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  • Le responsable des droits de l’homme de l’#ONU s’en va avec ses principes intacts mais peu d’amis | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/le-responsable-des-droits-de-l-homme-de-l-onu-s-en-va-avec-ses-princi

    Un des candidats au poste, Nils Melzer, spécialiste de la torture au sein de l’ONU, a pris ses distances avec Zeid Ra’ad al-Hussein. Le Suisse a déclaré qu’« éveiller l’hostilité » des dirigeants mondiaux ne fonctionnait pas et a mis en garde contre le « naufrage mondial » qu’un excès de dénonciations publiques pourrait engendrer.

    https://seenthis.net/messages/713597 via Kassem


  • Si cela arrivait chez nous, cela ferait scandale. En #Israël, c’est la #norme | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/si-cela-arrivait-chez-nous-cela-ferait-scandale-en-isra-l-c-est-la-no
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/Wadi%20Fuqin%2006_0.jpg

    Que diriez-vous d’une ville blanche quelque part en Europe qui gèlerait un appel d’offres pour des parcelles de terrain dans un nouveau quartier parce que cela risquerait de permettre à des noirs d’y emménager ? Diriez-vous qu’elle est #raciste ? Que penseriez-vous du maire de la ville s’il assumait sans ambages cette décision en invoquant l’objectif de préserver le « caractère blanc » de sa communauté ? Que c’est un #fanatique ?

    Et comment caractériseriez-vous la politique de l’État dans lequel se trouve cette ville si celui-ci faisait appliquer une #ségrégation presque complète entre blancs et noirs, ghettoïsant ainsi la population noire ? Comme une politique d’#apartheid, ou peut-être comme une politique relevant des lois Jim Crow ?

    Eh bien, il vous suffit de remplacer le mot « blanc » par « juif » pour que cela décrive ce qui vient de se passer à Kfar Vradim, une petite ville de 6 000 habitants située en Galilée, dans le nord d’Israël. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que la politique de Kfar Vradim ne peut être jugée comme un cas isolé. Il s’agit d’un reflet de la façon dont la société israélienne est intentionnellement structurée depuis des décennies.

    https://seenthis.net/messages/691911 via Kassem



  • L’espoir du Liban aux Oscars est bel et bien une insulte… aux Palestiniens
    Fadia Elia | 30 janvier 2018
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-espoir-du-liban-aux-oscars-est-bel-et-bien-une-insulte-aux-palestin

    Comme beaucoup de ceux de ma génération qui ont vécu la guerre civile libanaise, j’avais hâte de regarder L’Insulte, un film du réalisateur libanais Ziad Doueiri, qui a récemment offert au Liban sa toute première nomination aux Oscars.

    La plupart des spectateurs ont convenu que le film était excellent, juste et équilibré. Après l’avoir vu deux fois, je partage l’avis de mes amis qui avaient prévenu que ce film faisait mal. À mon égard – et à l’égard de quiconque a une goutte de sang palestinien en lui –, ce film est injuste. Il s’agit bel et bien d’une insulte, d’une insulte aux Palestiniens. (...)

    https://seenthis.net/messages/665623 via Loutre


  • « Made in Egypt » ? Le programme discret sur le textile qui rapporte des millions à Israël
    Paul Cochrane | 28 décembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/made-egypt-le-programme-discret-sur-le-textile-qui-rapporte-des-milli

    LE CAIRE – Disney et d’autres marques figurent dans le collimateur d’activistes du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) en raison de leurs liens avec un programme controversé qui permet aux fabricants égyptiens d’exporter des vêtements vers les États-Unis sans payer de taxes à condition toutefois d’utiliser des matériaux israéliens.

    Ce programme promu discrètement, connu sous le nom de « Qualifying Industrial Zones » (QIZ), a été promulgué par le Congrès américain en 1996 dans le but de « normaliser » les relations entre Israël, l’Égypte et la Jordanie à travers une coopération économique.

    Grâce aux QIZ, les fabricants israéliens fournissent au moins 10,5 % des matériaux utilisés dans un vêtement. Ensuite, les ouvriers égyptiens dans 705 usines certifiées QIZ cousent le produit final qui est exporté aux États-Unis et exonéré de taxes à hauteur de 5 à 40 %, mais généralement de 15 % en moyenne.

    Quand un consommateur achète des vêtements de marques comme Gap, Levi’s et Ralph Lauren, selon le Conseil égyptien pour l’exportation de vêtements prêts-à-porter (ERGEC), il n’y a aucune mention de la composante israélienne sur les étiquettes des vêtements, qui indiquent seulement « Made in Egypt ».

    https://seenthis.net/messages/655650 via Loutre


  • C’est personnel : Trump a trahi Mahmoud Abbas et le roi Abdallah de Jordanie
    David Hearst - 14 décembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/c-est-personnel-trump-trahi-mahmoud-abbas-et-le-roi-abdallah-de-jorda
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/000_UY72A_0.jpg

    (...) Avant tout, Istanbul a jeté les bases d’un réalignement des États arabes. Le conférence a mis en évidence la rébellion de deux dirigeants arabes pro-occidentaux, le roi Abdallah de Jordanie et Mahmoud Abbas, le président palestinien, contre leurs alliés traditionnels à Washington.

    Le premier est le chef de l’État du second pays arabe à avoir reconnu Israël, le second est le dirigeant palestinien qui a consacré sa vie à la négociation de la désormais défunte solution à deux États.

    Conscients de l’importance de ce qui allait se passer à Istanbul, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont déployé d’énormes efforts pour empêcher Abdallah et Abbas de s’y rendre.

    Comme cela a été rapporté, Abdallah et Abbas ont été convoqués pour une réunion d’urgence au Caire. Seul Abbas s’y est rendu.

    Selon mes sources, qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a fait pression sur Abbas pour qu’il ne dirige pas la délégation palestinienne à Istanbul et ainsi amoindrir l’importance de la conférence.

    Pour l’aider à décliner son invitation à Istanbul, de fausses nouvelles ont été diffusées selon lesquelles Abbas avait eu un accident vasculaire cérébral. Abbas les a ignorées.

    Pendant ce temps, le roi Abdallah a été convoqué à Riyad, et là encore, on m’a informé qu’on lui avait dit de ne pas aller à Istanbul. Le roi Abdallah est resté quelques heures à Riyad avant de partir pour Istanbul.

    Leur présence à la conférence a envoyé un message à l’Arabie saoudite et aux États-Unis : l’accord de Riyad avec Trump n’est pas accepté par la Jordanie et la Palestine, qui sont soutenus en cela par les pays musulmans. En d’autres termes : vous n’avez pas carte blanche pour négocier avec Israël sans nous.

    Les deux hommes ont manifesté publiquement leur refus de s’incliner et leur colère en se tenant aux côtés du président turc aux penchants islamistes Recep Tayyip Erdoğan sur la photo de groupe.

