous fait voir à tout bout de champ du pain blanc nourrissant les rats…

    Souvenons nous du brave garde-champêtre d’antan qui, sans armes, faisait régner l’ordre et la discipline, empêchant les enfants de martyriser les mûriers des bords de rue, et dispersant du crézyl sur les sardines quand sonnait onze heures du matin sans se faire supplier ni soudoyer… et comparons un peu avec ces poissonniers d’aujourd’hui qui courent nos quartiers à toute heure, couverts d’un nuage de mouches…

    Regardons ce que nous sommes devenus et dans quelles conditions nous acceptons d’évoluer… égouts éventrés, immondices entassés sous nos fenêtres et dans les espaces où s’ébattent nos enfants, bouteilles en polyéthylène jonchant même nos jardins publics, sachets noirs volant au vent comme lugubres corbeaux, chiens errants squattant impunément nos rues, rats grassouillets évoluant à leur aise entre nos poubelles…

    Très prompts à exiger nos droits en fermant les routes ou en désertant nos postes de travail, nous satirisons sur le mot volontariat et considérons les « campagnes d’hygiène » comme loufoque démagogie.

    Notre taghannant séculaire s’est encore accentuée par l’effet de notre déresponsabilisation héritée d’un socialisme castrant qui nous disait, pourvu que nous fermions nos g…, que le travail est un droit et non un devoir, qui parlait de partage de la rente et non de sa création, qui prétendait tout nous planifier, ne nous laissant aptes à assumer que les seules fonctions biologiques : manger n’importe comment et déféquer n’importe où.

    Et quand ce socialisme de la mamelle fut abandonné, c’est un autre système hybride qui est venu le remplacer : celui de l’apparente aisance gadgétisée par tout ce que l’occident et l’orient produisent en bibelots que nous importons par pleines cargaisons et qui viennent colorer nos étals pour un temps pour surcharger ensuite nos décharges pour toujours…

    Ce « libéralisme » débridé ne semble nous avoir été imposé que pour que nous servions de réceptacle aux trop-pleins d’ailleurs. Nos professionnels de l’import-import, courant d’Istambul à Pékin pour nous ramener les tissus bas de gamme, les jouets débiles, les cosmétiques aux formules douteuses, les gadgets électroniques de contrefaçon jusqu’aux voitures et camions hors normes…

    Faut-il alors s’étonner, dans ce pays devenu un vaste dépotoir, de constater, outre l’hécatombe routière conséquente aux défauts de fabrication, la recrudescence vertigineuse de toutes les pathologies que nous ne connaissions presque pas, de l’asthme et des maladies allergogènes au diabète, à l’hypertension et aux autres maladies à causes alimentaires, aux cancers de différents types que nous inoculent tous ces produits non contrôlés, toutes ces nuisances auxquelles nous sommes soumis ?

    Aujourd’hui ce n’est plus la sirène d’alarme qu’il faut tirer… C’est la forme de gouvernance qu’il est impératif de changer et la prise de conscience populaire qui doit absolument s’imposer à tout le peuple car le péril en la demeure, toute la demeure, n’est plus potentiel mais patent…                                                                                                                                         Publié par Mohamed Adjou                                                       https://rictus10.blogspot.com/?fbclid=IwAR1K_I1HNAaZ5ytGl8Dse3fhTAO-BbTqZ57yDakdbT9S5jzbuXFTn7b


  • Mélenchon gardé à vue par Médiapart – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/23/melenchon-garde-a-vue-par-mediapart
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    Victime d’une embuscade Mélenchon accuse Macron. C’est de bonne guerre. Mais au-delà de ce doigt pointé nous devons nous interroger sur le rôle de journalistes qu’il n’est même pas utile de tirer au sort pour qu’ils acceptent de de faire partie des pelotons d’exécution. Et la justice, qui a cessé d’être aveugle, marche en cisaille avec ce qui ne mérite plus le nom de « presse ».

    Il y a des lunes que, portant le projet sur les fonts baptismaux de Yann Barthès, Edwy Plenel a déclaré : « Avec Tariq nous allons construire une maison commune ». Ce petit nom, « Tariq », recouvre l’immensité de Ramadan, savant islamique vénéré aimant Dieu et tous les seins. Un petit pépin de justice retarde le moment où le divin scientifique va poser ses valises à côté du peigne à moustaches d’Edwy. Faudrait que les choses s’accélèrent. Restent des arbitrages importants, par exemple la façon de garnir la bibliothèque dont on sait qu’elle ne recèlera que des livres saints, Trotski, al-Banna et bien sûr les œuvres complètes de l’émir du Qatar ? Ici la paire ne doit pas faire d’impair. On notera un détail : les chambres à coucher sont privées de tables de nuit. En effet, s’il y a perquisition –une action douce et légale qui menace tous les révolutionnaires-, il ne faudrait pas, somme donnée au hasard, qu’un flic trouve 12 000 euros dans un tiroir. Juste au-dessus du vase de nuit. C’est alors que saisis par l’article d’un journaliste de « Médiatarte » pratiquant la version policière du métier, quelques fonctionnaires du Parquet National Financier (PNF), s’en viendraient semer leur zone dans « la maison commune ». « Ou-la-la ! Ne sont-ce pas là des euros libyens ou de Zanzibar ? Venus des rives du Brahmapoutre où ils ont été blanchis depuis des maravédis. N’ont-ils pas alimenté une campagne électorale ? »

    Ma contine n’est pas très éloignée de l’actualité. Certainement pas plus que certains articles d’un nommé Arfi, un célèbre garçon qui écrit – très mal -, dans « Médiapart ». Une fois de plus, fidèle à la philosophie du maître Plenel, Arfi et ses potes se veulent non pas flics mais policiers, non pas magistrats mais juges. Ce Pulitzer vient de pécher un grand bandit : Jean-Luc Mélenchon. Manquent les menottes. Et puisqu’avec la « Maison commune » nous sommes dans un élan maçon je suggère que les locaux du site web soient agrandis afin d’y ouvrir une annexe du Palais de justice. Si Renzo Piano est trop occupé (à reconstruire le pont de Gênes), Alain Bauer, célèbre maçon et « expert » en criminologie, peut fournir les meilleurs plans. Et ce dispositif permettrait de licencier quelques juges inutiles.

    En effet, il n’est plus guère de dossiers de justice, en tout cas les plus « sensibles », qui ne passent en préalable par la chambre d’accusation de « Médiapart » Un exemple. J’ai sous les yeux une requête que des magistrats du PNF viennent d’adresser aux juges de Londres. En appui à leur demande les magistrats français ne font allusion à aucun procès-verbal, a aucune évidence, à aucun relevés de comptes crapuleux… En revanche ils bétonnent leur supplique par une kyrielle d’articles de « Médiapart » chargés de faire loi. Glissement progressif du plaisir, nos lois pénales laissent la place au Code Napoléon-Trotski.

    « Mediapart », le Pic de la Mirandole du vrai (jamais du « peut-être »), qui -avec élégance et dans le seul souci de vérité- révèle que Sophia Chirikou (la directrice de campagne des « Insoumis »), dort parfois chez Mélenchon, est donc le rouage d’une machine qui va nous sauver : la transparence. Amusez-vous à suivre « le fil » de « Médiapart », et les querelles qu’il suscite. L’exercice est facile. Il suffit d’avoir de bons nerfs et une bouteille de layon, forcément bonne. Vous allez constater que « le monde de Médiapart » est celui de la croyance, une planète à part essentiellement composée de fidèles. Convaincus que tout le monde ment sauf Plenel et qu’heureusement qu’il est là pour être procureur. L’abonné est un catéchumène, l’impatient du narthex qui préfère crever plutôt que de douter du dogme. Que mon vieil ami Edwy ait construit son usine à certitudes, c’est sa liberté. Mais quand la justice vient plonger dans sa boîte à outils pour en tirer argument, il y a danger.

    Ne venez pas me bassiner avec le respect dû au « quatrième pouvoir ». La liberté de la presse est morte et moi-même ne me sens pas très bien. La majorité des journalistes ne sont plus que des employés oints d’un mystérieux chrême qui les fait détenteur de la vérité comme d’autres sont faits moines. Nous vivons sur une planète médiatique endogamique, composée essentiellement de fils « de », mais de toute façon de gosses de riches (tout sondage opéré à l’entrée d’une « école » de journalisme démontre que les origines sociales de ces étudiants crèvent tous les plafonds des catégories sup-sup). Je vous entends objecter que nous avons, Dieu merci, une magnifique brochette d’ « investigateurs ». Prêts à nous sauver, comme Noé et son arche. Parfait. Mais, en tant que vieux mécano, permettez-moi de décrire la mécanique de ces enquêtes du genre nouveau monde.

    Un magistrat a un tuyau, un soupçon, un doute. Mais pas assez de preuves pour agir. Il livre alors « l’information » à un ami « investigateur ». Qui publie la chose sans risque d’être poursuivi en diffamation puisqu’il remplit sa mission, celle d’informer et qu’il est donc réputé « de bonne foi ». Et le magistrat, reprenant au vol la vérité de presse qu’il a initiée, justifie ainsi décision de mettre illico en examen, ou en prison, des hommes ou des femmes qui peuvent aussi être innocents. Imaginons alors qu’un Prix Albert Londres soit décerné à un « investigateur »… à qui le donne-t-on ? Au journaliste ou au juge ?

    En passant dans les rayons d’une librairie je viens de lire la quatrième de couverte du dernier chef d’œuvre de monsieur Arfi, un garçon qui se fait une réputation en ruinant celle des autres. On y annonce que ce pas laid de la découverte : « a aussi dévoilé le scandale du possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, qui a valu à Nicolas Sarkozy une récente mise en examen ». Admirez : on affirme le « scandale » …mais on lui accole le bémol du « possible ».On est sûr de ce que l’on écrit… mais pas tant.

    Faudrait savoir mon gars, c’est vrai ou c’est faux ? Tiens je vais faire comme toi, parler de moi. En août 1985, quand ton patron Plenel affirmait que le « Rainbow Warrior » avait été coulé par une escouade de militants RPR basés en Nouvelle Calédonie, j’imprimais : « La DGSE a fait couler le Rainbow Warrior ». Le tout sans l’aide d’un « possible ». Avec ta méthode, en décembre 1894 en pleine instruction conduite par des juges militaires, un « investigateur » (on disait alors un journaliste) aurait pu fièrement publier : « Dans la trahison vers l’Allemagne, je suis celui qui a révélé le rôle de l’espion Dreyfus »… Grand merci Edwy, par ta grâce il existe donc en France une forme de condamnation anticipée, de juridiction « Médiapart ». Un détail pour clore mon Dalloz, avez-vous remarqué que tous ces « scandales » dénoncés le sont dans un moment judiciaire particulier, celui de l’instruction. Ce qui veut dire que le magistrat, violeur de secret, peut être démenti par ses pairs, ceux de l’immédiat, et au bout du compte par le tribunal ! Pas grave puisque « Médiapart » n’assure pas l’après-vente de son département crucifixion.

