https://orientxxi.info


  • Frankenstein à Khartoum
    « Hemetti », l’homme derrière les massacres ·

    https://orientxxi.info/magazine/frankenstein-a-khartoum,3133
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/349bc690ebade7767ae841a36bff24-69185.jpg?1559564802

    Le Conseil militaire de transition a décidé d’en finir avec le mouvement populaire au Soudan. Plus connu sous le nom d’« Hemetti », le numéro 2 du pouvoir Mohamed Hamdan Dagolo est une pièce maîtresse de la répression. Au-delà de sa sulfureuse réputation de criminel, la trajectoire de cette « créature » du régime d’Omar Al-Bachir permet de comprendre la résistance de l’État profond aux changements.

    https://seenthis.net/messages/785083 via Nouvelles d’Orient



  • Inde. Quand le Golfe ne fait plus rêver
    https://orientxxi.info/outils/l-emigration-indienne-vers-le-golfe-entre-en-crise,3019

    Les nouvelles aspirations des jeunes et des femmes · Exportateur de main-d’œuvre vers la péninsule Arabique depuis le début des années 1970, l’État indien du Kerala affronte un tournant majeur de son histoire, avec le tarissement des départs vers le Golfe. Pourtant, l’économie locale continue de vivre sous perfusion des revenus tirés de l’émigration.

    #Économie


  • Gaza. Une catastrophe sanitaire délibérément entretenue
    Ahmed Abbes > 7 mars 2019
    https://orientxxi.info/magazine/gaza-une-catastrophe-sanitaire-deliberement-entretenue,2951
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/32b8fe810c3e81c0f4eb16ef19153b-2529b.jpg?1551887069

    Ahmed Abbes. – Vous vous rendez depuis plus de huit ans à Gaza ; pourriez-vous nous décrire la situation sanitaire dans cette enclave et son évolution sous l’effet du blocus ?

    Tarek Loubani. — La situation sanitaire à Gaza est désastreuse et elle s’aggrave encore. Depuis la Grande Marche du retour (voir encadré), ce qui était un désastre à développement lent est devenu une catastrophe manifeste et actuelle. Le blocus a éliminé la capacité du système de santé à gérer les besoins quotidiens en soins longtemps avant le début de la Marche.

    Les patients souffrant de maladies chroniques comme les affections rénales et le diabète pâtissaient déjà du manque d’équipement approprié — des machines à dialyse par exemple —, et des médicaments nécessaires pour gérer leur pathologie. Les patients atteints d’un cancer étaient et restent complètement soumis au caprice de l’appareil de sécurité israélien qui est accusé d’échanger l’accès des patients cancéreux à un traitement vital contre des renseignements et des interrogatoires de ces patients. Que ce soit intentionnel ou non, le blocus empêche des médicaments essentiels et des équipements médicaux d’entrer dans Gaza. Il empêche le personnel de santé palestinien de voyager librement pour se former ailleurs et le personnel de santé international, comme moi, de voyager librement pour fournir des soins et des formations dans Gaza. Il dégrade aussi, et élimine, l’infrastructure essentielle dont tout système de santé a besoin pour survivre, comme l’électricité ou l’eau potable.

    Il y a eu une brève lueur d’espoir quand l’Égypte a élu son premier gouvernement démocratique en 2012. Les conditions de soins se sont améliorées de manière significative jusqu’à ce qu’une dictature militaire renverse le gouvernement et relance la collaboration de l’Égypte, en position subalterne, au blocus israélien. Cette période nous montre à quel point Gaza est capable de défendre son propre système de santé et de prendre soin de sa population si on ne l’empêche pas activement de le faire. (...)

    #GAZA

    https://seenthis.net/messages/765506 via Loutre


  • États-Unis. Fronde au parti démocrate contre l’influence israélienne
    Sylvain Cypel > 12 mars 2019
    https://orientxxi.info/magazine/etats-unis-insurrections-au-parti-democrate-contre-l-influence-israelien
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/c7a654ae0af1b856b3a8bda6e905ea-e9adf.jpg?1552295653

    Rashida Tlaib fait partie de ce que l’on appelle aux États-Unis « l’escouade des 4 ». Quatre nouvelles élues, classées « progressistes », entrées à la Chambre des représentants à l’occasion de la vague démocrate qui a vu ce parti engranger son plus grand succès électoral depuis 1974 et reprendre aux républicains la majorité dont ils disposaient depuis 2010. Ces quatre femmes sont toutes jeunes, beaucoup plus à gauche que ne l’est l’appareil du parti, et issues des « minorités » : Rashida Tlaib est palestinienne (née à Detroit, au Michigan, un État qui regroupe la principale population d’origine syro-libano-palestinienne aux États-Unis) ; Ilhan Omar est une réfugiée somalienne ; Ayanna Pressley est une Afro-Américaine et Alexandria Ocasio-Cortez est portoricaine. Toutes partagent enfin un point commun peu fréquent dans le parti démocrate : elles défendent ardemment la cause palestinienne. (...)

    https://seenthis.net/messages/766767 via Loutre


  • L’antisionisme est-il une forme d’antisémitisme ?
    Réponse d’un intellectuel arabe à Emmanuel Macron
    Azmi Bishar

    https://orientxxi.info/magazine/l-antisionisme-comme-phenomene-juif,2946
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH398/322045b369314f2d7e9bf8c35604ae-d3358.jpg?1551783960

    Le 19 février 2019, en visite au cimetière juif alsacien de Quatzeheim où des dizaines de tombes ont été retrouvées profanées par des croix gammées, le président français Emmanuel Macron s’est engagé à prendre des mesures juridiques pour combattre l’antisémitisme. « On prendra des actes, on prendra des lois et on punira », a-t-il déclaré. Plus tard dans la journée, il s’est rendu au mémorial de la Shoah à Paris, aux côtés des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Le lendemain, dans le discours qu’il a prononcé au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), il a promis que son pays inscrirait dans la loi la définition de l’antisémitisme établie par l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA). Or cette définition est élargie à l’antisionisme, qu’Emmanuel Macron a déclaré être « une des formes modernes de l’antisémitisme ». Il ne fait aucun doute que vandaliser des tombes avec des graffitis outrageants est un crime de haine antisémite, mais quel rapport y a-t-il entre un tel acte et l’antisionisme ou la position que l’on peut avoir à l’égard d’Israël ?

    https://seenthis.net/messages/764878 via Nouvelles d’Orient


  • Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale
    Israël/Palestine > Alain Gresh > 19 février 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/antisionisme-antisemitisme-et-ideologie-coloniale,2921
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/71048fd02be9bc52e2cab9f0b6037e-751db.jpg?1550575281