    Abdallah II a hoché vigoureusement la tête lorsqu’Erdoğan a affirmé : « Je répète que Jérusalem est notre ligne rouge. L’esplanade des Mosquées appartiendra aux musulmans à jamais. Nous n’abandonnerons jamais notre exigence d’une Palestine souveraine et indépendante. Nous ne pouvons pas rester spectateurs dans cette situation qui affectera notre avenir à tous. »(...)

    https://seenthis.net/messages/652568 via Loutre


  • L’Arabie saoudite n’a atteint aucun de ses objectifs au Liban | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-arabie-saoudite-n-atteint-aucun-de-ses-objectifs-au-liban-312615633

    La démission de Saad Hariri aurait dû normalement provoquer la chute de son gouvernement et plonger le pays dans une vaste déstabilisation, croit savoir Amin Hoteit, professeur de droit à l’Université libanaise. Ce général à la retraite, ancien commandant en chef de l’École d’état-major de l’armée libanaise, nous déclare que « la démission devait être accompagnée d’un vaste plan de déstabilisation sécuritaire exécuté par des partis libanais, qui projetaient de manifester et de fermer des routes ».

    L’armée et les services de sécurité ont étouffé dans l’œuf toutes ces tentatives en prenant des mesures préventives comprenant le déploiement de plusieurs milliers de militaires
    Cependant, l’armée et les services de sécurité ont étouffé dans l’œuf toutes ces tentatives en prenant des mesures préventives comprenant le déploiement de plusieurs milliers de militaires et des centaines d’agents en civils dans les régions les plus sensibles, notamment dans le nord du Liban.

    Selon Amin Hoteit, des groupes palestiniens du camp d’Aïn al-Hilweh, à 40 kilomètres au sud de Beyrouth, avaient pour mission de fermer la route côtière menant à la partie méridionale du pays, le fief du Hezbollah.

    Conscient de ces dangers, le président Aoun a dépêché d’urgence, au tout début de la crise, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, à Amman en Jordanie pour évoquer avec le président palestinien Mahmoud Abbas la situation dans les camps du Liban. Ce dernier a chargé son ambassadeur à Beyrouth, Achraf Dabbour, de prendre les mesures nécessaires pour colmater toute brèche sécuritaire à ce niveau.

    https://seenthis.net/messages/648985 via assalam12


  • Le secret bien mal gardé d’Israël : les ventes d’armes à des régimes en guerre
    Yossi Melman | 20 novembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-secret-bien-mal-gard-d-isra-l-les-ventes-d-armes-des-r-gimes-en-gu

    De la Birmanie au Soudan du Sud, en passant plus récemment par les États arabes du Golfe, Israël a essayé de garder secrètes ses ventes d’armes à des régimes engagés dans des conflits brutaux

    Israël se targue d’être une société libre et démocratique qui fait partie du monde occidental. Eh bien, pas exactement. Du moins dans deux domaines importants.

    Le premier, et le plus important, est l’occupation de la Cisjordanie sous le joug de l’armée israélienne et la privation de droits civils et démocratiques fondamentaux infligée à ses habitants palestiniens.

    Le second domaine dans lequel le manque de transparence est évident et dans lequel le gouvernement a tenté d’étouffer des informations concerne les exportations militaires et sécuritaires. Ici aussi, le censeur est omniprésent et réprime toute information susceptible d’embarrasser le gouvernement et l’appareil sécuritaire dans ses ventes d’armes à destination de dictateurs, de régimes voyous, de violateurs des droits de l’homme et d’autres gouvernements douteux. (...)

    #CommerceDesArmes

    https://seenthis.net/messages/646879 via Loutre


  • Palestine : étude d’un vol historique et culturel
    Roger Sheety, Middle East Eye, le 15 juillet 2015
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/palestine-tude-d-un-vol-historique-et-culturel-1585202488

    Déjà quelques articles sur seenthis avec ces mots-clés :
    #Palestine #Vol #Nourriture #Houmous #Hummus #rrroumous #appropriation_culturelle

    En particulier :

    Israel’s obsession with hummus is about more than stealing Palestine’s food
    Ben White, The National, le 23 mai 2015
    https://seenthis.net/messages/493046

    Le Houmous israélien est un vol et non une appropriation
    Steven Salaita, Al Araby, 4 September 2017
    https://seenthis.net/messages/632441

    Mais ici la discussion est plus large et aborde aussi, par exemple, les #vêtements palestiniens...

    https://seenthis.net/messages/646413 via Dror@sinehebdo


  • La visite de Sissi à Paris ou la leçon de realpolitik selon Macron | Warda Mohamed
    http://www.middleeasteye.net/fr/analyses/visite-de-sissi-paris-une-le-de-realpolitik-selon-macron-1361308943

    Abdel Fattah al-Sissi vient d’effectuer sa seconde visite officielle en France, la première depuis l’élection d’Emmanuel Macron qui a déclaré que c’était « un plaisir de l’accueillir ». Source : Middle East Eye

    https://seenthis.net/messages/640711 via Rezo


  • Deux psychologues du programme de torture de la #CIA échappent à leur procès | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/deux-psychologues-du-programme-de-torture-de-la-cia-chappent-leur-pro
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/CIA%20seal%20%28AFP%29_0.jpg

    L’ACLU affirme que James Mitchell et Bruce Jessen sont responsables et ont profité financièrement de #tortures illégales à l’encontre des trois plaignants : le Tanzanien Suleiman Abdullah Salim, le Libyen Mohamed Ahmed Ben Soud et l’Afghan Gul Rahman.

    Les deux premiers ont été libérés après plusieurs années de détention, tandis que Gul Rahman est mort d’hypothermie dans une cellule de la CIA en novembre 2002, après ce que l’ACLU a décrit comme deux semaines de « torture brutale ».

    L’ACLU et les avocats des plaignants n’ont pas donné de détails sur le règlement négocié, refusant notamment de dire s’il comprenait un accord financier.

    Le procès aurait dû se tenir à partir du 5 septembre.

    https://seenthis.net/messages/623132 via Kassem


  • Tunisie : Zarzis se mobilise contre un bateau qui veut empêcher le sauvetage des migrants | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/tunisie-zarzis-se-mobilise-contre-un-bateau-qui-veut-emp-cher-le-sauv
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/generation-identitaire-navire_5914292_0.jpg

    ZARZIS, Tunisie - Des pêcheurs se sont rassemblés dimanche dans le port de Zarzis dans le sud-est de la Tunisie pour « dire non » à un éventuel accostage d’un bateau affrété par des militants d’extrême droite pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

    « Nous sommes en train de suivre ses mouvements sur internet et à 80 % il se dirige vers Zarzis », ville proche de la frontière libyenne, a dit à l’AFP le président de l’Association des marins pêcheurs, Chamseddine Bourassine.

