• Ordolibéral, François Fillon ? L’#ordolibéralisme est une forme de néolibéralisme inventée outre-Rhin il y a huit décennies, aujourd’hui incarnée par le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble. C’est surtout « une référence ductile, mais très légitime, car associée à l’idée de refondation — un peu comme le gaullisme en France. »

    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/DENORD/53518 #st
    http://www.monde-diplomatique.fr/images_reseaux/fillon-schauble.png




  • Voyage sous bonne garde en #Corée_du_Nord, par Martine Bulard
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/BULARD/53517 #st
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton53517.jpg

    Il a fallu deux ans à @bulard pour obtenir un visa d’entrée en tant que journaliste en République populaire démocratique de Corée. Ce sésame ne signifie pas pour autant liberté de mouvement, ni même choix du programme, et encore moins discussions spontanées dans la rue. A quelques exceptions près, les autorités décident de ce que vous devez voir. Mais elles ne peuvent pas tout cacher...


  • –Un jour en France | ARTE
    http://www.arte.tv/guide/fr/051457-001-A/un-jour-en-france
    #Aménagement_du_territoire_France #Villes #Aménagement_du_territoire_Transports_Energies #Villes_Transports_Energies #Documentaires

    Un aspect parmi d’autres : le parallèle entre l’augmentation des performances de technologies permettant de gagner du temps (#Transports, télécommunications) et la réduction du temps libre (augmentation des trajets pour se rendre sur le lieu de travail, travail toujours à portée de main).

    –[ Reportage ] Les Villes du Futur – épisodes 1 à 3 | Mr Mondialisation
    https://mrmondialisation.org/les-villes-du-futur-1-3-arte
    http://zinc.mondediplo.net/messages/12601#message17606
    http://zinc.mondediplo.net/messages/12538


  • Planète à vendre | Monde | fr - ARTE
    http://www.arte.tv/fr/planete-a-vendre/3758592,CmC=3788434.html
    Planète à vendre — смотреть онлайн видео, бесплатно !
    http://rutube.ru/video/4a728bbf8a26fe5481cb368efd34d6be
    #Accaparement_des_terres #Souveraineté_alimentaire #Agriculture #Environnement #Climat #Environnement #Afrique_de_l'est #Ethiopie #Madagascar #Arabie_Saoudite #Amérique_du_sud #Argentine #Asie #Inde #Agroalimentaire #Mondialisation #Finance_denrées_alimentaires #Finance_matières_premières #Documentaires

    Alimentation : La bourse ou la vie ? 1/2 - vidéo Dailymotion
    http://www.dailymotion.com/video/xjeb1x_alimentation-la-bourse-ou-la-vie-1-2_news

    Aux origines climatiques des conflits, par Agnès Sinaï (Le Monde diplomatique, août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/SINAI/53507

    Le Sahara algérien, eldorado de la tomate, par Pierre Daum (Le Monde diplomatique, mai 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/05/DAUM/55441
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton55441.jpg

    Faire fleurir le désert, un rêve ancien, par Pierre Daum (Le Monde diplomatique, mai 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/05/DAUM/55442

    Poulet ivoirien : la filière se remplume
    https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/poulet-ivoirien-la-filiere-se-remplume_2732591.html
    #Afrique #Agriculture #Protectionnisme

    La fin du phosphore annonce-t-elle une famine planétaire ?
    https://reporterre.net/La-fin-du-phosphore-annonce-t-elle-une-famine-planetaire

    L’agriculture oubliée des élections en Haïti, par Frédéric Thomas (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/11/THOMAS/56774
    #Mondialisation #Agriculture #Libre-échange #Caraibes_Haiti

    « Il est plus facile de déposséder la paysannerie et de saboter son économie pour, ensuite, constater sa non-compétitivité et son caractère improductif, assurant ainsi un débouché aux surplus américains, ce qui entérine la faillite des paysans haïtiens. »

    Le capitalisme raconté par le ketchup, par Jean-Baptiste Malet (Le Monde diplomatique, juin 2017)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/MALET/57599

    L’agriculture africaine dans la tenaille libre-échangiste, par Jacques Berthelot (Le Monde diplomatique, octobre 2017) #Afrique
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/BERTHELOT/57963

    Produits laitiers : où va l’argent du beurre ? - Cash investigation (intégrale) - YouTube #Conflits_d'intérêts #Finance #Dette_Privée
    Océanie_Nouvelle_Zélande #Documentaires #Agroalimentaire
    https://www.youtube.com/watch?v=ZRfTmHblbjg


    Laits contaminés par des salmonelles : Lactalis savait... et n’a rien dit
    https://www.nouvelobs.com/sante/20180102.OBS0048/laits-contamines-par-des-salmonelles-lactalis-savait-et-n-a-rien-dit.html


  • Les aventures de Mam’zelle Cisaille, par Dominique Pinsolle (août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/PINSOLLE/53533
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton53533.jpg

    « Le pouvoir ne réside plus dans les institutions. Il réside désormais dans les infrastructures de ce monde. » De ce constat, le Comité invisible tire dans son dernier livre une conclusion pratique aussi simple que séduisante : les révolutionnaires doivent s’organiser pour bloquer les flux qui parcourent et composent notre univers, dont la structure serait désormais celle d’un réseau aux dimensions planétaires. Bonne nouvelle : cet ensemble de nœuds interconnectés serait particulièrement vulnérable, et quelques actions bien ciblées suffiraient à le déstabiliser. Sous l’effet de son développement réticulaire, le capitalisme se trouverait ainsi menacé par des groupes d’individus ingénieux décidés à pirater des serveurs informatiques, à bloquer des raffineries, à occuper des places au cœur des métropoles, etc. [#st]


  • Un mouvement jeune et plein d’énergie entendait transformer une nation et réveiller le Vieux Continent. L’Eurogroupe et le Fonds monétaire international (FMI) ont écrasé cette espérance. Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, renouvelle d’ailleurs ce jeudi à Athènes son invite à ne pas « jouer avec le FMI » (14 janvier 2015, Süddeutsche Zeitung, quelques heures avant la tenue d’une réunion de l’Eurogroupe consacrée essentiellement à la question de la dette grecque). #st

    L’Europe dont nous ne voulons plus, par Serge Halimi (août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/HALIMI/53505



  • L’#ordolibéralisme allemand, cage de fer pour le Vieux Continent, par François Denord, Rachel Knaebel & Pierre Rimbert (août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/DENORD/53518
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton53518.jpg

    Initiateur de l’ouverture au libre-échange international et des privatisations, Erhard aimait résumer son action par une métaphore : « De même que l’arbitre ne prend pas part au jeu, l’Etat se trouve exclu de l’arène. Dans tout bon match de football, il y a une constante : ce sont les règles précises qui ont présidé à ce jeu. Ce que vise ma politique libérale, c’est justement de créer les règles du jeu. » L’introduction de la cogestion dans l’industrie en 1951-1952 lui sera imposée par le chancelier Adenauer et par des syndicats qui y voyaient une compensation à la stagnation salariale.

    Conformément aux préceptes d’Eucken, Ehrard répugnait à intervenir pour pallier les effets des trous d’air économiques. « Il redoutait qu’une politique de conjoncture, qui se focalise sur l’objectif de plein-emploi au détriment de tout autre, ne s’effectue aux dépens de la stabilité monétaire et au prix d’une moindre responsabilité individuelle », expliquera l’un de ses disciples, M. Hans Tietmeyer, président de la Bundesbank (banque centrale allemande) entre 1993 et 1999.

    L’ordopolitique connaît son apothéose en 1957, quand Erhard fait voter deux lois décisives : l’une sur l’indépendance de la Bundesbank, l’autre contre les limitations de la concurrence. Stabilité monétaire et concurrence non faussée : « Dans le modèle d’économie sociale de marché, analyse le haut fonctionnaire français Christophe Strassel, ces deux politiques échappent au débat démocratique ordinaire. » [#st]

    #Europe #Allemagne #banque #monnaie #économie #austérité #idéologie


  • Après l’élection de quatorze candidates (sur 2 106 sièges) aux municipales du samedi 12 décembre en Arabie saoudite, quelques cartes en accès libre…

    Géographie des progrès de la condition féminine (juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/progresfemmes
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/png/femmes_parlement.png

    Voir aussi :

    Trouble dans le genre à Riyad (septembre 2013)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/LE_RENARD/49594

    Femmes arabes, l’égalité bafouée (janvier 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/01/MOHAMED/49992

    Femmes arabes dans le piège des images (août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/KHALIFA/53508


  • Algérie

    La question du voile et la revendication du voile en tant qu’identité d’une musulmane pratiquante par Raphaël Liogier qui balaye d’un revers de main tous les préjugés.
    https://www.cairn.info/revue-multitudes-2010-3-page-14.htm

    Une autre histoire débouchant pourquoi pas sur une 4ème catégorie, similaire à celle de Sahar KHALIFA. http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/KHALIFA/53508

    Elles ont troqué leurs traditions, leur âme pour un foulard séoudien...

    Bien que des femmes iraniennes le portent avec élégance (en parlant du voile et non du tchador), en Algérie, ce fut une toute autre histoire. Ca parait difficile ainsi pour moi d’accepter cette évolution dans ce pays que je connais bien, si attaché à ses traditions et à son son passé andalous.

    En résumé, les mouvances islamistes en Algérie débutèrent dans les années 80 et se fixèrent dans les écoles, lycées, universités et les mosquées grâce à la manne pétrolière "généreuse" de l’Arabie Saoudite qui étendit son influence sunnite extrémiste profitant du désarroi de beaucoup de jeunes au chômage, terrain propice pour cette propagande démesurée.

    Sur le terrain, une autre histoire, un autre point de vue, il y en a d’autres :

    Année 1985 : un pressentiment en solo
    J’avais 17 ans, j’étais lycéenne à Fadila Saâdane à Constantine. Je passais une semaine de vacances avec mes deux meilleures amies au complexe touristique de Sidi Ferruch (port de Sidi Fredj) dans l’algérois. Nous étions jeunes, pleines de rêves et nous dansions à la discothèque du Château de Sidi Fredj sur des airs de musique Funk, Reggae, Soul ou Disco (Phil Collins, Bob Marley ou Marvin Gay) et même le Raï s’y était invité. Le décor était royal.
    Dans la chambre d’hôtel alors qu’on se préparait à une nouvelle soirée, une nouvelle aventure, mon parfum Darling m’échappa des mains avant de voler en éclat, J’’y tenais tant à ce parfum ! C’est alors que j’explosai en larmes. Moun et Houd ne purent s’empêcher de rire avant que je ne leur réponde avec une tête de mort : "mais vous ne comprenez pas que tout va mal, tout est délabré, les jeunes se laissent aller, c’est poussiéreux, c’est laxiste, ils deviennent tous fous, corrompus ou barbus. L’Algérie, c’est fini !"
    Ma réaction était surprenante et elles n’y comprenaient pas grand-chose. Elles finiront par le savoir quelques petites années plus tard.

    Année 1986 : crise économique, sociale et identitaire
    Alors que j’attendais Moun à la sortie d’un autre lycée, le lycée El Houria (qui veut dire liberté en arabe), un policier en civil s’avança vers moi et me traîna par les cheveux jusqu’au commissariat de Constantine. Il me prenait pour une meneuse au regard des événements qui s’enchaînaient en cette période : une révolution en marche contre l’arabisation totale menée avec médiocrité et l’islamisation de l’Education (nous avions pourtant un système bilingue (franco-arabe) de très bon niveau qui avait fait ses preuves, j’adorais mon cours de philo en arabe dont au programme Les 3 instances de Freud, Ibn Khaldoun etc.) : grève des syndicats, d’enseignants, de lycéens et d’étudiants, s’ensuivit le printemps kabyle.

    Au commissariat, j’étais plus ou moins rassurée, nous étions une cinquantaine de lycéens et Moun n’était pas bien loin. Je refusai de donner ma carte d’identité et je reçus une claque en contre partie. La gifle était si percutante, qu’elle me fit changer d’avis, je donnai ma carte. Les policiers qui surent par la suite qu’ils avaient malmené à tort la petite fille du très respecté Procureur Général de Constantine (décédé avant la révolution islamiste) ne changea rien au cours de l’histoire. Pourtant, le "qu’en dira t-on" et la "réputation" étaient des valeurs sures dans cette société. Dans les régions conservatrices comme Constantine, tout se fait en fonction de ce que peut penser le voisin.

    Ce mouvement général de ras le bol du système, de son parti unique, de sa corruption, de quelques généraux (qui sacrifièrent l’Education et l’abandonnèrent au Clergé, clericatus issus du monde arabo-musulman, en contre partie de leur maintien au pouvoir et la préservation de leurs privilèges), nous donna des ailes bien que sa finalité fut un désastre national sans précédent après l’indépendance. En effet, comme tous les printemps arabes, il fut récupéré par les mouvances islamistes (nous constations quelques mois après des défilés d’étudiants du parti des frères musulmans habillés en tenue afghane inexistante alors en Algérie et d’autres groupes qui se réclamaient déjà du whhabisme séoudien, la tête du serpent de la dérive islamiste du monde arabo-musulman).

    En conséquence, des menaces d’un nouveau genre sont proférées par ces groupes et leurs pressions pesèrent sur les familles rurales surtout quand cela concerne le vote (ouvert nouvellement au multipartisme) : les hommes devaient voter pour leur(s) femmes. Ils menaçaient les filles modernes qui fumaient dans les lieux publics, dans les jardins d’universités, qui ne faisaient pas le Ramadan ou qui se baladaient en short, en mini-jupe ou en pantalon. Jet d’esprit de sel sur les jambes dénudées des filles coquettes, des couples de jeunes amoureux persécutés, etc. C’était une guerre vestimentaire, gagnée d’avance.