    Dans le débat qui agite la France autour de l’antisémitisme, deux dimensions sont souvent absentes : le fait que, durant la première moitié du XXe siècle, la grande majorité des juifs était hostile au sionisme (étaient-ils aussi antisémites ?) ; que la caractéristique principale de ce mouvement était de s’inscrire dans une logique coloniale de conquête et de peuplement. Extraits du livre d’Alain Gresh, Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2017).

    https://seenthis.net/messages/761437 via Loutre


  • #Soudan. Le grondement de colère de la jeunesse

    Cette insurrection dont les médias parlent si peu · Voilà un mois que le Soudan est en insurrection, et la jeunesse est en première ligne. Elle se révolte contre un régime militaire en place depuis trente ans et dont la faillite est totale sur les plans économique, social et politique. Pourtant, ce mouvement, similaire à celui qui a saisi le monde arabe à l’hiver 2010-2011 rencontre peu d’échos à l’étranger.
    https://orientxxi.info/magazine/soudan-le-grondement-de-colere-de-la-jeunesse,2865
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/e80326099c9805d2c35bb32e66e15dfd.jpg?1548068426
    Illustration : 23 décembre 2018. — Rassemblement des exilés soudanais à Paris, en solidarité avec le soulèvement au Soudan.
    Sara Creta : https://saracreta.com/portfolio/sudan-uprising-in-paris

    #Frères_musulmans #Dictature #Jeunes #Révolution

    https://seenthis.net/messages/754037 via ¿’ ValK.


  • Benyamin Nétanyahou. Fin ou accomplissement du rêve sioniste ?
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/fin-ou-accomplissement-du-reve-sioniste,2856

    Dans son livre, Jean-Pierre Filiu revient sur l’incroyable carrière de Benyamin Nétanyahou, et l’affirmation hégémonique en Israël d’une version radicale du sionisme, violemment nationaliste et anti-arabe. Mais la rupture avec la période précédent marquée par le pouvoir travailliste est-elle vraiment radicale ? De quoi Nétanyahou est-il le nom ? s’interroge Jean-Pierre Filiu dans son dernier ouvrage : Main basse sur Israël. Nétanyahou et la fin du rêve sioniste. Spécialiste du monde arabe et du djihadisme (...)

    #Politique


  • Bziz, l’humoriste qui ne fait pas rire le roi du Maroc
    Omar Brousky

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/bziz-l-humoriste-qui-ne-fait-pas-rire-le-roi-du-maroc,2848
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/d907a8951b586caa5dd027bc2b33c0-e2396.jpg?1547451554

    Ahmed Snoussi — surnommé Bziz (le garnement) — est un mythe vivant de l’humour politique au Maroc, ce qui lui vaut une interdiction qui dure depuis un quart de siècle. Il vient d’être convoqué par la police judiciaire de Casablanca. Motif ? Il a dénoncé sur sa page Facebook les arrestations arbitraires des artistes du Rif lors du Hirak de 2016-2017. Un texte rédigé il y a… un an et demi. Portrait d’un artiste entêté.

    https://seenthis.net/messages/752169 via Nouvelles d’Orient


  • Jocelyne Saab. La résistance tenace d’une cinéaste libanaise
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/jocelyne-saab-poursuivre-la-resistance,2852

    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH399/9746327293b6c2c6ce26b26ddc8bbb-22a74.jpg?1547284992

    La cinéaste libanaise Jocelyne Saab est décédée le 7 janvier 2019 des suites d’une longue maladie. Elle laisse derrière elle une œuvre monumentale et l’exemple d’une carrière éblouissante, au plus proche des fractures historiques qui ont déchiré son pays et sa région du monde, toujours du côté de la résistance et de la liberté. Un témoignage indispensable pour l’histoire et nécessaire pour repenser l’écriture de l’histoire des images.

    https://seenthis.net/messages/751327 via Nouvelles d’Orient



  • Egypte. Quand l’avenir était à portée de la main | Omar Robert Hamilton
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/discours-d-omar-robert-hamilton-a-l-ima,2826

    Le texte qui suit est le discours prononcé par l’écrivain anglo-égyptien Omar Robert Hamilton le 24 octobre 2018 à l’Institut du monde arabe (IMA) lors de sa réception du Prix de la littérature arabe 2018 qui lui a été attribué pour La ville gagne toujours (Gallimard, mars 2018), récit d’une révolution égyptienne vécue par toute une génération aujourd’hui muselée. Source : Orient XXI

    https://seenthis.net/messages/748429 via Rezo


  • Que signifie l’adoption d’une loi antiraciste en Tunisie ?
    https://orientxxi.info/va-comprendre/que-signifie-l-adoption-d-une-loi-antiraciste-en-tunisie,2787

    Le 26 décembre 2016, lors de la journée nationale contre les discriminations raciales en Tunisie, le premier ministre Youssef Chahed avait annoncé le débat en urgence d’une loi contre le racisme : « Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités ; une loi qui criminalise la discrimination ». Il aura fallu près de deux ans pour que le Parlement adopte, mardi 9 octobre 2018, une loi contre le racisme, une première historique dans le monde arabe. Unanimité contre le racisme Le 9 octobre 2018, (...)

    #Social


  • Mainmise des généraux sur le ciment égyptien – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/22/mainmise-des-generaux-sur-le-ciment-egyptien
    https://orientxxi.info/IMG/arton2767.jpg?1542564975

    Ouvriers de Tourah Cement Company, la plus ancienne cimenterie d’Égypte.

    Sur l’autoroute de 120 km qui relie le gouvernorat de Beni Suef au Caire, trois imposantes constructions se dressent en plein désert : une aciérie, propriété d’un affairiste proche des services de renseignement militaire, une prison et la plus grande cimenterie du monde contrôlée par l’armée égyptienne. Le 15 août 2018, le président Abdel Fattah Al-Sissi a inauguré en grande pompe ce gigantesque complexe d’une capacité de 12,8 millions de tonnes/an (Mt/an) qui a bouleversé le marché du ciment en Égypte. Sixième producteur mondial en 2017, sa production totale (69 Mt/an) est le fait de 29 entreprises. À partir de 2015, l’armée a augmenté sa production de 4 Mt/an, la portant à plus de 22 Mt/an et a porté un coup sévère à ses concurrents du privé comme du secteur public, conduisant notamment à la disparition d’un important groupe appartenant à l’État.

    FERMETURE DES ENTREPRISES D’ÉTAT
    Al-Quomia a fermé le 17 mai 2018 en raison de pertes considérables : 47,452 millions d’euros (971,3 millions de livres égyptiennes, LE) pour l’exercice 2017, mettant au chômage plus de 2 300 salariés. Jusqu’en 2014, le groupe, rare rescapé des privatisations de l’ère Moubarak, produisait plus de 4,5 Mt/an, mais à partir de l’année suivante, il a dû fermer l’une après l’autre ses quatre cimenteries. Sa direction invoque la hausse des coûts de production, de l’exploitation des carrières, de la maintenance. De même, sur ordre du gouvernement, la conversion au charbon à la place du gaz naturel — meilleur marché — comme combustible.

