Chroniques cinématographiques : J’ai tué ma mère

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  • Chroniques cinématographiques: J’ai tué ma mère - Xavier Dolan (2009)

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    Le cinéma de Xavier Dolan est viscéral. Bouscule nos perceptions, produisant de part nos pupilles des images d’une beauté vacillante, fragile, à l’élégance qui rentre progressivement dans la gorge, jusqu’à nous envahir de toute part. Le tandem vacillant d’une grâce extraordinaire, immense, d’une poésie tentaculaire, juxtaposition des images se noyant dans le flot d’artifices, montage d’une perfection sans borne.
    L’impression exacte d’être devant une partition de musique, bien que l’on soit néophyte en la matière. Tout s’enchaine, s’égraine, calculé au millimètre carré, perfection de l’ordre du minimal, minuscule grain de vie dans l’immensité d’un film, emplit d’une vie qui déborde, qui à du mal à tenir, flot d’émotion, de cœur, de larmes, de colère, de soupirs. Le cinéma de Dolan est un flot, une vague, un raz-de-marée d’une émotion pure, totale, sans fard. Personnages d’une grande justesse, infime, intensité qui dépasse les êtres, alors on pleure, alors on rit, alors il y a l’humain qui se tient, digne, emplit d’humanité, de chair, de vie. Et ça fait du bien, oui. Tout ce flot d’émotion qui monte à la surface, emplissant le monde de vie. Nous avons besoin de ça. Urgence d’un cinéma bourré d’humanité. Urgence des êtres, des vies. Véracité rare, justesse des êtres retrouvée le temps d’un film.
    Alors le cinéma est là. Affalé en vrac, dicté par un garçon de seulement 19 ans lorsqu’il réalise son premier film, J’ai tué ma mère. Alors on rêve. De pouvoir nous aussi réaliser un truc pareil.
    J’ai tué ma mère et tous les autres films, perles rares jaillissant des confins du monde sans qu’on s’y attente, c’est de l’ordre du très, très grand génie. A seulement 19, 24 ans, c’est d’une rareté qui dépasse tout, une mine d’or inconcevable.
    Génie qui se tient là, la tête droite sur les épaules, faisant des films rares, intimes, qui chavirent et qui n’en peuvent plus de vivre.

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