/2017

  • « L’enfance, autant que l’âge adulte, est structurée par des conflits, des dominations » (Julie Pagis et Wilfried Lignier, Libération)
    http://www.liberation.fr/debats/2017/05/29/julie-pagis-et-wilfried-lignier-l-enfance-autant-que-l-age-adulte-est-str

    Les auteurs de « l’Enfance de l’ordre » ont passé deux ans dans deux classes de primaire pour comprendre comment les enfants appréhendent le monde des grands. Résultat, l’« habitus » se construit socialement, les enfants « recyclent » ce que disent les grands.
    […]
    Les auteurs souhaitaient, grâce à leur immersion, étudier la façon dont l’éducation à l’ordre et au désordre, au propre et au sale, au bien et au mal organise une représentation du monde et des valeurs, détermine nos goûts ou nos amitiés.
    […]
    « Si le livre permettait aussi de revenir sur une vision enchantée de l’enfance, ce serait bien. L’enfance, autant que l’âge adulte, est structurée par des conflits, des dominations. Voici une idée que nous partageons avec la psychanalyse.
    […]
    Les enfants sont constamment soumis à des impératifs dans la sphère familiale ou dans la sphère scolaire, donc ce n’est pas étonnant qu’ils recyclent ces injonctions. […] Ils accordent aussi beaucoup d’importance au corps, au poids, à l’esthétique. […] Quand nous leur avons demandé ce qu’ils feraient s’ils arrivaient au pouvoir, les propositions allaient de mettre tous les voleurs en prison à retirer toutes les cigarettes de France et interdire l’alcool. Les programmes moins excessifs visaient à réparer une situation vécue comme injuste ou humiliante. »

    #éducation #enfants #habitus #stéréotypes #développement_de_l'enfant

    https://seenthis.net/messages/672644 via Pierre Coutil


  • A qui profite le rire ?
    http://www.liberation.fr/debats/2017/12/29/a-qui-profite-le-rire_1619319

    « Peut-on (encore) rire de tout ? » titrait il y a quelques jours le Parisien, posant une double question : a-t-on moins de liberté aujourd’hui en tant qu’humoriste quant aux sujets qu’on peut aborder, et quel est cet « avant », ce temps béni des… oups, je m’égare, ce temps où on pouvait rire de tout et où le « vivre ensemble » régnait, paraît-il, sur la société française ?

    Force est de constater une immense confusion dès qu’on parle d’humour et de « liberté d’expression ». Apparemment l’humour serait un lieu sacré et intouchable, et exprimer toute opinion quant à ce qui est drôle ou pas est immédiatement perçu comme du fascisme et assimilé à de la « censure »…

    Petit préalable à mon propos : je tiens à rappeler que je n’ai pas le pouvoir de la censure. En effet, la censure vient par définition de l’Etat et des lieux de pouvoir – auquel ni moi ni mon amie Rokhaya Diallo n’appartenons (pas faute d’avoir tenté hein !). Néanmoins, tous ces défenseurs de la liberté sont d’accord, et moi avec, pour que Dieudonné n’ait plus droit à la parole dans les médias traditionnels parce que lui, c’est « de l’incitation à la haine et plus de l’humour ». Charlie Hebdo, qui s’autoproclame grand maître de l’humour noir et que si-on-trouve-pas-ça-drôle-c’est-qu’on-est-vraiment-des-gros-cons-coinços, journal sans limite aucune, disent-ils, ont pourtant viré Siné en trois minutes en expliquant que ses dessins « pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale, et ce n’était ni acceptable ni défendable devant un tribunal ». On est donc d’accord : l’antisémitisme n’est pas acceptable, même déguisé en blague !
    « J’le connais il est pas raciste ! »

    Mais Riss, dans son dernier édito, fait mine de n’avoir toujours pas compris la différence entre « rire avec » et « rire contre ». Quand le journal, au lendemain des attentats de Barcelone titre « Islam, une religion de paix » avec un dessin de cadavres, il manque à mon sens une occasion unique de « rire avec » : en effet, les musulmans sont de loin la première cible des terroristes. Charlie Hebdo aurait donc eu tout le loisir d’acter ce sinistre point commun et de rire avec les musulmans, et avec tout le cynisme qui les caractérise, contre Daesh, non ? Bah non. C’est plus marrant de rire contre les musulmans et de faire, une fois encore, l’amalgame entre une religion et des terroristes politiques. C’est plus marrant ou… ça fait plus vendre ? Je vous laisse juger.

    Mais alors, à quel moment ce n’est plus de l’humour ? Ça commence quand, « l’incitation à la haine » ? Et surtout, qui a la légitimité de définir cette limite entre gaudriole et violence ? Je me permets une hypothèse : et si c’était, tout simplement, les concerné·e·s ? Est-ce que, quand Griezmann fait une blackface, plutôt que de rabâcher en boucle « on peut pu’ rire de rien ! » et « j’le connais il est pas raciste ! », ne pourrait-on pas plutôt écouter les personnes concernées qui nous expliquent pourquoi le blackface, c’est pas drôle ?

    Il faut en finir avec la mauvaise foi et regarder les choses en face : ceux qui hurlent à la censure dès que les groupes discriminés s’expriment sont bien les nostalgiques d’une époque où ces groupes étaient suffisamment silenciés pour qu’on puisse se foutre de leur gueule sans en subir la moindre conséquence. Mais ce temps-là est révolu, et vous savez quoi ? En tant que militante, je m’en réjouis.

    Et en tant qu’humoriste, il me semble fort intéressant de nous demander à quoi servent nos blagues et surtout qui elles servent. A l’accusation « qu’est-ce qu’on va se faire chier si on peut plus rire de tout ! » ce « tout » désignant implicitement les disciminé·e·s, je réponds que beaucoup d’humoristes aujourd’hui parviennent à être très drôles, sur tout, sans dégueuler haine ni mépris.
    Humour populaire

    Pour exemple, Nicole Ferroni https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-nicole-ferroni fait des chroniques depuis plus de quatre ans sur Inter sans offenser personne, si ce n’est les politiques et les grands patrons qui le valent bien. Madénian et VDB parviennent à faire des pastilles quotidiennes sur un media hyper populaire https://www.6play.fr/le-message-de-madenian-et-vdb-p_6730 sans taper systématiquement sur les bonnes femmes, les grosses ou les Arabes, comme quoi humour populaire ne rime pas forcément avec clichés haineux ; la liste d’humoristes de talent est longue, surtout si on y glisse les humoristes anglo-saxons, Ricky Gervais en tête, qui composent avec les minorités depuis bien longtemps et n’en sont pas moins à hurler de rire, cyniques s’ils le souhaitent, et n’évitant aucun sujet.

    à lire aussi On peut rire de tout, mais on peut aussi arrêter de citer Desproges n’importe comment

    La question n’est pas de créer des tabous, mais de prendre en compte une réalité : si toute la journée à la télé on balance des blagues sexistes, qui dédramatisent le viol, le racisme, l’homophobie etc, et ben devinez quoi ? Les actes racistes, sexistes, homophobes etc. s’en retrouvent banalisés et progressent. C’est pas moi qui le dis mais des sociologues qui se sont penchés sur la question. https://www.psychologytoday.com/blog/humor-sapiens/201107/does-racist-humor-promote-racism

    Il me semble donc intéressant de quitter cette posture de « oh ça va c’est de l’humour » comme si l’humour était déconnecté d’un contexte social et qu’ils ne s’interpénétraient pas. Et arrêtez de dire que bientôt on ne pourra plus faire de blagues sur les Bretons ou les pigeons. Ni les uns ni les autres ne subissent de discrimination de la part de l’Etat, de l’entreprise, dans l’accès au logement !

