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  • Algérie- Octobre 1988 : Un tragique « chahut de gamins » – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/11/algerie-octobre-1988-un-tragique-chahut-de-gamins
    https://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2018/10/Alg%C3%A9rier-5-octobre-1988.jpg

    « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ». Sénèque

    D’une façon quasi rituelle, nous nous remémorons le 5 octobre 1988, dans sa dimension tragique, qui a vu la fine fleur du pays être fauchée, mais aussi le souvenir, la nostalgie d’une époque qui, certes, n’a pas duré, mais qui donnait l’illusion que tout était permis, que l’Algérien, ce frondeur, avait le droit au chapitre, il pouvait critiquer. Il était, en un mot, acteur de son destin.

    Sofiane Djilali écrit à juste titre :

    « (…) Mais juste au lendemain des troubles et avec les promesses présidentielles, la démocratie semblait à portée de main. L’espoir s’insinuait dans le coeur des citoyens. La vie politique s’alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. Parler, agir dans l’opposition, défendre ses opinions, écrire dans une presse libre, crier à gorge déployée dans les manifestations de rue, lancer ses diatribes à la télévision, tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. La mal-vie, les frustrations, la misère morale et les univers mentaux inconciliables, traduisant la fragilité du processus de formation de la nation, allaient servir de détonateur entre les mains d’un pouvoir rusé et faire échec à la première tentative démocratique dans le Monde arabe. Les Algériens perdirent pied et s’accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, les plus sectaires, les plus dangereux. Les valeurs, identitaires ou religieuses, étaient le refuge, la voie du ´´salut´´. La descente aux enfers pouvait commencer. »(1)

    1988 arrive : en Algérie, nous sommes à la fin d’un règne sans partage avec un parti unique et sa poigne de fer qu’a verrouillée le paysage politique. Pendant plus de 12 ans, le pays détricotait minutieusement ce que le défunt président Boumediene avait construit laborieusement. Nous sommes bien contents que par sa fameuse phrase à la face du monde : « Kararna ta’emime el mahroukate », il ait pu sauver la souveraineté de l’Algérie. Avec seulement 22 milliards de dollars, Boumediene avait assis les fondations de l’État. Que se passe-t-il après ? Il faut dire que le début des années 1980 a correspondu avec l’euphorie d’un baril à 40 dollars et un dollar à 10 francs. L’Algérien découvrait le PAP (Programme antipénurie) ; ce fut le début de la ´´bazarisation´´ du pays. à coups de dollars, l’Algérien découvrait, sans effort, sans sueur, le fromage Emmental, la machine à laver, le hors-bord, même pour ceux du Sud, au nom de l’équilibre régional… C’était aussi l’époque de la suppression de l’autorisation de sortie avec possibilité de changer 5000 francs à moins de 10 dollars en juillet 1986 ! Ce qu’on appela le contrechoc pétrolier. Du même coup, des petits pays furent ruinés. Les recettes de l’Algérie ne dépassèrent pas les 4, 5 milliards de dollars. L’Algérie s’endetta lourdement pour nourrir la population. Les Algériens se réveillèrent brutalement. Trente ans rien n’a changé si ce n’est que la corruption est devenue structurelle, le gaspillage un sport national

    Benjamin Stora écrit pour sa part : « Le 22 octobre, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), des avocats algériens protestent contre les arrestations et se prononcent pour un pouvoir judiciaire indépendant. Un Comité national contre la torture, créé fin octobre, rassemble des universitaires, des syndicalistes. Les revendications portent sur la nécessité de réformes profondes du système politique, la fin du parti unique, la garantie des libertés démocratiques. L’onde de choc « d’octobre 1988 » marque la fin d’une époque. Le séisme est tel que s’organise rapidement le passage au multipartisme. Le 10 octobre 1988, le président Chadli Bendjedid annonce un référendum révisant la Constitution de 1976,. Le 3 novembre, le référendum pour la modification de la Constitution est massivement approuvé (92,27% de « oui », avec un taux de participation de 83,08%) ». (2)

    Benjamin Stora parle d’une possible manipulation : « Cette fin du parti unique suscitera bien des interrogations. Les émeutes d’octobre 1988 n’ont-elles été qu’un vaste complot destiné à « ravaler » le système, à en finir avec certains membres du FLN au profit d’autres clans ? « Les événements n’étaient pas factices. « Ils ont représenté un appel au secours d’une jeunesse qui aspirait à un changement radical de la situation dans la pays (…) De toute façon, avec l’« octobre noir », arrive le temps des explorations méthodiques et des inventaires historiques. On pouvait lire ces lignes dans l’hebdomadaire Algérie-Actualité du 24 novembre 1988 : « Les enfants d’octobre 1988 ressemblent étrangement à ceux du 8 mai 1945, à ceux de novembre 1954, à ceux de décembre 1960. […] Entre tous ces enfants, il n’y a pas qu’une ressemblance, il y a identité de revendication, sauf à renier l’histoire du Mouvement national algérien contemporain. L’examen lucide de notre histoire, l’humble étude des faits, de tous les faits, nous permettront certainement de régler nos problèmes. » (2).

     « Il y a 28 ans, le 5 octobre 1988 lit-on sur Wikipédia les chars de l’armée sont descendus dans la rue pour affronter des jeunes sortis exprimer leur mécontentement. Les forces de sécurité ont tué 169 personnes selon un bilan officiel, 500 selon d’autres sources. (…) L’appropriation du mouvement par les islamistes a été abondemment (…) Des tracts anonymes attribués à Ali Benhadj et appelant à une marche de protestation contre la répression et pour la défense de l’islam sont distribués les 9 et 10 dans les mosquées d’Alger…) La prééminence donnée au rôle des islamistes dans le processus de politisation de l’émeute s’explique par le rôle majeur qu’ils joueront ultérieurement dans la transition démocratique. Cette mobilisation multi-sectorielle réunit des acteurs préalablement organisés et dont l’implication dans l’espace public a déjà été actée : avocats, médecins, journalistes, étudiants, universitaires, militants de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Ladh), « berbéristes », membres du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS, communiste), anciens hommes d’État en exil comme le premier président algérien Ahmed Ben Bella et le fondateur du Front des forces socialistes (FFS) Hocine Aït-Ahmed. Des communiqués de presse et des lettres ouvertes sont rédigés, des pétitions adressées à l’Assemblée populaire nationale. Enfin, la Ligue algérienne des droits de l’homme rédige, à l’appui de sources médicales, un rapport sur la torture exercée à l’encontre des émeutiers arrêtés. La majorité des réactions se cristallisent d’abord sur la dénonciation de la répression. » (3)

