• L’Encyclopédie à portée de clic
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/lencyclopedie-a-portee-de-clic

    Les 28 volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert sont désormais en ligne sur le site de l’Académie des sciences. Une interface numérique aboutie permet de découvrir dans toute sa richesse la plus incroyable entreprise éditoriale du XVIIIe siècle. Alexandre Guilbaud, qui a piloté le projet, nous en dévoile les grandes lignes.

    https://seenthis.net/messages/638127 via CNRS - Le Journal (RSS)


  • Sur la propriété juridique des données personnelles (et leur valeur marchande)

    https://linc.cnil.fr/vivrons-nous-demain-au-moyen-age

    Alors, nouveau système féodal ? En tout cas, il est intéressant de passer ces analyses au prisme de l’esprit du cadre européen de protection des données : le droit français (en particulier par la modification de l’article 1er de la Loi dite "Informatique et Libertés" suite à la Loi pour une République Numérique, ) et le droit européen (Règlement général à la protection des données) évitent soigneusement cette notion de propriété des #données_personnelles, qui peut paraitre séduisante de prime abord, mais est en réalité probablement une impasse : si l’expression « mes données » est une belle manière d’affirmer la souveraineté de l’individu sur ce qui le concerne au premier chef, tout ce qui vient en droit (et dans une moindre mesure en économie) avec la notion de propriété est extrêmement difficile à mettre en musique quand on parle de données, a fortiori de données personnelles. Par exemple les données génétiques d’un individu peuvent être considérées comme des données « pluripersonnelles » comme le rappelle la nouvelle publication de la CNIL sur le sujet (Le point CNIL : Les données génétiques, à la Documentation française, p. 41) : elles sont héritées et transmissibles, donc partagées avec les ascendants et descendants et peuvent porter atteintes à leurs droits. Comment dès lors "jouir et disposer de la manière la plus absolue" d’elles seul, pour reprendre la définition du droit de propriété du Code civil (article 544) ? 

    Le droit européen et français met plutôt en avant le pouvoir de contrôle des individus et leurs droits fondamentaux, par exemple par l’entremise du principe d’"auto-détermination informationnelle" et par l’existence, réaffirmée par le RGPD, des droits des individus sur les données les concernant (accès, suppression, portabilité, …). Peut-être disposons-nous déjà de la base juridique nécessaires aux Lumières du numérique ?

    Ces données ne seraient donc pas si « personnelles » ? Quid, du coup, de leur valeur ? Peut-on se contenter de dire qu’elle est extorquée par les plate-formes numériques ? Cf. Dominique Cardon dans son bouquin co-écrit avec @antoniocasilli, Qu’est-ce que le #digital_labor ? :

    Les plateformes d’intermédiation ne produisent pas un service substantiel (comme de fabriquer les contenus de programmes), mais procédural : agréger de la méta-information ou opérer de la mise en relation. J’ai parfois l’impression que dans le reproche fait à Google ou Facebook de « ne rien faire » pendant que les internautes « font le travail » peuvent s’entendre encore les présupposés de l’économie industrielle opposant le « vrai travail » au « faux service ». À ne pas prendre au sérieux l’importance cruciale prise aujourd’hui par les procédures d’intermédiation (hébergement, agrégation, classements, algorithmes, etc.), on risque toujours de penser qu’il suffirait d’agir du côté des plateformes, ou d’en créer de nouvelles d’un claquement de doigts, pour se libérer de la captation indue de plus-value par les GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon).

    Sans effet réseau, sans artefact de mise en relation, sans algorithme de recommandation, sans métrique de visibilité, nos productions numériques ne seraient plus du travail extorqué, mais elles auraient aussi perdu leur visibilité, leur réputation, les gratifications de l’échange et les honneurs du commentaire, bref, elles seraient sans aucune valeur, ni monétaire ni symbolique. Ce raisonnement d’économie « industrielle » fait comme s’il existait une valeur « unitaire » des productions individuelles, ou des données, des internautes, alors que, à l’unité, ces productions, ou ces données, sont sans valeur aucune. C’est leur transformation par un mécanisme d’agrégation, de calcul, de comparaison, de filtre, de classement ou de recommandation qui leur confère un sens (pour les internautes) et une valeur (pour les plateformes). Le service rendu par la plateforme, qui consiste à agréger les interactions et à automatiser la révélation d’une « intelligence collective » des productions unitaires grâce à des algorithmes, est négligé ou minoré dans ces travaux, alors que c’est lui qui rend valorisable le travail gratuit des internautes.

    https://seenthis.net/messages/638633 via tbn


  • Who’s Afraid of George Soros? – Foreign Policy (10/10/2017) http://foreignpolicy.com/2017/10/10/whos-afraid-of-george-soros

    BUCHAREST, Romania — Last winter, in the middle of anti-corruption demonstrations, a television broadcaster accused George Soros — the Hungarian-born, Jewish-American billionaire philanthropist — of paying dogs to protest.

    The protests in Bucharest, sparked by dead-of-night legislation aimed at decriminalizing corruption, were the largest the country had seen since the fall of communism in 1989. Romania TV — a channel associated with, if not officially owned by, the government — alleged the protesters were paid.

    “Adults were paid 100 lei [$24], children earned 50 lei [$12.30], and dogs were paid 30 lei [$7.20],” one broadcaster said. 

    Some protesters responded by fitting their dogs with placards; others tucked money into their pets’ coats. One dog stood next to a sign reading, “Can anyone change 30 lei into euro?” Another dog wore one that read: “#George_Soros paid me to be here.”