    S’il s’approche du port, « nous allons fermer le canal qui sert au ravitaillement. C’est la moindre des choses vu ce qui se passe en Méditerranée, la mort de musulmans et d’Africains » en mer, a-t-il ajouté.

    https://seenthis.net/messages/620514 via unagi


  • Comment l’UE camoufle le terrorisme d’extrême-droite contre les musulmans | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/comment-l-union-europ-enne-camoufle-le-terrorisme-dextr-me-droite-con
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/fire.jpg

    On a désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés et les minorités en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des statistiques

    https://seenthis.net/messages/620119 via unagi


  • Une vérité à marteler : L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme - Agora Vox

    C’est toujours d’actualité, en attendant, un criminel de guerre (Bibi) invité d’honneur de Macron pour commémorer la rafle du Vel d’Hiv un 16 juillet 2017. Un comble de plus ! NRobin

    En attendant, la plus importante communauté victime d’antisémitisme, est la communauté palestinienne. La solution viendra peut-être des intellectuels faussaires qui sont dans l’action contrairement aux intellectuels intègres... NRobin

    http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-verite-a-marteler-l-182110

    mardi 21 juin 2016 - par chems eddine Chitour
    Une vérité à marteler : L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme

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    « Sionisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires. La Terre d’Israël a besoin d’une immigration sélective : le sionisme n’est pas une oeuvre de bienfaisance. Nous avons besoin de juifs de « qualité supérieure ». Cependant, je crois que l’antisémitisme, qui représente parmi les masses un courant puissant et inconscient, ne portera pas tort aux juifs. Je le tiens même pour un mouvement utile du point de vue de la formation du caractère des juifs. Il constitue l’éducation d’un groupe par les masses et conduira peut-être à son absorption. C’est à force de se durcir qu’on est éduqué. » « Les antisémites seront nos amis les plus dévoués et les pays antisémites nos alliés. »

    Théodore Herzl, cité par Hannah Arendt

    Il est devenu difficile par les temps qui courent de nommer les choses par leur nom de peur de se prendre une « fetwa » des bien- pensants pour qui toute critique d’Israël c’est de l’antisémitisme et à ce titre beaucoup de pays européens en ont fait un délit passible d’amende, voire de prison avec au minimum pour ceux qui veulent avoir une visibilité, une extinction sociale.

    Albert Camus a dit un jour que : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Comment, alors, nommer les choses sans s’attirer les foudres ? Comment passer à travers les gouttes de pluie du conformisme ambiant qui veut qu’Israël c’est la modernité et la liberté et c’est le dernier rempart de l’Occident en terre orientale baignant dans le chaos. Les paroles de Theodor Herzl, fondateur de l’Etat juif en puissance, sont pour nous une révélation car on peut comprendre que le moteur de la politique israélienne a comme carburant l’antisémitisme des autres, cela rend les Israéliens plus forts tout en faisant condamner les contrevenants par la police de la pensée occidentale.

    Qu’est-ce que l’antisémitisme ?

    Si l’on croit l’Encyclopédie Wikipédia : « L’antisémitisme (originellement : anti-sémitisme) est le nom donné de nos jours à la discrimination et à l’hostilité manifestées à l’encontre des juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou racial.Il s’agit, d’une forme de racisme dirigée nominalement contre les peuples sémites, regroupés en tant que tels sur la base de critères linguistiques, mais ne visant en réalité que les juifs. Bien que certains historiens comme Jules Isaac insistent pour distinguer antijudaïsme et antisémitisme, le second terme est cependant le plus souvent utilisé aujourd’hui pour qualifier tous les actes d’hostilité antijuive que leurs fondements soient raciaux ou non. Le terme fut utilisé pour la première fois en 1860 par l’intellectuel juif Moritz Steinschneider dans l’expression « préjugés antisémites » (« antisemitische Vorurteile »), afin de railler les idées d’Ernest Renan qui affuble les ’peuples sémites’’. de tares culturelles et spirituelles » (1)

    On voit que rien n’interdit de mettre sous le même vocable les autres ethnies sémites comme le sont les Arabes. Le glissement qui s’est opéré a permis de passer de l’aspect ethnique à l’aspect religieux et partant d’arriver à l’antijudaïsme excluant du même coup les Arabes. Pourtant, comme l’a si bien démontré Schlomo Sand dans son ouvrage : il n’y a pas de peuple juif, il y a une religion juive. Ce sont des sémites au même titre que les Palestiniens avec une ascendance cananéenne.

    Qu’est-ce que le sionisme et l’antisionisme ?

    « Le mot ’sionisme’’ apparaît à la fin du XIXe siècle pour désigner un ensemble de mouvements différents dont l’élément commun est le projet de donner à l’ensemble des juifs du monde un centre spirituel, territorial ou étatique, en général localisé en Palestine. Le sionisme politique a atteint son but, la création d’un État juif en Palestine. Initialement, le sionisme d’essence laïque n’avait pas encore formalisé le projet d’un Etat aseptisé des Palestiniens spoliés en 1967 de leurs territoires et voire encore. Depuis, le leitmotiv du gouvernement actuel est de faire reconnaître un Etat strictement juif ; de ce fait, les Arabes israéliens n’auront pas vocation à rester dans ce qui est appelé Israël.

    Manuel Valls associe antisionisme et antisémitisme

    Devant les quelque 800 personnes qui se pressaient lundi 7 mars dans un grand hôtel parisien, devant une dizaine de ministres et presque autant de candidats à la primaire de l’opposition, le président du Crif, président un "tribunal dinatoire" selon le bon mot de Alain Finkelkraut a déclaré : « Nous vivons une vie retranchée. Nous avons le sentiment angoissant d’être devenus des citoyens de deuxième zone. Manuel Valls lui a répondu : « Oui, les juifs de France, trop souvent, ont peur, C’est une réalité et cette réalité, nous ne l’acceptons pas. » « La grille de lecture déformante et injuste » appliquée, selon lui, à Israël, pour faire de ce pays « le juif des nations, l’unique cible au monde d’un processus de délégitimation. Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien et un antisémitisme nouveau, Un antisémitisme d’extrême droite, mais aussi un antisémitisme d’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme dans les quartiers populaires d’une jeunesse radicalisée. Et puis (...), il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël. » (2)

    L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme

    L’amalgame, écrit Eric Hazan, avec l’anti-sionisme c’est-à-dire le refus de la politique actuelle d’Israël de quitter les territoires occupés depuis 1967, n’est pas l’antisémitisme. Les Palestiniens qui sont eux aussi des Sémites ne peuvent pas être contre eux-mêmes. D’un côté il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l’autre, des partisans d’un Etat commun où juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d’Israël. Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que « l’antisionisme ? ». Il y a deux réponses possibles. La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des juifs du monde entier ; par conséquent, être « antisioniste », critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les juifs - c’est de l’antisémitisme. Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des juifs vit ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme »(...). (3)

