• Depuis les Amis du Monde Diplomatique. Pour la première fois depuis longtemps, Le Monde diplomatique a été interdit, en l’occurrence en Algérie. Notre numéro d’août comportait un long reportage de Pierre Daum sur la « décennie noire » au cours de laquelle des massacres de population ont été perpétrés lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les groupes islamistes armés. Cette interdiction, qu’Alger ne nous a pas officiellement notifiée, n’aura pas eu l’effet escompté car nous avons immédiatement mis l’article en libre accès sur notre site. Du coup, les connexions depuis l’Algérie ont explosées : 40 000 visites alors que nous vendons 2 000 exemplaires imprimés en moyenne par mois…
    ►►https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DAUM/57773
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  • https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DAUM/57773
    Vingt ans après les massacres de la guerre civile
    Mémoire interdite en Algérie
    Août 2017 pages 8 et 9 en kiosques
    Au milieu de la « décennie noire » des années 1990 — particulièrement durant l’été 1997 —, plusieurs massacres de population ont endeuillé l’Algérie, déjà dévastée par les affrontements entre forces de l’ordre et groupes islamistes armés. Les lois d’amnistie et la volonté des autorités d’étouffer le souvenir de ces épisodes sanglants empêchent aujourd’hui tout un peuple de panser ses plaies.
    par Pierre Daum
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L890xH594/IMGDPL08-08-a1105.jpg
    Nadjib Bouznad. – Aire de jeux, casbah, Alger, 2016

    Bentalha, nuit du 22 septembre 1997. Dans ce hameau agricole situé aux confins de la périphérie d’Alger, plus de quatre cents villageois sont assassinés en quelques heures par des hommes du GIA, le Groupe islamique armé. Le lendemain, Hocine Zaourar, un photographe de l’Agence France-Presse (AFP), saisit la douleur déchirante d’une femme dont la famille a été tuée. Ce cliché, intitulé La Madone de Bentalha tant il rappelle l’iconographie chrétienne, est reproduit dans les journaux du monde entier, mettant un visage sur la violence en cours en Algérie depuis plus de cinq ans. Trois semaines plus tôt, un massacre analogue avait ensanglanté le village de Raïs, situé à quelques kilomètres de Bentalha, faisant près d’un millier de morts. L’Algérie plongeait dans une sidération que les tueries à venir n’allaient cesser d’aggraver. Le mois suivant à Sig, dans le Sud oranais : cinquante morts. En décembre à Ammi Moussa (monts de l’Ouarsenis, wilaya de Relizane) : quatre cents morts. En janvier 1998 à Had Chekala (Ouarsenis) : plus de mille tués. Quelques jours plus tard à Sidi Hamed (Mitidja) : cent trois personnes assassinées, etc. Après quelques années de violence ciblée contre les militaires, les fonctionnaires, les intellectuels ou les étrangers, la guerre civile algérienne prenait un nouveau visage, absolument terrifiant, avec des massacres de civils, créant une onde de choc en Algérie comme à l’étranger.

    Bentalha, printemps 2017. Du passé agricole il ne reste plus rien. L’urbanisation dévorante de la plaine de la Mitidja a rattrapé les ruelles aux maisons basses de l’ancien hameau. En vingt ans, chaque maison a gagné deux étages, montés de briques rouges ou de parpaings gris. Les rues offrent ce visage de laideur rouge-gris caractéristique des villes algériennes d’aujourd’hui. Seul élément de charme dans ce triste décor : une mosquée toute neuve trône à l’entrée du quartier. Aucune femme ne se déplace sans un foulard cachant rigoureusement ses cheveux, le corps serré dans un manteau aux (...)
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    • Monde Diplomatique : L’édition du mois d’Août 2017 censurée en Algérie
      https://radio-dzair.com/monde-diplomatique-ledition-du-mois-daout-2017-censuree-en-algerie
      Publié le 19/08/2017, par Admin dans Non classé.

      Le numéro du mois d’août du journal Le Monde diplomatique est censuré en Algérie. Selon la rédaction du mensuel, l’édition d’Août 2017 contenant une longue enquête » sur la société des années 90 », est interdite de vente en Algérie. » Le distributeur algérien n’a pas reçu l’autorisation de diffusion, ce qui n’est jamais arrivé depuis des décennies », explique le rédacteur en chef du journal.
      Les lecteurs algériens du Monde diplomatique ont été intrigués par l’absence de leur journal préféré dans les kiosques.

      Tout porte à croire que la censure du journal a une relation avec l’enquête réalisée par le journaliste Pierre Daum sous le titre » Vingt ans après les massacres de la guerre civile : Mémoire interdite en Algérie ».

      En avril dernier, au moment de la préparation de ce travail, l’envoyé spécial du Monde Diplomatique a été arrêté à Alger-Centre par quatre policier en civil. Conduit au Commissariat, il n’a été relâché que deux après.

      « Je suis resté encore 7 jours en Algérie. Pendant ces 7 jours, j’ai été suivi 24h/24 par des groupes de policiers en civils, qui se relayaient », rappelle Pierre Daum.

    • Mon commentaire :
      La censure du Diplo du mois d’août 2017 est déplorable bien que le titre manque de diplomatie !
      Je ne pense pas que la politique de réconciliation nationale de l’État algerien après la décennie noire de
      1990 soit une tentative de mettre fin à la mémoire des victimes. Les algeriens dans leur majorité s’en souviennent encore bien que des familles de victimes continuent de dénoncer l’amnistie et de réclamer le jugement de ces criminels amnistiés.
      NRobin


  • L’air conditionné à l’assaut de la planète, par Benoît Bréville (Le Monde diplomatique, août 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/BREVILLE/57768
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton57768.jpg

    L’air conditionné représente chaque année 6 % de l’électricité produite aux États-Unis, bien souvent grâce au charbon, et 20 % de la facture résidentielle. Il y a encore deux ans, le pays consommait autant d’électricité pour refroidir ses bâtiments que l’Afrique pour l’ensemble de ses usages.