• Grand moment de sociologie des élites françaises, Bourdieu aurait adoré

    "Le lundi 3 octobre, dans sa chronique mensuelle désormais publiée par Le Figaro, Jacques Julliard a éreinté la gauche. Pas celle du peuple, écrivait-il, mais « les bobos du centre-gauche, les intellos de l’extrême gauche très influents dans les médias », coupables à ses yeux d’avoir laissé en déshérence ces « marqueurs » que sont la laïcité, l’école et la nation. Dans la salle des fêtes de l’Elysée, le matin même, l’historien attend pourtant que François Hollande lui remette la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. Tous les invités ont lu sa charge. Le président aussi. « Mais vous voyez, il n’est pas rancunier », souffle un de ses conseillers.
    Le chef de l’Etat a embrassé en un regard l’assemblée. Il en connaît chaque visage. Il a tout de suite vu les anciens compagnons de route. Quelques dernières grandes figures de la deuxième gauche. D’autres qui n’ont jamais abordé ses rivages. Là, dans un angle discret, voici le profil de l’ancien patron de la CFDT, Edmond Maire, sous une chevelure de neige. Au centre, Jack Lang. Et puis, les historiens Pierre Nora, Jean-Noël Jeanneney et Mona Ozouf. Les patrons de Libération et de Marianne devisent avec celui du Figaro. Jean d’Ormesson fait des baisemains. Le romancier Olivier Rolin observe un brin goguenard cette petite société, droite et gauche mêlées.
    Le premier ministre Manuel Valls a traversé la Seine. Mais Najat Vallaud-Belkacem manque à l’appel, elle qui a pourtant accepté, à la demande de François Hollande, de placer sur son contingent de l’éducation nationale le nouveau décoré, malgré les critiques répétées de Julliard contre cette école « abandonnée par la gauche au nom d’un alignement égalitaire sur les plus médiocres ». Au premier rang des convives, le philosophe Alain Finkielkraut en rirait presque : « Quand je pense que Julliard prône sur l’école le contraire de ce que fait Hollande, je pourrais faire un bel esclandre et crier au milieu de la cérémonie “arrêtons l’hypocrisie !” »
    Mais le président de la République est désarmant de bonne humeur. En retraçant le parcours de Julliard dans les journaux, Le Nouvel Observateur, Marianne, Le Figaro, ses combats d’éditorialistes engagé, il dessine une évolution qu’il connaît bien : « Vous avez été dans les années 70 contre l’étatisme, dans les années 80 contre la tentation néo-libérale. Dix ans plus tard, pour le droit d’inventaire et à l’aube des années 2000 en faveur de la démocratie participative. Aujourd’hui, ajoute-t-il en souriant, je ne sais pas à quelle gauche vous vous adressez. Il y en a tellement… » Parmi les convives, l’ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin, le philosophe Luc Ferry, qui moquait tout à l’heure le président, admire maintenant sa courtoise ironie : « Cet Hollande gagne à être connu ! »
    Jacques Julliard a préparé sa réponse. « Dans mon conseil d’administration intérieur, assure-t-il, il y a 24 % pour la pensée contre-révolutionnaire, 24 % pour la pensée libertaire et anarchiste et 52 % pour la social-démocratie : une majorité absolue (…). Certains estimeront que tout cela est contradictoire. Mais c’est la réalité qui l’est. » Puis, il offre enfin au chef de l’Etat le baume tant attendu : « Aujourd’hui, la France est social-démocrate. Or, j’ai beau regarder autour de moi, parmi les candidats déclarés ou “en marche”, explique-t-il en une allusion à Emmanuel Macron, je vois des libéraux purs, je vois des protectionnistes, des indignés, des insoumis. Je ne vois pas encore de social-démocrate. » Et, devant le président rose de contentement, il assure « cette élection serait profondément déséquilibrée et, en quelque sorte atrophiée, si le grand parti de la social-démocratie n’y était pas dignement représenté. » Après les applaudissements, François Hollande, qui n’en attendait peut-être pas tant, passe de groupe en groupe en répétant : « Vous avez bien entendu, la social-démocratie est majoritaire… Elle peut faire 52 %… »."

