• The world mapped by Street View coverage
    https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/81qua7/the_world_mapped_by_street_view_coverage/?st=JEE5Y4HJ&sh=47c6a9da

    https://i.redditmedia.com/Tb7eo6OddzlLFHT8vykEJ31YXgWAIdryPnF27vTksPs.png?w=768&s=d245c960ca6947915e71660c49356a13

    Commentaire twitt

    Le monde cartographié par Google Street View
    Via @simongerman600 . Source:http://buff.ly/2Fer9ge
    L’Afrique disparaît pour raison économique
    La Russie et la #Chine pour raison politique

    https://seenthis.net/messages/674608 via unagi


  • #Facebook et la recherche : le « quasi État »
    http://www.internetactu.net/2018/03/07/facebook-et-la-recherche-le-quasi-etat

    Voilà longtemps que les données de Facebook sont un inestimable matériau de recherche. Mais la politique de l’entreprise de Mark Zuckerberg en la matière est digne de celle d’un État. En proposant un état civil de substitution, en organisant le recensement quasi exhaustif de la population américaine (et du monde, (...)

    #Recherches #Tribune #science

    https://seenthis.net/messages/674508 via InternetActu [RSS]


  • En Europe et au-delà, des radios-TV publiques en crise | Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/europe-audela-radiostv-publiques-crise

    Le scrutin helvétique du 4 mars prochain est unique. De mémoire d’experts, jamais une population n’a été consultée en votation populaire à propos de l’existence même du service public audiovisuel, par le biais de la redevance.

    Le courant porté par les partisans de « No Billag » illustre une crispation croissante à propos du financement obligatoire de l’audiovisuel. En Europe, les systèmes de service public sont remaniés, voire remis en cause, dans plusieurs pays. Souvent décrits comme des ensembles qui ont trop grandi, des géants incontrôlables, les diffuseurs publics sont placés au régime. Dans un climat général mélangeant montée en puissance des fausses nouvelles et hostilité à l’égard des médias traditionnels, les radios et TV publiques sont sur la sellette. Tour d’horizon du paysage européen, et au-delà.

    #audiovisuel_public #Suisse #États-Unis #Royaume-Uni #France #Japon #Belgique #Grèce

    https://seenthis.net/messages/671245 via tbn



  • History’s Creed, une enquête en 8 bits | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014308/history-s-creed

    #Jeux_vidéo et #Histoire, pour le meilleur ou pour le pire ? Qu’en disent historiens, créateurs de jeux et têtes d’affiches du web geek ? Propagande, mémoire, délires de l’uchronie, aseptisation des religions... Une enquête en 8 bits menée par Ben, alias Nota Bene.

    https://seenthis.net/messages/670985 via tbn


  • Tarnac : un mois avant le procès, une lettre aux habitants - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/tarnac-mois-proces-lettre-aux-habitants-1425125.html
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/2018/02/16/000_par2260925-3514773.jpg?itok=NEv5pz5q

    Vous qui, pour le meilleur et pour le pire, habitez avec ou à côté de nous. L’approche d’un procès signifie aussi le retour des journalistes, des articles à sensation, des informations déformées, des interviews tronquées […] Nous voulions donc vous prévenir avant que vous ne l’appreniez par la presse et vous inviter à venir en parler avec nous si le cœur, ou la raison, vous en dit.

    #Tarnac #Presse

    https://seenthis.net/messages/669878 via Davduf


  • Le neurochirurgien Hugues Duffau sur la plasticité du #cerveau (L’Express, 02/10/2014)
    https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/hugues-duffau-le-cerveau-se-repare-lui-meme_1578825.html

    Vous pouvez retirer des tumeurs d’un volume équivalent à celui d’un pamplemousse. On a du mal à croire qu’un tel geste ne provoque pas de dégâts...

    Les séquelles invalidantes sont devenues très rares, ce qui est en soi un progrès considérable. Mais je ne m’en satisfais pas. J’aimerais que l’intervention ne change en rien la personne : ni ses capacités ni son caractère. C’est mon combat de chercheur. En attendant, je m’efforce, en tant que médecin, de provoquer le minimum de dégâts, quitte à choisir lesquels avec le patient. 

    Par exemple, j’ai reçu une pianiste russe qui parlait cinq langues. Impossible de les conserver toutes ! On ne pouvait pas multiplier par cinq la durée de l’opération pour que l’orthophoniste réalise les tests dans chaque langue... La patiente a décidé que les plus importantes, pour elle, étaient le russe, le français et l’anglais. Elle est restée polyglotte et n’a perdu, comme prévu, que l’italien et l’espagnol. 

    Vous pouvez donc sauver des langues étrangères. Quoi d’autre ?
    Nous sommes capables de préserver le champ visuel, autrement dit la capacité à voir sur 180 degrés. L’être humain peut en perdre un quart sans ressentir de gêne au quotidien. Mais pas beaucoup plus, car la loi interdit de conduire avec un champ visuel amputé de moitié. Sinon, nous avons étendu notre savoir-faire au registre des émotions.

    Il y a deux ans, une femme d’une quarantaine d’années, une magistrate, est venue me voir. Elle hésitait à choisir l’opération, craignant de commettre ensuite des erreurs de jugement. Je lui ai proposé de recourir aux derniers tests que j’ai mis au point avec un neuropsychologue, Guillaume Herbet, à l’Institut des neurosciences de Montpellier, pour préserver des fonctions complexes comme l’empathie ou la capacité à percevoir l’état d’esprit d’autrui et donc ses intentions - ce que les scientifiques nomment la « théorie de l’esprit ». Elle a accepté. Elle n’a rencontré aucune difficulté, depuis, dans l’exercice de son métier. 

    Peut-on espérer améliorer encore le pronostic pour ce type de tumeurs ?

    Certainement. Les gliomes de bas grade, pris suffisamment tôt, deviennent rarement malins, ce qui permet d’imaginer une chirurgie préventive. Voyez le cancer de la peau : le médecin retire les grains de beauté suspects pour éviter qu’ils ne prennent la forme agressive d’un mélanome, et on sauve ainsi des vies. Dans la même veine, nous venons de proposer, via la revue internationale de référence Cancer, de dépister les gliomes par IRM dans la population générale, au lieu d’attendre qu’une crise d’épilepsie pousse la personne à consulter. Pour l’instant, aucun pays ne le fait, mais c’est une évolution logique. 

