http://www.slate.fr

  • La défense des juifs, ultime morale des pouvoirs que leurs peuples désavouent | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/171594/gilets-jaunes-antisemitisme-pretexte-pouvoir-vigilants
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/gilets_jaunes_antisemitisme.jpg

    par Claude Askolovitch

    La haine de la plèbe chez les bourgeois honnêtes m’a toujours amusé ; elle est une pensée décorative qui distrait de la peur, et comme ce pouvoir cède et cède encore à quiconque le menace, policiers en préavis de grève ou « gilets jaunes » qui répondent en brutes de bal populaire à la violence légitime de l’État, comme le président est allé plier le genou virtuel sur la pétition web d’une « gilet jaune » et lui a écrit que finalement, elle avait raison, les marcheurs dépités ont bien droit à un réconfort verbal. Ils se requinquent en stigmatisant l’antisémite, et n’auront pas peur de combattre les quenelliers ! Ah, les braves gens.

    Au demeurant, la quenelle est une saloperie. Mais, oserais-je, la quenelle des salopards n’est qu’un instant des « gilets jaunes », que seule l’acrimonie élitaire décrète signifiant.

    On aurait pu, a contrario, passer en boucle sur nos télévisions ces « gilets jaunes » savoyards qui s’enlaçaient sur « La foule » de Piaf, dans une scène douce et onirique, le soir où des gendarmes émus levaient leur barrage, et on aurait alors commenté leur ressemblance avec les occupants d’usines du Front populaire ? On aurait pu chanter la fraternité de ces veillées de Noël où des « gilets jaunes » se sont tenu chaud, et l’humanité émouvante de ces désormais plus que rien. Mais concernant le peuple ici et maintenant, spontanément, une bourgeoisie préfère voir la chemise brune sous le gilet jaune. Et je ne pourrais, juif, que m’en inquiéter.

    J’appelle ici « vigilants » ces femmes et ces hommes cultivés et engagés qui, je n’en doute pas, ne me veulent, juif, que du bien, et qui recherchent, cherchent encore et trouvent toujours –la haine est irréfutable– l’antisémitime qui rongerait le pays. Les vigilants sont des éclairagistes d’influence. Ce qu’ils sortent de l’ombre devient indiginité nationale. On ne saurait discuter leurs affolements qui, mis bout à bout, deviennent une lecture admise de la société. Les vigilants, cette saison, ont éclairé les « gilets jaunes » d’une lumière implacable.

    Avant les quenellards du samedi parisien, ils avaient ainsi mis à jour une banderole, photographiée dans le Rhône, qui attestait l’ambiance. On y lisait, en contrebas d’un barrage de « gilets jaunes », cette équation sordide et clairement anti-juive : « Macron = Drahi = Attali = Banques = Medias = Sion », les « s » étant calligraphiés façon nazie, les « a » suggérant un triangle franc-maçon. Indubitablement odieuse et fasciste, cette banderole fit florès. Pourtant, elle ne disait rien des barrages, ni de celles et ceux qui les tenaient.

    Le Progrès, 20 minutes ou l’AFP en firent justice dans des articles enquêtés. La banderole, saleté éphémère, n’avait été en place que peu de temps ; les « gilets jaunes » qui tenaient le barrage, l’ayant découverte, l’avaient détruite eux-mêmes. Elle ne venait pas d’eux. Elle était, cette banderole, l’œuvre de provocateurs malins, squatteurs pervers et anonymes d’un mouvement peu structuré.

    Mais –puissance de la vigilance et de la pulsion de bavardage de nos élites– la banderole, démontée, vécut avec une intensité rare et fut une tendance sur les réseau sociaux, la première preuve de l’antisémitisme des contestataires, avant la confirmation quenellarde, point d’orgue du « on le savait bien ».

    J’ai, juif, un point de vue sur les vigilants : ils m’enferment bien plus qu’ils ne me protègent, et travestissent bien plus qu’ils ne révèlent. Ils m’exposent à des combats dont je ne veux pas et dont je deviens le prétexte. Ils me singularisent, affolent ma mère et avec elles toutes celles et ceux, juifs, qui à force de matraquage pensent que toute l’actualité, encore et toujours, converge contre nous. C’est heureusement inexact, quand bien même nos paysages ne sont pas joyeux.

    Dans une France d’abandon et de rancœurs, de rumeurs et d’inquiétude, les crapuleries d’un Soral ou d’un Dieudonné peuvent se glisser en folklore sordide. Mais ce n’est pas l’antisémitisme qui mène ce bal, simplement l’envie de vulgarité qui anime les hommes que l’on oublie, et qui s’oublient.

    C’est triste pour la France, mais est-ce périlleux pour les juifs ? Ces malheureux idiots ne nous détestent pas de préférence, en dépit de leurs gourous, et il serait absurde d’entrer dans leur perversité et de la nourrir d’indignations forcées. La scène du Sacré-Cœur était laide bien avant d’être antisémite. Sans doute ne l’était-elle pas, et celle du métro, possiblement, pas davantage. De la viande bête, de la viande saoule, entonne un air vulgaire et reproduit un geste de pornographie politique.

    La vieille dame du métro n’a pas voulu porter plainte et conteste que les pochtrons imbéciles qu’elle avait chapitré ait prononcé des mots anti-juifs. Il n’y avait, pour nous juifs, pas grand-chose à dire ; on a dit pourtant, et c’est ici que je redoute un danger, si d’habitudes, de paresses, d’automatismes, de vigilance, de cynisme, on mobilisait l’offense faite aux juifs pour punir les « gilets jaunes », en les écrasant d’une épithète infâmante.

    Cela a commencé, cela a pris, le bavardage est le propre de la politique. C’est, manifestement, une méchanceté et un mensonge. Croit-on vraiment que sur les barrages, il n’y a pas de tendresse ni de beaux sentiments ? Croit-on que dans la foule, il n’est pas d’espérance ni d’humanité ?

    Mais on brosse à petites touches, de petits faits vrais mais choisis, un tableau sordide d’une France des provinces lumpenisée et trumpisée, perméable au complotisme, acquise à l’antisémitisme, mue par la haine de l’élite et des Rothschild qui furent les patrons de Macron, et tout, alors, serait limpide, et tout serait plié.

