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  • Que valent les réformes économiques imposées dans le monde arabe ?
    https://orientxxi.info/dossiers/que-valent-les-reformes-economiques-imposees-dans-le-monde-arabe,2728

    La réforme des économies arabes est plus que jamais à l’ordre du jour. Et pour cause. Le taux de chômage y est estimé à 10 % en 2017, contre 5,5 % en moyenne dans le monde. Un chiffre qui cache encore d’importantes disparités. Ce taux est de 12,1 % en Égypte, 14,9 % en Jordanie, 15,4 % en Tunisie. Le (...)

    #Économie


  • Un si mystérieux ministère israélien des affaires stratégiques
    Eyal Hareuveni > 29 octobre 2018 > Traduit de l’anglais par Pierre Prier.
    https://orientxxi.info/magazine/un-si-mysterieux-ministere-israelien-des-affaires-strategiques,2707
    https://orientxxi.info/local/cache-vignettes/L800xH398/3aeb26f090834c547a7634a1300aca-3e5d0.jpg?1540750221

    Inquiet de la montée du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) de solidarité avec les Palestiniens, le gouvernement israélien tente d’organiser la riposte, n’hésitant pas à espionner des citoyens dans des pays étrangers, comme aux États-Unis. Il a créé un discret ministère des affaires stratégiques à cette fin, dont le bilan est pour le moins mitigé.

    C’est le plus discret des ministères israéliens. On ne peut trouver aucune information sur le ministère des affaires stratégiques sur le portail en ligne du gouvernement israélien ni dans le budget annuel du ministère des finances pour cette année ou pour l’année 2019. Le ministère n’a pas de site web dédié, contrairement à toutes les autres agences gouvernementales israéliennes — dont le Mossad, le Shin Bet (les services de sécurité extérieure et intérieure) et l’Agence atomique d’Israël. Ni les numéros de téléphone ni l’adresse du ministère ne figurent dans l’annuaire téléphonique d’Israël
     : il prétend que la loi israélienne sur la liberté d’informer ne s’applique ni à son action ni ses dépenses. Et sa directrice, Sima Vaknin-Gil, ancienne cheffe de la censure militaire refuse de fournir la moindre information significative sur son institution à la Commission de la transparence du Parlement. (...)

    https://seenthis.net/messages/732139 via Loutre


  • Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/28/palestine-israel-lineluctable-effondrement-des-accords-doslo
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/fa89adbe4950b369d8effb1870207c55.jpg?1538655943

    Palestine-Israël. L’inéluctable effondrement des accords d’Oslo
    octobre 28, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    Il existe désormais une unanimité parmi les Palestiniens pour estimer que les accords d’Oslo de septembre 1993 ont échoué. Ce processus dont on avait espéré qu’il aboutirait à la création d’un État palestinien indépendant après cinq ans d’autonomie limitée aura en réalité engendré de nouveaux mécanismes de domination à l’intérieur des territoires palestiniens occupés. Pourquoi ?

    Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat à la Maison Blanche, 13 septembre 1993.
    (Photo Vince Musi/La Maison Blanche)
    L’échec du processus engagé à Oslo en 1993 est patent. Il peut être attribué à quatre facteurs principaux, que l’on peut citer par ordre d’importance et que l’on va examiner :

    ➞ l’absence de toute volonté de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien de la part des gouvernements israéliens successifs ;

    ➞ la partialité du médiateur américain dans les négociations ;

    ➞ la faiblesse du mouvement national palestinien ;

    ➞ la récente multiplication de tragédies dans le monde arabe, faisant reculer le caractère central de la question palestinienne.

    LA VISION ISRAÉLIENNE D’UN CONFLIT SANS ISSUE
    Pour Israël le conflit avec les Palestiniens est existentiel et sans issue. Il aura réussi, grâce aux accords d’Oslo, à résoudre un problème inextricable auquel il a été confronté par sa victoire de 1967 : se retrouver avec les populations palestiniennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, en plus des Palestiniens de 1948 compromettait gravement son caractère « juif ». Une réflexion a alors été entamée dès 1967 avec le projet de Yigal Allon, alors vice-premier ministre, de création d’une entité palestinienne formée de petits cantons isolés avec des fonctions politiques limitées, Israël déclinant ainsi la responsabilité de gérer les habitants palestiniens.

    Yitzhak Rabin et Shimon Peres ont retenu ce choix et décidé de négocier avec la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Sortie affaiblie de la crise engendrée par l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, l’organisation faisait face à un boycott politique et financier. Sa popularité dans les territoires lui permettait toutefois de faire accepter les accords d’Oslo. La direction palestinienne avait fait le pari que ces accords allaient, pour la première fois dans l’histoire, consacrer la réalité de la nation palestinienne sur le territoire de la patrie. Elle a considéré que les facteurs de souveraineté seraient peu à peu réunis et que les accords d’autonomie pourraient ensuite évoluer, après la phase transitoire de cinq ans, vers un État indépendant.

    L’Autorité palestinienne (AP) n’ignorait certainement pas les difficultés des négociations qui s’annonçaient quant aux questions du statut final : Jérusalem, les réfugiés, les colonies, les frontières, les ressources en eau, mais elle a estimé que l’acceptation par Israël de mettre ces questions à l’ordre du jour (après avoir longtemps insisté pour un ordre du jour laissé libre à chaque partie sans engagement préalable) valait d’une part engagement des Israéliens, et préfigurait d’autre part les grandes lignes du statut final1.

    Mais toutes les concessions faites par le leadership de l’OLP — y compris la suppression, lors de la 21e session du Conseil national palestinien (CNP) tenue à Gaza du 22 au 25 avril 1996, des articles de la Charte nationale qui étaient en contradiction avec les lettres échangées entre l’OLP et le gouvernement israélien les 9 et 10 septembre 19932 — n’auront pas réussi à préparer la voie à un retrait israélien de tous les territoires occupés ni à une transformation de la jeune entité nationale palestinienne en un véritable État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. Le refus par Israël de s’acquitter de ses engagements et les nouvelles réalités imposées sur le terrain par ses gouvernements successifs, notamment la poursuite de la colonisation, ont créé les conditions d’une seconde intifada. Celle-ci va commencer fin septembre 2000, après l’impossibilité pour Yasser Arafat et Ehoud Barak de parvenir, lors des négociations de Camp David en juillet 2000, à une solution sur le statut final.

    UNE LUTTE POUR LA SURVIE
    Depuis le début du troisième millénaire est apparu en Israël un « néo-sionisme » à caractère nationaliste et religieux, répandant l’idée que le conflit avec les Palestiniens est une lutte pour la survie sans autre solution que la totale reddition du peuple palestinien, arguant que la société israélienne devait initier de nouveau la jeune génération à « l’esprit combatif de 1948 » et renforcer « l’unanimité nationale ». Ce néo-sionisme s’est accompagné d’un recul de tous les signes de dissension que la société israélienne avait pu connaître dans les années 1990, comme le phénomène des « nouveaux historiens », celui des « sociologues critiques » ou encore du « post-sionisme ». Il s’est doublé d’une déliquescence du mouvement de la paix, mais aussi d’un recul de la démocratie et de ses institutions, avec une importance accrue donnée au caractère juif de l’État,comme en témoigne le projet de loi fondamentale « Israël est l’État national du peuple juif » que le Parlement a commencé à discuter, et qui considère que le droit à l’autodétermination ne concerne que ce peuple, et tend à marginaliser le statut des Arabes palestiniens en Israël et à légaliser la discrimination raciale exercée contre eux3.

    Non contents de faire fi des conditions d’une paix juste avec les Palestiniens, les dirigeants israéliens ont lancé à la faveur de ce néo-sionisme quatre guerres contre la Cisjordanie et Gaza, la dernière à l’été 2014, mus en cela par une conviction bien ancrée selon laquelle le conflit avec les Palestiniens était une lutte existentielle qui ne pouvait avoir d’autre solution qu’une reddition totale et forcée du peuple palestinien. C’est ce qu’a déclaré sans ambages Benyamin Nétanyahou en 2014 dans un entretien exclusif avec des écrivains israéliens organisé par le journal Haaretz. À la question posée par l’écrivain et cinéaste Etgar Keret sur la solution imaginée par le premier ministre pour le conflit du Proche-Orient, celui-ci s’est lancé dans un interminable exposé sur la menace nucléaire iranienne et l’instabilité que plusieurs régimes de la région devaient affronter. Face à l’insistance de l’écrivain pour obtenir une réponse claire, Nétanyahou reconnaissait, selon les termes de Keret, « qu’il ne ferait rien pour résoudre ce conflit, car c’était un conflit insoluble »4.