    1987, année du BAC : la secte prend de l’ampleur
    Alors qu’ils se comptaient sur les doigts deux années auparavant, les foulards islamiques se multiplient dans les écoles. Une mode qui se propagea "à vitesse grand V". Les habits traditionnels (El Mlaya noire de Constantine, el haïk blanc d’Alger ou le foulard paysan) http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/mlaya.htm sont troqués contre une espèce de carnaval qui ne passe pas inaperçu car très ostentatoire et qui nous vient d’ailleurs.
    – les traditions du pays sont sacrifiées
    – son histoire mise aux oubliettes, ç’en était fini du mythe (et réalité) de Fadila Saâdane et sa soeur Myriam, combattantes résistantes à l’occupation française pour les libertés et en tenue masculine ...
    – enfin, il constitue un soutien fort à ces nouvelles sectes : il devient très symbolique et provocateur car très ostentatoire

    Que penser de cette crise d’identité telle une terrible crise d’adolescence ?
    C’était d’autant plus grave, que toutes les familles de tous les milieux étaient concernées (paysannes, ouvrières, intellectuelles) pour ne pas dire "classes sociales", en effet, l’école algérienne mélangeait les catégories et les communautés (berbères comme chaoui ou kabyle, beldi (enfant du pays) ou arabe, etc.) et, ses meilleurs élèves, étaient issus la plupart de milieux défavorisés, ils excellaient dans tous les domaines. Certaines qui l’avaient adopté ce foutu foulard, par pression ou "par conviction" disaient-elles, l’avaient enlevé par la suite.
    Je me rendais compte que ce phénomène pouvait toucher aussi bien ta cousine issue d’une famille aisée, ton amie intellectuelle que la très sympathique voisine "femme de maison".

    Bêtise humaine ou crise d’identité ? L’Algérien n’avait pas pour habitude de se retrancher derrière le fanatisme d’une religion pour résister à une occupation !
    – dans les écoles des enseignants refusèrent de serrer la main des enseignantes, la mixité dans les lycées devenaient compromettante...
    – dans mon lycée Fadila Saâdane, elles étaient une poignée à le porter, d’abord d’une façon très discrète soit parce que le grand frère l’exigeait soit par appartenance à une famille tournée par sa parabole vers des sociétés très lointaines à tout point de vue, en coutume, dans la pratique de la religion et culturellement : l’Arabie-Saoudite qui prône un islam visible et intolérant était tout sauf un modèle de société

    1990 : année noire en Algérie, activisme des "refoulés"
    Le pouvoir en place, confisqué par les Généraux de Chadli, cédait l’Education et les œuvres sociales aux pouvoirs religieux, confisqués à leur tour par des groupuscules qui se réclamaient de l’islam radical dont celui qui deviendra FIS, ou le front islamique du salut.

    Le passage du parti unique au multipartisme fut donc pour mémoire une transition politique douloureuse voire traumatique pour le pays, décimé par la branche armée du FIS, le GIA. Le FIS était aussi qualifié de "front des insatisfaits sexuels" par les filles et de "Hizb el merican" par d’autres plus éclairés, ce qui sous-entend le parti de l’Amérique qui soutenait ces mouvances (ils refusaient de s’exprimer en français, parlaient anglais et on les nomma ’les émirs’ ou ’chefs afghans’). On saura pourquoi quelques années après. Nous étions, nous autres, qualifiés de "Hizb França" (le parti de la France). Les prêches dans les mosquées devenaient insupportables (ils hurlaient dans le haut parleur pour l’appel à la prière), tout le monde devait sursauter à 4 "am"...

    1992 Aix-en-Provence
    Ma grand-mère ne voulait pas que je parte...
    Cette situation et tous ces événements, je les raconte dans un dossier de presse (type Manières de voir) que j’ai rédigé avec deux autres étudiantes à l’IUT d’Aix en 1992 et ce, jusqu’à l’assassinat de Boudiaf en qui la population avait un grand espoir de changement. Après Boudiaf, un gouvernement transitoire est créé, géré par un Chaoui ZEROUAL (un berbère convaincu d’être algérien), imposé puis sollicité par la société civile traumatisée par les massacres. Il donnait le sentiment d’être un un homme d’état intègre. Un berbère kabyle au pouvoir, ça aurait été plus compliqué (sauf peut-être pour des candidats comme le Dr Saâdi du parti RCD, capable de rassembler toutes les communautés pour les mettre d’accord sur un projet commun cohérent...). Tout est mentionné dans mon dossier de presse qui fait état d’une liste de sources d’information.

    Les assassinats par les branches armées du FIS, les règlements de compte entre tribus, policiers, militaires et fanatiques, des massacres inimaginables, se poursuivront encore quelques années et toucheront toutes les catégories sociales du pays.

    Cheb Hasni est assassiné en 1994 par un intégriste quelques temps après sa chanson "Galou Hasni Met" dans laquelle il raconte les circonstances de son assassinat anticipé et ses obsèques publiques... Une occasion en or pour faire parler la tyrannie...
    http://www.maghrebspace.net/Music/Cheb+hasni/1654/Ecouter
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheb_Hasni

    Un phénomène constaté aussi dans les sectes : il y a un problème avec les femmes et le sexe dans les sociétés arabo-musulmanes que je ne développerai pas ici.
    Est-ce parce que l’émancipation des femmes est plus rapide que celles des hommes et qu’elles soient plus ouvertes aux autres communautés ?
    Est-ce par frustration générée par le fait que la tradition a toujours voulu séparer les filles des garçons ? Ou est-ce par révolte contre un bouc-émissaire de "sexe faible" après avoir cumulé durant des années les actes de mépris provenant des partis au pouvoir et de la société civile elle-même ? Vaste débat.

    1995 Strasbourg : Le Parlement international des écrivains
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Parlement_international_des_%C3%A9crivains
    http://www.monde-diplomatique.fr/2002/05/SALMON/8868
    C’est bien dommage ! Il a fallu que je poursuive mes études à Strasbourg pour découvrir Bruno Étienne. Une voisine de palier à la Cité universitaire de Gallia l’avait évoqué la veille d’un super débat organisé par le Parlement international des écrivains, une initiative soutenue par le Parlement européen, à l’Opéra de la place Broglie (De Breuil).

    Alors que des intellectuels faussaires comme BHL, Kouchner et cie parlaient de "qui tue qui" ou encore de "droit d’ingérence" en Algérie, j’assistais à ce débat-conférence, en guise de soutien à l’Algérie meurtrie par la déferlante d’assassinats perpétrés par le GIA et à Salman Rushdie dont je n’ai jamais lu le livre "Les versets sataniques".

    Y étaient présents des intellectuels de toute confession dont certains écrivains de l’intelligentsia arabe, réputés par leur engagement pour les libertés fondamentales et leur lutte contre tous les fanatismes. Sans surprise, le débat était riche et passionnant. Je souligne, des échanges de désaccord avec Samy Naceri à propos de Charles Pasqua qu’il avait fustigé : je rétorquai que sans lui, le démantèlement des réseau du GIA en France, n’aurait pas eu lieu.
    Le débat se termina en beauté par une soirée Raï avec Cheba Zahouania et Chikha Rimiti. Les organisateurs ont dû bien le regretter vu l’état des chaises du bel Opéra de Strasbourg... lol

    Après le débat et la fête, rencontre et échanges très riches à l’hôtel Maison Rouge avec Assia Djebar (qui a écrit Les nuits de Strasboug) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Assia_Djebar), Mohamed Dib (décédé depuis), Omar Bellouchet, rédacteur et directeur du journal El watan, le poète et historien Gamal el-Ghitani écrivain et arabophone égyptien qui m’a fait don d’une petite poésie calligraphique sur mon petit calepin, son collaborateur Naguib Mahfouzil ne pouvant être de la partie puisque poignardé au même moment par deux membres d’Al Jama’a al Islameya (https://fr.wikipedia.org/wiki/Naguib_Mahfouz).

    D’autres débats eurent lieu à Strasbourg sur les massacres en Algérie. Participant à l’un de ces débats, je pris le micro pour m’exprimer sur le sujet avant d’être fustigée du regard par un barbu assis à mes côtés. J’ai eu la trouille de ma vie !

    1997/1998 à Birmingham : prêche des Emirs en place publique
    Alors que je me promenais sur la place du centre ville en cet hiver so british (la veille de la coupe des blacks-blancs-beurs), je m’étais arrêtée devant une foule très hétéroclite, intéressée par le discours d’un barbu en robe blanche qui diabolisait les militaires algériens dans un anglais très moyen. Je compris qu’il s’agissait d’un algérien qui collectait des fonds pour son parti le FIS ou pour sa branche armée le GIA, en se faisant passer pour la victime d’un régime de dictateurs sanguinaires. Cette foule en était bien convaincue au point d’être très généreuse avec ce dernier. A part échanger avec quelques uns d’entre eux dans la foule, je ne voyais pas comment dénoncer cette mascarade !

    Il fut donc un temps où les Chefs du GIA étaient largement et généreusement soutenus par les pouvoirs occidentaux en place en GB, en France, en Allemagne et aux EU, par ignorance et surtout par intérêt.
    Les militants du FIS y développent une importante propagande contre le régime : Abdallah MESSAI en GB, le cheikh Abdelbaki SAHRAOUI en France, HADEM aux EU, Rabah KEBIR en Allemagne, etc.

    Débarquement du GIA en GB :
    Depuis l’interruption du processus électoral, en janvier 1992, beaucoup d’opposants "intégristes" algériens s’étaient réfugiés en Grande-Bretagne. À Londres, des bulletins du FIS sont distribués...
    Mais je ne suis pas de l’avis du contenu de ce lien qui implique les services secrets algériens
    http://www.algeria-watch.org/fr/article/just/attentats_paris/extrait_francalgerie.htm

    Je préfère ce lien-ci sur l’extermination programmée de l’intelligentsia
    http://anglesdevue.canalblog.com/archives/2009/08/20/14799361.html
    Ou encore ce rappel des faits. L’histoire se répète.
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Londres-des-Algeriens-s-opposent-a-des-salafistes-recoltant-

    2015 Nantes
    Dans un bus, avec ma tenue en safari, je me suis retrouvée nez à nez face à une jolie demoiselle bien maquillée portant le voile. Je n’ai pu m’empêcher d’avoir le sourire aux lèvres vu le contraste vestimentaire. Nous sommes condamnées ainsi, à nous accepter l’une et l’autre, chacune dans sa différence. Ca parait facile ainsi mais je suis rattrapée par la mémoire.
    Le film iranien « Les femmes du bus » explique bien ce sentiment lors d’une séquence. https://www.youtube.com/watch?v=ZRDHXo_oXvo

    Une histoire à raconter, celle vécue par ma mère professeur au collège Khadidja de Constantine : deux frères d’une élève qui s’opposent dans une même famille, l’un intégriste radical ayant travaillé comme professeur d’anglais exerçant sa loi religieuse intolérante au sein de famille (oppressant ses frères et soeurs), l’autre comme policier à Constantine plus ouvert. Leurs parents souffraient de les voir s’accrocher violemment et avaient perdu de leur sérénité passée.

    Pour finir, je souhaite rendre hommage à tous ceux qui ont lutté contre l’obscurantisme ici et là et ceux qui continuent à le faire : l’Etat algérien pour avoir tenu bon sans l’aide de la France ni des puissances occidentales "démocratiques", les intellectuels, les syndicats, les femmes, les ouvriers, les paysans qui refusaient de s’aligner sur la politique du FIS, tous les citoyens de toutes les catégories sociales qui en ont payé un lourd tribu ou qui l’ont payé de leur vie

    N Robin


  • Monde diplomatique d’août 2015
    Femmes arabes dans le piège des images
    Racontées par Sahar KHALIFA "Femmes arabes dans le piège des images".
    J’en retiens "... les Frères musulmans, qui laissaient jusqu’alors le peuple indifférent, montèrent en puissance. La situation de notre région dans les années 1970 ressemble beaucoup à celle de l’Afghanistan au moment où les américains prêtaient main forte aux islamistes, et notamment à Oussama Ben Laden, pour contrer les communistes..."
    et je rajouterais, la situation ressemble fort bien à celle de l’Algérie des années 1980.
    Tout résumer en 1 seule page, ça relève de l’exploit, et pourtant Sahar l’a fait…
    Cf lien http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/KHALIFA/53508
    Des créatures faibles et opprimées disparaissant sous un tchador ou une burqa. Telle est l’éternelle représentation des femmes arabes que proposent les médias occidentaux, en mélangeant allègrement les contextes et les nationalités. Ces femmes seraient-elles donc hors de l’histoire ? Et si elles ne le sont pas, comment expliquer la grande régression qu’ont connue leurs droits au cours des dernières décennies ?
    par Sahar Khalifa

    C’est bien connu : dans la culture arabe comme dans beaucoup d’autres, la femme incarne le sexe faible, l’autre sexe, le sexe inégal, le sexe qui n’hérite de rien, pas même de son nom de famille, le sexe qui peut apporter descendance ou déshonneur. Ma famille accueillit ma naissance avec des larmes. J’étais une fille, la cinquième de la famille, soit la cinquième déconvenue et, pour ma mère, la cinquième défaite. A côté de l’épouse de mon oncle, qui avait triomphalement donné le jour à dix inestimables garçons, elle faisait figure de femme maudite. Elle avait beau être plus belle, plus intelligente et plus digne que ma tante (et que les autres femmes de la famille), tous la considéraient comme la moins féconde, celle qui ne pouvait pas porter de bons fruits.