    La jeunesse de 2018 et sa perception d’octobre 1988

    Un article délicieux de Walid Ait Saïd résume en deux réflexions la mal-vie et ce que pensent les jeunes de la symbolique du 5 Octobre 1988 :

    « Pour ce jeune médecin né en 1992, Octobre 1988 a été détourné par les islamistes qui étaient à l’affût de la moindre ouverture. « Il est vrai que cette date a permis d’arracher plus de liberté. Mais le peuple qui souffrait de la mal-vie et des années de dictature a été très très vite endoctriné par les islamistes », estime-t-il. « Ils ont fait dans le populisme, ils ont fait peur au peuple, ils se sont appuyés sur une fausse interprétation de la religion pour servir leurs ambitions partisanes. La révolte des jeunes qui espéraient plus de liberté et surtout une meilleure vie s’est transformée en un moyen d’imposer l’islamisme ! »

    « On n’est pas inculte à ce point. C’est juste que les espoirs qui berçaient nos aînés se sont transformés en nos désillusions… », tient à souligner Farid. O., né un certain 4 octobre 1988. Pour ce jeune chirurgien dentiste, ce « mai 68 » algérien n’aura rien apporté de bien. « C’est vrai que c’était à partir de là que le multipartisme a vu le jour. Mais concrètement qu’avons-nous fait avec ces partis ? Si ce n’est avoir des Benhamou et Naïma Salhi qui font les clowns en nous faisant croire que c’était cela la liberté d’expression », poursuit-il avec colère. (…) Moi je ne la reconnais pas ! Non pas du fait que le combat de mes aînés ne portait aucune symbolique, mais du fait que selon moi, cela n’a rien changé », dit cette ingénieure. « Les choses ont-elles vraiment changé ? Moi j’ai l’impression d’être revenu 30 ans en arrière. Non pas à cause des Stan Smith qui sont revenus à la mode, mais du fait qu’en 2018 il y ait encore des chaînes humaines pour espérer avoir un…sachet de lait », conclut-elle très amèrement. » (5)

    Hocine Neffah quant à lui s’interroge sur le « chahut de gamins » ? :

    « Aujourd’hui, écrit-il de ce sacrifice, malgré le mensonge, le black-out et les entraves qui empêchent la vérité de voir le jour, l’Algérien en tire une légitime fierté. Et il n’a pas tort. Car, grâce à un chahut de gamins, la sève démocratique a été libérée. Grâce à la jeunesse algérienne qui avait inondé la rue de son sang, aux cris de « Algérie démocratique », le pays a connu son « automne démocratique ». C’est bien le 5 Octobre qui a donné naissance au multipartisme, à la presse indépendante et aux libertés individuelles. Il est vrai que ce mouvement a vite été récupéré par des fondamentalistes qui ont, quelques années après, plongé le pays dans une tragédie qui a fauché la vie de plus de 200.000 personnes. » (6)

    L’après-88 et la « récupération » : La décennie noire

     « Si l’automne 1988 voit se préciser les revendications sur la libéralisation du régime, personne ne songe néanmoins à réclamer clairement l’instauration du pluralisme partisan. La nouvelle Constitution de février 1989 leur donne une assise légale avant que l’affrontement contre l’État commence en 1991 et de façon violente pour les premiers, et en 2001 (Printemps noir 2001 – 2002) sous forme d’une « dissidence citoyenne » pour les seconds. Le gouvernement Hamrouche (1989 – 1991), porteur d’un esprit de réformes, va être contrecarré dans ses projets par les réseaux clientélistes liés aux clans militaires. » (3)

    « Commence aussi après octobre 1988, poursuit Stora, une course de vitesse pour savoir qui, d’un « pôle démocrate » ou d’un « pôle islamiste », peut se substituer au vide laissé par le parti unique FLN. Cette bataille se déroule au moment où se dessinent les contours d’un « nouvel ordre mondial ». L’année suivante, le mur de Berlin s’effondre, et progressivement tous les pays de l’Est accèdent à la démocratie politique. La guerre du Golfe, en 1991, voit l’effacement du rôle politique joué par l’Urss () Après avoir connu un court moment d’euphorie démocratique, l’Algérie va s’enfoncer dans l’engrenage tragique de la violence : près de 150.000 morts tout au long des années 1990. (…) Le 5 octobre 2008, dans le Quotidien d’Oran, on peut lire, sous la plume d’Abed Charef : « Octobre aura finalement été une grande illusion (…) Depuis, le pays continue de s’enfoncer. En octobre 1988, le pays n’avait pas d’argent, mais il y avait une réelle volonté de s’en sortir. En 2008, l’Algérie a de l’argent, mais elle est incapable de se dessiner un avenir. » (2)

    L’amère désillusion 30 ans après : le FLN des satrapes en tête

    « Pour Azouaou Hamou Lhadj blessé grièvement, ayant perdu un bras lors des émeutes, le multipartisme, les libertés syndicales, d’association, de la presse sont nés des « Événements d’octobre 1988 ». Mais en 2018, l’ex-parti unique reste malgré tout hégémonique et les jeunes ont peu de perspectives d’avenir : 30% d’entre eux sont au chômage et beaucoup peinent à se loger. (…) Des pénuries et une flambée des prix alimentent un contexte de contestation sociale et de violentes émeutes éclatent « Comme tous les jeunes, j’en avais marre de la ´´hogra´´ (terme désignant le mépris, l’injustice), on commençait à entendre parler des premières affaires de corruption (…) On en avait marre du parti unique. On voulait que ça change », se souvient-il. (…) Des « jeunes sont morts pour la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de la presse, le multipartisme », or 30 ans après, « les acquis d’Octobre ont été remis en cause », souligne-t-il. « Il ne reste presque rien, si ce n’est une presse au ton libre », constate-t-il amèrement. La révolte a certes mis fin au règne du parti unique, aux monopoles syndical et des médias d’Etat, mais l’euphorie fut de courte durée. En 1988, « nous étions fiers. Il y avait beaucoup plus d’espoir il y a 30 ans qu’aujourd’hui », estime amèrement Azouaou Hamou Lhadj avant d’énumérer : « scandales de corruption, de trafic de drogue, impunité (…) Le régime est le même. » (4)

