Le Grand Soir

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  • Seance déprogrammée. Merci Johnny !
    France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    En rappel
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-t-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Une coïncidence qui fait réagir.
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    Même le Monde se prête au jeu !
    Le contraire m’aurait d’ailleurs étonné ! Le Monde fidèle à lui-même. Sa kouchnerisation toujours d’actualité ! Je me souviens de ses positions extrêmes durant la guerre d’Irak. Une calamité ! Même posture en ce qui concerne la guerre en Syrie ! Let’s have a look.

    http://mobile.lemonde.fr/syrie/article/2017/12/05/en-syrie-le-viol-etait-le-maitre-mot_5224603_1618247.html

    Publié Le 05.12.2017 à 06h30
    « En Syrie, le viol était le maître mot »
    Avant la diffusion sur France 2 d’un documentaire sur les violences sexuelles perpétrées pendant la guerre civile syrienne, « Le Monde » publie le témoignage de Hasna Al-Hariri, 54 ans, victime de la folie du régime de Bachar Al-Assad.
    Par ANNICK COJEAN
    Temps de lecture : 11 min
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    EXTRAIT

    La prison centrale de la ville d’Alep (Syrie). SYRIAN PERSPECTIVE AD NETWORK
    C’est un crime silencieux. Un crime massif, fondé sur l’un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne. Un crime perpétré depuis les premiers mois de la révolution, au printemps 2011, et qui se perpétue dans les nombreux centres de détention gérés par le régime de Bachar Al-Assad : le viol, une arme de guerre. Le Monde avait publié, le 6 mars 2014, une enquête d’Annick Cojean, titrée « Le viol, arme de destruction massive », pour laquelle la journaliste avait collecté et croisé de nombreux témoignages de femmes ayant subi des sévices sexuels dans les geôles syriennes et s’exprimant pour la première fois.

    Cette fois, c’est un film, Syrie, le cri étouffé, réalisé par Manon Loizeau et coécrit avec Annick Cojean, avec l’aide de Souad Wheidi, diffusé en décembre sur France 2 dans le cadre d’une soirée consacrée à la Syrie, qui donne la parole à ces femmes doublement victimes : du régime, donc, mais aussi de leurs propres familles, prêtes à les bannir, voire à les tuer, lorsqu’elles sortent de détention. La culture et la tradition patriarcales sont implacables : le viol déshonore l’ensemble de la famille, voire le clan, le quartier, toute une communauté. L’injustice est ainsi à son comble : la femme est coupable d’être victime, ou supposée victime, puisque la simple détention dans un centre de « renseignement » équivaut aujourd’hui à une présomption de viol.

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  • France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    Primo, pour info :
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-reprise-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Secundo, le documentaire de Manon Loizeau "Syrie : le cri étouffé" annoncé pour le 7/12/17
    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    Tertio, une coïncidence qui fait réagir.
    Le Grand soir publie une réplique argumentée à la hauteur des enjeux de l’événement.
    Le grand soir
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    à propos des 50 000 syriennes emprisonnées et violées dans “Syrie, le cri étouffé” (FRANCE2 jeudi 7 déc. 2017 23H00)
    IL Y A 4 HEURES · PUBLIC

