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  • Dans l’Arctique russe, une grave catastrophe écologique et des craintes sur la fonte du permafrost
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/04/dans-l-arctique-russe-une-grave-catastrophe-ecologique-et-des-craintes-sur-l
    https://img.lemde.fr/2020/06/03/279/0/3000/1499/1440/720/60/0/0b27bd3_5764110-01-06.jpg

    Pour le journal Kommersant, il pourrait s’agir du « plus grand déversement connu de produits pétroliers dans l’Arctique russe ». Une semaine après la catastrophe, les 20 000 tonnes de diesel échappées d’une centrale thermique de la région de Norilsk, soit l’équivalent de 350 wagons-citernes, sont toujours visibles à la surface de la rivière Ambarnaïa, donnant une teinte rougeâtre aux eaux de ce cours d’eau du Grand Nord russe.

    #Arctique

    https://seenthis.net/messages/858615 via Antonin


  • Coronavirus : une partie de la population pourrait être déjà protégée par une immunité croisée

    L’existence d’une immunité croisée, acquise en combattant d’autres infections, semble probable, mais les études pour le démontrer sont encore préliminaires.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/04/coronavirus-et-si-une-partie-de-la-population-etait-deja-protegee_6041689_32

    Certaines personnes seraient en partie protégées contre le SARS-CoV-2 par des défenses acquises en combattant d’autres infections. Ces défenses reposent sur deux piliers : les lymphocytes B (qui produisent les anticorps) et les lymphocytes T, dont les CD4 (les « chefs de guerre ») et les CD8 (les « soldats tueurs »). Après chaque infection, le corps « stocke » pour une durée plus ou moins longue une partie de cet arsenal : elle sera réactivée en cas de nouvelle attaque par le même agent infectieux, ou par un autre présentant certaines similitudes.

    « Le plus bel exemple d’immunité croisée, c’est la vaccine et la variole », remarque Hervé Fleury, professeur émérite à l’université de Bordeaux (CNRS UMR5234). La vaccine est la variole des vaches et, contrairement à la variole humaine, c’est une maladie bénigne. « Au XVIIIe siècle, un médecin anglais, Edward Jenner, contamine volontairement un homme avec la vaccine. Exposé ensuite au virus de la variole, l’homme “vacciné” ne développe pas la maladie. L’immunité acquise vis-à-vis d’un virus proche de celui de la variole protège efficacement contre cette dernière », raconte le virologue.

    (...)

    C’est aussi l’explication avancée au fait que les jeunes enfants font généralement des formes beaucoup moins graves de Covid-19, alors qu’ils peuvent autant être infectés que les adultes. Cette protection croisée serait héritée des fréquentes infections par l’un des quatre coronavirus saisonniers. Dans une étude britannique, les trois quarts des enfants de 3 ans avaient déjà été infectés par deux des coronavirus saisonniers, notamment CoV-NL63, qui utilise le même récepteur que le SARS-CoV-2 pour infecter les cellules.

    « Il y a eu peu d’études sur les coronavirus saisonniers. Il faut étudier le type de protection croisée qui pourrait en résulter, mais elle pourrait ne pas avoir un fort impact, car la réponse immunitaire est souvent proportionnelle à l’intensité des manifestations clinique », tempère M. Di Santo.

    #covid-19

    https://seenthis.net/messages/858539 via Supergéante


  • Les sacrifiés de la sucrerie de Toury, Florence Aubenas
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/03/les-sacrifies-de-la-sucrerie-de-toury_6041561_3224.html
    https://img.lemde.fr/2020/06/01/0/0/5610/2805/1440/720/60/0/99e2579_KzzgnumhDAm05jn2tioetxHn.JPG
    MALIK NEJMI / VU POUR « LE MONDE »

    Les 128 salariés de cette usine d’Eure-et-Loir ont beaucoup travaillé pendant le confinement, notamment en produisant de l’alcool pour les gels hydroalcooliques. Mais cela n’empêchera pas la fermeture du site et leur licenciement le 30 juin.

    Ça commence comme Le Déserteur , l’hymne antimilitariste de Boris Vian : « Monsieur le président, je vous fais une lettre… » Kévin Rabouin, 31 ans, ne le connaissait pas quand il a écrit à Emmanuel Macron, en rentrant de l’usine, une nuit d’avril, à l’heure des séries sur Netflix. D’ailleurs, M. Rabouin ne s’insurge pas contre « l’effort de guerre » : il la jouerait plutôt à l’inverse, une cantate – sans rime ni musique – pour ceux qui ont œuvré jusqu’au bout, en plein coronavirus. « Monsieur le président, (…) Dans cette conjoncture exceptionnelle de pandémie, mes collègues et moi travaillons. Nous travaillons car, comme mentionné sur l’attestation de notre employeur, nous sommes “indispensables”. Nous fabriquons du sucre pour donner à manger aux Français et de l’alcool pour les produits d’entretien et le gel hydroalcoolique. Nous travaillons le jour, la nuit, dimanche et fériés, nous participons à cet “effort de guerre” en prenant des risques pour notre santé. »

    La phrase suivante tombe comme un couperet, mais sans une plainte : « Nous sommes dévoués malgré notre licenciement le 30 juin. » A cette date, et tandis qu’Emmanuel Macron multiplie les déclarations sur la nécessité de reconstruire « l’indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française », le glas sonnera pour la sucrerie de Toury, en Eure-et-Loir. Et Kévin, Flèche, Mathieu, Benjamin, Julien, Nénesse et les 128 salariés rejoindront cette nouvelle catégorie de Français, tout juste nés de la crise sanitaire : les travailleurs à la fois « indispensables » et « virés ».

    « Combien de temps il nous reste avant la fermeture ? » , lance Flèche. Ils sont une poignée d’ouvriers à boire des bières chez Kévin Rabouin, petit rite de déconfinement dans l’ombre verte des grands arbres. Aucun n’a le courage de répondre. On entend juste M. Rabouin lui-même batailler avec les saucisses et le barbecue. Marché mondial, restructuration, fusion. L’histoire est banale, eux-mêmes le disent, ils ont vu fermer tant d’usines, y compris des sucreries. Mais pour être sincères, ils ne pensaient pas que ça leur arriverait, à eux. L’autre jour, dans un bureau de l’usine, Mathieu, 30 ans, est tombé par hasard « sur le numéro de téléphone d’un gros ponte » . Une question lui brûlait les lèvres, il aurait voulu appeler : « Pourquoi nous ? On est des bons, pourtant. »

    Sucrerie petite mais performante

    Mathieu revoit l’émotion de sa mère le jour où il a été embauché : « Ça y est, tu as réussi ta vie. » A Toury, 2 900 habitants, il fallait voir le respect quand un employé de la sucrerie venait demander un emprunt à l’agence du Crédit mutuel. « Pour toi, pas la peine de prendre l’assurance perte d’emploi » , glissait le conseiller. L’usine fumait depuis cent quarante-cinq ans. Elle fumerait encore après eux. Une institution. Tous les jeunes voulaient y entrer, même ceux qui jouaient les caïds.