    « La deuxième réponse poursuit Eric Hazan, à la question ’qu’est-ce que l’antisionisme ?’’ est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui. Par la suite, dans l’entre-deux guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine. En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire. Le boycott d’Israël est un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la « destruction d’Israël », d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien. Le boycott n’est pas une arme contre les juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié. » (3)

    La coexistence pacifique des juifs et des musulmans

    Pourtant, on sait que les juifs ont toujours trouvé en terre musulmane la sécurité et la paix, notamment dans les périodes récurrentes des pogroms ; ils n’eurent jamais la paix qu’ils trouvèrent en terre musulmane, notamment dans l’Espagne des Ommeyades. On sait que Maïmonide, le grand écrivain juif, a écrit son livre « Dalil al Ha’irine », « Le livre des égarés », en langue arabe. A titre d’exemple de ce vivre-ensemble qui a traversé les siècles, le grand écrivain Mostefa Lacheraf parle de la bonne entente entre juifs et musulmans en Algérie : « (…) Et puis, l’école officielle du village de Sidi Aïssa était une école dite indigène’’ où il n’y avait pas un seul élève européen, mais une majorité d’élèves musulmans en même temps qu’une douzaine de petits israélites parlant l’arabe comme leur langue maternelle et fortement arabisés dans leurs genres de vie. Eux et leurs familles appartenaient à la communauté juive du Sud algérien et portaient cinq ou six noms parmi ceux de l’ancienne diaspora andalouse judaïque réfugiée au Maghreb entre les XIVe et XVIIe siècles. (...) » (4)

    « Peut-être que la mode religieuse n’était pas, à l’époque, pour le « m’as-tu vu » et le côté spectaculaire de la simple pratique, de l’observance rituelle exagérée comme aujourd’hui. (...) il n’existait ni mosquée officielle ni église ni synagogue connue en tant que telle. Femmes juives et femmes musulmanes se rendaient visite pendant les fêtes religieuses et leurs familles partageaient parfois l’usage de la même cour dans la grande maison (...). Je me rappelle encore ce que chantaient quelques femmes israélites venues offrir à ma mère du pain azym de la Pâque juive en entonnant sur le pas de la porte, en partant, un air célèbre d’origine andalouse, le chant nostalgique de « l’Au revoir ». Les relations entre les deux communautés allaient sans doute changer à l’avènement du sionisme agressif, militaire et colonial lors de la spoliation de la Palestine par le nouvel Etat d’Israël (...) ». (4)

    Intimidation et amalgame d’Israël sur l’« antisémitisme »

    On sait que la dette ad vitam aeternam de l’Europe a fait que cette dernière a laissé Israël occuper totalement la Palestine sans partage . On comprend alors que cette impunité a fait dire à Aba Eban ancien ministre des Affaires étrangères israélien les frontières d’Israël sont les frontières d’Auschwitz » Ilan Pappe israélien progressiste, professeur à l’université d’Exeter écrit à ce propos : « Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme (...) Les jours à venir seront très éprouvants et nous devrons non seulement être patients mais aussi retourner à la tribune, sur les sites Web, à la radio et à la télévision pour expliquer de nouveau ce qui est évident pour bon nombre d’entre nous : le sionisme n’est pas le judaïsme et l’antisionisme n’est pas synonyme d’antisémitisme. Le sionisme n’a pas été le remède au pire épisode antisémite qu’a vécu l’Europe : l’Holocauste. Le sionisme n’a pas été la bonne réponse à cette atrocité. (...) Comment expliquer autrement que l’Europe n’ait rien fait alors que le régime nazi exterminait les juifs et qu’elle ait demandé pardon en soutenant un nouveau plan visant à se débarrasser des juifs en les envoyant coloniser la Palestine ? Rien de surprenant à ce que cette logique absurde n’ait pas mis un terme à cet élan antisémite. Elle l’a plutôt entretenu.(...) » (5)

    Non ! antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes
    Pour Rony Brauman, ancien président de « Médecins sans frontière » qui a tenu à répondre, à réagir après les propos de Valls (...) Intéressons-nous plutôt aux rapports entre sionisme et antisémitisme, en nous souvenant en premier lieu que la majorité des juifs du monde, et notamment les Français, furent opposés au sionisme jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et que même alors, la majorité des juifs d’Europe ne choisit pas la Palestine après la shoah. Pas plus que les juifs russes fuyant les pogroms à la fin du XIXe siècle, dont seul 1% se rendit en « Terre promise ». (...)Que l’on puisse sans contradiction être prosioniste et antisémite devrait tomber sous le sens, puisqu’il s’agissait, dès l’origine, de débarrasser l’Europe de ses juifs, projet commun des uns et des autres avant que surgisse la folie hitlérienne Ce que notre Premier ministre semble ignorer. Estimer que la création d’Israël fut une décision funeste, y compris pour les juifs, relève de la liberté d’opinion, au même titre que l’opinion contraire. Les saisies de terres, destructions de maisons, emprisonnements administratifs, extensions de colonies, voilà ce qui nourrit aujourd’hui la critique d’Israël et de sa politique du fait accompli. Si le sionisme historique est pluriel, sa forme contemporaine est monocolore, largement sous le contrôle des colons. » (6)

    L’antisémitisme : arme d’intimidation massive.

    Bruno Guigue normalien, professeur parle d’arme d’intimidation massive, il écrit :

    « Dans un monde où le ressassement médiatique tient lieu de preuve irréfutable, certains mots sont des mots-valises, des signifiants interchangeables dont l’usage codifié à l’avance est propice à toutes les manipulations. (...) Depuis soixante-dix ans, tout se passe comme si l’invisible remords de l’holocauste garantissait à l’entreprise sioniste une impunité absolue. (...) En applaudissant à la création de l’État juif, l’Europe se lavait de ses fautes. Simultanément, elle offrait au sionisme l’opportunité d’achever la conquête de la Palestine. Ce rachat par procuration de la conscience européenne, Israël s’y prêta doublement. (...) On a beau rappeler que la Palestine n’est pas la propriété d’une ethnie ou d’une confession, que la résistance palestinienne n’a aucune connotation raciale, que le refus du sionisme est fondé sur le droit des peuples à l’autodétermination, (...) L’assimilation frauduleuse de l’antisémitisme et de l’antisionisme, il est vrai, procure deux avantages symboliques. Le premier est à usage interne. Cette assimilation limite drastiquement la liberté d’expression, Elle vise alors à disqualifier l’opposition politique et militaire à l’occupation sioniste. Cible privilégiée de cet amalgame, la résistance arabe se voit renvoyée à la haine supposée ancestrale qu’éprouveraient les musulmans pour les juifs. (...) Terroriste parce qu’antisioniste, antisioniste parce qu’antisémite, la résistance arabe cumulerait donc les infamies. »(7)
    Même à l’intérieur d’Israël des voix dissonantes