    Et pour ceux qui citent inlassablement Coluche et Desproges en référence, rappelez-vous que leurs positions étaient très claires : ils se moquaient des dominants et quand Coluche faisait une blague sexiste, il était clair qu’il se moquait du gros beauf sexiste et pas des femmes. Quand Desproges riait du cancer ou de la Shoah, il ne se foutait pas de la gueule des cancéreux ou des juifs mais nous offrait une salvatrice catharsis.

    Donc oui, nous sommes d’accord, on peut rire d’absolument tout : la pédophilie, le handicap, les religions, les homos, le viol… Encore faut-il avoir le talent et la générosité de le faire en incluant et non pas en écrasant.

    Océanerosemarie Auteure et comédienne

    https://seenthis.net/messages/656086 via Gastlag


  • « Blanchité », « racisé », « racisme d’État » : M. Blanquer, ces concepts sont légitimes dans le débat public
    Par Mélusine , #militante #féministe et #antiraciste — 23 novembre 2017 à 14:55
    http://www.liberation.fr/debats/2017/11/23/blanchite-racise-racisme-d-etat-m-blanquer-ces-concepts-sont-legitimes-da

    On avait accusé la #sociologie de fournir des « excuses » aux criminels, ce sont aujourd’hui ses concepts qui sont pris pour cibles. Un effort minimal aurait pourtant suffi au ministre de l’ #Éducation, #Jean-Michel_Blanquer, pour découvrir qu’en fait de « mots épouvantables », « #blanchité » et « #racisé » sont des termes scientifiques utilisés en France et ailleurs depuis plusieurs décennies. Ces concepts, consolidés au fil des ans, s’inscrivent dans des cadres théoriques partagés et font l’objet d’ouvrages et d’articles académiques nombreux. S’il est compréhensible que leur entrée dans l’espace du débat public provoque la surprise, leur condamnation lapidaire a de quoi inquiéter.

    La seconde moitié du XXe siècle a vu la disqualification scientifique et politique de la croyance en l’existence de #races humaines, aux différences physiologiques naturelles. Mais cette disqualification n’a en rien sonné la disparition du #racisme, à la fois comme idéologie – identifiant et hiérarchisant des groupes humains selon des critères culturels, ethniques, linguistiques, géographiques – et comme système social produisant des discriminations et des #inégalités entre ces groupes. S’il n’y a plus de races humaines, il y a toujours du racisme ; comme l’écrit la sociologue #Colette_Guillaumin : « C’est très exactement la réalité de la "race". Cela n’existe pas. Cela pourtant produit des morts. » C’est pour décrire et comprendre cette réalité – non pas biologique mais sociale – que la sociologie a élaboré des mots qui, évitant le piège de l’ #essentialisation, sont propres à la rendre dicible.

    Le mot « racisé » permet de nommer ce groupe social fondé non pas sur une couleur de peau ou une supposée appartenance ethnique, mais sur le partage de l’expérience sociale qu’est le racisme. Est racisé.e celle ou celui susceptible d’être assigné.e à une catégorie raciale, c’est-à-dire perçu.e comme appartenant à un groupe altérisé, distinct du groupe majoritaire ; comme un groupe homogène partageant des pratiques, des manières d’être, de vivre et de penser. Ce mot remplace opportunément d’autres termes, qui pèchent par une #euphémisation ridicule (« diversité »), prennent au sérieux le critère génétique (« minorité visible ») ou naturalisent des groupes pourtant artificiels (« minorité ethnique »). Le qualificatif ne désigne donc pas une qualité de l’être, mais une propriété sociale. Non pas une identité, mais une position dans la société, résultant d’un processus collectif : la #racisation.

    Dans L’ #idéologie_raciste (1972), #Guillaumin décrit ce processus comme une double dynamique d’altérité et d’hostilité qui, émanant d’un groupe dominant (le « groupe #racisant », considéré comme un allant-de-soi, une norme #neutre), enferme et opprime des groupes racisés, particularisés et dominés. Cette volonté d’appréhender le racisme non pas seulement à travers ses victimes, mais en s’intéressant aussi au groupe majoritaire, fonde la notion de blanchité (dont le pendant sexiste serait le patriarcat). Elle s’inspire du #concept de whiteness, d’abord développé dans le monde anglo-saxon, qui propose de mettre au jour l’existence d’un groupe blanc dont l’hégémonie sociale, politique et culturelle est telle qu’elle en devient invisible.

    La blanchité désigne ainsi à la fois le système raciste spécifique dans lequel nous vivons et la position sociale qu’y occupent les membres du groupe dominant : elle n’est pas un caractère intrinsèque des individus, mais une qualité qui peut s’acquérir. Dans #How_the_Irish_Became_White, l’historien #Noel_Ignatiev étudie ainsi la manière dont les immigré.e.s irlandais.e.s aux États-Unis, d’abord victimes de racisme, ont été progressivement incorporé.e.s au groupe dominant. Être blanc.he est donc moins une question d’épiderme que de position sociale et économique dans un contexte socio-historique donné. De la même manière, « racisé » ne désigne pas une #identité communautaire, mais une marque associée à une position sociale, économique, politique et symbolique subalterne.

    Ces mots proposent une approche du racisme qui tranche radicalement avec l’acception habituelle. Ils ne désignent plus seulement l’hostilité de quelques-un.e.s, les violences ou discriminations ponctuelles dont les racisé.e.s peuvent être victimes, mais un système structurant où le stigmate racial détermine la position sociale relative des personnes. La notion de « #racisme_institutionnel » expose les mécanismes de discriminations directes et indirectes auxquelles font face les racisé.e.s à l’école, sur le marché du travail ou auprès de l’administration et des services publics. L’idée de « #racisme_d’État », quant à elle, interroge l’impact du système raciste sur la structure même de l’État (statut des territoires d’Outre-mer, modalités d’acquisition de la nationalité) et les choix de politiques publiques (en particulier celles relatives aux migrations, à la population rom ou aux questions sécuritaires).

    Il est normal et fructueux que ces concepts fassent débat. Doit-on par exemple parler de racisme d’État en France, quand d’autres pays s’appuient, eux, sur des lois et des structures explicitement racistes ? Mais ces débats ne sauraient être disqualifiés d’avance, par ignorance ou malhonnêteté. Condamner l’usage de mots permettant de rendre compréhensible le fonctionnement du racisme – les qualifier eux-mêmes de racistes ! – c’est détruire les outils intellectuels et politiques nécessaires à la lutte contre le racisme. En refusant des décennies de travaux scientifiques et en prétendant contrôler le vocabulaire de militants syndicaux, le ministre de l’Éducation outrepasse sa compétence et sa fonction.

    Les mots et les #concepts ne sauraient être condamnés au prétexte qu’ils permettraient de décrire une réalité politiquement inacceptable. Ils ne sauraient faire l’objet de plaintes devant un tribunal parce qu’ils mettraient en cause le fonctionnement d’un État ou d’une société, sous peine de jeter à bas toute prétention au #débat démocratique et scientifique.

    https://twitter.com/melusine_2

    https://seenthis.net/messages/647064 via Gastlag


  • Ce que cache Martin Shkreli, l’homme qu’il faut haïr, par Guillaume Lachenal
    http://www.liberation.fr/debats/2017/10/18/ce-que-cache-martin-shkreli-l-homme-qu-il-faut-hair_1604026
    http://md1.libe.com/photo/1065364-former-drug-company-executive-martin-shkreli-exits-us-district-court-following-the-fourth-day-of-jur.jpg?modified_at=1508342367&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Sa carrière renvoie l’univers des #start-up à ses #illusions : il a fait des études médiocres, il a appris la biologie à la bibliothèque municipale, il prend ses infos sur Twitter, et pourtant ses performances d’investisseur furent souvent exceptionnelles. Il ne cache pas non plus que les start-up qu’il a fondées n’ont jamais fait de recherche, mais fonctionnaient plutôt comme des produits financiers, tentant de créer la hype avec des promesses plus ou moins sérieuses. Il semblait chuchoter, avec sa petite voix désagréable : « Et si tout ceci n’était que du vent ? ». Sa success-story devenait embarrassante : elle suggérait que toute la bulle #biotech tenait d’une pyramide de Ponzi à la Madoff. Pour que l’on continue de croire au canular, il fallait que le self-made-man redevienne une anomalie.