    Autour, la terre de Beauce dévore l’horizon jusqu’au ciel, un paradis agricole, avec des éoliennes plus hautes que les cathédrales, et l’A 19, surnommée « l’autoroute à betteraves », qui défile devant les cinq sucreries au sud de Paris. Trois d’entre elles appartiennent à Cristal Union, numéro 2 français, dont celle de Toury, acquise en 2011. A l’époque, la stratégie du groupe est de devenir le plus gros possible : les quotas européens pour la betterave doivent être supprimés en 2017 et ouvrir la concurrence sur le marché international. Evidemment, Toury n’est pas le Brésil, maître du monde sucrier avec ses plantations de canne. Mais Cristal Union, jusque-là basée dans l’est de la France, compte faire baisser ses prix de revient en multipliant les sites et en allongeant la durée d’exploitation.

    Au moment de son rachat, la sucrerie de Toury est « en bon état et avec des bénéfices » , se souvient Marcel Jolu, alors directeur général. Ici, on broie 10 000 tonnes de betteraves par jour, une petite structure même à l’échelle nationale, où certaines en font deux fois plus. Mais ses performances la classent parmi les meilleures du pays. En plus de la fabrication du sucre, Toury distille du bioéthanol et de l’alcool, recherché par les laboratoires pharmaceutiques et les parfumeurs de la « Cosmetic Valley », de Chartres à Orléans.

    Tous les salariés se souviennent du premier geste de Cristal Union : faire disparaître le buste d’Arthur Lambert, le fondateur. Le symbole ne trompe pas : la sucrerie vient de basculer d’un fonctionnement resté familial à celui d’un groupe agro-industriel, à la tête d’une dizaine d’usines. Voitures de fonction, va-et-vient de cadres parachutés. Un nouveau management est mis en place. « C’était notre usine et ils voulaient nous apprendre à faire du sucre » , dit Kévin Rabouin. Lui, c’est un garçon du coin, cool, pas le genre à s’exciter et qui vote du bout des doigts, surtout pour faire plaisir à ses parents.

    Les cours plongent

    En général, appartenir à un groupe permet des économies de fonctionnement. Ici, ça semble marcher à l’inverse. Les travaux et l’entretien ne sont plus réalisés en interne, mais facturés par des entreprises extérieures. Tout achat doit désormais transiter par la centrale de Cristal Union. Avec stupeur, Kamal, magasinier, voit les prix des fournitures bondir. Le manche à balai passe de 3 à 32 euros, le raccord d’eau de 4,60 à 65 euros. « Quand on disait : “C’est trop cher”, on nous répondait : “Qu’est-ce que ça peut te faire ? C’est toi qui paies ? On va vous booster, vous serez une usine pilote.” » Une déviation routière à 600 000 euros est financée par le département et la commune quand Cristal Union décide de remodeler son site.

    Mais lors de la suppression des quotas européens, rien ne se passe comme prévu : le cours du sucre s’effondre face à une surproduction mondiale. En France, la sécheresse puis de nouvelles règles sur les insecticides ont, en plus, plombé la récolte. Le 19 avril 2019, à Toury, les salariés sont appelés à se rassembler sur le parking. Il est 9 heures, un peu plus peut-être. L’annonce tombe dans la stupeur générale : fermeture définitive dans un an. L’usine est cataloguée « vieillissante » , notamment après une panne qui l’a handicapée quinze jours en 2018.

    Représentant CGT, Frédéric Rebyffé prévient le syndicat. Personne ne réagit vraiment au siège, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Aucun permanent national ne se déplace non plus lors de la manifestation à travers la ville, pas même « la Commerciale », comme on surnomme celle qui descend chaque année collecter les cotisations, une cinquantaine en tout. « On n’est peut être pas assez nombreux pour eux » , rigole Stéphane, un syndiqué. A l’automne, une délégation de parlementaires et d’élus locaux monte plaider la cause de l’usine auprès du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume. « Ce qui intéresse Cristal Union ? Le fric, le fric, le fric » , martèle Philippe Vigier, député (UDI) d’Eure-et-Loir. En sortant de la réunion, Jean-Louis Baudron, président de la communauté de communes Cœur de Beauce, demande au ministre : « Vous croyez que ça va changer quelque chose ? » . Et l’autre : « Non. »

    A contre-courant de l’histoire

    La décision serait-elle la même, aujourd’hui, à Toury ? « Beaucoup ne le pensent pas, l’usine aurait toute sa place maintenant » , dit Laurent Leclercq, maire de la ville, lui aussi salarié de Cristal Union sur un autre site. La fermeture semble même aller à contre-courant de l’histoire. La crise sanitaire a fait exploser le chômage, révélé les fragilités et les dépendances françaises dans des secteurs essentiels. Partout, la demande d’alcool pharmaceutique bat des records, elle progresse en bioéthanol : une station-service est d’ailleurs en train de se monter à Toury. Ici comme ailleurs, on s’est enflammé pour le « made in France » et les circuits courts. Un fabricant local de pâtes fait un malheur, les asperges se sont arrachées chez les producteurs. Dans la cour de sa ferme, Eric Delorme, 50 ans, a installé un drive pour vendre ses pommes de terre. Ses champs sont à 6 km de la sucrerie, où la famille livre ses betteraves depuis trois générations. Mais au moment du rachat par Cristal Union, Eric Delorme a dû débourser 100 000 euros pour rester fournisseur : le groupe fonctionne en effet sur un modèle coopératif, auquel les planteurs doivent adhérer moyennant un droit d’entrée et une prise de participation. En échange, des garanties leur avaient été données pour la période redoutée d’après la suppression des quotas. Le groupe s’engageait à acheter les récoltes à un prix-pivot fixé d’avance : 27 euros la tonne sur trois ans, à partir de 2017.

    « Au début, on ne savait pas trop, mais on avait confiance : un agriculteur de la Marne est à la tête du groupe » , dit M. Delorme. Avec l’effondrement du cours mondial, la tonne sera, en réalité, payée 22 euros en 2018 et 2019. « Je suis beauceron : j’avais donné ma parole, eux la leur. Ils nous ont menés en bateau. On aime la betterave, la passion nous sauve. Sinon, toute la culture serait déjà partie à l’étranger. » En France, premier producteur européen, quatre sucreries viennent de fermer sur un total de 26. Trois groupes internationaux se les partagent, à l’exception de deux indépendants. Aujourd’hui, ce sont eux qui rémunèrent le mieux les agriculteurs, jusqu’à 25 % de plus.