    Dans son allocution, le président Al-Sissi a prétexté les salaires élevés des ouvriers, près de 14 000 LE (700 euros) par mois pour justifier la fermeture d’Al-Quomia, mais des sources internes font état de 6 000 à 7 000 LE et la Cour des comptes, assez indépendante, juge que l’arrêt de la production début 2017 a « causé de lourdes pertes au lieu de régler les problèmes ». Un actionnaire privé (3 % du capital échappe à l’État) a même accusé en public la direction du groupe de « complicité dans l’accaparement du marché par les militaires ». Il ne reste plus qu’une seule société d’État dans le secteur, Al-Nadha, désormais dirigée elle aussi par un général.

    Selon le président Al-Sissi, la nouvelle cimenterie de Beni-Suef répond aux besoins du marché et réduira l’importation de ciment. Il n’en est rien. Selon le vice-président de la branche ciment à la Fédération des industries égyptiennes (Federation of Egyptian Industries, FEI) Ahmed Draz, en 2017 la capacité de production était de 69 Mt/an, « alors que la demande n’a pas dépassé 52 Mt ». Selon lui, le secteur affronte la hausse des coûts, la surproduction de ciment et le problème des carrières, autant de défis qui affaiblissent les entreprises.

    Malgré leurs pertes et la surproduction qui pèsent sur le secteur, les généraux ont voulu s’imposer à tout prix. Cela a commencé en 2001 avec la construction de la cimenterie d’Al-Arich, au Nord-Sinaï (4 Mt/an), mais depuis 2015 leur appétit a été décuplé. En 2014, un décret d’Al-Sissi confère à l’armée le droit de gérer les carrières. « Depuis, les tarifs du sable ont triplé » , dit-on à la FEI. En février 2018, Al-Arich a porté sa production à 9,6 Mt/an. Avec la nouvelle unité de Beni-Suef qui a coûté 1,2 milliard de dollars (1,05 milliard d’euros) financés par l’armée, mobilisé 8 000 ouvriers nuit et jour pendant deux ans et emploie une technologie chinoise, la production totale de ciment en Égypte sera en année pleine de 87 Mt/an.

    LE QUART DE LA PRODUCTION NATIONALE
    L’objectif de cette offensive à la hussarde est de redessiner la carte du ciment en Égypte. « Les forces armées veulent restructurer le marché, contrôler le prix du ciment et empêcher les privés de le manipuler », affirme Ahmed Al-Zeini, président de la branche à la FEI. Selon la banque CL Capital, l’armée est désormais le cimentier n° 1 en Égypte, avec le quart de la production nationale. Le marché subira de fortes fluctuations pendant des années, « l’impact des projets militaires sur le secteur se fera sentir jusqu’en 2022 », note la banque. Certaines entreprises en souffrent déjà, notamment les multinationales étrangères.

    Al-Suez, 2e producteur du pays, qui appartient à l’allemand Heidelberg et à l’italien Italcementi, a déjà perdu 1,1 milliard de LE (54 millions d’euros) en 2017 et s’attend à de nouvelles pertes en 2018. Pour s’en sortir, Lafarge Égypte, 3e producteur (environ 10 Mt/an), exporte jusqu’à 20 % de sa production. Ce n’est pas la solution miracle, les prix internationaux sont inférieurs au coût de revient local.

    Privées ou publiques, égyptiennes ou étrangères, les entreprises sont coincées entre un marché intérieur déprimé qui achète au meilleur prix et un concurrent en kaki qui jouit d’énormes avantages : l’armée ne paie ni droits de douane ni impôts, elle emploie des conscrits non rémunérés dans ses installations, bénéficie de réductions sur les transports et dispose gratuitement de carrières. Enfin, des généraux à la retraite sont en poste dans des ministères de tutelle décisifs pour le secteur comme les transports, l’approvisionnement et l’habitat.

    DES SINÉCURES POUR LES OFFICIERS
    Fort de ses privilèges, les cimenteries militaires vendent en moyenne la tonne de ciment 860 LE (42,59 euros) alors que les coûts de production dans le privé et chez Al-Nadha, la dernière société d’État, atteignent 940 LE (46,55 euros).

    De fait, le ciment n’est pas une exception. L’armée investit en effet dans presque tous les secteurs de l’économie : acier, marbre, cuir, agroalimentaire, électroménager, médicament en liaison avec des laboratoires étrangers… Les profits, s’il y en a, vont directement dans la poche de l’institution militaire dont le budget reste un secret et qui s’érige peu à peu en pôle économique rival du secteur public. L’État y perd d’importantes recettes fiscales et des ressources pour ses services publics, les militaires y gagnent des postes pour les officiers généraux mis à la retraite, la population un ciment à peine moins cher compte tenu de la lourdeur des circuits de distribution.

    Si Gamal Abdel Nasser nationalisait pour rendre le pays autosuffisant, Al-Sissi étend l’emprise des généraux à toute l’économie à coup d’avantages exclusifs et de coups de pouce discrets pour offrir des sinécures aux officiers supérieurs   .JAMAL BOUKHARI  Journaliste basé en Egypte.                                  https://orientxxi.info/magazine/mainmise-des-generaux-sur-le-ciment-egyptien,2767


  • Que valent les réformes économiques imposées dans le monde arabe ?
    https://orientxxi.info/dossiers/que-valent-les-reformes-economiques-imposees-dans-le-monde-arabe,2728

    La réforme des économies arabes est plus que jamais à l’ordre du jour. Et pour cause. Le taux de chômage y est estimé à 10 % en 2017, contre 5,5 % en moyenne dans le monde. Un chiffre qui cache encore d’importantes disparités. Ce taux est de 12,1 % en Égypte, 14,9 % en Jordanie, 15,4 % en Tunisie. Le (...)

    #Économie


  • Un si mystérieux ministère israélien des affaires stratégiques
    Eyal Hareuveni > 29 octobre 2018 > Traduit de l’anglais par Pierre Prier.
    https://orientxxi.info/magazine/un-si-mysterieux-ministere-israelien-des-affaires-strategiques,2707
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH398/3aeb26f090834c547a7634a1300aca-3e5d0.jpg?1540750221

    Inquiet de la montée du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) de solidarité avec les Palestiniens, le gouvernement israélien tente d’organiser la riposte, n’hésitant pas à espionner des citoyens dans des pays étrangers, comme aux États-Unis. Il a créé un discret ministère des affaires stratégiques à cette fin, dont le bilan est pour le moins mitigé.