    “The pro-government television, they lie all the time. In three sentences, they have five lies,” investigative journalist Andrei Astefanesei told Foreign Policy outside a gyro shop in Bucharest. “I told you about that lie, that Soros paid for dogs. ‘If you bring more dogs in the street, you get more money.’” He laughed.

    Romania TV was fined for its false claims about Soros. But the idea — that roughly half a million Romanians, and their dogs, came to the streets because Soros made them do it — struck a responsive chord. It’s similar to the idea that Soros is personally responsible for teaching students about LGBTQ rights in Romanian high schools; that Soros manipulated the teenagers who led this year’s anti-corruption protests in Slovakia; and that civil organizations and what’s left of the independent media in Hungary wouldn’t exist without Soros and his Open Society Foundations.

    The idea that the 87-year-old Soros is single-handedly stirring up discontent isn’t confined to the European side of the Atlantic; Soros conspiracies are a global phenomenon. In March, six U.S. senators signed a letter asking Secretary of State Rex Tillerson’s staff to look into U.S. government funding going to Soros-backed organizations.

    “Our skepticism about Soros-funded groups undermining American priorities goes far beyond Eastern Europe,” said a spokesperson for Utah Sen. Mike Lee, who led the initiative, when asked if there was some specific piece of evidence of Soros-funded activity in Eastern Europe that prompted the letter or if concerns were more general.

    Soros has even been linked to former NFL quarterback Colin Kaepernick, who knelt during the national anthem to protest police brutality. “Congrats to Colin Kaepernick for popularizing the hatred of America. Good work, bro,” Tomi Lahren, a conservative commentator, tweeted during the controversy. “Your buddy George Soros is so proud. #istand.”

    On Twitter, Soros has also been held responsible for the recent Catalan independence referendum and the mass shooting in Las Vegas.

    But one of the places in which suspicion of Soros is most obvious is Central and Eastern Europe. There, Soros is not unlike the Mirror of Erised in Harry Potter, except that while the fictional mirror shows what the viewer most desires, Soros reflects back onto a country what it most hates.

    In Romania, where the head of the ruling party said Soros wants to do evil, the billionaire is not to be trusted because he’s Hungarian. In Hungary, where Prime Minister Viktor Orban has reportedly declared that Soros will be a main campaign theme in next year’s general election, he’s a traitor. And everywhere, he is Jewish, his very name a nod to the anti-Semitism that runs deep throughout the region.

    Now, Soros’s effectiveness as a bogeyman for conservative governments will be put to the test, literally. This week, Hungary is holding a “national consultation,” essentially a referendum designed to condemn Soros and his views on immigration. The government-funded questionnaire will be open to the country’s adult citizens and is meant to solicit their views on the Hungarian-born Holocaust survivor.

    “George Soros has bought people and organizations, and Brussels is under his influence,” Orban said in a radio interview Friday in the run-up to the consultation. “They want to demolish the fence, allow millions of immigrants into Europe, then distribute them using a mandatory mechanism — and they want to punish those who do not comply.”

    Soros declined an interview for this article, but a spokesperson for the Open Society Foundations, the main conduit for Soros’s philanthropic efforts, chalked up the backlash to his outspokenness. “He’s a man who stands up for his beliefs,” Laura Silber, a spokeswoman for the foundation, told FP. “That’s threatening when you’re speaking out against autocrats and corruption.”

    Blame and hatred of Soros are, to borrow from Karl Marx and Friedrich Engels, a specter haunting Central and Eastern Europe. But how did an 87-year-old billionaire thousands of miles away become the region’s most famous ghost?

    #conspirationnisme

    https://seenthis.net/messages/638622 via tbn


  • Goodbye Uncanny Valley on Vimeo
    https://vimeo.com/237568588

    It’s 2017 and computer graphics have conquered the Uncanny Valley, that strange place where things are almost real... but not quite. After decades of innovation, we’re at the point where we can conjure just about anything with software. The battle for photoreal CGI has been won, so the question is... what happens now?

    CREDITS:

    Written and animated by Alan Warburton with the support of Tom Pounder and Wieden + Kennedy.
    Music by Cool 3D World (cool3dworld.com/)
    Special thanks to: Leanne Redfern, Nico Engelbrecht, Iain Tait, Indiana Matine, Katrina Sluis, David Surman, Jacob Gaboury and Daniel Rourke.

    Animated backgrounds generously provided by:

    • Quixel (quixel.se/)
    • Katarina Markovic (youtube.com/channel/UCcr4QTtAK9N96pf_Z_zVqWg)
    • Roman Senko (vimeo.com/rendan)

    Featuring work by:

    • Al and Al (alandal.co.uk/)
    • Albert Omoss (omoss.io/)
    • Alex McLeod (alxclub.com/)
    • Barry Doupe (barrydoupe.ca/)
    • Claudia Hart (claudiahart.com/)
    • Cool 3D World (cool3dworld.com/)
    • Dave Fothergill (vimeo.com/davefothergillvfx)
    • Dave Stewart (vimeo.com/davegrafix)
    • Drages Animation (youtube.com/user/drakhean)
    • El Popo Sangre (vimeo.com/elpoposangre)
    • Eva Papamargariti (evapapamargariti.tumblr.com/)
    • Filip Tarczewski (vimeo.com/ftarczewski)
    • Geoffrey Lillemon (geoffreylillemon.com/website/)
    • Jacolby Satterwhite (jacolby.com/home.html)
    • Jesse Kanda (jessekanda.com/)
    • John Butler (vimeo.com/user3946359)
    • Jonathan Monaghan (jonmonaghan.com/)
    • Jun Seo Hahm (vimeo.com/junseohahm)
    • Kathleen Daniel (duh-real.com/)
    • Katie Torn (katietorn.com/index.html)
    • Kim Laughton (kimlaughton.tumblr.com/)
    • Kouhei Nakama (kouheinakama.com/)
    • LuYang (luyang.asia/)
    • Mike Pelletier (mikepelletier.net/)
    • Nic Hamilton (nichamilton.info/)
    • Pussykrew (hybrid-universe-emulation.net/)
    • Rick Silva (ricksilva.net/)
    • Sanatorios (instagram.com/sanatorios/)

    excellente présentation des recherches actuelles en CGI, au cinéma et dans l’art
    @jasmine @elsa

    https://seenthis.net/messages/637765 via Fil


  • Les ingénieurs de Facebook et Google ont des états d’âme
    https://usbeketrica.com/article/temoignages-ingenieurs-facebook-google-economie-attention-addiction-res

    L’ex-stratège de Google a construit le système qui permet à l’entreprise de mesurer l’impact des publicités vendues dans le monde. Le jeune homme de 35 ans confie au Guardian que l’industrie de la tech est pour lui « la plus importante, la plus standardisée, et la plus centralisée des formes de contrôle de l’#attention de l’histoire de l’humanité ».

    #dissonance_cognitive #médias_sociaux

    https://seenthis.net/messages/638089 via tbn


  • Kim Stanley Robinson says Elon Musk’s Mars plan is a “1920s science-fiction cliché” / Boing Boing
    https://boingboing.net/2016/10/17/kim-stanley-robinson-says-elon.html
    https://media.boingboing.net/wp-content/uploads/2016/10/050-056c026d-1c66-4d42-9fae-a8e96df290c5-1020x1187-3.jpg

    Robinson, who has previously warned that space exploration can be used as an excuse to trash our own planet, has written convincingly about the difficulties of sustaining life away from Earth (his novel Aurora is brilliant on this score).

    #KSR #Mars

    https://seenthis.net/messages/637782 via Fil


  • Matignon met France Stratégie sous tutelle, jugeant son rapport « farfelu »

    http://www.latribune.fr/economie/france/matignon-met-france-strategie-sous-tutelle-jugeant-son-rapport-farfelu-753

    Edouard Philippe va annoncer vendredi une reprise en main de France Stratégie, l’organisme de réflexion économique dépendant de Matignon, après un rapport aux propositions jugées « farfelues », notamment un nouvel impôt immobilier, a-t-on appris jeudi de source proche du Premier ministre.

    https://static.latribune.fr/full_width/808705/edouard-philippe-dit-refuser-de-juger-ses-predecesseurs.jpg

    La décision fait suite à la publication d’un rapport mercredi aux pistes volontairement « radicales » pour résorber les dettes publiques en Europe, aux propositions visiblement très éloignées de l’esprit de l’exécutif Macron-Philippe.

    Dans son rapport publié mercredi, France Stratégie proposait notamment une solidarité financière accrue des Etats de la zone euro, un rachat de la dette publique des Etats par la BCE, ainsi qu’un impôt exceptionnel sur le capital immobilier.

    Selon cette proposition de nouvel impôt, l’Etat pourrait décréter « qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels, à hauteur d’une fraction fixée de leur valeur ».

    Il deviendrait ainsi « créditeur d’une somme annuelle, correspondant à une part de la fraction de la rente immobilière associée à la copossession du terrain ».

    https://seenthis.net/messages/637609 via enuncombatdouteux


  • Travail : 4 propositions pour éviter la précarisation généralisée
    https://usbeketrica.com/article/travail-4-propositions-pour-eviter-la-precarisation-generalisee

    Une autre piste, portée par Bernard Stiegler et l’association Ars Industrialis, consiste à élargir le statut de l’intermittence à l’ensemble de la …

    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/usb-prd-upload/images/thumb_700xh/58ecb926cf48c.jpg

    https://seenthis.net/messages/637261 via davidzentao


  • Loi antiterroriste : « Nous sommes passés de l’Etat de droit à l’Etat de surveillance »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/11/mireille-delmas-marty-nous-sommes-passes-de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-surv

    L’accumulation de textes sur la sécurité inquiète la juriste Mireille Delmas-Marty. ­ Elle dénonce une quasi-fusion entre le droit d’exception et le droit commun.

    Quel regard portez-vous sur les lois ­antiterroristes adoptées en France ­ces dernières années ?

    Quand on compare le débat sur la loi Sécurité et liberté présentée par Alain Peyrefitte, au ­début des années 1980, à ce qui s’est passé ­depuis une quinzaine d’années, on a l’impression d’avoir changé d’univers : à partir des ­années 1970, la montée en puissance des droits de l’homme semblait irréversible et l’Etat de droit un dogme inébranlable.

    Depuis les attentats du 11 septembre 2001, un repli ­sécuritaire et souverainiste semble avoir levé un tabou : il légitime jusqu’à la torture aux Etats-Unis et déclenche un peu partout une spirale répressive qui semble accompagner une dérive sans fin de l’Etat de droit.

    Peut-on reconstituer la généalogie de ce changement de monde ?

