• We need to talk. A propos du père Noël, des mensonges d’état et des interfaces vocales.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/09/we-need-to-talk.html

    Alors donc les lecteurs réguliers de ma prose connaissent ma fascination pour le secteur des assistants vocaux. En même temps je ne suis pas le seul à être fasciné par les machines qui parlent, c’est carrément un pan entier de la littérature de science-fiction. Bref. Pour les autres quelques indices : Mars 2012 : la voix du web. Mai 2013 : il ne lui manquait plus que la parole. Mars 2014 : D’après « Elle » de Spike Jonze. Avril 2014 : Conversations capitales. Novembre 2014 : Alpha papa tango charlie. (...)

    #Alexa #HomePod #domotique #Home #voix #algorithme

    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad36d55ae200c-600wi

    https://seenthis.net/messages/725055 via etraces


  • affordance.info : La libellule et la muraille.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/08/la-libellule-et-la-muraille.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad3a9c619200b-600wi

    un territoire, ce n’est pas la circonscription administrative, par exemple la ville d’Avignon, c’est ce qui vous permet de subsister. Etes-vous capables de définir ce qui vous permet, vous, de subsister ?

    Intéressante définition

    https://seenthis.net/messages/715788 via Franck


  • Le jeune président de la Start-up Nation était en fait un vieux con comme les autres. affordance.info
    http://www.affordance.info/mon_weblog/2018/05/jeune-president-vieux-con.html

    Je partage à peu près autant les idées d’Emmanuel Macron que la déclaration d’impôt de Patrick Balkany. Mais il est deux points sur lesquels j’espérais que la raison puisse l’emporter sur mes convictions. Primo il était « jeune ». Et deuxio il ne se ferait pas prendre le mulot dans le bon coin puisqu’à l’instar du proctologue, il voyait du digital partout. 

    Et puis il y eut #Parcoursup. Alors là j’avoue qu’au delà de l’algorithme tout moisi, en plus de faire bien pire que le déjà sinistre APB, ma sidération fut totale. Tout le monde savait que la fin de la hiérarchisation des voeux allait causer un bordel innommable. Tout le monde l’avait expliqué et démontré. En tout cas tous les gens sérieux. Mais je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas qu’un gouvernement et un ministère puissent en toute connaissance de cause assumer le fait que sur les 750 000 lycéens de terminale, plus de 400 000 d’entre eux soient « en attente » ou « sans affectation » alors que le démarrage des épreuves du bac était fixé au 8 juin. Je ne comprenais pas davantage, sauf à vouloir littéralement mettre le feu aux lycées et à la jeunesse, que ce même gouvernement assume et revendique l’éventuel déblocage de places en université « au fil de l’eau » : c’est à dire qu’il puisse choisir de distiller le stress au jour le jour pour que cette jeunesse là n’ait jamais de répit. Et puis d’un coup j’ai compris. La logique du truc m’est apparue.

    J’ai compris que le projet politique de notre jeune président était de semer une graine : celle de l’humiliation quotidienne, celle de l’intranquillité permanente qui fait grandir la résignation qui, à son tour, façonnera le corps et l’âme de la chair à Managers dont a besoin le patronat. Et puis bien sûr, la graine de la concurrence. Toujours mettre les gens en concurrence.

    Le lendemain des résultats de Parcoursup il y eut des classes entières de terminale où aucun, je dis bien aucun lycéen n’avait autre chose que « refusé » ou « en attente ». Je vous laisse juste imaginer l’ambiance et la tête du prof y débarquant le matin. Et si l’imagination vous fait défaut alors allez voir sur Twitter, sur Facebook, ou dans les journaux. 

    Donnez-moi les explications que vous voudrez mais les faits sont têtus : plus de la moitié d’une classe d’âge s’est trouvée, à 15 jours de l’examen du baccalauréat, avec un avenir qui indiquait « refusé » ou « en attente ». On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Mais l’on n’a pas davantage envie d’être « refusé » ou « en attente » comme seule alternative sérieuse.