    PREMIERE REMARQUE : Les conditions de diffusion de ce documentaire-choc déjà primé à Genève montrent que ce documentaire est utilisé à des fins de propagande pour torpiller la conférence de Genève en cours entre coalition victorieuse (Syrie - Russie - Iran - Liban) et coalition vaincue (USA - UE - OTAN - Golfe - Israél). Avec au milieu du gué Turquie, Caucase, Italie et Grèce (en filigranes car confrontées aux migrants), Chine et BRICS. Cette heure et date de diffusion permettra aux diplomates en négociation à Genève, de voir le film le soir dans leurs hôtels. Il influera donc directement sur l’atmosphère des jours suivants à la table des négociations. Cela s’apparente à la fiole d’anthrax brandie par Colin Powell à l’ONU (5 février 2003), ou à la jeune fille en pleurs qui racontait à la tribune d’une commission de l’ONU aussi (10 octobre 1990), que des bébés avaient été jetés hors de leurs couveuses dans un hôpital koweïtien par des soldats irakiens. Pour ces 2 guerres du Golfe, en fait la fiole contenait de la “poudre de perlimpinpin” et il n’y avait pas d’ADM en Irak, et la jeune fille était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, et avait reçu une formation spéciale pour pleurer et faire pleurer l’audience. Il n’y a jamais eu d’hopital détruit par Saddam Hussein. De la basse propagande donc. Sauf que cette fois, c’est la France qui s’en charge, et qu’elle inonde la Suisse au passage, pays neutre, dans un contexte de neutralité internationale battu en brèche par des méthodes de mafieux des ondes.
    DEUXIEME REMARQUE : l’armée d’Assad est une armée de conscription, dont beaucoup d’appelés ne veulent pas aller faire la guerre. Ils sont mal payés et 100 000 sont morts au front. Mais ils sont en majorité SUNNITES, donc de même faction religieuse que les "rebelles" très grassement payés par les Monarchies du Golfe. Pourquoi ne pas envisager que certains d’entre eux aient été "retournés" pour opérer des abominations sous uniforme de l’armée syrienne ? Il est avéré qu’une pluie de dollars a inondé la Syrie au début de la campagne de déstabilisation. De nombreux officiers de l’armée régulière syrienne ont alors déserté. La loi martiale a été appliquée et les fidèles au gouvernement Assad ont été sérieusement encadrés et contraints sous menace de mort, de rester fidèles. Dès le début de cette sale guerre, un attentat a liquidé TOUTE la tête du Renseignement syrien devant leur Ministère ( 6 morts). La Syrie a répliqué en blessant gravement le chef du renseignement saoudien à Riyad (attentat iranien ?). Aujourd’hui il survit retiré de toute vie politique (Prince Bandar Ben Sultan). Dans ces conditions, pensez-vous que le Gouvernement syrien contrôle efficacement la totalité de son armée ? Lire SUN ZU "L’Art de la Guerre" ( écrit en - 400 avant Jésus Christ)
    TROISIEME REMARQUE : de toute façon, si ces faits sont avérés et commis par des "membres du régime syrien", alors leur nombre est fortement exagéré. C’est TOUJOURS le cas dans les médias de pays à la fois juges et partis. On en a un bon exemple avec l’affaire de la tentative d’établir un califat à Hama en Syrie, en février 82 (déjà). TOUS nos journaux ont parlé d’une répression ayant fait 30 000 morts... sauf qu’en décembre 82, la DIA américaine a conclu à 3000 morts, dont 1000 civils égorgés en place publique devant femmes et enfants chaque jour à midi pendant 2 semaines, par des Moudjahidines (jihadistes Frères Musulmans) venus d’Egypte. Hafeez Al Assad a alors envoyé son frère Rifaat Al Assad mater ce massacre. Je me demande ce que Sarkozy ou Hollande aurait fait à sa place... Voilà un exemple concret d’EXAGERATION dans la proportion de 10 (médias les plus propagandistes dont bien sûr Le Monde) pour 1 (réalité la plus probable). A l’époque, cela n’avait pas effrayé TF1 qui jugeait Hafeez Al Assad à la pointe du progressisme au Moyen Orient... Vous me direz "ça fait encore 5000 cas"... certes. Mais lors d’actes de guerre, tout est à recouper par une institution dans laquelle aucun pays n’est lié à l’un des 2 bords... vous comprenez la complexité de la démarche judiciaire dont France2 ne vous parlera pas ?
    QUATRIEME REMARQUE qui rebondit sur la troisième : Il y a eu au début de la guerre une vague de terreur dans les campagnes suite à une autre vague d’attentats dans les grandes villes qui "ne prenait pas" et dont nos médias ont peu parlé car elle pointe vers l’origine maffieuse (OTAN-Golfe) du soulèvement lorsque celui-ci a pris les armes et s’est fondu aux manifestants (comme en Ukraine et en Libye...). Des villages entiers ont été décimés par des écorcheurs égorgeurs violeurs. Les journalistes qui voulaient enquêter sur ces actes ont été menacés, ou sont morts, toujours à cause des pseudos rebelles qui les pourchassaient ou les attiraient dans des zones de tirs de l’armée syrienne (témoignage de Alex Thomson, Channel 4)... cette situation n’a pas permis à aujourd’hui de savoir QUI a commis ces atrocités.... mais à votre avis... QUI est soupçonnable ?
    CINQUIEME REMARQUE : Rappelons qu’a contrario nous avons aidé depuis le début de cette campagne de déstabilisation une constellation effarante de bataillons et katibas rebelles aux doux noms exotiques impossibles à retenir, tous poreux, tous plus ou moins inféodés aux égorgeurs, car sur le terrain c’est toujours la loi du plus fort qui prévaut entre tribus de mercenaires n’appartenant pas à une armée régulière. Nous avons financé des armées moyenâgeuses, volatiles et peu fiables, car cupides et toutes en concurrence pour faire main basse sur la manne des pétrodollars saoudiens, qataris ou OTAN. Et pour se faire bien voir de nous (au propre comme au figuré), leurs monstruosités ont été tellement atroces, notamment auprès des femmes, que même nos médias furent obligés d’admettre qu’ils étaient absolument coupables de dizaines de milliers d’assassinats, tortures, viols, et même des évicérations, dans des conditions toutes plus sordides les unes que les autres. D’où ma question ici ; Sommes-nous en droit de donner des leçons au “camp d’en face” ? La vraie communauté internationale comprend 192 pays je crois. Que vont penser les 170 autres pays non impliqués dans cette campagne de déstabilisation ?
    SIXIEME REMARQUE : Tout "géopolitologue amateur" peut observer les mêmes schémas d’opérations paramilitaires qui s’appuient sur des formes variées de fascisme sanguinaire, lors de la mise en oeuvre de campagne de déstabilisation d’un gouvernement ou d’un pays entier par la CIA ou comme en Syrie, par une troïka multinationaliste. Ainsi les mêmes schémas s’appliquent parfaitement au coup d’état contre Allende au Chili, contre Mossadec en Iran, contre Najibulah en Afghanistan, contre Zelaya au Salvador, contre Chavez puis Maduro au Vénézuéla, contre Kadhafi en Libye, et depuis Assad, contre Ianoukovitch en Ukraine, et j’en oublie une dizaine d’autres. Dans ces schémas, on retrouve toujours parmi les éléments de diabolisation de l’ennemi, le sort réservé aux femmes... (sort dont le camp du bien USA - UE - OTAN - Golfe - Israél ne se préoccupe pas ou peu ou mal en Palestine, en Arabie Saoudite et dans le Golfe, en Afrique francophone, ou dans l’ancien Commonwealth...). Dans le discours des diaboliseurs, les femmes sont toujours victimes d’atrocités et mettent en pleurs les chaumières occidentales. Pourquoi diable voudriez-vous qu’en Syrie il en aille différemment ?
    SEPTIEME ET ULTIME REMARQUE : Elle est récurrente et procède de l’évidence même. "Cui bono ?" Tout chef d’état dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l’OTAN sait qu’il va aussi être la cible d’attaques sans relâche des médias "occidentaux", de loin les plus puissants en termes de diffusion satellitaire tout autant que sur le web où opérent la chasse aux fake-news du "camp d’en face", le triage via des algorythmes affutés, et l’injection désormais massive de "contenus" à charge. Dans ces conditions, pour quelles raisons Bachar Al Assad et son gouvernement iraient-ils se compromettre sur des dossiers aussi sensibles que la ligne rouge de l’usage d’armes chimiques, ou la maltraitance des minorités comme les Kurdes, ou la maltraitance des femmes, des enfants et des déshérités ? C’est parfaitement absurde. Et d’ailleurs il me vient ce souvenir tout aussi absurde qui a concerné Muammar Kadhafi : Les journaux occidentaux ont dit qu’il avait importé un cargo de préservatifs et d’excitants sexuels pour son armée... voilà qui rappelle le captagon saoudien dont les femmes syriennes se souviennent sans doute aussi... et mon propos n’est pas d’en rire. Il est de comprendre la machine "en marche". Alors "Cui bono ?" Il est absolument évident que "le camp d’en face", celui qui négocie sa reddition à Genève, a lui toutes les bonnes raisons de se frotter les mains d’un tel timing médiatique.
    Je ne dis pas que les faits sont faux ni ne veut sous-estimer leur gravité bien sûr. Je dis : Retenons les leçons de l’Histoire, de Sun Zu (-400) à aujourd’hui. Extrême prudence devant des témoignages et des productions venant de tiers à la fois juges et partis. La sincérité peut cacher des mensonges malgré elle. Exagération, distorsion des faits, camouflage des identités, manipulation et instrumentalisation des témoins, des médias et de l’opinion publique, récurrence de schémas narratifs agissent pour détruire la vérité, toujours dans le sens des maitres.