    L’Etat de droit a commencé sa dérive avec le Patriot Act, qui a été adopté aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

    L’exemple américain a encouragé d’autres pays démocratiques, y compris en Europe, à faire de même : en ce début du XXIe siècle, des pays comme l’Allemagne ou la France ont abandonné peu à peu des garanties qui paraissaient pourtant définitivement acquises. Outre-Rhin, la Cour de Karlsruhe a ainsi ­accepté, en 2004, la réactivation d’une loi nazie de 1933 sur les internements de sûreté qui n’avait pas été abrogée mais qui était longtemps restée inactive.

    En France, une loi de 2008 a introduit une ­rétention de sûreté conçue sur le modèle allemand de 1933. La dérive s’est ensuite

    https://seenthis.net/messages/636736 via Gastlag


  • How Facebook ads helped elect Trump - CBS News
    https://www.cbsnews.com/news/how-facebook-ads-helped-elect-trump
    https://cbsnews1.cbsistatic.com/hub/i/2017/10/06/d1034cd7-a5ae-47ac-b2be-d3f5d472403d/parscaleint.jpg

    “Twitter is how [Trump] talked to the people, Facebook was going to be how he won,” Parscale tells Stahl. Parscale says he used the majority of his digital ad budget on Facebook ads and explained how efficient they could be, particularly in reaching the rural vote. "So now Facebook lets you get to…15 people in the Florida Panhandle that I would never buy a TV commercial for," says Parscale. And people anywhere could be targeted with the messages they cared about. (…)

    Parscale received help utilizing Facebook’s technology from Facebook employees provided by the company who showed up for work to his office multiple days a week. He says they had to be partisan and he questioned them to make sure. "I wanted people who supported Donald Trump." Parscale calls these Facebook employees “embeds” who could teach him every aspect of the technology. “I want to know everything you would tell Hillary’s campaign plus some,” he says he told them.

    #facebook #publicité #embed

    https://seenthis.net/messages/635762 via Fil



  • Digital Labor Studies Go Global: Toward a Digital Decolonial Turn | Casilli | International Journal of Communication
    http://ijoc.org/index.php/ijoc/article/view/6349/2149

    This article elucidates the global dimensions of #digital labor. The field of study touching on platform-based activities has scaled up to reflect the increasing reliance of digital economies on supply chains outsourcing tasks to developing and emerging countries. To what extent can an economy predicated on data and value transfer from the Global South to the North be construed as “neocolonial”? Theoretical parallels with slavery, imperialism, and colonization fail to assess the historical uniqueness of new global inequalities. This article claims that the germane notion of “coloniality” (by relating to existing works at the intersection of race, gender, postcolonial, and subaltern studies) better addresses the dynamics of social exclusion and exploitation at play in Western and non-Western countries. I conclude by arguing for a “digital decolonial turn” pursuing the chief goal of digital labor studies: making invisible work visible.

    #mondialisation #décolonisation #inégalités (Nord/Sud) par @antoniocasilli, extrêmement intéressant en plus d’être un état de l’art des études sur le digital labor (ping @pguilli)

    https://seenthis.net/messages/635955 via tbn


  • Spectrum News
    https://chrome.google.com/webstore/detail/spectrum-news/hildmmidfhdahbdpkkdmkmadgbpgfkdb
    https://lh3.googleusercontent.com/_9KXrrNJQ-_46FdRi4EoC5Kt3nljX9HrjoP6XbOgq-71ygKa2TAk1L9bN7gIu2QOybzXPCCqLw=w640-h400-e365#.jpg

    See the other side
    Spectrum fights the filter bubbles that divide America by providing perspectives from the other side. Get articles on topics of your interest from sources that challenge you to consider other viewpoints. Learn and understand the other side while maintaining your existing news reading habits.

    pour combattre les #fake_news et le #filter_bubble on rajoute du bruit, fausse bonne idée si tu veux mon avis

    https://seenthis.net/messages/632460 via Fil


  • Il ne faut pas ’libérer les données’. Il faut se libérer par les données. - Nicolas Kayser-Bril
    http://blog.nkb.fr/se-liberer-par-les-donnees
    http://blog.nkb.fr/images/grosz_1919.jpg

    Plutôt que de réutiliser les données de l’administration, il faut créer ses propres bases de données. C’est seulement en développant une statistique en dehors de l’état que l’on est capable de mesurer le monde - y compris l’action de l’état - en restant indépendant.

    #données #journalisme

    https://seenthis.net/messages/631465 via Fil


  • Comment le nouvel algorithme de Google détruit la presse progressiste aux Etats-Unis

    Une lettre du boss de Alternet dans le cadre d’une demande de soutien. Un tableau des plus significatif :

    https://s3.amazonaws.com/s3.alternet.org/images/AlterNet_Traffic_Data.png

    et pour les lecteurs pressés cette phrase des plus claire :

    So the reality we face is that two companies, Google and Facebook—which are not media companies, which do not have editors, or fact checkers, which do no investigative reporting—are deciding what people should read, based on a failure to understand how media and journalism function.

    La lettre dans son intégralité.

    Dear AlterNet Reader:

    The story I am going to share with you is very disconcerting for independent media and America’s future, and frankly it is unprecedented in AlterNet’s history.

    It is hard to imagine anything scarier than Donald Trump’s presidency. But this problem is actually bigger than Trump, and it is a situation that certainly helps him.

