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  • Mélenchon gardé à vue par Médiapart – Salimsellami’s Blog
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    Victime d’une embuscade Mélenchon accuse Macron. C’est de bonne guerre. Mais au-delà de ce doigt pointé nous devons nous interroger sur le rôle de journalistes qu’il n’est même pas utile de tirer au sort pour qu’ils acceptent de de faire partie des pelotons d’exécution. Et la justice, qui a cessé d’être aveugle, marche en cisaille avec ce qui ne mérite plus le nom de « presse ».

    Il y a des lunes que, portant le projet sur les fonts baptismaux de Yann Barthès, Edwy Plenel a déclaré : « Avec Tariq nous allons construire une maison commune ». Ce petit nom, « Tariq », recouvre l’immensité de Ramadan, savant islamique vénéré aimant Dieu et tous les seins. Un petit pépin de justice retarde le moment où le divin scientifique va poser ses valises à côté du peigne à moustaches d’Edwy. Faudrait que les choses s’accélèrent. Restent des arbitrages importants, par exemple la façon de garnir la bibliothèque dont on sait qu’elle ne recèlera que des livres saints, Trotski, al-Banna et bien sûr les œuvres complètes de l’émir du Qatar ? Ici la paire ne doit pas faire d’impair. On notera un détail : les chambres à coucher sont privées de tables de nuit. En effet, s’il y a perquisition –une action douce et légale qui menace tous les révolutionnaires-, il ne faudrait pas, somme donnée au hasard, qu’un flic trouve 12 000 euros dans un tiroir. Juste au-dessus du vase de nuit. C’est alors que saisis par l’article d’un journaliste de « Médiatarte » pratiquant la version policière du métier, quelques fonctionnaires du Parquet National Financier (PNF), s’en viendraient semer leur zone dans « la maison commune ». « Ou-la-la ! Ne sont-ce pas là des euros libyens ou de Zanzibar ? Venus des rives du Brahmapoutre où ils ont été blanchis depuis des maravédis. N’ont-ils pas alimenté une campagne électorale ? »

    Ma contine n’est pas très éloignée de l’actualité. Certainement pas plus que certains articles d’un nommé Arfi, un célèbre garçon qui écrit – très mal -, dans « Médiapart ». Une fois de plus, fidèle à la philosophie du maître Plenel, Arfi et ses potes se veulent non pas flics mais policiers, non pas magistrats mais juges. Ce Pulitzer vient de pécher un grand bandit : Jean-Luc Mélenchon. Manquent les menottes. Et puisqu’avec la « Maison commune » nous sommes dans un élan maçon je suggère que les locaux du site web soient agrandis afin d’y ouvrir une annexe du Palais de justice. Si Renzo Piano est trop occupé (à reconstruire le pont de Gênes), Alain Bauer, célèbre maçon et « expert » en criminologie, peut fournir les meilleurs plans. Et ce dispositif permettrait de licencier quelques juges inutiles.

    En effet, il n’est plus guère de dossiers de justice, en tout cas les plus « sensibles », qui ne passent en préalable par la chambre d’accusation de « Médiapart » Un exemple. J’ai sous les yeux une requête que des magistrats du PNF viennent d’adresser aux juges de Londres. En appui à leur demande les magistrats français ne font allusion à aucun procès-verbal, a aucune évidence, à aucun relevés de comptes crapuleux… En revanche ils bétonnent leur supplique par une kyrielle d’articles de « Médiapart » chargés de faire loi. Glissement progressif du plaisir, nos lois pénales laissent la place au Code Napoléon-Trotski.

    « Mediapart », le Pic de la Mirandole du vrai (jamais du « peut-être »), qui -avec élégance et dans le seul souci de vérité- révèle que Sophia Chirikou (la directrice de campagne des « Insoumis »), dort parfois chez Mélenchon, est donc le rouage d’une machine qui va nous sauver : la transparence. Amusez-vous à suivre « le fil » de « Médiapart », et les querelles qu’il suscite. L’exercice est facile. Il suffit d’avoir de bons nerfs et une bouteille de layon, forcément bonne. Vous allez constater que « le monde de Médiapart » est celui de la croyance, une planète à part essentiellement composée de fidèles. Convaincus que tout le monde ment sauf Plenel et qu’heureusement qu’il est là pour être procureur. L’abonné est un catéchumène, l’impatient du narthex qui préfère crever plutôt que de douter du dogme. Que mon vieil ami Edwy ait construit son usine à certitudes, c’est sa liberté. Mais quand la justice vient plonger dans sa boîte à outils pour en tirer argument, il y a danger.

    Ne venez pas me bassiner avec le respect dû au « quatrième pouvoir ». La liberté de la presse est morte et moi-même ne me sens pas très bien. La majorité des journalistes ne sont plus que des employés oints d’un mystérieux chrême qui les fait détenteur de la vérité comme d’autres sont faits moines. Nous vivons sur une planète médiatique endogamique, composée essentiellement de fils « de », mais de toute façon de gosses de riches (tout sondage opéré à l’entrée d’une « école » de journalisme démontre que les origines sociales de ces étudiants crèvent tous les plafonds des catégories sup-sup). Je vous entends objecter que nous avons, Dieu merci, une magnifique brochette d’ « investigateurs ». Prêts à nous sauver, comme Noé et son arche. Parfait. Mais, en tant que vieux mécano, permettez-moi de décrire la mécanique de ces enquêtes du genre nouveau monde.

    Un magistrat a un tuyau, un soupçon, un doute. Mais pas assez de preuves pour agir. Il livre alors « l’information » à un ami « investigateur ». Qui publie la chose sans risque d’être poursuivi en diffamation puisqu’il remplit sa mission, celle d’informer et qu’il est donc réputé « de bonne foi ». Et le magistrat, reprenant au vol la vérité de presse qu’il a initiée, justifie ainsi décision de mettre illico en examen, ou en prison, des hommes ou des femmes qui peuvent aussi être innocents. Imaginons alors qu’un Prix Albert Londres soit décerné à un « investigateur »… à qui le donne-t-on ? Au journaliste ou au juge ?

    En passant dans les rayons d’une librairie je viens de lire la quatrième de couverte du dernier chef d’œuvre de monsieur Arfi, un garçon qui se fait une réputation en ruinant celle des autres. On y annonce que ce pas laid de la découverte : « a aussi dévoilé le scandale du possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, qui a valu à Nicolas Sarkozy une récente mise en examen ». Admirez : on affirme le « scandale » …mais on lui accole le bémol du « possible ».On est sûr de ce que l’on écrit… mais pas tant.

    Faudrait savoir mon gars, c’est vrai ou c’est faux ? Tiens je vais faire comme toi, parler de moi. En août 1985, quand ton patron Plenel affirmait que le « Rainbow Warrior » avait été coulé par une escouade de militants RPR basés en Nouvelle Calédonie, j’imprimais : « La DGSE a fait couler le Rainbow Warrior ». Le tout sans l’aide d’un « possible ». Avec ta méthode, en décembre 1894 en pleine instruction conduite par des juges militaires, un « investigateur » (on disait alors un journaliste) aurait pu fièrement publier : « Dans la trahison vers l’Allemagne, je suis celui qui a révélé le rôle de l’espion Dreyfus »… Grand merci Edwy, par ta grâce il existe donc en France une forme de condamnation anticipée, de juridiction « Médiapart ». Un détail pour clore mon Dalloz, avez-vous remarqué que tous ces « scandales » dénoncés le sont dans un moment judiciaire particulier, celui de l’instruction. Ce qui veut dire que le magistrat, violeur de secret, peut être démenti par ses pairs, ceux de l’immédiat, et au bout du compte par le tribunal ! Pas grave puisque « Médiapart » n’assure pas l’après-vente de son département crucifixion.

    Si j’aime tant Edwy c’est qu’il est un homme indispensable, d’un métal rare, si merveilleux et utile qu’il faudrait le mettre sous cloche au muséum : c’est un homme sans passé. Il vous balance le RPR dans l’affaire du Rainbow Warrior, mais ressort de l’histoire comme son grand révélateur. Faites un tour sur Wikipedia, on doit toute la vérité de cette affaire à l’ami de Ramadan. Il a dirigé « Le Monde » avec l’ultra libéral Minc et le franc Colombani… pas grave. Dans les maternelles on apprendra bientôt qu’Edwy est un mixte de l’Affiche Rouge et de Walter Benjamin. La prochaine « Maison de la Presse Libre », le prochain « Comité national de déontologie » sera confié à Edwy. C’est comme ça, Plenel est à la fois planant et amphibie. En incidente je précise, pour être parfaitement clair dans mon intention la plus profonde à propos de Sarkozy : que cette chasse aux sous de sa campagne est une perte de temps, et d’argent (beaucoup). Après les crimes que ce président a provoqués, ou couverts, en particulier en Libye et en Syrie, sa vraie place est à la Cour Pénale Internationale, pas au PNF.

    Je n’ai pas besoin de la carte du mouvement de JLM pour me croire insoumis. C’est une vieille discipline vécue en petite compagnie : un devoir de journaliste. Donc, en rien « militant », je suis indigné après cinquante-cinq années de carte du sort fait à JLM par des êtres que je ne nomme plus « confrères ». La dissolution de l’ORTF a produit un monstre, celui d’une fausse liberté qui se veut sans entraves. Les laisses ont disparu mais l’ordre discret, le « au pied Médor » est toujours actif. Avec en prime, et ça c’est fort, le faux argument de l’indépendance et de la liberté au prétexte que la ficelle ne se voit plus. Alors allons-y, contre Mélenchon c’est à la fois le « dos et le tres de mayo ». Le tir à vue est un devoir pour qui veut garder sa place et sa conscience. Mélenchon : c’est Bachar ! A l’ORTF, un éditorialiste aurait craché sur les Insoumis, mais lui seul. Les autres confrères auraient fait le boulot en fermant leur gueule sans plus avant de se lancer dans la chasse au logeur de Chirikou. Disons qu’il y avait devoir de réserve. Et je ris de voir ces animateurs de télévision, personnages de Labiche qui, parlant des « Insoumis » entendent avoir le sérieux de Prix Nobel.

    Les perquisitions qui mettent JLM en bouillon sont un avatar qui ne m’étonne pas, qui ne m’indigne pas. Quand on est un militant politique honnête, dérangeant et indocile, qui ne se couche pas devant les oligarques, il faut s’entrainer, tôt le matin, au bruit du toc toc à la porte, et savoir que ce n’est pas le laitier. Là je m’étonne que JLM s’étonne. Une perquise ? C’est une Légion d’Honneur. Elle démontre que vous êtes un ennemi, elle vous situe, elle vous définit. Bien sûr que la centaine de policiers, la coordination de l’opération coup de poing a un sens ! Mélenchon ne l’a pas saisi. Elle fait de lui un Zapata et il s’indigne comme Méhaignerie. Y’a méprise. Pourquoi son désir d’intégration au système est tel qu’il crie ? Comme un membre maltraité d’un club auquel il n’appartient pas. JLM faut pas gueuler, tu n’auras jamais ton rond de serviette à l’Assemblée ou dans les médias, c’est-à-dire la même musique. En revanche tu peux avoir le rond et la serviette dans le peuple. Alors, perquisition ? Garde à vue ? Rions ! Souviens-toi qu’en 1994 les mêmes policiers ont refusé d’exécuter une perquisition au domicile des époux Tibéri !

    Cette justice est celle qui, à Bar-le-Duc, a provoqué la pendaison en cellule d’un malheureux libérable. Victime de deux magistrates ayant rédigé un faux jugement le supplicié est resté illégalement en tôle et s’est suicidé. Et ces deux-là n’ont même pas été réprimandées par la CSM, le Conseil Supérieur de la Magistrature. La justice, c’est ça, cher JLM : elle est à Bar-le-Duc. Mais pas dans la salle des colonnes de l’Assemblée où toi et tes amis ne sont que les participants à un épisode du « Loft ».