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/julliard-a-hollande-parmi-les-candidats-declares-je-ne-vois-pas-de-social-de

    https://seenthis.net/messages/530307 via Le Bougnoulosophe


  • Grande campagne pour la fraude à la #RATP
    https://paris-luttes.info/grande-campagne-pour-la-fraude-6810
    http://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/arton6810.jpg?1475440705

    Il y a déjà quelques détournements qui tournent sur le net, mais qui n’ont pas grande utilité si cela ne sort pas du virtuel ... alors à vos seaux à colle, posca, pochoirs, et renvoyons un message aux hommes en vert !

    https://pbs.twimg.com/media/CsyeQEpWAAAZLke.jpg

    #passager_clandestin #communication_guérilla

    https://seenthis.net/messages/530328 via tbn


  • Contre les migrants, la #Hongrie matraque à plein
    https://www.mediapart.fr/journal/international/020916/contre-les-migrants-la-hongrie-matraque-plein

    Affiches, spots publicitaires à la radio et à la télévision… Tandis que la campagne référendaire bat son plein, pour ou contre la « relocalisation » des migrants en vertu de l’accord européen, des centaines de #réfugiés espèrent un jour pouvoir passer les murs de barbelés érigés par Budapest à la frontière entre la #Serbie et la Hongrie. À leurs risques et périls.

    #International #asile #Horgos #Orban


  • What Facebook Knows About You
    https://www.propublica.org/article/breaking-the-black-box-what-facebook-knows-about-you

    We live in an era of increasing automation. Machines help us not only with manual labor but also with intellectual tasks, such as curating the news we read and calculating the best driving directions. But as machines make more decisions for us, it is increasingly important to understand the algorithms that produce their judgments.

    #Facebook #données #profiling

    https://seenthis.net/messages/528667 via etraces


  • La révolution ne sera pas podcastée
    http://arteradio.com/son/61657723/la_revolution_ne_sera_pas_podcastee

    Vingt ans qu’Olivier Minot fait toutes les manifs avec un micro à la main. Il enregistre les défilés encadrés et les nuits d’émeutes, les colères lycéennes ou féministes. Ca lui fait vingt ans et des gigaoctets de slogans, de chansons et de défaites politiques. Est-ce que ça sert encore à quelque chose ? Pourquoi le documentariste se cache derrière son micro ? Une plongée drôlatique et superbement rythmée dans une mémoire intime et collective. Durée : 21 min. Source : Arte Radio


  • La préfecture de Paris valide le retour (contrôlé) des #ultras au Parc
    http://www.sofoot.com/la-prefecture-de-paris-valide-le-retour-des-ultras-au-parc-432725.html

    Volonté affichée depuis quelques mois par le président Nasser Al-Khelaïfi, et par les joueurs comme Blaise Matuidi, le retour de ces ultras vient d’être validé par la préfecture de police de Paris, suite à l’entretien du président du #PSG avec le préfet Michel Cadot de ce jeudi : « La préfecture de #police prend acte de la volonté du Paris Saint-Germain d’accueillir en tribune les supporters ultras du club par le biais de ventes individuelles de billets. En cas d’incidents constatés, la préfecture de police s’opposera à la poursuite de cette présence des ultras au sein du Parc des Princes. »

    https://seenthis.net/messages/529964 via tbn





  • What Killed The Newspapers ? Google Or Facebook ? Or...? (by baekdal) #blog
    https://www.baekdal.com/blog/what-killed-the-newspapers-google-or-facebook-or

    https://cdn.baekdal.com/_img/2016/newspaperadsdecline2.jpg

    C’est plutôt Google que Facebook qui a rendu obsolète la publicité dans la presse aux yeux des annonceurs.

    If we look at advertising in newspapers, they are almost always based on creating random exposure for people with no specific intent. You flip through the newspaper, not really knowing what will be on the next page, and there you find an ad for some random brand.

    In the past, this was pretty much how all advertising was done. It was low-intent exposure.

    Google Search, which is how Google makes most of its money, is nothing like this. Google Search is instead based on advertising to people when they are specifically looking for something. This is what Google Search ads are all about. They are for when people are looking for a new blender, a bicycle rack or anything else you can image.

    This is an entirely different form of advertising. It’s based on a specific need that people search for. Meaning it’s based on high-intent exposure.

    This is an incredibly important distinction to understand. Google isn’t winning because it’s big or that it has so much more scale. It’s winning because it created a way for people to have high-intent moments, which brands can reach with their ads.

    We have shifted from having a single advertising market (all based on low-intent exposure), to having two different advertising markets... and the media only fits into one of them.

    Brands will always prefer to have a high-intent moment than low-intent moment (at least the brands who know what they are doing). And it’s because of this that newspapers are losing the market. You are not losing to Google. You are losing to people’s ’intent’.