    C’est le plus discret des ministères israéliens. On ne peut trouver aucune information sur le ministère des affaires stratégiques sur le portail en ligne du gouvernement israélien ni dans le budget annuel du ministère des finances pour cette année ou pour l’année 2019. Le ministère n’a pas de site web dédié, contrairement à toutes les autres agences gouvernementales israéliennes — dont le Mossad, le Shin Bet (les services de sécurité extérieure et intérieure) et l’Agence atomique d’Israël. Ni les numéros de téléphone ni l’adresse du ministère ne figurent dans l’annuaire téléphonique d’Israël
     : il prétend que la loi israélienne sur la liberté d’informer ne s’applique ni à son action ni ses dépenses. Et sa directrice, Sima Vaknin-Gil, ancienne cheffe de la censure militaire refuse de fournir la moindre information significative sur son institution à la Commission de la transparence du Parlement. (...)

    https://seenthis.net/messages/732139 via Loutre


  • Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/28/palestine-israel-lineluctable-effondrement-des-accords-doslo
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/fa89adbe4950b369d8effb1870207c55.jpg?1538655943

    Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo
    octobre 28, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    Il existe désormais une unanimité parmi les Palestiniens pour estimer que les accords d’Oslo de septembre 1993 ont échoué. Ce processus dont on avait espéré qu’il aboutirait à la création d’un État palestinien indépendant après cinq ans d’autonomie limitée aura en réalité engendré de nouveaux mécanismes de domination à l’intérieur des territoires palestiniens occupés. Pourquoi ?

    Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat à la Maison Blanche, 13 septembre 1993.
    (Photo Vince Musi/La Maison Blanche)
    L’échec du processus engagé à Oslo en 1993 est patent. Il peut être attribué à quatre facteurs principaux, que l’on peut citer par ordre d’importance et que l’on va examiner :

    ➞ l’absence de toute volonté de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien de la part des gouvernements israéliens successifs ;

    ➞ la partialité du médiateur américain dans les négociations ;

    ➞ la faiblesse du mouvement national palestinien ;

    ➞ la récente multiplication de tragédies dans le monde arabe, faisant reculer le caractère central de la question palestinienne.

    LA VISION ISRAÉLIENNE D’UN CONFLIT SANS ISSUE
    Pour Israël le conflit avec les Palestiniens est existentiel et sans issue. Il aura réussi, grâce aux accords d’Oslo, à résoudre un problème inextricable auquel il a été confronté par sa victoire de 1967 : se retrouver avec les populations palestiniennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, en plus des Palestiniens de 1948 compromettait gravement son caractère « juif ». Une réflexion a alors été entamée dès 1967 avec le projet de Yigal Allon, alors vice-premier ministre, de création d’une entité palestinienne formée de petits cantons isolés avec des fonctions politiques limitées, Israël déclinant ainsi la responsabilité de gérer les habitants palestiniens.

    Yitzhak Rabin et Shimon Peres ont retenu ce choix et décidé de négocier avec la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Sortie affaiblie de la crise engendrée par l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, l’organisation faisait face à un boycott politique et financier. Sa popularité dans les territoires lui permettait toutefois de faire accepter les accords d’Oslo. La direction palestinienne avait fait le pari que ces accords allaient, pour la première fois dans l’histoire, consacrer la réalité de la nation palestinienne sur le territoire de la patrie. Elle a considéré que les facteurs de souveraineté seraient peu à peu réunis et que les accords d’autonomie pourraient ensuite évoluer, après la phase transitoire de cinq ans, vers un État indépendant.

    L’Autorité palestinienne (AP) n’ignorait certainement pas les difficultés des négociations qui s’annonçaient quant aux questions du statut final : Jérusalem, les réfugiés, les colonies, les frontières, les ressources en eau, mais elle a estimé que l’acceptation par Israël de mettre ces questions à l’ordre du jour (après avoir longtemps insisté pour un ordre du jour laissé libre à chaque partie sans engagement préalable) valait d’une part engagement des Israéliens, et préfigurait d’autre part les grandes lignes du statut final1.

    Mais toutes les concessions faites par le leadership de l’OLP — y compris la suppression, lors de la 21e session du Conseil national palestinien (CNP) tenue à Gaza du 22 au 25 avril 1996, des articles de la Charte nationale qui étaient en contradiction avec les lettres échangées entre l’OLP et le gouvernement israélien les 9 et 10 septembre 19932 — n’auront pas réussi à préparer la voie à un retrait israélien de tous les territoires occupés ni à une transformation de la jeune entité nationale palestinienne en un véritable État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. Le refus par Israël de s’acquitter de ses engagements et les nouvelles réalités imposées sur le terrain par ses gouvernements successifs, notamment la poursuite de la colonisation, ont créé les conditions d’une seconde intifada. Celle-ci va commencer fin septembre 2000, après l’impossibilité pour Yasser Arafat et Ehoud Barak de parvenir, lors des négociations de Camp David en juillet 2000, à une solution sur le statut final.

    UNE LUTTE POUR LA SURVIE
    Depuis le début du troisième millénaire est apparu en Israël un « néo-sionisme » à caractère nationaliste et religieux, répandant l’idée que le conflit avec les Palestiniens est une lutte pour la survie sans autre solution que la totale reddition du peuple palestinien, arguant que la société israélienne devait initier de nouveau la jeune génération à « l’esprit combatif de 1948 » et renforcer « l’unanimité nationale ». Ce néo-sionisme s’est accompagné d’un recul de tous les signes de dissension que la société israélienne avait pu connaître dans les années 1990, comme le phénomène des « nouveaux historiens », celui des « sociologues critiques » ou encore du « post-sionisme ». Il s’est doublé d’une déliquescence du mouvement de la paix, mais aussi d’un recul de la démocratie et de ses institutions, avec une importance accrue donnée au caractère juif de l’État,comme en témoigne le projet de loi fondamentale « Israël est l’État national du peuple juif » que le Parlement a commencé à discuter, et qui considère que le droit à l’autodétermination ne concerne que ce peuple, et tend à marginaliser le statut des Arabes palestiniens en Israël et à légaliser la discrimination raciale exercée contre eux3.

    Non contents de faire fi des conditions d’une paix juste avec les Palestiniens, les dirigeants israéliens ont lancé à la faveur de ce néo-sionisme quatre guerres contre la Cisjordanie et Gaza, la dernière à l’été 2014, mus en cela par une conviction bien ancrée selon laquelle le conflit avec les Palestiniens était une lutte existentielle qui ne pouvait avoir d’autre solution qu’une reddition totale et forcée du peuple palestinien. C’est ce qu’a déclaré sans ambages Benyamin Nétanyahou en 2014 dans un entretien exclusif avec des écrivains israéliens organisé par le journal Haaretz. À la question posée par l’écrivain et cinéaste Etgar Keret sur la solution imaginée par le premier ministre pour le conflit du Proche-Orient, celui-ci s’est lancé dans un interminable exposé sur la menace nucléaire iranienne et l’instabilité que plusieurs régimes de la région devaient affronter. Face à l’insistance de l’écrivain pour obtenir une réponse claire, Nétanyahou reconnaissait, selon les termes de Keret, « qu’il ne ferait rien pour résoudre ce conflit, car c’était un conflit insoluble »4.