    #concurrence #management #éducation #capital_humain

    https://seenthis.net/messages/696982 via colporteur


  • affordance.info : Libérée, délivrée, harcelée : de la sagesse à la folie des foules.
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/11/sagesse-ou-folie-des-foules.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01bb09d5cb54970d-600wi

    Pour le dire rapidement, dans les récentes affaires de harcèlement qui touchent des personnalités publiques ou des journalistes, la responsabilité, la seule, incombe entièrement aux plateformes. Toutes, je dis bien toutes, de Twitter à Facebook, sont parfaitement capables, quasiment en temps-réel, et sans n’utiliser rien d’autre que leurs algorithmes déjà disponibles, toutes sont parfaitement capables de repérer et de qualifier ces actions de harcèlement à grande échelle adressés à une personnalité publique. Et toutes ces plateformes sont de la même manière parfaitement capables de suspendre immédiatement les comptes harceleurs. Toutes sont par ailleurs libres de continuer d’externaliser leurs politiques de modération à des ouvriers et ouvrières sous-payées aux Phillippines parce que ce travail est trop « sale » ou trop mal payé ou trop violent psychologiquement pour l’installer aux Etats-Unis (siège social) ou en Irlande (siège fiscal), mais c’est (presque) un autre sujet.

    Mais oui, Twitter et Facebook sont capables de faire immédiatement cesser ces campagnes de harcèlement. Ils en sont « capables » au sens premier c’est à dire qu’ils en ont et la capacité et la compétence et le pouvoir. Et cela tout le monde le sait. Ceux qui feignent de l’ignorer, de le dissimuler ou d’affirmer l’inverse sont soit des incompétents soit des menteurs.

    Le harcèlement est d’abord une question de contexte. Et de loi. Mais la loi, elle, ne varie pas. Le harcèlement dans un contexte scolaire doit être traité par les acteurs du système scolaire. En faisant appliquer la loi. Le harcèlement dans un contexte professionnel doit être traité devant les instances représentatives concernées. En faisant appliquer la loi. Et ainsi de suite. Le harcèlement dans l’espace public, dès lors qu’il prend la forme d’une manifestation publique, doit être traité par la puissance publique. En faisant appliquer la loi. Et le harcèlement dans le cadre de ces plateformes privées qui jouent et instrumentalisent en permanence des énoncés semi-publics (parce que plein de monde les voient) et semi-privés (parce que l’on n’est pas pour autant dans un espace public), le harcèlement dans le cadre de ces plateformes doit être, en priorité, traité par ces plateformes privées. En faisant appliquer la loi.

    Et l’autre argument qui consiste à indiquer qu’il est difficile de savoir où commence la qualification juridique du harcèlement est aussi inepte en droit qu’il est humiliant pour les victimes.

    Car enfin, pour mettre de l’intelligence artificielle dans des putains de frigos qui parlent alors là on a des algorithmes et des process hyper-méga compétitifs et des bataillons de start-ups en mode lean-management de mes burnes. Mais quand il s’agit de repérer et de bloquer des comptes appelant « à violer ou sodomiser cette nana » ou « à aller buter les enfants de ce fils de pute à la sortie de l’école », quand une personnalité publique est la cible d’insultes et de menaces répétées, quand il s’agit de repérer et de bloquer des comptes relayant ce genre de messages et s’en rendant donc complices, alors là ben l’algorithmie redevient compliquée et l’analyse du langage naturel n’a visiblement pas fait le moindre progrès depuis les années 20.

    Comment sommes-nous passés de la « sagesse des foules » à la « folie des foules » ?

    Comment ... et pourquoi ? Mon hypothèse est la suivante : les effort conjugués et systémiques d’un capitalisme de la surveillance et l’émergence là encore systémique de formes toujours plus aliénantes de Digital Labor ont facilité et peuvent permettre d’expliquer en partie cette bascule dans les représentations que nous avons de la « foule ». L’alliance du Digital Labor et du capitalisme de la surveillance ont en partie fabriqué ces foules haineuses, qui peuvent être perçues comme les stigmates inquiétants d’un totalitarisme annoncé.