    La régression inféconde trente après

     « L’Algérie lit on sur une livraison du Huffington Maghreb n’accumule plus, elle perd ce qu’elle avait et ce qu’elle savait faire, y compris dans l’adversité de l’occupation coloniale. Elle est constamment prise dans une entreprise de dilapidation d’un capital de valeurs durement accumulées par des générations de militants de la cause nationale. Les Algériens n’ont pas obtenu l’Etat auquel ils aspiraient et que voulaient les militants de la cause nationale. La résilience de la nation algérienne persiste surtout grâce à la mémoire, non instrumentalisée, que les Algériens ont gardé de tout cet effort accompli par des hommes et des femmes pour résister et construire. Mais cette transmission intime, souvent familiale, qui a été un antidote à une sorte de conjuration révisionniste et négationniste arrive à ses limites, les témoins partent et la génération intermédiaire, pour des raisons objectives, n’assure plus la transmission, n’assume pas le rôle, combien essentiel, de passeur. (7)

    Abdelatif Rabah observateur averti de la scène algérienne dans une analyse magistrale nous explique comment les « acquis des travailleurs furent détricotés minutieusement et comment l’Algérie a été livrée à la bazarisation  qui a suivi la mort de Houari Boumédienne en éradiquant les « pousses » d’un développement endogène certes poussif mais le seul capable de nous sortir de la dépendance et de la spirale du sous développement. Il écrit : 

    « Après la mort de Houari Boumediene, en décembre 1978, le camp libéral était entré en campagne pour engager l’idée qu’il fallait changer de cap. La « Synthèse du bilan économique et social de la décennie 67-78 » adoptée en 1980 est emblématique de cette action de propagande. L’industrialisation, encore dans sa phase embryonnaire, est soumise au crible d’une critique sans nuance. La révolution agraire est remise en cause puis, abandonnée. Les réformes dites de l’autonomie des entreprises inspirées des préceptes de la Banque mondiale et du FMI déplacent le centre de gravité de la problématique économique algérienne de la construction des bases productives et du cadre institutionnel du développement national indépendant sur la question du mode de régulation et du passage à l’économie de marché ». (8)

    « L’Algérie entre dans la décennie 1990 avec une nouvelle Constitution, votée en février 1989 qui consacre l’abandon de la référence à la Charte nationale ainsi qu’au socialisme et la disparition des articles 94 et 95 de la Constitution de 1976 disposant que « le système institutionnel algérien repose sur le principe du parti unique » et que « le FLN est le parti unique du pays ». Le multipartisme fait son entrée sur la scène politique. Il se caractérise surtout par un phénomène de « déversement de la religion dans la politique », selon l’expression de Jacques Berque. Le FIS (Front islamique du salut) en sera le principal que le plus puissant protagoniste ». (8)

    « Inaugurées, à pas feutrés, dès le début de la décennie 1980, sous l’ère de Chadli Benjedid, puis approfondies et dotées d’un corps de doctrine, par l’équipe des réformateurs du gouvernement Hamrouche, les réformes vont connaître une intensification et une accélération extraordinaires à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995. Ces réformes menées à la hussarde vont imprimer à toute la décennie1990 et même au-delà, les marques multiformes d’un processus de régression économique et sociale visibles sur le niveau de vie de la majorité de la population, comme sur le niveau d’activité entreprises et des services publics. C’est l’ère du démantèlement du secteur public, des licenciements massifs, du chômage, des salaires impayés, de la précarité, de l’explosion de la pauvreté, du recours à la justice contre les grèves et les grévistes, de l’essor des grosses fortunes… Depuis 1986, l’investissement est au point mort. C’est la panne totale. Ni infrastructures sportives dignes de ce nom, ni salles de cinéma, ni théâtres, ni salles de concert, ni universités, ni lycées, ni infrastructures de santé. D’année en année, les cohortes de chômeurs s’allongent, deux jeunes sur trois en font partie. La situation sanitaire du pays se dégrade avec le recul des programmes de vaccination et la recrudescence des épidémies. L’anarchie du foncier engloutit des dizaines de milliers d’hectares parmi les plus fertiles. L’État perd le contrôle du développement urbain » (8).

    « Le secteur d’État a cessé d’être le symbole de la réussite sociale. Le système scolaire aussi. Un quart de siècle de libéralisme économique a engendré un puissant mouvement de décompositions, de déclassements- reclassements sociaux, contribuant à fragmenter la société et à casser les anciens clivages. Ce qui structure la réalité sociale, aujourd’hui, c’est la dynamique des inégalités croissantes qui séparent le haut et le bas des revenus, des inégalités de patrimoine, biens fonciers ou immobiliers, produits financiers, ressources en devises, des inégalités en termes de mobilité internationale et de statut citoyen y afférent. Les forces de l’argent, prédatrices et parasitaires sont à présent aux commandes de l’Etat plus que jamais, plongées dans la logique du libéralisme prédateur et destructeur du tissu national et social. »

     Conclusion

    Ce ne fut pas un chahut de gamins ! les jeunes qui sont descendus dans la rue, ont peut-être été manipulés, mais les causes de la mal-vie étaient réelles. C’est par-dessus tout la hogra, le népotisme, le passe-droit, le fait du prince, la corruption et le manque de perspectives. Octobre 88 attend toujours son autopsie sur les tenants et les aboutissants de ce début de tragédie qui a fait entrer l’Algérie dans la spirale de la violence. Certes, nous avons traversé plusieurs décennies : ´´la décennie noire´´, ´´la décennie rouge´´, voire aussi ´´les décennies blanches´´, en ce sens que nous n’avons rien créé de pérenne. La population de 1988 n’est pas celle de 2018 qui, à bien des égards, est toujours aussi fragmentée et en errance.

    Qu’avons-nous fait depuis 30 ans, à part manger la rente ? 800 milliards depuis 2000 et une difficulté pour aller de l’avant avec une dépendance à 98% des hydrocarbures et un système éducatif qui peine pour des raisons multiples idéologiques, financières et un manque de visibilité du pays, à se déployer. Certes, Il est vrai que l’on ne peut pas mettre sur le même pied les besogneux, qui suent sang et eau, et le député gros et gras car, bien nourri. Sans aucune valeur ajoutée. Il est vrai aussi que l’on ne peut pas mettre aussi sur le même plan l’enseignant qui fait son djihad au quotidien pour des clopinettes et le trabendiste du conteneur ou le footballeur qui garde une cage à 4 millions de DA/mois qui gagne ainsi en une fois le salaire d’un enseignant, qui doit se réincarner plusieurs fois comme Highlander pour y arriver. Pourtant, le pays n’a jamais été aussi riche.