    J’ai hérité de ces préjugés et de ces théories. Depuis l’enfance, je ne cesse d’entendre qualifier les filles —de la famille, du quartier et du monde entier— d’êtres impuissants, sans défense, condamnés par la nature à rester irrémédiablement faibles.

    Il y a quelques mois, cependant, ma petite sœur a découvert que j’étais le seul membre de la grande famille Khalifa à figurer dans l’encyclopédie palestinienne. Avec un soupir d’aise, elle a souligné : « L’encyclopédie ne mentionne ni mon père, ni mon frère, ni mon oncle et ses dix fils miraculeux, ni aucun autre homme de la famille ; il n’y a que toi ! »

    En tant que femme arabe, je suis passée par différentes phases. J’ai été transformée par certaines influences et j’ai contribué aux évolutions de la société. Même les familles arabes les plus conservatrices envoient maintenant leurs filles à l’école. Une fois formées, celles-ci deviennent enseignantes, médecins, ingénieures, pharmaciennes, écrivaines, journalistes, musiciennes ou artistes. Beaucoup semblent désormais indispensables à la collectivité, plus fortes, plus créatives et plus importantes que les hommes.

    Pourtant, les médias occidentaux nous représentent comme d’horribles créatures enveloppées dans leurs tchadors, affublées de masques de cuir, telles les captives d’un harem dissimulées derrière leur voile. Je me demande pourquoi ils nous voient ainsi, figées dans une réalité univoque et immuable. Croient-ils vraiment qu’on nous a créées différentes du reste du genre féminin, incapables de changer ?

    A l’école, j’avais un instituteur qui vantait toujours le « changement » en faisant varier le ton et le sens du mot selon les aspects de la réalité arabe qu’il abordait : la redistribution des richesses, le statut des femmes ou les régimes politiques obsolètes. Tout mon entourage le respectait et l’admirait ; les plus jeunes voulaient lui ressembler, et les moins jeunes ont été prêts à le cacher quand il a été pourchassé par la police.

    Ce merveilleux instituteur n’était pas seul à parler de changement et de justice. La plupart des personnes instruites croyaient en ces idées et les défendaient. Tout comme lui, des milliers d’hommes éclairés étaient recherchés par la police ou croupissaient dans les prisons de régimes soutenus et subventionnés par les puissances anglaise, française, puis américaine.

    Le nationalisme arabe a connu son âge d’or durant les années 1950 et 1960. Nos rues en effervescence débordaient d’espoirs de transformation. Nous adoptions une attitude rebelle et critique envers nos systèmes sociopolitiques traditionnels. Les idéaux de libération et de justice sociale se retrouvaient dans notre littérature, notre théâtre, nos chants, notre musique, et jusque dans les expressions que nous employions dans la vie courante. La littérature du monde entier irriguait notre culture. Nos librairies et nos rues regorgeaient de livres appelant à la libération, à la révolution et au changement : littérature existentialiste, socialiste, noire...

    Cet élan touchait tout le monde, y compris les paysans illettrés et les femmes, qui commencèrent à sortir sans voile. Des dizaines de milliers d’entre elles firent des études universitaires ; certaines s’engagèrent dans des partis politiques. Non seulement elles ne portaient plus le voile, mais elles s’habillaient en débardeur, en minijupe. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avons dansé le rock’n’roll et le twist, malgré notre haine des Occidentaux. Nous voulions vivre comme eux sans qu’ils nous dominent.

    Cette atmosphère idyllique se dissipa lorsque Israël, soutenu par l’Occident, parvint à vaincre le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1967. Cette défaite signifia aussi celle de notre mouvement national et de nos convictions socialistes ; une occasion que les Américains et leurs alliés régionaux ne manquèrent pas de saisir. Ils apportèrent un soutien massif aux islamistes afin d’étouffer le nationalisme progressiste, à coups de millions de dollars. Les Frères musulmans, qui laissaient jusqu’alors le peuple indifférent, montèrent en puissance. La situation de notre région dans les années 1970 et 1980 ressemble beaucoup à celle de l’Afghanistan au moment où les Américains prêtaient main forte aux islamistes, et notamment à Oussama Ben Laden, pour contrer les communistes.

    Les institutions et les médias occidentaux, qu’il s’agisse de la presse écrite ou de la télévision, du cinéma ou des universités, supposent la femme arabe incapable de respirer ou de penser sous son tchador noir, ombre mouvante qui erre dans le vide telle une sorcière ou un épouvantable fantôme. Le vêtement de la créature que nous incarnons à leurs yeux est appelé « tenue islamique ». Je suis pourtant convaincue qu’il n’est ni islamique ni arabe, et que c’est une création de l’Occident et une manifestation embarrassante de son impérialisme.

    Ma mère portait sur la tête un morceau de gaze transparente de couleur noire qui couvrait plus ou moins son visage et ses cheveux. Le reste de sa tenue consistait en une jupe ou une robe simple qui lui arrivait aux genoux, avec une veste courte qui soulignait sa poitrine et sa taille. Rien à voir avec ce que l’on considère aujourd’hui comme une « tenue islamique », qui transforme le corps féminin en sac informe, en masse sombre, en colonne de fumée.

    Au début des années 1950, ma mère rejoignit le mouvement soufour (dévoilement), aux côtés de nombreuses autres femmes de sa génération. Certaines étaient comme elle issues des classes moyennes des grandes villes arabes ; d’autres, de milieux moins privilégiés et de plus petites villes. Il suffit de regarder les enregistrements des concerts de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum ou d’autres artistes de la même période pour constater qu’aucune femme dans le public n’arborait à l’époque cet accoutrement.

    La désastreuse occupation de la Palestine par Israël en 1948 a provoqué une dégradation de la situation économique qui a eu un impact direct sur la vie des femmes. Des milliers de familles qui avaient perdu leur terre, leur maison, et dont les hommes étaient tombés au combat, ont dû éloigner les femmes de la sphère domestique pour les envoyer travailler ou étudier.

    On a alors commencé à voir des milliers de jeunes Palestiniennes instruites voyager sans foulard, vivre seules sans être mariées et conserver pourtant l’estime de leurs proches et de leur société : elles subvenaient aux besoins des familles à faibles revenus. J’ai décrit leur situation dans mon roman L’Héritage [non traduit, 1997]. Avec le temps, il fut non seulement admis mais même bien vu qu’elles financent les études universitaires de leurs cadettes en Egypte, en Syrie ou au Liban, permettant ainsi à celles-ci d’obtenir des diplômes en médecine, en pharmacie, en ingénierie, en droit ou dans d’autres disciplines. Ces jeunes femmes qualifiées, courageuses et ouvertes sur le monde ont lancé une vague d’émancipation féminine et sociale, même si notre connaissance de la pensée féministe se limitait alors aux articles publiés dans des journaux égyptiens par une poignée de pionnières comme Amina Saïd, Suhair Qalamawi et Durriya Shafik ; des écrits qui n’allaient pas au-delà de sujets comme le planning familial, le mariage précoce ou la polygamie.

    Mais, juste après notre défaite face à Israël en 1967, des régimes arabes dictatoriaux, hostiles au socialisme, soutenus par les Etats-Unis, s’allièrent avec des groupes islamistes fondamentalistes, qu’ils financèrent généreusement. Tous ceux, par exemple, qui portaient la fameuse « tenue islamique » recevaient une allocation mensuelle de 15 dinars jordaniens (19 euros) pour un homme et de 10 pour une femme. Les hommes, qui arboraient une longue barbe non taillée, portaient une courte dishdasha ou jellabiya et des sandales en cuir ; les femmes, un épais foulard sur la tête et une longue tunique qui descendait jusqu’aux orteils. Tous se voyaient aussi offrir un rosaire, une superbe édition du Coran et un beau tapis de prière.

    Les organisations islamistes commencèrent par cibler les jeunes qui s’étaient déjà illustrés en tant que meneurs et qui exerçaient une emprise sur les autres. Elles voulurent aussi atteindre les femmes au foyer. Puis leur attention se porta sur les mosquées, les écoles et les universités. Tout cela n’aurait pu fonctionner sans l’aide — notamment financière — des régimes arabes qui manifestaient leur loyauté, voire leur soumission, aux Etats-Unis en s’alignant sur leur stratégie, dans l’espoir que l’islamisme viendrait à bout des socialistes et des progressistes au sein de leurs sociétés.

    Cependant, les fondamentalistes ne se contentèrent pas d’imposer leurs vêtements, leurs allocations mensuelles et leurs lieux de rencontre. Afin de conquérir les esprits dès l’école primaire et secondaire, on nomma en priorité aux postes d’enseignants des islamistes, hommes ou femmes, en leur donnant pour mission d’imprimer leur idéologie dans la psyché et l’intellect des élèves. Pour compléter cette éducation, les adolescents suivirent un entraînement qui leur inculquait la discipline militaire et les arts martiaux, dans des camps installés dans les déserts arabes ainsi qu’en Afghanistan et au Pakistan.

    Ironie du sort, quand les Etats-Unis et leurs alliés comprirent le piège qu’ils s’étaient tendu à eux-mêmes, le mal était fait, et les organisations fondamentalistes projetaient d’établir un régime islamiste hostile à l’Occident.

    Nous traversons à présent une terrible crise intellectuelle, sociale et politique. Nous sommes menacés de toutes parts sans savoir laquelle des deux menaces est la plus brutale : d’un côté, l’Occident, dont nous avons déjà subi les manigances, l’exploitation et la colonisation ; de l’autre, l’islamisme, dont les prétendues innovations nous ont ramenés à l’âge de l’oppression et des harems. En d’autres termes, nous avons le choix entre un Occident synonyme de liberté, de laïcité et de science, mais aussi de colonialisme, et un islam impitoyable qui appelle à résister à l’Occident, mais qui s’oppose à la science, à la modernité ainsi qu’à l’émancipation féminine et sociale.

    Et ce chaos général ne se limite pas à notre région ; il touche aussi l’Occident lui-même. Ainsi le voile et le tchador y sont-ils devenus des objets de peur et d’aversion, à tel point que certains pays ont interdit les tenues islamiques et le port du voile dans les écoles et les lieux publics. On nous accable désormais de préjugés racistes.

    Pour ma part, je déclare à ceux qui partagent cette vision étroite que nous sommes plus proches d’eux qu’ils ne l’imaginent. Ne répète-t-on pas que la planète est devenue un village ? Nous venons par vagues humaines nous échouer sur vos plages. Quoi que vous fassiez pour limiter l’immigration, nous trouverons toujours les moyens de parvenir jusqu’à vous, de surmonter les obstacles que vous dresserez devant nous et d’affirmer notre présence parmi vous. D’ailleurs, nous sommes déjà là. Vous ne pouvez nier notre présence, car nous faisons partie intégrante de votre monde.

    Je n’ai nulle intention de provoquer la colère. Je tiens simplement à plaider ma cause de manière crue et concrète. Je souhaite qu’un lecteur occidental puisse ressentir ce que je ressens, craindre ce que je crains ; je veux qu’il prenne conscience de la douleur que ses gouvernements colonialistes infligent à nos peuples, de celle qu’ils m’infligent à moi. Ses médias font de moi un stéréotype ; ils me condamnent et me falsifient. Quand ils présentent une femme en burqa comme l’incarnation de la femme arabe, ils sous-entendent que l’écrivaine féministe que je suis, de même que les milliers d’autres femmes instruites et les millions de femmes arabes modernes —musulmanes et chrétiennes— qui vivent dans les pays arabes ressemblent à cela : le visage sombre, la tête basse, le corps informe, incapables de penser et de s’exprimer.

    Mais ils se trompent ; car la vue d’une femme en burqa m’emplit de peur et d’horreur. Je redoute qu’un jour une main ne sorte de cette image et ne nous entraîne, ma fille, mes petites-filles ou moi-même, dans l’un de ces régimes arabes sinistres, nous maintenant dans l’ignorance par des manœuvres qui visent à ce que nous restions ce que nous sommes depuis si longtemps : un gisement de pétrole au service du marché occidental.

    Sahar Khalifa
    Ecrivaine palestinienne ; auteure, entre autres, d’Un printemps très chaud (Seuil, 2008) et de L’Impasse de Bab Essaha (Flammarion, 1997). Ce texte est adapté d’une conférence prononcée au Centre d’études palestiniennes à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres, le 5 mars 2015.

    N Robin


  • –Naufrage de l’orthodoxie économique, par Paul Ormerod (Le Monde diplomatique, juillet 1996)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1996/07/ORMEROD/5629

    Police de la pensée économique à l’Université, par Laura Raim (Le Monde diplomatique, juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/RAIM/53196

    Gilles RAVEAUD Blog : L’Association française d’économie politique réagit au délire de Pierre Cahuc et d’André Zylberberg
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2016/09/07/lassociation-francaise-deconomie-politique-reagit-au-delire

    "deux économistes parés des plus hauts titres universitaires et de recherche, viennent de publier un ouvrage intitulé… “Le négationnisme économique, et comment s’en débarrasser”.