    #financiarisation #pharma #bouc_émissaire #troll

    https://seenthis.net/messages/638359 via Fil



  • Comment la France s’apprête à devenir un Etat policier où chacun est transformé en potentiel suspect
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/14053-comment-la-france-s-apprete-a-devenir-un-etat-policier-ou-chacun-es

    Avouez que ces deux meutres d’innocentes à Marseille tombe à pic pour le gouvernement...

    « Etat policier », « despotisme doux », « césarisme » : juristes, avocats et grandes organisations de défense des droits humains critiquent très sévèrement le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui doit être votée à l’Assemblée nationale, la semaine prochaine. Remplaçant l’état d’urgence qui arrive à expiration, cette loi en prolonge plusieurs dispositions très controversées, banalise l’arbitraire, et autorise même le recours à des polices privées sur la voie publique. A croire que, bien au-delà de la lutte anti-terroriste, c’est toute forme de contestation de l’ordre établi qui pourrait être visée.

    Coincée entre la fameuse réforme du code du travail – dont les cinq ordonnances sont (...)

    https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/droit-de-manifester-en-france
    http://www.gouvernement.fr/action/renforcer-la-securite-interieure-et-la-lutte-contre-le-terrorisme
    https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/albums/with/72157682875865124
    http://www.syndicat-magistrature.org/Appel-du-collectif-Non-etat-d.html
    https://www.mesopinions.com/petition/politique/petition-appelant-aux-deputes-marche-alpes/33191
    http://www.liberation.fr/debats/2017/07/16/de-l-etat-d-urgence-au-despotisme-doux_1584185
    http://www.liberation.fr/debats/2017/07/10/la-france-est-droguee-a-l-etat-d-urgence-mettez-y-un-terme-monsieur-le-pr
    http://www.cncdh.fr/sites/default/files/170706_avis_sur_le_pjl_securite_interieure_terrorisme.pdf
    https://www.senat.fr/leg/etudes-impact/pjl16-587-ei/pjl16-587-ei.html
    http://www.lacimade.org/etat-durgence-permanent-controles-facies-partout
    http://www.bfmtv.com/politique/sortir-de-l-etat-de-droit-le-lapsus-de-gerard-collomb-1255289.html
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/06/23/jacques-toubon-le-projet-de-loi-antiterroriste-est-une-pilule-empoisonnee_51



  • Emmanuel Todd : « La crétinisation des mieux éduqués est extraordinaire »
    Par Sonya Faure et Cécile Daumas — 6 septembre 2017

    Pour l’historien Emmanuel Todd, la vraie fracture n’est aujourd’hui plus sociale, mais éducative. Et la démocratie est vouée à disparaître en Europe.

    Trump, Brexit, Macron. Vous analysez les bouleversements au sein des démocraties moins comme les résultats d’une fracture sociale que d’une fracture éducative…
    Nous vivons une phase décisive : l’émergence pleine et entière d’une nouvelle confrontation fondée sur les différences d’éducation. Jusqu’ici, la vieille démocratie reposait sur un système social fondé sur l’alphabétisation de masse mais très peu de gens avaient fait des études supérieures. Cela impliquait que les gens d’en haut s’adressaient aux gens simples pour exister socialement - même les dominants et même la droite. On a cru que la propagation de l’éducation supérieure était un pas en avant dans l’émancipation, l’esprit de Mai 68 finalement. Mais on n’a pas vu venir le fait que tout le monde n’allait pas faire des études supérieures : selon les pays, entre 25 % et 50 % des jeunes générations font des études supérieures, et dans la plupart d’entre eux leur nombre commence à stagner. Les sociétés ont ainsi adopté une structure éducative stratifiée. « En haut »,une élite de masse (en gros, un tiers de la population) qui s’est repliée sur elle-même : les diplômés du supérieur sont assez nombreux pour vivre entre eux. Symétriquement, les gens restés calés au niveau de l’instruction primaire se sont aussi repliés. Ce processus de fragmentation sociale s’est généralisé au point de faire émerger un affrontement des élites et du peuple. La première occurrence de cet affrontement a eu lieu en France en 1992 lors du débat sur Maastricht. Les élites « savaient », et le peuple, lequel ne comprenait pas, avait voté « non ». Ce phénomène de fracture éducative arrive à maturité.

    La lutte des classes sociales est remplacée par la lutte entre les classes éducatives ?
    Oui, même si revenus et éducation sont fortement corrélés. La meilleure variable pour observer les différences entre les groupes est aujourd’hui le niveau éducatif. Les électeurs du Brexit, du FN ou de Trump sont les gens d’en bas (même si le vote Trump a été plus fort qu’on ne l’a dit dans les classes supérieures), qui ont leur rationalité : la mortalité des Américains est en hausse, et même si les économistes répètent que le libre-échange, c’est formidable, les électeurs pensent le contraire et votent pour le protectionnisme.

    Les trois grandes démocraties occidentales ont réagi différemment à cet affrontement entre élite et peuple…
    En Grande-Bretagne, il s’est passé un petit miracle : le Brexit a été accepté par les élites, et le Parti conservateur applique le vote des milieux populaires. C’est pour moi le signe d’une démocratie qui fonctionne : les élites prennent en charge les décisions du peuple. Ce n’est pas du populisme car le populisme, c’est un peuple qui n’a plus d’élites. David Goodhart, le fondateur de la revue libérale de gauche Prospect, parle de « populisme décent », une magnifique expression. Les Etats-Unis sont, eux, dans une situation de schizophrénie dynamique. Les milieux populaires, furibards et peu éduqués, ont gagné l’élection, une partie des élites l’a acceptée (Trump lui-même fait partie de l’élite économique et le Parti républicain n’a pas explosé) mais l’autre moitié de l’Amérique avec l’establishmentla refuse. C’est un pays où règne donc un système de double pouvoir : on ne sait plus qui gouverne. En France, nous sommes dans une situation maximale de représentation zéro des milieux populaires. Le FN reste un parti paria, un parti sans élites. Le débat du second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron en a été la parfaite mise en scène. A son insu, Marine Le Pen a exprimé l’état de domination intellectuelle et symbolique de son électorat qui est, de plus en plus, peu éduqué, populaire, ouvrier. La dissociation entre les classes sociales est à son maximum. L’absence de solidarité entre les groupes sociaux est typique de la dissociation d’une nation.

    La France insoumise est-elle une tentative de renouer le contact entre élite et peuple ?
    Elle est le phénomène électoral intéressant de cette dernière élection. Il m’intéresse d’autant plus que je n’y croyais pas du tout ! Les électeurs de Mélenchon sont jeunes comme ceux du FN. Mais ce qui est vraiment original dans l’électorat de Mélenchon, c’est son caractère transclassiciste. Ouvriers, employés, professions intermédiaires, diplômés du supérieur : toutes les catégories sociales y sont représentées. En ce sens, les progrès de La France insoumise ne seraient pas une nouvelle forme de gauchisme, mais exactement l’inverse : une certaine forme de réconciliation des catégories sociales et éducatives françaises. Reste à savoir si Mélenchon a dans la tête ce qu’il faut pour gérer une telle réconciliation.