    Pourtant, vus de loin, tous les attributs, tous les insignes dignes d’un État de droit semblent réunis : une Constitution, un Sénat, un Parlement, une Assemblée populaire, des juges et des magistrats pour dire le droit des tribunaux administratifs, un pluralisme politique, mais, à y voir de plus près, le tableau n’est guère enthousiaste.

    Octobre 1988 fut une parenthèse douloureuse dont on n’a a pas tiré les leçons. Et pourtant, les jeunes, objet de toutes les manipulations, ne demandent qu’à vivre, étudier et faire preuve d’imagination. Une petite anecdote d’il y a quelques années : des harraga en mer écoutent la radio et apprennent que l’Équipe nationale a battu la Zambie. Demi-tour vers la mère patrie pour fêter l’événement dignement. Tôt, le lendemain, les harraga repartent à l’aventure et risquent leur vie, l’Algérie n’ayant pas su les retenir. Comment plus de trente ans après avoir conjuré ces signes indiens, l’on continue à errer sans boussole

    À quand « la décennie verte » de l’espoir ? Seuls le consensus, le dialogue, la parole désarmée, l’intérêt supérieur du pays permettront de réconcilier les Algériens et mettre fin à la guerre sourde de positions entre deux visions pour l’Algérie, celle d’une Algérie satellite d’une oumma arabe moyenâgeuse et celle d’un miroir aux alouettes de l’Occident dont on ne copie que les travers et non leur prouesse technologique. Ces deux visions n’ont évidemment aucune idée de ce que pourrait être la vie selon la mentalité algérienne. Qu’allons-nous laisser aux générations suivantes ? À nous de nous organiser pour donner de l’espoir à cette jeunesse qui a perdu ses illusions. Pour cela, seul le parler vrai, le patriotisme, la fidélité aux valeurs nous permettront enfin de bâtir une Algérie qui sortira de la malédiction de la rente pour se mettre enfin au travail.

    Prof. Chems Eddine Chitour

     

    Notes

    1.Sofiane Djilali : Évocation : I. Octobre 88, la fin des illusions. Agoravox 3.10.2009

    2.Benjamin Stora https://blogs.mediapart.fr/benjamin-stora/blog/071008/octobre-1988-une-nouvelle-histoire-commence-en-algerie

    3.https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_du_5_octobre_1988_en_Alg%C3%A9rie

    4.AFPhttps://www.liberation.fr/planete/2018/10/04/algerie-l-amere-desillusion-d-un-manifestant-de-la-revolte-d-octobre-1988

    5 Walid Ait Sa¨dhttp://www.lexpressiondz.com/actualite/301233-racontez-nous-octobre.html

    6.Hocine Nefhah http://www.lexpressiondz.com/actualite/301230-l-ivresse-des-possibles.html

    7.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/lalgerie-naccumule-plus-elle-perd-ce-quelle-avait_mg_5bb34fffe4b0ba

    8.Abdelatif Rabah 1988-2018 : de l’économie du développement a l’économie de la prédation lu sur un site internet

    Article de référence :

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/301290-un-tragique-chahut-de-gamins.html

     

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018


  • La Journée de la Terre. La résilience du peuple palestinien abandonné. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/04/07/la-journee-de-la-terre-la-resilience-du-peuple-palestinien-a
    https://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2018/04/I-love-Gaza-400x256.jpg

    Photo : Sans abri à Gaza, source : nybooks.com

    « Si cette immigration des juifs en Palestine avait eu pour but de leur permettre de vivre à nos côtés, en jouissant des mêmes droits et en ayant les mêmes devoirs, nous leur aurions ouvert les portes, dans la mesure où notre sol pouvait les accueillir. (…) Mais que le but de cette émigration soit d’usurper notre terre, de nous disperser et de faire de nous des citoyens de deuxième catégorie, c’est là une chose que nul ne peut raisonnablement exiger de nous. C’est pour cela que, dès le début, notre révolution n’a pas été motivée par des facteurs raciaux ou religieux. Elle n’a jamais été dirigée contre l’homme juif en tant que tel, mais contre le sionisme raciste et l’agression flagrante. » (Yasser Arafat)

    Vendredi 30 mars un massacre de plus que celui de 17Palestiniens coupables de protester contre la condition infra-humaine dans la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Toutes factions confondues, les Palestiniens promettent de protester pacifiquement pendant un mois et demi jusqu’au 15 mai mettant à profit la journée de la Terre pour protester contre l’occupation illégale de leur territoire d’où ils furent chassés en 1948 Le 15 mai coïncide avec l’inauguration controversée de l’ambassade américaine à Jérusalem. C’est aussi la commémoration de la catastrophe (Nakba) subie par les Palestiniens lors de la création d’Israël (1948). Ils furent plus de 700 000 à fuir leur terre pour trouver refuge dans la bande de Ghaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie. Leur enfermement et la grave crise humanitaire qui sévit à Ghaza donnent plus que jamais corps à la question du « droit au retour ». Cette demande dont les dirigeants israéliens n’en veulent à aucun prix, au contraire encourageant des juifs de la Diaspora au nom de la loi du Retour de revenir quand ils veulent en Palestine, prendre la place des exclus et pousser de plus en plus les Palestiniens restants à partir.

    Tuer délibérément « grâce aux snipers »

    Pour Ibraheem Abu Mustafa de Reuters : « Des dizaines de milliers de Palestiniens, des femmes et des enfants, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Ghaza d’Israël dans le cadre de ´´la grande marche du retour´´. Ce mouvement de protestation durera six semaines pour exiger le ´´droit au retour´´ des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Ghaza. Des dizaines de Palestiniens se sont approchés à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants contre les habitants de l’enclave par les soldats. Ces derniers ont tiré des balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène. Selon le ministère de la Santé dans la bande de Ghaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1410 blessés dans les affrontements avec l’armée israélienne. La ´´grande marche du retour´´ a lieu à l’occasion de la ´´Journée de la Terre´´, qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens pendant des manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l’Etat d’Israël en 1948 » (1).