    This story affects you too, in ways you may not fully be aware of—in fact it affects our whole media system and the future of democracy, and that is not an exaggeration.

    We have not yet gone public with our own story. I wanted you, and the rest of our supportive community, to know the details first. We are going to need your help.

    The New Media Monopoly Is Badly Hurting Progressive and Independent News

    The story is about monopoly on steroids. It is about the extreme and unconstrained power of Google and Facebook, and how it is affecting what you read, hear and see. It is about how these two companies are undermining progressive news sources, especially AlterNet.

    In June, Google announced major changes in their algorithm designed to combat fake news. Ben Gomes, the company’s vice president for engineering, stated in April that Google’s update of its search engine would block access to “offensive" sites, while working to surface more “authoritative content.”

    This seemed like a good idea. Fighting fake news, which Trump often uses, is an important goal that we share.

    But little did we know that Google had decided, perhaps with bad advice or wrong-headed thinking, that media like AlterNet—dedicated to fighting white supremacy, misogyny, racism, Donald Trump, and fake news—would be clobbered by Google in their clumsy attempt to address hate speech and fake news.

    The Numbers Are Striking

    We have had years of consistent search traffic averaging 2.7 million unique visitors a month, over the past two and a half years. But since the June Google announcement, AlterNet’s search traffic plummeted by 40 percent—a loss of an average of 1.2 million people every month who are no longer reading AlterNet stories.

    AlterNet is not alone. Dozens of progressive and radical websites have reported marked declines in their traffic. But AlterNet ranks at the top in terms of audience loss because we have a deep archive by producing thousands of news articles for 20 years. And we get substantial traffic overall—typically among the top five indy sites.

    So the reality we face is that two companies, Google and Facebook—which are not media companies, which do not have editors, or fact checkers, which do no investigative reporting—are deciding what people should read, based on a failure to understand how media and journalism function.

    The Harvey and Irma of Journalism

    Britain’s famed journalist Sir Harold Evans described Facebook and Google as “the Harvey and Irma of journalism—and democracy”:

    “Whatever else they do, the electronic duopoly deprive millions of information and argument as surely as the series of super storms deprive millions of light, power, home and hearth.

    “The climate change deniers will go on calling the link between hurricanes and greenhouse gases a ‘hoax’… but no one can deny the devastating effect of Facebook and Google on the viability of news organizations to investigate complexity and resist suppression.”

    The Google Hit Goes Right to Our Bottom Line

    We need your help because we are going to take a financial hit over the coming months.

    Why? Because Google’s undermining of progressive journalism means we have lost a major chunk of audience and as a result are looking at big potential losses in ad revenue.

    AlterNet’s long-term success is based on our balanced economic model. We get roughly half of our revenue from advertising and half from contributions from readers and supporters like you, as well as a handful of foundations. But now 40 percent of our traffic, earned over many years, has disappeared due to Google’s arbitrary tactics.

    We need to stay strong, keep our great staff, and fight Donald Trump and his cult of core supporters.

    We are proud to have never made a desperate appeal for money. We were pleased that we didn’t harass you with fundraising pitches every day for months. We had a very healthy balance, and our financial supporters contributed exactly what we needed each year. But now, due to media monopoly on steroids, we are very concerned.

    Can you rededicate yourself to AlterNet and its mission of producing important and powerful independent journalism?

    This fall fundraising campaign is necessary; we need to bolster our finances and prepare to pivot AlterNet so it can survive and continue to be read by a huge audience of millions, without having to rely on Facebook and Google to do it. That means we need to rely on you—will you help?

    Warmly,

    Don Hazen
    Executive Editor, AlterNet

    P.S.: Your contribution today is 100% tax-deductible.

    AlterNet | 1881 Harmon St. | Berkeley, CA 94703

    https://seenthis.net/messages/633248 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • « Le travail moderne, c’est un retour au tâcheronnage du XIXe siècle »

    Rencontre avec un collectif de livreurs à vélo en lutte

    Par Jef Klak

    Avec le concours de Jean-Baptiste Bernard

    http://jefklak.org/?p=4412

    Jérôme : L’outil numérique nous a été imposé comme outil de travail, et nous essayons de le retourner en arme. Comme à Marseille en mars dernier, face à Deliveroo : une quinzaine de livreurs ont décidé de réagir à une baisse marquée de la tarification de la livraison. Ils ont bloqué quatre restos marseillais, empêchant les autres livreurs de prendre livraison des commandes. Deliveroo a dû gérer le mécontentement des clients, puis les rembourser. Elle a aussi dû rembourser les restaurateurs, qui avaient préparé les repas. Un beau bordel !

    Quatre restos bloqués, ça n’a l’air de rien. Mais Marseille est une ville où le marché de la livraison est encore jeune : il n’y a que quarante restaurants partenaires. En bloquer 10 %, c’est déjà beaucoup. Surtout que le mouvement a pris : les livreurs débarquant devant les piquets se mettaient en grève à leur tour. Ça n’a évidemment pas plu à la plateforme, qui a « débranché » les contestataires dès le premier soir. Sans avoir les moyens de ses ambitions : les livreurs désactivés faisaient partie de ceux qui travaillaient le plus, si bien qu’elle a annulé leur déconnexion dès le lendemain. Le mouvement a continué, et Deliveroo a finalement craqué.

    Ce type de protestation se généralise, avec des grèves en Angleterre, des manifs en Allemagne, des blocages en Italie… À chaque fois, une soirée suffit à mettre une pagaille monstre. C’est révélateur de la fragilité de cette économie : quinze livreurs bloquent quatre restos, et boum ! l’appli est dans les choux.