    Afin d’imposer cette reddition au peuple palestinien, les gouvernements israéliens successifs se sont évertués à briser sa volonté de résistance, et à l’empêcher de poursuivre sa lutte pour ses droits nationaux. Cet objectif a été clairement affiché lors de l’invasion israélienne des villes de Cisjordanie en mars 2002, dans le cadre de l’opération nommée « Bouclier défensif ». Au cours de cette offensive, le chef d’état-major israélien de l’époque, le général Moshe Yaalon avait déclaré qu’il s’agissait de « marquer au fer rouge la conscience palestinienne » afin que « les Palestiniens comprennent au plus profond d’eux-mêmes qu’ils étaient un peuple vaincu ». Et cette expression « marquer au fer rouge » est devenue dans la propagande israélienne synonyme de faire plier les Palestiniens et leur infliger une défaite morale permanente en diffusant parmi eux une culture de la terreur et de l’effroi, en leur insufflant un esprit de perpétuelle impuissance.

    Yehuda Shaul, ex-officier dans l’armée israélienne qui a participé à l’opération « Bouclier défensif » rappelle les propos de Moshe Yaalon qu’il commente dans un article paru dans Le Monde sous le titre « Prétendant se défendre Israël attaque » : « Moshe Yaalon, le chef d’état-major de l’époque devenu aujourd’hui ministre de la défense nous exhortait à « brûler la conscience palestinienne ». Pour répondre à cet appel, on nous envoyait intimider et punir une communauté tout entière. Ces opérations étaient fondées sur la conviction que les civils s’abstiendraient de se révolter si on les brutalisait, si on les opprimait et si on les effrayait. Autrement dit, une « conscience brûlée était une conscience effrayée ». Yehuda Shaul poursuit : « Dans le cadre de cette “prévention”, mes amis et moi avons appris à considérer tout Palestinien comme un ennemi et, en tant que tel, comme une cible légitime à attaquer. Lorsque nous partions en opération pour “montrer notre présence”, notre but était d’effrayer et de désorienter la population civile afin de lui faire comprendre qu’elle était sous notre contrôle. D’autres fois, nous “prévenions” le terrorisme en imposant une punition collective à des Palestiniens innocents. »5

    LA PARTIALITÉ DES ÉTATS-UNIS
    Les États-Unis portent une lourde responsabilité dans l’impasse de la paix au Proche-Orient. Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en janvier 2017, ce pays sera clairement passé d’une simple gestion de la crise à une véritable démarche de liquidation des éléments clés de la question palestinienne, à savoir la question de Jérusalem et celle des réfugiés. Au cours des quelques mois qui se sont écoulés, l’administration a reconnu Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et décidé le transfert dans cette ville de son ambassade à Tel-Aviv. De même, elle a décidé la réduction du montant de sa contribution financière à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit des services à plus de 5 millions de réfugiés palestiniens. Elle se montre désormais en phase avec les appels israéliens à liquider cette agence des Nations unies pour préparer la voie à l’exclusion définitive de la question des réfugiés de toute négociation. De même a-t-elle commencé à menacer d’arrêter sa contribution au financement de l’Autorité palestinienne tant que les Palestiniens ne reprendraient pas le chemin des négociations aux conditions israéliennes.

    À dire vrai, cette démarche de liquidation avait été déjà entamée par Georges W. Bush. Son administration avait, avec la fin de ses opérations militaires en Irak le 30 avril 2003, présenté une « feuille de route » dans le but de parvenir à « une solution pour le conflit israélo-palestinien sur la base de deux États »6. Alors que la direction de l’OLP avait donné son accord à cette feuille de route, le gouvernement Likoud d’Ariel Sharon lui avait opposé quatorze points de réserve et s’était évertué à la faire avorter.

    Plutôt que de dénoncer cette attitude, l’administration américaine avait préféré récompenser l’extrême droite israélienne par une lettre de garanties présentée par Georges W. Bush le 14 avril 2004 à Ariel Sharon, et qui représentait une régression par rapport à toutes les positions adoptées par les administrations successives depuis 1967, sur les réfugiés, les frontières et les colonies. Après avoir favorablement accueilli, dans cette lettre, le projet de « désengagement » israélien de la bande de Gaza que Sharon avait l’intention de réaliser, et avoir renouvelé son engagement vis-à-vis de la sécurité d’Israël, le président américain avait considéré qu’une solution juste et honnête de la question des réfugiés palestiniens se ferait à travers la création d’un État palestinien qui accueillerait les réfugiés plutôt que de les voir s’installer en Israël. Et que les frontières sûres et reconnues pour Israël devraient tenir compte des réalités nouvelles sur le terrain, y compris les grands blocs de colonies, considérant irréaliste « l’idée que le résultat des négociations finales puisse consister en un retour complet aux lignes de l’armistice de 1949 ».7

    Après trois années de gel total de tout effort de paix, l’administration de Georges W. Bush fit mine de relancer le processus à travers une dernière initiative de pure forme à Annapolis le 27 novembre 2007, lors d’un sommet international dont l’objectif affirmé était de jeter « les bases d’un nouvel État, un État palestinien démocratique vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël ». Le moyen proposé était le lancement de négociations bilatérales immédiates destinées à parvenir à un accord de paix et à une solution de toutes les questions en suspens, y compris les questions essentielles.8. Sauf que le processus de paix qui avait été relancé à Annapolis était condamné à l’échec, non seulement faute d’une réelle volonté américaine et de préparatifs sérieux, mais aussi parce qu’Israël n’avait nullement l’intention de régler les « questions essentielles » de ce conflit. Et l’administration américaine était rétive à l’exercice de la moindre pression effective sur le gouvernement du premier ministre israélien Ehud Olmert, qui avait annoncé la construction de milliers d’unités de logements, dans le cadre de nouvelles colonies, quelques jours seulement après la tenue de ce sommet9