    Comme Penfield dans les années 1930, vous soignez des malades et, en même temps, vous explorez l’organe de la pensée. Qu’avez-vous appris en « cartographiant » le cerveau de 500 de vos concitoyens ?
    J’ai constaté qu’il n’existait pas deux cerveaux semblables. Selon la localisation et la taille de la tumeur, des fonctions peuvent se déplacer ailleurs dans le même hémisphère, ou bien passer d’un hémisphère à l’autre. La plasticité du cerveau, c’est-à-dire sa capacité à réorganiser les connexions entre les neurones, est plus phénoménale encore qu’on ne l’imaginait.

    https://seenthis.net/messages/667721 via tbn


  • « On nous cache tout ! »
    http://cqfd-journal.org/On-nous-cache-tout

    Ils sont partout !… dans les transports en commun, au bureau, au fond de la salle de classe du lycée, dans les manifestations, et surtout, la majeure partie du temps, rivés derrière leur écran d’ordinateur. « Ils », ce sont les conspis. En apparence, rien ne les distingue foncièrement du reste de la population. « On nous cache tout » est le refrain entêtant, accompagné d’une abondance de liens, qu’ils font circuler exponentiellement sur Internet, distillant de « petites idéologies malodorantes qui rivalisent aujourd’hui pour le contrôle de notre âme (Orwell) ». Pour les plus malins, les théories du complot sont même devenues de lucratifs fonds de commerce. (...) Source : (...)

    https://seenthis.net/messages/334210 via Rezo


  • #Facebook : des interactions significatives, vraiment ?
    http://www.internetactu.net/2018/02/05/facebook-des-interactions-significatives-vraiment

    Facebook a donc décidé à nouveau de changer ses règles algorithmiques. A nouveau, comme si ce changement unilatéral du fonctionnement algorithmique allait résoudre par magie les problèmes que connaît le géant des réseaux sociaux. Désormais, « il priorisera les messages qui qui suscitent des conversations et des interactions significatives entre les (...)

    #Articles #Enjeux #économie_de_l'attention

    https://seenthis.net/messages/666027 via InternetActu [RSS]


  • Je voudrais revenir sur cette histoire de deux comptes qu’on a virés hier. Une difficulté dans les discussions qu’on a autour de ces situations, c’est qu’il y a une grande confusion entre deux aspects qui sont très séparés : les contenus problématiques et les comportements de trolls.

    Aspect A : les contenus problématiques

    Les deux comptes éjectés hier avaient des contenus problématiques. Un compte précédemment éjecté avait aussi des contenus problématiques. Mais, à mon avis, ce n’est pas le rôle des administrateurs de #Seenthis de prendre des mesures de censure à tout bout de champ, et ce n’est pas principalement pour cette raison que ces comptes ont été sucrés.

    Il faut tout de même considérer que, sur cet aspect, nous sommes hébergeurs, et que si nous sommes protégés juridiquement pour le contenu des messages postés ici, c’est justement parce que l’hébergeur n’est pas, sauf cas exceptionnel, responsable des contenus.

    Mais comme le rappelle Laurent Chemla, si un hébergeur se met à faire le tri de lui-même dans ce qu’il héberge, alors il devrait être considéré comme un éditeur, et non plus comme un agent neutre. Ce n’est pas exactement le terme actuel de la loi, mais c’est la logique qu’il défend, et que je partage : si on veut que Facebook et Twitter ne soient pas des instruments de censure, alors c’est la piste à défendre en faisant dépendre l’irresponsabilité de l’hébergeur de sa neutralité quant aux contenus.

    De fait, pour moi, ce n’est pas pour cela qu’on a viré ces deux comptes. L’un des comptes qu’on a viré il y a quelques mois est revenu, mais il n’interagit avec personne, du coup on ne l’a pas re-coupé.

    La question se poserait différemment si on était envahi par les comptes fachos. Mais ce n’est clairement pas le cas actuellement.

    Aspect B : le trollage

    Le gros souci, pour moi, ce sont les comportements qui nuisent au fonctionnement social du réseau social qu’est Seenthis. Pour moi, clairement, ces deux comptes ont été éjectés parce que leurs auteurs passaient leurs temps à poster des petits messages provocateurs en réponse aux comptes qui ne les avaient pas encore bloqués.

    Le problème de ces messages, c’est que du coup toute discussion tournait court, puisqu’on se retrouvait invariablement à gérer la question du #troll, rendant impossible la discussion initiale.

    Or, c’est là un des aspects fondamentalement différents de Seenthis par rapport aux autres réseaux sociaux :
    – sur Facebook, le principe premier est de ne discuter qu’avec les gens qu’on connaît déjà, et pour les discussions publiques le flicage se fait à
    la matraque ; on a là un réseau où, en gros, on discute avec les gens qui vous ont accepté comme amis, ou alors le flicage est direct ;
    – sur Twitter ou Mastodon, en gros les discussions après la publication initiale sont totalement accessoires, et tout le monde s’en fout, puisque la présentation du flux ne met pas du tout en valeur les réponses aux messages initiaux. Il n’y a qu’à essayer de lire le flux complet d’une discussion sur Twitter pour constater que c’est totalement affligeant, selon le principe même du Web 2.0 : vient poster ta crotte en pensant que tu participes à quelque chose, mais en gros tout le monde s’en cogne de ton opinion. Autant la publication initiale est publique, autant les discussions qui s’ensuivent sont semi-privées, puisque les réponses ne profitent de la visibilité du message initial que si l’auteur initial le veut bien.

    Seenthis est construit justement pour que la conversation après le message initial soit au même niveau que le message initial, et cela sans attendre que les gens soient déjà « acceptés » ou en contact. Le côté « intelligence collective » que soulignent par exemple @philippe_de_jonckheere ou @reka, c’est lié à cette structure de discussion, opposé au principe « je publie mon truc one-shot ». Je sais d’ailleurs que beaucoup de gens abandonnent Seenthis à cause de cela, parce que gérer une discussion aussi visible, c’est du boulot, c’est inconfortable, et c’est en général pas leur idée du personal branding.

