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  • Doctolib bouscule les professionnels de la santé | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/doctolib-bouscule-professionnels-de-sante/00089033

    La plate-forme est leader sur le marché de la prise de rendez-vous en ligne. Son succès a des impacts sur le secteur réglementé de la santé et alimente les inquiétudes, notamment sur le contrôle des données.

    Doctolib, un nouveau modèle de success story à la française ? C’est en tout cas dans ses locaux que le nouveau secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, a appelé début avril, lors de sa première sortie officielle, à l’émergence de « champions européens du numérique ». La plate-forme de prise de rendez-vous en ligne s’est hissée fin mars au rang de licorne, terme désignant les start-up ayant atteint une valorisation financière supérieure à un milliard de dollars.

    En à peine six ans d’existence, Doctolib rejoint donc le cercle restreint des rares structures françaises qui sont parvenues à ce stade de développement : le leader du covoiturage BlaBlaCar, l’hébergeur OVH et la plate-forme de streaming musical Deezer. Un succès qui ne réjouit cependant pas tout le monde, à commencer par certains acteurs du secteur très réglementé qu’est la santé, entre accusations d’ubérisation et inquiétudes sur le contrôle des données.
    Un acteur dominant

    Le modèle de Doctolib a pourtant déjà convaincu 75 000 médecins. « Sur les 500 000 professionnels de santé, déjà 15 % ont souscrit à nos services, et en moyenne 3 000 nouveaux médecins s’y ajoutent chaque mois », précise Julien Meraud, directeur produit et marketing de l’entreprise. La start-up propose à ces derniers une plate-forme de prise de rendez-vous en ligne, où les patients ont directement accès aux agendas des professionnels de santé et réservent eux-mêmes les créneaux disponibles. Doctolib se charge même de relancer les patients par SMS ou mail, avec la promesse de réduire les rendez-vous non honorés et les frais de secrétariat. Le tout pour 129 euros par mois facturés aux professionnels de santé.

    Une efficacité et une facilité d’usage qui ont également entraîné l’adhésion de nombreux patients puisque le site revendique plus de 30 millions de visites par mois. Pour certains patients, le service devient même un outil pour trouver un généraliste ou un spécialiste près de chez soi et choisir l’horaire adéquat. Remplaçant en quelque sorte l’annuaire, mais en y ajoutant de nombreux services supplémentaires.

    Doctolib n’est évidemment pas le seul à proposer ce type d’offre, mais il est de loin le plus développé sur ce créneau. Or, dans le domaine du numérique, grâce notamment aux effets de réseau * , le marché tend à faire émerger un seul acteur dominant, à l’instar de BlaBlaCar, qui règne sans partage sur le covoiturage de longue distance. La plate-forme de prise de rendez-vous s’est progressivement imposée, notamment avec le rachat en juillet 2018 de son concurrent Mondocteur. Mais ce qui a accéléré sa position de leader est sûrement le contrat signé avec ­l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Depuis mai 2016, Doctolib gère la prise de rendez-vous en ligne pour les 37 hôpitaux franciliens. Non seulement les agendas des médecins de ces établissements sont disponibles sur le site de la start-up, mais la plate-forme est aussi directement intégrée au site de l’AP-HP.

    L’institution se félicite d’ailleurs des résultats de son prestataire, puisque 12 % des prises de rendez-vous1 se font désormais en ligne, et même 17 %, en enlevant ceux pris en sortie de consultation. Surtout, le nombre de rendez-vous non honorés, une des promesses de Doctolib, a baissé de 8 %, et celui de ceux annulés à l’avance progresse. « Ce partenariat nous permet aussi de profiter de l’audience du site de Doctolib pour mettre en valeur l’offre de soins variée de l’AP-HP auprès du plus grand nombre, y compris de patients qui n’y seraient pas venus spontanément », précise Raphaël Beaufret, directeur du pilotage et de la transformation de l’AP-HP.