    Afin d’imposer cette reddition au peuple palestinien, les gouvernements israéliens successifs se sont évertués à briser sa volonté de résistance, et à l’empêcher de poursuivre sa lutte pour ses droits nationaux. Cet objectif a été clairement affiché lors de l’invasion israélienne des villes de Cisjordanie en mars 2002, dans le cadre de l’opération nommée « Bouclier défensif ». Au cours de cette offensive, le chef d’état-major israélien de l’époque, le général Moshe Yaalon avait déclaré qu’il s’agissait de « marquer au fer rouge la conscience palestinienne » afin que « les Palestiniens comprennent au plus profond d’eux-mêmes qu’ils étaient un peuple vaincu ». Et cette expression « marquer au fer rouge » est devenue dans la propagande israélienne synonyme de faire plier les Palestiniens et leur infliger une défaite morale permanente en diffusant parmi eux une culture de la terreur et de l’effroi, en leur insufflant un esprit de perpétuelle impuissance.

    Yehuda Shaul, ex-officier dans l’armée israélienne qui a participé à l’opération « Bouclier défensif » rappelle les propos de Moshe Yaalon qu’il commente dans un article paru dans Le Monde sous le titre « Prétendant se défendre Israël attaque » : « Moshe Yaalon, le chef d’état-major de l’époque devenu aujourd’hui ministre de la défense nous exhortait à « brûler la conscience palestinienne ». Pour répondre à cet appel, on nous envoyait intimider et punir une communauté tout entière. Ces opérations étaient fondées sur la conviction que les civils s’abstiendraient de se révolter si on les brutalisait, si on les opprimait et si on les effrayait. Autrement dit, une « conscience brûlée était une conscience effrayée ». Yehuda Shaul poursuit : « Dans le cadre de cette “prévention”, mes amis et moi avons appris à considérer tout Palestinien comme un ennemi et, en tant que tel, comme une cible légitime à attaquer. Lorsque nous partions en opération pour “montrer notre présence”, notre but était d’effrayer et de désorienter la population civile afin de lui faire comprendre qu’elle était sous notre contrôle. D’autres fois, nous “prévenions” le terrorisme en imposant une punition collective à des Palestiniens innocents. »5

    LA PARTIALITÉ DES ÉTATS-UNIS
    Les États-Unis portent une lourde responsabilité dans l’impasse de la paix au Proche-Orient. Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en janvier 2017, ce pays sera clairement passé d’une simple gestion de la crise à une véritable démarche de liquidation des éléments clés de la question palestinienne, à savoir la question de Jérusalem et celle des réfugiés. Au cours des quelques mois qui se sont écoulés, l’administration a reconnu Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et décidé le transfert dans cette ville de son ambassade à Tel-Aviv. De même, elle a décidé la réduction du montant de sa contribution financière à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit des services à plus de 5 millions de réfugiés palestiniens. Elle se montre désormais en phase avec les appels israéliens à liquider cette agence des Nations unies pour préparer la voie à l’exclusion définitive de la question des réfugiés de toute négociation. De même a-t-elle commencé à menacer d’arrêter sa contribution au financement de l’Autorité palestinienne tant que les Palestiniens ne reprendraient pas le chemin des négociations aux conditions israéliennes.

    À dire vrai, cette démarche de liquidation avait été déjà entamée par Georges W. Bush. Son administration avait, avec la fin de ses opérations militaires en Irak le 30 avril 2003, présenté une « feuille de route » dans le but de parvenir à « une solution pour le conflit israélo-palestinien sur la base de deux États »6. Alors que la direction de l’OLP avait donné son accord à cette feuille de route, le gouvernement Likoud d’Ariel Sharon lui avait opposé quatorze points de réserve et s’était évertué à la faire avorter.

    Plutôt que de dénoncer cette attitude, l’administration américaine avait préféré récompenser l’extrême droite israélienne par une lettre de garanties présentée par Georges W. Bush le 14 avril 2004 à Ariel Sharon, et qui représentait une régression par rapport à toutes les positions adoptées par les administrations successives depuis 1967, sur les réfugiés, les frontières et les colonies. Après avoir favorablement accueilli, dans cette lettre, le projet de « désengagement » israélien de la bande de Gaza que Sharon avait l’intention de réaliser, et avoir renouvelé son engagement vis-à-vis de la sécurité d’Israël, le président américain avait considéré qu’une solution juste et honnête de la question des réfugiés palestiniens se ferait à travers la création d’un État palestinien qui accueillerait les réfugiés plutôt que de les voir s’installer en Israël. Et que les frontières sûres et reconnues pour Israël devraient tenir compte des réalités nouvelles sur le terrain, y compris les grands blocs de colonies, considérant irréaliste « l’idée que le résultat des négociations finales puisse consister en un retour complet aux lignes de l’armistice de 1949 ».7

    Après trois années de gel total de tout effort de paix, l’administration de Georges W. Bush fit mine de relancer le processus à travers une dernière initiative de pure forme à Annapolis le 27 novembre 2007, lors d’un sommet international dont l’objectif affirmé était de jeter « les bases d’un nouvel État, un État palestinien démocratique vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël ». Le moyen proposé était le lancement de négociations bilatérales immédiates destinées à parvenir à un accord de paix et à une solution de toutes les questions en suspens, y compris les questions essentielles.8. Sauf que le processus de paix qui avait été relancé à Annapolis était condamné à l’échec, non seulement faute d’une réelle volonté américaine et de préparatifs sérieux, mais aussi parce qu’Israël n’avait nullement l’intention de régler les « questions essentielles » de ce conflit. Et l’administration américaine était rétive à l’exercice de la moindre pression effective sur le gouvernement du premier ministre israélien Ehud Olmert, qui avait annoncé la construction de milliers d’unités de logements, dans le cadre de nouvelles colonies, quelques jours seulement après la tenue de ce sommet9

    Après l’élection du candidat démocrate Barack Obama à la présidence américaine en novembre 2008, nombreux étaient ceux qui, dans la région et dans le monde s’étaient bercés d’illusions sur l’imminence d’une solution au conflit israélo-arabe, notamment à la lumière des positions « positives » adoptées par son administration. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait annoncé l’engagement américain à œuvrer en vue d’une « solution à deux Etats ». Le président lui-même était allé au-delà de cette perspective dans son célèbre discours du Caire en juin 2009, dans lequel il avait déclaré que les États-Unis d’Amérique ne tourneraient pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens « à la dignité et à l’édification de leur propre État », alors qu’ils avaient enduré les « souffrances du déracinement pendant plus de 60 ans », assurant que son pays « n’acceptait pas la légitimation d’une poursuite de la construction de colonies israéliennes », et que « ces constructions violaient les accords passés et sapaient les efforts de paix », affirmant que « Jérusalem verrait cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens (…) pacifiquement ».10

    Quelques mois à peine après ce discours, l’administration américaine faisait marche arrière face au nouveau premier ministre du Likoud Benyamin Nétanyahou quant à l’exigence d’un arrêt total des colonies destiné à préparer la voie à une reprise des pourparlers avec les Palestiniens. Au lieu de cela, Washington se livrait à des pressions sur le président Mahmoud Abbas, afin qu’il accepte de reprendre le chemin des négociations « sans conditions ». Ainsi n’avait-elle guère tardé à suivre la voie des précédentes administrations, à savoir privilégier la forme sur le fond : l’essentiel étant de maintenir sous perfusion « le processus de paix » et non pas de garantir les conditions réelles de son succès pour parvenir à une paix juste et durable.

    Les derniers pas sur cette voie furent « l’initiative » avortée présentée par le secrétaire d’État John Kerry en juillet 2013 pour une reprise des négociations israélo-palestiniennes dans le but de parvenir à un accord de paix final en neuf mois, après la visite d’Obama au Proche-Orient au mois de mars de la même année11

    LA FAIBLESSE DU MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN
    Après l’éclatement de la deuxième intifada et la disparition de Yasser Arafat dans des circonstances troubles, alors qu’il représentait un « liant » préservant la cohésion du mouvement national palestinien, les rapports de forces internes sur la scène politique ont commencé à connaître une transformation. Avec le temps, notamment après le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005, une dichotomie du pouvoir allait s’installer.