    Bref, si tu tues les discussions ici par le trollage, tu tues le principe même du réseau social Seenthis, parce que si l’idée c’est que chacun poste sa crotte personnelle et que personne ne lit plus les discussions, hé ben il y a quand même mieux ailleurs.

    Du coup…

    Pour moi, le problème fondamental auquel on a eu besoin de répondre hier, c’est le trollage : certes deux fachos tarés, mais le problème central qu’ils posaient c’est qu’ils parvenaient à tuer les discussions en ramenant tous les flux à la question de leur petite personne.

    https://seenthis.net/messages/666918 via ARNO*



  • «#Claude_Ponti, tombé du nid»
    http://www.lejdd.fr/culture/livres/claude-ponti-tombe-du-nid-3558752

    Star des auteurs d’albums pour la jeunesse, Claude Ponti invente des poussins facétieux qui aident les #enfants à grandir. Ses héros triomphent des épreuves, comme lui.

    (...) L’écrivain-illustrateur les embarque dans des épopées où il est question de deuil, de perte, où d’affreux monstres surgissent en chemin et où les grandes personnes ne sont guère dignes de confiance. « Certains parents trouvent que j’évoque des thèmes trop graves, comme la #maltraitance ou la #domination, mais les gosses ne s’y trompent pas, remarque Claude Ponti. La vie est parfois vraiment difficile, dangereuse, ils le savent très bien. »

    #édition_jeunesse

    https://seenthis.net/messages/666149 via intempestive


  • Amazon veut équiper ses salariés de bracelets électroniques
    https://www.francetvinfo.fr/internet/amazon/amazon-veut-equiper-ses-salaries-de-bracelets-electroniques_2591282.htm
    https://www.francetvinfo.fr/image/75inn9lcd-efc0/1500/843/14292434.jpg

    Si un employé place ses mains au mauvais endroit, ou ne touche pas le bon objet au moment de la collecte, le bracelet pourra se mettre à vibrer, résume Mashable.

    Oui oui oui. On part furieusement en vrille, il n’y a rien à dire !
    #travail #exploitation #Amazon #déshumanisation #GAFAM

    https://seenthis.net/messages/666003 via ninachani



  • Le pseudo-complot sataniste des Illuminati — Deux siècles d’irrésistible mondialisation d’une mystification à la con (1797-2015). « Pense-bête
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=6278

    À l’origine de cette #légende, un #fait établi : l’Ordre des #Illuminati a bien été fondé en 1776 dans le duché de Bavière (à dominante catholique alors que l’Allemagne du Nord était luthérienne) par l’ancien élève des Jésuites & juriste à la Faculté d’Ingolstadt Adam Weishaupt (1748-1830). En soi, le phénomène n’a rien d’original. Depuis le début du XVIII siècle, à travers toutes les villes d’Europe, des universitaires, scientifiques, philosophes ou notables, épris d’un rationalisme « éclairé » et d’une quête éthico-spirituelle hétérodoxe, créent des sociétés et confréries plus ou moins secrètes pour propager leurs idées sans subir les interdits professionnels et autres emprisonnements arbitraires à la demande du clergé. Leur clandestinité répond d’abord à la brutalité répressive d’un ordre moral théocratique, même si chez certaines Loges de la franc-maçonnerie cette dissimulation obligée s’accompagne d’un goût ésotérique pour les rituels d’initiation, d’un cloisonnement pyramidal et de signes de reconnaissance symboliques.(...)

    C’est juste après les attentats du #11 _septembre_2001, que toutes les légendes démoniaques touchant à l’emprise mondiale d’une seule et même société secrète trouvent leur synthèse dans le méta-complot Illuminati. Côté évangélistes d’ultra-droite, via la caisse de résonance du Net ou des télés privées, leur propagande prend une ampleur considérable, s’appuyant entre autres sur les signes de connivences qu’échangeraient ces maîtres du monde ainsi que les images subliminales obscènes introduites jusque dans les dessins animés de Disney.

    Côté scène Hip Hop, on observe une prolifération d’une obnubilation similaire en rumeurs incontrôlables. La plus prégnante concerne le rappeur 2Pac (fils d’une militant des #Black_Panthers) qui aurait été assassiné en septembre 1996 par les sbires de ladite Loge satanique pour avoir projeté d’intituler son album Killuminati. Au milieu des années 2000, une mutation s’opère. Ce sont désormais des stars du Rap ou R&B qui sont accusées, via interviews ou réseaux sociaux, d’être les marionnettes manipulées par leurs maîtres restées dans l’ombre (autrement dit, des Noirs ayant vendus leur âme à l’élite « judéo-maçonnique » blanche, mais sans prendre ni le risque ni la peine de le dire, comprend qui peut…). A tel point que le mouvement des Five Percenters est lui-même suspecté d’être une confrérie à la solde de ses frères ennemies. Parmi les cibles privilégiées de ces règlements de compte en cascades : Jay-Z, Beyoncé ou Rihana, ceux-ci n’hésitant pas à mimer exprès certaines gestuelles sataniques pour faire le buzz… Comme si les bobards ad hominem n’étaient plus ici que le prétexte à mettre en scène leur rivalité et agrémenter leur showbizness d’un storytelling fort rentable. On objectera qu’il ne s’agit plus là que d’un storytelling ludique où les Illuminati jouent le rôle d’Anti-Héros de pacotille, à l’image de leur frères ennemis les Super-Heros des Comics Marvel.

    Il n’empêche, que des millions de jeunes groupies du monde entier se familiarisent avec cette forme de #scepticisme-là – une méfiance envers le discours dominant des médias aussitôt retournée en hypothèse complotiste –, fait froid dans le dos. Ces racontars juvéniles ont beau, la plupart du temps, être déconnectés de leur background idéologique d’origine, – une Secte « judéo-maçonnique » à l’emprise mondialisée –, cette coquille presque vide produit son effet dévastateur : le dévoiement de toute conscience politique, remettant en cause l’ordre social, la propagande de tel ou tel Pouvoir institué, par l’esprit a-critique d’une fixette paranoïaque.

