CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales

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  • Entretien avec Jean-Baptiste Malet
    « Raconter le capitalisme à travers la tomate »

    http://cqfd-journal.org/Raconter-le-capitalisme-a-travers

    paru dans CQFD n°157 (septembre 2017), rubrique Le dossier, par Christophe Goby, illustré par Baptiste Alchourroun

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-194.jpg

    Les Chinois tiennent désormais 90% du marché du concentré de tomates en Afrique de l’Ouest, où ils écoulent des boîtes de concentré frelaté, coupé à l’amidon, au dextrose, à la fibre de soja et aux colorants rouges – car la pâte qu’ils retravaillent est souvent noire : « l’encre noire », la pire qualité de concentré sur le marché mondial. Les additifs des boîtes de concentré frelaté ne sont pas indiqués sur les étiquettes. J’ai enquêté en Chine et en Afrique sur ce scandale, qui concerne tout le continent africain.

    Les institutions financières internationales ont voulu imposer le néolibéralisme à l’Afrique. Résultat ? Des usines qui hier transformaient sur place des tomates pour nourrir les Africains ferment du jour au lendemain, à cause de la concurrence déloyale de la pâte chinoise. De jeunes producteurs de tomates sénégalais ou ghanéens, ruinés, partent vers l’Europe. J’ai aussi rencontré de nombreux migrants cueilleurs de tomates dans les vastes bidonvilles du sud de l’Italie. Certains cueillaient hier des tomates dans leur pays. Désormais, ils sont encadrés par la criminalité organisée et récoltent les « tomates pelées » que nous retrouvons, en boîte, dans les supermarchés.

    https://seenthis.net/messages/634125 via Jef Klak



  • "Le basculement, ce moment où tout se brise en s’éclairant"

    Entretien avec l’écrivaine Lola Lafon

    paru dans CQFD n°157 (septembre 2017), rubrique Culture, par Emilien Bernard, illustré par Damien Roudeau

    Dans son cinquième roman Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon interroge la destinée de jeunes femmes refusant de suivre les rails qu’on leur a assignés, au premier rang desquelles la sulfureuse Patricia Hearst.

    http://cqfd-journal.org/Entretien-avec-l-ecrivaine-Lola

    Chez les captives des Amérindiens au XVIIIe siècle, on retrouve aussi une forme d’ouverture. « Ces adolescentes [...] voient paradoxalement leur espace de liberté s’agrandir en captivité », écrivez-vous...

    Ces jeunes filles ont généralement été rayées des chronologies et arbres généalogiques, comme pour effacer leur existence. Mais il existe de nombreux récits de captivité. Comme les femmes écrivaient alors rarement, ils étaient souvent l’œuvre d’un référent homme, le pasteur ou le père par exemple. Parmi les exceptions, le récit de Mary Jemison, qui raconte son enlèvement par les Sénéca et sa vie à leurs côtés. À contre-courant de la propagande anti-Indiens, qui les présente comme une masse indifférenciée de barbares sanguinaires, elle les décrit comme des personnes, les humanise.

    Quoi qu’il en soit, il y a vraiment un paradoxe dans ces captivités. L’enlèvement est un moment terrible, avec des épreuves physiques, mais c’est aussi l’occasion d’apprendre et découvrir. Ces femmes travaillent, se confrontent à la nature, se lient d’amitié. Elles ont grandi dans une société très puritaine et rigoriste, les confinant au foyer, et les voilà soudain dans le monde extérieur, actives.

    C’est comparable à ce qu’expérimente Patricia. Avec son enlèvement, elle passe d’une vie très monotone, marquée par une éducation ultra-conservatrice, à la découverte d’un pan inconnu de l’Amérique. Un choc difficilement imaginable. Je m’intéresse à ce basculement, ce moment où tout se brise en s’éclairant.