    Dans le cadre de sa politique visant à annexer le maximum de territoires palestiniens et à en éloigner le maximum de Palestiniens, le gouvernement d’Ariel Sharon avait alors élaboré un plan de « désengagement » unilatéral de la bande de Gaza, territoire qui comprenait près d’un million et demi de Palestiniens et seulement 7 000 colons, répartis sur 21 colonies dont le coût militaire et financier devenait trop lourd pour le gouvernement israélien. Le plan en question visait, selon le directeur de cabinet du premier ministre, « à empêcher l’émergence d’un processus politique véritable avec les Palestiniens », d’entraver « l’édification d’un État palestinien » et d’annuler à la base « le besoin de démanteler des colonies (en Cisjordanie) ».12

    À vrai dire le « désengagement » d’Israël de la bande de Gaza a été l’une des raisons majeures qui avaient incité la direction du Hamas à reconsidérer sa position de non-participation aux élections se déroulant dans le cadre des accords d’Oslo. À la veille des législatives de janvier 1996 destinées à l’élection du Conseil législatif palestinien, le Hamas avait déclaré boycotter les élections, parce qu’elles se déroulaient « sous le toit des accords d’Oslo », niant le droit au vote de 4 millions de réfugiés palestiniens de la diaspora, réduisant ce droit aux habitants de Cisjordanie et de Gaza. Il en soulignait les répercussions sur les prérogatives d’un conseil élu qui « ne pouvait que rester otage de l’occupation »13 La déclaration par le gouvernement d’Ariel Sharon intervenue après la disparition de Yasser Arafat quant à sa détermination à se retirer unilatéralement de la bande de Gaza a alors encouragé les dirigeants du Hamas à participer aux élections législatives de janvier 2006. Comme le souligne Ali Jarbaoui, professeur de sciences politiques à l’université de Bir Zeit, le Hamas en gagnant les élections, se voyait soudain obligé de diriger le système politique sans être passé par une phase de préparation14.

    Les élections ont abouti à une bipolarisation sur la scène palestinienne qui réduisait encore davantage l’espace de la gauche : celle-ci s’est trouvée incapable de former un troisième pôle, pour des raisons à la fois conjoncturelles et structurelles, principalement son incompréhension des changements qui avaient affecté la société avec la création de l’AP, imprimé à l’économie un caractère rentier, et conduit à des recrutements pléthoriques dans les appareils de l’autorité administrative et sécuritaire, tout cela conjugué à la baisse du travail salarié en Israël après la deuxième Intifada. La gauche n’a pas su analyser non plus le phénomène d’affaiblissement des corps intermédiaires qui encadraient traditionnellement le militantisme de masse, comme les syndicats de travailleurs, les organisations estudiantines, les fédérations féminines, parallèlement à la montée en puissance des associations et des ONG qui ont su capter de leur côté de nombreux cadres de la gauche. La gauche n’aura pas réussi en outre à dépasser ses contradictions internes et secondaires pour unifier ses rangs, ce qui a favorisé son alignement sur les deux pôles principaux, soit le Fatah, soit le Hamas.

    En raison du refus par le gouvernement israélien de discuter des détails du « désengagement » avec l’AP, le retrait de l’armée israélienne de Gaza en septembre 2005 a été suivi d’une situation d’insécurité générale et de désordre armé, avec de multiples tentatives de tirs des roquettes en direction d’Israël auxquels l’armée israélienne a riposté par de vastes offensives dans la bande de Gaza. Le Hamas de son côté appelait à de nombreuses marches armées et à des parades militaires, provoquant à répétition des affrontements avec les forces de police palestiniennes, qui ont dérapé en conflit généralisé, lequel s’est achevé à la mi-juin 2007 par un coup de force militaire du Hamas sur toute la bande de Gaza. Une division à la fois géographique et politique entre la Cisjordanie et Gaza s’en est suivie. Elle menaçait l’unité du peuple palestinien et affaiblissait sa lutte nationale pour la libération, laissant le champ libre à Israël pour consolider son occupation15.

    Avec l’impasse politique résultant de l’échec du processus d’Oslo et du coup de force du Hamas, échouaient à leur tour les efforts de réformer l’AP et d’y instiller des pratiques plus démocratiques, comme l’avait promis son nouveau président Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005 et dont le programme de réforme avait rallié 63 % des suffrages des électeurs. Même impasse pour les efforts de reconstruction de l’OLP sur de nouvelles bases susceptibles de permettre l’intégration du Hamas et du Djihad islamique, et la recomposition du Conseil national palestinien de façon à ce qu’il puisse jouer pleinement son rôle en matière de contrôle et de législation, et de renouvellement du comité exécutif de l’OLP.

    L’affaiblissement de l’OLP comme « parapluie politique unifié » s’est accompagné d’un approfondissement des scissions apparues entre les trois composantes du peuple palestinien, à savoir la population de la diaspora, celle des territoires occupés en 1967 et celle des territoires occupés en 1948. On observait notamment chez les réfugiés de la diaspora un net recul de leur rôle politique accompagné d’une vague de frustration et de désespoir, et le sentiment d’avoir été abandonnés par un mouvement national qui aurait fait bon marché de leurs droits et de leur lutte. De ce fait, de nombreux réfugiés se détournèrent des organisations palestiniennes et de l’action politique. Avec la réduction des services de l’UNRWApour raison financière, le mouvement d’émigration des camps palestiniens vers les pays européens s’est intensifié.

    LES DÉBÂCLES DU MONDE ARABE
    Les Palestiniens pensaient qu’avec l’émergence des mouvements populaires dans certains pays arabes, à partir de fin 2010, la cause palestinienne allait retrouver son caractère panarabe. Ils avaient même l’impression de se trouver à l’aube d’une nouvelle ère qui porterait les germes, voire les bourgeons, d’un vrai changement dans les rapports de force et annoncerait de nouvelles conjonctures, dont la cause palestinienne serait la grande gagnante, une fois que les peuples arabes auraient pris en mains leurs destinées. Mais il est très vite apparu que la question palestinienne — à l’exception de cas isolés où l’on a vu brandir le drapeau palestinien dans des manifestations populaires — était absente du discours de ces mouvements, qui étaient le plus souvent spontanés, échappant à tout encadrement de partis politiques panarabes ou de gauche. Ils ont d’ailleurs manqué de programmes politiques clairs, se contentant de mots d’ordre très généraux relatifs à la liberté, la justice et la dignité. La question palestinienne s’en trouvait éclipsée dans les médias arabes, trop occupés à couvrir les mouvements de contestation.

    Ces mouvements n’ont pas apporté de changement radical sur le plan économique, social ou politique, prenant davantage une tournure confessionnelle, religieuse ou ethnique de nature à provoquer des conflits sanglants et à mettre en péril le tissu social de nombreux pays arabes, menaçant leur cohésion et leurs structures, secouant un ordre officiel arabe déjà traversé de fractures, en proie au pire affaissement de son histoire, transformant finalement toute la région en champ d’affrontement entre puissances régionales et internationales ayant pour alibi la « guerre contre le terrorisme ».

    Il était logique que les dirigeants israéliens exploitent cette désastreuse débandade du monde arabe pour aller plus loin dans leurs projets visant à liquider définitivement la question palestinienne et à vanter une solution « régionale » qui foule aux pieds les droits nationaux palestiniens, profitant du fait qu’il n’y avait plus d’unanimité quant au véritable danger qui menaçait la sécurité du monde arabe, à savoir Israël et sa politique d’agression et d’occupation. Avec l’extension de l’influence iranienne dans la région, certains pays arabes, notamment du Golfe, voyaient plutôt dans le voisin perse le « principal danger » qui les menaçait. Ils se voyaient de ce fait disposés, le plus souvent secrètement, mais parfois ouvertement, à faire alliance avec Israël, à s’engager dans la voie de la normalisation avec cet État, afin de faire face à l’expansion iranienne16.

    D’un autre côté ces mouvements populaires et leur retombées auront directement pesé sur la situation des réfugiés palestiniens, notamment en Syrie. Après une période de stabilité qui avait duré près de 65 ans, les camps ont connu un bouleversement total avec l’été 2012. Tous les discours de neutralité prononcés par l’OLP pour protéger ces réfugiés n’auront servi à rien depuis que des factions « takfiristes » ont investi les camps de réfugiés, notamment celui de Yarmouk. Les violentes batailles qui y ont éclaté ont fait, jusqu’à 2014, plus de 1 500 morts et provoqué l’exode de près de 15 % de l’ensemble des Palestiniens de Syrie, alors qu’une proportion semblable demeurait dans les camps et que tous les autres se retrouvaient déplacés vers d’autres régions de Syrie, notamment Damas. Un recensement non officiel révèle l’entrée au Liban fin janvier 2013 de 53 715 réfugiés palestiniens venant des camps de Syrie, la plupart accueillis par des membres de leur famille dans les camps du Liban, tout particulièrement dans le camp d’Ain El-Heloué, dans la région de Saïda, ou chez des familles libanaises qui leur avaient ouvert leurs maisons ou encore dans des centres d’accueil provisoires. Ce flux s’est arrêté en mai 2014 lorsque les autorités libanaises adoptèrent des mesures très strictes pour interdire l’accès du territoire Libanais aux Palestiniens venant de Syrie. Quelques milliers d’entre eux parvenaient alors à entrer en Jordanie malgré les mesures draconiennes prises par les autorités pour les en empêcher. Certains s’étaient installés dans le camp de Zaatari prévu pour l’accueil de réfugiés syriens, en dissimulant leurs identités palestiniennes.