    En apprenant la fermeture, les ouvriers ont d’abord pensé bloquer Toury. Kévin Rabouin se souvient des discussions dans les bâtiments, dans une ambiance électrique, au milieu des dirigeants qui répétaient : « Votre boîte est pourrie, la retaper coûterait trop cher. » La grève ? Les équipes n’arrivent pas à s’y résoudre. Elles veulent « vivre à fond » la dernière « campagne » , des mois de travail intense, jour et nuit, hors du temps, où les betteraves fraîches sont écrasées, à mesure du ramassage. Regarder encore une fois la fumée de l’usine remplacer les nuages. Respirer son odeur avec délice, si redoutée pourtant des visiteurs. « On s’est dit : “Notre sucrerie, elle est belle. C’est eux qui ne savent pas la faire tourner. On va leur montrer de quoi on est capable.” » , raconte Kévin Rabouin. Aux chefs qui donnent un ordre, Albin, 30 ans, s’entend soudain répondre : « Retourne dans ton bureau. L’usine, elle est à nous. » Bientôt, les ouvriers travaillent en roue libre, maîtres à bord. « On est redevenu ce qu’on était avant, on a retrouvé notre fierté. »

    « Travailleurs indispensables »

    L’année précédente, il avait fallu treize jours pour sortir le premier kilo de sucre. Cette fois, trente-six heures ont suffi. Record battu, objectifs dépassés. « On a demandé le palmarès du rendement, boîte par boîte : ils ont refusé de nous le donner » , assure Stéphane, syndiqué CGT. A la fin, tous les téléphones se sont levés dans la cour pour filmer les cheminées qui s’éteignaient une à une. Les yeux se brouillent, les mains tremblent. « Cette histoire, ça va encore finir en “gilets jaunes” » , lâche quelqu’un.

    Le « monde d’après », Frédéric Rebyffé, le représentant CGT, en a surtout entendu parler à la télé. Il n’est pas sûr d’y croire, « un discours d’homme politique » , selon lui. L’élection présidentielle de 2002 lui revient à l’esprit, le FN au second tour et les banderoles qui proclamaient « Plus jamais ça ». Avec le recul, il trouve que « rien n’a bougé, sauf en pire. Pas un gouvernant ne changera nos vies : chacun doit le faire soi-même ».

    Les dernières semaines, seule la distillerie travaillait encore pendant le confinement, tout entière tournée vers la fabrication du gel hydroalcoolique. « On est fier d’avoir décroché l’agrément “travailleurs indispensables” » , poursuit Kévin Rabouin. Un matin, sur la table du petit déjeuner, sa compagne a trouvé la lettre adressée à Emmanuel Macron. Il a fallu qu’elle arrive au bout pour réaliser que c’est Kévin qui la signait, lui qui n’écrit jamais. Le président, lui, n’a pas répondu.

    #travail #ouvriers

    https://seenthis.net/messages/858264 via colporteur


  • Hydroxychloroquine : « The Lancet » met en garde contre une étude publiée dans ses colonnes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/03/hydroxychloroquine-le-journal-the-lancet-met-en-garde-contre-une-etude-publi

    La revue médicale britannique a émis une « expression of concern » sur un article qui avait conduit l’OMS a suspendre provisoirement un essai clinique et la France à mettre fin à l’utilisation à l’hôpital de cette molécule contre le Covid-19.

    La revue médicale britannique The Lancet a émis, mardi 2 juin, une mise en garde (« expression of concern ») vis-à-vis d’une étude publiée dans ses colonnes le 22 mai. L’étude en question, s’appuyant sur 96 000 dossiers médicaux électroniques de patients hospitalisés pour Covid-19 suggérait que ceux traités avec de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, combinées ou non à des antibiotiques comme l’azithromycine, présentaient un taux de mortalité supérieur et plus d’arythmies cardiaques.
    « D’importantes questions scientifiques ont été soulevées concernant les données rapportées dans l’article de Mandeep Mehra et al, annonce le Lancet dans un communiqué. Bien qu’un audit indépendant sur la provenance et la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere [la société américaine qui les avait collectées] et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression d’inquiétude pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention. Nous mettrons cet avis à jour dès que nous aurons de plus amples informations. »

    https://seenthis.net/messages/858046 via Simplicissimus


  • Mort d’Adama Traoré : une nouvelle contre-expertise met en cause les gendarmes
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/02/nouvelle-contre-expertise-independante-dans-l-affaire-adama-traore-le-plaqua

    Dans ce document daté du 2 juin, que Le Monde a pu consulter, l’expert, professeur spécialiste des maladies systémiques, dont la sarcoïdose (une maladie inflammatoire avancée par certaines expertises comme étant l’une des causes possibles d’une défaillance cardiaque de la victime), conclut que le « décès fait suite à un syndrome asphyxique. Le syndrome asphyxique fait suite à un œdème cardiogénique. L’œdème cardiogénique fait suite à une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral. Le plaquage ventral a entraîné “la mise en position corporelle entravant l’échange normal de gaz et avec l’impossibilité de se libérer de cette position”. Aucune autre cause de décès n’est identifiée. » « L’œdème cardiogénique n’est que la conséquence de l’asphyxie et non la cause », est-il précisé. « Ce rapport démonte point par point l’expertise de la semaine dernière et désigne le plaquage ventral comme ayant causé la mort d’Adama Traoré », se félicite Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille.

    – Le type est vivant
    – un flic s’assied sur lui (technique qui a donné naissance au slogan « i can’t breathe » depuis… 2014)
    – quand les flics le livrent aux pompiers, il est mort.

    Et ça fait depuis 2016 qu’on a besoin de multiplier les expertises et les contre-expertises pour vérifier que, de fois, il ne serait pas décédé de mort naturelle.

    https://seenthis.net/messages/857978 via ARNO*


  • Covid-19 : pourquoi tant de confusions ? – {Sciences²}
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/06/02/covid-19-pourquoi-tant-de-confusions
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/05/45c61484-quatre-pays.jpg
    L’épidémie est très loin d’être terminée au plan mondial, avec plusieurs pays – ici le Brésil, la Russie, le Mexique et le Pérou – où le nombre de décès journaliers est en vive croissance.