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-193.jpg

    https://seenthis.net/messages/632307 via CQFD


  • Venezuela
    « C’est une curieuse guerre où Maduro réarme sans cesse ses ennemis »

    paru dans CQFD n°157 (septembre 2017), rubrique Actualités, par Mathieu Léonard, illustré par Oscar B. Castillo

    http://cqfd-journal.org/C-est-une-curieuse-guerre-ou

    La crise politique qui met le Venezuela en ébullition depuis des mois est au cœur d’une guerre d’information et de propagande qui s’invite même, quoique à d’autres fins, dans le débat politique français. Au-delà des discours binaires, nous avons voulu prendre le risque de la complexité avec Fabrice Andreani, doctorant à Lyon-II, qui travaille sur la révolution bolivarienne.

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-191.jpg

    https://seenthis.net/messages/629235 via CQFD


  • CQFD N° 157 En Kiosque : En une : « Rien n’est bon dans le Macron » de Soulcié

    Édito : Massacre à la tronçonneuse

    http://cdn.campuslille.com/images/stories/EulBCE/Art95Startup/CQFD57.jpg

    Alors ça y est. On s’y attendait plus ou moins, même si certains espéraient qu’elles restent, depuis le temps qu’elles étaient là... Mais non ! Ce lundi 4 septembre, à l’heure où blanchit La Plaine, où les minots dorment à poings fermés avant leur rentrée scolaire, les tronçonneuses et tractopelles de la mairie de Marseille sont venues, en douce, comme pour cacher leur honte, découper, arracher, enlever... voler ! les fameuses tables de La Plaine. Elles avaient été conçues, façonnées et solidement plantées par et pour les habitants du coin, sur les bords d’un boulodrome, au cœur d’un quartier populaire. Point de rendez-vous pour tous, refuge pour des apéros ou les galériens du bitume, pour blaguer, glander ou refaire le monde, elles étaient aussi un symbole. Celui de la résistance d’un quartier, des forains du marché ou des copains et copines de passage face aux projets absurdes de « rénovation », « revalorisation », « montée en gamme », que la mairie et ses alliés, urbanistes sans cervelle, promoteurs sans cœur et spéculateurs sans âme, entendent imposer à tous.

    . . . . .
    http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no157

    Dossier : La fourchette entre les dents
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    Enquêtes et reportages d’ici et d’ailleurs
    Code du travail : En attendant la broyeuse > Le 31 août, le tandem Philippe-Pénicaud rendait public le contenu des fameuses ordonnances réformant – encore ! – le droit du travail. Fin d’un terrible suspens estival et florilège d’une casse éminemment sociale.

    Venezuela : « C’est une curieuse guerre où Maduro réarme sans cesse ses ennemis » > La crise politique qui met le Venezuela en ébullition depuis des mois est au cœur d’une guerre d’information et de propagande qui s’invite même, quoique à d’autres fins, dans le débat politique français. Au-delà des discours binaires, nous avons voulu prendre le risque de la complexité avec Fabrice Andreani, doctorant à Lyon-II, qui travaille sur la révolution bolivarienne.

    Carte postale de NDDL : Les vacances de M. René > En voiture, Simone ! Enfin, en camping-car, plutôt. Parti cet été pour de pépères vacances en Bretagne, l’ami René s’est retrouvé par inadvertance à Notre-Dame-des-Landes. Il a envoyé au Chien rouge cette longue carte postale – par inadvertance aussi, on la publie...

    Festival des luttes en kreiz-Breizh : Tais-toi et creuse ! > Fin juillet, malgré une humidité typique d’un hiver indien, les 1 500 participants du Festival des luttes à Plougonver (22) sont sortis tels des champignons pour contester projets miniers et autres aménagements inutiles. Les Bretons savent faire contre mauvaise fortune météo bon kir.

    Culture de lutte et arts de combat
    Entretien avec Mélusine – pas sur Twitter, mais dans un café : « À la croisée du féminisme et de l’antiracisme » > On avait lu avec intérêt ce texte bien balancé où une certaine Mélusine répondait, sans tomber dans les pièges de la polémique attendue, au livre de Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous. S’y exprimait le point de vue d’une jeune féministe « racisée ». CQFD a rencontré l’auteure rue de La Roquette, au lendemain de la Marche pour la dignité et contre le racisme, le 19 mars dernier à Paris.