    Par ailleurs un certain nombre de réfugiés palestiniens ont pu bénéficier de la décision prise par les autorités égyptiennes au tout début de la crise syrienne, d’accueillir provisoirement des réfugiés palestiniens venant de Syrie et munis de papiers, avant que l’Égypte ne revienne sur sa décision, rendant impossible pour un Palestinien de prendre l’avion à l’aéroport de Beyrouth, sur ordre du Caire. Les chiffres indiquent aussi l’arrivée à Gaza en provenance d’Égypte de 250 familles de réfugiés palestiniens originaires de Syrie. D’autres familles se sont aventurées dans les embarcations de la mort en Méditerranée, ou sur les routes terrestres vers d’autres frontières. Certaines d’entre elles ont réussi à obtenir l’asile dans des pays européens, notamment scandinaves, cependant que leurs proches étaient engloutis par les eaux17.

                                                                                                                                          Traduit de l’arabe par Nada Yafi.                                                                                                                                                                                                                                               MAHER AL-CHARIF
    Historien palestinien, Chef du département des recherches à l’Institut des études palestiniennes (Beyrouth).

    https://orientxxi.info/magazine/palestine-israel-l-ineluctable-effondrement-des-accords-d-oslo,2469


  • La France « au cœur de la répression » en Égypte – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/22/la-france-au-coeur-de-la-repression-en-egypte
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/66c684d3286667b17d1572aea92e9cfa.jpg?1539930577

    Amnesty International vient de publier un rapport accablant qui démontre que des armes vendues par la France se trouvent « au cœur de la répression » sanglante de l’opposition égyptienne. Et demande que le gouvernement français respecte enfin les obligations juridiques qui lui interdisent de livrer des équipements militaires à des pays où existe « un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains ».                                                                                      Véhicule blindé Sherpa de fabrication française derrière des barricades près de l’université Al-Azhar, Le Caire.Amnesty international.                                                                                                                

    Le 26 novembre 2014, recevant à Paris, pour un dîner en tête-à-tête, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, alors que l’armée égyptienne venait, au mois d’août, de massacrer plusieurs centaines de ses opposants, Jean-Yves Le Drian, ministre socialiste de la défense avait fait installer autour des couverts de cet hôte de marque des petites maquettes de quelques fleurons de l’industrie française de la guerre, comme par exemple le Rafale, l’avion de combat du groupe Dassault1.

    Cette délicatesse s’était avérée payante : trois mois plus tard, l’Égypte avait passé à la France une commande de matériels militaires d’un montant conséquent de 5,2 milliards d’euros, portant principalement sur l’achat de 24 exemplaires du Rafale, dont le développement avait déjà coûté plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français, mais qui n’avait encore jamais été vendu à l’étranger.

    Cette remarquable performance — dont le président François Hollande, contenant bravement la commisération que lui inspirait sans doute la sanglante répression des oppositions égyptiennes, s’était grassement réjoui — avait ensuite été abondamment commentée.

    Mais on sait moins que la France, en sus de ces aéronefs et de plusieurs navires de guerre, a également fourni à l’Égypte depuis 2012, comme le souligne Amnesty international dans un rapport intitulé Égypte. Des armes françaises au cœur de la répression et publié le 16 octobre, « des équipements de sécurité plus classiques, dont des véhicules blindés, qui ont joué un rôle direct et bien visible dans les violentes opérations de répression » menées par les autorités de ce pays.

    DES BLINDÉS FRANÇAIS AU CŒUR DU MASSACRE
    Ce document accablant, fruit d’une longue et méticuleuse enquête durant laquelle Amnesty a mené « des travaux d’observation directe sur le terrain » et analysé « plus de vingt heures de vidéo, plusieurs centaines de photos » et de très nombreux autres « supports visuels supplémentaires provenant de groupes locaux de défense des droits humains et des médias » , lui a « permis de mettre au jour de très nombreux éléments attestant du recours par les forces de sécurité égyptiennes à des véhicules MIDS et Sherpa fournis par la France pour écraser l’opposition avec brutalité, entre 2012 et 2015 »

    Ainsi, des vidéos dont la fiabilité a été dûment vérifiée montrent des policiers égyptiens tirant à balles réelles contre des manifestants depuis le couvert de ces blindés légers fabriqués par Renault Trucks Défense (RTD), dont plus de 200 exemplaires auraient été livrés à l’Égypte (lire aussi l’enquête d’OrientXXI sur l’entreprise Manurhin). « Le manque de transparence et d’exhaustivité des informations communiquées par le gouvernement rend difficile l’identification précise du nombre de véhicules transférés », explique Amnesty.

    Puis de détailler : « Le 14 août 2013, par exemple, des Sherpa ont été déployés un peu partout dans la capitale égyptienne par les forces de sécurité. » Ce jour-là, près de mille manifestants ont été tués : « jamais, dans l’histoire égyptienne moderne », la répression n’avait fait autant de victimes en une seule journée. Et les véhicules vendus par la France étaient, selon de nombreux témoignages corroborés par l’analyse des éléments visuels collectés par Amnesty, au cœur de cet abominable massacre.

    CRIMINELLE DÉSINVOLTURE
    Confrontées à l’évidence de cette « utilisation abusive, flagrante et généralisée » de blindés made in France, les autorités françaises — qui ont, par ailleurs, systématiquement refusé de préciser le volume et la nature exacts de leurs ventes d’armes à l’Égypte — ont répondu, avec une extraordinaire désinvolture, qu’elles n’avaient « autorisé l’exportation de matériel militaire à destination de l’armée égyptienne que dans le cadre de la “lutte contre le terrorisme“ dans le Sinaï, et non pour des opérations de maintien de l’ordre ». Mais en réalité, souligne Amnesty, la France, parfaitement informée de l’usage qui en était ainsi fait, a continué de livrer des véhicules blindés à la police égyptienne « jusqu’en 2014 au moins », et à « autoriser des licences à l’exportation de blindés, de pièces et de composants connexes jusqu’en 2017, bien après que des informations crédibles relatives à leur utilisation abusive » avaient été mises au jour.

    Circonstance aggravante, « La France a également poursuivi ses livraisons après que les États membres de l’Union européenne (UE) eurent convenus, dans les conclusions publiées en août 2013 par le Conseil des affaires étrangères de l’UE et réaffirmées en février 2014, de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de matériels utilisés à des fins de répression interne. »

    Le gouvernement français a donc autorisé ces ventes de blindés alors qu’il savait parfaitement — il convient d’insister sur ce point — « qu’il existait des risques substantiels » que ces véhicules soient impliqués dans la perpétration de violations graves des droits humains. Pis : la France, selon le même glaçant principe d’irresponsabilité, vend désormais des avions de combat Rafale à l’Égypte, dont l’armée de l’air a mené plusieurs frappes aériennes illégales et usé, dans ses raids, d’armes à sous-munitions interdites par le droit international. Or, rappelle Amnesty, « en tant qu’État partie au Traité sur le commerce des armes, la France ne doit pas autoriser de transferts d’armes s’il existe un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains. »

    De plus, et conformément aux textes du Conseil de l’Union européenne (UE) définissant des règles communes qui « régissent le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, que la France est juridiquement tenue de respecter », les États membres de l’UE ont l’obligation de « refuser l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne ».

    JEAN-YVES LE DIRAN DÉCORÉ
    Le gouvernement français, conclut Amnesty — qui demande également que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles « la France a continué de livrer des véhicules blindés à l’Égypte alors que cela lui est clairement interdit au regard de ses obligations internationales et européennes » — doit immédiatement « cesser tout transfert vers ce pays de matériels susceptibles de servir à la répression interne, y compris des véhicules blindés, des armes légères, des équipements à létalité réduite et leurs munitions utilisés pour assurer le maintien de l’ordre lors de manifestations et dans les lieux de détention ». De surcroît, elle doit également procéder, conformément à ses obligations juridiques régionales et internationales, à une « évaluation approfondie, à l’aune de critères relatifs aux droits humains rigoureux » de tous les autres équipements — parmi lesquels, donc, des avions de combat — qu’elle cède à l’armée égyptienne.