    La confusion règne toujours sur les recherches thérapeutiques visant à mettre au point des traitements antiviraux efficaces contre le Sars-Cov-2. Vendredi dernier, les trois Académies concernées (des sciences, de médecine et de pharmacie) ont publié un communiqué commun qui alerte contre la dispersion et le manque de coordination des études, mais aussi le manque d’éthique dans la communication des résultats. Les citoyens peuvent en effet légitimement se mettre en colère devant la confusion provoquée par le manque de coordination qui interdit de trouver de manière fiable les réponses aux questions posées quant à l’efficacité et à la mesure des effets secondaires négatifs des différents traitements proposés ou mis en oeuvre.
    […]
    Le communiqué commun des trois Académies souligne ; lui, la nécessité d’une coordination nationale, européenne et mondiale autour de la production de savoirs fiables sur le virus et la maladie. Une coordination nécessaire, souligne également une analyse du syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS CGT) : « Les robinets financiers fermés jusqu’à peu pour les recherches sur les coronavirus se sont subitement et largement ouverts via une multitude d’appels à projets non coordonnés. Comme si les moyens financiers concédés dans la précipitation allaient rattraper des années de pénurie. Alors que la démarche scientifique exige de la méthode, du temps et … de l’esprit critique. Nous avons au contraire assisté à une absence totale de coordination nationale qui a laissé libre cours à tout et n’importe quoi, notamment à des essais cliniques contraires aux principes de la déontologie médicale. Il n’en peut ressortir qu’un immense gâchis ».

    https://seenthis.net/messages/857931 via Simplicissimus


  • Armement : la Belgique, premier client export de la France
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/02/armement-la-belgique-premier-client-export-de-la-france_6041541_3234.html

    La baisse des commandes du Moyen-Orient est compensée par une politique volontariste en Europe. Sur fond de tensions géopolitiques et de repli des nations, que la crise du Covid-19 devrait encore intensifier, le monde s’arme. La France, troisième exportateur mondial de matériel militaire avec 8 % de parts de marché, y trouve un avantage, même si la compétition n’a jamais été aussi rude. Selon le rapport annuel remis, lundi 1er juin, au Parlement, et rendu public mardi 2 juin, les exportations de (...)

    #surveillance #frontières #bénéfices #militaire #Thalès #MBDA #Dassault #Airbus

    https://img.lemde.fr/2020/06/02/0/0/5124/2562/1440/720/60/0/49d09ee_uriuAAPGF6lJKWQTTqOpjSRa.jpg

    https://seenthis.net/messages/857950 via etraces


  • Mort de George Floyd : à Minneapolis, le caractère multiracial des émeutes ébranle les certitudes des autorités, Laurent Borredon
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/31/mort-de-george-floyd-a-minneapolis-le-caractere-multiracial-des-emeutes-ebra

    Des responsables de la communauté noire à la Maison Blanche, tout le monde a voulu voir, samedi, la main des militants « antifas » derrière les destructions. La réalité est bien plus complexe.

    « C’est notre ville » , explique, tout simplement, l’un des volontaires. Samedi 30 mai, Minneapolis (Minnesota) est à peine réveillée d’une nuit d’émeutes, qu’une nuée d’habitants équipés de pelles et de balais est déjà à l’œuvre pour nettoyer les décombres fumants, tout juste éteints par les pompiers à l’aube.

    A Midtown, sur Lake Street, et tout particulièrement à l’intersection avec Chicago Avenue, les stigmates sont sévères. Cinq jours après la mort de George Floyd – un Afro-Américain – lors de son interpellation par un policier blanc, Derek Chauvin, à South Minneapolis, et quelques heures seulement après l’annonce de l’inculpation de ce dernier pour meurtre, les destructions n’ont pas connu de répit.

    En l’absence de la police et de la Garde nationale, occupées, à l’est de la ville, à sécuriser les ruines du commissariat du troisième district, incendié la veille, et, à l’ouest, à bloquer l’accès au poste du cinquième district, encore debout, les casseurs ont eu toute la nuit pour passer leur rage sur les commerces de la rue, qui ont brûlé jusqu’aux dernières heures de la nuit. Ce n’est que vers 5 heures que les pompiers, accompagnés de membres de la Garde nationale, ont fait leur apparition. Les bâtiments ne sont déjà plus qu’un souvenir.

    Qui est le responsable de ce désastre ? Avec une belle unanimité, tout le monde a désigné les « antifas » , militants d’extrême gauche. Des groupes de casseurs qui seraient venus d’autres Etats. Un épouvantail bien commode.

    Emballement

    Pour les représentants traditionnels des Afro-Américains – l’un d’eux, lors d’une conférence de presse avec le gouverneur de l’Etat, a clairement pointé du doigt « les Blancs » –, cela permet de détourner l’attention de leur communauté, mais aussi de leur propre décalage avec une jeunesse en colère qui ne veut plus se satisfaire de prières et de citations de Martin Luther King. Les autorités locales, elles, diluent la responsabilité de leur échec patent et tentent de mettre un coin dans une mobilisation dont elles ne comprennent pas les ressorts. Quant au président Donald Trump, lui, qui a affirmé sans preuve que « 80 % des émeutiers venaient de l’extérieur de l’Etat » , il reste dans son registre habituel.

    L’emballement a atteint les chaînes d’information en continu, samedi. On a ainsi vu apparaître sur MSNBC un retraité de l’antiterrorisme expliquer doctement, confiné dans son bureau à des centaines de kilomètres du Minnesota, que de nombreux manifestants portaient des « signes distinctifs » des antifas. Et un bruit s’est même répandu comme une traînée de poudre dans la ville traumatisée : ce serait en fait des militants d’extrême droite qui seraient venus jeter de l’huile sur un feu déjà bien vif.

    En fin de journée, la réalité a rattrapé le fantasme. Le maire de Saint Paul, la ville sœur de Minneapolis, affirmait que « 100 % » des personnes arrêtées venaient de l’extérieur ? Elles n’étaient en fait que 4 sur 18, ont prouvé les registres de la prison du comté. L’édile a dû reconnaître, en fin de journée, son erreur. Au total, 83 % des interpellés vendredi dans l’agglomération venaient de l’Etat – l’exact inverse du chiffre cité par Donald Trump – et 56 % de Minneapolis-Saint Paul.

    A tous les niveaux, les officiels semblent avoir des difficultés à appréhender la réalité d’une rébellion multiraciale, qui rassemble la jeunesse afro-américaine, les immigrants d’origine somalienne, les Latinos et enfin les habitants, majoritairement blancs, des banlieues résidentielles. Entre le chômage et la fermeture des universités liés au confinement dû à l’épidémie de coronavirus, tous sont disponibles, simultanément, de manière inédite. Dans l’Etat voisin du Michigan, à Detroit, pas moins des deux tiers des personnes interpellées viennent ainsi des « suburbs ».

    Merci « d’être avec nous aujourd’hui »

    Cette réalité, samedi après-midi, les participants à la manifestation pacifique devant le commissariat du cinquième district n’avaient pas de problèmes à l’accepter. La majorité de l’assistance est blanche, et une intervenante n’hésite pas à remercier ces « alliés blancs » dans la lutte contre les violences policières subies par les minorités aux Etats-Unis.

    Elle balaye d’une phrase les condamnations des destructions de la nuit : « Je m’en fiche de Target [grand magasin incendié jeudi], de Wells Fargo [une banque dont les ruines fument encore derrière l’assemblée d’un petit millier de personnes]. Parce que vous savez qui n’ira jamais chez Target, chez Wells Fargo ? » « George Floyd », crie, de concert, la foule.