    Pris ailleurs, par cette Assemblée qui t’est inutile, par la gestion du mouvement, par les discours, tu as trop perdu le fil de la liberté et tu n’as pas été assez vétilleux quand, pris en triangulaire par ses amis, le « Canard enchainé » et le PNF, l’insupportable Fillon a été décapité. Pas vétilleux davantage quand les juges ont mis le feu aux jupes de Marine Le Pen, voire aux talonnettes de Sarkozy, et cette phrase m’est difficile à écrire. Dans les manifs, depuis très longtemps, j’ai toujours été estomaqué d’entendre, hurlé par des types sans doute sincères, « le fascisme ne passera pas ». Je ne vais donc pas vous rejouer cette scène, aujourd’hui d’une outrance ridicule, en citant le pasteur allemand Martin Niemöller. Avant d’être conduit à Dachau il écrivait sous Hitler : « quand les nazis sont venue cherche les communistes, je j’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. » . Et clouons le cercueil de la liberté avec cette phrase du douloureux Kateb Yacine : « Quand l’ignorance devient la norme, la vérité devient un péché ».

    A mon sens, ce que tu n’as pas totalement compris, cher JLM, c’est que la machine, les corps « constitués » nous gouvernent aussi. Macron ou pas, ils sont capables de nous étrangler sans même un ordre suprême. Presse ou justice ? Revenons à Eisenstein : c’est toujours la « Ligne générale » qui tranche. Nous vivons sous un régime « d’état d’urgence », avec des « bavures » qui n’en sont pas. Où un policier sans état d’âme peut se substituer au laitier et s’en aller sortir du lit un responsable politique pour le mettre nu.

    Jacques-Marie BOURGET

    PS. Pour le croire il faut avoir vu, sur Soir 3 le mardi 16 octobre, une journaliste questionner le secrétaire adjoint du syndicat policier Alliance. La délinquante (puisque complice) demandait au flic de réagir aux vidéos du Mélenchon en colère… Savez-vous, à France 3 et dans la police, qu’il s’agit ici d’un acte illégal ? Ce témoin au-dessus de tout soupçon violant à la fois le secret professionnel et le secret de l’instruction. Voilà le journalisme du nouveau monde, c’est la police qui parle.

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  • Paris s’inquiète des livraisons de S-300 à la Syrie mais se tait sur les agressions israéliennes – Salimsellami’s Blog
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    Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères s’est exprimé sur les livraisons de systèmes russes de défense antiaérienne à la Syrie pour faire savoir que cela préoccuperait et inquiéterait la France car elles sont susceptibles de maintenir le risque d’une escalade militaire et de repousser les perspectives d’un règlement politique de la crise syrienne. Ce même ministère qui « s’inquiète et se préoccupe » que la Syrie soit pourvue d’un armement à même de lui permettre de se défendre contre les agressions à répétition perpétrées sur son territoire par l’Etat sioniste au mépris du droit international, a systématiquement fait silence sur celles-ci et par là même a donné à comprendre que la France n’a aucune objection à formuler contre ces agressions.

    Il s’est gardé d’en émettre une après que la dernière agression israélienne contre la Syrie ait eu pour conséquence la destruction d’un aéronef russe et la mort de ses quinze occupants. Pour rappel, la France officielle s’est contentée d’exprimer à la Russie sa navrance pour la perte de ses soldats. En se positionnant contre la livraison de systèmes russes de défense antiaérienne à la Syrie, Paris plaide en fait en faveur du maintien du statu quo dans le rapport de force militaire entre la Syrie et Israël qui a permis jusque-là à celui-ci d’entreprendre sans risque ses agressions. Que l’aviation israélienne soit désormais confrontée à celui auquel elle s’exposerait du fait d’une défense antiaérienne syrienne rendue plus efficace par l’acquisition de systèmes russes performants, c’est cela qui préoccupe et inquiète Paris et pas autre chose.

    L’escalade militaire que le ministère français des Affaires étrangères a déclaré craindre n’aurait pas de raison de se produire si au lieu de fermer les yeux sur les agressions israéliennes contre la Syrie qui sont illégales et condamnables au regard du droit international, la France et les autres puissances occidentales avaient agi auprès de l’Etat sioniste pour les lui faire cesser. Il apparaît que pour ces Etats occidentaux Israël a le droit d’entreprendre des frappes « préventives » en Syrie que lui dicterait sa sécurité nationale, mais que ce dernier pays n’a pas celui d’acquérir des moyens de défense lui permettant de s’en prémunir ou d’en faire payer un prix rédhibitoire à l’Etat sioniste.

    La France, quant à elle, et malgré quelques signaux émis de sa part visant à la montrer ouverte à un règlement de la crise syrienne autre que militaire, s’en tient au logiciel qui conditionne sa politique sur ce dossier, toujours invariable sur le fond, qui est qu’elle fera obstacle à tout ce qui contribuerait à renforcer le régime de Bachar El Assad dont elle persiste avec d’incohérents allers-retours dans ses prises de position à rechercher la chute. Pour la France, la livraison à ce régime des S-300 russes est par conséquent plus condamnable de son point de vue que les agressions israéliennes illégales et cela explique sa réaction réprobatrice à l’encontre de la première et son silence sur les secondes dont on peut avancer qu’elles provoquent à chaque fois chez elle une jubilation qu’elle refrène pour des considérations diplomatiques.

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  • Un silence complet qui tue des enfants au Yémen – Salimsellami’s Blog
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    « Quand la guerre commence c’est l’enfer qui s’ouvre »(proverbe).

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    Le Yémen est ravagé par une guerre que l’on lui a imposé pour d’autres fins bien calculés et le chaos destructif cette fois ci faisant partie de cette tactique, cette ruse ou ce nouveau plan machiavélique.

    Cette guerre a déjà fait des milliers de victimes civiles innocentes et, en plus de l’embargo qui le jugule et provoque des calamités certaines. La famine fait des ravages, des enfants meurent de faim et des écoliers sont massacrés et déchiquetés par des missiles étasuniens, français et anglais. Beaucoup d’enfants yéménites ne sont pas scolarisés, les infrastructures de l’éducation, de la santé, du commerce, de l’approvisionnement (ports) sont devenus des cibles à démolir pour mieux forcer à se résigner un peuple innocent.

    Ce nouveau monde ingrat qui ne s’intéresse pas au Yémen, ou plutôt le regarde comme il regarde la Palestine ; les Yéménites sont devenus comme des Ghazaouis, en tant que peuple affamé, meurtris, blessé, déchiré, sans infrastructure de base de vie, ces pauvres yéménites subissent aux yeux du monde une guerre destructive qui ne dit pas son nom et qui anéantit toute vie humaine ; ou les médias et les ONG sont « petrodollarisé » pour ne rien voir.

    Le Yémen est un pays très pauvre. Il est soumis malgré lui à une guerre atroce dans le silence, la population civile sous embargo souffre de carences alimentaires dont les échos sont ignorés par ces fausses ONG qui luttent contre la pauvreté et la misère humaine. Le peu de stocks en produits alimentaires est bombardé par l’aviation de l’armée des Ibn Saoud pour mieux affamer un peuple innocent, mais pas au point de se soumettre.

    Ce conflit que l’ONU devrait solutionner par le dialogue semble acquiescer aux ordres du grand maître de cette planète.

    Le problème étant interne, les Houthis et les partisans de l’ancien président du Yémen combattent l’actuel président déchu Rabbo Mansour Hadi ; les Houthis sont des yéménites et Rabbo Mansor Hadi est soutenu par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par l’Occident sous la férule étasunienne. Cette coalition a déclenché en mars 2015 une agression sauvage sur le Yémen pour empêcher les Houthis de prendre le contrôle du territoire de leur pays, le Yémen. lLArabie Saoudite avait soupçonné une conjuration des Houthis avec l’Iran et le Hizb Allah Libanais. C’est pour cette unique raison que les EU ont soutenu et favorisé la constitution de cette coalition pour mettre fin à l’influence de l’Iran et s’il le faut anéantir tout un pays.

    Le Yémen, actuellement le pays le plus pauvre de la planète, fait face a un conflit meurtrier ; la population du Yémen est prise au piège et en otage par une guerre qui lui a été imposée. Le peuple yéménite est en train de vivre une catastrophe humanitaire dans le silence hypocrite de l’Occident.

    Cette guerre entre certainement dans le cadre de la stratégie impérialiste et sioniste prônée par les EU qui mènent une vision géopolitique chaotique propre à l’impérialisme et au sionisme pour qu’enfin Israël soit le premier gendarme de la région et dont les vassaux resteront de gentils larbins et feront le sale boulot ; le cote logistique technique et conceptuelle ( plan communication, information…) revient au maître.

    Quand on voit la France, les Etats-Unis et l Angleterre signer des très gros contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite, il est certain que l’argent prime sur toute autre considération. Ainsi prospère ce commerce indigne d’un Occident croyant détenir et défendre les valeurs universelles.

    On vend des armes pour tuer des innocents et on oublie la misère et la violence véhiculée par ces armes dans une guerre qui ne finit pas et représente un profit certain pour l’Occident.

    La France, l’Angleterre et les EU ont massacré des peaux rouges, ont colonisé des millions d’êtres humains. Ils sont bien les vrais terroriste de cette planète, ce que les médias se gardent bien de dire.

    Le silence international sur cette guerre dans laquelle se trouve engagés l’Occident (EU, France, Royaume-Uni) et leurs larbins ( Roitelets du golfe), ce silence se traduit également par un non financement à personne en danger en réponse au cadre humanitaire. Aucune mobilisation n’est signalée pour apporter une aide significative à ce peuple meurtri.

    Nos médias ne voient guère dans cette guerre dévastatrice une réponse de bon sens, elle semble pour eux oubliée et passée sous un silence complice par la force des pétrodollars des roitelets. Cette guerre risque de déboucher sur une catastrophe humanitaire dont l’occident se lave les mains sous la pression de l’ impérialisme et le sionisme.

                                                                                      
     Benallal MOHAMED                                                                                                                                                               URL de cet article 33853
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  • Le monde occidental et les Arabes se détournent de ce conflit : la Palestine n’a pas de pétrole – Salimsellami’s Blog
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    Un conflit que le monde occidental, mais aussi les Arabes oublient, c’est celui de l’occupation illégale de la Palestine. Se révélant de plus en plus instrument-massue et privilégié du sionisme raciste et d’apartheid, envers le peuple palestinien et ses droits élémentaires fondamentaux, les Etats-Unis d’Amérique, l’Europe et plus largement le monde, ont perdu toute crédibilité en tant qu’autorité morale dans la recherche d’une paix juste et durable au Moyen-Orient et en Palestine. Chacun sait que les Palestiniens n’ont rien à offrir ni en termes de pétrole ni en termes de richesse. Il y a bien longtemps que l’élite palestinienne s’est installée confortablement dans les temps morts, profitant d’une façon directe ou indirecte de tous ces petits avantages qui entretiennent le contact et le statu quo. Quand Ghaza n’a pas d’électricité, l’OLP et ses leaders n’en manquent pas. L’étranglement actuel du Programme des Nations unies par les Etats-Unis vise à contraindre les Palestiniens à accepter une solution qu’ils ne peuvent pas refuser à la manière du parrain.