    « Ce partenariat a tout de même changé la donne, explique Johanna Habib, professeure en sciences de gestion de l’université polytechnique Hauts-de-France. On passe d’un outil simplifiant la prise de rendez-vous à un outil incontournable, puisque pour prendre rendez-vous avec un médecin de l’AP-HP, nous sommes quasiment obligés de passer par Doctolib, les secrétariats médicaux étant très peu joignables. » Un concurrent a d’ailleurs saisi l’Autorité de la concurrence, dénonçant « la création d’un monopole privé avec le soutien d’un service public », selon les termes de David Bitton, à la tête de RDV Médicaux2. Ce dernier critique en effet le fait d’avoir ouvert la base de données des agendas des praticiens du plus grand centre hospitalier français à un unique acteur. L’AP-HP rétorque que Doctolib a obtenu ce contrat de quatre ans, pour un montant compris en un et deux millions d’euros, à la suite d’un appel d’offres. Procédure classique et légale, en somme.
    La croissance fulgurante de Doctolib Nombre de professionnels et d’établissements de santé inscrits à Doctolib en France et nombre des salariés

    Ce concurrent n’est pas le seul à voir la plate-forme d’un mauvais œil. Le syndicat l’Union française pour une médecine libre (UFML) a menacé à l’automne dernier de saisir la justice en allant jusqu’à évoquer un « Doctolibgate ». Il accusait la start-up de parasitisme commercial en profitant de son audience pour orienter les internautes consultant la page d’un médecin non client de Doctolib vers un médecin ayant souscrit l’offre. De plus, « sous le préfixe Docto, la start-up référence des mages ou autres magnétiseurs, induisant ainsi en erreur des patients à la recherche d’une prise en charge médicale et scientifique », souligne Jérôme Marty, président du syndicat. Doctolib nie tout parasitisme commercial et a engagé des discussions avec l’organisation professionnelle pour faire le tri des professions non scientifiques. Le syndicat a suspendu ses menaces, mais reste attentif aux agissements de la start-up : « La santé est un secteur sensible et cadré, ajoute son président. Il y a des enjeux d’éthique très fort qu’on ne peut bafouer. »

    Plus globalement, avec un tel développement, la plate-forme tend à s’imposer comme une infrastructure du système de santé. Or, ce secteur répond à des règles déontologiques fortes qu’un acteur privé innovant n’intègre pas forcément pleinement. En conséquence, l’arrivée d’un nouvel acteur par une rupture technologique bouscule l’équilibre du secteur. D’où les accusations faites parfois à Doctolib d’« ubériser » la santé. Ce dont se défend l’entreprise, qui dit travailler en étroite relation avec les acteurs de la profession pour répondre à leurs demandes. « Nous sommes en relation avec les plates-formes de prise de rendez-vous en ligne et leur faisons des recommandations, confirme Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins et délégué général au numérique. Et Doctolib se développe parce que les professionnels de santé y ont recours. »

    Pour certains cependant, un service comme Doctolib tend à modifier le rapport à l’offre de santé. Notamment parce que, pour choisir son médecin, le patient peut être tenté de prendre davantage en compte sa disponibilité que sa réputation, « générant un effet zapping au détriment d’un suivi et d’une prise en charge globale », explique Johanna Habib.

    Pour cette chercheuse spécialiste de santé numérique et auteure d’une étude sur Doctolib, l’adoption d’un outil comme Doctolib, qui peut paraître anodine, a des impacts profonds sur le système de santé. « La plate-forme offre aux médecins des outils d’optimisation de planning permettant notamment de rendre des plages horaires accessibles uniquement pour certains motifs de consultation, précise Johanna Habib. Ceci revient à permettre une sélection des patients. » Dans de nombreux cas, Doctolib demande en effet au patient de sélectionner le motif de consultation, qui peut être large comme « première consultation » ou « suivi », mais aussi plus précis comme « sciatique » ou encore « problème de sinus », etc. La réservation de certaines plages horaires à des motifs précis peut s’expliquer par des besoins de matériels spécifiques ou de durée de consultation, mais « cette sélection peut inciter les médecins à privilégier les actes les plus rentables », poursuit Johanna Habib. Rendant ainsi moins accessibles d’autres soins.