  • 1917-2017 L’étincelle d’Octobre
    De Bruno GUIGUE

    En 1916, Lénine publia ses fameuses Thèses sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, sans doute l’un de ses textes les plus féconds. La lutte pour l’émancipation nationale distrait le prolétariat de la révolution socialiste, lui disent ses camarades. Lénine leur répond que le socialisme signifie la lutte contre toute forme d’oppression, y compris l’oppression nationale. A rebours de l’orthodoxie socialiste, il prend au sérieux la question de l’autodétermination nationale, récusant un internationalisme abstrait.
    Là où ses camarades voyaient un combat d’arrière-garde, Lénine, en effet, perçut un enjeu révolutionnaire. L’affirmation du droit à l’autodétermination a pour vertu d’éduquer la classe ouvrière de la nation dominante, elle l’immunise contre la tentation du chauvinisme, elle préserve les chances de l’union entre les nations de l’ex-Empire russe. Cette clairvoyance valut au bolchevisme l’adhésion des mouvements nationaux et lui conféra une aura sans précédent dans l’Empire des Tsars, cette « prison des peuples ».
    On ne comprend pas la révolution d’Octobre si l’on oublie ce défi lancé par Lénine à la domination coloniale, cet appel à la révolte contre des puissances soi-disant civilisées qui « déchaînaient des guerres qu’on ne considérait pas comme telles parce qu’elles n’étaient souvent que des carnages, à une époque où les armées impérialistes d’Europe et d’Amérique, pourvues des moyens d’extermination les plus perfectionnés, massacraient les habitants sans armes et sans défense des pays coloniaux ».
    Les ennemis du bolchevisme ne s’y sont pas trompé. Le publiciste américain Lothrop Stoddard l’accuse de « stimuler la marée montante des peuples de couleur » en s’alliant avec eux contre l’Occident. Pour lui, le bolchevique est « le renégat, le traître à l’intérieur de notre camp, prêt à vendre la citadelle », il est « l’ennemi mortel de la civilisation et de la race ». L’essayiste allemand Oswald Spengler dénonce à son tour « la haine enflammée contre l’Europe et l’humanité blanche » qui animerait le bolchevisme, accusation recyclée, plus tard, dans les diatribes nazies contre la « barbarie asiatique » des Slaves, ces « races inférieures » qui seraient vouées à céder la place à la « race aryenne ».
    Ces idéologues racistes et réactionnaires ont vu juste : le bolchevisme veut régler son compte à la domination coloniale. Après le coup d’envoi de 1917, l’offensive principale du prolétariat devait se dérouler à l’Ouest. L’agonie de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion, Lénine en déplace l’axe géographique et prophétise son irruption au Sud. « On continue à considérer le mouvement dans les pays coloniaux, comme un mouvement national insignifiant et parfaitement pacifique. Il n’en est rien. Dès le début du XXème siècle, de profonds changements se sont produits, des centaines de millions d’hommes, en fait l’immense majorité de la population du globe, agissent à présent comme des facteurs révolutionnaires actifs et indépendants »
    A peine créée, l’Internationale communiste appelle à la révolte les peuples colonisés. En 1919, elle réunit à Bakou le « congrès des peuples de l’Orient ». Turcs, Iraniens, Géorgiens, Arméniens, Indiens, Chinois, Kurdes et Arabes s’y retrouvent. Le cataclysme de la guerre a sorti les peuples de leur torpeur séculaire, il a mis à nu les sordides rivalités entre puissances occidentales. Bakou inaugure un processus de libération qui connaîtra bien des péripéties mais sera irrésistible. A défaut d’un embrasement européen dont la perspective s’est évanouie, le communisme privilégie, dans la propagation de l’incendie révolutionnaire, la combustion lente des immensités asiatiques.
    Revanche d’une révolution assiégée, l’onde de choc planétaire d’Octobre 17 a balayé bien des citadelles qui se croyaient imprenables. Prise en étau par quatorze puissances étrangères jusqu’en 1921, la Russie soviétique a triomphé des armées blanches. L’URSS a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, l’Armée rouge causant 90% des pertes allemandes de la Seconde Guerre mondiale. Les communistes chinois de Mao Ze Dong rétablirent l’unité et l’indépendance du pays le plus peuplé de la planète. Les communistes vietnamiens infligèrent à la puissance coloniale française et à l’envahisseur impérialiste une humiliation sans précédent. En les aidant, l’URSS joua un rôle décisif dans la décolonisation de l’Asie.
    Condamnant la diplomatie secrète et les tractations menées dans le dos des peuples, la jeune république des soviets dénonça en 1917 les accords Sykes-Picot et révéla le scandale de la « Déclaration Balfour ». On le souligne rarement, mais c’est grâce à Lénine que les Arabes découvrirent que l’Empire britannique livra la Palestine aux sionistes. Bien qu’elle reconnût l’Etat d’Israël en 1948, l’URSS appuya les nationalistes arabes face à l’agresseur en 1956, 1967 et 1973. Elle soutint la lutte pour les indépendances africaines, apporta son aide à Cuba face à l’agression US et donna le coup de grâce au régime d’apartheid en fournissant un appui décisif à l’ANC.
    A l’intérieur de ses frontières, l’URSS était tout sauf un « empire colonial ». C’est Lénine qui choisit le nom d’« URSS » pour désigner le nouvel Etat multi-ethnique fondé en 1922. Se méfiant du « chauvinisme grand-russien », il fit appel à des géographes et à des linguistes pour établir la liste des peuples concernés. On recensa 172 nationalités sur une base linguistique, et certaines furent dotées d’une écriture. Aucune discrimination légale ne frappa les populations des anciennes colonies, favorisées au contraire par la promotion d’élites nationales. Exaltant l’unité du « peuple soviétique », l’idéologie officielle fournissait à la fois un antidote au chauvinisme russe et un stimulant aux identités nationales.
    Loin d’être « impérialiste », le système soviétique organisa un transfert de richesses du centre vers la périphérie. Cette politique eut un résultat paradoxal : malgré l’extrême dureté de la période stalinienne, et en dépit du bureaucratisme qui gangrenait le système, l’URSS a joué le rôle d’un incubateur d’Etats-nations. Le soviétisme a favorisé l’émergence - ou la réémergence - de nations oubliées, il a créé les conditions d’une renaissance culturelle impossible sous le régime tsariste. Les circonstances de la dissolution de l’URSS en témoignent. Sonnant le glas d’un système à bout de souffle - et exténué par la course aux armements -, cette dissolution eut lieu sans effusion de sang. Chaque peuple a repris sa liberté, conformément à un droit à l’autodétermination proclamé par Lénine en 1916.
    Bruno GUIGUE

    Source Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/1917-2017-ii-l-etincelle-d-octobre.html


  • Je n’ai rien contre les femmes au volant
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/untitled-14

    De nos partenaires du Grand Soir : https://www.legrandsoir.info/je-n-ai-rien-contre-les-femmes-au-volant-d-ailleurs-j-ai-une-excellent Je n’ai rien contre les femmes au volant : d’ailleurs, j’ai une excellente amie qui conduit En autorisant les saoudiennes à conduire, leur monarque a « brisé un tabou » dans « ce royaume ultra-conservateur » (L’Exress.Fr, 27septembre 2017) car l’interdiction « était emblématique de la mise au pas des femmes dans le royaume » (Le […]

    #3-INTERNATIONAL #articles



  • Parlons (Inter) Net - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/08/parlons-inter-net.html
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH77/breveon5510-0f97c.jpg

    On devrait plaindre les naïfs qui paient tout plein pot alors que, les mails que je reçois le montrent, on peut s’offrir des vacances de luxe pour trois fois rien. Voyez :

    « 50€ offerts sur votre voyage ! » « Les nouvelles offres de dernière minute dès 186 euros ! » « Avec Eurostar, ayez la CLASSE, voyagez en PREMIÈRE ! » « SURPRISE : Découvrez vos codes de réduction. » « Tu veux voyager un max cet été ? On a la solution ! » « Votre séjour de luxe à moins de 99€ ! » « 20€ offerts en exclusivité sur votre vol ! » « DERNIERS JOURS ! Dès 15 euros, partez avec INTERCITÉS ! » « Dites OUI aux petits prix dès 14€ A/R. » « Jusqu’à 100 EUR offerts. » « Séjour à Disneyland pour 4 personnes à gagner. »

    Croirez-vous que je suis également bombardé de mails qui m’avisent de réductions allant jusqu’à 82 % pour tout ce que vous voudrez ? Pour Moâ, môa, moâ (souvent ils me tutoient et toujours ils m’appellent par mon prénom, c’est dire) !