    Faut-il mettre fin aux débats en sciences économiques ? | Les Économistes Atterrés
    http://www.atterres.org/article/faut-il-mettre-fin-aux-d%C3%A9bats-en-sciences-%C3%A9conomiques

    « Si le procédé consistant à frapper d’anathèmes les analyses contestant l’orthodoxie économique est connu, jamais l’attaque n’a été d’un aussi bas niveau. »

    Principaux courants et théories économiques (Le Monde diplomatique, juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/courantseco
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/png/conomistes-3.png

    –Les disqualifiés, par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, novembre 2008)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/LORDON/16500

    –2008 -... : Les médias et la « crise » économique - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/-2008-Les-medias-et-la-crise-economique-

    –Les médias et la crise (2) : Après « Vive la crise ! », c’est « Vive l’Etat ! » - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/Les-medias-et-la-crise-2-Apres-Vive-la-crise-c-est-Vive-l-Etat
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4352
    http://zinc.mondediplo.net/messages/2775
    http://zinc.mondediplo.net/messages/1775
    http://zinc.mondediplo.net/messages/10678
    http://zinc.mondediplo.net/messages/9951
    http://zinc.mondediplo.net/messages/2838
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3965
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4159
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4161
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3866#message4118
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4352#message10163
    #Discours_orthodoxes #Orthodoxie #Austérité

    –L’économie comme on ne vous l’a jamais expliquée, par Renaud Lambert & Hélène Richard (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/LAMBERT/56201

    "D’ordinaire, augmenter le taux des prélèvements obligatoires accroît les recettes de l’État. Sous le climat néoclassique, au contraire, cela revient… à les réduire, puisque toutes sortes de mécanismes d’évasion et de niches fiscales permettent aux contribuables de refuser des impôts qu’ils jugent soudain trop élevés. La sagesse locale milite donc pour la plus grande prudence en la matière."

    "Mais la Grèce appartient au monde réel, et la recette néoclassique a fait bondir la dette. Pouvait-on vraiment s’en étonner, lorsque les mêmes prescriptions avaient conduit aux mêmes afflictions trente ans plus tôt en Amérique latine ?"

    "Infalsifiable, leur modèle n’échoue jamais — un privilège qui garantit une confortable légitimité. À charge pour la réalité de s’adapter."

    "Conclusion stratégique du très optimiste père de cette théorie, Robert Lucas : il fallait déréguler toujours davantage les marchés financiers. En 2003, Lucas considérait que ses appels avaient été entendus et déclarait devant l’American Economic Association que le problème des dépressions était « résolu, et pour de nombreuses années »."

    "Au cœur de la tempête, le dogme néolibéral ressemble parfois au roseau de la fable : il plie, et les « experts » aménagent leurs convictions. Quand la foudre a menacé l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) a levé le tabou monétariste qui la guidait en rachetant massivement des obligations d’État."

    "c’est qu’il s’agissait de sauver l’essentiel : maintenir les affaires économiques à l’abri d’une démocratie jugée trop versatile. (...) Le sabir économique (qui recèle des trésors d’euphémismes) parle de « crédibilité » des politiques menées. Entendre : l’abdication par les élus de leur pouvoir de décision au profit de règles préétablies, comme les traités européens. Les capitaux sont autorisés à déstabiliser un pays (...). À la liberté dont ils jouissent répond désormais le carcan appliqué à la démocratie (...) dont les fondements théoriques surprennent parfois par leur désinvolture. Ainsi, un étrange plafond limite les déficits publics à 3 % du produit intérieur brut (PIB) au sein de la zone euro.

    Et, lorsque la potion du Fonds monétaire international (FMI) n’a pas donné les résultats escomptés en Grèce, c’est qu’Athènes s’est montré trop timoré, comme le suggère la directrice du FMI Christine Lagarde, sourde aux revirements du département de la recherche de sa propre institution : « Une des raisons pour lesquelles le programme grec a été beaucoup moins réussi [que ceux de la Lettonie ou de l’Irlande], c’est qu’il y a eu une résistance des gouvernements successifs (1). »"

    Quand Messieurs Cahuc et Zylberberg découvrent la science | AlterEco+ Alterecoplus
    http://www.alterecoplus.fr/quand-messieurs-cahuc-et-zylberberg-decouvrent-la-science/00012139

    "la thèse qui est au cœur du livre : « depuis plus de trois décennies, l’économie est devenue une science expérimentale dans le sens plein du terme comme la physique, la biologie, la médecine ou la climatologie. »"

    "Je signale ce point parce qu’une des conclusions centrales du livre est que « Pour ne pas se faire abuser par des informations pseudo-scientifiques, en économie comme dans tout autre domaine, il y a quelques principes à respecter ». Quels sont-ils ? « Une précaution minimale consiste à s’assurer que ces informations sont extraites de textes publiés par des revues scientifiques reconnues »."

    "Vous chercherez en vain dans l’ensemble de leurs travaux le moindre article consacré à la méthode expérimentale en économie. Ils n’ont jamais rien publié sur ce sujet. Ce livre est leur première incursion dans ce domaine de telle sorte que, si l’on suit leurs propres critères, leurs analyses doivent être rejetées. Nous sommes face à un livre qui contient sa propre réfutation ! Et nous verrons, en effet, dans ce qui suit qu’il y a tout lieu d’être plus que sceptiques quant aux capacités de nos deux auteurs en matière d’épistémologie."

    "à savoir Pierre Cahuc lui-même. J’ai consulté ses quinze derniers articles, de 2002 à aujourd’hui, et j’ai eu la surprise de constater que jamais il n’a employé cette méthode révolutionnaire ! "

    "Messieurs Cahuc et Zylberberg se montrent fort habiles à manipuler la notion de « méthode expérimentale ». Dans le but de recueillir les puissants bénéfices réputationnels que produit l’identification aux sciences exactes"

    "La suite du livre est des plus étonnantes. Il s’agit essentiellement pour nos auteurs de faire savoir que l’économie orthodoxe n’ignore pas la détresse sociale et qu’elle n’est pas du côté des nantis."

    "La suite est du même tonneau : « Les pourfendeurs de la science économique ignorent [qu’il existe des approches expérimentales étudiant l’impact des programmes éducatifs sur les milieux défavorisés] ». Comprenne qui pourra"

    "Il faut dire que le débat est affreusement mal posé, ne serait-ce que parce que nos auteurs confondent les travaux économiques à proprement parler et les travaux des autres disciplines portant sur l’économie en tant qu’institution sociale. Il est clair que nos auteurs ne voient pas ces derniers d’un bon œil."

    "Mais ce qui frappe, c’est à quel point il s’agit d’une discussion économique traditionnelle. Je ne vois pas où seraient ces vérités expérimentales si bruyamment convoquées par les auteurs."

    "Il suffit d’imaginer ce qu’est pour un économiste hétérodoxe d’avoir comme « pairs » Messieurs Cahuc et Zylberberg, avec l’ouverture d’esprit qu’on leur connaît. Le lecteur pense-t-il, en son âme et conscience, que ces deux-là sont aptes à juger équitablement les travaux de collègues qu’ils n’hésitent pas à assimiler à des négationnistes ?"

    #Sciences_épistémologie #Universités #Bêtisier

    L’économie « pure », nouvelle sorcellerie, par Samir Amin (Le Monde diplomatique, août 1997)
    https://www.monde-diplomatique.fr/1997/08/AMIN/4886

    "En imputant d’office le chômage au coût prétendument élevé du travail, les économistes « purs » ignorent superbement que, dans la logique même de leur système, une quelconque modification des salaires transforme toutes les données de l’équilibre général.

    Dans la même veine, le monétarisme, dernier cri de l’économie « pure », décrète que le montant de l’offre de monnaie peut être fixé librement par la banque centrale. Une analyse élémentaire de l’émission monétaire montre pourtant que la monnaie n’est pas une marchandise comme les autres, dans la mesure où son offre est déterminée par sa demande, laquelle dépend, en partie, des taux d’intérêt.

    D’ailleurs les banques centrales, dont on souhaite alors une gestion « indépendante » (de qui ?), au prétexte qu’elles auraient le pouvoir magique de fixer l’offre de monnaie, se révèlent bien incapables de tenir ce rôle. Tout simplement parce qu’il est hors de leur portée : par le choix du taux d’intérêt, elles peuvent seulement agir — et encore de manière partielle et indirecte — sur la demande de monnaie, et non pas sur son offre. Mais alors, comment ignorer que ce choix réagit à son tour sur le niveau de l’activité (par les investissements, les consommations différées, etc.), et donc sur toutes les données de l’équilibre ?"

    "« Dis moi ce que tu veux, et je te fabriquerai le modèle qui le justifie. » Sa force est de fournir un paravent derrière lequel un pouvoir peut cacher ses objectifs réels — subis ou choisis —, tels l’aggravation du chômage et l’inégalité grandissante dans la répartition des richesses. Comme de semblables objectifs ne sauraient être affichés, il importe de « démontrer » qu’ils constituent seulement les moyens d’une transition conduisant à la croissance, au plein emploi, etc. Demain on rase gratis..."

    Guerre des économistes : dernières nouvelles du front | AlterEco+ Alterecoplus
    http://www.alterecoplus.fr/gilles-raveaud/guerre-des-economistes-dernieres-nouvelles-du-front/00012243

    Les Économistes atterrés démasqués par Messieurs Cahuc et Zylberberg | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/eric-berr/blog/301016/les-economistes-atterres-demasques-par-messieurs-cahuc-et-zylberberg
    #Médias

    "Et reconnaissons enfin que la libéralisation financière orchestrée par les économistes sérieux a conduit à une plus grande stabilité, a permis d’éviter des crises de grande ampleur tout en réduisant les inégalités.

    Afin de « sortir de cette opposition caricaturale et stérile », nos deux éminents collègues suggèrent aux journalistes de cesser « de faire systématiquement appel aux mêmes intervenants, surtout lorsqu’ils n’ont aucune activité de recherche avérée tout en étant néanmoins capables de s’exprimer sur tous les sujets. Ils devraient plutôt solliciter d’authentiques spécialistes »"

    "Enfermés dans leur approche sectaire et idéologique, les Économistes atterrés entendent continuer à saturer l’espace médiatique avec leurs analyses partisanes et non scientifiques relayées complaisamment par des médias acquis à leur cause et détenus par leurs amis, Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Serge Dassault, etc."

    Théorème de la soumission, par Hélène Richard (Le Monde diplomatique, octobre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/RICHARD/56430

    Idée reçue : « ce sont les entreprises qui créent l’emploi », par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_economie_critique/a57222

    • L’ordolibéralisme allemand, cage de fer pour le Vieux Continent, par François Denord, Rachel Knaebel & Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, août 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/DENORD/53518
      #Ordolibéralisme

      La relance budgétaire revient en grâce, mais la zone euro l’ignore
      http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-relance-budgetaire-revient-en-grace-mais-la-zone-euro-l-ignore-590581.h

      Economie : en 2018 le #Portugal continue sa course vers le plein emploi et la réduction des inégalités sociales
      https://information.tv5monde.com/info/economie-en-2018-le-portugal-continue-sa-course-vers-le-plein-

      Portugal : le seul pays à avoir rejeté l’austérité se porte mieux que jamais
      https://mrmondialisation.org/portugal-le-seul-pays-a-avoir-rejete-lausterite-se-porte-mieux-que

      Poulet ivoirien : la filière se remplume
      https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/poulet-ivoirien-la-filiere-se-remplume_2732591.html
      #Afrique #Agriculture #Protectionnisme

    • Crise de la “science économique” ? (1/2), Par Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence Française de Développement (AFD), directeur de la Chaire Energie et Prospérité, et directeur de recherche au CNRS. | Édition | Le Club de Mediapart
      https://blogs.mediapart.fr/edition/au-coeur-de-la-recherche/article/291115/crise-de-la-science-economique-12

      Attention, hérésie !

      « Il est vrai que de nombreux phénomènes contemporains remettent largement en cause les doctrines économiques conventionnelles. Ainsi, selon l’analyse traditionnelle, le déluge monétaire orchestré par presque toutes les Banques centrales de l’hémisphère nord –la quantité de monnaie émise par les Banques centrales double tous les trois ans en moyenne depuis 2007— aurait dû provoquer de l’inflation. Rien de tel n’a été observé, au contraire. De même, l’explosion de la dette publique des Etats-Unis (supérieure à 125% du PIB américain) aurait dû induire une hausse des taux d’intérêt auxquels cet Etat emprunte sur les marchés : les taux ont baissé. Ou encore : l’augmentation depuis trois décennies de la part des profits dans le PIB de la plupart des pays industrialisés aurait dû provoquer une augmentation de l’investissement : celui-ci est constamment en baisse depuis lors. Enfin, les programmes d’austérité budgétaire dans les pays du sud de l’Europe auraient dû conduire à un assainissement de leurs finances publiques et donc à une reprise de la croissance : on constate, à l’inverse, que les pays qui sont allés le plus loin dans l’austérité (relativement à leur budget) sont exactement ceux dont le PIB a chuté le plus vite depuis 2008. Quant à l’explosion des inégalités de patrimoine dans les pays riches, elle provient essentiellement des bulles liées aux rentes immobilière et financière, et non pas d’une logique tragique, immanente au capitalisme. »

      N.., non, il faut arrêter monsieur. Virez moi ça du plateau, vite !!

      « Il serait faux d’imaginer que cette mise à l’épreuve de l’économie par le réel est récente : l’inflation des années 1970 n’a été aucunement provoquée par une explosion des dépenses publiques, contrairement à ce qui est si souvent répété, mais évidemment par les chocs pétroliers. L’arrivée de la NSDAP au pouvoir en 1933 n’a rien à voir avec l’hyperinflation allemande, puisque cette dernière date de 1923. Et l’on pourrait multiplier les exemples… »

      Génie orthodoxe :

      "ces modèles sont ceux d’économies de troc où changer d’unité de compte monétaire ne devrait pas y avoir plus d’effet que de troquer des degrés Kelvin contre des Celsius en thermodynamique. Ou encore : multiplier par deux la quantité de monnaie en circulation ne devrait pas avoir d’autre impact que de multiplier exactement par deux tous les prix et les salaires. (...) Il est vrai que la prise au sérieux de la “non-neutralité” de la monnaie obligerait à reconsidérer certains dogmes politiques majeurs comme l’indépendance des Banques centrales. Car, si la monnaie n’est pas neutre, disjoindre la politique monétaire de la politique budgétaire n’a plus aucun sens."