    Le seul parcours de soins, c’est-à-dire les différents rendez-vous et spécialistes consultés, peut permettre de poser un diagnostic relativement facilement Twitter

    En outre, cette précision des motifs renforce les craintes sur l’enjeu du contrôle des données générées par Doctolib. S’il n’y a évidemment pas de données sur le contenu des consultations, le seul parcours de soins, c’est-à-dire les différents rendez-vous et spécialistes consultés, peut permettre de poser un diagnostic relativement facilement. Doctolib assure être très attentif à la question des données, et ses conditions générales d’utilisation précisent que les données collectées ont pour finalité d’améliorer la qualité du service et qu’elles « ne seront pas transmises à des acteurs commerciaux ou publicitaires ». De plus, elles sont stockées chez deux hébergeurs agréés de données de santé, qui doivent donc répondre à certaines normes de protection et de sécurité.

    « Nous veillons à ce que les données ne soient pas utilisées pour autre chose que la finalité pour laquelle elles ont été collectées, explique Jacques Lucas, en charge du numérique au Conseil national de l’ordre des médecins. Nous avons cependant un point d’appréciation différent avec Doctolib sur la conservation des motifs de consultation : nous considérons que cette information ne vaut que pour le rendez-vous et devrait être supprimée après. »

    Si bien que si aujourd’hui rien ne laisse présager un autre usage de ces informations, l’existence même d’une base de données de santé, qui plus est dans les mains d’un acteur privé, exacerbe les craintes. De nombreux acteurs, comme des assureurs ou annonceurs, pourraient vouloir accéder à ces informations pour un usage différent. Le contrôle de Doctolib devient donc un enjeu sensible. Or, comme toute start-up, Doctolib perd de l’argent, et aucun objectif de rentabilité n’est pour l’instant fixé. En conséquence, l’entreprise est en recherche de liquidités constante, et donc d’investisseurs.

    L’existence même d’une base de données de santé, qui plus est dans les mains d’un acteur privé, exacerbe les craintes Twitter

    Ses actionnaires historiques, l’organisme public Bpifrance, les sociétés d’investissement françaises Eurazeo et Kernel et celle de capital-risque américaine Accel, continuent à la soutenir. Un autre s’est récemment ajouté avec la levée de fonds de 150 millions d’euros de mars 2019 : le fonds d’investissement américain General Atlantic. Un renforcement du poids des investisseurs étrangers qui ne semble pour l’instant pas inquiéter les pouvoirs publics.

    https://seenthis.net/messages/776062 via Sombre


  • Doctolib bouscule les professionnels de la #santé | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr//doctolib-bouscule-professionnels-de-sante/00089033
    https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/rea_273915_025.jpg?itok=TSsDFIUH

    Le modèle de Doctolib a pourtant déjà convaincu 75 000 médecins. « Sur les 500 000 professionnels de santé, déjà 15 % ont souscrit à nos services, et en moyenne 3 000 nouveaux médecins s’y ajoutent chaque mois », précise Julien Meraud, directeur produit et marketing de l’entreprise. La start-up propose à ces derniers une plate-forme de prise de rendez-vous en ligne, où les patients ont directement accès aux agendas des professionnels de santé et réservent eux-mêmes les créneaux disponibles. Doctolib se charge même de relancer les patients par SMS ou mail, avec la promesse de réduire les rendez-vous non honorés et les frais de secrétariat. Le tout pour 129 euros par mois facturés aux professionnels de santé.