    Et pas de saut dans l’inconnu puisque je peux savoir si « le ciel astral révèle un changement important » grâce à mon« horoscope d’août. »

    Rien à craindre non plus d’un de ces problèmes de santé qui pourrissent les vacances : « Vous cherchez une solution contre les troubles digestifs et les douleurs intestinales ? ». Et finis les complexes sur la plage : « Quels maillots de bain choisir pour cacher son ventre ? » et « Quels vêtements porter pour paraître plus mince ? ».

    En fait, mis à part le mail « Découvrez notre lingerie Femme Fatale », je les poubellise tous sans les lire (avec une célérité particulière pour « Mediapart à moitié prix : 1 an pour 66 € seulement, 6 mois pour 33 €. ».Car, à lire les partis-pris de l’officine de Plenel (lequel, par ailleurs, a appelé à voter Macron), à subir sa lourde et manichéenne campagne anti-vénézuélienne, je déplore que Médiapart soit à l’information ce que Reporters sans frontières est à la liberté de la presse : un leurre, ou pire encore si l’on en croit les insinuations perfides de Mitterrand (1).

    Théophraste R.

    Note (1) :
    « Il faudra tout de même qu’on sache qui est vraiment ce monsieur Plenel. (…) Il parlera moins haut quand on saura qu’il travaille pour une puissance étrangère », François Mitterrand, in « La Face Cachée du Monde », Philippe Cohen et Pierre Péan. Mille et une nuits, 2003.
    « Plenel ? Il ne m’a pas lâché pendant dix ans et j’ai fini par penser qu’il travaillait lui aussi pour les Américains », François Mitterrand, in « La décennie Mitterrand », Pierre Favier, Le Seuil, 1999.

    Et lire « La face cachée de Reporters sans frontières – de la CIA aux faucons du Pentagone », Maxime Vivas, éditions Aden 2007.

    https://www.legrandsoir.info


  • Viva El Mundo diplomatico ! NRobin

    « Informer n’est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

    24 juillet 2017

    A propos d’un "hommage" mérité de BHL à A. Lacroix-Riz

    Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)
    Disposant d’une tribune permanente dans Le Point, le magazine versaillais qui a battu tous les records de haine anti-Cgt au printemps dernier, le “philosophe” guerrier et milliardaire BHL vient de se livrer à une attaque violente contre le Monde diplo, coupable d’avoir ridiculisé ses obsessions anti- progressistes travesties en “défense des droits de l’homme” à la mode euro-atlantique. Certain que ses adversaires n’auront pas de droit de réponse dans l’hebdo favori du MEDEF, l’homme qui a inspiré la catastrophique intervention de Sarkozy en Libye (combien de morts et d’exilés à la clé ? ), BHL s’en prend bassement à plusieurs intellectuels parmi lesquels figure notre camarade, l’éminente historienne Annie Lacroix-Riz.

    Disons tout net que la rage de BHL contre ALR est un hommage, celui du vice à la vertu. Car c’est un honneur que de mériter les foudres d’un histrion qui incarne à la fois la furie des impérialistes contre les peuples, l’acharnement obscurantiste contre le marxisme... et l’absence totale de travail conceptuel que dénonçait déjà Deleuze lorsque fut lancée, à grand renfort de plan média, la clique des “nouveaux philosophes”.

    En réalité, toute l’œuvre d’Annie Lacroix Riz cingle au visage le dandy philosophique BHL :
    là où la première pratique la recherche sur sources et la méthodologie scientifique, le second procède par imprécations et fulminations.
    Là où ALR reste fidèle au combat révolutionnaire du passé et aux valeurs universalistes des Lumières, le mediacrate BHL nourrit toutes les croisades de l’impérialisme euro atlantique.

    ” Quand ton ennemi te félicite, disait August Bebel, demande-toi quelle faute tu as commise”. Mais quand BHL te cloue au pilori dans le Point, dis-toi que tu es sur la bonne voie !

     » » http://https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/a-...
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  • https://www.legrandsoir.info/georges-corm-les-pays-du-golfe-comme-les-etats-unis-ont-arme-et-entret

    19 juin 2017

    Georges Corm : « Les pays du Golfe comme les Etats-Unis ont armé et entretenu des groupes djihadistes »
    http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2017/06/arton32015-4943d-350x205.png

    Georges CORM
    Économiste et historien, Georges Corm vient de publier aux éditions La Découverte La nouvelle question d’Orient, une « plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l’Est de la Méditerranée et du monde arabe ». Il livre ici son analyse sur la crise diplomatique qui secoue la péninsule arabique entre sponsors sunnites du « terrorisme », sous l’œil du parrain militaire étasunien.

    Comment analysez-vous la crise diplomatique actuelle et la mise en quarantaine du Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme » ?

    Georges Corm : Heureusement que le ridicule ne tue pas : depuis la première guerre d’Afghanistan, les pays du Golfe comme les Etats-Unis ont armé et entretenu des groupes de prétendus « djihadistes » qui ont été déployés d’un pays à l’autre, en fonction des intérêts géopolitiques de Washington et de ses alliés. Ceci dit, ce n’est pas la première crise entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ont en commun comme doctrine d’Etat le wahhabisme. Et qui ont été ces dernières années en compétition très forte, en particulier depuis les soulèvements arabes de 2011, pour recueillir le fruit du détournement de ces révoltes en soutenant différentes mouvances de l’islam politique. L’influence du Qatar, via notamment ses centres d’études, ses think tanks et sa chaîne de télévision al-Jazeera, a visiblement pris trop d’importance pour une Arabie Saoudite qui cherche aujourd’hui, sans aucun complexe, à affirmer son emprise absolue et totale sur les pays arabes et aussi tous les Etats se définissant comme musulmans. Une emprise qui a débuté avec l’envolée des prix du pétrole en 1973, et qui a permis à Riyad de créer toutes les institutions nécessaires à cet effet – Ligue islamique mondiale, Banque islamique de développement, Conférence des Etats islamiques, etc. – qui ont été créé dès l’origine pour être des outils majeurs de lutte contre l’influence de l’URSS et du marxisme dans les rangs des jeunesses musulmanes, arabes ou non arabes de ce que l’on appelait alors le tiers-monde.

    Les Frères musulmans sont désignés par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis comme la principale entité terroriste sponsorisée par le Qatar...

    Georges Corm : Pourtant, aux Emirats arabes unis, la Confrérie n’a qu’un impact limité, et historiquement, l’Arabie Saoudite a toujours été la base arrière des Frères musulmans comme de n’importe quel mouvement se réclamant de l’islam politique. L’événement qui a peut-être contribué à déclencher la contradiction actuelle, c’est le fait que l’Egypte a renversé le régime des Frères musulmans installé par les élections de 2013, avec la bénédiction des Saoud. Autant il peut être utile d’instrumentaliser une mouvance islamique, autant qu’une organisation qui a une telle importance historique arrive au pouvoir dans le plus grand des pays arabes, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ne peut pas le tolérer.