    Quelques minutes plus tard, une autre jeune femme noire issue du quartier remercie les mêmes « d’être avec nous aujourd’hui » et les exhorte à éduquer leurs enfants : « Vos enfants sont les policiers, les procureurs, les juges de demain. Ayez cette conversation [sur les discriminations raciales] à la table du dîner ce soir. » Face à elle, les manifestants opinent.

    Ce que les autorités ont bien compris, néanmoins, c’est l’échec de leur stratégie de maintien de l’ordre. Samedi soir, dès la tombée du couvre-feu, la police de Minneapolis, assistée de la police d’Etat, a dispersé violemment un groupe de manifestants qui quittait, pourtant, les lieux de la manifestation de l’après-midi. A la surprise générale, vu sa passivité des jours précédents. De New York à Los Angeles, en passant par Minneapolis, les autorités ont décidé, samedi, d’éteindre l’incendie à coups de matraques et de gaz lacrymogènes.

    #George_Floyd #Black_lives_matter #émeutes #riots

    https://seenthis.net/messages/857372 via colporteur


  • Facebook accusé de jouer le jeu de Trump contre Twitter
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/29/facebook-accuse-de-jouer-le-jeu-de-trump-contre-twitter_6041221_3234.html

    Les principaux réseaux sociaux peinent à établir une ligne commune face aux outrances du président des Etats-Unis. Mark Zuckerberg s’attendait probablement à susciter des réactions en se démarquant de Twitter en pleine polémique avec Donald Trump. « Nous avons une politique différente. J’ai simplement la conviction que Facebook ne devrait pas être l’arbitre de la vérité de ce que les gens disent sur Internet », a-t-il objecté sur la chaîne Fox News, jeudi 28 mai, après que le réseau concurrent a, pour la (...)

    #Facebook #Twitter #manipulation #élections #censure #SocialNetwork

    https://img.lemde.fr/2020/05/21/0/0/4104/2049/1440/720/60/0/98001fa_77222ad98fcd4fc4bec7f14b72fa2ffa-77222ad98fcd4fc4bec7f14b72fa2ffa-0.jpg

    https://seenthis.net/messages/857232 via etraces


  • Etats-Unis : Donald Trump veut priver les réseaux sociaux de leur protection
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/29/etats-unis-donald-trump-veut-priver-les-reseaux-sociaux-de-leur-protection_6

    Le président américain a signé, jeudi, un décret visant à limiter la protection dont bénéficient les services comme Twitter et Facebook. Donald Trump est passé à l’acte, jeudi 28 mai. Ulcéré par la décision de Twitter d’ajouter un lien à deux messages publiés mardi qui spécifiait qu’il avançait des contre-vérités à propos de la fiabilité du vote par correspondance, le président des Etats-Unis a signé un décret exécutif qui invite les agences fédérales concernées à réexaminer la pierre angulaire sur laquelle se (...)

    #manipulation #censure #élections #lutte #législation

    https://img.lemde.fr/2020/05/28/30/0/3232/1613/1440/720/60/0/23740b6_jDIjp2yjAoEPyzUgqmGqtj2Y.jpg

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  • Coronavirus : la troublante surmortalité des minorités ethniques au Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/29/coronavirus-la-troublante-surmortalite-des-minorites-ethniques-au-royaume-un
    https://img.lemde.fr/2020/05/23/435/0/4000/1997/1440/720/60/0/a321efd_Yc2XFMYM-w1ZMAse-w_Y71qA.jpg

    Le Covid-19 a bien davantage tué dans les zones les plus pauvres du pays et chez les « BAME » (« Black, Asian and Minority Ethnic »), populations fournissant de gros contingents de travailleurs essentiels, en première ligne pour maintenir l’activité, que dans les quartiers chics et blancs de la capitale. Le 7 mai, l’ONS publiait ainsi des données portant sur les morts en Angleterre et au Pays de Galles entre le 2 mars et le 10 avril. Il en ressortait que, pour une même classe d’âge et un même environnement socio-économique, les hommes et femmes noirs ont encore 1,9 fois plus de risques de mourir du Covid-19 que les Blancs. Le facteur de risque est de 1,8 pour les hommes d’origine bangladaise et pakistanaise, et de 1,6 pour les femmes de ces mêmes origines.
    Un constat corroboré par les résultats du projet Opensafely, se basant sur les données médicales de 17 millions de personnes résidant au Royaume-Uni (dont 5 683 sont décédées du Covid-19 dans des hôpitaux entre le 1er février et le 25 avril). Une fois écartés les facteurs de risque tels que l’âge, les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou l’obésité, les personnes noires et d’origine asiatique ont encore 60 % à 70 % de risques de mourir en plus que les Blancs.

    #Covid-19#migrant#migration#GrandeBretagne#diaspora#ethnie#surmortalité#statistiques#données-médicales#santé#facteur-de-risque

    https://seenthis.net/messages/856986 via CEPED_MIGRINTER_ICMigrations_santé


  • Une « erreur » aboutit à la suppression de commentaires critiquant le Parti communiste chinois sur YouTube
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/05/27/une-erreur-aboutit-a-la-suppression-de-commentaires-critiquant-le-parti-comm

    La plate-forme de vidéo a annoncé enquêter sur les origines du problème. YouTube a reconnu mardi 26 mai qu’une « erreur commise par un système automatique de modération » avait abouti à la censure de commentaires critiquant le Parti communiste chinois (PCC). Dans la journée, l’entrepreneur américain Palmer Luckey, fondateur d’Oculus (groupe Facebook) s’était plaint d’avoir constaté la disparition rapide de commentaires qu’il avait publiés, et qui critiquaient un service de propagande du PCC. Ce message (...)

    #Google #Oculus #YouTube #algorithme #racisme #censure #modération #discrimination #LGBT #AlgorithmWatch (...)

    ##bug
    https://img.lemde.fr/2020/05/26/413/0/5000/2500/1440/720/60/0/4086424_5720340-01-06.jpg

    https://seenthis.net/messages/856567 via etraces


  • StopCovid, traçage de contacts : remède miracle ou dangereux mirage ?
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/video/2020/05/24/stopcovid-tracage-de-contacts-remede-miracle-ou-dangereux-mirage_6040590_435

    Faut-il une application smartphone pour endiguer l’épidémie de Covid-19 ? Ou doit-on se contenter d’interroger les malades pour identifier les personnes qu’ils ont pu contaminer ? Quelle est, en somme, la meilleure option pour mettre en place ce qu’on appelle le traçage de contacts ? Il y a quelques années, lors des épidémies du SRAS et du MERS (les deux coronavirus de début du XXIe siècle), la deuxième méthode avait fait ses preuves. Logiquement, elle fait donc partie des options recommandées par les (...)