    D’autant que la jonction entre les argumentaires de #conspirationnistes de l’#extrême-droite évangéliste et les dérivatifs Killuminati de la contre-culture Hip Hop est toujours possible. En puisant, par exemple, à la source des mêmes best-sellers, ceux de Dan Brown, de Anges et Démons (2000) à Da Vinci Code (2003), surfant sur l’ambigu fil du rasoir de l’authentique révélation documentée et de la pure fiction, pour brouiller les pistes et diffuser de pernicieuses contre-vérités historiques.

    Autre cas de jonction, plus alarmant encore, quand le scénariste animateur-radio Alex Jones, figure de proue du mouvement Tea Party et climato-sceptique accusant l’État fédéral de planifier un eugénisme à l’échelle planétaire, reçoit dans son émission-vidéo PrisonPlanet.com, diffusée sur le Web, le rappeur KRS-One, lui suggérant que le président Obama et lui aussi une « puppet of the New World Order », alias les Illuminati, thèse reprise par le Professor Griff de Public Ennemy ou par le chanteur américano-péruvien du groupe Immortal Technique. Jusqu’à ce que, par retour de flamme du délire paranoïde, ce même Axel Jones soit dénoncé sur la Toile comme un « #juif_caché » et « agent provocateur » manipulé par les Illuminati.

    Et la scène française n’a pas été épargnée par cette résurgence du message idéologique anti-« judéo-maçonnique » dans le phrasé a priori émancipateur dudit « rap conscient ». Il n’y a qu’à voir le véritable délire antisémite de la chanson « Illuminazi 666 », produite en 2008 par un ancien membre du groupe Assassin, sous son nouveau blaze, Rock’n squat, alias Mathias Cassel, frère de l’acteur et pote de Mathieu Kassovitz :

    « Ils sont tous impliqués dans ces sociétés secrètes / John Kerry, George Bush, Tony Blair, Elysabeth / Grande Patronne du trafic d’opium / Illuminazi 6.6.6., le mensonge démasqué dans mon mix, mix ,mix / Y a pas de guerres que des bénéfices, les bankers, les cartels 6.6.6. / Skulls & Bones pratiquent des rites sataniques / Vénèrent Jabulon le nom de diable pour les juifs, / Magog est le nom de George Bush dans leurs rites / c’est le nom de l’armée de Satan, aïe aïe y a un hic ! »

    Ce cas demeure sans doute assez isolé, mais le virus dormant de la rumeur peut aussi profiter à d’autres cinglés.

    Arrêtons-nous là, sous peine de surestimer le nombre des adeptes identitaires, d’où qu’ils viennent, de cette idéologie du soupçon ciblé (ou de sombrer comme P.-A. Taguieff dans le délire néo-complotiste contre le péril « gauchisto-islamiste »).
    Reste que la vigilance est plus que jamais nécessaire – comme le dossier « Complot partout, révolution nulle part », du journal CQFD de décembre 2014 le soulignait – face à la contamination de la pensée critique contemporaine par les pires #contrefaçons_du_discours_contestataires. Un dernier coup d’œil du côté du Street Art suffit à montrer comment la dénonciation orwellienne d’un Big Brother totalitaire d’hier & de demain peut virer, à son insu ou pas, du côté d’une imagerie ésotérico-fascisante.

    http://www.archyves.net/html/Blog/wp-content/uploads/2015/02/17-Illuminati-archyves-Pseudo-PreuveIlluminati-StreetArt1-sept2012-Londres-Hanbury-Street.jpg

    https://seenthis.net/messages/342794 via colporteur


  • Extrait de « The Phantom Public » (Le public fantôme), de Walter Lippmann (1889-1974) http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/14545/HERMES_2001_?sequence=1

    (…) Il n’y a rien de particulièrement nouveau dans le désenchantement qu’exprime le #citoyen, dans la sphère privée, en ne votant pas du tout, en votant seulement pour la tête de liste, en étant indifférent aux primaires, en ne lisant pas les discours et les documents électoraux et par toute la liste des péchés par omission pour lesquels il est critiqué. Je ne le critiquerai pas davantage. Mes sympathies lui sont adressées, dans la mesure où je crois qu’il a été chargé d’une tâche impossible et qu’on lui demande de mettre en pratique un idéal inaccessible. J’en suis d’autant plus convaincu que je n’ai pas moi-même, alors que les affaires publiques sont mon principal intérêt et que je passe le plus clair de mon temps à les observer, pu trouver le temps pour faire ce qu’on attendait de moi dans la théorie de la #démocratie : savoir ce qui se passe et avoir une opinion méritant d’être exprimée sur chaque question relative à une communauté s’auto-gouvernant. Et je n’ai jamais rencontré personne, du président des Etats-Unis à un professeur de science politique, qui soit parvenu à incarner, même partiellement, l’idéal admis d’un citoyen omni-compétent et souverain.

    (…) L’auteur du manuel, évoquant, conformément à ses desseins, tous les sujets, des égouts urbains à l’opium indien, passe à côté d’un fait décisif : le citoyen ne consacre que peu de son temps aux affaires publiques, n’a qu’un intérêt épisodique pour les faits et peu d’appétit pour la théorie.

    Il n’est jamais arrivé à ce précepteur du devoir civique de fournir à l’étudiant une règle qui lui permette de savoir s’il est de son devoir de réfléchir, le jeudi, à la question des métros à Brooklyn ou de la voie ferrée en Mandchourie, ni, s’il décide le jeudi d’exprimer sa volonté souveraine sur le problème du métro, comment combler les lacunes de son savoir sur ce point, lacunes qui sont imputables au temps passé, la veille, à réfléchir à l’expression de sa volonté souveraine à propos des crédits ruraux dans le Montana et les droits de la Grande-Bretagne sur le Soudan. Il ne peut pourtant pas tout connaître sur toute chose à tout moment, et, alors qu’il examine une chose, un millier d’autres connaissent des changements importants. À moins qu’il ne découvre des fondements rationnels pour fixer son #attention là où elle sera la plus précieuse et d’une manière adaptée à ses moyens nécessairement amateurs, il sera aussi désorienté qu’un chiot tentant de lécher trois os à la fois.