      -"Krugman divise les économistes en deux tribus : les “économistes d’eau douce” (par allusion à ceux qui travaillent dans des universités nord-américaines situées près des Grands Lacs, à l’instar de Chicago) et les “économistes d’eau salée” (en référence aux universités de la Côte Est, comme Princeton)" ;

      –"qu’ils soient d’eau douce ou d’eau salée, les modèles que je décris ici relèvent tous d’un paradigme “néo-classique” hérité de travaux initiés en 1870. Ce paradigme est d’inspiration fondamentalement psychologique : chaque individu (salarié, employeur, consommateurs, épargnant…) y est supposé ajuster son comportement à la maximisation d’une certaine mesure de son “bonheur” ou de son profit[11] ---et cela dans un monde régi par de vastes enchères sans monnaie et sans ressources naturelles (et sans banques, ni système financier comme on va le voir bientôt). Un tel paradigme n’a connu aucun bouleversement majeur au vingtième siècle, même s’il a été partiellement et temporairement remis en cause par le courant keynésien durant les Trente glorieuses. C’est là sans doute une autre originalité de la “science économique” : ce que Walras, Jevons ou Menger enseignaient à la fin du dix-neuvième siècle s’enseigne encore aujourd’hui, quasiment sans modification de substance. Aucune autre science ne peut se prévaloir d’une telle “constance”…" ;

      –"Ainsi, même quand ils tiennent compte de la non-neutralité de la monnaie, ces modèles n’incorporent presque jamais le rôle des banques, c’est-à-dire d’institutions financières capables de créer de la monnaie. La plupart du temps, les banques y sont assimilées à de purs intermédiaires financiers supposés prêter à long-terme ce que les déposants leurs prêtent à court terme" ;

      –"Faut-il s’étonner, dès lors, si la profession des économistes néo-classiques est si démunie pour proposer des réformes pertinentes du secteur bancaire européen hypertrophié [17] ? Un tel secteur n’existe pas, tout simplement, dans ses modèles de prédilection. Il en va malheureusement de même des marchés financiers. Lorsque ceux-ci sont explicitement modélisés (ce qui est très rare au sein des modèles macro-économiques qui incorporent le marché des biens et le “marché” du travail), ils sont généralement caricaturés dans le style “eau douce”. Autrement dit, ils sont réputés “parfaits”, allouant de manière optimale et instantanée le risque et le capital sur l’ensemble de la planète. Et même lorsque l’on s’accorde à reconnaître qu’ils exhibent à intervalle régulier des bulles spéculatives (i.e., des prix dont les variations sont sans rapport avec les fondamentaux réels et qui ne peuvent donc pas transmettre de “bons signaux”), les conséquences n’en sont presque jamais tirées " ;

      –"Qu’aujourd’hui les marchés d’actifs financiers dérivés représentent 12 fois le PIB de l’ensemble de la planète Terre, et que seulement 7% des transactions sur ces marchés mettent en jeu un acteur économique de la sphère réelle (i.e., hors marché financier) est impossible à appréhender dans de tels modèles" ;

      –"Le constat est malheureusement accablant : pas de chômage, pas d’énergie, ni de ressources naturelles, pas de monnaie, pas de secteur bancaire, pas de système financier. Le monde que décrivent la plupart de nos modèles est un monde hors sol. (...) La découverte ébahie que nous pourrions ne plus avoir de croissance du PIB pour les siècles à venir pourrait bien faire partie de ce retour du refoulé."

      Crise de la science économique ? (2/2) | Édition | Le Club de Mediapart
      https://blogs.mediapart.fr/edition/au-coeur-de-la-recherche/article/011215/crise-de-la-science-economique-22

      -"“théorème d’équivalence ricardienne” (...) Conclusion ? L’euro injecté par l’Etat-cigale est aussitôt retiré du circuit par les fourmis prévoyantes. Cette prétendue corrélation entre dépense publique et épargne est évidemment invalidée empiriquement. Mais nous avons déjà vu que la falsification empirique, même la plus massive, n’est pas un obstacle pour les théories néo-classiques. La conséquence politique ? Un discrédit jeté sur la dépense publique (et qui est aujourd’hui bien ancré jusque dans la tête de certains de nos hauts fonctionnaires), l’idée que toute dépense est un pur coût (puisqu’elle est sans effet sur l’économie réelle) et qu’il convient de borner supérieurement a priori tout déficit public et toute dette publique. Bien entendu, remettre en cause une telle idée au motif que la théorie qui la sous-tend est indigne d’un collégien conduirait à reconnaître, par exemple, le caractère arbitraire des 3% de déficit et des 60% de dette publique maximale autorisés par les Traités européens." ;

      –"dans le monde néo-classique d’eau douce comme d’eau salée, un cataclysme comme celui de 2007-2009 est tout bonnement impossible ---et c’est la raison pour laquelle, même lorsque l’existence de bulles spéculatives est admise (voir plus haut), elle ne conduit pas, le plus souvent, à une analyse des crises que de telles bulles engendrent. En effet, dans un tel monde, si la bulle des dérivés de crédit subprime avait dû crever un jour (ce qui est advenu en 2007), cet événement aurait été parfaitement anticipé par les investisseurs, lesquels n’auraient par conséquent jamais investi dans de tels dérivés. De sorte que ladite bulle n’aurait même pas pu se former (sic !)5. En outre, pour qu’un tel krach financier puisse provoquer la faillite d’une banque comme Lehman Brothers, il eût fallu qu’existât un secteur bancaire dans les modèles économiques. Et pour que cette faillite (qui eut lieu le 15 septembre 2008) puisse provoquer une récession mondiale majeure, il eût fallu que la monnaie fût non-neutre (à court terme). Plutôt que de reconnaître qu’aucun de ces enchaînements logiques n’est compatible avec la plupart des modèles en vigueur, nous avons préféré se réfugier derrière l’idée que 2007-2009 avait été un “cygne noir” : un événement qui ne survient qu’une fois par siècle (ou par millénaire), et dont il serait extravagant d’exiger de la communauté des économistes qu’elle fût capable de l’anticiper. Autrement dit, nous avons troqué l’éthique scientifique contre celle des « astrologues ». Car, depuis le début des années 1980 (qui coïncident avec le début de l’expérience de déréglementation financière), le monde connaît une crise financière grave tous les 4 ans en moyenne…" ;

      Eux, simplistes ?!

      -" c’est alors la “complexit锑 (au sens contemporain du terme) de l’agrégation de millions de comportements partiellement coordonnés qui est entièrement esquivée par ce type d’approche." ;

      –"Au passage, une telle hypothèse a des conséquences déterminantes pour l’intelligence des phénomènes économiques : elle implique, par exemple, que le secteur des ménages n’a jamais de dette (privée). Comment, en effet, un unique ménage (représentatif !) pourrait-il avoir des dettes vis-à-vis de lui-même ? Pour qu’il y ait dettes, il faut un créancier et un débiteur distincts. Cela explique pourquoi, dans la plupart de ces modèles, les dettes privées ne sont jamais un problème. (Et nous avons vu plus haut pourquoi la dette publique, elle, en est toujours un, cf. le “théorème d’équivalence ricardienne”.)" ;

      –"Ensuite, que répondent les économistes eux-mêmes ? Le plus souvent, ils ne répondent rien. L’ouvrage de Steve Keen, que l’un de mes doctorants et moi avons traduit8, et qui contient une partie des critiques formulées ci-dessus n’a suscité rigoureusement aucun débat contradictoire entre économistes, sinon une table ronde aux Rendez-vous de l’histoire de Blois (11 octobre 2014). Enfin, les économistes néo-classiques qui consentent à discuter évoquent souvent le même genre d’argument : prises isolément, certaines des critiques qui précèdent ont été envisagées dans un cadre néo-classique." ;

      –"De même, à l’issue de la querelle des deux Cambridge sur le capital au cours des années 1960, les économistes néo-classiques nord-américains, au premier rang desquels Paul Samuelson, ont reconnu que leurs contradicteurs britanniques avaient raison12. Les premiers défendaient une définition englobante du capital, ne permettant pas de distinguer entre différents secteurs d’infrastructures, immobilier, capital financier... Les seconds défendaient l’idée que ces distinctions sont vitales pour la compréhension de l’économie. Cette querelle, pourtant fondamentale, n’est presque jamais enseignée. L’aveu final des Nord-américains reconnaissant leurs erreurs l’est encore moins. "

      "Qui plus est, quand bien même ces aménagements partiels du paradigme néo-classique ne seraient pas tout simplement ignorés, il est aisé de comprendre que la réalité systémique de l’économie exige de traiter ensemble les différents problèmes soulevés dans cet article13. (...) Car, si la moitié des jeunes Espagnols sont aujourd’hui au chômage, ce n’est évidemment pas parce qu’ils aiment prendre des vacances sans solde. Mais c’est bel et bien parce que l’Espagne, criblée de dettes privées (et non pas publiques), en particulier bancaires, entre lentement mais sûrement dans la déflation monétaire, et donc la récession. Quant à cet excès d’endettement privé, il provient lui-même de la bulle immobilière (andalouse notamment) qui, aidée par des opérations financière de titrisation massive, a gonflé en Espagne au début des années 2000, pour éclater durant la crise de 2008.14 On le voit : ne fût-ce que pour rendre compte du chômage espagnol contemporain, ce sont presque toutes les réformes analytiques évoquées supra qui doivent être mises en œuvre simultanément. A moins de cela, les aménagements à la marge permettront au mieux aux économistes de ressembler à ces savants aveugles cherchant à deviner à tâtons ce qu’est un éléphant…

      Un argument ultime est parfois invoqué : “certes, toutes ces critiques sont fondées mais, que voulez-vous, il n’existe malheureusement pas d’alternative. Alors, faute de mieux…” Argument irrecevable : les alternatives sont nombreuses."

      http://www.dailymotion.com/video/x2bpm8f_gael-giraud-les-economistes-orthodoxes-n-ont-pas-du-tout-intere

      Le téléspectateur est-il otage de la pensée néolibérale ? / France Inter
      http://www.franceinter.fr/emission-l-instant-m-le-telespectateur-est-il-otage-de-la-pensee-neolibe

      Démontage de l’a-pensée orthodoxe dont la qualité est inversement proportionnelle à sa prétention (et dont des questionnements basiques d’un enfant athée suffisent à démontrer l’indigence).

      « Les Bourses mondiales dévissent. C’est obscur, mais ça fait les titres du matin. Quoique, si on y réfléchit, tous les jours, nos journaux s’achèvent par un tour à la Bourse de Paris. C’est ainsi. Les marchés ont droit au dernier mot de l’info. Et pas que. Dette, gabegie, productivité, prix, pouvoir d’achat, cour des comptes, coût du travail sont autant de vocables servis à longueur de JT et de Magazines. Bref, on se fait engueulé toute la journée parce que la France s’enfonce, qu’on ne peut la réformer et qu’on entrave sa compétitivité.

      Un catéchisme néolibéral, trompeur, dévastateur, selon Eloi Laurent. »

      #Vidéos

      https://www.facebook.com/infocomcgt/videos/vb.457316367752668/711849198966049/?type=2&theater

      « Eloi Laurent, économiste, professeur à Sciences Po et à Stanford, dans son nouvel ouvrage, détruit 15 mythes économiques qui gouvernent les politiques. »

      Flexibilité, compétitivité... Les quatre mythologies économiques de la “loi travail” - Idées - Télérama.fr
      http://www.telerama.fr/idees/flexibilite-competitivite-les-quatre-mythologies-economiques-de-la-loi-trav

      "Comme la loi Macron avant elle, la loi El Khomri propose au fond de sacrifier une partie du bien-être des salariés pour relancer une croissance économique poussive par des « réformes structurelles » présentées comme bienfaisantes. On mesure l’inversion vertigineuse qui est à l’œuvre : il ne s’agit plus de mettre la croissance économique au service du bien-être au travail mais de faire exactement l’inverse. Il est donc urgent d’abandonner le PIB comme étalon de l’action publique et d’adopter comme indicateur final le bien-être humain, ce qui évitera ce genre de confusion."

      « C’est confirmé : je suis plus utile au chômage » - Basta !
      http://www.bastamag.net/C-est-confirme-je-suis-plus-utile-au-chomage

      -"Notre société est obnubilée par un seul objectif : le plein emploi. Qu’importe si les activités créées sont utiles ou pas à la société, voire nuisibles. Donner du sens au travail semble devenu très secondaire. « Du point de vue des gens "modernes" comme monsieur Macron, je suis actuellement un poids, je ne produis pas, je suis une charge qui vit aux crochets d’un système trop généreux. C’est bizarre, il me semble pourtant n’avoir jamais autant servi notre société », explique Jérôme Choain, un ingénieur qui a décidé de vivre et travailler autrement." ;
      –"J’ai essayé d’imaginer des façons d’exercer ce type d’activité tout en pouvant en vivre dans le système actuel. Je n’ai pas trouvé. Je pense notamment à l’éducation populaire au numérique qui me semble un chantier astronomique et essentiel. C’est évidemment sans espoir. On va vers une fermeture de notre bureau de Poste, l’école est menacée de perdre une classe, partout les budgets sont restreints, il parait qu’il faut être « réaliste », alors mes lubies d’émancipation citoyenne, ce n’est pas exactement une priorité."