    Car désormais, même Jean-Yves Le Drian — devenu en 2017 ministre des affaires étrangères, quelques semaines après avoir reçu des mains du président Abdel Fattah Al-Sissi l’ordre de la République égyptienne « de la première catégorie, en reconnaissance de ses efforts et sa contribution à l’essor sans précédent de la coopération militaire »entre l’Égypte et la France — ne pourra plus jamais dire qu’il ne savait pas.

                                                                               SÉBASTIEN FONTENELLE
    Journaliste.                                                                                                                                                          https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-france-complice-du-pire-en-egypte,2691


  • En Arabie saoudite, modernisation de l’autoritarisme – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/21/en-arabie-saoudite-modernisation-de-lautoritarisme-2
    https://orientxxi.info/local/cache-responsive/cache-360/5591bd7dbb2f27137c1a7b9a6e81c716.jpg?1538650155

    Vague d’arrestations et révolution de palais · Depuis le 9 septembre 2017, plusieurs dizaines d’arrestations ont eu lieu en Arabie saoudite. Il s’agit pour la plupart de personnalités publiques très différentes dont la caractéristique commune est qu’elles n’ont pas pris position dans la « crise qatarie ». Plus profondément, cette vague de répression marque un tournant dans la politique patrimoniale traditionnelle, avec la montée en puissance du nouvel homme fort du royaume : Mohamed Ben Salman.

    14 mars 2017. Donald Trump rencontre Mohammed Ben Salman et des membres de sa délégation à la Maison Blanche.
    Shealah Craighead/Maison Blanche.
    Ce n’est pas en soi une nouveauté : l’Arabie arrête régulièrement des individus considérés comme opposants. Cette fois pourtant, les choses semblent différentes. D’une part, il s’agit pour la plupart de personnalités publiques, pour certaines très influentes. Parmi elles, le cheikh Salman Al-Awdah, qui compte près de 14 millions de followers sur Twitter.

    Les détenus appartiennent en outre à des camps idéologiques très différents, voire opposés. Il y a certes une majorité d’islamistes, mais le spectre de leurs orientations va des ultraconservateurs comme Mohammed Al-Habdan ou Abd Al-Aziz Al-Abd Al-Latif, figures de proue du courant dit « sourouriste »1 et grands pourfendeurs de la démocratie, à des islamistes libéraux comme Al-Awdah. Ces dernières années, Awdah a soutenu les printemps arabes, milité pour l’établissement d’un « État des droits et des institutions » en Arabie, et s’était même récemment prononcé contre la criminalisation pénale de l’homosexualité.

    La liste comporte aussi plusieurs jeunes intellectuels réformistes qui, après 2011, ont pris une part active à la contestation démocratique en Arabie. Parmi eux, Abdallah Al-Maliki, diplômé de sciences religieuses, qui a créé l’événement en 2012 un publiant un livre dans lequel il cherchait à montrer la primauté de la souveraineté populaire sur la charia2, et Mustafa Al-Hassan, fondateur d’un forum pan-golfien destiné à encourager le développement des sociétés civiles. À ceux-là s’ajoute le jeune entrepreneur Isam Al-Zamil, suivi par près d’un million de personnes sur Twitter où il livre commentaires avisés et critiques sur les orientations économiques de l’État saoudien. Enfin, Hassan Al-Maliki, ennemi déclaré du wahhabisme et bête noire des conservateurs a lui aussi été jeté en prison.

    SUPPOSÉS SUPPÔTS DU QATAR
    Au-delà des profils des détenus, ce qui frappe est la méthode. Par le passé, les personnalités publiques qui se trouvaient dans la ligne de mire des autorités faisaient plutôt l’objet d’une convocation discrète au poste de police. Or la plupart de ceux qui ont été arrêtés cette fois-ci l’ont été chez eux, devant leurs familles et sans ménagement, « comme s’ils étaient des terroristes », ainsi que le raconte un proche d’un des détenus. Comme l’évoquent différents témoignages, des dizaines d’autres Saoudiens ont été soumis à interrogatoires et menacés, avant d’être relâchés. À la manœuvre dans la plupart des cas se trouve, non le ministère de l’intérieur, mais un nouvel organe créé en juillet 2017 : la présidence de la sûreté d’État (ri’asat amn al-dawla), directement rattachée au palais royal et qui s’appuie, dit-on, sur des conseillers issus de la tristement célèbre sûreté d’État égyptienne (si cela est confirmé, la similitude d’appellations ne serait donc pas un hasard). Si les autorités n’ont pas rendu publique la liste des détenus, un communiqué émis le 12 septembre 2017 donne le ton : la police aurait lancé une opération de démantèlement de « cellules d’espionnage » (khalaya istakhbaratiyya) au profit de puissances étrangères.

    Pour quiconque suit l’actualité dans le Golfe, il ne fait aucun doute que la « puissance étrangère » en question est le Qatar. Différents articles de presse ont laissé entendre, dans les jours suivant les arrestations, que la « crise qatarie » pouvait être à l’origine de la répression. Comme beaucoup de Saoudiens sceptiques à l’égard de la récente campagne contre le Qatar, la plupart des individus détenus se sont en effet abstenus de prendre position dans la querelle qui oppose l’Arabie à l’émirat gazier. Et Salman Al-Awdah a même, dans un tweet posté le jour précédant son arrestation, semblé se réjouir de la nouvelle d’une possible réconciliation prochaine entre voisins du Golfe (nouvelle rapidement démentie par les autorités saoudiennes).

    La crise qatarie et l’agacement des autorités face à cette neutralité affichée par certains Saoudiens représentent peut-être la cause immédiate des arrestations. Il faut dire qu’après trois mois de blocus, l’Arabie, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn n’ont pas obtenu grand-chose, et il n’est pas impossible que les autorités saoudiennes aient choisi de faire diversion en lançant une chasse aux supposés suppôts du voisin honni.

    MÉFIANCE ENVERS L’ISLAM POLITIQUE
    Mais ces arrestations ont des causes profondes qu’il importe ici de souligner. La première d’entre elles est la transformation radicale du rapport que les autorités saoudiennes entretiennent à l’égard de l’islam politique.

    Jusqu’au début des années 1990, le pouvoir saoudien entretenait d’étroites relations avec l’ensemble de la mouvance islamiste. Le royaume avait donné refuge à partir des années 1960 à des milliers de Frères musulmans persécutés par les régimes nationalistes du monde arabe, et ces derniers avaient été intégrés aux structures de l’État saoudien, qui les utilisait notamment comme vecteurs d’influence.

    Dans les années 1980, des islamistes plus radicaux ont eux aussi pu jouir de la protection du royaume, notamment lorsqu’ils combattaient communistes et Soviétiques en Afghanistan. L’influence de ces militants étrangers s’est vite exercée en Arabie saoudite même, donnant naissance à un courant islamiste saoudien puissant, la Sahwa (ou al-Sahwa al-Islamiyya, « le réveil islamique »), dont les membres, à la différence des oulémas de l’establishment officiel, n’hésitaient pas à s’exprimer sur les questions politiques. Lorsqu’en 1990, le roi Fahd a fait appel à des centaines de milliers de soldats étrangers, principalement américains, pour protéger le royaume et libérer le Koweït voisin occupé par l’armée irakienne, ces militants ont pris la tête d’un vaste mouvement d’opposition à la famille royale.

    En 1994, les principales figures de la contestation, parmi lesquelles se trouve déjà Salman Al-Awdah, sont jetées en prison pour n’être libérées que quelques années plus tard. S’installe alors une méfiance grandissante entre le régime saoudien et les islamistes, locaux et étrangers, au point qu’en 2002, dans une déclaration à la presse koweitienne, le prince Nayef, ministre de l’intérieur, fait des Frères musulmans « la source de tous les maux du royaume ». Les printemps arabes voient les Frères musulmans et leurs émules l’emporter dans les premières élections démocratiques organisées en Tunisie et en Égypte. Cela ne fait qu’ajouter à la méfiance des autorités saoudiennes, d’autant que les islamistes saoudiens affichent ouvertement leur soutien à leurs camarades.

    En Arabie, des personnalités islamistes saisissent l’occasion pour appeler à des réformes ; différentes pétitions à cet effet circulent pendant l’année 20113. Le retour de bâton arrive à partir de 2013 avec le soutien saoudien au renversement du président égyptien Mohamed Morsi, puis la désignation officielle par l’Arabie des Frères musulmans et « de tous les groupes qui s’y apparentent » comme terroristes. Les islamistes saoudiens savent dès lors qu’ils ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Les premières arrestations (essentiellement parmi les activistes impliqués dans la défense des droits de l’homme) ont lieu en 2013 et 2014, puis en 2016, mais elles concernent un petit nombre de figures de second rang — jusqu’aux arrestations, bien plus massives, de septembre 2017.