    L’Iran a réagi très durement aux propos de Donald Trump qui a déclaré que la République islamique avait « récolté ce qu’elle avait semé ». Que vous inspire l’attitude du président américain dans cette séquence diplomatique ?

    Georges Corm : Ce n’est pas simplement l’attitude de Donald Trump qui pose problème. La thèse selon laquelle le terrorisme au Moyen-Orient serait d’origine iranienne est devenue très prégnante, alors que c’est une contre-vérité. C’est l’Irak qui a attaqué l’Iran en 1980, encouragé par les pétromonarchies, les Etats-Unis ou la France. L’Iran, qui ne parvenait pas à acheter des armes, a utilisé à cette époque des modes d’actions qualifiés de terroristes (enlèvement d’otages au Liban, attentats contre les locaux de l’ambassade américaine, ainsi que ceux contre le contingent militaire américain et celui de la France au Liban. Sitôt terminée la guerre Iran – Irak fin 1988, ces opérations se sont arrêtées. Cependant, le maintien de cette accusation, 20 ans après ces évènements et 30 ans après la prise de l’ambassade américaine à Téhéran, permet par exemple de classer le Hezbollah libanais ou le Hamas comme des organisations terroristes, alors qu’il s’agit avant tout de mouvements de résistance à une occupation, qui reçoivent des soutiens multiforme de l’Iran.

    Quelles peuvent être les conséquences de cette brusque montée en tension pour le Liban ?

    Georges Corm : Pour le moment, heureusement, la scène libanaise demeure relativement gelée. Les services de sécurité, qui travaillent avec le Hezbollah, ont réussi à mettre fin à la vague terroriste qui a touché le pays en 2013, 2014 et 2015. Même les partis politiques financés par l’Arabie Saoudite ne contestent pas le fait que le Hezbollah est une composante importante de la vie politique et sociale libanaise, et nul ne songerait à qualifier ce parti de « terroriste ». D’ailleurs, nous assistons heureusement depuis quelques mois à la disparition de la forte polarisation transcommunautaire de la vie politique libanaise depuis 2005. Il s’agissait des deux grands blocs parlementaires, l’un pro-occidental et pro-saoudien (dit bloc du « 14 mars »), dirigé par la famille Hariri d’un côté, et de l’autre le bloc dit du « 14 mars » anti-impérialiste et pro-résistance libanaise et palestinienne contre l’Etat d’Israël, dit bloc « du 8 mars ». C’est l’approche des élections parlementaires ainsi que l’arrivée du Général Michel Aoun à la présidence de la République à la fin de l’année dernière et celle de Saad Hariri comme premier ministre et allié du président qui a permis la recomposition du paysage politique libanais. Ce qui ne veut pas dire que les problèmes politiques ont disparu, comme l’a prouvé la pénible et très longue période de gestation d’une nouvelle loi électorale en vue d’élections prochaines.

    Propos recueillis par Marc de Miramon
    Journaliste à L’Humanité Dimanche





  • 29 janvier 2017
    Le peuple syrien veut désespérément la paix
    Sources Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/le-peuple-syrien-veut-desesperement-la-paix-medium-com.html

    Témoignage de Tulsi GABBARD :

    Pendant qu’à Washington on se préparait pour l’investiture du président Donald Trump, j’ai effectué, la semaine dernière, une mission d’enquête en Syrie et au Liban pour rencontrer et écouter le peuple syrien sans intermédiaires. Leurs vies ont été consumées par une guerre horrible qui a tué des centaines de milliers de Syriens et a forcé des millions d’autres à fuir leur patrie en quête de paix.

    Il est clair maintenant plus que jamais : cette guerre de changement de régime ne sert pas les intérêts de l’Amérique, et elle n’est certainement pas dans l’intérêt du peuple syrien.

    Nous avons rencontré ces enfants dans un refuge d’Alep ; leurs familles ont fui la partie orientale de la ville. La seule chose que ces enfants veulent, la seule chose que tous ceux que j’ai rencontré veulent, c’est la paix. Beaucoup de ces enfants n’ont connu que la guerre. Tout ce que leurs familles veulent, c’est rentrer à la maison, et retrouver la vie qu’ils avaient avant que la guerre pour renverser le gouvernement ne commence. C’est tout ce qu’ils veulent.

    J’ai traversé Damas et Alep, en écoutant des Syriens de différentes parties du pays. J’ai rencontré des familles déplacées de la partie orientale d’Alep, de Raqqah, de Zabadani, de Latakia et de la périphérie de Damas. J’ai rencontré des dirigeants de l’opposition syrienne qui ont conduit les manifestations en 2011, des veuves et des enfants d’hommes qui luttaient pour le gouvernement et des veuves de ceux qui luttaient contre le gouvernement. J’ai rencontré Aoun, le président nouvellement élu du Liban et Hariri, le Premier ministre, Elizabeth Richard, l’ambassadeur américain au Liban, le président syrien Assad, le grand Mufti Hassoun, Denys Antoine Chahda, l’archevêque de l’Église catholique syrienne d’Alep, des chefs religieux musulmans et chrétiens, des étudiants, des propriétaires de petites entreprises, et d’autres encore.

    Leur message au peuple américain était puissant et cohérent : il n’y a aucune différence entre les rebelles « modérés » et al-Qaïda (al-Nusra) ou Daech – ils sont tous les mêmes. Il s’agit d’une guerre entre, d’une part, des terroristes sous le commandement de groupes comme Daech et al-Qaida et, d’autre part, le gouvernement syrien. Ils supplient les États-Unis et d’autres pays d’arrêter de soutenir ceux qui détruisent la Syrie et son peuple.

    J’ai entendu ce message encore et encore dans la bouche de ceux qui ont souffert, et survécu à des horreurs inexprimables. Ils m’ont demandé de faire entendre leur voix dans le monde ; Des voix frustrées qui n’ont pas été entendues en raison des fausses informations et des informations biaisées, uniformément destinées à soutenir la guerre pour un changement de régime au dépens de la vie des Syriens.

    J’ai entendu des témoignages sur la façon dont les manifestations pacifiques du début ont été rapidement infiltrées par des groupes de djihadistes wahhabites comme al-Qaïda (al-Nusra), financés et soutenus par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar, les États-Unis et d’autres. Ils ont exploité les manifestants pacifiques, occupé leurs communautés, tué et torturé les Syriens qui ne voulaient pas coopérer pas à leur lutte pour renverser le gouvernement.

    J’ai rencontré une jeune musulmane de Zabadani qui a été enlevée, régulièrement battue et violée en 2012, alors qu’elle n’avait que 14 ans, par des « groupes rebelles » qui étaient en colère contre son père, un éleveur de moutons, qui ne leur donnait pas d’argent. Elle a assisté, horrifiée, à l’assassinat de son père, dans leur salon, par des hommes cagoulés qui ont vidé un chargeur tout entier sur lui.