    Si j’aime tant Edwy c’est qu’il est un homme indispensable, d’un métal rare, si merveilleux et utile qu’il faudrait le mettre sous cloche au muséum : c’est un homme sans passé. Il vous balance le RPR dans l’affaire du Rainbow Warrior, mais ressort de l’histoire comme son grand révélateur. Faites un tour sur Wikipedia, on doit toute la vérité de cette affaire à l’ami de Ramadan. Il a dirigé « Le Monde » avec l’ultra libéral Minc et le franc Colombani… pas grave. Dans les maternelles on apprendra bientôt qu’Edwy est un mixte de l’Affiche Rouge et de Walter Benjamin. La prochaine « Maison de la Presse Libre », le prochain « Comité national de déontologie » sera confié à Edwy. C’est comme ça, Plenel est à la fois planant et amphibie. En incidente je précise, pour être parfaitement clair dans mon intention la plus profonde à propos de Sarkozy : que cette chasse aux sous de sa campagne est une perte de temps, et d’argent (beaucoup). Après les crimes que ce président a provoqués, ou couverts, en particulier en Libye et en Syrie, sa vraie place est à la Cour Pénale Internationale, pas au PNF.

    Je n’ai pas besoin de la carte du mouvement de JLM pour me croire insoumis. C’est une vieille discipline vécue en petite compagnie : un devoir de journaliste. Donc, en rien « militant », je suis indigné après cinquante-cinq années de carte du sort fait à JLM par des êtres que je ne nomme plus « confrères ». La dissolution de l’ORTF a produit un monstre, celui d’une fausse liberté qui se veut sans entraves. Les laisses ont disparu mais l’ordre discret, le « au pied Médor » est toujours actif. Avec en prime, et ça c’est fort, le faux argument de l’indépendance et de la liberté au prétexte que la ficelle ne se voit plus. Alors allons-y, contre Mélenchon c’est à la fois le « dos et le tres de mayo ». Le tir à vue est un devoir pour qui veut garder sa place et sa conscience. Mélenchon : c’est Bachar ! A l’ORTF, un éditorialiste aurait craché sur les Insoumis, mais lui seul. Les autres confrères auraient fait le boulot en fermant leur gueule sans plus avant de se lancer dans la chasse au logeur de Chirikou. Disons qu’il y avait devoir de réserve. Et je ris de voir ces animateurs de télévision, personnages de Labiche qui, parlant des « Insoumis » entendent avoir le sérieux de Prix Nobel.

    Les perquisitions qui mettent JLM en bouillon sont un avatar qui ne m’étonne pas, qui ne m’indigne pas. Quand on est un militant politique honnête, dérangeant et indocile, qui ne se couche pas devant les oligarques, il faut s’entrainer, tôt le matin, au bruit du toc toc à la porte, et savoir que ce n’est pas le laitier. Là je m’étonne que JLM s’étonne. Une perquise ? C’est une Légion d’Honneur. Elle démontre que vous êtes un ennemi, elle vous situe, elle vous définit. Bien sûr que la centaine de policiers, la coordination de l’opération coup de poing a un sens ! Mélenchon ne l’a pas saisi. Elle fait de lui un Zapata et il s’indigne comme Méhaignerie. Y’a méprise. Pourquoi son désir d’intégration au système est tel qu’il crie ? Comme un membre maltraité d’un club auquel il n’appartient pas. JLM faut pas gueuler, tu n’auras jamais ton rond de serviette à l’Assemblée ou dans les médias, c’est-à-dire la même musique. En revanche tu peux avoir le rond et la serviette dans le peuple. Alors, perquisition ? Garde à vue ? Rions ! Souviens-toi qu’en 1994 les mêmes policiers ont refusé d’exécuter une perquisition au domicile des époux Tibéri !

    Cette justice est celle qui, à Bar-le-Duc, a provoqué la pendaison en cellule d’un malheureux libérable. Victime de deux magistrates ayant rédigé un faux jugement le supplicié est resté illégalement en tôle et s’est suicidé. Et ces deux-là n’ont même pas été réprimandées par la CSM, le Conseil Supérieur de la Magistrature. La justice, c’est ça, cher JLM : elle est à Bar-le-Duc. Mais pas dans la salle des colonnes de l’Assemblée où toi et tes amis ne sont que les participants à un épisode du « Loft ».

    Pris ailleurs, par cette Assemblée qui t’est inutile, par la gestion du mouvement, par les discours, tu as trop perdu le fil de la liberté et tu n’as pas été assez vétilleux quand, pris en triangulaire par ses amis, le « Canard enchainé » et le PNF, l’insupportable Fillon a été décapité. Pas vétilleux davantage quand les juges ont mis le feu aux jupes de Marine Le Pen, voire aux talonnettes de Sarkozy, et cette phrase m’est difficile à écrire. Dans les manifs, depuis très longtemps, j’ai toujours été estomaqué d’entendre, hurlé par des types sans doute sincères, « le fascisme ne passera pas ». Je ne vais donc pas vous rejouer cette scène, aujourd’hui d’une outrance ridicule, en citant le pasteur allemand Martin Niemöller. Avant d’être conduit à Dachau il écrivait sous Hitler : « quand les nazis sont venue cherche les communistes, je j’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. » . Et clouons le cercueil de la liberté avec cette phrase du douloureux Kateb Yacine : « Quand l’ignorance devient la norme, la vérité devient un péché ».

    A mon sens, ce que tu n’as pas totalement compris, cher JLM, c’est que la machine, les corps « constitués » nous gouvernent aussi. Macron ou pas, ils sont capables de nous étrangler sans même un ordre suprême. Presse ou justice ? Revenons à Eisenstein : c’est toujours la « Ligne générale » qui tranche. Nous vivons sous un régime « d’état d’urgence », avec des « bavures » qui n’en sont pas. Où un policier sans état d’âme peut se substituer au laitier et s’en aller sortir du lit un responsable politique pour le mettre nu.

    Jacques-Marie BOURGET

    PS. Pour le croire il faut avoir vu, sur Soir 3 le mardi 16 octobre, une journaliste questionner le secrétaire adjoint du syndicat policier Alliance. La délinquante (puisque complice) demandait au flic de réagir aux vidéos du Mélenchon en colère… Savez-vous, à France 3 et dans la police, qu’il s’agit ici d’un acte illégal ? Ce témoin au-dessus de tout soupçon violant à la fois le secret professionnel et le secret de l’instruction. Voilà le journalisme du nouveau monde, c’est la police qui parle.

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  • LES FAUX ALIBIS – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/22/les-faux-alibis/?fbclid=IwAR3e6S60Ar8D43ZApirBUcuqKIfIliPSgxK9BbfNz-cqaIg4hU
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    Il y’eut d’abord Lledo en 1993 puis Ferhat et Sansal et aujourd’hui Allouache…

    On se bouscule devant le mur des lamentations, kippa sur la tête, non pas pour montrer aux Juifs qu’on les aime bien… ils ne l’ont même pas demandé !… mais juste pour ne pas déplaire aux lobbys sionistes qui déterminent les sympathies américano-européennes et donc la faveur des médias, des prix divers et de la promotion sociale chez les gens « civilisés »…

    On fait aujourd’hui preuve de basse obédience au sionisme en justifiant cette ignominie par le refus de s’inscrire dans l’antisémitisme, accréditant l’idée que sionisme et judaïté sont synonymes en faisant tout pour faire admettre en parallèle l’idée que l’islamité équivaut à l’islamisme…

    Et d’aucuns, se voulant moins royalistes que les rois, défendent ces options opportunistes en faisant valoir que l’on ne peut être plus palestiniens que les palestiniens et que Mahmoud Abbas accepte bien de serrer la main à Natanyahou… et si c’est ainsi, il est malvenu de demander à Sansal ou Allouache, Lledo ou Ferhat de refuser de se « produire » médiatiquement et physiquement à Tel Aviv…

    C’est un raisonnement qui se tient…

    Qui se tient même très bien si on considère que l’opposition au sionisme est un acte de solidarité racial, géographique ou religieux…

    Dans notre naïveté, nous pensions que le rejet du sionisme est une position de principe contre un mouvement raciste, intolérant, génocidaire et que tout homme épris de paix, de justice, d’humanisme et de tolérance, qu’il soit chrétien, musulman, juif, bouddhiste, animiste ou païen, doit adopter, sans égards pour les positions opportunistes de Mahmoud Abbas ou de n’importe qui… comme il doit adopter sans appel le rejet de l’absolutisme, du racisme, du nazisme et… de l’islamisme… sans égards pour ceux qui trouvent intérêt à s’en accommoder, fussent-ils leurs victimes !                                                                                                          Publié par Mohamed Adjou                                                                                                         https://rictus10.blogspot.com/?fbclid=IwAR1K_I1HNAaZ5ytGl8Dse3fhTAO-BbTqZ57yDakdbT9S5jzbuXFTn7b


  • Erdogan et ses deux versions #khashoggi… – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/22/erdogan-et-ses-deux-versions-khashoggi
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    L’annonce faite par Erdogan de donner les details sur l’immonde crime commis dans l’ambassade Saoudienne en son pays ressemble à un ultimatum…

    Un ultimatum donné à MBS pour qu’il « se comprenne » (yefh’am rouhou)..