    Après l’élection du candidat démocrate Barack Obama à la présidence américaine en novembre 2008, nombreux étaient ceux qui, dans la région et dans le monde s’étaient bercés d’illusions sur l’imminence d’une solution au conflit israélo-arabe, notamment à la lumière des positions « positives » adoptées par son administration. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait annoncé l’engagement américain à œuvrer en vue d’une « solution à deux Etats ». Le président lui-même était allé au-delà de cette perspective dans son célèbre discours du Caire en juin 2009, dans lequel il avait déclaré que les États-Unis d’Amérique ne tourneraient pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens « à la dignité et à l’édification de leur propre État », alors qu’ils avaient enduré les « souffrances du déracinement pendant plus de 60 ans », assurant que son pays « n’acceptait pas la légitimation d’une poursuite de la construction de colonies israéliennes », et que « ces constructions violaient les accords passés et sapaient les efforts de paix », affirmant que « Jérusalem verrait cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens (…) pacifiquement ».10

    Quelques mois à peine après ce discours, l’administration américaine faisait marche arrière face au nouveau premier ministre du Likoud Benyamin Nétanyahou quant à l’exigence d’un arrêt total des colonies destiné à préparer la voie à une reprise des pourparlers avec les Palestiniens. Au lieu de cela, Washington se livrait à des pressions sur le président Mahmoud Abbas, afin qu’il accepte de reprendre le chemin des négociations « sans conditions ». Ainsi n’avait-elle guère tardé à suivre la voie des précédentes administrations, à savoir privilégier la forme sur le fond : l’essentiel étant de maintenir sous perfusion « le processus de paix » et non pas de garantir les conditions réelles de son succès pour parvenir à une paix juste et durable.

    Les derniers pas sur cette voie furent « l’initiative » avortée présentée par le secrétaire d’État John Kerry en juillet 2013 pour une reprise des négociations israélo-palestiniennes dans le but de parvenir à un accord de paix final en neuf mois, après la visite d’Obama au Proche-Orient au mois de mars de la même année11

    LA FAIBLESSE DU MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN
    Après l’éclatement de la deuxième intifada et la disparition de Yasser Arafat dans des circonstances troubles, alors qu’il représentait un « liant » préservant la cohésion du mouvement national palestinien, les rapports de forces internes sur la scène politique ont commencé à connaître une transformation. Avec le temps, notamment après le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005, une dichotomie du pouvoir allait s’installer.

    Dans le cadre de sa politique visant à annexer le maximum de territoires palestiniens et à en éloigner le maximum de Palestiniens, le gouvernement d’Ariel Sharon avait alors élaboré un plan de « désengagement » unilatéral de la bande de Gaza, territoire qui comprenait près d’un million et demi de Palestiniens et seulement 7 000 colons, répartis sur 21 colonies dont le coût militaire et financier devenait trop lourd pour le gouvernement israélien. Le plan en question visait, selon le directeur de cabinet du premier ministre, « à empêcher l’émergence d’un processus politique véritable avec les Palestiniens », d’entraver « l’édification d’un État palestinien » et d’annuler à la base « le besoin de démanteler des colonies (en Cisjordanie) ».12

    À vrai dire le « désengagement » d’Israël de la bande de Gaza a été l’une des raisons majeures qui avaient incité la direction du Hamas à reconsidérer sa position de non-participation aux élections se déroulant dans le cadre des accords d’Oslo. À la veille des législatives de janvier 1996 destinées à l’élection du Conseil législatif palestinien, le Hamas avait déclaré boycotter les élections, parce qu’elles se déroulaient « sous le toit des accords d’Oslo », niant le droit au vote de 4 millions de réfugiés palestiniens de la diaspora, réduisant ce droit aux habitants de Cisjordanie et de Gaza. Il en soulignait les répercussions sur les prérogatives d’un conseil élu qui « ne pouvait que rester otage de l’occupation »13 La déclaration par le gouvernement d’Ariel Sharon intervenue après la disparition de Yasser Arafat quant à sa détermination à se retirer unilatéralement de la bande de Gaza a alors encouragé les dirigeants du Hamas à participer aux élections législatives de janvier 2006. Comme le souligne Ali Jarbaoui, professeur de sciences politiques à l’université de Bir Zeit, le Hamas en gagnant les élections, se voyait soudain obligé de diriger le système politique sans être passé par une phase de préparation14.

    Les élections ont abouti à une bipolarisation sur la scène palestinienne qui réduisait encore davantage l’espace de la gauche : celle-ci s’est trouvée incapable de former un troisième pôle, pour des raisons à la fois conjoncturelles et structurelles, principalement son incompréhension des changements qui avaient affecté la société avec la création de l’AP, imprimé à l’économie un caractère rentier, et conduit à des recrutements pléthoriques dans les appareils de l’autorité administrative et sécuritaire, tout cela conjugué à la baisse du travail salarié en Israël après la deuxième Intifada. La gauche n’a pas su analyser non plus le phénomène d’affaiblissement des corps intermédiaires qui encadraient traditionnellement le militantisme de masse, comme les syndicats de travailleurs, les organisations estudiantines, les fédérations féminines, parallèlement à la montée en puissance des associations et des ONG qui ont su capter de leur côté de nombreux cadres de la gauche. La gauche n’aura pas réussi en outre à dépasser ses contradictions internes et secondaires pour unifier ses rangs, ce qui a favorisé son alignement sur les deux pôles principaux, soit le Fatah, soit le Hamas.

    En raison du refus par le gouvernement israélien de discuter des détails du « désengagement » avec l’AP, le retrait de l’armée israélienne de Gaza en septembre 2005 a été suivi d’une situation d’insécurité générale et de désordre armé, avec de multiples tentatives de tirs des roquettes en direction d’Israël auxquels l’armée israélienne a riposté par de vastes offensives dans la bande de Gaza. Le Hamas de son côté appelait à de nombreuses marches armées et à des parades militaires, provoquant à répétition des affrontements avec les forces de police palestiniennes, qui ont dérapé en conflit généralisé, lequel s’est achevé à la mi-juin 2007 par un coup de force militaire du Hamas sur toute la bande de Gaza. Une division à la fois géographique et politique entre la Cisjordanie et Gaza s’en est suivie. Elle menaçait l’unité du peuple palestinien et affaiblissait sa lutte nationale pour la libération, laissant le champ libre à Israël pour consolider son occupation15.

    Avec l’impasse politique résultant de l’échec du processus d’Oslo et du coup de force du Hamas, échouaient à leur tour les efforts de réformer l’AP et d’y instiller des pratiques plus démocratiques, comme l’avait promis son nouveau président Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005 et dont le programme de réforme avait rallié 63 % des suffrages des électeurs. Même impasse pour les efforts de reconstruction de l’OLP sur de nouvelles bases susceptibles de permettre l’intégration du Hamas et du Djihad islamique, et la recomposition du Conseil national palestinien de façon à ce qu’il puisse jouer pleinement son rôle en matière de contrôle et de législation, et de renouvellement du comité exécutif de l’OLP.