    Que l’on prenne garde : ce discours est performatif plus que descriptif. Il ne raconte pas le mouvement, mais l’emprisonne et peut le remodeler. Il anticipe ce qui n’est pas et n’a pas lieu d’être, mais qui sait ? Il fabriquera l’horreur, s’il apparaît qu’effectivement, la question juive est le prétexte des gouvernants contre les réfractaires, si pour disperser cette révolte qui l’empoisse, les beaux chevaliers de la forteresse assiégée du pouvoir m’empoignent, moi, juif, et m’utilisent comme leur arme suprême, me jettent à la figure des enragés. La haine, alors, viendra.

    L’antisémitisme n’est pas une vue de l’esprit. Il existe dans les replis de notre société, blesse et parfois tue. Mais il n’est qu’une violence minoritaire, marginale et condamnée –et instrumentalisée aussi bien. L’antisémitisme est cette aubaine que la vigilance offre aux gouvernants en souci. Nous y sommes, exactement. Pris en flagrant délit de mépris puis de reculade, le pouvoir –ses hérauts– s’oublie et se grise de vertu, tel un doux ivrogne qui chasse ses faiblesses dans la dive bouteille.

    Soyons clairs, ici. Les juifs français, une poignée de centaines de milliers d’individus citoyens, ne participent pas à cette construction. On la leur amène, on la leur impose, on les y enferme, dans les façons des vigilants, dans la complaisance des politiques à nous témoigner des sollicitudes, et chacun se félicite d’une si bonne entente.

    Tout ceci est humain et parfois de bonne compagnie, mais pas exempt de danger ni de folies. Depuis des années –la montée des actes antisémites en attestait–, on expliquait aux juifs et à propos des juifs que l’islamiste, le musulman, l’immigré par extension, le migrant, l’homme de la banlieue islamisée et ensauvagée, était l’ennemi du juif comme de la République, et l’ennemi des ensauvagés était notre gardien.

    Les vigilants cultivaient la bourgeoisie libérale et d’autorité, qu’elle fut socialiste ou de l’ex-UMP. D’autres allaient plus loin et, avec une certaine logique, affirmaient que face à l’ennemi, les juifs devaient résolument pencher à droite, le plus à droite possible, et devenir avec le triste Zemmour et le joyeux Goldnadel les flancs-gardes des Le Pen, Wauquiez ou Dupont-Aignan, car les ennemis de mes ennemis sont mes amis, comme dirait Benyamin Netanyahou, qui préfère Orbán et Bolsonaro au juif cosmopolite Soros et aux mollassons démocrates. Nous ne jouions plus Crémieux puis Lacoste, si l’on parlait de l’Algérie, mais l’OAS ; il fallait bien cela pour nous épargner l’islam et ses ensauvagés des cités, nos repoussoirs communs.

    Ils brossent, ces vigilants, le tableau d’une France dont Soral rêverait, qui n’existe pas mais qu’il fabriquent de leur jactance, que des médias de Panurge prolongent et que des politiques sans structure entérinent.

    Je devrais, juif, éviter aussi bien la Somme que la Seine-Saint-Denis, redouter Trappes comme Carcassonne. Je devrais, dans une terre qui a oublié mon martyre, me résigner à ne vivre qu’à l’amitié des riches, des puissants et des cyniques, et accepter, pour mon bien, que mon histoire serve à repousser le musulman comme le « gilet jaune », que certains ici veulent traiter en ennemi.

    Tariq Ramadan d’un côté, la quenelle de l’autre, les épouvantails à juifs quadrilleraient le territoire, et seul le pouvoir, seuls les possédants, seuls les libéraux, seuls les macronistes, seuls ceux qui possèdent le monde, pourraient me tolérer.

    Réalise-t-on –je parle en juif et en républicain– ce que portent ces logiques susurrées, instillées, admises, commentées et retweetées ? Rarement la vérité simple d’un pays aura été niée à ce point par un discours prétendu vertueux –et j’en serais, juif, l’objet, et ils en sont, les vigilants, coupables.

    Réalise-t-on pourtant quel malheur nous préparons –je parle en juif–, si venons à penser que dans notre pays, seuls les riches nous agréeraient, si nous oublions que ce peuple mal embouché nous cacha, jadis, quand les élites prêtaient serment à Pétain ?

    Pouvons-nous, juifs, vivre heureux en France dans l’idée que le peuple nous rejette, si nous participons ensuite à son humiliation, et si nous consentons aux opportunismes des politiques et aux manipultions des vigilants ? Nos ancêtres, sous l’autocrate russe, savaient être tolstoïens et ne haïssaient pas le moujik au prétexte des progromes, pourtant réels ceux-là.

    Posons pour finir. Nul ne prétend que le pays est simple, ou la période.

    Nul ne prétend que le mouvement baptisé « gilets jaunes » est exempt de laideurs populacières, qui s’entremêlent aux insurrections populaires.

    Nul ne croit que Dieudonné ou Soral sont des illusions.

    Nul le croit que les peuples sont commodes, et joyeux les dilemmes des juifs.

    Nul ne pense qu’il est facile d’être de gauche au Royaume-Uni, quand Jeremy Corbyn, ayant rendu le Labour aux masses, grasseye le plus stupide des tiers-mondismes et, croyant aimer la Palestine, autorise le malheur des vieux juifs du travaillisme.

    Nul ne pense qu’il est pimpant de se vouloir insoumis, quand le populaire François Ruffin fait résonner des thèmes étranges et ne veut pas comprendre qu’Étienne Chouard, complotiste et un temps soralien, n’est plus de son monde. Mais s’il l’était ? Et de cette question, je suis, comme d’autres, et en dépit de moi, contaminé.

    #Antisémitisme #Manipulation #Médias #Gilets_jaunes

    https://seenthis.net/messages/747159 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • « J’étais en colère contre les médias qui racontaient la guerre »
    Jean-Michel Frodon — 5 novembre 2018 à 16h08 — mis à jour le 5 novembre 2018 à 16h08
    Réalisateur du documentaire « Samouni Road », tourné à Gaza, Stefano Savona explique pourquoi il a fait appel à des images d’animation.
    http://www.slate.fr/story/169368/samouni-road-entretien-stefano-savona-realisateur-documentaire-gaza
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/capture_decran_2018-11-02_a_10.24.28.png

    (...) Vous prenez conscience de cette distorsion dès le montage de Piombo fuso ?