    #algorithme #smartphone #contactTracing #COVID-19 #santé

    ##santé
    https://img.lemde.fr/2020/05/22/60/0/1920/960/1440/720/60/0/ba62371_ZqOj9RvT7woi8gER5toTitBj.jpg

    https://seenthis.net/messages/856019 via etraces


  • Covid-19 : l’analyse de poumons de patients décédés livre des résultats inattendus – Réalités Biomédicales
    https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/05/23/covid-19-lanalyse-de-poumons-de-patients-decedes-livre-des-resultats-inatten

    Les poumons de patients atteints de la maladie Covid-19 fabriquent de nouveaux vaisseaux sanguins à un stade précoce de la maladie, un processus qui augmente avec la durée d’hospitalisation. Tel est le résultat « inattendu » d’une étude autopsique réalisée par une équipe d’anatomopathologistes et pneumologues allemands (Wuppertal, Mayence, Hanovre), belges (Louvain), suisses (Bâle) et américains (Harvard Medical School, Boston) et publiée en ligne le 21 mai dans l’hebdomadaire médical américain The New England Journal of Medicine.

    Ces travaux soulignent le rôle majeur que joue la pathologie vasculaire pulmonaire dans l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2. Ils fournissent de précieuses informations sur les modifications observées au niveau de ce que les spécialistes appellent le « poumon périphérique », c’est-à-dire en profondeur, au niveau des lobules pulmonaires qui constituent les unités anatomiques et physiologiques du poumon où s’effectuent les échanges gazeux entre les alvéoles et les capillaires sanguins.
    […]
    Cette étude souligne l’importance cruciale des autopsies pour réaliser une description précise et conduire des analyses sophistiquées des lésions associées à une nouvelle maladie. Elle contribue en l’occurrence un peu plus encore à faire des cellules endothéliales des acteurs majeurs de la physiopathologie du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) associé à la Covid-19. On observe ainsi une atteinte inflammatoire de ces cellules vasculaires au niveau pulmonaire (endothélite). De plus, ces cellules sont impliquées dans les processus conduisant à la formation de thrombus (activation de la cascade de la coagulation) et la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogenèse par intussusception).

    La possibilité que les cellules endothéliales jouent un rôle central dans la Covid-19 a déjà incité au développement de stratégies thérapeutiques. Des essais cliniques sont en cours.

    https://seenthis.net/messages/855489 via Simplicissimus


  • Dominique Méda : « Les plus forts taux de surmortalité concernent les “travailleurs essentiels” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/23/dominique-meda-les-plus-forts-taux-de-surmortalite-concernent-les-travailleu

    En revanche, l’équivalent britannique de l’Insee, l’Office for National Statistics (ONS), a exploité les données de mortalité par le Covid-19 (« Coronavirus (Covid-19) Roundup ») sous l’angle socioprofessionnel. L’une de ses études analyse les 2 494 décès impliquant le coronavirus intervenus entre le 9 mars et le 20 avril dans la population en âge de travailler (20-64 ans) en Angleterre et au Pays de Galles. La profession étant indiquée sur le certificat de décès, on peut comparer la composition socioprofessionnelle des personnes décédées du Covid-19 à celle de l’ensemble des personnes décédées du même âge et du même sexe.

    Les plus forts taux de surmortalité concernent en premier lieu les travailleurs des métiers du soin à la personne (hors travailleurs de la santé, car les médecins et infirmières n’ont pas enregistré de surmortalité), suivis des chauffeurs de taxi et d’autobus, des chefs cuisiniers et des assistants de vente et de détail ; autrement dit, ceux que l’ONS décrits comme les « key workers », les « travailleurs essentiels ». L’ONS a aussi montré la plus forte probabilité pour les non-Blancs de décéder du coronavirus, en partie explicable par des facteurs socio-économiques.

    L’étude :
    https://www.ons.gov.uk/peoplepopulationandcommunity/healthandsocialcare/conditionsanddiseases/articles/coronaviruscovid19roundup/2020-03-26

    https://seenthis.net/messages/855830 via ARNO*


  • « Avec le coronavirus, notre vision du monde s’est rétrécie comme jamais » - Didier Fassin
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/24/didier-fassin-avec-le-coronavirus-notre-vision-du-monde-s-est-retrecie-comme

    Alors que la crise sanitaire est un phénomène qui touche l’ensemble de la planète, l’anthropologue pointe, dans un entretien au « Monde », la myopie des médias et des politiques qui ont focalisé leur attention sur notre relation à la pandémie.

    Anthropologue, sociologue et médecin, Didier Fassin est professeur à l’Institut d’étude avancée de Princeton et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il est titulaire de la chaire annuelle de santé publique au Collège de France. Ses recherches ont été conduites dans plusieurs pays, notamment en Equateur sur la mortalité maternelle, en Afrique du Sud sur le sida, récemment aux Etats-Unis et en France sur la police, la justice et la prison. Récipiendaire en 2016 de la médaille d’or de l’anthropologie à l’Académie royale des sciences de Suède, il a été, en 2018, le premier chercheur en sciences sociales à recevoir la Nomis Distinguished Scientist Award.
    Ancien vice-président de Médecins sans frontières, il préside aujourd’hui le Comité pour la santé des exilés (Comede). Il a codirigé l’ouvrage Santé publique. L’Etat des savoirs, à La Découverte, et il est aussil’auteur, aux éditions du Seuil, de La Vie. Mode d’emploi critique (2018) et de Mort d’un voyageur. Une contre-enquête (2020).

    La plupart des gouvernements du monde ont choisi de mettre en œuvre des mesures draconiennes sans précédent pour éviter la progression de l’infection. Quel sens donner à ce choix ?

    Il faut noter que les mesures ont été d’autant plus draconiennes que les pouvoirs publics n’étaient pas préparés et que leurs réponses ont été tardives. On a alors fait rattraper aux citoyens le temps perdu par leurs gouvernants, et on a remplacé la prévention défaillante par une forme de police sanitaire avec un confinement rigoureusement contrôlé. C’est dans ces pays que l’interruption de l’activité économique et sociale a, en général, été la plus brutale et la plus radicale. Mais même là où l’épidémie a été mieux gérée, il y a eu une cessation de cette activité.

    Le phénomène est sans précédent. Il se paie d’un double sacrifice. Il y a d’abord une suspension partielle, et variable selon les contextes, de l’Etat de droit, qui va bien plus loin que les restrictions à la circulation, puisqu’elle touche l’équilibre entre les pouvoirs, la possibilité de manifester ou même de protester, le simple droit à mourir dans la dignité. Il y a ensuite une crise économique et sociale, qui se traduit par une récession, une montée du chômage, une austérité à venir et un très probable accroissement des inégalités qui vont laisser des traces d’autant plus profondes que les économies étaient fragiles et que l’Etat social était réduit.

    Or ce double sacrifice n’a qu’une raison d’être : sauver des vies, ou ce qui revient au même ici, éviter des morts. C’est une politique humanitaire. Conduite à l’échelle de la planète avec un coût aussi élevé, elle n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Elle révèle la valeur supérieure accordée par nos sociétés à la vie, entendue comme vie simplement physique, ou même biologique. Que nous soyons prêts à tant de renoncements, imposés du reste de façon très inégale, devrait questionner.