    #Plateformes #Algorithmes #Olivier_Ertzscheid #Cyberharcèlement

    https://seenthis.net/messages/643894 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • affordance.info : Le rapport de l’institut Montaigne sur le numérique et l’enseignement supérieur (et pourquoi il serait opportun qu’ils retournent sucer des bites en enfer)
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/06/institut-montaigne-universite-numerique-bites-enfer.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01b8d2912128970c-600wi

    L’institut Montaigne vient donc de sortir son rapport (130 pages). Je l’ai lu. En entier. Juste après avoir lu le billet signalé ci-dessus des anciens étudiants du Master en architecture de l’information de l’université de Lyon. Vous allez comprendre le lien. Enfin j’espère. Notez que les étudiants et les enseignants dudit Master ne m’ont rien demandé. Et l’institut Montaigne non plus.

    Je vais me contenter pour ce billet de commenter rapidement les « 10 propositions » qui tiennent sur 2 pages mais si vous voulez (vous faire mal) vous pouvez aussi allez lire l’intégralité de ce ramassis de Bullshit. Mais ne comptez pas sur moi pour vous mettre le lien. C’est au-dessus de mes forces.

    https://seenthis.net/messages/611080 via Agnès Maillard


  • affordance.info : Le jour où notre disque dur aura disparu. (21 Avril 2005).
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/06/le-jour-ou-notre-disque-dur-aura-disparu-21-avril-2005.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01b8d288f797970c-600wi

    Quand les moteurs de recherche sont venus indexer le contenu des disques durs, je n’ai rien dit parce que ce n’était pas mon disque dur. Quand ils sont venus regarder le contenu des courriels pour afficher des publicités en rapport avec leur contenu, je n’ai rien dit car ce n’était pas mes courriels. Quand ils ont commencé à numériser des livres et à en proposer des extraits en finançant l’opération grâce à la pub, je n’ai rien dit car ce n’était pas mes livres. Et puis, quand le disque dur de mon ordinateur ayant disparu je n’ai plus eu d’autre choix que de m’en remettre à des services distants en ligne, quand ma machine n’a plus été qu’une clé d’accès à mes espaces informationnels on line, je n’ai rien eu à dire, car il était déjà trop tard.

    https://seenthis.net/messages/604031 via Agnès Maillard


  • Sombre billet d’Olivier Ertzscheid qui va alimenter le fil #catastrophe imminente de @sinehebdo :
    http://www.affordance.info/mon_weblog/2016/12/dystopie-2017.html

    Ça prend la forme d’une revue de presse, avec notamment :

    J’ai d’abord cru à une info du Gorafi mais le Wall Street Journal indique que :
    http://www.wsj.com/articles/chinas-new-tool-for-social-control-a-credit-rating-for-everything-1480351590

    « Beijing veut attribuer à chaque citoyen un score calculé sur son comportement qui sera établi en fonction de ses habitudes de consommation, ses fraudes dans le métro (turnstile violations) et sa piété filiale*** (sic) et pourra permettre d’interdire à certains citoyens l’accès à des offres commerciales, à des emplois ou à des billets d’avion. »

    L’article nous apprend que tout cela porte le joli nom de « personal credit information system » et que cela peut également bloquer l’inscription ou l’accueil à l’école de tes enfants. Le parti communiste chinois veut déployer ce « Crédit Social » à l’horizon 2020 et est en train de rassembler, sous forme numérique, l’ensemble des informations dont il dispose - hélas - déjà sur l’ensemble des citoyens du pays.

    et quelques #apocalypses plus loin

    #Paul_Jorion qui explique calmement que « nous avons lancé le processus de deuil de notre propre espèce », et #Noam_Chomsky qui voit converger et bientôt exploser les deux grandes menaces de l’humanité (nucléaire et réchauffement climatique).