      La loi Travail : un débat historique ? - Ce soir (ou jamais !) - 04/03/16 (1/5) - YouTube
      https://www.youtube.com/results?search_query=La+loi+Travail+%3A+un+d%C3%A9bat+historique+%3F+-+Ce+s

    • Pourquoi la dette publique française explose alors que les dépenses de l’Etat n’augmentent pas ? PAR RACHEL KNAEBEL - Basta !
      http://www.bastamag.net/Pourquoi-la-dette-publique-francaise-explose-alors-que-les-depenses-de-l-E

      -"La dette publique est alors l’ennemi n°1. Car l’explosion de la dette française, bien réelle, sert depuis dix ans à couper dans les dépenses publiques. Si les nouveaux choix politiques du gouvernement inversent la tendance pour les dépenses de sécurité, les dépenses sociales restent, elles, bel et bien soumises à une ligne claire d’austérité. L’hôpital ou l’université peuvent bien être étouffés par les coupes budgétaires, leur utilité ne semble pas suffisante pour remettre en cause l’austérité." ;

      –"« Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine allait de soi : elle résulterait tout simplement d’une croissance excessive des dépenses publiques. Ne reste plus alors qu’à en déduire un discours qui semble relever du sens commun : on ne peut durablement dépenser plus qu’on ne gagne, et, par conséquent, il faut dépenser moins et ajuster les dépenses aux recettes », analysent les auteurs de l’Audit citoyen de la dette française [5].

      Le problème, rappellent les auteurs de l’audit, c’est que les dépenses de l’État français ont en fait régressé en proportion du PIB depuis les années 1980. Les dépenses de l’État sont certes passées de 101 milliards d’euros en 1980 à 463 milliards en 2014 [6]. Mais, en part du PIB, elles sont en fait restées stables, avec même une tendance à la baisse ces dernières années. Ainsi, en 1985, les dépenses de l’État représentaient 24,8 % du PIB. En 1990, la proportion était de 22,2 %, et de 22,5 % en 2000. Et en 2012, elles redescendent à 21,6 % du PIB. Elles sont restées au même niveau en 2014. La part des dépenses de l’État dans le PIB français a donc baissé de trois points en trente ans"

      Hérésie (encore), le « bon sens » ne peut tolérer ce qui suit :

      -"Plus que du côté des dépenses, c’est vers les recettes que l’audit citoyen de la dette publique nous pousse à regarder. « Si le montant des déficits – et, par conséquent, [celui] de la dette – augmente, c’est tout d’abord parce que l’État s’est privé de recettes importantes, en allégeant la fiscalité des ménages aisés et des grandes entreprises », soulignent les auteurs." ;

      –"« Entre 100 et 120 milliards d’euros de recettes fiscales ont ainsi été perdues pour le budget général de l’État entre 2000 et 2010 », souligne le député communiste Nicolas Sansu dans un rapport parlementaire réalisé au printemps dernier." ;

      –" Selon les estimations de l’économiste Gabriel Zucman [9], cette pratique serait responsable d’un manque à gagner de 17 milliards d’euros pour l’État français en 2013. Sans l’évasion fiscale, la dette publique de la France s’élèverait à (seulement) 70 % du PIB, au lieu de dépasser les 90 %. Ce qui veut dire que près de un cinquième de la dette de l’État serait à mettre sur le compte de l’évasion fiscale. « Chaque année, l’État, parce qu’il a été privé des impôts évadés depuis les comptes cachés, a dû s’endetter davantage », souligne l’économiste. Les derniers rapports parlementaires évaluent même le manque à gagner entre 60 et 80 milliards d’euros par an (lire ici)." ;

      –"De fait, la France dépense chaque années des dizaines de milliards d’euros pour payer les intérêts de sa dette. En 2015, l’État a ainsi déboursé plus de 44 milliards d’euros rien que pour le remboursement des intérêts de sa dette. À titre de comparaison, le budget de l’Éducation nationale, hors cotisations retraites, oscille autour des 47 milliards d’euros. Les intérêts de la dette sont autant de milliards qui ne peuvent pas être investis dans l’éducation ou la transition écologique.

      Or l’évolution des taux d’intérêt a largement contribué à l’explosion de la dette publique française depuis trente ans." ;

      –"« Au début des années 1990, la politique de désinflation compétitive (ou du « franc fort ») menée par le gouvernement Bérégovoy pour préparer l’entrée dans l’euro, puis la crise monétaire due à la spéculation financière contre les monnaies européennes, se traduisent par une envolée inédite des taux d’intérêt », détaille l’audit citoyen de la dette publique." ;

      –"Ces taux élevés ont évidemment profité aux créanciers de l’État français. Qui sont-ils ? Impossible de le savoir exactement. La Banque de France fournit simplement des informations sur la part des résidents et des non-résidents parmi les détenteurs d’obligations de la dette publique française" ;

      –" Des taux d’intérêt qui repartent à la hausse signifieraient de facto une nouvelle augmentation en flèche de la dette publique française. « Il y a cette épée de Damoclès », analyse l’économiste Michel Husson. « Avec cette menace, les marchés financiers ont, de fait, un droit de contrôle sur les politiques publiques. »

      L’audit citoyen réalisé l’an dernier a conclu que 59 % de la dette publique, à son niveau de 2012, provenaient des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs, et étaient donc illégitimes. « Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 % au lieu de 90 % », conclut l’audit. Et ce chiffre ne prend pas en compte le poids du sauvetage des banques par les pouvoirs publics après la crise financière de 2007-2008. Pour mémoire, le seul sauvetage de la banque Dexia a coûté 6,6 milliards d’euros aux contribuables français." ;

      –"« Économiquement, ce serait tout à fait possible pour la France de ne plus financer sa dette sur les marchés financiers, fait remarquer Michel Husson. C’est un choix politique de ne financer sa dette qu’auprès des marchés financiers. Mais on peut faire autrement. Ce serait par exemple possible de demander aux banques privées d’avoir des quotas de dette publique. Et aussi, comme ça se fait aux États-Unis et Royaume uni, de faire financer la dette publique par la banque centrale. »"

      http://zinc.mondediplo.net/messages/9538
      http://zinc.mondediplo.net/messages/10678
      http://zinc.mondediplo.net/messages/11053
      #Dette_publique_France #Fraude/évasion_fiscale

    • Quand les économistes font l’économie du débat, PAR MATHIEU BLARD | Bondy Blog
      http://bondyblog.liberation.fr/201512180001/quand-les-economistes-font-leconomie-du-debat

      "en décembre 2014, Jean Tirole, célèbre économiste, envoie une lettre à Geneviève Fioraso, alors secrétaire d’état chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour faire retirer « une réforme qui avait pour seul but de reconnaître dans l’université un espace de d’expérimentation en rupture avec la pensée économique dominante ». La secrétaire d’état s’exécute. Les auteurs y voient un soutien politique aux penseurs « mainstream » de la science économique."

      #Université #Recherche

    • Non mais quelle démagogie, laissez les gens rationnels et réalistes vous rappeler que notre salut viendra de la COM-PE-TI-TI-VI-TE et de notre capacité à rassurer les marchés financiers, par le biais de menus sacrifices de sous-citoyens hélènes et méditerranéens de notre si fraternelle Union européenne ! THERE IS NO ALTERNATIVE les ringards, capisce ?! Laissez le génie scientifique des orthodoxes s’occuper de vous, trop troublés par vos craintes freudiennes pour réfléchir à quoi que ce soit.
      http://zinc.mondediplo.net/messages/4352#message9350

    • Medef : la croissance comme évidence (4) Par Antoine Dumini, François Ruffin, 18/04/2014 , N°56 (juillet-septembre 2012) - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
      http://www.fakirpresse.info/Medef-la-croissance-comme-evidence.html

      -"C’est l’indice d’une victoire : le langage courant a fusionné avec la langue patronale. « C’est le propre du discours dominant : il a un effet anesthésiant, remarque Josette Lefèvre." ;
      –" « Quand vous lisez ça, remarque la chercheuse, la croissance n’est pas interrogée. C’est un bien en soi. C’est presque un être vivant. Et ça pourrait être un titre du Medef. En quelques lignes, vous avez un concentré des renoncements... »"

    • #DataGueule S4E11 - Le PIB, cette fausse boussole IRL
      http://irl.nouvelles-ecritures.francetv.fr/datagueule-S4E11-1.html

      L’Insee intègre le trafic de drogues au calcul du PIB
      http://www.boursorama.com/actualites/l-insee-integre-le-trafic-de-drogues-au-calcul-du-pib-22034855797384a449
      http://s.brsimg.com/static-1517407988/cache/i/content/images/e/3/5/e35aac3fc2a42646b0b72255abc20302-300x170.jpg

      « La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données, ces activités étant considérées comme légales dans certains États (Pays-Bas), ce qui gonfle leur PIB. Après la demande d’Eurostat, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont intégré ces données. Ce nouveau système s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur PIB. »

      Chasse aux dogmes économiques - Chroniques de l’Anthropocène
      https://alaingrandjean.fr/points-de-repere/chasse-dogmes-economiques

      Réformer la comptabilité privée pour réformer le capitalisme - Alain Grandjean. Chroniques de l’Anthropocène.
      https://alaingrandjean.fr/2016/01/26/reformer-la-comptabilite-privee-pour-reformer-le-capitalisme/#_ftnref
      https://alaingrandjean.fr/wp-content/uploads/2016/01/compter-ce-qui-compte-vraiment-reforme-comptabilite-entreprise.png

      -"La comptabilité d’entreprise, telle que nous la connaissons aujourd’hui a été codifiée au Moyen-Age" ;
      –" On peut dire dès lors que la nature ne compte pas pour le décideur qui se base sur ces comptes-là puisqu’elle n’est pas comptée" ;
      –" la comptabilité est la base de la représentation qu’on a de ce qu’est la richesse, de ce qu’est le profit et donc est bien au cœur du système économique. Sujet stratégique mais ignoré parce qu’il ennuie presque tout le monde, à l’exception de ceux qui en vivent, les experts comptables et les commissaires au compte…" ;
      –"Dans les entreprises de ce secteur-là, en théorie, le profit n’est pas le moteur de la décision. Dans la pratique, elles sont néanmoins soumises aux même règles comptables. De très grandes mutuelles d’assurance font partie de l’ ESS ; elles sont sans doute gérées un peu différemment des groupes privés mais la représentation comptable de leur activité et de leur impact sur l’environnement est construite de la même manière.
      Il s’agit donc de réformer la comptabilité de manière très profonde de sorte que la nature se retrouve au cœur de la comptabilité et pas à l’extérieur." ;
      –"Dans cette vision anglo-saxonne, incarnée dans l’institution gardienne du temple, l’IASB, c’est le marché qui fixe la « juste » valeur de tous les actifs de comptabilité. Ce mode d’enregistrement des comptes de l’entreprise a évidemment un inconvénient majeur : il est très court-termiste." ;
      –"Jacques Richard (...) pousse à adopter en particulier le référentiel CARE. « La comptabilité adaptée aux Renouvellement de l’Environnement (CARE) est une méthode comptable qui rend compte de l’engagement réel de l’entreprise en matière de développement durable La méthode CARE tend à éliminer les clivages entre la gestion financière et la gestion environnementale Elle tente de raisonner en coût de restauration (coût historique) et permet, via le mécanisme de l’amortissement, la conservation par l’entreprise des trois capitaux – financier, naturel et humain (comme proposé par la Banque mondiale). »"

    • En hommage à Bernard Maris
      Vérités et mensonges du discours économique. Par Philippe Frémeaux
      Veblen Institute
      http://www.veblen-institute.org/Nouvel-article,291?lang=fr

      -"L’organisation des rédactions continue d’opposer service politique et service économique. L’information économique y est généralement considérée comme une matière spécifique, destinée aux décideurs ou épargnants, ou comme un domaine très technique, qui peut être traitée objectivement. Or, les analyses et les recommandations que formulent journalistes spécialisés et experts devraient toujours être mises en débat puisqu’ils passent leur temps à nous expliquer ce qui est possible et surtout, ce qui ne l’est pas !

