• Le Figaro entend Allah Akbar partout ! | Taha Bouhafs et Jérémie Younes
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/le-figaro-voit-allah-akbar-partout

    Le Figaro a publié vendredi 29 juin un scoop EXCLUSIF : « Un commissariat de l’Eure attaqué par des jeunes aux cris d’Allah Akbar » [1]. Le quotidien du groupe Dassault nous apprend que des hordes de jeunes islamistes cagoulés ont attaqué des fonctionnaires de police dans une zone perdue de la République ! Quelques heures plus tard, on découvrait le pot aux roses : le scoop était en fait une fausse information. Source : Là-bas si j’y suis

    https://seenthis.net/messages/790679 via Rezo


  • « Violences contre les médias » : amalgames et mauvais procès - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Violences-contre-les-medias-amalgames-et-mauvais
    https://www.acrimed.org/IMG/png/aphatie-3.png

    "Résumons : pour Jean-Michel Aphatie, critiquer les médias revient à « souffler sur les braises ». Mieux : critiquer le rôle des éditocrates dans le champ médiatique, c’est « stigmatiser » l’ensemble des journalistes."

    "La remarque du député lui vaut les foudres du présentateur, Thomas Misrachi : « Merci M. Quatennens de contribuer à la haine ambiante contre les médias ». Bref, de la remise en cause d’un dispositif médiatique à la « haine des médias », il n’y aurait donc qu’un pas !"

    "Ces différents amalgames entre initiatives de blocage, manifestations, critique des médias, « appel à la haine » et violences n’ont rien de surprenant. Ils permettent à certains éditorialistes et tenanciers des médias de discréditer haut et fort toute action de protestation ou toute critique, en les mettant sur le même plan que des agressions physiques de journalistes – qui n’ont évidemment rien à voir avec notre critique des médias. Le caractère instrumental de cette indignation est d’autant plus évident qu’elle est à géométrie variable : car nombre de ceux qui s’indignent des violences contre les journalistes n’ont pas un mot ou presque lorsque celles-ci sont commises par la police."

    Extrême droite, les « gilets jaunes » font le ménage, pas les médias ! | Textes à l’appui | Là-bas si j’y suis
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/extreme-droite-les-gilets-jaunes-font-le-menage-pas-les-medias?fbclid=IwAR3O

    Gilets jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique Jérôme Latta - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Gilets-jaunes-la-crise-mediatique-dans-la-crise
    https://www.acrimed.org/IMG/png/capture3.png?1549374781

    "Les principes défendus doivent évidemment l’être. C’est précisément pourquoi il est permis de se demander s’ils le sont au quotidien par tous les médias et les journalistes qui se réunissent soudain sous la même bannière. C’est-à-dire de se demander quelle est la crédibilité de toute la fraction du monde médiatique qui invoque la démocratie et ses valeurs alors que, par exemple, elle approuve (ou laisse advenir) des atteintes en série contre les libertés fondamentales."

    "les attaques sont moins globalisantes qu’on veut bien le croire, qu’elles désignent d’abord les chaînes d’information et l’éditocratie, la fraction dominante du champ médiatique. Même du regrettable manque de discernement des gilets jaunes, il faut comprendre les causes."

    "Le traitement de la question des violences policières a fait office de révélateur paradoxal."

    "Combien de sujets pas moins essentiels sont pareillement et continuellement écartés ?"

    "On affirme avec raison qu’il est ridiculement généralisateur de dénoncer « les médias »"

    "Dans bien des domaines de l’actualité, combien de charlatans et de tartufes occupent les meilleures positions ? On a beau rire de plus en plus fort de ces invraisemblables spécimens du journalisme de révérence, mille fois discrédités ils persistent, se cooptent, s’éternisent."

    "dire en toutes lettres, voire en gros mots, l’abyssale nullité de l’éditorialisme national. Il faudrait, en somme, que les journalistes se désolidarisent de la chefferie et de l’éditocratie, voire s’insurgent à leur tour pour reprendre le pouvoir dans les rédactions. On n’en est pas à ce point-là, mais on s’en est peut-être rapproché. Des rédactions s’interrogent, des directions sont interpellées."

    "Nous arrivons – espérons-le – au terme de trois ou quatre décennies d’hégémonie de la pensée libérale, assurée par les pédagogues de la soumission, les évangélistes du marché, les chantres du there is no alternative sur toutes les grandes ondes, dans presque tous les quotidiens."

    "« Ceux qui pensent qu’après trente-cinq ans de matraquage néolibéral inouï, un changement de paradigme pourrait se faire dans le calme, sont soit des naïfs soit des complices », résume l’écrivain Laurent Binet.

    L’hostilité dont ils sont l’objet est aussi la conséquence d’un manque criant de pluralisme"

    "Loin d’assurer la contradiction, la pluralité des opinions, la présence d’une pensée critique, le débat politique est dissous dans le commentaire dérisoire des stratégies de communication et dans les amalgames débilitants des « extrêmes » et du « populisme »."

    "Si ceux qui exercent le pouvoir médiatique avaient été un contre-pouvoir, ils auraient assuré un minimum de contradiction à une doctrine économique qu’ils ont au contraire défendu jusqu’au dogmatisme. L’idéologie, c’était les autres."

    "S’ils avaient eu une conscience de leurs responsabilités, ils n’auraient pas ouvert si complaisamment les vannes, non seulement de la médiocrité, mais aussi des opinions les plus toxiques – comme pour mieux verrouiller l’alternative fatale entre le libéralisme et le fascisme, entre la stupidité et l’horreur."

    "Ils auraient accordé une place centrale à des sujets comme l’évasion fiscale, les atteintes aux libertés publiques, l’aggravation des inégalités et de la violence sociale, la faillite politique de l’Union européenne, le coût de la crise financière, le désastre écologique, le pouvoir des lobbies, etc. Ils auraient mis en examen les doctrines qui gouvernent, audité leurs conséquences, instruit les responsabilités."

    "Elle a souvent été un moment de déploration et de fatalisme condescendant qui impute l’essentiel de la responsabilité aux réseaux sociaux – sans se demander si leur succès n’était pas accentué par la perte de crédit des médias traditionnels."

    "Il est peut-être temps de promouvoir un « journalisme des opinions », un journalisme d’opinion qui ne se cache pas de l’être. Un journalisme qui dise toujours d’où il parle et d’où parlent ses interlocuteurs, qui ménage de véritables débats contradictoires "

    " Il faut enrayer la cooptation des médiocres, s’adresser à l’intelligence en faisant le pari de celle des citoyens"


  • « Lula, le prisonnier politique le plus important au monde » | Textes à l’appui
    Là-bas si j’y suis | Le 24 octobre 2018
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/noam-chomsky-j-ai-rencontre-lula-le-prisonnier-politique-le-plus-important-a
    https://la-bas.org/local/cache-gd2/6b/87bab6cd31ba8c8f6bce1feb4324b5.jpg?1540400822

    Fin septembre, accompagné de sa femme, Noam CHOMSKY (89 ans) est venu à la prison de Curitiba, capitale du Paraná, pour rendre visite à LULA, ancien président du Brésil. Alors qu’il était donné largement favori pour les élections, LULA a été condamné à une peine de 12 ans de prison pour corruption. Une peine qu’il conteste tout comme une grande partie des Brésiliens. Pour CHOMSKY, LULA est avant tout un prisonnier politique. Il dit pourquoi dans un article publié sur THE INTERCEPT. Nous vous en proposons une traduction :

    « Ma femme Valeria et moi, nous venons de rendre visite à celui qui est sans doute le prisonnier politique le plus important de notre époque, d’une importance sans équivalent dans la politique internationale contemporaine. Ce prisonnier, c’est Luiz Inácio Lula da Silva – plus connu dans le monde sous le nom de « Lula » – condamné à la prison à vie et à l’isolement, sans accès à la presse et avec des visites limitées à un jour par semaine.

    Le lendemain de notre visite, au nom de la liberté de la presse, un juge a autorisé le plus grand journal du pays, Folha de S. Paulo, à interviewer Lula. Mais un autre juge est aussitôt intervenu pour annuler cette décision, alors que les criminels les plus violents du pays – les chefs de milice et les trafiquants de drogue – sont régulièrement interviewés depuis leurs prisons. Pour le pouvoir brésilien, emprisonner Lula ne suffit pas : ils veulent s’assurer que la population, à la veille des élections, n’entende plus parler de lui. Ils semblent prêts à employer tous les moyens pour atteindre cet objectif.

    Le juge qui a annulé la permission n’innovait pas. Avant lui, il y a eu le procureur qui a condamné Antonio Gramsci pendant le gouvernement fasciste de Mussolini en 1926, et qui déclarait : « nous devons empêcher son cerveau de fonctionner pendant 20 ans. »

    Nous avons été rassurés, mais pas surpris, de constater qu’en dépit des conditions de détention éprouvantes et des erreurs judiciaires scandaleuses, Lula reste un homme très énergique, optimiste quant à l’avenir et plein d’idées pour faire dévier le Brésil de sa trajectoire désastreuse actuelle.

    Il y a toujours des prétextes pour justifier un emprisonnement – parfois valables, parfois pas – mais il est souvent utile d’en déterminer les causes réelles. C’est le cas en l’espèce. L’accusation principale portée contre Lula est basée sur les dépositions d’hommes d’affaires condamnés pour corruption dans le cadre d’un plaider-coupable. On aurait offert à Lula un appartement dans lequel il n’a jamais vécu.

    Le crime présumé est parfaitement minime au regard des standards de corruptions brésiliens – et il y a à dire sur ce sujet, sur lequel je reviendrai. La peine est tellement disproportionnée par rapport au crime supposé qu’il est légitime d’en chercher les vraies raisons. Il n’est pas difficile d’en trouver. Le Brésil fait face à des élections d’une importance cruciale pour son avenir. Lula est de loin le candidat le plus populaire et remporterait facilement une élection équitable, ce qui n’est pas pour plaire à la ploutocratie.

    #Brésil #Lula
    autre traduction : https://seenthis.net/messages/729317

    https://seenthis.net/messages/732037 via Loutre