Le 1 hebdo - Le silence est d’or

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  • Retour vers le Futur :
    (Ne suivant pas « l’actu » à cette époque, je suis... sur le cul de voir à quel point les éléments de langages des gardiens du temple orthodoxe n’ont pas bougé d’un iota. Pour des gens qui se veulent modernes ça la fout mal quand même, c’en est presque gênant pour eux.)
    « Les médias et les gueux », par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, janvier 1996)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1996/01/HALIMI/5159
    #Discours_orthodoxes #Novlangue #Médias #Orthodoxie

    • Ces débats médiatiquement corrects, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, mars 1999)
      http://www.monde-diplomatique.fr/1999/03/HALIMI/2851

      -"La censure à laquelle ils s’adonnent, ce n’est plus le silence, mais la noyade de l’intelligence sous les flots de l’insignifiance." ;
      –"Il n’existe pas un espace ouvert à tous ceux qui le veulent, mais des agents qui décident en fonction des lois propres de fonctionnement du champ journalistique, ce qui mérite ou non d’être porté à la connaissance de publics" ;
      –"Admettons cependant que l’intervenant dissident consente au risque de caution démocratique d’un système journalistique moulé par l’arbitraire de quelques gardes-barrière. Comment pourra-t-il résumer une pensée non conforme s’il est interrompu par ceux-là mêmes qui bénéficient d’un accès permanent au forum médiatique ? Car, quand l’orthodoxie s’exprime, elle le fait sans vis-à-vis." ;
      –"Presque chaque matin, le directeur de la rédaction d’un grand quotidien parisien se croyait ainsi en mesure d’éditorialiser sur un sujet différent, comme s’il disposait d’une compétence sacrée lui permettant de dire le sage et le vrai." ;
      –"Quand, moins formés à l’art de contourner par des périphrases l’expression de la violence, certains manifestants pro-nucléaire de la Cogema, chasseurs et agriculteurs exprimèrent leur point de vue avec rudesse, ils établirent néanmoins que l’ère du débat décontracté n’avait pas sonné pour tout le monde. Et là les folliculaires marquèrent un dégoût unanime, une révulsion dont on eût cherché en vain la trace lorsque l’écrivain mondain précédemment évoqué aligna, mais avec une distinction prétendument littéraire, des injures que ne motivaient, dans son cas, ni la peur ni la colère." ;
      –" Son registre est celui des affrontements dérisoires, de l’impertinence onctueuse, des engagements sans risque."

    • Un débat intellectuel en trompe-l’œil, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, janvier 2003)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2003/01/HALIMI/9807

      -"D’un côté, ceux qui, sous couvert de « réforme », d’« ouverture », de rupture avec les « tabous », saluent la marche du monde - et celle de la gauche quand elle y concourt. Ils disposent du soutien de la plupart des médias, toujours prompts à se mobiliser en faveur d’un « progrès » qui conforterait les structures économiques que leur pensée unique a popularisées. En face, ceux que cette « modernité » inquiète ou rebute, parce qu’ils y perçoivent une forme de régression dans l’organisation sociale. Les premiers les jugent « réactionnaires ». Nous sommes en 1995" ;
      –" En 1995, l’opposition entre « réformistes » partisans du plan Juppé et « gauche de gauche » appuyant les grévistes du service public avait pour pivot la question sociale, celle de l’égalité. Dans le débat intellectuel de 2002, qui déroule — de manière à la fois verbeuse, désincarnée et brouillonne — les thèmes de l’« identité », de la « nation », du « métissage », de l’« autorité », etc., les syndicalistes sont absents, le mouvement populaire également." ;
      –"la dénonciation de l’embardée à droite de certains intellectuels (les « nouveaux réactionnaires ») paraît avoir pour dessein de permettre aux sociaux-libéraux, pourtant balayés par les urnes, de revendiquer une place — voire la place — à gauche, en focalisant la querelle intellectuelle sur les seules questions « de société »." ;
      –"Un « pluralisme de l’information » demeure-t-il garanti par la pluralité des titres quand ceux-ci sont contrôlés par les mêmes groupes de presse ? L’« économie de marché » est-elle consubstantielle au « projet démocratique » ? Autant d’interrogations presque élémentaires et néanmoins proscrites puisque, nous dit-on, toute « ambiguïté », c’est-à-dire, au fond, tout questionnement, « nous ramène aux années 1930 »."

    • Nous ne revendiquons rien, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 29 mars 2016)
      http://blog.mondediplo.net/2016-03-29-Nous-ne-revendiquons-rien

      -"c’est Bruno Le Roux, président du groupe « socialiste » à l’Assemblée, qui s’est chargé de lui enseigner à quels sommets on peut emmener le prodige du renversement des mots : « il faut que le CDI ne soit pas une prison pour le chef d’entreprise (1) »" ;
      –"Entendez qu’après quelques décennies à faire, vous et vos semblables, la démonstration de vos talents et de votre hauteur de vue, l’idée de négocier quoi que ce soit avec vous nous apparaît absolument sans objet. C’est que « revendiquer » n’a de sens que dans un certain cadre qu’on reconnaît par-là implicitement comme légitime" ;
      –"Dans une tentative de redéfinition performative des catégories politiques qui dit tout de la glissade à droite de ce personnel d’accompagnement (à la suite de leurs maîtres auxquels il s’agit de toujours bien coller), Wieviorka fait désormais représenter « la gauche de la gauche » par… Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ! Manière d’indiquer où se situent à ses yeux les bords du monde fini — car par définition, à gauche de la gauche de la gauche… il n’y a plus rien. Ou plutôt si : il y a les fous. « La gauche folle », c’est l’expression préférée de tous les éberlués de gauche passés à droite qui n’en reviennent pas qu’on puisse ne pas se rendre à la simple raison qui donne à choisir entre « la gauche libérale-martiale de Manuel Valls » (sic), « la gauche sociale-libérale d’Emmanuel Macron », et donc « la gauche de la gauche, de Benoît Hamon à Arnaud Montebourg ». Et qui s’efforcent sans cesse, repliés dans leur peau de chagrin, de ramener toujours plus près d’eux le commencement du domaine de la folie. "

    • Florilège de leur #Novlangue, un jour sans fin...
      Les temps modernes (2/2), par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 17 avril 2016)
      http://blog.mondediplo.net/2016-04-17-Les-temps-modernes-2-2

      Tir groupé contre Bernie Sanders, par Thomas Frank (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/FRANK/56895

      "Pour avoir leur appui, mieux vaut s’en tenir au consensus, à l’adoration du « pragmatisme », à l’amour du bipartisme, au mépris des « populistes ». Ces ingrédients composent l’idéologie de la classe dominante, ces travailleurs raisonnables de la Côte est"