Pourquoi Claire Chazal a été évincée du journal de TF1

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  • Claire Chazal ne présentera plus le journal de 20 heures de TF1
    http://www.francetvinfo.fr/culture/tv/pourquoi-claire-chazal-a-ete-evincee-du-journal-de-tf1_1074701.html

    Dans « La télévision karaoké » (février 1992), Ignacio Ramonet rendait hommage à cette pionnière. Premier du genre, son journal du 9 novembre 1991, entièrement consacré au décès du chanteur Yves Montand, fut en effet un moment charnière dans l’histoire de la télévision…
    http://www.monde-diplomatique.fr/1992/02/RAMONET/44145

    Pendant cinquante ans, la télévision fut une fenêtre sur le monde et, à la fois, la scène centrale où se montraient principalement les célébrités. Doctorale ou mondaine, scolaire ou courtisane, on la regardait en quelque sorte d’en bas, avec les yeux de ces gens de peu que le luxe, le savoir, la prouesse ou l’exotisme éblouissent jusqu’à l’anéantissement. Sur son piédestal, la télévision construisait un univers d’exception et de fête, de prodiges et d’enchantement. Tout cela est terminé.

    Deux dates récentes marquent clairement, en France, la fin de cette époque et le passage à une nouvelle ère. *Le 9 novembre 1991, TF1 ouvre son journal de 20 heures sur un document en noir et blanc : Yves Montand interprète les Feuilles mortes ; la présentatrice Claire Chazal annonce, visiblement peinée, le décès du chanteur et consacre à cette information l’intégralité du journal. C’est une première dans l’histoire de la télévision. Jamais, quelle qu’ait été l’importance d’une nouvelle (mort de Georges Pompidou, attentats contre M. Reagan et le pape, élection et réélection de M. Mitterrand, début de la guerre du Golfe, putsch de Moscou…), un fait, à lui seul, n’avait mérité la totalité du journal. A chacune de ces grandes occasions, une dizaine de minutes étaient réservées à la fin pour proposer un « résumé des autres événements de la journée ». Pas cette fois ; la disparition du chanteur efface littéralement, éclipse le reste de l’actualité. Pourquoi ? Parce que la télévision sent, confusément, qu’elle cesse d’être le podium exclusivement réservé à ce type de personnalités, que sa relation avec le monde et avec les téléspectateurs s’est transformée. Ce journal, une première, est donc, en fait, une dernière, une émission finale, une clôture, une sorte de chant du cygne de la télévision des « étoiles ».