    Oui, plus on travaillait avec Penelope [Penelope Bortoluzzi, monteuse et productrice des films de Savona, également cinéaste], plus on se rendait compte des limites de la position dans laquelle je me trouvais. Nous ne voulions pas faire un film de dénonciation de plus, nous savons qu’ils ne servent à rien. Après avoir fait traduire l’ensemble de ce que racontaient les gens que j’avais filmés, on découvrait la qualité des témoignages, allant bien au-delà de la plainte ou de la dénonciation. Je reconnaissais la manière de s’exprimer des paysans siciliens auxquels je consacre depuis vingt ans une enquête documentaire, Il Pane di San Giuseppe. Ces paysans palestiniens traduisaient un rapport au monde au fond très semblable, à la fois ancré dans la réalité et très imagé.

    Comment un nouveau projet a-t-il émergé de ces constats ?

    Un an après, en 2010, j’ai reçu un message m’annonçant que le mariage qui semblait rendu impossible par la tragédie de janvier 2009, et en particulier la mort du père de la fiancée, allait avoir lieu. C’est elle qui m’a contacté : « On va se marier, viens ! ». Je suis donc reparti, même s’il était encore plus difficile d’entrer à Gaza. Il a fallu emprunter des tunnels, mais au prix de pas mal de tribulations je suis arrivé à Zeitoun le jour même du mariage, que j’ai filmé. Et je suis resté plusieurs semaines. (...)

    #Gaza

    https://seenthis.net/messages/733773 via Loutre


  • Quand le «manger mieux» creuse la fracture alimentaire | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/169200/alimentation-manger-mieux-philosophie-individualisme-inegalites-classes
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/manger_mieux_individualisme.jpg

    Auprès des participantes et participants, elle a constaté un effet pervers des appels à consommer bio : « Avec le débat sur le bio et les pesticides, certaines personnes utilisent cette information selon laquelle les fruits et légumes peuvent contribuer à l’apport de contaminants pour ne plus en acheter et ne plus en donner à leurs enfants. On marche un peu sur la tête. On a oublié de dire que manger des fruits et légumes qui ne sont pas bios, c’est mieux que de ne pas en manger du tout, ou en quantité trop faible. »

    Les prix élevés du bio –79% plus cher que le conventionnel pour un panier de fruits et légumes, selon une étude de 2017 de l’UFC-Que choisir– rebutent les ménages au budget serré, d’autant plus lorsqu’ils sont touchés par la précarité alimentaire, qui concerne une personne sur cinq en France, d’après un récent baromètre Ipsos-Secours populaire.

    Christophe Brusset n’en est que trop conscient : « Je viens d’un milieu ouvrier et pauvre, je sais ce que c’est que de jongler avec les fins de mois. J’ai connu ça toute ma jeunesse. » C’est pourquoi son « guide », présenté dans Et maintenant, on mange quoi ?, s’attache à montrer la voie vers les produits les « moins pires » en supermarché, sans augmenter le montant du ticket de caisse. Hors de question pour lui de « culpabiliser » les consommateurs et consommatrices : « C’est l’industrie qui est coupable, ce ne sont pas les clients. »

    #égologie #alimentation

    https://seenthis.net/messages/732367 via aude_v


  • Le débat sur l’#appropriation_culturelle mérite mieux que la malhonnêteté intellectuelle sur Twitter | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/167942/appropriation-culturelle-tweet-anodin-professionnels-cyberharcelement-manipula
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/wax.jpg

    L’appropriation culturelle consiste pour moi à se poser la question de l’exploitation de codes créés par des groupes culturels minorés. Alors que de nombreuses femmes noires connaissent encore l’opprobre et la moquerie lorsqu’elles se tressent, une femme non noire imitant leurs codes culturels en tire des revenus et une valorisation sociale sans même prendre la peine de les créditer.

    J’ai donc expliqué qu’à mon sens, il était important d’avoir conscience de la position que l’on occupait et du bénéfice que l’on pouvait en tirer (en ayant l’air ouvert d’esprit, en engrangeant des revenus matériels...) quand d’autres, pour des pratiques identiques, sont pointés du doigt, renvoyés à une forme de « repli communautaire ».

    À aucun moment, je ne me suis arrogé des droits de police vestimentaire. Je n’ai jamais interdit à une personne blanche de porter une tenue en wax. Mais il était plus commode pour les championnes et champions du harcèlement de faire circuler une information mensongère et de l’instrumentaliser pour occuper l’espace à mon détriment. C’est bien dommage car ce débat mérite mieux que la malhonnêteté intellectuelle de mes détracteurs et détractrices.

    Ironie du sort, le festival au sein duquel je me suis exprimée s’était vu retirer une subvention accordée par la mairie du XXe arrondissement, lorsque sa maire Frédérique Calandra a appris ma participation. L’élue qui a pris cette décision de manière unilatérale, sans consulter sa majorité dont plusieurs membres ont exprimé leur mécontentement, est membre fondatrice du Printemps républicain.

    Via @mona, ce récit par #Rokhaya_Diallo d’un énième fait de #harcèlement, diffusion de mensonges destinés à l’humilier. Le peu que j’ai lu d’elle m’a vraiment séduite : elle fait un super boulot de passeuse et interroge la bonne conscience blanche et le #racisme dans notre pays avec beaucoup d’honnêteté. On ne peut pas dire la même chose des gens qui la harcèlent.

    PS : #wax et #batik (et cette technique des réserves en cire a elle aussi une histoire coloniale : loin d’être une tradition immémoriale, c’est une technique qui s’est répandue dans le monde malais quand les Néerlandais ont décidé que les gens ne s’habillerait plus de tissus indiens pour ne pas laisser les devises partir chez les colons britanniques).

    https://seenthis.net/messages/726306 via aude_v


  • Facebook dispose d’informations sur vous que vous ne lui avez jamais données
    http://www.slate.fr/story/167831/facebook-informations-sur-vous-pas-donner

    Vous êtes-vous déjà demandé si Facebook vous enregistrait ? Vous avez une discussion avec une connaissance sur un sujet en particulier. Alors que vous n’en avez par ailleurs pas parlé par message, ni par mail, ni googlé quoi que ce soit en rapport, le soir même Facebook vous propose une pub relative à ce sujet. Autre exemple, vous rencontrez une personne pour la première fois à une soirée et le lendemain, le réseau social vous la suggère en amie. Vous êtes loin d’être le seul dans ce cas là. (...)