    This is the reality today. It doesn’t really help to complain about Google, because you don’t offer an alternative. If the media industry wants to get some of this money back, you first need to design high-intent moments for your readers and advertisers. That’s the only way to compete with Google.

    Facebook, on the other hand, is doing exactly the same as newspapers. The way advertising works on Facebook is exactly the way it works in newspapers. Here you have a NewsFeed with random stories that people look through. And within this feed you happen to come across random advertising (vaguely targeted to you).

    This is (again) low-intent advertising exposure.

    Facebook is competing directly with newspapers within the same type of advertising market. But this is not the market Google is in (well, except for YouTube).

    The newspapers and Facebook are in the low-intent advertising market. It’s a market that Facebook is currently winning because of its scale, but also because of better targeting and generally a better ’mood’. It’s far more relevant for a brand to advertise when people are having a good time than it is when they are reading about someone being murdered.

    Google, Craigslist and others are (mostly) in the new high-intent advertising market. It’s an entirely different type of market based on an entirely different type of moment. The reason newspapers are losing here is because you aren’t even in this market to begin with.

    If the media industry wants to regain some of this marketshare, you either have to design a better editorial profile and advertising product for each of these markets... or create a third market where you can really shine.

    And doing that is a far more relevant discussion to have than ’what killed the newspapers’.

    #presse #publicité #publicité_ciblée #google #facebook



  • Disséquer le langage des journalistes
    https://www.slate.fr/story/123555/critique-journalisme

    En lisant cet ouvrage, je m’attendais à le voir analysé, critiqué, encensé ou démoli. Il a été étrangement peu commenté. « Je critique les grands médias ; il est normal qu’ils ne se précipitent pas pour parler du livre », explique l’auteur à Slate, se disant « plutôt agréablement surprise » de sa réception. A l’exception d’un article à charge de L’Obs (ici, avec réponse d’Ingrid Riocreux ici), d’une critique, intelligente et honnête, dans Vice, c’est plutôt la droite qui s’en empare (Atlantico, Éric Zemmour…). Tenant désormais un blog sur Causeur, Ingrid Riocreux n’écarte pas le risque d’une politisation facile de ses écrits.

    À tort. D’abord, la compétence universitaire est indiscutable (agrégation et doctorat), tout autant que la capacité à aligner, donc à décrypter, des phrases incompréhensibles (qu’on lise le résumé de sa thèse), sans négliger un plaisir évident à la joute intellectuelle.

    La Langue des médias laisse pourtant une étrange impression. Elle y pose d’excellentes questions, apporte de bonnes réponses mais s’appuie sur des exemples pour le moins polémiques. IVG, climato-scepticisme, mariage homosexuel, l’affaire Méric, islam, migrants… : les sujets qu’elle choisit sont sensibles, ce qu’elle ne peut ignorer. Montrant quel camp choisissent les journalistes (en faveur de l’IVG par exemple), elle décrypte leur discours et observe qu’il tient à déprécier ceux qui s’y opposent.

    #journalisme #conspirationnisme #désinformation #langage #vocabulaire #idéologie #cax

    https://seenthis.net/messages/528679 via tbn


  • Elon Musk’s proposed spaceship could send 100 people to Mars in 80 days
    http://www.theverge.com/2016/9/27/13058990/mars-mission-spaceship-announced-elon-musk-spacex/in/12838307

    The trip will work like this: First, the spaceship will launch out of Pad 39A, which is under development right now at the Kennedy Space Center at Cape Canaveral, Florida. At liftoff, the booster will have 127,800 kilonewtons of thrust, or 28,730,000 pounds of thrust. Then, the spaceship and booster separate.

    The spaceship heads to orbit, while the booster heads back to Earth, coming back within about 20 minutes. Back on Earth, the booster lands on a launch mount and a propellant tanker is loaded onto the booster. The entire unit — now filled with fuel — lifts off again. It joins with the spaceship, which is then refueled in orbit. The propellant tankers will go up anywhere from three to five times to fill the tanks of the spaceship.

    The spaceship finally departs for Mars. To make the trip more attractive for its crew members, Musk promises that it’ll be “really fun” with zero-G games, movies, cabins, games, a restaurant.

    Similarly, it’s inefficient to bring propellant for the return trip. Ideally, a team would build a propellant plant on Mars and send the ships back that way. (This is supposedly possible given the natural resources on the Red Planet.)