    Farès Chahine qui intervient à partir des territoires occupés résume la situation : « L’armée israélienne a mis en exécution ses menaces, lancées en début de semaine, d’utiliser des balles réelles pour réprimer les manifestants. Le chef de l’état-major de l’armée d’occupation avait même déclaré à la presse israélienne qu’il allait lui-même superviser la répression de :

    « La grande manifestation du retour », comme l’ont appelée les organisateurs. Les forces israéliennes, renforcées par une centaine de snipers postés tout le long de la frontière avec la bande de Gaza, n’ont ainsi pas hésité à tirer sur les manifestants désarmés qui ne portaient que des drapeaux palestiniens et lançaient des slogans réclamant le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et dans leurs villages d’où ils ont été expulsés de force en 1948. (…) Au lieu de leur faire peur, les menaces israéliennes ont au contraire galvanisé les citoyens qui se sont rendus en masse vers la frontière pour scander leurs slogans. » (2)

    « L’autre point remarquable poursuit Fares Chahine, de cette journée historique était l’absence des bannières des différentes factions palestiniennes. Celles-ci ont laissé place au seul drapeau palestinien, symbole de l’unité du peuple palestinien. Des centaines de tentes ont donc été plantées tout le long de la frontière à une distance de 700 mètres environ de la clôture. Cette présence féminine remarquable a d’ailleurs apporté un démenti au gouvernement israélien de droite qui fournit de grands efforts pour accréditer l’idée que les Palestiniens sont des terroristes, des tueurs sanguinaires et des misogynes. « Malgré le danger, les Palestiniens de la bande de Ghaza, qui vivent dans des conditions inhumaines depuis de très longues années, promettent que ce 30 mars 2018 n’est que le début d’une insurrection civile contre les autorités de l’occupation. (…) La journée de la Terre, qui est célébrée depuis le 30 mars 1976, a toujours bénéficié d’un large consensus au sein de la population palestinienne. En ce jour du 30 mars 1976, les forces israéliennes ont froidement abattu six citoyens palestiniens communément appelés « Arabes d’Israël », Ces Palestiniens avaient pourtant la nationalité israélienne. Mais elle n’a servi à rien. Il s’agit de la preuve que ces « Arabes d’Israël » sont considérés comme des citoyens de seconde zone. » (2)

    Cyrille Louis du Figaro témoigne et rapporte le contenu d’une vidéo mise en ligne :

    « Une fois le fracas interrompu et la poussière retombée, les participants à cette « grande marche du retour » ont mis en ligne les vidéos tournées vendredi avec leur téléphone. L’une d’elles, filmée à l’est de Beit Lahya, a aussitôt inondé les réseaux sociaux. On y voit un jeune homme vêtu d’un jeans et d’un pull noir qui court, un pneu à la main, pour tenter d’échapper aux balles des tireurs d’élite israéliens. Une détonation claque, puis une seconde et le garçon tombe à terre. D’après ses amis, dont le témoignage a été confirmé par les secouristes palestiniens, Abdel Fattah Abdel Nabi est mort sur le coup. À en juger par ce document, l’homme âgé de 18 ans ne présentait aucun risque immédiat pour les militaires qui l’ont abattu. Pour L’ONG israélienne B’Tselem « Tirer sur des manifestants qui ne portent pas d’armes est illégal » et « tout ordre donné à cette fin l’est également ». (3)

    Les réactions

    Dans un discours le même jour vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré qu’il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne.. L’Algérie condamne « avec force » et d’un « ton très ferme » la boucherie israélienne commise par les forces d’occupation, à Ghaza, lors de la répression, vendredi, d’une marche pacifique commémorant le quarante- deuxième anniversaire de la « Journée de la Terre », sous le slogan du « grand retour » d’après le communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE).

    Le Conseil de sécurité des Nations unies, pour sa part n’a rien décidé. Réuni en urgence vendredi soir sur les affrontements dans la bande de Ghaza, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence, mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune. « Le risque de l’escalade (de la violence) est réel », a estimé devant le Conseil le représentant français. « Il y a la possibilité d’un nouveau conflit dans la bande de Ghaza. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion -la Pâque juive a commencé vendredi soir- synonyme d’absence de responsables israéliens. « Il est vital que ce Conseil soit équilibré » a dit à la réunion le représentant américain..Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante. L’usage de balles réelles par l’armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

    Israël rejette toute enquête

    Vendredi 30 mars a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 : 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé dans l’enclave. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’Etat hébreu. De son côté, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a qualifié d’« hypocrites » les appels à ouvrir une enquête. « Il n’y aura pas de commission d’enquête », a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. « Il n’y aura rien de tel ici, nous ne coopérerons avec aucune commission d’enquête. » (3)

    Pour M.K.Bhadrakumar, l’horrible attaque de 17 manifestants palestiniens non armés et pacifiques vendredi par les forces de sécurité israéliennes a une fois de plus souligné que l’occupation par Israël des pays arabes demeure toujours la cause première de la crise au Moyen-Orient. La revendication des manifestants est qu’Israël devrait accorder le droit aux 1,3 million de réfugiés (selon les chiffres de l’ONU des réfugiés enregistrés) de « rentrer chez eux » d’où ils ont été chassés, (…)Trump entouré, dont l’islamophobie suinte de ses veines, il s’est maintenant entouré de personnes aux vues similaires, en particulier le nouveau secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton ainsi que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley. » (4)

    La marche du désespoir des Palestiniens

     Un article du journal Le Monde nous apprend un peu plus sur cette marche pacifique :

    Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins 16 ont été tués par l’armée israélienne. Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue. Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Ghaza. Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats. (…) Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Ghazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon coeur qui m’ont poussé à venir. (…) » (5)

    Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils.

    « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. » Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens. Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple ghazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir (…) Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée. Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie. (…) « On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens ! On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès. »(5)

    La colonisation continue : personne ne proteste

    Pendant ce temps Israël accentue sa politique de colonisation des Territoires palestiniens. Selon un rapport de La Paix maintenant, le nombre de nouveaux logements a fortement augmenté en 2017. L’an I de la présidence Trump, sans surprise, a été marqué par une poursuite des activités de colonisation en Cisjordanie. Selon le rapport annuel publié lundi par l’organisation anti-occupation La Paix maintenant, 2783 nouveaux logements y ont été mis en chantier en 2017. Ce décompte marque un léger recul par rapport à l’année précédente, mais il traduit une hausse de 17% si on le compare avec la moyenne des 10 années écoulées. Le nombre d’appels d’offres passés pour de nouvelles habitations (3154) a simultanément atteint un niveau…

    Au dernières nouvelles, ce vendredi 6 avril jour de prière. De nouveaux affrontements ont éclaté ce vendredi 6 avril entre manifestants palestiniens et soldats israéliens près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Ces heurts interviennent une semaine après des violences sans précédent depuis 2014 qui ont coûté la vie à 19 Palestiniens.