    #Facebook #algorithme #domination #données #BigData #profiling

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/fb_21.jpg

    https://seenthis.net/messages/726121 via etraces


  • Les idéologues parasitent tout #débat sur #Twitter | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165272/internet-reseaux-sociaux-twitter-debat-rokhaya-diallo-identite-bleus-football-
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/twitter_debat.jpg

    Souvent, mes points de vue font l’objet de débats assez vifs. Dernièrement, j’ai néanmoins remarqué que lorsque je les exprimais sur Twitter, ils étaient systématiquement contredits par des personnes qui, dans leur sillage, entraînaient une meute d’internautes finissant par polluer mes conversations en me submergeant par leur caractère massif et hostile.

    #trolls

    https://seenthis.net/messages/712029 via Kassem


  • Oui, FIP est bien la meilleure radio au monde
    http://www.slate.fr/story/151271/fip-radio-jack-dorsey-fipettes
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/fiphome.jpg

    Pour ne pas disparaître et garder ses admirateurs, la station a fait l’inverse de ses concurrents : peu de prises de parole en direct et une grande diversité musicale. « FIP, c’est une radio sans vedettes et sans robots », glisse le spécialiste des médias Christian Desplaces avec la délectation du bon mot. « Il y a tout un vocabulaire qui n’appartient pas à notre radio. On travaille avec les outils du monde moderne mais en faisant de l’artisanat », affirme la fipette Jane Villenet.

    Sur FIP, en effet, pas d’algorithme ni de robot pour programmer la grille musicale de la journée. Une poignée de producteurs décident au jour le jour de la suite de morceaux à diffuser aux fidèles auditeurs. « Tout est manuel, sauf pour la playlist de nuit entre 22-23 heures et 7 heures du matin. Quand j’arrive le matin, je ne sais jamais ce que je vais programmer dans les jours à venir. Cela peut être un truc que j’ai écouté chez moi, un disque qui traîne sur le bureau... Puis, un morceau en entraîne un autre », note Luc Frelon, programmateur « made in FIP ».

    Les enchaînements musicaux obéissent tout de même à quelques règles. Il y a d’abord une alternance de deux morceaux chantés avec un instrumental. Ensuite, un titre ne sera jamais diffusé plus d’une fois la même journée –et un artiste au maximum deux. Ce qui éloigne FIP de la dictature des promotions de maisons de disques et du piège des playlists qui tournent en rond.

    Et c’est très marrant cette histoire de communauté entière de fans en Angleterre

    La déclaration d’amour du fondateur de Twitter à FIP n’est donc pas une exception. La radio jouit aujourd’hui d’une image mythique, presque légendaire dans certaines contrées. L’épicentre de cette folie contagieuse est sûrement Brighton, dans le sud de l’Angleterre.

    Pendant dix ans, de 1997 à 2007, FIP a été diffusée sur une fréquence pirate par un ou plusieurs habitants de la ville portuaire. Certains adorent tellement la station française qu’ils se réunissent en club tous les jeudis soir pour écouter collectivement « Jazzafip », émission phare de la radio. Le programmateur Luc Frelon est allé plusieurs fois à la rencontre de ces fous de FIP.

    « En 2009, j’ai été invité à mixer en tant que “DJ FIP” -même si ça n’avait rien d’officiel- par une association de fans. Dans la ville, il y a des restos qui indiquent qu’ils diffusent FIP, vous entendez la radio dans des taxis... c’est assez dingue. Une fois, un chauffeur m’a demandé pourquoi je venais à Brighton. Quand je lui ai dit que je venais car je travaillais pour FIP, il m’a dit que la course était pour lui. »

    Dans un article publié en 2007 lors de la fermeture de la fréquence pirate par les autorités à la suite d’une plainte, le journal local The Argus expliquait que la radio française « attirait des auditeurs de différents horizons, des tenanciers de boutiques jusqu’aux politiciens, avec sa musique excentrique et son absence de publicité et de bavardages ». The Argus ajoutait même que certains habitants de la ville « avaient déménagé uniquement pour pouvoir capter la station ».

    #musique #radio #FIP #meilleure_radio_musicale_du_monde

    https://seenthis.net/messages/706941 via RastaPopoulos


  • Votre boss saura certainement que vous avez lu cet article
    http://www.slate.fr/story/163076/entreprise-surveille-conversation-employes-slack-reddit-mails

    Les entreprises surveillent l’activité numérique de leurs employés et employées. Jusqu’à un point avancé. Vous avez bien rigolé aujourd’hui avec Michel et Christine sur Slack, une plateforme de discussion en ligne mêlant conversations privées et en groupes. Votre chaîne de conversation privée avec ces deux collègues vous a permis de critiquer votre boss et vous vous en êtes donné à coeur joie. Mais sachez que votre patronne ou patron a le droit de surveiller vos activités sur Reddit, Slack ou toute boîte (...)

    #Reddit #terms #travail #travailleurs #web #surveillance #écoutes #CEDH

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1200x680/public/1984_1.png

    https://seenthis.net/messages/701579 via etraces


  • L’homme qui a utilisé l’art moderne pour torturer des détenus | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/161005/histoire-guerre-espagne-alphonse-laurencic-checas-torture-art-moderne

    Pour bien cerner cette histoire, il faut tout d’abord rappeler le contexte de cette période sombre qui a marqué l’Espagne. En 1936, après le coup d’État de l’armée, deux camps s’affrontent : les nationalistes et les républicains du Front populaire.

    Dans le second, le Service d’information militaire (SIM), un service de contre-espionnage, est créé à l’été 1937 pour débusquer les espions infiltrés ou les ennemis présumés. Parmi ces derniers, des nationalistes, mais aussi des anarchistes et des communistes libertaires anti-staliniens.

    Pour les faire parler, des cellules appelées « checas » sont créées. À l’intérieur de ces gêoles basées principalement dans trois villes –Madrid, Valence et Barcelone– et inspirées par celles de l’Union soviétique (« Tchéka » étant le nom de la police politique combattant les ennemis du bolchevisme), plus de 8.500 personnes ont été tuées.

    Si le SIM n’a pas attendu Laurencic pour construire ces cellules, c’est bien le Français qui a imaginé les plus perverses.
    Armoires diaboliques
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    À la demande des chefs du SIM, Laurencic a d’abord dessiné des pièces dans lesquelles les détenus étaient placés dans des armoires d’une hauteur variant de 1m40 à 1m60, de cinquante centimètres de largeur et quarante de profondeur. Les hommes y étaient enfermés pendant des heures, évidemment incapables de se tenir droit.