    #politique #abstention #citoyenneté #médias #temps

    Source : The Phantom Public, Mcmillan & Co, 1925, p. 13-39. Traduit de l’anglais par Sandrine Lefranc pour la revue Hermès

    https://seenthis.net/messages/664573 via tbn


  • Anatomie du pouvoir, par Charles Wright Mills
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/122/MILLS/56836
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton56836.jpg

    (…) Comme le cercle des hommes qui décident se rétrécit, comme les moyens de décision se centralisent, et comme les conséquences des décisions prennent une ampleur énorme, le cours des grands événements dépend souvent des décisions prises par certains cercles déterminables. Cela ne signifie pas forcément que le même cercle d’hommes dirige le fil des événements d’un bout à l’autre, au point que l’histoire tout entière soit le résultat de leur complot. Le pouvoir de l’élite ne signifie pas nécessairement que l’histoire n’est pas forgée aussi par une série de petites décisions, dont aucune n’est mûrement pesée. Il ne signifie pas que la politique en cours et l’événement vivant ne sont pas soumis à mille petits arrangements, compromis et adaptations. L’idée d’une élite au pouvoir n’implique aucune conception du processus de décision en tant que tel : c’est une tentative de délimiter les domaines sociaux dans lesquels ce processus, quel qu’il soit, se déroule. C’est la recherche des hommes qui sont impliqués dans ce processus. (…)

    Si l’#histoire a un sens, c’est « nous » qui le lui donnerons par nos actes. Pourtant le fait est que, si nous sommes tous dans l’histoire, nous n’avons pas tous le même pouvoir de faire l’histoire. Prétendre le contraire est une absurdité sur le plan sociologique, et une marque d’irresponsabilité sur le plan politique. C’est une absurdité parce que tout groupe et tout individu sont limités, avant tout, par les moyens de pouvoir techniques et institutionnels dont ils disposent ; nous n’avons pas tous le même accès aux moyens de pouvoir qui existent, ni la même influence sur l’usage qu’on en fait. Prétendre que « nous » faisons l’histoire est une marque d’irresponsabilité politique, parce que cela nous empêche de savoir à qui incombe la responsabilité des grandes décisions prises par ceux qui ont accès aux moyens de pouvoir.

    En étudiant l’histoire de la société occidentale, même d’une façon très superficielle, nous voyons que le pouvoir des décideurs est avant tout limité par le niveau technique, par les moyens de pouvoir, de violence et d’organisation qui existent dans une société donnée.

    Sous le même angle, nous voyons aussi dans toute l’histoire de l’Occident une ligne ascendante, et pratiquement ininterrompue : les moyens d’oppression et d’exploitation, de violence et de destruction, comme les moyens de production et de reconstruction, se sont progressivement élargis et centralisés.

    Comme les moyens institutionnels de pouvoir et les moyens de communication qui les relient entre eux sont de plus de plus efficaces, ceux qui les dirigent sont à la tête d’instruments de domination sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    #conspirationnisme #pouvoir #politique

    Extrait de l’ouvrage L’Élite au pouvoir, (préface de François Denord), réédité aux éditions Agone, Marseille, 2012.

    https://seenthis.net/messages/664576 via tbn


  • Le Web est mort, et sa grand-mère aussi - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/26/le-web-est-mort-et-sa-grand-mere-aussi_1625174
    http://md1.libe.com/photo/1091008-021i-c1379x0023xx-0001m0.jpg?modified_at=1516975930&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Mary Lee Berners-Lee, #pionnière de l’informatique et mère de Tim Berners-Lee, s’est éteinte fin 2017. Au même moment étaient enterrées les promesses d’un Web pensé à l’origine pour être avant tout un « commun ».

    29 Novembre 2017. Aujourd’hui, grand-mère est morte.
    Elle avait 93 ans et était née Mary Lee Woods. Son histoire est peu connue et mériterait de l’être bien davantage. Pionnière de la programmation informatique, #militante osant réclamer – et obtenir ! – auprès de son employeur le même salaire pour les femmes que pour les hommes vingt ans avant que la loi sur l’égalité salariale soit votée au Royaume-Uni.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Lee_Woods

    https://seenthis.net/messages/663702 via nicod_


  • « Avec Laurent Gayard, plongée dans les profondeurs du #Darknet »

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00288-avec-laurent-gayard-plongee-dans-les-profondeurs-

    Comme vous vous en doutez, l’article est nul, sensationnaliste et de droite. Mais comme un lecteur de mon blog m’a demandé quelles étaient exactement les erreurs dans l’article, je me sers de SeenThis pour en dresser la liste. J’ai hésité car il faut bien plus de temps pour réfuter les conneries que pour en produire, les correcteurs seront donc toujours en retard sur les pipeauteurs mais, bon, c’est un exercice intellectuel qui peut être intéressant.

    « Cet Internet crypté où l’anonymat est garanti » Cela serait bien pratique, par exemple pour les dissidents, si une technique pouvait « garantir » l’anonymat. Hélas, ce n’est pas le cas. Il existe de nombreuses techniques d’investigation permettant de venir à bout des protections techniques (l’article est d’ailleurs contradictoire puisqu’il rappelle que le fondateur de Silk Road a bien été arrêté). Il suffit d’aller à des conférences comme CoRI&IN https://www.globalsecuritymag.fr/CoRI-IN-retour-sur-quelques-cas-d,20170206,68781.html pour s’en convaincre. Sans compter que les ignorants en sécurité confondent anonymat et pseudonymat (Bitcoin fournit le pseudonymat, pas l’anonymat.)

    « [Darknet] désigne tout réseau parallèle crypté » Utiliser le terme « crypté » montre une grave ignorance de la cryptographie. « Décrypté » existe mais pas « crypté », pour les raisons expliquées en http://www.bortzmeyer.org/cryptage-n-existe-pas.html

    « nécessitant un protocole très spécifique » Ce n’est même pas faux, c’est absurde. Tout réseau nécessite un protocole spécifique à ce réseau.

    « Le « deep web » ou « web profond » désigne tout simplement l’ensemble des pages ou des sites qui ne sont pas référencées par les moteurs de recherche traditionnels. » C’est également absurde, puisqu’on ne sait même pas de quel moteur de recherche on parle. Le Googlebot ou bien le « crawler » de Qwant. Si le Googlebot devient plus énérgique, et indexe davantage de pages, le Deep Web va se réduire ?