    L’affaiblissement de l’OLP comme « parapluie politique unifié » s’est accompagné d’un approfondissement des scissions apparues entre les trois composantes du peuple palestinien, à savoir la population de la diaspora, celle des territoires occupés en 1967 et celle des territoires occupés en 1948. On observait notamment chez les réfugiés de la diaspora un net recul de leur rôle politique accompagné d’une vague de frustration et de désespoir, et le sentiment d’avoir été abandonnés par un mouvement national qui aurait fait bon marché de leurs droits et de leur lutte. De ce fait, de nombreux réfugiés se détournèrent des organisations palestiniennes et de l’action politique. Avec la réduction des services de l’UNRWApour raison financière, le mouvement d’émigration des camps palestiniens vers les pays européens s’est intensifié.

    LES DÉBÂCLES DU MONDE ARABE
    Les Palestiniens pensaient qu’avec l’émergence des mouvements populaires dans certains pays arabes, à partir de fin 2010, la cause palestinienne allait retrouver son caractère panarabe. Ils avaient même l’impression de se trouver à l’aube d’une nouvelle ère qui porterait les germes, voire les bourgeons, d’un vrai changement dans les rapports de force et annoncerait de nouvelles conjonctures, dont la cause palestinienne serait la grande gagnante, une fois que les peuples arabes auraient pris en mains leurs destinées. Mais il est très vite apparu que la question palestinienne — à l’exception de cas isolés où l’on a vu brandir le drapeau palestinien dans des manifestations populaires — était absente du discours de ces mouvements, qui étaient le plus souvent spontanés, échappant à tout encadrement de partis politiques panarabes ou de gauche. Ils ont d’ailleurs manqué de programmes politiques clairs, se contentant de mots d’ordre très généraux relatifs à la liberté, la justice et la dignité. La question palestinienne s’en trouvait éclipsée dans les médias arabes, trop occupés à couvrir les mouvements de contestation.

    Ces mouvements n’ont pas apporté de changement radical sur le plan économique, social ou politique, prenant davantage une tournure confessionnelle, religieuse ou ethnique de nature à provoquer des conflits sanglants et à mettre en péril le tissu social de nombreux pays arabes, menaçant leur cohésion et leurs structures, secouant un ordre officiel arabe déjà traversé de fractures, en proie au pire affaissement de son histoire, transformant finalement toute la région en champ d’affrontement entre puissances régionales et internationales ayant pour alibi la « guerre contre le terrorisme ».

    Il était logique que les dirigeants israéliens exploitent cette désastreuse débandade du monde arabe pour aller plus loin dans leurs projets visant à liquider définitivement la question palestinienne et à vanter une solution « régionale » qui foule aux pieds les droits nationaux palestiniens, profitant du fait qu’il n’y avait plus d’unanimité quant au véritable danger qui menaçait la sécurité du monde arabe, à savoir Israël et sa politique d’agression et d’occupation. Avec l’extension de l’influence iranienne dans la région, certains pays arabes, notamment du Golfe, voyaient plutôt dans le voisin perse le « principal danger » qui les menaçait. Ils se voyaient de ce fait disposés, le plus souvent secrètement, mais parfois ouvertement, à faire alliance avec Israël, à s’engager dans la voie de la normalisation avec cet État, afin de faire face à l’expansion iranienne16.

    D’un autre côté ces mouvements populaires et leur retombées auront directement pesé sur la situation des réfugiés palestiniens, notamment en Syrie. Après une période de stabilité qui avait duré près de 65 ans, les camps ont connu un bouleversement total avec l’été 2012. Tous les discours de neutralité prononcés par l’OLP pour protéger ces réfugiés n’auront servi à rien depuis que des factions « takfiristes » ont investi les camps de réfugiés, notamment celui de Yarmouk. Les violentes batailles qui y ont éclaté ont fait, jusqu’à 2014, plus de 1 500 morts et provoqué l’exode de près de 15 % de l’ensemble des Palestiniens de Syrie, alors qu’une proportion semblable demeurait dans les camps et que tous les autres se retrouvaient déplacés vers d’autres régions de Syrie, notamment Damas. Un recensement non officiel révèle l’entrée au Liban fin janvier 2013 de 53 715 réfugiés palestiniens venant des camps de Syrie, la plupart accueillis par des membres de leur famille dans les camps du Liban, tout particulièrement dans le camp d’Ain El-Heloué, dans la région de Saïda, ou chez des familles libanaises qui leur avaient ouvert leurs maisons ou encore dans des centres d’accueil provisoires. Ce flux s’est arrêté en mai 2014 lorsque les autorités libanaises adoptèrent des mesures très strictes pour interdire l’accès du territoire Libanais aux Palestiniens venant de Syrie. Quelques milliers d’entre eux parvenaient alors à entrer en Jordanie malgré les mesures draconiennes prises par les autorités pour les en empêcher. Certains s’étaient installés dans le camp de Zaatari prévu pour l’accueil de réfugiés syriens, en dissimulant leurs identités palestiniennes.

    Par ailleurs un certain nombre de réfugiés palestiniens ont pu bénéficier de la décision prise par les autorités égyptiennes au tout début de la crise syrienne, d’accueillir provisoirement des réfugiés palestiniens venant de Syrie et munis de papiers, avant que l’Égypte ne revienne sur sa décision, rendant impossible pour un Palestinien de prendre l’avion à l’aéroport de Beyrouth, sur ordre du Caire. Les chiffres indiquent aussi l’arrivée à Gaza en provenance d’Égypte de 250 familles de réfugiés palestiniens originaires de Syrie. D’autres familles se sont aventurées dans les embarcations de la mort en Méditerranée, ou sur les routes terrestres vers d’autres frontières. Certaines d’entre elles ont réussi à obtenir l’asile dans des pays européens, notamment scandinaves, cependant que leurs proches étaient engloutis par les eaux17.

                                                                                                                                          Traduit de l’arabe par Nada Yafi.                                                                                                                                                                                                                                               MAHER AL-CHARIF
    Historien palestinien, Chef du département des recherches à l’Institut des études palestiniennes (Beyrouth).

    https://orientxxi.info/magazine/palestine-israel-l-ineluctable-effondrement-des-accords-d-oslo,2469


  • La France « au cœur de la répression » en Égypte – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/22/la-france-au-coeur-de-la-repression-en-egypte
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/66c684d3286667b17d1572aea92e9cfa.jpg?1539930577

    Amnesty International vient de publier un rapport accablant qui démontre que des armes vendues par la France se trouvent « au cœur de la répression » sanglante de l’opposition égyptienne. Et demande que le gouvernement français respecte enfin les obligations juridiques qui lui interdisent de livrer des équipements militaires à des pays où existe « un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains ».                                                                                      Véhicule blindé Sherpa de fabrication française derrière des barricades près de l’université Al-Azhar, Le Caire.Amnesty international.                                                                                                                

    Le 26 novembre 2014, recevant à Paris, pour un dîner en tête-à-tête, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, alors que l’armée égyptienne venait, au mois d’août, de massacrer plusieurs centaines de ses opposants, Jean-Yves Le Drian, ministre socialiste de la défense avait fait installer autour des couverts de cet hôte de marque des petites maquettes de quelques fleurons de l’industrie française de la guerre, comme par exemple le Rafale, l’avion de combat du groupe Dassault1.