    J’ai rencontré un garçon qui a été kidnappé an allant acheter du pain pour sa famille. Il a été torturé, il a subi le supplice de la noyade, il a été électrocuté, placé sur une croix et fouetté, tout cela parce qu’il avait refusé d’aider les « rebelles » – il leur avait dit qu’il voulait juste aller à l’école. C’est ainsi que les « rebelles » traitent les Syriens qui ne coopèrent pas avec eux ou dont ils n’acceptent pas la religion.

    Bien qu’opposés au gouvernement Assad, l’opposition politique a affirmé avec vigueur qu’elle rejetait catégorique l’utilisation de la violence pour obtenir des réformes. Les opposants politiques du gouvernement affirment que si les djihadistes wahhabites, soutenus par des gouvernements étrangers, réussissent à renverser l’État syrien, ils détruiront la Syrie et sa longue histoire de société laïque et pluraliste, une société où les peuples de toutes les religions ont toujours vécu pacifiquement côte à côte. Bien que cette opposition politique continue à vouloir des réformes, elle répète avec insistance que, tant que les gouvernements étrangers mèneront une guerre de changement de régime contre la Syrie par groupes terroristes djihadistes interposés, elle se tiendra aux côtés de l’Etat syrien et luttera pacifiquement pour une Syrie plus forte pour tous les Syriens.

    À l’origine, je n’avais aucune intention de rencontrer Assad, mais quand j’en ai eu l’occasion, j’ai pensé qu’il était important de le faire. Je pense que nous devrions être capables de parler avec n’importe qui, s’il y a une chance que cela puisse contribuer à mettre fin à cette guerre qui cause tant de souffrances au peuple syrien.

    J’ai rencontré ces femmes étonnantes à Barzi ; beaucoup d’entre elles ont des maris ou des membres de la famille qui se battent soit avec al-Nusra / al-Qaïda, soit avec l’armée syrienne. Quand elles arrivent dans ce centre communautaire, elles laissent tout cela derrière elles, et elles deviennent amies et, ensemble, elles apprennent toutes sortes de choses, comme la couture, etc., pour préparer leur avenir. Elles étaient des étrangères avant d’arriver à ce centre communautaire dont la mission est d’émanciper les femmes, et maintenant elles sont des « sœurs » qui partagent leurs joies et leurs peines.

    Je rentre à Washington, plus que jamais résolue à mettre fin à la guerre illégale que nous menons pour renverser le gouvernement syrien. De l’Irak à la Libye et maintenant en Syrie, les États-Unis ont mené des guerres de changement de régime qui ont entraîné partout des souffrances inimaginables, tué des quantités d’innocents, et renforcé des groupes comme Al-Qaïda et Daech.

    J’appelle le Congrès et la nouvelle Administration à ne pas rester indifférents aux souffrances du peuple syrien et à soutenir l’Acte pour interdire l’armement des terroristes. Nous devons arrêter de les soutenir directement et indirectement - en fournissant directement des armes, de l’entrainement et du soutien logistique aux groupes rebelles affiliés à Al-Qaïda et à Daech ; et indirectement par l’intermédiaire de l’Arabie Saoudite, des Etats du Golfe et de la Turquie. Nous devons mettre fin à notre guerre pour renverser le gouvernement syrien et nous concentrer sur la défaite d’Al-Qaïda et de Daech. Les États-Unis doivent cesser de soutenir les terroristes qui détruisent la Syrie et son peuple. Les États-Unis et les autres pays qui alimentent cette guerre doivent cesser immédiatement de le faire. Nous devons laisser le peuple syrien se remettre de cette terrible guerre.

    Merci,

    Tulsi Gabbard

    Tulsi Gabbard est une députée démocrate étasunienne

    Traduction : Dominique Muselet

    • https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2a/Tulsi_Gabbard%2C_official_portrait%2C_113th_Congress.jpg/220px-Tulsi_Gabbard%2C_official_portrait%2C_113th_Congress.jpg
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Tulsi_Gabbard

      Tulsi Gabbard, née le 12 avril 1981 à Leloaloa (Samoa américaines), est une femme politique américaine d’origine océanienne, membre du Parti démocrate et représentante du deuxième district d’Hawaï à la Chambre des représentants des États-Unis depuis 2013.

      Biographie

      Tulsi Gabbard est née à Leloaloa aux Samoa américaines puis grandit à Hawaï3. Elle est la fille de Mike et Carol Gabbard ; son père est un sénateur d’État catholique4 et sa mère est une membre du conseil de l’éducation d’Hawaï5 hindoue4. Tulsi Gabbard se convertit à l’hindouisme durant son adolescence4.

      En 2002, Gabbard est élue à la Chambre des représentants de l’État pour un mandat6. Alors âgée de 21 ans, elle devient la plus jeune parlementaire d’Hawaï7. Elle rejoint l’Army National Guard d’Hawaï en 20036. L’année suivante, elle sert douze mois en Irak8 dans une unité médicale4. À son retour, elle travaille pour le sénateur démocrate Daniel Akaka8. Elle est déployée au Koweït en 20083.

      Diplômée en commerce international3 de la Hawaii Pacific University (en) en 2009, elle est élue au conseil municipal d’Honolulu en 20106, où elle représente le 6e district9.

      En 2011, lorsque la représentante Mazie Hirono choisit de se présenter au Sénat, Gabbard annonce sa candidature à la Chambre des représentants des États-Unis dans le deuxième district d’Hawaï pour lui succéder10. Si elle est conservatrice au début de sa carrière politique, s’opposant à l’avortement, au mariage homosexuel et à ce qu’elle appelle les « extrémistes homosexuels », elle dit avoir changé d’avis sur ces questions après avoir servi dans des pays oppressifs11. Quelques mois avant les primaires démocrates, elle est donnée perdante face au maire d’Honolulu, Mufi Hannemann. Elle remporte cependant la primaire avec 55 % des voix contre 34 % pour Hannemann10. Désormais grande favorite pour l’élection générale, elle démissionne de son mandat de conseillère municipale9. Le 6 novembre 2012, elle est élue représentante avec plus de 80 % des suffrages7. Elle est la première personne de confession hindouiste et la première femme samoanne élue au Congrès des États-Unis12,3.

      Elle est réélue en novembre 2014 avec près de 79 % des voix face à Kawika Crowley, son adversaire de 20122. Lors des primaires démocrates de 2016 pour la présidence de l’Union, elle quitte la vice-présidence du Comité national démocrate pour soutenir Bernie Sanders, notamment pour ses positions en matière de politique étrangère13. Elle est réélue en novembre 2016 pour un troisième mandat, battant son adversaire, Angela Kaaihue, par 140 000 voix (81,2 % contre 18,8 %).

      Après l’élection de Donald Trump, elle rencontre le président élu dans sa Trump Tower de New York14. Elle est considérée comme une potentielle membre de son cabinet14. Bien que démocrate progressiste, elle se rapproche sur certains points de Trump : elle critique notamment Barack Obama qui refuse de parler d’« islam radical » et vote pour une loi républicaine augmentant les contrôles sur les réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie13. Pressentie pour devenir ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, le poste est finalement proposé à la gouverneure Nikki Haley4.