    #mars #espace #spacex #facile #fun

    https://seenthis.net/messages/528577 via Lyco



  • Patrick Roger propos d’une enquête d’opinion de l’institut Montaigne sur les musulmans de France
    http://lemonde.fr/religions/article/2016/09/27/ce-que-l-on-fait-dire-aux-musulmans_5003823_1653130.html

    On comprend un peu mieux le problème quand on s’aperçoit que les attitudes des musulmans déclarés et des personnes de « culture musulmane » (mais qui ont dit qu’elles n’avaient pas de religion) sont finalement étrangement proches : si 30 % des musulmans sont dans le groupe des « rigoristes », c’est le cas de 21 % des non-musulmans. C’est-à-dire que des personnes sans religion adhèrent à des attitudes présentées comme le signe d’une forme de radicalisme religieux. Imaginons ce qui se serait produit si ces questions avaient été posées à l’ensemble de la population française.

    via @isskein cc @pguilli #radicalisation #islam

    https://seenthis.net/messages/528569 via tbn


  • How to follow #Rosetta’s grand finale
    http://blogs.esa.int/rosetta/2016/09/27/how-to-follow-rosettas-grand-finale

    Rosetta is set to complete its historic mission in a controlled descent to the surface of its comet on 30 September, with the end of mission confirmation predicted to be within 20 minutes of 11:20 GMT (13:20 CEST). Details of how, when and where to follow the key moments online, starting with a review of the mission’s impressive haul of #Science highlights on 29 September, can be found below: 29 September 12:30–15:30 GMT / 14:30–17:30 CEST, science highlights Tune in to the livestream viewer at rosetta.esa.int, https://new.livestream.com/ESA/rosettagrandfinale or ESA’s Facebook page on 29 September for dedicated talks celebrating the scientific highlights of the mission. Programme overview Matt Taylor (ESA’s #rosetta Project Scientist): Introduction Mohamed El-Maarry (OSIRIS team, University of (...)

    #Landing #media #Operations ##CometLanding #landing #landing_day #timeline

    https://seenthis.net/messages/528306 via Rosetta blog


  • Fernand Lopez Owonyebe, le coach qui façonne l’élite tricolore du MMA en attendant sa légalisation
    http://www.liberation.fr/sports/2016/09/26/fernand-lopez-owonyebe-zero-tracas_1511247

    (…) son plus beau coup hors de la cage, il y a un an. Avec deux associés et l’aide d’une avocate, il dépose en préfecture un épais dossier pour organiser un gala - cage incluse - dans l’enceinte du Cirque d’hiver. Coup de poker : soit l’administration bloque et la fine équipe va au tribunal plaider sa cause, soit la demande passe inaperçue et l’événement a lieu, sachant que, depuis 2014, tout silence de l’administration vaut accord. C’est la deuxième option qui se produit. Salle comble, aucun débordement. « Roulé dans la farine », Thierry Braillard fulmine. Lopez assume : « On a suivi la loi. Cet événement, ce n’était pas du business. On a perdu presque 50 000 euros. C’était un acte politique. » Jurisprudence est faite. Matignon commande une mission parlementaire pour clarifier l’embrouille. Finalement, la stratégie de Lopez s’avère gagnante : les deux députés missionnés prônent désormais la légalisation du #MMA dans un rapport qui sera rendu public mi-octobre.

    Lopez est loin d’être le nervi bas du front dont rêveraient ses détracteurs. Formé à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) et titulaire de quatre diplômes d’Etat dans autant de sports de combat, cet ingénieur en électrotechnique intellectualise la castagne quitte à se lancer dans un exposé sur le « continuum stable-instable », jusqu’à amener la conversation à un stade d’abstraction où une droite dans les gencives sonne comme la solution à une équation mathématique. Peut-être l’héritage de deux parents profs.

    #violence #sport_de_combat #idées #art_martial

    https://seenthis.net/messages/528282 via tbn


  • Cette tribune de Didier Fassin sur l’#état_d'urgence était étrangement absente de Seenthis, la voici (29/01/2016)
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/01/29/une-mesure-discriminatoire-qui-accentue-les-fractures-francaises_4856067_323

    Au fil des sondages, les Français confirment leur large soutien à l’état d’urgence : ils étaient 91 % à se dire favorables à son instauration en novembre après les attentats, selon l’IFOP et le Journal du dimanche ; ils sont encore 77 % à se déclarer tels en janvier, selon YouGov et le Huffington Post. Les deux tiers n’hésitent du reste pas à s’affirmer prêts à « accepter une certaine limitation des libertés fondamentales des individus pour mieux garantir la sécurité de tous ».