      Tout l’enjeu aujourd’hui est donc de remettre l’économie – et son traitement – à la place qui devrait être la sienne : un moyen au service de la société et non une fin en soi à laquelle celle-ci doit se soumettre." ;

      –"le premier grand reproche qui peut être fait au discours économique dominant, c’est de prétendre pouvoir dire quel temps il fait ou fera demain avec autorité, quitte à expliquer avec la même autorité, après que la réalité l’ai contredit, pourquoi ça ne s’est pas passé comme prévu." ;

      –"certains économistes critiques avaient parfaitement prévu la crise des subprime à l’inverse de la vulgate dominante. Pour autant, si leurs prévisions se sont révélées justes a posteriori, ils n’étaient pas non plus en situation de dire exactement quand et où la crise se déclencherait, et il a fallu un enchainement spécifique de comportements humains en partie imprévisibles pour qu’elle prenne la dimension qui a été la sienne." ;

      –"Les modèles, par nature, reposent toujours sur une hypothèse de fixité de toutes les variables qu’ils n’intègrent pas : la plupart des économistes travaillent " toutes choses égales par ailleurs". C’est pourquoi les faits viennent régulièrement contredire les prévisions même les plus sophistiquées." ;

      –"Tout le problème vient d’ailleurs quand le recours à l’outil mathématique se transforme en un artifice destiné à assimiler l’économie à une science dite exacte." ;

      –"Un article récent a ainsi montré que près de cinquante pour cent des articles publiés dans les revues économiques les plus prestigieuses sont fondés sur des séries statistiques souvent introuvables, ou très contestables, les faits venant contredire la thèse défendue étant passé à la trappe." ;

      –" il se voit reconnu comme un scientifique énonçant une parole incontestable, alors que les recommandations qu’il formule reflètent toujours, au moins pour partie, ses propres préférences personnelles, et que, lorsqu’il décrit le champ des contraintes dans lequel nous sommes placés, il tend à leur donner l’apparence de la nécessité. Ce faisant, il ferme l’espace où le débat public devrait pouvoir se déployer." ;

      –"le discours économique entretient un rapport complexe au politique : il se défend d’en faire, alors qu’il est au cœur même de ce qui fait son objet : le discours des économistes ne consiste-t-il pas à nous expliquer, à longueur de temps, ce qui est possible et, serait-on tenté de dire, surtout ce qui ne l’est pas ! Soyons clair : les contraintes sont une réalité, non pas comme contraintes absolues, mais comme effets induits de telle ou telle décision. De fait, le discours des économistes dominants pare trop souvent de l’apparence de la nécessité l’acceptation du monde tel qu’il est - l’économiste parle alors de "contraintes incontournables" – sachant que cette acceptation du monde ne lui interdit pas de nous inviter à mieux nous adapter - l’économiste parle alors de la nécessité de conduire des "réformes courageuses". En clair, flexibiliser encore plus l’emploi, ou réduire le champ de la protection sociale." ;

      –" le discours économique objective très souvent le discours politique quand celui-ci affirme mener "la seule politique possible" ou répète qu’’’il n’y a pas d’alternative"." ;

      –"on peut reprocher à nombre d’économistes, quand ils interviennent dans les médias, de préférer mettre en avant leurs activités d’enseignement ou de recherche plutôt que d’annoncer la couleur sur l’origine principale et le montant de leurs revenus." ;

      –"Le discours convenu tenu par une large majorité des économistes est d’autant plus problématique qu’il est peu questionné par ceux dont ce devrait être le travail : les journalistes. (...) du fait des intérêts défendus par les médias qui les emploient, ou des « ménages » qu’ils assurent et qui leur permettent d’arrondir leurs revenus de manière significative." ;

      –"la plupart des journalistes politiques n’ont pas de compétences sur le fond des dossiers économiques et sociaux. Ils se concentrent sur les rivalités de personnes, les petites histoires d’appareil, et quand une question économique s’impose dans l’agenda politique, elle n’est que très rarement traitée sur le fond, en s’efforçant de comprendre ce qu’il en est, en analysant ce que seraient les implications de tel ou tel choix. Au contraire, l’angle retenu privilégie une analyse en termes de choix tacticiens : si le président choisit telle solution, c’est pour se démarquer de X, ou pour concurrencer Y." ;

      –" les économistes dominants proposent une vision hors sol de la réalité qui les conduit quand les faits sociaux viennent contredire leur modèle, à considérer que c’est la réalité qui a tort puisqu’elle se refuse à se plier au fonctionnement optimal décrit dans la théorie."

      #Epistémologie #Economie #Sciences_humaines #Médias #Discours_orthodoxes #Orthodoxie #Conflits_d'intérêts

    • Refuser les QCM à l’Université, par Alain Garrigou (Les blogs du Diplo, 27 mai 2016)
      http://blog.mondediplo.net/2016-05-27-Refuser-les-QCM-a-l-universite
      #Novlangue #Universités

      -"Comment l’idéologie managériale s’insinue-t-elle dans nos vies ? Comme il en va de ces mouvements longs de l’histoire qui, par petites touches isolées, sans liens qui leur donnent sens, passent inaperçus, imperceptibles." ;
      –"Comme tous ces auxquels on a donné de beaux noms — galaxie, soleil, apogée — celui-ci s’appelle COMETE (Centre optimisé de médiatisation et de technologies éducatives). Ainsi va la novlangue managériale. Il faut la lumière ou la beauté des mots pour cacher l’obscurité ou la laideur des choses." ;
      –"Mutualiser ? Encore un joli mot perverti. Les plus mauvais coups se masquent toujours ainsi." ;
      –"Cette fois, on me répondit qu’il était trop tard car mes collègues dans la même situation en faisaient déjà. Les autres le font déjà, autre argument censément décisifs des bureaucraties" ;
      –"Nous sommes tous d’accord sur ce point : l’introduction des QCM abaisse la qualité de l’enseignement. Je demande donc de ne pas céder à la pression administrative en défense de la qualité de l’enseignement et de l’honneur du métier. Il est facile sur ce point — beaucoup moins sur d’autres — de briser la loi d’airain des calculs simplistes des comptables qui nous gouvernent. Le ministère demande des économies en mutualisant, les administrations des universités — autonomes dit-on — obéissent."

      Deux jeunesses face à la « loi travail », par Vanessa Pinto (Le Monde diplomatique, avril 2016)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/PINTO/55207
      #Universités #Think_tank #Discours_orthodoxes
      Diviser pour mieux régner en se drapant sous les oripeaux (pas très subtils) du défenseur des "petits" ?

      -"Les étudiants « sont des gens relativement protégés, les insiders, qui sont en train de lutter contre les outsiders. (…) Ce sont ceux qui bloquent l’entrée sur le marché du travail des moins qualifiés. (…) Ce sont les jeunes privilégiés, favorisés, qui vont empêcher que l’on réforme le marché du travail de ceux qui n’ont pas de job ». Ainsi parlait Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne, un puissant think tank libéral, le 12 mars 2016 sur Europe 1." ;

      -" Entre 2009 et 2014, alors que les effectifs ont augmenté de 6,5 % dans les universités, le nombre de postes publiés pour le recrutement d’enseignants-chercheurs titulaires a diminué d’un tiers" ;
      –"au nom de l’« autonomie » des universités et de la course à l’« excellence », le désengagement financier de l’Etat et la dotation inégalitaire des établissements" ;
      –"Les unes cherchent à faire face à la pénurie de personnels, de locaux, etc. ; les autres veulent maintenir leur compétitivité sur un « marché » de l’enseignement supérieur devenu concurrentiel.

      De même, des mesures visant à transférer le financement des études supérieures des pouvoirs publics vers les étudiants sont régulièrement promues par les réformateurs"

    • Le « Nobel », l’économie et les neurosciences, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 13 octobre 2017)
      http://blog.mondediplo.net/2017-10-13-Le-Nobel-l-economie-et-les-neurosciences

      "L’hétérodoxie pour sa part se tromperait lourdement en imaginant que cette faillite générale va la couronner par le fait — comme souvent les cartes se rebattent entre dominants. Si l’hétérodoxie cependant veut savoir contre quoi elle va avoir à lutter, ce qui va changer et ce qui va rester, et quel parti tirer de cette conjoncture inédite, il est utile d’anticiper la direction des remaniements en cours, de se munir de quelques concepts, et puis aussi de repartir du début. De ce point de vue on ne se lasse pas de cette phrase de Michael Jensen qui offre un point de départ toujours aussi robuste — et toujours aussi drôle : « Il n’est pas de proposition en économie plus solidement confirmée que l’hypothèse d’efficience des marchés financiers »"

      "la BE servira de corpus scientifique à toutes les entreprises de manipulation des émotions et de conditionnement psychique subordonnées à la valorisation du capital. Pour ceux qui seraient tentés de croire qu’il n’y a là que vaticination plus ou moins fumeuse, je signale que le programme est déjà à l’œuvre : la neuroéconomie envahit les salles de marché, façonne les nouveaux procédés du marketing, des grandes entreprises telles que BT et Rolls&Royce ont déjà introduit des « programmes de santé mentale »"


  • Climat d’insécurité
    http://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/11/23/climat-d-insecurite_4815296_4527432.html
    http://s1.lemde.fr/image/2015/11/23/644x322/4815892_3_63d3_sur-l-ile-yemenite-de-socotra-en-novembre-2015_e7676cbe7309d8884faa8d76f8cd049f.jpg

    C’était bien évidemment la question piège. Samedi 14 novembre, sur la chaîne de télévision CBS, l’animateur du débat entre les prétendants à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine a demandé à Bernie Sanders s’il pensait toujours que le changement climatique était « la menace la plus importante pour la sécurité des Etats-Unis », comme il l’avait déclaré quelques semaines auparavant. La question est presque rhétorique. La veille, Paris était ensanglantée par des attaques terroristes d’une brutalité inédite en France. L’« urgence climatique » semble reléguée, depuis, à une question vaguement subsidiaire.

    Bernie Sanders a pourtant répondu qu’il maintenait « absolument » son opinion. « En fait, le changement climatique est directement lié à l’augmentation de la menace terroriste (…), a-t-il expliqué. Si nous n’écoutons pas ce que les scientifiques nous disent, nous allons voir des pays tout autour du monde – c’est ce que dit la CIA – se battre pour l’accès à l’eau, pour l’accès aux terres arables, et nous verrons surgir toutes sortes de conflits. »

    Tirer un lien entre sécurité et changement climatique en fait sourire certains. Ce lien est pourtant une certitude, et une certitude suffisamment incommodante pour être systématiquement oubliée et régulièrement redécouverte.

    Lire Agnès Sinaï, « Aux origines climatiques des conflits », août 2015
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/SINAI/53507


  • Islam et relégation urbaine à Montpellier, par Pierre Daum (août 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/DAUM/53515
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton53515.jpg

    Décrit tantôt comme une menace pour l’identité nationale, tantôt comme une idéologie guerrière, l’islam fait l’objet d’attaques incessantes dans les médias ou de la part de dirigeants politiques. Mais on aborde rarement cette religion dans sa pratique quotidienne : qu’est-ce qu’être musulman dans une société qui condamne les immigrés et leurs descendants à la ségrégation ? Exemple à Montpellier. [#st]


  • Bon, en attendant l’injonction à « l’union nationale » aux côtés de racistes, de démagos sauce racisme belliciste, et autres saboteurs des principes démocratiques élémentaires et des droits « fondamentaux » :

    –5 chiffres qui pourraient changer votre perception du terrorisme | 3millions7 ("élèves (...) du Centre de Formation des Journalistes")
    http://3millions7.cfjlab.fr/2015/05/14/5-chiffres-terrorisme
    http://3millions7.cfjlab.fr/wp-content/uploads/2015/02/2720296187_e86f412488_o-1024x681.jpg

    Mué, mais quelle est la définition d’une « attaque », et d’une « attaque faisant un blessé » ?

    -"Le graphique ci-dessous comptabilise les actes terroristes en Europe de l’Ouest entre 2000 et 2013. Un acte de terrorisme est défini comme une attaque commise pour diffuser un message à visée politique, économique, religieuse ou sociale, faisant au moins un mort ou un blessé." ;
    –"Les internautes protestaient contre l’emploi du terme “fou” pour qualifier l’auteur de la tuerie, alors que le mot “terroriste” aurait été immédiatement utilisé, selon eux, si l’homme avait été musulman." ;
    –"Si le terrorisme islamique reste très marginal en Europe par rapport aux autres formes de terrorisme, il est en revanche le plus meurtrier." ;
    –"À l’échelle du monde, peut-on dire que le terrorisme tue plus de musulmans que de chrétiens, de juifs et d’athées ? C’est ce que prétend un rapport de 2011 du Centre national du contreterrorisme (NCTC) des États-Unis. Les chiffres qui y sont présentés sont éloquents : entre 82 et 97 % des victimes du terrorisme (tous types confondus) entre 2005 et 2010 à travers le monde étaient musulmanes." ;
    –"D’après des chiffres de la Global Terrorism Database, entre 2000 et 2013, plus de 60 % des attentats terroristes ont eu lieu dans des pays où la population est en majorité musulmane." ;
    –"D’après un décompte de la BBC sur la même base de données entre 2004 et 2013, sept pays figurent parmi les 10 plus touchés par le terrorisme international, au premier rang desquels l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan, qui concentrent à eux trois les 2 / 3 des morts du terrorisme dans le monde." ;

    –L’Occident n’est pas au cœur du terrorisme islamiste | Slate.fr, Par Moisés Naím
    Editorialiste
    http://www.slate.fr/story/103617/fiez-pas-aux-apparences-du-terrorisme

    –Et l’origine des terroristes commettant le plus d’attaques dans le monde est... | Atlantico.fr, par Arnaud Blin
    http://www.atlantico.fr/decryptage/et-origine-terroristes-commettant-plus-attaques-dans-mondeest-alain-blin-1
    http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/09/rtr3wkoj.jpg