    Quand les allumettes servaient de touche « off » : La balade incendiaire du Clodo > Le Comité pour la liquidation ou la destruction des ordinateurs (Clodo) n’a sévi que quelques années dans la région toulousaine. Mais il a marqué d’une pierre blanche les luttes anti-technologiques des années 1980. Retour sur un épisode oublié.

    Entretien avec Pierre Souchon : « J’aurais aimé en gagner autrement, de l’humanité » > Bien connu des lecteurs de la presse indépendante, Pierre Souchon publie son premier livre Encore Vivant (éd. du Rouergue). Des mythes déchus de son ascendance paysanne ardéchoise à un mariage clinquant en haute bourgeoisie, jusqu’aux atterrissages forcés dans les sombres couloirs de la psychiatrie, l’auteur, diagnostiqué bipolaire, entraîne le lecteur dans l’incroyable intrigue de sa jeunesse.

    Entretien avec l’écrivaine Lola Lafon : « Le basculement, ce moment où tout se brise en s’éclairant » > * Dans son cinquième roman Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon interroge la destinée de jeunes femmes refusant de suivre les rails qu’on leur a assignés, au premier rang desquelles la sulfureuse Patricia Hearst.

    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH277/-188-3134d.jpg

    #CQFD #Copinage #Saine_Lecture

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  • http://cqfd-journal.org/Marignane-chemin-de-croix-1845
    Comme un micro-climat : l’extrême droite s’est toujours très bien portée autour de l’étang de Berre. Et particulièrement à #Marignane, ville de 34 000 habitants où Marine Le Pen s’est taillé la part du lion au premier tour des présidentielles, raflant 42,5% des suffrages. Dans cette agglomération sans âme et en mal d’identité, les valeurs ultradroitières, la peur de l’autre et l’angoisse du déclin font des ravages. Reportage.
    #FN @cqfd
    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L373xH500/-184-85fec.jpg

    https://seenthis.net/messages/623112 via Vanderling


  • Grèce anatomie
    Archipel d’attente
    par Léna Coulon, illustré par Juliette Barbanègre
    paru dans CQFD n°153 (avril 2017)
    http://cqfd-journal.org/Archipel-d-attente

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    Au large des côtes turques, un drapeau grec détrempé surplombe l’amas de blocs en préfabriqués et de tentes battues par la pluie enserrés dans le hotspot de Samos, l’un de ces centres de tri de migrants à ciel ouvert construits à la hâte sur les îles égéennes. Il est, avec ceux de Lesbos et de Chios, le symbole implacable des politiques migratoires de l’Union européenne (UE), soucieuse de contenir, ficher et enfermer celles et ceux ayant eu l’audace de franchir la mer meurtrière pour rejoindre ses terres défendues. Toutes et tous y sont convoyés dès leur réception, après une traversée incertaine et glaçante sur une embarcation constamment prête à chavirer : « Dans le bateau, il faut garder la même position, sans bouger, pendant des heures, se souvient Jonathan, exilé burundais maintenu sur l’île pendant plus de dix mois. Au moindre mouvement, on sent le bateau sur le point de se renverser. Pour nous, ça allait encore – ça n’a pris que cinq heures. Mais pour d’autres, ça a duré toute la nuit... » L’accueil qui leur est fait à l’arrivée annonce la manière dont ils seront traités pour les semaines, voire les mois, à venir : femmes, hommes, enfants et bébés sont immédiatement enfermés dans l’« espace d’identification », zone de confinement à l’intérieur du camp. Ils doivent y prendre leur mal en patience, souvent plus de 10 heures, le temps que policiers, agents du gouvernement grec et de l’UE procèdent à un interrogatoire et à un fichage en règle. « Les flics les bousculent, les poussent comme des chiens, voire les frappent s’ils insistent trop pour recevoir à manger ou à boire, raconte Ion, bénévole depuis près de cinq mois à Samos. Il faut toujours négocier pour pouvoir leur fournir quelques vêtements secs et de l’eau. »

    https://seenthis.net/messages/593184 via CQFD


  • Ce qu’il ne s’est pas passé à suger
    Pas de lycée sans feu
    par Ferdinand Cazalis
    paru dans CQFD n°153 (avril 2017)
    http://cqfd-journal.org/Pas-de-lycee-sans-feu