    C’est qu’exprimer cette conviction leur est d’autant plus facile que, du moins pour la plupart d’entre eux, l’état d’urgence ne les affecte pas plus que les atteintes aux droits fondamentaux. Hormis la présence dans les lieux publics de militaires surarmés qui peuvent leur donner l’impression d’être protégés, rien n’est changé pour eux. Leur vie continue comme avant. Pas de couvre-feu, pas de restriction à leur circulation, pas de censure de leurs moyens de communication.

    S’il en est ainsi, c’est que l’état d’urgence, bien qu’il concerne en principe l’ensemble du territoire national et donc toute la population, n’y est appliqué que dans certains espaces et pour certaines catégories : il est une suspension circonscrite de l’état de droit. Les perquisitions administratives nocturnes par des policiers qui enfoncent la porte de l’appartement, plaquent au sol le suspect allégué et terrorisent sa famille – admettant parfois ensuite s’être trompés de domicile, bien que, même dans ces cas, aucun dédommagement ne soit opéré – ne visent que certains quartiers populaires et certains habitants, pour la plupart musulmans ou présumés tels.

    Il en est de même des assignations à résidence avec leur obligation de se présenter au commissariat plusieurs fois par jour qui empêche toute activité, que l’on soit travailleur ou étudiant, et des contrôles d’identité réalisés dans les gares ou dans la rue sur la seule apparence des personnes, indépendamment de toute infraction ou même soupçon d’infraction : seule une faible part des personnes résidant en France est touchée.

    La frustration de voir son logement dévasté sans explication ni recours, de se faire malmener devant ses enfants traumatisés et de découvrir les regards fuyants de voisins devenus suspicieux, l’immense majorité ne l’éprouvera pas, et même n’en saura rien. L’humiliation de se savoir distingué par sa couleur de peau et ses traits physiques au milieu d’une foule d’usagers du métro ou de piétons d’un centre-ville et de devoir subir, sur la base de cette discrimination supposée statistique, un interrogatoire, une fouille au corps, une vérification de ses documents et de son téléphone, seule une minorité en fera l’expérience douloureuse devant des passants qui, gênés ou indifférents, détourneront le regard.

    Quant à la vandalisation de leurs lieux de culte, en Corse ou ailleurs, par des groupes rarement identifiés et poursuivis, les musulmans ne manqueront pas d’en établir le rapprochement avec le saccage de leurs mosquées, à Aubervilliers et ailleurs, cette fois par les forces de l’ordre, au prétexte d’enquêtes, tandis que la majorité s’indignera vertueusement de la première tout en occultant son lien avec le second.

    Car quand bien même les Français finiraient par se rendre compte de la pente dangereuse sur laquelle le gouvernement les conduit, ils se rassureraient en pensant que la fin justifie les moyens et que l’éradication de l’ennemi, comme le dit leur président, suppose d’en passer par ces extrémités. Le discours officiel, auquel adhère plus de la moitié des personnes interrogées, est en effet que ces pratiques liées à l’état d’urgence, si elles ne sont pas sans poser quelques problèmes, n’en demeurent pas moins « efficaces pour lutter contre la menace terroriste ». A quoi bon, sinon, les perquisitions administratives, les assignations à résidence, les contrôles d’identité ciblés, les gardes à vue arbitraires ?

    Or, pour s’en tenir aux premières, censées permettre de prendre par surprise les individus dangereux, à peine plus d’une sur mille a débouché sur des enquêtes préliminaires ou une mise en examen par la section antiterroriste du parquet. Sur sept de ces brutales opérations d’exception, six s’avèrent sans objet et une permet de constater des infractions sans lien avec ce qui l’a justifiée – ce que d’aucuns appellent un « effet d’opportunité » ou encore « faire le ménage dans les cités ».

    L’efficacité ne se mesure en effet pas sur la lutte contre le terrorisme. Elle réside ailleurs. S’agissant des assignations à résidence, on a pointé qu’elles servaient notamment à brider la contestation politique, en particulier dans les milieux écologiste et gauchiste. Mais s’agissant de l’ensemble du dispositif, on a moins souligné combien il pesait sur les quartiers populaires, les communautés musulmanes et les minorités ethnoraciales.

    Cette pression n’est pas nouvelle : elle n’a cessé de s’accentuer depuis trois décennies. La méthode ne l’est pas entièrement non plus : les contrôles d’identité de même que les fouilles des individus et de leur véhicule sont déjà le plus souvent réalisés parmi ces populations de manière illégale, ce que les policiers et leurs supérieurs reconnaissent volontiers ; quant aux effractions dans les logements, même en temps normal, elles ne sont pas rares en dehors de toute procédure judiciaire, à la recherche d’un suspect par exemple.