    Dans « La Vie Mode d’emploi critique », vous vous demandez justement si toutes les vies ont la même valeur. Est-ce le cas dans le contexte présent ?

    Il est évident que non. On l’a vu avec la lenteur à réagir et, dans certains pays, l’absence même de réaction par rapport aux populations carcérales qui, dans de nombreuses prisons surpeuplées, se sont trouvées directement exposées au virus, de même que les surveillants qui en étaient souvent les vecteurs. L’empressement à protéger les vies des communs des mortels n’incluait pas les personnes détenues, comme si elles étaient moralement dépréciées, alors même que celles qui étaient les plus à risque, dans les institutions de court séjour comme nos maisons d’arrêt, étaient soit prévenues, donc présumées innocentes dans l’attente de leur jugement, soit condamnées, mais à des peines courtes pour des délits mineurs. Pourtant, il a fallu des mobilisations et des interventions fortes pour vaincre l’immobilisme des administrations et la réticence des politiques, et obtenir, ici ou là, des libérations anticipées, souvent en nombre insuffisant.

    On pourrait aussi évoquer les étrangers sans titre de séjour, voire les demandeurs d’asile, qu’on enferme dans des centres ou des camps sur les territoires nationaux ou dans des no man’s lands aux frontières. Les conditions d’entassement et d’insalubrité de ces sites rendent leurs occupants particulièrement vulnérables aux infections. Là encore, certains pays ont réduit le nombre de ces confinés de force dont le seul délit est de n’avoir pas de papiers, ou simplement d’attendre une décision concernant leur statut, mais sans aller jusqu’à fermer temporairement ces lieux dangereux.

    Qu’on ne considère pas indispensable de préserver ces vies montre qu’elles sont de moindre valeur. Il en est de même de celles des travailleurs migrants, dont beaucoup ont dû assurer sans protection des fonctions vitales pendant le confinement, et parmi lesquels certains, sans papiers, craignent de se faire tester ou soigner et ne peuvent pas compter sur un geste de reconnaissance des gouvernants.

    Les médias et les politiques se sont-ils trop focalisés sur la pandémie ?

    Nous nous sommes collectivement laissés entraîner dans une sorte de maelström présentiste et autocentré. Nous avons vécu au jour le jour l’aventure du coronavirus, nous racontant nos expériences du confinement, nos difficultés à rester à la maison, nos manières de nous occuper, entre amis, sur les chaînes de radio et de télévision, avec des responsables de la santé venant chaque soir nous entonner l’antienne des données épidémiologiques et des mesures à respecter.
    Nous avons eu l’impression, entretenue par les médias et les politiques, que la seule chose digne d’intérêt dans le monde était notre relation à la pandémie. Nous nous sommes donné des héros, les soignants, que nous avons applaudis. Nous avons élevé des statues aux Anthony Fauci, immunologue aux Etats-Unis, ou Anders Tegnell, épidémiologiste en chef de l’Agence de la santé publique suédoise.
    Mais pendant deux mois, nous n’avons pas entendu parler des guerres en Syrie et au Yémen, des famines annoncées en Afghanistan et au Congo, des musulmans réprimés en Inde, des Palestiniens agressés par des colons israéliens en Cisjordanie, des Rohingyas qui se noient dans le golfe du Bengale et des Ouïghours qu’on rééduque en Chine. Même les Africains périssent en Méditerranée, non secourus, à l’abri des regards.

    De ce qui se passe sur la planète ne nous intéresse que ce qui nous parle du coronavirus, c’est-à-dire de nous. Toute l’économie de notre attention est absorbée. C’est là un remarquable paradoxe : au moment où un phénomène global touche l’ensemble de la planète, notre vision du monde s’est rétrécie comme jamais. Nous sommes devenus myopes.

    Cette myopie ne risque-t-elle pas de nous rendre le futur plus flou également, alors que l’on ne cesse d’imaginer « le monde d’après » ?

    On le constate sur un point précis : les conséquences délétères de la crise. Je pense aux vies perdues, c’est-à-dire aux morts, et aux vies gâchées, à cause des faillites d’entreprises, des pertes d’emploi, des expulsions de logement, des marques de la pauvreté. Des études récentes aux Etats-Unis ont montré que la récession de 2008 et 2009 s’était accompagnée d’un recul de l’espérance de vie, en grande partie due à une forte augmentation de la mortalité des adultes entre 25 et 64 ans.

    Dans les années qui viennent, les démographes et les épidémiologistes produiront des statistiques dans différents pays montrant des phénomènes comparables, peut-être plus intenses encore car la récession est plus profonde. Mais nous n’aurons pas le directeur général de la santé égrenant chaque soir les statistiques de l’excès de mortalité par suicide ou accident vasculaire cérébral, et nous n’aurons pas le président de la République déclarant à la télévision que nous sommes en guerre contre les inégalités et qu’il nous faut plus de justice sociale. Ces vies perdues et ces vies gâchées, personne, ou presque, ne les pleurera. Et nous ne verrons pas de statisticien mettre ces vies en regard de celles qu’on pensera avoir épargnées.

    Précisément, que savons-nous de ces vies épargnées ? Que disent les projections ?

    Nous ne savons pas et ne saurons jamais combien de vies ont été épargnées grâce aux mesures prises. Pas plus que nous n’avons et n’aurons jamais l’idée de combien de personnes sont décédées du fait de l’absence de préparation des autorités et de leurs erreurs dans la réponse initiale. La question des prédictions est cependant passionnante parce qu’elle ouvre sur la gestion de l’incertitude.
    Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), principale institution de santé publique aux Etats-Unis, dénombrent une douzaine de modèles principaux développés dans autant d’institutions de recherche nord-américaines et européennes. Leurs résultats, même à des échéances très courtes, sont extraordinairement différents, variant du simple au quadruple. Dans ces conditions, pour des décideurs et pour celles et ceux qui les conseillent, le choix entre ces modèles est crucial, mais opaque.

    La Maison Blanche s’est surtout appuyée sur l’Institute for Health Metrics and Evaluation, financé par la Fondation Bill and Melinda Gates, qui donnait les projections les plus optimistes (fin mars, il prévoyait 81 000 morts aux Etats-Unis d’ici à juillet). L’Elysée a suivi les avis de son Conseil scientifique qui s’est notamment servi des calculs de l’Imperial College, dont les prédictions étaient les plus sombres (mi-mars, un scénario évoquait jusqu’à 500 000 décès en France en l’absence de mesures).

    Il y aurait ainsi une épistémologie politique à faire pour comprendre la manière dont, dans ce contexte d’incertitude, certains modèles ont été adoptés plutôt que d’autres. Une fois le choix fait, on s’est tenu à une vérité, comme si la croyance devait l’emporter sur le doute scientifique, et cette vérité a servi à justifier les décisions prises : relâchement précoce pour les uns, discipline stricte pour les autres.