    Erdogan va bien sur tenir parole… Mais il a deux versions en poches…

    Dans la poche droite, la verson soft, celle qui incrimine les assassins dissequeurs-equarrisseurs-scalpeurs qui ont agi de leur propre initiative (je sais que le terme « propre » n’est pas approprié) pour faire plaisir à un prince qui ne leur a rien demandé…

    Dans la poche gauche, la version hard qui donnera les détails sordides de cette affaire en précisant les faits qui accreditent la premeditation et surtout l’implication directe ou indirecte de BMS dans l’assassinat et même dans les traitements subis par sa dépouille…

    Je vous conseille de surveiller tout à l’heure de quelle poche M.Erdogan tirera la feuille d’où il lira sa déclaration… Ça vous renseignera sur le devenir de la crise financiere que devrait vivre la Turquie et par voie de conséquence sur le devenir du pouvoir islamiste soft qu’incarne M.Erdogan que cette crise devra balayer si aucun financement n’est trouvé pour faire face au relevement des taux d’interets a 3% sur les prets en dollars décidés par Trump…

    Ca vous fera comprendre aussi, dans quelle mesure le piège américain dans lequel est tombé Kashoggi aura été profitable aux turcs qui l’ont sciemment laissé s’y engouffrer…                                                                                                                                                 Publié par Mohamed Adjou                                                                         https://www.facebook.com/mohamed.adjou?ref=br_rs


  • La France « au cœur de la répression » en Égypte – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/22/la-france-au-coeur-de-la-repression-en-egypte
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/66c684d3286667b17d1572aea92e9cfa.jpg?1539930577

    Amnesty International vient de publier un rapport accablant qui démontre que des armes vendues par la France se trouvent « au cœur de la répression » sanglante de l’opposition égyptienne. Et demande que le gouvernement français respecte enfin les obligations juridiques qui lui interdisent de livrer des équipements militaires à des pays où existe « un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains ».                                                                                      Véhicule blindé Sherpa de fabrication française derrière des barricades près de l’université Al-Azhar, Le Caire.Amnesty international.                                                                                                                

    Le 26 novembre 2014, recevant à Paris, pour un dîner en tête-à-tête, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, alors que l’armée égyptienne venait, au mois d’août, de massacrer plusieurs centaines de ses opposants, Jean-Yves Le Drian, ministre socialiste de la défense avait fait installer autour des couverts de cet hôte de marque des petites maquettes de quelques fleurons de l’industrie française de la guerre, comme par exemple le Rafale, l’avion de combat du groupe Dassault1.

    Cette délicatesse s’était avérée payante : trois mois plus tard, l’Égypte avait passé à la France une commande de matériels militaires d’un montant conséquent de 5,2 milliards d’euros, portant principalement sur l’achat de 24 exemplaires du Rafale, dont le développement avait déjà coûté plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français, mais qui n’avait encore jamais été vendu à l’étranger.

    Cette remarquable performance — dont le président François Hollande, contenant bravement la commisération que lui inspirait sans doute la sanglante répression des oppositions égyptiennes, s’était grassement réjoui — avait ensuite été abondamment commentée.

    Mais on sait moins que la France, en sus de ces aéronefs et de plusieurs navires de guerre, a également fourni à l’Égypte depuis 2012, comme le souligne Amnesty international dans un rapport intitulé Égypte. Des armes françaises au cœur de la répression et publié le 16 octobre, « des équipements de sécurité plus classiques, dont des véhicules blindés, qui ont joué un rôle direct et bien visible dans les violentes opérations de répression » menées par les autorités de ce pays.

    DES BLINDÉS FRANÇAIS AU CŒUR DU MASSACRE
    Ce document accablant, fruit d’une longue et méticuleuse enquête durant laquelle Amnesty a mené « des travaux d’observation directe sur le terrain » et analysé « plus de vingt heures de vidéo, plusieurs centaines de photos » et de très nombreux autres « supports visuels supplémentaires provenant de groupes locaux de défense des droits humains et des médias » , lui a « permis de mettre au jour de très nombreux éléments attestant du recours par les forces de sécurité égyptiennes à des véhicules MIDS et Sherpa fournis par la France pour écraser l’opposition avec brutalité, entre 2012 et 2015 »

    Ainsi, des vidéos dont la fiabilité a été dûment vérifiée montrent des policiers égyptiens tirant à balles réelles contre des manifestants depuis le couvert de ces blindés légers fabriqués par Renault Trucks Défense (RTD), dont plus de 200 exemplaires auraient été livrés à l’Égypte (lire aussi l’enquête d’OrientXXI sur l’entreprise Manurhin). « Le manque de transparence et d’exhaustivité des informations communiquées par le gouvernement rend difficile l’identification précise du nombre de véhicules transférés », explique Amnesty.

    Puis de détailler : « Le 14 août 2013, par exemple, des Sherpa ont été déployés un peu partout dans la capitale égyptienne par les forces de sécurité. » Ce jour-là, près de mille manifestants ont été tués : « jamais, dans l’histoire égyptienne moderne », la répression n’avait fait autant de victimes en une seule journée. Et les véhicules vendus par la France étaient, selon de nombreux témoignages corroborés par l’analyse des éléments visuels collectés par Amnesty, au cœur de cet abominable massacre.

    CRIMINELLE DÉSINVOLTURE
    Confrontées à l’évidence de cette « utilisation abusive, flagrante et généralisée » de blindés made in France, les autorités françaises — qui ont, par ailleurs, systématiquement refusé de préciser le volume et la nature exacts de leurs ventes d’armes à l’Égypte — ont répondu, avec une extraordinaire désinvolture, qu’elles n’avaient « autorisé l’exportation de matériel militaire à destination de l’armée égyptienne que dans le cadre de la “lutte contre le terrorisme“ dans le Sinaï, et non pour des opérations de maintien de l’ordre ». Mais en réalité, souligne Amnesty, la France, parfaitement informée de l’usage qui en était ainsi fait, a continué de livrer des véhicules blindés à la police égyptienne « jusqu’en 2014 au moins », et à « autoriser des licences à l’exportation de blindés, de pièces et de composants connexes jusqu’en 2017, bien après que des informations crédibles relatives à leur utilisation abusive » avaient été mises au jour.

    Circonstance aggravante, « La France a également poursuivi ses livraisons après que les États membres de l’Union européenne (UE) eurent convenus, dans les conclusions publiées en août 2013 par le Conseil des affaires étrangères de l’UE et réaffirmées en février 2014, de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de matériels utilisés à des fins de répression interne. »

    Le gouvernement français a donc autorisé ces ventes de blindés alors qu’il savait parfaitement — il convient d’insister sur ce point — « qu’il existait des risques substantiels » que ces véhicules soient impliqués dans la perpétration de violations graves des droits humains. Pis : la France, selon le même glaçant principe d’irresponsabilité, vend désormais des avions de combat Rafale à l’Égypte, dont l’armée de l’air a mené plusieurs frappes aériennes illégales et usé, dans ses raids, d’armes à sous-munitions interdites par le droit international. Or, rappelle Amnesty, « en tant qu’État partie au Traité sur le commerce des armes, la France ne doit pas autoriser de transferts d’armes s’il existe un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains. »

    De plus, et conformément aux textes du Conseil de l’Union européenne (UE) définissant des règles communes qui « régissent le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, que la France est juridiquement tenue de respecter », les États membres de l’UE ont l’obligation de « refuser l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne ».

    JEAN-YVES LE DIRAN DÉCORÉ
    Le gouvernement français, conclut Amnesty — qui demande également que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles « la France a continué de livrer des véhicules blindés à l’Égypte alors que cela lui est clairement interdit au regard de ses obligations internationales et européennes » — doit immédiatement « cesser tout transfert vers ce pays de matériels susceptibles de servir à la répression interne, y compris des véhicules blindés, des armes légères, des équipements à létalité réduite et leurs munitions utilisés pour assurer le maintien de l’ordre lors de manifestations et dans les lieux de détention ». De surcroît, elle doit également procéder, conformément à ses obligations juridiques régionales et internationales, à une « évaluation approfondie, à l’aune de critères relatifs aux droits humains rigoureux » de tous les autres équipements — parmi lesquels, donc, des avions de combat — qu’elle cède à l’armée égyptienne.

    Car désormais, même Jean-Yves Le Drian — devenu en 2017 ministre des affaires étrangères, quelques semaines après avoir reçu des mains du président Abdel Fattah Al-Sissi l’ordre de la République égyptienne « de la première catégorie, en reconnaissance de ses efforts et sa contribution à l’essor sans précédent de la coopération militaire »entre l’Égypte et la France — ne pourra plus jamais dire qu’il ne savait pas.

                                                                               SÉBASTIEN FONTENELLE
    Journaliste.                                                                                                                                                          https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-france-complice-du-pire-en-egypte,2691


  • La Pomme.. – Salimsellami’s Blog
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    Bonjour… nous sommes le 22 octobre et il est 3h du matin…

    je profite de cet intermède de lucidité dans l’inconscience de mon sommeil pour écrire ma matinale du jour…

    (Re)lisez-moi, je vous assure que ça se laisse (re) lire !

    Je n’irai pas chercher trop loin mon sujet… le 22 octobre est consacré à la pomme… je m’en accommode !… d’autant plus que je suis friand de ce fruit mythique dont les couleurs et les rondeurs sont très suggestives de certaines parties anatomiques qui font comprendre pourquoi ce fruit est assimilé au fruit défendu…

    Les rondeurs, Sir Winston Churchill n’en manquait pas ; comme il ne manquait pas d’espièglerie et d’humour et ça se voyait très bien à sa pomme…

    Tout le monde connait ce proverbe dédié justement à la pomme et qui affirme : « an apple a day keeps the doctor away » que le gros homme complète en clignant de l’oeil : « pourvu que l’on vise bien ! »…

    il est certain que le médecin qui recevrait une pomme sur la tête ne réagirait pas comme Newton mais tomberait peut être dans les pommes !

    Le 22 octobre nous rappelle la naissance de deux amis de notre pays : Jules Roy, fils de Sidi Moussa qui laissa tomber son grade de colonel pour ne plus être lié à une armée coloniale déshonorée par ses pratiques et qui reçut des distinctions littéraires bien plus honorables que des médailles de guerre et Jean Paul Sartre qui eut le courage de dénoncer la torture des Algériens par l’armée de son pays et qui, contrairement aux écrivaillons qui courent derrière des Goncourt dédiés à leur obséquiosité devant le sionisme, a refusé la plus prestigieuse distinction : le Nobel de littérature…

    Le seul rapport qui lie le grand philosophe existentialiste à la pomme, c’est ce portrait tiré de « la Nausée » : « Son nez était planté dans son visage comme un couteau dans une pomme. »

    Mais si ces deux messieurs sont nés le jour de la pomme, d’autres y sont morts à l’instar de Paul Cezanne dont l’oeuvre renferme nombre de toiles représentant ce fruit, au point où M. Jean Louis Fournier a dit de lui : « Si Dieu n’avait pas créé les pommes, Cézanne était condamné à peindre des compotiers vides. »

    Si Dieu n’avait pas créé la pomme, il n’y aurait pas eu le péché originel et nous serions encore au paradis, Newton n’aurait pas découvert la gravité et nous serions peut être capables de léviter, , Deriassa n’aurait pas chanté « ya touffaha » ni Maurice Chevalier « Ma pomme » … et moi je n’aurais pas eu l’idée de cette matinale que je termine en vous souhaitant bonne journée et en vous disant de croire toujours qu’une pierre donnée par un ami est une pomme comme nous l’apprend notre proverbe si plein de tolérance…
    Publication de Mohamed Adjou…Facebook , 22/10/2015.


