*Urbanisme Colonial à Pointe-à-Pitre | 1848 – 1967*

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  • Urbanisme Colonial à Pointe-à-Pitre | 1848 – 1967
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    « Elle a germé, la ville, d’un magma de misère et d’un maigre cadastre, d’une eau trouble, d’une aurore cassée. Ce n’était qu’un comptoir, qu’une maison de passe, qu’un enclos, qu’un caillot, qu’une dissidence, qu’une blessure ouverte de l’histoire. »
    Ernest Pépin | 2007

    L’urbanisme colonial, après l’abolition de l’esclavage en 1848 en France, adopte bien des configurations en fonction des particularités économiques du pays colonisé, de la nature « bonne » ou « méchante » des colonisés, du climat et des caprices des éléments naturels, de la géographie, de l’héritage urbain et architectural, autochtone pré-colonial ou importé, et de la vocation de la ville – militaire, commerçante, industrieuse, administrative, agricole - assignée par l’administration.

    Mais la colonisation est par définition une domination spatiale, qui se décline en plusieurs échelles, du grand territoire à l’espace urbain des villes que le pouvoir colonial organise, réglemente et contrôle, selon deux grands principes : un principe discriminatoire, et social et racial, associé au principe répressif, principes atténués mais aussi fonctionnels dans les villes post-coloniales de l’Union française de l’après seconde guerre mondiale. Aimé Césaire, longtemps maire de Fort-de-France en Martinique déclarait ainsi : « Nous avons reçu les premiers CRS avant de voir la première application de la Sécurité Sociale. »

    Le cas de Pointe-à-Pitre est particulier, car il s’agit d’une ville nouvelle, fondée tardivement en 1763, et les activités de commerce, dans toutes leurs déclinaisons, supplantera les fonctions militaire et administrative, dédiées à Basse-Terre, ville protégée par un fort.

    Son mode d’urbanisation y est ainsi totalitaire, dans le sens où le dessin, la construction du socle sain de la ville – c’est-à-dire l’assainissement des terres marécageuses et leur viabilisation -, la gestion du foncier du domaine colonial propriété du Roy, puis de l’Etat, ont été assurés par l’administration militaire. L’urbaniste colonial dans ce cas précis se distingue par le dessin de la ville, l’organisation spatiale, l’affectation des sols, mais aussi par la distribution en concessions privées, des parcelles urbaines dans la ville viabilisée et des terrains sauvages de sa périphérie. Ville-port créée ex nihilo, rien ne peut échapper au contrôle de l’administration, tout y est organisé de manière à assurer à la fois la sécurité – contre les attaques des Anglais, des autochtones, des esclaves – et le bon développement de son économie ;

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