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2017/09/Une_CLAP2.jpg

    https://seenthis.net/messages/633041 via Jef Klak




  • The shorter your sleep, the shorter your life: the new sleep science | Life and style | The Guardian
    https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2017/sep/24/why-lack-of-sleep-health-worst-enemy-matthew-walker-why-we-sleep
    https://i.guim.co.uk/img/media/e542a4bd67dc34c894be3a0fa0b68768d2f2b484/2016_287_4227_2536/master/4227.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&crop=faces%2Centropy&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxNi8wNS8yNS9vdmVybGF5LWxvZ28tMTIwMC05MF9vcHQucG5n&s=f5922b72437ad1193896603e9acc03a2

    But Walker believes, too, that in the developed world sleep is strongly associated with weakness, even shame. “We have stigmatised sleep with the label of laziness. We want to seem busy, and one way we express that is by proclaiming how little sleep we’re getting. It’s a badge of honour. When I give lectures, people will wait behind until there is no one around and then tell me quietly: ‘I seem to be one of those people who need eight or nine hours’ sleep.’ It’s embarrassing to say it in public. They would rather wait 45 minutes for the confessional. They’re convinced that they’re abnormal, and why wouldn’t they be? We chastise people for sleeping what are, after all, only sufficient amounts. We think of them as slothful. No one would look at an infant baby asleep, and say ‘What a lazy baby!’ We know sleeping is non-negotiable for a baby. But that notion is quickly abandoned [as we grow up]. Humans are the only species that deliberately deprive themselves of sleep for no apparent reason.” In case you’re wondering, the number of people who can survive on five hours of sleep or less without any impairment, expressed as a percent of the population and rounded to a whole number, is zero.

    #sommeil #santé #société

    https://seenthis.net/messages/632008 via Kassem


  • Facebook’s war on free will | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2017/sep/19/facebooks-war-on-free-will
    https://i.guim.co.uk/img/media/35ee3841da89603c93a8a14cfec1b51044c96c2f/701_507_1779_1067/master/1779.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&crop=faces%2Centropy&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxNi8wNS8yNS9vdmVybGF5LWxvZ28tMTIwMC05MF9vcHQucG5n&s=eb91553dade9e431b048f906f5677068

    All the values that Silicon Valley professes are the values of the 60s. The big tech companies present themselves as platforms for personal liberation. Everyone has the right to speak their mind on social media, to fulfil their intellectual and democratic potential, to express their individuality. Where television had been a passive medium that rendered citizens inert, Facebook is participatory and empowering. It allows users to read widely, think for themselves and form their own opinions.

    We can’t entirely dismiss this rhetoric. There are parts of the world, even in the US, where Facebook emboldens citizens and enables them to organise themselves in opposition to power. But we shouldn’t accept Facebook’s self-conception as sincere, either. Facebook is a carefully managed top-down system, not a robust public square. It mimics some of the patterns of conversation, but that’s a surface trait.
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    In reality, Facebook is a tangle of rules and procedures for sorting information, rules devised by the corporation for the ultimate benefit of the corporation. Facebook is always surveilling users, always auditing them, using them as lab rats in its behavioural experiments. While it creates the impression that it offers choice, in truth Facebook paternalistically nudges users in the direction it deems best for them, which also happens to be the direction that gets them thoroughly addicted. It’s a phoniness that is most obvious in the compressed, historic career of Facebook’s mastermind.

    Though Facebook will occasionally talk about the transparency of governments and corporations, what it really wants to advance is the transparency of individuals – or what it has called, at various moments, “radical transparency” or “ultimate transparency”. The theory holds that the sunshine of sharing our intimate details will disinfect the moral mess of our lives. With the looming threat that our embarrassing information will be broadcast, we’ll behave better. And perhaps the ubiquity of incriminating photos and damning revelations will prod us to become more tolerant of one another’s sins. “The days of you having a different image for your work friends or co-workers and for the other people you know are probably coming to an end pretty quickly,” Zuckerberg has said. “Having two identities for yourself is an example of a lack of integrity.”

    There’s another way to describe this historical progression. Automation has come in waves. During the industrial revolution, machinery replaced manual workers. At first, machines required human operators. Over time, machines came to function with hardly any human intervention. For centuries, engineers automated physical labour; our new engineering elite has automated thought. They have perfected technologies that take over intellectual processes, that render the brain redundant. Or, as the former Google and Yahoo executive Marissa Mayer once argued, “You have to make words less human and more a piece of the machine.” Indeed, we have begun to outsource our intellectual work to companies that suggest what we should learn, the topics we should consider, and the items we ought to buy. These companies can justify their incursions into our lives with the very arguments that Saint-Simon and Comte articulated: they are supplying us with efficiency; they are imposing order on human life.

    Algorithms can be gorgeous expressions of logical thinking, not to mention a source of ease and wonder. They can track down copies of obscure 19th-century tomes in a few milliseconds; they put us in touch with long-lost elementary school friends; they enable retailers to deliver packages to our doors in a flash. Very soon, they will guide self-driving cars and pinpoint cancers growing in our innards. But to do all these things, algorithms are constantly taking our measure. They make decisions about us and on our behalf. The problem is that when we outsource thinking to machines, we are really outsourcing thinking to the organisations that run the machines.

