• Facebook : des documents internes dévoilent les détails de sa politique de modération

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/12/21/facebook-des-documents-internes-devoilent-les-details-de-sa-politique-de-mod

    Orientation sexuelle, origines ethniques, sexe, genre, religion, nationalité, handicap ou maladie entrent dans le cadre de ces « catégories protégées » (PC), ce qui était déjà indiqué en clair dans les « Community Guidelines ». En revanche, on apprend ici que d’autres catégories ont le droit à une certaine protection : en fonction de l’âge (les seniors, les jeunes), en fonction de l’emploi (enseignants, docteurs, chômeurs…), du statut social (riche, pauvre, classe moyenne…), de l’apparence ou encore de l’appartenance politique.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/21/644x322/5052396_3_224b_facebook-reste-tres-secret-sur-la-facon-dont-f_fb79e8672dffa1aae66ac5bd8923999a.jpg

    Pour préciser la façon d’appliquer des restrictions liées aux attaques contre ces groupes, ces documents prennent parfois l’allure de formules mathématiques : « PC + PC = PC, alors que PC + NPC = NPC ». En clair, l’association de deux catégories protégées forme une catégorie protégée. Par exemple, les « femmes irlandaises » regroupent les catégories « nationalité » et « sexe » ; elles sont donc protégées, soulignent ces documents. Il est donc interdit d’écrire que « les femmes irlandaises sont stupides ». En revanche, les adolescents irlandais ne le sont pas, car la catégorie « adolescent » n’est pas protégée. Il est donc possible de dire du mal des adolescents irlandais.

    Il est aussi précisé que si les membres d’un groupe religieux sont protégés, la religion elle-même ne l’est pas. La même règle vaut pour les pays, qui ne sont pas protégés, contrairement à leurs habitants. Ainsi, il est possible d’attaquer l’islam ou le christianisme, mais pas les musulmans ou les chrétiens.

    Les documents obtenus par la Süddeutsche Zeitung montrent aussi la subtilité complexe de ces règles, qui ne cessent d’évoluer. Ainsi, il est possible d’insulter les migrants, mais pas les musulmans, qui sont protégés. Les migrants, eux, appartiennent à une « catégorie quasi protégée », « une forme spéciale introduite après des plaintes en Allemagne », croit savoir le journal. Ainsi, des messages haineux envers les migrants peuvent être autorisés sous certaines formes : il est par exemple acceptable, selon ces règles, d’écrire que « les migrants sont sales », mais pas que ce sont « des saletés ».

    https://seenthis.net/messages/553956 via enuncombatdouteux