    Cinq Palestiniens ont été tués et plus de 400 blessés par des soldats israéliens. Des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens postés à la barrière de sécurité séparant les deux territoires, selon des correspondants de l’AFP sur place. Les militaires ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles (6).

    Beaucoup de commentateurs ont fait une analogie avec les massacres de Sharpeville , sauf qu’à l’époque le monde occidental avait banni l’Afrique du Sud, qui fut par la force des choses amenée à reconsidérer sa politique d’apartheid.

    Pourtant, la conscience humaine devrait retenir le bras vengeur de cette armée qui se dit « la plus morale du monde » car mettre des dizaines de snipers pour un tir aux pigeons, sauf que le pigeon est un jeune envahi par le désespoir, qui veut vivre à en mourir dans une enclave où son horizon est bouché. Il ne lui reste que la solution finale ; offrir sa poitrine et mourir pour une cause de la liberté. Ce qui est encore plus inhumain, c’est ce que doit penser le sniper dont le tableau de chasse est éloquent en fin de journée. Il ôte la vie à des jeunes comme lui qui ne demandent qu’à vivre comme lui sur cette Terre de Palestine dont il est difficile de parler d’ethnie, la science ayant prouvé que les Palestiniens et Israéliens appartiennent au même peuple de Cananéens.

    Que certains sionistes aient fait de la religion judaïque un fonds de commerce au nom de la race élue, ne doit pas porter préjudice à un peuple qui revendique de vivre sur les 18% de la Palestine originelle. S’il est connu que les Palestiniens n’ont rien à attendre des pays occidentaux tétanisés par la faute originelle, qui leur fait accepter toutes les impunités d’un pays qui brave une quarantaine de résolutions, ils sont encore mal barrés concernant la solidarité des pays arabes, encore plus tétanisés qui regardent ailleurs et se fendent de communiqués qui n’apportent rien de nouveau. La direction palestinienne s’est installée dans les temps morts et il n’y a pas de relève à l’horizon. Il est à craindre que la conscience internationale regarde ailleurs pendant qu’un peuple est en train de disparaître en tant que nation.

    « Est-ce ainsi que les Hommes vivent » aurait dit Aragon.

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique Alger

    Notes

    1.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/ghaza-les-palestiniens-poursuivront-leur-protestation-apres-une-pre

    2.http://www.elwatan.com/international/israel-commet-un-massacre-a-ghaza-31-03-2018-365426_112.php

    3.https://assawra.blogspot.fr/2018/04/israel-rejette-toute-enquete.html

    4.http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2018/03/31/palestine-still-remains-core-issue-in-middle-east

    5.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/31/a-la-frontiere-de-la-bande-de-gaza-une-grande-marche-du-retour-pacifique-mai

    6.https://www.nouvelobs.com/monde/20180406.OBS4747/affrontements-a-gaza-5-palestiniens-tues-dans-des-heurts-avec-l-armee-isr

    Article de référence :

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/289893-la-resilience-du-peuple-palestinien-abandonne.htm

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018


  • Une vérité à marteler : L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme - Agora Vox

    C’est toujours d’actualité, en attendant, un criminel de guerre (Bibi) invité d’honneur de Macron pour commémorer la rafle du Vel d’Hiv un 16 juillet 2017. Un comble de plus ! NRobin

    En attendant, la plus importante communauté victime d’antisémitisme, est la communauté palestinienne. La solution viendra peut-être des intellectuels faussaires qui sont dans l’action contrairement aux intellectuels intègres... NRobin

    http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-verite-a-marteler-l-182110

    mardi 21 juin 2016 - par chems eddine Chitour
    Une vérité à marteler : L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme

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    « Sionisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires. La Terre d’Israël a besoin d’une immigration sélective : le sionisme n’est pas une oeuvre de bienfaisance. Nous avons besoin de juifs de « qualité supérieure ». Cependant, je crois que l’antisémitisme, qui représente parmi les masses un courant puissant et inconscient, ne portera pas tort aux juifs. Je le tiens même pour un mouvement utile du point de vue de la formation du caractère des juifs. Il constitue l’éducation d’un groupe par les masses et conduira peut-être à son absorption. C’est à force de se durcir qu’on est éduqué. » « Les antisémites seront nos amis les plus dévoués et les pays antisémites nos alliés. »

    Théodore Herzl, cité par Hannah Arendt

    Il est devenu difficile par les temps qui courent de nommer les choses par leur nom de peur de se prendre une « fetwa » des bien- pensants pour qui toute critique d’Israël c’est de l’antisémitisme et à ce titre beaucoup de pays européens en ont fait un délit passible d’amende, voire de prison avec au minimum pour ceux qui veulent avoir une visibilité, une extinction sociale.

    Albert Camus a dit un jour que : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Comment, alors, nommer les choses sans s’attirer les foudres ? Comment passer à travers les gouttes de pluie du conformisme ambiant qui veut qu’Israël c’est la modernité et la liberté et c’est le dernier rempart de l’Occident en terre orientale baignant dans le chaos. Les paroles de Theodor Herzl, fondateur de l’Etat juif en puissance, sont pour nous une révélation car on peut comprendre que le moteur de la politique israélienne a comme carburant l’antisémitisme des autres, cela rend les Israéliens plus forts tout en faisant condamner les contrevenants par la police de la pensée occidentale.

    Qu’est-ce que l’antisémitisme ?

    Si l’on croit l’Encyclopédie Wikipédia : « L’antisémitisme (originellement : anti-sémitisme) est le nom donné de nos jours à la discrimination et à l’hostilité manifestées à l’encontre des juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou racial.Il s’agit, d’une forme de racisme dirigée nominalement contre les peuples sémites, regroupés en tant que tels sur la base de critères linguistiques, mais ne visant en réalité que les juifs. Bien que certains historiens comme Jules Isaac insistent pour distinguer antijudaïsme et antisémitisme, le second terme est cependant le plus souvent utilisé aujourd’hui pour qualifier tous les actes d’hostilité antijuive que leurs fondements soient raciaux ou non. Le terme fut utilisé pour la première fois en 1860 par l’intellectuel juif Moritz Steinschneider dans l’expression « préjugés antisémites » (« antisemitische Vorurteile »), afin de railler les idées d’Ernest Renan qui affuble les ’peuples sémites’’. de tares culturelles et spirituelles » (1)

    On voit que rien n’interdit de mettre sous le même vocable les autres ethnies sémites comme le sont les Arabes. Le glissement qui s’est opéré a permis de passer de l’aspect ethnique à l’aspect religieux et partant d’arriver à l’antijudaïsme excluant du même coup les Arabes. Pourtant, comme l’a si bien démontré Schlomo Sand dans son ouvrage : il n’y a pas de peuple juif, il y a une religion juive. Ce sont des sémites au même titre que les Palestiniens avec une ascendance cananéenne.