    Le vrai plan de Donald Trump

    « Jérusalem restera la capitale de la Palestine », a déclaré dimanche d’une façon pathétique avec toute la fougue de la jeunesse en banlieue parisienne la jeune Ahed Tamimi, devenue une icône de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne après avoir passé huit mois en prison pour avoir giflé deux soldats. Invitée à la Fête de L’Humanité, cette adolescente de 17 ans a pris la parole devant des milliers de personnes massées devant la grande scène. « Je veux dire à Trump que Jérusalem restera la capitale de la Palestine », a lancé Ahed Tamimi, faisant allusion à la décision du président des EU d’y déménager de Tel-Aviv l’ambassade de son pays. « Les réfugiés palestiniens, nous n’avons pas besoin de l’argent des Américains, mais de retourner sur notre terre » et de retrouver « notre dignité », a-t-elle ajouté. « Nous devons être unis face à l’occupation », a-t-elle plaidé. Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des combattants pour la liberté ». (1)

    Qu’en est-il du plan machiavélique concocté par les Etats-Unis ? Amine Agefi nous explique la stratégie mûrement réfléchie de Donald Trump qui a désigné son gendre, sioniste de la première heure, comme son représentant du conflit à la hussarde au seul profit d’Israël sans tenir compte de l’avis des Palestiniens : « C’est le deal le plus difficile à conclure », mais « nous allons y arriver », avait-il déclaré en mai 2017. Pourtant, seize mois plus tard, alors que le président étasunien a chargé son gendre et conseiller, Jared Kushner, ainsi que son émissaire spécial, l’avocat Jason Greenblatt, de façonner ce « deal du siècle », aucun plan de paix n’a encore été officiellement présenté par les États-Unis.(…) Si aucun texte n’a été pour l’heure formellement présenté aux Palestiniens, plusieurs initiatives étasuniennes prises depuis décembre dernier ne laissent pas augurer de résolution rapide du conflit séculaire, basée sur le principe de « deux États pour deux peuples » qui fait consensus au sein de la communauté internationale. En décembre 2017, Donald Trump a tout bonnement renversé la table en décidant unilatéralement de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, (…). Qualifiant cette décision de « claque du siècle », le président palestinien a depuis rompu tout contact avec les Etasuniens, estimant que leur décision les a « disqualifiés » de tout rôle de médiateur entre Israéliens et Palestiniens. » (2)

    Affamer pour contraindre

    « Pour contraindre ces derniers à revenir à la table des négociations », poursuit Amine Agefi, le pensionnaire de la Maison-Blanche a employé la manière forte et usé d’un redoutable levier de pression : l’argent. L’administration Trump s’est tout d’abord attaquée à l’aide directe qu’elle verse à l’Autorité palestinienne. La semaine dernière, Washington a annulé l’essentiel de l’assistance étasunienne, soit 200 millions de dollars, au profit de « programmes autrement prioritaires ailleurs ». (…) « Ceci ne fait que confirmer l’abandon de la solution à deux États et l’adhésion complète au programme anti-paix de [Benjamin] Netanyahou. » À la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, le Premier ministre israélien n’a plus prononcé publiquement les mots « État palestinien » depuis 2009. Étonnamment, Donald Trump s’est bien gardé de toucher aux 61 millions de dollars qu’il a versés cette année aux forces de sécurité palestiniennes pour garantir le bon fonctionnement de la coopération sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Il faut dire qu’en dépit de l’absence de négociations directes entre Palestiniens et Israéliens depuis 2014, celle-ci fonctionne bien, et garantit une relative sécurité à l’État hébreu, en tout cas depuis la Cisjordanie. « Cette coopération sécuritaire n’a jamais été remise en cause », rappelle un diplomate européen. Après avoir réduit l’aide étasunienne bilatérale à une peau de chagrin, l’administration Trump a décidé vendredi de mettre fin au financement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa). Créé en 1948 pour répondre aux besoins des 750 000 Palestiniens expulsés ou qui ont fui leur terre après la première guerre israélo-arabe, l’agence onusienne, qui s’occupe aujourd’hui de 5 millions de réfugiés dans toute la région (notamment à travers l’éducation et la santé, Ndlr), « n’aura plus un sou » d’ici la fin du mois de septembre, a averti son porte-parole, Chris Gunness, soulignant « les conséquences dramatiques et imprévisibles de la décision étasunienne pour des réfugiés. » (2)

    Au contraire, la fin de l’aide des EU à l’Unrwa a été saluée par Israël qui a toujours accusé l’agence de « perpétuer le conflit » en cultivant l’idée que les réfugiés palestiniens et leurs descendants auraient le droit de retrouver un jour les terres qu’ils ont dû quitter en 1948. Ce « droit au retour r », qui a fait l’objet d’une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU en 1948, est un des autres points d’achoppement du conflit israélo-palestinien, Israël estimant qu’elle menacerait le caractère juif de son État. C’est le Premier ministre Benjamin Netanyahou en personne qui aurait demandé à la Maison-Blanche de couper l’aide étasunienne à l’Unrwa, L’ambassadrice des EU à l’ONU paraît sur la même ligne. S’exprimant la semaine dernière devant la Fondation pour la défense et la démocratie, un think tank conservateur et pro-israélien à Washington, Nikki Haley a conditionné la reprise de l’aide de son pays à l’Unrwa à la diminution du nombre de réfugiés palestiniens enregistrés par l’agence. (…) À en croire la télévision israélienne, les États-Unis ne souhaiteraient plus accorder le statut de réfugié qu’à 500 000 Palestiniens, soit 10% des cinq millions de réfugiés recensés. Dernier bouleversement en date, la proposition des EU d’une confédération englobant la Cisjordanie et la Palestine en lieu et place du futur État palestinien. cette idée, qui reprend le vieux souhait d’une partie de la droite israélienne d’expulser les Palestiniens en Jordanie (où vivent 70% de Palestiniens), aurait été proposée à Mahmoud Abbas. » (2)

    Réfugiés palestiniens : de quoi s’agit-il ?

    Admin Arefi a recueilli les impressions de Pierre Krähenbühl le commissaire général de l’Unrwa : « Il avertit des risques de radicalisation et d’exode des réfugiés palestiniens après la suspension de l’aide étasunienne à l’agence de l’ONU. L’an passé, dit-il, les États-Unis ont contribué à l’Unrwa à hauteur de 364 millions de dollars pour des activités telles que le service à l’éducation, la santé, ou les appels d’urgence (humanitaires, Ndlr). Or, cette année, la contribution des EU n’est que de 60 millions de dollars. (…) Nous faisons tout pour d’abord éviter qu’il y ait le moindre effet direct sur les réfugiés. Cela a été possible pour les deux premiers mois de l’année. En effet, les autres donateurs, une quinzaine de pays et d’institutions, nous ont soutenus en avançant à janvier ou février leur contribution annuelle, qui était parfois prévue pour le mois de mai ou d’août. (…) Nous possédons des partenariats solides avec l’Arabie saoudite, les Émirats et le Koweït. L’Arabie saoudite était en 2017 le troisième donateur de l’Unrwa, derrière les États-Unis et l’Union européenne. Nous espérons établir un partenariat entre les pays européens, les pays du Golfe, les pays asiatiques et d’Amérique du Nord afin de surmonter le déficit. » (3)

    « La population des réfugiés palestiniens qui se trouvent en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban a déjà des conditions de vie extrêmement difficiles à cause de l’occupation des territoires palestiniens ou du conflit en Syrie. (…) Cette année, je peux dire qu’il y a 300 millions de dollars en moins pour un système d’éducation qui scolarise un demi-million d’élèves en danger. Donc oui, on peut se préoccuper d’un risque accru de radicalisation. Avec tous les risques sécuritaires, la dernière chose qu’il faut est de déstabiliser l’un des principaux fournisseurs d’éducation au Moyen-Orient. (…) c’est un scandale international, car ce sont des gens qui sont hautement éduqués, qui ont un esprit d’entreprise et des capacités de créativité extraordinaires.

    Le sionisme politique

    Or ils sont aujourd’hui réduits à recevoir cette aide alimentaire à cause du blocus de Gaza parce que les différents secteurs de l’économie ont été détruits et balayés. L’Unrwa fournit un service d’éducation à un demi-million d’élèves. » (3)

    Seule réaction occidentale, Les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (Cjpmo) s’opposent à la décision du président Donald Trump de mettre fin au financement de l’office de secours des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). « C’est un triste stratagème de la part de Trump pour marginaliser davantage les Palestiniens, afin de donner l’avantage politique à Israël, l’allié américain », a déclaré Thomas Woodley, président de Cjpmo. « Le Canada doit suivre l’exemple de l’Allemagne et du Japon, et s’engager à augmenter son financement à l’Unrwa afin de contrebalancer la décision des États-Unis… Le financement actuel du Canada représente moins de 2% (4)… »

    Pour Mohamed Elbachir la situation actuelle est analogue à celle du feuilleton des Mille et Une Nuits qui permet d’une certaine façon d’endormir les Palestiniens jusqu’à la disparition de leur cause. Il écrit : « Après l’exécution de sa femme pour cause d’adultère, le roi de Perse, Sharyar, décide d’épouser chaque jour une vierge qu’il fait exécuter au lever du matin après la noce. Toutes les femmes étant perfides aux yeux du roi, Shéhérazade, fille aînée du grand vizir décide de mettre fin à ce massacre en se mariant avec le roi. Le soir venu, elle raconte une histoire fascinante au sultan sans la terminer. Son époux avide de connaître la suite, lui laisse la vie sauve pour une journée de plus. Ce stratagème dura mille et une nuits au bout desquelles le sultan abandonna sa résolution…Il va sans dire que ce roi est cette Autorité palestinienne à qui « l’Occident judéo-chrétien » raconte une histoire interminable. De narration en narration, cette Autorité nationale palestinienne, semble croire à une fin de l’histoire où le divorce à l’amiable est possible. Nul besoin d’adhésion du peuple palestinien, elle est Autorité du fait que la « Communauté internationale » lui reconnaît une légitimité et que l’occupant daigne en fonction des circonstances politiques s’asseoir à la même table. S’asseoir pour enrichir d’une nouvelle énigme l’histoire de la veille. La même histoire de terre où le quémandeur est le propriétaire. La question palestinienne est intrinsèquement liée à l’impérialisme occidental et son corollaire le sionisme politique qui, depuis, s’est affranchi, bombe atomique aidant, de son créateur européen. » (5)

    Une première remarque d’actualité s’impose. En déclarant que l’Etat d’Israël est l’Etat-Nation des juifs, les dirigeants israéliens ne font qu’exprimer leurs fidélités à l’idée originelle du sionisme politique.

    Une vérité que le premier chef du gouvernement israélien, David Ben Gourions, énonce sans état d’âme dans les termes suivants : « Si j’étais un dirigeant arabe, je ne signerai jamais un accord avec Israël. C’est normal : nous avons pris leurs pays. » Si la comédie des « négociations » cesse, alors le projet d’une Palestine libre, démocratique et laïque, patrie pour les trois monothéismes telle définie dans la Charte de l’OLP d’avant sa « liquidation » deviendrait une conséquence logique. Une telle hypothèse signifie « mettre fin aux divisions entre les différentes fractions palestiniennes, de les rassembler autour d’une Résistance globale qu’il faut développer et généraliser sous toutes les formes, à la fois populaires et militaires. » (6)

    Israël construit 1000 nouveaux logements sur des terres palestiniennes

    Robert Fisk s’indigne du statu quo actuel qui fait qu’Israël fait ce qu’elle veut. « Chaque semaine il y a mort d’homme sur la barrière de séparation à Gaza pour la « marche du retour » qui n’intéresse plus personne maintenant que les médias occidentaux ont décidé d’étouffer la Palestine. Pendant ce temps-là, le rouleau compresseur de la colonisation avance sous l’œil indifférent du monde et de la complicité impuissante des Etats arabes.
    Le gouvernement israélien a annoncé un nouveau programme de développement de sa colonisation massive de la Cisjordanie occupée. Les plans de 1000 nouveaux « logements » dans les « lotissements » juifs – ce sont les mots qu’ils utilisent pour parler de ce qui est en fait un vol de terres – sont maintenant prêts, a-t-il dit mercredi, et l’approbation finale a été donnée pour 382 autres.

    Aujourd’hui, 600 000 Israéliens juifs vivent dans environ 140 colonies construites sur des terres appartenant à un autre peuple. Il y a une sorte de voile de normalité qui recouvre tout ce qui touche au dernier conflit colonial du monde et qui se traduit par l’indifférence aux chiffres et la mollesse des réactions à l’énorme entreprise de construction en territoire palestinien.