    Enfin, à l’intérieur du premier cercle du pouvoir, des voies dénoncent les dérives actuelles. D’abord, celle du général Golan en activité qui déclare : « Si quelque chose m’inquiète par rapport à la Shoah, c’est de reconnaître qu’il existe parmi nous aujourd’hui en 2016 des signes des mêmes processus nauséabonds qui existaient en Europe en général, et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80, 90 ans. » (8)

    « De même, lors de la Conférence annuelle sur la sécurité d’Israël du 14 juin à Herzliya, l’ancien Premier ministre Ehud Barak, a mis en garde contre une politique qui conduit Israël à sa perte, il a détaillé le plan secret de son successeur : Israël prévoit de contrôler pour toujours les territoires conquis en 1967. Israël n’est pas intéressé par la solution à deux États, et s’oppose à la création d’un État palestinien à sa frontière. Israël attend que le reste du monde s’adapte et accepte cette réalité. Israël accepte l’autonomie pour les Palestiniens, mais pas le droit à un État. Israël construit patiemment des colonies pour créer progressivement des faits irréversibles sur le terrain. Ce programme, s’il est appliqué, conduira inévitablement Israël à devenir « un État d’apartheid ». (9)

    On le voit , rien de nouveau sous le soleil ! D’autant qu’avec l’équipe actuel au sein de l’autorité palestinienne c’est la compromission en rase compagne. Winston Churchill apostrophant le premier ministre Chamberlain à son retour de Munich où il signa l’acte de reddition morale- en abandonnant à son sort la Tchécoslovaquie- avec le premier ministre français Daladier : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » Nul doute que l’Autorité Palestinienne et ses chefs termineront une vie sans dignité laissant dans la détresse un peuple qui ne demande qu’à vivre moins de 20% qui lui reste de la Palestine originelle.

    1. Antisémitisme : Encyclopédie Wikipédia
    2. http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/03/08/au-diner-du-crif-m-valls-assimile-antisionisme-et antisemitisme_4878208_1653130.html#c147rBSvVRlCzwGF.99

    3.Eric Hazan http://www.liberation.fr/debats/2016/05/04/le-boycott-d-israel-n-est-pas-de-l-antisemitisme_1450552

    4. Mostefa Lacheraf : Des noms et des lieux, éditions Casbah, pages 19 (1998)

    5. http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/ne-c-dons-pas-maintenant-l-intimidation-d-isra-l-sur-l-antis-mitisme-

    6. http://www.alterecoplus.fr/chronique/rony-brauman/non-antisionisme-et-antisemitisme-ne-sont-pas-synonymes-201603290924-00

    7.Bruno Guigue http://arretsurinfo.ch/lantisemitisme-arme-dintimidation-massive-par-bruno-guigue

    8.Jean Shaoul https://www.wsws.org/fr/articles/2016/mai2016/isra-m14.shtml

    9. http://www.voltairenet.org/article192386.html

    Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour /244033-l-antisionisme-n-est-pas-de-l-antisemitisme.html

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz


  • Macron soutient un État palestinien indépendant | Middle East Eye
    7 juillet 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/macron-soutient-un-tat-palestinien-ind-pendant-72819652
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/000_QB76E.jpg

    Le président Emmanuel Macron qui a reçu mercredi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a réaffirmé le soutien de la France à une solution à deux États pour ramener la paix entre Israéliens et Palestiniens.

    Il a aussi dit soutenir l’initiative de dialogue du président américain Donald Trump, qui a rencontré en mai les dirigeants israéliens et palestiniens et espère relancer des négociations de paix.

    « Cette paix doit passer par la réalisation des droits légitimes des Palestiniens à disposer d’un État indépendant, et passe aussi par la sécurité d’Israël, à laquelle la France est indéfectiblement attachée », a dit le président français.

    Mais il a exprimé sa « préoccupation face à la dégradation de la situation en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza », et a souhaité que « la France puisse faciliter les discussions ».

    « Il n’existe aucune alternative viable à une solution à deux États mais aujourd’hui cette solution est mise en péril sur le terrain et dans les esprits », a-t-il poursuivi.

    « Les causes de cette érosion sont connues : la France a toujours condamné la poursuite de la colonisation, illégale au regard du droit international, et qui a atteint depuis le début de l’année un niveau sans précédent », a poursuivi le président français.

    « L’absence d’horizon politique nourrit le désespoir et l’extrémisme », a-t-il conclu.

    Les deux dirigeants ont par ailleurs signé un accord pour créer un lycée français à Ramallah, qui ouvrira à la rentrée.

    #Palestine_France

    https://seenthis.net/messages/613319 via Loutre


  • INTERVIEW – Henry Laurens : « Les Palestiniens ont pour eux le droit mais n’ont pas la force » | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-henry-laurens-les-palestiniens-ont-pour-eux-le-droit-mais-n
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/PalestinianHomeDemolitionEastJerusalem.AFP_.jpg

    il y a la réalité du terrain et celle des conférences internationales, que ce soit à Astana ou à Genève. Sur le terrain pullulent les milices, qu’elles soient d’un côté ou de l’autre. Le régime de Bachar al-Assad n’est plus qu’un agrégat de milices. Il ne se fait pas respecter par telle milice qui contrôle telle sous-région ou telle autre. Du côté de la révolution syrienne, se trouvent les Kurdes, les islamistes, des milices locales aussi. Il n’y a pas d’autorité centralisée qui pourrait imposer que les armes cessent. C’est ce qui est inquiétant d’ailleurs sur la longue durée.

    #syrie

    https://seenthis.net/messages/592303 via rumor


  • Maroc : trois mois après la mort de Mouhcine Fikri, le Rif ne décolère pas | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/trois-mois-apr-s-la-mort-de-mouhcine-fikri-le-rif-ne-d-col-re-pas-193

    Il aura fallu de nouveaux affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre pour qu’Al Hoceima, petite ville côtière du nord-est du Maroc, fasse à nouveau parler d’elle dans les médias.

    Pourtant, depuis la mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson de 31 ans écrasé par une benne à ordures, cette région du Rif ne décolère pas. Depuis trois mois, des manifestations et des sit-in sont organisés dans la ville et les villages alentour.

    Dimanche, alors que les habitants d’Al Hoceima voulaient commémorer l’anniversaire de la mort d’Abdelkrim el-Khattabi, icône de la région, figure militaire de la résistance contre l’occupation espagnole et française, et fondateur d’une éphémère République indépendante au début du XXe siècle, la situation a dégénéré.