    Ce que l’état d’urgence permet, c’est donc de régulariser des pratiques qui lui préexistaient. La loi en préparation, dont l’intitulé ne mentionne plus le terrorisme mais le renforcement de la procédure pénale, les pérennisera. C’est là un fait général dans la société contemporaine : plutôt que d’exiger des forces de l’ordre qu’elles respectent la loi, on modifie cette dernière pour l’adapter à leurs manières de faire.

    Dans ces conditions, le discours sur l’#Etat_policier, qui sert à certains pour dénoncer les dérives de l’état d’urgence, les menaces de la législation à venir et les abus de pouvoir des forces de l’ordre, manque partiellement sa cible. La grande majorité des Français ne s’y reconnaît pas, puisque non seulement elle ne subit nullement les effets des restrictions à l’Etat de droit, mais se laisse également convaincre par la rhétorique de l’efficacité de la lutte contre le terrorisme. Ce double aveuglement rend tolérable et même désirable au plus grand nombre des mesures d’exception dont le pouvoir comprend tout le parti qu’il peut tirer. Et cela sans s’embarrasser des contradictions dans lesquelles il s’enferme.

    Alors que la Commission des lois de l’Assemblée nationale préconisait de ne pas reconduire un état d’urgence qu’il jugeait inutile et dangereux, son président, Jean-Jacques Urvoas, longtemps pressenti pour la Place Beauvau mais finalement devenu garde des sceaux, va être chargé de l’accompagner : celui qui se disait il y a un an « opposé à tout texte d’exception » devra donc défendre la série de mesures d’exception – et non seulement d’urgence – voulues par le président de la République.

    Car loin de déboucher sur un Etat policier qui ferait peur à tous, l’état d’urgence, avec les projets de loi pénale et de révision constitutionnelle qui en banalisent les principaux éléments, est un état d’exception segmentaire. Il divise la population française entre ceux dont l’Etat prétend protéger la sécurité et ceux, déjà pénalisés par les disparités économiques et les discriminations raciales, dont il accroît un peu plus l’insécurité. Au nom de la défense de l’ordre public, c’est donc un certain ordre social inégal qu’il s’agit de consolider. Mais ce cynisme politique aura nécessairement un coût : l’expérience de l’injustice qu’il nourrit ne peut que générer un ressentiment dont la société tout entière devra un jour payer le prix.

    https://seenthis.net/messages/528016 via tbn


  • Carfentanil: The Drug War Goes Nuclear, by Crawford Kilian | The Tyee
    http://thetyee.ca/Opinion/2016/09/09/Carfentanil-Drug-War
    http://thetyee.ca/Opinion/2016/09/08/carfentanil.jpg

    That one kilo of carfentanil in the Calgary bust was enough to kill every person in Canada, with enough left over to wipe out Sweden and Finland. The European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction reports that “Carfentanil is said to be 10,000 times more potent than morphine.” As a dust, it could be inhaled or attach to mucous membranes, like the tongue, with almost instantly fatal effect.

    Chinese opioid manufacturers can evidently produce large quantities of carfentanil without running into occupational health and safety issues, and they know how to mail it to Canada without leaving a telltale trail of dead postal clerks, parcel handlers, and CBSA inspectors.

    And the risks should surely convince us that it’s time to legalize and regulate cocaine and heroin.

    #drogues #overdoses #santé #trafic

    https://seenthis.net/messages/524386 via Fil



  • #Libye, l’incontournable général Haftar
    http://orientxxi.info/magazine/libye-l-incontournable-general-heftar,1478

    Khalifa Haftar a lancé le 11 septembre 2016 une offensive militaire contre les milices d’Ibrahim Jadhran, rallié au Conseil présidentiel de Tripoli. Avec la prise de cinq terminaux pétroliers à la frontière de la #Cyrénaïque et de la #Tripolitaine, le vieux général s’engage en dehors de sa zone d’implantation traditionnelle de Cyrénaïque, dans une confrontation directe avec les autorités de Tripoli reconnues officiellement par les puissances occidentales. L’offensive éclair lancée le 11 septembre par les (...)

    #Magazine

    / #Intervention_militaire, #Pétrole, #ONU, Libye, #Milice, Cyrénaïque, Tripolitaine, #Tribu, Mission d’appui des Nations unies en Libye (...)