    Et Emmanuel Macron ?
    On ne peut pas savoir ce qu’il y a dans la tête de Macron : il est jeune et trop instable, son parcours professionnel l’a montré. Il est pour l’instant sur une trajectoire de conformisme absolu. Réformer, flexibiliser, accepter la gestion allemande de la monnaie… une direction qui amène inévitablement à un ou deux points de chômage supplémentaires en fin de quinquennat. Pour Macron, poursuivre dans cette voie, c’est accepter de disparaître politiquement à 40 ans. Une hollandisation éclair.

    Vous êtes un homme de gauche, comment voyez-vous sa situation aujourd’hui ?
    Je ne suis pas très optimiste ! L’une des grandes faiblesses de la science politique est de réfléchir aux citoyens comme à des êtres abstraits. Mais quand on décrypte, comme je le fais, des variables sociologiques, on arrive à la conclusion qu’il existe un subconscient inégalitaire dans notre société. La stratification éducative, je l’ai dit, a provoqué une fermeture du groupe des éduqués supérieurs sur lui-même. La crétinisation politico-sociale des mieux éduqués est un phénomène extraordinaire. Le vieillissement de la population va aussi dans le sens d’une préférence pour l’inégalité. Que devient la démocratie quand les gens sont en moyenne beaucoup plus âgés et riches ? Dans le logiciel de La France insoumise, il y a la révolte. Mais des révolutions au sens mélenchoniste dans un pays où l’âge médian de la population atteint les 40 ans, je n’en ai jamais vu. Les peuples qui font des révolutions ont 25 ans d’âge médian. La société française semble dans une impasse.

    Vous êtes de plus en plus critique sur l’Europe. Dans votre livre, vous craignez une dérive autoritaire du continent…
    Je suis arrivé au bout de ma réflexion. Comment exprimer ces choses-là gentiment… Je ne veux surtout plus adopter la posture du mec arrogant. Que se passe-t-il en Europe ? L’Allemagne meurt démographiquement mais elle conserve un niveau d’efficacité économique et politique prodigieux. Elle a pris le contrôle de la zone euro. Je pense que les historiens du futur parleront du choix de l’euro comme d’une option stratégique inimaginable. Comme de la ligne Maginot en 1940. L’euro ne marche pas, mais il s’est installé dans les esprits pour des raisons idéologiques, et on ne peut pas en sortir. Autour de l’Allemagne, les pays latins sont en train de dépérir, avec des taux de chômage ahurissants, et les pays de l’Europe de l’Est ont vu chuter leur taux de natalité, signe d’une grande angoisse. Les inégalités sont plus fortes au sein de l’espace économique et social européen - entre les revenus allemands et roumains - qu’au sein du monde anglo-saxon qu’on dénonce toujours comme étant le summum de l’inégalité.

    Mais le but de l’Union est, à terme, de faire converger les conditions de vie…
    Les gouvernements élus dans les pays faibles ne peuvent plus changer les règles. Mais est-ce une surprise ? Il faut étudier l’inconscient des sociétés européennes : il y a, dans la zone euro, une prédominance de régions dont la structure familiale traditionnelle était la famille souche, ce système paysan dans lequel on choisissait un héritier unique, et dont les valeurs étaient inégalitaires, autoritaires. Au fond, mon analyse des couches subconscientes de l’Europe retombe sur un lieu commun historique : qui, dans les années 30, aurait décrit l’Europe continentale comme le lieu de l’épanouissement de la démocratie libérale ? Les berceaux de la démocratie sont le monde anglo-saxon et le Bassin parisien. Pour le reste, les contributions modernes à la politique de la zone euro, c’est Salazar, Pétain, Franco, Hitler, Dollfuss…

    Est-ce que ça condamne l’idéal européen ?
    Compte tenu du potentiel anthropologique et post-religieux de l’Europe continentale, il aurait été ridicule de s’imaginer qu’après le repli anglo-américain de la zone, car c’est cela qu’on vient de vivre sur le plan géopolitique, une réelle démocratie pourrait perdurer. Ce qui ré émerge aujourd’hui, ce sont les traditions propres du continent européen, et elles ne sont pas propices à la démocratie libérale. La France pourrait porter des valeurs démocratiques et égalitaires… mais la France n’est plus autonome.

    Le risque pour l’Europe, c’est l’autoritarisme ?
    Même si la démocratie disparaît, ça ne veut pas dire qu’on va vers le totalitarisme, ni qu’on perd la liberté d’expression, et que la vie devient insupportable pour tout le monde. Mais ce qui est insupportable dans le stade post-démocratique actuel, c’est que la vie reste plutôt agréable pour les gens d’en haut tandis qu’une autre partie de la population est condamnée à la marginalité. Peut-être que le système explosera. Peut-être que la France retrouvera son autonomie et, comme les Britanniques, une façon de reformer une nation, avec ce que ça suppose de solidarité entre les classes sociales.

    Vous intervenez aujourd’hui en tant qu’historien, polémiste ?
    Je suis beaucoup intervenu, parfois de manière polémique, dans le débat public. Mais, avec ce livre, j’ai voulu revenir au plaisir de l’observation historique, sans prendre partie. Je suis à la fois un citoyen qui s’énerve parce que je suis toujours dans le camp des perdants, et qu’à force, c’est agaçant, mais je suis aussi un historien. Et ce qui est bien, c’est que même quand le « citoyen » perd, l’histoire, elle, continue. Je pense que la démocratie est éteinte en Europe. Le gros de l’histoire humaine, ce n’est pas la démocratie. L’une de ses tendances lourdes est au contraire l’extinction de la démocratie. En Grèce, en France, les gens votent, et tout le monde s’en moque. Pour un citoyen, c’est tout de même embêtant. Pour un Français qui se pense français, c’est carrément humiliant. Mais un historien sait qu’il y a une vie après la démocratie.

    http://www.liberation.fr/debats/2017/09/06/emmanuel-todd-la-cretinisation-des-mieux-eduques-est-extraordinaire_15946

    #Démocratie #europe #union_européenne #euro #Famille #Education #élite #gréce #france #allemagne #Emmanuel_Todd

    https://seenthis.net/messages/630764 via BCE 106,6 Mhz


  • *De la fin d’un monde à la renaissance en 2050 *
    « Bien que la prudence politique invite à rester dans le flou, et que la mode intellectuelle soit celle de l’incertitude
    quant à l’avenir, j’estime au contraire que les trente-trois prochaines années sur Terre sont déjà écrites, grosso
    modo, et que l’honnêteté est de risquer un calendrier approximatif. La période 2020-2050 sera la plus bouleversante qu’aura jamais vécue l’humanité en si peu de temps. A quelques années près, elle se composera
    de trois étapes successives : la fin du monde tel que nous le connaissons (2020-2030), l’intervalle de survie
    (2030-2040), le début d’une renaissance (2040-2050). »
    http://www.liberation.fr/debats/2017/08/23/de-la-fin-d-un-monde-a-la-renaissance-en-2050_1591503


  • Coupe budgétaire sur les contrats de ville (Ville & Banlieue)
    http://www.ville-et-banlieue.org/coupe-budgetaire-contrats-de-ville-22631.html

    […] le décret n° 2017-1182 du 20 juillet 2017 portant annulation de 46,5 millions d’euros de crédits d’État destinés aux « contrats de ville » 2017 est, quant à lui, passé plutôt inaperçu.

    […]

    Ce choix est gravement préoccupant car très dangereux pour l’équilibre social des territoires urbains dégradés et paupérisés, en cours ou en projet de rénovation et redynamisation urbaines.