    https://seenthis.net/messages/775587 via Agnès Maillard




  • Benoît Thieulin : « Les plates-formes numériques se pensent comme de nouveaux Etats »
    https://www.alternatives-economiques.fr/benoit-thieulin-plates-formes-numeriques-se-pensent-de/00088834

    Transports, information, commerce, télécommunications… La liste des secteurs tourneboulés par les géants du numérique ne cesse de s’allonger. Alors que les services numériques gagnent la plupart des domaines de nos sociétés, ils sont pour beaucoup gérés par des entreprises étrangères. Se pose alors une question de souveraineté. C’est du moins le constat que dresse Benoît Thieulin, fondateur de La Netscouade, président du Conseil national du numérique de 2013 à 2016 et membre du Conseil économique, social et (...)

    #Apple #Google #Blablacar #booking.com #Facebook #Twitter #Spotify #algorithme #smartphone #iPhone #manipulation #terms #domination #données (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##concurrence ##publicité ##solutionnisme ##BigData ##GAFAM ##Safe_Harbor
    https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/rea_270863_058.jpg

    https://seenthis.net/messages/770983 via etraces


  • A Paris, le fric-frac des trottinettes
    https://www.alternatives-economiques.fr/a-paris-fric-frac-trottinettes/00088765

    Les trottinettes électriques – et leurs opérateurs privés – s’accaparent l’espace public en toute anarchie. La réglementation à venir de la mairie de Paris arrive-t-elle trop tard ? On connaissait le coup du démarcheur à domicile : tirer la sonnette, puis mettre le pied dans la porte pour ensuite parvenir à vendre sa camelote à force de tchatche. A Paris, on peut faire encore mieux : pénétrer par effraction sur le domaine public, occuper le terrain et, de guerre lasse, obtenir le droit de s’y maintenir (...)

    #Google #BMW #Uber #lobbying #marketing #domination #Mercedes #trottinette #Lime #Hive (...)

    ##urbanisme
    https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/rea_268571_006.jpg

    https://seenthis.net/messages/769259 via etraces



  • Start-up : des salariés essorés
    https://www.alternatives-economiques.fr/start-up-salaries-essores/00088563

    Au-delà de l’image d’entreprises « cool », les start-up sont un lieu de violence opérationnelle, où l’exigence de résultats rapides génère des conditions de travail éprouvantes. Tout le monde n’est pas fait pour travailler dans une start-up ! Pas un site de recrutement qui ne mette en garde les candidats sur les exigences inhérentes à cette forme d’entrepreneuriat : il faut être autonome, polyvalent, flexible, résilient. Ne fait pas exception Lion, l’« école de l’esprit start-up », créée en 2016 par la (...)

    #travail #discrimination

    https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/startup_p70_colo_01.jpg

    https://seenthis.net/messages/766431 via etraces


  • Alors ? On biaise ?

    Face à des mensonges, l’effet idéologique est six fois plus élevé pour [les economistes] qui penchent très à droite par rapport à ceux qui penchent très à gauche. Autre enseignement, les hommes affichent un biais de 42 % supérieur à celui des femmes...

    Les économistes piégés par leurs biais idéologiques :
    https://www.alternatives-economiques.fr/christian-chavagneux/economistes-pieges-leurs-biais-ideologiques/00088468 #economie #religion #capitalisme

    https://seenthis.net/messages/766036 via ¿’ ValK.


  • Pourquoi les algorithmes peuvent être sexistes
    https://www.alternatives-economiques.fr/algorithmes-peuvent-etre-sexistes/00088644

    Une étude de Télécom ParisTech liste les biais des algorithmes pouvant conduire à des discriminations et propose des pistes pour les limiter. Commerce, éducation, emploi, les algorithmes gagnent tous les secteurs, mais peut-on leur faire confiance ? C’est en quelque sorte la question que pose une étude de l’école d’ingénieurs Télécom ParisTech sur les biais et les possibles discriminations qu’induisent ces algorithmes. Surtout à l’heure de l’apprentissage automatique par la machine (« machine learning » (...)