    UN JEU D’ÉQUILIBRE REMIS EN CAUSE
    Ces nouvelles arrestations ont donc une seconde cause profonde, de nature plus structurelle, liée aux transformations depuis deux ans du régime saoudien. Le système saoudien incarnait avant 2015 une forme d’autoritarisme que l’on pourrait qualifier de « pré-moderne ». L’État en Arabie n’était pas ce Léviathan si typique des régimes arabes post-indépendance, mais un État traditionnel de type patrimonial pratiquant une forme exacerbée de paternalisme politique. Dans un tel système, la cooptation, alimentée par la manne pétrolière, représente le mode privilégié de gestion des conflits politiques, la répression n’étant vue que comme un dernier recours que l’on préférait éviter (même si elle est plus qu’une possibilité théorique). Cet État était lui-même fragmenté, puisque les principaux membres de la famille royale se partageaient le pouvoir, chacun possédant un fief, souvent ministériel, lui permettant d’entretenir sa clientèle. L’exercice du pouvoir en Arabie consistait ainsi, en somme, en un jeu d’équilibre permanent entre factions et courants. Un jeu qui, en retour, permettait l’existence, même a minima, d’un certain pluralisme politique.

    Les années 2000 ont été ainsi marquées par un débat animé entre « islamistes » et « libéraux » de différentes tendances, d’abord dans les journaux puis sur les réseaux sociaux, les uns et les autres défendant leur projet de société, par exemple sur le droit ou non des femmes à conduire. Bien entendu, ce débat n’avait pas grande prise sur la décision politique, qui demeurait la prérogative exclusive de la famille royale. Mais il avait au moins le mérite d’exister.

    MOHAMMED BEN SALMAN, UN POUVOIR PERSONNEL
    C’est tout ce système qui est mis à bas depuis 2015 avec la montée en puissance d’un unique homme fort, Mohammed Ben Salman, âgé d’une petite trentaine d’années, actuel prince héritier et fils du roi, qui concentre aujourd’hui entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Pour y parvenir, il a — avec le soutien de son père — graduellement exclu ou marginalisé l’ensemble des branches concurrentes au sein de la famille royale. Le dernier prince à pouvoir théoriquement lui tenir tête, Mohammed Ben Nayef, prince hériter en titre jusqu’en juin 2017, a été démis de toutes ses fonctions. Ben Nayef est aujourd’hui en résidence surveillée, tout comme le sont d’autres princes influents, tel Abd Al-Aziz Ben Fahd, fils du défunt roi Fahd. L’obsession de Mohammed Ben Salman semble être de créer une verticale du pouvoir remontant à sa personne, alors même que le système saoudien était tout entier bâti sur l’idée d’une certaine horizontalité.

    Pour justifier ce qui s’apparente à une véritable révolution de palais, Mohammed Ben Salman argue de la nécessité de mettre l’État et la société en ordre de bataille pour, d’une part, relever les défis régionaux — notamment ce que Riyad qualifie d’« expansionnisme iranien » et qui justifie la guerre au Yémen — et, d’autre part, faire appliquer son projet de réforme économique et sociale, présenté de manière tapageuse sous le nom de « Vision 2030 » et rédigé avec l’aide du cabinet de conseil américain McKinsey. Un tel objectif implique de faire taire toutes les voix dissidentes, d’où qu’elles proviennent. La même transformation s’était produite de manière plus discrète plus d’une décennie plus tôt aux Émirats arabes unissous la férule de Mohammed Ben Zayid, prince héritier d’Abou Dhabi et mentor de Mohammed Ben Salman. À Riyad, on murmure ainsi que l’objectif des changements actuels est d’importer en Arabie le « modèle émirien », qui fascine le jeune prince. Un objectif que beaucoup considèrent irréaliste, étant donné les différences démographiques et anthropologiques qui séparent les deux pays.

    Mohammed Ben Salman incarne le dernier avatar de la figure bien connue dans le monde arabe de l’« autocrate modernisateur ». En l’absence — pour le moment du moins — de résultats économiques tangibles, c’est surtout l’autoritarisme qu’il est en train de moderniser. Le journaliste Jamal Khashoggi, anciennement rédacteur en chef du journal saoudien Al-Watan et longtemps proche du pouvoir, aujourd’hui exilé aux États-Unis, ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare : « L’Arabie saoudite n’a pas toujours été aussi répressive. Aujourd’hui, c’est devenu insoutenable. » L’Arabie est peut-être, en somme, en train de rejoindre la norme institutionnelle arabe. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

                                                                                  STÉPHANE LACROIX
    Docteur en science politique (Sciences Po). Actuellement professeur associé à l’École des affaires internationales de Sciences Po…                                                                                                     https://orientxxi.info/magazine/en-arabie-saoudite-modernisation-de-l-autoritarisme,2014


  • Ces intellectuels qui critiquent tous les pouvoirs autoritaires… sauf le marocain – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/21/ces-intellectuels-qui-critiquent-tous-les-pouvoirs-autoritaires-sauf-le-marocain/?fbclid=IwAR1otCDuWaYS3RUl81weFEkarC6ueNF6kPkxOuPe960K2VdaOM
    https://orientxxi.info/IMG/jpg/une_nml-resp597.jpg

    Leïla Slimani, Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine · À la Une du Nouveau Magazine littéraire de mai 2018 affichée sur les kiosques parisiens, on pouvait lire : « Libres. Leïla Slimani-Esli Erdoğan : contre toutes les tyrannies. » Toutes les tyrannies ? Pas sûr. Qu’ils s’appellent Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine ou Leïla Slimani, pour ces intellectuels franco-marocains, l’aspiration à la démocratie s’arrête, brusquement, aux portes du palais royal.

    2 mai 2016. Réception à l’Élysée. À droite de François Hollande, Tahar Ben Jelloun et Leila Slimani ; derrière, Rachid Benzine.
    Présidence de la République française
                                                                                                                                                                                                                   Ce n’est pas la première fois qu’une publication française met ainsi en avant l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt 2016. Elle a été adoubée par le président Emmanuel Macron qui l’a nommée sa représentante personnelle pour la francophonie. Elle est désormais la coqueluche des médias de la métropole toutes tendances confondues, et décrite comme la nouvelle égérie mondiale de la lutte « contre toutes les tyrannies », notamment dans le monde arabo-musulman. Toutes les tyrannies ? Presque, car chez Leïa Slimani, le souffle de la révolte s’estompe dès qu’il est question du régime politique marocain, et plus particulièrement de la monarchie chérifienne.

    Ce constat s’inscrit dans un processus plus large qui caractérise aussi bien le règne de Mohammed VI que celui de son père, le roi Hassan II(1929-1999) : la cooptation des célébrités franco-marocaines, un exercice pour lequel le palais dispose d’un véritable savoir-faire.

    « LES INTELLECTUELS DE SA MAJESTÉ »
    Lorsqu’en 1987, l’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun reçoit le Goncourt pour La Nuit sacrée, Hassan II lui adresse un message de « haute sollicitude » et de « félicitations paternelles ». Depuis, l’auteur du Racisme expliqué à ma fille évite tout commentaire critique sur l’ancien règne et il a fallu attendre la mort d’Hassan II en 1999 — les langues commençant peu à peu à se délier — pour que le romancier publie un premier livre sur le bagne de Tazmamart en s’appuyant sur le récit d’un rescapé, Aziz Binebine. Il vient de sortir un autre ouvrage sur le même thème, La Punition (Gallimard, 2018), dans lequel il décrit une expérience qu’il a vécue au Maroc pendant une période limitée, avant de partir en France pour s’y installer définitivement en 1971. Il y raconte notamment, avec un brin de narcissisme, son service militaire en le présentant comme « dix-neuf mois de détention » en mars 1965. Il est alors âgé de 21 ans, pleure sa « belle » chevelure rasée et « ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses vingt-ans », mais qui ont fait naître secrètement, dit-il, l’écrivain qu’il est devenu. Sur le régime d’Hassan II, ses « jardins secrets » et ses abus ? Pas un traître mot.