    Dès le matin, les habitants se sont réveillés avec des barrages dans toute la région. Les forces de l’ordre avaient été massivement déployées. Plus l’heure de la marche approchait, plus les tensions étaient perceptibles.

    #Al_Hoceima #Rif #Abd_el_Krim

    https://seenthis.net/messages/569223 via Simplicissimus


  • La langue arabe en tête des charts israéliens grâce à trois sœurs yéménites
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/la-langue-arabe-en-t-te-des-charts-isra-liens-gr-ce-trois-s-urs-y-m-n

    Article d’octobre 2015

    Smadar Lavie, activiste féministe mizrahie et universitaire en poste à l’université Berkeley de Californie, [...] a avancé l’idée que ce phénomène « renforce en vérité le statu quo entre #mizrahim et #ashkénazes au sujet du contrôle du pouvoir, tout en faisant progresser sans interruption le projet sioniste qui vise à acquérir plus de contrôle sur un maximum de territoires peuplés d’un minimum de non-juifs. »

    Elle a soutenu que mettre l’accent sur la #culture #arabe en oblitérant les questions politiques arabes fonctionnait comme un « mécanisme d’abrutissement », dans la mesure où les guerres menées en permanence par Israël contre les #Palestiniens poussent les mizrahim à s’engager contre ces derniers, ce qui les décourage de se battre contre le #racisme entre communautés juives.

    En outre, la culture « n’est pas dangereuse et opère harmonieusement tant qu’elle ne s’attaque pas aux relations entre #Israël et ses voisins arabes. » Ceci permet à Israël de se présenter comme un pays tolérant et multiculturel tout en dissimulant la réalité de ses pratiques politiques, a-t-elle argumenté.

    Bien qu’elle affirme se réjouir du fait que la culture mizrahie ait infiltré les « bastions » de l’élite culturelle ashkénaze en Israël, Smadar Lavie regrette qu’« en définitive, ça ne débouche sur aucune amélioration du quotidien de la majorité mizrahie en Israël. Le #néolibéralisme israélien profite principalement aux élites industrielles et entrepreneuriales ashkénazes. L’écart entre les classes se creuse, et il est de plus en plus difficile de parvenir à une certaine stabilité pour la plupart des ménages mizrahim en termes de logement et de nourriture. Les chansons poétiques ou en arabe à la mode qui sont interprétées par des mizrahim n’apportent pas de réponse à ce genre de problèmes ».

    En plus de la suppression de leur culture, les mizrahim ont été relégués au dernier rang de la société juive israélienne depuis leur arrivée dans le pays, où on les a forcés à vivre dans des villes de développement situées en périphérie ou dans des ghettos urbains, et où ils se sont vu refuser l’accès à l’emploi et aux études.

    Même aujourd’hui, les mizrahim ont cinq fois plus de risques d’être au chômage que les ashkénazes, et ont environ moitié moins de chances d’entrer à l’université ; de plus, les salaires moyens des juifs mizrahim sont en général environ un tiers moins élevés que ceux de leurs homologues ashkénazes.

    Pour Smadar Lavie, ces réalités économiques — et les 60 ans de racisme institutionnalisé dont elles sont le reflet — éclipsent tout débat sur une éventuelle « renaissance mizrahie » qui s’inspirerait de chansons comme « Habib Galbi ».

    https://seenthis.net/messages/566015 via Kassem


  • Israël sur la voie rapide pour annexer la Cisjordanie
    Middle East Eye | Meron Rapoport | 19 décembre 2016
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/isra-l-sur-la-voie-rapide-pour-annexer-la-cisjordanie-502799492
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/AmonaRayofLight.AFP_.jpg

    Dans un extrait éloquent de The Law in These Parts, un des documentaires les plus approfondis sur l’histoire juridique de l’occupation israélienne des territoires palestiniens, Meir Shamgar, ancien président de la Cour suprême d’Israël, est interrogé sur la raison pour laquelle les tribunaux israéliens s’abstiennent systématiquement de traiter la question de la légalité des colonies.

    « Je ne sais pas », répond Shamgar après un long silence.

    Il n’y a personne de plus apte à répondre à cette question que Shamgar. En tant que procureur général de l’armée israélienne pendant l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en juin 1967, puis procureur général de 1968 à sa nomination à la Cour suprême en 1975, il a été l’un des architectes de la stratégie juridique israélienne dans les territoires occupés.

    La pierre angulaire de cette stratégie était le refus d’admettre que la Cisjordanie et Gaza étaient des « territoires occupés » où la quatrième Convention de Genève devait être mise en œuvre, tout en appliquant cette convention « volontairement » sur ce même territoire.

    En bref, la stratégie était d’agir comme une force d’occupation militaire sans la reconnaissance formelle des tribunaux israéliens ou de la communauté internationale.

    Cette ambiguïté a permis à Israël de mettre un visage juridique, du moins à ses propres yeux, sur son occupation longue de presque cinquante ans, permettant aux Palestiniens de faire appel à sa Cour suprême, tout en installant des centaines de milliers d’Israéliens en Cisjordanie, en violation flagrante de l’article 49 de la Convention de Genève qui interdit les transferts de population civile vers des territoires occupés.

    #colonisation_de_peuplement

    https://seenthis.net/messages/553127 via Loutre


  • Témoignage d’un Refuznik israélien

    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-yonatan-shapira-la-lutte-est-d-sormais-pour-l-galit-des-dro

    INTERVIEW – Yonatan Shapira : « La lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous »#OccupationPalestine

    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/styles/main_image_article_page/public/YonathanShapira.jpg
    Yonatan Shapira, refuznik et activiste de la paix israélien, a parlé à Middle East Eye de son cheminement personnel, de l’activisme pro-palestinien et des perspectives de paix en Palestine

    Yonatan Shapira, refuznik et activiste de la paix israélien

    Occupation Palestine

    Yonatan Shapira,refuznik, Palestine, Israel, BDS, objection de conscience,paix

    Yonatan Shapira est un « refuznik » israélien, un de celles et ceux qui refusent ouvertement de servir l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. En 2003, il publiait avec 26 autres pilotes de l’armée une lettre ouvertedénonçant les attaques « illégales et immorales que l’État d’Israël effectue dans les territoires palestiniens ».

    Depuis, l’ancien capitaine de l’armée de l’air, membre de l’élite militaire, fils d’un pilote de la guerre de 1973 et petit-fils de victimes du génocide juif est devenu un activiste de la paix.

    Indigné par le sort de Gaza, il tentera, avec d’autres, de pénétrer par trois fois dans l’enclave palestinienne par voie maritime, avec une simple cargaison de jouets et de fournitures scolaires. En 2010, à bord de L’Irène violemment arraisonnée par l’armée israélienne à 20 milles de Gaza, il sera touché par trois tirs de taser par ses ex-camarades de l’armée.