  • En Arabie saoudite, modernisation de l’autoritarisme – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/21/en-arabie-saoudite-modernisation-de-lautoritarisme-2
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    Vague d’arrestations et révolution de palais · Depuis le 9 septembre 2017, plusieurs dizaines d’arrestations ont eu lieu en Arabie saoudite. Il s’agit pour la plupart de personnalités publiques très différentes dont la caractéristique commune est qu’elles n’ont pas pris position dans la « crise qatarie ». Plus profondément, cette vague de répression marque un tournant dans la politique patrimoniale traditionnelle, avec la montée en puissance du nouvel homme fort du royaume : Mohamed Ben Salman.

    14 mars 2017. Donald Trump rencontre Mohammed Ben Salman et des membres de sa délégation à la Maison Blanche.
    Shealah Craighead/Maison Blanche.
    Ce n’est pas en soi une nouveauté : l’Arabie arrête régulièrement des individus considérés comme opposants. Cette fois pourtant, les choses semblent différentes. D’une part, il s’agit pour la plupart de personnalités publiques, pour certaines très influentes. Parmi elles, le cheikh Salman Al-Awdah, qui compte près de 14 millions de followers sur Twitter.

    Les détenus appartiennent en outre à des camps idéologiques très différents, voire opposés. Il y a certes une majorité d’islamistes, mais le spectre de leurs orientations va des ultraconservateurs comme Mohammed Al-Habdan ou Abd Al-Aziz Al-Abd Al-Latif, figures de proue du courant dit « sourouriste »1 et grands pourfendeurs de la démocratie, à des islamistes libéraux comme Al-Awdah. Ces dernières années, Awdah a soutenu les printemps arabes, milité pour l’établissement d’un « État des droits et des institutions » en Arabie, et s’était même récemment prononcé contre la criminalisation pénale de l’homosexualité.

    La liste comporte aussi plusieurs jeunes intellectuels réformistes qui, après 2011, ont pris une part active à la contestation démocratique en Arabie. Parmi eux, Abdallah Al-Maliki, diplômé de sciences religieuses, qui a créé l’événement en 2012 un publiant un livre dans lequel il cherchait à montrer la primauté de la souveraineté populaire sur la charia2, et Mustafa Al-Hassan, fondateur d’un forum pan-golfien destiné à encourager le développement des sociétés civiles. À ceux-là s’ajoute le jeune entrepreneur Isam Al-Zamil, suivi par près d’un million de personnes sur Twitter où il livre commentaires avisés et critiques sur les orientations économiques de l’État saoudien. Enfin, Hassan Al-Maliki, ennemi déclaré du wahhabisme et bête noire des conservateurs a lui aussi été jeté en prison.

    SUPPOSÉS SUPPÔTS DU QATAR
    Au-delà des profils des détenus, ce qui frappe est la méthode. Par le passé, les personnalités publiques qui se trouvaient dans la ligne de mire des autorités faisaient plutôt l’objet d’une convocation discrète au poste de police. Or la plupart de ceux qui ont été arrêtés cette fois-ci l’ont été chez eux, devant leurs familles et sans ménagement, « comme s’ils étaient des terroristes », ainsi que le raconte un proche d’un des détenus. Comme l’évoquent différents témoignages, des dizaines d’autres Saoudiens ont été soumis à interrogatoires et menacés, avant d’être relâchés. À la manœuvre dans la plupart des cas se trouve, non le ministère de l’intérieur, mais un nouvel organe créé en juillet 2017 : la présidence de la sûreté d’État (ri’asat amn al-dawla), directement rattachée au palais royal et qui s’appuie, dit-on, sur des conseillers issus de la tristement célèbre sûreté d’État égyptienne (si cela est confirmé, la similitude d’appellations ne serait donc pas un hasard). Si les autorités n’ont pas rendu publique la liste des détenus, un communiqué émis le 12 septembre 2017 donne le ton : la police aurait lancé une opération de démantèlement de « cellules d’espionnage » (khalaya istakhbaratiyya) au profit de puissances étrangères.

    Pour quiconque suit l’actualité dans le Golfe, il ne fait aucun doute que la « puissance étrangère » en question est le Qatar. Différents articles de presse ont laissé entendre, dans les jours suivant les arrestations, que la « crise qatarie » pouvait être à l’origine de la répression. Comme beaucoup de Saoudiens sceptiques à l’égard de la récente campagne contre le Qatar, la plupart des individus détenus se sont en effet abstenus de prendre position dans la querelle qui oppose l’Arabie à l’émirat gazier. Et Salman Al-Awdah a même, dans un tweet posté le jour précédant son arrestation, semblé se réjouir de la nouvelle d’une possible réconciliation prochaine entre voisins du Golfe (nouvelle rapidement démentie par les autorités saoudiennes).

    La crise qatarie et l’agacement des autorités face à cette neutralité affichée par certains Saoudiens représentent peut-être la cause immédiate des arrestations. Il faut dire qu’après trois mois de blocus, l’Arabie, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn n’ont pas obtenu grand-chose, et il n’est pas impossible que les autorités saoudiennes aient choisi de faire diversion en lançant une chasse aux supposés suppôts du voisin honni.

    MÉFIANCE ENVERS L’ISLAM POLITIQUE
    Mais ces arrestations ont des causes profondes qu’il importe ici de souligner. La première d’entre elles est la transformation radicale du rapport que les autorités saoudiennes entretiennent à l’égard de l’islam politique.

    Jusqu’au début des années 1990, le pouvoir saoudien entretenait d’étroites relations avec l’ensemble de la mouvance islamiste. Le royaume avait donné refuge à partir des années 1960 à des milliers de Frères musulmans persécutés par les régimes nationalistes du monde arabe, et ces derniers avaient été intégrés aux structures de l’État saoudien, qui les utilisait notamment comme vecteurs d’influence.

    Dans les années 1980, des islamistes plus radicaux ont eux aussi pu jouir de la protection du royaume, notamment lorsqu’ils combattaient communistes et Soviétiques en Afghanistan. L’influence de ces militants étrangers s’est vite exercée en Arabie saoudite même, donnant naissance à un courant islamiste saoudien puissant, la Sahwa (ou al-Sahwa al-Islamiyya, « le réveil islamique »), dont les membres, à la différence des oulémas de l’establishment officiel, n’hésitaient pas à s’exprimer sur les questions politiques. Lorsqu’en 1990, le roi Fahd a fait appel à des centaines de milliers de soldats étrangers, principalement américains, pour protéger le royaume et libérer le Koweït voisin occupé par l’armée irakienne, ces militants ont pris la tête d’un vaste mouvement d’opposition à la famille royale.

    En 1994, les principales figures de la contestation, parmi lesquelles se trouve déjà Salman Al-Awdah, sont jetées en prison pour n’être libérées que quelques années plus tard. S’installe alors une méfiance grandissante entre le régime saoudien et les islamistes, locaux et étrangers, au point qu’en 2002, dans une déclaration à la presse koweitienne, le prince Nayef, ministre de l’intérieur, fait des Frères musulmans « la source de tous les maux du royaume ». Les printemps arabes voient les Frères musulmans et leurs émules l’emporter dans les premières élections démocratiques organisées en Tunisie et en Égypte. Cela ne fait qu’ajouter à la méfiance des autorités saoudiennes, d’autant que les islamistes saoudiens affichent ouvertement leur soutien à leurs camarades.

    En Arabie, des personnalités islamistes saisissent l’occasion pour appeler à des réformes ; différentes pétitions à cet effet circulent pendant l’année 20113. Le retour de bâton arrive à partir de 2013 avec le soutien saoudien au renversement du président égyptien Mohamed Morsi, puis la désignation officielle par l’Arabie des Frères musulmans et « de tous les groupes qui s’y apparentent » comme terroristes. Les islamistes saoudiens savent dès lors qu’ils ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Les premières arrestations (essentiellement parmi les activistes impliqués dans la défense des droits de l’homme) ont lieu en 2013 et 2014, puis en 2016, mais elles concernent un petit nombre de figures de second rang — jusqu’aux arrestations, bien plus massives, de septembre 2017.

    UN JEU D’ÉQUILIBRE REMIS EN CAUSE
    Ces nouvelles arrestations ont donc une seconde cause profonde, de nature plus structurelle, liée aux transformations depuis deux ans du régime saoudien. Le système saoudien incarnait avant 2015 une forme d’autoritarisme que l’on pourrait qualifier de « pré-moderne ». L’État en Arabie n’était pas ce Léviathan si typique des régimes arabes post-indépendance, mais un État traditionnel de type patrimonial pratiquant une forme exacerbée de paternalisme politique. Dans un tel système, la cooptation, alimentée par la manne pétrolière, représente le mode privilégié de gestion des conflits politiques, la répression n’étant vue que comme un dernier recours que l’on préférait éviter (même si elle est plus qu’une possibilité théorique). Cet État était lui-même fragmenté, puisque les principaux membres de la famille royale se partageaient le pouvoir, chacun possédant un fief, souvent ministériel, lui permettant d’entretenir sa clientèle. L’exercice du pouvoir en Arabie consistait ainsi, en somme, en un jeu d’équilibre permanent entre factions et courants. Un jeu qui, en retour, permettait l’existence, même a minima, d’un certain pluralisme politique.

    Les années 2000 ont été ainsi marquées par un débat animé entre « islamistes » et « libéraux » de différentes tendances, d’abord dans les journaux puis sur les réseaux sociaux, les uns et les autres défendant leur projet de société, par exemple sur le droit ou non des femmes à conduire. Bien entendu, ce débat n’avait pas grande prise sur la décision politique, qui demeurait la prérogative exclusive de la famille royale. Mais il avait au moins le mérite d’exister.

    MOHAMMED BEN SALMAN, UN POUVOIR PERSONNEL
    C’est tout ce système qui est mis à bas depuis 2015 avec la montée en puissance d’un unique homme fort, Mohammed Ben Salman, âgé d’une petite trentaine d’années, actuel prince héritier et fils du roi, qui concentre aujourd’hui entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Pour y parvenir, il a — avec le soutien de son père — graduellement exclu ou marginalisé l’ensemble des branches concurrentes au sein de la famille royale. Le dernier prince à pouvoir théoriquement lui tenir tête, Mohammed Ben Nayef, prince hériter en titre jusqu’en juin 2017, a été démis de toutes ses fonctions. Ben Nayef est aujourd’hui en résidence surveillée, tout comme le sont d’autres princes influents, tel Abd Al-Aziz Ben Fahd, fils du défunt roi Fahd. L’obsession de Mohammed Ben Salman semble être de créer une verticale du pouvoir remontant à sa personne, alors même que le système saoudien était tout entier bâti sur l’idée d’une certaine horizontalité.