    « Le « darknet », c’est l’ensemble des réseaux cryptés qui existent sur Internet. » Donc, ma banque est dans le Dark Net (elle utilise HTTPS) et quand je me connecte en SSH à un ordinateur distant, je suis dans le Dark Net ? Cette définition sortie de l’imagination de l’auteur n’a clairement pas de sens, surtout si on la combine avec :

    « Cela ne représente que moins de 0,05 % du volume de données sur Internet » C’est probablement la majorité du trafic qui est chiffrée, surtout depuis les révélations Snowden, donc ce chiffre est clairement faux. Firefox voit aujourd’hui 70 % de pages chiffrées https://letsencrypt.org/stats/#percent-pageloads

    « La difficulté qu’on rencontre à intervenir sur ces réseaux cryptés pose des questions cruciales en termes de capacité juridique nationale et internationale et en termes de gouvernance mondiale. » Là, l’auteur abat ses cartes : le but de l’article est de justifier davantage de contrôle et de répression.

    « Facebook et Twitter ne sont pas des lieux de transparence absolue. En théorie, les deux réseaux sociaux imposent de créer des comptes sous son véritable patronyme. » Seul Facebook a une « Real Names policy ». Même sur des faits non techniques, l’auteur se trompe.

    « Cela rappelle beaucoup les premiers temps d’Internet, à la fin des années 90 et au début des années 2000 » Il y a plusieurs définitions possibles d’Internet, et qui donnent des dates différentes pour ses débuts. Néanmoins, aucune de ces dates n’est postérieure à 1985. L’auteur semble confondre l’existence de l’Internet, avec le fait que les journalistes et les ministres aient remarqué son existence.

    « Tails [...] Un équivalent de Windows » C’est un peu comme écrire « Le FN, un équivalent du PS » simplement parce que les deux sont des partis politiques…

    « Le Darknet a aussi une face sombre : c’est le lieu privilégié des cybercriminels » (cette phrase eest une question, pas une réponse de l’interviewé) Rien ne le prouve, bien au contraire. Non seulement tous les cyberdélinquants ne sont pas compétents en sécurité (et n’utilisent donc pas toutes les précautions possibles) mais ils ont besoin d’interagir avec leurs victimes, qui ne sont pas sur ce mythique darknet.

    « Les attaques d’avril et mai 2017 ont été les premières attaques pirates globales » C’est sans doute une référence à Wannacry. L’appeler « attaque » est exagéré, Wannacry ne ciblait pas ses victimes, il se répandait partout où il pouvait. Et ce n’est pas le premier ver à propagation mondiale, le premier était Morris… dix-neuf ans avant (date où, si on en croit l’auteur, l’Internet n’existait même pas).

    « elles ont utilisé des logiciels vendus sur des forums du darknet » Wannacry utilisait surtout une arme numérique développée par la NSA (et qui a fuité par la suite), ce que l’auteur, tout occupé à justifier davantage de pouvoir pour les États, oublie soigneusement de dire.

    « La citation est de John Gilmore » Non, de John Perry Barlow. L’auteur ne connait pas mieux le rock que la cybersécurité.

    https://seenthis.net/messages/663862 via Stéphane Bortzmeyer


  • New York Attorney General to Investigate Firm That Sells Fake Followers - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/27/technology/schneiderman-social-media-bots.html

    https://static01.nyt.com/images/2018/01/27/us/28botside/-28botside--facebookJumbo.jpg

    “Impersonation and deception are illegal under New York law,” Mr. Schneiderman wrote on Twitter. “We’re opening an investigation into Devumi and its apparent sale of bots using stolen identities.”
    Photo
    Eric T. Schneiderman, the attorney general of New York. Credit Sasha Maslov for The New York Times

    The investigation is the latest in a series of federal and state inquiries into the commercial and political abuse of fake accounts on social media. Tens of millions of fake accounts have been deployed to defraud businesses, influence political debates online and attract customers.

    Social media companies, including Twitter and Facebook, have drawn intense scrutiny for not taking greater steps to weed them out. Many of the accounts identified by The Times appear to violate Twitter’s own policies, but remained active on the social media platform for years, each retweeting and promoting Devumi customers.

    “The internet should be one of the greatest tools for democracy — but it’s increasingly being turned into an opaque, pay-to-play playground,” Mr. Schneiderman said.

    #Fake_news #Followers_gate

    https://seenthis.net/messages/663918 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Derrière l’application de Google qui trouve votre sosie artistique, du digital labor (gratuit) pour entraîner son IA de reconnaissance faciale http://www.rtl.fr/actu/futur/l-application-de-google-qui-trouve-votre-sosie-artistique-souleve-des-inquietude
    http://media.rtl.fr/online/image/2018/0117/7791879937_l-application-google-arts-culture-est-en-tete-des-telechargements-aux-etats-unis-grace-a-son-outil-de-reconnaissance-faciale.JPG

    (Le seul article un peu critique que j’ai trouvé provient donc de rtl.fr)

    La dernière version de l’application Google Arts & Culture est l’une des plus populaires du moment aux États-Unis. La raison ? L’ajout d’une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de découvrir quel est leur sosie artistique. Intitulée "Is your portrait in a museum ?" ("Votre portrait se trouve-t-il dans un musée ?"), elle propose de comparer un selfie à des portraits célèbres réalisés par des peintres de renom.

    L’expérience repose sur la technologie de reconnaissance faciale Face Net. Développée par #Google, elle scanne la photo envoyée par l’utilisateur pour créer une empreinte numérique de son #visage et la comparer aux 70.000 œuvres de sa base de données. Une fois les correspondances trouvées, les résultats les plus pertinents sont affichés avec leur pourcentage de ressemblance.

    Cette fonction a largement emballé les internautes américains. Depuis sa mise à jour mi-décembre, #Google_Arts_&_Culture truste les premières places des applications les plus téléchargées aux États-Unis sur l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Disponible uniquement outre-Atlantique, elle fait l’objet d’une expérimentation par Google.

    (…) Devant la popularité de l’application, certaines voix se sont élevées aux États-Unis pour mettre en garde le public contre le véritable objectif poursuivi par Google. "Le stagiaire de Google qui a inventé cette application pour tromper les utilisateurs en les incitant à envoyer des images pour remplir sa base de données de reconnaissance faciale a certainement eu une promotion", a observé sur Twitter l’analyste politique, Yousef Munayyer. "Personne ne s’inquiète d’abandonner les données de son visage à Google ou vous estimez tous que c’est déjà le cas ?", s’est aussi émue l’actrice et activiste américaine, Alyssa Milano.

