La peinture, dernière valeur-refuge ?, par Henri Cueco (Le Monde diplomatique, juin 1989)

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  • Le peintre Henri Cueco (1929- 2017) est de ces artistes assez rares qui ont interrogé le lien entre art et politique. Il a fait partie de la fameuse Coopérative des Malassis (1988-1981) — du nom d’un quartier de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, qui avait de surcroît l’avantage d’annoncer espièglement le positionnement des six « peintres toxiques », comme ils se qualifiaient, qui la composaient. Mais l’œuvre de Henri Cueco ne peut être réduite à la Figuration narrative, dont il fut l’un des grands représentants : il pratiqua d’autres voies et questionnements esthétiques, des collages à la peinture de brins d’herbe… Également écrivain, il est notamment l’auteur de Dialogue avec mon jardinier (Le Seuil).

    Gestes et signaux, par Henri Cueco (mai 2001)
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/57/CUECO/55778 #st
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    L’artiste communique mais n’a pas forcément de message à délivrer. Car l’œuvre est un tâtonnement et le temps, celui de l’inattendu qu’on attend pas, lui donne petit à petit son sens pour le plus grand nombre.

    La peinture, dernière valeur-refuge ?, par Henri Cueco (juin 1989) https://www.monde-diplomatique.fr/1989/06/CUECO/41786
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    Deux cent millions de francs pour les « Tournesols » de Van Gogh, en 1987 ; 330 millions pour les « Iris » du même peintre l’an dernier… A New-York ou à Londres, des records de prix sont battus chaque fois que des pièces de grands peintres « internationaux » sont mises en vente. C’est, dit-on, la loi du marché. Quand la peinture est à ce point traitée en marchandise et fait l’objet de telles spéculations ont peut se demander ce que devient sa valeur spirituelle… On peut aussi s’interroger sur la neutralité d’un marché qui continue d’ignorer systématiquement l’œuvre des artistes du tiers-monde.