    Qu’est-ce que le sionisme et l’antisionisme ?

    « Le mot ’sionisme’’ apparaît à la fin du XIXe siècle pour désigner un ensemble de mouvements différents dont l’élément commun est le projet de donner à l’ensemble des juifs du monde un centre spirituel, territorial ou étatique, en général localisé en Palestine. Le sionisme politique a atteint son but, la création d’un État juif en Palestine. Initialement, le sionisme d’essence laïque n’avait pas encore formalisé le projet d’un Etat aseptisé des Palestiniens spoliés en 1967 de leurs territoires et voire encore. Depuis, le leitmotiv du gouvernement actuel est de faire reconnaître un Etat strictement juif ; de ce fait, les Arabes israéliens n’auront pas vocation à rester dans ce qui est appelé Israël.

    Manuel Valls associe antisionisme et antisémitisme

    Devant les quelque 800 personnes qui se pressaient lundi 7 mars dans un grand hôtel parisien, devant une dizaine de ministres et presque autant de candidats à la primaire de l’opposition, le président du Crif, président un "tribunal dinatoire" selon le bon mot de Alain Finkelkraut a déclaré : « Nous vivons une vie retranchée. Nous avons le sentiment angoissant d’être devenus des citoyens de deuxième zone. Manuel Valls lui a répondu : « Oui, les juifs de France, trop souvent, ont peur, C’est une réalité et cette réalité, nous ne l’acceptons pas. » « La grille de lecture déformante et injuste » appliquée, selon lui, à Israël, pour faire de ce pays « le juif des nations, l’unique cible au monde d’un processus de délégitimation. Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien et un antisémitisme nouveau, Un antisémitisme d’extrême droite, mais aussi un antisémitisme d’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme dans les quartiers populaires d’une jeunesse radicalisée. Et puis (...), il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël. » (2)

    L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme

    L’amalgame, écrit Eric Hazan, avec l’anti-sionisme c’est-à-dire le refus de la politique actuelle d’Israël de quitter les territoires occupés depuis 1967, n’est pas l’antisémitisme. Les Palestiniens qui sont eux aussi des Sémites ne peuvent pas être contre eux-mêmes. D’un côté il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l’autre, des partisans d’un Etat commun où juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d’Israël. Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que « l’antisionisme ? ». Il y a deux réponses possibles. La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des juifs du monde entier ; par conséquent, être « antisioniste », critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les juifs - c’est de l’antisémitisme. Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des juifs vit ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme »(...). (3)

    « La deuxième réponse poursuit Eric Hazan, à la question ’qu’est-ce que l’antisionisme ?’’ est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui. Par la suite, dans l’entre-deux guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine. En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire. Le boycott d’Israël est un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la « destruction d’Israël », d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien. Le boycott n’est pas une arme contre les juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié. » (3)

    La coexistence pacifique des juifs et des musulmans

    Pourtant, on sait que les juifs ont toujours trouvé en terre musulmane la sécurité et la paix, notamment dans les périodes récurrentes des pogroms ; ils n’eurent jamais la paix qu’ils trouvèrent en terre musulmane, notamment dans l’Espagne des Ommeyades. On sait que Maïmonide, le grand écrivain juif, a écrit son livre « Dalil al Ha’irine », « Le livre des égarés », en langue arabe. A titre d’exemple de ce vivre-ensemble qui a traversé les siècles, le grand écrivain Mostefa Lacheraf parle de la bonne entente entre juifs et musulmans en Algérie : « (…) Et puis, l’école officielle du village de Sidi Aïssa était une école dite indigène’’ où il n’y avait pas un seul élève européen, mais une majorité d’élèves musulmans en même temps qu’une douzaine de petits israélites parlant l’arabe comme leur langue maternelle et fortement arabisés dans leurs genres de vie. Eux et leurs familles appartenaient à la communauté juive du Sud algérien et portaient cinq ou six noms parmi ceux de l’ancienne diaspora andalouse judaïque réfugiée au Maghreb entre les XIVe et XVIIe siècles. (...) » (4)

    « Peut-être que la mode religieuse n’était pas, à l’époque, pour le « m’as-tu vu » et le côté spectaculaire de la simple pratique, de l’observance rituelle exagérée comme aujourd’hui. (...) il n’existait ni mosquée officielle ni église ni synagogue connue en tant que telle. Femmes juives et femmes musulmanes se rendaient visite pendant les fêtes religieuses et leurs familles partageaient parfois l’usage de la même cour dans la grande maison (...). Je me rappelle encore ce que chantaient quelques femmes israélites venues offrir à ma mère du pain azym de la Pâque juive en entonnant sur le pas de la porte, en partant, un air célèbre d’origine andalouse, le chant nostalgique de « l’Au revoir ». Les relations entre les deux communautés allaient sans doute changer à l’avènement du sionisme agressif, militaire et colonial lors de la spoliation de la Palestine par le nouvel Etat d’Israël (...) ». (4)

    Intimidation et amalgame d’Israël sur l’« antisémitisme »

    On sait que la dette ad vitam aeternam de l’Europe a fait que cette dernière a laissé Israël occuper totalement la Palestine sans partage . On comprend alors que cette impunité a fait dire à Aba Eban ancien ministre des Affaires étrangères israélien les frontières d’Israël sont les frontières d’Auschwitz » Ilan Pappe israélien progressiste, professeur à l’université d’Exeter écrit à ce propos : « Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme (...) Les jours à venir seront très éprouvants et nous devrons non seulement être patients mais aussi retourner à la tribune, sur les sites Web, à la radio et à la télévision pour expliquer de nouveau ce qui est évident pour bon nombre d’entre nous : le sionisme n’est pas le judaïsme et l’antisionisme n’est pas synonyme d’antisémitisme. Le sionisme n’a pas été le remède au pire épisode antisémite qu’a vécu l’Europe : l’Holocauste. Le sionisme n’a pas été la bonne réponse à cette atrocité. (...) Comment expliquer autrement que l’Europe n’ait rien fait alors que le régime nazi exterminait les juifs et qu’elle ait demandé pardon en soutenant un nouveau plan visant à se débarrasser des juifs en les envoyant coloniser la Palestine ? Rien de surprenant à ce que cette logique absurde n’ait pas mis un terme à cet élan antisémite. Elle l’a plutôt entretenu.(...) » (5)