    Le retour à la terre biblique d’Israël n’est pas la seule justification officielle de la multiplication des colonies en Cisjordanie. S’y ajoute parfois celle de punir les Palestiniens. » « Prenez les remarques pusillanimes, poursuit Fisk, de Madeleine Albright, alors secrétaire d’État, lors d’une tournée au Moyen-Orient en 1997. Elle a exhorté Israël à « s’abstenir de tout acte unilatéral », y compris de « ce que les Palestiniens perçoivent comme l’expansion provocatrice des colonies de peuplement, la confiscation des terres, la démolition des habitations et la confiscation des pièces d’identité ». Les colonies, le vol de terres – qu’elle appelle confiscation – et la saisie de papiers d’identité, dans le vocabulaire d’Albright, sont devenus simplement « ce que les Palestiniens perçoivent comme provocateurs ». (…) Nous avons dû nous battre contre tous ces éléments de langage de la colonisation : « Les « faits établis sur le terrain », est une expression inventée par les Israéliens, George W. Bush a parlé des « nouvelles réalités sur le terrain », dans sa lettre infamante de 2004 à Sharon, « lotissements », « quartiers », « banlieues », « centres de population » – tout cela construit dans une Cisjordanie qu’il est désormais interdit d’appeler « territoires occupés » selon l’ancien secrétaire d’État américain Colin Powell qui a décrété qu’il fallait dire : « Territoires contestés ». (…) Dans ces « territoires contestés », il y a eu bien sûr des « attaques terroristes » lorsque les Palestiniens attaquaient les Israéliens, mais des « affrontements meurtriers » lorsque les Israéliens tiraient sur les Palestiniens. Le mur n’était pas un mur, mais une « barrière » ou une « clôture ». (…) Même Barack Obama, dans son panégyrique du Caire il y a neuf ans, a parlé du « déplacement » et de la « dislocation » des Palestiniens, plutôt que de leur dépossession et de leur exil (…). » (6)

    Pour clôturer cela, les autorités étasuniennes ont ordonné dimanche, à l’ambassadeur palestinien aux Etats-Unis, Husam Zomlot, de quitter « immédiatement » le pays. Le visa de l’envoyé de l’OLP et ceux des membres de sa famille ont été révoqués, « et les autorités américaines lui ont demandé de quitter immédiatement le pays, alors que leurs visas sont encore valides jusqu’en 2020 ». Sombres jours pour le peuple palestinien.

    Chems Eddine CHITOUR

    1. https://www.tsa-algerie.com/ahed-tamimi-jerusalem-restera-la-capitale-

    2. Armin Arefi Israël-Palestine : le vrai plan de Donald Trump Le Point.fr 03/09/2018

    3. http://www.lepoint.fr/monde/refugies-palestiniens-le-cri-d-alarme-du-d

    4. http://www.cjpme.org/pr_2018_09_02

    5. Mohamed El Bachir https://reseauinternational.net/le-sionisme-politique-est-synonyme-de-… 03 septembre 2018

    6. Robert Fisk https://arretsurinfo.ch/israel-construit-1000-nouveaux-logements-sur-d

    20 Septembre 2018

    URL de cet article 33835
    https://www.legrandsoir.info/le-monde-occidental-et-les-arabes-se-detournent-de-ce-conflit-la-pales




  • J’ai demandé à la seule journaliste israélienne basée en Palestine de me montrer quelque chose de choquant – et voici ce que j’ai vu (The Independent) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/22/jai-demande-a-la-seule-journaliste-israelienne-basee-en-pale
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L200xH200/v_lmlyii_400x400-c35fb.jpg

    C’est l’ancienne route de Ramallah à Jérusalem, bordée de richesses perdues, de vains espoirs et de maisons autrefois aimées. Tout cela, bien sûr, finit maintenant dans le Mur.

                                                                              Montrez-moi quelque chose qui va me choquer, ai-je demandé à Amira Hass. La seule journaliste israélienne qui vit en Cisjordanie – ou en Palestine, si vous croyez encore en ce mot si peu orthodoxe – m’a donc emmené sur une route à l’extérieur de Ramallah qui dans mon souvenir était une autoroute qui menait à Jérusalem. Mais maintenant, sur la colline, elle se transforme en une route à l’abandon, à moitié goudronnée, bordée de magasins fermés par des volets rouillés et des ordures. La même odeur putride d’égouts à l’air libre plane sur la route. L’eau puante stagne, verte et flasque, en flaques au pied du mur.

    Ou Mur avec une majuscule. Ou, pour les journalistes prudents, « Mur de sécurité ». Ou, pour les âmes délicates, « Barrière de sécurité ». Ou pour les plumes désinvoltes, simplement « Barrière ». Ou, si ses implications politiques vous font peur, « Clôture ». Une clôture, comme ces clôtures de bois qu’on voit dans les champs. Ou – si vous voulez vraiment faire peur aux journalistes de la télévision et mettre en colère les Israéliens – le « Mur de la Ségrégation » ou même le « Mur de l’Apartheid ». Eh bien oui, nous allons parler des « bantoustans » palestiniens coupés par le Mur et les routes réservées aux Israéliens, et du vaste empire des colonies juives sur les terres arabes.

    On peut faire confiance à Amira pour ouvrir le feu. Elle crache avec colère les mots « bantoustan palestinien » encore et encore en me faisant faire, en voiture, le tour des enclaves palestiniennes de Cisjordanie pour arriver, au bout d’une heure ou deux, au Mur : il nous domine de ses 8 mètres, austère, monstrueux de détermination, il serpente entre les immeubles, se glisse dans les oueds et revient sur lui-même de sorte qu’il y a parfois deux murs, un double mur mais le même mur, comme si cette créature imitait les méandres d’une route sinueuse des Alpes. On secoue la tête, incrédule, pendant un moment et tout à coup, bizarrement, il n’y a plus de Mur, rien qu’une rue commerçante ou une colline aride, couverte de broussailles et de rochers. Puis on voit grossir une énorme colonie de peuplement d’Israël, avec de beaux arbres verts, des maisons aux toits rouges et de belles routes et, oui, encore des murs et des clôtures de barbelés et d’autres murs plus grands. Et puis le monstre en personne. Le Mur.

    Mais la section du Mur où Amira Hass m’emmène – être guide touristique et analyste de la société israélienne, admet-elle, ne va pas de pair – est un endroit vraiment misérable. Pas aussi épique que Dante. Peut-être qu’un correspondant de guerre pourrait mieux décrire l’endroit. C’est l’ancienne route de Ramallah à Jérusalem, bordée de richesses perdues, de vains espoirs et de maisons autrefois aimées, et tout cela finit, bien sûr, dans le Mur. « Si ça, ce n’est pas choquant, je ne sais pas ce qui l’est, dit Amira. « C’est la destruction de la vie des gens – c’est la fin du monde. Tu vois ça ? C’était la route pour Jérusalem. Plus maintenant. C’était une route très fréquentée et tu peux voir que les gens avaient construit des échoppes et des maisons de pierre de taille, élégantes et solides. Regarde les panneaux en hébreu qui montrent que ces Palestiniens avaient beaucoup de clients israéliens. Même le mot ‘menuisier’ est en hébreu. »

    Mais presque toutes les maisons et les magasins sont fermés, il y a des mauvaises herbes et des arbustes secs sur la bordure en ruine du trottoir. Les graffitis sont hideux, le soleil est impitoyable, l’air est si brulant que le gris du mur se confond avec la pierre grise du ciel. « Quelle tristesse« , dit Amira Hass, sans émotion. « Cet endroit, je le montre toujours aux gens, tu sais, je l’ai montré probablement une centaine de fois déjà, et ça ne cesse de me choquer. »

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    La puanteur des eaux d’égout, une fois qu’on s’y est habitué, ne paraît plus incongrue. C’est un endroit où l’imagination s’assèche, ne laissant subsister qu’une petite mare sinistre dont la couleur verte est d’autant plus brillante que le Mur s’est patiné avec l’âge.

    Le silence n’est pas oppressant – on n’est pas dans un roman – mais il exige une réponse. Que nous dit le Mur, demandé-je à Amira ? « Pour moi… » commence-t-elle, « comme il réalise qu’il ne peut pas chasser les Palestiniens, il essaie de les cacher. Il faut qu’il les dissimule à nos yeux. Il en laisse sortir quelques-uns pour aller travailler là-bas pour les Juifs. C’est considéré comme une faveur. Les Israéliens n’entrent pas, parce qu’ils n’ont pas besoin de ces zones – nous n’en avons pas besoin – ce sont des décharges – ce sont des égouts à l’air libre. Le Mur révèle notre obsession de pureté. Combien de personnes ont participé à cet acte de violence ? Ils disent que c’est à cause des attentats suicides, mais l’infrastructure juridique et bureaucratique de la séparation existait avant le Mur. Le Mur est donc une sorte d’expression graphique, plastique ou concrète des lois de séparation qui existaient auparavant. »

    C’est une Israélienne qui me parle, la fille solide et inébranlable d’une résistante bosniaque qui a dû se rendre à la Gestapo et d’un survivant juif roumain de l’Holocauste, une fille à qui le socialisme a donné, à mon avis, un courage marxiste inflexible.

    Elle ne serait peut-être pas d’accord, mais je la considère comme une enfant de la Seconde Guerre mondiale, même si elle est née 11 ans après la mort d’Hitler. Elle pense qu’il ne lui reste plus qu’entre 100 et 500 lecteurs israéliens ; Grâce à Dieu, pensent beaucoup d’entre nous, son journal, Haaretz, existe toujours.

    Lorsqu’on l’a emmenée de la gare à Bergen-Belsen en 1944, la mère d’Amira, a été frappée par les ménagères allemandes qui venaient voir la file de prisonniers terrorisés, toutes ces Allemandes qui les « regardaient de loin« . Je crois qu’Amira Hass ne regardera jamais de loin. Elle s’est habituée à être haïe et insultée par son propre peuple. Mais elle est réaliste.

    « Tu sais, on ne peut pas nier que, pendant un certain temps, [le Mur] a eu un impact sécuritaire, » dit-elle. C’est vrai. Il a stoppé la campagne palestinienne d’attentats-suicide. Mais le Mur a aussi un objectif expansionniste ; il a confisqué des terres arabes qui ne font pas plus partie de l’État d’Israël que les vastes colonies qui abritent aujourd’hui environ 400 000 Juifs à travers la Cisjordanie. Pas encore, en tout cas.

    Amira porte des lunettes rondes qui la font ressembler à un de ces dentistes un peu déprimés, qui inspectent avec tristesse et cynisme votre dentition en perdition. C’est comme ça qu’elle écrit. Elle vient de terminer un long article pour Haaretz qui sera publié deux jours plus tard ; c’est une dissection féroce de l’accord d’Oslo de 1993 qui n’est pas loin de prouver que les Israéliens n’ont jamais voulu que l’accord de « paix » permette aux Palestiniens d’avoir un État.

    « La réalité des bantoustans, réserves ou enclaves palestiniens, écrit-elle à l’occasion du sombre 25ième anniversaire des accords d’Oslo, se voit sur le terrain… il n’a été précisé nulle part que l’objectif était la création d’un État palestinien dans le territoire occupé en 1967, contrairement à ce que les Palestiniens et beaucoup de gens du camp israélien à l’époque et dans les pays européens avaient imaginé. » Amira me confie : » Le problème, c’est que les rédacteurs en chef d’Haaretz, – je les appelle les enfants – changent de couplet tous les deux ans et à chaque fois ils me demandent : » Comment sais-tu qu’Oslo n’avait pas la paix comme objectif ? Il y a 20 ans, ils pensaient que j’étais folle, maintenant ils sont fiers d’avoir eu quelqu’un au journal qui avait tout compris dès le début. »

    La tournée d’Amira Hass nous amène vers ce qu’elle appelle « la prison cinq étoiles« . Nous nous arrêtons au-dessus de la ville de Ramallah, pseudo-capitale temporaire de l’État-palestinien-qui-n’existe-pas. Elle imagine – elle le fait souvent – un extraterrestre atterrissant en Cisjordanie. Il remarquerait, dit-elle, que les maisons palestiniennes ont des réservoirs d’eaux noirs sur leur toit – parce que l’Autorité palestinienne impose des quotas d’eau aux Palestiniens – alors que les colonies juives ont l’eau courante à volonté. « Les colons n’ont pas à s’inquiéter. » Les colonies, sur les collines, « sont luxuriantes, attirantes, l’air y est pur« , elles ont des toits rouges, en pente, de style européen. Aujourd’hui, les familles palestiniennes les plus riches copient les toits rouges de leurs occupants.