    Ce sont en effet principalement les programmes d’actions portés par des milliers d’associations, pour beaucoup déjà entamés depuis le début de l’exercice 2017 sur la base des engagements pluriannuels contractualisés entre l’État et les collectivités locales, qui vont voir leurs moyens réduits, à un taux variable suivant les quartiers et les départements. En clair, tous les crédits non encore engagés sont supprimés. Les préfets ont reçu ou reçoivent en ce moment les déclinaisons départementales de ce décret.

    Ce choix hasardeux va obérer et mettre à mal des actions essentielles d’accès et de médiation vers l’emploi, d’appui aux mobilités, de formation, d’accompagnement à la scolarité, d’offres socio-éducatives, d’éveil à la culture, d’initiation aux sports, d’action solidaire envers les plus pauvres, les jeunes enfants, les seniors, l’égalité hommes-femmes, les personnes porteuses de handicaps, l’accès au logement, à la santé, à la prévention de la délinquance et des radicalisations, d’aide aux victimes, de protection judiciaire, de réinsertion des détenus en fin de peine, d’exercice de la citoyenneté, et d’autres, toutes nécessaires, de façon unanimement reconnue par-delà les sensibilités politiques, comme le pendant indispensable des opérations de rénovation urbaine, de l’habitat, des équipements et des espaces publics.

    Le coup de massue du gouvernement sur les quartiers populaires (Libération)
    http://www.liberation.fr/debats/2017/09/01/le-coup-de-massue-du-gouvernement-sur-les-quartiers-populaires_1593486

    #budget #politique_de_la_ville #banlieue #zone_prioritaire

    https://seenthis.net/messages/628314 via Heautontimoroumenos


  • De la fin d’un monde à la renaissance en 2050

    http://www.liberation.fr/debats/2017/08/23/de-la-fin-d-un-monde-a-la-renaissance-en-2050_1591503

    Alors que s’ouvrent les Journées d’été d’EE-LV à Dunkerque, l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet examine l’effondrement mondial imminent et la nécessité d’un projet décroissant.

    http://md1.libe.com/photo/1049080-le-corps-etherique.jpg?modified_at=1503512059&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Initialement munis d’une immense générosité intellectuelle et porteurs de la seule alternative nouvelle à la vieille gauche et à la vieille droite, les écologistes politiques ont aujourd’hui presque tout perdu, même leurs sièges. Ils apparaissent périmés, faute d’être présents au réel.

    Celui-ci a beaucoup changé depuis trente-trois ans, particulièrement par le passage du point de bascule vers un effondrement global, systémique, inévitable. Jadis, inspirés par le rapport Meadows ou les écrits de Bernard Charbonneau, René Dumont et André Gorz, nous connaissions déjà les principales causes de la dégradation de la vie sur Terre et aurions pu, dès cette époque et à l’échelle internationale, réorienter les politiques publiques vers la soutenabilité. Aujourd’hui, il est trop tard, l’effondrement est imminent.

    L’effondrement de la première étape est possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030. Une telle affirmation s’appuie sur de nombreuses publications scientifiques que l’on peut réunir sous la bannière de l’Anthropocène, compris au sens d’une rupture au sein du système-Terre, caractérisée par le dépassement irrépressible et irréversible de certains seuils géo-bio-physiques globaux. Ces ruptures sont désormais imparables, le système-Terre se comportant comme un automate qu’aucune force humaine ne peut contrôler.

    La seconde étape, dans les prochaines années 30, sera la plus pénible au vu de l’abaissement brusque de la population mondiale (épidémies, famines, guerres), de la déplétion des ressources énergétiques et alimentaires, de la perte des infrastructures (y aura-t-il de l’électricité en Ile-de-France en 2035 ?) et de la faillite des gouvernements.

    Sans surprise, hélas, notre perspective générale ne semble pas encore partagée par la majorité des écologistes qui tiennent leurs Journées d’été européennes à Dunkerque. Ainsi, la plénière finale du samedi 26 août est-elle en partie consacrée au « développement industriel » en Europe. Un élan vers le pire.

    https://seenthis.net/messages/624515 via enuncombatdouteux



  • Marylène Patou-Mathis : « Je me suis attachée à #Néandertal parce qu’il était victime d’un délit de sale gueule » - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/08/11/marylene-patou-mathis-je-me-suis-attachee-a-neandertal-parce-qu-il-etait-
    Super entretien avec Marylène Patou-Mathis, préhistorienne. Je ne la connaissais pas et ne suis pas du tout familière de son sujet d’étude mais son parcours et son positionnement valent le détour. C’est toujours émouvant de voir les liens profonds entre les histoires de vie des chercheurs-ses et leurs sujets de recherche.
    #préhistoire #histoire #altérité #genre #recherche #paléolithique

    https://seenthis.net/messages/622179 via ninachani


  • « Cercle de la #raison », cercle vicieux, par Anne Dufourmantelle
    http://www.liberation.fr/debats/2017/04/27/cercle-vicieux_1565827

    (…) Ce que l’invité des Matins de France Culture prônait m’a ensuite aidé à compléter le profil des ressortissants du « cercle de la raison », ceux qui ne sont pas fous, ceux qui connaissent et savent se résoudre aux lois de la nature. Premièrement, ils savent « accepter la loi de la gravitation économique ». Deuxièmement, ils savent être « révolutionnairement modérés ». Troisièmement, ils regrettent « la révocation de l’édit de Nantes qui a privé la France d’une bourgeoisie industrielle d’éthique protestante ». Ces individus raisonnables entre tous considèrent donc que l’économie est un département de la physique des corps, ils appellent « révolution » le statu quo et enfin ils espèrent convertir cette France si lamentablement catholique (et latine) puis laïque, au protestantisme des « Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne ». Voilà en effet des gens sensés et réalistes…

    Ce qui me frappe, moi qui ne crois pas appartenir au « cercle de la raison », c’est que l’on trouve raisonnable justement que 200 personnes soient aussi riches que 3 milliards dans ce monde. Ce qui me frappe c’est que l’on trouve raisonnable de ne pas donner raison aux sages femmes de ce pays qui, depuis plus d’un an, ne font pas grève pour le plaisir mais pour obtenir des conditions de travail décentes. Ce qui me frappe, c’est que l’on trouve raisonnable de ne pas satisfaire la demande justifiée des auxiliaires maternelles en crèche ou des infirmières, rincées par le sous-effectif, car ce sont elles qui sont en première ligne sur le front de notre sacro-sainte égalité. Ce qui me frappe c’est que l’on trouve raisonnables les méthodes managériales qui poussent tant de gens à souffrir au travail et parfois à en finir, ce qui me frappe c’est de trouver raisonnable de continuer d’appeler Europe ce grand projet de liberté et de paix éclairées, la technocratie Bruxelloise.

    Martin Buber a écrit que c’est en rendant impensable toute alternative à un ordre des choses qu’on participe à une #hégémonie qui a pour propriété de susciter la #violence et la destruction. La doxa qui consiste à ostraciser toute pensée transversale à une orthodoxie couve une menace. On a vu comment « le cercle de la raison » a pondu en une trentaine d’années un parti qui a la peur pour patrie et le ressentiment pour exutoire. Parce que le devoir de faire barrage à cette réaction vindicative était le plus sûr moyen pour ce « cercle » de se répliquer au pouvoir ? Les cercles ne sont pas seulement creux, il leur arrive d’être vicieux.

    #macronie

    https://seenthis.net/messages/620479 via tbn


  • Vaccins : il faut étudier les risques des adjuvants aluminiques
    https://reporterre.net/Vaccins-il-faut-etudier-les-risques-des-adjuvants-aluminiques

    Malgré les bénéfices individuels et collectifs de la vaccination, elle suscite une vive défiance. Pour l’auteur de cette #Tribune, la raison majeure en est la méconnaissance du degré exact de nocivité des adjuvants, en particulier aluminiques. Encourager la recherche sur cette question est nécessaire, et suppose que les autorités assument l’existence d’un risque possible. Romain Gherardi est professeur hospitalo-universitaire, université Paris-Est Créteil & Inserm U955E10. Il est l’auteur de Toxic (...)