  • Pour le cinquième anniversaire d’OrientXXI, la radio télévision suisse consacre cinq émissions à @OrientXXI

    Un certain Orient (1/5)
    Entretien avec Alain Gresh (première partie)

    https://www.rts.ch/play/radio/emission/histoire-vivante?id=1950967&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

    Cette semaine, Histoire Vivante s’intéresse au Moyen-Orient au travers de la revue ORIENT XXI, (https://orientxxi.info) dirigée par Alain Gresh, journaliste et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, auteur de plusieurs ouvrages sur le Proche-Orient et fondateur du journal en ligne Orient XXI. Au cours de la semaine, nous serons en compagnie de différents journalistes et contributeurs de cette revue.

    Dimanche 23 septembre à 21h25 sur RTS Deux, vous pourrez voir « Al-Sissi, notre homme du Caire » un documentaire de Bence Maté (Italie/Allemagne, 2018) :
    depuis le coup dʹÉtat du maréchal Al-Sissi en 2013, les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions forcées ont atteint un niveau sans précédent en Égypte. Ce film explore les intérêts stratégiques et économiques qui poussent l’UE et les États-Unis à fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme et à considérer Al-Sissi comme un partenaire incontournable.❞

    https://seenthis.net/messages/722993 via Nouvelles d’Orient


  • Qui a peur de la langue arabe ?

    https://orientxxi.info/magazine/qui-a-peur-de-la-langue-arabe,1620

    Les polémiques autour de la langue sont souvent idéologiques et servent des intérêts politiques. Qu’il s’agisse, pour une puissance coloniale, de contrôler sévèrement l’usage d’une langue maternelle pour mieux asseoir sa domination économique et politique, sous prétexte de « mission civilisatrice » ou, inversement, pour un régime du Sud en quête de légitimité, d’une politique d’arabisation à outrance, éradicatrice de la diversité, contre-productive pour les classes populaires au profit de l’élite sous prétexte d’émancipation, c’est d’une certaine manière le même bégaiement de l’histoire.

    La querelle récente autour du danger d’enseigner à nos chères têtes blondes et brunes cette « langue communautaire » que serait l’arabe est bien du même ordre : celui d’une instrumentalisation de la question à des fins électorales sous prétexte de « sécurité », et « d’identité culturelle ». La polémique lancée en ce sens par la députée Annie Genevard1, et reprise avec ardeur par Bruno Lemaire, candidat malheureux à l’élection primaire « de la droite et du centre »2 a cependant suscité dans la presse suffisamment de tribunes pertinentes sous la plume d’intellectuels, d’enseignants et... d’humoristes, tels que le malicieux Gorafi sur les chiffres arabes.

    https://seenthis.net/messages/721401 via Nouvelles d’Orient


  • #Égypte. Chronique amère d’une #Révolution manquée
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/egypte-chronique-amere-d-une-revolution-manquee,2614

    Le dernier #Roman de l’auteur de L’Immeuble Yacoubian, refusé par tous les éditeurs de son pays, nous plonge dans ces mois de 2011 qui ont secoué l’Égypte. Malgré les revers et les déceptions, plus rien ne sera comme avant. Alaa Al-Aswany a choisi dans J’ai couru vers le Nil, son dernier roman, de coller au plus près de la réalité. Dans L’Immeuble Yacoubian, succès de librairie mondial en 2006, l’auteur dentiste au Caire et passionné de littérature anticipait en filigrane la révolution qui devait arriver (...)

    #Lu,_vu,_entendu

    / Égypte, Révolution, #Répression, #Frères_musulmans, #Islam_politique, #Torture, (...)


  • Sombre victoire pour le régime en #Syrie
    https://orientxxi.info/magazine/sombre-victoire-pour-le-regime-en-syrie,2618

    Malgré des poches de résistance, le régime de Bachar Al-Assad sort apparemment victorieux de ces sept années de conflit armé. Son pouvoir est de facto reconnu par les États-Unis, Israël ou encore l’Iran et la #Russie, lesquels se frottent les mains de « l’aubaine » qui leur permet de prendre pied dans un environnement régional a priori hostile. L’avenir immédiat du président et de son régime paraissent assurés. Le nombre des morts du #Conflit_syrien est estimé à plus de 350 000, en très grande majorité des (...)

    #Magazine

    / Syrie, #Iran, Conflit syrien, Russie, #Réfugiés

    « http://www.worldbank.org/en/country/syria/publication/the-toll-of-war-the-economic-and-social-consequences-of-the-conflict-in-s »


  • تونس: المساواة في الميراث تثير تساؤلات
    https://orientxxi.info/magazine/article2609

    لاقى الإعلان بمبادرة رئاسية في تونس عن مشروع قانون لإرساء مبدأ المساواة في الإرث بين المرأة والرجل إشادةً لكونه يمثل تقدماً جديداً لوضع المرأة. لكنه يطرح إشكاليتين: أيُّ مكانة للدين؟ وكيف يمكن إصلاح المجتمع في ظل نظام ديموقراطي؟ تواصل تونس فتح آفاق جديدة في العالم العربي والإسلامي: بمبادرة من رئيس الجمهورية، الباجي قائد السبسي، سيُعرض أمام البرلمان مشروع قانون يهدف إلى تنقيح مجلة الأحوال الشخصية (التي احتُفل بذكراها الثانية والستين في 13 آب/أغسطس الماضي)، قانون يهدف إلى إرساء المساواة في الإرث بين المرأة والرجل من نفس درجة القرابة. وهي خطوة تُحدث قطيعة (...)

    #Magazine

    / تونس, النهضة, إسلام, حقوق المرأة, ديمقراطية, عَلمَانيّة

    #تونس #النهضة #إسلام #حقوق_المرأة #ديمقراطية #عَلمَانيّة


  • #Iran. L’Europe impuissante face aux sanctions américaines
    https://orientxxi.info/magazine/l-europe-face-aux-sanctions-americaines-contre-l-iran,2610

    Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et l’imposition de sanctions contre Téhéran ont suscité une large condamnation, notamment des signataires européens. Mais les annonces diplomatiques de l’UE-3 (France, Allemagne et Royaume-Uni) n’ont convaincu ni la partie iranienne ni les grandes entreprises européennes. Après le vote de la résolution 2231 du conseil de sécurité de l’ONU le 20 juillet 2015 entérinant l’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA), (...)

    #Magazine

    / Iran, #Union_européenne, #Diplomatie, Accord sur le nucléaire iranien , #Commerce_international, (...)

    #_Accord_sur_le_nucléaire_iranien_ #États-Unis
    « http://www.un.org/fr/sc/2231 »
    « https://www.total.com/fr/medias/actualite/communiques/retrait-du-jcpoa-par-les-etats-unis-position-de-total-relative-au-projet-sout »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4082.asp »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Sarbanes-Oxley »
    « http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/F-29/TexteComplet.html »
    « https://www.ifri.org/fr/publications/editoriaux-de-lifri/lamerique-ne-se-resume-trump-leurope-defendre-laccord-liran-couper »
    « http://www.osci.fr/sites/default/files/osci_cp_sanctions_us_sur_iran_12062018.pdf »


  • زورآزمائی بين ترکيه و ايالات متحده
    https://orientxxi.info/magazine/articles-en-farsi/article2612

    سقوط ليره ترک از چندين ماه پيش نماد يک بحران اقتصادي عميق است. همچنين، اين سقوط بازتاب وخيم ترشدن روابط بين واشنگتن و آنکارا است که هيچ کس نمي تواند عوارض منطقه اي يا بين المللي آن را پيش بيني کند. بحران مالي ترکيه بي گمان بي سابقه است. اين امر نه به خاطر گستردگي بحران – اقتصاد ترکيه مقام هفدهم را در دنيا دارد-، بلکه به سبب ستيزه خويي دو طرف اصلي آن يعني رجب طيب اردوغان و دونالد ترامپ است. رئيس جمهوري ترکيه ازهر ابزاري براي رد درخواست سرمايه گذاران بين المللي درمورد دفاع از پول ترکيه استفاده نموده و از گرفتن تصميمي که دراين موارد ضروري است يعني بالابردن (...)

    #Articles_en_farsi

    / ترکیه, اقتصاد, ایالات متحده, #Crise_financière, #Monnaie

    #ترکیه #اقتصاد #ایالات_متحده


  • روسيا في الشرق الأوسط: حضور واثق من نفسه
    https://orientxxi.info/magazine/article2613

    في الشرق الأوسط تتحرك روسيا بثقة متعاظمة بالنفس، مستغلة الفراغ الذي خلفته الولايات المتحدة الأمريكية. والكرملين عازم على تحدي واشنطن في بسط سيطرته من ربوع الشرق الأوسط الى ربوع آسيا نرى روسيا تحتل الفراغ الذي تركته الولايات المتحدة الأمريكية، تحدوها في ذلك ثقة متعاظمة بنفسها. ويأتي عزم الكرملين على تحدي الولايات المتحدة الأميركية ببسط سيطرتها على العالم بالرغم من فترة كسادٍ اقتصادي عميق داخل البلاد رمى بملايين الناس في الفقر. من الأسباب الرئيسية التي دفعت روسيا الى التوجه للشرق الأوسط تبعات الربيع العربي التي قَلَبت الأوضاع رأساً على عقب في المنطقة (...)