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-149.jpg

    Aujourd’hui encore au lycée Suger, malgré les revendications du personnel et des parents, il y a seulement 5 surveillants pour 1 200 élèves. Peu importe, sur les chaînes de télévision, la présidente du conseil régional Valérie Pécresse a rappelé ses 70 000 euros de budget pour installer de nouvelles caméras aux abords du lycée. De quoi faire jaunir le rire des enseignants : « Oui, on a besoin de caméras, blague Dominique, parce qu’on est un bahut de l’audiovisuel, donc donnez des caméras aux élèves pour qu’ils puissent étudier. Les caméras de surveillance, nos élèves nous le disent : “Soit on les casse, soit on met des capuches.” Alors que quand il y a un surveillant, c’est humain, ça se règle en discutant. » Et sur BFMTV, lorsque la ministre de l’Éducation Najat-Belkacem réagit aux événements, c’est avec la veste de l’Intérieur : « Il y a une digue qui semble avoir sauté hier, qui a été l’introduction de la violence, non plus seulement sur le parvis des établissements, mais à l’intérieur. C’est un fait gravissime, donc il faut absolument être ferme dans la réponse […], et c’est la raison pour laquelle j’ai augmenté de 30% les forces de police dans le cadre de ce qu’on appelle les équipes mobiles de sécurité (EMS). » Sur des réformes éducatives, ou à l’adresse des parents et des élèves, pas un mot.

    Ces « EMS » sont des agents « volants », recrutés la plupart du temps chez les retraités de la police, et chargés de gérer les « situations de crise » dans l’enceinte scolaire, en particulier dans les banlieues. Leur apparition date de 2009, lorsque des bagarres éclatent dans le lycée Jean-Baptiste-Clément de Gagny, en Seine-Saint-Denis toujours. La vision de jeunes encagoulés pénétrant le « sanctuaire » de l’école défraie alors la chronique. Le président Sarkozy ne rate pas l’occasion d’ouvrir sa gueule de Karcher : « Les violences en milieu scolaire sont une autre forme, non pas de l’incivilité, terme bien trop faible, mais de la délinquance, du crime, voire de la barbarie. » Il est grand temps de recruter des agents de police spéciaux pour ces barbares que les enseignants gnan-gnan ne parviennent pas à maîtriser.

    Huit ans après, pour dresser le bilan dans les quartiers populaires de cette « sécurisation militaire », comme le dit un chef d’équipe EMS, on peut se reporter au rapport commandé à l’Institut national des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice : « Alors que les formes antérieures de partenariat police/école s’inscrivent dans une logique délégataire des enjeux de sécurité de l’école vers le monde policier et s’appliquent à maintenir une distance entre le travail de police et l’école, avec les EMS, des policiers sont invités à venir faire la police dans l’école à côté de personnels de la communauté éducative. […] Après avoir fait ses preuves, la police entrerait enfin dans l’école pour y exercer des fonctions de police. Des choses jusque-là inconcevables deviendraient possibles... […] On passerait ainsi en réalité de la police à l’école, à la police de l’école. »

    #CQFD #Violence_Policière #Lycée_Suger #La_Police_Tue

    https://seenthis.net/messages/590535 via CQFD


  • Procès d’intentions
    par Olivier Cyran, illustré par Emilie Seto
    paru dans CQFD n°153 (avril 2017)
    http://cqfd-journal.org/Proces-d-intentions