    Tribune

    / Santé

    #Santé
    « http://www.who.int/influenza_vaccines_plan/resources/session_10_kaddar.pdf?ua=1 »
    « http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Fischer »
    « http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/vaccins-comment-retablir-confiance-augmenter-couverture-population-2016 »
    « http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-humaines-et-sociales-sciences/toxic-story »
    « http://www.liberation.fr/debats/2017/07/09/vaccins-obligatoires-un-geste-politique-autoritariste-au-profit-des-labor »
    « https://torange.biz/18976.html »
    « https://en.wikipedia.org/wiki/Haemophilus_influenzae#/media/File:Haemophilus_influenzae_01.jpg »



  • Je réagis...

    Nouveaux intellectuels faussaires ou Nouveaux Chiens de garde ?
    Ils s’expriment sur un quotidien Rotchildien cher à Macron ! Cf article plus bas.

    Leur lettre à Macron sur Libé à charge contre Assad (ce dictateur inventé) en dit long sur leurs positions va-en-guerre ANTI-GAULLISTES, ce qui ne présage rien de bon dans les jours qui viennent. Ils prônent l’éviction d’Assad le seul président reconnu souverain choisi par une majorité de syriens.

    La chasse aux sorcières de ces pays riches en gaz en pétrole et en matières premières a commencé depuis bien longtemps , depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, depuis la création d’une Europe ultra-capitaliste au service dune machine de guerre nommée OTAN.

    Sur les signataires de cette pétition ridicule, j’en retiens 2 que j’ai pu croiser lors de quelques conférences : François Burgat et Dominique Vidal

    A ces messieurs et signataires "intellectuels", je souhaite leur rappeler ceci :

    La seule dictature qui vaille, c’est celle qui consiste à créer l’ennemi de toute pièce, désigner un chef d’Etat souverain comme étant l’ennemi de son peuple après avoir sur-armé les intégristes et les mercenaires de tout bord à l’œuvre pour le déstabiliser, soutenus et armés par une coalition plus que douteuse, celle des puissances occidentales capitalistes dont un passé colonial abominable, que vous soutenez, de connivence avec l’Arabie Saoudite, Israël, les EU, la GB et la France d’aujourd’hui, ceux-là même qui ont zigouillé tout le Proche-Orient, le Moyen-Orient, l’Afrique, les pays de l’Est et l’Amérique latine, le monde arabo-musulman en général et je n’oublie pas ce que vous avez fait de l’Irak, du Yémen et de l’Iran avant d’y instaurer le régime des Mollahs. Ah oui, j’ai oublié Belfast, la Palestine, Beyrut en passant par l’Algérie déstabilisée mais qui s’en est sortie malgré vous !

    La Syrie d’Assad, que ça vous plaise ou non est un État souverain dont vous n’avez pas à choisir le Maître !

    Vous avez créé assez d’Emirats dans cette région du monde après avoir semé la MERDE, vous en faut-il un autre ?

    La Syrie d’Assad vivait en paix il y a encore quelques années, les syriens mangeaient à leur faim et la culture battait son plein. On pouvait y faire du tourisme, aller à la rencontre de l’habitant et y être accueilli comme un roi.

    Qu’Assad soit le chef d’un parti unique est le cadet de mes soucis. Il y a bien pire, vos alliés !
    Si les syriens veulent changer de régime, c’est à eux seuls d’en décider. Mais il me semble que dans la plupart des pays du monde arabo-musulman, on s’en accomode, le saviez-vous ? Quand comprendrez-vous que l’Orient, ses modes de vie et de gouvernance n’ont pas à être assimilés à ceux de l’Occident ?

    Faîte-moi plaisir,

    – demandez un retour à la diplomatie, la vraie et vite.

    Le problème n’est pas de savoir si tel chef d’Etat est "dictateur" ou Président d’un parti unique et le désigner comme sanguinaire après l’avoir poussé à la guerre.

    Votre seule et unique préoccupation, celle du bon sens, alignée sur un des principes fondateurs du gaullisme, devrait être celle de l’intérêt général : ramener tous les partis à la table de la négociation et ouvrer pour une paix durable.

    CA S’APPELLE faire de la "DIPLOMATIE" !

    – écrivez une lettre à Macron, vous auriez dû le faire depuis très longtemps déjà. Demandez lui de sortir de l’OTAN et de son supplétif l’UE et de cesser de vendre des armes au diable. L’Arabie Saoudite n’est pas un allié fréquentable. D’ailleurs, sommes-nous nous-mêmes fréquentables ?

    – demandez-lui de condamner la politique d’apartheid, de pillage et de colonisation de la Palestine emmurée, gazée. De rompre les relations commerciales avec cet Etat sanguinaire jusqu’à ce que l’État de droit s’applique et que la Palestine soit libérée de la plus longue occupation de l’histoire moderne. Je ne demande pas la lune, je ne demande pas aux gendarmes du Monde d’y larguer des bombes. La guerre n’est pas une solution, messieurs les va-en-guerre !

    Le criminel de guerre Netanyahu est l’invité de Macron le 15 juillet 2017, il fait honneur à notre politique de guerre.

    C’est un sujet que vous connaissez bien M. Vidal !

    Un rappel tout de même, les chrétiens les plus persécutés dans le monde arabe sont les palestiniens.

    Le 1er ministre irakien de Saddam Hussein, Tarek Aziz était chrétien.

    Les armes chimiques vendues à Saddam ce sanguinaire pour agresser l’Iran, sont occidentales. Balayez devant votre porte !

    Toutes les communautés chrétiennes du pays d’Assad ainsi que les autres communautés cohabitaient et vivaient en paix sous la protection assurée de leur Président.

    – enfin, vous pouvez encore écrire sur Libé, ce quotidien financé par la famille Rotchild soutien sans condition de la politique sioniste. Vous pouvez écrire à Macron et lui demander de retirer l’invitation à cet homme abominable qu’est TRUMP au défilé du 14 juillet.

    Je n’ai pas voté Macron, il ne représente pas la majorité des français.
    Cette révolution n’est pas négociable avec un type pareil ! Je ne l’accepte pas.

    – enfin, bien avant Assad, il y avait du pain sur la planche. Vous n’avez pas écrit, vous n’avez pas réagi ! Ça s’appelle de la malhonnête intellectuelle.

    NRobin

    http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_158105

    Le président syrien Bachar al-Assad au cours lors d’un entretien avec l’AFP dans la capitale Damas, le 12 avril, 2017
    Handout - Syrian Presidency Press Office - AFP
    TRIBUNE
    Monsieur le Président, maintenir Assad, c’est soutenir le terrorisme

    -- 2 juillet 2017 à 17:27 (mis à jour à 18:04 )
    Dans une interview donnée à la presse européenne le 21 juin, Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un « préalable à tout ». Une centaine d’intellectuels et de spécialistes de la région réagissent.

    Dans une interview récente accordée à huit journaux européens, vous avez rendu public un revirement diplomatique majeur de la France. Vous avez déclaré, à propos de la Syrie : « Le vrai aggiornamento que j’ai fait à ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime (1) ! »Vous justifiez ce revirement au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est une erreur d’analyse majeure qui non seulement affaiblira la France sur la scène internationale mais n’endiguera en aucune manière le terrorisme.