    Dessin des « cellules armoires » | DR

    Ils pouvaient s’asseoir, mais le siège était incliné, de façon à ce qu’ils soient toujours sur la pointe des pieds. L’espace était tellement étroit que le détenu ne pouvait changer de position, de même qu’il lui était impossible de se protéger les pupilles de l’ampoule électrique constamment allumée au niveau de leur visage.

    « Urduena [l’un des bourreaux, ndlr] pensait que le fait de rester cinq à dix minutes dans cette position saurait calmer les plus récalcitrants », expliquait Laurencic lors de son procès.
    http://www.slate.fr/sites/default/files/2%20dibujos%20de%20checas.jpg
    Dessins qui rendent fou

    Laurencic a également utilisé les couleurs pour faire craquer les détenus dans quatre « cellules psychotechniques », en privilégiant des vitraux verts.

    C’est Santiago Garces, le chef du SIM, qui lui a conseillé cette couleur « triste, lugubre, comme un jour de pluie, qui prédispose à la mélancolie et à la tristesse ».

    Carnet de dessins des cellules d’Alphonse Laurencic | DR

    Ces pièces construites dans l’ancien jardin du couvent de Santa Maria Magdalena Madres Agustinas, situé dans la rue Vallmajor de Barcelone, étaient toutes goudronnées –à l’intérieur comme à l’extérieur– et orientées vers le sud, de telle sorte qu’elles étaient quasiment constamment baignées par la lumière du soleil.

    On imagine sans mal la peine que les détenus avaient pour respirer, en raison de la chaleur étouffante et de l’odeur.
    http://www.slate.fr/sites/default/files/Celdas%20psicot%C3%A9cnicas%203..jpg
    Dessin d’une « cellule psychotechnique » | DR

    Autre ignominie, le « lit ». Mesurant 1m50 de long et soixante centimètres de large, il était incliné de vingt degrés, pour éviter que le détenu puisse se reposer : quand ce dernier s’endormait, son corps s’affaissait.

    Il était également impossible de marcher dans la cellule, puisque des briques étaient apposées sur le sol. Pour déstabiliser encore davantage les prisonniers, une horloge était quotidiennement avancée de quatre heures, sans qu’ils ne puissent s’en apercevoir.

    Pour couronner le tout, les murs étaient incurvés et couverts de motifs géométriques –cubes, dés, damiers, spirales, points, cercles, lignes horizontales– de différentes couleurs, ainsi que d’œuvres abstraites et surréalistes inspirées notamment par l’école du Bauhaus et ses figures majeures : Kandinsky, Moholy-Nagy, Itten...

    « Laurencic avait travaillé dans le Berlin de la République de Weimar en tant que musicien et décorateur. Il s’est imprégné de toutes les sources de l’école du Bauhaus, très à la mode dans les années où il y a vécu, entre 1926 et 1933 », explique Susana Frouchtmann, auteure de l’ouvrage qui lui est consacré et qui a découvert par hasard leur « lien de parenté ».

    https://seenthis.net/messages/697553 via mad meg


  • Les États-Unis séparent désormais les parents migrants de leurs enfants | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162252/etats-unis-separent-parents-migrants-enfants
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1060x523/public/000_14e93l.jpg

    Avant l’élection de Donald Trump, les familles de migrants et demandeurs d’asiles qui étaient interpellées à la frontière mexicaine étaient détenus ensemble dans des centres de rétention, en attente de jugement. Mais les directives du gouvernement ont changé : maintenant, les parents et enfants sont détenus séparément, parfois dans des villes différentes, et même dans le cas d’enfants très jeunes.

    Depuis plusieurs mois, des centaines de cas de séparations ont été rencensés par les associations de défense des droits civiques.

    « Ce qui se passe ici est sans précédent. Ici en Arizona, nous avons vu plus de 200 cas de parents séparés de leurs enfants. Certains de ces enfants sont très jeunes, nous voyons régulièrement des enfants de deux ans, et la semaine dernière, il y avait un enfant de 53 semaines sans ses parents », expliquait Laura St. John de l’organisation The Florence Project, sur MSNBC.

    L’association de défense des droits civiques ACLU a engagé une procédure légale contre cette pratique du gouvernement, qu’ils considèrent comme une violation de la Constitution des États-Unis.

    Sur Twitter, le journaliste Chris Hayes a partagé des extraits de la plainte dans lesquels sont décrits plusieurs cas de séparation, comme celui de Miriam, venue du Honduras, qui dit avoir été séparée de son bébé de dix-huit mois et ne pas l’avoir vu pendant plus d’un mois. En mars, un procès de l’ACLU avait permis de réunifier une mère congolaise demandeuse d’asile avec sa fille de sept ans. Elles avaient été séparées pendant quatre mois.

    La nouvelle approche, introduite par le ministère de la Justice, consiste à condamner les personnes qui ont traversé la frontière illégalement à des crimes, et non plus à des infractions civiles, comme c’était le cas auparavant. Les adultes sont donc placés en prison, et non en centre de rétention, alors que les enfants sont gérés par une autre entité administrative, qui détient habituellement les mineurs qui traversent seuls la frontière.

    Interviewé par MSNBC, un avocat de l’ACLU a dit que c’était « la pire chose » qu’il avait vue en 25 ans de travail sur les droits des immigrés.

    « Je parle à ces mères et elles décrivent leurs enfants qui hurlent "maman, maman, ne les laisse pas m’emmener". »

    Il y a quelques jours, le chef de cabinet de la Maison Blanche John Kelly a défendu la pratique en disant qu’il s’agissait d’une dissuasion efficace et que les enfants seraient « placés dans des foyers ou autres ».

    https://seenthis.net/messages/697272 via mad meg


  • «Fabriquer un crayon est un processus étonnamment complexe» | Slate.fr
    http://www.slate.fr/grand-format/usine-fabrique-crayons-157066?google_editors_picks=true

    Entre 2015 et 2017, le photographe #Christopher_Payne s’est rendu plus de trente fois à #General_Pencil, l’une des dernières usines américaines de fabrication de crayons. « Le #crayon est un objet si simple et pourtant omniprésent dans nos vies, raconte-t-il, à tel point que nous le prenons pour acquis. Mais les fabriquer est un processus étonnamment complexe et quand j’ai vu toutes les étapes nécessaires, dont beaucoup sont réalisées à la main, je savais que cela ferait un récit visuel puissant. »

    #graphite #crayons_de_couleur #photographie via @freakonometrics
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    https://seenthis.net/messages/670483 via odilon


  • Les « #femmes en rouge » de Wikipédia, l’histoire d’un vide encyclopédique | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/156517/femmes-rouge-wikipedia-vide-encyclopedique
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/marie_de_france_2.tif_.jpg

    Alors quid d’un « savoir égalitaire » ? L’expression est sans doute malheureuse, dans la mesure où il s’agirait davantage de penser l’égalité sur le plan de la production et de la transmission des savoirs.