    #Magazine

    / الشرق الأوسط, روسيا, دبلوماسيّة, جيوسياسة, الولايات المتّحدة

    #الشرق_الأوسط #روسيا #دبلوماسيّة #جيوسياسة #الولايات_المتّحدة


  • Au #Proche-Orient, la #Russie sûre d’elle-même
    https://orientxxi.info/magazine/au-proche-orient-la-russie-sure-d-elle-meme,2611

    Au Proche-Orient, une Russie toujours plus confiante en soi occupe le vide laissé par les #États-Unis. Le Kremlin reste déterminé à défier Washington pour étendre son influence. Les retombées des printemps arabes de 2011 qui ont bouleversé toute la région constituent l’une des raisons qui expliquent l’offensive de Moscou au Proche-Orient. Cette situation a en effet convaincu Vladimir Poutine que le retrait des positions régionales héritées de l’ancienne Union soviétique avait été une erreur. Le (...)

    #Magazine

    / Proche-Orient, Russie, #Diplomatie, #Géopolitique, États-Unis


  • مصر : قانون للإجهاز على الصحافة
    https://orientxxi.info/magazine/article2601

    أصدرت السلطات المصرية قانوناً جديداً في مجال وسائل الإعلام يهدف الى إلغاء حرية الإعلام تماماً، علماً أن الإجراءات التي نص عليه القانون كانت أساساً قيد التطبيق قبل صدوره اجتاحت يوم الجمعة 13 يوليو المنصرم وسائل التواصل الاجتماعي في مصر أنباء وصور عن وقوع انفجار ضخم قرب مطار القاهرة، وبدأت وسائل إعلام عربية ودولية بالفعل في نقل الخبر دون تفاصيل، ومع ذلك لم يظهر الخبر على وسائل الإعلام المصرية إلا بعد صدور تصريحات من مسؤولين في الدولة حول الانفجار. اتضح لاحقا أن الانفجار كان في أحد مخازن مصنع للكيماويات، ولكنه كشف بوضوح أن الأولوية في معالجة وسائل الإعلام (...)

    #Magazine

    / مصر, صحافة, وسائل الإعلام, معلومات, قَمع, شَبكات اجتِماعيّة, حرِّيًَّة التعبير, صحافة

    #مصر #صحافة #وسائل_الإعلام #معلومات #قَمع #_شَبكات_اجتِماعيّة #_حرِّيًَّة_التعبير


  • How #Israel Spies on US Citizens
    https://orientxxi.info/magazine/how-israel-spies-on-us-citizens,2598

    A never-shown Al Jazeera documentary on the pro-Israel #Lobby in the US reveals possibly illegal Israeli spying on US citizens, and the lobby’s fear of a changing political mood. An investigative documentary by Qatari broadcaster Al Jazeera scheduled for broadcast earlier this year was expected to cause a sensation. Its four 50-minute episodes centred on the young and personable James Anthony Kleinfeld, British, Jewish, an Oxford graduate who speaks six languages including Dutch and Yiddish (...)

    #Magazine

    / Israel, #Qatar, #Propaganda, American Israel Public Affairs Committee (Aipac), #United_States, Boycott Divestment Sanctions (BDS), Lobby, (...)

    #American_Israel_Public_Affairs_Committee_Aipac_ #Boycott_Divestment_Sanctions_BDS_ #Espionage
    « http://www.aljazeera.com/investigations/thelobby »
    « https://zoa.org/2018/04/10377872-zoa-mort-klein-convinced-qatar-to-cancel-anti-semitic-al-jazeera-jewis »
    « https://www.aljazeera.com/news/2018/04/al-jazeera-denies-claims-pro-israel-group-lobby-films-180417145630034.htm »
    « https://mondediplo.com/2017/07/02Qatar »
    « https://theintercept.com/2018/08/01/rex-tillerson-qatar-saudi-uae »
    « https://mondediplo.com/2017/07/04USSaudilobby »
    « https://www.conservativereview.com/news/inside-qatars-20-million-a-year-lobbying-effort-in-washington »
    « https://www.haaretz.com/us-news/qatar-doubles-down-on-pr-campaign-appealing-to-u-s-jews-d-c-bigwigs-1.57460 »
    « https://electronicintifada.net/content/qatar-funded-zionist-organization-america/24936 »
    « https://mondediplo.com »
    « https://mondediplo.com/subscribe »
    « https://www.richardsilverstein.com/2018/02/08/israel-lobby-pressures-qatar-kill-al-jazeera-documentary »
    « https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-embassy-to-u-s-we-oppose-qatar-s-outreach-to-pro-israel-jew »


  • كيف تتجسس إسرائيل على مواطنين أمريكيين
    https://orientxxi.info/magazine/article2602

    الفيلم الوثائقي الذي أنتجته قناة الجزيرة حول اللوبي الإسرائيلي في أمريكا ثم امتنعت عن بثّه يفضح احتمالات التجسس الإسرائيل غير القانوني على مواطنين أمريكيين، كما يكشف خوف اللوبي من تغير الأجواء السياسية حياله ظهر الشاب على الشاشة بمظهر “الجنتلمان” المثالي. سحنته توحي بعفوية طالب جامعي، إلا أن طوني كلاينفيلد، البريطاني اليهودي، الكامل الأوصاف للوهلة الأولى، المُجاز من جامعة أوكسفورد المهيبة، المتحدث بست لغات منها الهولندي واليديش، والمتمرس بشؤون النزاعات في الشرق الأوسط، كان يمكنه بكل سهولة أن يجد عملاً في أحد مكاتب وزارة الخارجية في أي بلد غربي، أو في أي (...)

    #Magazine

    « https://zoa.org/2018/04/10377872-zoa-mort-klein-convinced-qatar-to-cancel-anti-semitic-al-jazeera-jewis »
    « https://theintercept.com/2018/08/01/rex-tillerson-qatar-saudi-uae »
    « https://www.conservativereview.com/news/inside-qatars-20-million-a-year-lobbying-effort-in-washington »
    « https://www.haaretz.com/us-news/qatar-doubles-down-on-pr-campaign-appealing-to-u-s-jews-d-c-bigwigs-1.57460 »
    « https://electronicintifada.net/content/qatar-funded-zionist-organization-america/24936 »
    « https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-embassy-to-u-s-we-oppose-qatar-s-outreach-to-pro-israel-jew »


  • Bassora, la Venise d’Irak en péril
    https://orientxxi.info/magazine/bassora-la-venise-d-irak-en-peril,2603

    Épicentre des récentes manifestations en #Irak contre la corruption, la grande ville de Bassora dans le sud est dans un état très critique. Les années de guerre, de corruption et de querelles politiques ont suscité une velléité d’autonomie de sa province. En attendant, son #Patrimoine architectural se détériore, faisant craindre la perte d’une partie de son histoire. Dans la capitale portuaire du sud de l’Irak, qui produit 70 % du pétrole irakien, la quasi-majorité des édifices tombe en ruine. En cette (...)

    #Magazine

    / Irak, Patrimoine, #Architecture

    « http://www.ifporient.org/recherche/dec/observatoire-urbain-du-proche-orient »
    « https://www.france24.com/en/20180419-iraqs-oil-rich-basra-shanty-towns-flourish »
    « https://www.thenational.ae/world/mena/iraqi-election-highlights-basra-corruption-1.728736 »
    « http://www.iq.undp.org/content/dam/iraq/img/Publications/UNDP-IQ_IraqNHDR2014-English.pdf »


  • Récits du Levant
    https://orientxxi.info/magazine/recits-du-levant,2600

    Ce récit croise une #Histoire familiale, celle des Catafago, dynastie de consuls levantins d’origine génoise établie à Alep puis Saint-Jean D’Acre dès le XVIIIe siècle, avec l’histoire du Levant aux XIXe et XXe siècles. Les #Extraits ci-dessous en évoquent quelques moments-clés, comme le rappel de l’identité palestinienne de Jaffa et celui de la mémoire historique du levantinisme, les dérives des États-nations nés du démembrement de l’empire ottoman, ou encore les promesses non tenues de la Nahda du XIXe (...)

    #Magazine

    / #Proche-Orient, Extraits, Histoire