    Depuis, il milite au sein du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

    Refuznik très actif, il est aussi l’un de ces « smolanim » ou gauchistes honnis par la droite et l’extrême-droite israéliennes.

    MEE : Comment s’est fait votre cheminement politique et philosophique, de pilote dans l’armée israélienne à refuznik ?

    Yonatan Shapira : J’ai grandi dans une base aérienne et je m’identifiais totalement avec Israël. J’adhérais à la narration sioniste qui pose que mon pays recherche la paix avec ses voisins et le monde, et souffre parce qu’il est entouré d’ennemis. C’est là typiquement le genre de narration selon laquelle les enfants de ce pays sont élevés.

    J’ai simplement cessé de me soucier des miens seulement, et me suis préoccupé de tout le monde. J’ai cessé de m’inscrire uniquement dans une ethnie, une tribu, une religion ou une couleur. C’est un changement de perspective qui modifie tout. Toutes ces valeurs humanistes dans lesquelles j’ai grandi, je les ai appliquées à tous. Mais cela est un changement intenable pour ceux qui sont encore enfermés dans leur point de vue raciste.

    Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais

    Je me suis toujours senti partie prenante de mon pays, c’est une part évidente de mon identité. Lorsque j’ai commencé à interroger la question du Bien ou du Mal qui était fait en mon nom, il a été plus facile de se sentir suffisamment confiant pour parler ouvertement. Quand bien même on me traitait de « traître » ou qu’on m’accusait de faire du mal à ce pays. Bien sûr, en devenant activiste, j’ai vu que mes paroles et actions pouvaient rendre les gens fous. Ainsi, quand j’ai taggué sur le mur du ghetto de Varsovie un graffiti « Libérez tous les ghettos, libérez Gaza », en Israël, les réactions ont été vives. Les gens ne comprenaient pas comment un ex-capitaine de l’armée de l’air pouvait comparer Gaza à un ghetto. Pour moi cela semblait pourtant évident.

    MEE : Après quel événement avez-vous écrit la lettre des pilotes de 2003 qui appelle à refuser les missions « immorales » sur Gaza ?

    YS : Il y a eu plusieurs événements mais ce fut spécifiquement les assassinats de combattants palestiniens par l’armée de l’air israélienne. Et de tous les civils autour d’eux. La lettre a succédé à la fameuse attaque contre un leader de la branche armée du Hamas [Salah Shehadeh, l’un des chefs présumés des Brigades Izz al-Din al-Qassam], le 22 juillet 2002. Une bombe d’une tonne fut larguée sur la maison de ce leader, causant la mort de quinze personnes, dont neuf enfants. Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais. Si je n’ai piloté que des engins de secours et n’ai jamais pris part à ce genre d’action, j’ai eu l’impression que ces actions de bombardements avaient été faites en mon nom.

    Un enfant assis sur un amas de décombres à la suite de l’offensive israélienne de cinquante jours au cours de l’été 2014 (AFP)

    MEE : Comment fut reçue cette lettre ?

    YS : Nous étions, les vingt-six autres pilotes et moi, submergés par cette attaque. Douze ans plus tard, il y eut le massacre de Gaza [l’assaut israélien de 2014 qui a fait plus de 1 500 morts côté palestinien, 6 côté israélien]. En juillet 2002, l’armée israélienne lançait une bombe d’une tonne sur Gaza pour tuer Salah Shehadeh. Exactement à la même date, 12 ans plus tard, en 2014, l’armée israélienne a déversé 100 bombes d’une tonne dans la partie sud de Gaza, tuant encore plus de gens. 

    La situation devient toujours plus extrême, la dévastation causée [en 2014] par l’IDF [l’armée israélienne] rend ce qui s’est passé en 2002 presque insignifiant. À chaque attaque, c’est plus fou, avec plus d’enfants brûlés vivants, plus de gens tués.

    Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse

    Après la publication de la lettre, les réactions furent très négatives dans l’establishment militaire. Mais nous avons aussi eu des soutiens surprenants de militaires. J’ai eu ainsi le soutien de mon commandant d’escadron. J’en fus surpris car cette lettre pouvait être considérée comme un acte de mutinerie. Cela montre la complexité des choses. D’autres pilotes ont exprimé leur soutien en privé mais ils précisaient qu’ils avaient trop peur des conséquences s’ils nous rejoignaient dans cet appel.

    Je pourrais parler de ceux qui furent punis, mais il me semble intéressant de dire la complexité des choses. Ceux qui restent dans le système passent par un processus lent où ils finissent par accepter les choses. Beaucoup de pilotes qui étaient d’accord avec moi aimaient trop voler pour y renoncer. Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse. Personne dans ce monde ne peut dire qu’il ne sera jamais fasciste du moment où il s’adapte et se trouve des excuses.

    MEE : Vous parlez « d’objection grise », pouvez-vous explicitez cette notion ?

    YS : C’est un phénomène général, pas seulement en Israël. Seule une minorité décide de s’exprimer ouvertement. Puis il y a ceux qui sont persuadés du bien-fondé du système. Et enfin il y a cette part floue de ceux qui sont mal à l’aise mais refusent de risquer leur stabilité sociale et trouvent des accommodements.

    Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS

    En Israël, certains trouvent des excuses pour ne pas servir en Cisjordanie ou pour ne pas participer à des attaques qu’ils désapprouvent intérieurement. Je sais que certains pilotes admettent qu’ils évitent de participer à ces missions. Ils se font porter pâles et évitent ainsi d’interroger un système qui produit oppression et crimes. Ce système tolère cette « objection grise », il produit un « consentement industriel ». Cela n’aide en rien car alors d’autres exécutent ces missions.

    MEE : En 2003, vous êtes devenu un refuznik. Vous avez dit « non ». À quoi dites-vous « oui » désormais ?

    YS : J’ai dit non au fait d’être partie prenante de ces attaques, de cette occupation, de cette oppression. Mais nous avons décidé, avec mes camarades, de participer à la construction des solutions de réconciliation. J’ai cofondé en 2005 une ONG, Combatants for Peace, qui réunit d’anciens combattants palestiniens et israéliens œuvrant ensemble de façon non violente contre l’occupation. Je n’en fait plus partie désormais. En effet, cette ONG est devenue trop prudente, d’une certaine façon.

    Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS et ne pas avoir peur de dire des choses qui effraient l’opinion israélienne. Ce mouvement BDS est non violent. En tant qu’Israélien, je dois suivre ce que les Palestiniens disent, car c’est eux qui luttent contre l’oppression, ce n’est pas une lutte israélienne.

    MEE : Comment inscrivez-vous votre action dans le refus de certains Palestiniens de toute normalisation avec les Israéliens, même activistes de la paix ?

