• Les discours de haine de la Licra | Le Club de Mediapart
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    Février 2016. Dans un livre, Bernard-Henri Lévy présente Laurent Fabius comme la victime d’un complot antisémite. Il fait référence au procès de l’ancien premier ministre dans le cadre des plaintes du scandale dit du sang contaminé (j’en avais parlé dans cet article). Le polémiste confirme son analyse à la télévision et suscite un tollé. Le président de la LICRA, Alain Jakubowicz, vole à son secours et affirme sur sa page Facebook que Fabius a été injustement accusé et que les accusations portées contre lui étaient dignes des « Protocoles des sages de Sion », ce faux livre antisémite censé prouver l’existence d’un complot juif international. La page officielle de la LICRA relaie ce message.

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    Ce n’est ni plus ni moins qu’une réécriture de l’histoire et une négation du réel. Les accusation contre Laurent Fabius étaient justifiées par de nombreux documents. Le retard dans la mise à disposition d’un test de dépistage du VIH d’un laboratoire américain – pour laisser le marché pour un test français – semble avoir été guidé par son cabinet. Ce n’est qu’un des nombreux exemples d’un dossier complexe, où rien n’autorise à parler d’accusations infondées (quand on voit le parcours du combattant judiciaire qu’on a infligé aux plaignant-es…), encore moins d’antisémitisme.

    J’avais contacté à l’époque la sociologue Emmanuelle Fillon, auteure d’une vaste enquête sur le sujet1, qui avait notamment interrogé 38 personnes contaminées et 18 parents, mais aussi 44 personnels de santé concernés par l’affaire. Elle m’a confirmé n’avoir jamais entendu de propos antisémites, ni en avoir lu dans toute la production associative sur le sujet. Son livre montre par contre que le FN et ses médias se sont emparés de l’affaire : que la LICRA assimile les victimes du sang contaminé à l’extrême-droite est une indignité.

    Un président d’une association de lutte contre les discriminations ment, réinvente l’histoire et insulte les victimes encore vivantes et les familles endeuillées. La lutte contre l’antisémitisme est dévoyée pour protéger un responsable politique, ce qui n’est pas nouveau, mais ici dans un objectif inédit : disqualifier des victimes en quête de la vérité dans les scandales sanitaires. Les adhérent-es de la LICRA ont-ils/elles critiqué en interne les propos de leur président, Alain Jakubowicz ? Rien ne permet de le dire. Il n’y aura aucun message d’excuse, aucun rectificatif : quand il concerne la lutte contre le sida, le négationnisme historique est autorisé par la LICRA.

    #LICRA

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