    Pour justifier ce qui s’apparente à une véritable révolution de palais, Mohammed Ben Salman argue de la nécessité de mettre l’État et la société en ordre de bataille pour, d’une part, relever les défis régionaux — notamment ce que Riyad qualifie d’« expansionnisme iranien » et qui justifie la guerre au Yémen — et, d’autre part, faire appliquer son projet de réforme économique et sociale, présenté de manière tapageuse sous le nom de « Vision 2030 » et rédigé avec l’aide du cabinet de conseil américain McKinsey. Un tel objectif implique de faire taire toutes les voix dissidentes, d’où qu’elles proviennent. La même transformation s’était produite de manière plus discrète plus d’une décennie plus tôt aux Émirats arabes unissous la férule de Mohammed Ben Zayid, prince héritier d’Abou Dhabi et mentor de Mohammed Ben Salman. À Riyad, on murmure ainsi que l’objectif des changements actuels est d’importer en Arabie le « modèle émirien », qui fascine le jeune prince. Un objectif que beaucoup considèrent irréaliste, étant donné les différences démographiques et anthropologiques qui séparent les deux pays.

    Mohammed Ben Salman incarne le dernier avatar de la figure bien connue dans le monde arabe de l’« autocrate modernisateur ». En l’absence — pour le moment du moins — de résultats économiques tangibles, c’est surtout l’autoritarisme qu’il est en train de moderniser. Le journaliste Jamal Khashoggi, anciennement rédacteur en chef du journal saoudien Al-Watan et longtemps proche du pouvoir, aujourd’hui exilé aux États-Unis, ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare : « L’Arabie saoudite n’a pas toujours été aussi répressive. Aujourd’hui, c’est devenu insoutenable. » L’Arabie est peut-être, en somme, en train de rejoindre la norme institutionnelle arabe. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

                                                                                  STÉPHANE LACROIX
    Docteur en science politique (Sciences Po). Actuellement professeur associé à l’École des affaires internationales de Sciences Po…                                                                                                     https://orientxxi.info/magazine/en-arabie-saoudite-modernisation-de-l-autoritarisme,2014


  • Ces intellectuels qui critiquent tous les pouvoirs autoritaires… sauf le marocain – Salimsellami’s Blog
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    Leïla Slimani, Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine · À la Une du Nouveau Magazine littéraire de mai 2018 affichée sur les kiosques parisiens, on pouvait lire : « Libres. Leïla Slimani-Esli Erdoğan : contre toutes les tyrannies. » Toutes les tyrannies ? Pas sûr. Qu’ils s’appellent Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine ou Leïla Slimani, pour ces intellectuels franco-marocains, l’aspiration à la démocratie s’arrête, brusquement, aux portes du palais royal.

    2 mai 2016. Réception à l’Élysée. À droite de François Hollande, Tahar Ben Jelloun et Leila Slimani ; derrière, Rachid Benzine.
    Présidence de la République française
                                                                                                                                                                                                                   Ce n’est pas la première fois qu’une publication française met ainsi en avant l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt 2016. Elle a été adoubée par le président Emmanuel Macron qui l’a nommée sa représentante personnelle pour la francophonie. Elle est désormais la coqueluche des médias de la métropole toutes tendances confondues, et décrite comme la nouvelle égérie mondiale de la lutte « contre toutes les tyrannies », notamment dans le monde arabo-musulman. Toutes les tyrannies ? Presque, car chez Leïa Slimani, le souffle de la révolte s’estompe dès qu’il est question du régime politique marocain, et plus particulièrement de la monarchie chérifienne.

    Ce constat s’inscrit dans un processus plus large qui caractérise aussi bien le règne de Mohammed VI que celui de son père, le roi Hassan II(1929-1999) : la cooptation des célébrités franco-marocaines, un exercice pour lequel le palais dispose d’un véritable savoir-faire.

    « LES INTELLECTUELS DE SA MAJESTÉ »
    Lorsqu’en 1987, l’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun reçoit le Goncourt pour La Nuit sacrée, Hassan II lui adresse un message de « haute sollicitude » et de « félicitations paternelles ». Depuis, l’auteur du Racisme expliqué à ma fille évite tout commentaire critique sur l’ancien règne et il a fallu attendre la mort d’Hassan II en 1999 — les langues commençant peu à peu à se délier — pour que le romancier publie un premier livre sur le bagne de Tazmamart en s’appuyant sur le récit d’un rescapé, Aziz Binebine. Il vient de sortir un autre ouvrage sur le même thème, La Punition (Gallimard, 2018), dans lequel il décrit une expérience qu’il a vécue au Maroc pendant une période limitée, avant de partir en France pour s’y installer définitivement en 1971. Il y raconte notamment, avec un brin de narcissisme, son service militaire en le présentant comme « dix-neuf mois de détention » en mars 1965. Il est alors âgé de 21 ans, pleure sa « belle » chevelure rasée et « ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses vingt-ans », mais qui ont fait naître secrètement, dit-il, l’écrivain qu’il est devenu. Sur le régime d’Hassan II, ses « jardins secrets » et ses abus ? Pas un traître mot.


  • APN : ils ont touché le fond et ils continuent de creuser ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/21/apn-ils-ont-touche-le-fond-et-ils-continuent-de-creuser
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    Trois semaines après la contestation dont il a fait l’objet, Said Bouhadja dégage une telle assurance à croire qu’il bénéficie de soutiens occultes en lien avec l’échéance électorale à venir, font remarquer des observateurs de la vie politique

    Lui dit s’en tenir à la légalité, d’autant plus que ses détracteurs, députés de la majorité parlementaire, ne lui opposent aucun argument confortant la vacance du poste pour cause de décès, de démission ou d’incompatibilité.

    Jusqu’où descendrons-nous dans le rocambolesque, la mascarade et la parodie ? Parce que c’est bien à une parodie que s’apparente ce qui n’est plus seulement la joute mais carrément la guerre entre « Aâmi Said » et les députés de la majorité présidentielle et leurs alliés.

    Ayant donc décidé de ne pas démissionner le toujours- président de l’APN a lancé la contre-offensive en chargeant d’abord ses « communicants » d’expliquer l’illégalité de la démarche initiée par ses détracteurs qui en sont arrivés, au-delà de sa personne, à bafouer une institution censée être l’émanation de la volonté populaire et dont ils sont, en principe, les garants !

    Quelle mascarade ? On n’en est pas à une querelle de poulailler visant à mesurer qui a plus de fiel que l’autre. On n’en est pas à justifier des errements en disant que d’autres font pire et ne sont pas inquiétés. On en est à constater à quoi peut être réduite l’institution qu’est et que devrait être l’APN ! Et les députés qui ont touché le fond et qui continuent de creuser encore : Ils ont franchi un pas supplémentaire en empêchant Said Bouhadja et ses fonctionnaires d’accéder à leurs bureaux qu’ils ont cadenassés. Comme s’il s’agissait d’une kasma d’un bled perdu !

    A la limite, diront certains, nous pourrions presque nous en passer d’une telle institution, sauf qu’une assemblée nationale représente une autorité dont on peut aussi penser qu’elle est capitale dans la construction de la conscience d’un pays.

    Légalement le président de la République, peut dissoudre l’Assemblée populaire nationale ; c’est le seul, d’ailleurs, qui en a les prérogatives. En effet, l’article 129 de la Constitution, stipule que « le président de la République peut décider de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale ou d’élections législatives anticipées, après consultations du président de l’APN, du président du Conseil de la nation et du Premier ministre » ; dans ce cas, il est précisé que cette dissolution n’est rendue possible que « si les agissements de la majorité sont en contradiction avec la Constitution et les lois de la République ».Serait-ce le cas, avec cette démission forcée imposée à Said Bouhadja qui met en avant « l’inconstitutionnalité » de la démarche des députés qui veulent le mettre à la porte ?

    En fait, dans la pratique, personne ne pourrait s’opposer à la volonté du président de la République, s’il venait à décider de dissoudre l’APN, cette mal-aimée chambre d’enregistrement incapable de proposer la moindre loi et encore moins de s’opposer à la politique du gouvernement.

    C’est dans ce contexte, d’ailleurs, qu’il faut inscrire la demande de certains hommes politiques et autres observateurs qui revendiquent, haut et fort, la tenue d’élections législatives, à l’instar de la présidente du Parti des travailleurs qui, souhaite, elle aussi, et avec véhémence, la dissolution de l’APN qu’elle qualifie « d’illégitime » et de « produit de la fraude » déniant aux députés actuels « qui ont acheté des consciences » , dit-elle, la capacité intellectuelle et politique de voter des lois majeures. Certains analystes voient dans cette agitation une façon de donner au président de la République, le bon prétexte pour dissoudre le Parlement y compris le Sénat pour lequel, lui-même, n’a jamais caché son aversion.

    Et les arguments des partisans de la dissolution semblent tenir la route :

    1. il est impératif, disent-ils, d’organiser des élections législatives anticipées, après la révision de la Constitution, afin d’adapter les institutions de l’État, dont les deux chambres du Parlement, à la nouvelle loi fondamentale du pays ;

    2. il faut mettre en adéquation la loi constitutionnelle et le nouveau découpage territorial ;

    3. il faut aussi résoudre cette question qui taraude beaucoup de monde et qui concerne l’utilité du Sénat, dans sa forme actuelle ; même le président de la République, semble-t-il, est convaincu de l’inutilité de cette deuxième chambre… qualifiée de « cimetière des éléphants » par certaines mauvaises langues désespérées de ne pas être choisies pour siéger dans le tiers présidentiel.

    Mais, le son de cloche est perçu, différemment, chez les partis de la majorité FLN-RND qui se sont exprimés sur le sujet et ont fait état de leurs réserves. Ils s’opposent à toute dissolution de l’APN. Le Premier ministre, pour sa part, exclut des élections législatives anticipées, tout en rappelant que « seul le président de la République dispose de cette prérogative » ; il ne croit pas si bien dire, même si en même temps il enfonce des portes ouvertes : Abdelaziz Bouteflika est le maître du jeu ; s’il a choisi de renforcer le rôle du Parlement dans le projet portant sur la révision de la Constitution, c’est qu’il a déjà en tête les bonnes personnes à même de le mettre en œuvre et de le porter dans l’hémicycle ! Said Bouhadja est-il de ceux là ou doit-il céder la place ?