    Or tant que l’histoire des femmes sera conçue comme une histoire des minorités, celle-ci continuera d’être envisagée comme mineure, comme une histoire des marges. La lutte féministe réintroduit à cet égard le politique dans l’écriture même d’une #histoire qui se veut collective.

    Alors que Wikipédia saute par-dessus l’historien et le savant, l’arène redevient proprement publique : s’il est un lieu où l’égalité revendiquée par les féministes pourrait trouver sa libre expression, celui-ci est privilégié. Reste aux contributeurs à faire leur office.

    J’ai vérifié, @mona a sa fiche sur Wikipédia, c’est la moindre des choses. @mad_meg, ça serait bien aussi, non ?

    https://seenthis.net/messages/661549 via Agnès Maillard


  • Emmanuel Macron, Amina et l’#hypocrisie du #bourgeois | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/154325/emmanuel-macron-marocaine-sans-papiers-migrante-amina
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/mm_0.png

    On est, avec Macron, #inclus ou #exclu. On est inclus, de chez Whirlpool, quand on accepte la raison économique, et alors traité avec chaleur, ou exclu, de chez GM&S, quand on veut grappiller des indemnités supplémentaires et l’on ose perturber la paix du pays, et alors châtié de paroles. Être dedans ou dehors. Traité en courtoisie, ou fustigé. On est du bon ou du mauvais côté. Aimable bénévole des Restos du coeur, au selfie présidentiel, ou méchant ami des clandestins de Calais ou de la Roya, voué à la juste brutalité des forces de l’ordre républicain. On est dedans ou dehors. Dans le cadre de la loi et des règles, ou bien débordant. On est dedans, ou dehors. La frontière est indépassable. On est dedans, bon réfugié, ou dehors, misère du monde. On est dedans, on a tous les droits et le sourire aussi, on est dehors, on n’existe pas. C’est ainsi que le monde fonctionne, et cela est bien, nous dit le président.

    #surnuméraires

    https://seenthis.net/messages/647485 via Agnès Maillard


  • On vous a déjà parlé, vous, du Moyen Âge africain ? | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/153672/moyen-age-africain-promesse-royaumes-merveilleux

    Moi, c’est venu sans crier gare un lundi soir sur la ligne 9 du métro.

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    « J’ai écrit un livre sur le Moyen Âge africain. »

    On était lundi, il faisait nuit, il faisait froid mais la phrase a allumé une ampoule dans ma tête. J’allais prendre le métro avec un historien que j’avais rencontré à un dîner. Je lui demandais quels livres il avait écrits et donc il m’a répondu ça. « J’ai écrit un livre sur le Moyen Âge africain. »

    Moyen Âge + Afrique. Je crois bien que jamais de ma vie je n’avais entendu ces deux termes côte à côte. Évidemment, comme à peu près tout le monde, j’avais été mortifiée quand Nicolas Sarkozy avait déclaré dans un discours officiel que l’homme africain n’était pas encore entré dans l’histoire. Je veux dire, on sait bien que c’est faux. Conceptuellement.
    Mais entre la préhistoire et la colonisation, j’étais bien incapable de vous citer des faits de l’histoire du continent africain. C’étaient pas des tribus plus ou moins nomades qui avaient su préserver l’authenticité de leurs croyances primitives ?
    Un continent très dynamique

    On a pris le métro et mon interlocuteur m’a raconté qu’il y avait des rois, des châteaux, des cours royales, des protocoles, des alliances. Qu’il y avait du commerce avec la Chine et l’Inde, que les commerçants musulmans étaient une des sources de connaissance de cette période. L’Afrique n’était pas coupée du reste du monde. Le continent était dynamique, en échange avec les autres régions. Le Moyen Âge africain, du VIIIe siècle au XVe siècle. Une immense période historique qui reste à découvrir, sur laquelle ils sont encore peu nombreux à travailler. Une période qui va sans doute modifier notre vision de l’histoire mondiale et donc également de l’histoire occidentale. Il m’a dit un truc comme : « Il faut arrêter de former autant de spécialistes du XIXe siècle français et aller voir en Afrique. »

    Ce n’est pas seulement une étendue historique qui reste à explorer mais de véritables territoires. « On a à peine commencé à fouiller, faute de moyens et de spécialistes. » Les stations éclairées au néon défilaient et il a rassemblé ses mains vers le bas avant de les écarter lentement pour m’expliquer qu’il y avait des palais, des villes entières à découvrir sous le sable, qui allaient surgir. Il était 23 heures, on était dans le métro de la ligne 9 et on aurait dit qu’il mimait l’éclosion d’une fleur. « En Ethiopie, j’ai découvert trois villes ! Avec les habitations, les rues, les mosquées. Trois villes ! » (Je suis allée vérifier et c’est vrai. Il y a dix ans, avec son équipe, il a découvert trois cités médiévales musulmanes qui pourraient être les vestiges du royaume de Shoa qu’on connaissait par des textes mais qu’on n’avait jamais situé géographiquement.)
    https://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/la-recherche-des-cites-perdues-de-lafrique
    Ça m’a rappelé de vieilles discussions avec des potes. On se demandait à quoi ressemblaient la vie et l’art quand l’humain n’avait pas encore exploré toute la Terre. Quand on imaginait des ailleurs, des terres inconnues, des monstres fabuleux. Alors certes, je savais qu’il restait le fond des océans à découvrir. Mais là, j’avais face à moi un archéologue dont les yeux brillaient en évoquant des royaumes entiers qui sortiraient du sable, de la végétation et de l’oubli.
    http://www.slate.fr/sites/default/files/product_9782070454556_195x320.jpg
    Avant, je ne savais même pas que je ne savais rien. Maintenant, je sais qu’on ne sait rien. Et c’est assez excitant. Ce chercheur s’appelle François-Xavier Fauvelle, son livre sur le Moyen Âge africain s’intitule Le Rhinocéros d’or (il est sorti en 2013 et ça a été un gros succès). Il vient de publier un essai À la recherche du sauvage idéal qui a l’air tout aussi passionnant.