    #Amazon #algorithme #discrimination

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    https://seenthis.net/messages/765938 via etraces


  • Algérie, économie politique d’une rupture annoncée
    https://www.alternatives-economiques.fr/algerie-economie-politique-dune-rupture-annoncee/00088634

    Economie fragilisée et dépendante des hydrocarbures, jeunesse et élites au chômage ou acculées à l’émigration… Les manifestations en Algérie n’ont rien d’une surprise, estime l’économiste El Mouhoub Mouhoud.

    #L'Algérie_dans_la_rue_contre_Bouteflika




  • Taxation des Gafa : l’OCDE lance deux révolutions historiques !
    https://www.alternatives-economiques.fr/taxation-gafa-locde-lance-revolutions-historiques/00087973

    Les quelque 130 pays qui participent au travail de l’OCDE sur la taxation des entreprises du numérique viennent de publier un document inédit par son ambition. En mars 2018, l’OCDE ne pouvait que constater l’impossibilité de se mettre d’accord au niveau mondial sur la taxation des entreprises du numérique. Moins d’un an après, le revirement est total. Et pas besoin d’un gros texte pour changer le monde. L’institution vient de publier un document de deux pages et demie qui porte en germe non pas une (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Organisation_pour_la_Coopération_et_le_Développement_Économique_(OCDE) #Amazon #Facebook #législation #taxation (...)

    ##Organisation_pour_la_Coopération_et_le_Développement_Économique__OCDE_ ##GAFAM
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  • Google sanctionné... Et après ?
    https://www.alternatives-economiques.fr/google-sanctionne-apres/00087929

    La condamnation à 50 millions d’amende pour non-respect de la protection des données n’est qu’une première étape dans le bras de fer engagé par la Cnil contre le géant américain. Enième amende pour Google, mais cette fois-ci venant d’une autorité française. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a infligé le 21 janvier à l’entreprise une amende de 50 millions d’euros. La société américaine est la première touchée depuis l’entrée en vigueur en mai 2018 du règlement général sur la (...)

    #Google #Gmail #GooglePlay #Maps #YouTube #GoogleSearch #terms #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #BigData #géolocalisation #profiling (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##procès
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  • Pourquoi Apple dévisse
    https://www.alternatives-economiques.fr/apple-devisse/00087658

    En trois mois, la valeur d’Apple a baissé de 350 milliards de dollars. Le record n’aura pas duré longtemps : le 2 août dernier, Apple devenait la première entreprise à franchir la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière1, au Nasdaq, la bourse américaine des entreprises de la high tech. Un sommet qu’elle a quitté dès le début du mois de novembre pour connaître une glissade continue jusqu’à voir sa valeur ramenée en dessous des 700 milliards de dollars à la veille de Noël. Entre le (...)

    #Apple #smartphone #iPhone #bénéfices

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    https://seenthis.net/messages/748833 via etraces



  • L’intelligence artificielle a besoin d’éthique
    https://www.alternatives-economiques.fr/lintelligence-artificielle-a-besoin-dethique/00087518

    Pour qu’intelligence artificielle rime avec respect des valeurs humaines fondamentales, il est indispensable d’intégrer des considérations éthiques lors de la conception des algorithmes. Peu de concepts sont aussi mal compris que l’intelligence artificielle (IA). Les sondages d’opinion montrent que beaucoup de gens ordinaires la confondent avec des robots aux superpouvoirs et que même de grands dirigeants d’entreprise n’en ont pas une compréhension très fine. Le manque de précision autour de (...)

    #algorithme #manipulation #solutionnisme #discrimination

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    https://seenthis.net/messages/747854 via etraces


  • Le revenu universel est-il féministe ?