    Les 221 députés du FLN et les 70 autres du RND ne se feront pas « hara-kiri » et n’abandonneront jamais leur statut en or, qu’ils ont arraché avec leurs dents ainsi que l’immunité qui permet à un certain nombre d’entre eux de se placer au dessus des lois de la République. La « chkara » et le « nomadisme politique » évoqués comme arguments à charge par leurs détracteurs, continueront, toujours, à avoir cours et droit de cité, nonobstant les critiques :

    1. leur institution, noble au demeurant, a été affublée du qualificatif de « chambre d’enregistrement » :

    2. leurs rares demandes de commissions d’enquête ont fait « pschitt » et ont été avortées dans l’œuf ;

    3. les députés ont été filmés par la télévision qui somnolant, qui ânonnant un texte, qui vociférant, bref dans tous leurs états et en peine perdue :

    4. certains d’entre eux avouant, toute honte bue, qu’ils n’ont jamais ouvert de livre ou encore d’autres, plus hardis, soutenant mordicus, qu’ils ne lisent que le livre des livres, Le Saint Coran et enfin certains déclarant qu’ils ne souvenaient plus de l’auteur du livre qu’ils viennent tout juste de terminer de lire :

    5. ils ont tout enduré pour garder leur siège et leur confort, dans la résidence d’Etat où quelques uns d’entre eux viennent à peine d’installer leur deuxième épouse :

    6. ils ont bataillé pour bénéficier d’un passeport diplomatique, en vain :

    7. ils ont refusé d’installer des permanences dans leur circonscription malgré les Budgets qui leur ont été alloués.

    La dissolution de cette Assemblée populaire nationale est-elle, comme on dit, dans l’air ? cela passerait, inéluctablement, par l’éviction forcée des députés « border line » et la mort politique de beaucoup de responsables de la majorité parlementaire, des éléphants en fait, qui pensaient avoir fait l’essentiel en soutenant, à cor et à cri, le 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

    Mais sinon pourquoi dissoudre cette Assemblée si accommodante avec le pouvoir, elle qui s’est appliquée durant trois jours de débat sur le plan du gouvernement, à dire une chose et son contraire, avec parfois des interventions plus qu’hostiles de la part de ses membres parmi les plus belliqueux mais qui, au final, donne le quitus au Premier ministre ? Elle l’autorise même à introduire toute la souplesse voulue à la règle 51/49 qu’elle considérait, pourtant comme « une ligne rouge à ne pas franchir » !

    Alors, faut-il dissoudre l’Assemblée populaire nationale ?

    Oui, semble-t-il, car provoquer des nouvelles élections législatives servirait, déjà à débarrasser le Parlement et de ces encombrants députés du FLN et du RND et des islamistes virulents qui y siègent. Ils ont atteint le fond et ils creusent encore !

    Oui, il faut dissoudre parce que le moment est venu de mettre le FLN au musée pour au moins préserver ce qu’il lui reste de crédibilité car il est le patrimoine commun des Algériens et non pas le fonds de commerce auquel l’ont réduit ceux qui ont fait carrière et fortune grâce à lui et le fameux article 120.

    Oui, il faut dissoudre cette APN dont ne veut plus Mustapha Bouchachi, qui a démissionné déçu de ne pas avoir trouvé une tribune pour défendre les électeurs qui lui ont conféré mandat ; il a renoncé au salaire mirobolant de député et a osé un sursaut digne d’un homme intègre, choqué par « la transgression flagrante de la loi par certains élus qui ignorent les lois de la République, y compris celle régissant leur propre institution et qui n’ont pas eu le courage de voter des propositions de mise en place de commissions d’enquêtes indépendantes ».

    Oui, il faut aller vers des élections législatives anticipées pour permettre l’émergence de nouveaux députés eux-mêmes issus de partis neufs d’où, sortiraient les dirigeants politiques de demain.

    Les partis dits de l’opposition, expriment la même exigence, celle consistant à provoquer des élections législatives anticipées.

    Il faut virer ces « insurgés- parlementaires » qui, en se rebellant contre leur président, sans motif plausible apparent, ont aussi attenté à la crédibilité d’une honorable institution destinée à préserver la dignité des Algériens. Tout le monde est maintenant convaincu, l’APN devra être l’affaire d’autres hommes et d’autres femmes moins sujettes aux jeux d’appareils, de nouvelles générations d’hommes imprévus, absous de nos croyances, exonérés de nos illusions, libérés de nos naïvetés, affranchis de nos connivences et de nos mortelles ambitions, comme à tenu à le souligner un chroniqueur.                                                                                                         par Cherif Ali                                                                    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5267812


  • Il entre bientôt dans sa 35e année de captivité : Le « scandale d’État » du maintien en détention de Georges Ibrahim Abdallah - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/10/il-entre-bientot-dans-sa-35e-annee-de-captivite-le-scandale-d-etat
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2018/10/ibrahim-abdallah-e1540020226349-640x432.jpg

    Libérable depuis 1999, le résistant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah entamera sa 35e année de détention en France, ce mercredi 24 octobre 2018. Un « scandale », selon André Delcourt qui a, en 2012, était le premier maire de France à en faire un « citoyen d’honneur ». Des manifestations pour exiger sa libération auront notamment lieu à Lannemezan (20 octobre) et à Lille (24 octobre).

     

    Le 23 février 2012, le conseil municipal de Calonne-Ricouart élevait le résistant Georges Ibrahim Abdallah au rang de « citoyen d’honneur » ! Un moyen de médiatiser l’exigence de sa libération. L’initiative en revenait au Comité « Libérez-les ! » pour la libération des prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62) et à André Delcourt, alors maire de cette commune de l’ouest du bassin minier du Pas-de-Calais. Plus tard, Grenay (Pas-de-Calais) puis Bagnolet (Seine-Saint-Denis) lui emboîteront le pas.

     

    André Delcourt abore le diplôme de citoyen d’honneur remis à Georges IIbrahim Abdallah

    Un homme en colère

     

    Aujourd’hui retiré des affaires publiques, l’ex-maire « communiste et chrétien » de 84 ans est un homme en colère. Arrêté en 1984, condamné à la perpétuité, suite à un procès truqué, pour « complicité » dans l’exécution sur le sol français, deux ans plus tôt, d’un agent de la CIA et d’un autre du Mossad, les services secrets israéliens, Georges Ibrahim Abdallah est en effet toujours détenu à Lannemezan (Hautes-Pyrénées).

    A plusieurs reprises pourtant, la justice française s’est prononcée pour son élargissement. La dernière fois, c’était en janvier 2013. Georges Ibrahim Abdallah devait être libéré sous condition d’expulsion vers le Liban, son pays natal. Manuel Valls, alors ministre socialiste de l’Intérieur, s’y était opposé.

    Acharnement d’ordre politique

     

    Le 24 octobre prochain, Georges Ibrahim Abdallah entamera donc sa 35e année de détention dans l’Hexagone. Celui qui est parfois présenté comme le « plus ancien prisonnier politique d’Europe » a passé plus de temps derrière les barreaux que Nelson Mandela ou même Auguste Blanqui…

    Son maintien en détention relève donc d’une logique politique qui confine à l’acharnement ; ce résistant n’ayant jamais renié ses convictions anti-impérialistes et pro-palestiniennes du temps où il militait au sein du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) ou des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) et combattait l’État d’Israël, puissance occupante de la Palestine et du Liban.

    Il s’agit bien d’une « vengeance d’État », selon Yves Bonnet, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à l’époque de l’arrestation d’Abdallah. Mais pas seulement…

     

    La justice française ? La putain de l’Amérique

     

    En cette après-midi ensoleillée du 19 mai 2012, André Delcourt accueille, en l’hôtel de ville de Calonne-Ricouart, Jacques Vergès. L’avocat d’Abdallah est alors accompagné d’une militante du Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah chargée de lui transmettre la Médaille de la Ville et son diplôme de « citoyen d’honneur ».

    Aujourd’hui disparu, Jacques Vergès, dans son style si caractéristique, dénonce alors la soumission de la France aux diktats des États-Unis : « Au moment de son procès, le procureur avait dit de ne pas écouter la voix de l’Amérique. Malheureusement et c’est une honte pour nous tous, on écoute la voix de l’Amérique. Elle parle dans ce dossier comme un patron parle à un subordonné. Le gouvernement américain est partie civile dans cette affaire. Il est représenté. Il ne peut pas admette que Georges Ibrahim Abdallah soit libéré. S’il reste en prison, c’est parce que l’Amérique l’a décidé. En 2003, la cour d’appel de Pau s’était prononcée pour la liberté. Le gouvernent a alors ordonné un pourvoi devant la cour de cassation et celle-ci a cassé le jugement. A Paris, je me rappelle avoir déposé un mémoire à la chambre d’accusation. J’ai dit que notre dignité était de dire à nos condescendants amis américains que la justice française n’était pas une fille soumise ; je veux dire une putain. Ce sont les mots que j’ai employés, mais la justice ne m’a pas écouté ».

     

    André Delcourt et Jacques Vergès en mairie de Calonne-Ricouart en mai 2012

    Un scandale d’État

     

    Pointant du doigt un « scandale d’État » , Jacques Vergès rappelle par ailleurs qu’au début « des années 1970, Mahmoud El Hamchari (représentant de l’OLP en France) ou le dramaturge et journaliste algérien Mohamed Boudia (FPLP) ont été assassinés sur le sol français. L’enquête a démontré que c’est le Mossad qui a réalisé ses attentats. Ses auteurs n’ont fait l’objet d’aucune poursuite. Ils ont même été décorés alors que Georges Ibrahim Abdallah dont la participation directe n’est pas démontrée, a été condamné ! Ses victimes ? Un prétendu diplomate américain qui torturait en Indochine et l’autre un agent du Mossad… Le problème posé est un problème d’honneur pour la France. Nous avons l’un des plus vieux prisonniers politiques du monde. Personne ne veut pas en attendre parler. Je voulais saluer votre initiative, ici à Calonne-Ricouart, et le maire André Delcourt. Il faut que toute la France en parle. C’est inadmissible c’est une honte… ». Six ans plus tard, son indignation reste d’actualité !

    Debout et déterminé

     

    Jacques Vergès était un sacré bonhomme », se souvient, un brin nostalgique, André Delcourt qui correspond désormais régulièrement avec Georges Ibrahim Abdallah. Ce dernier est « un homme debout, qui met un point d’honneur à se maintenir toujours en pleine forme physique et intellectuelle. Il fait abstraction de sa situation personnelle, préférant échanger sur la situation en Syrie, au Moyen-Orient, sur les menaces qui pèsent en Europe et qui l’inquiètent énormément avec la poussée des extrêmes droites », soulignait récemment dans les colonnes du quotidien l’Humanité, la députée européenne (PCF) Marie-Pierre Vieu qui le visite régulièrement.