      Promouvant un désengagement américain dans la guerre civile syrienne et la fin des livraisons d’armes aux groupes rebelles, elle rencontre en janvier 2017 Bachar al-Assad


  • https://www.legrandsoir.info/cette-gauche-qui-sert-de-suppletif-a-l-otan.html

    31 décembre 2016
    Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN
    par Bruno GUIGUE

    A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu’on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c’est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s’est d’abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l’attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d’une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

    Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d’abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l’a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s’interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d’une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

    La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d’analyse politique. La gauche française n’a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n’était pas celui qu’elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d’une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d’humilité devant le réel, l’extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu’elle avait envie de voir.

    Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n’était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l’imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s’est pas aperçu de l’énormité de cette confusion. Il n’a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d’un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

    Poussant le déni de réalité jusqu’aux frontières de l’absurde, le NPA, au lendemain de la libération d’Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

    Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais s’il faut analyser la situation syrienne, un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu’un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l’extrême-gauche française est victime du théâtre d’ombres qu’elle a elle-même dressé. Faute d’entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n’existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d’admettre en 2016 qu’on s’est complètement fourvoyé depuis 2011.

    Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

    Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l’ont parfaitement analysée, mais la gauche française l’a ignorée. Elle a fait comme si elle n’existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l’admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l’action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d’une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d’un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

    De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l’aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l’opposition, tandis qu’une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s’est laissé enrôler par les gouvernements d’un Occident à l’impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l’agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l’a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l’Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

    L’histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l’OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d’un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n’exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l’aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

    Bruno GUIGUE

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    https://www.legrandsoir.info/cette-gauche-qui-sert-de-suppletif-a-l-otan.html


  • Pas de pleureuses pour les enfants yemenites par Bruno Guigue

    https://www.legrandsoir.info/en-occident-pas-de-pleureuses-pour-les-enfants-yemenites.html

    « Informer n’est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

    5 janvier 2017
    En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites
    Bruno GUIGUE

    La prospérité de notre industrie de l’armement vaut bien la vie de quelques milliers d’enfants yéménites. C’est ce que répondit implicitement Manuel Valls lorsqu’on lui demanda ce qu’il pensait des bombardements saoudiens qui dévastent le Yémen et terrorisent sa population. « Est-il indécent de se battre pour nos emplois ? » répondit le premier ministre le 15 octobre 2015 sur Bfm/Tv. « Indécence », dites-vous ? A la tête d’un gouvernement qui aura généreusement distribué des armes et des médailles aux coupeurs de tête du Golfe, Manuel Valls sait de quoi il parle.

    Depuis mars 2015, la « coalition » conduite par Riyad déchaîne le feu du ciel contre des civils sans défense en prétendant combattre une rébellion houthie coupable de s’être alliée avec l’ex-président Ali Abdallah Saleh contre son successeur Abd Rabbo Mansour Hadi, instrument docile de la monarchie saoudienne. Selon l’ONU, cette intervention militaire meurtrière a fait plus de 10 000 victimes. Elle a provoqué une catastrophe humanitaire, 400 000 enfants souffrant de malnutrition dans un pays dévasté par les bombardements et privé de ressources par l’embargo que lui imposent les pétromonarchies.

    Dans une totale impunité, l’aviation saoudienne n’épargne ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les cérémonies religieuses. Elle répand la terreur, elle cherche à faire plier, en la soumettant à un déluge de feu, une résistance qui infligerait une cuisante défaite aux forces coalisées si elles avaient le courage de l’affronter sur le champ de bataille. Les wahhabites, en fait, ne mènent pas une guerre contre des combattants, mais une entreprise systématique de démoralisation de la population, de destruction totale, d’arasement des infrastructures du pays.

    Cette œuvre mortifère, ses auteurs la justifient en invoquant la légalité internationale. Le mouvement « Ansarullah », en effet, a investi la capitale du pays en septembre 2014 et poussé le président Mansour Hadi à la démission en janvier 2015. Effet à retardement de la « révolution » ratée de 2011, ce succès inattendu a pris de court les Saoudiens et leurs parrains occidentaux. Décidés à intervenir dans le conflit, ils ont obtenu du conseil de sécurité de l’ONU le vote de la résolution 2216 du 14 avril 2015 condamnant la prise du pouvoir par les Houthis et affirmant la légitimité du président Hadi.

    Cette décision onusienne a offert à Riyad une couverture juridique l’autorisant à frapper le Yémen sans ménagement pour vaincre la rébellion. Perversion du droit international, c’est un chèque-en-blanc qui permet au pays arabe le plus riche d’écraser sous les bombes le pays arabe le plus pauvre. Tout se passe comme si l’agresseur bénéficiait d’une sorte de permis de tuer à grande échelle, avec la bénédiction de puissances occidentales qui lui fournissent des armes en quantité illimitée tandis que la rébellion houthie se voit frappée par l’embargo.

    On se demande alors quel crime le peuple yéménite a pu commettre pour endurer un tel supplice. Aurait-il commis des actes terroristes ? Certainement pas. Il est la première victime des attentats meurtriers perpétrés par Daech et Al-Qaida, comme celui contre les mosquées chiites de Sanaa qui fit 142 morts le 20 mars 2015. Ces organisations, en revanche, ont longtemps bénéficié de l’étrange inaction de la coalition, notamment dans la région d’Al-Mukallah. Peine perdue ! Cette alliance objective sur fond de haine anti-chiite n’a pas mis les forces « loyalistes » à l’abri des attentats-suicides qui vont bientôt les frapper à leur tour en 2016.

    D’où vient, alors, l’acharnement de Riyad contre le Yémen ? Selon la propagande saoudienne, il serait justifié par la complicité des Houthis avec Téhéran. Appartenant à la communauté chiite « zaydite », le mouvement « Ansarullah » servirait les ambitions géopolitiques de l’Iran. Les causes du conflit yéménite sont endogènes, l’aide fournie par les Iraniens aux rebelles est dérisoire, mais Riyad s’obstine à dénoncer l’influence malfaisante des mollahs. C’est une situation ubuesque. Les Houthis sont coupés du monde par l’embargo et bombardés par une puissante aviation, et Riyad les traite, sur leur propre sol, comme s’ils étaient des mercenaires étrangers !

    Le voilà donc, son crime, à ce Yémen rebelle. Il est en cheville avec les forces du mal, il pactise avec le diable. Décidément inconscients, les Houthis admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine, ils croient encore au nationalisme arabe. Pour ceux qui entendent asservir la région aux intérêts impérialistes, Sanaa est une épine dans le pied. Le Yémen a commis une faute politique qu’il va devoir expier dans la douleur. Vu de Riyad, il va falloir étouffer ce foyer de contestation d’un ordre impérial auquel se cramponnent des pétromonarchies vermoulues. L’Arabie saoudite ne veut pas, elle n’a jamais voulu, tout simplement, d’un Yémen indépendant et unifié.