    Google propose régulièrement des outils ludiques et gratuits aux internautes pour faire la démonstration de ses progrès dans l’intelligence artificielle. Ces programmes permettent aussi à l’entreprise américaine de mettre ses réseaux de neurones artificiels à l’épreuve de neurones humains afin de les perfectionner à peu de frais. Les programmes Quick Draw ! et AutoDraw visaient notamment à améliorer la #reconnaissance_visuelle de ses algorithmes. La société utilise aussi la reconnaissance des caractères des #Captcha pour aider ses robots à déchiffrer les pages de livres mal conservés sur Google Book et les indexer par la suite à son moteur de recherche.

    (…)

    Interrogé par plusieurs médias américains sur la portée réelle de son application « Arts & Culture », Google se veut rassurant. Selon la firme américaine, les photos téléchargées par les utilisateurs ne sont pas utilisées à d’autres fins et sont effacées une fois trouvées les correspondances avec des œuvres d’art. La dernière expérience du géant américain illustre à nouveau les craintes suscitées par les progrès rapides de l’#intelligence_artificielle et plus particulièrement de la #reconnaissance_faciale, dont les applications ont pris une place grandissante dans nos vies ces derniers mois.

    Apple a fait entrer cette technologie dans la vie de millions d’utilisateurs cet automne en intégrant le dispositif #Face_ID à l’iPhone X pour déverrouiller l’appareil d’un simple regard. Dans le sillage de la pomme, un grand nombre de constructeurs travaille à généraliser ce système sur des smartphones à moindre prix. Facebook a recours à la reconnaissance faciale depuis décembre pour traquer les usurpations d’identité sur sa plateforme. Google l’utilise déjà dans son service Photos, utilisé par 500 millions d’utilisateurs, capable depuis peu de reconnaître les animaux de compagnies.

    Les défenseurs des libertés craignent que la généralisation de la reconnaissance faciale dans des outils utilisés à si grande échelle ne glisse vers une utilisation plus large par les publicitaires ou les autorités. En Chine, cette technologie est déjà utilisée pour surveiller les citoyens dans les endroits publics. 170 millions de caméras de surveillance sont installées à travers le pays. Un nombre qui doit atteindre 400 millions à horizon 2020. La plupart sont dotées de programmes d’intelligence artificielle pour analyser les données en temps réel et inciter les individus à ne pas déroger à la norme édictée par le pouvoir.

    #digital_labor #IA

    Et puis cf. le thread d’@antoniocasilli sur son fil Twitter :

    Avez-vous déjà vu, partagé, commenté les « art selfies » de l’appli @googlearts ? Savez-vous qu’ils utilisent votre visage pour constituer un fichier biométrique ? J’en veux pour preuve qu’ils ne sont pas disponibles en Illinois—état où les lois sur la biométrie sont plus strictes.

    https://twitter.com/AntonioCasilli/status/953662993480474624

    https://seenthis.net/messages/663641 via tbn


  • Beyond the Bitcoin Bubble | The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/16/magazine/beyond-the-bitcoin-bubble.html
    https://static01.nyt.com/images/2018/01/21/magazine/21mag-cryptocurrency1-copy/21mag-cryptocurrency1-facebookJumbo.jpg

    (…) You may be inclined to dismiss these transformations. After all, #Bitcoin and Ether’s runaway valuation looks like a case study in irrational exuberance. And why should you care about an arcane technical breakthrough that right now doesn’t feel all that different from signing in to a website to make a credit card payment?

    But that dismissal would be shortsighted. If there’s one thing we’ve learned from the recent history of the internet, it’s that seemingly esoteric decisions about software architecture can unleash profound global forces once the technology moves into wider circulation. If the email standards adopted in the 1970s had included public-private key cryptography as a default setting, we might have avoided the cataclysmic email hacks that have afflicted everyone from Sony to John Podesta, and millions of ordinary consumers might be spared routinized identity theft. If Tim Berners-Lee, the inventor of the World Wide Web, had included a protocol for mapping our social identity in his original specs, we might not have Facebook.

    The true believers behind #blockchain platforms like Ethereum argue that a network of distributed trust is one of those advances in software architecture that will prove, in the long run, to have historic significance. That promise has helped fuel the huge jump in cryptocurrency valuations. But in a way, the Bitcoin bubble may ultimately turn out to be a distraction from the true significance of the blockchain. The real promise of these new technologies, many of their evangelists believe, lies not in displacing our currencies but in replacing much of what we now think of as the internet, while at the same time returning the online world to a more decentralized and egalitarian system. If you believe the evangelists, the blockchain is the future. But it is also a way of getting back to the internet’s roots.

    https://seenthis.net/messages/662083 via tbn


  • Communiqué commun du mouvement anti-aéroport, suite à la décision du gouvernement
    mercredi 17 janvier 2018
    https://zad.nadir.org/spip.php?article5034

    (...)En ce qui concerne l’avenir de la zad, l’ensemble du mouvement réaffirme dès aujourd’hui :

    –La nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s expropriés de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.

    –Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre en soin.

    –Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par le mouvement dans toute sa diversité - paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

    Pour le mettre en œuvre, nous aurons besoin d’une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres. Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

    En ce qui concerne la question de la réouverture de la route D281, fermée par les pouvoirs publics en 2013, le mouvement s’engage à y répondre lui-même. La présence ou l’intervention policières ne feraient donc qu’envenimer la situation.

    Nous souhaitons par ailleurs, en cette journée mémorable, adresser un fort message de solidarité vis-à-vis d’autres luttes contre des grands projets destructeurs et pour la défense de territoires menacés.