    Facebook would never put it this way, but algorithms are meant to erode free will, to relieve humans of the burden of choosing, to nudge them in the right direction. Algorithms fuel a sense of omnipotence, the condescending belief that our behaviour can be altered, without our even being aware of the hand guiding us, in a superior direction. That’s always been a danger of the engineering mindset, as it moves beyond its roots in building inanimate stuff and begins to design a more perfect social world. We are the screws and rivets in the grand design.

    #Facebook #Algorithme #Société_calcul #Ingénierie

    https://seenthis.net/messages/630926 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Minsk se rebiffe (très légèrement) contre le grand frère russe, par Ioulia Shukan (@mdiplo, juin 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/SHUKAN/57560
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton57560.jpg

    (…) Minsk n’entend pas contester plus ouvertement à la Russie son statut de partenaire privilégié, même s’il reste attaché à sa neutralité dans la crise ukrainienne et, par-delà, face à la confrontation entre la Russie et l’OTAN. Il accueillera ainsi, à l’automne 2017, les manœuvres militaires russo-biélorusses #Zapad (Ouest), conformément à une tradition stratégique soviétique restaurée en 1999.

    Cette position de neutralité de M. Loukachenko tout comme son aspiration à plus d’autonomie relèvent d’une stratégie de préservation de son régime. Dans le contexte actuel, cette stratégie implique l’affirmation de la souveraineté de la Biélorussie, une politique extérieure plus équilibrée et même une certaine ouverture. Elle trouve aussi un large écho auprès de la population, qui, face au conflit entre les Deux Grands, opte pour une position de retrait : à l’été 2016, 58 % des personnes interrogées déclaraient vouloir se tenir à distance de la confrontation entre la #Russie et l’#OTAN.

    https://seenthis.net/messages/630103 via tbn


  • Les principales chaînes mondiales d’information en continu, par Cécile Marin @cecilecarto (avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/chaines-info
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L251xH300/Infographie-RT-4b629.png

    RT se place en rivale des grandes chaînes de télévision visant un public mondial par la diffusion d’informations 24 heures sur 24. Ne sont représentées ici que les chaînes (privées ou publiques) se consacrant à l’actualité internationale et ayant une audience significative à l’étranger. Ne figurent pas les chaînes plus confidentielles, comme la chinoise CGTN ou l’iranienne Press TV ; ni les chaînes financières, comme Bloomberg Television ou CNBC ; ni les généralistes, comme Telesur en Amérique latine ; ni celles dont la zone de diffusion est plus restreinte, comme la saoudienne Al-Arabiya ou l’américaine Al-Hurra.


  • Il était une fois le salarié du futur (Libération, 10/09/2017)
    http://www.liberation.fr/france/2017/09/10/il-etait-une-fois-le-salarie-du-futur_1595425

    Dominique est chanceux. A 28 ans, il vient de décrocher un CDD dans la PME située à deux pas de chez lui. Une boîte de fabrication de pièces pour automobiles où il peut exercer ses talents de fraiseur. Un CDD… de cinq ans, qu’il s’est empressé de signer. Fini, la durée maximale de 18 ou 24 mois pour les contrats à durée déterminée : la branche de la métallurgie a décidé de profiter à fond de la nouvelle loi réformant le code du travail, et de choisir la durée maximale autorisée par la jurisprudence européenne, dernier rempart, désormais, dans ce domaine.

    Son patron a aussi indiqué à Dominique que son CDD pourrait éventuellement être renouvelé plusieurs fois, avec un délai de carence réduit au minimum. Et tant pis si la banque lui a refusé son prêt immobilier pour manque de visibilité sur son avenir professionnel.

    Deux ans plus tard, comme Dominique travaille bien, son employeur le convainc de rompre d’un commun accord son CDD et d’accepter un CDI. Un CDI « d’opération ». Car là aussi, la branche a utilisé pleinement la nouvelle législation en instaurant des CDI « de chantier ou d’opération », dont la rupture intervient avec la fin des tâches prédéfinies dans le contrat. Pour Dominique, il s’agit de la mise en place des trois nouveaux robots fraîchement arrivés d’Allemagne. Une fois ceux-ci installés, le CDI s’éteindra de plein droit. Dominique est un peu déçu mais la rémunération continue de le motiver : il touche une prime de vacances et un 13e mois - les partenaires sociaux de la branche de la métallurgie viennent de l’adopter.

    Sauf que les temps sont durs. Peugeot menace de faire une croix sur les commandes, et les comptes risquent de virer au rouge. Pas très difficile, dans ces conditions, de persuader les élus du personnel de signer un accord supprimant à la fois le 13e mois et la prime. Une pratique permise par le nouveau code du travail, qui a exclu du domaine de la branche la plupart des thématiques qu’elle pouvait traiter et imposer à toutes les entreprises de son champ, avant la réforme. Dont les primes (hors travaux dangereux) et le 13e mois.

    Dominique est quand même heureux. Son salaire, 1 400 euros net par mois, est bien au-dessus du smic. Son secteur industriel paie toujours mieux que le bâtiment ou les services. Sauf que cette fois, c’est presque sûr, l’a prévenu son patron, ses concurrents sont allés plus loin dans les souplesses accordées par la nouvelle législation : Peugeot est à deux doigts de rompre son contrat avec la PME, qui représente presque 30 % du chiffre d’affaires. Pas le choix, il faut s’aligner sur les autres, au risque, sinon, de perdre un des plus gros clients.