    Ce fut l’une des propositions inattendues et insolites de la campagne présidentielle de 2017, le revenu universel. Mais quels en sont les effets pour les femmes ? Cette question est souvent balayée d’un revers de main, quand elle n’est pas tout simplement occultée. A l’occasion d’un numéro consacré à cette séquence électorale, la revue Travail, Genre et Sociétés revient sur cette mesure et ses implications pour les femmes. Un état des lieux éclairant proposé par des philosophes, des économistes et des sociologues, dans une perspective féministe. De quoi rappeler que cet axe d’analyse devrait être incontournable et pris au sérieux dans toute discussion sur le sujet.

    En finir avec une vision viriliste du travail La parole est à la défense. « Parce qu’il est utopique et polémique à la fois, [le revenu universel] ouvre une série de débats sur le prix du travail, la qualité des emplois… et de façon plus décisive encore sur les frontières du travail (ce qui en est, ce qui n’en est pas) ». Voilà un argument régulièrement mis en avant par les tenants du revenu universel et que reprennent la philosophe Sandra Laugier et la psychologue Pascale Molinier, qui y sont favorables.

    De manière plus originale – et féministe –, les deux universitaires invitent à « intégrer le care dans la réflexion sur le revenu universel ». Car le travail tel que nous l’entendons aujourd’hui (en réalité, bien souvent l’emploi) est construit sur « la valorisation des tâches réalisées par les hommes et l’exclusion des tâches réalisées par les femmes. Cette valorisation du travail masculin a reposé sur une héroïsation du travail comme activité virile (où l’homme prouve qu’il en est un), associée à un déni de réalité non seulement du travail des femmes, mais des conditions d’exploitation des hommes », soulignent-elles.

    La proposition d’un revenu universel est donc un moyen de « dévoiler la tromperie d’une “valeur travail” construite sur un déni de la masse des invisibles, relégués dans les coulisses d’un monde du travail qui veut les ignorer ». Prendre au sérieux le care dans toutes ses dimensions, c’est « transformer notre vision du travail aussi en faisant apparaître des tâches, et des personnes, comme indispensables au fonctionnement ordinaire du monde ». Et, concrètement, mettre au centre de la réflexion des phénomènes comme la féminisation des migrations transnationales pour prendre en charge les personnes âgées ou dépendantes.

    Les auteures ne sont pas dupes pour autant : oui, le revenu universel peut se transformer en salaire maternel ou rendre encore plus invisibilise le travail du care au lieu de le valoriser.

    Se battre sur le terrain de l’emploi C’est ici que des approches plus empiriques surgissent pour nuancer l’enthousiasme initial. L’économiste Rachel Silvera, qui avait déjà cosigné en 2000 une analyse des écueils du revenu universel pour les femmes, reprend les principaux points d’achoppement. Ces arguments sont aussi portés par le collectif des Economistes atterrés.

    Pour commencer, le diagnostic de départ (fin de l’emploi et fin du travail), qui semble hâtif. Plutôt qu’à une disparition de l’emploi sous l’effet de la révolution numérique, nous assistons à sa mutation (développement d’emplois dans l’informatique mais aussi dans le soin à la personne). Ici, la réponse consiste à améliorer les formations tout au long de la vie, plutôt qu’à mettre en place un revenu de base.

    Quant à la fin du travail, à sa perte de sens, la réalité paraît plus ambivalente notamment pour les femmes : le travail est pour nous à la fois facteur d’aliénation et d’émancipation, rappelle l’économiste. Ce qui n’empêche pas de chercher à remettre en cause la centralité du travail rémunéré ni chercher un meilleur équilibre des temps sociaux. Mais « d’un point de vue féministe, le travail demeure la clé de l’égalité », tranche-t-elle.