    En prison, Georges Ibrahim Abdallah, 67 ans, a été et demeure de tous les combats en solidarité avec l’ensemble des prisonniers politiques ( basques, kurdes, turques, palestiniens…) qui subissent les foudres de la répression (grève de la faim ou des plateaux, etc.). Son attachement à la cause de la libération de la Palestine ne s’est jamais démenti comme l’atteste sa dernière déclaration sur Gaza (1)…

    Temps forts de mobilisation

     

    Aujourd’hui, ce digne successeur de ces glorieux francs-tireurs et partisans (FTP) ayant, au sacrifice de leur liberté et parfois de leur vie, combattu sur le sol français le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale, ne se fait guère d’illusion quant à l’efficacité d’un énième recours en justice. Ni sur l’influence de bien trop pusillanimes autorités libanaises. Seule la mobilisation populaire pourra l’arracher aux griffes de ses geôliers. Pour exiger sa libération, une manifestation devait se dérouler, comme chaque année, à Lannemezan, ce samedi 20 octobre. Un rassemblement est également programmé dans le nord de la France, le mercredi 24 octobre à 18h, Grand’Place à Lille. Des initiatives seront également menés à Belfast, Genève ou Marseille…

    JACQUES KMIECIAK
    (1) Le lien : http://liberonsgeorges.samizdat.net/ses-declarations/abdallah-soutient-gaza

     

    Source : Investig’Action


  • Meriem Maza s’en va – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2017/10/24/meriem-maza-sen-va/?fbclid=IwAR0mfvRSjuoCpaTJHypWstrSVwAwVcp0fY-cx3olIxSTl60GpE
    http://www.setif.info/local/cache-gd2/ca/3675e26193dcdde0c62fab71641567.jpg?1467279249

    Meriem Maza, fille de Dr Aicha Cheriet, nous a quitté samedi dernier suite à un accident dans la localité de Montréal à Entrelacs, un village à l’ouest de Rawdon, dans Lanaudière (Canada).

    Selon la sûreté du Québec, aucune hypothèse n’est écartée. Des bonbonnes de propane, servant au chauffage de la maison, ont été trouvées sur les lieux de l’incident. Un expert en incendie de la SQ tente de déterminer la cause du sinistre.

    Les victimes de l’explosion ont été retrouvées à l’extérieur de la résidence située sur la rue Chartier, au bord du lac des Îles. Une Marocaine en visite au Québec en fait partie. Meriam Maza, d’une trentaine d’années, était arrivée la veille chez le couple d’amis.

    Le propriétaire de la résidence, James Wright, âgé de 64 ans, a également péri dans la déflagration. Sa conjointe, âgée de 62 ans, a été blessée grièvement, mais on ne craint pas pour sa vie.

    Meriem Maza est une jeune sétifienne qui a étudié la biologie cellulaire et moléculaire à l’université Ferhat Abbas puis a fait un Magister de Biochimie a l’université de Bejaia. Parallèlement à ses études scientifiques, elle était correspondante du journal Le Soir d’Algérie, a mis sur pied un programme de réinsertion des enfants en échec scolaire, avec l’Association des oiseaux du Paradis ; une association algérienne partenaire de l’UNICEF et, en vue de sensibiliser les citoyens a l’importance de la protection de l’environnement et l’hygiène publique, elle a également fondé, avec des étudiants en écologie, l’Association Ecologie et Vie de Sétif. En l’an 2000, Meriem obtient une bourse étrangère pour aller étudier la biotechnologie à l’Institut Méditerranéen des études agronomiques de Chania (Crête). Deux ans plus tard, elle part pour la Hollande pour travailler au Laboratoire de génomique fonctionnelle du Plant Resarch Internatio-nal à l’université de Wageningen. Durant son séjour hors d’Algérie, Meriem apprit l’anglais, se lia d’amitié avec des gens de différentes races, cultures et religions et surtout mena des recherches qui lui ont permis de générer, par manipulation génétique, des plantes résistantes à la sècheresse dans le but d’étendre la superficie des terres cultivables dans des pays semi- arides comme ceux du Maghreb.

    Mimi devait participer à un symposium sur la science publique à Ottawa les 6 et 7 septembre 2007. Voici le résumé de son intervention, inititulée :Bâtir la confiance du public à l’égard de la thérapie génique : le rôle des médias Meriem MazaJournaliste scientifique et animatrice radio, récipiendaire de la bourse Chevening Meriem Maza est journaliste d’origine algérienne et animatrice de radio résidant en permanence au Canada. Elle a été parmi le premier groupe de récipiendaires des bourses Sauvé de l’Université McGill en 2003-2004 (www.sauvescholars.org). Titulaire d’une maîtrise en biochimie et d’une autre en génomique, elle combine sa formation scientifique à son expérience journalistique pour vivre sa passion, soit de promouvoir l’engagement public à l’égard des sciences. Mme Maza est actuellement chercheure récipiendaire de la bourse Chevening (www.chevening.com) et travaille à sa thèse de maîtrise en communication des sciences à l’Université Glamorgan du Royaume-Uni. Bâtir la confiance du public à l’égard de la thérapie génique : le rôle des médias Panéliste du secteur médiatiqueMeriem Maza, journaliste scientifique et animatrice radio, récipiendaire de la bourse Chevening Depuis les années 90, la thérapie génique a suscité autant d’espoir que d’inquiétudes de la part du public. C’est ce qui explique pourquoi la relation entre la thérapie génique et le public n’a jamais été très harmonieuse. De nombreux scientifiques sont d’avis que les inquiétudes du public au sujet de la thérapie génique découlent d’une incompréhension et d’un manque d’information à l’égard des sciences. Ces mêmes scientifiques justifient la réaction du public par une théorie « dite du déficit ». Toutefois, des recherches sur l’opinion publique menées en Europe ont démontré que le fait de ne pas avoir assez d’information sur le génie génétique ne veut pas nécessairement dire que l’on rejette cette science. En outre, une étude américaine a démontré que l’attitude générale à l’égard de la biotechnologie était positive. Des chercheurs en sociologie ont conclu que le public n’approuvait pas moralement et manquait de confiance à l’égard de cette science, ce qui expliquerait la relation difficile qu’a la société à l’égard de la thérapie génique. Il y a donc urgence de trouver des moyens de bâtir la confiance du public à l’égard de la thérapie génique. En entreprenant un tel projet, il est important de comprendre les raisons de ce manque de confiance. Il pourrait être intéressant de tenter de découvrir ces raisons par la couverture médiatique publiée sur la thérapie génique puisque, pour le public, les médias demeurent une source importante de connaissances à ce sujet. L’on sait que les médias jouent un rôle important pour influencer l’opinion et l’attitude du public, mais les scientifiques qui prennent un rôle médiatique actif ont également une grande influence pour mousser la confiance du public. Cet présentation tente d’expliquer les raisons justifiant un tel manque de confiance du public à l’égard de la thérapie génique en examinant les réactions et comportements de médias et de scientifiques renommés lors d’événements majeurs tout au cours de l’évolution de la thérapie génique. Il tentera également d’ouvrir le débat pour déterminer s’il est réellement nécessaire de bâtir la confiance du public.

    LES GRANDS ESPRITS NE MEURENT JAMAIS !
    Meriem Maza n’est plus ! Un modèle d’abnégation dans la lutte pour une intégration intelligente, responsable et harmonieuse, nous a soudainement quitté.

    Ceci peut ressembler à un hommage funèbre parce qu’il n’y a que des compliments post mortem. Ceci ressemble à une oraison unèbre parce qu’il n’y a que des éloges après la mort.

    Ceci n’est que cela car quand on trépasse on ne lègue que ses réalisations et sa vision du monde quand celle-ci est porteuse d’espoir et d’amour pour les humains.
    La charismatique Meriem a marqué de son aura son passage parmi nous.

    Seul accroc, le constat de sa jeunesse qui laisse un goût amer : le goût de l’inachevé. Inachevé surtout en ce moment où sa présence serait un grand plus pour le débat sur les accommodements raisonnables et où son apport serait une contribution réfléchie à la commission Bouchard_Taylor.

    Comme la très grande majorité de ses coreligionnaires, Meriem s’était fondu dans la société québécoise, et je paraphrase le Psychiatre Driss Chrirgui « Quand un hôte vous déroule un tapis, ayez la bienséance de vous déchausser ».
    Tout en restant authentique, elle dénonçait la minorité déraisonnable dont les agissements avaient et continuent d’enflammer la méfiance de la société d’accueil.

    Dans le même ordre d’idée, elle mettait également en garde contre une certaine droite qui accentue les clivages entre les citoyens.

    Le Nous et le Eux ne devraient pas se traduire par l’exclusion de l’ « Autre » ni la stigmatisation de la majorité des musulmans qui n’aspirent qu’à être des citoyens à part entière. Des citoyens modèles. Entre l’enclume et le marteau, elle ne ménageait pas ses efforts en vue d’une nation où la diversité serait aussi une valeur en elle-même.

    Meriem était une battante. Elle avait de l’érudit cette facilité de se mouvoir dans toutes les disciplines sans montrer d’effort. Elle était intelligence avec en prime la beauté de ces femmes qui ont de tout temps chanté sur les montagnes des Aurès. La scientifique était d’abord concernée par le sort des humains, en témoigne ses travaux sur la désertification qu’elle considérait comme un fléau du tiers de la population mondiale. Elle était polyglotte avec du charme comme accessoire pour en faire une communicatrice accomplie. Elle avait le sourire timide mais le regard déterminé de celles qui savent ce qu’elles veulent et qui vont jusqu’au bout.

    Mais Meriem avait d’abord ce courage que beaucoup d’entre nous lui envieront, de dire avec des mots clairs ce qu’elle pense. Meriem savait que les atouts comme les dons qu’elle a doivent servir à servir.

    Meriem était d’abord un esprit libre ! Meriem avait osé, bien avant que les accommodements déraisonnables ne deviennent l’apanage de tous ceux et celles qui se cherchent un cheval de bataille pour arnaquer la population, dénoncer à la fois cette frange minime de ses coreligionnaires qui abusent en outrepassant, par leurs demandes et leurs attitudes négatives, les limites de la société d’accueil et de l’autre bord la dérive qui pourrait se nourrir de la démagogie populiste de ceux qui cherchent des boucs émissaires.

    Meriem avait écrit des textes qui lui ont valu des menaces et des quolibets de toutes les intolérances et de toutes les xénophobies. Elle n’avait jamais peur et ne faisant confiance qu’à ses propres convictions d’humaniste.

    Elle se voulait la façade qui reflète la majorité des femmes qu’importe leurs religions et leurs origines. Elle dénonçait les excès mais défendait le juste ; surtout contre les définitions réductrices de l’autre.

    Meriem est morte mais beaucoup de Meriem, par milliers, sont déjà à l’œuvre chacune à sa façon pour que les femmes musulmanes prennent part à la gestion de la cité… Prennent part à la vie tout court.

    Adieu Meriem.