    L’extraterrestre, dit Amira Hass, « verrait une grande ville [Ramallah], avec de beaux immeubles, des cinémas, des boutiques et des commerces. Et tu as vu toutes les voitures. Notre extraterrestre dirait : « Où est le problème ? Pourquoi tu te plains de l’occupation ? » Le problème, c’est qu’ici, dans cette cage dorée, cette prison cinq étoiles, on a l’illusion qu’on n‘est pas sous occupation… Les contours, les frontières sont très clairs. Mais les gens à l’intérieur des frontières se sont habitués à une sorte de normalité à laquelle il leur est très difficile de renoncer.

    « En fait, ils craignent, s’ils s’engagent dans une nouvelle vague de résistance, de perdre ce qui leur reste, cette apparence de normalité… Une des meilleures preuves pour moi de cette ‘normalité’, c’est que les Palestiniens qui sont des citoyens israéliens viennent chaque week-end dans ce bantoustan palestinien pour échapper à l’arrogance et au racisme auquel ils sont confrontés quotidiennement en Israël – ils viennent ici pour se retrouver dans une atmosphère entièrement palestinienne« .

    Son analyse est sans concession mais elle garde une certaine distance historique. « Les Palestiniens savent que ce n’est pas l’indépendance. Mais à l’heure actuelle, ils se disent que ça ne vaut plus la peine de se battre. Les gens ne sont pas restés indifférents, loin de là, lorsque, ces deux ou trois dernières années, des jeunes hommes ont fait des attaques au couteau ou que des étudiants se sont rendus aux postes de contrôle pour s’opposer à l’armée israélienne. Mais on n’a pas vu les masses sortir dans la rue pour affronter l’armée. Aujourd’hui, ce n’est pas la peur, ce n’est pas la police palestinienne qui les arrête. Avec les Palestiniens divisés entre le Hamas et le Fatah, et avec l’Amérique – Trump –, avec tout cela, les Palestiniens, que l’expérience a rendu sagaces en matière de politique, se disent que cela ne servirait à rien de se sacrifier. »

    Amira dépasse une base militaire et elle me fait voir l’inscription – en anglais – qui est peinte au pistolet sur le mur. « Les Juifs sont responsables du 11 septembre. » Comment les Palestiniens pourraient-ils se faire plus mal voir de l’Occident qu’en écrivant ce genre de chose ? Mais il n’y a pas qu’eux qui font des graffitis. Dans un petit village palestinien situé à environ deux cents mètres de la colonie juive de Beit El – des caméras pointant vers l’extérieur le long de sa clôture – elle me montre du doigt les mots peints sur le mur d’une maison palestinienne par des colons qui ont attaqué le village. Il est écrit en hébreu « Judée et Samarie« , pour parler de la Cisjordanie, et « Le sang coulera. » Aisha Fara nous montre le toit de sa maison, où son panneau solaire a été brisé à coup de pierres – tirées à la fronde par des étudiants religieux, dit-elle, trois jours auparavant – et malgré ses 74 ans, elle ne mâche pas ses mots. Je l’écoute en silence me raconter qu’elle est née en 1944, pendant le mandat britannique sur la Palestine, l’année même où la mère d’Amira Hass a été envoyée au camp de Bergen-Belsen.

    « Les voleurs sont arrivés avant le coucher du soleil« , dit Fara à propos des lanceurs de pierres. « Ils ont brûlé nos arbres trois fois. Mais les voleurs ne seront pas toujours là. Et les Palestiniens dispersés dans le monde entier reviendront chez eux, si Dieu le veut… Vous me demandez qui ils sont [ces colons] ? C’est vous qui les avez envoyés. Vous avez tout filmé… Je veux le dire à ces cochons d’Américains – nous ne sommes pas des Amérindiens ! » Amira l’écoute attentivement.

    « Pour Aisha Fara, l’histoire est comme une longue, longue, longue, longue chaîne d’expulsion… Il y a des choses dont on finit par arrêter de parler. La ‘normalité’ nous rattrape, » se désole Amira.

    Je pense que cela perturbe Amira Hass, le fait que des exactions soient passées sous silence parce qu’elles sont devenues habituelles. Lancer des pierres, mettre le feu, construire une nouvelle colonie. Et les privilèges omniprésents des citoyens israéliens. Elle me confie : « D’une certaine façon, quand on était bombardé, c’était plus facile, parce que j’étais comme eux. On partageait la même peur des bombes. Mais la clôture, par exemple, ce n’est pas pareil, c’est plus difficile pour moi de me rendre compte. Pour moi, ce mur, c’est juste quelque chose de hideux que je traverse pour aller à Jérusalem. Mais pour les Palestiniens, c’est la fin du monde. Quand je vais à Jérusalem, je n’ose pas dire à mes voisins que j’y vais – cela me gêne… parce que pour eux, Jérusalem est aussi loin que la lune. »

    Va-t-elle vivre toute sa vie parmi les Palestiniens de Cisjordanie, elle, la seule journaliste israélienne à se trouver sur le fil de l’histoire ? « Je n’aurais jamais pensé que je vivrais à El-Bireh, mais c’est là maintenant que j’habite depuis plus longtemps que n’importe où ailleurs« , me répond-elle. « Je ne l’ai jamais planifié, mais c’est ce qui s’est passé. Et je sais que si quelque chose arrive – si je dois partir, soit parce que je perds mon travail, soit parce que les Israéliens m’obligent à partir, soit parce que les Palestiniens me demandent de partir, je ne pourrai jamais retourner vivre dans un quartier purement juif. J’irai à Acre ou à Haïfa… À Haïfa, il y a des Palestiniens. »

    En retournant à Jérusalem, sur la « lune », je remercie Amira Hass pour sa visite guidée, aussi bien culturelle que journalistique. ainsi que pour ses analyses qui justifient aux yeux des Israéliens qui la haïssent sans la lire, le courrier haineux qu’ils lui envoient. « J’ai tendance à dire aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre « , me dit-elle. Pour moi, Amira est une vraie journaliste. Et s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est qu’elle ne regardera jamais passer l’injustice sans rien faire.

    Robert FISK

    Traduction : Dominique Muselet

    EN COMPLEMENT :Suivez Amira HASS sur twitter :
    @Hass_Haaretz 
    https://twitter.com/hass_haaretz
    Articles publiés dans Haaretz :
    https://www.haaretz.com/misc/writers/WRITER-1.4968114

    Quelques articles d’Amira Hass traduits : 
    https://www.legrandsoir.info/_hass-amira_.html

     » » https://www.independent.co.uk/voices/amira-hass-robert-fisk-west-bank-
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  • Algérie : La tentation sécessionniste ? Parlons-en – Salimsellami’s Blog
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    Algérie : La tentation sécessionniste ? Parlons-en
    septembre 13, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    Pour éviter toute équivoque, plantons d’abord le décor. L’Algérie est une et indivisible. Portée par une histoire millénaire, la nation algérienne ne pourra que connaitre le destin qui lui échoit, celui d’une puissance qui rayonnera sur toute l’Afrique, la Méditerranée et le sud de l’Europe et qui graduellement se subsistera à d’autres puissances qui inéluctablement ont déjà entamé leur déclin.

    En plus des traumatismes endurés durant la période coloniale, l’Algérie a eu parfois à subir depuis l’indépendance les conséquences de choix politiques qui souvent, inconsciemment où pas, ont en reproduit d’autres parfois similaires aux premiers.

    Et puisque le débat est désormais public et ouvert, la question de la tentation autonomiste voire indépendantiste en Kabylie mais pas seulement puisque la ferveur sécessionniste s’est déjà révélée ailleurs comme dans le sud, les Aurès ainsi que dans d’autres régions où des manifestations similaires peuvent la suggérer bien qu’elle ne soient que de l’ordre du non-dit mérite d’être débattue et discutée.

    Il ya lieu pour espérer être objectif de dire que l’exaspération, le déni, la répression, les exactions ont toujours fait le lit de cette dérive et l’ont parfois sciemment entretenue.

    Et les dernières décisions politiques prises comme l’officialisation de la langue Amazigh et le décret instituant Ennayer journée nationale bien qu’elles soient éminemment porteuses de paix sociale et d’apaisement d’un long déni identitaire pourraient apparaitre cependant pour certains tardives puisque en la matière aussi mais pas seulement nous avons sous la pression de différents lobbys politiques perdus beaucoup de temps.

    L’Algérie est aujourd’hui une puissance émergente qui dispose des moyens d’assumer la vocation de grande nation écoutée et consultée qui s’annonce. Et Ferhat Mehenni, fils de chahid [martyr, LGS], n’a sans aucun doute aucune leçon de patriotisme à ne recevoir de personne. Poète hors pair, il porte au plus profond de lui-même les blessures et tortures qui lui ont été infligées par tant d’arrestations et de séjours en prison. Son seul et unique tort durant toute sa vie de poète et de militant a été d’avoir comme beaucoup d’autres fait sien le combat pour la liberté. Et n’oublions pas que dans ce pays il fût un temps où exhiber un document écrit en Tifinagh pouvait vous conduire en prison pour intelligence avec l’ennemi et être déféré devant la cour de sureté de l’État.

    Mais dans le contexte algéro-algérien, le cas de Ferhat n’est pas unique. D’autres militants issus d’autres mouvances politiques ont connu un traitement identique voire subi pire. Monsieur Ali Belhadj en est un exemple. Les militants communistes ont également connu les mêmes affres. Sans oublier d’autres militants appartenant à d’autres familles politiques.

    La tentation autonomiste est probablement une fausse réponse à une vraie colère. La Kabylie qui a comme d’autres régions payé un lourd tribu pour libérer l’Algérie ne peut se contenter d’un espace réduit comme le sien mais a besoin de toute la splendeur de ce pays continent pour s’épanouir, s’enrichir et s’émanciper. Les habitants du sud algérien ont légitimement le droit de solliciter un partage équitable de toutes les richesses naturelles du pays.

    L’Etat algérien dans toute sa puissance et sa pérennité ne peut rester insensible à ce qui ressemble à l’expression d’un mal pire d’un mal être profond chez soi. Nous prêchons le vivre ensemble à l’ONU, ce qui est en soi très noble, mais nous l’interdisons quasiment chez nous et il faut cesser de malmener par l’exclusion, ce sentiment d’appartenance a un pays et cette estime de soi qu’il faut constamment irriguer par le bon sens et la raison.

    Dommage que le débat politique actuel ne soit véritablement devenu indigent sur le plan de la qualité et que les questions essentielles comme le futur qui appartient certes à Dieu mais que les études prospectives qui ne sont pas une hérésie peuvent apprécier et la préservation de la cohésion sociale et territoriale d’un pays devenu le plus grand d’Afrique soient parfois occultées. La trahison ne viendra pas de ces algériens capables des plus grandes audaces mêmes les plus mal venues et les plus contestables mais d’un nouvel ordre mondial en gestation qui ne nous fera pas de cadeau si nous ne prenons pas en charge nous même nos propres différences.

    Beaucoup rêvent de nous broyer. Ceux qui se trompent de colère doivent aussi comprendre que ce pays ne peut que grandir et que le salut ne viendra certainement pas de ces faux amis qui ne nous veulent que du mal. Ceux qui ont dépecé la Palestine, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, le Mali et d’autres contrées du monde aiguisent déjà leurs couteaux et ne pensent et ne rêvent qu’à nous faire la peau. Qu’on se le dise.

    Et désormais faisons en sorte que nul algérien ne soit contraint de solliciter confort, sérénité et protection ailleurs que chez soi, ici dans son pays en Algérie.

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    Salim METREF                                                                                                                                                                                          https://www.legrandsoir.info/algerie-la-tentation-secessionniste-parlons-en.html


  • « Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent ! » - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/09/ceux-qui-disent-qu-idleb-est-effectivement-une-zone-de-desescalade
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    "Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent !"
    Publié le 11 septembre 2018 par S. Sellami

    Pour mémoire, intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies le 7 septembre 2018 devant le Conseil de sécurité, présidé jusqu’à la fin du mois par la déléguée permanente des États-Unis ; les discussions ayant porté quasi exclusivement sur la situation « humanitaire » à Idleb...

    Merci Madame la Présidente,

    Permettez que je commence par un petit clin d’œil éducatif pour expliquer à mes collègues ce que signifient les accords d’Astana.