    Mais le chef d’entreprise se rassure vite : la nouvelle loi permet de négocier de nouveaux accords de compétitivité, où tout ou presque est permis. Fini les garanties de l’ancien monde qui prévoyaient notamment que le salaire ne pouvait pas baisser. Pour « répondre aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise », ou (au choix) pour « préserver ou développer l’emploi », son patron a proposé aux salariés un accord qui réduira la rémunération de Dominique au niveau du minimum conventionnel, soit 230 euros de baisse mensuelle. Et qui l’oblige également à travailler en horaires décalés. L’accord a convaincu d’autant plus facilement les salariés que c’est Philippe, le délégué du personnel, proche du patron c’est vrai, qui a négocié. Les choses ont bien changé depuis le dernier accord, quand la CGT avait mandaté un salarié et suivi de près les négociations, comme l’imposait l’ancien code du travail. Avec la nouvelle loi, plus besoin de syndicat dans les entreprises de moins de 50 salariés pour négocier et signer un accord.

    Dominique reste néanmoins (encore un peu) optimiste. Il a toujours son boulot. Et depuis huit mois qu’il bosse en CDI (« d’opération »), il a déjà installé deux robots. Ne reste plus que le troisième à mettre en place. Sauf que… Dominique ne comprend pas, il vient de recevoir une lettre qui lui annonce la fin de son contrat. « Et le troisième robot ? » s’insurge-t-il.

    Il se plaint auprès de son collègue Antoine, dans les vestiaires : « C’est totalement injustifié ! » Antoine est sympa et lui livre les dernières rumeurs qui circulent : le patron aimerait bien embaucher son petit-neveu. Et il a les compétences parfaites pour le poste… de Dominique. « Mais chut, tu ne dis rien », lui demande Antoine. Cette fois-ci, c’en est trop pour Dominique : « Un CDD de cinq ans puis un CDI d’opération, la prime de vacances et le 13e mois supprimés puis la baisse de salaire de 230 euros par mois. Et maintenant un licenciement injustifié ? » Comme Dominique n’est pas du genre à se laisser faire, il va saisir les prud’hommes. Sûr, il va arracher un beau pactole à son patron pour cette injustice.

    Quelques mois plus tard, quand les juges des prud’hommes lui expliquent, il ne veut pas y croire : oui, ils savent que c’est le petit-neveu qui a été embauché. Et oui, ils auraient voulu sanctionner le patron. Mais Dominique ne pourra pas toucher plus de trois mois de salaire en compensation. C’est le nouveau barème qui veut cela : avec trente-deux mois de présence dans la boîte, et même si le licenciement est irrégulier, il ne peut pas toucher plus de trois mois de salaire brut d’indemnités.

    Quelques mois plus tard, Dominique n’est plus seul : le patron a licencié un tiers des salariés de la boîte. L’entreprise allait mal, paraît-il. « Même si elle faisait partie d’un groupe international qui pétait le feu ? » demande Dominique à Antoine, au chômage lui aussi. Antoine ne sait pas trop quoi répondre. Mais en allant aux prud’hommes, les juges leur disent qu’ils n’ont plus le pouvoir, avec la nouvelle loi, de juger des difficultés économiques au niveau du groupe. Seulement de la France. Dominique et Antoine attendent désormais avec impatience la réforme à venir de l’assurance chômage, prochain dossier social au menu du gouvernement.

    #macronie

    https://seenthis.net/messages/629497 via tbn



  • Retour du #jukendo à l’école japonaise (Le Monde, 11/05/2017)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/11/japon-virage-a-droite-dans-l-education_5126256_3232.html
    http://img.lemde.fr/2017/05/05/87.5/0/660/330/644/322/60/0/c16a8c1_15944-1qgzwoz.b7nrn3ik9.jpg

    Le Japon célèbre sa Constitution avec un jour férié, le 3 mai. Une Constitution pacifiste que le premier ministre, Shinzo Abe, entend réviser d’ici à 2020, afin de rendre au pays toute sa souveraineté en matière militaire. En attendant, une droitisation s’opère de manière plus sournoise par ­la résurgence d’un héritage banni depuis la défaite de 1945.

    Les #arts_martiaux que l’on enseigne à l’école secondaire se sont ainsi enrichis d’une nouvelle discipline : le jukendo. Proche du kendo, la « voie de la baïonnette » est une technique de combat développée par l’armée impériale. Associé au militarisme des années 1930-1940, son retour dans les écoles suscite des controverses. D’autant que le gouvernement vient aussi de réintroduire dans le cursus scolaire l’étude du « Rescrit sur l’éducation », document de 1890 par lequel l’empereur Meiji (1852-1912) appelait ses sujets à « se ­sacrifier à l’Etat si les circonstances l’exigent ».

    Basé sur l’« art du combat à la lance » ­(sojutsu) et le maniement de la baïonnette enseigné par les missions militaires françaises au Japon entre 1870 et 1890, le jukendo (appelé alors jukenjutsu) fut interdit, comme d’autres arts martiaux, par l’occupant américain. Rétabli dès que le Japon eut recouvré son indépendance en 1952, il est aujourd’hui pratiqué par 30 000 amateurs (en majorité des militaires) avec la réplique en bois d’un fusil à l’extrémité émoussée. Selon le ­vice-président de la fédération de jukendo, Takeshi Suzuki, « les objectifs de cet art de combat sont complètement différents » de ce qu’ils étaient avant-guerre.

    via @opironet

    https://seenthis.net/messages/628889 via tbn