    Deuxième argument : le revenu universel redonne un pouvoir de négociation individuel aux précaires, face à l’employeur. Comme je suis assurée de toucher un revenu, je peux plus facilement refuser un emploi que je juge dégradant. Les femmes occupant de fait les emplois les plus précaires (temps partiel et temps de travail morcelé), cela revient à encourager le temps partiel des femmes, pointe la chercheuse. Conclusion là encore : la bataille doit se situer au sein de l’emploi, pour de meilleures conditions de travail et une meilleure reconnaissance des emplois dévalorisés (dont ceux du care).

    Troisième argument : le revenu universel est un moyen de rééquilibrer les temps sociaux, entre emploi et loisir. Mais quid des tâches domestiques et familiales dans les ménages ? Elles échoient très largement aux femmes. Même s’il est individuel et universel, le risque est que le revenu universel renforce les inégalités au sein des couples hétérosexuels. Mais aussi les inégalités sociales entre les femmes : entre celles qui auront un emploi valorisé et celles pour qui il sera plus intéressant de rester chez soi à réaliser un travail domestique rémunéré par le revenu universel.

    Enfin, dernier argument, le revenu universel, parce qu’il est individuel, permettra aux femmes de sortir du statut d’ayant-droits. Le modèle français d’Etat providence est en effet mixte avec des droits sociaux propres pour l’emploi et le chômage (je touche une allocation chômage en fonction de mes cotisations), et des droits dits familialisés pour les minima sociaux : le montant du RSA dépend ainsi de la composition du foyer. Là encore, Rachel Silvera est d’accord sur le diagnostic : un modèle familialisé pénalise les femmes. Mais elle défend une autre solution : individualiser les minima sociaux et supprimer (ou du moins limiter fortement) l’imposition fiscale conjointe.

    Pour changer la vision viriliste du travail, répond-elle donc à Sandra Laugier et Pascale Molinier, il faut changer l’emploi lui-même (revaloriser les « sales boulots », favoriser une mixité des métiers, développer la formation) et partager le travail en amont, par une réduction du temps de travail plutôt que d’accepter le partage du temps de travail tel qu’il existe actuellement et qui pénalise les femmes.

    L’engagement associatif a bon dos Emploi ou loisir ? Mais que recouvre exactement le « loisir » et qu’est-ce que ce loisir si valorisé qu’est l’engagement associatif ? C’est l’objet du troisième article de ce dossier, signé par la sociologue Maud Simonet, spécialiste du travail gratuit et semi-gratuit (type service civique, « indemnisé » à hauteur de 580 euros par mois et sans cotisation chômage) et auteure d’une livre récent, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ?.

    Il n’y a pas un « bon » travail gratuit, porteur d’émancipation, dans la sphère associative et un « mauvais » travail gratuit, aliénant, lui, qui serait le travail domestique. « Loin d’échapper aux rapports sociaux de sexe et aux processus d’assignation au féminin, l’espace associatif les reproduit », souligne-t-elle.

    Dans les associations aussi la division du travail est sexuée : aux hommes les postes de pouvoir, aux femmes, le travail invisible et ingrat (préparer le repas et la table pour le repas associatif, nettoyer le centre social après son utilisation par l’association, etc.). A ce plafond de verre du monde associatif s’ajoute un « mur de verre » selon les termes de la chercheuse Sophie Rétif. Au sein du monde associatif, les femmes ont moins accès aux partis et syndicats que les hommes, « dont les carrières militantes sont marquées par une circulation entre ces différents types d’organisations et un pluri-engagement ».

    Bref, « “au nom de l’engagement”, s’opère ainsi dans les associations un “déni de travail”, qui n’est pas sans rappeler celui qui s’opère, “au nom de l’amour”, dans la maison ».