    Cette délicatesse s’était avérée payante : trois mois plus tard, l’Égypte avait passé à la France une commande de matériels militaires d’un montant conséquent de 5,2 milliards d’euros, portant principalement sur l’achat de 24 exemplaires du Rafale, dont le développement avait déjà coûté plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français, mais qui n’avait encore jamais été vendu à l’étranger.

    Cette remarquable performance — dont le président François Hollande, contenant bravement la commisération que lui inspirait sans doute la sanglante répression des oppositions égyptiennes, s’était grassement réjoui — avait ensuite été abondamment commentée.

    Mais on sait moins que la France, en sus de ces aéronefs et de plusieurs navires de guerre, a également fourni à l’Égypte depuis 2012, comme le souligne Amnesty international dans un rapport intitulé Égypte. Des armes françaises au cœur de la répression et publié le 16 octobre, « des équipements de sécurité plus classiques, dont des véhicules blindés, qui ont joué un rôle direct et bien visible dans les violentes opérations de répression » menées par les autorités de ce pays.

    DES BLINDÉS FRANÇAIS AU CŒUR DU MASSACRE
    Ce document accablant, fruit d’une longue et méticuleuse enquête durant laquelle Amnesty a mené « des travaux d’observation directe sur le terrain » et analysé « plus de vingt heures de vidéo, plusieurs centaines de photos » et de très nombreux autres « supports visuels supplémentaires provenant de groupes locaux de défense des droits humains et des médias » , lui a « permis de mettre au jour de très nombreux éléments attestant du recours par les forces de sécurité égyptiennes à des véhicules MIDS et Sherpa fournis par la France pour écraser l’opposition avec brutalité, entre 2012 et 2015 »

    Ainsi, des vidéos dont la fiabilité a été dûment vérifiée montrent des policiers égyptiens tirant à balles réelles contre des manifestants depuis le couvert de ces blindés légers fabriqués par Renault Trucks Défense (RTD), dont plus de 200 exemplaires auraient été livrés à l’Égypte (lire aussi l’enquête d’OrientXXI sur l’entreprise Manurhin). « Le manque de transparence et d’exhaustivité des informations communiquées par le gouvernement rend difficile l’identification précise du nombre de véhicules transférés », explique Amnesty.

    Puis de détailler : « Le 14 août 2013, par exemple, des Sherpa ont été déployés un peu partout dans la capitale égyptienne par les forces de sécurité. » Ce jour-là, près de mille manifestants ont été tués : « jamais, dans l’histoire égyptienne moderne », la répression n’avait fait autant de victimes en une seule journée. Et les véhicules vendus par la France étaient, selon de nombreux témoignages corroborés par l’analyse des éléments visuels collectés par Amnesty, au cœur de cet abominable massacre.

    CRIMINELLE DÉSINVOLTURE
    Confrontées à l’évidence de cette « utilisation abusive, flagrante et généralisée » de blindés made in France, les autorités françaises — qui ont, par ailleurs, systématiquement refusé de préciser le volume et la nature exacts de leurs ventes d’armes à l’Égypte — ont répondu, avec une extraordinaire désinvolture, qu’elles n’avaient « autorisé l’exportation de matériel militaire à destination de l’armée égyptienne que dans le cadre de la “lutte contre le terrorisme“ dans le Sinaï, et non pour des opérations de maintien de l’ordre ». Mais en réalité, souligne Amnesty, la France, parfaitement informée de l’usage qui en était ainsi fait, a continué de livrer des véhicules blindés à la police égyptienne « jusqu’en 2014 au moins », et à « autoriser des licences à l’exportation de blindés, de pièces et de composants connexes jusqu’en 2017, bien après que des informations crédibles relatives à leur utilisation abusive » avaient été mises au jour.

    Circonstance aggravante, « La France a également poursuivi ses livraisons après que les États membres de l’Union européenne (UE) eurent convenus, dans les conclusions publiées en août 2013 par le Conseil des affaires étrangères de l’UE et réaffirmées en février 2014, de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de matériels utilisés à des fins de répression interne. »

    Le gouvernement français a donc autorisé ces ventes de blindés alors qu’il savait parfaitement — il convient d’insister sur ce point — « qu’il existait des risques substantiels » que ces véhicules soient impliqués dans la perpétration de violations graves des droits humains. Pis : la France, selon le même glaçant principe d’irresponsabilité, vend désormais des avions de combat Rafale à l’Égypte, dont l’armée de l’air a mené plusieurs frappes aériennes illégales et usé, dans ses raids, d’armes à sous-munitions interdites par le droit international. Or, rappelle Amnesty, « en tant qu’État partie au Traité sur le commerce des armes, la France ne doit pas autoriser de transferts d’armes s’il existe un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains. »

    De plus, et conformément aux textes du Conseil de l’Union européenne (UE) définissant des règles communes qui « régissent le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, que la France est juridiquement tenue de respecter », les États membres de l’UE ont l’obligation de « refuser l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne ».

    JEAN-YVES LE DIRAN DÉCORÉ
    Le gouvernement français, conclut Amnesty — qui demande également que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles « la France a continué de livrer des véhicules blindés à l’Égypte alors que cela lui est clairement interdit au regard de ses obligations internationales et européennes » — doit immédiatement « cesser tout transfert vers ce pays de matériels susceptibles de servir à la répression interne, y compris des véhicules blindés, des armes légères, des équipements à létalité réduite et leurs munitions utilisés pour assurer le maintien de l’ordre lors de manifestations et dans les lieux de détention ». De surcroît, elle doit également procéder, conformément à ses obligations juridiques régionales et internationales, à une « évaluation approfondie, à l’aune de critères relatifs aux droits humains rigoureux » de tous les autres équipements — parmi lesquels, donc, des avions de combat — qu’elle cède à l’armée égyptienne.

    Car désormais, même Jean-Yves Le Drian — devenu en 2017 ministre des affaires étrangères, quelques semaines après avoir reçu des mains du président Abdel Fattah Al-Sissi l’ordre de la République égyptienne « de la première catégorie, en reconnaissance de ses efforts et sa contribution à l’essor sans précédent de la coopération militaire »entre l’Égypte et la France — ne pourra plus jamais dire qu’il ne savait pas.

                                                                               SÉBASTIEN FONTENELLE
    Journaliste.                                                                                                                                                          https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-france-complice-du-pire-en-egypte,2691