    #Mission_d'appui_des_Nations_unies_en_Libye_Manul_
    « http://www.reuters.com/article/us-libya-security-un-idUSKCN10N0S9 »
    « http://www.afrigatenews.net/content/%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%A7%D8%B8%D9%88%D8%B1%D9%8A-%D9%8A%D9%83%D9%84%D9 »
    « http://www.lemonde.fr/international/article/2016/02/24/la-france-mene-des-operations-secretes-en-libye_4870605_3210.html »
    « https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-11-decembre-2015 »
    « http://www.lejdd.fr/International/Afrique/La-France-s-impatiente-pour-la-Libye-767795 »



  • Chronique de la folie policière ordinaire
    https://blogs.mediapart.fr/christian-salmon/blog/230916/chronique-de-la-folie-policiere-ordinaire

    Je sortais d’une gare de banlieue avec une copine, en fin de journée. Au moment de passer les tourniquets, on entend des hurlements. Pas un cri normal, mais un cri de douleur, intense, et l’on comprend immédiatement qu’il se passe quelque chose. Comme tous les autres à côté de nous, mon regard est capté par la scène qui se déroule sur notre gauche. Une femme noire d’une cinquantaine d’années est menottée, et c’est elle qui hurle que les menottes lui broient les mains, qu’elle n’en peut plus. Entre elle et le petit attroupement d’habitants qui s’est formé, une trentaine de policiers équipés, avec un chien d’assaut. Il y a la sûreté ferroviaire et la police nationale.

    Les gens sont inquiets, l’ambiance est très tendue, tout le monde demande ce qui se passe, pourquoi ils torturent cette femme en pleine rue. La scène est marquante, elle ressemble à cet été après l’assassinat d’Adama, ou aux images de la mobilisation aux Etats-Unis : une rangée de policiers, face à une autre rangée d’habitantes et habitants noirs de la ville. Ces derniers sont clairs, ils n’ont aucune confiance. Un homme raconte comment son frère a été interpellé sans raison, mis en garde à vue et violenté. Les flics nous disent de « nous casser ».

    J’avais peur pour la victime de cette interpellation, peur de cette scène raciste, je voyais la police déraper à tout moment. J’ai sorti mon téléphone pour filmer, en me disant que cela pourrait cadrer les choses, faire baisser le niveau d’impunité. Ça n’a pas duré plus d’une minute. L’un des flics m’attrape par l’épaule gauche et me fait pivoter : « celui-là on lui fait un contrôle d’identité ». Je demande pourquoi, il m’arrache mon téléphone. Je lui dis qu’il n’a pas le droit de le consulter sans mandat de perquisition.

    Mais tout s’accélère : dès qu’ils ont réussi à me tirer de leur côté du cordon formé par leurs collègues, ils se mettent à deux sur moi, chacun me faisant une clé à l’un des bras. Une douleur énorme me traverse les articulations. J’ai les deux bras torsadés dans le dos, avec ces deux hommes dans des positions qu’ils ont apprises, qui pèsent de toute leur force pour me plaquer contre le mur. A plusieurs reprises, ils m’écartent un peu et me rebalancent, pour que je me cogne. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait juste de m’intimider et de me mettre à l’écart. Mais ils ne relâchent pas. J’ai le souffle coupé et je ne proteste plus, je me dis qu’ils vont m’embarquer pour « outrage » ou « rébellion », et sont en train de chercher à créer des faits de toutes pièces.

    Le pire en réalité n’était pas la douleur. Les deux flics qui sont sur moi sont surexcités. Et ils se lâchent. Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. « On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes ». Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. « T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi ». Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement. Nouvelle béquille. « On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police ».

    Ça continue. « Tu soutiens Daesh c’est ça ? ». « Quand ils vont venir tu feras quoi ? Tu vas les sucer ? ». « Faudra pas pleurer et demander qu’on te protège ». Je n’ai réalisé que plus tard qu’ils étaient en train de parler de Daesh...pour justifier leur attitude face à une femme racisée qui avait oublié son pass navigo.

    Ils ouvrent mon sac et prennent mon portefeuille, le vident dans mon dos. Ils me prennent mes clopes en me disant de m’asseoir dessus. Ils trouvent ma carte de prof précaire à la fac. « T’es prof ? Quand l’Etat islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ? ». Celui de gauche : « Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble). Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer ». Je suis vraiment abasourdi, je pense qu’il a répété les mêmes menaces une bonne vingtaine de fois en tout. J’ai affaire à des flics politisés, des flics de l’état d’urgence permanent, qui se vivent comme en guerre contre Daesh, un Daesh qu’ils assimilent à toute personne racisée, et avec qui j’aurais pactisé en me solidarisant de leur victime du jour.