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-148.jpg

    C’est réglé comme une partition de marche militaire. À quatre temps, la marche : un homme meurt sous les balles ou les coups de la police ; une version officielle est bâtie à la hâte pour blanchir les agents homicides, criminaliser la victime et bétonner la couverture médiatique ; les proches du défunt tentent de rétablir la vérité des faits et se rassemblent avec leurs soutiens pour exprimer leur colère ; les policiers répliquent en tapant dans le tas et en raflant des dizaines de manifestants. L’affaire Liu Shaoyo, du nom de ce Parisien chinois de 56 ans abattu le 26 mars sur le pas de sa porte par un tireur de la BAC, n’a pas failli à la règle. Dès le lendemain, quelque deux cents personnes se regroupent devant le commissariat du 19e arrondissement pour dire ce qu’ils pensent de l’opération d’enfumage qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour recharger un Sig-Sauer calibre 9, a métamorphosé un père de famille tué alors qu’il préparait le poisson du soir en un kamikaze psychopathe ne recevant que ce qu’il mérite. Slogans rageux et jets de projectiles contre coups de matraques et pluie de lacrymos, suivis d’une flopée d’interpellations : un classique.

    #CQFD #Police #Justice #Violence_Policière

    https://seenthis.net/messages/587753 via CQFD


  • Marseille
    La croisière abuse
    par Jean-Baptiste Bernard, illustré par Yohanne Lamoulère
    paru dans CQFD n°152 (mars 2017).
    http://cqfd-journal.org/La-croisiere-abuse

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    L’image pour obsession
    Mais une usine n’est rentable que si elle est convenablement alimentée en matière première. Ici, les croisiéristes : il en faut plus, toujours plus, pour rentabiliser de lourds investissements et légitimer les orientations choisies. C’est le rôle de la politique d’image conduite au cours des années 2000 par la municipalité et visant à faire tomber les préventions des touristes, plus ou moins convaincus que la cité phocéenne est un coupe-gorge sale et inhospitalier. Un patient et coûteux travail de promotion territoriale qui trouve son aboutissement avec les festivités de « Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture ». Ou encore, de façon plus anecdotique, avec le chèque de 165 000 euros signé en 2014 à la chaîne américaine ABC, pour qu’elle fasse de La Canebière et du Panier le cadre d’une saison de son émission de télé-réalité « La Bachelorette ». So glamour. Et peu importe aux 13,5 millions de Ricains qui la regardent que les écoles, hôpitaux et infrastructures publiques tombent en ruines et que le taux d’endettement de la ville atteigne des sommets. La substance n’est rien, seule compte l’image.

    Parfait symbole international de ce prétendu renouveau : le bâtiment du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), conçu en front de mer par l’archistar Rudy Ricciotti. C’est chic. Classe. Beau. Bref, c’est vendeur – dans les salons comme sur catalogue. « Pour les opérateurs des croisières, la culture est désormais un élément d’excursion, vante en mai 2016 le président du Club de la croisière. Sur les brochures, il y a désormais le Mucem à côté des Calanques et du Vieux-Port . » Foin de naïveté : il ne s’agit pas de visiter le musée, les croisiéristes n’en ayant ni le temps ni l’envie. La plupart se contentent juste d’en admirer l’extérieur : « On s’arrête devant cinq minutes, puis on enchaîne. On n’a que trois heures pour effectuer en bus un tour de la ville, il n’est pas question de rentrer à l’intérieur », rigole un guide de la compagnie Viking Sea, gardant un œil sur le petit troupeau amerloque dont il a la charge.