    Le débat, en France, n’a-t-il pas été principalement de nature médicale au détriment de la santé publique ?

    Les autorités sanitaires n’ont pas entendu l’avis de pandémie annoncée que leur donnaient depuis plusieurs années les experts. Lorsqu’elles ont réalisé la gravité du problème, elles se sont tournées vers les cliniciens et les biologistes, ce qui se comprend car il y avait urgence à prendre en charge les cas dont le nombre augmentait très vite. Mais pour utiliser un langage sociologique, le cadrage du problème a été médical.

    On a parlé lits de réanimation, on a fait la « une » des médias avec des transferts de malades en train ou avion, on a eu comme nulle part ailleurs un interminable débat sur l’hydroxychloroquine. En revanche, on a négligé le dépistage par les tests, la protection par les masques, l’isolement des malades, la recherche des contacts, et les responsables sanitaires ont même expliqué l’inutilité des tests et des masques, qui sont pourtant désormais nos principales armes de prévention.
    Les outils théoriques et pratiques de la santé publique n’ont guère été mobilisés. Ils avaient d’ailleurs été délaissés depuis plusieurs années, et le principe de précaution, qui supposait notamment une capacité de production nationale pour les tests et le maintien de stocks pour les masques, avait été remplacé par une logique managériale visant à faire des économies par les délocalisations et le flux tendu. La même chose s’est passée pour certains médicaments essentiels.

    https://seenthis.net/messages/855724 via colporteur


  • Coronavirus : ce que les grandes épidémies disent de notre manière d’habiter le monde
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/21/ce-que-les-grandes-epidemies-disent-de-notre-maniere-d-habiter-le-monde_6040
    https://img.lemde.fr/2020/05/21/339/0/3602/1801/1440/720/60/0/7747938_Z8exl-yP9KZpH5ukSfTddsMV.jpg

    C’est une carte animée de la Chine qui donne le vertige. On y voit d’immenses flux de petits points verts se déplacer en étoile autour des métropoles : fondés sur les données de géolocalisation des téléphones portables, ces mouvements enregistrés pendant le Nouvel An chinois retracent les centaines de millions de voyages qui ont permis au coronavirus de conquérir la Chine depuis la ville de Wuhan. Au milieu du nuage de points verts, figurent nombre de petits points rouges – ce sont, précise le New York Times, les personnes infectées par le SARS-CoV-2.
    Le graphique suivant n’est guère plus rassurant : cette fois, les dizaines de milliers de points se dirigent vers Tokyo, Manille, Milan, Dubaï, Athènes, Buenos Aires, Islamabad, Los Angeles, Moscou, Singapour et Hongkong. En ce mois de janvier 2020, le New York Times recense 900 trajets par mois vers New York, 2 000 vers Sydney, 15 000 vers Banghok. Lorsque les vols au départ de Wuhan sont suspendus, fin janvier, il est déjà trop tard : les liaisons aériennes qui quadrillent le monde ont permis au virus de s’implanter sur tous les continents. « Dès la fin janvier, l’épidémie est présente dans plus de 30 villes et 26 pays », précise le quotidien.
    Pour l’immunologue Norbert Gualde, professeur à l’université de Bordeaux, ces graphiques illustrent à merveille le mécanisme des épidémies. « Ce n’est pas le virus, c’est l’homme qui fait l’épidémie, rappelle-t-il. Le virus est sédentaire : il n’a aucun moyen de locomotion. Pour se déplacer, il lui faut passer de corps en corps. C’est ce qu’exprime l’étymologie du mot épidémie : le terme est emprunté au latin médical “epidemia”, lui-même issu de la racine grecque “epidemos” – “epi”, qui circule, “demos”, dans le peuple. »

    #Covid-19#migrant#migration#santé#épidémie#circulations#santé#transports

    https://seenthis.net/messages/854806 via CEPED_MIGRINTER_ICMigrations_santé


  • Les femmes de plus en plus minoritaires dans le secteur de l’informatique
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/12/11/femmes-et-informatique-vingt-ans-de-desamour_5227726_4401467.html

    Parmi les professionnels de la « tech » les plus recherchés par les recruteurs, les femmes sont deux fois nombreuses qu’il y a une vingtaine d’années. Data scientist, développeur logiciel, ingénieur développement, ingénieur d’affaires et ingénieur système… Tels sont les métiers les plus recherchés par les recruteurs, selon le troisième baromètre LinkedIn pour « Le Monde Campus », publié lundi 11 décembre, à partir des données des 15 millions d’utilisateurs français du réseau social professionnel. Des métiers (...)

    #algorithme #sexisme #discrimination #enseignement

    https://img.lemde.fr/2017/12/10/655/0/1631/814/1440/720/60/0/341b48f_13950-2wq6s.5qpmyg.jpg

    https://seenthis.net/messages/854887 via etraces


  • La surveillance d’Internet par les services de renseignement jugée contraire à la Constitution en Allemagne
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/05/19/allemagne-la-surveillance-d-internet-par-les-services-de-renseignement-jugee

    La Cour constitutionnelle de Karlsruhe – la plus haute autorité judiciaire du pays – a jugé, mardi, que le BND surveillait illégalement les communications à l’étranger. Le programme de surveillance des télécommunications à l’étranger, mené par le service fédéral de renseignement (ou BND, pour Bundesnachrichtendienst), est contraire à la Constitution allemande, a jugé mardi 19 mai la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. La plus haute autorité judiciaire du pays laisse aux législateurs du pays jusqu’à la fin (...)

    #BND #NSA #GCHQ #procès #écoutes #FiveEyes #surveillance

    https://img.lemde.fr/2020/05/19/428/0/5120/2560/1440/720/60/0/b78b1fe_5684136-01-06.jpg

    https://seenthis.net/messages/854728 via etraces


  • Après Google, Facebook s’attaque avec Shops à Amazon
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/20/apres-google-facebook-s-attaque-avec-shops-a-amazon_6040248_3234.html

    Les entreprises pourront présenter et vendre leurs produits sur Facebook et Instagram. Facebook et Google tentent de rattraper leur retard sur le leader de l’e-commerce. Facebook cherche à saisir l’occasion du confinement pour tenter de se développer dans l’e-commerce. « La crise actuelle nous fait vivre et consommer davantage en ligne et cela va continuer ensuite à plus long terme », a déclaré Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pour justifier le lancement de Shops, mardi 19 mai. Cette (...)

    #Amazon #Facebook #Instagram #Messenger #WhatsApp #smartphone #domination #consommation (...)

    ##lutte
    https://img.lemde.fr/2020/05/20/41/0/1920/959/1440/720/60/0/b6fbf87_Slux6MgdlqbJoGPPYwt3wo5_.jpeg

    https://seenthis.net/messages/854707 via etraces