    L’Accord d’Astana 4, aux délibérations duquel j’ai participé, avait pour objectif la création de « zones de désescalade » en Syrie, était limité à six mois, renouvelable si les « groupes armés » concernés par l’accord respectaient le cessez-le-feu et se séparaient des « groupes terroristes armés » exclus de ce même accord. Ce qui ne fut pas le cas à Idleb, puisque les groupes armés ont refusé de se séparer des groupes terroristes armés ou, plus exactement, puisque leurs sponsors ont refusé que cette séparation ait lieu.

    De plus, les terroristes d’Idleb ont lancé 400 drones sur la base russe de Hmeimim, à Lattaquié, et ont bombardé quasi quotidiennement la ville d’Alep depuis environ un an et demi, en dépit de ces accords. C’est pourquoi, celui qui dit qu’Idleb est une zone de désescalade est dans l’erreur et ne sait pas de quoi il parle. Cette zone est tombée parce que les groupes armés n’ont pas respecté les conditions de l’Accord d’Astana 4.

    Cette simple introduction devrait donc expliquer aux membres de ce Conseil pourquoi les choses en sont arrivées là où elles sont à Idleb. Mais, naturellement, le problème remonte à plus loin et a commencé avec la « Conférence de Vienne » de novembre 2015, conférence à laquelle la Syrie n’était pas invitée et n’a donc pas participé.

    Pour rappel [], les participants à cette conférence ont décidé de charger la Jordanie d’établir la liste des terroristes et des non terroristes, puis ont demandé à l’Arabie saoudite de préciser qui était dans l’opposition et qui ne l’était pas. Ce qui n’a toujours pas été fait, parce que les États protecteurs du terrorisme refusent de distinguer le terroriste de l’opposant armé.

    Le processus d’Astana a tenté de résoudre ce problème par la création des zones de désescalade. Mais l’expérience a échoué à Idleb, les groupes armés et les groupes terroristes armés n’ayant respecté ni les conditions de la Conférence de Vienne, ni les accords d’Astana.

    Ma collègue déléguée de la Grande-Bretagne et M. de Mistura ont estimé qu’une faible minorité de combattants armés étaient présents à Idleb. C’est vrai. Mais cette faible minorité correspond à 50 000 terroristes ! Que diriez-vous, chère collègue déléguée de la Grande-Bretagne, si l’un de ces quatre matins 50 000 terroristes se répandaient dans Manchester pour y semer leurs méfaits, tandis que nous en parlerions comme d’une « opposition britannique armée modérée » et que l’OCHA [le Bureau de la coordination des affaires humanitaires] se mettait à leur envoyer des aides pour les garder en vie ?

    Telle est l’exacte absurdité de la situation à Idleb.

    Madame la Présidente,

    L’un des étranges paradoxes du moment est que certains membres de cette organisation se trouvent face à un défi sans précédent du fait que la présidence se pose en juge et ennemi à la fois. Hier, vous avez imposé l’examen de la situation au Nicaragua, alors qu’elle ne menace en rien la paix et la sécurité internationales. Aujourd’hui, vous imposez l’examen de la situation à Idlib, une partie chère à nos cœurs en Syrie. Demain, viendra le tour du Venezuela. Ensuite, il semble que ce sera le tour de l’Iran, comme nous l’avons compris de l’agenda des travaux du Conseil de sécurité de ce mois-ci.

    Le sentiment de haine tenace que vous suscitez à notre encontre depuis des décennies n’a jamais été notre option, car nous faisons partie des États fondateurs de cette organisation, lesquels avaient foi en la paix et en la possibilité d’épargner les horreurs et les malheurs des guerres à l’humanité.

    Il est désormais habituel que les trois membres permanents du Conseil de sécurité [USA, Grande-Bretagne, France ; Ndt] profitent de leurs périodes de présidence pour manœuvrer contre mon pays et mon gouvernement, convoquant des centaines de réunions, déclenchant de fausses alarmes, multipliant les accusations, les menaces et les intimidations à chaque avancée de l’Armée syrienne et de ses alliés dans leur combat contre les groupes terroristes armés, à leur solde.

    À cette tribune, nous affirmons pour la millième fois que les gouvernements de ces trois pays occidentaux, ainsi que leurs outils dans la région, sont directement responsables des souffrances de notre peuple, à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières, en exacerbant la crise et en cherchant à la prolonger aussi longtemps que possible par l’exploitation du terrorisme wahhabite et takfiri, d’origine saoudienne.

    Un terrorisme qu’ils ont généré dès les années quatre-vingt du siècle dernier et pour lequel leurs services du renseignement ont imaginé des appellations trompeuses, telles l’État du khalifat islamique, l’Armée de l’Islam, le Front al-Nosra, l’Armée islamique du Turkestan, Harakat Nour el-din al-Zinki, etc. Des appellations qui n’ont rien à voir avec la Syrie, ni de près, ni de loin. Des terroristes devenus les instruments de leur politique étrangère afin de régler leurs comptes avec les pays refusant leurs diktats.

    L’action menée par le gouvernement syrien pour expulser les terroristes de la province d’Idleb -laquelle se situe en Syrie, non en Somalie, pour qui aurait besoin d’un cours de géographie- est un droit souverain garanti par les principes du droit international, les dispositions de la Charte, les résolutions du Conseil de sécurité relatives à la lutte contre le terrorisme et les accords d’Astana. Une action menée à la demande de millions de Syriens, y compris les habitants d’Idleb assiégés par les organisations terroristes, lesquels nous adressent quotidiennement des milliers de suppliques nous demandant de les libérer du terrorisme.

    Par conséquent, aucun État et aucune entité n’ont le droit de faire commerce, politiquement ou médiatiquement, de la souffrance de nos civils à Idleb dans le but de dissuader le gouvernement syrien de rétablir la sécurité, la stabilité et une vie normale aux citoyens de cette province.

    Ceux qui prennent la défense de certains éléments appartenant aux organisations terroristes présentes dans Idleb et ses environs ne font que tenter désespérément de les sauver, afin de retarder leur date de péremption et de les recycler ailleurs en tant qu’« oppositions armées très modérées ». Nous les verrons réapparaître au Yémen, dans les montagnes de Qandil en Irak, en Afghanistan, au Nigeria, etc. Nous verrons...

    L’État syrien est le plus concerné par la sécurité des siens. C’est pourquoi il a donné la priorité aux processus de réconciliation et a accordé aux groupes armés suffisamment de temps pour qu’ils se décident à déposer les armes et à se séparer des groupes terroristes armés, exclus de l’Accord d’Astana 4.

    À cet égard, ceux qui ont facilité la venue des terroristes étrangers dans mon pays -des terroristes que le Secrétariat des Nations Unies se plaît à qualifier d’« éléments non étatiques » et que son Excellence, l’ambassadeur de France, préfère désigner par le mot « jihadistes »- à commencer par le gouvernement turc, peuvent encore les retirer d’Idleb, exactement comme ils ont procédé pour les « Casques blancs » qu’ils ont évacués clandestinement, avec la coopération d’Israël et de la Jordanie, avant de les renvoyer à Idleb pour préparer leur crime terroriste d’une nouvelle attaque chimique.

    Au cas où les groupes terroristes armés refusent de déposer leurs armes et de quitter le territoire syrien pour retourner là d’où ils sont venus, le gouvernement syrien -conscient de ses responsabilités humaines face aux conséquences de la libération d’Idleb des griffes du Front al-Nosra et autres organisations terroristes exclues des accords d’Astana- a pris les précautions et les dispositions nécessaires à la protection des civils, notamment par l’aménagement de couloirs de sortie sécurisés comme cela a déjà été fait dans d’autres régions libérées, ainsi que par la fourniture d’abris, de nourriture, de médicaments et de soins médicaux. Il a aussi pris l’initiative d’inviter les organisations internationales travaillant en Syrie à se préparer à répondre aux besoins humanitaires les plus urgents.

    Et puisque nous parlons du Front al-Nosra, sachez que les gouvernements des États-Unis, de la Grande Bretagne, de la France et de l’Ukraine ont mis un an à accepter d’inscrire « Hay’at tahrir al-Cham », alias al-Nosra, alias al-Qaïda, alias les criminels qui ont attaqué New York, sur la liste des entités terroristes de l’ONU.

    La République arabe syrienne est déterminée à combattre et à éliminer le terrorisme, tout comme elle est déterminée à libérer l’ensemble de son territoire de toute sorte d’occupation étrangère. Et, aujourd’hui, se tenir à ses côtés dans le combat contre le terrorisme est un véritable critère de bonne foi et de respect du droit international et des principes de la Charte des Nations Unies.

    Quant aux informations que nous vous avons transmises à propos des organisations terroristes et des « Casques blancs » se préparant à utiliser des armes chimique afin d’incriminer le gouvernement syrien et ainsi justifier une nouvelle agression tripartite, nous demandons aujourd’hui aux trois gouvernements, capables de les influencer, de les en empêcher.

    Madame la Présidente,

    Je vous annonce que l’investissement dans le terrorisme a échoué en Syrie, et que la libération d’Idleb du Front al-Nosra et organisations affiliées enfoncera le dernier clou de son cercueil, brisant les espoirs de ceux qui y ont investi des milliards de dollars et de ceux dont les lamentations résonnent dans les couloirs de cette organisation, exactement comme ils ont réagi lorsque l’Armée syrienne était sur le point de libérer les quartiers Est d’Alep, la Ghouta orientale, Daraa, Quneitra et les campagnes alentour.

    Madame la Présidente,

    Pour finir, je voudrais adresser une remarque à l’assistant du délégué du Koweït pour lui rappeler qu’en 2012, un député du parlement koweitien du nom d’Al-Tabtabi avait organisé -sous le slogan « Rassemblez-vous sur la voie du jihad en Syrie »- une campagne destinée à l’envoi de terroristes en Syrie, aidé en cela par un groupe de députés salafistes, wahhabites et takfiristes. Un député du parlement koweitien !

    D’autres koweitiens, tel le nommé Chafi al-Ajami que nous avons réussi à inscrire sur la liste des individus terroristes de l’ONU, malgré la réticence de certaines délégations pendant des années, a lui aussi prétendu être un homme religieux et nous a expédié des milliers de terroristes et des milliards de dollars pour soutenir le terrorisme.

    Un autre étrange koweitien nommé Al-Qoutaïri, anciennement sergent dans l’armée koweitienne, nous a aussi envoyé son lot de terroristes plus 500 millions de dollars pour soutenir le terrorisme, comme l’a rapporté le New York Times qui lui a consacré un long article, dont mon frère, son Excellence l’ambassadeur du Koweït, doit se souvenir.

    Voilà ce que nous avons reçu de nos frères du Koweït. C’est notre collègue koweitien qui nous appelle « frères ». Mais moi, je ne sais pas de quelle sorte de frères il s’agit. Caïn et Abel n’étaient pas ainsi !

    En tout cas, quand nous nous sommes tenus aux côtés du Koweït, nous lui avons envoyé des forces militaires pour le soutenir, non des terroristes !

    Merci Madame la Présidente

    Dr Bachar al-Jaafari
    Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

    07/09/2018

    Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

    Source : Mission syrienne à l’ONU https://www.youtube.com/watch?v=cv8Jyo_1iy4

    [] Pour rappel : Syrie : de Vienne 1 à Vienne 2, un champ de mines ? https://www.legrandsoir.info/syrie-de-vienne-1-a-vienne-2-un-champ-de-mines.html

    URL de cet article 33784 
    https://www.legrandsoir.info/ceux-qui-disent-qu-idleb-est-effectivement-une-zone-de-desescalade-ne-


  • Parlons (Inter) Net – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/11/parlons-inter-net-14
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    Syrie : retour sur l’attaque chimique à venir.
                                                                                                              
    Certains affirment qu’il fallait s’y attendre. D’autres feignent la surprise et l’indignation. Comme à chaque avancée de l’armée syrienne (ou recul des combattants de la liberté, c’est comme vous voulez), la fameuse ligne rouge a été franchie par ceux-là mêmes qui n’ont aucun intérêt tactique ou stratégique à le faire, profitant justement de cette contradiction pour justement faire ce qu’ils n’ont aucun intérêt à faire sous couvert justement qu’ils n’ont aucun intérêt à le faire, d’où leur empressement à le faire.