    Pour ce pays martyrisé qui n’intéresse personne, on n’entendra pas de jérémiades. Ni « génocide », ni « massacre », ni « barbarie » à l’horizon dans les colonnes de la presse mainstream. Le chœur des pleureuses occidentales est aux abonnés absents. Ni « Casques blancs » financés par des fondations anglo-saxonnes, ni parlementaires français en goguette pour « éveiller les consciences », ni gauchistes indignés qui appellent à la « solidarité révolutionnaire », ni droits-de-l’hommistes qui signent héroïquement des pétitions à la pelle, rien, nada. Le Yémen est sorti des écrans-radar, rayé de la liste des causes qui en valent la peine. Il est abandonné aux criminels wahhabites par l’indécente lâcheté d’un Occident complice. Mais, qui sait, le peuple yéménite n’a peut-être pas dit son dernier mot.

    Bruno GUIGUE

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    https://www.legrandsoir.info/en-occident-pas-de-pleureuses-pour-les-enfants-yemenites.html


  • Les #chômeurs britanniques doivent payer ! - Le blog de Bernard Gensane
    http://bernard-gensane.over-blog.com/2017/01/les-chomeurs-britanniques-doivent-payer.html
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L314xH258/arton31391-9ecdf.png

    Voix du journaliste : « Beaucoup disent y aller la peur au ventre, comme on répondrait à une convocation du commissariat de police. Le Job Centre, l’équivalent britannique de Pôle emploi, est interdit aux caméras. Ce chômeur est l’un des rares à avoir filmé en caméra cachée son évaluation bimensuelle. Il a écrit noir sur blanc toutes ses recherches d’emploi, mais visiblement cela ne suffit pas, d’autant qu’il a osé postuler à des offres en dehors de son champ de compétence. »
     
    Voix de l’employée du Job Centre : « Vous n’avez même pas postulé. Vous avez regardé des offres d’emploi qui ne vous correspondant pas. Vous n’avez pas l’expérience nécessaire. »
     
    Voix du chômeur : « Oui mais vous ne comprenez pas ce que je vous dit. Vous m’avez dit de faire ça... »
     
    Voix de l’employée du Job Centre : « Vous n’avez pas utilisé les sites officiels... »
     
    Voix du chômeur : « Non, mais, attendez, ce n’est même pas marqué sur le formulaire... »
     
    Voix du journaliste : "Il y a 31 règles à respecter. La première d’entre elles : passer 35 heures par semaine sur ce site officiel à chercher du travail. Toutes les connexions et les clics sont enregistrés. Ce jeune chercheur d’emploi n’a pas pu atteindre le quota, ses allocations ont été coupées. « On a l’impression de n’être qu’un numéro. J’ai dû faire 35 heures de recherche d’emploi en ligne par semaine. C’est nettement impossible. Alors ils m’ont coupé les allocations. Je peux comprendre, mais si on me retire l’argent, comment fait-on pour vivre ? », demande-t-il. [Et je note même que le verbe employé, en anglais, est non pas vivre (to live) mais « survive », « survivre »...].

    https://seenthis.net/messages/557960 via Agnès Maillard


  • Le poignant discours d’adieu de François Hollande

    « J’avais promis de combattre la finance, de renégocier les traités européens, d’améliorer le sort des pauvres, d’augmenter le SMIC et j’ai multiplié le nombre de SDF et de chômeurs, j’ai enrichi les riches, j’ai livré une attaque sans précédent contre le Code du Travail, j’ai fait la guerre partout où j’ai pu (en Ukraine, Obama n’a pas voulu), j’ai bombardé des villes et des villages dont les habitants viendront chez nous pour trouver un toit ou pour se venger, j’ai aimé les princes d’Arabie, vendu une partie de Paris au Qatar, j’ai joué à faire grossir Marine Le Pen, j’ai ménagé les exilés fiscaux, j’ai obéi comme un bon élève à Bruxelles, j’ai sorti de l’ombre et je vous ai préparé pour me succéder un Rastignac enrichi à la banque Rothschild (que Mitterrand avait nationalisée).
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L350xH287/breveon5256-5dd73.jpg
    Je vous ai menti, roulés, trompés, trahis, je me suis moqué (sans-dents), j’ai bafoué les idées de Jaurès, j’ai grossi de 20/25 kg (1), vous êtes 95 % à ne plus vouloir de moi, mais je vous prie de ne garder (avec l’aide des journalistes) que la leçon de dignité que je donne au pays en partant, impassible comme sous heu la pluie, accompagné-heu de, heu jets de-heu tomates et d’heus pourris ».

    _ Théophraste R. (Chef du bureau « Oraisons funèbres »). _
    (1) Aïe, on est près du Hollande bashing, là ! Pourquoi ne pas insinuer aussi qu’il nous trompe sur la couleur de ses cheveux, tant qu’on y est ?

    Source : https://www.legrandsoir.info/le-poignant-discours-d-adieu-de-francois-hollande.html

    https://seenthis.net/messages/547616 via BCE 106,6 Mhz


  • C’est le ralliement des Démocrates au néolibéralisme qui a offert la victoire à Trump - Naomi KLEIN

    https://www.legrandsoir.info/c-est-le-ralliement-des-democrates-au-neoliberalisme-qui-a-offert-la-v

    Ils mettront ça sur le dos de James Comey et du FBI. Sur le dos des radiations des listes, et du racisme. Ils accuseront le ’Bernie ou rien’ [Bernie or bust] et la misogynie - les petits partis, les candidats indépendants. Ils accuseront les grands médias de lui avoir fourni la plate-forme, les réseaux ’sociaux’d’avoir été le mégaphone, et Wikileaks d’avoir déballé le linge sale.

    https://www.legrandsoir.info/IMG/arton31167.jpg

    Dans tout cela, l’influence principale qui nous amène à vivre ce cauchemar éveillé est ignorée : le néolibéralisme. Cette vision du monde - totalement incarnée par Hillary Clinton et sa machine - ne fait pas le poids en face de l’extrémisme ’à la Trump’. C’est la décision de présenter celle-là contre celui-ci qui a scellé notre sort. Alors s’il-vous-plaît, si nous n’apprenons que cela, au moins tirons les leçons de cette erreur.

    Voici ce que nous devons admettre : énormément de gens souffrent. Avec les politiques néolibérales de dérégulation, privatisation, d’austérité et de business trans-national, leur niveau de vie a brutalement chuté. Ils ont perdu leurs boulots, perdu leurs retraites. La plus grande part du filet de sécurité - qui rendait ces pertes moins effrayantes -, ils l’ont perdue. Pour leurs enfants, ils anticipent un avenir encore pire que leur précarité actuelle.

    Pendant ce temps, ils ont assisté à l’avènement de la classe de Davos, un réseau hyper-connecté de milliardaires de la banque et de la technologie, de dirigeants élus excessivement familiers avec ces intérêts, et de stars hollywoodiennes qui font paraître tout cela odieusement glamour. Le succès est une fête à laquelle ils ne sont pas invités, et ils comprennent intimement que l’ascension de ces fortunes et de ce pouvoir est d’une façon ou d’une autre reliée directement à l’aggravation de leurs dettes et de leur pauvreté.

    https://seenthis.net/messages/543738 via enuncombatdouteux