    YS : Nous ne sommes pas dans une situation où deux parties de force égale s’affrontent et souffrent également. Si certains palestiniens choisissent de ne pas travailler avec les activistes israéliens, je respecte ce choix. Je lutterai alors avec d’autres. Je comprends que certains Palestiniens soient frustrés par des années et des années de lutte avec le prétendu mouvement pour la paix israélien. Car ce mouvement a souvent échoué. Des gens qui auraient dû refuser de combattre ont accepté d’être réservistes et de participer à des attaques au lieu de manifester contre ces crimes.

    BDS permet une clarification utile : si quelqu’un souhaite la fin de l’apartheid, de l’injustice, alors il doit soutenir les trois éléments de cet appel. Cela permet de dessiner une ligne nette entre ceux qui demeurent à l’intérieur de leur bon droit sioniste, de leur besoin d’être supérieurs sur cette terre, et ceux qui comprennent que si on veut vraiment la paix, elle doit être basée sur l’égalité.

    MEE : À propos de BDS, que pensez-vous de la comparaison faite par le Français Bernard-Henri Levy qui a déclaré que c’était un mouvement d’inspiration « nazie » ?

    YS : J’ai débattu avec lui, il y a douze ans de cela. Je lui ai expliqué ce que mes collègues pilotes et moi devions faire lors de nos missions. Il a facilement rejeté toutes ces horreurs d’enfants palestiniens brûlés vivants et m’a raconté combien était excitante l’expérience d’un membre de sa famille dans un kibboutz... Certaines personnes peuvent écrire, réfléchir de façon élaborée, mais leur cœur fonctionne mal en dehors de leur cercle ethnique ; ils voient toujours le monde à travers la peur d’un monde post-holocaustique.

    C’est triste de voir comment des gens censément intelligents se mettent au service d’une machine oppressive

    Un autre intellectuel israélien, Asa Kacher, souffre de cette même cécité. C’est un philosophe reconnu, qui a réécrit le code éthique de l’armée israélienne, c’est-à-dire au final comment oppresser des milliers de personnes dans les check-points, mais en le faisant de façon « éthique ». J’ai aussi débattu avec lui et c’est triste de voir comment des gens censément intelligents se mettent au service d’une machine oppressive. Dans l’histoire humaine, ce n’est pas nouveau que des intellectuels, écrivains, artistes choisissent de rallier les oppresseurs.

    MEE : Vous donnez régulièrement des conférences aux États-Unis ; pensez-vous que les juifs américains puissent faire pression sur Israël dans la recherche de la paix ?

    YS : Un changement important s’opère aux États-Unis, changement qui peut avoir son importance en Israël. Quand j’ai commencé ces conférences, une organisation comme Jewish Voice For Peace avait seulement cinq à sept ramifications. Elles sont désormais quarante. De plus en plus de juifs américains font partie de groupes de solidarité avec les Palestiniens.

    Nous n’attendons pas que les leaders mondiaux lancent une initiative comme une grande conférence pour la paix. Nous n’attendons pas que quelqu’un vienne et coupe soudainement le tuyau du soutien militaire et diplomatique à l’apartheid israélien. Nous misons sur un processus qui part de la société civile. Notre espoir est de créer des pressions civiles.

    Une femme palestinienne parle avec un soldat israélien alors que des Palestiniens traversent le check-point de Qalandia (AA)

    MEE : Certains partis politiques israéliens appellent désormais ouvertement à une annexion pure et simple des colonies en Cisjordanie. L’hypothèse de deux États est-elle encore viable ?

    YS : La solution de deux États est déjà morte. Le gouvernement fasciste israélien déclare une chose puis une autre. Nous pensons que la lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous et un État pour tous ses citoyens. L’idée qu’il y aurait une différence entre la destruction des villages palestiniens en 1948 et ce qui s’est passé après 1967 en Cisjordanie est idiote. Ce sont les mêmes méthodes et les mêmes procédures employées alors et maintenant. Nous vivons tous ici, et si nous voulons une solution, il faudra reconnaître les crimes qui ont été commis.

    MEE : Vous avez déclaré qu’Israël vivait « enfermé dans sa propre bulle », pourquoi ce constat ?

    YS : Pour comprendre cela, il faut que chacun s’interroge sur sa propre société. Prendre simplement les problèmes dans son pays et observer comment les gens réagissent. Nous vivons à l’ère des médias de masse, et la façon dont ils dépeignent les choses est faite de telle manière que cela ne bouleverse pas trop nos propres points de vue. Mais en Israël, tout est plus exacerbé car il n’y a pas de distance physique avec la souffrance qui est si proche. Je suis sur une plage à Tel Aviv, avec les touristes, les lumières douces de la ville. Mais il ne me faudrait pas plus de 30 minutes pour me rendre dans un petit village palestinien lourdement opprimé, où les soldats peuvent entrer dans les maisons la nuit et kidnapper votre enfant, l’interroger pendant des heures sans avocat dans certains camps des services secrets, et sans savoir quand il reviendra.

     

    des manifestants palestiniens devant une colonie israélienne dans le village de Bil’in, Cisjordanie, le 27 février 2015 (AFP).

    MEE : Une série de lois israéliennes entend criminaliser l’utilisation même du mot « Nakba », la catastrophe palestinienne de 1948, et interroge le financement des ONG qui œuvrent pour la défense des Palestiniens ou la dénonciation des agissements de l’armée… Qu’en pensez-vous ?

    YS : Le gouvernement israélien actuel est le plus à droite que nous n’ayons jamais eu dans ce pays. Le racisme et l’ethnocentrisme est quelque chose qu’il tente généralement de masquer derrière d’autres valeurs. Mais désormais, les choses apparaissent plus clairement. Auparavant, le système sioniste masquait son véritable agenda avec des messages plus cosmétiques. C’est comme si nous vivions dans une maison aux murs couverts de papiers fleuris chatoyants, mais que derrière, le mur était totalement pourri en raison des contradictions, crimes, dénis. Mais à présent, en raison de la façon dont ce gouvernement agit, le papier peint tombe. Les murs rongés sont alors apparents et nous voyons aussi les fondements de la maison.

    La solution de deux États est déjà morte. [...] Nous pensons que la lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous et un État pour tous ses citoyens

    Désormais, le processus de fascisation se poursuit et continuera en réaction aussi aux condamnations de la communauté internationale devant les actions d’Israël. Cependant, il me semble que, parfois, il est facile pour les gens d’être engagés dans la question palestinienne et d’oublier les problèmes de leur propre pays. Je choisis les mots les plus extrêmes quand je parle de mon pays et des choses qui se font ici, mais je voudrais lutter avec la même passion avec ces gens contre les crimes de leur propre gouvernement, les crimes qui se passent en leur nom dans leur pays. Il est parfois plus facile de devenir un militant de la question israélo-palestinienne et d’oublier ce qui se passe dans son propre pays. J’insiste sur ce point.