    #Marseille #CQFD #Tourisme #Croisière

    https://seenthis.net/messages/585267 via CQFD


  • Taxe d’habitation à marseille
    Ignoble avec les faibles...
    par Iffik Le Guen
    paru dans CQFD n°152 (mars 2017)
    http://cqfd-journal.org/Ignoble-avec-les-faibles

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    Autre particularisme marseillais, le grand écart existant entre les niveaux de taxation des habitations en fonction des quartiers. Louer 100 m² à Saint-Mauront, souvent décrit comme le quartier le plus pauvre de France, ou à Noailles, dans le centre-ville dégradé, c’est 1 200 euros à verser annuellement au percepteur. La même surface à Bompard, immeubles de caractère et vue imprenable sur la Méditerranée juste au-dessous de Notre-dame-de-la-Garde, c’est 750 euros. « La valeur locative du bien immobilier qui sert de base au calcul de la taxe d’habitation n’a pas été révisée depuis 1970, ce qui crée une très forte injustice sociale », conclut Maxime. Et un instrument de poids dans la gestion clientéliste de la ville. Le maintien du statu quo profite ainsi aux zones les plus aisées, considérées comme périphériques sur le cadastre actuel.

    #Marseille #CQFD #Taxe_Habitation

    https://seenthis.net/messages/579863 via CQFD


  • Regarder les ordinateurs travailler
    par Augustin Marcader
    paru dans CQFD n°151 (février 2017)
    http://cqfd-journal.org/Regarder-les-ordinateurs

    http://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L317xH500/-125-fcf6e.jpg

    Retranchés derrière leur écran, les agents de la Sécu se demandent où est passé l’humain. Dévouée aux algorithmes de l’hydre numérique, la protection sociale se « bigbrotherise » à pas feutrés. Un travailleur témoigne.

    https://seenthis.net/messages/572200 via CQFD


  • « Les services sociaux risquent de se bunkériser »
    propos recueillis par Rémi Demmi,
    paru dans CQFD n°151 (février 2017).
    http://cqfd-journal.org/Les-services-sociaux-risquent-de

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-123.jpg

    Keltoum Brahna et Muriel Bombardi sont assistantes sociales (AS) en Seine-Saint-Denis et syndiquées à SUD Santé sociaux/CT. Ce métier, elles l’ont choisi et le défendent depuis des années contre son dévoiement par le management et la politique du chiffre. Visite dans les coulisses du travail social, où s’affrontent – comme ailleurs – travailleurs de base et managers cyniques.

    J’imagine que cette focalisation sur la performance chiffrée se traduit concrètement par des transformations du travail, par exemple en calibrant le temps passé avec les personnes en difficulté...
    K : Pour nous, calibrer le temps d’entretien, c’est juste insupportable. Tout comme le sont les phrases assassines des responsables qui se permettent de dire : « En dix minutes, tu peux évaluer. » Un autre effet du management est la manière dont les institutions lancent des politiques sociales qui oublient et écartent les personnes à qui elles sont destinées. Les gens ne rentrent pas dans les protocoles, et les conventions qui ont été édictés par les institutions et pour les institutions. Car elles se foutent des gens en eux-mêmes, vivants, qui viennent dire leurs problèmes. Elles veulent juste des chiffres pour remplir des tableaux. Chez nous, Pôle emploi et le département ont signé une convention : il va falloir rendre des comptes au niveau européen pour avoir les financements attendus. C’est quoi rendre des comptes ? C’est faire remonter des chiffres, par exemple dire combien de chômeurs sont entrés dans le cadre de cette convention. Or, il se trouve que dès la mise en place, ça n’a pas marché du tout : les gens sont chiants, on pense des choses pour eux mais ils ne jouent pas le jeu. Ils ne viennent pas, ils s’en foutent et en plus ils le disent. Malgré tout, il faut trouver un moyen de les faire rentrer dans ce protocole…
    M : Les managers veulent aussi des chiffres pour « objectiver » ton travail. Ça permet de mettre en concurrence et sous pression : j’ai 150 suivis, toi t’en as 130, y a un truc qui ne va pas. Comme si un suivi en égalait un autre.
    K : Juste pour rebondir sur la convention avec Pôle emploi : l’Europe attend des comptes du Pôle emploi, le Pôle emploi attend des comptes du département, qui attend des comptes des AS. Évidemment, les AS vont devoir demander aux gens de rendre des comptes, parce qu’on les attend au tournant.