    En reconnaissant la légitimité de Bachar al-Assad, alors même que ses crimes sont largement documentés, vous placez la France dans la position d’Etat complice. Or, le peuple français ne vous a pas donné le mandat pour mener cette politique, puisque vous avez fait campagne en défendant des positions contraires. En réponse aux questions des associations franco-syriennes, vous aviez notamment affirmé entre les deux tours de l’élection présidentielle : « Bachar al-Assad a commis des crimes de guerre contre son peuple. Son maintien au pouvoir ne peut en aucun cas être une solution pour la Syrie. Il n’y aura pas non plus de paix sans justice et donc les responsables des crimes commis, notamment les attaques chimiques, devront en répondre. La France continuera d’agir au Conseil de sécurité en ce sens, malgré l’obstruction systématique d’un des membres permanents (2). »

    La diplomatie française s’est jusqu’ici distinguée par une ligne politique cohérente en condamnant explicitement le régime criminel de Bachar al-Assad. Les preuves ne cessent de s’accumuler (3) et plus de 90 % des victimes civiles en Syrie sont le fait du régime et non de l’insurrection syrienne, du PYD kurde (branche syrienne du PKK) ou même de l’Etat islamique (4). Vous déclarez vouloir poser deux lignes rouges« les armes chimiques et l’accès humanitaire ». Celles-ci ont été franchies depuis longtemps en toute impunité. Vous en excluez d’autres : bombardements des populations civiles, tortures et incarcérations de masse, y compris d’enfants, sièges de villes et de quartiers qui affament les populations, enrôlements forcés, etc. Ces exactions sont tout autant inacceptables.

    Vous renoncez à l’exigence de justice que vous aviez affirmée au nom d’un prétendu réalisme selon lequel il n’y aurait pas d’alternative à Assad. Vous ajoutez que « la démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples ».Vous validez ainsi la thèse du régime syrien selon laquelle ce n’est pas le peuple qui aspirerait à la démocratie mais des puissances extérieures qui tenteraient de la lui imposer. La Syrie n’est pas l’Irak, il ne s’agit en aucun cas « d’exporter la démocratie ». La révolution syrienne débute dans le contexte des « printemps arabes » et n’est pas le fait d’une invasion occidentale. C’est justement pour obtenir la démocratie par lui-même que le peuple syrien s’est levé contre Assad. S’il y a ingérence, c’est plutôt parce que la Russie et l’Iran s’obstinent à entraver son droit à l’autodétermination. Votre propos porte en lui l’infantilisation de tout un peuple : vous n’envisagez pas qu’il puisse désigner lui-même un successeur légitime à Assad.

    Quoi pourtant de plus illégitime qu’un dictateur qui pratique le gazage des populations civiles, l’usage des barils d’explosifs, les exécutions sommaires, le viol collectif des femmes et des enfants, la destruction intentionnelle des hôpitaux et des écoles ? Vous affirmez : « Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. » En réalité, Bachar al-Assad n’est pas uniquement l’ennemi du peuple syrien : il est l’ennemi de l’humanité tout entière. Non seulement du fait de ses crimes contre l’humanité, mais aussi parce qu’il est l’un des premiers responsables de la montée en puissance de Daech qui s’attaque à la France et au reste du monde.

    Votre solution n’est pas nouvelle et aligne la diplomatie française sur les positions américaine et russe : au nom de la lutte antiterroriste, donner un blanc-seing au régime et cautionner l’élimination de la rébellion issue des manifestations pacifiques de 2011. L’échec de cette stratégie engagée par Barack Obama à partir de 2013 est pourtant patent. C’est bien l’abandon de l’insurrection par l’Occident qui a donné à des groupes jihadistes l’occasion de prospérer dans une partie de la Syrie. C’est pourquoi la perpétuation de cette configuration ne laisse d’autre alternative à ceux qui s’opposent au régime que l’exil, la mort ou le rapprochement avec les groupes les plus radicaux.

    Assad n’est pas l’ennemi du terrorisme, il en est le promoteur. Le régime ne s’est pas contenté de créer le chaos permettant la prolifération de groupes jihadistes : il a adopté une stratégie délibérée et active consistant à faciliter leur implantation sur le territoire et à éliminer dans le même temps les franges les plus démocratiques de l’insurrection. Il a libéré en 2011 de sa prison de Saidnaya des centaines de jihadistes. Puis, avec le concours de ses alliés, il a systématiquement bombardé et attaqué les zones tenues par les rebelles et non pas celles tombées sous le contrôle de l’Etat islamique.

    Vous avez déclaré que vous ne voulez pas d’un « Etat failli ». Or, il l’est déjà. Le régime de Damas, désormais sous tutelle étrangère, n’assure plus les missions régaliennes d’un Etat et ne contrôle plus son territoire : l’armée est suppléée au combat par des milices ou des forces armées étrangères omniprésentes, un quart de la population syrienne est exilée, les zones insurgées qui demeurent libérées sont gérées de façon autonome (par exemple, les soins et l’aide alimentaire y sont assurés soit par les ONG internationales soit par les populations locales).

    Il existe des alternatives à Bachar al-Assad en Syrie. L’insurrection issue des groupes qui ont manifesté pacifiquement en 2011 pour la fin de la dictature continue de résister. Daraya, Douma, Alep, Deir Ezzor, Raqqa, Homs, Deraa, Idleb et bien d’autres villes insurgées ont mis en place leurs propres conseils locaux et ont organisé des élections pour leur gestion. Ce sont ces expériences démocratiques qui constituent le véritable terreau pour que puisse émerger une transition politique.

    Quant à lui, par la voix du journal du parti Baath, le régime de Damas a d’ores et déjà instrumentalisé vos propos pour valider sa thèse officielle du complot terroriste fomenté par l’Occident en déclarant : « Après l’échec de tous les paris sur les mouvements terroristes pour porter atteinte à l’Etat patriotique syrien, après l’échec du complot ourdi par les soutiens du terrorisme et ses créateurs, après le retour du terrorisme à la gorge de ses créateurs, les pays occidentaux commencent à faire volte-face et à changer leur position sur la crise syrienne, afin de trouver une nouvelle posture pour sauver la face (5). » Cela ne fait que confirmer qu’il n’y a pas de négociation possible avec un tel régime. La seule solution de sortie du conflit en Syrie est politique et doit se faire sans Bachar al-Assad.

    Monsieur le Président, une realpolitik digne de ce nom, c’est d’admettre que, s’il n’est pas une condition suffisante pour lutter efficacement contre le terrorisme, le départ de Bachar al-Assad est du moins une condition absolument nécessaire.

    (1) https://www.letemps.ch/node/1053916

    (2) https://souriahouria.com/les-reponses-de-emmanuel-macron-sur-la-syrie

    (3) Entre autres : dossier « César », rapports d’Amnesty International, rapports de Human Rights Watch, témoignages et livres de nombreux Syriens, qu’ils soient en exil ou encore en Syrie.

    (4) Syrian Network for Human Rights (mars 2017) : « 207 000 Civilians Have Been Killed Including 24 000 Children and 23 000 Females ; 94 % of the Victims Were Killed by the Syrian-Iranian-Russian Alliance » ; ou Violation Documentation Center in Syria : Monthly Statistical Report on Victims.

    (5) « La presse officielle de Damas salue la "volte-face" de Macron », Courrier international, 23 juin.