    L’article autour de Jorion
    https://medium.com/france/nous-avons-lanc%C3%A9-le-processus-de-deuil-de-notre-propre-esp%C3%A8ce-c8b3

    Dans son dernier ouvrage, il n’annonce pas moins que « l’extinction de l’espèce humaine d’ici deux ou trois générations. »

    (...) "Une finance bien gérée, c’est le système sanguin de l’économie, c’est vital. Une seule de toutes les fonctions de la finance est véritablement létale, c’est la spéculation. Or le pêché originel est d’avoir fait entrer la spéculation dans l’économie en 1885. Pour filer la métaphore, la spéculation est une ponction sanguine. Fatalement, si vous ponctionnez trop, vous risquez de faire face à quelques problèmes."

    (...) Et l’absurdité, Paul Jorion la pointe du doigt à travers ce chiffre qu’il aime répéter : « en 2012, les 1% les plus riches des États-Unis ont pris 120% des richesses ». Autrement dit, non contents de rafler la totalité de la mise, les plus gourmands tapent désormais dans la caisse de l’année suivante.

    (...) « On ne cherche plus de la vie, mais des civilisations perdues. Trouver dans l’espace des êtres ayant besoin d’eau et d’air semble compliqué. On cherche donc des êtres ayant été un jour intelligents au point de maîtriser l’atome et s’étant éteints, laissant derrière eux des machines « intelligentes » qui leur survivront. Cette idée est l’aveu que nous avons lancé le processus de deuil de notre propre espèce ».

    (...) Pour l’anthropologue, nous ne survivrons pas « à travers » les machines comme peuvent l’imaginer Ray Kurzweil et les transhumanistes. « Les idées d’immortalité et d’infini développées par le #transhumanisme sont empreintes d’un message messianique auquel je ne souscris pas du tout. Je crois aux #robots, pas aux cyborgs ». Cette quête d’immortalité à travers la technologie témoigne justement de notre incapacité à envisager la fin qui nous guette, estime-t-il.

    (...) Et lorsqu’on lui demande comment il imagine notre monde en 2100, la réponse est sans appel. « D’ici la fin du siècle, nous constaterons une réduction massive de la population mondiale. Nous nous trouvons actuellement dans une crise proche de celle de 1914. Et je crains que notre espèce ne se serve des solutions classiques pour la résoudre. Et si nous venions à engendrer un conflit mondial, cela me parait très improbable qu’on n’utilise pas d’arme atomique ».

    Et celui autour de Chomsky
    http://www.lesinrocks.com/2016/12/01/actualite/trump-guerre-nucleaire-anthropocene-noam-chomsky-predit-avenir-sombre-a-

    Le linguiste, connu pour sa critique des médias, est longuement revenu sur la journée du 8 novembre 2016. Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les États-Unis et l’élection de Donald Trump se déroulait à Marrakech un événement “bien plus significatif” à ses yeux : la COP22, chargée de mettre en place l’accord de Paris sur le #climat. Ce même jour, rappelle-t-il, l’ONU a publié une étude indiquant que les cinq dernières années étaient les plus chaudes jamais enregistrées.

    (...) L’énergie atomique est désormais l’une des plus importantes menaces à la survie de l’espèce humaine. Or, cette menace “escalade de plus en plus, diagnostique Noam Chomsky, citant notamment la montée des tensions avec la Russie. Actuellement, nous vivons dans l’une des périodes les plus dangereuses de l’ère #nucléaire.”

    (...) Ces deux sources de dangers pour l’humanité, anciennes, arrivent maintenant à leur point de rencontre, selon l’intellectuel : “Par exemple, l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, vont probablement bientôt faire face à d’importantes pénuries d’eau. Sachant que les deux pays sont déjà proches du conflit, le manque d’eau pourrait être l’élément déclencheur. Et tout cela pourrait rapidement se transformer en guerre nucléaire, avec des conséquences désastreuses pour la région ou pire, si l’arme nucléaire est utilisée à grande échelle”.

    https://seenthis.net/messages/550819 via intempestive