    Ils montent encore d’un cran. « Maintenant on va te mettre des coups de tazer, tu vas voir comment ça pique ». Et, toujours celui de gauche, m’envoie une décharge dans le bras. Je sursaute, et je me mets à trembler. J’essaie de ne pas le montrer, je ne dis rien, mais la pensée qui me vient à ce moment est que la situation va peut-être déraper encore plus. Qu’ils vont me faire une autre clé, ou me frapper avec leur tonfa avant de m’embarquer. « Tu vas crever ». « Je vais t’enculer ». Avec toujours les attouchements. Et la douleur est telle dans les bras, les épaules, le dos, que je me dis que je dois me préparer à ce qu’une de mes articulations lâche.

    Derrière, j’entends la copine avec qui j’étais qui crie, qui leur dit de me lâcher. Je voudrais lui dire de laisser tomber. J’ai une boule au ventre : qu’est-ce que ces tarés lui feront s’ils l’interpellent ? Mais entre-temps, l’attroupement a probablement un peu grossi, et le groupe de policiers doit savoir qu’il ne peut pas faire durer indéfiniment la situation. Celui qui me torsade le bras droit me dit : « Il faut qu’on chope la meuf, on la charge pour appel à rébellion ».

    J’entends qu’ils discutent entre eux. Un des deux hommes me lâchent le bras et me dit : « Tu regardes le mur, si tu te retournes, si tu bouges, on t’ouvres le crâne ». Je ne bouge pas. « On va venir à la Sorbonne, on va vous exterminer toi et tes collègues, sale gauchiste ». Puis ils me retournent et je me retrouve devant les yeux exorbités du flic qui me tenait le bras gauche. « T’es contractuel sale bâtard ? On va te faire un rapport salé, ta titu tu peux te la mettre ». Je ne dis rien. Ils m’appuient sur la poitrine. « Maintenant tu déverrouilles ton téléphone et tu effaces la vidéo ». Je m’exécute, en me disant que c’est dans ma tête et pas sur ces images de l’attroupement statique que ce qui vient de se passer est gravé. Il m’arrache l’appareil, et ouvre le dossier photo, commence à tout regarder.

    Puis tout à coup, le reste de leur groupe charge les habitants qui s’étaient regroupés. C’est rapide et extrêmement violent. Je vois leur chien se jeter sur les gens, et eux avec les gazeuses et les tonfas. Tout le monde fuit, en panique, y compris les personnes âgées. Les deux policiers qui m’ont agressé me jettent mon portefeuille et son contenu à la figure et partent en courant. Je craint pour mon amie, je ne la vois pas. Mais je l’aperçois finalement qui revient, elle avait réussi à s’échapper. Rien à faire d’autre que rentrer chez nous, la rage au ventre, et tout le torse ankylosé et douloureux. Je me dis que cette police raciste serait allée encore plus loin si j’étais racisé. Un homme nous explique que c’est comme ça dans toute la ville depuis ce matin. « Vous voyez on ne fait rien, mais ils tabassent des gens au hasard pour susciter des troubles ». On se réconforte mutuellement, se souhaite bon courage. Il en faudra ; mais on n’en manque pas.

    #violence #police

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  • Pourquoi #WikiLeaks veut être le pire cauchemar d’Hillary Clinton
    http://www.telerama.fr/medias/pourquoi-wikileaks-veut-etre-le-pire-cauchemar-d-hillary-clinton,147739.php

    Outre un fact-checking point par point dans lequel le New York Times est accusé « d’échafauder une théorie du #complot », il conclut son argumentaire par une précision qui attire l’œil :

    « Le comité éditorial du New York Times soutient officiellement la candidature d’Hillary Clinton, même si cet article n’en fait pas mention. L’auteur principal, Jo Becker, a retweeté un gif animé d’Hillary Clinton le 3 mars. »

    #conspirationnisme

    https://seenthis.net/messages/527067 via tbn


  • Le revenu garanti et ses faux amis, par Mona Chollet @monachollet
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/CHOLLET/55965
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton55965.jpg

    Du Forum économique de Davos à la Silicon Valley en passant par les assemblées du mouvement Nuit debout en France, le revenu de base est sur toutes les lèvres depuis quelques mois. La Finlande affirme vouloir l’instaurer ; les Suisses ont voté sur le sujet en juin. Mais, entre l’utopie émancipatrice que portent certains et la réforme limitée que veulent les autres, il y a un monde…