    -"Selon les statistiques d’Europol, sur les 5 dernières années 2 % des attaques terroristes en Europe ont été perpétrées pour des "raisons religieuses". La majorité de ces actes sont le fait de groupes séparatistes." ;
    –"il faut regarder les choses à plus long terme et de manière plus globale que l’instantané fourni par les données d’Europol. Surtout, il faut garder en tête que le terrorisme se définit par son caractère psycologico-émotionel et que la perception des faits et leur impact est beaucoup plus important que les données brutes. Et même si une majorité des attentats est motivée par des considérations séparatistes et que, en conséquence, la plupart des auteurs de ces actes ne sont pas des combattants islamistes, cela ne change pas grand-chose à la donne. Ce qu’il faut voir, c’est qu’une bombinette sur un bungalow en Corse ne va pas avoir la même charge émotionnelle que la tuerie de Charlie Hebdo. En matière de terrorisme, tout est dans le caractère de l’attentat et les séparatistes corses, par exemple, sont tout à fait conscients qu’un attentat trop violent nuirait à leurs intérêts et serait contre productif. Au contraire, dans la mesure où les militants islamistes cherchent à briser une société entière, leurs attentats vont avoir un caractère intolérable. Contrairement à ce qu’on pense souvent, les terroristes ne cherchent pas nécessairement à commettre l’acte le plus violent ou le plus atroce mais celui susceptible de provoquer une réaction en rapport avec leurs objectifs" ;
    –"Il faut tout d’abord s’entendre sur ce qui constitue un attentat terroriste. Est-ce que, par exemple, les actes de terreurs commis par des groupes maffieux tombent dans cette catégorie ? La réponse à cette question, et d’autres semblables, donnera des résultats très différents." ;
    –"Historiquement, ce qu’on voit, c’est que les motivations changent avec la période : au tournant du 20e siècle, ce sont les anarchistes qui dominent, durant l’entre deux-guerres, ce sont les groupuscules d’extrême droite téléguidés par des gouvernements, puis, après la guerre, les groupes indépendantistes, suivis dans les années 60-70 par les groupuscules d’extrême- gauche et puis par les islamistes radicaux à partir des années 1980." ;
    –"L’autre raison pour laquelle les autres attentats sont moins visibles, c’est la peur qu’ont les autres groupes désormais d’être assimilés aux islamistes." ;
    –"Récemment, en Occident tout au moins, le nombre de victimes a été relativement limité mais n’oublions pas les milliers de victimes irakiennes, syriennes ou nigérianes, sans parler des 3000 morts de New York et Washington. N’oublions pas non plus que les Tigres Tamouls au Sri Lanka ou les FARC en Colombie ont provoqué dans un passé récent la mort de milliers de personnes. ;
    –"Il n’y a pas vraiment de consensus au niveau de la définition puisqu’avec une définition large, on pourrait taxer certains Etats comme les Etats-Unis de mener des campagnes de terreur à l’extérieur. Israël, notamment, est jugé par certains comme un « Etat terroriste », notion inacceptable pour une partie de la communauté internationale.
    Par ailleurs, un certain nombre de dirigeants politiques furent à un moment de leurs vies engagés dans des activités incluant la pratique du terrorisme. C’est la vieille histoire de savoir si on a affaire à un combattant de la liberté ou à un terroriste. Donc, est-ce qu’on juge l’acte ou les motivations derrière cet acte et ses conséquences ? Est-ce qu’on juge l’acte par le caractère de ses victimes (civiles ou militaires) ?"

    –7 clés pour comprendre le terrorisme en France depuis 40 ans - Le Temps
    http://www.letemps.ch/monde/2015/01/09/7-cles-comprendre-terrorisme-france-40-ans

    -"Ces informations sont issues de la base de données de la Global Terrorism Database de l’Université du Maryland. Si cette base mondiale fait référence, elle est aussi critiquée principalement en raison de son changement de méthodologie en 2011. Avec pour conséquence l’impression - faussée d’après les auteurs -, d’une explosion des chiffres du terrorisme ces trois dernières années, notamment des attentats suicides. Le débat est important : ces chiffres, souvent repris dans les médias, ont été utilisés par les gouvernements américains successifs pour justifier leur politique antiterroriste. Dans le cas des données que nous utilisons, la question ne se pose pas."

    –Paris deux fois inscrite sur la longue liste des attentats terroristes perpétrés en 2015
    http://www.latribune.fr/economie/international/paris-deux-fois-inscrite-sur-la-longue-liste-des-attentats-terroristes-per

    –TERRORISME ET ISLAM : QUE DISENT LES CHIFFRES ? - Rédigé par Avner Bar-Hen
    http://images.math.cnrs.fr/Terrorisme-et-Islam-que-disent-les.html

    -"Le dictionnaire Larousse définit (ici) le terrorisme comme un ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système. Notons cependant qu’il existe plus de cent définitions du mot terrorisme (ici)." ;
    –"Europol note que les extrémistes de droite peuvent présenter des comportements violents et intimidants, mais ne sont en général pas qualifiés de terroristes (à l’exception, en 2013, d’une série de quatre attaques au Royaume-Uni réalisée par un même individu)." ;
    –"Les médias sociaux sont soupçonnés, selon Europol, d’avoir contribué à l’accélération des (auto) radicalisations parmi les ressortissants de l’UE." ;
    –"Le but de ce billet n’est pas de minimiser la vraie menace du terrorisme, et encore moins relativiser ou minimiser le choc des derniers attentats. Cependant, il faut se méfier de la peur irrationnelle du terrorisme et encore plus de l’utilisation de ces peurs pour justifier des restrictions de liberté."

    –Attentats de Paris, l’onde de choc (Le Monde diplomatique, février 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/A/52669

    –Après les tueries à Paris Le Monde diplomatique, 15 janvier 2015 (TERRORISME ET ANTITERRORISME, GÉOPOLITIQUE, FONDAMENTALISMES, ANTISÉMITISME, ISLAMOPHOBIE, RACISME, QUARTIERS POPULAIRES, LAÏCITÉ, MÉDIAS, IDÉES)
    http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/tueriesparis

    –Dossier, Etats fantômes au Proche-Orient (Le Monde diplomatique, juillet 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/07/A/50611

    –Pétrole et Moyen-Orient : le dessous des cartes … Par Benjamin Louvet.
    http://leseconoclastes.fr/2016/01/petrole-moyen-orient-le-dessous-des-cartes-a-travers-le-prisme-petro

    –Dossier, Attentats de Paris : dans l’engrenage de la terreur (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/A/54361

    –Au Proche-Orient, cinq conflits entremêlés , par Pierre Conesa (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/CONESA/54363

    –Genèse du djihadisme, par Nabil Mouline (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/MOULINE/54356

    –Cartes et chiffres sur le terrorisme et les attentats terroristes dans le monde. Graphiques et cartes sur le terrorisme et les attentats
    http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-cartes.htm

    –Carte interactive. Quels sont les pays les plus touchés par le terrorisme ? | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/grand-format/carte-interactive-quels-sont-les-pays-les-plus-touches-par-le

    -"la Global Terrorism Database de l’Université du Maryland, est, comme n’importe base de donnée, régulièrement contestée. L’une des questions qu’elle pose concerne la définition même de terrorisme. Concept idéologique et sujet à controverse, cette dernière diffère d’un Etat à un autre et fait l’objet de nombreux débats". ;
    –"“l’usage illégal de la force et de la violence par un acteur non-étatique afin d’atteindre une cible politique, économique, religieuse ou sociale en recourant à la peur, la coercition ou l’intimidation”"

    –DAECH - NAISSANCE D’UN ÉTAT TERRORISTE, Arte
    http://www.arte.tv/guide/fr/056621-000/daech-naissance-d-un-etat-terroriste

    –De Jésus à Mahomet, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/BELKAID/54382

    –Les mondes de l’islam 2/10 : sunnites, chiites, etc., par Camille Renard France Culture
    http://www.franceculture.fr/2015-12-16-les-mondes-de-l-islam-210-sunnites-chiites-etc

    –Qu’est-ce qui oppose les sunnites et les chiites ? Par Louis Imbert
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/01/08/qu-est-ce-qui-oppose-les-sunnites-et-les-chiites_4844042_3218.html

    -"Les religieux chiites sont structurés en une véritable hiérarchie cléricale, à la différence des oulémas (théologiens) sunnites." ;
    –"Les divisions entre sunnites et chiites fluctuent à travers l’Histoire, selon les luttes politiques. Au XVIe siècle, la dynastie safavide, qui impose le chiisme en Iran, combat ainsi la Turquie ottomane, sunnite, même si la religion n’explique qu’en partie leur différend.
    A l’époque moderne, en 1979, la révolution islamique iranienne polarise le Moyen-Orient. La volonté iranienne d’exporter sa révolution et sa politique de soutien à des groupes armés chiites, en premier lieu le Hezbollah, au Liban, mais aussi au Koweït, cristallisent les rivalités avec les pays arabes sunnites de la région, qui soutiennent Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran (1980-1988). Au même moment l’Arabie saoudite, où le wahhabisme, un courant du sunnisme ultrarigoriste et antichiite, est religion d’Etat, soutient le djihad antisoviétique en Afghanistan. Al-Qaida s’y forgera.
    En 2003, l’invasion américaine de l’Irak déclenche une guerre civile entre chiites et sunnites irakiens. La branche irakienne d’Al-Qaida y développe un djihad spécifiquement antichiite, et forme, avec le renfort d’anciens cadres du régime de Saddam Hussein, la matrice de l’actuelle organisation Etat islamique (EI). Celle-ci profite aujourd’hui du ressentiment des populations sunnites d’Irak contre le gouvernement dominé par les partis chiites, et sous influence iranienne. L’EI a par ailleurs mené des attentats terroristes contre des communautés chiites loin de ses lignes de front d’Irak et de Syrie, jusqu’en Arabie saoudite, au Koweït, au Yémen et au Liban.
    En 2011, dans la foulée des « printemps arabes », la Syrie bascule dans la guerre civile. La répression du régime, tenu par la minorité alaouite (une branche du chiisme) à laquelle appartient la famille Assad, a favorisé la montée en puissance d’un extrémisme sunnite, communauté dont est issue la quasi-totalité de la rébellion anti-Assad. Par la suite, le régime a libéré des prisonniers djihadistes sunnites, dont certains ont rejoint l’EI, le Front Al-Nosra (la branche syrienne d’Al-Qaida) et des groupes radicaux, afin de diviser et discréditer l’opposition comme la rébellion." ;
    –"Le conflit syrien est devenu un terrain d’affrontement, par alliés interposés, entre l’Iran, dont les forces et les milices chiites internationales (Liban, Irak, Afghanistan) combattent aux côtés des troupes régulières et de la Russie, et les puissances sunnites que sont l’Arabie saoudite, la Turquie et les monarchies du Golfe, qui appuient des groupes rebelles.
    Arrivé au pouvoir en janvier 2015 en Arabie saoudite, le roi Salmane a adopté une stratégie agressive pour contrer l’influence iranienne au Moyen-Orient. Ce raidissement s’est matérialisé par l’entrée en guerre de l’Arabie saoudite au Yémen, en mars 2015. Le royaume saoudien, qui a formé une coalition de neuf pays arabes sunnites, cherchait à empêcher la rébellion des houthistes, de confession zaïdite (une branche du chiisme), alliés à l’Iran, de s’emparer de son voisin du Sud."

    Vu que l’OEI a acquis des caractéristiques d’un état, ne devient-elle pas plus simple à atteindre qu’une constellation de terroristes anonymes et éparpillés ? Par exemple en s’attaquant à la manne pétrolière, à son économie, ou en menant des opérations de déstabilisation (?) pour lui faire perdre le contrôle sur la population ?
    #OEI #Terrorisme #Daesh #Relations_Internationales #Orient #Proche-Orient #Religions #Islam #Documentaires #Pétrole


  • En ce jour de grève générale en #Grèce, et alors que l’Eurogroupe a fixé un nouvel ultimatum au gouvernement, on (re)lira avec profit le récit du bras de fer qui opposa Athènes à Bruxelles et Berlin durant les six premiers mois de l’année 2015 – jusqu’à la signature, en forme de capitulation, d’un troisième mémorandum le 13 juillet dernier. Un récit signé Yanis Varoufakis​, ancien ministre des finances du pays, désormais en accès libre sur notre site.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/VAROUFAKIS/53506

    Lire également Serge Halimi, « L’Europe dont nous ne voulons plus », extrait du même dossier d’août, « Le révélateur grec ». http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/HALIMI/53505

    Un mouvement jeune et plein d’énergie entendait transformer une nation et réveiller le Vieux Continent. L’Eurogroupe et le Fonds monétaire international (FMI) ont écrasé cette espérance.

    Au-delà du choc que les événements grecs représentent pour certains des partisans du projet européen, trois enseignements s’en dégagent. D’abord, la nature de plus en plus autoritaire de l’Union à mesure que l’Allemagne y impose sans contrepoids ses volontés et ses obsessions. Ensuite, l’incapacité d’une communauté fondée sur une promesse de paix à tirer la moindre leçon de l’histoire, même récente, même violente, dès lors qu’il lui importe avant tout de sanctionner les mauvais payeurs, les fortes têtes. Et enfin, le défi que pose ce césarisme amnésique à ceux qui voyaient dans l’Europe le laboratoire d’un dépassement du cadre national et d’un renouveau démocratique.

    Au départ, l’intégration européenne a prodigué à ses citoyens les avantages matériels collatéraux de l’affrontement Est-Ouest. Dès le lendemain de la guerre, le projet fut impulsé par les Etats-Unis, qui recherchaient un débouché pour leurs marchandises et un glacis contre l’expansion soviétique. Mais Washington avait alors compris que, si le monde qui se disait « libre » voulait concurrencer efficacement les républiques « démocratiques » membres du pacte de Varsovie, il devait conquérir les cœurs et les esprits en démontrant sa bonne volonté sociale. Depuis que cette corde de rappel stratégique n’existe plus, l’Europe se dirige comme le conseil d’administration d’une banque. [#st]


  • Récit de l’ex-ministre des finances grec - « Leur seul objectif était de nous humilier », par Yanis Varoufakis (août 2015) http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/VAROUFAKIS/53506 http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton53506.jpg

    Pendant six mois, seule contre tous, la Grèce a été clouée au pilori par ses partenaires lors de réunions innombrables et interminables. L’Union européenne a dévoilé à cette occasion un visage intraitable, vindicatif, qui a parfois surpris. Ministre grec des finances pendant ces affrontements entre Bruxelles, Berlin et Athènes, M. Yanis Varoufakis revient sur les divers épisodes de la guerre d’usure qu’il a vécue. [#st]