    Non ! antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes
    Pour Rony Brauman, ancien président de « Médecins sans frontière » qui a tenu à répondre, à réagir après les propos de Valls (...) Intéressons-nous plutôt aux rapports entre sionisme et antisémitisme, en nous souvenant en premier lieu que la majorité des juifs du monde, et notamment les Français, furent opposés au sionisme jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et que même alors, la majorité des juifs d’Europe ne choisit pas la Palestine après la shoah. Pas plus que les juifs russes fuyant les pogroms à la fin du XIXe siècle, dont seul 1% se rendit en « Terre promise ». (...)Que l’on puisse sans contradiction être prosioniste et antisémite devrait tomber sous le sens, puisqu’il s’agissait, dès l’origine, de débarrasser l’Europe de ses juifs, projet commun des uns et des autres avant que surgisse la folie hitlérienne Ce que notre Premier ministre semble ignorer. Estimer que la création d’Israël fut une décision funeste, y compris pour les juifs, relève de la liberté d’opinion, au même titre que l’opinion contraire. Les saisies de terres, destructions de maisons, emprisonnements administratifs, extensions de colonies, voilà ce qui nourrit aujourd’hui la critique d’Israël et de sa politique du fait accompli. Si le sionisme historique est pluriel, sa forme contemporaine est monocolore, largement sous le contrôle des colons. » (6)

    L’antisémitisme : arme d’intimidation massive.

    Bruno Guigue normalien, professeur parle d’arme d’intimidation massive, il écrit :

    « Dans un monde où le ressassement médiatique tient lieu de preuve irréfutable, certains mots sont des mots-valises, des signifiants interchangeables dont l’usage codifié à l’avance est propice à toutes les manipulations. (...) Depuis soixante-dix ans, tout se passe comme si l’invisible remords de l’holocauste garantissait à l’entreprise sioniste une impunité absolue. (...) En applaudissant à la création de l’État juif, l’Europe se lavait de ses fautes. Simultanément, elle offrait au sionisme l’opportunité d’achever la conquête de la Palestine. Ce rachat par procuration de la conscience européenne, Israël s’y prêta doublement. (...) On a beau rappeler que la Palestine n’est pas la propriété d’une ethnie ou d’une confession, que la résistance palestinienne n’a aucune connotation raciale, que le refus du sionisme est fondé sur le droit des peuples à l’autodétermination, (...) L’assimilation frauduleuse de l’antisémitisme et de l’antisionisme, il est vrai, procure deux avantages symboliques. Le premier est à usage interne. Cette assimilation limite drastiquement la liberté d’expression, Elle vise alors à disqualifier l’opposition politique et militaire à l’occupation sioniste. Cible privilégiée de cet amalgame, la résistance arabe se voit renvoyée à la haine supposée ancestrale qu’éprouveraient les musulmans pour les juifs. (...) Terroriste parce qu’antisioniste, antisioniste parce qu’antisémite, la résistance arabe cumulerait donc les infamies. »(7)
    Même à l’intérieur d’Israël des voix dissonantes

    Enfin, à l’intérieur du premier cercle du pouvoir, des voies dénoncent les dérives actuelles. D’abord, celle du général Golan en activité qui déclare : « Si quelque chose m’inquiète par rapport à la Shoah, c’est de reconnaître qu’il existe parmi nous aujourd’hui en 2016 des signes des mêmes processus nauséabonds qui existaient en Europe en général, et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80, 90 ans. » (8)

    « De même, lors de la Conférence annuelle sur la sécurité d’Israël du 14 juin à Herzliya, l’ancien Premier ministre Ehud Barak, a mis en garde contre une politique qui conduit Israël à sa perte, il a détaillé le plan secret de son successeur : Israël prévoit de contrôler pour toujours les territoires conquis en 1967. Israël n’est pas intéressé par la solution à deux États, et s’oppose à la création d’un État palestinien à sa frontière. Israël attend que le reste du monde s’adapte et accepte cette réalité. Israël accepte l’autonomie pour les Palestiniens, mais pas le droit à un État. Israël construit patiemment des colonies pour créer progressivement des faits irréversibles sur le terrain. Ce programme, s’il est appliqué, conduira inévitablement Israël à devenir « un État d’apartheid ». (9)

    On le voit , rien de nouveau sous le soleil ! D’autant qu’avec l’équipe actuel au sein de l’autorité palestinienne c’est la compromission en rase compagne. Winston Churchill apostrophant le premier ministre Chamberlain à son retour de Munich où il signa l’acte de reddition morale- en abandonnant à son sort la Tchécoslovaquie- avec le premier ministre français Daladier : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » Nul doute que l’Autorité Palestinienne et ses chefs termineront une vie sans dignité laissant dans la détresse un peuple qui ne demande qu’à vivre moins de 20% qui lui reste de la Palestine originelle.

    1. Antisémitisme : Encyclopédie Wikipédia
    2. http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/03/08/au-diner-du-crif-m-valls-assimile-antisionisme-et antisemitisme_4878208_1653130.html#c147rBSvVRlCzwGF.99

    3.Eric Hazan http://www.liberation.fr/debats/2016/05/04/le-boycott-d-israel-n-est-pas-de-l-antisemitisme_1450552

    4. Mostefa Lacheraf : Des noms et des lieux, éditions Casbah, pages 19 (1998)

    5. http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/ne-c-dons-pas-maintenant-l-intimidation-d-isra-l-sur-l-antis-mitisme-

    6. http://www.alterecoplus.fr/chronique/rony-brauman/non-antisionisme-et-antisemitisme-ne-sont-pas-synonymes-201603290924-00

    7.Bruno Guigue http://arretsurinfo.ch/lantisemitisme-arme-dintimidation-massive-par-bruno-guigue

    8.Jean Shaoul https://www.wsws.org/fr/articles/2016/mai2016/isra-m14.shtml

    9. http://www.voltairenet.org/article192386.html

    Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour /244033-l-antisionisme-n-est-pas-de-l-antisemitisme.html

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz