L’axe Washington-Riyad-Tel-Aviv (Le Monde diplomatique, 7 décembre 2017)

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  • L’axe Washington-Riyad-Tel-Aviv (7 décembre 2017)
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    L’annonce par le président Donald Trump de sa décision de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem ne suscitera pas beaucoup de réactions hostiles aux États-Unis : la plateforme du parti démocrate de 2016 réclamait en effet que la ville « demeure la capitale d’Israël » (comme si ce choix revenait aux États-Unis…) ; celle du parti républicain reconnaissait Jérusalem « comme la capitale éternelle et indivisible de l’État juif » et insistait pour que l’ambassade américaine y fût déplacée « conformément à la loi des États-Unis » (le Congrès a souvent voté des résolutions en ce sens, à des majorités écrasantes).

    De fait, depuis près de trente ans la position de Washington épouse presque systématiquement celle des dirigeants israéliens. Et la révélation d’une intervention d’un proche de M. Trump auprès de l’ambassadeur russe, destinée à empêcher le vote d’une résolution condamnant la colonisation israélienne de territoires palestiniens, a, bizarrement, été présentée comme une preuve (supplémentaire) des liens entre MM. Poutine et Trump alors qu’elle démontrait surtout la collusion entre le président américain et son gendre et le premier ministre israélien Netanyahou.

    Désormais, Israël peut également compter sur l’appui tacite de l’Arabie saoudite qui a fait de l’Iran son ennemi principal. Au point que le royaume a combattu la République islamique en Syrie (comme Israël), qu’il a tenté de déstabiliser le Liban (où le Hezbollah est allié à Téhéran) et qu’il livre une guerre impitoyable aux rebelles du Yémen soupçonnés d’appuyer l’Iran dans la région. Une guerre impitoyable et néanmoins « oubliée », qu’appuie Washington, dans le silence complice des chancelleries européennes, comme la France — dont les armes s’exportent toujours aussi bien dans le Golfe.