    Vous suivez là, ou bien… ?

    En face, ceux qui n’ont rien à faire en Syrie disent qu’ils ont été poussés à y intervenir malgré eux par un franchissement de ligne rouge tracée par quelqu’un qui a décidé qu’elle était tracée là, et pas là. Ce qui pourrait faire soupçonner que le franchissement de la ligne serait l’oeuvre de ceux qui ont intérêt à la voir franchir plutôt que de ceux qui n’y ont aucun intérêt, permettant ainsi au régime machiavélique de Damas (et ses alliés) de retourner l’accusation contre ceux qui présentent un bilan impeccable en termes d’interventions humanitaires et de guerres propres et que l’idée même de propagande révulse.

    Vous suivez toujours ?

    Alors, une fois n’étant pas coutume, il faut saluer la ténacité déployée par les grands médias pour éviter les écueils du « vraisemblable » et se focaliser sur le « souhaitable » – présenté finalement comme une certitude.

    Théophraste R. 
    tresseur de faux lauriers et commentateur préventif                                                                                                                       https://www.legrandsoir.info




  • Une « réforme agraire durable » d’inspiration cubaine pour contrer l’ALECA, destruction programmée de l’agriculture tunisienne par l’Union Européenne — Guillaume SUING
    https://www.legrandsoir.info/une-reforme-agraire-durable-d-inspiration-cubaine-pour-contrer-l-aleca
    https://www.legrandsoir.info/IMG/arton33708.jpg
    Aux Pays de l’écologie réelle ?
    https://www.youtube.com/watch?v=hy-95MSIdj8


    #agriculture #Tunisie #Cuba #néocolonialisme #UE #écologie



  • Cynisme désinhibé Philippe Bach - jeudi 14 juin 2018 - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2018/06/14/cynisme-desinhibe

    Emmanuel Macron semble pressé de faire sienne la politique de la droite dite décomplexée chère à Nicolas Sarkozy. Mercredi, il a fait diffuser de manière ostentatoire par son équipe de communicants une vidéo éclairante où il prépare son discours sur l’aide sociale. Un concentré de #cynisme où le président pérore sur ces aides « qui coûtent un pognon de dingue » sans résoudre la #pauvreté. Et qui s’inscrit dans la continuité de ses déclarations sur les #salariés #illettrés et les #costards qu’il faut pouvoir se payer où le locataire de l’Elysée fait montre d’une #arrogance de classe nauséabonde. Mais tellement révélatrice.

    On pourrait se dire que le le président veut réformer le système d’aide sociale pour améliorer les politiques de réinsertion. Rêvons un peu. Mais pas trop longtemps. Selon Le Canard enchaîné, ce sont 7 milliards d’euros qu’il est prévu purement et simplement de couper dans ce #budget. Le premier ministre, Edouard Philippe, a tenté de démentir. Mais l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi est généralement bien informé…
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L290xH350/arton33487-47d43.jpg
    Parallèlement à ces coupes, le président des riches prévoit de supprimer l’Exit Tax, ce mécanisme visant à freiner un tant soit peu la propension des Français les plus nantis à aller planquer leur fortune dans des paradis fiscaux. Avec à la clef, un manque gagner de 6 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat.

    Dam. Faire financer les cadeaux fiscaux faits aux nantis en étranglant encore plus les milieux les plus modestes, il fallait oser. Emmanuel Macron n’est pas étouffé par la pudeur. Il a entamé une fuite en avant, privatise à tour de bras – il prévoit la vente de #ADP (aéroport de Paris), d’#Engie (ex-GDF Suez) et de la Française des jeux pour un montant de 15 milliards d’euros ! – et à ceux qui tentent de résister, il fait donner la maréchaussée comme à #Notre-Dames-des-Landes ou durant les manifs de #cheminots.

    Cette dérive autoritaire doit inquiéter. Le capitalisme dans une opération d’enfumage idéologique laisse accroire qu’il est le garant des #libertés ; on voit plutôt qu’il est capable de faire donner la pleine puissance de l’Etat pour défendre les intérêts de quelques-uns au détriment des plus défavorisés.

    En cela les sorties désinhibées d’Emmanuel Macron ont au moins un mérite : elles procèdent d’une logique du dévoilement génératrice d’indignation, voire de révolte, sur laquelle il sera possible de bâtir une stratégie de reconquête idéologique et politique du pouvoir au profit du bien commun.

    #France #manu #macron #emmanuel _macron

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  • Les puissances coloniales ou l’art de déclarer la guerre. Nous y sommes habitués et pas de changement de stratégie en vue !!!
    NRobin

    L’affaire Skripal par Bruno Guigue
    https://www.legrandsoir.info/l-affaire-skripal-nouvelle-usine-a-gaz-de-la-propagande-occidentale.ht

    L’affaire Skripal, nouvelle usine à gaz de la pxropagande occidentale
    Il faut avouer que la passion de la propagande occidentale pour les gaz toxiques a quelque chose de fascinant. Des attaques chimiques imaginaires du gouvernement syrien au double empoisonnement de Salisbury, la thématique accusatoire brille par sa répétition, et la mauvaise foi otanienne s’illustre par sa constance. Dans “l’affaire Skripal”, on veut donc nous faire croire que Moscou a tenté d’assassiner un ex-espion russe et sa fille sur le sol britannique. Des preuves ? Pas le moindre commencement. Rien ne prouve que le gaz “Novitchok” ait été utilisé pour commettre cette tentative d’homicide. La meilleure façon de le savoir serait de transmettre un échantillon à l’Office international des armes chimiques (OIAC), mais Londres s’est bien gardé de le faire.
    De même, les Russes ont immédiatement dit qu’ils étaient prêts à participer à une enquête internationale, mais les Britanniques n’en veulent pas. Pourquoi ? Inutile de se le demander. Faute de preuves matérielles, le dossier de l’accusation a l’épaisseur d’un papier à cigarettes. Une semaine à peine après les faits, au terme d’une pseudo-enquête, le gouvernement britannique a déclaré que la Russie était coupable. Une telle précipitation ferait rougir de honte n’importe quel service d’investigation judiciaire normalement constitué. Et elle est d’autant plus suspecte que la charge anti-russe a été orchestrée en Occident avec un acharnement qui fleure la préméditation. Il fallait traîner la Russie dans la boue. On l’a fait, avec une grossièreté sans précédent.
    Ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Serguei Skripal a été trouvé inconscient sur un banc, ainsi que sa fille, aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Curieux procédé pour des services secrets ! L’amateurisme du “modus operandi” devrait au moins faire douter de leur implication. Et puis, qui est Skripal, au juste ? Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995, il est condamné à 13 ans de prison pour trahison en 2004 par la Russie. Au terme d’un échange d’agents de renseignement russo-américain, il obtient l’asile au Royaume-Uni en 2010. Pour quelle raison Moscou aurait supprimé ce paisible retraité ? Exilé depuis huit ans, rien ne dit qu’il ait conservé des secrets compromettants, ni qu’il ait représenté le moindre danger pour la Russie.
    Ajoutée à l’inexistence de preuves matérielles, cette absence désespérante de mobile ridiculise l’accusation occidentale. Mais rien n’y fait. Pour les Occidentaux, hurler à l’assassin vaut démonstration de culpabilité. Le problème, c’est que cette arrogance dissimule difficilement l’essentiel : Theresa May et ses collègues mentent comme des arracheurs de dents. Qui peut croire que le pouvoir russe a fait exécuter un de ses ex-agents sur le sol d’un pays-clé de l’OTAN, alors que règne un climat de tension sans précédent avec cette organisation ? Qui peut croire que cette décision, déjà invraisemblable quant à ses motifs et grossière quant à son “modus operandi”, a été prise quinze jours avant l’élection présidentielle russe ? Qui peut penser, enfin, que Moscou s’est tiré une balle dans le pied sur la scène internationale à la veille d’un succès majeur - et prévisible - de politique intérieure ?
    Véritable château de cartes, cette accusation ne tient pas une seconde. Pour en comprendre les motifs, il faut appliquer la preuve par les effets. On quitte alors le domaine des procès fumeux pour rejoindre le terrain des réalités. Malgré l’encerclement militaire dont elle fait l’objet, la Russie a conservé son sang-froid, et certains pays européens sont prêts à reprendre le dialogue avec Moscou. La provocation de Salisbury vise précisément à doucher ces velléités, à couper la Russie de l’Europe en accusant Moscou de tous les maux. La Russie mène le bal au Moyen-Orient au grand dam d’Israël et des USA. Elle n’a rien cédé sur la Crimée, définitivement retournée dans le giron de la Mère-Patrie. Les néocons qui ont investi le pouvoir à Washington entendent lui faire payer ce double affront. En diabolisant Moscou par Londres interposé, ils soudent leurs vassaux face à l’ennemi moscovite, clairement désigné dans la “Nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis” de Donald Trump.
    C’est pourquoi le réquisitoire britannique a été repris en chœur par des dirigeants occidentaux empressés de s’acquitter d’une solidarité pavlovienne avec le camp du Bien. Hormis l’Autriche et une poignée de petits Etats-membres, l’Union européenne s’est mise au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon. Cette Europe vassalisée par les USA, mais qui se prétend ”menacée” par la Russie, a surtout montré, une fois de plus, qu’elle est un nain politique. Obéissant à l’injonction anti-russe, elle s’est rangée comme un seul homme derrière le leadership anglo-saxon. A croire que rien de positif ne sortira jamais de ce grand corps mou, où une France jadis écoutée a commis la faute, sous la direction des “Young Leaders” qui la dirigent au profit d’intérêts qui ne sont pas les siens, de se fondre dans la masse.
    Pour les Occidentaux, l’heure est donc à l’affrontement symbolique - pour l’instant - avec une Russie dont Vladimir Poutine a restauré la fierté. L’affaire Skripal est la nouvelle usine à gaz occidentale. Comme les couveuses de Koweit-City, la fiole chimique de Colin Powell ou les pseudo-gazages de l’armée syrienne, le coup monté de Salisbury est aussi un coup de clairon. Ses auteurs entendent perpétuer la confrontation politique et la surenchère militaire avec Moscou. Ils veulent justifier le durcissement de sanctions économiques destinées à entraver le redémarrage de la Russie et la montée d’un monde multipolaire. En faisant tourner les rotatives de la propagande, ils comptent diviser le monde en deux blocs, comme si le monde était encore celui de la guerre froide et n’avait pas entamé - de manière inexorable - son déport vers l’Est. Ce n’est pas un hasard si ce coup fourré intervient au moment où Trump défie Moscou dans l’Est syrien, déclenche une guerre commerciale avec la Chine et nomme ce fou furieux de John R. Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.