    Nous appelons à converger largement le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la zad.(...)

    https://seenthis.net/messages/660760 via Loutre


  • Autodéfense et politique de la rage. Extrait de « Se défendre », par Elsa Dorlin (2017)
    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=180002

    Constituer la « #sécurité » comme norme de vie n’est possible qu’à la condition de produire des insécurités contre lesquelles l’État apparaît (et se présente) comme le seul recours. Dans les années soixante-dix, les groupes de lesbiennes noires, Women of Color, Third World, ne cessent de dénoncer cette logique qui a des effets sur l’agenda du féminisme. La violence policière dont elles (et aussi leurs enfants) sont parmi les cibles privilégiées, va de pair avec la construction raciste des femmes noires réputées à ce point capables de se défendre qu’elles n’auraient pas à être défendues, pire, qu’il est nécessaire de se défendre d’elles – et à plus forte raison lorsqu’elles sont en groupe. L’équipe de softball Gente, auto-organisée en groupe d’autodéfense féministe de lesbiennes noires fondé à Oakland, souligne en 1974 combien les lesbiennes de couleur paraissent « invisibles si elles sont seules, violentes si elles sont en groupe ». En mars 1984, le journal ONYX, premier périodique états-unien lesbien africain-américain, sort un numéro dont le dessin de couverture représente un groupe de femmes noires se défendant de la violence d’un policier blanc à cheval qui vient de frapper l’une d’entre elles, étendue sur le sol.

    La promotion d’un pacte de sécurité et son incorporation dans certains agendas militants ont donc eu pour ultime conséquence, non seulement de blanchir la violence d’État, mais aussi de prédéterminer des modes de contestation et de coalition, de créer un certain type de militance, une forme d’autodéfense protectionniste, délétère parce que articulée à une cartographie émotionnelle piégée. « Se défendre » a ainsi consisté à répondre à l’injonction de « se mettre en sécurité », à s’engager dans des actions de protection en fonction de la manière dont des quartiers, des rues, des identités, des individus ou des groupes affectaient des collectifs ou des causes ; ou en fonction de ce qui leur faisait violence (un individu « menaçant », « déviant », « étranger »). Les politiques sécuritaires ont ainsi été coproduites dans et par un « système de marques affectives » : une territorialité sentimentale qui non seulement quadrille des espaces, stigmatise des corps et naturalise le rapport agression/victimation, sécurité/insécurité, Nous/Eux, peur/confiance, mais, plus encore, opère une mutation des subjectivations politiques en sentimentalisme de la menace et du risque. C’est le tournant émotionnel des luttes qui se (re)joue ici. Et le dénominateur commun sur lequel des coalitions sont possibles devient à ce point indéfendable qu’il finit effectivement par relayer les stratégies de division opérées par les dispositifs de pouvoir.

    Il faut aussi prendre la mesure de ce que ces stratégies ont fait aux collectifs eux-mêmes, aux vies militantes, aux corps militants ; les impasses dans lesquelles ces derniers se sont épuisés, voire autodétruits. L’injonction à être safe, en sécurité « #entre_soi », « chez soi », équivaut à une politique de contrôle des mouvements de contestation qui s’avère des plus efficaces pour les cantonner. Acculer à des stratégies séparatistes plus ou moins réfléchies où les militant.e.s se protègent en délimitant des espaces « sécurisés », répondant de façon mimétique à un « pacte de sécurité », le relayant, le généralisant. Dans ces espaces prétendument safe, où l’on se retranche entre pair.e.s, ces dernier.e.s seraient, par définition, sans danger. L’entre-soi safe est alors défini par opposition à une extériorité insecure, suscitant la #peur ou la haine ; ce qui rend proprement impensable ou inacceptable de considérer que les rapports de pouvoir, la conflictualité, les antagonismes subsistent inévitablement à l’intérieur et s’exercent sans discontinuité. En restant dans un tel cadre d’intelligibilité imposé, la seule « défense » face à l’insécurité tapie dans l’intimité même des collectifs, pour ceux d’entre eux qui refusent légitimement de s’en remettre à la police ou à la justice d’État, est de cloisonner, quadriller, sécuriser encore un peu plus les lieux communautaires – isolant telle personne pour que sa seule présence ne fasse pas violence à telle autre ; excluant, excommuniant, tel.l.e pair.e, parce qu’elle/il a failli, trahi, en exerçant son pouvoir dans l’entre-soi. Des institutions judiciaires DIY se constituent alors comme des simulacres monstrueux : s’il s’agit de ne pas s’en remettre à la police et à la justice dominantes, on en autorise de fait des émanations qui colonisent les collectifs. Cette gestion au quotidien des violences intermilitantes, ne pouvant être vécues que sur le mode d’offenses et de blessures subjectives, est chronophage, anthropophage pour les collectifs. Elle entame l’imaginaire qui rend possible la création d’autres modalités de travail de la #violence. Elle est aussi émotionnellement et politiquement épuisante, elle désoriente les processus de conscientisation politique, elle abîme les engagements.

    #safe_space @sanae @mona (juste pour l’occurrence de « chez soi » !)

    https://seenthis.net/messages/661156 via tbn


  • The Ghost of the Mechanical Turk | Jacobin
    https://www.jacobinmag.com/2017/12/middle-east-digital-labor-microwork-gaza-refugees-amazon
    https://images.jacobinmag.com/2017/12/15141726/GettyImages-668910070.jpg

    It is significant that the World Bank thinks that Gaza and the West Bank are “particularly relevant” destinations for #microwork. In the global race to the bottom, the “bottom” is an open-air prison and an area under military occupation. According to their 2014 report, these sites pose “limited risks” to employers in terms of having to pay any full-time employment benefits or a minimum wage. Protections may be “risky” for employers. But making someone dependent for their survival on an algorithm with zero accountability is risky. Not paying them an adequate hourly rate to feed themselves or their family is risky. Irregular or excessive working hours resulting in repetitive strain, eye problems, or insomnia are risky.

    One of the big selling points of digital workplaces is also that they are blind to race and gender. But the inherent inequalities of these systems don’t go away just because participants remain anonymous. After Chinese labor camps were exposed for forcing prisoners to play profitable online games, gaming chatrooms began to use “Chinese gold-farmer” as a pejorative for worker-players trying to sell virtual goods. Syrian players in Shatila who viewed their gaming activities as leisure rather than work complained that their broken English or Arab names meant they were viewed by other players as unwanted guest workers or “gold-farmers.” Microworkers have no protection from similar dynamics on digital labor platforms.

    #digital_labor #Proche-Orient via @antoniocasilli

    https://seenthis.net/messages/660450 via tbn