    #moyen-age #histoire #Afrique #historicisation

    https://seenthis.net/messages/645940 via mad meg


  • Pourquoi les riches s’autorisent-ils à frauder ? | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/153600/pourquoi-les-riches-autorisent-frauder
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/capture_2017-11-08_a_19.43.33.png
    C’est le fondement même de la pensée de Ayn Rand et de ses adorateurs : #supériorité, #morgue, #impunité et mépris des autres. Il se sentent en pleine #légitimité pour la #fraude, celle-la même qu’ils projettent dans leurs fantasmes sur les plus pauvres (pour aussi mieux les contrôler ET leur faire porter le chapeau de leurs propres sales comportements). En gros, nous nous laissons gouverner par des gorilles immatures…

    Dan Ariely, spécialiste d’économie comportementale et professeur à l’université Duke, a étudié la délinquance des cols blancs, celle qui émane des catégories supérieures. Une de ses études montre que des cas de tricherie sont plus courants au sein des universités de la Ivy-league, qui regroupe les plus prestigieux campus nord-américains avec des droits d’inscription de 50.000 dollars l’année en moyenne, qu’au sein des universités publiques américaines, aux coûts bien plus faibles.

    Pour le co-auteur du livre C’est vraiment moi qui décide, « les personnes qui approuvent le plus les moyens illégitimes de tricher sont celles qui auraient précisément les moyens de ne pas le faire ». D’après lui, c’est parce qu’elles se sentent supérieures qu’elles légitiment, inconsciemment ou consciemment, le droit d’agir de manière déviante et immorale.

    « La délinquance des cols blancs s’explique par le sentiment d’impunité qu’auraient les fautifs. Ils ont l’impression de pouvoir faire ce qu’ils veulent, du moment qu’ils ont payé pour. »

    De plus, sociologiquement, la plupart d’entre eux considèrent que « jamais personne ne pourra leur reprocher leur comportement déviant ».

    https://seenthis.net/messages/643933 via Agnès Maillard


  • L’ambassadrice pour les droits des femmes choisie par Trump pense que l’IVG est un génocide

    http://www.slate.fr/story/153558/droits-femmes-trump-anti-ivg-extremiste

    Selon le site Politico, la militante antiféministe Penny Nance va bientôt être nommée au poste d’ambassadrice pour les droits des femmes au département d’État américain.

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    Jusqu’ici, Nance était connue pour être présidente de l’organisation chrétienne Concerned Women for America (« Femmes inquiètes pour l’Amérique »), dont la mission officielle est de « protéger et promouvoir les valeurs bibliques et les principes constitutionnels à travers la prière, l’éducation et le militantisme ».

    En 2013, Nance avait écrit un éditorial faisant un parallèle entre les victimes de la Shoah et les fœtus avortés. Pour elle, la légalisation de l’avortement a mené à un « génocide » :

    « L’avortement est le combat des droits de l’homme fondamental de notre époque. Pour la génération de nos grand-parents, la Shoah était l’atrocité la plus terrible commise contre l’humanité. Près d’un million et demi d’enfants juifs ont été tués dans le génocide nazi. Ce qui est honteux, c’est que depuis longtemps, l’Amérique a surpassé ce nombre de petites vies perdues à cause d’un cruel génocide. »

    Le conservatisme rétrograde de Nance confine parfois à la parodie. En 2015, elle était devenue célèbre après avoir accusé le dessin animé La Reine des neiges de ne pas donner une image assez héroïque des hommes.

    « Nous voulons encourager la masculinité, pas diaboliser la masculinité », avait-elle conclu, en accusant Hollywood de ne pas montrer assez d’hommes dans des rôles positifs.
    Plusieurs associations ont déjà dénoncé le choix de Penny Nance pour le poste d’ambassadrice pour les droits des femmes. Une porte-parole de Planned Parenthood, l’organisation du planning familial américain, a déclaré que nommer Nance à ce poste était comme « mettre un pyromane à la tête d’une caserne de pompiers ».

    https://seenthis.net/messages/643314 via enuncombatdouteux


  • Quand un article sur les « bienfaits de la colonisation » fait imploser une revue scientifique | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/152360/article-bienfaits-colonisation-revue-scientifique

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/chaiseporteurs.jpg

    Tout a commencé avec la publication par la revue universitaire Third World Quarterly, au début du mois de septembre, d’un article intitulé « The Case for Colonialism » (« Le bien-fondé du colonialisme »). L’auteur, Bruce Gilley, professeur de science politique à l’université de Portland, estime qu’il est « grand temps de réévaluer la signification péjorative » du mot « colonialisme » :

    « La notion selon laquelle le colonialisme est toujours et partout une mauvaise chose nécessite d’être repensée au regard du grave coût humain d’un siècle de régimes et politiques anticoloniaux. »

    Gilley estime que la pensée anticoloniale a surestimé les coûts et sous-estimé les bénéfices de la colonisation et a un peu vite écarté la légitimité politique des régimes coloniaux. Pour lui, les bases de cette pensée n’étaient pas scientifiques mais « politiques et idéologiques » : « Le but n’était pas l’exactitude historique mais un plaidoyer pour l’instant présent. » Il cite des exemples de pays qu’il juge détruits par la décolonisation, comme la Guinée-Bissau, et estime que « peut-être que les Belges devraient revenir » au Congo.

    #colonialisme

    https://seenthis.net/messages/637248 via Reka


  • L’écriture inclusive, ça marchera jamais (et tant mieux) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/152102/ecriture-inclusive-marchera-jamais
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/capture_2017-10-04_a_12.49.26.png

    Alors qu’on s’écarte, j’ai une confession à faire. Il s’avère que je suis féministe –je suis persuadée qu’il vaut mieux vivre dans une société où les femmes et les hommes ont des droits égaux et je suis disposée à me battre pour pouvoir vivre dans une telle société et offrir au maximum de monde cette possibilité–, mais aussi assez fermement opposée à l’écriture inclusive. Comment se fait-ce ? Parce que je suis par ailleurs pragmatique et sais que les ambitions de l’écriture inclusive –être « un premier pas dans la lutte contre les inégalités », un « levier puissant pour faire progresser les mentalités [et] faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes »– ont toutes les chances de ne jamais se réaliser, vu qu’elle inverse le lien généalogique entre langage et représentations socio-culturelles.