    Les membres du comité Syrie-Europe, après Alep :

    Racha Abazied Association Syrie moderne démocratique laïque Hala Alabdalla Cinéaste syrienne Adam Baczko Doctorant en science politique à l’EHESS Patrice Barrat Fondateur de l’ONG Bridge Initiative International, producteur de l’émission Syrie maintenant Jonathan Chalier Secrétaire de rédaction, revue Esprit Catherine Coquio Professeure de littérature, université Paris-Diderot Frédérik Detue Maître de conférences, université de Poitiers Marc Hakim Médecin hospitalier Santé publique Joël Hubrecht Juriste Sarah Kilani Médecin anesthésiste-réanimateur hospitalier et auteure d’articles sur le conflit syrien Charlotte Lacoste Maître de conférences, université de Lorraine Véronique Nahoum-GrappeAnthropologue, EHESS Claire A. Poinsignon Journaliste indépendante Manon-Nour Tannous Docteure en relations internationales, spécialiste des relations franco-syriennes, ATER au Collège de France David TuaillonTraducteur et dramaturge Nadine Vasseur Auteur Caroline Zekri Maître de conférences, université Paris-Est-Créteil.

    Les autres signataires :

    Zakaria Abdelkafi Photographe, correspondant de l’AFP Nadia LeïlaAïssaoui Sociologue Maria al-AbdehChercheure et directrice exécutive de Women Now for Development, Paris Majd al-Dik, Khalil al-Haj SalehIntellectuel et traducteur syrien Yassin al-Haj Saleh Intellectuel syrien Maabad al-Hassoun Intellectuel syrien Fatima Ali Artiste et doctorante à Paris-X Zahra Ali Chercheure au SOAS et à l’Ifpo Moustapha Aljarf Auteur, réfugié syrien Zaid Alkintar Directeur informatique, militant pour les droits humains Janine Altounian Auteure et psychanalyste Joseph BahoutPolitologue spécialiste du Moyen-Orient, chercheur au Carnegie Endowment, Washington DC Faraj Bayrakdar Poète syrien Robin Beaumont Doctorant en science politique à l’EHESS Souhaïl Belhadj Chercheur au Center on Conflict, Development and Peacebuilding de l’IHEID à Genève Yohanan Benhaim Doctorant en science politique à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne Cécile Boëx Maître de conférences, EHESS Nathalie Bontemps Ecrivaine et traductrice Hamit Bozarslan Historien, directeur d’études à l’EHESS Edith BouvierJournaliste, auteure de Chambre avec vue sur la guerre Tal BruttmannHistorien François Burgat Politiste, CNRS, Iremam Manuel Cervera-MarzalSociologue, Archipel des devenirs Géraldine Chatelard Chercheure spécialiste du Moyen-Orient Sophie Cluzan Archéologue spécialiste de la Syrie, conservateur du patrimoine Leyla Dakhli Spécialiste du Moyen-Orient et du Maghreb, chercheure CNRS au Centre Marc-Bloch Sonia Dayan-Herzbrun Professeure émérite en sociologie politique, université Paris-Diderot Delphine de Boutray Metteure en scène Gilles Dorronsoro Professeur de Science politique, membre sénior de l’IUF Sakher Edris Journaliste syrien, membre fondateur du Working Group for Syrian Detainees Jean-Pierre FiliuProfesseur, Sciences-Po Thibaud Fournet Ingénieur de recherche au CNRS, architecte, archéologue Mike Gadras Doctorant en sciences de l’éducation, université Paris-13 Claire Gallien Maître de conférences, université Paul-Valéry Montpellier-3, CNRS Xavier Garnier Professeur, université Sorbonne Nouvelle - Paris-3 Vincent Geisser Chercheur au CNRS, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman Antoine Germa Scénariste Hélène GorkiewiezAvocate, barreau de Paris Antonin Grégoire Chercheur en sociologie et Nadia Meziane Auxiliaire de vie scolaire, pour l’association Mémorial 98 Agnieszka Grudzinska Historienne, université Paris-Sorbonne Nacira Guénif Sociologue, université Paris-8 Vanessa Guéno Chercheure à l’Ifpo, antenne d’Amman, Jordanie Omar Guerrero Psychologue clinicien et psychanalyste, Centre Primo-Levi Raphaëlle Guidée Maître de conférences, université de Poitiers Moiffak Hassan Consultant pétrolier et trésorier de Souria Houria Isabelle Hausser Ecrivaine Fares Helou Acteur syrien Joël Jovet Militant des droits de l’homme Shiyar Khalil Journaliste syrien, membre fondateur du Working Group for Syrian Detainees Stéphane Lacroix Professeur associé, Sciences-Po-Ceri Bérénice Lagarce-OthmanEgyptologue, chercheure associée à Paris-IV et à l’Ifpo Jacques LagarceArchéologie de la Syrie, retraité du CNRS, Gérard Lauton, universitaire, syndicaliste, Garance Le CaisneJournaliste indépendante, auteure de Opération César, au cœur de la machine de mort syrienne Olivier LepickChercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des armes chimiques Agnès LevalloisConsultante spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, vice-présidente de l’Iremmo Camille Louis Philosophe et dramaturge, universités Paris-8 et Paris-7 Ziad Majed Politiste, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, universitaire Farouk Mardam-BeyEditeur, écrivain et président de Souria Houria Claude Marill Militant syndicaliste et humanitaire Philippe Marlière Politiste University College London Sarah Mazouz Sociologue Ined Franck Mermier Anthropologue spécialisé sur le monde arabe, directeur de recherche au CNRS Barbara Métais-Chastanier Maître de conférences et dramaturge, université d’Albi Hélène Michalak Consultante indépendante Samira Mobaied Chercheure en écologie Olivier Mongin Editeur et écrivain Sarah MoonPhotographe et cinéaste, Michel Morzières, Militant associatif, Boris Najman Maître de conférences, université Paris-Est-Créteil Ali Othman Archéologue, conservateur du patrimoine Marie PeltierHistorienne Thomas Pierret Senior Lecturer, université d’Edimbourg Pauline Piraud-Fournet Archéologue au Proche-Orient, chercheure contractuelle au CNRS Jean-Yves PotelEcrivain Pierre Puchot Ecrivain et journaliste spécialiste du Moyen-Orient Arthur Quesnay Doctorant en science politique à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne Martin Rass Maître de conférences, université de Poitiers Candice Raymond Historienne, université Paris-1 Tiphaine SamoyaultAuteure et professeure à l’université Paris-3 Annie Sartre-FauriatHistorienne de la Syrie gréco-romaine, professeure des universités émérite Maurice Sartre Historien de la Syrie, université de Tours Leïla SeuratSpécialiste du Moyen-Orient, postdoctorante à l’Iremam Béatrice Soulé Réalisatrice et directrice artistique Alexis Tadié Professeur à l’université de Paris-Sorbonne Etienne Tassin Professeur de philosophie, université Paris-Diderot Pierre Tevanian Professeur de philosophie, collectif Les mots sont importants Sylvie Tissot Sociologue, université Paris-8 Laetitia Tura Photographe et réalisatrice Les membres de la revue Vacarme Anaïs Vaugelade Auteure et éditrice Dominique Vidal Journaliste et historien Leïla Vignal Géographe spécialiste du Moyen-Orient, université d’Oxford Lise Wajeman Enseignante-chercheure Emmanuel WallonProfesseur de sociologie politique, université Paris-Nanterre Frédéric Worms Philosophe, professeur à l’ENS Samar Yazbek Journaliste et écrivaine




  • Données sur le Net : tous suspects
    http://www.liberation.fr/debats/2017/06/18/donnees-sur-le-net-tous-suspects_1577671

    Est-il raisonnable d’imposer aux opérateurs télécoms de garder des données sur tout le monde ? Loin d’être une solution au terrorisme, la surveillance préventive relève de l’obsession policière. Placer la totalité de la population sous surveillance préventive n’est pas admissible dans une société démocratique. Voici la conclusion tirée par la Cour de justice de l’Union européenne, dans deux arrêts (Digital Rights en 2014 et Tele2 en 2016) concernant les « données de connexion ». Pour la cour européenne, ces (...)

    #écoutes #données #web #surveillance

    https://seenthis.net/messages/607938 via etraces