  • Lettre ouverte à ceux qui détiennent le pouvoir
    http://lequotidienalgerie.org/2018/10/19/lettre-ouverte-a-ceux-qui-detiennent-le-pouvoir
    http://lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2018/10/Rachid-Benyelles.jpg

    LETTRE OUVERTE À CEUX QUI DÉTIENNENT LE POUVOIR
    par Rachid Benyelles*

    Aujourd’hui, au crépuscule d’une vie consacrée à servir mon pays dans l’honneur et la fidélité aux principes patriotiques qui ont guidés mes pas jusque-là, et alors que l’Algérie est à la veille d’un rendez-vous crucial pour son destin, il m’a paru nécessaire de m’adresser à ceux qui détiennent le pouvoir pour les exhorter de se démarquer par rapport au projet absolument insensé de reconduire un grand malade octogénaire, pour un cinquième mandat. Un homme qui, après avoir été un trois quarts de président, selon ses propres dires, avait forcé le destin pour devenir un président à part entière, – et plus encore -, mais qui, ironie du sort, n’est plus aujourd’hui qu’un président virtuel puisque, depuis maintenant près de dix ans, tous les pouvoirs que lui confère la Constitution à titre personnel et exclusif, ont été accaparés par un petit groupe de collaborateurs qui les exerce dans l’opacité la plus complète, en toute illégalité, en se servant de lui comme paravent.
    Comme à la veille de chaque rendez-vous électoral, et tels des marionnettistes cachés derrière le rideau, c’est eux encore qui tirent les ficelles articulant les partis-godillots, notamment le FLN et le RND, les confréries religieuses qui mangent à tous les râteliers, les carriéristes au garde-à-vous et les opportunistes de tous poils, tous payés pour chanter les louanges du président en titre et l’implorer de se sacrifier une nouvelle fois en acceptant un cinquième mandat alors que ni son âge avancé, ni son état de santé déplorable ne le lui permettent.

    En vingt ans d’un pouvoir quasi-monarchique, cet homme aura passé plus de dix ans à recevoir des soins intensifs, en Algérie et à l’étranger, notamment en France.  Hospitalisé une première fois à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, en novembre 2005, il subit une opération de l’ulcère de l’estomac qui affectera considérablement ses activités présidentielles.  Terrassé par un AVC, en avril 2013, il est hospitalisé durant près de trois mois dans ce même établissement avant de revenir au pays avec des séquelles irréversibles. Depuis, il vit cloîtré dans une résidence médicalisée, incapable d’assumer une quelconque charge liée à sa fonction, ni même s’exprimer de manière intelligible ou se mouvoir. Lors des quelques rares occasions où il est exhibé pour démentir les rumeurs de sa disparition, il apparait dans un état de délabrement physique qui suscite la compassion des Algériens mais surtout leur indignation de constater que l’homme sensé « incarner l’Etat dans le pays et à l’étranger1 » est un vieil homme invalide réduit à un état végétatif. Cela n’empêche pas les thuriféraires attitrés de soutenir, contre toute évidence, qu’il est en pleine possession de ses capacités pour diriger le pays.

    Le glorifiant jusqu’à l’indécence, ils portent à son crédit un bilan économique exceptionnel, ce qui, au regard des quelques 1 000 milliards de dollars de recettes pétrolières et d’une excellente pluviométrie au cours de ces vingt dernières années, est tout à fait contestable. Cela étant, ce qui intéresse aujourd’hui les Algériens, ce n’est pas tant ce qui a été réalisé, mais ce qui devrait être fait pour assurer leur avenir et celui de leurs enfants.

    Longtemps admirée pour sa lutte de libération héroïque, son programme de développement économique et social ambitieux et ses positions en faveur des causes justes dans le monde, l’Algérie est devenue aujourd’hui « l’homme malade de l’Afrique » – une expression empruntée à celle qui désignait l’Empire ottoman à la veille de sa disparition. Ne pesant plus rien sur l’arène internationale, elle est totalement déconsidérée auprès des gouvernements étrangers, y compris ceux des pays voisins dits « frères » qui, presque ouvertement, se réjouissent de nos déboires et souhaitent notre perte. Profitant de l’état comateux dans lequel l’Algérie est plongée depuis près de dix ans et du relâchement du sentiment national, l’un d’eux, en concertation avec ses commanditaires et alliés habituels, y travaille assidûment.

    Des émissions désobligeantes nous sont consacrées sur certaines chaines de télévision françaises et arabes qui se plaisent à rabaisser le président algérien en le montrant dans un état de prostration profonde, les yeux exorbités et le regard vide. Un président qui ne s’est pas adressé à son peuple depuis plusieurs années alors que l’une des raisons pour laquelle il avait été porté au pouvoir en 1999, était précisément sa qualité présumée de bon orateur, et cela, contrairement à son prédécesseur qui avait une peur panique des médias et des interventions publiques. Incapable aujourd’hui de prononcer correctement un mot, il ne sera certainement pas en mesure de prêter le serment prévu par la Constitution, laquelle précise expressément que « Le Président de la République prête serment devant le peuple et en présence de toutes les hautes instances de la Nation, dans la semaine qui suit son élection2 ». Obligatoire, cette prestation est une condition sine qua non pour son investiture en qualité de président et non pas une formalité dont les tenants du pouvoir pourraient passer outre.

    Considérant, non sans raison, que le rapport de force est en leur faveur, ces derniers estiment que rien ni personne ne peut les empêcher de parvenir à leurs fins ; ni les partis d’opposition, incapables de se mettre d’accord sur une quelconque démarche commune, ni la population qui, déçue par la politique et les politiciens, accepte son sort avec résignation et fatalisme.

    Emprunt de cynisme, ce raisonnement n’est pas faux, sauf que la poussée démographique, toujours aussi forte, ainsi que la baisse inexorable des recettes pétrolières au cours des prochaines années, pourraient changer la donne.

    Vivotant grâce à la solidarité familiale, la masse de désœuvrés qui ne cesse de grossir, constitue une bombe à retardement pouvant exploser à tout moment.

    C’est là le résultat d’une politique qui, depuis vingt ans, a consisté à acheter la paix sociale en distribuant des salaires sans la contrepartie travail, en ouvrant le marché aux produits d’importation, en maintenant les subventions d’une large gamme de produits consommation, lors même qu’il aurait fallu profiter de la conjoncture financière extrêmement favorable qui a caractérisé cette longue période pour mettre à niveau notre système éducatif et édifier une économie productive seule à même de créer des richesses et des emplois.

    Trop contente du retour progressif de la paix et de la sécurité après des années de luttes fratricides et de barbarie, la population s’était accommodée de cette politique de fuite en avant sans en mesurer les conséquences pour l’avenir des Algériens qui, par vagues successives, sont aujourd’hui arrivés à l’âge adulte.

    Abandonnés à leur propre sort, démoralisés et sans moyens financiers ni débouchés, tous ces laissés-pour-compte, notamment les diplômés des universités et instituts du pays qui se comptent par centaines de milliers, pourraient être tentés de verser dans la violence pour changer l’ordre des choses. En cela, la situation ressemble à celle qui prévalait lors des tragiques événements d’octobre 1988 qui avaient entraînées le régime et l’Algérie entière dans la tourmente. Les manifestations de colère qui éclatent un peu partout dans le pays, en sont les signes précurseurs.

    C’est pour les empêcher de s’étendre à travers le territoire que les autorités s’empressent de les contenir localement en recourant à la répression policière ou à la satisfaction des revendications, même lorsque celles-ci ne sont pas justifiées. Mais pour combien de temps encore ?

    La forte dégradation de la situation financière au cours des trois dernières années et l’érosion rapide de nos réserves de changes, ne permettront plus d’acheter la paix sociale comme par le passé. Les risques de mouvements sociaux accompagnés de violence seront de plus en plus élevés et ce n’est certainement pas la planche à billets et la répression policière qui régleront le problème. Forts de leur mainmise sur les appareils de l’Etat, les institutions nationales, la force armée et le trésor public, les tenants du pouvoir pourraient minimiser la gravité de la situation et considérer qu’ils n’ont rien à craindre puisque, face à eux, il n’y a que des partis d’opposition inconsistants et une population qui, faute de guides, est livrée à elle-même.

    Cela ne les prémunit pas pour autant contre un soulèvement populaire et un retournement de situation comme ce fut le cas dans la Tunisie voisine où le régime policier de Zine El Abidine Ben Ali fut balayé en quelques jours.

    Contraint à la fuite, cet ex-général dictateur vit aujourd’hui en paria dans un des rares pays au monde ayant accepté de le recevoir. C’est ce qui pourrait arriver à ceux qui s’accrochent obstinément au pouvoir en voulant reconduire le président en titre pour un cinquième mandat. Après vingt ans de règne, ils devraient comprendre qu’il est temps pour eux de passer la main et de sortir par la grande porte – de leur plein gré, avec dignité et un certain panache.

    Dans le cas où cette sage décision était prise, ils devraient annoncer que le président en titre ne briguera pas une nouvelle législature et que les prochaines élections présidentielles seront véritablement libres, transparentes et honnêtes.

    Et pour être tout à fait crédibles, ils devraient s’engager à placer le prochain scrutin sous la surveillance d’une commission souveraine constituée des représentants du monde scientifique et culturel, ceux des partis politiques les plus représentatifs ainsi que des personnalités nationales connues pour leur intégrité et leur indépendance. Un tel engagement suscitera un immense soulagement chez nos compatriotes qui, sans nul doute, leur en sauront gré. Ainsi, et pour la première fois depuis l’indépendance, un Président pourrait être porté au pouvoir par le peuple, après des élections libres et démocratiques. Menée à bien, cette opération serait inscrite à l’actif de ceux qui en auront pris l’initiative.

    Des élections présidentielles véritablement transparentes et honnêtes permettraient à des candidats de qualité, encore inconnus du grand public, de se faire connaître et de se préparer au rendez-vous d’avril 2019. Seul un président relativement jeune et jouissant d’une légitimité incontestable sera en mesure d’apporter un nouveau souffle au pays et lui donner une nouvelle impulsion.

    C’est le choix que la plupart des pays développés, y compris les plus grands d’entre eux, ont fait en confiant les rênes du pouvoir à des quadragénaires tels que Barack Obama, Vladimir Poutine ou Justin Trudeau qui ont accédé au pouvoir à l’âge de 47 ans, sans parler de Sébastian Kurz qui a été élu chancelier d’Autriche à l’âge de 31 ans. C’est ce qui pourrait arriver de mieux à l’Algérie et à son grand peuple.

    Prise suffisamment à temps, la décision de renoncer à un cinquième mandat permettrait d’organiser une alternance politique de manière sereine, en toute démocratie et dans le respect de la Constitution. Dans le cas contraire, les tenants du pouvoir seront accusés de forfaiture et de crime avec préméditation contre les intérêts supérieurs de la Nation.

    Ils s’exposeront alors au jugement de l’histoire et à la justice des hommes qui, tôt ou tard, les rattrapera.

    Notes

    1- Article 70 de la Constitution.

    2-Article 89 de la Constitution.

    *Général à la retraite et ancien ministre