    #Management #Travail_Social #Informatisation #Écran_Total

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  • Une histoire de tordus
    par Kostik et Vanush
    paru dans CQFD n°150 (janvier 2017)
    http://cqfd-journal.org/Une-histoire-de-tordus

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    Juillet dernier, Erevan, capitale de l’Arménie. Une « bande de Tordus », aux allures de vieux soldats dépareillés, prend d’assaut la plus importante caserne de police du pays et tient un siège de quinze jours. Un épisode éclipsé dans nos médias par l’actualité du massacre niçois et du coup d’État en Turquie. Qui étaient ces « Tordus du Sassoun » ( Sasna Tzrer ) ? Que voulaient-ils ? Pourquoi des milliers de personnes sont-elles venues les soutenir quotidiennement dans la rue ? Simple poussée nationaliste ? En voyage dans cette ex-république soviétique du Caucase au moment de la reddition des « Tordus », des correspondants de CQFD pour l’occasion ont pu approcher d’un peu plus près la réalité compliquée qui ronge l’Arménie actuelle.

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    #CQFD #Arménie #Tordus_du_Sassoun

    https://seenthis.net/messages/565225 via CQFD


  • Édition, distribution, librairies
    Enjeux et cartographies de la chaîne du livre

    Par Ferdinand Cazalis, Séditions Graphiques

    http://cqfd-journal.org/Enjeux-et-cartographies-de-la

    Chaque année, le marché du livre se concentre davantage entre les mains de grands groupes industriels, de moins en moins liés historiquement aux métiers de l’édition. Il en va par exemple ainsi de Scor assurances dirigé par Denis Kessler, ex vice-résident du Medef qui a racheté les prestigieuses Presses universitaires de France, ou de Lagardère, qui, après avoir fait fortune grâce à la vente d’armes détient aujourd’hui Hachette, Grasset, Fayard, etc.

    La diffusion-distribution, métier peu valorisant consistant à promouvoir les nouveautés dans les lieux de vente et à assurer la livraison des commandes, s’est rendue maître du secteur, générant les meilleurs chiffres d’affaire et orientant les choix de publication des éditeurs en fonction de la rentabilité des produits.

    Quant aux points de vente, ils ont aussi évolué ces dernières années : les librairies ne représentant plus qu’une vente sur cinq. Le reste se distribue entre Internet (Amazon, Decitre, etc.), les Relay détenus par Hachette/Lagardère (qui ont su créer un monopole dans les gares générateur d’arbitraire dans le choix des titres) ou les grandes surfaces (Auchan, Leclerc, etc.).

    La carte réalisée en septembre 2016 pour le dossier du numéro n°146 de CQFD, « Des livres et des luttes » permet de saisir en quoi la poésie, la critique, la pensée et la vivacité que les livres promettaient de conserver dans leurs pages sont en train d’être assassinés par les logiques du marché et le néolibéralisme.

    Heureusement, des collectifs et des structures indépendants et audacieux continuent de combattre (voir ci-dessous), et le numéro 146 de CQFD partage avec ses lecteurs et lectrices certaines de ces luttes.

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    Livres : une autre idée de la logistique à Barcelone

    10% des publications dans l’État espagnol sont en langue catalane. Mais les différences linguistiques ne suffisent pas à expliquer la méfiance des éditeurs ibériques envers la centralisation. Près de 200 entreprises de diffusion/distribution existent à travers le pays, contre une dizaine en France. À Barcelone, une petite structure tient tête aux géants du secteur. Petit topo dans le quartier caniculaire du Raval, par Miguel Martin, participant de Virus.

    https://seenthis.net/messages/564449 via CQFD


  • Les Hommes du progrès
    par Emmanuel Sanséau,
    paru dans CQFD n°150 (janvier 2017).
    http://cqfd-journal.org/Les-Hommes-du-progres