    Autre angle mort du débat qu’elle relève : le rôle de l’Etat dans l’organisation de ce travail gratuit. Il est vital « de saisir combien le bénévolat est aujourd’hui à la fois objet et instrument de politiques publiques, qu’il est en partie financé, construit et orienté par l’État, vers certains secteurs et pour certaines populations. Dans un contexte de rigueur budgétaire et de baisse des dépenses publiques, la mise au travail gratuit, ou indemnisé, de citoyens, qui sont bien souvent des citoyennes, dans les services publics, est l’une des conséquences – et sans doute en partie l’un des objectifs – de ces politiques qui valorisent et soutiennent l’“engagement citoyen” », analyse Maud Simonet. Concrètement, il s’agit du recours au bénévolat dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires ou l’entrée des services civiques dans les services publics, à l’hôpital, dans l’Education nationale ou à Pôle emploi. Cette « “bénévolisation” du travail dans les services publics, si elle nous concerne tous comme citoyens, concerne au premier chef les femmes comme travailleuses ».

    Face à cela, il faudrait « expliquer en quoi et comment » le revenu universel permettrait enfin de reconnaître et de rendre visible le travail gratuit des femmes, demande-t-elle aux partisans de la mesure.

    D’autant plus que l’opposition entre travail domestique aliénant et engagement associatif émancipateur reproduit en réalité un rapport de classe. Comme le rappelle Bell Hooks à propos des mouvements féministes étasuniens des années 1970, « tandis que les féministes blanches “lasses d’être isolées dans [leurs] foyers” voulaient “être libérées de tout ça pour entrer dans le monde du travail”, les femmes noires qui avaient toujours travaillé en dehors du foyer mais aussi les femmes blanches des classes ouvrières désiraient, elles, “passer plus de temps avec leur famille” et “quitter le monde du travail aliéné” ».

    Devenir des sorcières Les deux dernières contributions nous emmènent au Japon et en Finlande.

    L’économiste Kaori Katada y voit le moyen de « devenir des sorcières », c’est-à-dire de refuser, pour les femmes, l’assignation au travail reproductif et productif, qu’il soit gratuit (travail domestique) ou rémunéré (emploi). Dans la société japonaise actuelle, les femmes sont, d’une part, encouragées à faire des enfants dans un contexte de faible taux de natalité et sans qu’il y ait de véritables dispositifs d’accompagnement (la part du PIB consacrée aux politiques familiales type allocations familiales est de moitié inférieure à ce qu’elle est en France ou en Suède). Et, d’autre part, incitées à travailler pour pallier la pénurie de main d’œuvre. Les mères célibataires sont particulièrement touchées par les bas salaires et la pauvreté, bien loin de l’image de la working girl parvenue à un poste de pouvoir d’une prestigieuse entreprise.

    Si elle prend au sérieux les objections faites au revenu universel (voir ci-dessus), elle répond, comme beaucoup de ses partisans, que son rôle n’est pas de venir à bout de la division sexuée du travail. Et que celui-ci doit donc s’accompagner d’autres mesures (partage ou réduction du temps de travail, congé parental substantiel, équité salariale, formation…).

    Enfin, le journaliste Alain Lefebvre revient sur l’expérimentation d’un revenu de base en Finlande. Imposée par un gouvernement pro-austérité dirigé par un ancien homme d’affaires, cette expérimentation n’avait en fait rien d’universelle puisqu’elle a porté sur des chômeurs de longue durée. Elle a de plus totalement fait l’impasse sur les questions de genre. Il y avait pourtant matière à y réfléchir dans un pays où les inégalités entre femmes et hommes restent conséquentes : l’écart de rémunération horaire entre femmes et hommes était par exemple de 17 % en Finlande en 2015, contre 16 % en France (et 13 % en Suède). « S’il y a une conclusion à tirer de cette expérimentation malheureuse, c’est qu’il faut se donner le temps de préparer sérieusement la mise en place d’un tel dispositif, et se poser la question de ses objectifs […]. En parallèle, une attention particulière doit être portée à la manière dont ce type de dispositif est susceptible d’atténuer, ou au contraire, de renforcer les inégalités », conclut le journaliste. Un message pour les 19 départements qui ont décidé de se lancer.

    https://www.alternatives-economiques.fr/revenu-universel-feministe/00087292

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