• « Violences contre les médias » : amalgames et mauvais procès - Acrimed | Action Critique Médias
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    "Résumons : pour Jean-Michel Aphatie, critiquer les médias revient à « souffler sur les braises ». Mieux : critiquer le rôle des éditocrates dans le champ médiatique, c’est « stigmatiser » l’ensemble des journalistes."

    "La remarque du député lui vaut les foudres du présentateur, Thomas Misrachi : « Merci M. Quatennens de contribuer à la haine ambiante contre les médias ». Bref, de la remise en cause d’un dispositif médiatique à la « haine des médias », il n’y aurait donc qu’un pas !"

    "Ces différents amalgames entre initiatives de blocage, manifestations, critique des médias, « appel à la haine » et violences n’ont rien de surprenant. Ils permettent à certains éditorialistes et tenanciers des médias de discréditer haut et fort toute action de protestation ou toute critique, en les mettant sur le même plan que des agressions physiques de journalistes – qui n’ont évidemment rien à voir avec notre critique des médias. Le caractère instrumental de cette indignation est d’autant plus évident qu’elle est à géométrie variable : car nombre de ceux qui s’indignent des violences contre les journalistes n’ont pas un mot ou presque lorsque celles-ci sont commises par la police."

    Extrême droite, les « gilets jaunes » font le ménage, pas les médias ! | Textes à l’appui | Là-bas si j’y suis
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    Gilets jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique Jérôme Latta - Acrimed | Action Critique Médias
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    "Les principes défendus doivent évidemment l’être. C’est précisément pourquoi il est permis de se demander s’ils le sont au quotidien par tous les médias et les journalistes qui se réunissent soudain sous la même bannière. C’est-à-dire de se demander quelle est la crédibilité de toute la fraction du monde médiatique qui invoque la démocratie et ses valeurs alors que, par exemple, elle approuve (ou laisse advenir) des atteintes en série contre les libertés fondamentales."

    "les attaques sont moins globalisantes qu’on veut bien le croire, qu’elles désignent d’abord les chaînes d’information et l’éditocratie, la fraction dominante du champ médiatique. Même du regrettable manque de discernement des gilets jaunes, il faut comprendre les causes."

    "Le traitement de la question des violences policières a fait office de révélateur paradoxal."

    "Combien de sujets pas moins essentiels sont pareillement et continuellement écartés ?"

    "On affirme avec raison qu’il est ridiculement généralisateur de dénoncer « les médias »"

    "Dans bien des domaines de l’actualité, combien de charlatans et de tartufes occupent les meilleures positions ? On a beau rire de plus en plus fort de ces invraisemblables spécimens du journalisme de révérence, mille fois discrédités ils persistent, se cooptent, s’éternisent."

    "dire en toutes lettres, voire en gros mots, l’abyssale nullité de l’éditorialisme national. Il faudrait, en somme, que les journalistes se désolidarisent de la chefferie et de l’éditocratie, voire s’insurgent à leur tour pour reprendre le pouvoir dans les rédactions. On n’en est pas à ce point-là, mais on s’en est peut-être rapproché. Des rédactions s’interrogent, des directions sont interpellées."

    "Nous arrivons – espérons-le – au terme de trois ou quatre décennies d’hégémonie de la pensée libérale, assurée par les pédagogues de la soumission, les évangélistes du marché, les chantres du there is no alternative sur toutes les grandes ondes, dans presque tous les quotidiens."

    "« Ceux qui pensent qu’après trente-cinq ans de matraquage néolibéral inouï, un changement de paradigme pourrait se faire dans le calme, sont soit des naïfs soit des complices », résume l’écrivain Laurent Binet.

    L’hostilité dont ils sont l’objet est aussi la conséquence d’un manque criant de pluralisme"

    "Loin d’assurer la contradiction, la pluralité des opinions, la présence d’une pensée critique, le débat politique est dissous dans le commentaire dérisoire des stratégies de communication et dans les amalgames débilitants des « extrêmes » et du « populisme »."

    "Si ceux qui exercent le pouvoir médiatique avaient été un contre-pouvoir, ils auraient assuré un minimum de contradiction à une doctrine économique qu’ils ont au contraire défendu jusqu’au dogmatisme. L’idéologie, c’était les autres."

    "S’ils avaient eu une conscience de leurs responsabilités, ils n’auraient pas ouvert si complaisamment les vannes, non seulement de la médiocrité, mais aussi des opinions les plus toxiques – comme pour mieux verrouiller l’alternative fatale entre le libéralisme et le fascisme, entre la stupidité et l’horreur."

    "Ils auraient accordé une place centrale à des sujets comme l’évasion fiscale, les atteintes aux libertés publiques, l’aggravation des inégalités et de la violence sociale, la faillite politique de l’Union européenne, le coût de la crise financière, le désastre écologique, le pouvoir des lobbies, etc. Ils auraient mis en examen les doctrines qui gouvernent, audité leurs conséquences, instruit les responsabilités."

    "Elle a souvent été un moment de déploration et de fatalisme condescendant qui impute l’essentiel de la responsabilité aux réseaux sociaux – sans se demander si leur succès n’était pas accentué par la perte de crédit des médias traditionnels."

    "Il est peut-être temps de promouvoir un « journalisme des opinions », un journalisme d’opinion qui ne se cache pas de l’être. Un journalisme qui dise toujours d’où il parle et d’où parlent ses interlocuteurs, qui ménage de véritables débats contradictoires "

    " Il faut enrayer la cooptation des médiocres, s’adresser à l’intelligence en faisant le pari de celle des citoyens"