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-112.jpg

    C’est que le mariage du « Parti du peuple » et des classes privilégiées tient de la conversion du premier aux évangiles du libre marché et du « capitalisme éclairé. » Dès le tournant des années 1970, une nouvelle génération de démocrates se prenait de passion pour le « travail créatif » et les quêtes existentielles. « Les gens éclairés ne se souciaient plus de salaire minimum et de droits des travailleurs. Mais les sottises sur l’authenticité et l’accomplissement personnel – le topo des “jeunes existentialistes” – cela ferait gagner des élections », écrit Thomas Frank [3]. Voilà que le travailleur à la chaîne, aliéné et peu sophistiqué, basculait de base électorale à force d’opposition au changement. Les Nouveaux Démocrates ont ainsi fait du renoncement une philosophie politique – nul ne peut s’opposer à « l’économie post-industrielle » – pour devenir le parti de la « classe du savoir », des « travailleurs connectés », des « innovateurs disruptifs »…

    #Boston, #Silicon_Valley, #CQFD, #Massachusetts, #GAFA

    https://seenthis.net/messages/560868 via CQFD


  • Activisme musical et expérimentations soniques
    De l’autre côté du papier, par Thierry Grillet
    http://cqfd-journal.org/Activisme-musical-et

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-108.jpg

    Cerner l’œuvre de Pascal Comelade ? « Musicien de critique et d’expérimentations sociales » serait une assez bonne définition du larron. À l’heure où sort un maxi best of, sans soda ni sunday à l’huile de palme, sur 42 ans d’activisme sonore, puis une bio sur une « carrière » qui n’en est pas une, tellement elle se complaît dans l’incohérence la plus totale, Pascal Comelade se rappelle aux oublieux de sa démarche novatrice.

    #Pascal_Comelade #Musique #CQFD

    https://seenthis.net/messages/559760 via CQFD


  • Du blues au dancehall : musiques en résistance
    Propos recueillis par Mathieu Léonard
    paru dans CQFD n°150 (janvier 2017).
    http://cqfd-journal.org/Du-blues-au-dancehall-musiques-en

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    En 1956, Franz Fanon évoque brièvement le blues dans sa conférence « Racisme et culture » : « Sans oppression et sans racisme pas de blues. La fin du racisme sonnerait le glas de la grande musique noire… » Que pensez-vous de cette affirmation ?
    Sans esclavage, sans racisme, sans souffrance, pas de blues et pas de musiques noires en général. Toutes ces musiques sont apparues comme des exutoires à la captivité et aux sévices dont étaient victimes ces Africains déportés. Ces musiques permettaient aux esclaves et descendants d’esclaves d’échapper à la misère de leur quotidien. La souffrance est donc effectivement l’essence même du blues et de toutes ces musiques issues des Amériques créées, il faut bien l’avouer, de manière complètement imprévisible. Car qui aurait pu prévoir qu’en quelques décennies seulement, ces populations noires réduites à l’état de bêtes, traquées, violées, pendues et brûlées vives pendant des siècles allaient créer des musiques joyeuses, dansantes, pertinentes, engagées, spirituelles, nouvelles, transcendantales et universelles comme le blues, le jazz ou le reggae, devenus finalement patrimoine mondial ? Le titre du livre Musiques noires : l’histoire d’une résistance sonore, n’a d’ailleurs rien d’anodin, car le dénominateur commun de toutes ces musiques est la résistance, ce refus de capituler même enchaîné.

    #Musiques_Noires #Résistance

    https://seenthis.net/messages/558794 via CQFD



  • Belsunce breakdown
    par Christophe Goby
    De l’autre côté du papier...
    http://cqfd-journal.org/Belsunce-breakdown

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-102.jpg

    Un soir de novembre, il y eut un miracle. La rencontre entre un musicien, un collectionneur de 45 tours et un animateur radio, une soirée comme à la Casbah d’Alger ou à Marseille dans les années 30, entre des gens qui se racontaient des histoires. Des histoires d’exil.

    #Belsunce #Marseille #Chaâbi #Phocéephone

    https://seenthis.net/messages/557498 via CQFD