    Les secondes ne sont pas engendrées par le premier. Le langage n’est pas une baguette magique qui façonne le monde à sa guise –et à celle de provisoires « dominants »–, mais un outil d’encodage, de description et de retranscription d’un réel qui lui préexiste. Un travail qui s’effectue depuis plusieurs milliers voire millions d’années dans le cadre (alias les limites) de notre « nature humaine », avec ses structures mentales universelles désormais bien connues.

    La première erreur que commettent les partisans de l’écriture inclusive, c’est de croire à la performativité du langage, telle que l’ont théorisée des personnes comme Judith Butler sur la base d’une lecture fallacieuse de John Langshaw Austin. Un tour de passe-passe qui aura transformé les actes de langage que sont les énoncés performatifs –toutes les formules faisant fonction d’action dans des circonstances précises, comme le « je vous déclare mari et femme » du bureaucrate en charge de vos épousailles– en langage agissant et détenteur de facultés littéralement thaumaturgiques. Une théorie trop super cool, si elle pouvait compter sur un ou deux faits objectifs susceptibles de la soutenir.

    Malgré la fabuleuse diversité « structurelle » des langues de par le monde, toutes les cultures assignent en tendance et spontanément les mêmes caractéristiques psychologiques à leurs hommes et à leurs femmes –les fameux « stéréotypes genrés »

    L’autre marigot épistémique dans lequel patauge joyeusement l’écriture inclusive a pour nom le déterminisme linguistique. L’hypothèse de Sapir-Whorf en est le spécimen le plus célèbre et toujours le plus redoutablement nuisible, qu’importe que sa réfutation soit pliée depuis une bonne quarantaine d’années, comme a pu notamment le démontrer en long et en large le psycholinguiste Steven Pinker dans son ouvrage L’Instinct du langage, publié aux États-Unis en 1994 et traduit en français en 1999.
    Le langage façonne le monde ?

    Le nœud théorique du déterminisme linguistique est le suivant : nos pensées sont déterminées par des catégories façonnées par notre langue et, dès lors, les multiples spécificités langagières présentes sur notre chic planète accouchent de modes de penser spécifiques chez leurs différents locuteurs.

    Il y a plein de choses intéressantes sur le langage dans ce texte. Mais il s’attaque aux intégristes de l’écriture inclusive. C’est toujours plus facile que de rechercher les divers usages de ce type d’écriture. Pour ma part, j’en fait un usage pour appuyer certains éléments dans lesquels l’absence de marqueur de genre serait une priorité au genre masculin. Pour le reste, on s’en passe très bien. Dans mon usage (modéré et consensuel ;-) l’écriture inclusive a un rôle pour souligner quelque chose sans avoir à y mettre des parenthèses insistantes ou des notes de bas de page. À ce titre, elle m’apparaît semblable à l’usage des emoticones : une manière de souligner, de dire en passant quelque chose que la voix ou le comportement pourraient très bien faire passer en situation orale. Bien évidemment, je n’ose imaginer un roman entier en écriture inclusive.

    #Féminisme #Ecriture_inclusive #Langage #Austin #Ecrit

    https://seenthis.net/messages/634859 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • L’Education « positive » n’est pas aussi positive qu’on croit | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/104319/education-positive

    "Wishfull thinking" mais objectif totalement impossible à tous parents de plus de trois enfants.

    Merci en tout cas à Meta d’avoir signalé ce papier.

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/educpositive.jpg

    L’éducation « positive » –qui consisterait à repenser les relations parent-enfant dans une perspective gagnant-gagnant– est partout : elle inonde la presse parentale, des blogs entiers et des milliers de pages de forums lui sont consacrée, les livres qui y font référence se vendent par poussettes entières –J’ai tout essayé, de la psychothérapeute Isabelle Filliozat s’est vendu par exemple à plus de 62.000 exemplaires–les conférenciers qui s’y réfèrent déplacent des foules. Encore confidentielle il y a 10 ans, elle est devenue aujourd’hui à ce point incontournable que le Conseil de l’Europe la considère comme l’approche éducative la plus à même de respecter les Droits de l’Enfant et a entrepris de diffuser une plaquette pour la populariser...

    Du statut d’alternative éducative, elle semble s’être érigée au rang de norme voire, comme le titrait récemment Libération, de « dogme ».

    https://seenthis.net/messages/628027 via Reka


  • Presque tous les pays dans le monde pourraient se lancer dans le 100% énergies renouvelables

    http://www.slate.fr/story/150372/pays-monde-energies-renouvelables

    La planète est prête pour dire au revoir aux énergies fossiles. C’est en tout cas ce qu’affirme une étude publiée dans le journal Joule et relayée par le site Popular Science. Elle propose une feuille de route pour l’énergie pour 139 pays responsables de 99% de la pollution mondiale, expliquant à chaque fois quelles ressources sont nécessaire pour que chacun puisse se passer des énergies fossiles et adopter les renouvelables. « Selon les résultats de l’analyse, la planète est pratiquement prête à se reposer uniquement sur le renouvelable d’ici 2050 », note Popular Science.

    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/wind-power.jpg

    Mark Jacobson et son équipe ont listé l’énergie solaire, la géothermie ainsi que le vent à disposition de chaque pays. Ensuite, ils ont calculé combien d’énergie il faudrait pour atteindre 80% d’énergies vertes d’ici 2030 et 100% d’ici 2050. « J’étais surpris de voir combien de pays avaient des ressources suffisantes pour s’alimenter en énergie renouvelable à 100% avec le vent, l’eau et le soleil », explique Jacobson.

    Si toutes les entreprises décident de passer à l’énergie renouvelable (rêvons un peu), il y a une phase où sa production baissera. Mais il ne faut pas oublier qu’une partie des énergies renouvelables déjà produite sert à financer l’utilisation des énergies fossiles, et qu’au final, chaque pays pourrait se reposer sur ces ressources non polluantes. « Nous pensons qu’une transition est possible et bénéfique de bien des façons, et il y a peu de défauts, conclut le chercheur. Comme pour tout, vous ne voulez pas changer, et c’est difficile de changer si ce qui est en place fonctionne. Mais, actuellement, les choses fonctionnent avec des conséquences monstrueuses. »

    https://seenthis.net/messages/624627 via enuncombatdouteux