  • https://www.legrandsoir.info/guerre-dictature-democratie-cherchez-l-erreur.html

    Bruno Guigue
    Guerre, dictature, démocratie : cherchez l’erreur
    20/02/18
    “Le vieux combat entre les démocraties et les régimes autoritaires est de retour. Trois jours de débats à la conférence de Munich sur la sécurité ont livré ce diagnostic : l’Occident se sent assiégé, défié, déstabilisé. Et les coupables sont nommés : la Russie et la Chine, ces deux puissances « révisionnistes » qui défient l’ordre mondial libéral et sèment la dissension aux États-Unis et en Europe.” Un morceau de bravoure, cette tirade ! Publiée dans La Croix du 18 février 2018 sous la plume de François d’Alençon, elle prétend résumer la conférence internationale annuelle sur la sécurité qui s’est tenue à Munich du 16 au 18 février. Comme elle condense parfaitement la bouillie pour les chats qui tient lieu de discours officiel aux pays occidentaux, elle mérite le détour.
    On y apprend, donc, que “le vieux combat entre les démocraties et les régimes autoritaires est de retour”. Si l’on suit notre analyste, ces pauvres démocraties tremblent comme des feuilles. C’est inquiétant, avouons-le. A croire que la peur s’installe, que des gouttes de sueur perlent au front des Européens verts de trouille. “Assiégé, défié, déstabilisé”, l’Occident va-t-il faire dans son pantalon ? Mais il a peur de quoi, au juste ? Selon les chiffres disponibles pour 2016 (dernière année où l’on a des données complètes), l’OTAN a un budget militaire de 920 milliards de dollars, soit 19 fois celui de la Russie (48 milliards). Vous alignez 19 chars d’assaut quand votre adversaire présumé n’en a qu’un, vous avez 19 missiles contre le missile unique du méchant d’en face, et vous vous sentez “assiégé, défié, déstabilisé”. Il y a un problème logique, non ? Nos vaillantes démocraties seraient-elles si vermoulues ?
    A moins, bien sûr, que ce discours singulièrement alarmiste ne soit que poudre aux yeux. “C’est la troisième année consécutive où nous accélérons nos dépenses militaires”, déclarait fièrement le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en juin 2017. Fermement décidée à garantir la paix mondiale, l’organisation avait annoncé en 2014 qu’elle porterait l’effort militaire de ses Etats-membres à 2% du PIB. Voilà du sérieux ! Manifestement à la veille d’une nouvelle invasion barbare, l’Occident n’est-il pas en état de légitime défense ? Si les brutes épaisses sont à nos portes, rien n’est plus naturel que de remplir les arsenaux pour “rassurer” des populations à qui on a flanqué la frousse. Ce réarmement massif fera des heureux, n’en doutons pas, du côté de ces multinationales de l’armement dont on n’imagine pas un seul instant qu’elles exercent la moindre influence sur les gouvernements.
    A qui la faute ? On vous laisse deviner. “Les coupables sont nommés : la Russie et la Chine, ces deux puissances « révisionnistes » qui défient l’ordre mondial libéral et sèment la dissension aux États-Unis et en Europe”, poursuit vaillamment notre analyste de La Croix. On le savait, mais c’est confirmé. Depuis toujours, la Russie est au cœur de l’Empire du mal. Cette bête féroce est capable de tout. N’a-t-elle pas réussi à faire élire un président américain en créant des comptes Facebook ? Pour des Occidentaux travaillés au corps par les médias, c’est clair : la Russie est prête à se jeter sur nous, la bave aux lèvres. Mais elle nous menace avec quoi, au juste ? D’après le cabinet IHS Markit cité par Le Point du 12 décembre 2016, Moscou a baissé son budget militaire de 51,8 à 48,4 milliards. Diantre ! On n’y comprend plus rien. Serait-ce une ruse diabolique ? Avec sa perfidie habituelle, le Kremlin aurait-il désarmé à seule fin de tromper l’ennemi ?
    Pourtant, il n’y a aucun doute. C’est la vérité, puisqu’on vous le dit sur toutes les chaînes. Alors voilà, tout s’éclaire ! Avec 40% des dépenses militaires mondiales et 725 bases militaires à l’étranger, les USA défendent héroïquement la paix dans le monde. Avec 4 bases militaires à l’étranger et un budget militaire qui représente 1/13 de celui des USA, il est évident que la Russie prépare l’apocalypse. Si les manœuvres de l’OTAN ont lieu aux frontières occidentales de la Russie, c’est pour empêcher Moscou d’en faire autant à la frontière mexicaine. Si les USA ont 12 porte-avions, c’est pour défendre leurs frontières, tandis que l’unique porte-avions russe, c’est bien connu, mouille devant Manhattan. Si Washington utilise les terroristes en Syrie, c’est pour contribuer à la stabilité du Moyen-Orient, tandis que Moscou ne songe qu’à piller les ressources pétrolières de la région. Voilà. La messe est dite. Que notre analyste de La Croix se rassure : “l’ordre mondial libéral” cher à son cœur est bien gardé.
    Depuis un demi-siècle, Cubains, Vietnamiens, Chiliens, Nicaraguayens, Somaliens, Soudanais, Irakiens, Afghans, Libyens, Vénézuéliens, Syriens et Yéménites se seraient volontiers passé de la générosité de l’Oncle Sam. Mais c’était plus fort que lui. Le leader du “monde libre n’a pu s’empêcher de leur faire goûter les vertus pédagogiques du napalm, de l’agent orange, des B52, des munitions à uranium appauvri, des embargos “pour la paix” et des bombardements “pour la démocratie”, sans parler des hordes d’Al-Qaida et de ses avatars lâchées comme une nuée de sauterelles pour semer le “chaos constructif” et préparer le “nouvel ordre mondial”. Il n’empêche. Au vu d’un tel feu d’artifice, deux choses sont sûres. Martyrisés par leurs “sauveurs”, ces peuples ont épuisé les charmes des “valeurs universelles” portées par l’Occident, et ils n’ont pas entrevu le début du commencement d’une “menace” russe ou chinoise.
    Car les “puissances révisionnistes” ont un horrible défaut : elles ne se mêlent pas des affaires des autres. La Chine, pas plus que la Russie, ne cherche à s’étendre au-delà de sa sphère d’influence naturelle. Elle ne pratique pas le “regime change” à l’étranger. Vous n’avez pas envie de vivre comme les Chinois ? Aucun problème, ils n’ont pas l’intention de vous recruter. L’Empire du Milieu n’est pas prosélyte. Les Occidentaux veulent exporter la démocratie pour maximiser leurs profits, quand les Chinois veulent maximiser leurs profits pour développer leur pays. Au cours des 30 dernières années, la Chine n’a mené aucune guerre et a multiplié son PIB par 17. Dans la même période, les USA ont mené une dizaine de guerres et aggravé leur déclin. Les Chinois ont extrait 700 millions de personnes de la pauvreté, quand les USA déstabilisaient l’économie mondiale en vivant à crédit. Le résultat, c’est qu’en Chine la misère recule, tandis qu’aux USA elle progresse. Les USA sont une “démocratie”, mais elle vous pourrit la vie. La Chine est une “dictature”, mais elle vous fiche la paix. Finalement, tout n’est pas si mauvais dans le “révisionnisme” !


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    5 janvier 2018
    Pas de « regime change » à Téhéran
    De Bruno GUIGUE

    Donald Trump a beau assurer que “l’Iran échoue à tous les niveaux”, que “le grand peuple iranien est réprimé depuis des années”, qu’il a “faim de nourriture et de liberté”, qu’il est “temps que ça change” et qu’il “soutiendra le peuple iranien le moment venu”, c’est peine perdue. Ces proclamations grandiloquentes n’auront aucun effet sur le cours des choses. Déchaîné contre Téhéran, Washington veut saisir le conseil de sécurité. Mais la Chine et la Russie s’opposeront à toute forme d’ingérence. Il n’y aura ni mandat onusien torpillant un Etat souverain au nom des “droits de l’homme”, ni “zone d’interdiction aérienne”, ni “droit de protéger”. Que les bellicistes se fassent une raison : l’Iran ne connaîtra pas le sort de la Libye, détruite par l’OTAN en 2011.

    Le châtiment venu du ciel étant décidément impraticable, Washington a joué la carte de la déstabilisation interne. Pour y parvenir, ses stratèges ont déployé toute la gamme des moyens disponibles : avalanche de propagande antigouvernementale financée par la CIA (notamment par les stations de radio émettant en persan vers l’Iran), agents de tous poils infiltrés dans les manifestations populaires, appui donné à toutes les oppositions sur place ou en exil. Incapable de procéder au “regime change” par le haut, la Maison-Blanche a tenté de l’obtenir par le bas. Prémuni contre le “hard power” US par sa propre force militaire (et par ses alliances) le “régime des mollahs” a été directement ciblé par le “soft power” made in USA. La Maison-Blanche a fait tourner les rotatives de la désinformation, mais le résultat n’était pas garanti sur facture. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Pour abattre un régime qui leur déplaît, les “neocons” de Washington ont classiquement besoin de différents types de munitions. L’expérience montre qu’il leur faut détenir au moins deux des trois atouts suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, ils ne disposaient clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre “conservateurs” et “réformateurs” structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979.

    C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons économiques ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique. Il est significatif que la propagande occidentale se livre, une fois de plus, à de grossières manipulations. On a même vu le directeur général de Human rights Watch, Kenneth Roth, utiliser une photo des manifestations pro-gouvernementales pour illustrer le “soulèvement populaire” contre le régime. En croyant voir dans des rassemblements de mécontents le prélude à un changement de régime, Washington a pris deux fois ses désirs pour des réalités : la première, en confondant mécontentement et subversion dans les manifestations antigouvernementales ; la seconde, en refusant de voir que les manifestations pro-gouvernementales étaient au moins aussi importantes.

    Cet espoir d’un “regime change” à Téhéran est d’autant plus illusoire que Washington ne détient pas davantage le deuxième atout : des hordes de mercenaires pour faire le sale boulot. Les frontières étant surveillées de près par l’armée iranienne, la réédition d’un scénario à la syrienne est impossible. En Syrie, les miliciens wahhabites furent importés en masse avec la complicité de l’OTAN, et il a fallu six ans au peuple syrien pour s’en débarrasser sérieusement. En Iran, aucun indice ne permet de penser qu’une telle invasion ait seulement eu lieu. Quelques individus ont dû passer à travers les mailles du filet, mais leur capacité de nuisance est limitée. Depuis la déroute de Daech, l’internationale takfiriste est aux abois. Le dernier carré d’Al-Qaida finira coincé dans la poche d’Idlib. L’armée syrienne avance, elle reconquiert le territoire national, et le “regime change” à Damas n’est plus à l’ordre du jour.

    Pour détruire le “régime des mollahs”, Washington ne peut compter ni sur l’opposition interne, ni sur le mercenariat externe, ni sur une intervention militaire directe. L’opposition interne ne partage pas ses objectifs, le mercenariat étranger est une ressource en voie de disparition, et l’intervention militaire vouée à l’échec. Le “regime change” a réussi en Libye grâce au bombardement aérien. Il a échoué en Syrie malgré des hordes de mercenaires. Mais il n’a aucune chance de réussir en Iran. Le peuple iranien subit surtout les sanctions infligées par un Etat étranger qui lui donne des leçons de “droits de l’homme”. Que certaines couches sociales aspirent au changement est naturel, et tout dépendra de la réponse du pouvoir à leurs revendications. Le président Rohani a condamné les violences. Mais il a aussi admis la légitimité du mécontentement social, des mesures impopulaires ont été annulées, et le peuple iranien n’a pas l’intention de s’étriper pour faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche.

    La situation est difficile pour les plus pauvres, mais l’Iran est tout sauf un pays au bord de la faillite. Malgré les sanctions imposées par Washington, le pays a connu un développement notable en 2016. Son économie affiche un taux de croissance de 6,5% et l’endettement public est particulièrement faible (35% du PIB). Mais le taux de chômage est élevé (12,5%) et il frappe surtout les jeunes. Le pays connaît une crise de croissance qui avive les tensions sociales, soulignant les privilèges de la bourgeoisie marchande accentués par les réformes libérales voulues par le gouvernement. L’Iran exporte son pétrole, mais il manque de capitaux extérieurs. A l’affût de la moindre faiblesse, Washington rêvait d’un mouvement de grande ampleur, capable de faire vaciller le pouvoir. Visiblement, c’est raté, et l’agression US a manqué son objectif. Elle ne cessera pas pour autant, car l’Iran est depuis longtemps dans la ligne de mire des fauteurs de guerre.

    Obsession des “neocons”, la lutte contre Téhéran remonte aux origines de la République islamique (1979). Elle fut inaugurée par une attaque irakienne dont l’Occident fournit les armes et les pétromonarchies les moyens financiers (1980-1988). Elle s’est poursuivie avec les attentats du Mossad et de la CIA, infligeant aux Iraniens ce même “terrorisme” dont les accuse la propagande occidentale. Puis elle s’est amplifiée avec l’invention de la “menace nucléaire iranienne” au début des années 2000. Il est évident que Trump se soucie comme d’une guigne des droits de l’homme et que la question nucléaire est l’arrière-plan de la crise actuelle. A Washington, l’union sacrée s’est miraculeusement reconstituée contre l’Iran. Ce pays n’a jamais agressé ses voisins, mais la possibilité qu’il se dote d’un parapluie nucléaire entamant le monopole israélien dans la région est jugée intolérable. Le “regime change” a avorté, mais il est clair que Trump torpillera l’accord de 2015.

    Bruno GUIGUE

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